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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2002-04-27, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DI M A \ ( H E 2 S A V R 1 L 2 O O 2 ENTREVUE Pierre Michon Page D 5 ESSAIS Yanick Villedieu Page D 7 - LE DEVOIR * Q) IVRES Marché francophone de la poésie L’origine du langage Les poètes pensent-ils ou ne sont-ils que pure sensation?Poser la question en des termes aussi absurdement contrastés suppose l’impossibilité d’y répondre.Cependant, les nuances existent; elles seront apportées le jeudi 2 mai prochain, lors d’un colloque qui se tiendra à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal dans le cadre du troisième Marché francophone de la poésie.Voici, parmi d’autres, la contribution du poète tchadien Nimrod.«L’usage et le besoin font apprendre à chacun la langue de son pays; mais qu’est-ce qui fait que cette langue est celle de son pays et non pas d’un autre?Il faut remonter, pour le dire, à quelque raison qui tienne au local, et qui soit antérieure aux mœurs mêmes.» Jean-Jacques Rousseau, Essai sur l’origine des langues NIMROD I Les intuitions de Jean-Jacques Rousseau nous hanteront encore longtemps, sa sensibilité instruira notre intelligence: elle lui apportera cette part de frissons qui nous replace au cœur des choses comme au sein d’un «local» où notre langage accède aux instruments de son élaboration.Sans les choses nous ne sommes rien; en tout cas, nous leur devons — en partie — la naissance de la parole.Son irruption nous distingue des animaux qui, eux aussi, perçoivent les «signes»: ils les interprètent et agissent en conséquence sans passer par l’élocution, sans en débattre ou se les raconter.L’origine du langage est le corps: lui seul arrache notre espèce à la condition animale (qui n’est pas pire que la nôtre, du moins si l’on en juge par le développement de quelques-unes de nos idées: elles nous ont conduits, par leur pouvoir discriminant, aux guerres et aux génocides).Nous le savons.Face à un arbre ou face au mystère d’un visage, nous sommes comme au premier matin du monde.Le langage s’insurge en nous, les «signes» nous débordent, car l’expression d’une pensée — ou d’un état de pensée — s’enclenche avec une vélocité telle que les mots nous manquent.C’est dire qu'ils épousent rarement la courbe de nos sensations.Depuis l’institution des langues, nous disposons d’un vocabulaire plus ou moins fourni; les dictionnaires sont à notre portée.D n’empêche.A l’instant où la parole va dévoiler ce que nous ressentons, s’opère une instabilité fondatrice.Notre situation est quelque peu comparable à l’an-cètre qui, le premier, émit un son en guise d'écho à ses perceptions.Il nous faut traduire les «signes» que ces dernières envoient à notre corps; c’est l’avènement des VOIR PAGE D2: POÉSIE - s - v Angoisse .-J K f ! v o y a g e u s e Louis Gauthier «On croit qu ’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait» JACQUES GRENIER LE DEVOIR On n’aurait pas cru le trouver là, dans cette maison gazouillante, parmi ses trois perruches et son pinson, ses collections de bustes, de jolies boîtes de bois et de livres anciens, haut de taille, ses cheveux blonds et blancs en queue de cheval dans le dos.Dans son dernier livre, Voyage au Portugal avec un Allemand, paru chez Fides, Louis Gauthier reprend le bâton du voyageur, avec son sac pour tout bagage et l’angoisse d’être seul, l’angoisse de mourir, l’angoisse tout court.Par chance, un Allemand, parlant parfaitement français, passait par Usbonne à ce moment-là.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR est un livre attendu que celui de ' Louis Gauthier, un livre qui a mis des années et des années à venir.Un livre qui a 15 ans, en fait l’âge du fils de l’écrivain, Félix.Le voyage qu’il décrit, c’est d’ailleurs le même qui a donné naissance, dans les années 80, au Pont de l/mdres et à Voyage en Irlande avec un parapluie, signés Gauthier, et repris depuis en poche dans la Bibliothèque québécoise.C’est un circuit que l’écrivain a fait en 1979: une expédition de six mois qui devait le mener en Inde et au cours duquel il a fait escale en Angleterre, en Irlande, au Portugal.Une sorte de quête initiatique, spirituelle, un voyage intérieur, finalement, plus qu’extérieur.«Moi, je ne suis pas en voyage à Lisbonne, je suis en voyage dans une région sombre et tourmentée de mon âme», écrit-il.À l’époque, son périple emboitait le pas à toute la mouvance de quête spirituelle qui a plané sur une certaine génération dans les années 70, partie sur les traces de la beat generation des années 50.Bouddhisme zen et révolution sexuelle au menu.Louis Gauthier, avec le doigté d’écrivain qu’on lui connaît, a l’intelligence d’y ajouter une bonne dose d’humour.Et son autodérision , omniprésente comme une tentation, n’éclipse pas son propos.Dans son Usage du monde, le maître des récits de voyage, l’écrivain suisse Nicolas Bouvier, disait qu'«un voyage se passe de motif.H ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même.On croit qu’m va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait».Ijouis Gauthier parcourt un peu les mêmes chemins quand il écrit «[.,] je ne comprends pas rrun-méme pourquoi je m’attarde ainsi plutôt que de me précipiter vers le but de mon voyage, mais en même temps je ne cesse de me répéter que le but n'est qu'un prétexte et que le voyage, j’y suis déjà.» VOIR PAGE D2: ANGOISSE lacques Parizeau, tome II, Le Baron 1970-1985 Enfin la suite de cette fascinante enquête biographique sur la vie d'un de nos hommes politiques les plus influents.Une véritable « autopsie » de quinze années tumultueuses et déterminantes pour le Québec contemporain.« Une vraie biographie non autorisée, un vrai livre de référence.**** » _______________________ Gérald LeBlanc, La Presse É 1 t 2 8 AVRIL 2 0 0 2 '-Livres angoisse SUITE DE EA PAGE D 1 Quelques notes, des souvenirs, beaucoup de persévérance, et il en reste, ces temps-ci, un livre bien écrit, avec ses moments de grâce, ces moments où on a vraiment l'impression d'entrevoir le vide ou la grandeur que la littérature — cette collection de mots — habille.•Toute la beauté du monde est là, création et destruction, paix et violence, esthétique sans morale.Oui, un jour, toutes les cathédrales seront détruites écrit-il alors que son personnage principal visite l’église du Carmel, de Lisbonne.Ce monde qui se détruit, ces êtres qui vieillissent, ils sont constamment présents dans l’imaginaire du héros de Gauthier.Et ce dernier tente, a grand renfort d’alcool, de sexe et de principes bouddhistes, de se résigner à ces petites morts.Ce roman, Louis Gauthier l’a écrit en perfectionniste.En entrevue, il raconte comment il a longuement retranché des mots de son livre, réécrit des phrases.Comment il a changé au cours de ces longues années d’écriture, devant constamment réécrire, réajuster son style, au fil des années qui passaient.A la fin, l’architecture du texte devient légère, un échafaudage de phrases auquel on ne peut plus rien enlever, qui s’élève sur la page blanche.On a souvent défini l’écrivain comme naviguant entre deux genres, le comique et l’existentiel.Dans le comique, en puisant dans son oeuvre, on pourrait mettre le fameux Anna, écrit en 1967, un incontournable en littérature québécoise, Les grands légumes célestes votts parlent et les deux tomes des Aventures de Sivis Pacem et Para Bellum, dont le dernier fut récemment réédité.Dans la catégorie des romans existentiels se trouveraient Le Pont de Londres, Voyage en Irlande avec un parapluie, Voyage au Portugal avec un Allemand.Aujourd’hui, l’homme a vieilli.Il y a moins d’amour, plus de solitude dans son dernier livre.Plus de profondeur et plus de sagesse aussi, mais une sagesse qui a mûri lentement et longuement.Les livres sérieux lui sont plus douloureux, plus laborieux.L’humour lui vient plus facilement, plus rapidement aussi que la métaphysique.Entre ces œuvres dites sérieuses, celles où il aborde quelques questions existentielles, louis Gauthier se repose donc, et il écrit des œuvres légères, carrément drôles.C’est en pleine rédaction de Voyage au Portugal avec un Allemand qu’est né le deuxième tome des Aventures de Sivis Pacem et Para Bellum.Le prochain au programme, c’est une histoire du Québec fictive, rigolote.Pourtant, au fond, louis Gauthier dit respecter davantage la philosophie, plus rare, que l’humour.