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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2002-05-23, Collections de BAnQ.

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J! ENRON Le Sénat somme la Maison-Blanche de livrer des documents Page A 5 INDE-PAKISTAN Vajpayee brandit la menace d’une «bataille décisive» Page A 5 ?w w w .lcd e v o i r .c o ni LE DEVOIR V O L .X C 1 1 I N ' I 1 3 ?LE JEUDI 2 3 M Al 2 0 0 2 8 7 0 + T A X K S * I $ Chrétien riposte Il doit présenter aujourd'hui un plan pour rétablir la crédibilité de son gouvernement HÉLÈNE BUZZETTI MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Après presque cinq mois sur la sellette, le premier ministre Jean Chrétien a décidé de répliquer aujourd’hui à ceux qui mettent en doute l'intégrité de son gouvernement.Dans un discours aux Communes, il prévoit de dévoiler les grands pans de son plan d’action pour restaurer la confiance des citoyens ébranlée par une série de controverses.La dernière en date a de nouveau rebondi hier lorsqu’on a appris qu’il aura fallu deux mois et une tempête dans les médias pour que le couple Boulay-Deslau-riers, à la tête de Groupe Everest, encaisse le chèque du fils du ministre Don Boudria en guise de paiement pour son séjour dans leur chalet des Cantons-deTEsL Le premier ministre, qui défend M.Boudria depuis le début de cette affaire, ne devrait pas s'y attarder aujourd’hui, son objectif étant davantage d’offrir un plan d’ensemble capable de faire taire le plus grand nombre possible de critiques.Il a choisi pour ce faire une journée de débats consacrée à une motion de l’opposition, ce qui signifie, en vertu de la procédure, qu’il devra aussi répondre à des questions.VOIR PAGE A 8: CHRÉTIEN Alertes au terrorisme REUTERS La police de New York a bloqué hier pendant une heure l’accès au pont de Brooklyn par crainte de la présence d’une bombe.Interrogations sur les véritables motivations de la Maison-Blanche New York vit sur le qui-vive D’APRÈS L’AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Les mises en garde des plus hauts responsables américains sur le caractère inéluctable de nouvelles attaques terroristes se succèdent jour après jour, suscitant des interrogations sur l’effet recherché et la réalité de la menace.Hier, un colis suspect a provoqué la fermeture pendant une heure du pont de Brooklyn, entre Manhattan et Long Island, dans une métropole déjà sur le qui-vive depuis quelques jours.«Ces avertissements quotidiens [.] encouragent les conjectures autour de l’utilisation par la Maison-Blanche des menaces [terroristes] pour faire diversion», écrivait hier le New York Times.VOIR PAGE A 8: TERRORISME INDEX Actualités.A 2 .Annonces.B 5 Avis publics.B 4 Bourse.B 2 Culture.B 8 Économie.B 1 Éditorial.A6 Idées.A 7 Les sports.B 6 Mots croisés.B 4 Télévision.B 7 Météo.B 5 ru Fin du lock-out à la SRC JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le journaliste Bertrand Hall a laissé exploser sa joie à l’annonce de l’acceptation des offres de la direction de Radio-Canada lors de l’assemblée générale du syndicat, hier.¦ Les employés acceptent à 70 % des offres «améliorées» ¦ Le retour au travail est prévu à compter de samedi PAULCAUCHON LE DEVOIR Après un mois et demi d’un conflit difficile qui aura laissé des traces profondes, les employés en lock-out de Radio-Canada ont décidé hier à 70 % d’accepter les dernières offres patronales «améliorées».Le conflit esl donc terminé et le retour au travail est prévu pour samedi.Un dénouement dû au réalisme et à l’épuisement des employés en lock-out mais aussi à une médiation spéciale de toute dernière minute tentée par l’ancien président de la CSN, Gérald Larose.A la demande de la partie syndicale, M.I-arose a en effet réussi mardi à réunir autour de la même table le négociateur syndical Ubald Bernard avec les deux grands patrons du secteur français de la SRC, Michèle Fortin pour la télévision et Sylvain I-afnuice pour la radio.Cette médiation exceptionnelle a |)erniis un déblocage.La direction de Radio-Canada a refusé d’ajouter quoi que ce soit à ce qui avait déjà été négocié, mais elle a accepté le principe d’une nouvelle lettre d’entente à être annexée à la convention collective, une lettre dite «Annexe V».Cette lettre engage formellement les deux dirigeants de la SRC à rencontrer directement le syndicat au moins une fois par année ou «selon les besoins» pour discuter de questions comme l’avenir de l’entreprise, le rôle du service public, les grands enjeux de l’industrie, le financement du service public et ainsi de suite.VOIR PAGE A 8: SRC Aki Kaurismàki à Cannes r Etude du Collège des médecins L’ours au Palais ANNE-CHRISTINE POUJOULAT AGENCE FRANCE-PRESSE L’imprévisible cinéaste finlandais Aki Kaurismàki exécute quelques pas de danse sur le tapis rouge du Festival de Cannes.Cannes — D a le sens du spectacle, le cinéaste finlandais Aki Kau-rismaki, et l’art du geste drôle qui laisse son monde baba.Précisons qu’avant toute conférence de presse, la voix insistante du meneur de débat prie la faune médiatique d’éteindre ses portables (ou cellulaires, comme on dit chez nous).Omniprésents à Cannes, ces portables-là.Tout festivalier digne de ce nom arpente les corridors en monologuant dans son téléphone.Mais il faut bien se résoudre à les éteindre le temps d’un film ou d’une entrevue.C’est Odile pourtant celui Tremblay de Kaurismàki, perche sur sa * * * tribune, qui a sonné en pleine conférence.Qu’à cela ne tienne: le cinéaste l’a envoyé se fracasser par terre, où la petite sonnerie imperturbable a persisté malgré le choc Une bonne âme a fini par museler l’appareil.«Voilà pour ma réputation», a servi Kaurismàki en guise d’explication.Il offre à la ronde ce qu’on attend de lui, soit une contre-performance, refusant d’avouer s’il enfilera ou non un smoking pour sa montée des marches.Et ne comptez pas sur Kaurismàki pour ser- vir un petit couplet convenu sur «la joie d’être à Cannes parmi vous».La question le fait grimacer.Il la tasse comme une mouche trop collante.Manifestement aviné (il l’est toujours, semble-t-il), une cigarette collée en permanence au bec, habillé à la va-comme-je-te-pousse, il a une dégaine de Gainsbourg au bord du naufrage, voguant entre autodérision et pudeur.A peu près tout le monde à Cannes joue le jeu de la politesse et des bonnes manières (même Woody Allen a fait ce qu’il a pu), mais que serait la Croisette sans quelques rebelles VOIR PAGE A 8: OURS ¦ Jack Nicholson est de retour, page B 8 1 ** L De moins en moins de médecins à temps plein Départs hâtifs et temps partiel précipitent la pénurie ISABELLE PARÉ LE DEVOIR N > en déplaise aux statistiques décrivant le Québec comme la province la mieux pourvue en médecins, le Collège des médecins du Québec estime qu’il y manque KXX) médecins pour répondre aux besoins et qu’une pénurie sévère s'annonce en raison de revirements majeure observés dans les modes de pratique.Selon une étude que vient de compléter le Collège des médecins, qui détaille le nombre de médecins actifs et le nombre d’heures travaillées à donner des services cliniques, il n'y aurait que l’équivalent de 14 (XX) médecins actifs à temps plein dans des services cliniques au Québec.Et cela, même si le nombre de médecins inscrits au tableau du Collège s’élève à près de 18 000.Selon cette étude, de plus en plus de médecins travaillent à temps partiel, notamment en raison de la présence grandissante des femmes dans la profession.Plus encore, seulement 85 % des médecins du Québec donnent des services à la population, VOIR PAGE A 8: MÉDECINS le Devoir, NOUVEAU DEPUIS LE 22 MAI, S’ABONNER | Une histoire | Publicité | Offres & avis | Qui sommes-nous ?| Nous joindre Manchettes Dossier Agora Arts & plaisirs 778313000672 LE DEVOIR.LE JEUDI 23 MAI 2002 A 2 LES ACTUALITES Yves Duhaime L’opposition parle de trafic d’influence ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC ! Evoquant le trafic d’influence, le député libéral de Chomedey, Thomas Mulcair, a réclamé hier qu’une enquête criminelle soit instituée à l’encontre d’Yves Duhaime pour ses activités de démarchage auprès du gouvernement ou de ses sociétés d’Etat.«Nous disons qu'à sa face même, ce dossier comporte suffisamment d'éléments ayant trait au trafic d’influence défini au Code criminel pour que ça commande une enquête» de la part d’un procureur de la Couronne ou du Procureur général, a dit Thomas Mulcair au cours d’un point de presse.Accompagné de Pierre Paradis, le leader parlementaire de l’opposition officielle, et citant des extraits de l’article 121 du Code criminel sur le trafic d’influence, M.Mulcair a essentiellement répété ce qu’il a dit sous le couvert de l’immunité parlementaire lors de la période de questions à l’Assemblée nationale.Le député libéral a également répété que les activités d’Yves Duhaime illustraient «un “pattern”, un système mis en place par Bernard Landry pour enrichir ses amis», conune c’était le cas avec Raymond Bréard ou Sylvain Vaugeois.Selon l’avocat criminaliste Jean-Claude Hébert, pour qu’il y ait trafic d’influence au sens du Code criminel, il faut qu’une contrepartie, soit versée à un ministre ou à un fonctionnaire de l’Etat en échange d’un avantage que pourrait obtenir un lobbyiste pour le compte de ses clients.Bref, il faut qu’il y ait corrupüon ou tentative de corruption de fonctionnaires de l’Etat, une accusation grave et passible d’une peine d’emprisonnement.«La contrepartie, c’est le nerf de la guerre pour prouver le trafic d’influence», a dit M' Hébert Or les faits véridiques ou non dont fait état depuis deux jours le quotidien La Presse ne portent aucunement sur la corruption de ministres ou de fonctionnaires.Après un échange houleux avec le député de Chomedey, le leader parlementaire du gouvernement, le député de Gouin, André Boisclair, est venu rappeler deux vieux démêlés qu’a eus M.Mulcair en cour; sa bonne foi aurait été mise en doute par les juges.«Nous n’accordons aucune crédibilité aux propos du député de Chomedey», a dit M.Boisclair.le premier ministre Bernard l^ndry a envisagé différentes avenues qui s’offrent à lui — après tout, l’opposition officielle l’accuse d’avoir érigé un système de corruption en faveur de ses copains —, notamment les recours devant les tribunaux.Mais les choses en resteront là, a laissé entendre M.Boisclair on voit mal comment un premier ministre pourrait poursuivre un député pour ses propos.A l’Assemblée nationale, André Boisclair a brandi un communiqué avec les «précisions» apportées par M' Patrice Vachon, du cabinet Heenen Blaikie, à la suite d’un article de la Presse.M' Vachon affirmait qu’Yves Duhaime n’a fait aucun travail juridique pour les marchands Métro-Richelieu desquels il a obtenu un mandat à titre de consultant.Heenen Blaikie représente le Regroupement des marchands Métro-Richelieu.Me Vachon affirme qu’il ne savait pas que M.Duhaime était avocat.«larsque j’ai été interviewé par la Presse, j’ignorais le contexte des questions qui m’étaient posées», a-t-il piteusement écrit dans son communiqué tout en présentant ses excuses «pour la confusion».Contrairement aux affirmations de La Presse, M.Duhaime et son collègue Pierre Ypperciel ont eu plusieurs rencontres avec des associés du cabinet Heenen Blaikie, notamment M' Neil Weiner.A titre d’avocat, M.Duhaime fut appelé, dans ce dossier, à émettre un avis juridique pour lequel il a obtenu un avis indépendant en bonne et due forme.M.Duhaime n’a jamais caché que son rôle d’ex-pert-conseil comprenait autant des montages financiers que des activités de lobbying auprès des gouvernements et de sociétés d’Etat.Pour le mandat qu’il a revu des marchands Métro-Richelieu, qui s’est étendu de décembre 2000 à juin 2001, M.Duhaime et sa firme ont obtenu des honoraires totalisant 187 500 S avant taxes, a-t-il confirmé.Les marchands recherchaient un partenaire financier.M.Duhaime ou M.Ypperciel ont approché la Société québécoise d’initiatives agroalimentaires, filiale de la Société générale de financement, la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Mouvement Desjardins et le Fonds de solidarité (FTQ).M.Duhaime a également disjcuté dp dossier avec Bernard Inndry, alors ministre d’Etat à l’Economie et aux Finances.Rappelons qu Yves Duhaime est le président du conseil d’administration du journal Le Devoir depuis janvier 2002.La maîtresse du représentant démocrate Gary Condit était disparue depuis un an Les restes de Chandra Levy retrouvés Mais une partie du mystère demeure JEAN-MICHEL STOULLIG AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — La jeune Chandra Levy, dont la disparition avait passionné les médias américains l’an dernier en raison de sa liaison avec un parlementaire, a été retrouvée morte hier à Washington, mais le mystère de sa mort subsiste.«Le corps est bien celui de Chandra Levy», a déclaré le chef de la police locale, Charles Ramsey.Quelques heures plus tôt, un promeneur, en balade avec son chien, avait découvert des ossements humains et des morceaux de vêtements dans une forêt du nord de la capitale fédérale américaine.la jeune fille de 24 ans avait disparu subitement le 30 avril 2001, laissant toutes ses affaires dans son appartement situé à quelques kilomètres de là.Après l’avoir démenti, le représentant démocrate de la Californie, Gary Condit, avait avoué une liaison avec Chandra Levy.Mais il a toujours démenti avec force ignorer les conditions de la disparition de la jeune Californienne, venue à Washington pour effectuer un stage dans une administration.Marié et père de deux enfants, grand-père, Gary Condit, âgé de 54 ans, va devoir renoncer à son siège de député, qu’il occupait depuis une douzaine d’années.Miné par le scandale, traqué par le soupçon, cet homme aux cheveux en brosse, photogénique, a été battu en mars lors d’une primaire pour l’investiture démocrate en vue des prochaines élections législatives.Confiée à la brigade criminelle, «l’enquête va maintenant porter sur les circonstances de sa mort», a déclaré Charles Ramsey.Mais le policier s’est refrisé à ce stade-ci à parler d’homicide ou à mentionner des suspects.L’enquête médico-légale se poursuit, a-t-il dit Certains experts se montraient pessimistes hier soir sur la possibilité d’éclaircir entièrement les causes de la mort de la jeune fille, identifiée par sa dentition, car les restes ont été retrouvés après plusieurs mois d’exposition aux intempéries dans le Rock Creek Park.Grand comme trois fois Central Park à New York, ce long bois vallonné bordant de beaux quartiers résidentiels de Washington et de sa banlieue nord attire promeneurs et joggeurs.Les enquêteurs avaient pourtant passé de vastes zones du parc au peigne fin, mais le mystère était resté entier depuis de longs mois.D’après des télévisions, Chandra Levy portait un survêtement de sport et un baladeur, et la police privilégierait la thèse du meurtre.L’été dernier, l’affaire avait quasiment obnubilé la presse américaine, en particulier les chaînes câblées, qui en avaient fait un feuilleton estival en continu.Les attentats du 11 septembre ont bien entendu mis fin à ce battage médiatique qui rappelait l’affaire Monica Lewinsky.Hier, ces mêmes télévisions ont de nouveau consacré l’essentiel de leur temps d’antenne à la macabre découverte et au rappel de l’affaire.En août dernier, le président américain George W.Bush, refusant de commenter «rumeurs et ragots», avait dit prier pour que la jeune femme soit en vie.Depuis leur maison de Modesto (Californie), Robert et Susan Levy avaient multiplié les entrevues afin que le sort de leur fille (et l’enquête policière) Chandra Levy Gary Condit REUTERS ; v MOBILE CRIME Mi f ÿ % EVIDENCE TE( m ac mm ffcum WILLIAM PHILPOTT REUTERS Des officiers de la police de Washington se tiennent devant un laboratoire mobile, au parc Rock Creek, à Washington, attendant la confirmation que les restes retrouvés sont bien ceux de Chandra Levy.reste d’actualité.Ils ont régulièrement accusé Gary Condit de mensonge, mais ce dernier, bien qu’entendu plusieurs fois par les policiers, n’est pas considéré comme un suspect Un grand jury (chambre d’accusation) a cependant été saisi.Interviewés sur la chaîne ABC avant l’annonce de la découverte, les parents 4e la jeune femme ont répété leur détresse hier matin.A la question de savoir si Gary Condit connaissait la vérité sur la disparition de leur fille, Susan s’est exclamée: «Bien sûr qu’il la connaît.» Une cellule ontarienne d’al-Qaïda démantelée PRESSE CANADIENNE Toronto — le ministre de la Sécurité publique de l’Ontario a révélé hier que les membres d’une cellule dormante de l’organisation terroriste al-Qâïda avaient récemment été repérés et expulsés de la province.