Le devoir, 22 avril 2006, Cahier B
D 1 M A ACHE Pour L E des parcs nationaux durables au Québec Page B 5 DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET 2 3 AVRIL 200 PHILOSOPHIE Tocqueville voterait-il pour Bush ?Page B 6 ‘PERSPEC La flambée l’or noir La consommation, l’Iran propulsent le baril de pétrole et.la spéculation à des sommets records La hausse des prix de l’énergie, qu’il s’agisse de l’électricité ou des carburants, frappe le consommateur de plein fouet.Or, si Hydro-Québec tente de justifier ses augmentations par un rattrapage rétroactif, le prix du pétrole et de l’essence reflète des facteurs qui évoluent au fil du temps.Retour sur les dix dernières années.FRANÇOIS DESJARDINS hiver a été plus froid que prévu, la situation géopolitique préoccupe les marchés et une grève paralyse un pays producteur.Si ces manchettes auraient pu être écrites hier, elles datent en fait de 1996.A cette différence près que le baril de pétrole ne se transige plus exactement à 24 $US et que trois facteurs ont pris une ampleur insoupçonnée: la demande mondiale dopée par la Chine, la spéculation et le spectre d’un nouveau conflit au Moyen-Orient En avril 1996, c’est la flambée: il ne faut que deux mois pour que le baril de light sweet crude, dont le contrat à terme se négocie à la Bourse Nymex, passe d’environ 18 à 24 SUS.L’essence emprunte la même trajectoire ascendante partout en Amérique du Nord, les automobilistes québécois étant pour leur part soumis à une hausse de 25 % du prix à la pompe, qui bondit de 55 C à 68 C le litre.La situation géopolitique qui préoccupe tant à l’époque?L’Irak.Frappe depuis 1990 par un embargo économique décrété par les Nations unies, le pays discute alors de la possibilité de revenir sur le marché du pétrole en échange de nourriture et de produits médicaux.•Nous pensons qu’une bonne partie de la hausse est due à des spéculations sur le marché liées aux discussions à New York*, affirme à l’époque le porte-parole de la Maison-Blanche, Mark McCurry.La flambée dure un peu phis d’un an, le baril atteignant les 26 SUS en 1997.Vers la fin de l'année, les cours repartent à la baisse et ne s’arrêtent qu'en 1998 lorsqu’ils touchent les 11 SUS.Or le cartel de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en a ras le bol D entreprend alors de réduire sa production, en 1999, pour diminuer l'offre afin de faire grimper les prix.Avec succès: en 2000, le baril franchit la barre des 30 SUS.Exactement dix ans après ce soubresaut de 1996, le baril de pétrole bat aujourd’hui des records au quotidien, la plupart du temps pour des raisons géopolitiques, de spéculation et de craintes à propos de l'approvisionnement, réelles ou imaginées.•En se basant uniquement sur les fadeurs fondamentaux de l'économie mondiale, le prix du brut devrait se négocier entre 40 et 45 $US», avance Antoine Ayoub, professeur d’économie pétrolière à l’Université Laval.Comparativement à 1996, trois facteurs déforment grossièrement le prix du brut, dit M.Ayoub.D’abord, la consommation de l'Inde et de la Chine, ce dernier pays étant responsable à lui seul de 40 % de la croissance de la demande mondiale depuis 2001.Depuis 2003, la Chine est le deuxième consommateur mondial de produits pétroliers.Or ce n’est que tout récemment que la planète a vraiment pu chiffrer cet appétit vorace, l’Agence internationale de l’énergie ayant elle-même attendu jusqu’en 2004 avant d'inclure ces deux pays dans ses calculs et prévisions.Comme deuxième facteur, M.Ayoub parle des •jeux du marché boursier».S le pétrole et les produits raffinés ont été inscrits en Bourse dans les années 80, c’était pour permettre aux acheteurs de «se protéger contre les risques de fluduations de prix» avec des contrats à terme et autres instruments perfectionnés, rappelle-t-il.L’arrivée des spéculateurs Or, avec le temps, •surtout depuis cinq ans», dit M.Ayoub, le marché a vu se pointer »un paquet d’intervenants qui n'ont rien à voir avec le pétrole», des gens davantage préoccupés par la quête du profit que par des stratégies de diversification.Autrement dit, ce n'est plus l’OPEP qui contrôle le cours du pétrole brut, comme autrefois, mais des spéculateurs de tout acabit A l'époque, le président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, retenait lui-même cette hypothèse dès 2004, tout comme le secrétaire général de l’OPEP Maizar Rahman.Alors que le prix du baril tournait autour de 45 $ il y a deux ans, le ministre algérien du Pétrole, Chakib Khelil, affirmait à l'agence Bloomberg que tout ce qui dépassait une fourchette de 22 à 28 $ était ‘dû à la spéculation» Quant à la question géopolitique ces joursci, elle se pose toujours au Moyen-Orient, mais elle s’est dé placée vers l’est.Elle concerne l’Iran, qui a menacé cet hiver de fermer le robinet pétrolier en guise de représailles dans le conflit entourant ses ambitions nucléaires.Téhéran a ensuite nuancé le commentaire, mais le président iranien en a remis cette semaine en affirmant que 4e prix du pétrole n'a pas encore atteint sa valeur réelle».Et c’est là le troisième facteur avancé par M.Ayoub.Alors que le risque géopolitique en général comptait pour 10 ou 15 SUS dans un baril à 60 $US, le •risque iranien» à lui seul l’a fait passer à 70 SUS.•Ce qui est le plus inquiétant, c'est si les Iraniens décidaient d’attaquer le détroit d'Ormuz (pour le bloquer en guise de riposte au monde occidental!*, dit le professeur Ayoub.«Ce serait une situation tout à fait différente parce que tout passe par là.Entre 70 et 80 % de l’approvisionnement venant des pays du Golfe y transite.» Le mystère du raffinage Le cours du brut ne constitue toutefois que la moitié du casse-tête.En effet, entre le puits de^jétrole en Alberta et l’essencerie Pétro-Canada du boulevard Décarie, il y a l’étape du raffinage.Parfait, il y a trois raffineries au Québec, diront certains.Ije problème, disent les autres, c’est que même si on raffine localement, le prix de l’essence qui sort de ces raffineries n’est pas établi en fonction de la demande locale.Pourquoi?Parce que les compagnies pétrolières inté grées se disent obligées, en vertu du libre-échange, d'établir leprs prix de gros en fonction de ce qui se passe aux États-Unis.•Si on avait des prix plus bas, des bateaux américains viendraient vider nos raffineries», a déjà affirmé au Devoir le porte-parole de l’industrie pétrolière canadienne, Carol Montreuil.Les détracteurs de VOIR PAGE B 2 OR NOIR AKCHIVKS LE DEVOIE Ce n’est plus l’OPEP qui contrôle le cours du pétrole brut, comme autrefois, mais des spéculateurs de tout acabit.Améliorez vos perspectives de carrière.Réalisez votre potentiel et allez de l avant grâce aux programmes d'études à temps partiel et cours du soir crédités offerts dans les disciplines suivantes : U date limite poor prétenter votre demande d'admission aux programmes 1* juin pour ( automne 2006 ?Comptabilité ?Fiscalité et Trésorerie-finances ?Commerce électronique et Systèmes d'information ?Commette international ?Gestion de la santé et Services sociaux ?Gestion des ressources humaines ?Gestion de la production ?Relations publiques ?Leadership ?Marketing ?Transport et logistique ?Traduction ] www.nKgill.ca/conted COS UNIVERSITÉ W McGill C*nt» d’éducation pormanonto LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 AVRIL 2006 ?PERSPECTIVES* Le Mm power Les Américains d'origine latino-américaine sont sûrs de leur force CLAUDINE MULARD Lqs Angeles — Le mouvement des Latinos aux Etats-Unis, qui émergent en force sur la scène politique, est parti des Etats de l’Ouest, qui avaient engagé une campagne contre les immigrants — en particulier la Californie, avec la proposition 187, en 1994, visant à exclure les sans-papiers de la prise en charge éducative et sanitaire, puis l’Arizona, avec une mesure équivalente.L’ampleur de la mobilisation — un demi-million de personnes dans les rues de Los Angeles pour la «Gran Marcha» du 25 mars — a complètement débordé ses propres organisateurs.Ensuite, les «débrayages» massifs des écoles secondaires californiennes, à partir du 27 mars, ont surpris encore phis.D’où venaient ces manifestants, eux-mêmes étonnés par leur nombre, puisque aucune des organisations traditionnelles ne les avait appelés?Ce nouveau latino power a de multiples origines: démographiques, politiques et médiatiques.Il y aurait aujourd’hui près de 10 à 11 millions de clandestins aux États-Unis, en majeure partie venus des pays d’Amérique centrale et du Sud, dont 40 % en Californie.La population de Los Angeles est à moitié hispanique, et c’est un fils d’immigrants mexicains, Antonio Villaraigosa, qui en est le maire.Un leader qui dit «nous» quand il encourage les manifestants à se montrer et à se faire entendre.Quant au diocèse de la mégalopole, il est guidé par un cardinal radical, Roger Mahony, qui mobilise ses cinq millions de fidèles en faveur d’une législation de l'immigration juste et humaine.Maturité Mais, surtout, les manifestations de mars sont le premier signe public puissant d’un processus d’éveil et de maturation de la communauté latino, amorcé en Californie en 1994 par le débat sur la proposition 187 — votée puis invalidée par les