Le devoir, 24 avril 2006, Cahier A
POLITIQUE Scott Brison, septième candidat à la succession de Paul Martin Page A 3 — ?www.ledevoir.eo m ?IRAK Jawad al-Maliki est sommé de rétablir l’unité Pages B 1 et B 2 LE DEVOIR Ben Laden sort de son mutisme Nouvelle diatribe contre Wccident Après plus de trois mois de silence, le chef du réseau terroriste al-Qaïda, Oussama ben Laden, est sorti de son mutisme hier pour dénoncer vertement la, suspension par l’Europe et les États-Unis de l’aide au gouvernement palestinien du Hamas, preuve se- - Ion lui d'une alliance ju-déo-chrétien-ne contre les Spm musulmans.Dans un ines-, sage audio diffuse par la u h ai ne din formation al-Oussama Jazira, 3 ben Laden ausa aPP6^ a guerre de longue durée contre les voleurs croisés» qui sévissent dans la région soudanaise du Darfour.•Le blocus qu’impose l’Occident au gouvernement du Hamas prouve qu’il y a une guerre des croisés .sionistes contre l’islam», a lancé Ben Laden.•Je dis que cette guerre relève de la responsabilité commune du peuple et des gouvernements [occidentaux], Tandis que la guerre continue, ils envoient leurs fils sous les drapeaux pour se battre contre nous et ils continuent à apporter un soutien financier et moral tandis VOIR PAGE A 8: BEN LADEN Capitale du livre: Turin succède à Montréal JACQUES GRENIER Ï.E DEVOIR -— ¦ L’ECRIVAIN ITALIEN Gian Luca Favetto a eu l’honneur de lire des extraits de son ouvrage Si tu vois le futur, dis-lui de ne pas venir hier au théâtre Le National, où s'écrivait le dernier chapitre de •Montréal, capitale mondiale du livre», événement qui passe le flambeau à la ville de Turin.Sur le thème •Je t’écrirai encore demain», cette soirée a été l’occasion de voir et d’entendre plusieurs amants de la littérature, dont Michel Garneau, Tomâs Jensen, Dany Laferrière, Pascale Montpetit, Chloé Sainte-Marie et Alain Stanké.Le 23 avril est aussi la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.Cette date, qui marque l’anniversaire de la disparition de Cervantes et de Shakespeare, a été choisie par l’UNESCO afin d’encourager chacun à découvrir le plaisir de la lecture.L’ENTREVUE PERSPECTIVES Mauvais coton Indignation et action, l’exemple d’un élan Québec-Mali contre la mondialisation C’est un témoignage sur les méfaits de la mondialisation et les effets du commerce équitable que livre le Malien Moussa Konaté, artisan du développement durable.L’histoire d’une fraternité entre des Québécois et des Africains qui se battent pour qu’on les aide à se passer de l’aide.SÉBASTIEN BARANGÉ Lorsqu’il donne ses conférences à Montréal ou ailleurs.Moussa Konaté porte la tenue traditionnelle de son pays.«Quand je porte ces habits, je me sens dans ma vraie peau et fier de représenter l'Afrique.Je suis né quelque part» Et malheureusement, après la colonisation française, les luttes intestines, l’exploitation et les dictatures, ce «quelque part» continue de souffrir.Ces pays d’Afrique, comme le Mafi, apprivoisent a peine la démocratie que, déjà, ils doivent affronter la mondialisation qui ne connaît pas de règles et écrase les États-nations.Enseignant au Mali, Moussa Konaté a pris, presque par hasard, à Focca-sion d’un jumelage avec le village de Sainte-Élisabeth au Québec, les chemins de Laide internationale.Chargé du développement local ai MaB pour SUCO (Solidarité Union Coopération) 3 constate, jour après jour, les conséquences de la usa snusco Moussa Konaté VOIR PAGE A 8: KONATÉ INDE X .Annonces___B 2 Avis pubbrs .B 4 Convergence B7 Cufeure.B 8 Décès_______B2 Économie____B5 Editorial __A6 Idées________A 7 j Météo________B4 Monde.-.B1 Mots croisés B4 Refigions ___B6 Sudokn_______B2 Télévision B6 | Orford : la vraie course d’obstacles commence ‘G S * ¦ -.S é’1 #•- • s: *> fO * Ain Darr Ànrcrtéaer ! j JACQUES NADEAU fi DEVOf* La manifestation de samedi à Montréal est ta plus importante jamais tenue au Québec sur une question environnementale.Louis-Gilles F rancoeur Pour certains, la manifestation de samedi à Montréal contre la privatisation partielle du parc national d’Or-ford a servi de soupape de sécurité en permettant aux opposants de laisser échapper la pression.Québec pourrait enfin, se disent-ils, ouvrir la porte par loi spéciale à un projet immobilier de plusieurs centaines de millions dont les impressionnants profits couvriraient, du moins pour un temps, le déficit de la station de ski que FEstrie ne veut pas voir disparaître.Mais ce qui peut apparaître comme la fin de la course à obstacles pourrait bien, dans la réalité, n’étre que le coup d’envoi d’une course dont les aléas risquent d’inquiéter chaque jour davantage les banquiers, financiers et investisseurs potentiels.La manifestation, à laqueDe ont participé 12 (MX) personnes, traduit la virulence d’une opposition que la mise en réserve par Québec de tares basses au nord du mont Orford ne va visiblement pas désarmer.A n’en point douter, il s'agit de la jAjs importante manifestation sur une question d’environnement jamais tenue au Québec et peut-être même au Canada Un sondage révélait récemment que trois Québécois sur quatre s’opposent au projet Cette opposition pourrait bien ne pas fondre aussi facilement que la neige de la station de ski D'autre part, Favertissement ku> cé de la tribune, samedi par le chef du Parti québécois, André Boradair, ouvre la porte à une remise en question Âi prqjet si cette formation politique devait remporter le prochain scrutin électoral •Si favais un conseil a donner à M.L’Espérance [le gestionnaire de la station qui parraine le projet VOIR PAGE A 8: ORFORD Une voie rapide pour expulser des locataires Québec prépare un projet de loi contre les mauvais payeurs CLAIRAN D R É E CAUCHY Québec prépare un projet de loi pour introduire une procédure-éclair afin d’expulser les locataires dont le loyer est en retard de plus de trois semaines, en dépit du fait qu’il s'agisse des causes traitées le plus rapidement à l’heure actuelle par la Régie du logement.Selon les informations recueillies par le Devoir, le locataire recevrait par huissier une copie de la plainte pour non-paiement de loyer, un formulaire de contestation et se verrait assigner une date d’audience.S’il ne conteste pas par écrit la plainte du propriétaire dans un délai de 10 jours, selon le scénario sur la table à dessin, il serait automatiquement condamné par un greffier, ce qui entraînerait son expulsion du logement Cette nouvelle procédure s’inspire de celle mise en place par l’ancien gouvernement de Mike Harris en Ontario en 1997, vivement critiquée par les assoc iations de locataire* ontariennes.Si le locataire décide de contester, il serait alors entendu en audience par un régisseur de la Régie du lo-gement, comme c’est le cas actuellement.VOIR PAGE A 8: LOCATAIRES PÉTROLE Cinq raisons pour lesquelles le prix restera élevé ¦ À lire en page H 1 f nu VJ ^ SV lr'-' Finalistes Catégorie Roman québécois : Nikokiri Nikolski La femme de ma vie La mort de Le siècle Mignonne et de leanne autres histoires le lauréat sera annoncé le www.prixdeslibralres.qc.ca * LE DEVOIR, LE LUNDI 24 AVRIL 2 0 0 6 A 2 LES ACTUALITES Lawrence Cannon Lobby et politique Les temps changent, dit Cannon ALEC CASTONGUAY Ottawa — Le bras droit de Stephen Harper au Québec et ministre fédéral des Transports, Lawrence Cannon, a fait en 1994 ce que la nouvelle Loi fédérale sur l'imputabilité va interdire sous peu: devenir lobbyiste auprès du gouvernement à peine deux semaines après l’avoir quitté.Le 10 janvier 1994, Lawrence Cannon démissionnait de son poste de ministre des Communications du gouvernement du Québec.Environ deux semaines plus tard, le 27 janvier, il annonçait son entrée à titre de vice-président chez Unitel, une entreprise de télécommunications.A ce poste, M.Cannon devait assurer les relations de la compagnie avec le gouvernement qu’il venait tout juste de quitter.A l’époque, le concurrent d’Unitel, Bell-Québec, n’avait pas apprécié et avait publiquement fait savoir son mécontentement Lors d’un court entretien avec Le Devoir, Lawrence Cannon a reconnu qu'une telle pratique de la part d’un ministre fédéral serait dorénavant interdite.«Absolument, ce sera impossible à faire, ce sera interdit», dit-il.Mais il tient tout de même à tempérer les apparences de conflit d’intérêts de l’époque.«Ufaut rappeler que les télécommunications, ça relève du fédéral et non pas du Québec.Ça aurait été différent si c’était de compétence provinciale.» la nouvelle loi fédérale sur la responsabilisation, qui donne un grand coup de balai dans plusieurs pratiques au sein du gouvernement du Canada, est en effet très claire.Dorénavant, un ministre ne pourra pas devenir lobbyiste durant les cinq années suivant son départ du gouvernement.C’est trois ans de plus que l’ancienne disposition de la loi.Lawrence Cannon y voit un grand pas en avant pour assainir certaines mœurs politiques.«Les temps changent et c'est tant mieux, dit-il.Avant, on pouvait aussi rouler à 120 milles à l'heure sur l’autoroute et il n’y avait pas de problème.Il faut s’adapter.Si dans dix ans, ça change encore et que les ministres sont bannis à vie du métier de lobbyiste, il faudra s’y faire.» Selon lui, cette disposition très sévère ne rebutera pas des personnes compétentes du secteur privé de faire le saut en politique, même si elles devront s’abstenir de profiter de leur expérience à leur sortie, comme il l’avait lui-même fait.«Il y a beaucoup de facteurs à considérer avant de se lancer dans un métier aussi exigeant que la politique, que ce soit la famille ou la charge de travail.Je ne crois pas que la loi [sur la responsabilisation] sera un facteur ultime de dérision», dit-il.Le Devoir Protocole réduit pour les soldats morts en Afghanistan Ottawa — L’unifolié ne flottera plus à mi-mât sur la Tour de la paix, sur la Colline pariementaire, et il serait étonnant que le premier ministre Stephen Harper se rende à la base des Forces armées canadiennes de Trenton, en Ontario, pour accueillir les dépouilles des derniers soldats canadiens morts en Afghanistan.D ne s’agit pas d’un manque de respect envers les militaires canadiens ou leur famille cependant, ont estimé hier des observateurs politiques et militaires.Il s’agit simplement de revenir au protocole traditionnel et de mettre fin à ce que certains militaires de carrière considéraient déjà comme une «exagération» médiatique et publique de ce qui est inévitable en temps de guerre.«Je pense aux personnes indécises quant à leur appui pour nos soldats, dont ils ne comprennent d’ailleurs pas la mission», a remarqué le major-général à la retraite Lewis MacKenzie, en faisant allusion aux manchettes alarmantes des quotidiens sur les dernières victimes canadiennes de la guerre en Afghanistan.«Comme ancien membre du Régiment d’infanterie légère Princesse Patricia, je me dis que c’est franchement exagéré.» Depuis qu’un pilote de F-16 américain a tué les premiers soldats canadiens en Afghanistan, en lâchant une bombe sur eux par erreur, en avril 2002, les médias ont couvert en long et en large tous les inci- dents ayant impliqué des soldats canadiens dans ce pays.A l’époque, le premier ministre Jean Chrétien, les chefs des partis d’opposition aux Communes et le commandement de l'armée avaient assisté au retour des dépouilles des soldats a la base de Trenton, une formule qui a été appliquée par la suite pour les autres victimes du conflit Aux Etats-Unis, par comparaison, le Pentagone ne fournit aucune information aux médias sur les soldats américains morts en Irak depuis le début de l’invasion de ce pays en 2003.Ainsi, hier, alors que les journaux canadiens faisaient grand état de la mort des soldats Matthew Dinning, Myles Mansell, William Turner et Randy Payne, au sud de la frontière, la majorité des journaux ne faisait que mentionner que huit soldats américains étaient morts en Irak en fin de semaine.Bien qu’aucune décision n’ait été rendue officielle, tout indique que le premier ministre Harper ne se rendra pas à Trenton pour accueillir les dépouilles des quatre dernières victimes canadiennes mortes en service.Quant au drapeau canadien, D n’avait pas été hissé à mi-mât sur la Tour de la paix pour les quatre soldats morts en Afghanistan avant ceux de la dernière fin de semaine.Presse canadienne \ TUT JOSHUA ROBERTS REUTERS Conférence de presse hier des hauts responsables de la Banque mondiale Allégement de la dette des pays pauvres T XTashington — Les pays membres de la Banque V V mondiale ont formellement entériné ce week-end Cumulation de 37 milliards de dollars de dette de pays pauvres, mais ont aussi mis en garde contre les risques de surendettement à l’avenir.