«On a plus d’humoristes que de philosophes», constate-t-il d'ailleurs.Mais quinze ans, dit-il, c’est trop Le baromètre du livre au 1 Roman Qc LE CŒUR EST UN MUSCLE INVOLONTAIRE 4P NI.PROULX Boréal 7- 2 2 B.D.XIII N° 15-Lâchez les chiens VANCE/VAN HAMME Dargaud 6 3 Psychologie QUI A PIQUÉ MON FROMAGE ?4P J.SPENCER Michel Lafon 71 4 Biograph Qc JACQUES PARIZEAU, T.2 - Le baron 4P P.DUCHESNE Qc Amérique 2 b Spiritualité JE VOUS DONNE SIGNE DEVIE M.CARON Marjolaine 9 6 Roman ÉLOGE DES FEMMES MÛRES 4P S.VIZINCZEY du Rocher 51 7 Psychologie POURQUOI ILS HOMMES MARCHENT-ILS A IA GAUCHE P.TURCHET L'Homme 8 8 Sexualité FUEL SEXUEL J.ROBERT L'Homme 8 9 Horreur DREAMCATCHER S.RING Albin Michel 5 10 Roman MADEMOISELLE LIBERTE A.JARDIN Gallimard 13 11 Santé RECETTES ET MENUS SANTÉ, T 1 & 2 M.MONTIGNAC Trustar 120 12 Roman Qc LE GOÛT DU BONHEUR.Tl, 2 A 3 4P M.LABERGE Boréal 72 13 Psychologie CESSEZ D'ÊTRE GENTIL, SOYEZ VRAI ! 4P T D'ANSEMBOURG L'Homme 67 14 Actualité IA CHUTE DE U CIA B.BAER JC Lattès 6 15 Biograph.Qc G.UVALLÉE JCL 1 16 Polar PARS VITE ET REVIENS TARD 4P F.VARGAS Viviane Hamy 21 17 Roman Qc L.GAUTHIER Fides 2 18 Biograph.Qc MON AFRIQUE 4P L.PAGE Libre Expression 27 19 Sc.Sociale LES FRANÇAIS AUSSI ONT UN ACCENT J.-B.NADEAU Payot 4 20 Érotisme Qc BANQUETTE.PtACARD, COMPTOIR ET AUTRES LIEUX.W.ST-HILAIRE Lanctôt 10 21 Sport GUIDE DES MOUVEMENTS DE MUSCULATION 4P F.DEUVIER Vigot 203 22 Roman Qc UN PARFUM DE CÈDRE 4P A.-M MACDONALD Flammarion Qc 77 23 Roman Qc PUTAIN 4P N.ARCAN Seuil 32 24 Cuisine COLLECTIF Marabout 2 25 Polar LA MURAILLE INVISIBLE 4P H.MANKELL Seuil 4 26 Roman LE LIT O'ALIÉNOR M.CAIMEL XOéd.9 27 Histoire LES JUIFS.LE MONDE ET L'ARGENT 4P J.ATTALI Fayard 10 28 Roman BAUDOLINO U.ECO Grasset 6 29 Psychologie LES MANIPULATEURS SONT PARMI NOUS 4P 1 NAZARE-AGA L'Homme 241 30 Roman QUELQU'UN D'AUTRE 4P T.BENACQUISTA Gallimard 13 31 Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT E.TOLLE Ariane 83 32 Roman VOYAGE D.STEEL Pr.de la Cité 7 33 Essai Qc LE LIVRE NOIR DU CANADA ANGLAIS N.LESTER Intouchables 23 34 Arts LE FABULEUX ALBUM D'AMÉLIE POULAIN 4P COLLECTIF des Arènes 18 35 Essai Qc UN JOUR IA SANTÉ 4P Y.VILLEDIEU Boréal 2 36 Biograph.Qc MA VIE.JE T'AIME R.MARTEL Publistar 6 37 Roman Qc LA CHATELAINE DE MALLAIG 4P D.LACOMBE vlb éd.8 38 Roman JE L'AIMAIS 4P A, GAVAEDA Dilettante 7 39 Biograph.Qc A.RUFFO Stanké 2 40 Roman LE PIANISTE 4P W SZPILMAN Robert Laffont 62 41 Voyage P.HALLEY L'Homme 2 42 Roman ROUGE BRÉSIL ?- Prix Concourt 2001 J.-C.RUFIN Gallimard 34 43 RD CALVIN ET HOBBES N* 21 - Je suis trop génial ' T B.WATTERS0N Hors Collection 11 44 BD CÉDRIC N° 16 - Où sont les freins ?R.CAUVIN Dupuis 5 45 Jeunesse CIWISONS DOUCES, OW4SONS TENDRES (Uvrei OC) 4P H.MAJOR Fides 30 ¥ : Coup de cœur RB ¦¦¦¦ Nouvelle entrée N B.: Sont exclus les livres prescrits et scolaires.Nbre de semaines depuis parution f TTsümîrssîIërâî^üeî)^ r Pour commander : S (SN) .v«» >sis www.renaud-bray.co ni SCABRINI MEDIA Bien au-delà de la simple impression I 61 [ ^ AGMV Marquis je I IMPRIMEUR INC.La passion du livre québécois Longueuil • Montréal • Montmagny • Sherbrooke long pour écrire un livre.«Cela n’en a pas fait un meilleur livre, ça en a fait un livre plus difficile», constate-t-il, soulagé d’ailleurs d’avoir terminé cette œuvre qui le suit depuis si longtemps, et qui arrive magnifiquement publiée chez Fides, avec ses jolis dessins, ses ornements à chaque chapitre.On soupçonne cependant que les questions métaphysiques ne laissent pas l’écrivain tranquille bien longtemps.Né à Rosemont en 1944, formé au collège classique des Eudistes, il dit avoir dès l’enfance été porté par une quête d’absolu, qui l’a d’ailleurs laissé doublement floué lorsqu’il a tourné le dos à la religion catholique.•La religion catholique et son Dieu à barbe blanche, il y a longtemps que je n’y crois plus, écrit-il encore dans son Voyage au Portugal avec un Allemand.Que je ne vois dans son Eglise qu'une institution politique, une secte qui a réussi, qui s’est enrichie avec l’argent de ses fidèles qu’elle manipule à sa guise, une secte d’où toute trace de vraie religion a depuis longtemps disparu.» Sitôt abandonnée, la religion refaisait cependant immédiatement surface dans le discours des contestataires.Elle prend l’habit des bouddhistes, des hindouistes.Et finalement, la vie préserve tout son mystère.Comme dans ce koan zen que le héros de Gauthier laisse sans réponse: «Quand le verre se brise, que devient l’espace qui le contenait?» VOYAGE AU PORTUGAL AVEC UN ALLEMAND Louis Gauthier Fides Montréal, 2002,185 pages A lire aussi: la critique de Michel Biron en page D 3.Rectificatif Dans le cahier Livres du samedi 20 avril, la mention «Entrevue avec Henri Utpès» a malencontreusement coiffé ce qui n’était pas une entrevue mais une substantielle recension faite par notre collaboratrice Use Gauvin du roman d’Henri Lopès, Dossier classé.Nos excuses pour cette méprise.POESIE Le poète, d’où qu’il vienne, doit retraduire sa langue maternelle.Peu lui importe de disposer d’un vocabulaire bien fourni.Il doit penser avec pour qu’advienne l’événement qui est à même de passionner son poème: une langue.SUITE DE LA PAGE D 1 signes linguistiques.Le langage est une renaissance pour qui ne veut s’enfermer dans l’opinion et les idées toutes faites.C’est ce dont Rousseau rend compte si admirablement dans son Essai sur l'origine des langues.En son temps, on ne parlait pas encore de «phénoménologie»; pourtant, ces «signes» qui pour la première fois ont appelé à leur rescousse l’usage de la parole ne peuvent être que des phénomènes: nos sens les reçoivent au moyen des signes phénoménologiques.Et ce processus, Rousseau le décrit en ces termes: «Sitôt qu’un homme fut reconnu par un autre pour un être sentant, pensant et semblable à lui, le désir ou le besoin de lui communiquer ses sentiments et ses pensées lui en fit chercher les moyens.Ces moyens ne peuvent se tirer que des sens, les seuls instruments par lesquels un homme puisse agir sur un autre.Voilà donc l’institution des signes sensibles pour exprimer la pensée.Les inventeurs du langage ne firent pas ce raisonnement, mais l’instinct leur en suggéra la conséquence» (Flammarion, coll.«GF», 1992, p.53).Ce fragment forge notre faculté d’écoute, il dessine un lieu où notre entendement se «coule».Ce lieu est son lieu et ne vaut que parce qu’il est scansion.Les mots ne peuvent être que des signes sensibles ou instinctifs: ils sont le lieu où notre être et les choses vibrent à l’unisson.On comprend alors l’audacieuse thèse de Rousseau: le langage n’a pas été inventé pour exprimer le monde, mais, comme la musique, pour traduire nos passions.Or, dans une secousse émotionnelle, surtout en musique, nous pouvons y faire tenir un monde.Si l’auteur de l’Essai sur l’origine des langues préfère l’accent méridional, si les idiomes usités sur le pourtour méditerranéen sont pour lui proches de la passion, c’est qu’ils s’enracinent dans un choc originaire.L’émotion seconde, celle de la nomination, est donc tributaire de la première.En suivant la logique de Rousseau, nous dirons que le mythe de la langue maternelle trouve ici son explication.Une langue, en effet, se forge toujours au contact d’un paysage donné.Il Je viens d'une tribu de 10 000 âmes.Celle-ci vit sur le Izrgone, l’un des deux principaux fleuves du Tchad.Les Kims, car il s’agit d’eux, ont un vocabulaire constitué pour moitié de mots qui désignent l’univers aquatique.Ce sont des pêcheurs.Pour les algues, les coquillages (qu’ils ne mangent pas!), la flore dans sa multiplicité, les microclimats des couches fluviales, ils disposent d’un inventaire conséquent des termes les plus nuancés.C’est aus- Une langue, en effet, se forge toujours au contact d’un paysage donné si le cas pour les poissons — du stade larvaire au stade adulte, du plus modeste spécimen au plus prestigieux.Il en est de même des vents qui traversent le fleuve, le caressent, provoquent des ondes, des vagues, des tempêtes.Traduire ces mots reviendrait à céder à un tropisme des plus pittoresques.D vaut mieux que j’insiste sur l’émotion qui procède de chacune de leurs syllabes, car ainsi résonne le pays kim.Une voix murmure: «Le fleuve frise», ce qui veut dire: le fleuve a la chair de poule.Un mot suffit qui