tribunaux.Cette initiative aurait imposé aux enseignants et au personnel médical et social de refuser leurs services aux sans-papiers, sous peine de sanctions.Elle a déchiré l’opinion publique.Soudain, les Latinos ont craint de se voir refuser l’accès aux nécessités vitales, comme l’éducation et les soins.le gouverneur (républicain) de l'époque, Pete Wilson, qui soutenait la proportion 187, y a laissé sa carrière.Malgré l’élection d’Arnold Schwarzenegger, les ré-ixiblicains de la Californie restent marqués par une ré-IHitation de dureté mesquine et d’hypocrisie devant une réalité économique et sociale.Une majeure partie de la main-d’œuvre de la puissante agriculture californienne, concentrée dans la Central Valley, est constituée d’im-migrants sans statut légal.le sursaut de la communauté latino a été d'autant plus fort que, jusque-là, le système lui laissait beaucoup de latitude, grâce au cloisonnement strict des administrations et de leurs responsabilités respectives.En Californie, jusqu’à la fin des années 1980, on pouvait obtenir un permis de conduire sans avoir à indiquer sa nationalité d'origine ni à préciser son statut par rapport aux lois d’immigration.Depuis, les consignes se sont durcies et les demandes de renouvellement du permis sont rejetées faute de preuve du statut de résidence.Ces menaces concrètes sur leurs conditions d'existence ont fait prendre conscience aux Latinos qu'ils devaient s’imposer dans la vie civique et politique, et donc choisir de s’intégrer.«Les immigrants et leurs enfants ont compris qu’ils ne sont plus des pigeons voyageurs prêts à rentrer au pays quand la saison est finie», écrit Gregory Rodriguez dans un éditorial du lj>s Angeles Times.« Demain, nous votons » Récemment, le taux de demandes de naturalisation des latinos a grimpé de façon significative.Dans la seule Californie, durant la dernière décennie, un million sont devenus électeurs.Ils défilent en clamant: «Aujourd'hui nous marchons.demain nous votons.» Pour Louis DeSipio, professeur de sciences politiques à l'Université de Californie à Irvine (UC1), «on assiste à la formation d’une nouvelle représentation politique des Latinos».Les manifestants de 2006 ont puisé dans l'héritage politique des années 1960: le débrayage.En 1968, des élèves, en majorité mexico-américains, étaient sortis massivement de cinq écoles de Los Angeles pour protester contre des conditions de travail qu'ils jugeaient discriminatoires et réclamer l'égalité des chances concernant les études supérieures.Ds avaient été tabassés par ta police et 13 d’entre eux avaient été arrêtés.Mais certaines de leurs revendications furent entendues.En 19(59, les inscriptions des étudiants d'origine hispanique à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) augmentèrent.Trente-sept ans plus tard, ce n'est phts le problème de l’accès à féducation, mais celui du rapport à l'immigration qui a poussé ces étudiants à sortir.Un téléfilm a-t-il joué un râle dans cette mobilisation inattendue?Depuis le 18 mars, h chaîne câblée HBO programme en effet Walkout, realise par l'acteur Edward James Ohnos, qui raconte l'histoire de ces mobilisations en 1968.De nombreux etudiants ont vu le film, centré sur l’histoire vraie de l'ailla Crisostomo, leader de ta lutte pour les droits des Chkanos, les radios et télévisions en tangue espagnole ont aussi joué im idle crucial.A commencer par Eddie Sotelo, le DJ numéro un du matin, qui a mobilise ses auditeurs et appelé si's collègues à en tain' autant.Dans ce mouvement sans leaders, qui a échappé aux organisations syndicales et civiques classiques, les talk-shows des radios hispaniques sont devenus autant de tbnuns de discussion sur l'immigration et ont fonctionné comme un relais de communication bien adapte à ta génération des jeunes manifestants.À leur tour, les chaînes de télévision ont emboîte le pas et mobilise leurs téléspectateurs.Actuellement, le mouvement latino se prepare à la prochaine échéance.Certains proposent de taire du 1" mai «un jour sans immigrants» — avec un appel à ta grève generale des emigres.Dans un film de 2tXM, Un jour sans les Mexicains, le réalisateur Sergio Arau avait imagine ce que seraient ta vie et l'économie anx» ricaines sans ces travailleurs.Dans son scénario, la Californie se reveille un matin et découvre que sa population latino a disparu, précipitant une crise sans précédent et un état d'urgence.«Si on les retrouve, qu'est-ce qu'on leur dit?», demande alors un officiel.«Que la Californie a besinn d'eux» Le Momie «Les immigrants et leurs enfants ont compris qu’ils ne sont plus des pigeons voyageurs prêts à rentrer au pays quand la saison est finie» Le jeu des chiffres autour des enfants Les partis d’opposition cherchent une façon de s’accommoder de la somme qu’Ottawa versera aux parents ANDY CIjCRK REUTERS La promesse des conservateurs de verser 1200 $ par enfant de moins de six ans sera remplie lors du premier budget du gouvernement de Stephen Harper.HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — S Stephen Harper a passé, avec le discours du Trône, son premier test de confiance parlementaire sans problème, il en ira différemment avec son budget, prévu d’ici quelques jours.La promesse de verser 1200 $ par enfant de moins de six ans qui s’y trouvera irrite les partis d’opposition, qui sont bien décidés à y taire la guerre.Alors que les conservateurs proposent de verser un montant imposable de 1200 $ au conjoint touchant le revenu le plus faible, l’opposition avance deux autres solutions.Le Bloc québécois (et dans une certaine mesure le NPD) suggère de remplacer le versement de ce montant par un crédit d’impôt remboursable.Les libéraux, pour leur part, verseraient l’argent par l’entremise de la prestation fiscale canadienne pour enfant (PFCE), qui existe déjà.Il faudra voir le degré de flexibilité de M.Haiper sur le sujet.Mardi, il a déclaré que sa prestation de 1200 $ était populaire et qu’il était prêt à déclencher des élections pour obtenir un mandat clair.«Comprenez-moi bien: nous retournerons devant les Canadiens avec cet engagement si nous le devons», a-t-il dit à une foule rassemblée à Burnaby, en Colombie-Britannique.En même temps, il s’est dit «intéressé à considérer» la proposition bloquiste.Le Bloc québécois propose au gouvernement de remplacer le chèque de 1200 $ par un crédit d’impôt remboursable modulé selon les revenus combinés des deux conjoints.Ainsi, une famille gagnant 35 000 $ ou moins toucherait la totalité des 1200 $ par enfant.A l’autre extrémité, les familles touchant 100 000 $ ou plus recevraient le minimum, que le Bloc propose d’établir à 700 $.Un crédit d’impôt fait diminuer le montant d’impôt à payer, mais si ce montant est déjà nul ou négatif, le gouvernement envoie un chèque pour compenser.Les bloquistes en ont contre le chèque conservateur car celui-ci gonflera les revenus imposables d'un des conjoints (celui ayant le plus faible revenu).Ainsi, une femme restant au foyer mais dont l’époux touche un salaire de 100 000 $ conservera une part plus généreuse des 1200 S qu’une chef de famille monoparentale qui gagne 30 000 $.De plus, en haussant le revenu familial, le chèque des conservateurs disqualifiera les familles moins aisées pour une foule d'avantages fiscaux, tels que le crédit d’impôt foncier, le remboursement de la TPS et de la TVQ, la PFCE, etc.«Le programme proposé actuellement n’est pas équitable, a déclaré Gilles Duceppe cette semaine, alors qu'il était de passage à Chicoutimi.Nous sommes cependant d’accord avec le principe des chèques envoyés par Ottawa aux parents, pour autant que ces transferts n'aggravent pas le déséquilibre fiscal.» La ministre fédérale Diane Finley connaît ces récriminations mais estime que le but de la proposition est d’offrir un avantage universel à tous les parents de jeunes entants, sans égard à leur situation financière.La députée bloquiste Paule Brunelle, qui pilote ce dossier, considère que la proposition de son parti respecte cette «philosophie», car le paiement proposé restera universel: même les gros salariés en toucheront une partie.H n'en est pas de même avec la proposition libérale, la PFCE, que les libéraux proposent d'utiliser comme véhicule pour faire parvenir l'argent aux familles, n'est pas universelle.Avec deux enfants, les familles touchant des revenus combinés de 90 000 $ ou plus n'y auraient pas droit.Les libéraux pensent que les conservateurs pourraient quand même utiliser ce véhicule, quitte à en modifier les critères d’admissibilité.Le fiscaliste Pierre Brunette se dit favorable à la proposition bloquiste.Le chèque conservateur, selon lui.«c'est de la poudre aux yeux» qui sert à .acheter des votes.