«Les pays qui ont obtenu cet allégement de leur dette devraient éviter l'accumulation de nouvelles dettes» a averti hier le président du comité de développement instance dirigeante, de la Banque mondiale, le ministre colombien des Finances Alberto Carrasquilla, lors de fa réunion de printemps de l’institution à Washington.L’annulation de La dette de 17 pays pauvres panni les plus endettés de 1a planète, essentiellement africains, auprès de la Banque mondiale, a été définitivement adoptée par les gouverneurs de l’institution et pourra entrer en vigueur le 1" juillet prochain.La dette de 3,3 milliards de dollars due au Fonds monétaire international avait déjà été définitivement annulée en janvier.Cette annulation de dette due par les pays les plus pauvres aux institutions multilatérales avait été décidée l’an dernier lors d’un sommet des pays riches du G8.Agence France-Presse Réglementation sur les OGM Le Vermont creuse le sillon LOUIS-GILLES FRANCŒUR Notre vpisin le Vermont pourrait devenir le premier Etat nord-américain à renvoyer aux fabricants d’OGM la responsabilité civile de fa contamination éventuelle des champs agricoles qui abritent des cultures traditionnelles, même si le projet de loi, dont le texte définitif a été arrêté jeudi, est beaucoup moins dur que celui élaboré par le Sénat vermontais l’an dernier.Le projet de loi initial empêchait en effet un agriculteur d’en poursuivre un autre dont les semences OGM auraient contaminé son champ.La responsabilité de la contamination était alors, par fa loi, renvoyée automatiquement au fabricant des OGM mis en cause, ce qui ouvrait alors fa voie à une indemnisation financière.Cette logique est à l’opposé du jugement controverse de 1a Cour suprême du Canada dans l’affaire Perry Schmeiser, qui a statué qu’un fermier dont le champ avait été contaminé par des semences OGM de Monsanto devait payer pour cause de piraterie de brevet des redevances à la multinationale qui les avait produites.Le nouveau projet de loi mis au point par une négociation entre le Sénat et fa Chambre législative du Vermont est un compromis qui ne satisfait pas entièrement les deux parties.Il fait disparaître le principe de la responsabilité automatique des fabricants d’OGM, mais prévoit que les victimes de contaminations par des semences OGM bénéficieront, pour des dommages dépassant 3500 $, des mêmes droits qu’un consommateur aux prises avec les séquelles d’une nuisance ou les problèmes d’un produit mal conçu.On ne parle plus des OGM dans le projet de loi, mais on assimile les droits des fermiers lésés à ceux des consommateurs, en leur accordant les mêmes droits de poursuite.De phis, le projet de loi enlève aux fabricants la possibilité de plaider l’usage courant des OGM dans une région où ils seraient devenus fa norme industrielle.D ne sera donc pas possible de plaider que les semences OGM sont monnaie courante et qu’elles sont en quelque sorte fa norme de l’industrie.Le projet de loi part toujours du principe, comme sa première version, que les semences traditionnelles n’ont jamais causé de problèmes, ce qui renvoie un fardeau prépondérant de preuve aux fabricants d’OGM.Les adversaires du projet de loi, que le gouverneur républicain Jim Douglas pourrait paralyser momentané ment par un veto, estiment que le Vermont donnera l’impression qu’il est contre le progrès technologique et que les fabricants d’OGM pourraient ne plus y vendre leurs produits.Cette perspective réjouit d’autres agriculteurs qui voient 1a possibilité de dominer plus facilement le marché des produits plus naturels.Le projet de loi ne prévoit pas cependant fa possibilité pour les individus ou des groupes de poursuivre les fabricants d'OGM si leurs produits contaminaient des espèces sauvages.Le Devoir Arrêtez de travailler pour les pétrolières.TDI.Plus de 1000 km avec un seul plein.» Terminé les sacrifices et les privations.Avec la Jetta TDr°, oubliez les Hausses du prix de l'essence et profitez de lo puissance sans compromis de son moteur turbo à injection directe.Environ mille kilomètres avec un seul plein*, de quoi vous mener loin, très loin des stations-service et de leur gourmandise.Location 48 mois La Jetta TDI 2006 Visitez vw.ca consommation ou appelez au 1 888 ROULE VW pour plus de détails.AcompJ* d* 2 813 S.Frais d* préparation do 275 $.‘Ibltre s'opptivx» à un* Jetta TDI 2006, de base.5 vitesses neuve, en sluxt.?>v*> à * 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équipée d'une bohe manuefle et d'un moteur TDI de 19 L La consommation réelle dépend des coockhons et habitudes de conduite et des équipements additionnels du véhicule.« LE DEVOIR.LE LUNDI 24 AVRIL 2006 A 3 Un 11 Radio-Don de Radio Ville-Marie 11' Radio-Don de Radio Ville-Marie Chantal Hébert Une course à dix Avec l’entrée officielle aujourd’hui de Bob Rae dans la course libérale fédérale, le contingent des aspirants à la succession de Paul Martin sera à peu près complet Ne manqueraient vraisemblablement plus à l’appel que le ministre ontarien Gerard Kennedy — qui a déjà démissionné de son poste au cabinet de Dalton McGuinty pour se lancer dans la campagne — et Ken Dryden dont la période de réflexion serait sur le point d’aboutir à une décision favorable.La course libérale se ferait donc à dix, un candidat de plus que celle du Parti québécois l’automne dernier, ce qui laisse présager des débats laborieux.Les ressemblances avec la course péquiste s’arrêtent cependant la.Contrairement à Pauline Marois, les femmes de la course libérale, l’avocate Martha Hall Findlay et la députée Carolyn Bennett, partent toutes les deux de très loin.Et Scott Brison, premier candidat ouvertement gai à se présenter à la direction du PLC après avoir été le premier à le faire au niveau fédéral à l’époque de l’ancien Parti progressiste-conservateur, aura fort à faire pour se hisser dans le peloton de tête.Ses carences en français en particulier risquent de lui coûter cher.Car, en matière de langue, on assistera décidément à une course à deux vitesses.Dans l’état actuel de leur français, la moitié des aspirants libéraux — dont le Néo-Ecossais Brison et Ken Dryden — auraient de la difficulté à faire figure honorable dans un débat des chefs électoral.Et si on reproche parfois aux commentateurs francophones d’être sévères dans leurs évaluations du français des politiciens anglophones, l’inverse est également vrai.Ainsi, l’anglais parfois raboteux de Stéphane Dion inspire des doutes à certains observateurs.?A l’image de l’état du PLC, la succession de Paul Martin sera une affaire presque exclusivement ontarienne.Elle ne met en vedette aucun candidat de l’Ouest et un seul représentant du Québec et des Maritimes respectivement Symptôme du caractère très ontarien de l’événement la campagne s'annonce déjà comme un règlement de comptes par personnes interposées entre deux anciens premiers ministres de cette province.David Peterson s’est rangé derrière Michael Ignatieff avec tout son clan dans l’espoir qu’il bloquera la route à l’homme qui l’avait chassé du pouvoir à Queen's Park D y a 16 ans.L’entrée en lice de l’ex-premier ministre néo-démocrate ravivera-t-elle également les plaies de la guerre civile qui a déchiré le PLC ces dernières années?Chose certaine, Bob Rae est un membre honoraire du clan Chrétien.Son frère John a été l’architecte des victoires de l'ancien premier ministre.L'indissociable bras droit de Jean Chrétien, Eddie Golden-berg, appuie ouvertement sa candidature.Soucieux de ne pas avoir l’air du représentant du seul clan Chrétien, M.Rae s’affichera aujourd’hui avec au moins un membre de la mouvance de Paul Martin.Pour l'essentiel, l’ancienne garde du premier ministre défait s'est tenue à l’écart de la mêlée jusqu’à présent Occupés à lécher leurs plaies et stigmatisés par leurs récents déboires, ses membres ne sont pas en état de jouer un rôle déterminant dans cette affaire.Mais cela ne les empêchera pas de surveiller de très près le poulain de M.Chrétien au cours des prochains mois.D'autant que, contrairement aux courses libérales des vingt dernières années, celle-ci n'a pas de favori en titre.Cela ne signifie pas que tous les candidats partent à égalité.Aujourd'hui, Bob Rae rejoint Michael Ignatieff en tête d’un peloton encore bien informe.La succession de Paul Martin sera une affaire presque exclusivement ontarienne ?Malgré l’entrée en lice de plusieurs intellectuels, on a davantage vu de nouveaux visages qu’entendu de nouvelles idées en ce début de campagne.Mais certaines tendances commencent néanmoins à se dégager.Parmi celles-là, il faut noter la large place que la course promet de faire à la question de l'environnement Deux candidats, Stéphane Dion et Scott Brison, ont décidé d’en faire leur cheval de bataille.Si le thème s’imposait de lui-même à l’ex- ministre de l'environnement, le choix de M.Brison, un candidat identifié au courant plus conservateur du parti, témoigne du sentiment grandissant de ce que le dossier pourrait devenir le talon d’Achille de Stephen Harper.Avec l’arrivée de Bob Rae dans la course, c’est également l’idée d'une éventuelle union de la gauche qui débarque officiellement dans le paysage.Déjà, Michael Ignatieff avait signifie son intention de positionner le PLC au centre-gauche.En principe, les néo-démocrates disent qu'ils se réjouissent plutôt de la défection d’un ex-premier ministre dont le bilan a tiré son ancien parti vers le bas en Ontario tout comme de la présence dans la course libérale d’un candidat identifié à la guerre en Irak comme M.Ignatieff Mais, dans les faits, un homme averti en vaut deux.Jack Layton est déjà en campagne pour empêcher le PLC de rogner ses ailes aux prochaines élections.Comme on l’a vu cette semaine, le premier ministre Harper aussi.Car la campagne libérale est encore très jeune.Après tout hier encore, on écrivait que l'arrivée de Stephen Harper et de Peter MacKay à la tête de leurs partis respectifs constituait un coup fatal pour le projet d’union de la droite.Et quand M.Harper a pris la direction d'une droite réunifiée il y a trois ans, plusieurs ont (hâtivement) conclu que le nouveau Parti conservateur allait sauter encore bien des tours avant d'arriver au pouvoir.Il y a six mois, combien d’observateurs auraient imaginé qu’un discours du chef conservateur attirerait autant de gens d’affaires à Montréal que s'il avait été prononcé au centre-ville de Calgary?Scott Brison, septième candidat à la succession de Paul Martin l'AIII MARROW KM!TI RS ALEXANDRE SHIELDS Le députe neo-écossais Scott Brison est devenu hier le septième candidat à briguer la succession de Paul Martin à la tête du Parti libéral du Canada.L'homme de 39 ans, qui dit faire partie d’une nouvelle génération de leaders, a choisi de jouer à fond la carte du progressisme social et de la responsabilité en matière environnementale pour tenter de se démarquer des autres colistiers.Cet ancien ministre des Travaux publics du cabinet Martin souhaite réformer la fiscalité fédérale, faire appel à la vigueur entrepreneuriale des communautés multiculturelles du Canada afin d’établir des liens avec les marchés émergents, améliorer la situation socioéconomique des Autochtones et faire du Canada un leader mondial de la mise au point de technologies énergétiques «vertes».Devant des partisans de sa circonscription, il a d'aiDeurs adopté le ton de l’ouverture en soutenant que «des concepts comme le multiculturalisme, le bilinguisme, la péréquation et la Charte des droits et libertés ne sont pas basés sur des sondages ou sur une idéologie, mais bien sur des principes et sur des objected réaliser».Vantant ses origines modestes, il a exprimé sa volonté que le Canada soit compétitif en matière économique.fustigeant au passage l'attitude de ceux qui voudraient enfermer le Parti libéral dans un carcan de centre droit ou de centre gauche.«Je suis né pendant les années 60, mais je n'en suis pas resté là, et il ne faut pas que notre parti en reste là non plus, a-t-il expliqué.Les défis et les possibilités qui nous attendent au XXI' siède sont trop complexes pour qu’on s'en tienne à une idéologie rigide et dépassée.» Au sujet de la place du Québec, M.Brison a rappelé à ses partisans que la province a non seulement ^contribué à faire du Canada un pays distinct [.] dans le monde», mais eDe a aussi «enrichi la culture canadienne» et «fait du Canada un pays plus progressiste dans le domaine social».Prenant acte de la débandade des libéraux fédéraux au Québec aux dernières élections, il a dit vouloir faire tout ce qui est en son possible pour «mériter le respect et l'appui des Québécois».D a même décoché quelques flèches à l’endroit de la stratégie déployée par son propre parti.