Le devoir, 20 mai 2006, Cahier D
E DEVOIR.LES SAMEDI 20 ET DI M A N (' H E 21 M A 1 2 0 0 li CONSOMMATION Le silence des clients mécontents Page 4 SAVEUR] Macarons, le retour Page 5 JARDINS \ A l’ombre des pommiers en fleurs Page (î • î : - ^ -vT .Stupeur et tremblements TOKYO r PHOTOS (iAKY IJVWKENt l1 Tokyo by night.En haut: le Cozu-Play.Chaque dimanche, cette sorte de dessin animé grandeur nature voit défiler nombre de jouvencelles accoutrées comme si elles auditionnaient pour un film XXX que Tim Burton aurait écrit après avoir pris du LSI).Dans la capitale nippone, on peut se perdre dans la traduction mais se retrouver en pleine tradition.Pester contre la modernité mais tester sa résistance à l’urbanité.Louvoyer dans le ras-le-bol de la circulation mais être noyé par un raz-de-marée de stimulations.Se régaler à profusion mais surtout se nourrir d’illusions.Bienvenue sur la planète Tokyo.GARY LAWRENCE okyo — •Finalement, tu veux savoir ce que c’est avant ou après y avoir goûté ?» Euh.après?Quelques savoureuses becquetées plus tard, un roulement de tambour (avec baguettes asiatiques) résonne dans ma caboche, devant l’imminence de la révélation du contenu de ce suprême repas.— Alors, dans l’ordre, tu as mangé du sushi de baleine, de la cervelle crue de crabe1 et du foie gras de poisson.— Du foie gras de poisson ?Wow ! Et cette sorte de grosse nouille udon.la?— Ça?C’est du shirako.quelque chose comme des amourettes de poisson, ou plutôt le sac où il emmagasine sa semence.Cru, bien entendu.Deuxieme service.Une assiette de tentacules atterrit devant nous.Suspense.— Dis donc, est-ce que je rêve ou bien ça grouiDe, là?— Ah ! tu les as vus bouger’ D’habitude, ils remuent davantage; mais peu importe, c’est bon signe, ça veut dire que la seiche était extrêmement fraiche et qu’on vient tout juste de lui couper la tête mais que le message du cerveau ne s’est pas encore rendu jusqu'à la demiere ventouse.Avant d’y mettre les pieds, il est plutôt ardu d’imaginer tout ce qu’il est possible de vivre ou d'experimen-ter a Tokyo.Dans cette megapole monstrueusement godzillesque et peuplée au bas mot de 35 millions d’âmes, on peut se faire curer les oreilles dans des salons spécialement dédiés a cette fin, demeurer stupéfait devant une cuvette qui analyse le contenu des re- buts humains (au Toto Space Center), visiter un musée consacré au sel et au tabac, assister aux obsèques bien réeDes d’un personnage fictif de manga, pénétrer dans une boutique Snoopy aussi vaste qu’un Renaud-Bray, palper des œuvres d’art à l’aveugle au lieu de les reluquer (à la Gallery Tom) ou être saisi d’effroi devant un ténia de 8,8 mètres (au Musée du parasite).Où que l’on soit sur Terre, Tokyo a peu ou prou d’égal pour susciter autant de stupeur et de stupéfaction, autant de trémolos et de tremblements d’étonnement.Aussi insaisissable qu’une carpe japonaise qu’on tenterait de pêcher a mains nues, aussi indéchiffrable que 12 idéogrammes superposés, la capitale de l’Etat nippon nécessite tout un décodeur pour pouvoir lire les premières lignes de son programme.Déjà, en déambulant le long de ses avenues souvent dépourvues de joliesse, on voit bien que la ville la plus populeuse du globe a un gros grain de folie, surtout quand on tombe devant la ruche translucide de l’immeuble brada, le bloc de gruyère vitré de la boutique Tod’s, le monolithe de briques de verre de l’immeuble Hermes ou le bizarroïde collège technique Aoyama, sorte de lépidoptère architectural aux allures de transformer.Quant a la dynamique Flamme d’Or de Philippe Starck, on comprend vite1 pour quoi les Tokyoites l’ont affectueusement surnommée le «colombin doré» (traduction libre).Cité archidynamique où rien ne se sait mais ou tout s'essaie, ou tout se tait et rien ne s’étaye, Tokyo se trouve aussi perpétuellement englouti par un tsunami d’êtres tantôt rangés et discrets, tantôt flamboyants mais circonspects.Aux côtés de mornes salarymen tout de noir vêtus, la jeunesse délurée déferle daas un maelstrom circassien digne d'un long métrage feHinien.— Excusez-moi.madame, mais auriez-vous un problème d’autisme vestimentaire ?—Je vous demande pardon?— Je veux dire.Cet accoutrement innommable jupe aqua, bottes de cuir rose, chemisier rayé mauve, bourse pur plastoc orange et veste en vinyle bleu — ressemble à s’y méprendre à un plat de sushi de plastique qui se serait décoloré en vitrine .