Le devoir, 22 mai 2002, Cahier A
AFGHANISTAN Le Canada retirera ses troupes à l’été Page A 2 3* MONTRÉAL 2600 emplois projetés dans la Zone de commerce électronique Page B 1 ?w w w .1 e d e v o i r .t* o m ?LE DEVOIR Les Américains n’ont pas de quoi être rassurés De nouvelles menaces sur New York annoncées le jour du dépôt d'un rapport sur le terrorisme D’APRÈS L’AGENCE FRANCE-PRESSE ET REUTERS Washington — Les Américains, qui commencent à douter de la capacité de leurs dirigeants de les protéger contre le terrorisme, ont continué hier à être bombardés d’informations assez peu rassurantes sur le sujet Tandis que le département d’État publiait son rapport annuel sur le terrorisme mondial, le FBI avertissait la police de New York de menaces contre la métropole américaine.«La menace terroriste est d’ampleur mondiale, elle a des facettes multiples et elle est déterminée», a déclaré le secrétaire d’Etat Colin Ppwell en présentant hier le rapport du département d’Etat sur le terrorisme mondial en 2001, le premier à être publié depuis les attentats du 11 septembre à New York et à Washington.«Tous les pays sont vulnérables, et tous ont la capacité et la responsabilité de contribuer à la campagne antiterroriste», a-t-il déclaré, soulignant que «personne ne peut s'offrir le luxe de rester à l’écart».Ce rapport, a également souligné M.Powell, «confirme que les terroristes tentent tout ce qu’ils peuvent pour mettre la main sur des armes de destruction massive, chimiques, biologiques ou nucléaires».Les attentats du 11 septembre font de l’année 2001 la plus meurtrière de l’histoire du terrorisme mondial, souligne ce rapport, avec un total de 3547 personnes tuées à travers le monde, dont environ 3000 pour les seuls attentats de New York et Washington, contre 409 l’année précédente.En revanche, le nombre d’attentats est en baisse, avec 346 cas enregistrés en 2001 contre 426 l’année précédente.VOIR PAGE A 8: AMÉRICAINS Jour d’expulsion U- HW h H.\ “V Vy f ¦ JACQUES NADEAU LE DEVOIR LA PETITE Anfi étreint son père, Pierre Courty, qui a été expulsé de son appartement hier.Quatorze locataires ont dû quitter l’immeuble du 4417 de la rue de Bullion après qu’il eut été jugé dangereux par les inspecteurs de la Ville.Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, avait pourtant promis en campagne électorale qu’il n’y aurait plus d’expulsions.Nos informations en page A 3.Commandites fédérales Même les libéraux veulent toute la lumière Un comité tiendra des audiences sur le rapport de la Vérificatrice générale HÉLÈNE BUZZETT1 DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA J es libéraux ont décidé de jouer la carte de la coopé J— ration hier en acceptant, comme le leur demandait l'opposition, de mener une enquête en comité à propos des fameux contrats de commandites accordés à Grou-paction.Quant au Groupe Everest, il n’a pour l’instant rien à craindre d’avoir touché des doubles commissions pour son travail d’intermédiaire, cette pratique n’ayant été interdite qu’à partir de 2001.De retour sur la colline après une semaine de congé, les parlementaires n’avaient hier qu’un sujet à l'esprit: le controversé programme de commandites.Dans un geste surprenant, tous les député-s libéraux siégeant au comité des Comptes publics ont ainsi voté en faveur de la motion néo-démocrate demandant la tenue d’audiences sur le rapport de la Vérificatrice générale VOIR PAGE A 8: LIBÉRAUX Le Devoir soigne ses internautes JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Le site Internet du Devoir souffle cinq bougies cette année et refait peau neuve pour l’occasion.Depuis ce matin, les internautes peuvent consulter un site redessiné et enrichi par une banque d’archives plus étendue.Lancé en juin 1997, le site ledevoir.com a permis au Devoir d’être parmi les premiers médias québécois à se doter d’une vitrine dans le