Le devoir, 2 mai 2006, Cahier A
LE DEVOIR Le dollar inquiète les entreprises La parité avec le dollar américain serait atteinte dans un an et demi FRANÇOIS DESJARDINS Il ne faudra encore qu’un an et demi pour que le dollar canadien puisse regarder la devise américaine dans le blanc des yeux pour la première fois depuis le 28 janvier 1976, estime désormais l’économis- te en chef de la Banque Nationale.Si cette prévision «audacieuse» peut plaire aux consommateurs et aux voyageurs, les Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ) sont à ce point inquiets qu’ils se sont carrément adressés hier aux opérateurs de la politique monétaire à Ottawa.Selon l'économiste Clément Gignac, qui s’attendait auparavant à ce que cet événement ne survienne qu'en 2010, les astres s'aligneront de façon exceptionnelle pour le dollar canadien: la faiblesse continue du dollar américain, un resserrement des liens politiques et économiques entre Ottawa et Washing- ton, et le niveau élevé des prix de l'énergie, pour ne nommer que ceux-là.•Je pense que le dollar a récemment franchi des barrières et qu'il se négocie à l’intérieur d une nouvelle VOIR PAGE A 8: DOLLAR ÉTUDE 40 % des travailleurs montréalais gagnent moins de 20 000$ BRIAN MYLES Après le travail qui tue, abrutit ou mène à l’épuisement professionnel, il faudra ajouter une nouvelle métaphore dans le langage courant le travail qui appauvrit Plus de 341 000 travailleurs montréalais gagnaient moins de 20 000 $ par année en 2001, selon une étude divulguée hier par le Forum régional sur le développement social de l’île de Montréal.Cela revient à dire que 40 % de la population qui travaille ne dispose pas des revenus nécessaires pour subvenir à ses besoins de base.De 1978 à 1998, le salaire minimum a augmenté de 98 %, alors que le coût de la vie a bondi de 127 %.Conclusion?«Le travail salarié ne protège plus contre la pauvreté», tranche l’étude du Forum.L’organisme est venu jeter une douche d’eau froi-._ de sur le 1er mai, jour de la fête internationale du Travail.Même l’augmentation de 15 cents, qui a lait passer hier le salaire minimum à 7,75 $, prend les allures d’une sinistre farce.«L’érosion continue.Avec l’augmentation du coût de Ut vie de 2,42 % cette année, cette augmentation aurait dû être de 18 cents, et non de 15 cents», affirme Martin-Pierre Nombré, coordonnateur du Forum régional sur le développement social.«C’est la fête des Travailleurs, mais ce n’est pas tout le monde qui fête.Ilya des gens qui n’ont même pas les moyens de s’absenter», ajoute-t-il.VOIR PAGE A 8: TRAVAILLEURS ¦ L’éditorial de Josée Boileau, page A 6 «Nous sommes l’Amérique» — IP* / Jy JP + 9‘~ÉSSS Me C .MIKE SEGAR REUTERS WeAre New Amerii icmOppartunity Campaign vsVv.cirnow.org LE 1er MAI a donné lieu cette année à une vague de protestation des immigrants aux États-Unis, où des centaines de milliers de personnes ont participé à une «journée sans immigrés».Des boycottages de toute activité et des manifestations massives ont été organisés pour démontrer que, sans eux, légaux ou clandestins, l’économie de la plus grande puissance de la planète s’écroulerait.Ils ont donc réclamé la régularisation des sans-papiers, en plus de protester contre un projet de loi criminalisant l’immigration clandestine, jusqu’ici considérée comme une simple infraction.Nos informations en page A 5.Détourner la Rupert avec moins d’impacts ?La «variante Langelier» ne séduit pas Hydro-Québec LOUIS-GILLES FRANCŒUR Un citoyen de la Côte-Nord qui a passé une partie de sa vie à réaliser des relevés topographiques pour des projets nordiques, Guy Langelier, a élaboré l’an dernier une variante qu’il estime de moindre impact au projet de détournement du fleuve Rupert, à la Baie James.Mais de façon étonnante, ni Hydro-Québec, ni les Cris, ni même les commissaires attitrés au dossier ne l’ont étudiée.Et encore moins les adversaires du projet, qui s’y opposent par principe ou qui n’ont pas d’argent pour pousser plus loin son examen.La variante en question présente, du moins de prime abord, des caractéristiques étonnantes.Elle n’exigerait l’ennoiement, selon son auteur, que de 35 km de territoire en comparaison des quelque 365 que couvrira d’eau la variante «Cramoisy» retenue par Hydro-Québec.Si cette variante devait s’avérer réalisable, elle réduirait à peu de choses le «pic» de mercure qui contaminera pendant une génération les réservoirs projetés par Hydro-Québec pour hausser le niveau de la Rupert au-dessus des montagnes et la faire basculer dans le bassin hydrographique VOIR PAGE A 8: RUPERT ¦ Voir autre texte en page A 2 INDEX oo Annonces.B 4 Avis publics.B 5 Culture.B 8 Décès_______B 4 Économie.B 1 Éditorial.A6 Idées.A7 Météo.B 4 Monde .A5 Mots croisés.B 4 Sudoku.B 5 Télévision.B 7 LOUISIANE Katrina et Rita, alliés inattendus des bayous Picture Arts \ s S»-» apjMSt' Les milieux humides de la Louisiane, dont le superficie diminue constamment, constituent un rempart naturel contre les effets destructeurs des ouragans.LOUISE-MA U DE RIOUX SOUCY La Nouvelle-Orléans — A voir le bayou d’Alfred Pellegrin, florissant dans son écrin végétal de Houma, on ne croirait jamais qu’il a affronté les assauts des ouragans Katrina et Rita il y a à peine huit mois.Faune et flore paraissent en excellente forme dans les bayous, marais et autres marécages typiques de la région.Mais le portrait est trompeur, estime l’organisme Voices of Wetlands, qui profite du fait que les projecteurs sont braqués sur la Big Easy, alors que son festival de jazz annuel bat son plein, pour sonner l’alarme.Son président, le chanteur et guitariste Tab Benoit entretient une drôle de relation avec celles qui ont attaqué si férocement les côtes de la Louisiane, là où il a vécu toute sa vie et d’où il tire toute son inspiration.La plus grande catastrophe naturelle de l’histoire américaine et sa sœur jumelle sont paradoxalement aussi des alliées redoutables dans sa lutte pour la préservation des milieux humides, «fai répété pendant longtemps que l’érosion des côtes et le dragage intempestif des canaux par les compagnies pétrolières nuisaient à cet écosystème, mais les gens n’y croyaient pas vraiment.» Aujourd’hui, quand il reprend son Mus, comme ici, en marge du festival de jazz où il est en quelque sorte un abonné, Tab Benoit sent qu’on l’écoute beaucoup plus attentivement.«Si les compagnies VOIR PAGE A 8: BAYOUS ¦ Le Festival de jazz de Montréal rendra hommage à La Nouvelle-Orléans, page B 8 DAVE CHAN REUTERS Le président élu d’Haïti, René Préval Î)hotographié sur la galerie réservée au public t a Chambre des communes hier.Stephen Harper reçoit René Préval en catimini Tout a été fait pour garder la visite secrète HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — Le président élu d’Haiti René Préval a peut-être amorcé son voyage en sol canadien hier en rendant visite à Stephen Harper, mais ce dernier n’aura pas voulu être vu à ses côtés.Le premier ministre n’a organisé aucun événement public en sa compagnie et encore moins permis aux médias d’immortaliser sur pellicule la rencontre entre les deux hommes.En fait, tout a été mis en œuvre à Ottawa pour garder secrète cette visite, finalement mise au jour par la communauté haïtienne montréalaise et les autres politiciens que le président devait rencontrer.Bien malin qui aurait pu savoir que le président élu haïtien se trouvait dans la capitale canadienne hier.Le drapeau rouge et bleu de la république ne flottait nulle part sur les grandes artères entourant le Parlement Le protocole veut qu’Ottawa se pare des couleurs du pays d’origine des dignitaires en visite, en accrochant en alternance un drapeau canadien et un du visiteur sur chaque lampadaire de la rue Wellington.Pas de ça hier.VOIR PAGE A 8: PRÉVAL LE DEVOIR, LE MARDI 2 MAI 2 0 0 6 A 2 LES ACTUALITES IL- &ÊÊ6fë$£-tfensc an uqAm Avec l’appui de : Konmkrijk tier Netlerlanden SNO LAVAI JN Droits et Démocratie Rights & Democracy Heenan Blaikie LE DEVOIR Derniers adieux , CHRIS WATTIE REUTERS LES FUNERAILLES du caporal Randy Payne’s, tué lors d'une mission en Afghanistan, ont eu lieu hier à Ganananoque, en Ontario.Sur la photo, le fils du caporal, Tristan, est consolé par son oncle, Chris, lui-même membre des forces armées canadiennes.Les funérailles d’un autre militaire, William Turner, ont également eu lieu hier.Afghanistan Uarmée canadienne fait une vingtaine de morts Kandahar — Les forces canadiennes ont tué entre 15 et 20 militants dans des affrontements ce week-end dans la province d’Helmand, dans le sud de l’Afghanistan, a annoncé hier l’armée américaine.Au moins sept activistes supplémentaires sont morts dans d’autres violences.Samedi, une patrouille de la coalition a attaqué des militants transportant des fusils d’assaut et des lanceurs de grenades, qui «se déplaçaient avec l’intention de préparer une embuscade», a précisé l’armée américaine, en ajoutant qu’il n’y avait pas eu de victimes au sein des forces de la coalition.Par ailleurs, l'armée afghane a tué dimanche quatre militants dans la province d’Uruzgan, également dans le sud du pays, lors d’une opération lancée contre les talibans, a annoncé le général Rehma-tullah Rausi, chef de l’armée afghane dans les provinces du sud.Un autre militant a été arrêté.Et dans la province de Kunar (est), des soldats ont tué trois militants et en ont capturé trois autres dans des affrontements, a annoncé le ministère de la Défense.Selon le général Zaher Azimi, les soldats ont tué les militants lors d’une opération qui s’est déroulée dimanche à environ 200 km à l’est de la capitale, Kaboul, dans une province où les talibans sont particulièrement actifs.Les violences se sont poursuivies hier, avec deux attentats suicide et l’explosion d'une bombe qui ont blessé au moins trois soldats étrangers et un civil afghan.Un kamikaze soupçonné d’être un taliban a notamment fait exploser une voiture piégée hier près d’un convoi de la coalition à Tirin Kot, la principale ville de la province d’Uruzgan, selon le chef de la police locale, Rozi Khan.Le kamikaze est mort, tandis qu’un soldat de la coalition et un passant ont été blessés.Associated Press Une mère est écrouée après avoir enlevé ses enfants Vancouver — La Française Nathalie Gettliffe, détenue au Canada depuis le 11 avril dans une affaire d’enlèvement d'enfants, restera en prison au moins jusqu'au 11 mai, dans l'attente d'une décision sur, son éventuelle remise en liberté conditionnelle.À l’issue d'une audition de plusieurs heures hier, mie juge de Colombie-Britannique a mis en délibéré sa décision sur une remise en liberté de la jeune femme de 35 ans.arrêtée et emprisonnée peu après son retour au Canada quelle avait fui en 2001 avec ses deux enfants.In décision de la juge Margaret Rae du tribunal provincial de Richmond, dans la banlieue de Vancouver sur la côte ouest du Canada, sera annoncée le 11 mai.Mme Gettliffe demeurera en détention jusqu’à cette date.Elle avait comparu une première fois le 19 avril, mais son avocate canadienne M' Deanne Gaffar avait demandé à disposer de davantage de temps pour préparer la défense de sa cliente et une seconde audience avait été fixée au 1" mai.