«Une cellule d’une organisation terroriste a effectivement été fermée parla police et des fonctionnaires», qui l’ont chassée de l’Ontario, a affirmé le ministre Bob Runciman, en arrivant à une réunion du cabinet du premier ministre, Ernie Eves.Sans être plus précis, le ministre a indiqué que l’expulsion était survenue ces derniers mois: «Il s’agissait de terroristes étrangers; ils ont fini par fermer boutique et quitter l’Ontario.» Il a par la suite ajouté que ces personnes ne se trouvaient plus au Canada et précisé avoir été informé seulement mardi de cette affaire.De son côté, la GRC renvoyait les journalistes à la police ontarienne, dont un porte-parole n’a ni confirmé, ni infirmé les informations.A Queen’s Park, le chef de l’opposition, Dalton McGuinty, a demandé pourquoi ces suspects n’avaient pas été arrêtés.Le ministre a répondu que «ces individus étaient sous surveillance.Avant qu'ils violent la loi ou se préparent à la violer, ils restent aussi libres que vous et moi.Mais ils ont été persuadés de ne pas poursuivre leurs activités dans notre province».Le ministre Runciman a aussi indiqué qu’il s’agissait d’une «cellule dormante».«H suffisait de guetter tous leurs faits et gestes.Leur présence était connue grâce au bon travail de la police et des services de renseignement.» L’organisation terroriste al-Qaïda a revendiqué les attentats du 11 septembre et, partout dans le monde, des suspects ont été arrêtés et diverses mesures ont été prises.En Ontario, entre autres, des critères plus stricts régissent l’obtention d’un certificat de naissance.L’annonce faite en Ontario survient au lendemain d’un avertissement du FBI, la police fédérale américaine, fait aux autorités de la ville de New York et faisant état d’informations non corroborées relativement à des menaces d’attentat Hier, à 5h du matin, le pont de Brooklyn a été fermé un bref moment pendant que des policiers vérifiaient un colis suspect NOUVEAU: ¦OVATION’ DE RADO.Le classique est Intemporel.Comme la nouvelle Rado ’Ovation’.Sa forme ovale en céramique high-tech est conçue pour durer.Quel que soit l’avenir, la classe demeure.RADO Switzerland CHATEAU D'IVOIRE Depuis 1978 2020 de la Montagne • (514) 845-4651 www.chateaudivoire.com E N BREF Les employé^ du parc des Iles votent en faveur de la grève (Le Devoir) — Réunis en assemblée mardi, les employés de la Société du parc des îles (SPI) ont voté à 100 % en faveur du déclenchement d’une grève générale à compter du 31 mai.Leur convention collective est échue depuis décembre 2000.Le conseiller syndical dans le dossier, Michel Fontaine, du SCFP, reproche à la direction de la SPI de ne pas démontrer de réelle volonté à engager des négociations sérieuses.Une centaine de travailleurs, dont plusieurs saisonniers, sont à l’emploi de cet organisme paramunicipal de la Ville de Montréal.Ils gagnent en moyenne 8,50 $ de l’heure, mais le syndicat réclame des conditions de travail et des salaires comparables à ceux des employés des autres sociétés pa-ramunicipales de Montréal.Québec économise en évitant de recourir aux appels d’offres La Société de recherche en orientation humaine Vous invite à un brunch et une conférence débat sur le thème : Les relations amoureuses chez les jeunes Cette conférence aura lieu : Hôtel de (’Institut 3535, rue Saint-Denis.Montréal dimanche 2 juin 2002 à 13h00 Conférencier invité : MONCEF GUITOUNI Psychosociologue et Président de laFédération internationale pour l’éducation des parents Entrée : 50$, enfants de 12 ans et moins, 25$ informations : (514) 523-567 Courriel : sroh@cam.org Web : www.cam.org/~sroh PRESSE CANADIENNE Québec — C’est par souci d’économie que le gouvernement québécois ne fait pas d’appels d’offres pour l’octroi des contrats inférieurs à 25 000 $.«Faire un appel d'offres coûte en moyenne 8500 $.Cela veut dire que, pour tenir un appel d’offres dans un contrat de 25 000 $, les finis d’administration s’élèveraient à 33 ou 34 % du coût total de ce contrat.On estime qu’au-delà de 33 % definis pour organiser un appel d’offres, cela ne vaut pas la peine», a expliqué hier à l’Assemblée nationale le ministre de l’Administration publique et président du Conseil du trésor, Joseph Facal.M.Facal a pris la parole dans le cadre d’une motion du député libéral de Shefford, Bernard Brodeur.Le député demandait «de prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que le recours à l'octroi de contrats de moins de 25 000 $ ne fasse pas l'objet d'une utilisation abusive».Le règlement de l’Administration publique précise qu’il n’y a pas d’appels d’offres pour les contrats de service dont le montant ne dépasse pas 25 000 $.Le ministre Facal a rappelé que le gouvernement et ses ministères attribuent quelque 70 000 contrats par année de plus de 1000$ aux en- treprises pour divers travaux et services de toutes sortes.Il n’y a donc pas possibilité pour les ministres d’examiner chacun de ces contrats.Ils se fient aux fonctionnaires, pour l’octroi de ces contrats.Le ministre Facal a aussi rappelé que les sous-ministres sont «imputables», c’est-à-dire qu’ils comparaissent régulièrement devant les députés en commission parlementaire.«Les députés peuvent alors questionner les sous-ministres sur tel ou tel contrat octroyé», a-t-il dit.M.Brodeur a déploré le nombre grandissant de contrats sans appel d’offres de moins de 25 000 S.Au ministère du Revenu, 26 % de-tous les contrats donnés par le ministère sont de moins de 25 000 $.Au ministère des Transports, cette proportion atteint 30 %.«B est évident que le fractionnement de ces contrats est tout simplement pour détourner le règlement qui oblige à avoir un appel d’offres lorsqu'un contrat va au-delà de 25 OOO $».a dit le député Brodeur.H a signale également que l’on retrouvait une multitude de contrats dont les montants varient entre 24 000 $ et 25 000 $.Il a même retracé une compagnie qui a obtenu dix contrats consécutifs dont chacun atteignait 24 995 $.«C’est un hasard incroyable!», at-il ironisé.I L K DEVOIR, LE J E I D I M A 1 2 0 0 2 ?LE DEVOIR ACTUALITES A A •monti Michel David Avec un ami |i comme ça.est le premier ministre Landry lui-même qui a posé la meilleure question au sujet des démarches que son vieil arm Yves Duhaime a faites auprès de lui, il y a deux ans, au nom des marchands de Métro-Richelieu, qui voulaient empêcher la vente de l’entreprise à des intérêts étrangers.«Il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles, là.Si les marchands avaient accès à mon cabinet sur simple coup de fil cinq fois de suite, pourquoi auraient-ils été verser des honoraires alors qu’ils n’en avaient aucun besoin?» En effet, pourquoi?Le problème est que M.Duhaime s’était chargé de répondre dans une entrevue à La Presse, et il a été on ne peut plus clair: «Je suis un ami intime du premier ministre du Québec, tout le monde sait cela! C’est pour ça d’ailleurs qu’il y a des gens qui viennent me voir.» 11 faut vraiment le lire pour le croire.Si on fait exception de sa brève aventure au Bloc québécois, M.Duhaime a quitté la politique active depuis 17 • ans.Manifestement, il a perdu la main.Remarquez, même à l’époque, il prenait les choses d’assez haut I ; M.Landry a bien tenté de prendre sa défense, mais | laprès un aveu comme celui-là, il était inutile de chercher à convaincre qui que ce soit que l’expertise de M.• Duhaime dans le domaine agroalimentaire, depuis son passage chez Natrel, est la raison pour laquelle on a fait appel à lui.Pas plus qu’il avait été choisi comme intermédiaire dans la vente de MIL Davie à Dominion Bridge à cause de sa compétence dans le domaine de la construction navale.Comme l’a si bien dit M.Landry, il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles.Le premier ministre a démontré depuis longtemps qu’il considère l’attaque comme étant la meilleure défense.Ne pouvant reprocher publiquement à son ami Duhaime d’avoir dit une sottise, il s’est défoulé contre La Presse.L’espace d’un instant, on a revu le bon vieux Bernard Landry que ses conseillers en communication n’avaient pas encore aseptisé.?Personne ne nie à M.Duhaime le droit d’exercer son métier d’avocat Encore faudrait-il que ce soit bien le cas.Or c’était loin d’être évident si on en croit le témoignage spontané d’un des deux avocats responsables du dossier au cabinet Heenan Blaikie, dont le regroupement des marchands avait retenu les services.Mardi, Me Patrice Vachon affirmait «Son rôle était de faire des approches, du lobbying auprès du gouvernement; il nous disait qu’il avait ses entrées.Il n’y avait pas de question juridique là-dedans.» Hier, il a senti le besoin de publier une mise au point qui est tombée à point nommé, c’est-à-dire juste avant la période de questions à l’Assemblée nationale.Curieusement alors que La Presse faisait état des activités de M.Duhaime en première page le matin même, M'Vachon a dit ignorer le «contexte» dans lequel les questions lui étaient posées, tout comme il ignorait que M.Duhaime était avocat.On ne peut pas tout savoir, n'est-ce pas?En tout cas, pour un homme qui n’avait «pas connaissance de la nature exacte du mandat confié à M.Duhaime», ses propos de la veille étaient passablement explicites.Il est tout à fait possible et même probable qu’à une occasion ou une autre, M.Duhaime ait également soulevé des questions de nature juridique, mais il est clair que son mandat était d’abord et avant tout de convaincre son ami Landry d’empêcher la vente de Métro-Richelieu.?En présentant à l’Assemblée nationale un projet de loi sur la transparence et l’éthique en matière de lobe bying, l’intention du gouvernement était de dissiper la fâcheuse impression que les amis du régime avaient le feu vert pour s'en mettre plein les poches.Après les André Desroches, Raymond Bréard et Sylvain Vaugeois, il est donc particulièrement inopportun qu’un autre ami personnel de M.Landry se re-itrouve au centre d’une controverse, i ' Même si les pratiques mises au jour depuis ! quelques mois semblent bien peu de chose compara-1 tivement au pillage de fonds publics auquel on se livre depuis des années à Ottawa sous couvert de dé-> dense de l’unité canadienne, l’opposition libérale a ?’beau jeu de crier à un «système qu’il a mis en place .pour enrichir ses amis».Après tout, M.Duhaime lui-même reconnaît qu’on sollicite ses services à cause de ses liens privilégiés avec le premier ministre! i i C’est le cas de le dire: avec un ami comme ça.Les libéraux ont cependant été imprudents en as-' isociant ses activités à un trafic d’influence au sens où l'entend l'article 121 du Code criminel.Surtout en le répétant à l’extérieur de l’Assemblée nationale, où ilg me jouissent plus de l’immunité parlementaire.A moins qu’ils ne soient en mesure de le prouver, ça ressemble à de la diffamation.En l’absence de M.Landry, qui participait hier au i «Sommet économique Québec-New York à Platts-' «burgh, le leader parlementaire du gouvernement, André Boisclair, a cru bon de déterrer le vieux scan- • idale du dézonage des terres agricoles à Laval, affaire à laquelle avait été associé le collecteur de fonds du -1PLQ, Tommy d’Errico, à la fin des années 80.Autrement dit, d’un côté comme de l’autre, tout le monde il est laid, tout le monde il est pourri.; i Pendant ce temps, laissant les «vieux partis» à leurs sombres histoires, Mario Dumont faisait tranquillement campagne dans Berthier.mdavid@ledevoir.com Après les André Desroches, Raymond Bréard et Sylvain Vaugeois, il est inopportun qu’un autre ami personnel de M.Landry se retrouve au centre d’une controverse Protection du mont Royal Action démocratique du Québec Le rapport des audiences publiques pourrait rester secret FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Ly organisme Héritage Montréal enjoint à la mi-1 nistre de la Culture et des Communications de rendre public le rapport sur la protection du mont Royal quelle recevra d’ici un mois.Rien n’oblige en effet Diane Lemieux à partager avec quiconque le fruit du travail de la Commission des biens culturels du Québec (CBCQ).A titre d’organisme participant aux audiences publiques qui se tiennent toute la semaine au Marché Bonsecours, Héritage Montréal a donc «prié» les commissaires de transmettre à la ministre leur souhait que le rapport «soit rendu public dans les plus brefs délais».Au cabinet de Mme Lemieux, on confirmait hier que la décision n’est pas arrêtée à ce sujet.«Im ministre n’a jamais dit qu’elle le rendrait public comme elle n’a jamais dit qu’elle ne le rendra pas public», a indiqué son attachée de presse, Maijolaine Perreault «La pratique veut qu’elle le rende public quand elle le jugera opportun, a-t-elle ajouté.La Commission des biens culturels va lui transmettre [le rapport], elle va prendre le temps d’en prendre connaissance et elle déterminera par la suite le montent opportun pour le rendre public.» Héritage Montréal trouve toutefois que la ministre pourrait aller plus loin en prenant exemple sur d’autres organismes qui font preuve d’une plus grande transparence.