Le devoir, 11 mai 2002, Cahier D
L K DEVOIR.LES S M E D I 11 ET DI M A \ l HE 12 M A I 2 O O 2 CARREFOURS Pèlerinage à Rawdon Page D 3 DE VISU Arrêt par l’image Page DU) LE DEVOIR Festival international de littérature ARCHIVES NATIONALES DU CANADA Deux actrices pour Gabrielle Roy On ne la voit plus qu’en photo, le regard bleu, presque dur, éclairant son visage, et ses cheveux sombres relevés sur sa tête.Depuis près de vingt ans déjà, Gabrielle Roy est morte.Demeurent ses écrits et la mémoire d’une pionnière, partie au cours du siècle à la conquête de la littérature, en même temps qu’à la découverte du monde.Dans ce pays où les plumes consacrées ne se comptent pas par milliers, Gabrielle Roy est un monument.Le Festival international de littérature a décidé de lui rendre hommage cette année en lui consacrant, lundi prochain, un spectacle de lectures, auquel participeront les comédiennes Monique Spaziani et Patricia Nolin.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Cette Gabrielle Roy-là, ce sera à la fois la vraie et la fausse, la femme qui vit et la femme qui écrit Celle qui a maintenu pendant près de trente ans, au hasard de ses nombreux voyages, une correspondance soutenue avec son mari Marcel Carbotte, mais celle aussi qui réapparaît, à peine transformée, dans ses romans et dans son autobiographie.Dans le spectacle.Patricia Nolin sera la voix de la réalité et Monique Spaziani sera la voix de l’imaginaire.Laquelle des deux est l’authentique?Quand un écrivain est-il lui-même, dans la vie ou dans ses livres?Voüà la question.«Il y a une chose qui a été claire, c’est qu 'effectivement, tous les personnages de sa fiction sont des personnages qui Vont entourée dans sa vie.C’est un auteur qui ne s’inspire que de sa réalité.Je ne sais pas si, par moments, c’est de l’imagination pure, inventée; Je ne crois pas», constate Monique Spaziani, qui a retrouvé par exemple la sœur de Gabrielle.Clémence, dans le personnage d’Alicia.La Florentine de Bonheur d’occasion, c’est donc un peu la jeune Gabrielle Roy travaillée par des préoccupations financières et vivant à Montréal.Mais ce n’est pas tout à fait elle, puisque ses racines à elle sont loin, dans son Manitoba natal, où elle s’est battue, jeune, pour vivre en français.Pour Patricia Nolin, la première rencontre avec Gabrielle Roy, après la lecture VOIR PAGE D 2: ROY Quand le Saguenay it de l’Amérique.rêvait GILLES PARE Gérard Bouchard publie un roman tout en restant en pays de connaissance JACQUES GRENIER LE DEVOIR J*##: ROBERT CHARTRAND Le Saguenay natal de Gérard Bouchard occupe une place de choix dans ses travaux de recherche, qui se situent au confluent de l’histoire, de la sociologie et de l’ethnographie: il s’est penché sur son passé, sur les traits de sa population, y compris ses particularités génétiques.On ne sera donc pas étonné qu’il se soit lancé dans l’aventure de l’écriture romanesque tout en restant en pays de connaissance: Mistouk raconte en effet un certain Saguenay, celui de la fin du XDC' siècle et des premières décennies du suivant, c’est-à-dire l’époque des qua-si-commencements de la région.«1m colonisation du Saguenay est déjà bien lancée en 1887, au début de mon roman, quand naît mon héros, Roméo Tremblay.On en est encore au stade de l’enchantement malgré des conditions de vie très dures.C’est précisément cela que je voulais faire ressortir dans ce livre: ce moment de grâce des débuts qui a été vécu de façon assez similaire dans les colonies de peuplement un peu partout dans le monde, comme je l’ai montré dans Genèse des nations et cultures du nouveau monde [Boréal, 2000], En Amérique latine, en Nouvelle-Zélande, ici même, les pionniers se sont inventé des utopies, des rêves extravagants; la plupart étaient convaincus d’être à la veille de refaire le monde.Et ils étaient littéralement dopés par cette perspective.» Mais pourquoi avoir décidé de faire un roman avec des matériaux — lieux, faits, dates et personnages — qui sont presque tous véridiques, comme il est indiqué dans une note préliminaire?