cyberespace.Chaque mois, quelque 2,5 millions de pages sont consultées et on dénombre environ 150 000 visiteurs uniques.Accessible gratuitement à tous les internautes, ledevoir.corn déroule le tapis rouge aux abonnés de la version papier du journal.Dès 22h chaque jour, ceux-ci ont désormais accès à tous les articles de l’édition du lendemain.La banque d’archives à laquelle les abonnés ont accès a aussi été étendue.Non seulement ils peuvent VOIR PAGE A 8: LE DEVOIR il in:v\Hb INDEX Annonces.B 5 Bourse.B 2 Avis publics.B 6 Carrières.B 4 Culture.B 8 Économie.B 1 Éditorial.A 6 V/l Idées.A 7 Le monde.A 5 Les sports.B 6 Mots croisés.B 6 Nature.B 5 Télévision.B 7 Météo.B 6 David Cronenberg présente Spider à Cannes Gérald Tremblay, fiduciaire Le retour d’un enfant terrible Cannes — La dernière fois que David Cronenberg a mis les pieds à Cannes, c’était il y a trois ans, comme président du jury.Toute une aventure! Son palmarès avec palme d’or à Rosetta et prix multiples à L’Humanité avait créé un émoi historique qui secoue encore la Croisette.En 1996, son film Crash, présenté en compétition, fut celui par lequel le scandale arriva: huées, hurlements de révolte, mise au pilori du cinéaste.Le pimenté Crash choqua ferme et fut lancé ici dans le bruit et la fureur avant de récolter le prix du jury, controversé lui aussi, comme il se doit Il a les nerfe solides, David Cronenberg, même s’il se révolte encore contre les interprétations prêtées à son palmarès de 1999.«Nous avons jugé les films en totale honnêteté et dans un vrai processus démocratique, dit-il Je ne comprends toujours pas le brouhaha soulevé par nos choix.» Après tous ces couteaux assassins lancés dans sa direction, le réalisateur canadien le plus dérangeant de la planète Cannes se mourait quand même de voir son film Spider concourir ici.D lança d’ailleurs des cris de joie quand on lui apprit qu’il était retenu.VOIR PAGE A 8: CRONENBERG ¦ Autres informations en page B 8 JEAN-PAUL PÉLISSIER REUTERS Le réalisateur David Cronenberg et l’actrice britannique Miranda Richardson hier, quelques instants avant la projection du film Spider, en compétition à Cannes.Bégin rejette la demande de destitution Québec se montre trop indulgent, déplore Pierre Bourque MARK) CLOUTIER FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Québec ne poursuivra pas le maire de Montréal, Gérald Tremblay, pour avoir omis de mentionner son rôle au sein d’une fiducie familiale dans sa déclaration d'intérêts pécuniaires.Mais le ministre de la Justice, Paul Bégin, exhorte tout de même le maire à amender sa déclaration afin d’y ajouter son poste de fiduciaire.Le ministre a donc annoncé hier qu’il refuse de donner suite à la demande du chef de l’opposition, Pierre Bourque, qui voulait que le procureur général statue sur une déclaration d’inhabilité du premier élu de Montréal.Après une étude des faits dans cette affaire, le ministère de la Justice a jugé de la bonne foi du maire Tremblay, qui avait consulté ses avocats avant de décider de ne pas déclarer sa participation à la fiducie Angers.VOIR PAGE A 8: TREMBLAY Gérald Tremblay J*’ LE DEVQIfe Dès aujourtfhui TOUT CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR., S’ABONNER | Une histoire | Publicité | Offres & avis | Qui sommes-nous ?| Nous joindre r Manchettes Dossier Agora Arts & plaisirs L K I) K V O I H .L E MERCREDI 22 M \ I 2 0 0 2 LES ACTUALITES Procès des Hells Angels Kane réclamait dix millions pour ses services BRIAN MYLES LE DEVOIR La GRC a dépeint son ancien informateur, Dany Kane, comme un individu qui monnayait ses tuyaux à fort prix, et le principal intéressé s’est montré fidèle à sa réputation en exigeant, lors de ses premières rencontres avec la Sûreté du Québec (SQ), dix millions de dollars, non imposables, pour infiltrer les Hells Angels.Un rapport interne de la GRC déposé en preuve révèle Dany Kane comme l’homme cupide qu’il était.Informateur pour la police fédérale de 1994 à 1997, il a déjà dénoncé un innocent pour le meurtre de Roland Lebrasseur, en 19%.En réalité, Kane avait lui-même tué Lebrasseur.