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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier D
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2006-05-26, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LE VENDREDI 20 MAI 2 0 0 0 LE DEVOIR Sciences Humaines Congrès 2006 YORK Une université veut «redéfinir le possible» Page3 : NICOLE BROSSARD Le regard de l’écrivaine sur les villes PageS Au temps de la mise en mots des connaissances ' .SOURI U IJNIVKKSH K YORK Cette année, l’université hôte du congrès de la FSHC, York, a proposé comme thème «La ville, festival du savoir» ¦ A ^ -V ations des médias, des gouvernements et des organismes», conclut Paul Ledwell.Si rien n’est gagné, les sciences humaines occupent aujourd’hui une place de choix, notamment grâce aux efforts constants de la Fédération.Collaborateur du Devoir La FCSH regroupe 68 associations savantes et 72 universités.75e congrès annuel Le festival du savoir «Le ratio du français lors du congrès représente plus ou moins la place qu ’il a au sein du pays» JACQUES NADEAU LE DEVOIR À l’occasion de la 75' édition du plus important congrès en sciences humaines en Amérique du Nord, la Fédération canadienne des sciences humaines (FCSH) accueillera plus de 8000 délégués provenant de 70 sociétés savantes.Le thème de cette année: Lit ville, festival du savoir.ULYSSE BERGERON C* est sur le campus de l’université York à Toronto que se déroulera le congrès annuel de la FX'SH, du 27 mai au 3 juin prochains.Cette année encore, il s'agit d’une occasion pour les chercheurs canadiens d’échanger avec leurs confrères des autres disciplines.A l’heure où les universités vivent au rythme de l’interdisciplinarité et du plurisectoriel, le rendez-vous est devenu quasi essentiel.La FCSH.qui rassemble et représente 68 communautés canadiennes de chercheurs, attire lors de son congrès annuel plus de 70 associations.«Certaines d'entre elles nejbnt pas nécessairement partie de la fédération.mais elles se ioignent à nous pour le temps du congrès II y a aussi quelques associations membres qui ne sont pas présentes chaque année», explique la gestionnaire du congrès, Marianne Fizet.C’est entre autres le cas de la Société canadienne de psychologie et de l’Association canadienne des géographes, qui ne s'associent à la FCSH qu’une fois tous les deux ans.Thématique et associations 11 en va de la nature de la programmation de l’événement, qu’on peut aisément séparer en deux grandes catégories.11 y a tout d’abord les séminaires et conférences que chapeautent les associations.«Plusieurs d'entre elles profitent de l'occasion pour organiser leur propre congrès et plan fier des conferences qui s'adressent directement à leurs membres», souligne Mme Fizet.Ces activités ne rejoignent pas nécessairement la thématique proposée [xir l'université hôte.«Certains s'organisent pour que leur congrès soit relie au thème, mais il faut comprendre qu'il y a des associations qui décident plusieurs années à l'avance des grandes lignes de leur rendez-vous annuel.Il n’est pas dit que cela concorde avec le thème choisi», explique-t-elle.L'autre volet de la programmation est celui qu’élabore la FCSH.les activités visent alors à rassembler les préoccupations communes aux nombreuses disciplines issues.«On doit réussir à développer quelque chose qui intéresse tout le monde et qui ne joue pas dans les platebandes d'une discipline en particulier.» En d’autres termes, l’approche doit être globale et multidisciplinaire.Invités de marque la 75' édition ne fait donc pas exception à la règle.Comme à l’habitude, la Fédération offrira une tribune de choix à des personnalités de renonunee internationale.L’éminent généticien et environnementa-liste David Suzuki sera du nombre.Il donnera une conférence attendue qui s’intitule Le défi du XXI' siècle: fixer la limite.Un panel traitant de «la viabilité et la ville» suivra sa communication.Celui-ci réunira à une même table de nombreux experts interdisciplinaires, dont l'ambassadrice du Canada pour l'environnement.Karen Kraft Sloan, le président de la Société canadienne pour l’économie écologique.Mark Anielski, et la doyenne de ta faculté d’études environnementales de l’université York.Joni Seager.Autre personnalité fortement attendue: Stephen Duvis, envoyé special du secrétaire général des Nations unies pour le VIH sida en Afrique et commissaire à l’Organisation mondiale de ta santé.Son allocution esquissera les contours des objectifs du MiUe-naire pour le développement de l’ONU.«En raison du thème de cette année.M.Isuis (ferrait porter une attention particulière à la realite urbaine», précise Marianne Fizet.Écrivains et journalistes D’autres activités sont prevues.Des conferences ma-tinaks, intitulées «lx's petitinlejeuners sur le campus», permettront à des personnalités publiques de s'adresser aux chercheurs.11 s'agit ta d'une formule fort appro oiee des participants.Comme l’explique Mme Fizet.«on desire fure le pont entre des écrivains, des journalistes.des politiciens, des gens qui tmmiüent sur le terrain David Suzuki et des chercheurs qui ont un interet pour les mêmes sujets Cela leur permet de partager leurs obsenxtiums» Cette annee.ta FCSH ouvre tout grand ta porte aux écrivains et aux journalistes qui se sont interesses aux réalités urbaines.En se basant sur ta thématique, l'excellente auteure FU en Robinson présentera des passages tires, entre autres, de son dernier roman Blood Sports.C'est aussi le cas de Suketu Mehta, qui fera découvrir des facettes de Bombay, sujet de son premier roman Maximum City.L’écrivain Anosh Irani brossera lui aussi un portrait de ta métropole indienne C'est avec fierte que Mme Fizet souligne la presence de la poète, romancière et essayiste Nicole Brossard.La Québécoise, auteure d'une trentaine de livres, «est la première .francophone à participer aux ‘petits-dejeuncrs sur le campus'», indique-t-eDe Présence anglophone Car force est d’admettre que ta vaste majorité des communications du congres se déroulera en anglais.