«Malgré la rigueur affirmée du processus, nous regrettons qu’il ne mène pas à un rapport public au même titre que ceux produits, par exemple, selon les règles élémentaires reconnues au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement [BAPE].» La loi oblige en effet le ministre de l’Environnement à rendre publics les rapports du BAPE à l’intérieur d’une période de 60 jours.La ministre, pour sa part, semble avoir l’intention de rendre le rapport public.un jour.Elle refuse de se fixer une échéance «puisqu’elle ne sait rien des suites qui lui seront apportées», a précisé son attachée de presse.En d’autres mots, le rapport pourrait être rendu public au moment où la ministre annoncera ses couleurs dans le dossier, si d’aventure sa décision coïncide avec les recommandations de la CBCQ.Et en quoi justifie-t-elle cela?«Parce que c'est elle \ qui a demandé le rapport.C’est donc sa prérogative», a tout simplement répondu Mme Perreault.Protection de la montagne Dans un autre ordre d’idées.Héritage Montréal a déposé un mémoire, hier, dans lequel il demande que soit instituée une mission supérieure de conservation du mont Royal, laquelle passerait par sa reconnaissance comme site patrimonial national et comme arrondissement naturel et historique.Ix- périmètre suggéré est le même que celui proposé la veille par les Amis de la montagne, soit de l’autoroute Décarie à l’ouest à la rue Saint-Urbain à l’est et de la rue Sherbrooke au sud au boulevard Van Horne au nord.Pour Héritage Montréal, la gestion du territoire en fonction de la mission de conservation, qui n’est pas une mince affaire, devrait reposer sur une convention de confiance entre la Ville et le gouvernement.«Compte tenu de la multiplicité des pouvoirs et des compétences en présence, peut-on lire dans ce mémoire, la conservation et la gestion des paysages culturels demandent la mise en place d’un système partagé et coordonné des responsabilités doté d’une mission de conservation et d’une instance de coordination et de concertation pour la rendre opérationnelle.» Cela pennettrait notamment d’encadrer le développement du secteur par les différentes institutions, publiques comme privées, qui ont pignon sur la montagne.Cela devrait se faire en considérant le mont Royal comme un paysage culturel urbain à préserver, concept qui a déjà été examiné pour décrire l’ensemble du canal de lachine, souligne Héritage Montréal.«Cela demande une approche différenciée et novatrice que nous croyons pleinement réalisable et possible à partir d’une compréhension élargie des définitions de la loi sur les biens culturels, précise-ton, sans que nous voyons là une solution unique et complète.En effet, il serait regrettable de voir dans l’attribution d’un statut une finalité en soi et ce, surtout lorsque l’on traite d'un lieu comme la montagne, défini par une tradition d’engagement civique à l’avant-garde des lois et même de la création du parc du Mont-Royal, né de pétitions populaires au cours des années I860.» ARCHIVES LE DEVOIR W-iU:,: * ,v' Bft i’ - i Des hôpitaux privés offrant des services gratuits Un militant propose des changements au programme du parti de Mario Dumont MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DF QUÉBEC Un militant adéquiste suggère qu’un gouvernement de son parti implante des hôpitaux privés offrant des services gratuits.C’est là l'essence d'une proposition qui pourrait être débattue lors du conseil général de l'Action démocratique du Québec (ADQ) à Rivière-du-Loup la semaine prochaine.Suggérée par un militant de Marquette, cette idée constituerait un virage pour le programme adéquiste, qui envisage toujours la tenue d’un référendum sur la pertinence de permettre aux patients de payer pour obtenir des soins plus rapidement.Ce projet de politique fait partie d'un ensemble de quatre propositions, dont quelques-unes s'avèrent «intéressantes», estime la présidente de la commission politique, Marie-Chantal Pelletier.Ces propositions comprennent également un programme de prêts aux professionnels de la santé pour l’achat d’équipement et le gel des primes de l’assuran-ce-médicaments.Le militant adéquiste Brian Doody estime qu’un gouvernement de l’ADQ devrait implanter un «programme de privatisation des attributions liées à la réception et au règlement des comptes remis pour la prestation gratuite de services de santé assurés dans les hôpitaux».En d’autres mots, des hôpitaux gérés par des intérêts privés seraient responsables d’offrir des sendees toujours gratuits à la population.La RAMQ superviserait le tout selon des contrats établis, comprenant des «objectifs normatijs et mesurables», avec les établissements.Pour contrer la vétusté de certaines installations, il est proposé d’établir un programme de prêts aux professionnels de la santé pour l’achat d’équipement et la construction de bâtiments médicaux.Ces prêts pourraient s’élever jusqu’à 1(X) 000$ par professionnel.On suggère également d’imposer un gel de primes du programme d’assurance-médicaments à leur niveau de l’an 2000 pour les personnes de 65 ans et plus.Un gouvernement adéquiste, selon ce militant, devrait aussi réduire les coûts de ce programme en introduisant une prime de 1 % du coût d’un médicament générique lorsque celui-ci serait prescrit Enfin, l’ADQ devrait souscrire à la Loi canadienne sur la santé, qui stipule notamment que le gouvernement fédéral doit déduire de sa contribution aux provinces un montant égal au total de la surfacturation effectuée par les professionnels de la santé.le porte-parole de l’ADQ, Jean-Imc Benoît a expliqué qu’il ne s’agit pas là de propositions «émanant» de la commission politique du parti.Il a rappelé que le conseil général des 1" et 2 juin prochains se limitera à une discussion sur les «grands principes» que défendra le parti en matière de santé.De telles propositions peuvent toutefois faire l’objet de discussions en atelier, a-t-il ajouté, mais devraient surtout passer l’épreuve ultime du congrès de l’automne prochain avant de se retrouver au programme.EN B Des leçons à tirer (Le Devoir) — L’administration Tremblay tirera des leçons de l’éviction survenue mardi, à Montréal, dans la rue de Bullion.«Il peut y avoir une coordination plus fine entre les services concernés», expliquait hier Michel Prescott, vice-président du comité exécutif et responsable du dossier logement Le délai de quatre jours donné aux locataires pour quitter les lieux n’était peut- .être pas suffisant donnait-il en exemple.De même, certains locataires ne peuvent être relogés par l’Office municipal d'habitation car ils n’habitent pas Montréal depuis assez longtemps pour se qualifier.La règle pourrait être revue, a-t-il dit L’éviction elle-même était toutefois justifiée pour des raisons de sécurité, a ajouté M.Prescott L’équipe Tremblay s’était engagée à procéder à des évictions uniquement dans les cas où l’insalubrité des lieux est en jeu.R E F Harper et l’accord de Kyoto (PC) — Le chef de l’opposition aux Communes, Stephen Harper, estime que le Canada devrait dénoncer l’accord de Kyoto et envisager d’autres moyens pour lutter contre les gaz à effet de serre.Hier, à la sortie du premier caucus qu’il présidait comme chef de l’Alliance canadienne, M.Haiper a dit douter que «Kyoto, tel qu’il est maintenant, puisse être ratifié un jour et s’avérer efficace».«Je pense que nous devrons trouver autre chose.Je pense aussi que le gouvernement de l’Alberta est plus réaliste, car il commence à examiner un plus large éventail d’options.» Le gouvernement fédéral, poursuit cet élu de Calgary, devrait bien évaluer ce qu’a proposé l’Alberta cette semaine à Charlottetown, à la conférence des ministres de l’Environnement f EOLEX SERVICE POUR GARDER VOTRE ROLEX EN PARFAIT ÉTAT DE FONCTIONNEMENT, , NOUS VOUS CONSEILLONS D’EFFECTUER UNE RÉVISION COMPLÈTE TOUS LES CINQ ANS.voÿyo-tde/rie Gambard Vente et service technique Vente et service technique 6J0-A RUE CATHCART MONTRÉAL, CENTRE VILLE • TÉL: 866-3876 A 4 LE DEVOIR, LE .1 E L' D I 23 M Al 2 0 0 2 L E S A C T ü A LIT É S Quand l’écotourisme nuit aux écosystèmes LOUIS GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Ly intendance privée de l’écotourisme menace les ' bases mêmes de cette industrie en plein essor, et en particulier sa dimension d'intérêt public international, a soutenu hier Kat Hartwig, de la Colombie-Britannique, au Sommet mondial de l’écotourisme.Four Mme Hartwig, de la East Kootenay Environmental Society, «la crédibilité même de l'industrie écotouristique est en cause lorsque les exploitants du tourisme d’aventure se prennent pour les gestionnaires de l’écotourisme».En Colombie-Britannique, a poursuivi Mme Hartwig, «nous sommes confrontés au fait que le tourisme d’aventure provoque une montée exponentielle du tourisme motorisé et non réglementé dans toutes les zones sauvages intouchées: il est clair dans ce cas précis que le terme écotourisme comme outil promotionnel constitue une fraude».Deux écoles de pensée s’affrontent dans ce domaine au Sommet mondial sur l’écotourisme, l’une qui réclame plus de place et de liberté pour les agents économiques et l’autre qui plaide pour un encadrement de cet écotourisme pour qu’il n’ajoute pas aux menaces qui pèsent sur les écosystèmes.«Lidée derrière le concept d'écotourisme, c’est de minimiser l’impact de l’écotourisme et, par le fait même, d’en faire profiter les communautés locales de façtm durable.La protection des zones vierges m sauvages ainsi que de la faune qu ’elles protègent doit absolument être privilégiée, a ajouté la conférencière dont le group est aux prises avec un exploitant controversé, Canadian Mountain Holidays.Ce groupe dépose ses clients, skieurs et randonneurs, sur les sommets les plus éloignés et inaccessibles, sur des terres publiques dans une zone très problématique pour des caribous de montagnes.Cette filiale d’Intrawest se présente elle-même comme une sorte de fiduciaire de la nature et des montagnes, dont elle défendrait l’intégrité.Or elle exploite des randonnées héliportées justement dans les derniers retranchements des caribous montagnards de cette province.L’Organisation mondiale du tourisme et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) veulent développer un modèle d’exploitation durable pour l’industrie de l’écotourisme.Mais ce débat soulève toute la question de savoir qui va diriger le, développement de ce secteur commercial nouveau, l’État comme fiduciaire du patrimoine international en cause ou les intérêts privés qui font miroiter aux communautés le mirage des retombées économiques alors que leurs activités risquent, dans certains cas, de mettre en péril les écosystèmes dont ils peuvent abuser.Ce nouveau secteur commercial prétend pouvoir s’autoréglementer sur la foi de normes d’écocertifi-cation, des normes dont il existe présentement environ 200 variantes connues, définies la plupart du temps par les exploitants locaux.Mais, pense Kat Hartwig, il faut plutôt ici encadrer ce développement par des agents totalement indépendants des agents économiques en cause.«L'idée que cette industrie puisse s’autoréglementer équivaut à laisser la garde du poulailler au renard.lorsque des espèces sont en péril ou en situation précaire, conclut-elle, cela devient un enjeu international, qui dépasse les besoins ou les perspectives de l’industrie de l’écotourisme.» Rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement La planète est dans un piètre état La moitié de la population sera confrontée à une pénurie d’eau L’explosion des villes affectera les deux tiers des terres émergées INDALECIO ALVAREZ AGENCE FRANCE-PRESSE Londres — Pénurie d’eau pour la moitié de la population, extension galopante des villes et des infrastructures routières: le programme des Nations unies pour l’environnement a dressé hier à Londres un sombre tableau de l’état de la planète à l’horizon 2032.Les deux tiers des terres émergées vont être affectées par le développement de routes et de villes dans les trente prochaines années à moins que des mesures urgentes ne soient prises, selon le rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).«L’Amérique latine et les Caraïbes seront les plus touchées, avec plus de 80% des terres affectées, suivies de près par l’Asie et la région Pacifique, où 75 % des terres pourraient être affectées par la croissance rapide et peu planifiée des infrastructures», selon le rapport de l’ONU sur l’état mondial de l’environnement Par ailleurs, «plus de la moitié de la population mondiale vivra en 2032 dans des régions souffrant d’une pénurie d’eau si les décisions politiques, économiques et sociales du globe sont laissées aux forces du marché», indique le rapport «IJAsie de l’Ouest, y compris la péninsule arabique, pourrait être la plus touchée, plus de 90 % de sa population vivant dans des régions manquant d'eau en 2032», ajoute le document L’extension galopante des villes et des infrastructures routières affecte également les espèces animales, selon le rapport de l’ONU, qui précise que «12 % des oiseaux et près d'un quart des mammifères sont actuellement menacés».Mais le rapport relève aussi des évolutions positives.le but de faire descendre la part de la population mondiale souffrant de la faim à 2,5 % en 2032 est réalisable, selon un scénario tablant sur une augmentation de la production alimentaire d'ici là.Les gaz à effet de serre devraient de leur côté se stabiliser, à condition que les secteurs public et privé fassent preuve de bonne volonté, selon ce document.L’ONU souligne toutefois le fossé de plus en plus important séparant ceux qui souffrent des changements de l’environnement et ceux qui y échappent m hi tk En Afrique du Sud, un homme se tient debout à côté d’un réservoir d’eau.ARCHIVES LE DEVOIR Le nombre moyen de gens touchés par des catastrophes naturelles est passé de 147 millions par an dans les années 80 à 211 millions par an dans les années 90.«Nous avons maintenant des centaines de déclarations, d’accords, de directives et des traités juridiquement contraignants destinés à faire face aux problèmes de l’environnement», a déclaré le responsable du PNUE Klaus Toepfer.«Il nous faut trouver le courage politique et les nouvelles sources de financement nécessaires à la mise en œuvre de ces accords», a-t-il ajouté, suggérant que très peu avait été réellement fait depuis le Sommet de la Terre de Rio, il y a dix ans.M.Toepfer a lancé un appel aux participants au deuxième Sommet de la Terre prévu du 26 août au 4 septembre à Johannesburg.«Nous avons besoin de mesures concrètes, de calendriers concrets et d’une volonté de fer de toutes les parties, a-t-il dit.Alors seulement les promesses faites à Rio pourront devenir réalité.» «La rhétorique doit devenir réalité, a repris la ministre britannique à l’Environnement, Margaret Beckett, présente aux côtés de M.Toepfer.Si nous n ’étions pas à même de relever ce défi, nous raterions une occasion historique.» Pour la ministre, «ce rapport souligne à quel point le monde a changé depuis le Sommet de la Terre à Rio, il y a dix ans, et montre quelle est la voie à suivre vers un avenir mieux maîtrisé».Comité sur les porcheries Le siège de l’UQCN restera inoccupé PRESSE CANADIENNE Québec — Le règlement sur l’établissement de porcheries au Québec sera terminé le 15 juin prochain, en dépit du fait que le seul groupe environ-nementaliste membre du comité qui révise le règlement vient d’en claquer la porte.