«C’est un tueur et un menteur qui fait passer ses meurtres sur le dos des autres, moyennant paiement», a résumé hier l’avocat de la défense, Jacques Bouchard, dans le procès pour complot pour meurtre, trafic de drogue et gangstérisme de 17 présumés membres ou associés des Hells.Agent-source à la solde de la SQ, Kane a permis aux enquêteurs de filmer les réunions des Rockers, une filiale des Hells, et d’intercepter des centaines de conversations en portant un mouchard jusqu’à 14 heures par jour.Ce membre des Rockers s’est suicidé avant d’empocher les 1,75 million de dollars qu’il avait arrachés de la SQ pour devenir agent-source.Il préparait avec-soin sa vie après l’opération IVintemps, comme en témoignent les rapports de la SQ.Kane exigeait un permis de port d’armes transférable en cas de changement d’identité et une sécurité «adéquate mais discrète» lors de son témoignage au procès.A défaut de pouvoir contre-interroger les morts, Me Bouchard s’est rabattu sur Gaétan Legault, qui agissait à titre de contrôleur de Kane au sein de la SQ en 1999-20(X).Le but poursuivi?Miner la crédibilité de Kane, dont les déclarations sur vidéo et les notes manuscrites seront admises en preuve à une étape ultérieure du procès.M.Legault n’avait jamais pris connaissance du rapport de la GRC avant d’être contre-interrogé sur le sujet par Me Bouchqrd.Le document témoigne de la duplicité de Kane.A la connaissance de la GRC, il s’est fait passer pour Dominic Pétrin de 1995 à 1999, contractant des dettes de 323 (XX) $ pour l’achat d'une maison à Saint-Luc, une voiture de marque Volkswagen et une moto Harley-Davidson.Au sujet de son informateur, la GRC mentionne, en vrac: «Forfait monétaire très important; risque extrêmement élevé, travail de double vie et témoignage très exigeant.» La police fédérale lui reconnaît certaines qualités: «éducation/famille, valeurs sociales».Ix- document donne enfin un aperçu des raisons pour lesquelles Kane a retourné sa veste, hormis l’argent.Il estimait qu’il n'y avait plus de justice et que les Hells étaient devenus trop puissants et trop violents.Armée de terre Le Canada se retirera d’Afghanistan JOHN WARD PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le Canada retirera ses forces terrestres d’Afghanistan cet été, laissant sur place des membres de l’aviation, de la marine et des forces spéciales pour poursuivre la lutte contre le terrorisme, a annoncé le ministre de la Défense, Art Eggleton, hier.La décision a été prise en tenant compte d’un certain nombre de facteurs opérationnels, y compris la nécessité d’assurer une période de répit et de formation à nos troupes, a déclaré le ministre en conférence de presse.M.Eggleton a précisé que les 750 militaires actuellement sur place auront quitté l’Afghanistan d’ici le mois d’août.Mais il reste possible que ces soldats y retournent ultérieurement Issus pour la plupart du 3r bataillon du régiment d’infanterie légère Princess Patricia, les soldats se trouvent à Kandahar depuis février.Ils étaient encadrés par une brigade américaine aéroportée.Leur période de service devait initialement prendre fin en juillet, mais on les avait prévenus qu’elle pourrait être prolongée.L’armée arrive de justesse à remplir ses engagements outremer, ce qui inclut 1700 militaires en Bosnie-Herzégovine et plusieurs centaines d’autres dispersés, par petits groupes, dans diverses opérations de maintien de la paix dans le monde.Selon des analystes et de hauts gradés de l’armée, celle-ci aura beaucoup de mal à remplacer les membres du Princess Patricia en Afghanistan.Ceux-ci ont effectué tout un éventail de tâches, allant du maintien de la sécurité