«Celui qui gagne beaucoup d'argent va garder plus d'argent que sa femme de ménage, qui sera davantage pénalisée».dit-il.Selon M.Brunette, les gens seront contents de recevoir un chèque de 1200 $, mais ils ne réaliseront pas qu'ils perdront ainsi une foule d'avantages lorsqu’ils rempliront leur déclaration de revenu.Vote de confiance La proposition concernant le versement de 1200 $ sera incluse dans le budget fédéral, lequel fera l'objet d'un vote de confiance.M.Harper a mis l'opposition au défi de le renverser sur cette question.En guise de réplique, les libéraux procèdent peu à peu à un repositionnement politique.D’outrés qu'ils étaient que les ententes sur les garderies qu'ils avaient signées avec les provinces soient remplacées par ces chèques, ils en acceptent maintenant le principe.Ils se disent prêts à voter pour le budget, mais à condition que le ministre des Finances, Jim Flaherty, ne présente pas cette allocation de 1200 $ comme un programme de garderies, ce qu’il n'est pas à leurs yeux.«Si le budget dit simplement qu'on veut augmenter le revenu des familles de 1200 $.il s’agit d'une déclaration d'intentions positive et ce sera difficile de s'y opposer.explique en entrevue le leader en Chambre, Ralph Goodale.Mais si le budget s’exprime délibérément sur la question des garderies d’une manière négative, conflictuelle et partisane, nous pourrions avoir une approche différente.» M.Goodale va jusqu’à qualifier de «guerre factice» le défi lancé par M.Harper à l’opposition.Selon lui, M.Harper tente de «fabriquer de toutes pièces une guerre pour déclencher des élections hâtives.Nous ne nous laisserons pas prendre au jeu».Les libéraux sont désormais prêts à s'accommoder du fait que les conservateurs ne promettront pas dans ce budget-ci de créer des places en garderie.Car si M.Harper a décide de ne pas honorer les ententes libérales.celles-ci resteront encore en vigueur jusqu'au 31 mars prochain.Pour autant que le budget n'y fasse pas référence, les libéraux laisseront ce sujet mort «Ce sera une bataille pour une autre lois», conclut M.Goodale.Le Devoir «Nous sommes cependant d’accord avec le principe des chèques envoyés par Ottawa aux parents, pour autant que ces transferts n’aggravent pas le déséquilibre fiscal» OR NOIR SUITE DE LA PAGE B 1 l'industrie affirment que l'argument est faux: en fait, les raffineurs canadiens ont changé la donne en juin 1985 lorsqu'ils ont commence à publier les prix qu'ils demandent pour l'essence à la rampe de chargement.Auparavant, cette absence d’information était un gage de concurrence.L’essence raffinée au Canada suit les prix américains, soit.Or.aux Etats-Unis, depuis les années 80.le nombre de raffineries est passé de 324 à 155 alors que le nombre d’entreprises qui les exploitent est passe de 189 à 65.Ce faisant ta capacité de raffinage a diminué, et ce, même si là demande a augmente.«Les giyuier-nements ont fermé les yeux sur ces fermetures», dit M.Ayoub.entre autres à cause de ta pression du lobby environnemental.L’effet sur le prix du litre Le résultat de ces fusions et de cette rationalisation a des consequences de faille à la pompe.Voici pourquoi: si les raffineries fonctionnaient à 69 % en 1981.dans la foulee du choc pétrolier, elles carburent aujourd'hui à près de 95 %.Ce resserrement du système a eu pour effet que le moindre soubresaut comme les fermetures de raffineries pendant l'ouragan Katrina, réduit l’offre par rapport à la demande, pousse la production à ses limites, accroît les marges de profit des raffineurs et par extension, fait bondir les prix à la pompe.Certains observateurs déplorent également que l’essence, en phis du pétrole brut soit elle aussi cotée en Bourse sur le Nymex et sujette à spéculation.Dans son livre Qui fait le plein?, l'auteur Frederic Quintal, principal pourfendeur de l'industrie, trace un parallèle entre le pétrole et l'orange.Imaginons que l’orange soit cotée en Bourse.dit-U.Or imaginez que le produit qu’on en fait soit le jus d'orange, soit lui aussi coté en Bourse.Le consommateur paie alors pour deux rondes de speculation.«Ce n'est pas normal», ^joute-t-il en entrevue.•Nommez-moi un autre sous-produit qui est coté en Bourse.Je ne rots pas de produits boulangers sur le Nymex à New York!» L’effet des multiples hausses de prix sur le portefeuille du consommateur est tangible.Le faix du litre d’essence, qui a phis que doublé depuis le milieu des années 90.occupe une part importante des dépenses de consommation.Selon Statistique Canada, lés Canadiens ont consacre en 2005 pas moins de 9 % de leurs dépenses en magasin à l’achat de carburant en hausse considerable par rapport à l’année precedente.C’est sans compter les 23 % qu'ils ont consacrés à l'achat de voitures et de pièces.Maigre cette ponction qui s’exerce sur leur budget les consommateurs ne se sont pas forcément rués vers les voitures hybrides.Pour inciter à un comportement phis responsable en matière de consommation de carburants, plusieurs provinces, dont le Québec et l'Ontario, offrent maintenant des incitatifs fiscaux pour 1 achat d une hybride.Et dans une perspective phi* large visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), Québec a aussi annoncé une mesure fiscale en ce qui concerne l’achat de titres de transport collectif.Cette sensibilité environnementale pourrait toutefois ne pas trouver d'écho à Ottawa, qui vibre au rythme d’un gouvernement conservateur aux racines albertaines.La semaine dernière, le cabinet Harper a coupé 15 programmes environnementaux scat 105 millions de dollars qui étaient consacrés à la lutte contre les GES.Et si on souhaite voir la classe politique se pencher de nouveau sur les prix de l’essence.3 faudra peut-être attendre.Comme le disait mercredi le premier ministre Harper «Les prix elevés de l’essence, je crois qu 'il faudra s'y habituer» Le Devoir s h t « I LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 AVRIL 2006 ?PERSPECTIVES* » is AGENCE FRANCE PRESSE Le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, était en Irak en décembre 2004 pour soutenir le moral des troupes américaines.Rumsfeld victime de tirs de son propre côté Des généraux à la retraite multiplient les appels à la démission du secrétaire à la Défense CHARLES-PHILIPPE GIROUX Washington — Pendant que les soldats américains luttent contre l’insurrection en Irak, le secrétaire à la Défense se défend contre un tout autre genre d'insurrection.Depuis quelques semaines, d'influents généraux américains à la retraite réclament publiquement la démission de Donald Rumsfeld, lui reprochant son arrogance et son refus d’en-ten,dre toute idée opposée aux siennes.A ce jour, six généraux se sont engagés dans ce que les médias n’hésitent plus à qualifier de «révolte».La première salve est venue du général Paul Eaton, qui a notamment supervisé l’entraînement des forces irakiennes en 2003-04.«Le secrétaire Donald Rumsfeld n’est pas compétent pour diriger nos forces armées», écrivait-il dans une lettre publiée par The New York Times à la mi-mars.«Il s’est montré incompétent sur les plans stratégique, opérationnel et tactique, et il est davantage responsable que quiconque de ce qui arrive à notre importante mission en Irak.M.Rumsfeld doit démissionner.» C'est à peu près sur ce ton que cinq autres généraux ont nourri le tir dans d’autres publications ou lors d’entrevues télévisées.«Un leader est responsable de tout ce que son organisation fait ou ne réussit pas à faire.Il est temps de s’attaquer à l’axe de l’arrogance et de parer aux échecs stratégiques du processus décisionnel», écrivait cette semaine dans les pages du Washington Post le général John Batiste, commandant de la première division d'infanterie en Irak jusqu’à l’an dernier.«R est inhabituel qu’autant de généraux fassent ces sorties en si peu de fours, et je pense qu ’il y a là un effet boule de neige.Certains pensaient peut-être ces choses sans les dire.Mais puisque d’autres le font, ils se disent qu’ils peuvent peut-être le faire eux aussi», note Donald Daniel, professeur à l’université Georgetown spécialisé en questions militaires.Style de gestion controversé «Le secrétaire Rumsfeld a commis de très sérieuses erreurs et il n'est pas déraisonnable qu’il en soit tenu responsable», affirme pour sa part John Allen Williams, professeur de science politique à l’université Loyola, à Chicago.«Je crois que ce sont de sérieuses critiques qui ne relèvent pas seulement du dépit», ajoute celui qui préside aussi le séminaire interuniversitaire «Forces armées et Société».John Allen Williams estime que les heurts entre Rumsfeld et certains militaires proviennent en partie de la réforme que le secrétaire tente d'implanter au Pentagone depuis sa nomination, en 2001.Les grandes lignes de son projet visent à accroître l’efficacité de l’année tout en réduisant ses effectifs.Or le nombre insuffisant de soldats pour l’opération en Irak est une doléance souvent citée dans les récriminations des généraux retraités.«Pour plusieurs de ses grandes idées, [Rumsfeld] a tout à fait raison.Mais c’était complètement erroné de sa part de les appliquer comme il l’a fiiit dans [le cas de l’Irak].Il n’y a pas de substitut aux bottes sur le terrain», observe John Allen Williams.Outre les politiques de Donald Rumsfeld, son caractère — notamment son franc-parler — joue un rôle prépondérant dans les critiques qui lui sont adressées.