«Elle va aussi bien que possible, vu son état» a déclaré M'Gaffar à l’issue de l’audience.Mme Gettliffe est enceinte de plus de quatre mois et son compagnon actuel, Francis Gruzelle, a exprimé en France des inquiétudes sur son état de santé, car la jeune Française a déjà connu des grossesses à problèmes.En vertu de la législation canadienne, aucune indication ne peut être donnée sur le déroulement de l’audience d’hier, honnis l’annonce de la mise en délibéré de la décision.Nathalie Gettliffe fait face à une accusation au pé- L’AGENDA L’HORAIRE TÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi LE DEVOIR nal d’avoir enlevé ses enfants et de non-respect d’une ordonnance de garde, un délit passible d’une peine maximale de dix ans de prison, selon le code pénal canadien.Elle avait été interpellée à son arrivée à Vancouver le 10 avril, puis relâchée, le consulat français de Vancouver ayant apporté la preuve de la levée d'un mandat d’arrêt qui avait été émis en 2001.Mais elle a de nouveau été arrêtée le 11 avril, sur la base d’un nouveau mandat pour non-respect d'une décision de garde prise en 2001.La Française avait expliqué sa déc .on de fuir le Canada en 2001 avec ses deux enfants.Maximilien (12 ans) et Joséphine (11 ans), en affirmant vouloir les soustraire à l’influepce négative de leur père Scott Grant, un adepte de l'Eglise internationale du christ considérée comme une secte en France mais légale au Canada.A l’audience, Mme Gettliffe était vêtue d’une tenue de prison grise, composée d’un T-shirt et d’un pantalon de survêtement.Elle a à plusieurs reprises essuyé des lannes pendant que la défense et le ministère public exposaient leurs arguments.L’ex-époux de Mme Gettliffe a également manifesté son émotion pendant l’audition.«C’est un processus très difficile pour tout le monde», a commenté l’avocate de Mme Gettliffe.Après l'audience, Scott Grant a affirmé qu'il n avait pas parlé à ses enfants depuis le 29 décembre.«J’ai le numéro de téléphone de la mère [de Mme Gettliffe], mais ils m’ont dit que si j’appelais ils feraient appel à la police et m’accuseraient de harcèlement», a-t-il assuré.Selon l’avocat français de Mme Gettliffe, Mr Dominique Chambon.cette dernière s’est rendue au Canada dans le cadre d'une médiation internationale pour conclure les modalités du droit de visite des enfants qui vivent avec elle en France.M.tirant affirme de son côté qu’il n’y avait plus de médiation en cours et que Mme Gettliffe était venue soutenir sa thèse de doctorat à l’université de Colombie-Britannique.M.Grant s est plaint hier que ses enfants ne lui aient pas été renvoyés, malgré des décisions en ce sens de la justice des deux pays.Les autorités de la province de Colombie-Britannique ont à nouveau officiellement demandé il y a quelques jours a la F rance le retour des enfants.Agence France-Presse LE DEVOIR.LE MARDI 2 MAI 2006 A 5 LE MONDE Chirac est appelé à s’impliquer dans le dossier Clearstream Des députés veulent la tête de Dominique de Villepin Paris — La question de la démission du premier ministre français est posée avec l’affaire Clearstream, et les appels à Jacques Chirac se multiplient pour mettre un terme à une crise politique sans précédent sous la V' République.Les pressions de l’opposition s’accentuent et le propre camp de Dominique de Villepin s’inquiète de ses répercussions pour l’élection présidentielle de 2007.L’UDF et le Front national évoquent même une élection présidentielle anticipée.Le premier ministre est l’invité d’Europe 1 ce matin.Sa cote de popularité a chuté de 30 points en quatre mois au baromètre de l’institut LH2 pour le quotidien Libération et il bat désormais tous les records d’impopularité d’un chef de gouvernement sous la Ve République.Au sein de FUME le député Dominique Paillé, proche de Nicolas Sarkozy, est allé hier jusqu’à interpeller le chef de l’Etat en craignant de voir les électeurs «se réfugier dans un vote extrême l’année prochaine» lors du scrutin présidentiel.«Cette crise est négative pour les institutions, pour les partis de gouvernement, elle est surtout négative pour la confiance que les Français placent dans leurs dirigeants», a déclaré Paillé sur RTL «C’est à Jacques Chirac de prendre les choses en main.Il faut qu’il fixe très rapidement un cap pour les dix à douze mois qui restent-’, a-t-il ajouté, jugeant qu’il s’agissait là d’une «nécessité absolue».le député PS Henri Emmanuel-li a suggéré que Nicolas Sarkozy, en tant que président de l’UMP le parti majoritaire, soit nommé premier ministre en remplacement de son rival.Une démission de Dominique de Villepin plongerait dans l’embarras aussi bien Jacques Chirac que Nicolas Sarkozy.Celui-ci ne souhaiterait pas s’installer à Matignon à un an de la présidentielle et ne verrait pas non plus d’un bon œil l’arrivée d’un nouveau chef de gouvernement qui pourrait lui souffler la vedette.La justice cherche à déterminer l’identité d’un dénonciateur anonyme qui a accusé plusieurs personnalités, dont Nicolas Sarkozy, en affirmant qu’elles détenaient des comptes bancaires occultes à l’étranger par l’entremise de la société Clearstream, basée au Luxembourg.La manipulation a été établie et le ministre de l’Intérieur, qui estime avoir été victime d’une machination pour briser ses ambitions présidentielles, a porté plainte.Dominique de Villepin a été cité dans le dossier, et son audition par les juges d’instruction est réclamée par l’opposition.Le chef du gouvernement s’exprimera aujourd’hui sur ce «Watergate à la française», selon l’expression du dirigeant socialiste Dominique Strauss-Khan.Après son interview sur Europe 1 à 8hl5, il s’expliquera à la mi-journée, en réunion de groupe parlementaire, devant les députés de l’UMP qui feront leur rentrée après 15 jours de pause pascale.Dans l’après-midi, il devrait être soumis à un feu roulant de questions des députés de l’opposition lors de la séance d’actualité à l’Assemblée nationale.Agence France-Presse et Reuters Une trentaine d’hindous sont tués au Cachemire Une trentaine d’hindous ont été enlevés et exécutés ce weekend au Cachemire indien, par des rebelles islamistes présumés.Vingt-deux villageois ont été kidnappés et tués dimanche soir par des assaillants lourdement armés à Thawa, dans le district montagneux de Doda (sud), à la frontière pakistanaise, a indiqué un porte-parole de la police, précisant que huit autres villageois hindous avaient été blessés dans l’assaut.«Dix à 12 militants vêtus d'uniformes militaires sont entrés à Thawa où ils ordonné à notre chef d’assembler les villageois pour une réunion.Quand ils sont arrivés, les militants ont scindé le groupe, puis abattu neuf d’entre eux à un endroit et onze autres ailleurs, a raconté un témoin.Ils ont vidé leurs chargeurs sur des gens qui n’étaient pas armés.» Deux blessés ont succombé à leur blessures.Dans le district voisin de Ud-hampur, à Vasantgarh, des rebelles présumés avaient enlevé un groupe de 15 personnes, selon un responsable de l’armée, qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat.Deux des villageois qui s’étaient proclamés musulmans ont été relâchés indemnes.Quatre autres, hindous, ont été tués dans la journée.Les corps de huit autres villageois ont été retrouvés hier, selon l’agence France-Presse, tandis qu’AP fait état de neuf.Les deux agences citent des sources policières.Aucune organisation de la guérilla islamiste opérant au Cachemire n’a revendiqué les attaques, mais elles seraient l’œuvre de militants proches du groupe rebelle panislamiste Lashkar-e-Taiba, qui lutte contre les troupes fédérales au Cachemire indien, selon l’agence Press trust of India, citant des sources militaires anonymes.Les autorités indiennes accusent les rebelles d’avoir assassiné quelque 353 hindous et sikhs depuis six ans dans cette partie du Cachemire.Le Monde avec AFP et AP L’UA reporte la date butoir Les tractations sont en danger au Soudan Abuja — Les chances d’adoption d’un accord de paix pour le Darfour paraissaient faibles hier malgré le délai de 48 heures accordé par les médiateurs de l’Union africaine au gouvernement soudanais et aux deux mouvements rebelles en conflit avec lui.Les rebelles du Darfour exigent des concessions de la part de Khartoum et des garanties de la communauté internationale pour signer l’accord de paix proposé par l’Union africaine.Les médiateurs ont pris leur décision de prolonger les consultations après l’expiration, dimanche soir, d’un ultimatum fixé par PUA pour que les parties adverses acceptent le projet d’accord, fruit de deux années de négociations.Mais le vice-président soudanais AK Osman Mohamed Taha a quitté hier Abuja, la cap taie nigériane où avaient lieu les pourparlers.Arrivé il y a trois semaines, il y avait eu des entretiens en tète à tête qui.avaient suscité l’espoir d’une issue positive.Un diplomate suivant de près les discussions a dit que Taha était reparti parce que ses derniers entretiens avec les dirigeants rebelles lui avaient donné l’impression qu’ils refusaient d’en venir aux questions substantielles.Optimiste, le porte-parole de la médiation, Noureddine Mezni a déclaré que «le délai dans la signature de l’accord est dû au fait que nous parachevons le document que les parties vont signer.Dès que le document sera prêt, nous inviterons les parties à venir et à le signer».L’UA a indiqué que le président de sa Commission, Alpha Oumar Konaré, et le président en exercice de l’UA, Denis Sassou N’Guesso, étaient attendus sous peu à Abuja «LVA tiendra les parties et leurs dirigeants pour responsables de leurs décisions en ce qui concerne la paix au Darfour», a averti dimanche soir M.Konaré.Agence France-Presse et Reuters £ (' * .m-' I %» ¦ iHik.-‘ÿn Ils étaient nombreux à manifester à Los Angeles hier.I U Y NICHOLSON RKUTKKS Les immigrants la rue aux Etats Des centaines de milliers de personnes participent à des manifestations dans plusieurs villes du pays Washington — Des centaines de milliers de personnes ont participé hier aux Etats-Unis à une «journée sans immigrés», combinant boycottage de toute activité et manifestations massives pour démontrer que, sans eux, légaux ou clandestins, le pays cale.Les Hispaniques, première minorité aux Etats-Unis avec plus de 40 millions de personnes et plus de 8 % de l’électorat, entendent continuer à faire pression sur le Congrès pour obtenir une réforme de l’immigration et la régularisation des 11 à 12 millions de sans-papiers installés dans le pays.En dépit des réserves de certaines organisations de défense des droits des immigrants, ils entendaient ainsi réclamer la régularisation des sans-papiers et protester contre un projet de loi criminalisant l’immigration clandestine, jusqu’ici considérée comme une simple infraction.A New York, le marché en plein air de Union Square fonctionnait au ralenti et, sur Broadway, la plupart des boutiques vendant des produits d’importation bon marché étaient fermées.Nombre d’entreprises privées de leur personnel immigré ont en effet préféré rester fermées.Dans tout le pays, plusieurs grandes usines de conditionnement de viande sont restées fermées, mais leurs dirigeants avaient pris soin, dans les jours qui ont précédé, d’augmenter la production.La chaîne de restauration rapide McDonald’s a annoncé que certains de ses restaurants fonctionnaient avec des équipes réduites, avec des horaires restreints et un service limité aux commandes à emporter.La société a fait savoir quelle soutenait fermement une réforme de l’immigration afin de «protéger les employés et les employeurs et qssurer la sécurité de nos frontières nationales».A Chicago, plus de 300 000 manifestants ont défilé dans les rues de la ville en scandant au son des tambours le cri de ralliement du mouvement de- À Chicago, plus de 300 000 manifestants ont défilé dans les rues de la ville puis plusieurs mois déjà: «Si se puede.» (Oui, c’est possible).Plus à l’ouest, la même marée humaine a commencé à avancer en fin de matinée dans les rues de Los Angeles, où police et organisateurs s’attendaient à une affluence au moins égale au demi-million de personnes qui avaient défilé le 25 mars.Selon un sondage NBC/VFa// Street Journal publié la semaine dernière, 68 % des Américains contre 28 % seraient favorables à un projet de loi en cours de discussion au Sénat, qui autoriserait de nombreux sans-papiers à devenir «travailleurs invités» et par la suite à demander la citoyenneté.Toujours selon ce sondage, 17 % des personnes interrogées pensent que la journée de boycottage et de grève aidera la cause des immigrants, et 57 % estiment qu’elle leur portera tort.Les clandestins, qui s’infiltrent par la frontière mexicaine au rythme d’un demi-million par an, jouent un rôle crucial dans l’économie américaine, occupant principalement les emplois mal payés dans l’agriculture, la construction, la restauration, les services, le conditionnement de viande.