•La plupart des associations offrent leurs conférences en anglais II ny en a qu 'une.l Assonation des traduc- teurs.qui propose un contenu complètement bilingue.Et il y en a quelques-unes qui auront un contenu en français » C'est le cas, à titre d’exemple, de l’Association des littératures canadienne et québécoise.Lorsqu on questionne Marianne Fizet sur le faible espace qu'occupe le français, elle répond que le FCSH tente d offrir plus de place à la langue de Molière.Toutefois, elle précise que «le ratio du français lors du congrès représente plus ou moins la place qu ’il a au sein du pays.Il y a entre 10 % et 15 % des communications qui seront en fiançais».Par ailleurs, elle admet que plusieurs des spécialistes comprennent et communiquent en français, et qu'il serait donc possible d'offrir davantage de communications dans cette langue.Collaborateur du Devoir LA MLLE.FESTIVAL DU SAVOIR À l'université York de Toronto, du 27 mai au 6 juin 2006. LE DEVOIR.LE VENDREDI 2 ti MAI 2 0 0 6 l) 3 SCIENCES HUMAINES Université York Une UQAM à la «La “leader” universitaire canadienne en recherche torontoise et en enseignement interdisciplinaires» SOURCÏ UNIVKRSITK YORK L’université York est la troisième plus grande du Canada.L université qui accueille cette année le congrès de la Fédération canadienne des sciences humaines se présente comme l’uni-versite innovatrice de Toronto.«Notre devise est "Redéfinir le possible” », indique Stan ahapson, vice-président à la recherche et à l’innovation de l’université York.CLAUDE LAFLEUR De par sa taille, ses programmes académiques, sa façon de mener la recherche scientifique et de collaborer avec son milieu, l’université York se compare à HJniversité du Québec à Montréal «Ce/a vous donne une bonne idée de la place que nous occupons dans le réseau universitaire ontarien, poursuit M.Shapson.On Pourrait aussi dire que nous sommes l’équivalent de UCLA — University of California in Los Angeles.On pourrait en fait considérer que IVniversite de Montréal et l’université McGill sont en quelque sorte l’équivalent de Harvard et de Sanford, alors que nous, nous sommes la UCLA du Nord-Est américain.» Depuis 1959 Fondée en 1959, l'université York est une jeune université (comme l’UQAM).L’une comme l’autre mettent l’accent sur l’enseignement et les recherches à caractère social, elles n’ont pas de faculté de médecine, mais ont une école de sciences administratives très réputée.L’université York se présente par ailleurs comme «la leader” universitaire canadienne en recherche et en enseignement interdisciplinaires».Troisième plus grande université au Canada, après l’Université de Toronto et le réseau des Universités du Québec, elle compte 50 000 étudiants et 7000 professeurs, chercheurs et employés.L’université comprend 11 facultés et 22 centres de recherche.Sa faculté des arts est la phis grande au Canada alors que sa faculté des sciences environnementales est réputée pour son enseignement interdisciplinaire, tout comme sa faculté des sciences et de génie et son école de droit (la plus grande au Canada) sont reconnues sur la scène internationale.Glendon College: un îlot francophone En outre, la clientèle étudiante de l’université York se compare assez bien à celle de l’UQAM.Cherchant à donner accès aux études supérieures au plus grand nombre possible de personnes, on y retrouve quantité d’étudiants dont les parents n’ont jamais fréquenté l’université ou qui viennent d’immigrer au Canada.Une large part des étudiants de York provient de la grande région de Toronto alors qu’environ 15 % viennent de l’extérieur du Canada.«Si un jour vous passiez dans le "haïr de notre pavillon principal au moment où les nombreuses associations étudiantes se présentent, vous auriez l’impression d’être aux Nations unies, lance Stan Shapson.H y a une telle diversité d’étudiants que c'en est absolument fascinant!» L’université compte même un contingent assez important d’étudiants québécois, notamment des francophones venus etudier au Glendon College — «l’ilôt francophone au coeur d’une mer anglophone», indique Stan Shapson.Cette institution rassemble 2000 étudiants qui suivent une formation autant en anglais qu’en français.«Glendon est ni plus ni moins qu'une petite université qui favorise les études dans les deux langues, dit-il.Pour cette raison, nous comptons un bon contingent d’étudiants québécois qui désirent suivre une formation bilingue à l’extérieur du Québec.Le bilinguisme représente, pour nous, un aspect très important de notre université.» Une recherche originale «Je dois préciser que, puisque notre université existe depuis moins d’un siècle — contrairement à la plupart des universités canadiennes —, noirs devons faire preuve d’une grande créativité pour nous distinguer», indique le vice-président à la recherche et à l’innovation.C’est ainsi que, les années 1960 marquant les débuts de l’exploration spatiale, l’université York s’est dotée d’un important programme d’étude de la haute atmosphère terrestre.Elle a par ailleurs développé d’importantes expertises en histoire, en sciences sociales et en politique, tout comme dans le domaine des études sur le sens de la vision.«Dans ce domaine, par exemple, nos recherches portent aussi bien sur les maladies qui affligent les yeux des personnes âgées que sur les problèmes de perception visuelle en orbite, ou encore sur divers problèmes en neurosciences.», souligne M.Shapson.De la santé à l’international À partir des expertises scientifiques acquises — ce que M.Shapson appelle «nos forces» —, l’université York a récemment dressé quatre grands thèmes de recherche: la santé, le développement durable, la culture et le divertissement ainsi que les études internationales.«Etant donné que nous n’avons pas de faculté de médecine, dit-il, les re- cherches que nous menons en santé visent de nouvelles approches, ou de nouvelles solutions, qui sont complémentaires aux travaux en médecine réalisés dans les autres universités.Quant au développement durable, il concerne aussi bien la protection de l’environnement que les sources d’énergie renouvelables ou le développement durable des entreprises.Le volet culture et divertissement porte, entre autres, sur l’étude et le développement des nouveaux médias et du multimédia.Quant aux études internationales, elles concernent aussi bien des questions touchant l’Amérique latine ou l’Asie que les camps de réfugiés ou l’immigration au Canada.Comme vous le voyez, nos champs d’intérêt sont très diversifiés!» Orientation interdisciplinaire L’université met en outre beaucoup l’accent sur l’interdisciplinarité.