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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2002-06-08, Collections de BAnQ.

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1.E 1) E VOIR.L E S S A M E 1> I 8 DANSE Le Prince Navas Page C 3 ET I) I M A X t II E it .1 l I X 2 0 0 2 CINÉMA Hommage à la grande blancheur Page C 6 * LE DEVOIR ?V»/.A PERSPECTIVES La France et le cinéma L’Hexagone continue de porter à bout de bras son cinéma et celui des autres ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Au dernier Festival de Cannes, plusieurs réalisateurs étrangers n’en finissaient plus de remercier la France d’exister sur la planète cinéma.De Woody Allen à Michael Moore en passant par Roman Polanski, ils offraient tous un petit couplet fleuri à la patrie de Renoir, célébrant le principe de l’exception culturelle qui permet à la cinématographie de l’Hexagone de se maintenir à flot, de tenir tête au géant américain envahisseur.Ces appuis ne tombaient pas par hasard.Le septième art international a besoin de la France, pas uniquement pour s’inspirer de son exemple mais aussi pour obtenir son soutien.De lait, la France coproduit énormément de films étrangers: d’Europe de l’Est, d'Afrique, de Scandinavie, d'Orient, du Proche-Oriept, du Québec ou d’ailleurs (même des Etats-Unis).Au générique, la sélection du Festival de Cannes est une longue litanie de cofinancement hexagonal.La plupart des films qui ont dominé le dernier palmarès cannois, du Pianiste du Polonais Roman Polanski à L’Homme sans passé du Finlandais Aki Kaurismaki en passant par Le Fils des frères belges Dar-denne et Intervention divine du Palestinien Elia Suleiman, étaient coproduits en France.D’autres pays, l’Angleterre et l’Allemagne entre autres, coproduisent aussi et aident les cinématographies fragiles à survivre, mais la France est de loin le plus gros joueur à épauler les films d’ailleurs.Sans son appui, une bonne partie du cinéma indépendant international s’effondre-rait, ni plus ni moins.Paysage embrouillé On peut donner un coup de chapeau à la France pour porter ainsi à bout de bras les cinémas du monde (plusieurs, dont les pays de l’Est, où le cinéma était jadis financé par l’État communiste, n’ont plus les infrastructures pour survivre seuls), mais cette situation de quasi-monopole inquiète aussi.Si la France se trouvait en moins bonne posture, affaiblie en sa demeure, l’édifice entier du septième art international menacerait ruine.En France, côté financement du cinéma, le tiers de l’aide à la production cinématographique provient de la chaîne télé Canal +, qui projette des films en primeur en échange d’un investissement dans la production (elle y consacre 12 % de son chiffre d’affaires).D’autres chaînes télé participent aussi à l'effort national.La taxe indirecte prélevée ^ la billetterie des cinémas et une aide d’État (notamment à travers l’avance sur recette) contribuent également au financement du cinéma français.VOIR PAGE C 2: CINÉMA Je TKTtfV^blc 2002 Incroyable mais vrai ! À Saint-Fortunat, petit village des Appa-laches, l’auberge ne désemplit pas depuis 12 étés: y passent fin de semaine après fin de semaine les chanteurs, chanteuses et groupes les plus étonnants de chez nous et parfois même d’ailleurs, amenés là par l’irrépressible François Gourd.Petite histoire d’un festival incroyable qui ne veut surtout pas être gros.SYLVAIN CORMIER est d'abord le pinceau que j’ai vu.Dégoulinant de pigments.Jaunes, les pigments.D’un jaune Tweety.«Ah! Le beau veston noir!», venait de s'exclamer François Gourd en m’ouvrant sa porte, souriant, pinceau brandi.Sympathique et terrifiant à la fois.J’ai vraiment cru un instant qu’il le ferait, l’énergu-mène, surtout quand j’ai vu tous ces vestons magnifiquement bariolés qui pendaient partout dans son appart du Plateau.«Je peins des malade-manteaux», a-t-il répondu à mon regard ahuri.Dans l’appart, il y a aussi des tas de laminés.Des collages incroyables.Entre autres thèmes, à partir de coquillages, Gourd compose d’incroyables visages.Ils n’ont pas de noms.Pour l’instant «Il suffirait de leur donner des noms connus pour qu’on trouve des ressemblances, songe Gourd.Celui-là pourrait être John Manley, non?» Tous ces collages seront présentés par «François Vaillant Gourd V.I.P (véritable idiot professionnel)» lors d’une incroyable exposition intitulée IjC Voyage initiatique du fils, du 26 juin au 12 juillet à la Casa Obscura (4381, Papineau, angle Marianne).Pub gratuite en échange d’un veston vierge.Aussi incroyable que soit tout ce qui m’est ainsi donné à voir, c’est pour autre chose que je rencontre en ce mardi matin l’ex-rhinocéros, ex-en-tartiste et toujours extraordinaire Gourd.Quoique.Incroyable pour incroyable, le Festival international de musique incroyable (F1MI) qu’il fomente, alimente et présente avec un gros tas de chouettes copains toutes les fins de semaine de l’été à l'Auberge de Saint-Fortunat, P.Q., depuis maintenant douze ans est en quelque sorte le pendant campagnard des incroyables activités de François Gourd et de son gros tas de chouettes copains dans la grande ville.Du Plateau à Saint-Fortunat, c’est le même esprit sain dans un habit de clown, la même volonté de changer le monde pour le mieux en semant le grain de la folie, le même incroyable culot sous-tendu par la même incroyable gentillesse au fond des yeux (brillants, pétillants, gamins, les yeux).Cet incroyable zig peut peindre des vestons, mais aussi un village.De toutes les couleurs.Extraterrestres à l’hôtel Imaginez ledit hurluberlu il y a presque trente ans, hippie pie hourrah, débarquant avec une trentaine d’autres hurluberlus chevelus à l’hôtel de Saint-Fortunat, petit hameau de quelque 50 maisons et 200 âmes situé au cœur des Appalaches (quelque part entre Victoriaville et Thetford Mines, à 2h30 de Montréal et un peu moins de Québec).«On avait l'air d'extraterrestres, se souvient Gourd.VOIR PAGE C 2: FI MI Rediffusion dimanche 15 h LE GALA DE LA REI (Party At The P, en grande.Ricky Martin, Paul d'étoiles déferle a» Palais de I.E I) E V 0 I l>.L E S M E 1> I ET I) I M A V (HE !