«Nous serons tous perdants si nous continuons de jouer le sinistre jeu de condamner toute une partie de la population à vivre et travailler dans des conditions d’esclavage moderne», a déclaré Juan José Gutierrez, directeur du Mouvement latino USA.Une étude récente de la Fédération du bureau de l’agriculture américaine concluait que la répression du travail des immigrés clandestins pourrait entraîner pour l’agriculture américaine une perte de cinq à neuf milliards de dollars pendant les trois premières années et que cette perte pourrait atteindre jusqu’à 12 milliards de dollars les années suivantes.Reuters La gouvernement Olmert sera investi jeudi majorité de Kadima tient à l'entente avec les ultraorthodoxes du Shas MEGAN GOLDIN Jérusalem — Le nouveau gouvernement israélien, dirigé par Ehoud Olmert sera investi jeudi par les députés de la Knesset, et devra mettre en œuvre le projet dç redéfinition des frontières de l’Etat hébreu.Olmert s’est assuré dimanche soir une majorité au Parlement en obtenant le ralkement des ultraorthodoxes du Shas.Avec le soutien déjà formalisé la semaine dernière des travaillistes et du Parti des retraités, le successeur d’Ariel Sharon est certain de disposer de 67 des 120 sièges de la Knesset élup le 28 mars.Ehoud Olmert a confié à Shimon Peres un rôle de premier plan dans le gouvernement qu’il finalise.L’ancien premier ministre travailliste, lauréat du prix Nobel de la paix en 1993, sera l’un des vice-premiers ministres d’Olmert, qui lui réserve également le ministère du Néguev, de la Galilée et du Développement régional •Peres sera le sage de ce gouvernement, susceptible d’être envoyé en missions spéciales dans le monde arabe et en Europe», a déclaré hier un haut responsable de Kadima, le parti centriste d’Olmert que Peres a rejoint après avoir été battu lors des primaires du Parti tra-vailliste.Kadima devrait obtenir douze ministères, dont les Affaires étrangères et les Finances.Tzipi Livni, une ancienne responsable du Mossad devenue l’étoile montante de la politique israélienne, conservera la responsabilité de la diplomatie.L’actuel ministre du Tourisme et des Communications Abraham Hirschsom, un proche d’Olmert, héritera du portefeuille des Finances.Les travaillistes auront sept ministères, dont la Défense confiée au principal dirigeant du parti, Amir Peretz.Son prédécesseur à la tête de ce ministère stratégique, Shaul Mofaz (Kadima), considéré par les Palestiniens comme l’un des dirigeants israéliens les plus radicaux, sera vice-premier ministre et ministre des Transports.Il siégera également au conseil restreint chargé des questions de sécurité.Deux ministères iront au Parti des retraités de l’ancien maître espion Rafael Eitan; trois sont réservés au Shas.Parallèlement, des négociations se poursuivent avec les six députés de la liste du Ju- daïsme uni de la Torah.L’objectif d’Olmert est de constituer la majorité la plus large possible pour faire avaliser son «plan de consolidation»: évacuation des petites colonies juives de Cisjordanie et regroupement au ein des grands blocs d’implantation.Olmert souhaite que cette délimitation des frontières définitives d’Israël soit effective d’ici 2010 au plus tard, avec ou sans l’aval des Palestiniens.Reuters Le monde célèbre le 1er mai Des nostalgiques de l’URSS à Moscou en passant par les ouvriers de la confection au Cambodge ou les travailleurs immigrés latinos aux Etats-Unis, le monde a célébré hier la traditionnelle fête du Travail sous le signe des revendications, parfois plus politiques que sociales.En Europe, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté en Russie à l’appel des syndicats pro-gouvemementaux, mais les nostalgiques du communisme ont aussi ressorti drapeaux rouges.Quelque 25 (XK) militants syndicaux ont d’abord défilé à Moscou pour un Etat social.Plusieurs mil Hors de communistes se sont ensuite rassemblés devant le monument de Lénine place d’Octobre.En Allemagne, plus de 5(X) (XX) personnes, selon les syndl cats, ont participé aux manifestations.Quelque 10 (XX) personnes ont également défilé à Leipzig et Rostock contre les manifestations néonazies.En France, la lutte contre la précuite a été le thème dominant des 110 défilés organisés par les syndicats qui ont drainé entre 50 000 et 1(X) (XX) personnes au total.En Espagne, des milKers de personnes ont manifesté, exprimant leur soutien au processus de paix au Pays basque.En Italie, des ministres du gouvernement sortant de Berlusconi ont été conspués d;ms les défilés où ils s’étaient montrés.En Pologne, les manifestants de Varsovie ont dénoncé «l’arrogance» de la droite au pouvoir.A Vienne, quelque 120 (XX) personnes ont pris part au défilé organisé par le Parti socialiste.En Bul garie, le parti socialiste au pouvoir a réuni 2(XX) personnes à Sofia En République tchèque, plusieurs milliers d’anti-communistes se sont réunis à lYague à l’appel de la Confédération des prisonniers politiques (KPV), réussissant à contraindre le parti communiste (KSCM) à tenir son traditionnel rassemblement à un autre endroit.En Turquie, la police a arrêté plus de 80 personnes à la suite de heqrts survenus dans trois villes.A Beyrouth, quelques milKers de personnes ont manifesté contre la potitique économique du gouvernement à l’appel du parti communiste libanais, prosyrien.En Iran, quelques milkers de personnes ont manifesté à Téhéran contre les arriérés de salaires et la précarité.Au Népal, des manifestants sont redescendus dans les rues de Katmandou après près de trois semaines de protestations, cette fois pour réclamer l’abotition de loi sociales imposée^ par l’impopulaire roi Gyanendra.A Phnom Penh, des milKers d’employés de la confection ont bravé une interdiction de manifester.lœ dirigeant syndical Chea Mony a été brièvement détenu.En Thaïlande, des milliers de travailleurs ont exigé une augmentation de 25 % du salaire minimum.En Indonésie, plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans les principales viKes et à Jakarta.Aux Ihilippines, plusieurs milKers de personnes ont réclamé à Manille le départ de la présidente Gloria Arroyo.En Afrique du Sud, les syndicats ont profité des rassemblements pour appeler à renforcer la lutte contre le sida, lœs syndicats ont rassemblé plusieurs milliers de personnes à Harare, au Zimbabwe, alors qu’au Kenya le président annonçait devant une foule de milKers de personnes une hausse de 12 % du salaire minimum.Les défilés avaient commencé dès le week-end au Japon où 240 (XX) personnes avaient dénoncé samedi la politique Kbérale.Au Venezuela, le défilé du 1" mai était scindé entre la marche des partisans du président Hugo Chavez et le rassemblement lancé par la Confédération des travailleurs du Venezuela (CTV), à l’origine de la paralysie de l’industrie pétroKère en 2002 et 2003.A Cuba a une nouvelle fois présidé la cérémonie à La Havane, devant un public de deux mil Kons de personnes.Agence Prance-Presse OE PO£SlE Joseph LEMIEUX » .**, CAHIER DE POÉSIES V' 3 y année -4.40 S chacun eiff année - 5,85$ chacun GUÉRIN, éditeur liée (514)842-3481 Pour toutes les années du primaire En vente dans toutes les liùrames Les prix sont'mdKpiés sous réserve de modifie A (i LE DEVOIR, LE MARDI 2 MAI 2 0 0 6 D I T 0 R I A L Pauvre et fragile En ce 1" mai, fête des Travailleurs que seule l’Amérique du Nord persiste à bouder, il était de mise de rappeler l’existence des petits salariés.Mais il est surtout intéressant que l’exercice provienne de la Conférence régionale des élus de Montréal: enfin des cercles autres que militants ou universitaires constatent à quel point des pans entiers de citoyens ne marchent plus au même pas que les autres! LE DEVOIR L Josée Boileau e Forum régional sur le développement social, un comité de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRE), a décidément bien travaillé.On trouve dans son étude Quand le travail n'empêche plus d’être pauvre, rendue publique hier, des chiffres clairs: 40 % de la main-d’œuvre de la région montréalaise gagne moins de 20 000 $ par année.Non seulement l’écart se creuse avec les nantis, mais la situation de l’emploi s'est détériorée pour des groupes précis, es minorités visibles notamment.Et certains emplois semblent voués à maintenir les travailleurs dans la pauvreté.Le: véritable intérêt de l’étude réside toutefois dans son analyse, véritable mise à jour des théories sur le sujet.Car il n’est pas si simple de parler des travailleurs pauvres! S’en tenir au salaire, c’est aussitôt se faire répondre qu’il est normal qu’un jeune sans expérience gagne des pinottes, ou qu’il y a dans le lot des mères au travail dont le petit salaire s’ajoute à celui d’un conjoint bien en moyens — bref, qu’il n’y a pas matière à s’indigner! L’étude du Forum insiste: un travailleur pauvre a non seulement de faibles revenus, mais surtout, il n’a rien d’autre! Il gagne peu, il vit dans un ménage qui n’a guère plus, le filet social qui le protège a les mailles bien lâches, et il ne peut compter sur un réseau qui l’aiderait à traverser les vicissitudes de la vie, et bien des obstacles lui compliquent son quotidien.Concrètement, cela donne une cheffe de famille monoparentale, vendeuse dans une grande surface, payée au salaire minimum; qui n'a pas les moyens de se payer une gardienne quand son horaire, variable!, exige qu’elle soit à son poste de 16h à 21h un mercredi soir et qui ne peut même pas dire aux enfants “appelez-moi en cas de problème!", car il lui est interdit de recevoir des téléphones personnels au travail; qui craint comme la peste les dépenses imprévues — la laveuse qui plante, le plus jeune qui perd à répétition bottes et mitaines; qui ne peut se permettre de tomber malade car pas un chèque de paie ne rentrera; et pour qui planifier sa retraite relève de l’impensable.Encore heureux si elle arrive à payer le loyer, la nourriture, l’électricité.Quant à l’autobus, mieux vaut marcher: ce sera autant d’économisé! Le travailleur pauvre, en fait, n’a aucune tranquillité d’esprit.Et sa fragilité découle de choix de société, aucune politique publique ne décourageant l’incessante quête de flexibilité des entreprises.Le malheur, c’est la cassure sociale qui en résulte.Quand, dans les années 60, il y a eu consensus pour que les personnes âgées ne finissent pas dans la misère et qu’on a créé des politiques publiques en conséquence — qui ont formidablement marché —, chacun voyait le vieil oncle, la grand-mère qu’il aidait.Aujourd’hui, les pauvres ne font plus partie de l’univers de la classe moyenne, qui s’est rapprochée des nantis.Les salaires des ménages moyens ne sont pas mirobolants, mais leur maison a pris de la valeur, ils ont quelques REEK, leurs enfants vont à l’école privée.Et ils ne voient plus que toute une frange de la population n’a pas suivi.Tant mieux si des élus ont décidé d'ouvrir les yeux de leurs concitoyens.Reste à voir s’ils seront vraiment disposés à promouvoir les exigeantes solutions—hausse du salaire minimum, protection sociale élargie aux emplois atypiques.