nous épargne les périphrases.Un mot c’est dire que son pouvoir de révélation est grand pour ceux qui entendent le kim — ceux restés au village et dont l’œil, à tout instant, est requis par les microchangements qui agitent le fleuve.En général, on se contente de le noter avec les yeux.Ce lieu du frisson, quel discours sacrilège viendrait le profaner en ébruitant son sens, c’est-à-dire ce qu’il recèle: fées, gnomes, divinités fugitives?Cette voix d’adulte qui dit «Le fleuve frise» invite les enfants à éviter la baignade.Ni la température de l'eau ni l'atmosphère qui la recouvre ne sont propices au barbotage.Les dieux investissent le fleuve; les hommes s’en éloignent.Le temps se fige: il aiguise l’ouïe.La noyade punit ceux qui ne respectent pas l’instant sacré où les génies prennent leur bain.III Le poète, d’où qu’il vienne, doit retraduire sa langue maternelle.Peu lui importe de disposer d’un vocabulaire bien fourni.Il doit penser avec pour qu’advienne l’événement qui est à même de passionner son poème: une langue.Et sans pour cela céder au charme de la couleur locale.Au sein de la langue, il doit s’inventer.Dans les deux citations de Rousseau, la syntaxe produit un certain magnétisme de la phrase; le français devient une musique de chambre.On ne devrait pas chercher la cause de cette prouesse dans son talent de compositeur, ni dans ses successives robinsonnades.Ce phénomène opère à l’intérieur des syllabes elles-mêmes.Toute prose ou poésie qui se réfléchit en ses mouvements devient une langue maternelle — la seule, la vraie.Car pour donner naissance à une langue, le fait d’en être la fille ou le fils ne suffit pas.On n’est que materné: l’attribut de la maternité revient alors à un autre.Pour devenir écrivain, il faut être soi-même la mère de sa langue.?Les communications à ce colloque seront publiées dans le numéro de mai de la revue Poésie 2002, publiée à Paris par la Maison de la poésie, disponible à Montréal au Marché de la poésie, qui se tient du 2 au 5 mai, place Gérald-Godin.Jeë, fm bea/ix yoètneï infants du Ch {i l** I F.DERNIER DOUTE DIS RÊTÏ » ry> éditeur Qottime venu dés tomtaim Carles Duarte i Montserrat Le silence 104 pages - 16,95 $ Tu avances, la lumière entre les doigts.Les arbres t'accompagnent, à travers eux, tu sens le temps.Traduit du catalan par Hélène Dorion et François-Michel Durazzo Un hymne à U imaginaire remarquable des enfants québécois.Minim un toulutirs • I 7.• 24*95S vlb éditeur • l'HEXAGONE IA VU* 1)1 MI MOI R F * SILQ stand 92 Luc Lecompte Le dernier doute des bêtes 100 pages - 15,95 $ Le silence laisse naître le vent.Le silence laisse au vent toute la place.Michel Leclerc Comme venu des lointains 84 pages - 14,95 $ Chacun de ses mots réunit les fontaines et les pierres et par son seul visage le monde reçoit de rombre sa lumière d'eau lente et pâle comme d'un sablier son chant Pierre Ouellet La vie de mémoire Collection Chemins de traverse 108 pages - 16,95 $ Pas facile de se mettre au monde.C'est un effort de la mémoire qui prend racine dans son avenir, bien plus que dans son passé.On vise une chose : savoir ce qu'on aura été, une fois que ce sera fini.ÉDITIONS DU NOROÎT 30 ans de poésie lenoroit.multimania.com L I» E \ (Il R .LES SA M K |) I D 1 M A N (' Il E 2 S A V R I L 2 II 0 2 7 ET Livres La tyrannie du moi NI i c h e l Biron Il y a quelques années, le sociologue français Alain Ehrenberg soutenait, dans un ouvrage intitulé La Fatigue d'etre soi (Odile Jacob, 1998), que la dépression est la pathologie par excellence de notre époque égalitaire, tout comme la culpabilité névrotique, théorisée par Freud, fiit celle des années 1900.Son etude ne portait pas sur la littérature — elle visait surtout l'évolution des médicaments prescrits par les médecins —, mais le rapprochement n'est pas difficile à établir.Alors que l’homme névrosé fait un écrivain passionnant qui met sa vie en jeu pour surmonter mille et un interdits sociaux, l'homme déprimé ne sait pas trop bien pourquoi il écrit et 5 ne cesse de s’interroger à son propre sujet.Le névrosé se bat contre la loi (d’où son infinie culpabilité) ; le déprimé se bat contre son insuffisance, son incapacité.Le déprimé nage en pleine infériorité tandis que le névrosé a l'énergie inépuisable de celui qui transgresse l’ordre établi.La mélancolie, une fois passée dans les mœurs, n’a plus rien d’exceptionnel et elle ne suffit plus à définir celui qui s’y abandonne.Ayant appris les vertus de la connaissance de soi, le déprimé, lui, s’aperçoit bientôt qu'il ne se connaît que trop: tout lui enseigne qu'il ne sera jamais que lui-même.C’est pourquoi l’écrivain contemporain est fatigué, fatigué d’être soi.Le déprimé va et cherche.Mais il ne court pas.Il ne ressemble donc qu’aux deux tiers à ce fameux «peintre de la vie moderne» que Baudelaire décrivait en 1863 comme ceci: «Ainsi, il va, il court, il cherche.» S’il ne court plus, le peintre de la vie postmoderne n’a toutefois pas la patience du flâneur, autre figure de la modernité baudelairienne.L’homme dont je parle a la lenteur pressée de celui qui n’est jamais sûr de se trouver au bon endroit.Il n’est ni un contemplatif ni un être d’action.Le monde tourne loin autour de lui, presque sans lui.Il va, il cherche, mais comme s’il était éternellement en peine d’amour.Vous ris- quez de le croiser ailleurs que chez lui, probablement en voyage, car c’est un homme à l’affût de l’etrangeté et jamais loin de la fuite.Il a besoin de sensations nouvelles pour exister, il veut sortir de la routine sans toutefois couper les ponts.Le voyage allège sa paresse et calme son horreur du même.Cet honune fatigué chercherait en vain des raisons de se plaindre: il n'est pas malade, ü ne se deteste pas.il n'est pas pauvre, il n’a pas d’ennemi; il a même des amis.Or il tremble comme un enfant, il a peur.Au moindre choc, il se brise en mille miettes.Pour ne pas se décomposer tout à fait, il lui arrive d'écrire, par exemple un carnet de voyage, même si les mots n’ont pour lui aucun pouvoir de consolation, coquilles vides qui rappellent un monde perdu.Tout au plus disent-ils l’insuffisance des choses et du langage.Louis Gauthier appartient à cette génération d’auteurs qui ont commencé à écrire autour de 1970, alors que l’écrivain s’amusait à déconstruire le langage et les clichés de la littérature.Ses premiers récits, comme Les Aventures de Sivis Pacem et de Para Bellum (Le Cercle du livre de France, 1970), laissaient les personnages intervenir directement dans la composition narrative afin de mieux dialoguer avec le lecteur.Certains en profitaient pour réclamer un rôle plus enviable, d’autres se plaignaient de n’avoir pas leur juste part d’aventures (sexuelles notamment).Avec son dernier livre, Voyage au Portugal avec un Allemand, ce ton facétieux a pratiquement disparu.Le narrateur, en route vers l’Inde, s’arrête à 1 jsbonne et y rencontre un Allemand, appelé Monsieur Frantz, qui lui sert de compagnon de route et bientôt de confident.Au départ, il croyait avoir affaire à un prêtre, mais il avait mal entendu: Monsieur Frantz est peintre, pas prêtre.Il n’a d’autre ambition que celle de s’installer quelque part au Portugal (il voudrait bien être balayeur de rue à Lisbonne).Philosophe du dimanche, il a l’air serein à côté du narrateur.Il parle de la mort, de la ville, des gens, puis termine ses M CARREFOURS À l’occasion du Marché de la poésie, nous vous invitons à venir entendre nos poètes Baroles LE MERCREDI î MAI, DE 17 HA19H, AU CAFE PORTÉ DISPARU situé au 957, rue Mont-Royal Est, a deux pas de la station de métro Mont-Royal.Aline Apostolska • Martine Audet • Salati El ijdialfa Beddiari Claudine Bertrand • Pierre DésRuisseaux • Helène Dorion Ollivier Dyens.» Lucien Francoeur • Philippe Haeck Paul-Marie Lapointe • Karen Ricard - - ! VILLE-MARIE 5 VILLE-MARIE LITTÉRATURE • rHEXAGONE vlb éditeur TYPOll www.edhex aqone.corn www.edvib.com www^edt ydo .corn phrases par une formule entantine: «et pa pi pa po».Une sorte d’rf ctr-tera pour dire qu’ainsi va le monde.Le narrateur, lui.est un écrivain «en congé de souffrance».Pas en conge de maladie, mais bien de «souffrance».Et ce n’est pas une blague.H ne taut pas se fier au titre du roman, qui pourrait annoncer un roman jeunesse.Sous des apparences légères, ce livre est sombre, traverse par une angoisse et une douleur véritables.A quoi tiennent-elles?Le narrateur souffre d’un manque insupportable qui prend parfois le nom d'Angèle.