«Le règlement sera publié le 15 juin, et il s’inspirera des meilleurs préceptes environnementaux», a soutenu hier à l'Assemblée nationale le ministre de l’Environnement, André Boisclair, en réponse aux inquiétudes du député libéral d’Orford, Robert Benoit Le comité spécial, formé il y a un mois pour révi- ser la réglementation sur les porcheries, comptait des membres de l’Union des producteurs agricoles, de la Fédération des producteurs de porcs et d’un groupe environnementaliste, l’Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN).Mais le président de l’UQCN, Harvey Mead, a quitté le comité la semaine dernière, estimant que le but caché du gouvernement était de mieux faire accepter la construction de nouvelles porcheries.Le ministre Boisclair a expliqué qu’on n’avait pas prévu remplacer les représentants de l’UQCN qui siégeaient au sein du comité sur les porcheries.Tout en déplorant le départ de M.Mead, le mi- nistre a soutenu que le règlement qui sera publié respecterait l’environnement.«Vous pourrez juger l'arbre à ses fruits», a-t-il dit Le gouvernement a décrété à la fin d’avril un moratoire du 1" mai jusqu'au 15 juin sur la construction de toute nouvelle porcherie au Québec.Entre-temps, un comité créé par le ministre, et dont faisait partie l’UQCN, devait analyser les conditions acceptables pour l'établissement de nouvelles porcheries.Plus d'une centaine de demandes pour l’établissement de nouvelles porcheries sont actuellement suspendues d’ici la fin du moratoire, le 15 juin.CLUB 14021 HOMME LE DEVOIR Le Portugal Séjournez à Coupe-vents importés d’Italie réversibles GRAND SOLDE D’ÉTÉ 175$$eulement RÉGULIER 3Sas 1118, rue Ste-Catherine O.2e étage, Montréal Tél.: (514)861-3636 i IWWWWi àgJfV , „ •ÆAs MOTEL ALGARVE PRÉSENTÉ PAR L'OFFICE DU .c^°t 1 TOURISME DU POltllga VOYAGE POUR 2 INCLUT bBiefc d'avion aHer-relou'service Air Transat au départ de Mirabel vere Faro ou Lisbonne au Portugal 6 mite à IHtet %if*e Casi» incluant petts déitunm.lestrao fertsnofHndus.* L« voyage devn être effectué avant le 15 décembre 2002, selon te dèpomMitK Valeur de 3 200S.i LE DEVOIR I Retournez à : Concours Portugal 2050, rue de Bleurv, I 9* étage, Montréal (Québec) HJA3S1 J Le tirage aura lieu le 13 juin 2002 à I5h.J Faites-nous parvenir les coupons de participation avant le ! 12 juin 2002.Le concours s'adresse aux personnes de 18 J ans et plus.Un seul coupon par enveloppe, J Les reproductions électroniques ne seront pas acceptées.* Les conditions et réglements du concours sont I dispomWes à la réception du Devoir.VIENT DE PARAÎTRE! Numéro de mai 2002 Courtiser l’insignifiance Robert Laphmte Lettre ouverte à M.Gilbert Lavoie Robert Laphmte L'impérialisme et la fatalité Pierre Vadeboncoeur Desjardins, l'Église et le développement lohaime Iterant et Marie-Claire Malo Le ver est dans la pomme Richard Weilbremer A Murdochville, la Gaspésie est frappée droit au cœur Iules Bélanger L'œuvre de Gabrielle Roy : entre un Manitoba mythique et un Québec incertain Ismène Toussaint La baisse du poids des francophones ê Montréal Charles Castonguay m • Quand le gouvernement d'Ottawa acceptera-t-il de se soumettre à la Constitution Michel Brunet Pmr vous procurer ce numéro: L'Action nationale 425, bout, de Maisonneuve Ouest, bureau 1002 Montréal (Québec) H3A 3G5 Tél.: (514) 845-8533 - Téléc.: (514) 845-8529 Courriel : revuefë'action-nationale.qc.ca Site : http://www.action-nationale.qc.ca Nom Adresse :.App.:.Ville :.Code postal :.Courriel :.Téléphone: (rés.).(bur.).Question mathématique : (85+15) - (30+15) =.Abonnée : Oui.Non.FONDATION JEUNES ET SOCIÉTÉ o°c> °C Ja LES ENFANTS DU MONDE ONT BESOIN DE VOTRE AIDE A comme coopérant A comme bénévole A comme donateur (514) 387-2541, poste 240 Nous vous aiderons à les aider www.monde.ca LE DEYQI^ Nouveau depuis le 22 mai TOUT CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR., S’ABONNER | Une histoire | Publicité | Offres & avis | Qui sommes-nous ?| Nous joindre r Manchettes X Arts & plaisirs Je ne cherche pas, je trouve (Picasso) E I) E V it I R .LE .1 E t D l M A I 2 0 0 2 A r> -* LE DEVOIR ?- LE MONDE Scandale Enron Le Sénat somme la Maison-Blanche de livrer des documents D’APRES L'AGENCE FRANCE-PRESSE ET ASSOCIATED PRESS Washington — Une commission sénatoriale américaine a exigé hier de la Maison-Blanche quelle fournisse des documents relatifs à ses contacts avec les dirigeants d'Enron, la firme de courtage en énergie qui a fait faillite, engageant un nouveau bras de fer avec l'administration Bush.C’est la première fois qu’une commission du Congrès approuve de telles citations visant la Maison-Blanche dans cette affaire.La commission, contrôlée par les démocrates, a approuvé ces citations par neuf vont contre huit.La Maison-Blanche n’a pas tardé à réagir, jugeant cette demande inutile».La décision de la commission survient après que la Maison-Blanche fut apparue réticente, selon les démocrates, à transmettre ces documents, réclamés dans une lettre datée du 27 mars et signée du président de la commission des Affaires gouvernementales, le sénateur démocrate Joseph Lieberman.«La commission n 'a pas d’autre choix que d'émettre ces citations afin d'obtenir ces documents», a déclaré le sénateur Lieberman.D a indiqué en être «arrivé à la conclusion que nous avons fait l’objet, sinon d’une obstruction systématique, au moins d’une tentative délibérée défaire traîner les choses» en parlant du comportement de la Maison-Blanche.Les membres républicains de la commission ont protesté contre cette initiative, la qualifiant de «prématurée» et de «malvenue».La commission des Affaires gouvernementales enquête entre autres pour déterminer si des responsables d’Enron ont pu influencer la politique énergétique de la Maison-Blanche, élaborée l’année dernière, ou si Enron a pu recevoir un traitement privilégié de quelque manure que ce soit «R est temps pour la Maison-Blanche de se montrer coopérative», a déclaré le sénateur démocrate Car) Levin.Une porte-parole de la Maison-Blanche, Anne Womack, a indiqué qu’il est encore «trop tôt» pour savoir si l’administration Bush s'opposera à cette citation, mais elle s’est dite «perplexe sur le fait de savoir pourquoi M.Lieberman a choisi la voie de l’affrontement plutôt que de travailler de concert avec la Maison-Blanche».Elle a précisé que la présidence prépare un ensemble de documents qu’elle souhaite transmettre dès hier après-midi à la commission.Enron avait déposé le bilan en décembre sous une montagne de dettes, provoquant une cascade d’enquêtes de la justice et du Congrès.Citations à comparaître Par ailleurs, un organisme dépendant du Congrès, le General Accounting Office (GAO), a récemment porté plainte en justice contre la Maison-Blanche afin également d'obtenir d'elle des documents relatifs à l'élaboration de sa politique énergétique.Cette action en justice est une première historique.Le GAO a saisi la justice le 22 février dernier pour contraindre M.Cheney à fournir la liste des responsables d’Enron et d’autres compa- gnies du secteur qui ont rencontré fa groupe de travail sur l'énergie du président Bush et à révéler le sujet de ces discussions.Le département de la Justice va d'ailleurs se pourvoir devant les tribunaux pour débouter cet organisme de sa plainte.Le département de la Justice, dans un communiqué publié justement hier, justifie son action à l’encontre du GAO en expliquant qu’il s’agit de «protéger le droit du président d’user de ses pouvoirs».«L’assertion du GAO selon laquelle il dispose d’une autorité virtuellement illimitée pour enquêter sur le pouvoir exécutif révolu-tionnerait et violerait la doctrine de la séparation des pouvoirs, qui fait la farce de notre gouvernement», a précisé la porte-parole du département de la Justice, Barbara Comstock.Selon elle, «le président fouit du droit constitutionnel de bénéficier de l’avis confidentiel de proches conseillers et de recommander- une législation au Congrès».la commission des Affaires gouvernementales du Sénat américain a egalement décidé hier de citer à comparai tro des employés de la Maison-Blanche.Elle a ainsi décidé hier d'entendre des collaborateurs du président George W.Bush et du vice-président Dick Cheney afin de connaître les liens réels entre la Maison-Blanche et fa géant du courtage en énergie Enron avant que ce dernier ne connaisse une faillite spectaculaire, en décembre dernier.Le vote s'est déroulé au terme d’un débat de deux heures assez houleux entre membres républicains et démocrates de cette commission, les pre- miers accusant fa president démocrate de ladite coin mission, Joseph Lieberman, de vouloir donner l'impression que l’af faire Enron est née à la Maison-Blanche.On sait cependant que plusieurs hauts responsables de l'administration Bush entretenaient des liens étroits avec 1e groupe texan, la Maison-BLuiche a elle-même reconnu que l’ancien p.-d.g.d’Enron, Kenneth lay.avait contacté les secrétaires au Trésor et au Commerce, Paul O’Neill et Don Evans, ainsi que le directeur du Budget, en (X'tobre et novembre derniers, alors que fa groupe périclitait.M.lay a également été le principal bailleur de la campagne électorale de George W.Bush, ce qui lui a permis de bénéficier d’un accès privilégié aux différentes administrations à Washington.Depuis quelques mois, l’actuel chef de la Maison-Blanche a pris ses distances avec celui qu’il appelait affectueusement -Kenny Boy» lorsqu’il était encore gouverneur du Texas.Depuis le 2 décembre, date de la faillite industrielle la plus importante de l’histoire américaine, une dizaine de commissions de la Chambre dr's représentants et du Sénat sont à pied d’œuvre |xnir auditionner les dirigeants d’Enron.la Commission des opérations de Bourse américaine (SEC, gendarme de la Bourse) avait quant à elle ouvert une enquête dès le 31 octobre.Une enquête est menée parallèlement sur le rôle de la firme d’audit Arthur Andersen, qui a reconnu la destruction massive par certains de ses em-ployésde documents comptables ayant trait à Enron.Kenneth Lay Dick Cheney EN BREF La Cour suprême est saisie du cas Pinochet Santiago (AFP) — La Cour suprême du Chili a procédé hier à de nouvelles auditions sur le recours en cassation contre un arrêt de la Cour d’appel de Santiago, qui a suspendu il y a dix mois la procédure engagée contre le général Augusto Pinochet pour l’assassinat de 75 opposants sous sa dictature (1973-90).Les juges ont entendu les arguments des avocats de la défense de Pinochet et des parties civiles, à l’origine de ce recours en cassation contre la décision de la Cour d’appel qui a suspendu la procédure, le 9 juillet dernier, en se fondant sur la «sénilité légère à modérée» dont souffre le général Pinochet âgé de 86 ans.Selon un avocat des parties civiles, Eduardo Contreras, la cour, qui avait procédé à une première journée d’auditions jeudi dernier, rendra son verdict au cours des deux prochaines semaines.Pas d’ONG tibétaines à Johannesburg New York (AFP) — La Chine veut empêcher une troisième organisation non gouvernementale protibétaine de participer au sommet mondial pour le développement durable prévu fin août à Johannesburg (Afrique du Sud), dans une lettre au secrétaire général de l’ONU publiée hier.La Chine considère que le Centre tibétain pour les droits de l’homme et la démocratie (TCHRD) est une organisation séparatiste «ayant pour but de séparer le Tibet de la Chine», selon cette lettre à Kofi Annan signée par l’ambassadeur de la Chine aux Nations unies, Wang Yingfan.Le comité préparatoire du sommet de Johannesburg, qui doit se prononcer sur les accréditations des différentes organisations désirant participer à la manifestation, doit tenir à partir de lundi en Indonésie sa dernière réunion avant l’ouverture du sommet le 26 août Le comité préparatoire, en dépit des objections américaines et de la plupart des autres pays oeddentaux, a déjà refusé d’accréditer deux organisations protibétaines jugées séparatistes par Pékin, le Centre pour la justice au Tibet et l’organisation Campagne internationale pour le Tibet A Bakou, un pape affaibli Bakou (Reuters) —À son arrivée à Bakou, en Azerbaïdjan, première étape du 96e voyage pastoral à l’étranger de son pontificat, Jean-Paul II.apparemment très affaibli, a lancé hier un appel aux nations à rejeter toute forme de fondamentalisme et d’impérialisme.Le pape, qui est âgé de 82 ans et dont la santé est de plus en plus précaire, est descendu de son avion comme il y était monté quelques heures plus tôt à l’aide d’un montecharge spécialement aménagé pour lui.C’est la première fois en 23 ans de voyages à l’étranger que Jean-Paul II, qui souffre de plus en plus d’arthrose à la jambe, ne peut descendre seul de son appareil.Son état de santé a suscité des rumeurs sur son éventuelle démission, mais ce voyage semble être la preuve que le souverain pontife n’entend pas passer la main.Atal Bihari Vajpayee à la frontière indo-pakistanaise Les soldats indiens doivent se préparer à une «bataille décisive» ARKO DATTA REUTERS NEELESH MISRA ASSOCIATED PRESS Kupwara — Dans un climat de plus en plus tendu, le premier ministre indien lance un avertissement au Pakistan: Atal Bihari Vajpayee a ainsi appelé hier les soldats indiens postés le long de la ligne de cessez-le-feu entre les deux puissances nucléaires à se préparer à «une bataille décisive» contre les séparatistes cachemiris que New Delhi accuse d’être soutenus par Islamabad.Afin de renforcer ses défenses maritimes, l’Inde a posté cinq de ses navires de guerre au large de sa côte occidentale, les rapprochant ainsi des eaux pakistanaises, ont rapporté hier des responsables indiens.Des dizaines de civils et de soldats ont été tués ces cinq derniers jours lors d’importants échanges d’artillerie de part et d’autre de la frontière, ravivant les craintes d’une guerre entre les deux grands pays rivaux.S’exprimant devant plus de 600 soldats indiens à Kupwara près de la Ligne de contrôle, frontière de fait qui sépare l’Inde et le Pakistan dans la région himalayenne, M.Vajpayee leur a dit d’être «prêts pour le sacrifice».«Votre objectif doit être la victoire.Il est temps de mener une bataille décisive.» Le premier ministre a évoqué l’attaque menée la semaine dernière par des militants islamistes présumés contre un camp de l’armée à la périphérie de Jammu, la capitale d’hiver de l’Etat indien du Jammu-et-Ca-chemire.L’assaut avait fait 34 morts, pour la plupart des enfants et des femmes de militaires.L’Inde a accusé le Pakistan et les séparatistes islamistes qui y sont basés d’être responsables de l’attaque.New Delhi a expulsé l’ambassadeur pakistanais, réorganisé ses forces maritimes et terrestres et envoyé mardi 3000 soldats supplémentaires à la frontière.Le ministre indien de la Défense, George Fernandes, s’est également Patrouille à la frontière.adressé aux soldats.«Partout où je vais, les soldats me demandent quand nous aurons l’occasion d’attaquer», a-t-il commenté.Les deux pays ont massé quelque un million de soldats de part et d’autre de leurs 1800 kilomètres de frontière commune.Le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, Aziz Ahmed Khan, a confié à l’Associated Press que son pays était également prêt pour la guerre.