* JUIN 2 0 0 2 ( '.2 CINÉMA "Culture* Festival international de musique incroyable AKCHIVES LE DEVOIR Même s’il risque de faire la ronde des festivals cet été, le FIMI demeure toujours un rendez-vous assez particulier pour le très original auteur-compositeur Fred Fortin.De Saint-Félicien à Saint-Fortunat, P.Q.Fred Fortin rapplique au FIMI pour la quatrième fois SUITE DE LA PAGE t 1 C’est dans ce contexte que l’Hexagone s’est affolé au début de 2002 quand Jean-Marie Messier, le patron de Vivendi Universal (installé aux États-Unis), qui contrôle aussi Canal +, a déclaré ex cathedra la mort de l’exception culturelle française.En France, ce témoignage avait suscité une vraie levée de boucliers.L’éviction par la suite de Pierre Lescure de la présidence de Canal + ne redora en rien le blason de Jean-Marie Messier.Endetté jusqu’au cou avec une entreprise qui prend l’eau de toutes parts, placé sous surveillance, le patron de Vivendi Universal n’en mène pas large pour l’instant Mais l’exception culturelle est-elle toujours en danger?Rencontré à Paris, Pascal Rogard, délégué général de l’ARP (Association des réalisateurs et producteurs de films, en France), se dit confiant dans l’avenir, tout en reconnaissant que le paysage est embrouillé: «Canal +, étranglé parla concurrence des autres chaînes et par le piratage, notamment en Italie et en Espagne, gagne moins d'argent qu'avant et connaît des problèmes en ce moment.Cela dit, à la suite de l'éviction de Pierre lescure de la présidence de Canal +, le Conseil supérieur de l'audiovisuel a demandé à Jean-Marie Messier de cmfirmer ses engagements dans la production cinéma.Ceux-ci vont être inscrits dans la convention, et la clause de la diversité culturelle sera intégrée dans la réglementation, ce qui lui confère davantage de force qu’auparavant.» Solutions européennes Pascal Rogard estime que Messier, dans la tourmente des déboires de sa compagnie, sera sans doute obligé de se départir d’actions de Canal +, voire de vendre la chaîne en tout ou en partie, ce qui à son avis ne serait pas une mauvaise chose puisque Canal + sortirait ainsi du giron de Messier, guère reconnu pour défendre haut et fort les intérêts de la France.Par ailleurs, Pascal Rogard explique qu’une, réflexion nouvelle vise à impliquer davantage l’État français dans la production cinéma, par des financements régionaux notamment.En outre, un appel a été lancé aux responsables de l’Union européenne pour que celle-ci impose des normes légales et économiques minimales afin d’aider les cinémas nationaux à se développer.Pascal Rogard précise de son côté que, patronnée par le Conseil de l’Europe, une cagnotte dans laquelle investissent les pays a été créée pour financer une partie de la production cinéma.Autre piste de solution européenne: à travers Télévision sans frontières, il est question d’aligner d’autres pays sur les politiques françaises de financement par l’entremise des chaînes télé.Cela dit, les discussions sur ce programme ont été reportées de deux ans et flottent dans les limbes.Le délégué de l’ARP ne croit guère à une future structure paneuropéenne de financement du cinéma.«On ne sent pas de volonté politique dans les pays autres que la France, dit-il.L’an dernier, la part de marché de la Grande-Bretagne pour son cinéma national était de5%à peine.En Italie, depuis que Berlusconi a pris le pouvoir, le désir de définir une politique de cinéma s’est effrité.L’Allemagne manifeste me volonté de créer des mécanismes de soutien mais ailleurs, c'est le calme plat, parfois faute d’argent.Comment dans ce contexte instaurer un système de financement qui convienne à tous?» Alors quoi?Alors, en attendant d’hypothétiques mesures européennes, la France continue de porter à bout de bras son cinéma et celui des autres, tant qu’elle aura les reins assez solides pour le faire.Comme dirait la mère de Napoléon: «Pourvou que ça doure.» DAVID CANTIN Avant même d’avoir fait paraître son premier album, Fred Fortin était déjà passé par le Festival international de musique incroyable (FIMI).A l’époque, c’était l’ami Dédé qui avait suggéré au fondateur François Grimai Gourd qu’on invite cet homme-orchestre alors inconnu du grand public.Depuis, Fred a rappliqué trois fois à l’auberge Saint-Fortunat.Pour cette 1P édition, il sera encore de retour avec son show solo les 11 et 12 août.Un «méchant trip» en perspective.Même s’il risque de faire la ronde des festivals cet été, le FIMI demeure toujours un rendez-vous assez particulier pour le très original auteur-compositeur de Saint-Félicien.«C’est une ambiance assez unique à Saint-Fortunat.Un petit village où tu peux croiser autant de quat’roues que de freaks du Plateau.L’endroit a quelque chose de simple et chaleureux.Toutes les raisons sont bonnes pour passer là-bas, surtout lorsque tu connais la philosophie derrière un événement semblable.Ça déroute toujours de croiser des chiens qui se promènent librement dans les bars.C’est finalement une grosse rencontre de trippeux de musique», comme l’affirme Fortin.Est-ce qu’une atmosphère aussi souple donne l’occasion de tenter de nouvelles expériences musicales?«On est moins stressé, mais on sait aussi que les gens s’attendent à quelque chose qui va avec la place.Pour l'instant je n’ai rien décidé encore, sauf que ce sera moi, seul sur scène, avec mes instruments et mes chansons.J’aurai sans doute du nouveau matériel à présenter.L’endroit me plaît, on verra rendu là.» Du coup, on s’informe sur les chances de bientôt entendre un troisième album de Fred Fortin.La question peu sembler délicate, surtout depuis la rupture à l’amiable avec La Tribu.«Je ne veux pas trop entrer dans cette histoire, sauf que ce n’est pas toujours facile de vivre de sa musique au Québec.En ce moment, j’essaie de trouver une façon de faire les choses par moi-même.Comme je ne suis pas à Montréal avec les chums, il faut que je travaille dans mon coin.Par contre, ça me laisse libre de choisir ce qui se passera par la suite.Peut-être un troisième en solo ou même un deuxième album de Gros Mené?La formule du spectacle en solo me donne des idées aussi.J’aimerais transposer ça sur disque éventuellement.Je préfère prendre mon temps et être heureux du résultat en bout de ligne.L’important, au fond, c’est de créer à son rythme.» En marge de l’industrie du disque, ce n’est donc pas demain que Fred a l’intention de se vendre au plus offrant.Au FIMI, on l’imagine à l’aise et soucieux de partager son talent plutôt unique.