— proposées par l’étude.jboileau@ledevoir.ca L’humain de l’économie 1 y a huit ou neuf ans de cela, des courtiers, des financiers et des économistes avaient été rassemblés à Montréal pour disserter sur les produits dérivés, ces objets non identifiés de la spéculation.Après avoir écouté plus d’un exposé, John Kenneth Galbraith se pencha vers son voisin, économiste, lui également, et lui confia ceci: «Je ne comprends strictement rien à leurs discours.» Aussi anecdotique soit-il, cet épisode met en relief l’une des obsessions de cet homme remarquable: la «mathématisation» de l’économie qui fait paraître celle-ci pour une science exacte est un leurre.En fonctionnaliste classique, qui croit donc au rééquilibrage [>er-manent entre la politique, l’économie, le social et la culture, Galbraith n’a pas cessé de combattre cette «mathématisation», cette prétention intellectuelle qui, une fois érigée en dogme, a eu pour résultat néfaste une réduction du territoire sur lequel la politique av:iit jusqu’alors une influence réelle.Au profit de qui?Le marché ou plus précisément sa fameuse main invisible.Très tôt conquis par les idées de John May-nard Keynes, plus exactement par son souci que jamais l’économie n’occupe une place pré-C* dominante, Galbraith va se mettre au service de plusieurs présidents, tous des démocrates.Sous Franklin Roosevelt, il sera le patron de l’agence créée pour le maintien des prix et des salaires pendant la Deuxième Guerre mondia-Serge k'.Il sera le conseiller d’un de ses anciens etu-Trutfaut diants, John F.Kennedy, avant de rejoindre Lyndon B.Johnson.Lorsque ce dernier mettra en branle son plan de la Great Society, conçu à l’aune de la justice sociale, à l’enseigne d’une redistribution plus équitable des richesses, il fera appel à l’auteur du Nouvel Etat industriel qui jouera un rôle de premier plan dans cette aventure.Lorsque des politiciens jonglaient avec l’économie en écoutant seulement les voix, évidemment corporatistes, qui demandaient toujours plus de liberté d’action, autrement dit de déréglementation, le professeur de Harvard n’hésitait pas à planter la plume d;ms l’encrier de la critique aussi documentée que caustique.Ainsi, lorsque Margaret Thatcher et Ronald Reagan imposèrent leurs politiques monétaristes, l’homme, né en 1908 en Ontario, nota que ces deux chefs d’Etat appliquaient des idées adaptées aux XIX siècle.Ce faisant, ils œuvraient au «détriment de la réputation du système économique qu ’ils défendent».Dans son dernier essai intitulé Les Mensonges de l’économie (2004).on peut lire notamment ceci: «Ce qui compte dans la vie réelle n’est pas la réalité, mais l’idée à la mode et /’intérêtfinancier.Frincipe si impérieux qu 'il a touché Jusqu a la dénomination courante du système économique.Quand le capitalisme, avec son signifiant historique, a cessé d’être acceptable, on l’a rebaptisé.U nouveau terme [le marché] est inoffensif, mais ne veut rien dire.» Tout son travail d’universitaire, d’intellectuel, se distingue, entre autres choses, par cette volonté d’ébranler l’orthodoxie établie.11 y a chez lui une exigence qui va nous manquer remettre en question ce qui.en économie, a l'apparence de la vérité.Et et', pour s'affranchir «de la colonisation de notre imaginaire par le spectacle marchand».FONDE PAK HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE mî K»1 W MW M iîi fyj CAwADtC* K r 1 MON» mUiTanTs î>£Cl»Ç fAKTÎ nu; ({ h Enseignement de l’histoire : quelles motivations?En réaction à l’article d’Antoine Robitaille, est-il raisonnable de penser que le fait de passer sous silence des moments-clés de notre histoire puisse favoriser l’émergence d'une classe de citoyens plus éclairés?Mais, d'abord, quelles sont les motivations réelles des architectes de ce projet de révision dangereusement réducteur du cours d’histoire du Canada et du Québec?La détermination à passer sous silence certains événements («l’acte d’Union de 1840, la conscription forcée de 1917 ou le rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982», selon Antoine Robitaille) susceptibles de fragiliser le fédéralisme canadien ne traduit pas seulement une volonté de ne pas choquer les anglophones; cette dissimulation exprime surtout un désir de réprimer toute forme de nationalisme.En tentant ainsi de nier l’identité propre des Québécois ainsi que leur appartenance à une nation à part entière, on vise à plus long terme la disparition des mouvements souverainiste et indépendantiste en utilisant des techniques d'assimilation particulièrement hypocrites, puisqu'elles s'appuient sur de faux motifs (la prétendue formation de citoyens éclairés).Pourquoi l'Allemagne s'est-elle opposée à la guerre en Irak?Est-ce que la prise de conscience des atrocités du nazisme et des ravages causés par les deux guerres mondiales n’aurait pas pu pousser les Allemands à vouloir en finir avec toute forme de violence à grande échelle?Est-ce qu'on aurait dû bannir l’apartheid des cours d’histoire en LETTRES Afrique du Sud sous prétexte que cela eût pu irriter les Afrikaners?Pour autant que je sache, le grand comité Réconciliation et Vérité mis en place en 1995 a cherché à faire la lumière sur les crimes commis durant l'apartheid plutôt que de les dissimuler.Ce n’est pas en oubliant que l’on progresse; au contraire, en agissant ainsi, on ne fait que remettre à plus tard l’exercice de réflexion visant à apporter une solution durable à un problème qui ne peut souvent que s’amplifier avec le temps.On ne peut pas opérer une véritable réconciliation sans tenir compte des événements antérieurs.Et l’utilité de l’histoire dans tout ça?C'est simplement de prendre conscience des erreurs passées pour éviter qu’elles ne se répètent dans le futur.Simon Chauvette Fossambault-sur-le-Lac, le 27 avril 2006 Reconnaître le 1er mai Qu’attend le Québec pour officialiser le fête internationale du Travail le 1" mai?La confusion entre la fête du Travail célébrée en septembre et celle célébrée le 1" mai, perdure depuis trop longtemps.Rappelons-nous que c’est à la suite d’un large mouvement de grèves déclenché le 1" mai 1886 aux Etats-Unis afin d’obtenir la journée de travail de huit heures que tout a commencé.Pour triste mémoire, cette grève fit trois morts parmi les travailleurs de la société McCormick à Chicago.Puis, le lendemain de cette tuerie, une bombe a explosé tuant sept policiers et en blessant plus de 70 autres.Parmi les leaders de cette grève, malgré les preuves incertaines de leur implication dans LIBRE OPINION cet acte, huit ouvriers furent condamnés dont quatre d’entre eux furent pendus.C’est la deuxième Internationale socialiste, réunie à Paris trois ans plus tard, qui déclara le 1" mai jour chômé en l’honneur des événements de Chicago.Depuis lors, ce jour est reconnu presque partout dans le monde comme la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs.C’est une journée de réflexion et de gloire d’avoir pu contribuer à réduire de parfois plus de 16 heures à 8 heures la durée maximale d’une journée de travail dans des conditions normales.La Fédération américaine, quant à elle, a choisi de fêter les travailleurs au mois de septembre, jetant ainsi dans l’oubli la lutte de ces personnes mortes pour contrer l’abus.Pourquoi le Québec devrait-il s'aligner sur cette perte de mémoire?Au contraire au Québec, depuis plusieurs décennies, nous célébrons cette fête par de grands rassemblements de travailleuses et travailleurs, des personnes aînées, d’étudiantes et d’étudiants, etc., portant toutes et tous de grandes revendications répondant aux besoins de la nouvelle conjoncture de la mondialisation.Malheureusement, cette fête n’est pas chômée, et cela ne nous permet pas toujours de célébrer le 1er mai de concert avec l’ensemble du monde des travailleurs.Demandons et exigeons du Québec cette reconnaissance sociale envers les travailleuses et travailleurs qui sont au quotidien sur la première ligne de feu pour réaliser le développement et l’avenir du Québec.Marie Marsolais Montréal, avril 2006 Asthme et allergies : la mystérieuse épidémie MICHAEL S.KRAMER Directeur scientifique de l’Institut du développement et de la santé des enfants et des adolescents des Instituts de recherche en santé du Canada et professeur aux services de pédiatrie et d'épidémiologie et biostatistiques à l'université McGill J 11 D AH A.DENBURG Directeur scientifique du RCE AllerGen et professeur de médecine à l’université McMaster Au cours des trente dernières années, le Canada et d'autres pays occidentaux ont assisté à une augmentation remarquable et alarmante des allergies et de l’asthme (une maladie allergique dans presque tous les cas) chez les enfants.C’est une véritable épidémie.En ce 2 mai.Journée mondiale de l’asthme, il faut savoir que cette maladie touche plus de 15 % des enfants canadiens.C'est une importante cause d'hospitalisation, de consultation à l'urgence ou au cabinet du médecin, et d’absence de la garderie, de l’école et, dans le cas des parents, du travail.Ses coûts sont également élevés.Selon des estimations prudentes, le traitement d’un enfant asthmatique coûte plus de 2300 $ par an aux contribuables canadiens.D’après une étude récente, les cas d’asthme non contrôlés chez les adultes et les enfants au Canada engendreraient des coûts médicaux et autres de plus de 170 millions par année.Il existe des traitements pour l’asthme, mais aucun moyen de le guérir.Et nous ne connaissons pas encore les causes de l’augmentation colossale des nouveaux cas d’asthme.Le fait de mieux reconnaître l’asthme chez les enfants et un meilleur diagnostic expliquent une part de cette augmentation.Cela pris en compte, il reste néanmoins d’impor- tants et réels changements dans le nombre total d'enfants atteints.L’explication la plus évidente pour ces augmentations doit résider dans notre environnement — une sorte de «déclencheur» environnemental qui ferait en sorte que les allergies et l’asthme apparaissent chez les personnes prédisposées génétiquement.Trouver et comprendre ces causes représente l’un des principaux buts d’une étude sans précédent financée par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).AllerGen, un réseau de centres d’excellence basé à l’Université McMaster, à Hamilton (Ontario), et différents partenaires.Grâce à ce soutien, une importante équipe multidisciplinaire de chercheurs canadiens venant de différents établissements va mettre au point et diriger un projet de recherche visant à examiner les effets séparés et combinés des gènes et de notre milieu, ce que nous appelons aussi les facteurs