Le devoir, 15 mai 2006, Page(s) complémentaire(s)
LE DEVOIR.LE LUNDI 15 MAI 2 0 0 6 A 3 Chantal Hébert Le bulletin des 100 jours Aucun premier ministre récent du Canada n’est arrivé au pouvoir avec aussi peu d'expérience de gestion que Stephen Harper.Contrairement à Pierre Trudeau, Jean Chrétien ou Paul Martin, il n’avait jamais dirigé un ministère.Contrairement à Brian Mulroney, il n’avait pas piloté une grande entreprise.Pour un parcours presque sans faute depuis son assermentation, le premier ministre néophyte mérite un A.La réduction de la TPS et l’allocation de 1200 $ pour les nouvelles familles avaient une place de choix dans le dernier budget Les projets sur la loi et l’ordre ont été inscrits au feuilleton.Le projet de loi sur la responsabilité gouvernementale également.Aucun lapin inattendu n’est sorti du sac conservateur.Pour promesses électorales tenues, le gouvernement mérite un autre A Cent jours après l’assermentation du gouvernement Harper, le Canada a abandonné des pans complets de l’action libérale sur le front de l’environnement et de la politique autochtone.Les relations ca-nado-américabes lui tiennent de plus en plus lieu de relations internationales.La guerre contre le terrorisme prend le pas sur l’action humanitaire.Les cinq priorités du gouvernement n’ont rien de structurant Elles marient l’électoralisme avec le simplisme.On a affaire ici ou bien à une carence de vision ou bien à une volonté de s'assurer d’une majorité gouvernementale avant de mettre un programme véritablement conservateur en chantier.C+ Le règlement sur le bois d’œuvre a rallié les provinces en cause.Un calendrier a été mis en place pour négocier un nouvel équilibre fiscal.En se dotant d’un échéancier relativement serré, M.Harper s’est assuré de négocier avec un premier ministre québécois fédéraliste.Mais il semble également prendre plaisir à empoisonner ses relations avec l’Ontario libéral, une stratégie — si c’en est vraiment une — qui ne semble pas particulièrement constructive.Pour l’ensemble du début de l’œuvre du gouvernement Harper en matière de relations fédérales-provin-ciales: B Dossier Canada-Québec: la conclusion rapide d’une entente sur l’UNESCO a permis à Stephen Harper de régler le dossier à peu de frais.Les seules vraies voix discordantes ont été celles du Bloc et du Parti québécois.Le récent document fédéral sur le déséquilibre fiscal fait finalement une plus grande place à la volonté du premier ministre Harper de pratiquer un fédéralisme moins brouillon qu’aux prétentions des provinces en matière fiscale.En attendant de passer aux choses sérieuses: B Dans la guerre larvée que le premier ministre mène contre la tribune de la presse parlementaire, Stephen Harper dispose d'une longueur d’avance.Du discours du Trône au budget en passant par la mission en Afghanistan et par le projet sur la responsabilité, le gouvernement a jusqu’à présent contrôlé ses communications à son avantage et fait l'envie, ce faisant de ses adversaires: B Plus de 100 jours après la fin de la dernière campagne électorale, Stephen Harper ne désarme pas.En Ontario, il a pris fait et cause pour son allié conservateur John Tory contre le premier ministre libéral Dalton McGuinty.Au Québec, il utilise systématiquement sa tribune de premier ministre pour pourfendre le Bloc.Son gouvernement pourrait relancer l’affaire des commandites en mettant les tribunaux aux trousses du PLC.Tout cela risque de finir par donner l'ijnpression que le parti au pouvoir met l'appareil de l'Etat au service de ses objectifs électoralistes: C En tenant son Conseil des ministres en laisse, M.Harper donne à plusieurs de ses ministres le temps de faire leurs classes.Certains en ont davantage besoin que d'autres.En 100 jours, on a pu constater que le trio ontarien de Jim Flaherty aux Finances, Tony Clement à la Santé et John Baird au Conseil du trésor était nettement plus solide que le quintette québécois.Gordon O’Connor à la Défense est un maillon faible du cabinet Le recrutement de David Emerson au Commerce international valait son prix politique.Apparemment nommés pour éteindre les feux à l'Environnement et aux Affaires autochtones, Rona Ambrose et Jim Prentice pourraient se briller à la tâche.En attendant que M.Harper donne à ses ministres l'occasion de se faire voir (et valoir) davantage: B Décapité, le Parti libéral n’est pas en état de donner du fil à retordre au gouvernement Dans les circonstances, les efforts de Bill Graham sont plus que vaillants.En régie générale cependant, l'aile parlementaire du PLC est devenue une machine à tuer le temps en attendant d’avoir un chef C La vie au Parlement n’a jamais été aussi dure pour le Bloc québécois.Depuis 100 jours, le parti a continué à perdre du terrain dans les intentions de vote au Québec.Le budget fédéral l’a placé en por-te-à-faux avec le PQ.Sur un plan plus personnel, Gilles Duceppe, qui était la coqueluche de l'électorat à la même