Le devoir, 11 mai 2002, Cahier E
L K [) K V O I K .L K S S A M KHI I K 1> I M A N ( Il I I 2 M \ I (I II ?LE DEVOIR ?SOPHIE Passé décomposé Page 2 TOURISME A Cap sur les Iles.Page 4 SAVEURS 1^ Chinois philosophe et cuisinier Page (i Refuge n t e m ¦ *>; %.t- ¦ » mà ; -a\ * Mi La visite de la villa du Lac du castor ressemble étrangement A UNE PROMENADE EN FORÊT.AI.AIN LAFORF.ST *T-x$r- villa du I (H' du Castor est née de la communion de deux hommes partageant les mêmes valeurs: Pierre Thibault, architecte, et son client.Sorte de refuge intemporel aux confins de la Mauricie, cette demeure en bois aux proportions justes se niche au cœur d'une forêt intacte située en bordure d’un lac, un endroit magique dont elle va faire émerger quelques-unes des personnalités enfouies.KM MAN CK I.LE VIERA Au commencement de chaque projet il y a un rêve, celui du client Ici il s’agissait de bâtir une residence secondaire dont le programme était très simple: trois chambres, deux salles de bain, un bureau, un séjour, une cuisine, une salle à manger et un garage double.Ce concept de maison, que le client imaginait comme une simple cabane en bois, va évoluer.L'aventure des deux hommes démarre sur le terrain.Pierre Thibault, à la manière d'un cinéaste, effectue ses repérages pour sonder l'espace.Une seule façon de travailler s'impose à lui: avancer au rythme de la nature qui est ici chez elle.Le pouls de la forêt dicte chaque croquis, texte ou photo effectués in situ.Pierre Ibi-bault, dont l’œil est aiguisé comme celui d’un oiseau, a appris a capturer l’essence des lieux où il travaille.Cette matière qu’il extrait sur place est répertoriée dans un livret précieux.Il s’en servira pour retranscrire les atmosphères déchiffrées en des espaces architecturaux et mettre le projet en route.Ce dernier mûrit au gré des discussions avec le client et des maquettes de bois qui défilent, pour finalement aboutir à un résultat qui se veut le plus juste possible.Pierre Ibibault a choisi de travailler ainsi.Il sait qu’il lui faut du temps pour amener une idée à maturité.Comme un grand vin, le projet a été maintenu dans des «conditions idéales» avant d’être dégusté.L’architecture, comme l’œnologie, devrait toujours être considérée comme du grand art! I.a villa du Iüc du Castor est sans l’ombre d'un doute un grand cru.Parfaitement intégrée au paysage demeuré sauvage, elle joue avec lui en révélant tour à tour différentes facettes d’un visage naturel qui finit par devenir familier: on a l'impression que les arbres pénètrent la maison, que nature et architecture s’apprivoisent l’une et l’autre, pour cohabiter parfaitement.la visite de la villa ressemble d’ailleurs étrangement à une promenade en forêt.On découvre tour à tour le sommet des arbres à travers les fenêtres haut perchées, on tombe nez à nez sur deux troncs-colonnes amoureusement penchés l’un sur l’autre au beau milieu d’un espace de circulation, ou encore on accède à une vue de plain-pied sur le lac depuis la pièce-moustiquaire.la structure en bois de cèdre est devenue une sorte de métaphore poétique et l'on ne sait plus très bien si c’est l’arbre qui a poussé dans la maison ou la maison qui a poussé autour! La villa se décompose en quatre volumes de différentes hauteurs et largeurs qui proposent des ouvertures aussi variées qu'il y a de vues sur le site.las espaces de vie sont alignés en bordure de l’eau et se prolongent en été par une galerie parsemée de troncs en bois massif qui portent la toiture.la structure en bois vient se reposer sur une base en béton, et le revêtement extérieur est essentiellement composé de cèdre, laissé au naturel pour pouvoir se patiner avec le temps.Chacun des espaces