«S’il est normal de voir, dans une université, les physiciens et les chimistes travailler ensemble, chez nous, nous les faisons collaborer avec des biologistes sur des questions touchant aussi bien la santé des enfants que les politiques ou l’administration de la santé, indique Stan Shapson.Nous cherchons également à collaborer avec les universités qui pensent comme nous ainsi qu’avec la communauté dans laquelle nous vivons.» De surcroît, les chercheurs de York tentent tout aussi bien de collaborer avec des groupes communautaires qu’avec les entreprises environnantes.«Nous cherchons à voir comment nous pourrions leur venir en aide, explique M.Shapson.Et il ne s'agit pas seulement de contributions de la part de nos scientifiques, mais également de la part du personnel de nos écoles de gestion ou de droit, etc.» «Nous espérons ainsi, tant par nos activités académiques que scientifiques, avoir des impacts positi/s à la f)is sur notre communauté et sur l’ensemble de la planète», de conclure Stan Shapson.Collaborateur du Devoir Adapter Peer Gynt pour la scène Le poème d’Ibsen reçoit d’Errol Durdach une coloration politique canadienne Centenaire de la mort du dramaturge norvégien ARCHIVES AEP Une des rares images du dramaturge Henrik Ibsen (1828-1906).; v ^ Pour souligner le centenaire de la mort du grand dramaturge norvégien Henrik Ibsen, la Fédération canadienne des sciences humaines a invité, à l’occasion de son congrès, le spécialiste international Errol Durbach à donner une conférence le 29 mai prochain.Il partagera notamment avec les congressistes les différentes difficultés qu’il a rencontrées alors qu’il a adapté le long poème dramatique «Peer Gynt» pour la scène.MARTINE LETARTE Sur le plan international, Henrik Ibsen (1828-1906) a été l’auteur le plus influent de son temps.Bien que l’essentiel de sa carrière ait été consacré à l’art dramatique, il a également été un très grand poète.En 1867, Henrik Ibsen a écrit le poème dramatique Peer Gynt, où il met en lumière le problème de la personnalité de l’homme.Dans cette œuvre toujours influente aujourd’hui, il est question du tiraillement éprouvé par une personne lorsqu’eDe doit choisir entre faire sa vie en jouant différents rôles par opportunisme ou demeurer fidèle à sa propre vocation.Devenu vieux, Peer, un homme faible et sans volonté, règle ses comptes avec lui-mème, porte un regard critique sur sa vie pour réaliser à quel point il s’est égaré, à quel point il a gâché son existence.Pour illustrer cette situation dramatique, Peer ramasse un oignon par terre et le pèle.Chaque pelure évoque différents rôles qu’il a joués au cours de sa vie.Il pèle, il pèle, mais il n’arrive jamais à atteindre le cœur.Adapter sans dénaturer Le texte original de Peer Gynt est un poème dramatique d’une durée de lecture d’environ huit heures.En 1999, le professeur de théâtre et d’anglais à l’Université de Colombie-Britannique, Errol Durbach, a décidé d’adapter le texte pour la scène.«Ce n’était pas une mince tâche.J’ai pris un grand poème classique de huit heures et je l’ai transformé en un drame poétique de deux heures et demie adapté pour la scène.Je devais restructurer complètement l’œuvre, et le grand danger d'une telle opération est de l’altérer», a expliqué M.Durbach au Devoir lors d’un entretien téléphonique.Le fait que le texte original de Peer Gynt soit un poème augmente le niveau de difficulté de la traduction.«Avant de commencer mon travail, j’ai regardé plusieurs traductions de Peer Gynt et fai réalisé que la plupart étaient faites en prose.J'ai voulu garder les rimes car, selon moi, elles sont très importantes.Elles sont même indispensables si on veut préserver le rythme du texte.C’est certain que je n'ai pas pu traduire ligne par ligne, mot par mot, mais j’espère que j’ai réussi à saisir l’esprit du texte», ajoute le spécialiste.Actualiser la pièce Pour être bien compris par le public, certains aspects des textes anciens sont généralement revus lors d’une adaptation.«Les références à l’actualité norvégienne des années 1860 ne veulent plus rien dire aujourd’hui four les Canadiens.Plus personne ne comprend ces allusions.En 1999, quand je me suis lancé dans l’adaptation de la piece, j’ai transformé ces références en m’inspirant de l’actualité politique du moment avec Jean Chrétien, Preston Manning, Joe Clark et les autres», soutient M.Durbach.L’actualité étant ce qu’elle est, cette adaptation de Peer Gynt est déjà dépassée.En prévision d’une présentation de l’œuvre sur lés planches en septembre prochain à Vancouver, M.Durbach travaille maintenant à réactualiser sa version de 1999.«Je dois retravailler le texte et faire des références à Stephen Harper, Jack I/iyton et compagnie.» Une œuvre toujours pertinente Si certains aspects de Peer Gynt doivent être actualisés, d’autres sont intemporels et universels «Dans le fond, ce texte raconte l’histoire d’un homme qui, un jour, porte un regard sur lui-même.Toute la psychologie et la philosophie de l'œuvre demeurent pertinentes aujourd'hui», affirme le professeur.De plus, selon M.Durbach, plusieurs drames modernes sont directement inspirés de l’œuvre de Henrik Ibsen.«Prenons Krapp’s last l ape de Beckett.L'œuvre raconte l’histoire d'un homme qui essaie de comprendre sa vie.Ce n'est rien de moins qu'une version moderne de Peer Gynt» Henrick Ibsen a également contribué à l’avancement de la cause des droits des femmes grâce à son œuvre, selon le spécialiste.En 1879, sa Maison de poupée a fait sensation et a été jouée dans plusieurs pays d’Europe et en Amérique.Le drame social raconte l’histoire de Nora Helmer, une femme qui refuse d’obéir à son mari et ose briser son «par» fait mariage», en apparence.Grâce à cette œuvre qui revendique le droit des femmes d’être libres, épanouies, indépendantes et responsables, Ibsen est devenu l’un des chefs de file du théâtre d’avant-garde européen.«Cet aspect de l'œuvre d’Ibsen est encore très intéressant aujourd'hui», affirme Errol Durbach.Ce n’est pas un hasard si M.Durbach a été choisi pour donner une conférence pour souligner le centenaire de la mort d’Ibsen au congrès de La Fédération canadienne des sciences humaines.En plus de son travail de traduction et d’adaptation de Peer Gynt, il est le président du Comité international Ibsen char gé de promouvoir la Conférence internationale d’Ib sen, qui a lieu tous les trois ans.De plus, en 2(XK), il a été invité en Norvège au Peer Gynt Festival.