«Ça part du sexe, du ventre et ça irradie dans tout le corps, j'ai beau chercher je ne sais pas comment m'y prendre, je n'arrive pas à contrôler le mangue.L'absence.Quelque chose manque, je sais que c’est toi.que tu me manqueras toujours, toujours.» D aimerait bien pouvoir dire lui aussi «et pa pi pa po».Mais il n’entend pas à rire quand il parle de lui-même.Il est deadly serious.Surtout la nuit.Le jour, au moins, il peut marcher, s’étourdir, refaire à sa manière le peintre de la vie moderne.Mais la nuit, tout lui manque, tout le renvoie à la solitude du voyageur, au désœuvrement de l'écrivain, à la mort prochaine.Voyage au Portugal avec un Allemand ressemble moins à un récit de voyage qu’à un journal dans lequel les gestes les plus simples ponctuent l'angoisse du narrateur.S’asseoir dans un restaurant bon marché, revenir à l'hôtel, discuter avec Monsieur Frantz, rien de cela n’arrive à le distraire longtemps du souvenir douloureux d’Angèle.Même les prostituées de Lisbonne ne font qu’aggraver sa mélancolie.Plus il va, plus il cherche et plus il est hanté par son insignifiance ou par la perspective, non moins insignifiante, de sa disparition.«J’ai peur main- tenant d'avoir à mourir, ça pourrait aussi bien finir comme ça, un accident de train, mon corps quelque part dans les décombres, ça arrive tous les jours, c'est tellement banal et je suis moi-même tellement banal, tellement ordinaire: pas d’ange pour me protéger, pas de magie, pas de miracle: dans ma tête un monologue repris sans cesse comme dans la tête de tous ceux qui sont morts, un monologue qui dit: “Moi.' Moi ! Moimoi, moi.moi et rien au-delà, non, rien, des mots, des banalités, des dérobades, des mensonges, un destin insignifiant.mourir comme ça.» A la fin, ce narrateur déprimé et fatigué de lui-même cherche une échappatoire à la tyrannie du moi.Il r^ prend le voyage et se dirige vers le Maroc où, lui a-t-on dit, il est à peu prés sûr qu'il lui arrivera quelque chose de terrible.Ce serait mieux que rien.Ui principale qualité de ce type de récit est sans doute de ne pas vouloir faire de la littérature.Gauthier écrit au plus prés du désarroi quotidien sans chercher à donner quelque sens plus noble à la rie de son personnage.L'amateur de fiction objectera qu’à force de minimalisme le récit risque de se retrouver lui-même à peu près exsangue.Mais c'est justement la force du personnage de Gauthier que d’incarner, par l’absence de péripétie, le,néant de l'homme contemporain.À la fois sympathique et dépri mé, ce personnage dérive doucement, sans fracas, vers un ride qui s’accroît sans cesse.Il va, il cherche et pa pi pa po.VOYAGE AU PORTUGAL AVEC UN ALLEMAND Louis Gauthier Fides Montréal, 2002,183 pages LAUREATE DU GRAND PRIX LITTÉRAIRE ARCHAMBAULT MARIE LABERGE Les éditions du Boréal félicitent Marie Laberge O et remercient tous les lecteurs des librairies Archambault qui ont voté pour Gabriclle et Adélaïde, les deux premiers tomes de la trilogie, « Le Goût du bonheur».Boréal www.editionsboreai.qc.ca I) n o u v e: l l e: s Maléfïsme Un recueil de nouvelles brèves de Gérald Messadié, aux dénouements inattendus N AÏ M R ATT AN De Gerald Messadié, on connaît surtout les romans historiques.L'année dernière, il a publié un livre émouvant où il évoque sa vie en Egypte quand le C aire était une ville cosmopolite où des communautés diverses vivaient côte à côte.Le Mauvais Esprit est un recueil de nouvelles brèves aux denouements inattendus.Messadié fait défiler des personnages peu communs dont les existences sont bouleversées par des événements qui font rire ou.du moins, sourire le lecteur.Ainsi, en refusant de porter son nom, un homme découvre la liberté.Un autre reçoit un héritage qui.au lieu de lui donner des ailes, l'accule à mener une rie rétrécie.Plusieurs nouvelles indiquent l’intérêt que porte l’auteur au fait religieux.Il s’emploie à choisir des anecdotes où pointe le «•mauvais esprit».C’est le cas de l’archéologue amateur qui inven- te un saint Clodoacre qu'on tinit néanmoins par célébrer dans le village.11 v a aussi le père Cos-tanzo Padilla qui.croyant que son village va être envahi par des révolutionnaires, s’enfuit avec une poule qui est censée lui porter bonheur.11 se réfugie dans une maison où une jeune femme le force à faire l'amour avec elle.Résultat: la poule pond un œuf.Dans ces courts textes, Messadié n'a sans doute pas l'intention de renouveler l'art de la nouvelle ni de taire l'analyse de ses personnages.11 opte pour des anecdotes qu'il transforme en événements.Certaines de ses nouvelles rappellent la tradition égyptienne des niquâtes, histoires drôles qui font passer d’agréables après midi tant à ceux qui les racontent qu’à mix qui les écoutent.LE MAUVAIS ESPRIT Gérald Messadié Max Milo editions Fuis, 2001,179 pages MONIQUE PROU LX Sans cœur et sans reproche Ce magnifique recueil de nouvelles révèle une voix puissante, celle d’une auteure dont l'écriture ne cesse d'émouvoir, de charmer, de dérouter.En quinze nouvelles, elle nous offre autant d'univers singuliers et fascinants où le silence perce le tumulte et d'humour fracasse le drame.Sans cœur et sans reproche Prix Adrienne-Choquette Grand Prix littéraire du Journal de Montréal À relire en nouveau format compact 12,95$ QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com Dankr Une fille tente de recoller l'image de son père défunt, mais tout fuit de toutes parts.Danielle Dubé Romanichels Le carnet de Léo 22,95 $ 208 p.XYZ éditeur, 1781.rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) HzL 3Z1 Téléphone : (51/,) ,25.71.70 • Télécopieur : (514) 525.75.37 Courriel : xy/edi@mlink.net > ( L E l> E V 0 I K .I.E A M E I) I ET HI M A N ( Il E 2 >< A V R I L 2 0 0 ITTERATURE ROMAN QUÉBÉCOIS La littérature peut-elle être une affaire de famille ?onique Proulx fait partie de ces écrivains qui semblent se fixer, avant toute chose, une obligation de résultat, celui d’intéresser leurs lecteurs.Il y aurait là une forme de politesse, qui laisse entendre qu’on n’a pas le droit d’ennuyer les gens dont on sollicite l’attention, et de séduction qu’on retrouve chez les plus grands.Gabriel Garda Marquez n’a-t-il pas dit qu’il s’efforçait, dès la première page de ses livres, d’agripper ses lecteurs de telle sorte qu’ils soient incapables de ne pas lire la suite?Monique Proulx écrit des romans et des nouvelles de qualité.Elle a également une solide réputation de scénariste.Elle sait lancer une histoire et camper des personnages qui donnent envie de s’y attacher.Et elle aime les défis puisque Le cœur est un muscle solitaire, si on simplifie un peu son propos, tente de répondre à des questions qu’on se pose surtout entre gens du métier: que peut la littérature aujourd’hui?Peut-elle aider à vivre, à mieux comprendre le monde?Comme pour ajouter à la difficulté, Proulx laisse se dépatouiller avec d’éventuelles réponses une narratrice, Florence, une jeune femme de 25 ans, qui dit aimer écrire et le faire avec grâce mais affirme tout de go qu’elle ne «tolère pas l’arrogance pesante des livres».Elle soupçonne les romanciers d’être narcissiques et insensibles: ils creusent avec les mots des galeries souterraines intimes en négligeant d’apporter à ceux qui les lisent la moindre «accolade fraternelle».Et puis, dans tout roman de trois cents pages, «il y en a toujours deux cent cinquante de trop».Il faudra des détours très habiles pour qu’elle en vienne à se laisser gagner par la littérature, dont la pratique exige de la lenteur, un sens aigu de l’observation, une curiosité dépourvue d’idées préconçues, Robert Chartrand ?toutes dispositions peu compatibles avec l’agitation de la vie moderne où se trouve plongée la narratrice: Florence travaille dans une minuscule entreprise à créer des sites Internet pour des quidams — artistes, professionnels — en mal de reconnaissance.Elle fait dans la publicité électronique avec son patron, Zéno, qui est son amant d’hier.Tous deux sont convaincus — lui plus qu’elle, cependant — que, pour exister aujourd'hui, il faut faire parler de soi.Mais ces deux jeunes gens branchés sont aux prises avec des vieilleries qui perdurent, notamment des attaches familiales qu’ils traînent comme des boulets aux pieds: pour Florence, c’est le souvenir de son père, mort