«L'idée m’est venue quand j’ai écouté ces vieux Sague-néens dont on a eu l’heureuse idée, dès 1930, d’enregistrer les récits de vie.Ces “mémoires d’anciens" — il y en a quelque 900, qui ont été déposés aux archives nationales — sont des témoignages inestimables qui nous révèlent des gens qui n’ont rien à voir avec le stéréotype tenace du Canadien français soumis.Ils étaient au contraire audacieux, pleins d'esprit d’entreprise.Et il m’a semblé qu'un roman restituerait mieux leur formidable énergie qu’une froide monographie.» Mistouk raconte donc des rêves et de grandes ambitions, puis leur évanouissement «Il y a en effet des ascensions, suivies de chutes, alors que la société qui s’organise impose peu à peu à chacun ses conformismes, ses contraintes.Ça, c'est ce que j’appellerais la courbure du roman.Après les moments de grâce, on se bute à une fermeture, ici comme dans toutes les sociétés neuves, à l’exception notable de celle des États-Unis, qui a conservé son optimisme sans discontinuer.Partout ailleurs, on constate l'échec des grands mythes jbndateurs, comme Octavio Paz l’a signalé à propos de l’Amérique latine.L’utopie sague-néenne, qui a débuté vers 1§70, est allée très loin: on voyait la région devenir un État indépendant, prospère comme les “États”.Puis, à partir de 1910, ç'a été le désenchantement, que j’ai senti très nettement en écoutant les témoignages des vieux Saguenéens.» Roméo Tremblay, le héros de Mistouk, est une force de la nature.Il a un corps de géant qui abrite un cœur d’enfant.«Il est vrai que, comme le dit un de ses amis, il ne veut pas consentir à l’âge adulte.Je tenais à ce thème de l’esprit d’enfance, où se confondent l’audace et la naïveté.» Et si exceptionnel qu’il parasse, il a existé, cet homme, à peu près tel quel.Ces colons oubliés que fait revivre Bouchard vont croiser des personnages plus connus, comme le journaliste Olivar Asselin ou Alexis-le-trotteur, ce fou de la course à pied à qui le romancier a inventé une fin qui donnait un sens à sa vie alors qu’on sait qu’il est mort bêtement, frappé par un train, comme Louis Hémon.L’auteur de Maria Chapdelaine apparaît lui aussi, tel qu’en lui-même.«Hémon, selon moi, a bien saisi une part de la mentalité des colons saguenéens, mais il a erré à propos du choix ultime de Maria: dans la réalité, une jeune femme comme elle aurait sûrement choisi de suivre Lorenzo Surprenant aux États-Unis plutôt que de demeurer sur son lopin de terre avec Eutrope Gagnon.» Bouchard s’est d’ailleurs permis un pied de nez à Hémon: (Jans Mistouk, Lorenzo rentre dépité des Etats-Unis alors que Maria s’apprête à s’y rendre enfin! Authenticité oblige: le clergé est très présent dans la petite société que raconte le roman de Bouchard, sympathique ou non selon qu’il s’agit de simples prêtres ou de prélats.«Les premiers étaient souvent sensibles à la misère des gens, qu'ils pqrtageaient.Plusieurs ont été admirables.A l’opposé, au haut de la hiérarchie ecclésiastique, il y a eu des personnages odieux, comme ce monseigneur Im-brecque que je décris comme il a été: une sorte de caudillo régional imbu de son auguste personne.Il va finir par gagner sur tous les fronts en rebaptisant bien chrétiennement le village de Mistouk, qui s'appellera Saint-Cæur-de-Marie, où personne n 'osera plus tutoyer la vie, comme je l'ai écrit.» Gérard Bouchard lance également des piques au chanoine Félix-Antoine Savard — il s'appelle Sa-gard dans le roman: «Savard a entraîné en Abitibi une cinquantaine d’hommes qui ont vécu dans la misère noire alors que lui a tiré de l’expérience L’Abatis, un joli livre dont le succès l’a réjoui.» LTiistorien-ro-mancier n’est plus tendre envers certains bourgeois bien-pensants de l’époque, ces «amis de la colonisation» qui chantaient les vertus du terroir tout en demeurant dans le confort douillet des grandes villes, comme l’ont fait le journaliste Damase Pot-vin et le juge Basile Routhier.