«Je devais présenter sur scène, avec des comédiens, la derniere demi-heure de mon adaptatiim de l'œuvre.Deux autres équipes, l'une pnrvenant de Chine et l'autre d'Argentine, imt été invitées a faire la même chose Pour les Norvégiens, le but de cet exercice est de regarder c/mment les œuvres d'Ibsen srmt jouées aujemrdhui a travers le monde», conclut le grand spécialiste.Collaboratrice du Devoir Errol Durbach prononcera sa conférence le 29 mai de 10H30 à midi.La recherche en sciences sociales et humaines, en arts et en lettres • $ Le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture Québec D 4 LE DEVOIR, LE V E X D R E D I 26 MAI 2 0 0 6 SCIENCES HUMAINES Histoire et informatique Une société où les gens comptent et.sont comptés «Ce n'est pas une révolution, mais une importante transformation» ARCHIVES Ï.E DEVOIR Depuis quelques années déjà, l’informatique permet aux spécialistes de parcourir l’histoire vécue par «les gens ordinaires» de la société canadienne.Ci-dessus, une scène de Montréal en 1953.Certes, l’histoire s’écrit., mais elle peut également s’informatiser.D’ailleurs, les historiens ont de plus en plus recours à l’informatique pour déchiffrer le passé afin de comprendre la société canadienne.Chercheur reconnu et professeur d’histoire à l’Université d’Ottawa, Chad Gaffield nous explique cette facette de la recherche.ULYSSE BERGERON n’est pas une révolution, mais une importante «\^ transformation.L’informatique nous permet d’analyser les changements historiques sous d’autres perspectives.Elle offre une analyse sous de nouveaux angles», ce qui, par le fait même, ouvre la porte à de nouvelles connaissances, résume le professeur d’histoire à l’Université d’Ottawa Chad Gaffield.Traitement de données Le Comité canadien d’histoire et d’informatique (CCHI) — qui lait partie de la Société historique du Canada — soutient que les apports de l’informatique sont nombreux.Ds se concentrent surtout en méthode quantitative, dans la gestion informatisée de l’information, la publication, la communication et la diffusion électroniques, et dans la pédagogie assistée par ordinateur.Pour sa part, M.Gaffield souligne que c’est sur le plan du traitement des données recueillies que l’informatique crée une valeur ajoutée à la recherche.La comptabilisation et l’analyse, en peu de temps, d’une quantité titanesque d’informations permettent aujourd’hui d’accéder à un univers jusque-là insoupçonné.Depuis quelques années déjà, l'informatique permet aux spécialistes de parcourir l’histoire vécue par «/es gens ordinaires» de la société canadienne.De quelle façon?En leur donnant une voix par l’analyse des recensements déjà effectués au pays.Identifier les «anonymes» Avant, les historiens s'appuyaient essentiellement sur les actes et les motivations des grands acteurs sociaux ainsi que les événements historiques marquants comme les guerres pour comprendre l’histoire d’un pays, rappelle M.Gaffield.Du même coup, ils ne pouvaient prendre en compte le rôle de ce qu’ils appellent les «anonymes», c’est-à-dire les citoyens qui forment la population.M.Gaffield admet qu’avant les années 1960, «on percevait l'histoire canadienne comme un train; c’est-à-dire que le train embarquait plusieurs passagers, mais on ne jugeait pas nécessaire de les étudier On se disait plutôt qu'il fallait porter notre attention sur le conducteur, comme s’il était le seul à influencer le parcours des locomotives».Plus que jamais, on réalise aujourd’hui que cette méthode d’analyse était incomplète.L’informatique et la numérisation donnent justement accès à ces données en permettant une analyse des recensements qui ont eu lieu sur le sol canadien.Cela permettrait de remonter le temps jusqu’au XVTI' siècle, à l’époque où l’intendant français Jean Talon fit le premier recensement du pays.Admettant qu’on «ne peut lire littéralement» ces recensements, M.Gaffield avance qu’il «faut une expertise dans la matière afin d’interpréter ces données correctement.Il faut lire avec des yeux bien informés».Expliquer un Canada en émergence Toutefois, pour l’instant, les efforts sont plutôt tournés vers la première moitié du XX' siècle.Chad Gaffield est le principal chercheur de l’Infrastucture de recherche sur le Canada au XX' siècle (ERCS), un programme de recherche de portée internationale dont l’objectif est de cibler les principaux facteurs qui ont mené à l’émergence du Canada moderne.Il résume ainsi la mission de l’IRCS: «Comment une petite société, rurale, quasi coloniale, est devenue un pays important dans le monde et cela, malgré sa population fragmentée et son vaste territoire?» In question est lancée.Il ne reste plus aux historiens, sociologues, géographes et statisticiens qui participent au projet qu’à filtrer et interpréter les recensements canadiens de la première moitié du siècle: 1911,1921, 1931,1941 et 1951.Un effort de sept universités L’IRCS, qui nécessite un investissement de 15 millions de dollars, regroupe 10 chercheurs issus de sept universités canadiennes.Près de 130 membres de l’infrastructure participent au projet.On compte parmi eux de nombreux étudiants.Jusqu’à présent, le projet a permis de cibler deux hypothèses pour expliquer l’émergence canadienne dans î’ère moderne.«Il y a tout d’abord la scolarisation et l’accroissement du taux d’alphabétisation», note-t-il.«Très tôt au XX' siècle, on remarque qu’une vaste parti?de la population est capable de lire et d’écrire.» Evidemment, le taux d’alphabétisation dépend de nombreux facteurs, entre autres de la région ou province dans laquelle on réside.On ne peut donc percevoir le Canada d’alors comme un ensemble homogène.Un exemple frappant reste celui du Québec.Ce n’est qu’à partir des années 1960, de la Révolution tranquille, que l’éducation se généralisa à l’ensemble de la population, ce qui dénote d’un «décalage évident avec le Canada.Mais depuis, le Québec a su rattraper le retard.» Selon M.Gaffield, l’éducation doit être perçue comme la pierre angulaire de l’émergence du Canada moderne.«L’investissement public dans l’éducation était une très bonne chose.On peut aussi remarquer qu'en Occident, ce sont les pays qui ont investi en éducation qui ont accédé à cette modernité, soit les pays qui ont favorisé un système public ouvert à tous.» L’urbain et le rural Le traitement des recensements du début du siècle a également permis de cibler deux trajectoires possibles d’analyse historique.