— Mais monsieur, c'est ça, fa mode, ici.Si la conversation qui précède est fictive, elle aurait très bien pu se dérouler à Tokyo, tant cette cite tâte tout ce qui se tente en termes de tendances Glougloutant labo qui bouillonne d’idées nipfxmes, l'cx-ca pitale du shogunal Tokugawa s’amouraille chaque jour d’une nouvelle livrée, au cas où fa combinaison serait fa bonne.Et elle finit toujours par La trouver.Parfois, au détour de certaines rues, on ressent l'impression de pénétrer dans les cases de truculents mangas, ces «dessins fous» dont sont si friands les Tokyoites.C'est particulièrement le cas sur Takeshi ta dori, une rue piétonnière aussi pentue que courue, où on assiste en permanence au télescopage des cultures, des époques et des styles, tant dims la palette des ados lassants que dans les boutiques qui proposent leurs panoplies néo-rockabilly-trash, funky-soft punk ou post-über-gothique.Poussée a l’extrême, cette rébellion d'une frange jeuniste contre la rigidité parentale nippone trouve son ultime expression dans le Cozu-Pfay, ou Cos-Hay.Chaque dimanche, cette sorte d'anime (dessin ani mé) grandeur nature voit défiler nombre de jouven celles accoutrées comme si elles auditionnaient pour un film XXX que Tïm Burton aurait écrit apres avoir pris du LSD : punkettes coquettes, boniches lu briques, lolitas licencieuses et écolières racoleuses posent aux côtés d’infirmieres aux mœurs légères Alignant des Mini-Fée postnucléaires, sous l'œil intrigué de lutines en latex et autres pokewomans - ou pokémon humaines.Sûr qu'un de ces jours quelqu’un se travestira en Kato sado-maso ou en Demetan dominateur KJi55, n’importe quel matin de fa semaine.Une file d'attente latente de plusieurs centaines dr Tokyoites fébriles défile devant ( hnotesando Hills, qui ouvre ses portes à 1 lli Non, il ne s’agit pas d’un centre sjxirtif, d'un théâtre ou de fa future salle permanente du Cirque du Soleil au demeurant plus |x>puLiire à Tokyo que nulle par ailleurs dans le monde En fait, ( imotesando I fills n’est qu’un centre comtnenria], nuiis le plus hu|>j)é deTokyo, l'ultime autel où les Tokyoites rivent de faire leurs offrandes aux dieux consommatoires, quïls vénèrent plus que tout d;uis leur pinthéon I lifficile d'imaginer plus shopaholic qu’un Tokyoite, meme s'il s'agit d’un Tokyoite interrompu dans ses elans dé|>ensicrs parc < que fraîchement congédie Meme au plus flasque du dégonflement de la bulle qiecubitivo, il y a quelques années, la capitale de la deuxieme économie mondiale n’avait j»as |>erdu son statut de haut lieu de l’hyixTconsommation.Maintenant que l'économie a repris du mieux, c'est encore pire: que ce soit [xuir se nijijx-r bip, dé-goter le dernier truernuche a la mode ou la babiole à accrocher a son cellulaire, les rues de Tokyo grouillent plus que jamais d'acheteurs compulsifs.Ici plus qu'ailleurs, la pression sociale engendre le Ih-soin d’être remarqué jjour se démarquer, et l’obsession du tatemai le masque que portent tous les Ja-ponais pour ne jamais laisser transparaître les émotions se doit d'être impeccabk1.Pourtant, sur les étals, tout ce que produit ]’(incident bénéficie d'une place de choix, dans ce pays prétendument méprisant envers lesg«i;ï« (étrangers).-/•.h fait, beaucoup (le Japonais font preuve d’une xéno-phobu latente ri raffinée, j/rérise une Française établie a Tokyo lappckmsda Henriette pair lui épargner Pop probre] fis m méprisent pas les gaijins mais ne les adorent pas non plus, ce qui est assez contradictoire, car c’est pour eux uni grande fierté qu'ils s'intéressent a eux.Href, nous somme- a leurs yeux des causes désespérées quand ils prennent amnaissance de- nos ma-urs, mais ça leur flatte l’ego de nous avoir comme amis • VOIR PAGE I) A TOKYO Amérique du Sud PEROU-CHIU* ARGENTINE Départ de groupe du 10 novembre au V décembre 2006 Découvrez les paysages grandioses de ces 3 magnifiques pays.Vous visiterez Lima.Cuzco, Macchu Picchu, le lac Titicaca, Santiago de Chile.Bahloche.Eicaiafate gakaersi.Buenos Aires Les chutes d'iguazu.etc Brassard 1450) 4A5 (K, Z O Gr»«n«Mrld Park (4501 9?B 1333 O Voyages de la manière différente CROISIERE SUR LE DANUBE, LE MAIN ET LE RHIN Séjour de 4 nuits è Prague et 2 nuits ê Colmar (Alsace) Du 14 au 28 septembre 2006 Seulement 4 cabines disponibles, faites vite! torhonaM* (4501 585 9797 