«Il est très sûr de lui, c'est un individu qu’on peut qualifier de têtu.En fait, peut-être qu’un meilleur mot serait “déterminé" Mais évidemment, c’est pour cela qu’il est là où il se trouve», affirme Donald Daniel.Les officiers rebelles reprochent à Rumsfeld de ne pas favoriser les échanges d’idées au Pentagone, citant souvent en exemple le cas du général Shinseki.Cet ancien chef d’état-major de l’armée de terre avait averti le Congrès en 2003 qu'un plus grand nombre de soldats serait requis en Irak.Son courage lui a valu des réprimandes publiques et Rumsfeld a nommé son successeur plus d’un an avant la fin de son mandat minant du coup son autorité.«Les autres officiers haut gradés ont compris le message, et personne ne s’est plaint par la suite», a noté le général Eaton dans sa sortie.Le style de gestion de Rumsfeld a été sujet à controverse dès le début de son mandat.«Je me souviens parfaitement qu’à Tété 2001, certains analystes estimaient que Rumsfeld serait le premier membre du cabinet à démissionner parce qu’il éprouvait des difficultés au Pentagone», rappelle Donald Daniel.Selon lui, Rumsfeld a en quelque sorte été sauvé par les attentats du 11 septembre 2001 puisque son poste de secrétaire à la Défense s’est alors transformé en poste de «secrétaire à la Guerre* Et il est plutôt rare qu'un secrétaire à la Défense soit limogé lorsqu’un conflit est en cours.Tension créatrice Certes, ce n'est pas la première fois que des militaires s'en prennent à l'administration civile.Mais James Burk, sociologue de l’université A&M au Texas, s’inquiète néanmoins des conséquences de la révolte actuelle.«Il ne fau- drait pas que les présidents commencent à s’inquiéter du fiait que leurs généraux à la retraite puissent faire des sorties publiques contre leurs politiques.[.] Plutôt que d’être choisis pour leur mérite militaire, les généraux en viendraient à être nommés davantage en fonction de leurs qualifications politiques.• Ije phénomène ne doit pas être pris à la légère, poursuit le sociologue.«Le leadership civil ne doit pas être militarisé et les militaires ne doivent pas être politisés.C’est un équilibre difficile à conserver, et la ligne entre ce qui constitue un jugement militaire ou politique n’est pas toujours claire.Mais c'est une tension créatrice.» Cet équilibre a d’ailleurs été évoque dans un éditorial du Washington Post cette semaine.«| Cette rébellion] menace le principe démocratique essentiel qui veut que les militaires soient subordonnés au contrôle civil.» le quotidien conclut que les ratés de Rumsfeld auraient dû entraîner son départ il y a déjà un bon moment, notamment en 2004, lors du scandale sur le mauvais traitement des prisonniers d’Abou Gh-ràib.«Mais Rumsfeld ne devrait pas se faire montrer la sortie en raison d’une révolte de généraux, retraités ou non.» Reste que pour John Allen Williams, la révolte des généraux n’est pas tellement un problème de politisation des militaires.En comparaison, le politologue a trouvé bien pire le fait qu’un groupe de généraux ait appuyé la candidature de Bill Clinton lors de la campagne présidentielle de 1992.«Un président ne nommera pas un généra! s’il croit que celui-ci sera en désaccord avec ses politiques, on le sait depuis longtemps», estime-t-il.«Ijes secrétaires à la Défense sont conscients qu'à un moment donné, des généraux vont prendre leur retraite et écrire leurs mémoires.Ça permet de mettre certaines choses au clair.» Bien sûr, quelques règles de base doivent être observées en temps de guerre, mais dans le cas actuel, les généraux ne divulguent pas de secrets militaires, note-t-il.«Je ne crois pas non plus que cela va affecter le moral des troupes [en Irak], qui comprennent déjà mieux que quiconque à quel point les choses ont mal tourné.» Là pour rester Lin définitive, il semble très peu probable que Rumsfeld acquiesce aux demandes des ex-généraux.D’abord, il jouit d’un solide appui de la part de George Bush.«Je suis le décideur et je décide de ce qui est le mieux», a affirmé le président cette semaine.«Et le mieux, c’est que Donald Rumsfeld demeure secrétaire à la Défense.» Le principal intéressé a hd-même profité de l'occasion pour tenter de se refaire une image, effectuant quelques apparitions devant les caméras de la télévision et derrière les micros de la radio.B a même adopté mardi une attitude plus zen que d’habitude.«Personne n'est irremplaçable», a-t-il laissé entendre, jouant la carte de l’humilité.lorsqu’on l'a interrogé à propos du mécontentement à son endroit il a calmement répondu qu’W/ y a toujours des divergences d'opinion» De son côté, l'administration n’a pas manqué de souligner que le nombre de généraux à la retraite ou en service s'élève à 8000 à l’heure actuelle et que tous ne pensent pas comme les six qui se sont manifestés.De plus, d’autres officiers ayant étroitement travaillé avec Rumsfeld au cours des dernieres années se sont publiquement portés a sa défense.Et Rumsfeld n’a peut-être pas besoin de tant d'aide.«Le fait que ces généraux le critiquent est probablement une nuisance, mais je ne crois pas que ça Tempiche de dormir.Ce n'est pas son genre», juge Donald Daniel.•C’est un vieux singe.Et on n'apprend pas à un vieux singe à faire la grimace II mène ses affaires comme il l'entend et il a 73 ans II ne va pas changer de personnalité » Collaborateur du Devoir GRAHAM A PAULSGROVÏ RH.TÏRS Des soldats américains multiplient les opérations de recherche d’insurgés à l'extérieur de Bagdad.Sur la photo, des soldats fouillent une maison à al-Anbar.« Le leadership civil ne doit pas être militarisé et les militaires ne doivent pas être politisés » Michel David Le chanteur de pomme Stephen Harper semble prêt à toutes les tlatteries pour amadouer les Québécois, même à concéder au Canadien une chair ce de gagner la coupe Stanley.Jeudi, devant la Chambre de commerce, le premier ministre avait l'air d'un chanteur de pomme.Un peu plus et il aurait lancé, avec son bel accent de Cal-gary «Ich bin ein Montrealer/» 11 est vrai que son auditoire ne demandait visiblement pas mieux que de se laisser séduire.Quel bonheur d'entendre M.Harper présenter la métropole — et même le Palais des congrès, élevé pour La circonstance au rang de «lieu historique» — comme le berceau d’un nouveau Canada, qui enterrera 40 ans de chicanes constitutionnelles pour se tourner résolument vers l'avenir! D' ministre responsable des Relations intergouvemementales dans le gouvernement Charest, Benoit Pelletier, a bu ses paroles comme du petit lait.Pendant des années, il a passé pour un naïf avec son principe de «convivialité fédérale», fondé sur le respect des compétences des deux ordres de gouvernement.les liberaux fédéraux ne rataient aucune occasion de le faire tourner en bourrique.L’automne dernier, le pauvre s'était même fait traiter de «péquiste» par Jean Lapierre parce qu’il avait eu l’audace de rappeler à Paul Martin son engagement solennel de faire une place au Québec à l’IINESCO.M Harper devrait tout de même faire attention de ne pas en beurrer trop épais.On comprend que l'élection d'un gouvernement conservateur majoritaire exige de mettre fin à la polarisation qui a permis au Bloc québécois et au l’arti libéral de monopoliser les précieux comtés du Québec pendant 12 ans, mais il y a des limites à la possibilité de concilier «un Québec confiant, autonome, solidaire et fier» avec «un Canada fort.uni.indépendant et libre» ?Remarquez qu’en politique, tout est affaire de perception et de climat.Au moment de faire sa déclaration de revenu, le contribuable se soucie assez peu de savoir si l’argent qu’on lui enlève est partagé équitablement entre Québec et Ottawa compte tenu de leurs responsabilités respectives.Pour peu que le ton baisse entre les deux capitales, il considérera l’affaire réglée.Jeudi, le premier ministre a réitéré l’engagement qu’«aucune proposition ne sera présentée au cabinet fédéral si elle ne respecte pas la division des pouvoirs entre les gouvernements fédéral et provinciaux».Qu'Ottawa renonce à utiliser son «pouvoir de dépenser» pour envahir les compétences provinciales, comme cela est devenu la règle depuis l'apparition de fabuleux surplus dans les coffres fédéraux, constituerait déjà un énorme progrès, mais cela ne donne pas plus d’argent aux provinces.M.Haiper a promis des propositions précises sur le déséquilibre fiscal au cours de la prochaine année.Sans même les connaître, cela semble être de bon augure dans la mesure où le précédent gouvernement niait même l’existence du problème.Devant la Chambre de commerce, il a cependant déclaré que «le déséquilibre le plus important dans ce pays est celui qui existe entre tous les niveaux de gouvernement et les citoyens, de même que les entreprises, qui sont tous surtaxés».Tous ces milliards de dollars de «surplus inattendus» gaspillés par les libéraux auraient se retrouver «entre les mains des Canadiens», comme ces 1200 $ que son gouvernement versera chaque année aux parents d'enfants en âge de fréquenter une garderie.En tin de compte, combien en restera-t-iî pour les provinces?M.Harper n’a pas voulu confirmer que le premier budget conservateur contiendra une baisse de l'impôt sur le revenu des particuliers en plus de la diminution annoncée de la FI'S, mais on peut penser que ce sera le cas.Théoriquement, les provinces pourraient en profiter pour occuper le terrain, comme François legault l’a proposé dans le cas de la TPS.Pourtant, aucun gouvernement