«Le Pakistan veut résoudre toutes les questions en suspens avec l’Inde par des discussions pacifiques et des négociations, mais nos forces armées sont également prêtes à faire face à toute agression.» Malgré tout beaucoup d’experts estiment qu’une guerre n’est peut-être pas imminente du fait de la présence militaire américaine en Afghanistan et au Pakistan et des efforts déployés par Washington pour réduire les tensions.Les Britanniques plient bagage «Dans un avenir immédiat, nous n 'allons pas lancer d'opération», a assuré J.N.Dixit, ancien ministre in- dien des Affaires étrangères.Il pense que New Delhi ne prendra pas de décision définitive avant la visite à la fin du mois du secrétaire d’Etat adjoint américain, Richard Armitage, et du secrétaire britannique au Foreign Office, Jack Straw.Ce dernier a par ailleurs annoncé hier le rappel prochain d’une partie des diplomates britanniques en poste au Pakistan, en raison de menaces terroristes liées aux milieux islamistes.Par ailleurs, des centaines de personnes ont suivi hier le cortège funèbre du dirigeant séparatiste modéré Abdul Ghani Lone, abattu la veille avec un de ses gardes du corps lors d’une cérémonie en mémoire du 12'' anniversaire de l’assassinat d’un dirigeant indépendantiste ca-chemiri à Srinagar, la capitale d’été du Cachemire indien.Les séparatistes musulmans du Cachemire se battent depuis 1989 pour obtenir l’indépendance de la province ou son rattachement au Pakistan.On estime que les combats ont fait plus de 60 000 morts.L’Inde et le Pakistan se sont livré trois guerres depuis leur indépendance en 1947, dont deux à propos du Cachemire.i Atal Bihari Vajpayee Nouvel attentat à Rishon-le-Zion AG E N C E E R AN C E- P R ESSE Naplouse — les Brigades des martyrs d’al-Aqsa, groupe armé lié au Fatal) du président pit lestinien Yasser Arafat, ont revendiqué l’attentat perpétré hier soir à Rishon-le-Zion, qui a fait deux morts, outre son auteur, dans un communiqué parvenu à l’AFP à Jé-nine (Cisjordanie).«Nous avons ainsi vengé le meurtre de Jihad Jibril à Beyrouth ainsi que l'assassinat de quatre Palestiniens aujourd’hui [hier] à Naplouse et ceux de centaines d'autres dans les territoires occupés», indique le communiqué.Selon le texte, «de nombreux kamikazes du Fatah sont prêts à se sacrifier pour lutter contre la politique terroriste de [Ariel] Sharon», le premier ministre israélien.Jihad Jibril, fils aîné du chef du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG), a été tué lundi dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth, attribué par son père, Ahmed Jibril, au Mossad, le service de renseignements israélien.Israël a démenti toute implication dans l’attentat Hier, l’armée israélienne a tué quatre Palestiniens, dont un chef militaire recherché pour sa responsabilité dans plusieurs attentats en Israël, près de Naplouse en Cisjordanie, selon des sources palestiniennes.Par ailleurs, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a fait adopter hier haut la main par le Parlement son programme d’austérité économique, dont le rejet lundi avait déclenché une crise au sein de la coalition gouvernementale.Le plan d’austérité a été voté en première lecture par une majorité de 65 vont contre 26 et sept abstentions.Il avait été repoussé lundi après que le parti ultra-orthodoxe sépharade Shass eut voté contre.BRÉSIL Enfin une justice pour les paysans sans terre ?DOMITILLE HAZARD LE MONDE UONU accuse Bogota de passivité Bogota (Reuters) — Dans un rapport accablant les Nations unies accusent le gouvernement et les forces armées colombiennes de ne pas avoir su prévenir des affrontements entre rebelles d’extrême gauche et paramilitaires d'extrême droite, qui ont tué au moins 45 enfants et 74 adultes ce moisci.L’ONU estime que le gouvernement a ignoré des avertissements émanant d’elle mais aussi de sa propre commission des droits de l'homme.Elle ajoute que l’armée, la marine et la police devraient faire l'objet d’une enquête pour avoir laissé des membres des forces paramilitaires atteindre les zones où se sont déroulés les combats.Ces meurtres ont eu lieu le 2 mai, date à laquelle une bombe lancée par les rebelles des PARC et destinée à des paramilitaires avait détruit une église où environ 500 civils s'étaient réfugiés, dans la région de Bella Vista.De nombreux cadavres sont restés sur place pendant quelques jours, en raison des combats, puis ont été jetés dans des fosses communes.L'armée n’est arrivée à Bella Vista que le 8 mai.soit bien plus tard que les ONG et de nombreux journalistes.La terre, on en vit on peut en mourir aussi.Au Brésil, des centaines de petits paysans ont été assassinés pour avoir revendiqué leur droit à la terre.Les tueurs et leurs com-manditaires, souvent de grands propriétaires terriens, s’en sont toujours tirés à bon compte.Mais la roue est peut-être en train de tourner.et la justice brésilienne, d’avancer c’est, du moins, ce que permet d'espérer le procès oqvert mardi 14 mai au tribunal de Belem, capitale de l’Etat amazonien du Para.Dans le box des accusés, 149 membres de la police militaire impliqués dans le meurtre de 19 paysans sans terre, abattus le 17 avril 1996 alors qu'ils manifestaient pacifiquement avec le Mouvement des sans-terre (MST) pour réclamer l'application de la réforme agraire promise par les gouvernements successifs.Baptisé «massacre d "Eldorado do Carajas», du nom de la propriété où il fut perpétré, cet assassinat collectif n'en finit pas de provoquer de rocambofasques et affligeants rebondissements judiciaires.Jugés une première fois en 1999, les officiers qui commandaient l’opération avaient alors été acquittés faute de preuves.en dépit des témoignages, rapports d’experts et cassette vidéo qui ne laissaient aucun doute sur les circonstances de fa tuerie.Le tollé d’indignation suscité par le verdict conduisit néanmoins, huit mois plus tard, à son annulation.Depuis, la justice a toutes les peines à trouver un juge pour instruire l’affaire, que le magistrat ne résiste pas aux intimidations et menaces de mort ou quU soit accusé de partialité.Cinq jours encore avant l’ouverture du procès, le juge chargé du dossier a été écarté et un autre nommé à sa place.A Tissue d’une première session de travaux qui s’est conclue le jeudi 16 mai, une sentence sans précédent, et qui peut paraître exemplaire, a été prononcée.Reconnu responsable de 1a tuerie, le colonel Mario Co-fares Pantoja, qui dirigeait le bataillon de 1a police militaire, a en effet été condamné à 228 ans de prison, correspondant à 12 ans par personne tuée.Ce verdict a cependant été accueilli avec prudence par les défenseurs des victimes.Le colonel Pantoja est en effet sorti libre du tribunal et attendra, en liberté, son recours en appel.De plus, au même moment, 1a cour a déchargé de toute responsabilité l’un des trois autres gradés impliqués.«Cette décision indique une tendance qui pourra avoir une influence sur les autres sessions du procès [qui devrait durer plusieurs mois] et porter à une absolution collective des autres inculpés en faisant prévaloir l’impunité par rapport aux crimes commis au Para», se sont inquiétés plusieurs organisations non gouvernementales et mouvements religieux dans un communiqué conjoint publié lundi 20 mai.En fait c’est le déroulement même du procès que ces organisations remettent en question.«Ijes véritables responsables du massacre ne sont pas présents au procès», s'incjigne Eurival Martins, coordinateur du MST pour l’Etat du Para H fait notamment référence au gouverneur de cet Etat, Almir Babriel, qui aurait donné l’ordre de disperser «par tous les moyens» fa manifestation, et au secrétaire de la sécurité publique, Paulo Sete Camara Ainsi, les signataires du communiqué s'interrogent sur les raisons de l’absence de ces dirigeants au procès.Serait-ce «à cause de pressions politiques du gouvernement et du tribunal de justice»?I.a société civile exige des réponses à ces questions et entend poursuivre l’âpre bataille juridique engagée voilà plus de six ans, jusqu’à ce que tous les responsables du massacre soient punis.I.a lutte contre l’impunité est loin d’être terminée. EDITORIAL L’ambiguïté canadienne Malgré le refus des États-Unis, le Canada souhaite toujours ratifier le protocole de Kyoto avant la fin de l’année en cours.Pour y parvenir, Ottawa a récemment publié un document de consultation proposant quatre voies différentes qui permettraient chacune de ramener les émissions de gaz à effet de serre sous le niveau de 1990.Cependant, sur le plan tant national qu’international, le risque d’échec est plus élevé que jamais.A Jean-Robert Sansfaçon ?u terme d’une rencontre des ministres canadiens de l’Environnement tenue cette semaine à Charlottetown, l’Alberta a annoncé qu’elle n’appuiera pas Ottawa dans sa volonté de ratifier le protocole signé en 1997 à Kyoto.Pour le gouvernement Klein, le Canada devrait suivre l’exemple américain en adoptant son propre plan de lutte contre les gaz à effet de serre (GES).L’Alberta étant une province riche dont les revenus proviennent largement de la production pétrolière, son gouvernement craint comme la peste les mesures de réduction des GES et, surtout, leur application trop rapide.Il propose donc de reporter à 2020 au lieu de 2012 l’échéance de la phase initiale du programme.Il va sans dire qu'une telle décision équivaudrait à un retrait du Canada des discussions sur le plan international, ce dont le gouvernement Chrétien ne veut pas.En effet, contrairement aux États-Unis, qui ont connu un changement de président entre l’adoption % ^ Il du protocole et le moment de le ratifier, les li-.*,r' béraux de Jean Chrétien ont participé active- ment et appuyé chacune des étapes de Kyoto.In crédibilité du gouvernement, voire celle du Canada, est donc en cause.Cela dit, le retrait américain pose un sérieux problème au Canada et menace l’application du protocole à l’échelle internationale.In règle adoptée par les 34 pays industrialisés signataires stipulait que pour devenir effectif, le protocole devait être ratifié par un nombre de pays suffisant pour couvrir au moins 55 % des GÈS produits en 1990.Or, comme les États-Unis comptent pour 36,1 % du total, et l’Australie, qui a aussi choisi de ne pas ratifier l’accord, un autre 2,1 %, la marge n'est plus que de 6,8 %.Il suffirait de quelques autres désistements pour que tout soit à reprendre.Il va sans dire que ni les écologistes ni les citoyens et leurs représentants ne souhaitent l’écriture d’un tel scénario.Au Québec, le gouvernement du Parti québécois appuie Kyoto, comme dans la plupart des provinces au pays.Mais Ottawa peut difficilement se permettre de signer un accord international qui le conduirait à imposer des mesures impopulaires dans les provinces récalcitrantes comme l’Alberta.Voilà d’ailleurs pourquoi, des quatre propositions qui seront soumises à la consultation au cours des prochains mois, celle qui est privilégiée par Ottawa implique de nouvelles concessions de la part des autres pays industrialisés auxquels on demande de reconnaître l’apport des exportations canadiennes de gaz naturel et d’électricité vers les États-Unis (deux formes d’énergie plus propres que le charbon et le pétrole) dans le bilan de lutte contre les GES.Le premier ministre Chrétien lui-même a défendu ce point de vue lors de son récent passage en Europe, sans grand succès toutefois.Un accord en ce sens arraché aux autres signataires faciliterait grandement le travail d’Ottawa auprès de l’Alberta mais aussi auprès de la Colombie-Britannique et de l’Ontario.Mais il y a loin de la coupe aux lèvres, les Européens ayant la conviction qu’ils ont déjà beaucoup cédé pour obtenir l’appui canadien.Kyoto doit être ratifié et mis en application, cela ne fait aucun doute.Malheureusement, il n’y a que l’optimisme et le bon sens pour nous permettre d’espérer que les lobbys industriels anti-Kyoto ne réussiront pas à faire reculer les gouvernements.jrsansfacondïlledevoir.ca Le paradoxe israélien peine l’apaisement militaire constaté sur le front exté-\ rieur, voilà qu’Israël est aux prises avec la plus grave 1 crise politique depuis l’élection d’Ariel Sharon au pos-/I te de premier ministre.Si la coalition qu’il avait orga- /-I nisée non sans peine n’a pas encore implosé, sa posi- j[_ Jl tion à la Knesset, elle, s’est passablement fragilisée .au cours des derniers jours.Tellement que plus d’un observateur de la scène politique s’attend à des élections anticipées d’ici l’automne.Dans la foulée du bras de fer qui l’a opposé aux deux formations orthodoxes, soit le Shass et le Parti unifié de la Torah, Sharon ne dispose plus de la majorité simple à la Chambre.Après soustraction des députés qui défendaient les couleurs des orthodoxes, la coalition de partis que préside Sharon compte exactement 60 députés sur les 120 qui composent la Knesset.Qu’une motion de blâme à l’endroit de Sharon soit adoptée avec le soutien d’un seul député travailliste, et hop!, des élections seraient déclenchées illico.En l’état actuel des choses politiques israéliennes, la possibilité que des élections aient lieu cette année ne contrarierait pas l’actuel chef de gouvernement.Loin de là! En refusant de participer à l’effort que le ministre des Finances exige de tous afin que l’économie du pays ne sombre pas dans une situation analogue à celle qui prévaut en Argentine, le Shass n'a fait qu'aiguillonner la crispation qu’une majorité de citoyens ressent à son endroit.Il faut savoir que les orthodoxes, base électorale du Shass, sont exemptés de service militaire et vivent essentiellement des allocations que l’État leur accorde.Selon les analyses politiques et les sondages, les Israéliens non orthodoxes en ont tout simplement ras-le-bol que ce parti s'amuse à faire et à défaire les coalitions au pouvoir.C’est le Shass qui avait coulé Barak; c’est le Shass que Sharon entend couler en capitalisant notamment sur la popularité qui est la sienne actuellement.Il est plus que probable que Sharon souhaite réaliser un coup double: affaiblir sensiblement les orthodoxes et Benjamin Nétanyahou, son principal concurrent au sein du Likoud.Il y a une dizaine de jours, celui qu’on surnomme Bibi a confectionné un coup politique qui s'est rapidement retourné contre lui.S’il est parvenu à faire accepter par les membres du Likoud une proposition stipulant qu'il n’est pas question de reconnaître un État palestinien, il n’a pas réussi à convaincre les Israéliens.Au contraire.D’après les derniers sondages, la majorité des Israéliens pensent exactement le contraire du Likoud qui, avec 19 sièges à la Knesset, ne dispose pas d’une position dominante.Cela étant, l’épisode des derniers jours a accouché d’un paradoxe.En effet, voilà que Sharon, pour affermir sa position, a amorcé des négociations avec un parti de gauche dont la raison d’être est de combattre les orthodoxes.Si ce parti, le Shinouï, entre au gouvernement en compagnie d’un autre parti laïque, alors Sharon dirigera une coalition dominée par la.gauche! Comprenne qui pourra.Serge Truffaut ?LE Devoir FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE UN CrttPCHfu?isRAfi.itN cuit a ~ si DM PodLCÎ ÇAn5 puuMfs.