autour de la base de Kandahar à la traque des combattants d’al-Qaïda et talibans dans les rudes montagnes de l’est de l’Afghanistan.Les troupes terrestres font partie de la contribution canadienne, qui comprend deux navires de combat, auxquels se joindra un troisième, cette semaine, trois REUTERS Le commandant en chef de l’armée canadienne, Ray Henault.avions de transport Hercules et une paire d’avions de patrouille maritime Auroras.Un Airbus expédié dans la région l’automne dernier est retiré cette semaine.La mission canadienne au sol a été décrite comme très réussie et a obtenu les éloges de la part de commandants américains.La mission avait été affectée le mois dernier par les décès de quatre soldats, dans un incident au cours duquel un pilote américain a largué, par erreur, une bombe sur les troupes canadiennes en exercice de tir nocturne.Manifestation au Sommet des Amériques Des membres de Germinal reconnus coupables de méfait LE DEVOIR Les sept membres du groupe Germinal arrêtés en avril 2001, deux jours avant le Sommet des Amériques à Québec, ont été recormus coupables de tous les chefs d’accusation qui pesaient sur eux, notamment celui d'avoir comploté pour commettre un mé-fàit susceptible de mettre des vies en danger.Dès l’ouverture du procès, en mars dernier, les sept accusés avaient reconnu avoir comploté pour s’en prendre à la clôture du périmètre de sécurité érigé à Québec.Ils faisaient cependant face à des accusations aggravées de méfait pouvant poser un danger pour les gens.Le juge Pierre Rousseau, qui a rendu son verdict hier matin au palais de justice de Québec, en est d’ailleurs venu à cette conclusion, et les sept membres du groupe ont été reconnus coupables de méfait susceptible de mettre en danger la vie de personnes.De plus, trois des accusés, soit Alex Boisson-neault, Victor Quentin et Roman Pokorski, ont été reconnus coupables d’avoir eu en leur possession des explosifs et du matériel militaire.Rappelons qu’au cours des mois qui ont précédé la tenue du Sommet des Amériques, deux agents doubles de la GRC avaient réussi à infiltrer les rangs de Germinal.Deux jours avant le début du sommet, des membres du groupe avaient été arrêtés alors qu’ils roulaient sur la route 20, à hauteur de Saint-Apollinaire.Des boucliers, des casques, des simulateurs de grenade et des bombes fumigènes avaient été trouvés dans leur véhicule.La date des représentations sur sentence sera fixée le 27 mai.EN BREF Cher, le homard (PC) — Aux îles de la Madeleine, le prix du homard est en hausse de 7 % pour la première semaine de pêche, comparativement au début de la saison 2001.Les pêcheurs reçoivent 6,12 $ la livre pour leurs captures de catégorie marché et 5,72 $ pour leurs prises de plus petite taille, de catégorie conserves.Selon Léonard Poirier, porte-parole de l’Office des pêcheurs de homard, cela reflète le rétablissement des marchés, durement ébranlés au lendemain des attentats terroristes du 11 septembre.Les prix avaient alors chuté du tiers, rappelle-t-il.Compo-Haut-Richelieü Le Projet d'agrandissement du centre d'enfouissement SANITAIRE St-AtHANASE DANS LE HAUT-RICHELIEU JUILLET 2001 : LE BARE CONCLUE QUE .le projet est surdimensionné (page 2).En atteignant les objectifs de la Politique québécoise 1998-2008, les besoins de la MRC du Haut-Richelieu pour les 25 prochaines années ne requerraient que 33% de la capacité projetée du site (pagel 1 5).aucun plan de gestion n'a été élaboré par la MRC du Haut-Richelieu (page 2).en raison de l'empiétement du site dans le Grand Bois de Saint-Grégoire, les impacts du projet mettent en péril la valeur écologique attribué à ce boisé (page 2).certains aspects techniques sont déficients.MAI 2002 : LA REALITE Après avoir estimé les besoins de la MRC à 35 000 tonnes/an en cours d'audiences, Recyc-Québec les réévalue à la hausse en 2002 : 88 000 t.m./an.AINSI, EN