environnementaux, sur le risque d’allergies et d’asthme au cours des premières années de vie.L’«hypothèse de l’hygiène» est celle qui a reçu le plus d’attention connue explication possible de l’augmentation des cas d'allergie et d’asthme.Selon cette théorie, les enfants d’aujourd’hui risquent beaucoup moins que les enfants d’hier d’être exposés à des bactéries, à des virus et à d’autres microbes qui causent des maladies.Les expositions provoquent la maladie, mais elles peuvent aussi «programmer» le système inum mi taire, de la même manière que les vaccins programment notre organisme à reconnaître les bactéries et les virus, et à les attaquer si le système immunitaire les détecte à nouveau.Sans ces expositions, le système immunitaire devient «paresseux», ce qui conduit à plus d’allergies et d’asthme.Bien qu’elle soit séduisante, cette hypothèse ne saurait expliquer entièrement le problème.d'autant plus que chaque microbe ou exposition n’agit pas de la même façon chez chaque personne.Les preuves reliant l'asthme à l’exposition aux animaux, à l’allaitement maternel, au tabagisme de la mère ou aux polluants atmosphériques sont également minces, et parfois très confuses.Il reste donc la qualité de l’air intérieur.Une meilleure isolation et une humidification accrue de nos maisons peuvent faire augmenter les spores de champignon, les produits chimiques organiques volatiles, les acariens (petits insectes qui se nourrissent de peau morte humaine et qui peuvent provoquer l’asthme allergique) et les autres matières biologiques, qui peuvent tous contribuer au déclenchement de l’asthme chez les enfants sensibles.Pourtant, ces changements dans les environnements intérieurs n’ont pas été étudiés à fond.La nouvelle étude nous permettra de mieux comprendre tous ces types de questions et, es-pérons-le, aidera à apporter des réponses et des solutions concrètes pour ralentir l’augmentation rapide de 1 asthme.On suivra des enfants de partout au pays dès la naissance et jusqu’au début de l’adolescence pour observer l’impact de facteurs environnementaux sur leur santé On espère recruter jusqu'à 10 000 familles lorsque l’étude débutera en 2007.A notre connaissance, aucune organisation n’a jamais entrepris une étude d’une pareille ampleur et aussi approfondie.Ses conclusions aideront à réglementer les expositions à l’air intérieur et à fixer des normes pour les bâtiments, ce qui réduira les expositions qui font augmenter le risque d’allergies et d’asthme.Elles devraient sussi livrer d autres indices Qui nous aideront à mieux diagnostiquer et prendre en charge ces maladies épidémiques, et qui sait à les prévenir ou à les guérir.Voilà une bonne nouvelle pour les familles canadiennes. LE DEVOIR, LE MARDI 2 MAI 2 O O 6 DEES : * • ïê-’-f»:: Photographie tirée de Le Canada: une histoire populaire.RADIO CANADA Un cours d’histoire pour notre époque CHRISTIAN LAVILLE Professeur associé, Département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage, Université Laval n n’accordera jamais trop d’attention à l’enseignement de l’histoire, cet enseignement dont Valéry a écrit qu’il est «le produit le plus dangereux que l'alchimie de l'intellect ait élaboré».C’est qu’on peut s’en servir pour embrigader les esprits.On a donc raison d’être vigilant, et s’il est un endroit au monde où on est prompt à exercer cette vigilance, c’est bien au Québec.Les nombreuses et vigoureuses réactions provoquées par l’article critique du journaliste Antoine Robitaille (Le Devoir, 27 avril 2006) à propos du nouveau programme d’histoire en sont un témoignage éloquent.Le titre de l’article donne le ton de la vision que le journaliste se fait du programme: «Cours d’histoire épurés au secondaire.Québec songe à un enseignement "moins politique", moins national et plus "pluriel"».Sur la base de ces mots, beaucoup ont réagi vivement jusqu’à y voir pour certains une conspiration fédéraliste.Mais est-ce que ces mots traduisent adéquatement la réalité du projet de programme?A mon avis il serait bon, pour une compréhension plus juste de ce dont il s’agit, d’apporter quelques précisions et nuances.C’est mon projet ici.Sur les contenus factuels Le principal reproche adressé au projet de programme — dont on n’a d’ailleurs considéré que la première moitié — est qu’il n’énumère pas un certain nombre de faits historiques, qui, soit dit en passant, sont les faits marquants sur lesquels la tradition fait reposer la question nationale.Mais ce qu’on oublie de dire, c’est que le projet de programme n’est pas un programme-catalogue.Ce n’est pas, comme les programmes d’avant la Révolution tranquille, une sorte de longue table des matières très détaillée.De fait, l’essentiel des faits envisagés se trouve dans cinq doubles pages, très aérées, d’orientation générale pour chacun des thèmes du programme.Que le programme se veuille moins politique et s’ouvre à plus de faits économiques, sociaux, culturels, c’est vrai.Mais n’est-ce pas tout simplement tenir compte, dans une vision moderne de l’histoire, de la variété des faits qui composent la réalité historique d’une société?Se vouloir plus «pluriel», n’est-ce pas de la même façon reconnaître le rôle que les Amérindiens et nos nombreux concitoyens issus de l’immigration ont joué et jouent dans notre histoire commune?De cette façon, l’histoire n'en sera pas moins nationale, comme le dit le sous-titre de l’article, puisqu'elle parlera de tous ceux qui composent la nation dans son espace québécois, mais elle pourrait être moins nationaliste, ce qui est autre chose.Il reste que personne n’enseigne l’histoire sans faits historiques.S’ils ne sont pas tous énumérés dans le programme, les enseignants les connaissent et sauront employer ceux nécessaires à leur mission.D’ailleurs, 0 est plus que probable que les contenus non mentionnés dans le programme en seront.Déjà, l’historien Jocelyn Létourneau a dix fois démontré dans ses recherches que, programme ou non, le récit porteur de la question nationale reste celui qui domine dans l’éducation historique.Sur l’éducation à la citoyenneté Il est vrai que le programme entend éduquer à la citoyenneté par l’histoire.Rien là ne devrait nous étonner.L’enseignement de l’histoire à l’école a toujours eu cette fonction.De fait, il est bon de se souvenir que l’histoire scolaire moderne est née dans un but d’éducation civique nationale, et que même l’histoire savante, à sa naissance, s’est grandement développée à son service.A-t-on jamais pensé que l’histoire voulue par le conservateur Lionel Grouk était une histoire sans intention civique?Ou celle voulue par le libéral François-Xavier Garneau?Ce qui est nouveau avec le programme, c’est que désormais cela est dit, franchement et clairement.Foin du faire-semblant sinon de l’hypocrisie.En contrepartie, la porte s’ouvre à la critique et même à la contestation de ceux qui seraient en désaccord.On l’a lu et entendu.C’est bien.Mais il est clair que cette éducation à la citoyenneté ne passe pas seulement par le récit d’un itinéraire historique inachevé qu’il faudrait inviter les élèves à conclure.En histoire, s’il y a, d’une part, les faits recueillis et interprétés, il y a, d’autre parti la façon dont on les recueille et interprète.Le programme a choisi d’insister sur cette seconde part, sur ces compétences et ces concepts qui forment le cœur de la pensée historique.Il est supposé qu’ainsi les élèves deviendront mieux capables de participer librement et consciemment aux choix sociaux qui se présenteront à eux.Cela n’est pas exclure les contenus historiques, c’est ajouter à l’éducation historique et citoyenne une valeur formatrice irremplaçable.Par ailleurs, il ne faudrait pas être angélique et croire qu’un programme officiel d’État pourrait ne pas se préoccuper de développer une identité partagée et faciliter le vivre-ensemble.Un danger pourrait exister de tricher avec les épisodes conflictuels du passé pour faciliter la cohésion sociale.Mais si on reconnaît que le programme n’est pas un catalogue de contenus factuels, il ne reste pas grand-chose pour étayer un tel soupçon.Sur l’inspiration canadienne Qui inspire ce progranune qui associe histoire et citoyenneté?S'appuyant sur un témoignage, M.Robitaille suggère une inspiration puisée au Canada anglais, tant dans ses perspectives que dans ses contenus.Cela me paraît douteux De tait, s’il existait un échange d’influence entre le Québec et les provinces canadiennes dans le champ de l’enseignement de l’histoire, ce serait dans la direction inverse.Effectivement, l’enseignement québécois de l'histoire est un modèle, envié, dans les provinces canadiennes.C’est un modèle d’autant plus séduisant pour elles que quand, au Québec, il a été décidé d’avoir un cours d'histoire obligatoire chaque année du secondaire, à la suite du rapport La-coursière, la plupart des provinces n’offraient aucun cours d’histoire obligatoire et certaines n’oflraient tout simplement rien.Depuis, la situation s’y rétablit, inspirée par la situation québécoise.S’il fallait mentionner à tout prix une influence externe, ce serait probablement celle venue de Suisse et d’autres pays francophones d’Europe.La même que celle dont les médias ont déjà beaucoup parlé pour l’ensemble de la réforme.C’est d’elle qu’on tient l'approche par compétences et l’insistance sur les concepts, en histoire comme ailleurs.N’en mentionnons qu’un exemple: cinq pages du programme demandent de considérer un certains nombre de «repères culturels»: c’est clairement une idée empruntée au prograimne français, et on ne la trouve nulle part au Canada anglais.Je pourrais dire la même chose de l'association «histoire et éducation à la citoyenneté».Tous, les pays francophones d’Europe se sont mis à partager cette préoccupation en même temps qu’au Québec, et à l’introduire dans les programmes avec le même vocabulaire.Il est vrai que dans les provinces canadiennes aussi cette préoccupation s’est ranimée, mais c’est le cas dans tout le monde occidental (pas seulement là d’ailleurs).C’est probablement que partout, pour des raisons sur lesquelles il serait trop long d’élaborer ici, on a ressenti le même besoin de renforcer et de renouveler l’éducation à la citoyenneté.Je précise, pour mémoire, que cette préoccupation était déjà nettement exprimée dans le rapport La-coursière, il y a dix ans de cela, donc bien avant les premiers travaux sur programme dont nous parlons.Les concepteurs des programmes Mais qui fait les programmes, qui a conçu celui-ci?Alors qu'Antoine Robitaille suggère une inspiration canadienne, dans Le Devoir du 28 avril deux responsables de la Société des professeurs d’histoire du Québec évoquent un complot d'historiens fédéralistes.Souvent, dans le discours public, on a le sentiment qu’il y aurait quelque part, dans l'ombre, un anonyme fonctionnaire employé à concocter les programmes porteurs des intentions «croches» du ministère.D’après mon expérience (assez longue), c’est là une illusion.De fait, une fois que les autorités du ministère ont donné les gnmdes lignes pédagogiques et structurelles des programmes en général (dans ce cas-ci: compétences, socioconstructivisme, savoirs culturels, etc.), la confection des pro-grammes de discipline jouit d’une Luge autonomie.Le programme d’histoire, comme les autres programmes, est préparé par un comité composé essentiellement d’enseignants, la plupart sont des enseignants praticiens pris