«Celui-ci a passé sa vie à faire des courbettes aux puissants.Une vraie grenouille de bénitier, lance Gérard Bouchard.Il y avait un immense fossé entre la vie des colons, leurs motivations et le regard que leur portaient les élites, les détenteurs de la culture savante.» «On voyait la région devenir un État indépendant » VOIR PAGE D 2: SAGUENAY I K I) E V 0 I R .I.F, S S A M E l> I I E T I) I M A \ (HE 12 M AI 21» 0 2 I) 2 SAGUENAY •'Livres ROY Un héros idéaliste au départ, mais rattrapé par la lucidité SUITE DE LA PAGE I) 1 Le Méo Tremblay du roman de Gérard Bouchard est attaché au Sa-ffuenay, mais il a du sang d’explorateur dans les veines.Il se lance sur le continent nord-américain, vers le nord, l’ouest, le sud, se découvrant à l’occasion une connivence avec les Amérindiens.Mais au, terme de son troisième séjour aux Ltats-l Jnis, alors que son imagination continue d’errer à travers le continent, il constate, «dans leur regard impénétrable et froid, dans leur accueil ni hostile ni amical, l'immense continent qui les séparait».Bouchard a voulu son héros idéaliste au déparé mais rattrapé par la lucidité.«En effet, Méo découvre peu à peu les barrières de l'altérité.Il découvre que les Etats, comme on disait à l'époque, ne scmt pas vraiment sa patrie et que les Amérindiens, sur tout le continent, vivent un drame qui n 'est pas le sien et qu ’il faut respecter.Il y a trop de.morts, trop de vies, trop de temps entre lui et eux.Il commence alors à nuancer sa perception.Si bien qu’après son ultime reUrur dans sa région d’origine, il s’enracine dans la vie de couple davantage que dans le territoire d'où il est issu.» Gérard Bouchard ne se dit pas romancier parce qu’il a écrit Mis-touk.«Pour l’heure, je suis simplement un type qui a écrit un roman.» Un roman réussi qui raconte avec un égal bonheur des rêves nord-américains et leur évanouissement MISTOUK Gérard Bouchard Boréal, 2002,520 pages SUITE DE LA PAGE D 1 de Bonheur d’occasion, s’est faite lors du tournage du film Le Vieil Homme et l’enfant, de Claude Grenier, tourné à partir des souvenirs de Gabrielle.la comédienne y incarnait la mère de l’écrivain.De mère, elle prend aujourd’hui le rôle de la fille.«C’est l’univers de ma mère, dit-elle de l’époque peinte par Gabrielle Roy dans ses livres.Gabrielle Roy, c’est un peu la visite au musée.Cela fait revivre une époque que j’ai connue, dans mon enfance, c’est l’époque de mes parents.» L’institutrice de La Petite Poule d’eau, de Roy, c’est pour elle l’ancêtre de l’institutrice des Filles de Caleb, par exemple.De son côté, Monique Spaziani s’est approchée de l’œuvre de Gabrielle Roy lorsqu’elle est apparue dans le film Bonheur d’occasion, tourné par Claude Fournier à partir du premier roman de l’écrivain.Sa relecture de l’œuvre l’a touchée, en particulier les passages portant sur la mère.lu mise en scène se projettera d’abord en 1947, année au cours de laquelle Gabrielle Roy rencontre son mari, mais aussi l’année qui suit l’immense succès de son premier roman, Bonheur d’occasion.Or, pour cette femme habitée par l’ambition, la rédaction du deuxième roman, Alexandre Chenevert, est laborieuse, parfois effrayante, comme en témoignent les lettres écrites à Marcel.«Mais avec toi pour m’aider et me soutenir, qui sait, peut-être un jour arriverai-je à recevoir d’autres honneurs», lui écrit-elle dans une lettre de 1947, publiée dans le recueil intitulé Mm cher grand fou, chez Boréal.Parallèlement aux lettres de l’écrivain témoignant des efforts et de la difficulté de la création, les comédiennes liront des extraits des œuvres achevées, Bm-heur d’occasion, Alexandre Chenevert, Im Détresse et l’Enchantement, Im Mmtagne secrète ou Rue Deschambault.lu lecture, explique Patricia Nolin, se rapproche pour le comédien de ce que le jazz est pour le musicien.«C’est une forme d’improvisation», dit-elle, puisque les textes, s’ils sont lus, ne sont pas appris par cœur.