de vie évolue au gré des saisons et la galerie, ouverte côté lac, se referme côté entrée, où elle est protégée par un mur-palissade en rondins.Bien au-delà de la simple interprétation contemporaine de la cabane en bois, ce projet nous offre la possibilité de redécouvrir le milieu naturel dans lequel il se situe, et d'une certaine façon, il nous permet d’évoluer, de grandir en nous repositionnant par rapport à l’environnement naturel, yne expérience unique qui se vit intensément.hi structure en bois de cèdre est devenue une sorte de métaphore poétique et l’on ne sait plus très bien si c’est l’arbre qui a poussé dans la maison ou la maison qui a poussé autour! R 2 I.E I) K V 0 I R L F.A M E 1) I ET DI M A X ( H E ISON.SAMEDI corn Le site grand public de l'APCHQ SOPHIE Sophie D u r o c h e r ?Passé décomposé ¦ ¦ ai la mémoire qui flanche, ^ * fme souviens plus très bien», chantait Jeanne Moreau, mais j’me souviens plus dans quel film.Perdre la mémoire, ce serait comme tremper indéfiniment la madeleine de Proust dans une tasse de thé et qu’il ne se passe strictement rien.A sec.Aucune image, aucun souvenir.Effacé, le passé.Coup sur coup, deux femmes artistes nous rap- ¦ pellent à leur façon que sans mémoire, on n’est rien .du tout Nancy Huston, qui vient de remporter le prix Odyssée de la meilleure œuvre de fiction avec son roman Dolce Agonia, et la réalisatrice Zabou Breitman avec son merveilleux film Se souvenir des ¦ belles choses.Dans les deux cas, des personnages principaux ou secondaires, terriblement émouvants, sont atteints de la maladie d’Alzheimer.L’horreur.L'Alzheimer, c’est le pire des viols.Ne pas se rappeler des plus beaux moments.Etre perdu ' à soi-même.Parce qui ne faut pas se le cacher, la vie *.est bien plus belle quand on s’en souvient que quand on la vit.L’arrière-goût a toujours meilleur goût.Un souvenir, c'est le cinéma intérieur qu’on se fait jouer en représentation très privée les jours de - pluie ou qu’on se passe et se repasse sur l’écran .noir de nos nuits blanches.; Ceux qui disent qu’avec le temps les choses pâlissent sont de fieffés menteurs.C’est avec les années qu'elles prennent le plus de couleurs.Dans le rétroviseur, les lauriers sont toujours plus roses, les cours d’école nous apparaissent plus grandes, les hommes plus beaux et plus gentils.Le temps efface les rancœurs, la mauvaise haleine et les méchancetés du quotidien.Et quand on quitte un homme qu'on a aimé, au lieu de lui dire: «je préfère qu’on reste amis», on devrait avoir l’honnêteté de lui annoncer: «je t’aimerai plus dans mes souvenirs.» Parce qu’on n'est rien déplus que la somme de nos souvenirs.Si on perd là mémoire, on perd son identité.Les premières odeurs, les premiers touchers forment l’essence même de notre personnalité.Et on n’est pas le même être humain selon que nos images d’enfance s’appellent La Riboul-dingue, L’île aux enfants ou Sesame Street.Pas étonnant, d'ailleurs, qu'au moins deux de nos auteurs aient fait de leurs réminiscences un fond de commerce.Dany Laferrière repeint aux couleurs de la nostalgie son enfance en Haiti.Et je sais que vous êtes plusieurs à préférer dans toute l’œuvre de Michel Tremblay ses souvenirs de théâtre, de cinéma et de lecture.Nostalgie quand tu nous tiens.11 faut reconnaitre que le pouvoir d’évocation est un puissant euphorisant.le meilleur antidépresseur en vente libre.A trip down memory lane.On n’est jamais vraiment seul quand on a une bonne mémoire.Et il est certaines fines bouches qui, quand elles s'ennuient profondément, se rappellent à qui mieux mieux .leurs meilleurs repas, en se récitant, les tannes aux yeux, leurs plus beaux menus dans le.menu détail.Otage à Beyrouth, Jean-Paul Kauffman se repassait en boucle ses plus délectables dégustations de grands crus de Bordeaux pour ne pas devenir fou et faire écran à la barbarie ambiante.Georges Perec a pondu sur ce thjème un monologue présenté ici par Sami Frey.A califourchon sur sa bicyclette, le bel acteur tournait en rond sur lui-même en nous racontant sa vie à coup de flash back.Chacune de ses phrases commençait par.