«Nous ne battrons jamais Stephen Harper si nous nous bornons à l’attaquer, at-il soutenu.Nous devons mériter la confiance et le respect de la population canadienne en lui faisant savoir quels sont nos objectif, ce en quoi nous croyons et ce que nous entendons faire pour bâtir un Canada meilleur.» Contre MacKay Âgé de 39 ans et ouvertement homosexueL le député de Kings-Hants n’en est pas à sa première tentative pour diriger une formation politique fédérale.En 2003, il s’était présenté contre Peter MacKay à la direction du Parti progressiste-conservateur du Canada D avait quitté ce parti quelques mois plus tard, parce qu'il rejetait la fusion qui se tramait avec l’Alliance canadienne.Il s’est toutefois défendu d’être un transfuge.«Je n’ai pas choisi le Parti libéral parce que ça m'accommodait.[.] Si j’ai choisi le Parti libéral, c'est parce que je crois aux valeurs libérales.Nos valeurs sont notre farce.Je crois qu 'il faut être progressiste en matière sociale, compétitif en matière économique et responsable en matière Scott Brison, 39 ans et ouvertement homosexuel environnementale.» Les autres candidats déclarés dans la course au leadership libéral sont les ex-ministres Joe Volpe et Stéphane Dion, les députés Mauri-zio Bevilacqua et Michael Ignatieff, l’ancien ministre ontarieh Gerard Kennedy et l'avocate Martha Hall Findlay.Aujourd’hui, ce sera au tour de l'ancien premier ministre néo-démocrate ontarien, Bob Rae, de confirmer son intention de devenir chef du Parti libéral.Celui-ci a déjà déclaré qu’il serait candidat aux prochaines élections fédérales, qu’il obtienne ou non la direction des troupes libérales.M.Rae s'est engagé en ce sens en privé, alors qu'il tente de convaincre les libéraux de son allégeance à un parti auquel il ne s’est joint qu’il y a quelques semaines, selon des membres du PLC qui l’ont récemment rencontré.le statut de transfuge de l'ancien néo-démocrate, qui se lance aujourd’hui dans la course à la direction du Parti libéral, constitue l’un des deux importants obstacles qu’il aura à surmonter s’il espère succéder à Paul Martin.Un engagement à fain* campagne afin d’être élu à la Chambre des communes pourrait lui permettre de convaincre les libéraux de sa fidélité au |xirti.Cependant il lui sera probablement plus difficile de dissi-1XT les doutes nés de ses cinq années — animées et marquées par la récession — passées au poste de premier ministre de l'Ontario, avant qu’il n'ait été chassé du pouvoir par des électeurs irrités, en 1993.1 léfaits lors des élections de l’hiver dernier, les libéraux fédéraux cherchent à reprendre le pouvoir le plus rapidement possible et, jxmr cela, il leur faudra choisir un dirigeant acceptable aux yeux des électeurs de la plus importante province du pays.Le Devoir A vec la Presse canadienne Voyages coûteux Ottawa — Deux récentes vérifications portant sur les dépenses de fonctionnaires du ministère de Pêches et Océans Canada (MPO) ont relevé plusieurs abus en matière de voyages aériens.Les abus en question sont survenus l’automne dernier, a appris la Presse canadienne, soit alors même que le ministère affirmait avoir réglé ses problèmes de voyages abusifs aux frais des contribuables.Les vérifications ont été effectuées à la demande du sous-ministre Larry Murray, après qu’il eut été mis au courant par ses hauts fonctionnaires.Dans un premier temps, on apprend que 31 représentants du ministère se sont rendus dans la capitale estonienne, Tallinn, du 19 au 23 septembre dernier pour la rencontre annuelle de l'Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest, un voyage qui a coûté au total 250 000 $.Un autre voyage de fonctionnaires, cette fois pour la réunion annuelle de la Garde côtière auxiliaire canadienne à L'An seau-loup.au Labrador, du 23 au 25 septembre, a coûté 10 000 $.Selon les vérificateurs, cinq repré sentants du MPO ont voyagé en classe affaires, soit 4765 $ de plus en moyenne par billet qu’en classe économique.D faut dire que les billets d’avions en classe affaires ne sont acceptés que pour certains hauts fonctionnaires, et cela seulement si le voyage dure plus de neuf heures sans escale.Par ailleurs, deux des 31 voyageurs à Tallinn n’avaient pas été autorisés à faire ce voyage.Quant au séjour à L’Anse-au-loup, la plupart des participants du MPO n’avaient pas été autorisés à faire ce voyage.En outre, des épouses de fonctionnaires ont pu faire le voyage gratuitement à bord de l’avion nolisé, ce qui n’était pas autorisé non plus.Les deux rapports de vérification obtenus par la Presse canadienne sont datés du 6 février dernier.Presse canadienne Manuel-27JS S damn Par un collectif d'auteures Sms la iindm de Julie DUCHESNE ARAS DE DÉAUT Enseignement mirai rr cfcia 11 primaire Les éditions LA PENSÉE [|t «Mit Ml 1MKI IM (514) 846-9042 Par un collectif d'auteur* ©èfOcUHif *• U c oit®c tiow Yvan RHEAULT MIKtlM LÉZARDS PLASTIQUES 4 SSOtdaar m even ninaie par le Hill 2* even ta eiart U iirieilteaiHt r.uf m* édite* i- *#• t* Mm t*K mm m «arann (514)842-3481 K N Tremblay sollicitera un 3e mandat Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, entend solliciter un 3 mandat lors des élections muni- B K K F ripales de 2009.S’il était réélu, à l’âge de 67 ans, il deviendrait le 2" maire de Montréal a réussir l’exploit, depuis Jean Drapeau.U-s ex-maires Pierre Bourque et Jean Doré ont tenté de se faire éli re trois fois consécutives, mais ils ont échoué, respectivement en 2001 et 1994.- PC ROLEX Explorer II Vents et service technique 4JO-A SUE CATHCAUT, CENTRE-VULE MONTRÉAL (SI4) M6-M76 Î4 * ^ Gambard chebertk thesta r.ca Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star. LE DEVOIR.LE LC.VD1 24 AVRIL 2006 A 4 ?LES ACTUALITES* Témoignages contre les injustices —- * ¦ ¦¦¦ , & ,-1 ¦'! .it f.v ,y) ¦' îît ‘ -41.i , , T " ¦ .' : # JpÆ jj., , JACQUES GRENIER LE DEVOIR EXASPERES par «les injustices infligées aux migrants» au nom de la sécurité nationale, quelques associations de défense des droits des immigrants ont tenu cette fin de semaine une «commission populaire sur les mesures “sécuritaires” en immigration».Ceux qui ont témoigné devant cette «commission» ont notamment dénoncé «le déni du droit à un procès juste et équitable, l'utilisation de preuves secrètes, la détention pour une durée indéterminée, la menace d'expulsion vers la torture et les pratiques de profilage racial et d'étiquetage pour des motifs de sécurité».Le Montréalais Adil Charkaoui, détenu sous certificat de sécurité, ainsi que l'ancien Solliciteur général Warren Allmand, étaient au nombre des témoins.Sur la photo, de gauche à droite, Jared Will, Sarita Ahooja et May Chiu, trois des «commissaires» qui déposeront un rapport de leurs constatations et recommandations à la mi-mai.Les autochtones sous la coupe de la loi « blancheur » de Harper La volumineuse Loi sur l’imputabilité aura des répercussions sur les groupes autochtones du pays.La chose est passée inaperçue tellement la loi ratisse large, mais les premières nations concernées, elles, se préparent déjà à livrer bataille.Du moins, certaines d’entre elles.Guerre fratricide dans les rangs péquistes à l’UQAM Un souverainiste à la double identité HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — En élargissant les pouvoirs du Vériticateur général, la nouvelle lati sur l’imputabilité permettra à Sheila Fraser d’enquêter sur l’utilisation faite par les quelque 585 conseils de bande autochtones du Canada des fonds publics fédéraux.Ce sont plusieurs milliards supplémentaires qui passeront potentiellement sous son analyse méticuleuse.l.es conseils de bande du Canada ont reçu en 2003-04 3,5 milliards de dollars du ministère des Affaires indiennes seulement.Et près de la moitié de ces conseils (257) ont essuyé des déficits totalisant 300 millions, soit l’équivalent d’environ 10 % des budgets alloués.Déjà, l’Assemblée des premières nations (Al’N) est montée aux barricades en demandant que les communautés autochtones soient soustraites des pouvoirs du Vérificateur comme le seront, selon le projet de loi, les gouverne- ments provinciaux et municipaux qui reçoivent de l’argent d’Ottawa.«Si le gouvernement du Canada entend vraiment reconnaître les droits des Premières Nations comme le fait la Constitution du Canada, et maintenir les relations de gouvernement à gouvernement que nous avons si durement bâties, il veillera à ce qu'une telle mesure discriminatoire soit rayée de la version finale du projet de loi», indique un communiqué de presse de l’APN.l.’Al’N ne s’oppose pas à toute forme de surveillance.Elle appelle de tous ses vœux la mise en place d’un vérificateur général et d’un ombudsman assignés spécifiquement à la question autochtone.Possibles En élargissant les pouvoirs du Vérificateur général, le gouvernement ne rend pas pour autant automatiques les enquêtes sur les groupes autochtones.Il les rend tout simplement possibles.L'utilisation laite par les conseils de baie de du Canada des fonds fédéraux restera tout aussi opaque qu’avant Car si les conseils ont l’obligation de fournir au ministère des Affaires indiennes un rapport annuel, ces rapports ne sont pas de nature publique.Certains conseils de bande les diffusent volontairement, mais rien dans la loi ne les y oblige.L’organisme Femmes autochtones du Québec déplore l'initiative justement pour cette raison.Certes, il existe des problèmes de responsabilisation dans les administrations autochtones, mais l’élargissement des pouvoirs du Vérificateur général n'améliorera en rien la capacité de la population autochtone en général d’obtenir une meilleure reddition de comptes.«Comment la femme d'une petite communauté de 500personnes va-t-elle plus pouvoir se défendre?», demande la porte-parole Caroline Nepton.D’autres organisations, comme le Congrès des peuples autochtones, y voient quand même un premier pas dans la bonne direction.«En étant moi-même un Indien inscrit vivant hors réserve, c’est beaucoup plus difficile d’avoir les informations concernant le financement que reçoivent les conseils de bande et où cet argent-là est dépensé», explique Patrick Brazeau, chef du Congrès.Les autochtones vivant hors ré- serve pour qui le conseil de bande reçoit quand même un financement per capita n’ont pas toujours accès aux services qui leur reviennent se plaint M.Brazeau.«Il y en a absolument beaucoup, des abus.Il y a même des chefs qui habitent hors réserve parce qu’ils savent que leur propriété vaudra plus cher» Toute tentative de modifier les pratiques administratives et gouvernementales autochtones s’avère une aventure périlleuse.L’ex-mi-nistre libéral des Affaires indiennes, Robert Nault, l’a appris à ses dépens.M.Nault avait entamé un long processus de consultation avant de présenter un projet de loi en 2002 obligeant les conseils de bande à se doter de normes démocratiques et administratives plus serrées.On voulait que la présentation d’un budget et la rémunération des chefs de bande soient obligatoires, par exemple, et que des codes régissant les conflits d’intérêts soient adoptés.La levée de boucliers a été telle que, lorsque Paul Martin a pris le rênes du pouvoir, il a annoncé qu’il ne reviendrait pas à la charge avec cette initiative.Le Congrès des peuples autochtones avait été, encore une fois, mie des seules organisations nationales à l’appuyer.Le Devoir KATHLEEN LÉVESQUE Les guerres de clans au sein du Parti québécois et le climat malsain qui en découle seraient si intenses qu’un militant associé à la faction radicale a décidé d’utiliser une double identité, afin d’éviter que l’implication de l’un ne nuise à celle de l’autre.Le président du Mouvement pour une élection sur la souveraineté (MES) Sacha Gauthier est donc aussi Alexandre Masson, président du Comité souverainiste de l’UQAM.