«Parfois, on ne sait pas ce que la prochaine ligne nous apporte», ajoute Monique Spaziani.On lira des extraits des différents genres littéraires qu’elle a abordés: la lettre, le roman, l’autobiographie.le festival perpétue ainsi la tradition de rendre hommage à un auteur d’ici, et les années passées ont vu également célébrés les Anne Hébert ou les Denis Va-nier.Cette année, les deux comédiennes ne seront pas accompagnées, sur scène, d’un musicien.On aura plutôt droit à une trame sonore préenregistrée.«Il y a deux ans, au festival, j’ai lu Anne Hébert», dit Patricia Nolin.Pour elle, Gabrielle Roy fait d’ailleurs partie d’une sorte de constellation littéraire matriarca- JACQUES NADEAU LE DEVOIR Monique Spaziani et Patricia N’olin.le, aux côtés d’Anne Hébert et de Germaine Guèvre-mont, auteur du Survenant, dans lequel la comédienne a aussi joué.Du groupe, croient certains, c’est Gabrielle Roy qui était la plus féministe.Récemment, la traductrice et écrivain Lori Saint-Martin signait en effet un ouvrage critique sur la relation entre Gabrielle Roy et le féminisme, intitulé La Voyageuse et la Pionnière, paru chez Boréal.Les mères dans l’œuvre de Gabrielle Roy sont des prisonnières, des «corps souffrants», qui lancent des «chuchotements angoissés», constate-t-elle.Les femmes libres sont des «voyageuses».En fait, l’analyse de la condition féminine à travers l’œuvre de Gabrielle Roy se compare, selon Saint-Martin, à celle des féministes militantes radicales qui la suivront En conclusion, lori Saint-Mar-tin avance ceci: «[.] de toutes les créatrices québécoises d’avant le féminisme contemporain, c’est sûrement celle qui est allée le plus loin — même si, de son vivant, elle mms l’a soigneusement caché.» La soirée-hommage à Gabrielle Roy se déroulera au Gesù, lundi soir à 20h.Pour les amateurs de littérature, mais aussi de musique, d’art plastique et de danse, le Festival international de la littérature, qui se déroule du 10 au 18 mai, compte bien d’autres activités.Mentionnons celles entourant la littérature engagée, ou celles mettant l’Abitibi à l’honneur, où l’on rencontrera, entre autres, Richard Desjardins et sa sœur Louise, Raoul Duguay, André Lemelin.C’est dans cette ambiance abitibienne que se tiendra d’ailleurs le spectacle de clôture, le samedi 18 mai, au Lion d’Or, qui sera animé par François Gourd.Palmarès Renaud-Bra Le baromètre du livre au Roman LES ENEANTS DE LA TERRE, E 5 - Les refuges de piene ).AUEL ¦rw) Pr.de la Cité 2 f Roman LA QUATRIÈME MAIN J.IRVING Seuil 2 3 Polar WONDERLAND AVENUE V M.CONNELLY Seuil 2 4 Roman MADEMOISELLE LIBERTE A.JARDIN Gallimard 15 5 Actualité 11 SEPTEMBRE 2001 - L'effroyable imposture T, MAYSSAN Carnot éd.3 6 Roman LA DERNIÈRE RÉCOLTE J.GRISHAM Robert Latfont 3 Roman Qc LE GOÛT DU BONHEUR, T.1, 2 & 3 ?M.LABERGE Boréal 74 8 Roman Qc VOYAGE AU PORTUGAL AVEC UN ALLEMAND V L.GAUTHIER Fides 4 9 Roman Qc LE CŒUR EST UN MUSCLE INVOLONTAIRE SP UÇ PROULX Boréal 4 1° Biograph.Qc L'ALLIANCE DE LA BREBIS G.LAVALLÉE JCL 3 11 Psychologie QUI A PIQUÉ MON FROMAGE ?4P J.SPENCER Michel Lafon 73 R Polar D.LEHANE Rivages 4 13 Roman ÉLOGE DES FEMMES MÛRES 4P S VIZINCZEY du Rocher 53 14 Biographie QUE FREUD ME PARDONNE ' J.VOYER Libre Expression 4 1“ Sexualité FULL SEXUEL J.ROBERT L'Homme 10 il Sc, Sociale LES FRANÇAIS AUSSI ONT UN ACCENT J.-B.NADEAU Payot 6 £ Psychologie POURQUOI LES HOMMES MARCHENT-ILS A LA .P, TURCHET L'Homme 10 ü Horreur DREAMCATCHER S.KING Albin Michel 7 ü Psychologie CESSEZ D'ÊTRE GENTIL, SOYEZ VRAI ! T T.D'ANSEMBOURG L'Homme 69 20 Faune PERRIN/MONGIBAUX Seuil 2 IL Biograph.Qc JACQUES PARIZEAU, T.2 - Le baron 4P P.DUCHESNE Qc Amérique 4 n Cuisine SUSHIS ET COMPAGNIE 4P COLLECTIF Marabout 4 23 Psychologie LA SYNERG0L0GIE 4P P.TURCHET L'Homme 100 24 Érotisme Qc BANQUETTE, PLACARD, COMPTOIR ET AUTRES.W.ST-HILAIRE Lanctfit 12 25 Roman QUELQU'UN D'AUTRE 4P T BENACQUISTA Gallimard 15 26 B.D.ALBUM SPIROU N° 262 COLLECTIF Dupuis 7 27 Cuisine RAICHLEN/SCHNEIOER L'Homme 3 28 Roman LE LIT D'ALIÉNOR M CALMEL XO éd.11 n Psychologie PARENT RESPONSABLE, ENFANT