ATTEIGNANT LES OBJECTIFS DE LA POLITIQUE QUÉBÉCOISE 1998-2008, LA CAPACITÉ DU SITE EST COMBLÉE À 55% PAR LES BESOINS DE LA MRC SUR 25 ANS.Depuis 1993, IL N'Y A PAS DE SITE SUR LE TERRITOIRE DE LA MRC.En 1994, la MRC débute la planification de la gestion intégrée de ses matières résiduelles.En 1995 et 1998, le ministère de l'Environnement écrit : «Au cours des prochaines années, le principal enjeu de la Montérégie sera d'implanter des lieux d'élimination sur son territoire ».Un site a été exploité à cet endroit pendant 25 ans sans que la valeur écologique n'en souffre.Le projet prévoit la soustraction temporaire de 3% des 450 hectares du boisé.La MRC a entamé les procédures de protection de la partie du boisé non touchée par le projet.L'étude d'impacts réalisée par une équipe multidisciplinaire d'experts réputés conclue à l'absence d'impacts significatifs sur l'environnement.Le MENV a le mandat de faire l'analyse environnementale du projet.Les MRC ont compétence en aménagement du territoire et en planification de la gestion des matières résiduelles POUR 99 755 HABITANTS, la MRC du Haut-Richelieu a pris ses responsabilités et est devenue l'actionnaire majoritaire de Compo-Haut-Richelieu.En tout temps, le conseil formé de 16 élus décide des orientations de Compo-Haut-Richelieu dans le respect des attentes de sa population.Certaines de ces attentes ont été particulièrement bien exprimées dans le rapport du BARE sur les audiences génériques de 1996 : « Les mesures qui seront adoptées pour une gestion responsable des matières résiduelles devront s'inscrire dans la foulée de l'effort actuel d'assainissement des finances publiques et dans le sens du constat que la limite de la capacité de payer des contribuables est déjà atteinte.C'est pourquoi des solutions économiquement solides et socialement solidaires devront être recherchées ».www.compo-haut-richelieu.qc.ca A LE DEVOIR.LE MERCREDI 22 MAI 2 0 0 2 A A LE DEVOIR ACTUALITES Vo-class/o Ma n o n Cor nellier Il n’y a jamais de problème 1/ [Jean Chrétien] est le patron.J’ai servi comme il voulait que je serve.» C’est ce qu’affirmait l’ancien ministre Alfonso Ga-gliano dans une entrevue au Globe and Mail en décembre, juste avant qu’un ancien fonctionnaire confirme qpe le ministre avait fait pression auprès de sociétés d'Etat pour faire embaucher quelques amis.C’était aussi avant qu'il soit écarté du cabinet et nommé ambassadeur au Danemark.M.Gagliano, qui était ministre des Travaux publics et lieutenant politique du premier ministre au Québec, est devenu la cible de l’opposition, mais est-il vraiment le seul à répondre ainsi aux désirs de son patron?Difficile à dire, mais les faits laissent transparaître une conception du pouvoir partagée par plus d'un individu.Les problèmes au ministère des Travaux publics ne sont d'ailleurs pas nés avec Alfonso Gagliano.L’affaire des trois rapports de Grou-paction, qui a donné lieu à une enquête et à un jugement sans appel de la Vérificatrice générale, a commencé avant son arrivée.Le premier des trois contrats a été accordé et complété alors que Diane Marleau était ministre.Le programme des commandites, tel qu’on le connaît aujourd’hui, a vu le jour sous M.Gagliano.Sa gestion et ses conditions fort lucratives ont été critiquées dans un rapport de vérification interne réalisé en 2000, mais les géné- M f ntfliann reuses commissions versées ivi.uagiiano aux compagnies amies, comme était ht» Groupaction et Groupe Everest, n’ont pas changé.joueur M.Gagliano était un joueur in- fluent mais il n’était pas le seul à influent mais se croire autorisé à lancer des programmes dépourvus de il n’était pas contrôles appropriés et vulné- , râbles au patronage et au gas- le seul a se pillage, sous prétexte d’agir au .nom du patron ou de l’unité ca- CfOire nadienne.Même le premier mi- tnriaé à nistre semble croire que la