«Com-ment veux-tu refuser une invitation comme celle-là?J’ai trop de plaisir à jouer dans un pareil contexte.Lors du soundcheck, tu te fais toujours regarder croche par les alcoolos au bar.J'en reviens pas!».Pas de doute Fred, on ira t’entendre à Saint-Fortunat.SAISON 2002-2003 ! «* w '•* Trmffnnr » » s> • s* r/ 11 N Classiques et inclassables Rabais offerts aux abonnés jusqu'au 30 août 2092 Sur les spectacles présentés à la Salle Fraé-Barm -THEATRE.DENISE-PELLETIER UN GRAND THÉÂTRE POUR DE GRANDS TEXTES En attendant Godot de Bcckctt Mise en scène : LORENT WANSON Le Misanthrope de Molière Mise en scène : FRANÇOISE FAUCHER Le Men teur de Corneille Mise en scène : MARTIN FAUCHER Le Revizor de Gogol Traduction : ANDRÉ MARKOWICZ Mise en scène REYNALD ROBINSON HORS-SERIE EN DÉCEMBRE Scrooge Inspiré de A Christmas Carol de Cha rles Dickens Texte et mise en scène : iEAN-GUY LEGAULT Une production du ïhèàtrt des Ventrebleus Tarif pré-vente pour les abonnés! En collaboration avec CLARICA Ç^Hydro Québec lsl,l253-8974 ABONNEMENT EN LIGNE www.d en ise - pel 1 e tier, q c.ca SUITE DE LA PAGE C 1 Il y a eu comme un grand silence.» Acquéreur avec Robert Pagé, du Café Campus, et sa blonde d’un sacré lopin dans le village voisin de Sainte-Hélène-de-Ches-ter («250 acres, deux maisons, une grange pour 17 000 $»), François Gourd avait trouvé son paradis.«À l’été 75, on a fait un party.Il est venu 500 personnes dans le rang.Avec l’acide, le pot et la musique.Ç’a fait un peu peur.» De là au Festival international de musique incroyable, il a fallu le temps de l'apprivoisement.«On est toujours des étrangers, mais il y a eu des mélanges.» Lassé du «gars avec ses machines qui chantait des covers de Richard Séguin», Gourd suggère un jour au patron de l'hôtel de laisser jouer quelques amis à lui.«On a commencé par Claude Lamothe, Claude Vendette, Francis Grand-mont, des duos de musiciens.Et ç’a marché.L’année d’après, on avait une programmation pour l’été.Un spectacle le samedi à 20h, un autre le dimanche à 19h.Rien de compliqué.Il y a huit projecteurs de ja rdin dans les airs pour l’éclairage: deux bleus, deux rouges, deux jaunes, deux verts.C’est tout.» Ravivé, l'hôtel est devenu auberge.L’asphalte relie maintenant Saint-Fortunat à la grand-route.Sinon, c'est «inchangé», se réjouit l'envahisseur.En douze ans, tous les artistes pas banals de chez nous ont été programmés à Saint-Fortunat par l’homme au gros os dans le nez (c’est ainsi qu'on le voit au recto du programme, signant «François Cheb Touré Amadou Gourd, président à vie de Habitibi, pays d’Afrique équatoriale»): Karen FIMI Young, Lhasa de Sela, Les Colocs, Les Frères à ch Val, Loco Locass, Fred Fortin, WD-40, etc.Cette année encore, les dix-huit fins de semaine seront remplies de beau monde: après le tabac de Mo-nonc'Serge le week-end dernier se succéderont Jeszcze Raz, L’Or-kestre des Pas Perdus, TRIOFF, la Fanfare Pourpour, Mara Tremblay, Steve Normandin avec Stéphane Aubin, Rebecca Dô, Doba-caracolle, Zuruba, Mamz'elle, Orange guinguette, Olivier, Fred Fortin, les Globe-glotteurs, Henri Band, Biaise et Interférence Sardine.«Il y en a là-dedans que ne n’ai pas encore vus ni entendus, les Globe-glotteurs par exemple», dit en souriant le programmateur-kamikaze.«J’aime la surprise.» Cultiver la curiosité Le public, tient-il à préciser, ne compte pas que des citadins en goguette.«Il y a des vieux, des jeunes, des punks, des hippies, des sportifs, des cultivateurs, des intel-los en vacances, des pêcheurs, des pécheresses.» Pour apprécier tous ces artistes incroyables, il suffit d’y être exposé: tout montrer, telle est la mission de Gourd.«C’est le principe même de l’éducation culturelle.L’ignorance crée le ghetto mental.Voir, entendre, apprendre, tout ça cultive la curiosité.La première fois que sont venus les frères Diouf c’était un événement.Des Noirs, il n’y en a pas à la tonne à Saint-Fortunat.Je me souviens d'un gars qui avait lâché une farce un peu raciste.À la fin du spectacle, il est allé féliciter les Diouf il n 'en revenait pas à quel point c'était bon.» De tout Saint-Fortunat, seul le maire Jean-Marc Côté demeure à distance.«Il n'est jamais venu à l’auberge.Mais il habite de l’autre bord de la rue.On se dit qu’il entend la musique et qu’un jour.» Peut-être a-t-il sur le coeur la chanson que dédia Mononc'Ser-ge à son élection sur l’album 13 tounes trash, paru en 2000: «Quand on a dépouillé les résultats / À Saint-Fortunat / Jean-Marc Côté pis Clément Côté / Avaient l’même nombre de voix/ A fallu checker c’que la loi de Saint-Fortunat / Prévoyait dans ce cas-là / C’tait clair: le maire s'rait celui des deux/ Avec la plus grosse queue.» Ça marque.C’est quand même le seul bémol dans l’allégresse.Avec les années et les arrivages, c’est tout le coin qui vire incroyable: tout près, à Saint-Adrien-de-Ham, le Musée incroyable de Normand Toupin expose une centaine de sculptures «fabriquées uniquement à partir de matériaux récupérés».Incroyables jardins «théâtraux» à Saint-Ferdinand, incroyables musiciens installés à demeure (René Lussier à Saint-Jacques-le-Majeur, entre autres), authentique champion mondial de châteaux de sable habitant la maison à côté de celle de Gourd, il y a bel et bien «effervescence créatrice», admet Gourd, mais pas au point de s’emparer du lieu.Le festival n’est surtout pas tentaculaire.«On n 'a pas de subvention parce qu 'on n 'en a jamais demandé, pas vraiment d'organisation non plus, les shows sont gratuits, on passe le chapeau, les artistes sont logés, nourris, abreuvés et parfois enfumés: le FIMI, c’est ça.Une petite affaire qui ne grossira pas.» Imaginez: un festival avec un chef pas ambitieux.Incroyable mais vrai.C a h i e r s p e c i a L.Lectures d’été samedi * 4 LE DEVOIR I E I) E V 0 I R .S S A M EDI 8 E T D I M A X ( Il E !