depuis peu, dont elle a l’impression qu’il ne l’a jamais regardée, alors que Zéno doit prendre soin de sa vieille mère, enfermée dans une quête folle de ses origines.S’ajoutent l’amour en panne, de vieux ressentiments, bref tout un grouillement d’affectivité qui s’accommode plutôt mal de l’efficacité technicienne dans laquelle ils sont lancés.Ainsi sont confrontées dans le roman de Proulx nature et culture, campagne et ville, tradition et modernité, où c’est l’ancien qui le plus souvent revivifie le nouveau sans qu’on sombre dans le passéisme.New York, par exemple, est belle et séduisante en elle-même, mais c’est dans un musée méconnu ou dans un minuscule square à l’écart de la cohue qu’on y découvre les vérités les plus significatives.Et la littérature, dans tout cela?Car c’est d’elle qu’il s’agit, avec ses pièges et ses séductions.Elle s’immisce dans l’histoire par où on ne l’aurait pas attendue, sous la forme d’une corvée professionnelle pour la narratrice: Zéno, son ami-patron, lui confie la mission de retracer un romancier aussi célèbre que secret, un certain Pierre Laliberté, dont il connaît l’œuvre à peu près par cœur.Laliberté est un avatar de Réjean Pucharme en plus connu: on le lit tout autant aux Etats-Unis quid.Ironie du sort ou sourire en coin de la romandère Proulx?Ce Laliberté qui fùit toute publidté est pourchassé par des gens qui font métier.de faire connaitre des inconnus! Florence va jouer les détectives pour tenter de percer le mystère qui entoure cet écrivain, avec réticence d’abord, avant de se laisser prendre au jeu pour une raison toute personnelle, qui tient à la phrase-titre du roman.Celle-ci n’est qu’un énoncé banal, un simple constat, à moins que le cœur ne soit ici davantage que la pompe précieuse que l’on connaît, quelque chose comme le repaire des sentiments.L’écrivain, dans le roman de Monique Proulx, est un être secret, un plagiaire sympathique comme ils le sont tous, quelle que soit leur prétention à l’originalité.Ce Laliberté, malheureusement, est plus sé- duisant comme fantôme qu’en personne, où il se révèle un individu bien ordinaire qui se contente de faire un éloge assez plat du regard et de la curiosité: c’est là que tiendrait tout son art poétique.La narratrice du roman de Proulx, déjà perspicace, va perdre son cynisme a l'egard de la littérature en devenant une lectrice.Certains des détours par lesquels elle y arrive paraîtront cependant compliqués, voire un peu longs.On serait tenté de lui dire que son récit compte, lui aussi, quelques pages en trop.Ce quelle dit de la ville de New York — y compris sa réaction a propos de l'effondrement de l’immeuble du World Trade Center —, ses réflexions sur les chiens, ces compagnons aussi insupportables qu’attachants, tiennent du cliché ou du sentimentalisme alors que le ton qui lui va le mieux, comme souvent chez les personnages de Proulx, est tout de cynisme et d’autodérision.C’est ainsi que Florence raconte le mieux, où son humour noir qui laisse soupçonner une sensibilité écorchée n’est pas sans rappeler, précisément, la manière de Réjean Ducharme.Le cœur est un muscle involontaire est d’une construction habile, subtile même, et dans l’ensemble rondement mené.C’est par lui-même que ce roman sert la littérature, davantage que lorsqu’il en parle.robert.chartrandSqsympatico.ca LE CŒUR EST UN MUSCLE INVOLONTAIRE Monique Proulx Le Boréal Montréal, 2002,400 pages ROMAN ÉTRANGER Pour mélomanes et musiciens JOHANNE JARRY Elle se nomme Dora Dirique.C’est une pianiste de renom que la maladie oblige à rompre avec une vie consacrée à la musique.Fille vit maintenant dans une grande maison, en retrait d’un petit village français où les eaux sont bonnes pour ses os.Elle y reçoit une lettre de Bau, son ancien mari, qui veut la rencontrer pour parler.Parler?«Elle ne s’exprimait qu’au piano.Son seul espoir d’atteindre quelqu’un reposait dans ces sonorités.Autrefois.» Car maintenant elle ne joue plus.C’est peut-être ce qui l’oblige à refaire le chemin inverse de sa vie pour essayer de comprendre pourquoi seule la musique a compté.Dora Dirique est ime petite fille qui grandit entre une mère cantatrice et un père distant.Un deuxième enfant naît.Un garçon qui devient l’unique centre d’intérêt du père.Mais rapidement ses espoirs sont déçus: l’enfant souffre de malformations qui vont nuire à sa santé mentale jusqu'à la fin de ses jours.La mère de Dora doit abandonner sa carrière pour s'occuper exclusivement de cet enfant.Arrive la guerre; il faut cacher le garçon pour que l’ennemi n’apprenne jamais que leur famille compte un corps inutile.Dora apprend la musique, rend visite chaque semaine à son professeur juif, qui lui apprend à faire confiance à ses interprétations.La mère s’épuise, le père aussi, le couple bat de l’aile et le maître de piano est raflé par le nazisme.Il ne reviendra jamais.Dora continue d'apprendre.Son frère est placé dans une institution, son père meurt, sa mère se remarie.I,a renommée de Dora grandit, mais elle n’arrive pas à trouver auprès de sa mère l'écoute dont elle aurait besoin.«Tu te tour- personnage de Dora est si plein de musique qu’on a l’impression qu’il fait échec au langage mentes toujours! Regarde plutôt la vie que tu as maintenant, une si belle carrière et un ami si gentil.Chasse le passé de ton esprit, ma fille, jais comme moi.» Dora a la musique, il lui manque l’amour.Enfin, c’est ce qu’on pourrait croire.Aussi, lorsqu’elle rencontre Bau, elle accepte par ignorance de se soumettre à son amour possessif.Mais elle veut continuer à jouer, et lui la veut de plus en plus près de lui, mère d’enfants qu’il veut la voir porter.Après avoir fait une fausse couche, Dora comprend que Bau ne l’aime pas tout entière.Elle le quitte, reprend la musique, rien que la musique.Peut-être faut-il être mélomane ou musicien pour pleinement apprécier Le Secret (qu’on ne révélera pas ici).le personnage de Dora est si plein de musique qu’on a l’impression qu’il fait échec au langage.Ce serait sans doute différent, plus vibrant et pénétrant, si on pouvait entendre Dora jouer.Il faut dire aussi que ce deuxième roman traduit de la Néerlandaise Anna Enquist doit rivaliser avec le premier, Le Chef-d’œuvre (enfin disponible dans la collection «Babel»), dont le souvenir de lecture s’efface difficile ment.On y trouvait tout ce qui semble manquer au deuxième: des mots pour suivre au plus près des personnages qui abritent des mondes complexes et dont on partage les quêtes de sens.DE SECRET Anna Enquist Traduit du néerlandais pqr Micheline Goche Editions Actes Sud Aries, 2001,238 pages LITTÉRATURE CANADIENNE-ANGLAISE SOPHIE POULIOT Joan Clark, auteure canadienne originaire de la Nouvelle-Ecosse mais ayant passé une partie de sa vie à Terre-Neuve, situe dans cette dernière province l’action de son dernier roman.Manifestement, l’auteure A’Eriksdottir et de Victory of Geraldine Gull tenait à signer une saga familiale.Dans La Fille blanche, traduction française de Latitudes of Melt, elle raconte en effet l’histoire d’Aurora, fillette rescapée d’un naufrage, et de ses descendants.Cependant, il ne suffit certes pas de faire se succéder quelques générations de personnages et de raconter leurs péripéties pour donner naissance à une véritable saga, encore faut-il que ce récit présente quelque intérêt dramatique.Force est d’admettre que ce n’est pas ici le cas.Le caractère anecdotique du récit de Joan Clark laisse pantois.Par exemple, la pertinence d’un chapitre presque complet consacré à la cleptomanie de la dame qui, sur le Titanic, partageait la cabine de la mère d’Aurora est pour le moins douteuse.FT les digressions inintéressantes de ce genre sont légion.11 est plus qu'ardu de cerner la direction que veut prendre le roman.Où s’en va l’auteure, quel est le lien qu'elle tente d'établir entre les différents épisodes de son histoire, que veut-elle transmettre au lecteur?Plus crûment, la véritable question qui s’impose au lecteur Pâle saga est la suivante: l'auteure a-t-elle quoi que pe soit d’intéressant à raconter?A la lecture de La Fille blanche, il est permis d’en douter.Cette fille blanche, Aurora, censée être le personnage clé du récit, est esquissée à grands traits, idéalisée, et se verra catapultée dans un mariage qu’elle semble souhaiter, bien que l’auteure n’ait pas daigné parler du lien qui s’est forcément