«Ce sont des guerres intestines infinies.Si vous voulez simplement être indépendantiste et défendre votre pays là-dedans, c’est le maquis.Il faut user d’imagination», a affirmé au Devoir M.Masson-Gauthier.Ce dernier a expliqué que son nom est Sacha-Alexandre Gauthier et que Masson et le nom de sa mère.Le stratagème a été mis au jour après que Le Devoir eut fait une entrevue avec Alexandre Masson concernant la guerre fratricide qui se déroule dans les rangs péquistes à l’UQAM.D’un côté, le Comité souverainiste de l’UQAM dénonce la tentative de noyautage des associations étudiantes par les fidèles du chef André Boisdair.Et ces derniers soutiennent que l’équipe de M.Masson-Gauthier a usé de moyens déloyaux pour empêcher la création d’une cellule péquiste, notamment en faisant annuler la tenue d’une assemblée par de faux courriels.Pour M.Masson-Gauthier, c’est là la preuve flagrante que le Parti québécois n’est plus un parti de masse où les idées s’entrechoquent Le PQ est devenu au fil des ans un parti de réseaux, de clans, assure-t-il.Pour survivre, les militants qui défendent un point de vue doivent prendre la même voie.En février 2005, Sacha Gauthier Les syndiqués de Télé-Québec ont lancé hier une série de huit capsules pour dénoncer le plan de modernisation du réseau présenté par la ministre de la Culture et des Communications, Line Beauchamp.Le Syndicat des employés en radio-télédiffusion de Télé-Québec (SERT), affilié à la CSQ, estime qu’il s'agit d’une privatisation et considère que le dossier est aussi grave que celui du parc du Mont-Orford.«Dans un cas comme dans l’autre, il s'agit d’une dilapidation de notre patrimoine collectif comme peuple du Québec au profit des intérêts financiers de gens proches des libéraux».a soutenu le président du syndicat Philippe Ouimet.Selon le plan de la ministre de la Culture et des Communications, Télé-Québec ne produira plus menait une équipe de jeunes militants qui avait démissionné du PQ de Montréal-Centre «pour cause d’écœurement».Ce même M.Gauthier a fait partie de l’organisation du député Jean-Claude St-André qui a brigué la direction du Parti québécois l’automne dernier.Récemment cette même aile orthodoxe péquiste a déposé une demande auprès de l’exécutif national du PQ pour que le MES ait le statut de club politique comme celui des syndicalistes présidé par Marc La-violette.Sacha Gauthier a dit craindre que cette démarche ne soit entravée si les dirigeants du PQ apprenaient qu’il est au Comité souverainiste de l’UQAM.«On ne m’aime pas beaucoup au PQ, lance-t-il en riant.Si on veut continuer à défendre la question nationale à l’UQAM et vu que je suis celui qui a le pim d’expérience, il a fallu que j'utilise ce stratagème-là pour protéger le MES.Alexandre Masson est moins connu, alors je peux faire mes demandes de subvention au PQ som ce nom-là pour le Comité souverainiste et faire des activités ici à l’UQAM.Ça simplifie les choses.» Le militant reconnaît que tout cela peut sembler «sur la corde raide», mais il ajoute que ça simplifie les choses d’agir de la sorte.«Ceux qui ont des idées, qui sont jugés comme des militants jamais contents sont appelés des purs et durs.Moi, je trouve que cette étiquette est nettement antidémocratique parce qu’elle sert les extrêmes centristes de la machine qui ne veulent pas trop de débat.Alors que, pour avoir un véritable parti de masse qui propose une révolution qu’est l'indépendance, il faut qu’üyait des débats et de la vitalité», a fait valoir M.Masson-Gauthier.d’émissions à l’interne, et environ 130 postes seront supprimés à Montréal.Chaque semaine, dans son site Internet le syndicat présentera une capsule qui accuse le gouvernement Charest de proférer des faussetés et de faire des manœuvres pour justifier la privatisation.M.Ouimet espère lancer un débat public et faire réfléchir les élus au pouvoir ainsi que l'opposition.«Ce n’est pas normal qu’on laisse le gouvernement Charest dilapider du jour au lendemain 35 années d’expérience en production d’émissions éducatives et culturelles sans que la population ait droit à un véritable débat sur le sujet», a ajouté M.Ouimet Presse canadienne Le Devoir Modernisation de Télé-Québec Le plan de line Beauchamp dénoncé par les syndicats VIVEZ L’EXPÉRIENCE jl EN VIGUEUR ACURA ,USWAU! jt 30 AVRIL ! ÉVÉNEMENT ESSAI ROUTIER ® ACURA If £3-SJ ï£ 3 S C E O s a S I § x S e 7 > U -J fc C -s; C ç !h!«i < ts S f s Vivez l’aventure tout équipé.i s e * ?i -§ ï-OïÉ «s 5 î 4 -i -s c ?fftllri t t S w U 4, - R c j"!-S f i 448s HOIS IN LOCATION SUR 39 MOIS 0 $ DÉPÔT Dt SÉCURITÉ 28 L’ÉDITION TOURING IN ACCESSOIRES SUIVANTS S AVEC MARCHEPIEDS EN ALLIAGE • AILERON ARRIÈRE COUVRE-PUNCHERS EN TAPIS • COUVRE-MIROIRS DE PORTES MÉTALLIQUES ! 05 § 3 -S | O oiMii li iis h = IS * E § «: I 5“ 3 ^ « S"' 3 z ^ ; Jj-âa tgg i £ £ 2 i i -S £ t m g c r 2 i il Mn fMfUi 51 i i ! *.?Éfiiiit min | ! 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ItHf; it# ?î *1ir l!;î §ï ?! i fes DE QUOI VIRER SUR LE CAPOT : 1 888.270.9111 L'OFFRE 0$ DE FRANCHISE ! belairdirect.com belairdirect A 6 LE DEVOIR, LE LUNDI 24 AVRIL 2 0 0 6 EDITORIAL Utile pour tous Le jugement de la Cour suprême sur le port du kirpan, gros caillou jeté dans la mare de notre société plus tranquille que bien d’autres, n’a pas fini de faire des remous.Il y a eu les réactions intempestives, pour ne pas dire grossières, il y a maintenant la lecture plus pragmatique de la décision.La démarche de deux parents qui aujourd’hui s’en inspirent pour s’opposer à l’uniforme dans une école publique s’inscrit dans cette veine.De l’art, fort réjouissant, de donner une autre dimension à des droits qui semblaient fort circonscrits.A :^r .'.«.jr» Josée Boileau priori, on voit mal commept les parents de deux adolescents fréquentant l’Ecole secondaire d’Anjou peuvent brandir le jugement sur le kirpan pour s’opposer à l’uniforme scolaire.Tiennent-ils eux aussi à réduire la décision de la Cour suprême au grand fourre-tout du «tout est permis», comme on l’a trop entendu dans les jours qui ont suivi la décision?Ou à enquiquiner de n’importe quelle façon l’école de leurs fils?Peut-être, de fait, y a-t-il un fond d’ironie dans la démarche entreprise auprès de la Commission scolaire de la Poin-te-de-l’Ile (CSPI) par le couple Bergeron-Prouk, dont Le Devoir et Le Journal de Montréal faisaient état vendredi.Mais le document à l’appui de leur requête fait surtout voir un argumentaire solide, qui aurait certes pu être développé même si les décisions sur le kirpan ou le hidjab n’avaient jamais été rendues, mais qui profite de celles-ci pour devenir plus étoffé.Disons les choses autrement les justifications aux droits des minorités pourraient dope servir aussi la «majorité»?Oui.A la base, le couple s’interroge sur la capacité d’une école publique d’imposer le port d’un uniforme.Qui lui donne ce droit puisque rien, dans la Loi sur l’instruction publique, ne traite spécifiquement de la question?L’entourloupette pour une école, c’est d’utiliser l’article 76 qui donne au conseil d’établissement le pouvoir d’édicter des règles de conduite et des mesures de sécurité.Ainsi, comme le fait valoir l’école d’Anjou, le port de l’uniforme permet «d'identifier plus rapidement les intrus».Cela répond au critère de sécuri-, té inclus dans la loi.Si la CSPI appliquait la même analyse que la Commission scolaire de Montréal — qui comprend que l’article 76 s’inscrit dans une loi qui doit aussi protéger la fréquentation scolaire et sa gratuité —, elle demanderait à l’école de refaire ses devoirs.Un code vestimentaire — blouse ou chemise blanche avec pantalon bleu que les parents se procurent où ils veulent, au prix qu’ils veulent — passe le test avec succès, pas un uniforme spécifique comme si l’élève était inscrit au privé.La CSPI s’en tient plutôt à un étroit légalisme: le conseil d’établissement ayant tranché, seul un argument exceptionnel fera que la commission scolaire renversera la décision.Heureusement pour le couple, les minorités et leurs demandes faites à l’école sont déjà passées par là! Chaque instance appelée à trancher l'a dit: le conseil d'établissement a des pouvoirs de réglementation, certes, mais ceux-ci ne sont pas absolus.Dès lors, font valoir Proulx et Bergeron, si les uns ont pu évoquer la liberté de religion comme limite aux règlements de l’école, nous pouvons faire valoir le droit à l’éducation pour tous prévu par la loi.Et puis, ne peut-on pas s’inspirer des commentaires des juges sur les dangers de la «tyrannie de la majorité» pour contrer l’imposition d’un uniforme?La liberté d'expression ne passe-t-elle pas aussi par le vêtement — quitte à respecter certaines normes?la démonstration, qui tient sur plusieurs pages, a peut-être des faiblesses juridiques, mais au moins le couple a fait ses devoirs.Sa question n'est pas frivole — au contraire, la tentation de l’uniforme titille de plus en plus d’écoles publiques, et bien des parents ne savent comment réagir —, et les tribunaux n’ayant encore jamais eu à se prononcer sur la question, le couple se sert des débuts de réponse qui émergent par d’autres voies.Cela vaut mieux que le simplet: «elle a droit à son hidjab, j’veux garder ma casquette d'abord!» ou la revendication du droit à la kalachnikov à l’école! Au fond, on en revient à ce qui est toujours l’argument de base dans toutes ces affaires: le vivre-ensemble, le mieux possible, dans l’espace public.L’école est un de ces grands terrains de rencontre: on y trouve donc bien des «accommodements raisonnables», élaborés par les tribunaux ou bricolés au jour le jour (il y a eu des kir-pans dans des écoles québécoises bien avant que la Cour suprême ne les autorise!).Jusqu’à maintenant cette notion d’«accommoda ment» a été assimilée aux revendications religieuses, mais elle pourrait servir dans d'autres situations.L’uniforme, c’est comme le kirpan: ça se discute! Et une discussion, c’est bien plus riche pour tous que les décrets et les interdits.j bo i tea u(*'.lede vo ir.ca LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAFIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE 5T£f(tEW VCrt VA JcwtP Y w»w, W VA VliitfS vwf AUTRE SAfWif! I/' n: C3C/J 1/ XxXrOH-ll LETTRE - Du Machu Picchu au mont Orford Ceux qui sont déjà allés au Pérou pourront témoigner des difficultés à se rendre au Machu Picchu, bien que ce soit le principal attrait du Pérou.Aussi, certains ont voulu offrir des facilités pour attirer davantage de touristes dans ce pays aux prises avec 60 % de chômage.La réponse aurait été non, sous prétexte de garder le côté «nature».J'ai plutôt compris: «On est dans la misère et personne ne va nous la prendre!» J’ai l’impression que ceux qui contestent le projet entourant le mont Orford veulent aussi éliminer la pauvreté au Québec alors que la richesse peut justement assurer le filet de sécurité sociale.Je m’inquiète de notre attitude de «Québécois» qui a détruit le projet avec le Cirque du Soleil à Montréal et qui veut faire de même avec Orford: cette sorte de «pureté» n’amène pas à dîner, et tout le monde n’a pas «les moyens» de garder cette «pureté».Avec toutes les pertes d'emploi en Estrie, le tourisme me semble une avenue appropriée.Oui, j'ai la certitude qu'il y a collusion entre le gouvernement et ceux qui veulent commercialiser la montagne, mais pourquoi vouloir jeter le bébé avec l’eau du bain?Il y a le risque que certains se remplissent les poches et aussi que la région y gagne globalement! J’avais bien ri d'Elvis Gratton qui disait «ils l’ont, les Amaricains»: j'étais imbue d’un certain snobisme.Mais je suis maintenant d'avis qu’on doit s'inspirer de ce qu'ils ont de meilleur esprit d’entreprise, créativité, capacité à créer des événements et à en faciliter l'accès, talent à créer de la richesse ; finalement ce qui fait que presque tout le monde rêve d'aller en Floride et aux Etats-Unis en général.Vous direz: «Mais le Québec est très créatif, voyons dime!».Alors qu’il le prouve, en trouvant des solutions pour plutôt contrer les effets négatifs du développement Le virage n’est pas facile pour nous, Québécois, de nature humble et réservée, mais je choisis de risquer de faire envie plutôt que de faire pitié.Céline Tardif Sherbrooke, avril 2006 Une histoire de cœur Après trois réanimations cardiaques sans aucune séquelle, mon hère a dû se faire greffer un cœur mécanique à l’hôpital Royal Victoria Son cœur ne fonctionnait plus qu’à 7 %.L’opération majeure nécessita la complicité de quinze personnes, toutes résolues à l’extirper de la mort Je me souviendrai toujours de l'anesthésiste qui, m’ayant vu à l’unité des soins intensifs, se jeta dans mes bras pour exulter sa joie.On aurait dit qu’il avait gagné la coupe Stanley.Après onze mois d'attente, mon frère avait finalement obtenu la transplantation d'un vrai cœur.Chapeau bas aux docteurs Cecere et Lachapelle, ainsi qu'au personnel du 8", 5r cardio, et des soins intensifs.Une recherche sur le Web m’a permis retrouver le donneur.Le cadeau inestimable provient d’un jeune Ontarien.Dans un journal local on décrit celui-ci comme un grand sportif et un bon vivant qui a toujours eu le cœur à rire.Peut-on souhaiter un meilleur cœur pour son frère?Selon l’article, le jeune anglophone était également reconnu pour avoir le cœur sur la main.Qui pourra en douter?Sa noblesse de cœur, par le geste, aura été démontrée concrètement jusqu'à son dernier souffle.Pourquoi suis-je persuadé que mon frère a hérité de ce cœur, et de nul autre?Depuis sa transplantation, le 12 avril dernier, mon frère a un meilleur sens de l’humour, il est phis généreux de sa personne et parle un peu mieux l’anglais.Michel Bédard Montréal, le 19 avril 2006 Folle vitesse, mais on s’en fout! Sébastien Couture, 21 ans, était ivre, sans permis de conduire et conduisait à haute vitesse dans une zone résidentielle.Il a été accusé, le 18 avril dernier, de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé la mort, mais il semble que les proches des victimes refusent de le condamner.