ÉQUILIBRE E DUMESNIL L'Homme 211 30 Éducation COLLECTIF Jobboom 3 ü B.D.XIII N° 15 - Lâchez les chiens VANCE/VAN HAMME Dargaud 8 32 Roman Qc UN PARFUM DE CÈDRE 4P A.M MACDONALD Flammarion Qc 79 33 Roman VOYAGE D.STEEL Pc de la Cité 8 34 Spiritualité JE VOUS DONNE SIGNE OE VIE M.CARON Marjolaine 11 35 Roman BAUDOLINO 4P U.ECO Grasset 8 36 Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT E.TOLLE Ariane 85 R Biograph.Qc MA VIE, JE T'AIME R.MARTEL Publistar 8 38 Essai Qc LE LIVRE NOIR DU CANADA ANGLAIS N LESTER Intouchables 25 il Histoire LES JUIFS, LE MONDE ET L’ARGENT 4P J.ATTALI Fayard 12 40 Roman Qc LA CHATELAINE DE MALLAIG 4P 0.LACOMBE vlbéd.10 il Spiritualité METTRE EN PRATIQUE LE POUVOIR DU MOMENT E.TOILE Ariane 3 42 Roman Qc PUTAIN 4P N.ARCAN Seuil 34 43 Sport GUIDE DES MOUVEMENTS DE MUSCULATION 4P F, DEUVIER Vigot 205 44 Polar PARS VITE ET REVIENS TARD 4P E.VARGAS Viviane Hamy 23 45 Roman LE PIANISTE 4P W.SZPILMAN Robert Laffont 64 ¥ : Coup de Cœur RB ¦¦¦¦ Nouvelle entrée N.B Sont exclus les livres presents et scolaires.Nbre de semaines depuis parution î succursales [ - SCABRINI MEDIA Jt» j Bien au-delà de la simple impression et AGMV Marquis «*> IMPRIMEUR INC.La passion du livre québécois Longueuil • Montréal • Montmagny • Sherbrooke LORI SAINT-MARTIN La Voyageuse et la Prisonnière Gabrielle Roy et la question des femmes Lori Saint Martin La Voyageuse et la Prisonnière Boreal Lori Saint-Martin s'adonne ici à une relecture de l'œuvre de Gabrielle Roy, y compris le corpus peu connu des inédits, à la lumière de la critique au féminin.Cahiers Gabrielle Roy 396 pages • 29,95 $ Boréal www.editionsboreat.qc.ca POESIE De pierre et de peau SOPHIE POULIOT Ollivier Dyens est ce professeur d’université détenteur d’un doctorat en littérature comparée dont la thèse portait sur «l’impact des nouvelles technologies sur la représentation», qui a signé, en 2000, l’essai Chair et métal.Cet ouvrage s’intéressait à la mutation en cours de l’être humain en cyborg.Dans Les Murs des planètes, son deuxième recueil de poésie (le premier, Prières, fut publié en 1992), l’auteur pose un regard cru, et même souvent dur, sur les relations humaines.«Chien-moi dans la lumière / une boue d’œufs dans ma bouche / arrache mes gencives / et pose ton sexe sur mon palais / comme un talisman de chair/ une pieuvre rouge / s'étouffe dans nos jambes.» Cette strophe, extraite du quatrième poème du chapitre intitulé La Peau, illustre le ton qui règne dans Les Murs des planètes.Ici, la pierre de ces murs se hisse non seulement entre les individus, mais atteint leur corps.En effet, des êtres humains de pierre pris en photo par Dyens ponctuent les chapitres de son recueil et habitent ses pages.Le lecteur est témoin de beaucoup d’incompréhension entre les personnages des poèmes de l’auteur, une incompréhension si profonde qu’elle se mue à plusieurs reprises en violence.Des murs qui ne semblent donc pas vouloir tomber, même s’ils sont frappés à grands coups de sentiments (amour, passion, douleur) par des individus qui entendent bien les franchir et trouver une âme, des bras et un corps où se réfugier.De la noirceur à une certaine lumière Enfin, ils y arriveront.Dans le chapitre Psaumes, la noirceur fait place à une certaine lumière, une certaine douceur, bref a quelque espoir bienvenu.«Dépouille-moi / dans le veau / languis-moi d’iris / désespérées / de jacinthes / dévorées / il se vain / des glaïeuls sur ton visage / des cigales dans tes baisers / un milliard d’années / dans l’aube des aimés.» Voilà qui change des déchirements brutaux entre amants, de l’inceste et de la douleur innommable de voir souffrir sa mère, qui sont quelques-uns des thèmes exploités par Les Murs des planètes.Les émotions peintes par Dyens sont intenses et elles touchent le lecteur.Les images qu’il emploie, même si elles ne pèchent pas toujours par excès d’originalité — les étoiles, jardins et autres baisers, éléments quasi folkloriques de la poésie, occupent une place de choix