canadien ne livrera des points d’impôt aux provinces sur un plateau d’argent.Si le gouvernement Charest voulait assurer une véritable autonomie de fonctionnement au Québec dans le Canada fort et uni de M.Harper, il lui faudrait en payer le prix politique, mais il a déjà exclu d’augmenter la TVQ pour récupérer la baisse de la TPS.En mettant Yves Séguin à la porte, M.Charest s’était du même coup débarrassé de son encombrant rapport Bien avant que le PQ ne découvre les avantages pédagogiques du déséquilibre fiscal, il avait réclamé un transfert de points d’impôt, mais il est maintenant disposé à se contenter d’une hausse des transferts fédéraux et de la péréquation, qui renforceront d’autant l’intégration politique du Québec dans l’ensemble canadien Comment l’en blâmer?Apres tout ce sont les souverainistes eux-mêmes qui ont réduit la question nationale a un problème financier, comme l’a déploré Michel Tremblay.On ne peut quand même pas exiger plus d’idéal de Jean Charest! Le grand mérite de Stephen Harper est d’avoir immédiatement sais», comme Brian Mulroney avant lui, ce que les libéraux fédéraux n’ont jamais réussi à comprendre: U n’est pas nécessaire de donner la lune au Québec, il suffit de lui chanter la pomme (Juanrl il a promis de nous taire entrer à l’UNES-CO, il devait bien savoir que, contrairement au Sommet de la Francophonie, les organismes de l’ONU n’accueillent que des Etats souverains.Il faudra maintenant se contenter d'un strapontin au sein de la délégation canadienne, mais le monsieur est quand même: gentil il nous a dit qu'on méritait mieux.Connaissant le ROC, le premier ministre a averti qu’il n’était pas question que le Québec devienne le chouchou du Canada nouveau I-àdessus, on peut lui faire confiance.Il est bien placé pour se souvenir du tollé qu’avait soulevé la décision du gouvernement Mulroney de confier l’entretien des F-18 à Canadair phitôt qu’a Bristol Aerospace, de Winnipeg.Cette décision avait provoqué une véritable rupture au sein du Parti conservateur, qui a conduit à la formation du Reform Party et a l'ascension de Stephen Harper.Dans l'Ouest, on ne se satisfait pas de se faire chanter la pomme.nid a mdu ledevoi r.com I LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 AVRIL 2006 B 4 EDITORIAL Un moratoire s’impose Insensible à tous les arguments, le gouvernement Charest maintient sa volonté de privatiser la section centrale du parc du Mont-Orford.Aujourd’hui, les Québécois descendent dans la rue pour obtenir l’abandon de ce projet Avant d’être forcé à un autre recul humiliant, le premier ministre devrait accepter le moratoire que lui proposent d’anciens directeurs de parcs nationaux du Québec, question de se donner le temps d’explorer toutes les avenues.e débat sur l’avenir du parc du Mont-Orford transcende toutes les lignes partisanes, ideolo-c giques ou sociales.Sur la ligne de front, dans le canton d’Orford, se côtoient militants pequistes HB HH et liberaux, étudiants et retraites, syndiques et HB HBH patrons, sportifs et écrivains ( ela est caracté- H ristique de tous les débats environnementaux, c omme l'a précédemment démontré celui sur le Suroît ou encore celui sur la gestion forestière, provoqué par le film L’Erreur boréale.Dans un cas comme dans l’autre, les gouvernements Charest et Landry ont dû plier devant la valeur des arguments des environnementalistes et le poids de l’opinion publique.Qu’il en soit ainsi illustre toute l’importance que les préoccupations environnementales ont de nos jours.Certains dénoncent la dictature qu’exerceraient les groupes de pression dans la conduite des affaires publiques, oubliant que leur influence est proportionnelle au degré d’écoute qu’ils obtiennent de leurs concitoyens.Dire au premier ministre Jean Charest de tenir bon et de ne céder à aucun prix, comme l’a récemment fait l’ancien ministre péquiste Jacques Brassard, serait ignorer cette réalité.Cette voie conduit tout droit à un cul-de-sac.Le ministre du Développement durable (!), de l’Environnement et des Parcs, Claude Béchard, mise sur la constitution d’une réserve foncière en vue de l’agrandissement du parc pour amadouer l’opinion publique.Cette semaine, il invitait les membres du comité d’action contre la privatisation à venir discuter du projet de loi sur la privatisation du parc qu’il est à rédiger.Us ont eu raison de refuser car si le dialogue et la recherche d’un compromis s’imposent, il faut au préalable en définir les bases.Cela ne sera pas possible si toutes les hypothèses ne peuvent pas être abordées.« L’analyse que fait dans sa lettre ouverte à Jean Charest un groupe d’anciens directeurs de parcs nationaux (voir le texte en page voisine) montre bien que d’autres solutions existent que la privatisation de la partie du parc accueillant le centre de ski et le golf pour assurer la rentabilité de ces installations récréatives.La seule qui a été étudiée et débattue s’appuie sur un développement immobilier d’envergure dans les limites actuelles du parc, projet conçu à l’origine par le gestionnaire du centre de ski.A ce qu’on sache, jamais les responsables de la gestion du parc n’ont réfléc hi à d’autres avenues ni élaboré des projets de rechange à celui du promoteur.• Le ministre Béchard ne devrait pas hésiter, s’il est sincèrement ouvert au dialogue, à suspendre le processus de privatisation.Il n’y a pas d’urgence telle (autrement que dans l’esprit de certains promoteurs) qui justifie qu’on aille de l’avant sans prendre le temps de trouver une solution qui permette d’atteindre les objectifs que chacun poursuit: assurer l’intégrité du parc, garantir le maintien du centre de ski et assurer le développement des activités récréotouristiques générant des retombées économiques dont la région a besoin.Un tel débat s’impose car la privatisation envisagée à Orford remet en cause le principe' de préservation des parcs québécois pour les générations futures.On ne peut pas prétendre faire du développement durable d’un côté tout en remettant en cause de l’autre les efforts consentis en ce sens par ceux qui ont créé le réseau de parcs nationaux au cours des UX) dernières années.La démonstration de nécessité de son projet n’a pas été faite par le gouverne- Bernard Descôteaux ment Charest.bdtscoteaux(àledevoir.ca c La valse de l’ONU ela fait trois ans que le Darfour, province du Soudan, est en proie à la guerre civile.Trois ans que l’ONU se livre à une valse-hésitation pendant que les représentants politiques des parties impliquées signent des accords de paix morts-nés.Aujourd'hui, à la suite de l’ot-fensive menée ce mois-ci par des rebelles soutenus par ( vhartoum contre le président du Tchad, Idriss Déby, on est à deux doigts d'une guerre ouverte entre les deux pays.Du coup, pn évoque de nouveau une résolution prévoyant des sanctions Contre des membres du gouvernement soudanais.Mais.• Mais puisque la résolution a été rédigée par le gouvernement américain et cautionnée par la Grande-Bretagne et la France, la Russie et la Chine ont prévenu qu’elles s'y opposeraient La Russie par principe, la Chine parce qu’elle importe du pétrole du Soudan.Pourtant, cette résolution visait enfin les chefs militaires de ces milices qui ont massacré des milliers de personnes, majoritairement des animistes ou des chrétiens.On espérait et on espère encore traduire devant les tribunaux les responsables de ce que les ONG, par exemple Human Rights Watch, qualifient de genocide.Jusqu'à présent.l'ONU se refuse à reprendre ce terme de façon officielle.Pourtant, il y a urgence.On estime que depuis le début, le conflit a fait 250 000 tues et deux millions de déplacés, beaucoup ayant trouvé exil au Tchad.Au cours des dernières semaines, le gouvernement soudanais a multiplié les embûches pour empêcher du personnel de l’ONU, de la Croix-Rouge et d’ONG d’accomplir leur travail.11 y a 15 jours, le secrétaire général adjoint des Nations Unies chargé des affaires humanitaires, Jan Egeland, a ete interdit de séjour au Soudan.La raison invoquée par le gouvernement de Khartoum5 Puisque des pourparlers se poursuivaient afin de trouver une issue, Egeland pouvait rester chez lui.Cette fable, car il s'agit de cela, les autocrates du Soudan et d’ailleurs la formulent chaque fois que l’ONU met sa timidité de côté.Notons qu'aucun des cessez-le-feu annonces n’a été respecte.Notons surtout que l’Union africaine ayant échoué à pacifier la region, il est prévu, pour l’instant du moins, que des Casques bleus investissent le Darfour l'automne prochain lorsque le mandat de l’UA arrivera à son terme.Compte tenu de la gravite de la situation, certains vont jusqu’à proposer l’envoi d'un contingent de 20 000 soldats sous l’égide de l’OTAN.En attendant la suite du feuilleton onusien, on se rappellera que le président Deby, repute être un des plus corrompus du continent africain, a une fois de plus magouille pour se maintenir au pouvoir.Un scrutin est prévu k' 3 mai pour entériner un amendement constitutionnel qui permettra à Deby de rester president à vie.Et dire qu’il présente le tout comme une election présidentielle.Pathétique! Serge Truffaut LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE MulfcowfXj {,£ NtWfTgf U iCoio U'rttfîciR£ Du CAmADA.