«Ily a tout d’abord une trajectoire urbaine, puis il y a une trajectoire rurale.Cela nous permet de repenser l’histoire sous deux angles, comme s’il y avait deux Canada.» L’IRCS est un projet d’envergure qui participe au North Atlantic Population Project, une initiative qui rassemble des chercheurs du Canada des Etats-Unis, de la Norvège, de l’Islande et de la Grande-Bretagne.Ces pays sont les seuls au monde à avoir complètement numérisé les recensements de la fin du XIX et du début du XX' siècle.«Cela nous permet de contextualiser et de mettre en relief les facteurs qui permettent l’évolution des sociétés.» «On ne pourrait arriver à comptabiliser et traiter toutes ces données sans l’informatique», conclut M.Gaffield.Pourtant, cette ouverture à l’informatique ne s’est pas faite sans heurts.11 fut un temps — il y a quelques décennies — où l’utilisation d’outils informatiques dans la discipline était perçue, ni plus ni moins, comme «une trahison par rapport à la discipline», rappelle l’historien.Collaborateur du Devoir Société L’immigration transforme les villes «Des concepts raciaux sont imprégnés dans nos conceptions présentes et passées du tissu urbain canadien» «gf F1NBARR O'REILLY REITERS «J’essaie de comprendre comment s'organisent les communautés (culturelles] dans le contexte canadien», dit la sociologue Cheryl Teelucksingh.Comment les différentes communautés raciales se côtoient-elles dans une ville comme Toronto ou Montréal?Voilà la question qu'étudie Cheryl Teelucksingh, sociologue à l’université Ryerson de Toronto.C’est entre autres en observant la vie bouillonnante aux abords du centre commercial Eaton Center de Toronto qu’elle a développé le concept de la «racialisation» des espaces urbains.CLAUDE LAFLEUR Dans le cadre du congrès de la Fédération canadienne des sciences humaines, une chercheu-re torontoise, qui a vécu à Montréal, présente son concept qui fait l'objet d'une récente anthologie intitulée Claiming Spacing: Racialization in Canadian Cities.Cheryl Teelucksingh est professeure associée au département de sociologie de l’université Ryerson, où elle enseigne la sociologie urbaine et l'identité raciale dans la société canadienne.Elle est également chercheure au Centre pour la justice sociale de Toronto.Ses travaux portent sur la répartition des communautés dans une ville comme Toronto.«En fin de compte, j'essaie de comprendre cirniment s'organisent les communautés dans le contexte canadien, dit-elle, je m'intéresse également au rôle que jouent les races dans le développement urbain.» Originaire de Trinidad et ayant vécu dans la Petite-Bourgogne de Montréal, Mme Teelucksingh se passionne pour les questions d’égalité sociale.L’évolution du «Times Square» de Toronto En particulier, la chercheure a observé ce qui se passe depuis une dizaine d’annees à l’angle des rues Yonge et Dundas.Toute personne qui aborde le Eaton Center par cette intersection sud-ouest se trouve plongée dans la cohue des vendeurs de rue, des amuseurs publics, des panneaux publicitaires sur écran plasma et de la foule des magasineurs, des gens d'affaires et des badauds.«C'est, estime-t-elle.un environnement urbain ideal puisque cette intersection estfijdlement accessible en métro et qu en plus, des écolts et des tours d’habitation se tnruvent tout près.• Toutefois, bien qu'au cœur des activités commerciales et d'affaires du centre-viUe de Toronto, l'intersection est généralement considérée comme un endroit peu sûr puisque frequente par des pickpockets, des vendeurs de drogues et par des membres de gangs de rue.«Au,fil des ans.les jeunes Noirs en ont fait leur point de rencontre, précise Mme Teelucksingh.Or, étant donné leur couleur, leur habillement et leur comportement, ces jeunes Noirs sont perçus par les policie’ ir bon nombre ilegens comme des bons à rien.• En 2tX>3, pour contrer le phénomène, l'intersection a été réamenagee — pour ne pas dire nettoyée — pour en faire le Dundas Square, l'équivalent toron-tois, dit-on, du Times Square de New York.Les autorités ont donc transformé l'endroit en un espace organise pour les rencontres et la distraction, espérant de la sorte susciter l’investissement des promoteurs et de la communauté des affaires.>Voilà comment s'organise un espace urbain, relate la protesseure Teelucksingh.Il y a à la fais des mouvements naturels et des farres organisées qui façonnent tout milieu urbain.» L'intersection Yonge et Dundas n'est qu'un exemple qui illustre la «racialisation» de l'espace, c'est-a-dire l'organisation ethnique de l'espace d'une ville canadienne, indique-t-elle encore.Ses travaux montrent que cette organisation se fait à partir de conceptions idéologiques de l'espace public et privé.«Des concepts raciaux sont imprégnés dans nos conceptions présentes et passées du tissu urbain canadien, dit-elle.L’occupation de l’espace urbain par différents groupes dépend tout à la fois de la façon de concevoir les espaces physiques et imaginés ainsi que des politiques d’aménagement des espaces.Les grandes villes canadiennes se sont donc développées selon la façon dont les communautés ethniques et raciales ont occupé le territoire, se taillant par le fait même des espaces politiques et économiques.» Montréal, une ville où l’on ne se mélange pas La chercheure observe que chaque ville évolue à sa façon, selon la nature et la succession des communautés qui s’y installent.D’après ses observations, Montréal est particulièrement différente des autres grandes villes canadiennes en ce qu'il s'agit d’une ville où les communautés ne se mélangent guère.«Par exemple, lorsque vous pensez à Westmount, dit-elle, vous pensez aux riches anglophones qui y habitent.Mais si vous pensez aux quartiers de l’est de la ville ou à la Petite-Bourgogne, là vous pensez à toutes autres communautés! On constate en fait que la plupart des secteurs de Montréal sont en bonne partie habités par un groupe assez homogène de personnes.» Par conséquent, Mme Teelucksingh ne peut imaginer l’équivalent d’un Dundas Square à Montréal.«/ai beau y penser, mais je n’en vois pas.Et vous, en connaissez-vous un?», lance-t-elle en riant.Par ailleurs, les villes canadiennes se distinguent fondamentalement de leurs équivalentes américaines à cause des politiques culturelles très différentes des deux pays.