dans le recueil —, savent transmettre avec une indiscutable force les idées de l’auteur, les craintes, les pulsions et la douleur qu’il veut exprimer.Le livre est accompagné d’un cédérom intitulé La Cathédrale aveugle où les poèmes, dont plusieurs remaniés pour l’occasion et quelques originaux, sont placés en regard d’images superposées de corps en pierre rappelant les illustrations du livre, ainsi qu’avec des pièces musicales interprétées par l’ensemble de musique médiévale La Nef.Un complément agréable sans qu’il soit essentiel.Car c’est surtout en les lisant que les mots d’ülliver Dyens et leurs émotions brutes atteignent leur cible.LES MURS DES PLANÈTES Ollivier Dyens VLB éditeur Montréal, 2002,91 pages Les émotions peintes par Dyens sont intenses et elles touchent le lecteur Élise Turcotte Sombre ménagerie 76 pages -14,95 $ je voudrais tendre un piège voir la nuit vaste agenouillée parmi les signes je désire comme un soir qui n’attend pas de sujet ciAkmc Soif de tes eau* ptr Chr'sïar» Clarisse Tremblay Soif de tes eaux 88 pages -15,95 $ tes yeux se sont ouverts et je ne sais plus 6 beau matineux à quelle célébration me vouer Préface de Christiane Frenette Jacques Gauthier L'invisible chez-soi 96 pages - 15,95 $ J'accueille le ciel entrouvert jusqu'à m'oublier dans la solitude des fleurs Trivialités Michel Beaulieu Trivialités n.p.- 18,95 $ et je préfère aller à ta rencontre poème qui distilles tes surprises en les égrenant sous le tracé noir de la plume grise ÉDITIONS DU NOROÎT 30 ans de poésie lenoroit.multimania.com 1 1 i i L E 1) E Y 0 I R .IKS S A M K 1) I E I 1> I M A N ( Il E I 2 M A I 2 (I I» 2 I) -«’ LIVRES'*- Pèlerinage à Rawdon Gilles Marcotte Les raisons d'aller à Rawdon sont assez nombreuses, sans doute.Il en est deux qui ont pour moi une importance particulière.La première s'appelle GabrieDe Roy.C'est là quelle a entrepris et, quelques années plus tard, termine Alexandre Chene-vert.Elle y prenait pension chez Mrs.Tinkler, tàmiliere-ment appelée la mere Tink.-Ici, écrivait-elle de Rawdon le 24 avril 1952, je coule une vie qui serait mine et embêtante si elle devait toujours durer telle quelle mais qui me tait un bien immense en m 'apportant un relâchement nerveux complet, un bon sommeil.Je travaille un peu tous les jours.Alexandre Chenevert sort des limbes.Arriverai-je vraiment à terminer un jour cet ouvrage!» Rawdon, Concarneau.Port-Daniel.Port-au-Persil, Otterbum, c'était tout un pour Ga-brielle Roy: solitude, écriture.La deuxième raison d’aller à Rawdon est moins connue.11 y a là un cimetière russe parfaitement authentique, où l'on entre avec précaution, intimidé de pénétrer dans un lieu si different de ceux que l'on fréquente d'habitude.Assez prés de l'entrée, se trouve une belle pierre tombale portant le nom de Jean Basile, écrivain, décédé il y a dix ans.On se dit qu’il est rentré chez lui.dans cette Russie hors du temp qui était sa profonde patrie.Jean Basile, ou Jean-Basile Bezroudnoff.Russe profondément.Français de toute évidence.Montréalais plus que la plupart d’entre nous, auteur d'une des plus grandes œuvres romanesques de la Révolution tranquille.Il faisait partie, avec Jacques Godbout.Marie-Claire Blais, Rejean IXe charme et Hubert Aquin, de la troupe des jeunes écrivains qui allaient démontrer a la France l’existence d’un jeune roman québécois.Les œuvres de ces quatre autres sont encore présentes, lues, commentées.J’ai cherché récemment le nom de Jean Basile dans un manuel de littérature québécoise td’ailleurs écrit à la diable, plein d'erreurs de toutes sortes) destiné aux cegeps.H n'y était pas.Pas un mot sur cette trilogie des Mongols qui est certainement un des monuments littéraires les plus impressionnants de notre littérature.Oui, la nôtre.Cet oubli est d’autant plus étonnant que Jean Basile a joué dans la vie culturelle de Montréal, durant une trentaine d’annees, un rôle de premier plan.D a été journaliste, à La Presse et au Devoir, et on ne peut pas dire que ses articles