dans les écoles.Ceux-ci consultent, de façon à la fois formelle et informelle, des dizaines d’autres personnes, encore là en grande majorité des enseignants praticiens.Dans le comité, il y a bien un coordinateur venu du ministère, mais on devine que, dans les circonstances, son ]X>ids de personne unique s’avère très relatif.De cela, il faut conclure qu’avant d'attribuer trop vite au projet de programme des intentions inavouées, il serait prudent d’en faire sereinement l’examen, sur pièce et non sur des interprétations toutes faites.On constaterait probablement que les membres du comité qui ont conçu le projet de progranune ne sont pas porteurs d’un «agenda caché».On reconnaîtrait plutôt, je crois, que le programme est le résultat de ce qu'ils estiment nécessaire conune éducation historique pour de jeunes Québécois appelés à une longue vie de citoyens.Des citoyens que l’on souhaite bien préparés, c’est-à-dire capables de juger des circonstances et de participer démocratiquement, pas seulement de connaître des faits choisis selon les décisions d’une autre époque.Pour terminer je dois avouer — mais on l’aura deviné — que je suis un de ceux qui ont été consultés lors de la préparation du programme (pas sur des choix de contenu cependant).Cela m’a donné l’occasion de voir des versions préliminaires du programme.On pourrait penser maintenant que ce fut une erreur du ministère de ne pas avoir donné la même occasion, en temps et lieu, à tous ceux que cela aurait intéressés.L’opinion méconnue de Jane Jacobs sur le Québec ROBIN PHILPOT Auteur du Référendum volé (Les Intouchables, 2005) dont un chapitre entier présente l’une des dernières entrevues accordées par Jane Jacobs.ane Jacobs était libre penseur.Elle préconisait une société de libres penseurs, déplorant au passage la quasi-absence de pensée libre et indépendante là où elle serait le plus utile, dans les médias et dans les universités où la tyrannie du consen- sus l’emporte sur les faits et l’étude empirique.Grâce à sa pensée libre, la vie urbaine, autant à Montréal que dans le monde entier, est beaucoup plus agréable et intéressante qu'elle n’aurait été si elle n'avait pas écrit, en 1961, son livre phare Déclin et survie des grandes villes américaines.Décédée le 25 avril à l’âge de 89 ans, Jane Jacobs m'a fait l’honneur d’une longue entrevue le 2 mai 2005 en vue de la publication de mon livre Le Référendum volé, chose qu’elle refusait généralement depuis quelques années parce qu’elle avait encore deux projets de livres sur le métier et que les entrevues étaient une source de distraction.La raison de sa générosité à l'endroit d’un journaliste qu’elle ne connaissait point l’entrevue devait porter sim la souveraineté du Québec, sujet sur lequel aucun média ne voulait plus la laisser s’exprimer.Pourtant dès 1980, elle avait commis un livre sur ce sujet brûlant d’actualité intitulé The Question of Separatism: Quebec and the Struggle over Sovereignty, livre qui n’a toujours pas été traduit en français.Sa bibliographie ne contient que sept livres, et pour chacun elle y mettait toutes ses connaissances et sa rigueur.Dans ce livre, elle est arrivée à la conclusion que la séparation du Québec représentait une solution gagnante autant pour le Québec que pour le Canada anglais.Et c’est son étude du rôle des villes dans la richesse des nations et l’expérience de la Norvège et de la Suède qui l’y a amenée.En bref, sans l’indépendance politique du Québec, Montréal passerait du statut de métropole à celui de ville régionale desservant Toronto, nouvelle métropole canadienne, un peu à l’image des villes coloniales desservant la métropole impériale.Cette dépendance économique aurait des effets désastreux pour Montréal et tout le Québec et elle ne serait pas intéressante non plus pour Toronto! Le livre caché L’ayant connue vaguement comme étudiant à Toronto à la fin des années 1960, j’étais curieux de savoir si, 25 ans après la publication son livre de 1980 et 10 ans après le référendum de 1995, Jane Jacobs avait toujours la même vision du Québec et du Canada.Au cours de sa vie, on l’avait consultée et inter- viewée sur toutes sortes de sujets.lorsque je lui ai demandé si on lui posait souvent des questions sur le Québec, elle a répondu: «Non.Presque jamais.Vous êtes le premier!» Peu surprenant donc de constater que le Globe and Mail, qui, le lendemain de son décès, a publié un article en une avec photo, ainsi qu’un très long article nécrologique, ne traite pas du tout de son livre sur le Québec.Pas un mot non plus dans la Gazette ni dans le National Post.Le New York Times, par contre, qui lui a accordé un article pleine page avec photos, en a parlé.Pourquoi cette peur au Canada anglais et disons-le, cet étouffement des idées d’une grande dame qui, autrement, fut chérie et portée aux nues pour son originalité?La réponse se trouve peut-être dans cette anecdote sur l’expérience de son mari qui travaillait temporairement à Calgary lors du référendum de 1980.«J’ai demandé à mon mari de demander à ses collègues albertains ce qu’ils pensaient du séparatisme.Il m’a dit qu’un jour il a soulevé la question à la cafétéria; il y a eu un long silence et puis quelqu 'un a dit: "Et si on changeait de sujet".Pour eux, la meilleure chose à faire, c’était de ne pas y penser.Ils ne veulent même pas discuter des raisons favorables ou défavorables ou se demander pourquoi les Québécois pensent de cette façon.» Jane Jacobs croyait que cette réaction relevait de la peur.«Ça, je le sais.Au cours des deux référendums de 1980 et de 1995, le sentiment général à cet égard a été que, si le Québec devait se séparer, le Canada se désintégrerait: la crainte qu'il n'y aurait plus d’identité canadienne.C'est ridicule, parce qu’il y a tant d'exemples de séparation et rien ne s’est désintégré, à moins qu 'il y ait une guerre.«Récemment, j’essayais de compter le nombre de cas de séparation.Sans mentionner ceux de l’Asie centrale, qui finissent toujours par “stan", il y a eu plus de 30 exemples dans l'histoire récente, tous depuis que l’idée a mûri au Québec.» Par ailleurs, dans une entrevue à CBC en 1996, rediffusée le jour de sa mort elle a déclaré que l’expérience de la Norvège et de la Suède, comme tant d’autres cas, prouvent qu’il n’y a rien avait rien de désastreux dans la séparation, le seul désastre étant provoqué par ceux qui veulent monter aux barricades pour l’empêcher de se réaliser.L’intervieweuse de CBC a vite changé de sujet Le monde entier reconnaît que Jane Jacobs a révolutionné notre façon de penser les villes.Sa disparition est une grande perte.Or, si nous prenons le temps de la lire et de comprendre pourquoi la séparation du Québec représentait pour elle une solution gagnante autant pour le Québec et le Canada, il n’y a pas de doute qu'elle peut continuer à révolutionner notre façon de penser le Québec et le Canada.L’ÉQIUPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à rinformalion générale et métropolitaine Gérait) Drülaire (a4oi«t n» iirertnr ii I nformation).Jeanne torriveau (affaim munmpalni.Fabien Degjiae.Marie Andrée Choulnard ^duration) : Juaée Boileau /éditorialiste.nsptmsMe de la pont Idéetl.Brian Myle* (justice rl.faits de socittil, Ciairandrée Cauchy {Généra!).Jean Dion.Louis-Gilles Francœur (environnement).Benoit Munger (responsable du site Internet), Laurence -Javel.Jean-Guillaume Dumont (commis Internet) Isabelle Paré fsanté}.Louise Maude Rinux Soucy (Culture): Pauline Gravel (sciences) : Michel Garneau (caricaturiste) : Diane Précourt (responsable des pages thématiques) .Martin Duclos.Michele Malenfant et Christine Dumaaet (relecteurs).Renée Léo Guimont et Serge Faquin (relecteurs surnuméraires) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau photographes) : à reformation colhireUe Michel Bélair (théâtre et cahier Culture).Julie Carpentier (pupitre).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du weehcnd).Stéphane Baillargeon (reporter).Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Frédérique Doyon surnuméraire) : h l'information économique Gérard Berubé (adjoint au directeur de l'information).Dominique Reny (pupitre).Philippe Papineau (surnuméraire).Éric Desrosiers.Claude Turcotte François Desjardins (surnuméraire), à l'information internationale Jean-Pterre Legault (pupitre international et page éditoriale).Claude Levesque.Guy Taillefer (adjoint au directeur de imformatton).Serge Truffaut (éditorialiste).h l'information politique : Héléne Buxzetti, Manon Cornellier et Alex1 Castonguay (correspondants parlementaires a Ottawa) Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Quebec).Kathleen Lévesque : Marilyse Hamelin (secrétaire à la rédaction) : Marie-Fier Frappier.Alexandre Shields (commis), la documentation Gilles Paré (directeur) ; Manon Derome, Rachel Rochefort (Ottawa) U PUBLICITÉ ET LE MARKETING Jean de Billy.Jean-François Bossé.Marlene Côté.Dave Cameron.Van Hamel, Christiane legault.Amélie Maltais.Jacques A Nadeau.Claire Paquet.Martine Riopelle.Micheline Ruelland.Nadia Sebai.Mélisande Simard (publicitaires).Laurence Thériault (directrice ad (ointe).Sylvie Laporte.Martine Berubé (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production).Michel Bernatchex.Johanne Brunet, Danielle Cantara.Richard Des Cormiers, Donald Kilion.Yannick Morin.Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Alexandre Gaudreau (coordonnateur d la promotion et à la sollicitation).Caroline Simard (responsable service à la clientele, par intérim).Manon Blanchette, Monique L'Heureux, Rachelle Uclerr L'ADMINISTRATION François Bisaon (contrôleur).Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furoy, Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier.Monique Proteau, Danielle Ross. LE DEVOIR.LE MARDI 2 MAI 2 0 0 6 A 8 ACTUALITES DOLLAR SUITE DE LA PAGE 1 fourchette de prix», a dit M.Gignac lors d’un entretien hier.D est le premier à se dire convaincu de l’atteinte prochaine d’une parité avec le dollar américain et le premier à oser fixer l’événement dans le temps.‘Tout le monde patine», a-t-il dit «mais, à un certain moment, il faut mettre une date.» Le huard, qui a pris 45 % d’altitude depuis l’hiver 2002, a terminé la journée hier à 89,83 cents US, en hausse de 0,38 cent Depuis le début de l’année, il a grimpé d’environ 4,5 %, fl est généralement convenu que son niveau d’équilibre se situe quelque part entre 80 et 84 cents US et que son appréciation rapide est au cœur des 200 000 emplois que le secteur manufacturier a perdus, car elle rend les exportations de plus en plus chères pour les acheteurs étrangers.L’annonce de M.Gignac survient deux semaines après la publication d’une étude de Statistique Canada selon laquelle la hausse du dollar depuis 2003 avait à ce point accru le pouvoir d’achat de l’économie canadienne que les consommateurs avaient économisé 3,5 milliards sur leurs vêtements, leurs meubles et leurs électroménagers.Sans compter l’impact ,sur le portefeuille du citoyen qui s’offre un voyage aux Etats-Unis ou dans tout autre pays dont la devise a battu en retraite par rapport au huard.Or au regroupement des Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ), dont les membres ont multiplié les mises à pied au cours des dernières années, la hausse du dollar est si préoccupante qu'on a pris la peine d’écrire à la Banque du Canada, un geste sans précédent Pourquoi?Car une augmentation des taux d’intérêt a tendance à raffermir le dollar et que les autorités semblent avoir l’intention d’annoncer une nouvelle hausse le 24 mai prochain.