\(îoCHAtA'f CTAPÊ-?.'licVÂ-X'l Le drame de la politique en milieu scolaire En réaction à l’éditorial de Paule des Rivières intitulé «Pour des partis politiques scolaires».Est-il pertinent de permettre la formation de partis politiques scolaires?A la CSDM, le débat n’est que théorique.En réalité, les regroupements existent déjà.Et l’unique souci que devrait être l’enfant y passe au second plan.Pas plus tard que la semaine dernière, lors d’une réunion d'information à l’école, nous avons été instruits des règles de la «démocratie».L’une des deux écoles primaires du Mile-End doit fermer car il n’y a pas assez d’enfants.À la question: «Quels critères ont orienté le choix de la bâtisse pour l’école de quartier?», la réponse a été que le langage de la majorité (au conseil des commissaires, s’entend) avait parlé.Les conséquences: neuf classes d’enfants en difficulté, provenant des deux écoles actuelles, devront quitter leur milieu d’appartenance car il n’y aura pas de place pour eux dans la bâtisse retenue.Le choix inverse aurait permis de maintenir l’intégration de ces enfants avec leurs pairs des classes régulières.La décision est politique.Notre commissaire, Louise Mainville, est dans l’opposition.Le drame, c’est que c’est légal.La majorité «élue» décide.Le drame, c’est que personne ne s’en préoccupe.Michèle Cossette Une des mères qui votent aux élections scolaires 17 mai 2002 LETTRES -?- Hors du marché, point de salut Le Devoir, 10 mai: «Les Canadiens sont plus nombreux que jamais à souffrir d’obésité».Le Devoir, 11 mai: «Bond de 19 % de la production porcine en 18 mois».Coincidence?Mais les deux faits n’ont rien en commun, voyons, la production porcine, c’est pour l'exportation! Principalement en direction du Japon.Justement, le nombre de Japonais en situation de surpoids plus ou moins grave dépasse le quart de la population (25 %).11 doit bien y avoir quelques obèses parmi eux ! Curieux, c’est un problème qui n’existait pas chez eux il y a 30 ans.D’où ma question : qui a réellement besoin de tous ces cochons en plus?Réponse: le marché.Le marché a besoin de cochons qui engraissent rapidement, dans des «usines» où ils bougent le moins possible, pour accumuler au plus vite ce poids si lucratif qui les mènera à l'abattoir.Le marché a aussi besoin de consommateurs qui bougent le moins possible par eux-mêmes, assis devant l’écran ou derrière le volant, comme il a besoin de consommateurs qui pensent le moins possible, sauf pour «avaler» son credo: hors du marché, point de salut Continuons d’obéir au marché, de lui graisser la patte.Ainsi, nous connaîtrons plus vite le grand abattoir (ou pollu-oir?).Peu importe: de toute façon, le paradis du marché, c’est avant la fin de nos jours.«Réalisez vos rêves», qu’ils disent.Et pendant ce temps, eux, ils réalisent des profits.Christine Dumas Montréal, 11 mai 2002 Les grands savent quand partir Je ne sais pas qui a dit ça, mais ça sert bien mon propos.Ce n’est pas Jean Chrétien qui est fort, quoique je lui reconnaisse beaucoup de combativité, mais le Parti libéral qui, dans l’histoire du Canada, a été le plus grand des partis à diriger ce pays malgré les erreurs, surtout celle de 1982, qui doit être réparée si on veut sauver ce pays-là C’est parce qu’il n’y a pas d’opposition valable à ce parti.Chaque fois que les conservateurs ont pris le pouvoir, les pauvres sont devenus plus pauvres et la francophonie a été en recul.Et que dire de ce trouduc de Harper qui vomit sur la francophonie, le bilinguisme et les frontières du Québec?René Lévesque et Jacques Parizeau, par conscience démocratique, sont partis trop vite.Trudeau est parti deux fois sans se faire prier.Mais Chrétien s’entête à rester, même si le Canada est de plus en plus vulnérable face aux Américains, même si la moitié du Québec a dit non à ce pays en 1995 et même si le sort du Québec au sein de la Confédération canadienne n’est toujours pas réglé.Le Canada a besoin d’un nouveau leadership pour sortir de l’impasse.Jean Chrétien doit comprendre que dans l’intérêt du pays et de son parti, il doit partir.Fernand Turbide 15 mai 2002 LIBRE OPINION -+- En souvenir de Mireille Lanctôt BENOÎT LACROIX, O.P.Elle aurait eu 50 ans aujourd’hui.Elle est décédée en 1984.Certains lecteurs de ce journal se souviennent peut-être de cette jeune femme talentueuse, belle et pétillante de bonheur.À l’époque, elle animait une émission culturelle à la télévision d’État.Douée autant de nature que d'entregent, elle ne fait pas que des entrevues: elle écrit, elle peint, elle dessine, elle s'adonne à la calligraphie, à la poésie et surtout à la lecture.Sa préférence va alors à Camus.Yourcenar, Teilhard de Chardin.Après sa mort paraît un joli album, Pomme de pin, aux éditions Abeille Soleille, à Montréal (1985).Cent-sept pages soigneusement alignées.Puis, en 1994, Terre d’origine: ce sont des réflexions commentées, des anecdotes, des extraits, inédits pour la plupart, à partir des archives familiales.Signé Maryse Trottier Lanctôt.Sa mère.Une bibliographie sélective rappelle certains écrits qui risquaient d’être oubliés.A 18 ans, Mireille Lanctôt écrit dans un de ses carnets de notes et de réflexions: «71 s’agit de trouver une certaine lucidité face à soi, travailler à partir de ses désirs intérieurs, intérioriser la sociabilité pour ensuite la définir au sens de la présence des autres.» L'un de ses premiers souhaits est d'écrirç.Écrire, mais pourquoi?Et comment?Écrire est un privilège, dirait-elle.«S'entendre écrire comme un bruit de vivre.Vivre avant même de le savoir.Entendre le désir accentué du sujet en procès.Sentir le projet de vivre, souffler sa bourrasque.» Écrire, n'est-ce pas participer par les mots à la mémoire du monde?Dans Pomme de pin: «J’emménage les mots dans ma maison et je plante les plus lieux dans la terre d’un jardinier» Avec cette finale appropriée: «Dans le silence se pensent les énergies créatrices, se concentrent les mots éparpillés.» Parmi toutes les expériences qui la stimu- lent il y a, bien sûr, la recherche du bonheur.Il s’agit avant tout d’une aventure intérieure, parfois «au vif du vent» et «au cœur de la morsure».Cher bonheur! «Fragile comme une âme/ simple comme l’enfance / pur comme l’innocence / noble comme le chamois / grand comme un dieu / libre comme personne.Il est là où l’homme ne le veut pas /il est à qui le veut sans le savoir.» Pour être heureuse, petite fille des temps modernes, Mireille Lanctôt se devra «de renaître pour continuer à être.et poursuivre la route qui mènera de la petite fille à la femme».Décembre 1976.Elle aura bientôt 24 ans.Survivre en se laissant aller à tout ce qui s’appelle rêves, désirs, mobilité et interaction: «Elle recopie à l’encre ses désirs, /A jours, sang, mois parallèles./ Elle coule, fabulatrice d’un réveil encadré de tendresse./ Tôt le matin à la brunante, dans les champs, elle boit d’une gorgée toutes les interactions de couleurs./ Elle fabrique la lecture des peuples./ Mobile, dans sa jouissance, elle trouve son savoir dans la faille d’avant la société./ Ici, c’est le fief poétique, » Il y a par-dessus tout ou avant tout l’amour.Cet amour dont elle rêve et vit et parle est à la fois prochain et éloigné, particulier et universel.Elle y perçoit à la suggestion de Teilhard de Chardin, qu’elle cite, quelque chose de divin: «Uamour vit quelque part au-delà de toute mort.» De toute façon, l'amour est toujours perfectible.S’y installer est un risque.Élle avoue avoir une immense affection pour les gens âgés: «Vieillir, c’est vivre en plus.» Elle aime en particulier ses trois aïeules, «mes préférées».Des regards en douceur, des rides qui font de si beaux sourires, «la tendresse cousue de leur corps»: l’amitié n’a pas d'âge.Qui cesse d’aimer n’a jamais aimé.Les vraies amours traversent le temps qui paraît les limiter.Tout est possible dans «l’altérité respectée, dans la différence, sans la chape de la dépendance, de la possession.qui tue l’individu».Deux ans plus tôt, soit le 6 septembre 1978, elle a rédigé ce texte exemplaire: «Les amis que j’ai aimés, je les aime encore, / il me suffit de les revoir pour que se continue l’amitié./ Je les aime encore, même quand je ne les vois plus./Je pense que je suis fidèle et c’est tout.//Aimer plus que tout ses amis, ceux des rires / et des complicités, des échanges et des pactes, / c’est un jour les regarder partir et vivre pour eux./ C’est ça l’amitié, l’exigence du respect de la liberté / de chacun.Celle qu’il choisit en fonction de lui seul, / de son épanouissement à lui.La force de l’amitié habite / au cœur même de la séparation.» Mireille Lanctôt est féministe.Féministe simplement parce qu’elle est femme.Femme à vie.Femme pour la vie.Rien d’académique ni de scolaire.Sans cris, sans procès, sans engager l’histoire.Féministe à cause du principe d’altérité.Le 12 septembre 1981, trois ans avant son départ la solitude est son amie: «La solitude est créatrice et engendre l’autonomie.L’être sociable est solitaire et peut en dehors de lui aimer l’autre dans son altérité, dans sa différence, ailleurs que dans le champ de la dépendance, de la possession, celle qui tue le “je" indi-vidpel, le “je"en progrès.» Étudiante, elle a prophétisé sa mort.Elle mourra jeune.L'urgence de vivre s’impose.La mort devra attendre encore un peu.«Aimer! créer! vivre! mourir!» Elle a vingt ans et l'habitude de tout dater.«Je sens les jours qui passent importants.Il laissent sur ma peau la marque de l’âge.L’âge, c’est moi en procès, en progrès, c’est moi dans mon corps de femme en transformation.Femme quotidienne du matin tôt, femme de nuit, celle du sommeil, du soleil et delà lune.J’aime tant être là, posée avant même tout acte, tout événement.» Elle en est convaincue: «Je ne finirai rien.Je le sens.Je le sais» A une amie: «Je vais mourir dans un accident de voiture.» Comme Camus.Camus meurt d'un accident de voiture le 4 janvier 1960.Elle aussi, le 3 janvier 1984. IDEES Réussite scolaire JACQUES NADEAU LE DEVOIR Dans une école qui se soucie que tous avancent le mieux possible, quoique moins uniformément, la généralisation de l’accès aux chances d'apprendre est plus tangible.Tl ï ï wtjjj : ?/ ' t CS * t Æ* ¦ .* , ¦" Les coups de barre de la réforme du secondaire La réforme en cours met de côté l’utopie d’une stricte uniformité dans la progression ARTHUR MARSOLAIS Chercheur en éducation a réforme en cours au secondaire dessine d’importantes chances d’amélioration.Elles sont mal connues, trop peu promues.La discussion récente des écoles à programme particulier l’a montré à sa façon.C’est une réforme qui, si elle est bien reprise par les éducateurs et les responsables scolaires, peut bénéficier à tous les élèves et apporter un secours précieux à une large fraction d’entre eux.La claire conscience de la moitié mal aimée Notre système scolaire, construit au cours des années 60, s’inspire essentiellement des pratiques américaines, surtout si on pense à l’école secondaire dite polyvalente.Puis, comme les Américains, nous avons pris, au cours des années 90, une conscience très vive de ceux qu’eux-mêmes ont appelés 4he forgotten half», la moitié mal aimée, en quelque sorte.Les mal-aimés de notre monde scolaire, qui sont-ils?Il s’agit de trois sous-groupes: ceux qui commencent le secondaire après redoublement et qu’on envoie d’office dans un cheminement étendant sur trois ans la première et la deuxième année du secondaire: ceux qui échappent à cette voie mais qui, malgré tout, ne compléteront pas leur secondaire; enfin, ceux qui, l’ayant complété dans la désorientation scolaire et la faiblesse de leurs apprentissages, s’essaieront au cégep sans aucune chance de réussite.On s’est beaucoup arrêté sur le tiers des jeunes qui ne complètent pas le secondaire.Les concepteurs de la réforme ont aussi été attentifs à ceux qui en repartent promis à un échec ultérieur, jusqu'ici passés trop aisément par profits et pertes sans mauvaise conscience.Quelles occasions, quelles chances remédiatrices la réforme ouvre-t-elle sur ce front à partir du renouvellement du secondaire?En premier lieu, elle reconfigure le sens de «réussite».D’une façon de plus en plus répandue dans jes pays prospères, elle pose d’un côté la réussite d une formation de base essentiellement commune, qui englobe les neuf premières années de fréquentation scolaire, où le retard décrété par redoublement ne sera plus de mise.Elle pose ensuite, au deuxième cycle du secondaire, des réussites qui cessent d’être uniformes.Notre deuxième cycle secondaire s’est trouvé, au cours des deux dernières décennies, taillé sur mesure pour les futurs collégiens.la réforme envisage et permet que tel ne soit plus le cas.Qu’il constitue enfin une «maison où apprendre», que les autres puissent eux aussi habiter avec bonheur et profit.Ce n’est pas gagné automatiquement.La réconciliation des savoirs et des attitudes L’école secondaire d’ici se caractérise d’une part par un accent très marqué, si on se livre à quelques comparaisons internationales, sur l’inculcation d’attitudes et, d’autre part, par une extrême dissociation entre les savoirs proprement dits et les attitudes.D’une certaine façon, la réforme achève la laïcisation de l’école.Les programmes adoptés il y a 20 ans font une énorme place aux attitudes à adopter en matière d’environnement, de santé, de sexualité, de tâches et de gestion domestiques, de consommation et de sociabilité.Le vaste champ des matières de formation personnelle et sociale avait en quelque sorte pris le relais d’un souci de montrer à vivre, de «faire du bon monde», dans une école qui répand les bonnes convictions.La réforme fait le grand ménage là-dedans.Elle postule que l’étude de l’histoire, de la langue, de la science, de l’art et de l’éducation physique, bien conduite, est la matrice même d’ou émergent les attitudes de vie personnelle saine et de vie collective dynamisante.Si le principal de l’instruction offerte au secondaire n’a pas valeur éducative, nous nous racontons des bobards en faisant pleuvoir de petits cours compensateurs! Le coup de barre que permet la réforme est, en deux mots, le suivant faire en sorte que le français, dans les écoles de langue française, étende son ambition jusqu’à porter une citoyenneté apte à décoder des enjeux et à en débattre; qu’il soit un lieu privilégié d’expression personnelle et de découverte de soi; que les sciences humaines ne s’enferment pas dans le positivisme d’un «savoir que» innombrable mais, ouvrant sur le «savoir pourquoi», sur l'examen des racines de nos pratiques sociales, qu’elles contribuent directement et explicitement à l’éducation sociale; que les sciences soient un espace où émergent aussi les questions de santé, d’environnement, de production, d’économie, de choix de carrière.On rencontre ici un choix structurant en matière de cursus.Il donne la chance de faire C’est au secondaire que se réussit ou se rate un rapport sain, confiant, personnellement approprié, au savoir mieux en fait de composante éducative de la scolarisation par le moyen d'une réintégration des thématiques usuelles de la formation personnelle et sociale dans les disciplines elles-mêmes.Désamorcer les conduites de fuite Depuis une dizaine d’années, l’école secondaire commune, non sélective, subit une vaste hémorragie.La solution de rechange la plus courue est celle du programme dit international.Pour beaucoup de familles, à tort ou à raison, c’est la solution de rechange la plus commode à une école secondaire peu exigeante et peu stimulante.le programme dit international s’affiche comme un lieu où l’on apprend à la fois beaucoup et bien.C’est à ce titre qu’il a détourné de forts contingents d’adolescents du secteur privé.Mais cette faite des écoles ordinaires pointe vers trois questions bien distinctes.