manquaient d'éclat.Ecrits dans une forme très libre, ceux-ci faisaient une part considérable à sa propre subjectivité et s’en prenaient volontiers aux institutions littéraires qui distribuaient leurs subventions, leurs bourses et leurs prix au petit bonheur la chance, et notamment à d'autres qu'à Jean Basile.Il n'écrivait d'ailleurs pas que sur la littérature.Au Devoir, il tint tme chronique de musique rock avant de tout lâcher pour fonder, en 1970, avec Georges Kahl et Christian Allègre, un magazine contre-culturel — ou underground, je ne suis pas très sûr de mes adjectifs en pareille matière — intitulé Mainmise, dont plusieurs se souviemient encore.Il est d'ailleurs salué au passage dans l’ouvrage récemment paru à Paris et dont Michel Bélair a déjà parlé dans ces pages.Underground.Dtistoine (Actuel DenoéD.C’était quelqu'un.Jean Basile: un personnage.H était grand, très grand, naturellement élégant quelle que lut sa mise, mince sans être filiforme.Il aimait pratiquer une sorte d'arrogance feutree et lancer dans la conversation dr's phrase's un peu choquantes, acides.Il m’est arrivé d’écrire des lettres d'appui pour les demandes de bourse qu'il faisait, et je ne crois pas qu'il It's ait obtenues.11 s'en plaignait souvent, non s;ms raison, il en devenait, à la longue, amer.Pourquoi Cl's refus?Pour U-s mêmes raisons, peut-être, qui font que si grande trilogie romanesque, bien que rééditée en livre de poche dans la collection «Typo- de L’Hexagone, demeure si peu lue, si peu commentée.Victor-Lévy Beaulieu écrit dans son dernier livre, les Mots des autres (MB éditeur), que dans la trilogie des Mongols.-Montréal s'affre à nous dans la luxuriance de sa modernité».L’œuvre romanesque de Jean Basile, y compris le grand roman qui la clôt.Le PiamHrompct-te, est essentiellement, exclusivement montréalaise.Mais quand on a dit Montréal, on n'a pas tout dit.11 y a plusieurs Montréal: celui de Mordecai Richler n'est pas celui de Michel Tremblay, celui de Hugh MacLen-nan se tr ouve à des annees-lumière de celui de Francine Noël.Le Montréal de Jean Basile est peut-être, de tous, celui qui est, au lecteur habituel de la littérature québécoise, le plus étranger.11 l'st compost' pour l'essentiel des rues qui entourent l’université McGill, et quoi de plus étranger, de plus opaque oserais-je dire, que ce quartier voué tout entier à la suprématie anglo-saxonne?11 est également le Montréal du boulevard Saint-1 auront, de la Main, souvent fréquentée par nos romanciers habituels mais ici revendiquée dans son os-sentieUe etrangeté.«Suas la Main, mes enhints.k cwis bien que je détesterais Montreal», dit un îles [htsou-nages de La Jument des Mongols.1 a Main de Jean Basi le est le lieu de la diversité absolue, un monde complot où débarquent toutes les cultures du monde connu, dans un tobu-bohu de langues, d’odeurs, de décors exotiques maladroitement imités, qui abolit et exaspère It's différences.Le monde, le romancier le décrit ou plutôt le crée dans une prose étonnante, d’une souplesse de serpent, qui peut tout si' permettre, mêler le plus noble au plus vulgaire sans qu’on puisse lui opposer quelque resistance que ce soit.Mais la trilogie de Jean Basile osl aussi, surtout, un lieu ou l’on parie.Cela se passe le plus souvent dans un petit appartement, près de McGill.Ils sont là.les trois J, Jérémie, Jonathan.Judith, les trois amis indéfectibles, imis dans k' souvenir d'un mythique Victor, et ils parlent à n’en plus finir, ils parlent dangereusement.1 a parole, dans ces romans, a beau se présenter comme légère, inconséquente, on ne tarde pas à comprendre quelle est pour les J — et pour le lecteur — une aventure |>e illeu-se où on risque son âme et le reste.Cela s'écrit durant les années tiO.Partout ailleurs, on célèbre de la parole» comme un bienfait total.1 e roman de Jean 1 '-asile est moins n;ùf.Il sait que la parole ne peut (Xis elle seulement du côté du bien, qu'elle porte It's possibilités aiubi-vakntes de la liberté.Ce que vivent les trois fùnambuk's de La Jument des Mongols, du Grand Khan, des linrçgrs dlrkoutsk (réédites dans la collection «Typo roman", à l’Hexagone, avec des prefaces de Carole Masse) est d'une gravité extrême.M CARREFOURS POÉSIE Survivre à l’absence de 1 ’autre M’ATTERRES Francis Catalano Trait d'union, coll.