développé entre elle et son promis.L'auteure trace l’itinéraire de la vie de ses personnages un peu à la manière dont un individu le fait de ses proches lorsqu'il rencontre une vieille connaissance dans la rue: un tel est marié avec une telle, ils se sont rencontrés de telle manière, occupent tels emplois et ont tel nombre d’enfants, sans plus de profondeur.Est-ce par crainte de céder à la mièvrerie que Clark n’a pas jugé bon de s’étendre sur les sentiments éprouvés par ses personnages?Si oui, cette précaution s’avère bien vaine, car beaucoup d’autres passages donneront envie au lecteur de lever les yeux au ciel, par exemple quand la narratrice raconte les souvenirs qu’elle dit avoir de sa propre naissance, en regrettant leur aspect incomplet.En somme, la pénurie d’émotions du roman lui cause un tort fatal.Le lecteur, après avoir refermé le livre, aura l’impression d’avoir perdu son temps.Il n’aura pas été ému le moins du monde, n’aura pas réfléchi à quelque enjeu hu- main ou social que ce soit et ne se sera même pas diverti.Pour ajouter à la banalité du livre, un des chapitres est dédié au naufrage du Titanic, où le lecteur revivra pour la énième fois tous les moments clés de la tragédie.Et le pire est qu’il s'agit en réalité de la seule section du roman pourvue d’un véritable contenu dramatique.Comme La Fille blanche se situe à Terre-Neuve et entend mettre en scène plusieurs générations d’une même famille, la comparaison avec les romans Cap Random et Cap Random II (XYZ éditeur), de Bernice Morgan, est inévitable.Or, partout où Morgan triomphait, Clark échoue.L’auteure de Cap Random a su créer des personnages riches et nuancés, tisser une trame narrative solide autour de l’histoire terre-neuvienne et, enfin, ancrer le tout dans le débat environnemental contemporain.Comparé à un ouvrage aussi réussi, La Fille blanche fait piètre figure.La seule qualité que l’on puisse lui attribuer est de bien faire vieillir son héroïne, car il est rare en littérature de voir une personne âgée professionnellement active, indépendante et épanouie.LA FILLE BLANCHE Joan Clark Traduit par Lori Saint-Martin et Paul Gagné Boréal Montréal, 2002,360 pages Salon international du livre DE QUÉtiEC Sous ta présidence d honneur de Clemence DesRochers 24 AU 28 AVRIL 2002 CENTRE DES CONGRÈS DE QUÉBEC IA CAWTÀIC NATIONAtt RAdid CarMcta LE SOL EU concours fl SI J’ÉTAIS LIBRAIRE jHt Prix des libraires du Québec 2002 et LE DEVOIR V0US inv’tent * Part‘c‘Per au concours Si jetais libraire et à J J 1 courir la chance de gagner une carte privilège vous per- mettant de recevoir de votre libraire un livre de votre choix par mois durant 12 mois (valeur totale de 300 $) en répondant à la question-jeu suivante : Si vous étiez libraire, quel serait votre choix, parmi les finalistes du Prix des libraires du Québec 2002, pour chacune des catégories roman québécois et roman hors Québec ?(voir ompo») • Tirage de 3 gagnants répartis dans 3 régions regroupant l’ensemble du Québec • Le nom des gagnants sera annoncé le 13 mai lors de la remise des prix aux lauréats - Concours SI J’ÉTAIS LIBRAIRE Prix des libraires du Québec 2002 Cochez votre choux dans chacune des catégories et déposez ce bon de participation chez un libraire agréé, membre de l’Association des libraires du Québec*, AVANT LE 30 AVRIL 2002.FINALISTES - ROMAN QUÉBÉCOIS O Putam, Nelly Arran (Seuil) O Rouge, mère et fils, Suzanne tacot (Seul!) O Ruelle Océan, Rachel l.ecferc (Boréal) O Le ravissement, Andrée A.Michaud (LInstam même) O Du mercure SOUS la langue, Sylvain Irudel (Les Allusifs) ¦FINALISTES - ROMAN HORS QUÉBEC O / tlgnm, Thimothy Findley (Serpent à plumes) O La Constance du jardinier, John Le Carré (Seuil) O La Perte et le Fracas, Alistair Madeod (Boréal/L’Olivier) O La musique d'une vie, André) Makine (Seuil) O Mon nom est Rouge, Orhan Pamuk (Gallimard) Adresse Téléphone Hour) tes fac-similés ne sont pas acceptés.Les participants doivent avoir 18 ans et plus.¦ IMPORTANT : Veuillez consulter le site Internet de l’Association des libraires du Québec, ffww.iUq.qc.ca.ou communiquer pat téléphone au (SM) 526-3349 pour vérifier si votre libraire est membre de l'Association.Règlements disponibles au bureau de l’Association. t DEVOIR LES SA M E D I E T I M A \ ( A V R I I I) ,) TTERATI'IU: Entretien avec Pierre Michon La littérature en personne GU Y LAI NE MASSOUTRE S* ils avaient connu le XX!" siècle, les petites gens des Vies minuscules (Gallimard, 1984) de Pierre Michon auraient pu, un jour ou l'autre, voter Le Pen.Dans leur temps, un projet révolutionnaire les portait; aujourd'hui, ils seraient tout ressentiment.Mais voilà; ce qui les rend intéressants, c’est la littérature.Cette œuvre, elle part du cimetière, seul lieu d'attache que Michon garde en mémoire des siens.Faulkner, de sa grosse voix d’outre-tombe, l a délivré des larmes, lui insufflant «la permission d’entrer dans la langue à coups de hache, la détermination énonciative, la grande voix invincible qu il met en marche dans un petit homme incertain.C’est la violente liberté» (Trois auteurs, Verdier, 1997).L’écrivain trouve d’emblée l’état de la parole qui ramène les plus obscurs à la vie.En une dizaine de petits ouvrages, ceux-là se pressent, serrés sous une syntaxe imprévisible et belle, intimes et attachants.Ces récits d'une seule coulée, avatars de romans qui ont refusé de prendre leur envol, préfèrent fixer leur élan foudroyant dans la forme brève et tendue qui sied si bien à leur auteur.En fait, les gens ordinaires des Vies minuscules n’ont rien de banal.Imaginez la voix de ce fils Jouanhaut, «infatuée, catégorique et mirliflore comme la réalité elle-même entrant en bottes vernies dans un bistrot de campagne», claironnant à l’entour «le réel ou ce qui se veut donner pour tel», écrit Michon.Il les empoigne, avec ses intuitions de l’émotion secrète, provoquant leur vigueur essentielle à se manifester.Il nie leur apparence, bouscule leurs repères, mord avec rage dans ce qui les étrangle.L’écrivain bagarreur et hilare règle ses comptes avec la réalité.Tel est l’homme 'iue nous avons rencontré.Le même qui pousse les émotions au creux de leurs paradoxes et qui s’y installe pour écrire, donnant naissance à une prose admirée des meilleurs écrivains.Quelle aisance avec ses marionnettes, quel sens des pouvoirs du langage, attrapant l’être qui s’y manifeste, en chacun de nous! Prenez un destin de forçat, cet Antoine Peluchet, par exemple, disparu anonymement: «Car je pense quant à moi qu’il avait tout, presque, pour être un auteur intraitable: l'enfance aimée et rompue désastreusement, l’orgueil féroce, un saint patron obscurément inflexible, quelques lectures jalouses et canoniques, Mallarmé et combien d’autres pour contemporains, le bannissement et le père refusé; et qu’il s’en fallut comme d’habitude d’un cheveu, je veux dire d’une autre enfance, plus citadine ou aisée, [.] pour que le nom d’Antoine Peluchet résonnât dans nos mémoires comme celui d’Arthur Rimbaud.» Il y a beaucoup de Michon dans ce Peluchet ment des idées, souple, y esi imprévisible.N’admire-t-il pas eper-dument Pessoa?«Je n'ai pas un monde unique.Dans chaque livre, à l’instar de Pessoa.je m'efforce de donner un univers différent, meme si j'ai cru le contraire en écrivant.Picasso a vécu au moins cinquante vies d’artiste.Matisse n’a eu qu’une manière.Ce qui donnera maintenant le change en art est du côté de Pessoa ou de Picasso, non de Proust ou de Beuys.Ce sont des changements de l’être.» Michon aime l’idée, lue dans les cours de Foucault, que l'être unique, identique de la naissance à la mort, est une invention du christianisme.Le Grec, au contraire, pouvait changer de vie, devenir épicurien après avoir été stoïcien.«J'ai appris en Afrique que la différence entre les Bamba-ras et les Peuls n 'existait que parce que les gens déclaraient qu ils étaient Peuls ou Bambaras.Ce qu'ils avaient dit quatre ans auparavant.ils ne s’en souvenaient pas.» Voilà deux manières de penser la vie.Elles prouvent qu'on peut faire usage de sa liberté.Geste de présence intense, l'écriture l'a plongé parmi les Celtes, les Irlandais ou les Latins; dans une charrette de condamnés à mort cahotant sur le causse Méjean; dans le triste trou de voyance d’un enfant ar-dennais.les saisons de Michon reveillent des puissances infernales.