«Je me souviens.C’était d’ailleurs le titre de la pièce.Je m’en souviens très bien.Alors, on devrait peut-être tous se faire une liste de nos plus beaux souvenirs.Au cas où.On ne sait jamais.Le goût très prononcé de sa toute première crème glacée à la pistache.La configuration exacte, presque centimètre par centimètre, d’un appartement où l’on a été particulièrement heureux.Les minutes d’attente infernale devant un premier test de grossesse pins la réaction violente quand on apprend que.La transparence méditerranéenne de la mer dans une crique grecque, sous le soleil exactement.Les larmes qu’on a versées le jour où l’on a appris que Sylvain ' lelièvre était mort.le rose infiniment doux d’un magnolia en fleurs rue Prince-Arthur.La douceur du gilet de cachemire de son père quand on venait se blottir contre lui à son retour du travail Les plus anodins comme les plus jgrandioses.Peu importe.Ce strait comme notre pièce d’identi-.té, la carte routière des chemins de notre vie.Et si • l’on se retrouvait frappé d'Alzheimer précoce, on pourrait le sortir de notre veste, cet aide-mémoire .de notre mémoire défaillante.Vous vous souvenez du réalisateur de Mon oncle Antoine?On a retrouvé à sa mort la note suivante au fond de ses poches: «Je m'appelle ClaudeJutra.Je suis cinéaste.» HABITATION I On ignore trop l’œuvre des architectes québécois, et notamment celle de Pierre Thibault, l’architec- TE SANS FRONTIERES.EXPOSÉ ET CÉLÉBRÉ A PARIS, TOKYO OU VANCOUVER, IL DEMEURE QUASIMENT INCONNU DE NOTRE GRAND PUBLIC ICI.ET POURTANT SA MANIERE DE TRAVAILLER NE CESSE D'INTERPELLER ET DE FASCINER.L'architecte Pierre Thibault est un alchimiste entre l'architecture vernaculaire et la grandeur de la modernité.PHOTOS ALAIN LAFOREST Pierre Thibault, l’architecte sans frontières EMMANUELLE V1EIKA Pierre Thibault est un architecte qui voyage, mais c’est pour mieux revenir au territoire auquel il est plus particulièrement attaché: le Québec.11 en aime les paysages et parle avec l’émotion d’un enfant du grand nord ou encore du parc de la rivière Mitis, projet dont il s’occupe actuellement en Gaspésie.Il a beaucoup travaillé avec les Amérindiens avec lesquels il partage un amour profond pour la nature, et trouve leur architecture éphémère pleine d’intelligence.Perpétuellement à l’écoute du monde, il est reconnu par ses pairs pour être un alchimiste entre l’architecture vernaculaire et la modernité: il sait habilement faire ressortir ces lignes subtiles qui unissent les icônes du passé à ceux du présent.L'architecture est véritablement un mode de vie pour lui.Son agence, fondée depuis près de 15 ans, est un bel exemple de cohabitation: «on est une équipe soudée, chacun a ses compétences.» Cela se ressent dans la qualité des œuvres qui, pour la plupart, ont été primées.Pierre Thibault est le seul architecte canadien à avoir reçu le prix Ronald J.Thorn en design architectural et le prix de Rome du Conseil des arts du Canada (1997).Ce dernier lui a d'ailleurs permis de séjourner à Rome l’année suivante, où il a pu prendre du recul pour mûrir ses perceptions de l’espace et du temps: «À Rome, j'étais dans un état d’acuité phénoménal.Les dômes des églises me faisaient penser aux igloos.J'aimais faire cette association d’images, ce jeu de croisement de