< J T I X 2 0 0 (' :» Cull ure- DANS E v V ' I?IBr ^ CYLLA VON TIEDEMANN Un des trois solos qui sont interprétés par le chorégraphe José Navas lors du spectacle qu’il donne à l’Agora de la danse.Un événement, car José Navas n’a pas caché qu’il n’interpréterait plus ces solos, occupé désormais à explorer plus avant la création chorégraphique, particulièrement les pièces de groupe.T H K A T K E Les risques de Pexpérimentation faille, pour les apprécier, se ro connaître des affinités avec le où le POST DATA, STERILE FIELDS, ÉTUDE, CÔTÉ CŒUR, CÔTÉ JARDIN, CÉLESTIALES Chorégraphie: José Navas.Interprètes: José Navas, Jamie Wright, Annik Hamel.LODELA Un film de Philippe Baylaucq, en collaboration avec TONE Chorégraphe: José Navas.Interprètes: Chi Long, José Navas.Au Studio de l’Agora de la danse, jusqu’au 8 juin.Supplémentaires les 13 et 14 juin.ISABELLE POULIN Peut-être ne danse-t-il pas vraiment, peut-être traverse-t-il seulement le monde des vivants.Non, vraiment, il danse, mais comme le commun des mortels parvient rarement à le faire.Ou il est tout simplement le prince de tous les danseurs, celui qui donne généreusement l’impression que tout mouvement coule de source, que nous ne sommes pas emprisonnés dans nos corps ou encore collés au sol sans aucun espoir de s’élever un jour.Le spectacle qu’il donne à l’Agora ces joursci remet en lumière ce don particulier qu’il a de transformer la scène en une aire de célébration du corps, du mouvement de la danse.Copieux, le menu: trois solos interprétés par le chorégraphe lui-même, un autre qu’il avait créé pour Annik Hamel pour la formule Interprètes de Danse-Cité, un duo avec Jamie Wright extrait de la nouvelle création en chantier et un film de Philippe Baylaucq qui le met en scène avec Chi Long.Un événement aussi, car José Navas n’a pas caché qu’il n’interpréterait plus ces solos, occupé désormais à explorer plus avant la création chorégraphique, particulièrement les pièces de groupe.On a pu alors goûter son extraordinaire présence avec un curieux mélange d’émotions, le plaisir mêlé à l’urgence de fixer à jamais dans la mémoire les images de cet homme en pleine possession de son art Les deux premiers solos sont de vrais bijoux.Post Data et Sterile Fields, à leur création en 1994 et en 1996, révélaient non seulement ses qualités d’interprète mais aussi son habileté à conjuguer tous les éléments scéniques.Dans Post Data, quatre longues cordes sont tirées en oblique du sol vers le plafond.Il est là, lèvres rouges et La scène prince est court justaucorps noir à large échancrure dans le dos, un de ses costumes délicieusement ambigus.La lumière tombe sur lui, il s’en imprègne avant d’entamer une marche lente.Avec son regard perçant, l’absolu contrôle de ses mouvements, leur fluidité, la volupté qui s’en échappe, sa découpe fine de l’espace, José Navas crée l’envoûtement.Lorsque la musique de Imirent Maslé devient percussive, son corps épouse parfaitement les rythmes.Dans Sterile Fields, plus cérémonielle — la pièce est un hommage à l’artiste et au compagnon William Douglas, mort du sida —, José Navas avance cette fois dans un costume blanc translucide.Il montre là sa grande polyvalence, tout aussi puissant et précis dans l’extrême lenteur que dans la rapidité.Dans cette émouvante pièce où l’esprit semble s’arracher progressivement du corps, il installe chaque mouvement, chaque torsion du tronc, chaque extension des doigts, des bras, des jambes avec patience, sans précipitation aucune.Dans Célestiales, créée il y a dix ans, il y va d’une triste parodie de la ballerine sur un air d’opéra de Strauss.Sorte d’hybride mas- Navas culin-féminin, moitié cygne, moitié homme, José Navas montrait déjà, avec ces mouvements vertigineux de la tête simultanément aux mouvements de jambes bien ancrés au sol, sa force technique tout autant que dramatique.Son Etude est d’un tout autre registre.Dans cet aperçu de sa création en cours, ce sont les dynamiques du duo qui sont explorées.les différences sexuelles sont gommées — les deux interprètes, Jamie Wright et Navas, sont en survêtement —, mais le chorégraphe parvient tout de même à dérouter avec quelques étreintes.Annik Hamel, dans Côté cœur, côté jardin, incarne avec brio un personnage un peu hystérique qui débite ses visions à toute vitesse avant de se lancer dans une danse tout aussi nerveuse.Et c’est un film magnifique qui clôt la soirée.Lodela, réalisé par Philippe Baylaucq, bouscule tous les repères spatiaux, séduit par ses trouvailles visuelles et bouleverse, surtout.Une fin de saison mémorable pour l’Agora.Montréal a encore dans ses murs un interprète d’exception.Il faut donc, toutes affaires cessantes, aller voir danser José Navas.LA PARADE DU TEMPS QUI PASSE Texte d'Alexis Martin et Jean-Pierre Ronfard.Avec .Alexis Martin.Anne N larie Provancher, Colette Drouin, Daniel Brière, Isabelle Gingras, Jean-Pierre Ronfard.Julie Le Breton, Luc ‘ TaiDon, Miro, Monique Mercure, I Sylvie Daigle, Valérie le Maire et Patrick Drolet.Une production du Nouveau Theatre expérimental presentee au local des Fusiliers Mont-Royal du 5 au 22 juin 2002 à 20h30.SOLANGE LÉVESQUE La méthode du NTE, au sujet de laquelle Jean-Pierre Ronfard s’explique dans le programme de la pièce, peut mener à tout: des trouvailles lumineuses, des spectacles aigus, brillants, subversifs, novateurs, ainsi que des échouages plus ou moins spectaculaires et même, parfois, des naufrages.C'est le cas de cette Parade, qui ne demeure, et c’est malheureux, qu'une parade tentant vainement de montrer ou d’évoquer le temps qui passe sans jamais entrer véritablement dans son sujet, sans que le spectateur ne ressente les effets de ce temps qui nivelle et emporte tout (et sans qu'il oublie.hélas, le temps que dure le spectacle.).Cette Parade s'encalmine dans un étrange paradoxe: en effet, ce qu'il y a de plus intéressant, dans l'ensemble des tableaux et des scènes qui le composent, c’est l’intention.Intention dont Alexis Martin fait (lui aussi) état dans le programme: atteindre à la