«Comment se fait-il que j’aie deux voix, une quand je parle et une quand je lis?Ixi littérature résonne en moi comme si elle était spectrale.- Mais quand il écrit, c’est-à-dire peu, il se sent bien.«J’aime passionnément tout ce qui a tenu une plume depuis l'origine», lance-t-il en souriant.En ce moment, il louange son opposé, «l'impasse pléthorique d'Hugo».Vivement le livre.Car s'il s'autocorrige très vite, c'est pour se réjouir que la page soit fin prête.Œuvres de Pierre Michon, aux Editions Verdier, à Paris: Mythologies d'hiver (1997), Trois auteurs ( 1997), le Roi du bois (1996).I.a Grande Beune (1996), Maîtres et serviteurs ( 1990), Vie de Joseph Roulin (1968); 50, 66, 87 ou 130 pages.Aux Éditions Gallimard: Vies minuscules (1984, 306 pages), Rimbaud le fils (1991.119 pages).Réédité en Folio.Pierre Michon est présent au Salon du livre de Québec, stand Gallimard.JACQUES GRENIER LE DKVOÎR «J aime passionnément tout ce qui a tenu une plume depuis l’origine», lance Pierre Michon en souriant.Qu’est-ce qu’une vie?Dans Vie de Joseph Roulin, Michon prête vie à l’inoubliable facteur que Van Gogh a immortalisé sur sa toile.«Ces gens dont je parle prenaient la place du père», explique-t-il, cherchant à attirer un peu de leur éclat jusque sur ses pages.«La vie des gens modestes ne m’inspire pas de sympathie particulière.Ces ombres, en plus de n’être que des lieux communs, sont des enfants de la littérature.Quand on regarde le petit monde avec les yeux de la littérature, on l'aime toujours.» Et d’ajouter d’un air navré: «Mais quand on regarde avec les yeux du réel, on voit ce qui s’est passé dimanche.» Michon invente des fictions pures.La Grande Beune, Le Roi du bois, Mythologies d’hiver, tous parus chez Verdier, sont de troublants romans brefs, sans péripétie majeure, arrêtés au seuil où, d’habitude, l’action commence.Les personnages sont en place pour qu’une action décisive survienne.Et alors?Eh bien, rien.La neige fond entre vos doigts et vous laisse le froid de sa blancheur, l'éclat d’un rayon clair, un joli souvenir.Michon écrit des légendes, ouvertes à la peur, au désir et à l’hallucination.Vous y croirez.Ses personnages, porteurs d’irréalité alors même qu’ils se rattachent à la réalité, créent une fascination.Où cette écriture plon-ge-t-elle?«Tous mes récits, ancrés dans le réel ou dans rien, sont des fictions.Quand j’ai commencé, je me suis dit que j’allais écrire de la fiction tout en donnant des analyses sociologiques.Ce ne sont pas des vies.Rien de comparable avec Moi, Pierre Rivière de Michel Foucault.J’ai imaginé des vies qui ont le bénéfice d’avoir une référence.» Ces vies se coulent dans une forme densément poétique, comme brûlée par les arts du feu.Dans Im Grande Beune, Hélène et Yvonne sont de palpitantes proies, serties vivantes dans des médaillons ou des émaux de Limoges, non loin de la Creuse, où il a vu le jour en 1945: «Je prends du plaisir à faire un travail soigné.La Grande Beune avait trois cents pages au départ.J’ai gardé le début, que j’avais publié en trois morceaux dans la NRF.Un éditeur m’a fait remarquer que c’était un roman.Je Tai gardé ainsi.» Cette histoire raconte un fait vécu, en Dordogne; un personnage visite une grotte, une de ces cavernes vides, habitées aux temps préhistoriques.«J'ai exposé une situation de désir.Cela a suffi.» Saisissant Le rien et le plein L’écriture débouche sur un vide, qui bascule en trop plein: «L’écriture va vers le vide et vers la totalité dans un même mouvement.On ne sait pas le nommer, sinon on ne commencerait pas à écrire.» Michon parle.De Dieu, qui revient sous sa plume: «C’est un mot irremplaçable dans un texte.Rien ne peut y tenir la place de Dieu.Dieu dit, voilà une parole qui résonne.Barthes disait que le mot Dieu fait fuir les dictionnaires.Ils s’engouffrent dans Dieu.Dieu est une question de vocabulaire: c’est le plus fort d’entre tous.» Rien ne dépasse cet énon- Les Editions LOGIQUES e QUEBECOR MEDIA 7, chcmflrt Outrvmont (QC) HIV IM ¦ iS1«IZ70 «70* cé en littérature: encore faut-il qu'il soit question, comme chez Michon, de ce qui dépasse* le langage.«Rien n’émeut davantage», confie-t-il.Le rythme de l’oralité écrite emporte l’écrivain.Qu’est-ce que cette forme perlée, résonnant dans une cathédrale absente des phrases?«C’est un ensemble de cinq sens, affirme-t-il.Sens et sons doivent survenir en même temps.La matière qu’on entend doit être convoquée avec le sens voulu.Ni la pensée ni le cœur ne sont donnés d’avance.lœs deux doivent arriver dans l’écrit en phase.» Michon ne se dit pas poète; mais peu s’en faut qu'il n’élude la paternité de son œuvre.Qu’on en nomme d’autres, géniteurs d’écrivains, mais pas Rimbaud le fils, selon l’expression qu’il a choisie en contre-titre, car la piste de Rimbaud est «piégée, avari-cieuse, minimaliste»'.Remontez à l’Antiquité, ou relisez Hugo, soufflera-t-il, Les Misérables par exemple.«Baudelaire est le fils d’Hugo.Sa prose est pleine d’une beauté et d’une justesse incomparables et inséparables.» Donner du sens par la présence Chez Michon règne une atmosphère de secret.L’enchaîne- LIBER Joseph J.Lévy entretiens avec François Laplantine Anthropologies latérales Jiwpll J.I>TJ rniméen» FRANÇOIS LAPLANTINE ANTHBQPOLOGIES LATERALES Ijheh 184 pages, 23 dollars MARIO ZUNINO R SE S-NG DU SEVE DU sfsng bonnes voutaUefr tire» corUenty.ZEDEM LE LIVRE DE L'ÉTÉ Des personnages truculents, des rebondissements à la pelle, des clins d'œil tant aux grands qu'aux plus salopards de ce monde, bref, une histoire prenante, décapante, décadente et.délirante.Rose Sang 187 p., est disponible sur internet (www.rosesang.com) et dans les meilleures librairies : Renaud-Bray, Archambault, Le Marché du Livre, La Librairie d'Outremont, Limasson, Librairie René Martin.Pour tout renseignement : (514) 284-601 7 Linsia.fél Andrée / ¦ IM H* RAVISSEMENT Mai i ! I.K l> K V (Il H .L K Littératire LE FEUILLETON La Mérique n’est pas ailleurs Né en 1954 à Carfizzi, une communauté arbëreshë (italo-albanaise) de la Calabre, Carmine Abate a connu pendant plusieurs années le sort de son peuple en émigrant en Allemagne pour y travailler.C'est aussi là qu’il fit paraître son premier récit, Den Koffer und weg! (1984, Ed.Italienne, Il muro dei mûri, 1993).Il a notamment publié un livre de poèmes, Terre di andata (Ed.Argo 1996) et deux romans, Im moto di Scan-derberg (1999) et II ballo tondo (1991) — livre que vient de traduire le Seuil sous le titre La Ronde de Costantino.Enfin, nous dit-on, son dernier roman, Tra due mari (Mondadori 2002), sera prochainement traduit en France aux Editions du Seuil.Je savais qu’il y avait une communauté albanaise assez importante en Italie, mais j'étais loin de me douter qu’elle remontait au XV' siècle, quand des Albanais, refusant de se soumettre à l’envahisseur turc, traversèrent l’Adriatique pour fonder des communautés dans le sud de l’Italie (en somme, des boat people avant l’heure).A travers leur exil, deux symboles les sauvèrent de l’oubli: le héros mythique Skanderberg (le guerrier qui tint tête aux Turcs) et l’aigle à deux tètes (leur emblème).Ajoutons-y la langue arbëreshë, qu’ils réussirent à préserver, et leurs chants, dont on entend des échos dans le roman d’Abate, qui nous livre ici un très beau récit, funambulant sur le fil qui sépare ce monde perdu de la modernité qui ne cesse de réclamer de nouvelles pertes, de nouvelles déchirures.Cela peut-il ou doit-il se faire sans mémoire?Jusqu’où le renouveau d’un peuple doit-il passer par l’oubli, par la mise à distance du récit des origines?Question bien actuelle, où nous reconnaissons le Jean-Pierre Denis ?besoin que certaines communautés ont de faire un éloge inconditionnel de la mémoire, ce qui les conduit souvent au piège de la vengeance ou du ressentiment, du ressassement.Heureusement, cela n’est pas le cas d’Abate.Son roman est tout sauf nostalgique.L’on y sent perpétuellement cette rivalité (inégale) entre le Mythe et l’Histoire, le besoin de rêve compensatoire et la souveraine exigence de la réalité.Pour reprendre la typologie de Tzvetan Todorov dans son livre Les Abus de la mémoire, il privilégie de toute évidence la «mémoire exemplaire» contre la «mémoire littérale».Une mémoire exemplaire lx* héros de ce roman, comme le titre l’indique, est Costantino.Au début du récit, il est encore ce jeune enfant qui croit apercevoir un jour, sous le soleil brûlant de l’été, un aigle à deux têtes qui plane au-dessus de l’eau (il restera longtemps obsédé par ce souvenir, certain d’être le dépositaire d’un secret, voire d’un destin).