¦ Est-il sain que les enfants de familles particulièrement intéressées par les études se retrouvent autosélectionnés et entre eux dans des programmes à part?¦ Est-il vrai que le menu de nos écoles, comparé à celui de ce mélange d’écoles européennes qu’est le programme dit international, fait plus ou moins le poids, se contente d’un régime minceur?¦ Les élèves fortement soutenus par leurs familles apprennent-ils mieux à l’écart, entre eux, ou dans des groupes mixtes?La réforme remédie au problème soulevé par le deuxième point en remettant l’accent sur les disciplines maîtresses et en ouvrant le second cycle secondaire sur une palette de cours optionnels qu’on avait fait disparaître il y a 20 ans.Ces cours optionnels permettront d’aller plus loin, pas uniquement en mathématiques et en sciences mais aussi en lettres et en langues, en arts, en sciences humaines et en technologie.Il deviendra aussi vraisemblable de faire de fortes études secondaires, en y mettant du sien, dans une école de voisinage que dans un programme sélectif.La réforme réduit le plus grand facteur d’incitation à émigrer vers un programme optionnel parallèle, la troisième question, quant à elle, évoque un autre point crucial de la réforme, soit la prise en compte de la diversité dans l’apprentissage.S’outiller pour la mixité La réforme en cours prend au sérieux le fait que tous n’apprennent pas de la même façon ni au même rythme.Elle met de côté l’utopie d’une strie te uniformité dans la progression.Au lieu, cependant, de pousser les jeunes qui apprennent avec une grande aisance à passer le plus rapidement possible à l’acquis minimal standardisé de l’année suivante, elle invite à approfondir, à enrichir les apprentissages en cours.De même, en découpant la progression par cycles pluriannuels déjà au primaire, elle donne la chance de mieux agir au far et à mesure sur les difficultés rencontrées.Dans une école sélective et durement uniforme, la grande quantité d'échecs et de retards scolaires prouve l’excellence et le niveau élevé d’exigence.Au contraire, dans une école qui se soucie que tous avancent le mieux possible quoique moins uniformément, la généralisation de l’accès aux chances d’apprendre est plus tangible, comme le montre constamment, dans les comparaisons internationales, la réussite comparée des écoliers des pays Scandinaves, qui ne redoublent pas et ne subissent pratiquement pas d’évaluation sélective en cours de formation de base.Travailler le rapport au savoir C'est au secondaire, tout au moins en Amérique du Nord, que se réussit ou se rate un rapport sain, confiant, personnellement approprié, au savoir.Le plus grand facteur de qualité, ou de médiocrité, d’un cursus secondaire semble tenir à sa capacité de conjuguer «comment savoir» (découvrir, comprendre, se servir avec jugement de ses acquis, trouver l’idée principale, distinguer une cause d’un motif, et ainsi de suite) et «quoi faire apprendre».La sociologie de l’éducation française converge là-dessus avec la recherche psychopédagogique américaine.\jà première montre que pratiquer le métier d’élève par soumission, par politesse et par gentillesse conduit à l’impasse, faute de découvrir comment on réinvestit pour soi-même et comment on enrichit une première amorce de découverte.La recherche américaine a constamment montré que le même objet peut se traiter à partir de capacités très banales ou bien solliciter des capacités d’ordre intellectuel beaucoup plus avancées et ambitieuses.Or le cursus en voie de conception réinvestit ces constats en plaçant tous les apprentissages particuliers au défi de solliciter substantiellement les potentialités des élèves.C’est la piste des compétences transversales, c’est-à-dire non réductibles au potentiel d’une seule et unique matière.Soigner les voies et les modes d’accès à la connaissance lorsque le milieu familial n’a pas particulièrement muni le jeune d’une sorte d’instinct sur ce terrain, cela devient une des formes les plus prometteuses de militantisme professionnel dans la lutte contre l’inégalité des chances.Ces quelques grandes lignes, transparentes dans les documents-sources de la réforme, n’épuisent pas le tout du potentiel de la réforme mais en constituent l’axe.En les gardant à l’esprit, nous augmenterons les chances de la persévérance et de l’engagement requis pour garder le cap et réussir un changement complexe.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l'information), François Cardinal (actualité municipale), Marie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d’Avignon (sports)', Paule des Rivières (éditorialiste), Jean Dion, Louis-filles Francœur (environnement), Benoit Munger (responsable du site Internet), Josée Boileau, Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Paré (santé), Michel Garneau (caricaturiste): Diane Précourl (pages éditoriales, responsable des pages thématùmes) Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs).Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Jean-Pierre Legauh, Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias), Caroline MontpetR (livres), Odile Tremblay (cinéma), Bernard lamar”he (arts tnsuels) à finformatkm économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Dominique Reny, Éric Desrosiers, Valérie Dufour, Pauline Gravel Claude Turcotte; à l’information Internationale Claude Lévesque, Guy Taillefer.Serge Truffaut (éditorialiste); à l’information poH-tioue ^Hélène Buzzetti Manon Comeflier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Ixaime-Maude Rfoux Soucy (commis).La documentation Gilles Paré (directeur): Manon Demme Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril, Jean de Billy, Gyslaine Côté, Marlene Côté.Martin Fournier, Véronique Géraud, Anouk Hurbutt, Christiane Legault, Jacques A.Nadeau, Claire Paquet, Micheline Ruelland (ùublicitairrs), Laurence Thériauh (directrice adjointe), Manon Blanchette, Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production), Claudine Bédard, Michel Bernatchez, Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Can tara, Richard rw r Donald BiKon Olivier Zuida.INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE.Linda Thériault (responsable service à la clientèle, distribution et tirage).Hélène Gervais, Marie-Éve Santerre.(coordonatrice à la promotion et à la sollicitation).Monique L’Heureux.Lise lachapelle.Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Olivier Lachambre (contrôleur), Ghislaine I^fleur, Claudette Béliveau ^adjtnn te-administrative), Danielle laper here, Caroline Perrier, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). LE DEVOIR.LE JEUDI 23 MAI 2 0 0 2 A 8 -?LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES OURS SRC TERRORISME SUITE DE LA PAGE 1 de service pour cracher dans la soupe?On comprendra que les rencontres avec Kaurismàki sont parmi les plus courues ici.L’ours est un des princes du Palais.Il est l'étonnant, le coloré et brillant cinéaste de Leningrad Cowboys Go America, A'Au loin s’en vont les nuages (jadis en compétition à Cannes) et de Im Fille aux allumettes, mais aussi du film Juha, qui renouait avec la première tradition du cinéma muet Réputé brouillon, ininterviewable (il refuse de répondre à la plupart des questions et envoie balader tout ce qui bouge), il est pourtant celui qui a impressionné la galerie hier avec un des films les plus achevés de la compétition: L’Homme sans passé, une œuvre de rigueur, émouvante et très belle.En un savant mélange de tendresse et de burlesque, il y raconte l’histoire d’un homme battu à mort, survivant amnésique parmi les parias des baraques de fortune et des terrains vagues, qui s’éprend d’une femme et recommence sa vie.Le film constitue une leçon de cinéma tissée de silences et d’exigence, portée par la performance de Markku Peltola et de Kati Outinen.Difficile de croire qu’il n’y a eu qu’une seule prise pour chaque scène de L’Homme sans passé, puisque telle est la méthode Kaurismaki.Celui-ci empêche même les comédiens de répéter et ne leur donne en général leurs répliques qu’à la dernière minute.«Les répétitions nuisent à la fraîcheur du jeu, alors on communique après le tournage, quand il est trop tard pour changer quoi que ce soit.» L’ours déclare avoir si peu d’argent pour faire ses films que la prise unique lui facilite l’existence de toute façon.Si le réalisateur finlandais aime tant camper les marginaux, les exclus, les sansgrade, c’est qu’il se considère lui-même passé de l’autre côté de tous les miroirs.«Cette histoire est une pauvre imitation de la vie, car la réalité est bien plus sombre que mon film.J’ai mis un happy end pour ne pas ajouter de désespoir en un monde qui en compte suffisamment comme ça.Ijesgens vivent dans l’illusion du bonheur collectif.Moi, je suis conscient de ma profonde tristesse.Dans une autre vie, j’aurais été acteur.dans un film de Walt Disney», ironise-t-il.Qu’est-ce que le cinéma, pour lui?«On commence avec un homme et une femme, on enlève le mur.On ajoute de l'ombre et de la lumière.On enlève le mur et on obtient le film parfait.» Le directeur photo de Kaurismaki, Timo Salminen, vient expliquer que cette impression d’irréalité dégagée par tous ses films naît en partie d’un travail sur la lumière, avec accent mis sur des couleurs brillantes et artificielles qui égarent les repères de l’œil.Sans Kaurismaki, on n’entendrait pas souvent parler finnois à Cannes.«D’ailleurs, la Finlande, qui s’en soucie?, demande-t-il.Nous avons si peu de pouvoir au Parlement européen, comment pourrions-nous parler une langue aussi sophistiquée que le français?» Célébré à l’étranger, le cinéaste (également producteur) n’est pas prophète en son pays, où L’Homme sans passé a connu une carrière désastreuse en salle.Ici, du moins, son étoile brille.Il avait d’ailleurs une double raison d’être à Cannes parmi nous.Non seulement il concourait en compétition, il a aussi réalisé un des segments de Ten Minutes Older (présenté hors concours), film à sketchs auquel ont également participé Wim Wenders, Spike Lee, Werner Herzog, Jim Jarmusch, Chen Kaige et Victor Erice.Chaque cinéaste improvisât sur le thème du temps.Etonnant exercice, inégal, comme il se doit, où fictions et documentaires se côtoient.Celui de Wenders, campé sur une route du Nevada où un type frappé de surdose voit le temps s’étirer et la réalité se déformer, m’est apparu particulièrement réussi.Mais Kaurismàki, à travers le sien, qui réunit les deux acteurs de L’Homme sans passé, semblait livrer un écho émouvant à son long métrage.Même pauvreté des protagonistes sur fond de poésie amoureuse qui sauve la vie et l’illumine.Un homme y lâche tout pour se marier et partir travailler en Sibérie dans les champs pétroliers.la vie bascule, avec l’amour au bout Eh oui: il y a de l'espoir dans les derniers films de Kaurismaki.A l'écouter parler du fond de sa dépression chronique, on comprend qu'il en offre au public par pure courtoisie, sans trop y croire.Mais après tout, le cinéma n’est-il pas un marchand de rêves?LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction ©ledevoir .corn La publicité Au téléphone (514)985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité 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publiées dans U Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE I Les avis étaient partagés sur l’importance de cette lettre d’entente, vue comme une bébelle par certains, par une obligation intéressante par d’autres.Le journaliste Pierre Maisonneuve a résumé l’opinion générale en déclarant que cette petite lettre annexée à la convention collective n’aura de sens que «si on pousse dans le dos de la direction» pour son application.La lettre d’entente prend aussi l’engagement de revoir complètement l’organisation du travail dans les salles de nouvelles de Montréal, où l’on trouve des problèmes importants de charge de travail trop lourde et de relations difficiles avec les cadres, selon des sources syndicales.La médiation de dernière minute a également permis de rédiger un protocole complet de retour au travail.Mais on garde vraiment l’impression que ce n’est pas le contenu de cette annexe qui a permis d’emporter le morceau.En fait, une semaine exactement après la précédente assemblée qui avait vu les membres du Syndicat des communications dévastés par un vote déchirant Qes propositions patronales avaient alors été rejetées par trois voix seulement, à 503 voix contre 499), on sentait que l’assemblée voulait reprendre le vote et l’ajout de cette annexe en donnait le prétexte.Le vote final est donc établi à 694 pour, 302 contre et trois bulletins rejetés.Lors du débat précédant le vote, on a fait valoir que la seule vraie question consistait à savoir s’il était possible d’aller chercher plus de gains en continuant la lutte.