formes primitives comparable à ce qui se passe actuellement sur la planète.» Pierre ITiibault, à l’image du brassage culturel qui s’opère autour de lui, croit que l'architecture a aussi son rôle à jouer.Il est convaincu que l’espace architectural nous conditionne et nous transforme plus qu’on ne le croit — d’ailleurs il a horreur de l’uniformisation ! Son rêve serait que les gens apprennent à cultiver cet état de disponibilité qui permet de voir autrement, d’évoluer, d’assimiler.Au Québec, l'espace et le temps varient selon les saisons.I.a traversée d'un lac semble beaucoup plus longue en hiver qu'en été, comme si le temps et l’espace se dilataient.Or, Pierre Thibault constate que ce fabuleux pouvoir de transformation des saisons est très peu exploité dans l’architecture d’aujourd'hui.D'ailleurs les gens auraient tendance à vivre à 20° C toute Tannée, ce qui veut tout dire.«En 20 ans j'ai fait à peine une vingtaine de projets, et je l’ai fait par choix.Je choisis mon rythme de travail et les clients avec lesquels je vais travailler pendant de nombreuses années, le but final étant d'en ressortir enrichi et grandi.» La plus grande évolution de Pierre Thibault s'est faite sur un plan personnel.Cet épicurien radieux ose emprunter d'autres sentiers, il s’amuse avec la matière première comme un enfant qui façonne des formes avec instinct et tendresse.Il y a des étincelles dans ses yeux quand il parle d'architecture, mais surtout quand il parle de la vie.À voir / À lire ¦ Exposition Laboratoires au CCA jusqu’au 15 septembre.Grande Salle.Une réflexion de six jeunes agences autour de l'architecture en tant que mode de pensée.Pierre Thibault y présente son installation Écriture mémoire dans la deuxième salle.¦ Temps et Matérialité, Pierre Thibault.Editions D-s Heures bleues ¦ www.pthibault.com (essayez d’aller visiter les projets sur place!) Au Québec, l’espace et le temps varient selon les saisons.La traversée d'un lac semble beaucoup plus longue en hiver qu’en été, comme si le temps et l’espace se dilataient.Or, Pierre Thibault constate que ce fabuleux pouvoir de transformation des saisons est très peu exploité dans l’architecture d’aujourd'hui.i'jjj-fkj/j.b IJ «r , J d Blb date de parution: 25 mai 2002 LE DEVOIR LE DEVOIR.LES S A M EDI 1 ET D 1 M A X (' Il E I 1 M A I O O 2 K DESIGN samedi Pour bénéficier d’une atmosphere qui a de la gueule, le recours au faisceau LUMINEUX EST EVIDEMMENT IN-DIS-PEN-SA-BLE.L ART DE DISTILLER LA LUMIERE POUR creer l’effet voulu est subtil et fin car l'éclairage créé ou défait l'ambiance.c#-\.PHOTOS JACQUES NADEAU Lormée à l’Ecole des arts décoratifs de Paris, Thérèse Heitz s’inspire de l’œuvre d'Isamu Nogushi Que la lumière soit Métissages éclectiques et exotisme inspiré MADELEINE LEBLANC eux qui détiennent le haut du pavé en matière d'éclat contenu seraient dorénavant les Allemands qui ont, comme en bien d’autres matières, damé le pion aux Italiens.Parmi les chefs de fde allemands qui offrent des produits très haut de gamme, on retrouve la compagnie Anta, qui crée et produit des lampes d’intérieur sublimes depuis plus de 25 ans en ayant toujours recours aux services d’excellents designers industriels.A l'autre bout du spectre se trouvent des artisans pour qui la lumière apporte aussi une dimension singulière.Il y a tout juste un an, Thérèse Heitz ouvrait la boutique Watt située au 4477, de la Roche à Montréal (528-0101).Utilisant vinyl, carte-parchemin ou son propre papier marbré, elle cherche à créer des formes inusitées puisque le simple abat-jour conique a été vu et revu.Formée à l’École des arts décoratifs de Paris, ayant tour à tour agi comme étalagiste, professeure et conseillère en décoration, elle s'inspire notamment de l’œuvre d’Isamu Nogushi (Américain né d'un père poète japonais), sculpteur et dessinateur qui a créé de nombreuses lampes dites Aèan aux formes organiques peu conventionnelles.