À la fin, c’est un jeune homme qui s’apprête à gagner la grande ville et l’université après être tombé amoureux d’Isabella, une Italo-Albanaise qui vit à Rome et passe ses étés dans le petit village d’Hora.C’est en grande partie elle qui lui aura appris à mettre a distance les traditions patriarcales de son village et à se délester de leur poids.Autour de Costantino, l’on trouve Orlandina et Lucrezia, ses sœurs aux amours fiévreuses qui passent près toutes les deux de faire leur malheur; le grand-père Lissan-dro, un vieillard de plus de quatre-vingts ans qui connaît tout des légendes et des rhapsodies du passé et ne peut s’empêcher d’embrasser le sable de la plage où débarquèrent ses ancêtres quand il passe par ses rives; le père, surnommé le Mérique parce que son propre père a connu l’Amérique avant que son fils, lui, ne travaille comme saisonnier en Allemagne; la patiente mère, Zonja Elena; sans oublier le fidèle chien Baialardo, ainsi que plusieurs autres figures aussi insolites que touchantes, dont Luca Rodotà, le rhapsode de Corone qui regarde «en arrière et en avant».Dont, aussi, le maître Carmelo Bevilacqua, petit professeur italien passionné par la culture arbëreshë, au point d’en faire trop.«Lui, un litir de Bel-castro, connaissait plus de choses sur le compte des Arbëreshë que tous les habitants de Hora réunis, curé et anciens maîtres compris.Car il lisait, il n’arrêtait pas de lire.» Il a quelque chose du militant écolo qui, à défaut de nature, s’est donné pour mission de sauver la mémoire de ce peuple, mais sans égard pour les souhaits de ce dernier, car un peuple n’est pas vivant qui ne sait pas affronter le prosaïque présent, même et surtout quand il l’écrase.La prose de Carmine Abate est ici limpide, sans métaphores excessives, sans recherche d’effet rhétorique, suivant au plus près le fil de l’histoire, empruntant quand il le faut aux mythes et aux rhapsodies, soucieux de rendre vivante et légère la langue, présente aussi l’histoire.«Certains partaient pour la Mérique, s'envolaient.Pendant quelque temps, nous avons cru que nous pourrions la faire dans nos villages, la Mérique: la Mérique signifie travail et richesse, non?Si nous occupons nos terres, comme disent les rouges, si nous nous la répart issons, répétait ton grand-père, alors la Mérique est ici, elle est même mieux que l’autre, car nos morts sont enterrés dans cette terre qui est la nôtre [.] Nous avons occupé les terres, mais on nous a chassés à coups de fusil, on nous a rendu les lots les plus ariçles et les plus pierreux avec la réforme agraire.» Etrangement, cependant, pas de misérabilisme ici.Au contraire, une sorte de légèreté de la parole et des actes, une foi inébranlable dans l’avenir, une capacité de renouvellement qu’incarne parfaitement le père, dit le Mérique, qui, bon an mal an, retourne en Allemagne avec le projet d’établir ses enfants sur ses propres terres.Qui comprend même que Costantino (pourtant son seul fils) est fait pour les études, alors qu’il le destinait au travail de la terre.C’est très beau, et toujours juste.Et ça se lit comme un conte.Un auteur à retenir, certainement deriisjp@videotron.ca m RONDE DE COSTANTINO Carmine Abate Traduit de j’italien par Nathalie Bauer Editions du Seuil Paris, 2002,222 pages ENTREVUE Chronique des années 60 L’écrivain français Alain Rémond est de passage au Québec CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Il y a presque quarante ans qu’Alain Rémond n’était pas venu au Québec.la dernière fois, c’était alors qu’il était étudiant, au noviciat de la Congrégation Sainte-Croix, à Sainte-Agathe-des-Monts.Une expérience qu’il décrit justement dans son dernier livre, Un jeune homme est passé, paru au Seuil.L’écrivain, qui est aujourd’hui rédacteur en chef du magazine Télérama, en France, était de passage à Montréal avant de se rendre au Salon du livre de Québec, pour le week-end.Un jeune homme est passé, c’est la suite de Chaque jour est un adieu, qui, dans le même format de poche, racontait les origines, la vie de famille, de tribu, de l’écrivain français.Son dernier titre raconte cette fois l’histoire d’une jeunesse, les études de prêtrise qui l’amènent d’abord à Montréal, puis à Rome.A Montréal, alors qu’il n’avait pas 18 ans, le jeune étudiant trouve un noviciat coincé dans une constitution poussiéreuse, sclérosée, datant du XIX'siècle, alors qu’au loin on sent l’animation qui portera la Révolution tranquille.«J'avais plutôt envie d’imagination, d’audace et d'ouverture», dit-il, que de ce dogme catholique, avec ses superstitions, sa rigidité.Dans les pages qui suivent, Ré- mond décrit le souffle d’espoir qui se levait avec l’avènement du Concile Vatican II, à Rome, au début des années 60.«Ça bougeait partout, il y avait plein de questions intéressantes qui se posaient, à propos du rapport de l’Église avec son temps, de son ouverture, de se rapprocher avec les autres communautés chrétiennes, de retrouver ses racines juives; il y avait une autre conception du rôle des femmes, il y avait toutes sortes de questions qui se posaient», raconte-t-il.Il voyait là un signe que quelque chose craquait, et de partout.Or, dans la lourdeur du noviciat de Sainte-Agathe-des-Monts, c’était comme si tout cela n’existait pas, se souvient-il.«C’était comme si on était au XIX' siècle», dit-il.Puis, le jeune homme, de retour en Europe, décide d’abandonner l’idée de devenir prêtre, rejoint le mouvement qui soulève Mai 68 et la politique de gauche, découvre Bob Dylan et tâte du bouddhisme.Le Rémond que l’on découvre, au fil de ces pages qui nous replongent, au passage, au temps de la Révolution tranquille québécoise, est un jeune homme exalté, assoiffé de justice sociale, et révolté contre l’Église, alors qu’il apprécie l’Évangile.Un jeune homme qui rêva successivement d’être missionnaire en Chine, puis prêtre-ouvrier en moto, Gladys Gladys Auteur: Serge Mongrain Collection : recto / verso ISBN : 2-922685-18-7 DISPONIBLE MAINTENANT CHEZ VOTRE LIBRAIRE Suite de courts récits conçus comme des scènes cinématographiques autour du personnage Gladys.« Gladys c’est une femme de rêve, c’est la femme rêvée.Le narrateur l’aime, la déteste, l'admire, elle le fait suer, c’est son amie, c’est sa blonde, c’est l’amour de sa vie.Gladys est une femme passionnée, indépendante et déterminée.On aime Gladys et l’emmerdeur avec qui elle habite.» Faites-vous plaisir! éditions d'art fefyabord Téléphone: (819) 375-6223 Télécopieur: (819) 694-0846 www.lesabord.qc.ca Courriel: art@lesabord.qc.ca ; avant de défroquer et de découvrir le rock’n’roll.Aujourd’hui, Alain Rémond affirme n’avoir plus aucun lien avec 1É-glise.Cette ouverture qu’il avait pressentie avec Vatican II, celle-là (lui annonçait Mai 68, elle s’est refermée dans les années qui suivirent «Je crois que l’Eglise a eu peur elle-même de ce quelle avait soulevé.Ils ont remis le couvercle; il y a eu une contre-réforme qui a rigidi-fié l’Église encore plus après.Du coup, elle s’est trouvée encore plus en décalage avec son temps», dit-il.En faif, il croit même aujourd'hui que l’Église, dans son état actuel, devrait disparaître pour mieux renaître de ses cendres.«Je reste chrétien [.] mais pas du tout catholique», dit-il.Une trentaine d'années après Mai 68 et ses suites, Alain Rémond ne se dit ni déçu ni amer en ce qui a trait à la société qu’ont construite les soixante-huitards.Parmi les acquis de cette époque, qui a bouleversé le monde, il cite le féminisme, l'avancement de la condition de la femme.Il dit d’ailleurs avoir écrit ce livre pour savoir ce qui restait en lui du jeune homme de ces années folles.En allant au bout de l’expérience, il a retrouvé beaucoup de l'indignation et de l'enthousiasme qui l’animaient jadis.C’est une occasion de revivre, une fois encore, les vibrations d’une époque aujourd’hui révolue.UN JEUNE HOMME EST PASSÉ Alain Rémond Seuil Paris, 2002,145 pages Alain Rémond est au Salon du livre de Québec, stand Dimèdia.Mifw, JACQUES GRENIER LE DEVOIR Aujourd’hui, Alain Rémond affirme n’avoir plus aucun lien avec l'Église.gfjt Tf ?¦ if.t PAUL BUSSIERES OLIMPIA DE LA HAVANE P
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