«Pour avoir visité de nombreuses usines dans les derniers mois, je suis à même de vous dire que les entreprises travaillent très fort à relever les défis, mais le rythme d’ap-préciatum du dollar dépasse souvent malheureusement celui de leur capacité à s’ajuster», a écrit le président-directeur général des MEQ, Daniel Charron, au gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge.Devant une croissance économique en léger ralentissement et une inflation maîtrisée, a-t-il ajouté, la Banque pourrait se permettre de laisser les taux tels quels.M.Charron a également affirmé que la croyance gé- PRÉVAL SUITE DE LA PAGE 1 La raison de cette discrétion inhabituelle: M.Préval est venu au Canada en «visite de travail».«La visite de M.Préval n’est pas une rencontre officielle de chefs d'État parce qu’il n’est pas encore président.U est président élu», a expliqué le porte-parole du premier ministre, Dimitri Soudas.Il existe au moins un précédent qui contredit cette explication.Le président élu du Mexique, Vicente Fox, avait vu son drapeau flotter partout à Ottawa lors de sa visite en août 2000 alors qu’il n’était pas encore en poste.Il avait participé à une conférence de presse conjointe au terme d’une rencontre d’une heure avec Jean Chrétien.M.Fox n’avait été assermenté que quatre mois plus tard, en décembre 2000.M.Préval sera assermenté dans deux semaines, en la présence d’ailleurs de la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean.M.Préval a assisté à la période de questions à la Chambre des communes dans les gradins réservés aux dignitaires.Il s’est ensuite dirigé vers une salle de réunion où il devait rencontrer les ministres des Affaires étrangères, Peter MacKay, et de la Coopération internationale, Josée Verner.Le Devoir, qui avait été informé du trajet qu’il emprunterait, a pu lui lancer une question.À sa grande surprise, le président s’est arrêté pour y répondre, offrant un tête-à-tête impromptu qui n’a pas plu aux responsables du protocole.«Mon voyage est un voyage pour dire notre amitié avec le Canada, a-t-il expliqué.C’est un voyage pour dire comment nous voyons la situation haïtienne parce que les Canadiens qui partagent notre désir de voir Haïti aller vers l’avant, et qui nous soutiennent énormément dans notre démarche, doivent comprendre la situation et comment nous voyons le futur de notre pays.» Puis René Préval a lancé un appel au gouvernement canadien pour maintenir son aide en dollars sonnants.«Le Canada est un pays qui nous aide financièrement énormément.Nous sommes venus [demander] de continuer et d’intervenir auprès des bailleurs de fonds internationaux, de porter le poids du Canada auprès des bailleurs de fonds internationaux, la Banque mondiale, le FMI, etc., pour continuer d’aider Haïti.» Il a ajouté un mot à l’intention de ses compatriotes exilés au Canada de même qu’aux entrepreneurs.«Nous voulons leur dire que nous allons faire notre effort pour créer une situation de sécurité en Haïti, une situation de sécurité financière également où ils pourront venir investir.» Quand on lui a demandé s’il n’aurait pas préféré prendre part à un point de presse pour livrer son message, il a répondu avec un sourire: «Mais voilà, je vous parle très bien, facilement, n'est-ce pas?» 11 s’est ensuite éclipsé sous le regard hargneux des organisateurs canadiens.Stephen Harper est le troisième chef de gouvernement que rencontre René Préval depuis son élection le 16 février dernier après Hugo Chavez (Venezuela) et Fidel Castro (Cuba).Cet halo de secret entourant la visite de M.Préval détonne avec les protocoles d’accueil en vigueur sous l’ancien gouvernement Un porte-parole au ministère des Affaires étrangères a avoué ne pas avoir «les autorisations» pour discuter en profondeur de ce voyage.L’entourage de Stephen Harper et la presse parlementaire se livrent depuis quelques semaines à un bras de fer à propos de la liberté d'action des journalistes sur la colline.La directrice des communications du premier ntinistre, Sandra Buckler, avait indiqué lors d’une rencontre avec la Tribune de la presse que la venue de dirigeants étrangers ne serait plus systématiquement annoncée.«Cela sera décidé pour chaque rencontre au cas par cas.S'il s'agit d’une rencontre privée, c'est une rencontre privée.S'il s’agit d'une rencontre publique, c'est une rencontre publique», avait-elle dit, avouant ne pas connaître les critères utilisés pour effectuer cette détermination.venue de l’exprésident haïtien, Gérard Latortue, n'avait pas été publicisée non plus.Le Canada a par ailleurs annoncé hier l'octroi d'une somme de 48 millions de dollars pour favoriser la bonne gouvernance et la démocratie en Haiti.Cette somme s'ajoute aux 172 millions déjà investis depuis deux ans.La part du lion de ce montant ira au développement local (20 millions) et à l'allégement de la dette (18 millions).Le Canada a déployé quelques dizaines de policiers en Haiti (le ministère des Affaires étrangères n’est pas en mesure de les dénombrer .avec précision).Un contingent de 25 experts avait aussi été dépêché pour la période électorale qui s’est terminée le 21 avril dernier.René Préval sera à Montreal aujourd’hui et rencontrera des représentants de la communauté haïtienne ainsi que le maire Gérald Tremblay, aux côtés de qui il posera pour la postérité.La diaspora haïtienne au Canada compte environ 150 000 personnes, dont les deux tiers sont établis à Montréal.M.Préval rencontrera demain à Québec le premier ministre Jean Cha-rest avant de retourner chez lui.Le Devoir Précision La transformation architecturale du théâtre L’Espace libre a valu une Médaille du Gouverneur général en architecture à l’architecte Michel Lapointe et à la firme Lapointe Magne et associés.La même firme gagnait une seconde médaille conjointement avec AEdifiea pour la nouvelle enveloppe de l’Institut du tourisme et de l’hôtellerie du Québec.Nous nous excusons de ces omissions.TRAVAILLEURS SUITE DE LA PAGE 1 Les travailleurs sous-scolarisés, les femmes chefs de familles monoparentales, les jeunes et les immigrants sont les plus touchés par cet effritement des salaires qui n’épargne aucun pays occidental.La détérioration des conditions de vie des travailleurs au bas de l’échelle est perçue comme l'une des résultantes de la libéralisation des marchés.Dans leur recherche d’une main-d'œuvre flexible, afin de répondre aux normes de la concurrence mondiale, les entreprises ont engendré une classe d’exclus qui ont pourtant du travail.La recrudescence du travail atypique (à temps partiel ou à contrat) a plus que doublé entre 1976 et 2001, dans l’ensemble de la province, pour représenter maintenant le tiers de tous les emplois.Selon le calcul du Forum, le recours aux emplois atypiques prive entre 313 000 et 376 000 travailleurs (toujours au Québec) de la protection et des avantages auxquels ils auraient droit Les résultats de l’étude viennent contredire le dicton populaire selon lequel il faut travailler pour s’enrichir.«L'existence des travailleurs pauvres contredit le discours selon lequel l'emploi est le principal mécanisme de redistribution de la richesse et elle infirme la croyance que la pauvreté ne peut résulter que du non-travail», affirme le document.L’étude recommande d'ailleurs de revoir de fond en comble les lois sur le travail, notamment en prenant exemple sur certaines villes américaines, qui ont instauré le «living wage» (salaire de vie).En vertu de ce système, les villes et les entreprises au service des gouvernements acceptent de payer plus que le salaire minimum à leurs employés, afin de refléter le coût de la vie dans les grandes viües.11 faudra aussi renforcer les communautés locales, les doter d’infrastructures adéquates, souligne le document Dix arrondissements de Montréal abritent trois quarts des quelque 500 000 Montréalais (population active et inactive) vivant sous le seuil de faible revenu.11 s’agit de Ville-Marie, du Sud-Ouest, de Villeray-Saint-Michel-Parc Extension, de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, de Rosemont-Petite-Patrie, de Montréal-Nord, de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, de BAYOUS SUITE DE LA PAGE 1 n 'avaient pas creusé tant de canaux dans les dernières années, Katrina n'aurait jamais touché autant la côte.Normalement, les âmes humides auraient été en mesure d'absorber toute cette eau, mais ce n 'est plus le cas maintenant.» Déjà en 2003, une étude de l’organisme America’s Wetland avait montré qu’un ouragan de catégorie 3 capable de créer un mur d'eau de 4,5 m (15 pieds) de haut serait aujourd'hui en mesure d'atteindre 3,5 m (12 pieds) de plus en raison de la détérioration des côtes.«Les scientifiques, comme les gens du sud delà Louisiane peuient en témoigner, en 30 ans, les grosses tempêtes arrivent plus rapidement, ce qui laisse moins de temps pour réagir et évacuer», confirme Denise Reed, professeur de géologie à rUniversité de La NouveDe-Oriéans.La situation inquiète les spécialistes depuis déjà plusieurs années, dans ce delta qui est l’un des plus vastes du monde.America’s Wetland évalue que le sud de la Liuisiane perd l'équivalent d’un terrain de football en zones humides toutes les 40 minutes.Depuis Katrina et Rita, ce rythme s'est encore accéléré.L’organisme évalue que.en 100 ans, c'est un territoire équivalent à celui du Delaware qui aura été rongé par les eaux salées du golfe du Mexique.Quelques mois avant les deux ouragans, le président de la fondation d'America’s Wetland.King Milling, avait nérale selon laquelle un dollar fort permet aux usines d’acheter plus facilement du matériel à l’étranger ne s’est pas concrétisée au Québec.L’investissement en équipements a diminué de 1,2 % en 2005 et devrait reculer encore de 2,7 % cette année, a-t-il dit en s’appuyant sur les données du gouvernement du Québec.Les types d’entreprises les phis susceptibles de souffrir d’une nouvelle appréciation du dollar sont généralement celles des secteurs forestier, du textile, du vêtement et du meuble.M.Gignac a toutefois indiqué que les industries qui pourraient en tirer profit sont cefies du commerce de détail, qui importent beaucoup, ainsi que les télécommunications, la câblodistribution et les machines industrielles.Des multinationales réticentes La hausse du dollar pourrait aussi avoir des conséquences sur des décisions d’affaires prises à l’extérieur du pays, a dit M.Charron.Alors que les entreprises locales pourraient annoncer de nouveaux licenciements, les sociétés étrangères ayant pignon sur rue au Québec pourraient elles aussi revenir sur leurs projets d’investissements.