«C’était des amis, ils s’amusaient!» En y réfléchissant bien, c’est fou comme nous pouvons éprouver autant de compassion, nous les Québécois, pour ceux qui s'amusent avec la vie des autres quand ils sont au volant Mais l’affaire Sébastien Couture n’est qu’un cas parmi tant d’autres! En tant que jeunes, nous en avons vu de nos amis disparaître de notre vie à cause de ces «accidents».Ça nous dépasse de voir les messages publicitaires du gouvernement québécois qui fait semblant de se préoccuper de ce problème en diffusant pendant quatre secondes une image où l’on peut lire, si cela nous chante, que la modération a bien meilleur goût après avoir laissé diffuser une publicité de Molson Ex bien plus attrayante et bien plus excitante! Où est la logique?Où est le respect des lois du Québec, nous qui sommes si fiers d’être québécois?On dit que l’alcool au volant est criminel et on sait très bien que, dans la majorité des cas, les sentences sont minimes! Afin de leur donner une deuxième chance.Tant et aussi longtemps que nous éprouverons autant de compassion pour ces «petits jeux» qui dépassent les limites, le nombre de morts continuera d'augmenter ainsi que les primes de la Régie de l'assurance automobile du Québec! Josianne Gauthier et Claudia Huet Étudiantes en 5' secondaire Ecole le Mistral.Mont-Joli Mont-Joli, 19 avril 2006 LIBRE 0 P l N I 0 N La littérature engagée est-elle.littéraire?FRANCE BOISVERT Frofesscure de français au collégial et écrivaine La sortie île plusieurs ouvrages concernant les grands ténors politiques de la Révolution tranquille (René Lévesque, Claude Morin et compagnie), la publication d'un guide pédagogique par le Conseil de la souveraineté et les récentes declarations de grands hommes de théâtre révélant une nouvelle tiédeur à l’endroit de la souveraineté entraînent une réflexion sur les liens unissant politique, culture et engagement.Personnellement, je me demande si la littérature engagée (foisonnante dans les années 1960-70) n’est pas devenue ce printemps une non-littérature, purement et simplement.Et c'est la publication du guide pédagogique de Gérald Larose qui a dé» clenche cette réflexion sur ma pratique de profes-seure de littérature.D'abord, qu'en est-il de ce guide pédagogique édité aux Intouchables?Il s'agit, à mon humble avis, d'un pamphlet déguisé en guide pédagogique en vente libre dans toutes les librairies du Quebec, un cheval de Troie, en somme.11 est clairement adresse aux professeurs soumis depuis peu à la loi 142, çes exécutants de programmes du ministère de l'Education (MEQ) dépossédés de leur droit de militer pour de meilleures conditions de travail, humiliés par un decret leur imposant un salaire à peine majore.Ce pseudo-manuel scolaire de Gérald Larose et de ses collaborateurs est un geste subversif et militant.Il a pour but de réactualiser la profession enseignante afin que celle-ci reprenne du panache et que les professeurs retrouvent un peu de dignité dans leur milieu de travail, bref qu'ils redeviennent des porteurs de connaissances.C'est un peu le cheminement tordu que je perçois dans le lance» ment de l’ouvrage aux Intouchables.Mais la réaction épidermique de l'ensemble des journalistes a rendu l’analyse de l'affaire bien difficile.Il faut pourtant s’y attaquer.Jouer sur la faille D'abord, les concepteurs dudit «guide» bleu ne sont pas des néophytes en la matière et savent très bien comment fonctionnent les programmes d'études du MEQ qui prescrit des competences à atteindre par le truchement de méthodes d’enseigne ment (la grammaire par induction, l'approche des textes par la théorie des discours, l'écriture de texte en renvoyant aux schémas de la communication pre sentés comme autant de recettes à suivre, etc.).L'un d'eux se nomme Gilles Gagne (sociologue à l’Université Laval) et a servi une savante degelee concernant le système d'éducation québécois.Le livre s'intitulait Main basse sur l'éducation (Nota Bene,1999) et collé geait un ensemble de critiques assez relevees (dont un texte de Jean Larose concernant l'enseignement de fa littérature, l'approche par compétences, etc.).C’est donc dire qu'ils savaient fort bien que le MEQ ne s'intéresse pas aux contenus comme dans les autres pays où il y a des inspecteurs venant verifier le travail des enseignants.Ici, personne pour superviser les contenus et, dès lors, les connaissances dispensées en classe, et cela, depuis fa formation que les universités offrent aux futurs enseignants jusqu'à leur intronisation comme nouvel employe de l'Etat Lesdits contenus restent à la discretion des enseignants, qui s'appuient sur des manuels (produits par des éditeurs dits «agrées» par le MEQ) ou qui développent du matériel original selon les «clientèles» qu'ils ont dans leurs classes (car maintenant fa ministère parie en terme de «clientèle étudiante»).Le contenu, voilà fa faille.Il fallut connaître l'absence de contrôle sur les contenus et fa desuetude des manuels pédagogiques, particuliérement en temps de réforme (comme c'est le cas actuellement tant au primaire qu'au secondaire) pour bricoler un «manuel» pareil.Voilà donc le talon d’Achille.devenu cheval de Troie pour les concepteurs du «guide».[.] Personnellement, je conclus que ce pseudo-manuel reste une tentative pour récupérer politiquement 165 000 syndiqués de 1a fonction publique, un corps professoral humilié par un décret encore récent promulgué par le gouvernement libéral de Jean Charest Comme professeure de français, c'est comme si on me disait qu'il faut redonner vie et sens à la langue d’enseignement, cet objet qu'on n'associe plus qu'à un code (voire une langue interchangeable puisque délestée d'ancrage littéraire et culturel).Le guide suggère clairement de reconnaître que le français est porteur d’une histoire et occupe un espace culturel, choses que la théorie des discours ou l'approche par competences ont effacées depuis l'imposition des nouveaux programmes d'enseignement dans les années 1970 (au secondaire) et 1990 (dans les cégeps).Bref, le guide du Conseil de fa souveraineté incite à faire du français non plus un outil au service d'une intention de communication, mais une langue en situation, langue heritee des pères et mise au service du pays (encore) à faire.Et elle est là.fa récupération politique.Responsable ou coupable ?Il n'est pas facile, tant au primaire qu'au secondaire, de travailler dans les ecofas où fa MEQ a offert prés de 800 «tolerances», ces dérogations temporaires distribuées aux nouveaux bacheliers n ayant pas fa formation pedagogique exigee pour enseigner, des écoles où des enfants vendent du chocolat pour acheter de nouveaux bureaux.On peut trouver douteux fa procédé du Conseil de fa souveraineté, mais il faut avouer que l'odeur sulfureuse du scandale a tout pour promouvoir les ventes.U y a un éditeur qui doit se frotter les mains.Pendant ce temps, fa taux de décrochage scolaire descend bien lentement et les gangs de rue prennent de l'expansion.Au-delà des partis, de plus en plus de jeunes poussent dans un printemps chaotique.Pour ma part je suis de ceux et ceDes qui se posent mille questions, ne sachant phis si je suis responsable ou coupable de faire lire du Miron, d'analyser le Speak IDttfr de Lalonde ou de relever les jeux de mots hallucinants d'une chanson des Loco Locass dans le cadre du cours de littérature québécoise chez les finissants de mon cégep.Avant je ne me posais pas ce genre de questions, je trouvais la chose normale puisqu'il faut traiter de l'époque de la Revolution tranquille, quand fa littérature engagée se jetait dans fa cause nationaliste et phis tard, fa cause féministe.Parler de cette epoque est-il dorénavant associé à fa pratique active de quelque propagande?Si l'on accepte cette idée, c'est que l'on relègue la littérature engagée aux poubelles de l’histoire.Dès lors, il faut aussi jeter fa littérature du terroir (propagande catholique par excellence).La question est de savoir si un auteur ne peut pas être à fa fois engage et doué sur fa plan littéraire.D semble que oui.La littérature engagée (pratiquée depuis toujours, à l'epoque des guerres de religion en France, ou à l'époque romantique, par exemple) est aussi une littérature en sol On ne peut échapper au phénomène qui s'est développe au Québec dans les années 1960 et 1970.Le phénomène du jouai développe par un certain nombre de créateurs, inauguré par Michel Tremblay dans Les BeUes-Sœurs et Vfator-Levy Beaulieu tant dans son œuvre romanesque que dans sa dramaturgie, ce jouai loger dans Salut Galar-neau! de Jacques Godbout voire phis musclé dans Lesjtes ont soif de Denise Boucher, ne résulte-t-il pas de tout un travail de recreation linguistique où l'auteur cherche à recreer fa parole tout en hn insufflant une vigueur, une structure et une charge dramatique jusqu'ici inegafae?.Ah fa fa!, dorénavant, tout est devenu suspect.Ce «guide» pose plus de questions qull n'en résout, j’en ai bien peur. LE DEVOIR.LE L l' X 1) I 24 AVRIL 2 0 0 0 DEES RWANDA Une justice de pacotille ALAIN D E N EAU LT Titulaire d’un doctorat de philosophie de l’Université de Paris-VIII, animateur du collectif Ressources d’Afrique EMMANUEL H A KI Z I M A N A, Titulaire d’un doctorat d’économie de l’Université du Québec à Montréal, membre de l’Association Amitiés Canada-Rwanda i le Tribunal pénal international sur le Rwanda (TPIR) avait un mandat plus étendu et s’il jouait efficacement son rôle, les tribunaux canadiens n’auraient pas à se pencher sur le cas du tribun rwandais Léon Mugesera et l’on n’accueillerait sans doute pas à Montréal, demain, le controversé président rwandais Paul Kagame.On reproche à Mugesera d'avoir tenu dans le nord du Rwanda, en 1992, un discours d’incitation à la haine ethnique, selon les conclusions de la Cour suprême du Canada Ce verdict survenu au terme d’une saga juridique pleine d'anicroches n’a permis en rien d'approfondir la compréhension des événements rwandais de 1994.On espère toujours la tenue d'un autre procès pour déterminer le sort de l’intéressé.Quant au président Kagame, bien qu’il se voie reprocher des crimes de guerre ainsi que des crimes contre l'humanité, rien ne vient perturber son mandat Des organisations canadiennes telles que le Conseil canadien sur l’Afrique lui donneront bientôt à Montréal une tribune d’honneur, sans rencontrer de résistance.D’importantes lacunes On en est là parce que la justice internationale ne s’est toujours pas donné les moyens de bien comprendre les raisons du génocide de 1994 et a encore moins favorisé les conditions d’une «réconciliation nationale» entre les deux grands groupes sociaux du pays.Il faut au premier chef considérer les lacunes du TPIR pour expliquer la situation.Quatre problèmes fondamentaux entravent la bonne marche de Injustice.D'abord, le TPIR a choisi de juger essentiellement des criminels hutus, reconduisant donc les critères ethniques qu’il devrait plutôt surmonter de façon exemplaire.Si le TPIR continuait de faire comparaître exclusivement des Hutus au banc des accusés, il donnerait l’impression d'appliquer la justice des seuls vainqueurs, en l’occurrence le parti tutsi de l'actuel président Paul Kagamé qui a pris le pouvoir au cours de l'été 1994.Ce parti sortirait vraisemblablement blanchi de cette horrible page d’histoire.Les conséquences pourraient être plus que néfastes: les Hutus risquent de tirer la conclusion terrible que le balancier de la justice ne penche que du côté de qui gagne militairement.Et qu’il faut donc prendre sur ce terrain militaire-là sa revanche sur l’ennemi, pour espérer les faveurs de tribunaux.La «réconciliation» ne peut avoir lieu que dans un JOSÉ CENDON At.KNCH FRANCK PRESSE Rien ne vient perturber le mandat du président Kagame, bien qu’il se voie reprocher des crimes de guerre ainsi que des crimes contre l'humanité.On le voit ici alors qu’il présentait un discours soulignant le dixième