*.m LETTRES Si le sel s’affadit.(avec quoi le salera-t-on ?) Le père Benoît Lacroix nous propose, dans un éditorial publié dans Le Devoir des 15 et 16 avril, des réflexions intéressantes sur la coïncidence entre Pâques et le printemps.11 nous rappelle un des nombreux emprunts que la religion catholique a faits chez les Romains, les juifs et les musulmans.Ainsi, vers les années 500, les catholiques auraient décidé de situer la journée de Pâques le dimanche qui suit la première lune après les ides de mars.Situer une fête en tenant compte de la position de la lune est une coutume très répandue chez les musulmans.On sait aussi que les ides de mars rappellent l’assassinat de Jules César, le 15 mars 44 avant Jésus-Christ.Ce fut le début d’une nouvelle ère dans l’empire romain.Ic père Lacroix nous infonne aussi que le Christ serait mort le jour de la fête de Pâques selon la religion juive.Le rappel de tous ces emprunts est fort intéressant, mais on reste très étonné qu’un des faits essentiels qui ne soit pas emprunté à mie autre religion, la résurrection du Christ, soit traité ici comme un fait divers, de façon assez peu convaincante.Tout ce qu’on y trouve, c’est que «trois jours après son exécution, certains ont cru le revoir.Imi |le Christ), mais autrement-, La faiblesse de cet exposé laisse perplexe.Le père Lacroix n’aurait-il pas relu son texte?Il soutient que certains auraient «cru- voir le Christ.Voici l’événement central de la foi catholique.Le Christ est ressuscité.Si non, il n’était qu’un humain.Or, plutôt que d’affirmer, comme le soutiennent tous les textes catholiques, que le Christ est ressuscité de façon certaine et indiscutable, l’auteur dit que «certains ont cru le revoir-.En sont-ils certains?On ne le dit pas.Pourquoi introduire ce doute maintenant?On ne le sait pas.Au moins, on a la certitude que le printemps succède à l’hiver.Qu’il est une saison de renouveau.Et on croit qu’il en sera ainsi encore longtemps.Georges Paquet Ottawa, le 16 avril 2006 La chance aux immigrants Ce serait un pas dans la bonne direction si le gouvernement Charest intervenait dans l’épineux dossier de la reconnaissance de diplômes étrangers des immigrants par les ordres professionnels au Québec.On doit faire face à la situation actuelle, où beaucoup de professionnels immigrants sont condamnés à virevolter d’un petit boulot à l’autre faute de trouver des emplois correspondant à leurs qualifications.Ce n’est rien d’autre qu’un épouvantable gaspillage de ressources humaines à l’échelle mondiale.Ironiquement le Québec a longtemps souffert d’un sérieux manque de main-d’œuvre qualifiée dans les secteurs de la médecine, de l’industrie, de la gestion, etc., tandis qu’en même temps, plusieurs nouveaux arrivants bardés de diplômes de hautes études ont décidé de quitter le Québec en voyant leur beau rêve québécois brisé.Il est impératif que les trois ordres de gouvernement réagissent rapidement et de façon concrète en faisant reconnaître la valeur des diplômes étrangers tout en favorisant une meilleure intégration des immigrants dans le marché du travail d’ici.Richard Qi Chen Montréal, le 13 avril 2006 En réponse à l’appel de Stephen Harper Lettre à Sylvie Boucher, députée de Beauport-Limoilou Nous écoutions les nouvelles tout à l'heure et avons entendu l’appel du premier ministre qui demandait «aux Canadiennes et ata Canadiens» de faire pression sur leurs députés.C’est ce que nous nous empressons de faire à l’instant Sachez, Madame, qu’en tant que parents de deux fillettes, nous ne sommes pas intéressés par l'allocation de 1200 $ proposée par le Parti conservateur.Nous aurions de loin préféré que votre gouvernement respecte le choix historique du Québec de favoriser le développement du réseau des CPE et l’entente déjà signée.Nous osons espérer que les députés québécois défendront ce point de vue largement partagé dans la province.Nicolas Lefebvre Legault Nadia Beaudoin Québec, le 19 avril 2006 Manon Cor nellier Le premier ministre Stephen Harper a sillonné le pays depuis une semaine pour réitérer ses priorités et afficher sa détermination à aller de l'avant égratignant au passage ses adversaires, qui en sont restés étourdis.Malgré tout, il n'a pas réussi à monopoliser l'attention.la campagne au leadership libérale ou, plus précisément, certains candidats y parviennent aussi.Pour deux raisons: le poids de leur passe et kmr envergure inteflectueDe.Comme plusieurs journalistes, le professeur d’économie William Watson fait remarquer dans XOttawa Citizen que Michael Ignatieft Bob Rae et Stéphane Dion se présentent au fil d'arrivée avec, en poche, de nombreux écrits qui peuvent fournir des munitions à leurs opposants.Cependant.ajoute Watson, cela permet aussi d'espérer des débats d'im niveau peu commun lors d’une campagne au leadership.«Cette bande de gens dîmes surpasse de loin legnmpe conservateur d’il y a deux ans», écrit-il.Mais il doute que l'intelligence suffise à jauger les candidats liberaux.A son avis, l’expeneixr est tout aussi importante et, à ce chapitre, Rae domine le peloton.Il a laissé de mauvais souvenirs et une lourde dette à l’Ontario.mais Watson rappelle que Rae a toujours soutenu que la dette et le déficit n'étaient pas des «questions theologiques mais concrètes».Il a tente de faire comprendre à ses troupes qu’un petit détint aujourd'hui signifiait d’importants paiements sur La dette plus tard.Son incapacité à faire avaler cela à son équipé explique, selon Watson, que Rae soit aujourd'hui un liberal.Mais il est aussi candide.Après sa défaite en 1995.il avait dit avoir quitte fa politique parce qu'il se sentait incapable île «Prmtrr l'etemeüe tn-dignation qui semble être requise d'un chef d'opposition».Rae ne craint pas de froisser.Pas plus qulgnatieff ou Dion.Pour Watson, voila qui devrait être prometteur.Carol Goar, du Toronto Star, note cependant que les candidats liberaux sont dans une position phis difficile que celle de Stephen Harper en 2004.Son parti l’a choisi pour être un leader compétent pas un modèle H avait une certaine marge de manœuvre car ses partisans étaient conscients de tout le travail qui devait être fait pour rendre leur parti compétitif Se- REVUE DE PRESSE -?- Du coq à l’âne Ion Mme Goar.les candidats libéraux n’ont pas la même latitude.On mesure leur charisme à l'aune de Pierre Trudeau.On compare leur envergure à celle de Lester B.Pearson.On attend d'eux «une vision nouvelle et la capacité de rajeunir un parti fatigué».Les candidats doivent avoir tous les talents, de la prestance et des racines dans le parti, en plus d'être de bons orateurs et des rassembleurs.«Et pour les prochaines élections, ils doivent être prêts à mener le parti vers la victoire.» Elle passe en revue les commentaires émis sur tous les candidats confirmés et pressentis, notant qu'aucun n'a encore passé le test.Selon elle, si Harper avait été soumis à de telles règles tacites, il ne serait pas premier ministre aujourd'hui.«La meilleure chose que les liberaux peuventjuirt.c'est de se secouer un peu.d’être reconnaissants d'avoir le choix entre tant de gens talentueux et de reconnaître qu 'il faudra du temps et du travail pour rétablir La confiance du public envers leur parti.• ?La pauvreté n'est pas un problème très present dans les débats politiques actuels, mais le Toronto Star est un des rares quotidiens de langue anglaise à y consacrer une attention soutenue, en particulier sa journaliste Carol Goar.Encore cette semaine.eBe faisait état d’une étude publiée par Statistique Canada montrant que 34 % des gens à faible revenu étaient sortis de fa pauvreté en 2004 alors que seulement 3,3 % y étaient tombes.Selon Goar.cela a laissé l’impression que 1a pauvreté se résolvait d'elle-mème et que les constats des groupes d’aide aux démunis étaient exageres.à Hnstar de ceux touchant le manque de logements sociaux.Tin-suffisance du salaire minimum, le manque de places en garderie et T accroissement du fossé entre riches et pauvres.En fait dit Goar.les statistiques prouvent seulement qu’il y a ameBora-tion.que des gens parviennent à se sortir de fa pauvreté en trouvant un emploi, souvent précaire.en en prenant un deuxième, en cohabitant avec un conjoint ou un proche, en incitant leurs enfants adolescents à travailler.Et ces occasions augmentent lorsque l'économie est en croissance.Malgré cela, 3,5 millions de Canadiens sont toujours pauvres, rappelle-t-elle.Les 40 % de ménages les plus pauvres continuent de voir leur part de la richesse collective diminuer.Le message de Statistique Canada était encourageant, dit-elle, mais il ne faudrait pas garder la fausse impression.laissée par quelques manchettes, selon laquelle 1a pauvreté est en chute libre.EBe déplore l’attitude inverse d’une coalition ontarienne qui a dévoilé cette semaine des propositions budgétaires axées sur la lutte contre 1a pauvreté.La coalition a ignoré les progrès accomplis.Selon Goar, les groupes d’aide aux démunis devraient les reconnaître même s’ils restent insuffisants.Selon eBe, il en va de fa crédibilité de leur message et de leur pouvoir de persuasion auprès de la population.?Protection de l’environnement et Colombie-Britannique sont synonymes dans l’esprit de beaucoup de Canadiens, et ce n'est pas pour rien.Alors que l’Alberta et Terre-Neuve n’hésitent pas à exploiter leurs ressources pétrolières, fa Colombie-Britannique.eBe.ne touche toujours pas aux importants gisements pétroliers au large de ses côtes.En fait les gouvernements ont toujours craint de se lancer dans leur exploitation.note Barbara Yaffe dans le Vancouver Sun.Le gouvernement provincial actuel, plus près des milieux d’affaires, aimerait développer ces gisements mais, prédit Yaffe.fl faudra que le vent souffle dans le bon sens pour qui aille de l’avant La protection de fa nature fait partie inté grante de la culture politique locale.