fin autorise a justifie les moyens.Résultat: lancer ries presque tous les programmes qui ont mis le gouvernement programmes Chrétien dans l’embarras sont F ^ nés au lendemain du référen- dépOUrvUS dum de 1995.La distribution gratuite d’un de contrôles million de drapeaux lancée par ., Sheila Copps en 1996 souffrait appropries de grave improvisation.Alors qu’on pensait dépenser entre quatre et six millions de dollars, on s'est retrouvé avec une facture de 23 millions et, au bout du compte, le Québec a boudé le programme.Le Bureau d’information du Canada, sous la direction de Sheila Copps puis d’Alfonso Gagliano, a été créé en septembre 1996 sans mandat clair mais avec un budget qui n’a jamais cessé d’augmenter.Là encore, des compagnies proches des libéraux en ont profité en se voyant confier l’organisation des tournées ministérielles au Québec et dans l’Ouest Et que dire du défunt Fonds transitoire pour la création d’emploi créé en 1996 sous la direction du ministre du Développement des ressources humaines du temps, Doug Young, et poursuivi sous Pierre Pettigrew.Il devait servir à atténuer l’impact de la réforme de l’assurance-emploi, en particulier au Québec et dans les provinces atlantiques.Un autre rapport de vérification a mis en lumière des pratiques administratives pitoyables.Mais pire encore, on apprenait en octobre 1997 que la GRC enquêtait sur un travailleur du Parti libéral du Canada, Pierre Corbeil.Celui-ci était soupçonné d’avoir approché des entreprises participantes pour solliciter des fonds pour le parti.Il a fini par plaider coupable à quatre accusations de trafic d’influence, évitant du même coup un procès.Ce n'est que plus tard qu’on a su que les listes de demandes de subventions atterrissaient sur le bureau de Marcel Massé, à l’époque lieutenant politique du premier ministre au Québec, pour ensuite être remises au parti.Ce dernier en vérifiait l’intérêt et faisait une recommandation au ministre de DRHC.Pour le premier ministre, le plaidoyer de M.Corbeil signifiait que le dossier était clos, mais on ignore encore à ce jour sous les ordres de qui il agissait et qui avait autorisé le transfert des dossiers au parti.Cette façon de noyer le poisson est devenue une habitude pour M.Chrétien.Chaque fois que Tintée grité de son gouvernement est mise en cause, il s’accroche à un cas spécifique pour mieux minimiser le problème.Dans le cas des commandites, par exemple, il ne fait état que de l’affaire Groupaction.Si les questions se font trop pointues, il invite l’adversaire à faire une demande d’accès à l’information ou fait porter le blâme sur des tiers.C’est pourtant lui qui, en 1993, promettait de faire place nette à Ottawa afin de restaurer la confiance des Canadiens en leurs institutions.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les occupants du 4417 de la rue de Bullion ont été avisés il y a une semaine seulement qu’ils devraient quitter leur logement.Immeuble jugé dangereux sur le Plateau-Mont-Royal / -^- Evinces en dépit d’une promesse du maire L’administration Tremblay adoptera une nouvelle politique à l’automne seulement C LAI RAN DREE CAUCHY LE DEVOIR Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, n’a pas respecté un de ses engagements électoraux en expulsant hier les 14 locataires d’un immeuble sis au 4417 de la rue de Bullion.Après une semaine de préavis, les locataires ont dû quitter l'immeuble, jugé dangereux par les inspecteurs de la Ville en raison des risques d’incendie.Le Comité logement du Flateau Mont-Royal et le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) ont tous deux dénoncé cette expulsion rapide en soulignant que le maire Tremblay s’était engagé, en campagne, à ne pas recourir aux évictions.En effet, le programme électoral de l’Union des citoyens de l’île de Montréal stipulait
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