anniversaire du génocide rwandais, le 7 avril dernier.contexte où l’on juge autant le génocide orchestré par le Hutu Power ayant provoqué la mort d’au moins 800 000 personnes que les crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés par le parti tutsi.Ensuite, le TPIR fondé en vertu de la résolution 955 du Conseil de sécurité de l’ONU ne se penche que sur les crimes commis durant la seule année 1994.Impossible donc d’y penser les modalités de préparation du génocide, et a contrario, de comprendre la part de «spontanéité» de certains gestes.Le TPIR ayant établi sa propre jurisprudence et se refusant à juger des faits étrangers à l’année 1994, le procès en ressort confus.Le crime oublié du 6 avril Puis, parmi les crimes commis par des personnes physiques rwandaises en 1994, celui du 6 avril 1994 fait curieusement exception.C’est pourtant le jour où l’avion transportant les présidents rwandais Juvénal Habyarimana et burundais Cyprien Ntaryamira a été abattu en plein vol.Ainsi, l’ONU qui vient de créer un tribunal international pour juger les responsables de l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Ra- fic Hariri, mort dans un attentat le 14 février 2(X)5, ne s’intéresse pas à l'attentat contre deux dirigeants africains, lequel s'est imposé de surcroît comme le signal de l’assaut génocidairc du Hutu Power.Enfin, le TPIR n’a de compétence qu’envers les personnes physiques de nationalité rwandaise, ce qui relègue strictement le génocide et les crimes de guerre à une affaire intérieure et disculpe de facto tous les acteurs occidentaux (français, américains, belges etc.).Le TPIR ne fait pas non plus la lumière sur la qualité des informations dont disposait le Conseil de sécurité au moment des massacres, pour mieux comprendre la nature de sa passivité.Ainsi, le Conseil de sécurité et les Occidentaux en général ne semblent pas tenir à ce qu’un procès sonde franchement les tenants et aboutissants des atrocités de 1994.Après le refus d’assistance militaire pour peuple en danger en 1994, la «communauté internationale» abandonne maintenant le Rwanda sur le plan juridique.Il reste à comprendre les motifs de cet état de fait.La poursuite d’une guerre millénaire ROBERT LEBRUN Saint-Lazare-de-Bellechasse ai vécu au Rwanda durant huit ans, mon premier séjour durant de septembre 1963 à mai 1964 et mon dernier se soldant par un rapatriement obligatoire, durant une accalmie de la guerre menée par l’Ouganda au Rwanda, .avant l’assassinat du président Habyarimana.A titre de consultant et de coopérant, j’ai été mandaté par le gouvernement canadien pour conseiller plusieurs ministres rwandais, de même qu'un général de l’armée nationale, en plus d’avoir été recruté par l'UNESCO comme professeur.J’ai aussi côtoyé les conseillers du président Habyarimana.Au surplus, j’ai pu lire abondamment sur l'histoire du Rwanda, entre autres choses aux fins d’un mémoire de thèse de doctorat (milieu des années 80).Il faut, d’ailleurs, avoir lu non seulement les ouvrages de l’époque coloniale belge ou ceux de • l'époque missionnaire», mais aussi les thèses de doctorat rédigées par des Rwandais étudiant en France, en Belgique ou au Rwanda, pur apprter un éclairage quelconque sur la dynamique politique de ce pays.En effet cette lecture permet de constater que le conflit dit «tribal» entre Hutus et Tutsis, qui a servi de toile de fond au «génocide», n'est en vérité que la poursuite d’une guerre larvée millénaire entre ces deux protagonistes, guerre qui aurait sa racine principale dans un conflit pour l’occupation de fa terre, les Hutus étant agriculteurs (de subsistance) et les Tutsis, éleveurs.Cependant les Tutsis quoique fortement minoritaires, ont détenu durant près d’un millénaire le pouvoir politique incarné par une royauté dite de «droit divin».Imana (Dieu) ne vient-il ps dormir, chaque soir, au Rwanda ?Pour maintenir leur pouvoir, ces monarchistes ont développé un système de gestion des territoires qui reposait sur l’attribution de •charges» royales à des paysans hutus ou à des personnages dominants dans les régions du pays, par ailleurs fort nombreuses.De phis, au quatrième roi de chaque dynastie, on confiait fa tâche de guerroyer pour augmenter le territoire, et une partie des terres conquises était confiée aux paysans à des fins agricoles, évitant ainsi fa famine et les révoltes des paysans hutus.Ce système et l’intelligence des Tutsis ont systématiquement été vantés par les écrivains coloniaux Guerres et révoltes Il y eut cependant des révoltes et des guerres «civiles* entre les deux groupes «tribaux».L'armée étant essentiellement tutsie, il s’ensuivit des massacres de Hutus, dont certains se distinguaient par leur cruauté, de façon à servir d’avertissement à d’éventuels rebelles.La mémoire de ces guerres a été conservée par la tradition orale, dont l’initiative première est due à fa royauté rwandaise, puisqu’ainsi la cour pouvait remonter ses origines et ses faits d'armes au moins jusqu’au XII siècle.Après l’indépendance du pays, cette tradition a d’ailleurs été recueillie par l’abbé Kagamé qui l’a colligée et publiée sous forme écrite.Mais les souvenirs des massacres et des guerres «tribales» demeurent dans la mémoire des Rwandais, particulièrement des Hutus, dépourvus de pouvoir, sauf pour la période indépendance-«génocide».Et les Tutsis ont précieusement chéri le souvenir d'un Grand Rwanda (Ouganda, Rwanda, Burundi et est du Congo réunis), même après plusieurs tentatives d’invasion militaire du Rwanda qui ont échoué.(J’y étais à l’invasion de Noël 1963.) J’habitais à Kigali à l’époque de l'explosion des premières violences (avant la mort du président) et j’en avais même informé deux journalistes du journal Le Devoir, par téléphone.Elles opposaient l’armée nationale rwandaise à des troupes venues d'Ouganda.Nos médias ont, par la suite, écrit que les troupes tutsies armées par le président Museveni (Tutsi) étaient en vérité des «réfugiés tutsis» qui avaient quitté le Rwanda au moment de son indépendance et qui souhaitaient revenir s’y établir 30 ans plus tard.Ignorance des médias.Museveni remboursait sa dette aux Tutsis qui l'avaient porté au pouvoir militairement et les -rebelles» venus d’Ouganda et armés par lui constituaient une armée d’invasion.Sans cet appui, et celui indirect des Etats-Unis qui tablent sur l'Ouganda pour maintenir une forte influence dans fa région, où des «réfugiés» vivant de prestations onusiennes, auraient-ils pu trouver des «orgues de Staline», des blindés légers, des camions, des uniformes, etc., et les payer?La presse internationale a expliqué la présence de -rebelles» par le fait que le président Habyarimana refusait d’accueillir ces «réfugiés» au Rwanda et de leur donner des terres.A ce moment le Rwanda était le pays le plus densément peuplé d'Afrique, selon les statistiques de 1*0NU et ses habitants devaient recevoir de l'aide alimentaire de fa FAO, puisque la terre ne suffisait plus a nourrir la population.Le vrai tragique Les événements qui ont suivi la mort du président Habyarimana n'ont eu lieu que plusieurs mois plus tard.Di nouvelle d’un conflit au Rwanda n’a été rendue publique qu’aprés l'assassinat du président Et le conflit «tribal», politique et économique larvé est devenu un «génocide».Tragique, il va de soi.Tragique, en effet, puisque inscrit dans la dynamique historique millénaire d’un territoire que se disputent encore deux groupes «ethniques», territoire qu’ils continueront à se disputer au gré des conquêtes guerrières ou des coups fourrés politiques.Ainsi, contrairement à Luc-Normand Tellier (•Cachez ce génocide que je ne saurais voir», Le Devoir, 13 avril 2006), je crois que si un ou des films traitaient de cette tragédie, le scénario devrait dépasser l’insignifiante mièvrerie d'un roman ou celle d'un film d’amour raté, camouflant un esprit revanchard et une bonne conscience chrétienne d’avoir trouvé le coupable.Il est ignoble que des journalistes en mal de popularité perdue ou des artistes en mal de sujets jouent les charognards.J’ai perdu d’innombrables amis tutsis, hutus et canadiens (oui, il y en a eu au moins trois, en dépit des dénégations du ministre des Affaires extérieures de l’époque, M.André Ouellet) durant ce conflit.Des amitiés dont certaines dataient de plus de 15 ans, des couples dont j’avais vu grandir les enfants, et ces enfants devenus ados qui venaient manger des goyaves qui poussaient dans le jardin de ma maison et qui m’ont remis des poèmes traitant de leurs difficultés de vie, ados, mulâtres et Canadiens dans un pays qu’ils considéraient comme le leur.Si un film était fait qui voudrait parler du Rwanda avec sagacité, il s’articulerait autour de l’amour immodéré que généré ce pays pour tous ceux qui l’habitent.-Mille collines» et -Printemps perpétuel», le Rwanda devrait y prendre la vedette, au-dela du duo -Roméo et Juliette» de pacotille.(J’ai cependant beaucoup d'admiration que pour les comédiens qui ont tenté de donner un sens à cette histoire pleurnicharde).Sur fond d'émerveillement devant les splendeurs du pays, le film pourrait illustrer une histoire de haine et d'amour entre Damien (Hutu) et Thérèse (Tutsie), deux de mes amis disparus.Amour et admiration profonds côtoyant méfiance constante et peur viscérale, en raison des préjugés véhiculés par la tradition orale dont chacun a hérité.Le -génocide» rwandais est et a été une tragédie de l’ignorance, autant celle des protagonistes que celles des commentateurs et des spectateurs.Si un film était fait qui voudrait parler du Rwanda avec sagacité, il s’articulerait autour de l’amour immodéré que génère ce pays pour tous ceux qui l’habitent Vérité, cinéma et Rwanda PIERRE T K l) D E L Professeur d'anthropologie.Cégep du Vieux- Montreal Robin Philpot soutient, dans un texte paru dans Le Devoir du 11 avril 2006, que les films Hôtel RuvinJa et Un dimanche à Kigali présentent une interprétation des ) buts qui demeure très loin de fa vérité des .A événements survenus au Rwanda en 1994.Pourtant, rien n'est plus loin de fa vérité que ce qu'il a écrit dans son propre livre Ça ne s 'est pas passe cimme ça à Kigali.Tout un chapitre de ce livre tente de démontrer qu’il n'y a pas eu de génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 et un autre avance que les viols systématiques sont en fait des •récits de viols».Dans une répliqué à Tamisation d’être négationniste, Robin Philpot a écrit dans Le Devoir du 19 janvier 2004: •Dans aucun de mes écrits, ai-je nie quit y ait eu des tueries massives, même partbis à caractère ethnique.» Il fait encore usage des termes «tuerie» et •tragédie rwandaise» d;uis son texte du 11 avril dernier, toujours en évitant le terme génocide.Robin Philpot évite aussi dans son livre de reconnaître que la grande majorité des victimes ont été des Tutsis.(Ces derniers représentaient environ 15 % de la population du Rwanda.) D-s Nations unies, son St» crétaire général, le pape, Human Rights Watch, la Fédération internationale des droits de l'homme.Amnestic internationale, l'International Center for Human Rights and Democratic Development et d'autres organisations non gouvernementales, ont tous reconnu qu’il y a eu un génocide au Rwanda en 1994.lii majorité des auteurs ou rapports cités d;uis son texte du 11 avril, et qui auraient révélé des faits nouveaux dont ne tiendraient pas compte les tilms Hôtel Rwanda et Un dimanche à Kigali, ne nient pas l’existence du génocide.| .| Rappelons également qu’à l'appui de sa thèse qu'il n'y a pas eu de génocide Robin lliilpo! a cité Ramsay Clark dans Le Devoir on 2004 sans dire qu'il a été avocat d'un accusé au Tribunal jx'nal international pour le Rwjuula (TPIR) Rappelons que ce même Ramsay Clark détend présentement Saddam Husseim.l’as beaucoup plus rt» commandable que le prétendu •proche du département d’Etat états-unien», auteur d’un essai faisant fa promotion des intérêts américains en Afrique et à jiartir duquel a été réalist1 le film Hôtel Rmmta.Des témoignages Liliane Umutesi, étudiante au Cégep du Vieux-Montréal, m’a livré sa version du génocide du Rw;ui-da dont un extrait a été publié dans Ixi Presse du 4 avril 2004.Je suis convaincu que ce qu’elle m’a raconté est vnü.Elle n’a |>as été manipulée par les intérêts américains en Afrique! Ijc 8 avril 1994, le père de Liliane réunit ses enfants et leur dit: •Dispersons-nous afin de passer inaperçus.» À ses filles : •Portez des pantalons, plusieurs pantalons, car les soldats violent les femmes.» Sa mère ajouta : -Ne demandez pas pardon pour éviter de vous faire tuer.Nous, les filles, il faut accepter de mourir tout de suite, smon ils vont chercher à mm violer Laites en sorte que l’im vous tue tout de suite au lieu de subir des choses pareilles.» Léo Kalinda a réalise récemment Mère courage, un film qui livre d’autres témoignages sur la pratique systématique du viol pendant le génocide (Une fem me raconte qu’elle a été violée |>endant trois mois!) Tout comme il a réduit le génocide de près d’un million de Tutsis à •des tueries massives, même par-fi>is à caractère ethnique», Robin ITiilixil transforme la pratique du viol systématique à des récits inventés par des femmes tutsies ou encore des récits tirés de l’imagination de •l’esprit de l'Amérique blanche».Un chapitre de son livre tente de démontrer qu’il s’agit de pures inventions.Il cite les propos d’un Rwandais reconnu coupable par le TPIR et s’en sert pour nier les viols systématiques: -Quand le FPR a gagné la guerre, on a convaincu ces filles tutsies de quitter leur mari.Une véritable campagne a été menée pour que ces filles accusent leurs fiancés hutus de les avoir violées.Souvent elles étaient enceintes, (fuand elles ont ac: couché, le EPR disait que c'était des enfants du viol.