«Je privilégie les lignes pures, mais je suis aussi capable de faire des choses très fofolles.Ce que je fais appartient à mon époque.Je travaille en tenant compte des espaces restreints des lieux d’habitation.Cela se traduit par une recherche de nouvelles formes.Par exemple, je vais privilégier les triangles, qui prennent moins de place que les ovales.En créant quelque chose de plus étroit, on ne mange pas tout l’espace d’une pièce.» Thérèse Heitz déplore par ailleurs que souvent les gens déterminent le choix des lampes après celui du mobilier.«Cet aspect est souvent négligé.Iss lampes donnent du cachet et de l’ambiance aux pièces.Je prêche bien sûr pour ma paroisse.Moi qui aime bien la couleur, je m’aperçois que les gens sont encore très attachés au blanc-crème, à l’ivoire, à ce qui est passe-partout, comme si la couleur les dérangeait.» Pour renouveler son bassin d’idées, Thérèse Heitz consulte beaucoup ce qui se publie, tient à voir ce qui se fait et croit aux métissages éclectiques.«On ne peut pas s’enfermer dans un placard pour créer.Le travail des autres nous donne des idées.On ne peut être créatif et rester dans son petit coin.Les artistes de n’importe quelle discipline diraient la même chose.» L’inventaire de chez Watt témoigne d'ailleurs d'un goût marqué pour un certain exotisme envoûtant.Des lampes d’Indonésie, d'Inde ou d'inspirations marocaine, orientale, voire chinoise côtoient sa propre production ou celle d'artistes d'ici comme Charles Valcourt % W" «On ne peut pas s'enfermer dans un placard pour créer.l£ travail des autres nous donne des idées.On ne peut être créatif et rester dans son petit coin.Les artistes de n 'importe quelle discipline diraient la même chose.» ml ¦m2 ii ii i «*’)»* e TI»! i '«I i;t*« SANTÉ Trompe la mort S C« rôle Va ! ! id re s ?Il y a longtemps, une histoire dramatique m’a heurtee par ricochet, line amie pour qui j'avais de l'admiration quittait son conjoint avec qui elle vivait depuis plusieurs années.Un jour, j'apprends que son ex est à l'hôpital, il a voulu se suicider.Comment l’en a-t-elle empêché?Elle l'a cherche alors qu’il allait commettre l'irréparable, elle m'a dit: une intuition.File Ta conduit à l'hôpital, où je suis allée le voir.Il s'était fait expliquer qu’à un certain moment, le cerveau fabrique son propre poison, tu ne vois plus clair, tu es entraîné vers le fond.Cela m'avait impressionnée.Plus tard, avec un psy, il avait compris qu’il avait confondu amour et identité.Si tu ne m’aimes plus, je n'ai plus de raison d’exister.«Chez les hommes, la première confidente.c’est la conjointe.Alors quand on se séparé, on perd sa source de réconfort.C'est très dangereux», me dit Lucie Charbon neau.directrice de l’Association québécoise de suicidologie qui sera en congrès la semaine prochaine.Elle ajoute: «Un gars, c'est un gars.On va pas lui demander de devenir une fille, mais qu'il devienne attentif quand les comportements de ses amis changent; les hommes devraient développer leur système d'alarme.» Le mois de mai est statistiquement dangereux pour les suicides.Iaj magazine rapporte que dans l’hémisphère Nord, nous avons des pics épidémiques en mai et juin, alors que dans l'hémisphère Sud, c’est en novembre et décembre.Le manque de lumière et la production corollaire de mélatonine, qui joue un rôle dans la régulation des humeurs, sont parmi les hypothèses de recherche les plus plausibles.Mais on est tous privés de lumière.Il y a donc des complications