«Filigranes» Montréal, 2002,130 pages NOS MES INFRANCHISSABLES Michel I étourneau Ecrits des Forges Trois-Rivières, 2002,83 pages DAVID CANTIN Comment réagir face à la perte d’un être cher?La question ne se pose pas.Elle se vit, s’exprime, s’incarne et s’arrête peut-être dans le silence même du corps.De la douleur à la révolte charnière, les derniers livres de Francis Catalano et de Michel Létourneau tentent de franchir l’épreuve insurmontable du deuil.Ces quêtes de sens déferlent dans la solitude du poème.Parfois fragiles, ces voix ne font quéclairer le désordre d’une absence fondatrice.Après Romamor (Ecrits des Forges, 1999) et Index (Trait d’union, 2PD\), M’atterres, de Francis Catalano, est le dernier volet d’une trilogie portant sur les origines.On y retrouve cette parole qui explore, de nouveau, la collision des rencontres tout comme l'incertitude métaphysique.Nerveuse, maladroite à l’occasion, la langue de ce poète québécois d’origine italienne fascine toutefois grâce à ses accidents et à son déséquilibre.Ce livre emprunte la forme du kaléidoscope pour rendre le désarroi d’une présence au monde.Dans sa préface à un choix de ppèmes de Valerio Ma-grelli aux Editions du Noroît, on lira cette remarque critique de Catalano: «Écriture et maladie, de façon explicite, ne Jbnt qu un: c’est une extrême sensibilisation, une décortication.Dans l’écriture comme dans la maladie il s'agit de ramener quelque chose à la vie.Conséquence d’une fracture interne, d’un choc, se construit le poème, comme en une douloureuse ossification, une pénible régénération.» On pourrait lire M’atterres avec ce commentaire en tête.Dès les premières pages, le poème cherche à rendre la détresse physique d’une mère couchée sur son lit d’hôpital.Le fils doit alors souffrir avec elle, avant de se jeter dans un voyage au bout de lui-même.A l’arrière-plan, la ville d’Amsterdam et son «melting-pot culturel ouvert sur le large».La tentation est alors PRIX ADRIENNE CHOQUETTE Rwlmà;’» JWfcovK DE LA POUSSIÈRE PLEIN LES YEUX *M*»wfc* 3 116 pages • 20,00 $ LES ÉDITIONS TROIS félicitent Radmila Zivkovic LA REVUE MŒBIUS ÉCRITURES / LITTÉRATURE ^ansl Lecture publique dans le cadre du Festival international de la littérature le jeudi 16 mai 2002 à partir de 18 heures au Centre de diffusion artistique Alizé 900, rue Ontario Est métro Berri-UQAM Vous aurez le plaisir de voir et d’entendre Yvan Bienvenue, Maggie Blo, Michel-Ernest Clément Joël Des Rosiers, Lynn Diamond, Léon Guy Dupuis Robert Giroux, Alexandre Laferrière, Marie Hélène Poitras Claude Vaillancourt et Marc Vaillancourt fjurttlibre Jf£„ Canai© Mb4W«is(5t«(M-am grande de s’enfuir du réel pour vaincre la peur du destin: -Les mots arrivent pêle-mêle /là.sans discipline, tordus à l’ordre des choses/ ils font leur miel d’une danse / entre cet objet et cet autre, ils viennent pêle-mêle, naissent, meurent, pêle-mêle / sitôt qu'ils viennent ils meurent / là, sans discipline, tordus à l’ordre des choses.» Cette écriture, aussi sèche qu’organique, prône une désinvolture du regard.Il y a dans la fêlure de la voix un cri de désespoir.In distance qui sépare de la figure maternelle ne laisse aucun répit.Cette recherche esthétique s’amuse autant qu’elle gravite d’un mirage à l’autre.Le poète refait connaissance avec l’espace qui le sépare de sa propre mort.Rien n’est lisse dans ces vers qui se heurtent, sans cesse, aux obs- tacles.Comme le répète Catalano: «Dire c’est redire l’épine dorsale/de l’absence qu ’il y a en chaque chose.» M’atterres fait place à une expérience polyphonique du monde comme du langage.Plein d'angoisse et de déchirement, ce trajet po
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