À en juger par l’article du New York Tunes -The minister of râpe», il faut croire que la campagne a atteint son objectif de nous diuboliser» (p.175).Cet homme ajoute que ces fausses accusations faisaient l’affaire -des bailleurs de fonds américains» qui finançaient le TPIR a fa condition que Ton ajoute Tac-cusabon de viol.Et puisque le tribunal manquait d’ar gent, on ajouta l’accusation de viol ! Cela faisait aussi l’affaire de féministes américainc-s.L’excuse de l’imaginaire L’autre raison évoquée cette fois-ci par l’hilpot lui-même et qui explique •D'où viennent les récits de viol» résulte en quelque sorte de l’imaginaire américain qui se répercute dans les médias.•Pour qui connaît un peu la relation quasi inextricable entre viol et race dans Tetprit de l’Amérique blanche, il y a quelque chose de louche dans les horreurs sans cesse ra ccmtées sur les viols dont se seraient rendus coupables les Rwandais Pour la première fois de l'histoire du monde, après des siècles d’esclavage et de discrimina ticm raciale, ou la domination sexuelle n 'était jamais étrangère à la domination tout ccmrt, un tribunal pénal international, financé en grande partie par les Etats-Unis et poussé en cela par l'épouse d'un président sudiste, ccmdamne un homme à la prison d vie pour viol comme cnme de guerre, et c’est un Africain qui clame son innocence ' Comment ne pas wnr là une résurgence du lynchage pratiqué régulièrement aux Etats-Unis amtre des hommes noirs, eux aussi soupçonnés de viol, dont Htllte Holiday pariait dans sa chanson Strange Fruit» (p.176).Et encore.«| _.], tes récits de vuA dans la tragédie rwandaise servent principalement a exprimer une supposée supériorité morale des sociétés occidentales a une époque ou des grandes puissances, les ktats-Vms en tête, veulent justifier une mainmise plus directe sur les ressources africaines et un contrôle directe du continent» (p.178).Délirant et n’importe quoi ! U/in de la vérité.Un vrai film d’horreur U RÉDACTION J L'ÉQUIPE DI DEVOIR Gmü ÏUÊmn («#•*• c* émetn» dt /’nVbnMtm).lamp Carrmam iatfnm mmmmpaln Fatem Dafar Ma ! ptfwo*»*).Joppp timirm Odilaruilau tnp-mwH» d» la pagf Idéal.Brim MjAr* (iauut ¦ .mis dt tanéiéK CMnmdnrp Cawchy lGr«rr«/' Jran Dion.Lwrip-Güiet Francmir ’rnaroaurmaml BpfxSt Muagrr imptmtaMt da iiu laUmrti, Imrpncr CMvei.iemOttiftwmf Dumont l«mmn ImUrmOt labrllr Paré i%aalél.M»u4« Uxmt Soncy llallarri.Paalin» Or#¥p| tvtrntm MîphpJ Girnpao (cantata ristr I ; Diane Precourt irtsp-asallr des pages tkématsgaesl : Martin Duclos, Michéle Maienfant et Christine l/umazet Irelerlears).Renee Léo Gnimont et Serge Faquin (relettears laraamérairesl .Jacquet Grenier et Jacques Satie au .•krtogrmplmi a rmJbrmatKm ciihureBe Michel Betas' ‘dteetrs et au*»» Caltam.Julie Carpenbrr ijapdrei Paul Bennett papstre rUssm spénaea et nsUsereü da week-rad Saeyihane Badlargron 'reporter).Paul ( auction ’audtas.( aroltne Momprtù 'Uvml.CeUk Tremblay trtréma, Freàëriqur Doyen saraarndeain) k l'information êconomiqne Gerard Berube (nd/eiat «a dinctear de l'tmfarmattaa).Dominique Reny tpapure), Philippe Papsnetu Isaraamtenire).Éric Detrosiers.Claude Turcotte Ira ne ou [iesiardint Itaraamératre); k rirtformabon internationale Jem-FVrre LegauK 'ptepar, taleeaaruma.' et page tdetenaie, Oaocte lemsqne.Guy TatfMrr iadyaat at dteeeUar de Crafoemeavm yrrge Trultaut idOonaltste) a rmdnematana pobtaque HeV-ne Buzaett; Manon CorneiirT et Ain CaUonguay trorrnprmdaau pariemeatatrrt c Onaeaa).Antoine Rohttaffle et Robert Dntnsac tcarereperadaats pmetemeasaters d (darker Kathleen Leuesque Marilyse Hatneftn (steeétatre a la nMaefwu; Marie-Pier IVappv-r Aleundre Shield* (rammssi La dommenlnOon Gdies Pire tjtrtelean Manon Derome, Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Jean de BBh Jearrfnnom Bosae Marlene Cdse Daw Cameron.Y» Hamel.Christiane Legauit AmeSe Makar* Jacques A Nadeau Claire Paquet, Martmr Kiopefle.Mkheimr RueJtand.Nadia NebM.Meinandr Sanard tpakhritaim) Inurrncr Therianlt idsrertnee ad -tab Sylvie Lapone.Marttne Berube ijrcrttami LA PRODCCTK/N ChnaMB Camlet (dmrtrnr de peadmntem .Michel Bemaariir*.Johanne Branrt IhuurJir Camara.Richard Des Cormiers.Donald PRwn.Yanr.»* Mann.NaduBr Jjmadto Obvier Zuida INH/RMATIQI F.Yamrlt Martel •tnpoasaUn PROMOTION.DISTRIBUTION ET TIRAGE Airaandre Gaadreiu (eaardanaalear d la premahaa et é la taUieitattaa).Caroline Simard (rttpaasakle seretre d la ctuatele par tatériml, Manon Blanchette Moniqae L Heareua.RatheUe Leclerc L’ADMINISTRATION Francor* Btmon •runrràtrart Nicole Carmel tnqRaasiMr des sernest rempsakm CéBnr Furor.Ghinlinr LaBror.CTsadrW Bebueau adeotau adsmsserassae).Claudine Chevrier.Manque Protean.Darurür Rom. LE DEVOIR.LE LU S DI 24 AVRIL 2006 A 8 •LES ACTUALITES1 BEN LADEN SUITE DE LA PAGE 1 que nos pays sont en feu, et que nos foyers son t bombardés et nos peuples tués», a-t-il ajouté.«Et ils [les diri- j géants occidentaux] ne veulent pas de trêve, sauf de notre part [.] Us insistent pour poursuivre leur croisade contre notre nation et piller nos richesses», a martelé le chef d’al-Qaida.Le Hamas s’est toutefois distancié de ces déclara- | lions.«Les propos de Ben Laden reflètent ses propres positions, qui sont différentes de celles du Hamas», a déclaré son porte-parole, Sami Abou Zohri.Il a cependant ajouté que «le siège international sur le peuple palestinien» allait créer des tensions dans le monde arabo-musulman.Le porte-parole du gouvernement israélien, Raa-nan Gissin.a pour sa part estimé que Ben Laden s’en prenait à l’Etat hébreu pour contrecarrer le ressentiment grandissant des Arabes contre al-Qaïda.«Il a été critiqué pour la destruction et le carnage qu’il cause à la nation musulmane, a-t-il affirmé.Il cherche une nouvelle justification [.]; s’en prendre à Israël semble plus politiquement correct.» Ben Laden s’invite dans la crise du Darfour S’il s’est déjà souvent prononcé sur le conflit israélo-palestinien, c’est en revanche apparemment la première fois que Ben laden évoque la situation au Soudan et le conflit qui ensanglante la province du Darfour, où des milices soutenues par le régime de Khartoum combattent des tribus africaines.«J'appelle les moudjahidines et leurs partisans au Soudan et dans ses alentours [.] à se préparer avec tout ce qui est nécessaire à une guerre de longue durée contre les voleurs croisés dans l'ouest du Soudan», c’est-à-dire au Darfour, a lancé Ben laden, accusant les Occidentaux de chercher à diviser le Soudan.Il a aussi accusé les Etats-Unis «d’exploiter des différends entre les tribus pour fomenter une.guerre atroce (.) dans le but d’y envoyer des forces des croisés pour occuper la région et voler son pétrole».Le conflit dans cette région a fait au moins 180 (XX) morts depuis 2003.«Notre objectif n’est pas de défendre le régime de Khartoum, mais de défendre l’Islam, sa terre et son peuple», a soutenu Ben Laden.Celui-ci a longtemps vécu au Soudan, qu’il a quitté à la fin des années 1990 pour se réfugier en Afghanistan, où on le soupçonne de continuer à se cacher dans les régions montagneuses voisines du Pakistan.«Le Soudan n'est pas concerné par de telles déclarations, a répliqué le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères, Jamal Mohammed Ibrahim.Il n'y a aucune possibilité pour une croisade.» Un des deux principaux mouvements rebelles du Darfour, le Mouvement pour la justice et l’égalité, a aussi rejeté les déclarations de Ben laden.Attaques verbales multiples Si le ton est vindicatif, le chef d’al-Qaida n’a cependant pas réitéré ses menaces proférées dans un enregistrement diffusé en janvier dans lequel il affirmait que ses partisjuis s’apprêtaient à commettre de nouveaux attentats aux États-l Inis.Il avait ajouté à l’époque que son organisation était toutefois ouverte à un cessez-le-feu sous condition avec les Américains.lit Maison-Blanche a par ailleurs fait savoir hier en mi-journée que les milieux du renseignement américains jugeaient authentique ce dernier enregistrement attribué à Oussama ben Laden.«Les dirigeants d’al-Qaïda sont en cavale et sous forte pression», a ajouté le porte-parole de la présidence américaine, Scott McClellan, après avoir été informé de l'avis des experts des services secrets.Le sénateur démocrate John Kerry en a profité pour s’en prendre au secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, qu’il accuse de ne pas avoir réussi à capturer Oussama ben Laden.«Cela souligne l'incapacité de ce gouvernement à le capturer», a déchiré M.Kerry, qui était interrogé sur la chaîne de télévision ABC.«C’est une des raisons pour lesquelles Donald Rumsfeld devrait démissionner», a-t-il ajouté.Le sénateur démocrate a reproché à l’administration Bush de ne pas avoir réussi à capturer le dirigeant d’al-Qaida lors de la bataille de'font Boni en Afghanistan à la fin 2(X)1.«Oussama ben Ixiden est en liberté aujourd’hui parce que nous l'avons laissé s’échapper à Tara Bora.C'est tout simplement cela», a-t-il dit.L’ambassadeur américain en Irak.Zalmay Khalil-zad, a fiai' ailleurs estimé qu’Oussama ben Laden devait être pris «au sérieux», après la diffusion d’une cassette attribuée au chef du réseau terroriste a1-Q;ù-da.«H veut attirer l’attention l.|/e pense que nous devons le prendre au sérieux», a-t-il affirmé.Qualifiant les Nations unies d’organisation «infidèle».Oussama ben laden a prétendu que cette organisation servait à réaliser des projets «croiséssionistes» contre les musuhnans.«C’est un organisme infidèle et quiconque en accepte les résolutions devient un infidèle, a dit le chef d’al-Qaïda.( "est un instrument de mise en œuvre de resolutions croisées-sionistes, notam-ment les résolutions de guerre contre nous [musulmans] et celles qui visent à diviser et occuper nos terres.» Selon al-Jazira, Ben Laden a aussi évoqué l’affaire îles caricatures de Mahomet publiées par un journal danois et plusieurs autres publications européennes.11 a ainsi appelé les musulmans à «poursuivre leur campagne de soutien au prophète en élargissant le boycottage aux Etats-Unis et aux pays européens qui se sont solidarises avec le Danemark» et do mandé «que ceux qui ont nui au prophète soient remis à al-ijauta pour être jugés».lx?chef d’al-Qàida a également défendu l’idée d’un choc de civilisations entre le monde musulman et l’Occident et s’en est vivement pris au roi Abdallah d’Arabie Saoudite pour avoir dementi l’existence d’un tel choc.«Le choc existe dans la pratique [à l’initiative] de la civilisation occidentale contre la civilisation musulmane», selon Ben Laden, qui a «mis en gartie» contre les intellectuels et liberaux arabes, notamment ceux de la région du Golfe.11 a aussi dénoncé une «invasion culturelle du monde musulman par les chaînes de television et radios» occidentales, selon al-Jazira.En février dernier, le souverain saoudien avait condamné l’idée d’un choc des civilisations, à la suite de la polémiqué née de la publication de caricatures de Mahomet en Europe, et avait appelé les intellectuels musulmans à favoriser le dialogue et la compréhension.Le lh'voir At'ec l'Agence Emnce- / Yrssc.Associated /Vcss et Reuters LOCATAIRES SUITE DE LA PAGE 1 Il devrait alors prouver qu’il a bel et bien payé son loyer, ou encore acquitter les montants dus à son propriétaire au moment de l’audience (ou avant), afin d’éviter que son bail ne soit résilié.Les plaintes pour non-paiement de loyer constituent environ la moitié de toutes les causes entendues par la Régie du logement, soit 44 742 sur 84 245 dossiers traités l’an dernier.Le délai moyen entre le dépôt de ce type de plainte et l’audience est d’environ 40 jours, ce qui est le délai le plus rapide à la Régie.En comparaison, des causes ordinaires (par exemple des plaintes en dommages et intérêts) peuvent prendre en moyenne 15 mois, et il faut compter généralement 6 mois lorsqu’il y a un litige sur le prix du loyer.Les causes civiles très urgentes (l'absence de chauffage en janvier par exemple) sont quant à elles traitées dans un délai d’environ 42 jours.Au cabinet de la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, on soutient que la nouvelle procédure préconisée permettra de Kbérer des régisseurs afin qu’ils consacrent davantage de temps à d’autres causes plus litigieuses.