démocratie totale, briser les automatismes de la fabrication d’un spectacle en donnant à tous et à chacun des participants le même pouvoir, c’est-à-dire leur permettre de se manifester là où ils veulent: à la mise en scène, à l'interprétation, aux éclairages, aux effets spéciaux, etc., à partir de la partition préétablie par Ronfard et Martin, partition dont on gardent passer, d’autres sont do dans, et les autres ignorent même qu'elle passe, sur le plan tant symbolique que concret.La convocation de personnalités comme Heraclite.Sganarelle, So non d'Elée.Martin Heidegger et Hannah Arendt, qui aurait pu agir comme un puissmit ferment, n'ajoute rien à l'affaire: elle demeure en effet très superficielle, ne contribuant ni à approfondir ni à éclairer le propos.Au théâtre, il ne suffit pas que les interprètes aient du plaisir: il est absolument nécessaire que le public en ait aussi, c’est-à-dire qu’il vive une expérience intime de rencontre avec soi à travers la rencontre de l'oeuvre.Cette aventure à treize, qui défie toutes les normes, donne des moments brouillons, échevelés, peut-être volontairement décousus mais la plupart du temps ennuyeux.parfois cocasses, parfois indigents ou drôles, tout cela mêlé.Les meilleurs portent sur le thème du couple (encore qu'il clin d'œil au second degré); la scène de la «danse du papillon»', notamment, où Jean-Pierre Ronfard tente de combler les vœux d'une ancienne amante (jouee par Monique Mercure) qui lui demande de recréer la magie d'antan (d’un temps de leur histoire intime) en dansant; aussi, celle où deux vieux amants se retrouvent lors d’une promenade, elle tentant de réveiller chez lui la mémoire de leurs fréquentations, lui essayant de masquer le flou qui baigne le souvenir de ses amours.Les convictions et les choix qui fondent la force et l’originalité de la demarche de Jean-Pierre Ronfard et d'Alexis Martin peuvent parfois se retourner contre l’efficacité de la representation; les deux créateurs le savent, ils en ont toujours assumé consciemment et sainement les risques.Aux spectateurs de prendre position à leur tour.JACQUES ORENIER LE DEVOIR Le chorégraphe et danseur José Navas.un écran lumineux suspendu à un bout du long corridor qui fait office de scène.Mais en même temps que l’équipe se trouve affranchie de la hiérarchie habituelle réglant le «qui fait quoi» dans la conception d'un spectacle, elle se trouve livrée à l’hétérogénéité des idées qui se confrontent, se combattent, se voisinent sans se rencontrer de façon vraiment féconde.On trouve de tout dans la galerie de personnages proposée par la Parade Martin-Ronfard: certains la ré- sonne i; NTE Cette Parade de Ronfard et Martin s’encalmine dans un étrange paradoxe: en effet, ce qu’il y a de plus intéressant, dans l'ensemble des tableaux et des scènes qui le composent, c’est l’intention.PARADE DU TEMPS QUI PASSE D ALEXIS MARTIN et JEAN PIERRE RONFARD LA TROUPE, Alexis Martin Anne-Marie Provencher Colette Drouin Daniel Brière Isabelle Gingras Jean-Pierre Ronfard Julie Le Breton Luc Taillon Monique Mercure Sylvie Daigle Valérie Le Maire UNE CRÉATION DU Nouveau Théâtre Expérimental DU 5AU 22 JUIN 2002 DU MARDI AU SAMEDI A 20H30 au MANÈGE DES FUSILIERS MONT-ROYAL 3721 HENRI-JULIEN (ANGLE AVENUE DES PINS) RÉSERVATIONS 514.521.4191 ENTREE 18$ www.nte.qc.ca (rcrMf^ {4M%> *1 LE DEVOIH José Navas est en pleine possession de son art I.K I) K V 0 I H , L R S S A M K D I H ET I) I M A V t II E U .1 l I V 2 0 0 2 Culture CULTURE NUMÉRIQUE Le retour du romantisme HERVÉ FISCHER Notre époque frémit.Affleurant sous la surface opaque d’un prosaïsme trivial, elle laisse paraître de plus en plus de frissons indéniables d’imagination débridée, de sensibilité exacerbée, de rêve et de sentimentalité et des accents lyriques annonciateurs de changements d’atmosphère comparables à ces orages tant désirés qui faisaient vibrer Chateaubriand jadis.A contre-courant, de façon souterraine, le romantisme est de retour.Inattendues, ce sont pourtant des vibrations très perceptibles dans l’ébullition du quotidien et le chaos des idées que dissimulent les slogans en vigueur.Certes, les discours officiels s’adonnent plus au réalisme économique et politique qu’au néoromantisme, aux nombres objectifs qui sanctionnent toute chose qu’aux souffrances de l’âme, à une recherche effrénée d’effica- I SOURCE COLUMBIA PICTURES On nous parle de plus en plus d’intelligence et de vie artificielles, de clonage et de posthumanisme.cité et de compétitivité qu’aux sentiments flous.Les logiques lourdes du social, du politique et même les industries culturelles sont soumises à des statistiques et à des diagrammes réducteurs, l^a révolution des technologies numériques envahit tous nos champs d’activité et nous confine dans un environnement de plus en plus artificiel, évacuant ce culte de la nature que les romantiques européens avaient réinventé.La technoscience, battant pavillon de l’innovation, a manifestement pris les commandes.On pourrait même se demander si l’homme a encore droit de cité dans notre aventure collective, quand on nous parle de plus en plus d'intelligence et de vie artificielles, de clonage et de posthumanisme; oui, en apparence, l’époque actuelle est la plus antiromantique qui se puisse concevoir.L’ailleurs virtuel Mais c’est précisément cette idéologie matérialiste qui réactive par instinct de survie l’irrationnel romantique.Le triomphe d’un mode de pensée quantitatif suscite en contrepoint un réveil des sensibilités individuelles.Nous ne sommes pas des cyborgs potentiels, ni des numéros interchangeables ou réductibles à des codes-barres génétiques, mais nous croyons être encore et à jamais des êtres vulnérables, tissés de chair et d’esprit.Et le numérique lui-même, malgré sa froideur informatique, excite étrangement notre imaginaire et notre sensibilité! C’est l’un des paradoxes de la technologie qu’elle puisse, comme un psychotrope, nous entraîner dans un ailleurs virtuel où s’épanouissent de nouveau les fleurs bleues des poètes et des penseurs lyriques.L’utopie technologique est devenue une machine à rêver.Le simulacre