«J’ai le militantisme à terre», a lancé Sophie Langlois, exprimant la fatigue de plusieurs.Mais la direction de Radio-Canada aurait tort de SUITE DE LA PAGE 1 La motion allianciste porte sur l’intégrité du gouveme-ment On savait que M.Chrétien comptait présenter de nouveUes lignes directrices en matière de conflit d’intérêts afin d’encadrer la conduite des ministres qui collectent des fonds pour une future course au leadership.Ces lignes directrices ne seraient pas dévoilées immédiatement, a indiqué une source très bien informée, mais promises pour «tm bientôt».M.Chrétien s’est déjà engagé à le faire d’ici le début de juin, après que son conseiller en éthique eut rappelé à l’ordre le ministre des Finances, Paul Martin.On craignait qu’il ne soit en situation de conflit d’intérêts puisqu’un avocat albertain qui sollicitait des fonds pour sa campagne agissait aussi comme conseiller auprès du ministère.Parmi les autres mesures attendues, on note l’idée d’établir un code d’éthique pour les députés et peut-être de nommer un conseiller en éthique indépendant, mais seulement pour les députés et les sénateurs.Les activités ministérielles relèveraient encore du conseiller actuel, qui ne relève que du premier ministre.On parle aussi de correctifs possibles à la loi sur l’enregistrement des lobbyistes afin de rendre les poursuites possibles.Le discours de M.Chrétien survient après des mois difficiles pour son gouvernement.L’année a commencé avec la mise à l’écart du ministre Alfonso Gaglianp, accusé d’avoir fait pression sur des sociétés d’Etat pour faire embaucher des amis.A suivi l’affaire Groupaction, qui a conduit à une enquête de la Vérificatrice générale, Sheila Fraser, et à la conclusion que presque toutes les règles avaient été enfreintes.Le dossier a été remis à la GRC et Mme Fraser a entrepris un examen de tous les contrats de publicité et de commandites du gouvernement Le programme de commandites a d’ailleurs continué à faire les manchettes avec ses publicités payées dix fois le prix dans VAlmanach du peuple ou encore, pour des événements similaires, ses commandites plus généreuses au Québec qu’en Ontario.Et presque chaque fois, suivaient des commissions pour Groupaction ou le Groupe Everest D’où le tollé quand on a su que le ministre des Travaux publics.Don Boudria, et sa famille avaient loué SUITE DE LA PAGE 1 plusieurs travaillant dans la recherche, dans l’enseignement ou à des tâches administratives.Ces données sont la preuve, estime le président du Collège, le D'Yves Lamontagne, que la statistique voulant que le Québec compte amplement de médecins (105 médecins par 100 000 habitants) est totalement trompeuse, «fl est grand temps que les politiciens cessent de dire que c’est au Québec que Ton trouve le plus grand nombre de médecins par habitant en Amérique du Nord, comme Ta fait récemment le député de Marguerite-dYouville [François Beaulne]», a clamé le D'Lamontagne.«Il faut compter les pommes et les pommes.D'après nos chiffres, il manque des médecins partout parce qu’il y a des médecins inactifs et que les médecins travaillent moins d’heures qu 'auparavant.La nouvelle génération tient à sa qualité de vie.Ce n 'était pas sain de travailler 80 heures par semaine», a-t-il ajouté.En effet, l’enquête du Collège révèle que le médecin omnipraticien travaille en moyenne 43 heures par semaine, comparativement à 53 heures dans le reste du Canada, tandis que le médecin spécialiste consacre 50 heures à la pratique de son métier.Des médecins qui battent en retraite! Plus que la chute du nombre d’heures travaillées, on constate que les départs de plus en plus hâtifs à la retraite ajoutent à la pénurie actuelle.Pas moins de 26 % des médecins prendraient leur retraite avant l’âge de 55 ans.Selon le Dr Lamontagne, l’abandon de la profession est une conséquence directe du ras-le-bol quoti- croire que tous les problèmes sont réglés puisque la majorité des interventions, y compris chez ceux qui ont voté pour l’acceptation des offres, exprimait le désir de continuer la lutte, mais à l’interne.Le journaliste Julien Bilodeau a eu droit à des applaudissements nourris en affirmant voter oui avec dépit et en invitant tout le monde à rentrer au travail dans les prochains jours «en marchant à reculons», une suggestion qui risque d’être suivie par plusieurs.Ne s’entendant pas sur le renouvellement de la convention collective, le Syndicat des communications avait adopté à la mi-mars un vote prévoyant différents moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève.Après avoir déclenché une grève de 24 heures, le syndicat avait été immédiatement mis en lock-out par la direction de la SRC, un geste qui en avait choqué plusieurs.Les offres patronales de la semaine dernière, qui avaient été rejetées par trois voix et qui ont été «revotées» hier avec l’ajout de l’Annexe V, prévoient le versement d’un montant forfaitaire de 1000 $ à la signature de la convention et des augmentations salariales d’environ 8 % d’ici deux ans.L’entente prévoit aussi la création de 132 nouveaux postes permanents chez les contractuels actuels, ainsi que la création d’un comité censé analyser la disparité salariale entre hommes et femmes et y trouver une solution.Mais cette entente, qui garantira le retour des émissions régulières la semaine prochaine, ne règle pas l’ensemble des problèmes soulevés par ce conflit, dont le rôle de la radio et de la télévision publique et le climat particulièrement tendu et déprimant entre les employés et la direction de la SRC.la maison des dirigeants du Groupe Everest, un important client du ministère, pour une fin de semaine de ski en mars.M.Boudria s’est défendu, avec l’appui du premier ministre, en disant qu’il n’avait joui d’aucune faveur puisque son fils Daniel avait payé pour cette location.Mais ce n’est qu’hier que le chèque de 800 $ signé par Paule Charbonneau, l’épouse de Daniel Boudria, aurait été encaissé par Diane Deslauriers, l’épouse de Claude Boulay, président de Groupe Everest «Ce matin, un membre de mon bureau a téléphoné à la famille Boulay-Deslauriers et ils nous ont confirmé qu’en fait, ils l’ont déposé dans leur compte», a déclaré le ministre.Son attaché de presse, Marc Roy, a précisé que cela avait été frit dans la journée.M.Boudria a sans cesse répété que le séjour avait été payé «le prix du marché», soit 400 $ la nuit En guise de preuve, une copie du recto du chèque de 800 $ avait été fournie aux médias, mais le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, demandait mardi d’en voir le verso pour s’assurer qu’il avait bel et bien été encaissé.Ses doutes auront été fondés puisque ce n’e^t qu’hier qu’il a été encaissé.A cause toutefois d’un périple plutôt tortueux.Lorsque ce séjour de ski a été éventé dans les médias vendredi dernier, Claude Boulay a soutenu n’en avoir tiré aucun bénéfice, le chèque ayant été remis à l’église de Saint-Henri.Après avoir dit à certains journalistes qu’il avait encaissé le chèque en avril, le curé de la paroisse St-Irénée, Gilles Savoie, a signé un affidavit hier dans lequel il explique que le chèque lui a plutôt été remis le 21 avril, soit plus d’un mois après le séjour, mais qu’il n’a pu l’encaisser.(La crisse populaire refuse diionorer les chèques à double endossement, dit-il.) Ce n’est que le 16 mai qu’il en a averti la famille Boulay-Deslauriers, soit la veille de la publication de l’article de La Presse.Le chèque a finalement été retourné à la famille lundi, qui l’a encaissé hier.«Quand tu fais un chèque, tu ne suis pas le processus, a justifié Marc Roy.Dan Boudria [le fils du ministre] a rempli ses engagements envers le locateur.Une fois que tu mets ton nom sur un chèque, que tu t'engages à faire un paiement, le paiement est fait.» «Quand Mme Deslauriers ensuite se tourne de bord et le donne en charité, c’est pas dans le contrôle du tout de la personne qui a loué le chalet», a continué l’attaché de presse.dien vécu par plusieurs médecins dans l’exercice de leur profession.Une situation que confirment d’ailleurs certains spécialistes interrogés hier.«C’est plein de médecins, pas seulement des femmes, qui travaillent à temps partiel et, à mon avis, il y en aura de plus en plus.J’ai des collègues qui prennent leur retraite à 45-50 ans pour faire autre chose parce que c’est rendu trop difficile de travailler à temps plein dans les hôpitaux.Ils vont travailler comme professeur ou pour les compagnies d'assurances», a souligné hier le Dr Robert Turcotte, secrétaire-trésorier à l’Association des chirurgiens orthopédistes du Québec.Puisqu’ils en sont réduits à n’opérer que quelques heures par semaine, en raison des contraintes financières et de personnel que vivent les hôpitaux, plusieurs de ces médecins finissent par ralentir la cadence et diversifient leurs activités, décrit-il.«Ce qui démotive les gens, c'est la difficulté d'exercer le métier pour lequel on a été formé de façon satisfaisante», juge le D'Turcotte, en précisant que chaque année la profession perd 27 % de ces nouveaux orthopédistes diplômés au profit d’autres provinces.En conséquence, le Collège estime que le Québec doit accélérer le nombre des admissions en médecine, mettre l’accélérateur sur la réorganisation du travail et même envisager de rappeler au poste des médecins retraités dans certains champs de pratique particulièrement désertés.Selon des chiffres obtenus hier de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, il manque déjà 217 psychiatres, 145 spécialistes de la médecine interne, 35 obstétriciens-gynécologues, près de 70 radiologistes diagnostiques et près de 40 radio-oncologues.SUITE DE LA PAGE 1 En effet, estime le quotidien, ces avertissements surviennent au moment où l’administration de George W.Bush est la cible de critiques acerbes sur des lacunes dans sa gestion de la prévention des attentats du 11 septembre.Du coup, frit valoir le New York Times, des responsables du Parti démocrate expriment des doutes «en privé» sur les motivations réelles de l’administration Bush.«Le moment choisi est intéressant.Il se peut que cela soit un jeu politique dans la foulée du brouhaha causé par le mémorandum de Phoenix», estime Matt Levitt, un ancien agent du FBI spécialisé dans la lutte antiterroriste.La Maison-Blanche et le FBI ont en effet reconnu que des documents rédigés par un agent du FBI à Phoenix (Arizona) deux mois avant les attentats et montrant qqe des terroristes potentiels apprenaient à piloter aux Etats-Unis avaient été classés sans suite et sans que le président Bush en soit informé.Des copies de ces documents avaient été distribuées sans suite à l’unité du FBI chargée de surveiller les activités d’Oussama ben Laden, car son nom y apparaissait, ainsi qu’à l’antenne new-yorkaise de la police fédérale.La CIA n’en aurait eu connaissance qu’au mois d’avril.Le quotidien Washington Times affirme carrément que les mises en garde ont été émises pour «faire taire les critiques» selon lesquelles, avant le 11 septembre, les responsables américains de la sécurité n’ont pas prêté l’attention nécessaire à des renseignements en leur possession.«L’administration ne doit pas dire que celui d’entre nous qui soulève des questions sur ce qui aurait pu être fait pour empêcher les attentats du 11 septembre agit de façon non patriotique», s’est quant à lui emporté — publiquement — le sénateur démocrate du Connecticut, Joseph Lieberman.Comme pour tempérer ces avertissements émis successivement par le viceprésident Dick Cheney, le chef du FBI, Robert Mueller, et le secrétrire à la Défense, Donald Rumsfeld, M.Bush a affirmé mardi qu’il ne s’agit que de «conjectures».Le président Bush a ainsi souligné que MM.Mueller et Cheney, qui ont tous deux affirmé que de futures attaques terroristes étaient «presque une certitude», évoquaient une menace générale et non précise.Alerte à New York Mardi, cependant, la possibilité d’une attaque est devenue encore plus palpable avec l’alerte lancée par la police de New York sur la base de données émanant du FBI sur des «menaces générales» contre la ville.L’information non corroborée a été largement relayée par les médias américains, qui ont avancé des cibles potentielles comme la statue de la liberté et le pont de Brooklyn, qui a été fermé à la circulation, hier à l’aube, à la suite d’une fausse alerte.«[Le paquet] ne présentait aucun problème sérieux, pas de bombe ou quoi que ce soit», a par la suite expliqué une porte-parole de la police new-yorkaise.La sécurité a été renforcée autour de plusieurs édi-fices et ouvrages, les véhicules étant notamment fouillés par la police.La grande métropole économique et financière se trouvrit déjà en état d’alerte renforcée à l’approche du long week-end du Memorial Day, lundi, à la mémoire des soldats américains tombés sur les champs de bataille.Plus de 6000 marins, Marines et gardescôtes, appuyés par 22 navires, dont des bâtiments de guerre, doivent participer aux cérémonies.Un responsable des services judiciaires a indiqué que la menace, fondée sur des informations non corroborées obtenues de personnes arrêtées après les attentats du 11 septembre, pesait sur des sites célèbres comme la statue de la Liberté ou le pont de Brooklyn.«Le chef de la police a relevé le niveau des mesures de sécurité, qui sont considérables», a déclaré cette source sous couvert de l’anonymat «Mieux vaut prévenir que guérir.» Hier, une vedette de la police faisait des ronds dans l’eau autour d’une des piles du pont un policier à pied se tenait en faction sur la passerelle réservée aux piétons et aux cyclistes alors que des équipes de télévision s’installaient pour la journée sur les berges, caméras pointées sur les célèbres tours de pierre au sommet desquelles flottent de grands drapeaux américains.Tout au sud de Manhattan, les touristes se pressaient comme de coutume à l’embarquement pour les ferrys à destination de File de la statue de la Liberté.Si les salles que renferme le socle du monument n’ont pas été rouvertes depuis le 11 septembre, l’accès à l’île reste possible.Dans ce contexte, la presse américaine a fait deux révélations susceptibles d’alimenter la controverse et peut-être la psychose.¦ Le responsable présumé du réseau de pilotes kamikazes qui ont frappé le World Trade Center le 11 septembre avait mis les coordonnées des tours jumelles sur un système de localisation par satellite, a rapporté hier le journal Daily News.La veille des attentats, Mohammed Alla, selon le quotidien, s’était rendu à New York, où il aurait repéré les coordonnées des tours pour les inscrire dans un système GPS (Global Positionning System) afin d’aider les pilotes débutants de son équipe à les viser.Citant un membre des forces de sécurité parlant sous couvert de l’anonymat le quotidien précise que les enquêteurs ont pu déterminer que les pirates avaient acheté des appareils GPS des mois avant les attaques, ce qui leur aurait permis de diriger les avions automatiquement une fois introduite dans leur ordinateur la carte menant à leur destination.¦ Les marchandises dans les soutes de fret des avions de ligne ne font pas l’objet d’inspections antiexplosifs, une faille dans la sécurité aérienne dont pourraient vouloir profiter des terroristes, selon un rapport confidentiel de l’Administration fédérale de l’aviation civile (FAA).Ce rapport ultraconfidentiel a été rédigé en octobre de l’an dernier, environ un mois après les attentats du 11 septembre, a indiqué un responsable de la FAA sous couvert de l’anonymat, confirmant des révélations du quotidien USA Today.«Ce rapport existe bien mais il traite de questions de sécurité et n'aurait pas dû filtrer», a affirmé ce responsable.Selon USA Today, le rapport souligne que «des terroristes pourraient être tentés de profiter des expé-; dirions de marchandises» au fur et à mesure que la sécurité s’accroît pour le contrôle des passagers et des bagages enregistrés.CHRÉTIEN MÉDECINS ru* Sterbrooto w.du Prtsktant-Kannady 2 ru* Saint*-Catherin* ?v«tev\.locrg cuisine française qui fair bonne impression ?CE MIDI: Entrée + espadon grillé à l’huile d’origan + dessert • 18$ ^ Repas d’affaire à organiser ?Demandez notre salon privé.359, av.du Président-Kennedy (coin de Bleury) • © Place des Arts .Tél.: 285-8686 • eutenberg@qc.aira.com ^ ovbi
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