ouverture le 5 |uin Levai 1450) «V8Z 8100 Montreal (514) 8«t 5111 Point* Claire (514) 478 7700 Satnt léonard (814) 755 3500 S«rvtr « atfairns 1 HUM (,5ivre du moulin lavez bien les asperges et eplu chez-les si les tiges sont trop grosses.Faites-les cuire à l’eau bouillante salée pendant trois ou quatre minutes, puis laissez-les refroidir légèrement.Dans une casserole, mettez les trois quarts de la menthe hachée avec l’échalote, le vin blanc et le jus de citron.Laissez réduire aux trois quarts du volume.Mélangez les jaunes d’œufs avec la reduction tiède.Montez ensuite un sabayon avec le mélange au bain-marie.Ajoutez de façon progressive le beurre fondu, puis assaisonnez avant de passer la sauce au tamis.A la toute fin, ajoutez la menthe fraîche restante.Servez avec les asperges tièdes.I t> y II lACQUl’ s (iKKNILK i.K nrvoiK BIBLIOSCOPIE Un livre comme on les aime, avec des recettes simples et faciles à réaliser qui rappellent toutes des souvenirs inoubliables d’enfance ou encore des plaisirs sucrés, comme le biscuit au citron ou le traditionnel gâteau Sacher, réalisé pour la première fois à l’hôtel Sacher de Vienne.VA VRAIE PÂTISSERIE FAMILIALE TOUTE SIMPLE Mary Berry Flammarion 2006,128 pages GASTROSCOPIE Prix Renaud-Cyr En hommage au regretté Renaud Cyr, ce prix annuel récompense les professionnels, artisans et restaurateurs, de l’industrie alimentaire du Québec.Eric lYoulx, fromager de fa région de Saint-Ray-mond-de-Portneuf, a reçu pour 2006 le premier prix de l’artisan transformateur.Une fête tant pour les chèvres que pour M.IVoubt ! Des clients bien traités Après son séjour en Espagne, Pierre Carrier est inspiré par Fer-ran Adria.On retrouve cette sour- ce d’inspiration dans la fête des sens qu'il proposait à fa Tohu lors du lancement de fa quatrième collection de son service de traiteur Agnus Dei.Original, unique et toujours pince-sans-rire, l’ancien éleveur d’agneaux fête les 20 ans de sa société, qui emploie jusqu’à 125 personnes.Derrière tout cela, n’oublions pas Jacqueline, qui partage en grande partie la réussite de l’entreprise.¦ Agnus Dei Traiteur: « (514) 272-1511.L-r '.corn Julie Audette Coach en nutrition «t «n itylt d« vis S 1 4.295.9307 alojulisQtympotico ca www lajuli* com 7234.rue S*-Oew, Montréd, Quéfc»c H2R 2£2 LES fLtS ^ÆRTISANS de la TABLE ~\ UILLEhtI Rs""" OUTILS ATCLiC* POUR 182.«venue l s fils de toute souveraineté végétale sont bien placées pour nous conseiller les genres et espèces à planter à proximité de k'urs fils électriques.J’ai particulièrement apprécié les petits dessins qui nous indi- quent les espacements requis pour chacune des espèces: on y voit la plante, un homme et un poteau comme points de repère.On trouve aussi dans cet ouvrage des photographies d’arbres et d’ar-bustt's à pleine maturité.Mes félicitations à toute l’équipe qui a travaillé sur cette brique de 547 pages grand format.Voilà un livre essentiel à tous les propriétaires de terrain et à tous les jardiniers amateurs et professionnels.Un petit clin d’œil à mon collègue Ronald Leduc, qui signe la préface en écrivant ced: •Sidre société d'Etat a bien saisi l'enjeu et a su s’entourer de scientifiques et de professionnels pour nous présenter une étude approfondie des conditions optimales de croissance tout en mm fournissant une description ejcceptionnelle de chaque espèce.[,.] Outil indispensable pour réduire l'émondage excessif et l'utilisation abusive de pesticides.» Qu’il soit dans votre salon ou à la bibliothèque de votre quartier, consultez souvent ce livre avant de choisir, d’acheter et de planter.Un jardinier averti sait planter la bonne plante au bon endroit RÉPERTOIRE DES ARBRES ET .ARBUSTES ORNEMENTAUX Hydro-Quebec Collectif de scientifiques sous la direetiqn de Gervais PeDerin Edition Broquet 2005.547 pages.49,95 S REPERTOIRE DU MW» Et AIMATES ORNEMENTAUX I * JARDIN BOTANIQUE ni MON I Kl \ I Le Rendez-vous horticole 26, 27 et 28 mai 2006 • 9 h à 17 h Près de 150 exposants • Conseils sur le jardinage écologique • Grande vente de nouveautés horticoles et d'accessoires de jardin • Plantes de collection du Jardin botanique • Causeries animées par des personnalités du monde de l’horticulture • Démonstrations des experts du jardin botanique www.viUe.montreaLqc.ca/jardin 4101, rue Sherbrooke Est ire »:S14«872»1400 O ffa
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