numérique que nous élaborons actuellement devient une sorte d’univers parallèle qui échappe aux lois de la gravitation, où nous découvrons les frémissements d’une pensée et d’une sensibilité nouvelles.Nous sommes fascinés par ces psychotechnologies.On peut s’y enivrer de la puissance onirique des communications à distance, des icônes qui ouvrent sans efforts des mondes inconnus, des réseaux et des liens alchimiques, des navigations irréelles qui s’offrent aux arabesques de l’esprit.I^e sentiment même de la nature nous revient dans une cosmogonie poétique des nombres et des liens planétaires, et dans la mutation technologique qui en exalte la fragilité.Devant un futurisme évanescent, il semble que nos contemporains cherchent souvent à se ressourcer dans une inspiration sensorielle et une sensiblerie plus archaïque encore que celle où les romantiques puisèrent leur inspiration.Exposés à la perte de sens qui caractérise le monde contemporain, il faut bien admettre que nous retrouverons encore moins son intelligibilité dans la pensée unique de l’économisme d’aujourd’hui que dans celle du communisme d'hier.Cette entropie favorise donc l’audace de la pensée, l^t culture de l’innovation et du changement perpétuel dont nos civilisations du Nord ont fait leur croyance fondamentale crée aussi un climat social d'angoisse chronique propice à ce qu’il faudrait bien appeler la mélancolie, le «mal du siècle» ou le spleen du XXI' siècle.Et la bataille même des technophobes contre les romantiques numériques évoque le combat des classiques et des modernes de 1830.1m religion de l’humanité fan- le Studio de l’Agora DE LA DANSE PRÉSENTE JOSE NAVAS CHORÉGRAPHE INTERPRÈTE 4 > 8 JUIN 02 SUPPLÉMENTAIRES Hat f mmj L’AGORA DE LA DANSE 514.525.1500 F,*k ” lllMlll 840.ruecherbier vfTRoSHFRBoooKf ADMISSION : 514.790.1245 II invon: Pour gagner des billets www.flak.org solo tasmée par un Auguste Comte n’est rien en comparaison des rêves sociaux libérateurs de nos nouveaux romantiques du numérique.Poètes avant-gardistes du cyberespace, ils nous annoncent un monde accompli où le numérique résorbera les inégalités économiques, effacera les conflits de territoires et de cultures, assurera l’éducation de tous les citoyens et le développement de tous les continents.Enfin, nous accéderons à une société planétaire intelligente et heureuse.Le magazine américain Wired, bible de ce cyber-imaginaire, a fait palpiter l’âme de toute une génération libertaire et lyrique d’internautes.Malaise identitaire En témoigne le malaise d'identité des cyberpunks, qui évoluent douloureusement dans un no man’s land réel-virtuel, entre leur corps incertain et des réseaux numériques où ils tentent de s’orienter et de s’incarner, qui n’est pas sans évoquer le sort fatal des poètes maudits.Dans la souffrance de leur être déchiré entre deux univers chaotiques, dans l’instabilité, mi-biologiques, mi-numériques, ils traînent leur âme en peine, leur faiblesse, leur misère, sans grand espoir autre que d’en exprimer le mal d’être, et leur succès littéraire fait écho au malaise même de notre changement d’âge de l’humanité.Mi-chair, mi-logiciels (William Gibson, Neuromancer, 1984), aussi fragiles, évanescents, volatils que monstrueux, ils n’ont plus leur place nulle part, ni nom, ni lieu, ni but dans le monde, si ce n’est d’échapper aux ténébreuses forces du mal qui les traquent partout.Ils sont maudits, bien qu’ils aient paradoxalement accédé à un état ontologique supérieur à celui des hommes ordinaires.Ils sont perdus bien qu’ils soient à l’avant-garde de l’humanité.Ils sont des exilés, bien qu’ils soient la conscience possible de notre avenir.Ils sont les poètes errants du futur.L’âme dissociée, dévorés d’anxiété, ils nous entraînent au bord du gouffre de l’aliénation, dans les vertiges de la schizophrénie sociale et la destruction finale.I,es hackers sont les marginaux les plus audacieux de cette révolution numérique libertaire qu’ils voient captée et trahie par les affairistes.Révoltés romantiques, ils ne se résignent pas et menacent les réseaux du pouvoir, au nom de la liberté du cybermonde.Ils risquent la prison pour oser pénétrer dans les places fortes virtuelles des riches et des puissants.D’autres jeunes Gavroche lancent des virus et des idées dans les réseaux, comme des pavés arrachés aux rues bourgeoises de jadis.Des artistes et designers italiens et français lancent à Paris le «fragi-lisme» pour souligner que l’humanité est vulnérable face au déchaînement de violences du monde actuel.D'autres se qualifient eux-mêmes de «technoromantiques».André Malraux nous avait prédit un XXIe siècle spiritualiste.Nous croyons plutôt qu’il sera romantique.Mais c’est bien dans son opposition au cynisme réducteur de l’économisme et du matérialisme que le romantisme puise sa force de retour.Et paradoxalement, c’est aussi dans l'excès utopique et euphorique de la technoscience et dans le cyberprimitivisme que se love cet élan romantique.Aux prophètes morts-nés du posthumanisme, notre société oppose aujourd'hui l’élan vital du néoromantisme, qui fondera probablement ce nouvel humanisme de l’âge du numérique que nous cherchons.Hervé Fischer est titulaire de la chaire Daniel Langlois de technologies numériques à l'université Concordia de Montréal.Auteur de Myth analyse du futur, 2000, publié sur Internet à l’adresse www.hervefischer.ca, du Choc du numérique, 2001, VLB éditions.Montréal.Il vient de publier Le Romantisme numérique, Fides, Musée de la civilisation.CINÉ M A JACQUES GRENIER LE DEVOIR Caspar Noé, l’étonnant réalisateur d’Irréversible.Ce qui est montrable et ce qui ne l’est pas MARTIN BILODEAU Un film, c’est comme un secret Révéler ce secret c’est un peu comme le violer.Irrésistible, deuxième long métrage du Français Caspar Noé, est donc un film violé.Violé parce qu’on en a fait un événement avant que tout le monde ne l’ait vu.Qu'on en a parlé, trop et trop mal, qu'on a décrit ses scènes hard et ses décors lugubres, devant lesquels les cinéphiles sont, désormais, trop bien prévenus.A Cannes, Irréversible est devenu le film par lequel le scandale est arrivé, en même temps qu’il fût l’objet mort-né d’un procès trop bète pour lui.De fait de l’avis de Caspar Noé, de passage à Montréal cette semaine pour la promotion de son film à l’affiche depuis hier dans nos salles, s’il n’y avait pas eu tout le bla-bla et tous ces articles, personne n’irait voir Irréversible.Paradoxe pour un film qui, pour être ressenti comme il se doit c’est-à-dire comme un coup de poing dans le bas-ventre, réclame qu’on se présente devant lui vierge, innocent, et non pas matelassé de la tête aux pieds.