«Des grands-mères et des deputes vont en prison pour protéger la forêt humide.Des adultes nantis établissent des campements pour défendre une Jaiaise.» Pas etorr nant donc, qu’une coafition de 110 groupes environnementaux et autres ait déjà lancé une campagne de sensibilisation au slogan évocateur •Oil and water demi mix.Keep B.C’s coast oil free.» (L'eau et l’huile ne se mélangent pas.Gardons fa cote de fa Colombie-Britannique fibre de pétrole.*) La partie n'est donc pas gagnee pour fc gouvernement Camffoel mcomelliergledevoir.corn La presse du Canada J LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 AVRIL 2006 DEES ïiÏSKs *1' -v L histoire des parcs québécois a commencé il y a plus de 100 ans par la création du parc du Mont-Tremblant, en 1894.Pour des parcs nationaux durables au Québec ARCHIVFS I F I1FVOIR Lettre ouverte au premier ministre Jean Charest e projet du gouvernement du Québec de soustraire une partie du parc national du Mont-Or-ford pour l’offrir en vente à l'entreprise privée remet en question la volonté et le choix établi par la société québécoise depuis plusieurs décennies de se doter d’un réseau de parcs nationaux dont les territoires seraient protégés intégralement pour les générations futures.La question posée par le projet du gouvernement actuel pourrait être formulée de la manière suivante: les parcs nationaux sont-ils encore des entités qui font partie, en tant que territoires naturels protégés, du développement durable global du territoire québécois ou sont-ils susceptibles de redevenir, comme les anciens parcs d’avant la loi-cadre sur les parcs, des territoires voués à l’exploitation des ressources à des fins multiples et avant tout économiques si l’occasion se présentait?Une longue marche Il faut se rappeler que l’histoire des parcs québécois a commencé il y a plus de 100 ans par la création du parc du Mont-Tremblant, en 1894, et quelle a évolué jusqu’à nos jours pour correspondre aux normes internationales reconnues en matière de parcs.Ce qui est mis en cause ici par le projet du gouvernement, c’est toute la démarche et la philosophie qui ont précédé et supporté la création de la loi-cadre sur les parcs en 1977 et, par la suite, la politique ministérielle qui venait expliciter ses principes fondamentaux par son projet d’y déroger par une loi spéciale.Le point principal de la Loi sur les parcs établit que ceux-ci sont désormais des territoires entièrement protégés contre toute exploitation commerciale des ressources.Trois des quatre parcs ayant été créés par des lois particulières avant l’adoption de la lokadre — Mont-Tremblant Laurentides et Gaspésie — faisaient l'objet d’exploitation forestière, faunique ou minière.«Seul le parc du Mont-Orfbrd, épargné en raison vraisemblablement de sa faible superficie, maintenait vivant l’espoir d’un réseau d’espaces protégés.» Guy Bussières (aujourd’hui décédé), qui a été, entre les années 70 et 90, directeur général des parcs au ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pèche et leader de l’établissement du réseau des parcs québécois, évoquait déjà en 1990, dans un texte publié dans la revue Loisir et Société («Le réseau des parcs du Québec: évolution et relation avec le développement durable», volume 13, numéro 2), «le danger qu’une interprétation abusive du concept de développement durable peut faire courir aux réseaux de parcs et en particulier à celui du Québec».D écrivait aussi: «Dans une province où la tradition en matière de parcs et les groupes de pression proparcs sont notoirement faibles, la Loi sur les parcs a bien ràisté jusqu’à maintenant aux diverses agressions.Le réseau a maintenu son intégrité depuis le début de sa mise en place, après 1977.» Serions-nous rendus à la fin de cette époque en 2006?[.] Il poursuivait en disant qu’«t/ faut s'assurer que les stratégies de “développement durable’’ vont non seule-oient permettre d'assurer la protection à perpétuité de l intégrité écologique des parcs mais surtout faire en sorte que les parcs soient considérés comme des composantes de ce concept».A la fin de son texte, Guy Bus-sieres concluait «Les parcs du Québec s inscrivent parfaitement dans la Stratégie mondiale de conservation et apportent une contribution concrète au développement durable.On peut penser que les interprétations abusives de ce concept ne vont pas entraîner des atteintes à l’intégrité des parcs La bataille ne sera cependant usinais gagnée d’une maniéré définitive et la vigilance de la population sera toujours essentielle.» Qu'en conclure nous-mêmes, sinon que seul un motif pouvant correspondre à des intérêts «supérieurs de la nation» pourrait nous amener collective- ment à remettre en question l’intégrité des parcs?Est-ce le cas dans la situation actuelle du parc du Mont-Orford?Comment comprendre le problème actuel?D’emblée, il est clair pour nous que l’État doit à tout prix maintenir la propriété du territoire dans le domaine public et résoudre le problème de la gestion d’un équipement comme la station de ski alpin sans avoir à recourir à la mesure extrême qui consiste à vendre à des intérêts privés les terrains du parc affectés par cette activité et même plus afin d’en rendre l’exploitation rentable.Il faut rappeler que, lors de la consultation publique tenue en 1979 sur le projet de reconnaissance du parc du Mont-Orford en vertu de la nouvelle loi-cadre sur les parcs, la station de ski alpin ainsi que les autres équipements récréatifs et culturels existants sur le territoire n’y étaient pas inclus et que c’est à la suite de la demande insistante exprimée par la population à cette occasion et confirmée par la décision du gouvernement qu’ils ont été intégrés dans les limites du parc.C’est donc dire qu’il y avait une volonté qui a fait consensus sur la nécessité de maintenir tous ces espaces montagneux et périphériques dans la propriété publique et que la gestion de la station de ski devait par la suite être gérée et même développée dans un cadre de protection du milieu naturel constitutif d’un parc national avec les contraintes que cela impose.S cela ne devait pas être cas, ne devrait-on pas alors vendre les terrains de la station de ski du parc du Mont-Saint-Bruno ou de ceux du parc du Mont-Tremblant qui sont encore dans les limites du parc,,ou ceux du terrain de golf du parc des Îlesde-Boucher-ville, qu’on a même construit plusieurs années après la création du parc, dès qu’il surviendrait des difficultés de rentabilité dans l’exploitation de ces équipements?Aurait-on dû donner suite à la réalisation d’un projet de voie ferrée suggéré, il y a quelques années, dans le parc du Mont-Tremblant pour reher la station de ski d’Intrawest à Saint-Donat, dans Lanaudiè-re, sous prétexte de stimuler le développement touristique et économique régional?Des promoteurs se sont déjà aussi montrés intéressés à faire du développement hôtelier sur les falaises surplombant la rivière dans le parc du Saguenay.Aurait-on dû leur ouvrir la porte?Devrions-nous aussi accorder de nouveau des concessions d’exploitation forestière dans les parcs pour résoudre les problèmes d’emplois de cette industrie dans les régions du Québec qui en sont affectées?Affaiblir le réseau des parcs constituerait-il un développement durable compris dans la gestion globale du territoire québécois?Nous sommes convaincus, en ce qui concerne le problème de la rentabilité optimale de la station de ski du parc du Mont-Orford, que la démonstration de la recherche en profondeur d'une solution compatible avec le maintien de l’intégrité du territoire n’a aucune ment été faite.La seule ahemative mise en avant est la plus facile, soit ceDe du développement immobilier a l’intérieur même du parc Pourquoi cet équipement de ski ne pourrait-il pas être géré selon un concept beaucoup plus intégré qu'aujourd’hui dans un milieu naturel protégé, qui répondrait à une clientèle recherchant ce type de milieu que n’offrent pas les autres stations de la région, ciblant par exemple les amateurs de télémark, offrant un circuit de longue randonnée avec refuges ai montagne, etc.?