«Au Canada, nous appliquons une politique de multiculturalisme, rappelle-t-elle.La grande différence [avec les Etats-Unis], c’est que mows valorisons ici la venue des immigrants — nous considérons qu'ils enrichissent notre économie — alors qu'aux Etats-Unis, on cherche plutôt à lez assimiler.Aux Etats-Unis, on ne les met vraiment pas en valeur en tant que tels, comme l'illustre d'ailleurs si bien l'actualité récente.Cela généré par conséquent d’importantes différences dans le tissu urbain des villes des deux pays.» En donnant ses cours de sociologie, la professeure a réalisé que, lorsqu'on traite de problèmes raciaux, pratiquement toutes les ressources proviennent des Etats-Unis — un contexte bien différent du nôtre.Elle a par consequent décidé d etudier de près le contexte canadien et de colliger une anthologie de ce qui se vit dans les principales villes canadiennes.Plusieurs collègues y ont contribué, notamment des chercheurs de l'Université de Montreal et de luniversite McGill.«O.on constatera dans cette anthologie que chaque ville canadienne a ses différences et que tout dépend de Ihistoirr.des contextes culturels et politiques qui s'y trouvent appliqués, etc », conclut Cheryl Teelucksingh.Collaborateur du Devoir Cheryl Teelucksingh participera à la table ronde «La viabilité et la ville» le 7" juin.S C IE N! ( E S II U M A IN'ES r o suis 2 o o ii CK f A H I K R SPECIAL EST PUBLIE PAR LE DEVOIR Responsable NORMAND THERIAULT nlbrriaallaMrvotr.f» 2050.r»f ' elaye.Montréal (Onebee) HAA AMS.Tel.: (51 4> 3S5 5535 redaelionaledevoir.eora K A 1 S (' E y l' E DOIS > 0 0 t> SCIENCES HUMAINES littérature Le regard de Fécrivaine sur les villes Une présence marquée de Nicole Brassard au congrès de Toronto Dans ses oeuvres, la grande poète, romancière et essayiste Nicole Brossard a toujours laissé une place prépondérante aux villes, que ce soit Montréal, qui l’a vue naître et où elle a toujours vécu, ou d’autres villes qui l'inspirent.Cette année, le congrès de la Fédération canadienne des sciences humaines se déroule du 27 mai au 3 juin sous le thème «La ville: un festival de savoir».Pour l’occasion, Nicole Brossard est invitée à donner une conférence sur son rapport à la ville.De plus, étant donné que ses œuvres sont publiées un peu partout dans les .Amériques, une table ronde aura lieu en présence de quelques-uns de ses traducteurs.MARTINE LETARTE La ville est souvent un lieu privilégié d’inspiration pour les écrivains.«C’est dans la ville qu’on peut observer la vie, le va-et-vient des êtres humains dans leur destin, la circulation des émotions et des idées, etc.Tous ces aspects de la vie intéressent grandement les écrivains», confie Nicole Brossard.Lors de sa présentation à Toronto, Mme Brossard soulignera l'importance de certaines villes dans ses œuvres.«Dans mes trois premiers romans, Montréal était très présente.Dans “Le Livre”, publié en 1970, la métropole est explorée dans le quotidien.Dans “Sold out”, en 1973, je raconte le Montréal des années 1940 vécues par mon père.Finalement, “French Kiss”, publié en 1974, est une véritable traversée de Montréal d’est en ouest», explique l’écrivaine.Plus récemment, en 1995, avec Baroque d’aube, elle a porté un regard différent sur Montréal.«Dans ce roman, je raconte l’histoire d'un écrivain londonien qui vient à Montréal pour faire traduire son livre.On voit donc la ville à travers les yeux d’un étranger», poursuit la lauréate du prix Atha-nase-David, la plus haute distinction littéraire au Québec.Explorer, désirer d’autres villes Nicole Brossard va parfois à la rencontre de villes qu'elle connaît moins lorsqu’elle plonge dans l'écriture d'un nouveau roman.«Pour l'écriture de “Hier”, qui se passe à Québec, je m’y suis rendue et je me suis vraiment laissée imbiber par la ville», raconte-t-elle.L’écrivaine se permet parfois de situer l'action de ses personnages dans des villes quelle n’a jamais visitées.«Toujours dans “Hier”, je parle de Stockholm et d’Istanbul et, au moment où j’écrivais, je n’avais jamais visité ces villes.Je l’ai fait par la suite.De plus, lorsque j’ai commencé à écrire “Le Désert mauve”, je n’étais jamais allée dans le désert, mais j’ai eu la chance de m’y rendre en cours d’écriture.Ainsi, j'ai pu relire les textes écrits avant mon voyage pour m'assurer qu’ils étaient pertinents», explique Mme Brossard.La ville au XXI' siècle Nicole Brossard profitera également de sa tribune pour poser la question de l’évolution de la ville au cours des dernières années et décennies.«Est-ce que le réseau Internet serait devenu la nouvelle ville?Dans Internet, on peut faire une joule d’activités qu ’on fait généralement en ville, comme échanger ses idées, faire du commerce, participer à différentes activités illicites, etc.C’est un sujet intéressant de réflexion», soutient l’auteure.Max Weber a déjà repris le célèbre adage allemand datant du XV' siècle: «L'air de la ville rend libre».Lors de sa conférence, Nicole Brossard interrogera également la pertinence de cette affirmation dans le contexte actuel.«Dans les romans, la ville, grâce à la variété d’activités qu’elle propose, représente généralement un espace de liberté.Toutefois, il est intéressant de se demander si c’est toujours vrai aujourd’hui.» Traduire Nicole Brossard L’œuvre de cette grande écrivaine québécoise est traduite un peu partout dans le monde.Toutefois, les Amériques demeurent un endroit particulièrement accueillant pour Nicole Brossard.Ses ouvrages sont traduits en anglais pour le marché nord-américain et en espagnol pour le marché sud-américain.Le 28 mai, l’Association canadienne de la traductologie (sic) a invité quelques traducteurs de Nicole Brossard ri i>ifo Ruiz 11- m:voiR «C’est dans la ville qu’on peut observer la vie, le va-et-vient des êtres humains dans leur destin, la circulation des émotions et des idées», dit Nicole Brossard.l’œuvre de Nicole Brossard à partager leurs impressions sur les particularités de leur travail.C’est la professeure au département d’anglais de l’université York et traductrice de quatre œuvres de Mme Brossard.Barbara Godard, qui coordonne la table ronde.les traducteurs invités sont les poètes montréalais Erin Mouré et Robert Majzels, le poète luxembourgeois Pierre .loris, la romancière argentine Raquel Heffes ainsi que la poète et essayiste mexicaine Monica Mansour.Il sera notamment question des difficultés rencontrées lorsqu'on traduit une œuvre de Nicole Bros- sard.