«Quand les choses se seront tassées, les gens pourront le voir avec une pureté dans le regard», anticipe le cinéaste.Pas moyen pour les autres, qui ont cédé à son appel irrésistible, d’oublier Irréversible.Les premières séquences mettent en scène Vincent Cassel et Albert Dupontel pénétrant dans un bar gay sadomasochiste, à la recherche d’un homme qui, quelques heures plus tôt, a violé Alex.«J’ai choisi ce prénom parce que je ne voulais pas que les spectateurs sachent si c’est un homme ou une femme.Or, il se trouve que tout le monde a parlé du viol de Monica Bellucci, qui incarne Alex, ce qui fait qu ’on perd cette nuance».raconte Noé de cette voix timide — autant dire étonnante — qui compose les mots à un rythme si rapide et saccadé que même le magnéto a du mal à les enregistrer tous.Spirale Depuis cette scène de Sodome et Gomorrhe, la dernière dans la chronologie des événements — et qui se reporte au souvenir traumatisant de Cruising, le film de William Friedkin que Noé a vu à 15 ans —, le récit remonte le fil du temps, nous faisant reculer d'heure en heure jusqu’à la passion originelle et presque chrétienne du couple Cassel-Bellucci, selon un système d'ellipses artisanal et néanmoins astucieux.«Je ne savais pas encore, quand on a commencé le tournage, comment j’allais raccorder les séquences à l’envers.Et j’ai eu l’idée de me couirir en faisant des mouvements de caméra en pirouettes.qui émergeaient du sol ou partaient dans le ciel, donnant une impression de continuité.» La courbe dramatique d’irréversible communique au contraire l'impression d’une spirale, avec une rupture bien marquée entre la première et la seconde moitié.«La première moitié du film est une espèce de jeu sur la pulsion de destruction de l’homme et la pulsion de mort.Aussi, toutes les formes de sexualité représentées sont plutôt d’ordre anal tandis que, dans la deuxième moitié, elles sont plus vaginales», résume le cinéaste de 38 ans, né à New York et élevé à Buenos Aires.A l’âge de 11 ans, sa famille émigre à Paris, d’où ses parents, d’origine italienne, sont plus tard repartis sans lui.Un premier court métrage (Carne), en 1991, le fait remarquer et un premier long métrage (Seul contre tous), sept ans plus tard, le fait inscrire dans la famille des provocateurs.Or, loin de lui l’envie de provoquer.Si son film comporte meurtre, viol et cul bien sec, c’est parce que ça existe, que ça se passe, et qui sommes-nous pour fermer les yeux?Filmée en plan-séquence par une caméra immobile, depuis le sol, la scène du viol laisse des marques indélébiles.Chez les femmes, bien sûr, mais surtout, fait remarquer Noé, chez les hommes.«C’est utile que les hommes qui ne se sont jamais retrouvés dans une position de victimes de l’agressivité masculine s’identifient à une femme agressée par un homme.Ça leur fait subir un électrochoc.» Celui qui a construit son film comme un cauchemar éveillé, afin de mettre le spectateur en état d’hypnose et lui faire vivre une expérience de nature chamanique, est catégorique sur un point: «Vous ne pouvez pas filmer une agression de manière non agressive.De laisser la caméra immobile et de filmer l’acte dans la durée, c’est une solution radicale, j’en conviens, mais je voulais qu’on se rapproche de ce qui se passe dans la tête d'une femme qui subit le viol.Ce sont des choses qui, dans la vie, son horribles.alors autant les rappeler.» Irréversible nous parvient dans la foulée des films de Catherine Breillat (À ma sœur) et d’autres films d’auteurs français qui repoussent les frontières du dicible et du montrable et s’érigent comme un rempart contre le cinéma américain, qui fait le chemin inverse.«Il y a une volonté collective, chez les cinéastes, de prendre le territoire de liberté qui nous a été cédé.Il y a une volonté de filmer le cul comme du cul, pas le feu dans la cheminée.Ça ne relève pas d’un désir de provocation mais d’un désir de naturel.Quand deux personnes font l’amour, il y a deux sexes qui se rencontrent.On n ’est pas obligés de les montrer, mais les contourner est contre-nature.Et puis, à partir du moment où tu le montres, tu désamorces le tabou, pour qu’il ne reste plus que l’acte naturel, aussi naturel que manger ou dormir.En relativisant l’importance de cet acte-là, tu peux enfin parler de quelque chose de plus profond.» £t a h i e i s p é c i a I Prix Arts-Affaires le devoir L E OK V OIK.L K S S A M K I) i 8 K 1' I) I M A \ l H K !l ,1 l I \ 2 0 0 Pour rhonan compte*, consultez I» ^ Cinema Lx 4enda Culture e x Ce n t r i s horaires S14 847 2206 www.ix-centris.com SOURCE TVA INTERNATIONA!.Mary Kate Welsh incarne une candide petite fille aimant retrouver Leila près de la rivière et nourrir les cygnes entre les mains de laquelle se trouve une des clés pour comprendre Suspicions River.Chambre (et corps) à louer Après Kissed, qu ’allait nous réserver la réalisatrice Lynne Stopkewich ?SUSPICIOUS RIVER Réalisation: Lynne Stopkewich.Scénario: Lynne Stopkewich, d’après le roman de I^aura Kasischke.Avec Molly Parker, Calluin Keith Rennie, Mary Kate Welsh, Joel Bissonnette.Image: Gregory Middleton.Montage: Allan J.Lee.Musique: Don MacDonald.Canada, 2000,97 minutes.ANDRÉ LAVOIE Pour les cinéastes dont le premier film a reçu honneurs et attention médiatique, l’épreuve du retour sur les écrans peut s’avérer fatale ou décevante, rarement à la hauteur des attentes parfois démesurées des cinéphiles et des critiques bien intentionnés.Après Kissed, exploration troublante de la nécrophilie où triomphait le charme discret de Molly Parker, qu’allait nous réserver la réalisatrice Lynne