émotionnelles qui s'ajoutent, les difficultés de la vie devant lesquelles on se sent impuissant.Si on ne demande pas d’aide — et je ne parle pas nécessairement d’aide professionnelle — on risque ultimement la violence envers soi.Au Québec, on le sait, ce sont les hommes qui se tuent.Chez les moins de 30 ans, le suicide est devenu la première cause de mortalité, «mais ce ne sont pas les jeunes qui sont le plus à risque: ce sont les baby boomers», m’explique le professeur Brian Mishara du CRISE, le Centre de recherche et d'intervention sur le suicide à TUQAM.«Chez « Chez les hommes, la première confidente, c’est la conjointe.Alors quand on se sépare, on perd sa source de réconfort.C’est très dangereux » les journalistes, il y a peut-être une fascination envers les jeu nés.» Le suicide est-il devenu une sorte de mode médiatique?U's gens du milieu le croient.Dans les téléromans aussi bien que dans l'actualité, on propose une certaine image du suicide qui choque ceux qui veulent le prévenir.La mentalité actuelle voit le suicide comme un choix personnel.Le suicide comme une option valable.Lucie Charbonneau: «lx suicide est une absence d'alternative.C'est tuer la souffrance.Ce n'est jamais un acte rationnel, toujours un acte de desespoir.» Brian Mishara: «Pour être capable de se tuer; il faut croire que le suicide est acceptable, avec certaines méthodes acceptables.En Angleterre, on a rationné le Tylenol: le taux de suicide a diminue, car le moyen acceptable n'était plus disponible.» M.Mishara est critique face aux média: «I/'s reportages disent que telle personne avec tel problème s'est tuée.Im réalité, c'est que la grande majorité des gens aux prists avec ce genre de problème ne se suicide pas.Faire le lien entre un problème et un suicide est simpliste, une analyse qui fait l'économie des fycteurs de risque, car le suicide est toujours multifactoriel.» Un grand sujet, le suicide, grave, moral, social, médical.«Il faut faire du suicide une priorité nationale.On a décidé de diminuer les morts sur la route, on a réussi.Qu'on prenne le suicide avec le même sérieux».dit Mme Charbonneau, «en sachant que pour les suicidaires, assurer un suivi est hyper important».1 levant un futur suicidé, on paralyse.Devrais-je m'en mêler?Que dire?IXiis je imposer une intervention?C'est là que tous les Suicide-Action sont utiles.On glisse leur numéro de téléphone sur un bout de papier pour la poche, on dit: «appelledes».On en parle au patron, au psy de l'entreprise, au parent du jeune, bref à quelqu’un qui pourra réagir, on appelle la police si on sait que le coco est armé, et qu’il a lancé: «en fin de semaine, j'en finis.» On l’emmène à l’urgence s'il n’en peut plus.Même si on pense que les flics vont réagir tout croche, ou que l’urgence et Tenter sont des synonymes modernes.Mourir est pire que tout ya.On ne laisse pas seul un suicidaire.«Viens coucher n la maison en fin de semaine.» Il ne veut pas?On passe le mot pour que tout le monde l'appelle, tout le temps.In grande majorité des gens qui ont des pensées suicidaires ne passent pas à Tacte.Est-ce une raison valable pour taire ce qu’on perçoit de souffrance?Les hommes sont fragiles.Les hommes sont vulnérables.Comme tout le monde, quoi: pas en toute circonstance, mais intrinsèquement C’est pas un drame.De l’aide: 1-866-APPELLE (1-866-277-3553) La suicidologie en congrès : http://www.cam.org/aqs/activ/col/2002/ Des commentaires: valliecafahotmail.com SACHEZ RECONNAÎTRE LES SIGNES AVANT- COUREURS DE L'ACCIDENT VASCULAIRE CÉRÉBRAL «/ FAIBLESSE Faiblesse soudaine, engourdissement et/ou picotement au visage, dans un bras ou une jambe.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.