«Elle essaie toujours de repousser les limites de la langue française et d’innover sur le plan des formes de poésie.I^es choix esthétiques littéraires faits par Mme Brossard lors de l’écriture d’un texte doivent être préservés dans la traduction et c'est souvent un grand défi pour nous», explique Barbara Godard.Succès de l’œuvre De plus, la traductrice souligne que Nicole Brossard est reconnue dans le monde anglophone comme étant une écrivaine très importante dans le domaine de l’expérimentation linguistique.«C’est beaucoup grâce au travail des traducteurs que c'est possible», ajoute Mme Godard.Nicole Brossard confirme que, pour être en mesure de refléter l’essence de ses textes dans une autre langue, le traducteur doit bien connaître son univers, son style et ses tournures de phrases.«Lorsqu'on traduit un de mes textes, surtout la poésie, on est loin de la traduction mot à mot!», indique l’écrivaine, qui participera également à la table ronde.Nicole Brossard précise aussi qu’elle est généralement plusieurs fois consultée pour éclaircir différents aspects de son œuvre lors du processus de traduction.Elle regarde aussi le résultat final.«Mon rapport à l’anglais se raffine à travers les années et je me débrouille aussi un petit peu en espagnol.Je ne relis pas tous les textes, mais une bonne partie», conclut-elle.Collaboratrice du Devoir Petit-déjeuner/conférence avec Nicole Brassard le 28 mai de 7h45 à 8h55.La table ronde «Traduire Nicole Brossard à travers les Amériques» se déroulera le 28 mai de 17U à Wh.Recherche littéraire Quand la technologie transforme l’écrit De nouvelles formes de textes sont apparues grâce aux technologies informatiques Après la révolution de l’imprimerie de Gutenberg, l’écrit connaît en ce moment une autre révolution, celle d’Internet.Elle implique de multiples transformations, encore méconnues.Afin d’étudier et de documenter ces changements, Bertrand Gervais vient d’ouvrir le NT2 (Nouvelles technologies, nouvelles «textualités»), un laboratoire de recherches littéraires sur les nouvelles formes de textes et de fictions.MIKE SEGA» REITERS V Y Le monde du livre change.Dorénavant, un texte peut être enrichi d’hyperliens, d animations Flash, de zones interactives, d’images vidéo et de sons.LECTURE Bertrand Gervais JEAN-GUILLAUME DUMONT Le passage de la page de papier à l’écran cathodique a ouvert un monde de possibilités pour les créations littéraires.De nouvelles formes de textes sont apparues grâce aux technologies informatiques.Dorénavant un texte peut être enrichi d’hyperliens, d'animations Flash, de zones interactives, d’images vidéo et de sons.Depuis au moins une décennie, des auteurs et des artistes avant-gardistes ont ainsi créé plusieurs romans animés, poèmes visuels, œuvres interactives, créations collectives, textes multimédias et hypertextes.Ce type de création demeuFe méconnu.«Pour l’instant, les gens ne savent même pas que ça existe», constate Bertrand Gervais, également professeur au département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).Afin d’étudier cette nouvelle forme d'art, le laboratoire NT2, dirigé par Bertrand Gervais, fait appel a une équipe multidisciplinaire formée de spécialistes en littérature, en cinéma, en histoire de l'art et en jeux vidéo.«Il y a une coordonnatrice, dix chercheurs répartis dans cinq universités, et une quinzaine d'étudiants des 2 et S' cycles», énumère Bertrand Gervais.Pour mener a bien ces travaux, 11IQAM a libéré des locaux pour pouvoir accueillir cette nouvelle équipe.La Fondation canadienne pour l’innovation a, quant à elle, accordé l'année dernière au NT2 une subvention d'environ 2,6 millions de dollars sur cinq ans.Ces fonds ont servi, entre autres, a acheter une armada de serveurs et d'ordinateurs, nécessaires a un projet d'archivage.Produire.analy ser et archiver Le NT2 planche sur trois programmes visant a faire du laboratoire une ressource pour tous ceux qui s’intéressent à ces expérimentations littéraires et médiatiques.Avec le programme intitulé «Ouvroir de la littérature hyper-textuelle», le laboratoire cherche à acquérir une pratique et une expertise dans la création d’œuvres hypertextuelles et médiatiques.•Il s'agit de susciter un intérêt pour ces nouveaux formats et, par effet d'entrainement, de favoriser la production d’œuvres originales, afin de préparer la voie à une nouvelle génération de créateurs et de littéraires capables de créer dans un environnement technologique et informatique nouveau», explique le document de présentation du NT2.L’-Atelier de lecture» permettra, quant à lui, de développer des stratégies de lecture et d’interprétation des nouvelles formes de création littéraire, qui sont très souvent à mi-chemin entre le texte et l’image.«On se retrouve avec un problème théorique parce que les chercheurs qui sont habitués à analyser les images ne le sont pas avec les textes et inversement», indique Anick Bergeron, coordonnatrice du NT2.Finalement, l’«Observatoire de littérature hypertextuelle» vise à repérer, cataloguer, conserver et valoriser des créations d’auteurs et d'artistes présentement dispersées dans Internet.«En ce moment, nous sommes en train de monter une ressource qui prend la forme d’une base de données, une sorte de bibliothèque, indique Ber trand Gervais, directeur du NT2.On veut que ça soit disponible en ligne pour tout le monde » En parallèle, l’équipe du NT2 conyoit aussi un nouveau vocabulaire afin d'utiliser des termes précis pour analyser, décrire et cataloguer les nouvelles formes de créations littéraires et médiatiques Sauvegarder un patrimoine en péril Le programme d’archivage du NT2 permettra de sauver plusieurs œuvres, menacées par l’»erreur 404».Dans Internet, c’est le messie ge qui s’affiche brsqu’on tente d’accéder à un site qui n’existe plus.Et si rien n’est fait, c’est tout ce qu’il restera des nouvelles formes d’œuvres littéraires d’auteurs et d’artistes qui, faute d’argent, ne peuvent plus les maintenir en ligne dans leur site Internet Ainsi, un pan entier de la cultu re risque de disparaître sans laisser de traces, jusqu’à présent, l’équipe du NT2 a répertorié plus de 900 sites d’intérêt.«Pour l'archivage, tout est bon, indique Ber trand Gervais.On veut être le plus exhaustif possible.» \âi tâche est longue et difficile.D’une part, il faut chercher a travers un réseau Internet toujours plus étendu.D’autre part, il faut trouver le moyen de conserver les sites Internet ou de les héberger sur les serveurs du laboratoire.Récupération des cédéroms et disquettes I,a difficulté d’archiver les œuvres numériques ne se limite pas au réseau Internet, car elles sont aussi présentes sur d’autres supports, tels des disquettes ou des cédéroms.