[.] Et que fait la SEPAQ dans ce dossier, elle qui détient le mandat du gouvernement de gérer les opérations des parcs en conformité avec la loi qui les régft?Serait-elle compromise avec un projet susceptible de porter atteinte au réseau?Que faire maintenant?Dans la philosophie qui a précédé la création de la loi et l’élaboration de la politique sur les parcs (et qui les supporte toujours), il a toujours été compris et entendu que les parcs pouvaient constituer, comme at Les parcs nationaux sont-ils encore des entités qui font partie, en tant que territoires naturels protégés, du développement durable du territoire québécois ?trait naturel, un moteur de développement touristique et économique dans une région.Ce développement devait nécessairement se faire à la périphérie des parcs de manière non seulement à en assurer l'intégrité mais aussi à favoriser l’implantation de services et d’infrastructures à des fins d’éducation et de récréation, soit les deux objectifs complémentaires à la loi après celui, prioritaire, d’assurer la conservation et la protection permanentes des régions naturelles du Québec ou de sites à caractère exceptionnels.Nous proposons au gouvernement de prendre les mesures suivantes: ¦ surseoir à son intention d’offrir en vente une partie substantielle du territoire du parc du Mont-Orford afin d'assurer le maintien de l’intégrité du parc tel que défini par la lx)i sur les parcs; ¦ reprendre à la base le processus de discussion publique afin de rechercher une solution concrète et compatible avec le statut du parc au problème de ges lion de la station de ski en interaction et en concertation avec le milieu.Si aucun promoteur privé n'est en mesure d’exploiter une station de ski de manière ren table dans le cadre d'un pan- national dont il y a lieu de maintenir l'intégrité territoriale, il faudra analyser en toute transparence des alternatives possibles avec d’autres partenaires tels que des organismes sans but lucratif ou coopératifs, comme cela a déjà été suggéré.(.] Toute solution devrait exclure à l’avance la vente des terrains du parc du Mont-Orford; ¦ réaffirmer une volonté de maintenir et d'appliquer la D)i sur les parcs et aussi la renforcer.les plans directeurs des parcs devraient être soumis périodiquement à la consultation publique en vertu même de la loi, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.Toutes les consultations publiques devraient être confiées à une commission indépendante du ministre responsable de l’application de la loi de manière à en assurer la crédibilité et la transparence ou au Bureau des audiences publiques sur l’environnement |.„] loi responsabilité vous incombe, M.le premier ministre, de ne pas être celui qui mettra fin a la reconnaissance de territoires que nous avons voulu collectivement protéger depuis plus de 100 ans d’histoire des parcs au Québec.(.] De plus, quel message envoyez-vous à tous ces individus et organismes qui travaillent, avec des moyens dérisoires, à conserver des milieux naturels en terres privées alors que votre gouvernement s'apprête à en éliminer?Enfin, queDe image allez-vous projeter sur le plan international alors que le Québec a pris des engagements officiels de protéger la biodiversité selon les standards reconnus à l'échelle mondiale et dont les parcs sont les territoires les plus en mesure de l’assurer, vous qui avez été, lorsque vous étiez ministre de l’Environnement du Canada, le signataire de la Convention internationale sur la biodiversité?* Les signataires de cette lettre sont huit anciens gestionnaires-directeurs de parcs qui ont participé activement et intensément, à l'intérieur de l’appareil gouvernemental, au mouvement qui, depuis les années 70, a mené à l’adoption de la loi et de la pcjlitique sur les parcs ainsi qu’à l’implantation du réseau que nous connaissons actuellement., Jean Hubert (auteur du texte), parcs des Iles-de Boucherville, du Mont-Saint-Bruno et de la Yamaska, Service des parcs de lu région de Montréal, ImvoI, IMurent ides.Ixinaudière et Montérégie (pendant 11 ans) Jean-Marc Girard, parcs d’Oka et du Mont-Orford, Service des parcs de la région de l’Estrie (pendant 14 ans) Paul Larue, parcs de la Jacques-Cartier.d’Oka et du Mrmt- Tremblant (pendant 13 ans) Jacques Bertrand, parcs de la Gaspésie et du Saguenay (pendant 27 ans) Denis Perron, parc du Mont-Orford (pendant sept ans) Claude Fleury, parcs d’Oka, du Mont-Tremblant, des Iles-de-Boucherville, du Mont-Saint-Bruno et de la Yamaska (pendant 10 ans) Jean Renaud, parcs du Mont-Saint-Bruno et de la Yamaska (pendant 12 ans) Raymond Grenon, parc d’Oka (pendant six ans) i'¦* •/» Denise Bombardier Démériter Ainsi donc, pendant la semaine qu’on dit sainte mais à voix basse ici afin de ne pas provoquer les anticatholiques qui sévis-sent sans toutefois être taxes d’intolérance, pendant cette semaine dernière, donc, on a crucifié Michel Tremblay et flagellé Robert Lepage.Ces créateurs ont apparemment démérité de la patrie en provoquant la commotion que l’on sait.Devant tant de grossières indécences, on est partagé entre la honte et le découragement 11 est honteux que perdure un climat si violemment guerrier quand il s'agit de mettre en doute le dogme souverainiste.On doit donc se réjouir de vivre dans un contexte qui bloque les tentations excommunicatrices issues d’une époque récente.De plus, il est décourageant de constater que ce sont ceux-là mêmes qui ont lutté contre les intolérances socio-religieuses dans leur jeunesse qui repnxhiisent à l'identique ces comportements.Or c'est justement ce refus de laisser s’exprimer le doute, voire une remise en cause de l’objectif, qui est en train d'effilocher l'idée de la souveraineté.Plutôt que de palabrer ad nauseam à propos d’un calendrier référendaire d'autant plus hypothétique qu'il suppose d'abord la prise du pouvoir, il vaudrait mieux que les défenseurs du temple péquiste trouvent le temps nécessaire à la méditation, fassent leur examen de conscience, autrement dit, pratiquent une introspection aussi intellectuelle que monde.Or nous savons désormais que ce n'est iras le cas et que la restructuration organisationnelle et le brassage du personnel d’encadrement tiennent lieu de ce que Michel Tremblay appellerait la recherche de l'âme perdue.Ce n’est [xis d'hier qu'on pratique la détestable ma nie du démérite.Pour mériter le titre de «vrai» Que bec ois, il faut remplir un certain nombre de conditions, arbitraires, cela va sans dire, mais également déshonorantes pirlois.11 faut parler de façon plus argotique que nécessaire.Sacrer, par exemple, consacre l’authenticité; il faut surtout niveler le lan-g:ige et user de familiarité.«On est suc millions, faut se parler» «comme on parie», de la même chose, au même moment et au même rythme; il faut vibrer en chœur, pleurer en chœur et évidemment rire en chœur.N'en étant pas à un paradoxe près — et ceci peut être aussi insupportable que séduisant —, nous revendiquons un Québec distinct tout en pratiquant une tolérance réduite envers l'affirmation distincte personnelle.En fait, nous abhorrons le conformist me, mais lui seul semble nous rassurer.Sans doute l’originalité, encensée officiellement |wr ailleurs, accentuerait trop l'isolement culturel que nous ressentons viscéralement.Notre historique méfiance de la France, mauvaise mère patrie aux yeux de trop nombreux Québécois, se double d'un aveugle antiaméri-canisme post-George W.et d’une indifférence quasi dédaigneuse pour le ROC (rest of Canada).Cela nous renvoie à l’intérieur de nos frontières, pour ne pas dire de nos quartiers, le centre du inonde s’est déplacé vers le Plateau Mont-Royal, le quartier gai, quelques rues dans l'Oufremont d’en bas, toutes ré férences métaphoriques d»- la patrie sodalocuhurel-le et politique du Québec en marche vers un nulle part bordé de boutiques tendance, de bars, de commerces licencieux et de restaurants épicuriens.Il faut bien alimenter le corps social lorsque l’âme col lective se meurt de nourritures spirituelles.Dans cet espace géographique réduit se disfri huent les certificats d’authenticité relayés |)ar le système médiatique.Ix- prototype du Québécois de l’avenir, ce mélange de ceinture fléchée (wrtée aux hanches, d’oligo-éléments, de poings dirigés vers le sol, de pieds liés par les préjugés et par les dogmes nostalgiques d’une égalité durable et d’un développement sans création de richesse, ce prototype prend le rang devant ceux qui osent douter ou qui osent avouer qu'ils doutent Pendant cette semaine sainte, ce n’est pas la liturgie traditionnelle qui a isolé les néo-Québécois sans lesquels le Québec ne se survivra pas.C'est le psychodrame tricoté serré, si lamentable, si attristant, si humiliant.Ne méritons-nous pas mieux que cela?denbom bardiePa videotron, ta L / JACQUES NADEAU LE DEVOIE L’écrivain Michel Tremblay.s Ecrivez-nous ! (j! Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page Ips commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l'abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mot».Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons a utifiser lé crxirrid IredartimiUedevtnrcrmi) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d'indiquer vos coordonnées completes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQI TPE DU DEVOIR U REDACTION jeumafean à raéarmMxm téoente « iWs GrrM DtBtirr 'aé/oim! am iirrrtntr it V'iformatw», pam Cixmmi teffmm mmmmptUt/.F»b* *T! Marw-Andr~- ChooiMrl Hàtettum) ttahm tMtlnnaha, rnpamaU* il la paft Uta! HOm HfU*
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