«Est-ce ça va amener les sièges sociaux à revoir certaines décisions?Certainement, du moins en ce qui concerne les investissements supplémentaires.Est-ce eue ça pourrait causer des fermetures ou des transferts de production?En principe, oui.» M.Charron affirme avoir rencontré «plusieurs» filiales québécoises de compagnies étrangères où la direction s’est fait dire que des investissements étaient mis en veilleuse pour un certain temps, mais n’a pas voulu dire lesquelles.Les directeurs généraux de ces filiales font des pieds et des mains pour éviter une telle situation, a-t-il ajouté.Chez Bridgestone, qui compte 1250 employés à Jo-liette, on a indiqué au Devoir hier que la hausse du dollar canadien facilitait en effet l’achat de caoutchouc mais qu’elle compliquait un peu les choses lorsque rient le temps d’appeler la très haute direction de la multinationale pour négocier les projets d’investissement.Dans l’ensemble, a indiqué le contrôleur de Bridgestone, Yannick Amiot, «l’effet est négatif», car, au moment de demander des mandats de production, l’usine doit comparer ses «coûts de conversion» avec ceux des autres établissements dans le monde.Indépendamment du marché des devises, a-t-il dit, l’usine de Joliette tente constamment de réduire ses coûts «pour au moins se maintenir».Le Devoir Saint-Léonard, de Lachine, et de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles.Selon M.Nombre, cette situation «alarmante» risque d’engendrer à terme la création de ghettos, surtout dans les quartiers de Saint-Michel, Montréal-Nord et Parc-Extension.«Il va y avoir de plus en plus de formation de ghettos parce qu’on retrouve les plus pauvres dans les mêmes quartiers.Je ne dis pas qu’on va arriver un jour à la même situation qu’en France, mais il faut y penser.Le climat social pourrait se détériorer à long terme.» Les chiffres avancés par le Forum, mie table de travail sous l’égide de la Conférence régionale des élus de Montréal, sont à prendre avec circonspection.Dans le calcul du nombre de travailleurs rivant sous le seuü de pauvreté, les auteurs ont en effet tenu compte du salaire individuel, et non des salaires des ménages, qui sont phis élevés.Les données semblent par ailleurs difficiles à concilier avec le Bulletin statistique régional de Montréal, fourni par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).Le taux de familles à faibles revenus était légèrement supérieur à 15 % en 2001.Le revenu disponible (après impôt) par individu a par ailleurs suivi une tendance à la hausse entre 1995 et 2001, passant de 18 000 à 21000 $ environ.L’emploi de méthodes différentes rend les comparaisons difficiles.L’ISQ utilise le revenu familial après impôt pour évaluer la quantité de ménages à faibles revenus.Il considère qu'une famille touche un faible revenu lorsqu'elle gagne la moitié du revenu familial médian au Québec, tout en faisant les ajustements nécessaires compte tenu de la taille et de la composition des familles.L’étude du Forum utilise le salaire brut des individus dans ses calculs.D définit les travailleurs à faibles revenus comme étant ceux qui gagnent moins de 10 $ l’heure, ou encore ceux qui occupent des formes d’emplois à bas salaires ne leur donnant pas d’avantages sociaux.Elle assimile donc la pauvreté à la piètre rémunération et au manque d’accès aux droits sociaux D n'en demeure pas moins que les chiffres, de part et d’autre, sont unanimes sur deux grandes réalités.Primo, Montréal est plus pauvre que le reste de la province.Secundo, la proportion des familles à faibles revenus va en augmentant d’une année à l’autre dans la métropole.Le De voir tenu à prévenir la communauté américaine.«Nous nous inquiétons du sort de l'Amazone et du Nil alors qu'une énorme catastrophe nationale se prépare.H s’agit du septième delta en importance dans le monde et il est sur le point de s’effondrer.Selon nous, il est évident que si rien n'est fait, c’est la vie et le travail de plus d’un million de personnes qui sont en jeu.» En août dernier, Mère Nature hii aura tristement donné raison.L'apathie des gouvernements, mais aussi du public à l'égard des terres humides — alors que non seulement on y trouve quantité de fruits de mer (crevettes, écrevisses, huitres), mais aussi de gaz naturel et de pétrole — sidère Tab Benoit «Les compagnies pétrolières creusent des canaux un peu partout satisfaire attention à préserver l'équilibre des zones humides; résultat, l’eau salée n 'arrête pas de gruger nos réserves d’eau douce, essentielles à notre économie locale.» Un peu partout dans ce coin de pays, on sent toutefois que le message de Tab Benoit commence à passer.Ils sont en effet chaque jour phis nombreux à adhérer à son mouvement qui, espère-t-il, fera mouche id, mais aussi à l'étranger.«U est fini le temps où l'on pouvait tout faire sans se soucier des conséquences Aujourd'hui, il est temps de retrousser ses manches, ici, mais aussi partout ailleurs, si on ne veut pas détruire tout ce qu’on a.» Le Devoir ?Notre journaliste se trouve à La Nouvelle-Orléans à l'invitation du Festival international de jazz de Montréal et de l'Office du tourisme de la Louisiane.Le Canada a annoncé l’octroi de 48 millions de dollars pour favoriser la bonne gouvernance et la démocratie en Haïti RUPERT SUITE DE LA PAGE 1 voisin, plus au nord, soit dans le réservoir hydroélectrique existant de la rivière Eastmain.La centrale Eastmain 1 n’avait pas été conçue pour recevoir les 450 mètres cubes à fa seconde que 1a Rupert déchargera en moyenne de son côté.Son débit atteindra même 700 mètres cubes à la seconde lors de fa crue printanière, soit l'équivalent du Saint-Maurice.La centrale Eastmain 1 sera donc secondée par une nouvelle centrale, Eastmain la.Les deux projets jumelés — Rupert et Eastmain la — ont été acceptés en principe par les Cris dans la Paix des Braves et le traité subsidiaire dit de Boumhounan.Cela n’a pas empêché le projet de faire face à une opposition qui s’est traduite par des audiences tumultueuses dans les villages cris récemment La «variante Langelier» s’inspire d’une des trois variantes étudiées par Hydro-Québec, soit fa variante «Ile-de-l’Est», la plus à l’Est, comme son nom l’indique et 1a plus près de fa tête de 1a Rupert Elle se situe d’ailleurs à quelques dizaines de.kilomètres de l’embouchure du lac Mistassini, où 1a Rupert prend naissance.Mais 1a variante mise au point par Guy Langelier fait passer son eau encore plus à l’est que 1a variante d’Hydro-Québec.Au lieu de donner lieu à 1a création de réservoirs importants, cette variante utilise des corridors de petites rivières et des enfilades de lacs.Elle fait aussi appel à plusieurs canaux creusés dans des passages stratégiques au lieu de miser sur 1a construction de digues pour rehausser les niveaux d’eau.Solution méconnue Hydro-Québec a été informé par Le Devoir vendredi dernier de l’existence de cette variante pourtant déposée dans les documents des commissions publiques mandatées par Ottawa et Québec pour évaluer le détournement du fleuve Rupert et les solutions de rechange possibles à ce projet Guy Langelier avait pourtant saisi les commissions d’une première ébauche de sa variante en avril 2005, qu’il complétera par deux nouvelles variantes en septembre.Il a en main un accusé de réception du grand chef des Cris, Matthew Mukash, daté du 9 décembre dernier.Malgré l’intérêt que Matthew Mukash semble accorder à cette proposition au point de 1a diriger vers le service environnemental de sa nation, le Grand Conseil ou ses représentants ne semblent pas y avoir donné suite.Pour être totalement certain que l’altitude des lacs situés sur le chemin de sa variante allait en déclinant, Guy Langelier a payé de sa poche quelque 2000 $ pour noliser un avion et réaliser sur le terrain, à 1a Baie James, des relevés désormais certifiés par l’arpenteur géomètre David Thériault Sa variante n’exigerait qu’un barrage de deux mètres sur 1a Rupert au lieu de 1a digue de 20 mètres de la variante Cra-moisy.Le débit de sa variante serait d'environ 400 mètres-secondes au lieu de 450 pour Cramoisy.Il estime que son projet coûterait fa moitié des 2,5 milliards prévus par Hydro-Québec.Sa construction exigerait un tunnel de 500 mètres seulement, soit cinq fois moins long que celui prévu par Hydro-Québec.Hydro-Québec réagit André Rondenay, ingénieur en hydraulique d’Hydro-Québec, a été mandaté pour examiner cette nouvelle variante au cours de fa dernière fin de semaine par le porte-parole hydro-québécois du projet Rupert, Me Sylvain Théberge.Selon cet ingénieur, la variante Langelier se concentre dans des passages trop étroits pour faire passer un débit aussi puissant que 700 mètres seconde en période de crues, ce qui impose, dit-il, des contraintes hydrauliques dont s’accommoderont mal les petits cours d'eau des vallées retenues.Le problème sera amplifié en hiver, dit-il, car glace et frasil font gonfler encore davantage le niveau.Sans donner le moindre chiffre pour étayer son jugement, l’ingénieur affirme que les surfaces ennoyées dans la variante Langelier ont été «sous-estimées» par ce dernier.Si on doublait ou même triplait les surfaces prévues, ce qui ferait passer l'ennoiement de 35 à 105 km carrés, par hypothèse, le projet Langelier noierait encore trois fois moins de terres que les 365 km ennoyés par Hydro-Québec.Comme 1a variante en question mise surtout sur des tranchées, elle exigerait l’excavation de grandes quantités de matériaux.Hydro-Québec, ajoute l'ingénieur, préfère extraire moins de sol pour garder un équilibre avec les matériaux utilisés pour construire les digues qui ferment les réservoirs entre les montagnes.L’ingénieur ne dit pas clairement que le projet Langelier serait plus coûteux que celui d’Hydro.Il plaide avoir évidemment manqué de temps pour avancer des chiffres précis.Problème politique?C’est alors qu’il sort un argument de poids, mais de nature politique.La variante Langelier, dit-il, en-noierait des terres de Catégorie II, c’est-à-dire des terres dont la Convention de la Baie James prévoit un usage prioritaire pour les Cris.La variante Cramoisy, raconte-t-il, a dû être refaite en 2001 pour éviter la noyade de seulement 32 km carrés de terres de Catégorie II.André Rondenay ne précise pas si cette raison pourrait expliquer que les Cris n’ont pas réclamé des organismes d’évaluation un examen en profondeur d’une variante qui pourrait à tout le moins à sa face même réduire sensiblement l’ennoie-menL qui engendre le pic de mercure.Le porte-parole d’Hydro-Québec au dossier ajoute, de son côté, que fa Paix des Braves et le traité subsidiaire de Boumhounan ont prévu explicitement que le projet serait réalisé à l’extérieur des terres de Catégorie H, ce qui pourrait expliquer que toutes les parties en cause, y compris les commissions dans lesquelles siègent les représentants de Québec et des Cris, pourraient éviter diplomatiquement d’aborder le sujet afin de ne pas rouvrir un dossier dont la négociation a été plutôt ardue.Des pourparlers officieux auraient eu lieu au plus haut niveau du côté d’Hydro-Québec où on se serait déclaré enclin à examiner fa variante Langelier à fa condition que les Cris le demandent pour éviter une réouverture des paramètres de Boumhounan.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050.rue L>e Bleury, 9r étage, Montréal (Québec), H3A3M9 (Q Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone 514-9853399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de 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Imprimerie Québécor St-Jean.800.boulevard Industriel.Saint-Jean sur le Richelieu, dhisioa de Imprimehes Québécor Inc.612.rue Saint Jacques Ouest Montréal l'agence lYrs» Canadienne est autorisée à employer et à diffu»r les mfcvmations publiées dans it Dftvtr U Drwnr est distribué par Messageries Dynamiques, division du (.nxipe Québécor Inc.900.boulevard Saint-Martin Ouest Laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858 Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec.
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