«Si on regarde par exemple Eastgate, une des premieres maisons d'èdttvm américaines a faire de l’hypertexte, leurs premières disquettes utilisent HyperCard, un pro- gramme qu'on ne retrouve plus et qui ne fonctionne pas sur les nouveaux systèmes d’opérati/m.Donc, ça oblige d avoir de vieux ordinateurs, avec les anciens logiciels-, explique Anick Bergeron.Pourquoi ne pas convertir le formai des vieux documents pour qu’ils deviennent lisibles par les nouveaux programmes?la solution n’est pas si simple.D’une part, cette conversion n’est pas toujours possible.D’autre part, pour les oeuvres animées, il pent y avoir un problème de vitesse, «les textes qui, a l'origine, étaient supposés défiler très lentement, défilent maintenant très vite à cause de la puissance des ordinateurs d’aujourd'hui», explique Ankk Bergeron.En sauvegardant ce patrimoine culturel pour les générations fu tures, de nouveaux champs d'analyse pourraient voir le jour, l'Itime-ment, Bertrand (iervais souhaite «voir dans cinq ou dix ans si //n est capable de faire une histmre de l'êvo-lutvm de la présence de la littérature ou de l'art dans Internet» Collaborateur du Devoir «Reading Across the Broken Line: the New Textualily and its Impact on the Reading Process» sera présenté le 30 mai.\ • ' ?m Fédération canadienne des sciences humaines Congrès des sciences humaines Programme d'aide à l'édition savante Défense et promotion des sciences humaines Petits déjeuners sur la Colline Prix du livre savant Réseau des questions féministes et d'équité Fondation canadienne pour les sciences humaines ' phiîbîWÿphks études class relations irtdüiHeH*# < commuimotion études él'sàvt i» fiéogmpr ont «niernabonai étude* canodiennes service social commonicotian études «serait«tes études culturelles études.«a ioitlr eefonce politique démogrupht# beaux-arts études âti t'envnonnement folklore sociologie littérature études religieuses gécipnjp/vn psychotogie nothrondogie hstome phüésapMn étude* dosv^res droit écononve édutalion linguistique etudes des femrriej lôlalîott* mdustripllef développement .r.’e-notional etude* canadiennes service social communication éludes «iciatisif* éludes culturelles étude* en lotto science politique démographie sociqlogié üttéttïtur® ètucfea ^«ügreufte,* géogrophi# psy4hot-^I© onthfdpbîogsé HisfOiVe pn.losc»phie études classiques dre."» èconorme éducation linguistique étude* des femrr.ee relofior'# industrielles développement internaiionat étude* canadienne» service soda! communication études cocîohstè* étude* culturelles études en loisir science palillquei démographie beaux-arts études do i'envi»onn«m»Mt folklore soctoiagie littérature étudié roiigieuws géagrcipi>.p pfpchaiagte onfi•pobgie histoire philasojihie études ctassiqves droit économ e éducation tinguietique étude# des femme# relouons Industrie! i1.1 ti,.-n .,,-,.1 il a> .¦Ife-.r.>•(.»« nr»*»* •‘(\n\mii nirci* la voix des sciences humaines au Canada www.fedcan.ca Félicitations à nos lauréates des Prix du livre savant 2004 - 2005 PRIX Raymond-Klibansky Michel Lacroix De la beauté comme violence L'esthétique du fascisme français, 1919-1939 Presses de l'Universfté de Montréal, 2004 Raymond Klibansky PRIZE CRAM sers POLI TICS O F L A N C U A G F Peter Ives Gramsci's Politics of Language: Engaging the Bakhtin Circle and the Frankfurt School University of Toronto Press, 2004 Programme d’aide à l’édition savante (613) 238-6112, x350 Harold Adams Innis PRIZE THE PEOPLE WHO Heather Devine The People Who Own Themselves: Aboriginal Ethnogenesis in a Canadian Family, 1660-1900 Fédération canadienne des sciences humaines Canadian Federation for the Humanities and Social Sciences University of Calgary Press, 2004 PRIX Jean-Charles-Falardeau www.fedcan.ca Gilles Bibeau Le Québec transgénique.Science, marché, humanité.I jk QihHhh tni«sgjênkjiu' Éditions du Boréal, 2004 •n du livre savant tees humaines on canadi«nrW(^ss Sciences humaines souhaite la'Étwtænue à rAssocMon Nationale des Éditeurs de livre5%wiux maisons .Sédition suivantes k am 75 Congrès des sciences humaines Congress of the Humanities and Social Sciences 1931-2006 • Les éditions Hurtubise HMH • Les éditions Prise de parole • Les éditions Liber • Les presses de l'Université Laval • Les presses de l'Université de Montréal • Les presses de l'Université du Québec • Les éditions Nouvelles ASMS • Les éditions Septentrion • Les éditions XYZ • Les éditions Écosociété • Les éditions Tryptique • Les éditions Septembre Fédération canadienne des sciences humaines Canadian Federation for the Humanities and Social Sciences Université York 27 mai au 3 juin Pour en savoir plus veuillez consulter le www.fedcan.ca/congres2006 PROCHAINS CONGRÈS DES SCIENCES HUMAINES ; ¦H University of Igr Saskatchewan La Fédération canadienne des sciences humâmes et tes universités hôtes suivantes ont le plaisir d annoncer leur partenariat lors des futurs Congrès des sciences humâmes : [ÜBCj 2007 University of Saskatchewan Saskatoon 2008 University of British Columbia Vancouver 0 Carleton UNIVERSITY 2009 Carleton University Ottawa Renseignements wwwiedcan ca V HOarahcf 3*SK*nc« Vd’wm# Carattr PttfaraM* to v* Sjrwte# Scoa Sotnca» Scholarly associations Where ideas grow Find out about becoming a member www.fedcan.ca Les sociétés savantes Où les idées prennent radne Pour plus de renseignements sur les modalités d'adhésion, voir le site www.fedcan.ca Canadian and Quebec Population Studies literatures Psychology Canadian Studies Regional Science Canadian Theatre Research History of Science and Scandinavian Studfcs Technology English Aesthetics Bibliography Eighteenth-Century Anthropology Studies Commonwealth literature Continental Philosophy and language Renaissance Studies Irish Studies History and Philosophy of Letsure Stud**.Mathematics Research in Home History «id Philosophy Economics of Science Adult Education History of Medicine International Development Education Translation Higher Education Applied UngutstKS Study of Names Geography Practical Ethics Hispanists Religion teamed tournais Biblical Studies Slavfets Church History Social Wort Medieval Studies Technical Wntmg Patristk Studies French Sociology and 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