date l’an dernier, a glissé de l'écran radar depuis qu’il a passé son tour à Québec: C En termes mathématiques, le NFD dispose de la balance du pouvoir au Parlement Mais la configuration politique de la Chambre ne lui permet pas d'en profiter.Si le NPD veut tirer avantage du désert libéral, il devra se trouver d'autres tribunes et d’autres façons de se faire valoir, faute de quoi il risque de devenir le grand oublié de l'actualité politique de la prochaine année : C+ Au total après 100 jours au pouvoir, le gouvernement Harper mérite amplement la note de passage, mais ü est trop tôt pour prédire s'il franchira avec succès les étapes qui le mèneraient a une majorité au prochain scrutin.cheberfathestar.ca Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.Sa chronique sera de retour dans trois semaines.Après 100 jours au pouvoir, le gouvernement Harper mérite amplement la note de passage POLITIQUE Conférence de la Francophonie de Winnipeg Louise Beaudoin demande à Charest de protester contre l’accueil réservé à Diouf MICHEL DOLBEC Paris — L’ex-ministre péquiste Louise Beaudoin juge -honteux» l’accueil que le Canada a réservé à Abdou Diouf, le numéro un de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIE).Selon elle, le premier ministre Charest doit montrer sa solidarité» avec le secrétaire général de l’OIF et réclamer que Stephen Harper lui présente des excuses en bonne et due forme.-Le Québec ne peut pas rester en retrait dans cette af faire, a estimé Mme Beaudoin hier en entrevue.Jean Charest doit aller au-delà de ses bonnes relations avec le premier ministre Harper, ou encore s’en servir, pour lui faire comprendre qu 'on ne traite pas le secrétaire général de l’OIF comme ça.Cest honteux II faut protester.On ne peut pas laisser passer ça.» La venue au Canada de l’ancien président du Sénégal, qui participait au Manitoba à une conférence ministérielle de la Francophonie sur la prévention des çonflits, a été marquée par un incident diplomatique.A son arrivé à l'aéroport Pearson de Toronto, mercredi, M.Diouf, malgré son passeport diplomatique et sa stature internationale, a été fouillé.L'entretien qu’il devait avoir à Ottawa avec le premier ministre Harper a par ailleurs été annulé, apparemment à la suite d'un -malentendu».Louise Beaudoin voit dans «l'addition» de ces deux incidents l’expression d’un certain état d'esprit.-Ça révélé une manière d’être des conservateurs, observeL-elle.Ce sont des maniaques de la sécurité àja manière de George Bush et ça commence à paraitre.À cela s’ajoute le fait que la Francophonie n 'est pas du tout une priorité pour eux Le seul intérêt de Harper, ce sont les États-Unis.» Une deuxième humiliation L’ancienne ministre des Relations internationales et de la Francophonie affirme que -Jamais le gouvernement du Parti québécois n 'aurait laissé passer un tel manque de considération».Celui de Jean Charest doit donc, selon elle, joindre sa voix à celles des autorités sénégalaises et de l’opposition à Ottawa, qui ont réclamé des excuses officielles.Jusqu’ici, le gouvernement fédéral, par la bouche du ministre des Affaires étrangères, Peter Mac Kay.s’est contenté de juger l’affaire -très regrettable».-Le pire, c'est qu Abdou Diouf avait été victime d'un incident semblable aux États-l fois, il y a quelques années, à cause de la politique ultmsecuritairr des Américains, a raconté Mme Beaudoin.Il m'avait dit qu 'il s était senti profondément humilie.Il s'interrogeait même sur l'opportunité de retourner là-bas.Je crois qu 'il a dû être très blessé d'avoir été accueilli de la même manière dans un pays membre de la Franeoplumie.» Louise Beaudoin se trouve en France dans le cadre de ses activités universitaires.Aujourd’hui, elle part donner une série de conférences au Kurdistan irakien, où l’on s’intéresse à l’expérience internationale du Québec.Ifovsse canadienne Ottawa refuse toujours de faire des excuses SYLVIE BRIAND Winnipeg — les ministres et délégués des |>ays de la Francophonie se sont engagés hier à Wiiv nipeg à renforcer leur présence en matière de maintien de la paix, au terme d’une conférence marquée par le coup de colère du Senegal contre l'accueil réservé |xir le Canada à Abdou Diout, secrétaire général d’Organisation internatiomüe de la Francophonie (OIF).S'exprimant pour la première fois sur cette affaire, M.Diouf a déclaré hier à la presse nôtre -pas étonné qu’il y ait eu de l'émotion au Sénégal concernant ce qui s’est passe».