«Dans 70 % des causes de non-paiement de loyer, les gens ne se présentent même pas à l’audience.Cest le type de cause qui a été ciblé pour qu’au bout du compte le traitement des autres causes soit accéléré», explique l’attaché de presse de la ministre, Jonathan Trudeau Le ministère espère faire adopter ce projet de loi did à la fin de la session pariementaire, mais il n'est pas encore certain qui! pourra figurer au menu législatif Inquiétude des locataires Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) redoute les ef fets de cette procédure sur les ménages à faible revenu, y voyant une voie rapide pour les expulsions.«Au Québec, une personne sur six est analphabète, plusieurs ne mai- 0RF0RD SUITE DE LA PAGE 1 immobilier], a déclaré le chef ptéquiste, c’est qu’avant qu’il mette une piastre dans le parc du Mont-Orford pour construire ses condos, il devrait attendre la date de l’élection.» «Le PQ, a ajouté André Boisclair aux 12 000 manifestants, se bat avec vous et le PQ posera les gestes qui devront être posés si vous nous faites confiance.» Certes, le chef piéquiste n'a pas dit qu’il irait jusqu’à abolir les engagements et contrats passés entre le gouvernement et des acteurs privés, comme le lui recommandait le parrain de la loi-cadre de 1977 sur les parcs, Yves Duhai-me.Mais il pxiurrait bien garder cette annonce en réserve au moment de l’adoption de la loi spéciale envisagée par le gouvernement Charest Cela incitera vraisemblablement les investisseurs sérieux à attendre la prochaine échéance électorale, car André Boisclair pxiurrait alors réserver au projet le sort que Jean Chrétien a fait aux contrats d'hélicoptères ou celui que Jean Charest a réservé aux défasions.Nouvelles embûches Mais plusieurs autres obstacles pxnirraient entraver la privatisation d’Orford.Sur le plan pwlitique, le projet pourrait aussi rencontrer un écueil fatal lors du prochain conseil général du Parti libéral, au début de mai, ou miner la crédibilité de cette formation politique, si cette instance avalisait un projet qu’elle réprouvait il y a un an.En effet, les militants libéraux de TEstrie vont soumettre une résolution d’urgence afin que Québec mette fin au projet de privatisation annoncé.Une telle résolution, quel que soit son sort, pourrait lancer une contestation ouverte du leadership du premier ministre.Mais, en politicien aguer- KONATÉ SUITE DE LA PAGE 1 mondialisation et propose de nouvelles routes pour les Maliens, comme pxiur les Québécois, afin d’assurer un développx'inent économique phis harmonieux.Avec le temps, mais surtout avec l'intrusion d’investisseurs étrangers, le Mali est devenu un des premiers producteurs mondiaux de coton.Il en produit plus de 600 (XX) tonnes par an.Ce coton, gourmand en engrais et autres fertilisants, appauvrit des terres déjà bien maigres.«Ça compromet l’avenir de plusieurs générations.nous le semms.mais nous avons d'immenses dettes à payer U millet que ion produit n ’est pas monnayable, alors on se concentre sur le coton», explique Moussa Konaté en entrevue, «fai été surpris de voir que le Canada a des usines textiles.Le coton ne pousse pas chez vous, ivus l’achetez donc à bas prix pour venir le truns-former et creer la plus-value ici» Le problème est bien la: à peine 1 % de ce coton produit au Mali est transformé au pays.La presque totalité se retrouve sur un marché où les règles sont dictées par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sans que les Maliens aient voix au chapitre.«L'OMC ferme les yeux sur les règles qu elle s'est données pour protéger 15 000 cotonniers américains au détriment de plus de 10 millions de personnes qui vivent du coton dans mon pays», s’insurge Moussa Konaté.Sur le marché, le coton malien ne peut concurrencer celui des producteurs américains largement soutenus par des subventions.Comme d’autres, les Maliens demandent au minimum le respect des règles du commerce mondial.En conteur africain, Moussa Konaté explique que.lorsque la justice disparaît, elle n'a pas ftti: eDe est simplement partie mieux s’armer pour combattre l'injustice.lin élan équitable Quand des citoyens commencent à dire: «.Attention, on ne paie pas les produits de ces pays à leur juste valeur, nous sommes prêts à mettre le prix», c'est le debut d'un commerce phis juste, ce qu’on appelle maintenant communément le commerce équitable.Moussa Konaté qualifie concrètement ce commerce «d'élan d'humain à humain».Cet elan n'est pas ne des institutions politiques ixi économiques, mais d’une «inspiration citoyenne» et rend satisfaction aux artisans et producteurs du Mal tout en les valorisant.C'est sur des bases de justice et de respect que s’est établi, il y a 20 ans, un échange entre Sainte-EHsabeth et Sanankoroba au Mah.Quand Moussa Konaté arrive frisent pas le français Ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise avec une procédure judiciaire», explique le porte-parole du RCLALQ, André Trépanier.D craint que le document qui fournit une date d’audience en même temps qu’un formulaire de contestation ne sème la confusion dans l’esprit des locataires, qui pourraient penser que leur dossier sera entendu en audience, même s’ils ne renvoient pas le formulaire de contestation.«Quand une personne reçoit la procédure, die veut s’informer.A l’aide juridique, cela peut prendre au moins deux semaines avant d’avoir un rendez-vous», fait valoir M.Trépanier.Au cabinet de la ministre Normandeau, on précise que, s’il y a des risques pour les personnes vulnérables, ik pourront être «âudiés au Parlement».La procédure-éclair laisse aussi moins de temps aux locataires aux prises avec des difficultés financières pour trouver les fonds nécessaires pour payer leur loyer.Les locataires peuvent en effet acquitter leur dû le jour même de l’audience, rendant la plainte du propriétaire caduque.«Cela peut prendre 20 à 30 jours pour que la personne aille chercher de l’aide d’urgence, il serait déjà trop tard, il y aurait un avis d’expulsion contre elle», déplore André Trépanier.Un huissier peut par ailleurs laisser des documents sur le pas de la porte à la troisième visite, ce qui pourrait faire en sorte que des locataires absents pendant quelques semaines n’auraient pas connaissance de la plainte qui pèse sur eux avant d’être carrément expulsés, fait remarquer le porte-parole du RCLALQ.Il déplore qu’on ne puisse prendre en considération les motifs du non-paiement de loyer, comme un chèque d’assurance parentale, de CSST ou de chômage en retard, comme c’est le cas à HydroQuébec où on favorise la conclusion d’ententes de paiement «On condamne les gens parce qu’ils sont pauvres dans une sociàé de riches», déclare M.Trépanier.Le représentant des associations de locataires juge curieux que Québec envisage d'accélérer la procédure la plus rapide à la Régie du logement «La Régie a un parti pris pour traiter les causes de non-paiement de façon ri, Jean Charest pourrait saisir la balle au bond et en profiter pour constater que le consensus social qu’il exigeait lui-même, par écrit en 2003, comme condition essentielle de réalisation du projet n’est pas là et que Québec doit trouver autre chose, comme confier la station à la Société des établissements de plein air (SE-PAQ), par exemple.Cette société gouvernementale administre déjà d’autres parcs avec dynamisme.Plusieurs autres obstacles, qui pourraient inquiéter tout autant les bailleurs de fonds, risquent de se retrouver en travers du chemin du projet immobilier que Jean Charest imposerait par loi spéciale grâce à sa majorité parlementaire.Le moindre de ces obstacles serait une contestation de la loi spéciale elle-même malgré le tort que cette démarche pourrait causer, en termes de délais, à tout projet immobilier dans le parc actuel D est en effet fort difficile de contester le pouvoir du législateur lorsqu’il n’enfreint pas les principes de droits et les chartes.Recours collectif Mais un recours collectif pourrait être intenté par les descendants et les ayants droit de ceux qui ont cédé des terrains au gouvernement pour qu’il les protège à perpétuité par le statut de parc.L'idée fait son chemin présentement Ses conséquences pourraient être lourdes sur le plan juridique comm,e sur le plan économique pour les promoteurs.A ces poursuites pourraient s’ajouter celles des propriétaires que Québec entend exproprier dans les terres basses qu’il projette d’acquérir avec la vente du mont Orford, ce qui risque d'enliser davantage le dossier devant les tribunaux.Une autre contestation, cette fois aussi politique que juridique, pourrait frapper le projet si des groupes accusaient Québec devant la Commission de coopération environnementale de l’ALENA de faire fi de sa Loi sur les parcs.Le traité nord-américain oblige les gouverne- dans le village de Lanaudière, il ne vient pas quémander de l'aide, mais porter ce message déjà bien familier aux agriculteurs du Québec: «Aidez-nous à nous passer de l’aide.» Au début de l’échange, les Africains, sur leurs gardes, étaient méfiants.En Afrique, comme le rappelle Moussa Konaté, le Blanc est associé à la colonisation.«Les vieux du village ne voyaient pas pourquoi s’allier avec le monde blanc.» Peu à peu, les groupes se sont rapprochés, dans une dimension plus humaine.Les aînés africains ont bien vu que ces Blancs n’étaient pas comme leurs prédécesseurs, ces agriculteurs québécois se mettaient au niveau des plus pauvres et avaient beaucoup à partager, car «celui qui exploite la terre doit être honnête, la terre ne ment pas».Ils connaissaient les mêmes outils exigeants, mangeaient tous dans le même plat.Au final, «voir des Blancs respectueux, ça a impressionné tout le village».S Moussa Konaté remarque qu’au début il ne s'attendait pas à grand-chose, «sinon connaître d’autres façons de vivre et approcher les Blancs différemment», il constate aujourd’hui que ces agriculteurs du Québec très respectueux ont réussi à faire ce que les intellectuels africains ne parvenaient pas à réaliser auprès des paysans analphabètes.Les a priori sont tombés, des ponts se sont créés, et Moussa Konaté salue l'attitude des agriculteurs québécois.Sur la route de la démocratie La preuve venait d’etre faite que deux univers prétendument éloignés pouvaient communiquer et même apprendre.Moussa Konaté, qui ne croyait pas au monde des ONG — «pour moi c ’était du bluff, sans éthique —, a bien constaté par cet échange interculturel basé sur l’honnêteté que deux mondes pouvaient s’enrichir et sortir un peu de leur isolement Redonner confiance aux habitants (tes villages, voilà un aspect central du travail de terrain de Moussa Konaté.Cette ouverture positive sur le monde le permet mais «les Africains doivent aussi travailler eux-mêmes sur cette dimension de la mise en confiance des populations».Selon Moussa Konaté.•80 % de la population au Mali est exclue du débat public parce que les gens ne maîtrisent pas la langue».C’est dans les villages qu’on peut eveiDer tes consciences, «la marmite ne bout pas par le haut» dirait te sage.«Onze mille villages au Mali, c'est là que se passe la réalité de la vie, il est temps de penser à l'ingenUne de l’État».explique Moussa Konaté qui a pris Petites Routes de la démocratie, titre de son livre (Editions Eco-société).pour sïntenoger sur tes institutions traditionnelles et pour construire un nouveau modèle démocratique à l'image des réalités de son pays.Chaque jour, parmi tes 130 villages dans lesquels il travaille.Moussa Konaté ouvre le débat à tous: femmes, jeunes dès prioritaire.Pourquoi la madame qui a des coquereües dans son logement ou de la moisissure sur ses murs doit de son côté attendre 14 mois?» Les propriétaires satisfaits Le projet de loi en préparation au ministère sourit aux propriétaires.L’accélération des recours pour non-paiement de foyer,
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