-Je suis citoyen sénégalais et ancien présùlent de la République du Senegal», a-t-il tenu à souligner.Une porte-parole du premier ministre Stephen Har per a indiqué d;uis la soirée* que celui-ci avait ai>pclé M.Diouf au telephone et lui avait exprimé ses «regrets».Au cours de la conversation, M.1 bout a juge -que l'affaire était close», a ajouté la porteparole.Le chef de la diplomatie sénégalaise Cheikh Tidiane Gadio avait exigé la veille, en pleine séance plénière, des -creuses publiques» du premier ministre canadien Stephen Ifruper pour cet -incidentgrave».Ottawa a rejeté la demande sénégalaise en rappelant que le ministre canadien des Affaires étrangères Peter MacKay avait déjà exprimé ses -profonds re grets» à M.Diouf pour cette «faire qui a jeté un froid sur la conférence.la ministre canadienne de la Coopération internationale et de la Francophonie, Josée Vei ner, a cependant qualifié de -réussite» cette réunion qui -a rertfircé le potentiel de la Francophonie à résoudre les conflits».1 es ministres — une vingtaine de |>ays africains — et délégués des fvl pays et gouvernements membres de l’OIF ont notamment réitéré leur engagement à -assurer une plus finie participation des pays de l'OIF aux opé-mtums de maintien de la paix, m étroite coopération avec l’ONU», ainsi qu’à -renforcer les capacités des États dont les moyens sont insuffisants», dans une déclaration commune.Ils ont également demandé à M.I )iouf -d’exami nerlrs possibilités pour l'OIF d’être associée» à des programmes comme Recamp (Renforcement dos capacités africaines de maintien de la jxùx) mis sur |>ied par la France.Ils ont enfin souhaité un renforcement de la formation linguistique des contingents non francophones déployés dans des pays de l’( )1F Plus de la moitié des Casques bleus déployés dans le monde le sont dans des pays de l'OIF, comme la Côte d’ivoire, le Burundi ou Haiti.Agence France-Presse Descente spectaculaire JACQUES GRENIER EE DEVOIR -t.CES DEUX BRAVES ont effectué une descente spectaculaire au cœur du Festival plein air de Montréal, hier, au parc Jean-Drapeau, à l’aide de deux câbles de 150m tendus côte à côte.Durant tout le week-end, en dépit du mauvais temps, les participants ont pu, entre autres activités, faire du kayak ou s’exercer à l’escalade.Conférence des Nations unies sur les changements climatiques Le Canada sera sur la sellette à Bonn Les environnementalistes canadiens se rendent en Allemagne pour dénoncer la position d’Ottawa par rapport au protocole de Kyoto ALEXANDRE SHIELDS Alors que la conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui s’ouvre aujourd’hui à Bonn, doit porter principalement sur l’apres-Kyoto, les environnementalistes comptent dénoncer à la face du monde la position du Canada dans le dossier des changements climatiques.Ils accusent d’ailleurs le gouvernement conservateur de s'être inspiré d’un document américain vieux de trois ans pour élaborer sa stratégie de communication en matière de changements climatiques.Selon eux, le cabinet de Stephen Harper a décidé d’adopter presque intégralement les recommandations faites en 2003 au Parti républicain par le spécialiste des sondages et des communications américain Frank Luntz.fi s’est rendu célèbre en formulant un «langage guidé», soit l’utilisation de messages simples, bien éprouvés et souvent répétés pour faire accepter par un public méfiant des politiques potentiellement Impopulaires.Ainsi, selon lui, il vaut mieux parler de -changements climatiques» que de -réchauffement planétaire», parce que la demiere expression semble plus menaçante.M.Luntz a aussi souligné la nécessité de -contrer la certitude scientifique» et de -minimiser les aspects négatifs des changements climatiques», a expliqué hier le porte-parole de Greenpeace-Québec, Steven Guilbeault, avant son départ pour Bonn.-Si vous considérez l’avis qu’il a donné aux Parti républicain il y a quelques années et que vous comparez avec ce que disent les conservateurs aujourd'hui, c’est comme du couper-coller», a-t-il affirmé.De plus, •en effectuant une compilation de citations de ministres conservateurs, notamment de la ministre de l’Environnement (Rona) Ambrose, avec ce que le président américain George W.Bush disait à l’époque où les Etats-Unis ont choisi de tourner le dos au protocole de Kyoto, nous avons constaté une très grande similitude dans le discours», a soutenu M.Guilbeault D'ailleurs, selon Greenpeace, depuis qu’ils sont au pouvoir, les conservateurs se sont engagés à adopter des mesures pour réduire la pollution de l’air et des eaux, mais ils ont évité toute discussion sur les compressions dans les programmes destinés à la protection de l’environnement et plusieurs de ces programmes ont été éliminés.•La réalité, c’est que le gouvernement Harper a bien étudié les tactiques républicaines et les adopte une par une», a affirmé la directrice du Sage Climate Project Iziuise Comeau.•D’abord, vous devez vous engager devant votre auditoire à protéger l’environnement, mais expliquer qu'il y a des façons plus efficaces et plus intelligentes de le faire», soulignait aussi M.liintz, dans une note remise en 2(X)3 invitant k*s républicains a faire valoir k* bon sens et la bonne gestion des fonds publics.M.lointz a rendu visite au premier ministre Stephen Harper au début du mois de mai.Il a alors décrit les conservateurs comme d
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