Stopkewich?Une sexualité déréglée semble le lot commun de ses personnages: alors que dans Kissed une jeune femme timide, fascinée par les rituels funéraires, s’envoyait en l’air avec des cadavres, Leila (incarnée par Parker), réceptionniste dans un motel minable à deux pas d’une petite ville tout aussi minable, préfère les clients de passage et, surtout, l’argent qu’elle en retire pour la concrétisation d’un rêve encore flou.Dans son entourage, coincée entre un mari indifférent et une collègue qui découvre les raisons de sa soudaine popularité auprès de la clientèle masculine, Leila trouve réconfort auprès d’une petite fille (Mary Kate Welsh) rôdant sans cesse dans les environs du motel et Gary (Callum Keith Rennie), un petit escroc qui va rapidement obtenir ses faveurs sans débourser un sou.Le comportement névrotique, autodestructeur, de Leila est entouré d’un épais brouillard, le même qui balaie le paysage où déambulent ces âmes faibles, qui ne vont nulle part et surtout pas en elles-mêmes.Cette femme désœuvrée, tour à tour passive (elle accepte avec résignation d’être à la merci des hommes quelle rencontre) et impulsive (Gary lui propose de fuir avec l’argent de la caisse, ce qu’elle fait sans trop se poser de questions).demeure un mystère dont le voile qui l’entoure se lève d’une singulière façon.Le scénario, construit davantage comme un puzzle que comme un suspense, laisse peu d’indices sur les ni- Une sexualité déréglée semble le lot commun des personnages de Lynne Stopkewich veaux de réalité que traversent les personnages.Suspicious River tente d’échapper, parfois avec succès, à une authenticité de façade qui pourrait nous faire croire que le film ne représente qu’une radiographie méticuleuse d’un milieu irrémédiablement contaminé par l’ennui.Mais pour réussir à dégo-ter toutes les clés — et l’une d’entre elles se cache entre les mains de la candide petite fille aimant retrouver Leila près de la rivière et nourrir les cygnes —, il faut accepter le parti pris de Lynne Stopkewich d’épouser jusque dans ses moindres contours la grisaille physique et morale qui traverse de part en part son deuxième long métrage.Il en résulte un film d’une âpreté plus rebutante que fascinante.Il est difficile de ne pas se laisser aller aux jeux des comparaisons entre Kissed, d’une étonnante maturité, et Suspicious River, moins esthétisant certes mais succombant davantage aux sirènes d’un discours moralisateur sur le désarroi des femmes battues et des enfants mal aimés.Le climat mystérieux que la cinéaste tente d’installer se voit délibérément désamorcé par toutes ces scènes explicatives de couples en chamaille et de jeunes filles camouflées derrière les portes à épier les tourments des adultes.Comme toujours.Molly Parker fait preuve d’un abandon qui l’honore, conservant ses allures de couventine tout en jouant à la garce, affichant, même dans le plaisir, le regard triste et apeuré de celle qui ne sait quoi attendre de la vie et de ces rencontres fu- gaces.Si cette actrice canadienne ne cesse de tourner, et de nous étonner, c’est en grande partie grâce au premier film de Lynne Stopkewich, devenu pour Parker le sésame de sa carrière cinématographique.Suspicious River confirme ce que nous savions déjà à propos d’elle mais fait quelque peu réviser à la baisse nos attentes vis-à-vis de la cinéaste.Molly Parker, en Leila, fait preuve d’un réel abandon.SOURCE TVA INTERNATIONAL K BA s Indépendants Associés & 7e A présentent CHRONIQUES DE un film de ® Au Cinéma Parallèle (Ex-Centris) 3536 boul.Saint-Laurent Montreal.(514) 847-2206 du 7 au 13 juin à 15h20 et 19h00 f/distribution PALESTINE stien L'INTIFADA A L’ÉCHELLE ^ i,i ^ IL I fr* t*" [ PRÉSENTEMENT À L'Af FICHE! r—FAMOUS PLAYERS—i 1 PARISIEN ?1 (till En direct de la poudrière CHRONIQUES DE PALESTINE Réalisation, scenario et images: Pierre Bastion.Musique: Irmis Desparois.Documentaire présenté à Ex-Centris du 7 au 13 juin.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR En septembre 2000, le documentaliste québécois Pierre Bastien a voulu témoigner du processus de paix des accords d’Oslo en captant au vif, en Palestine et en Israël, les otages du conflit.Bien vite, la quête de paix lui est apparue illusoire car, sous sa caméra, les tourments de l’intifada révélaient l'impossible reconciliation à pleines images.Alors il a filmé des jeunes militants palestiniens, montré leur désarroi dans les terres occupées par les colons israéliens, tout cour me à Tel-Aviv.Barrages de contrôle frontaliers, racisme, sentiments de révolte, jets de pierres contre tirs de fusil.In guerre est partout, quotidienne, larvée ou explosive.Avec sa camera mobile, tissant des amitiés au passage, Pierre Bas-tien donne la parole aux deux camps, avec une sympathie manifeste pour la cause palestinienne.Ces jeunes qui ont participe à la première intifada semblent en déroute aujourd'hui.Fonder une famille pour envoyer leurs enfants mourir au combat?Us hésitent à miser sur le frttur.Us n'ont rien, sauf une haine attisée qui ne semble pas vouloir s'eteindre.()uant aux Israéliens, ils veulent habiter leur propre pays.Certains croient à la cohabitation pacifique, seule solution à leurs yeux pour bâtir un avenir serein.Avec quelques maladresses, dont une voix hors champ atone qui commente parfois l'action et des images captées au vol, pas toujours fignolées, l*ierre Bastien parlent à rendre le climat d’insoutenables tensions qui règne là-bas.les scènes tournées dans les territoires occupés semblent particulièrement éloquentes.Parce que les témoignages recueillis montrent l’impossible cohabitation (It's Diles-tiniens refoulés, humiliés et des colons israéliens protégés par les soldats et bardés de privileges.Tout est en place dans ce documentaire pour saisir les causes des événements tragiques qui allaient faire du Proche-Orient la poudrière qu’elle est devenue aujourd'hui.SOURCK KX-CKNTRIS Pierre Bastien donne la parole aux deux camps, avec une sympathie manifeste pour la cause palestinienne." SUR PE RC OMIX.» «.un Film somptueux, inventif et surtout extrêmement drôle.» ?MISSION ACCOMPLIE .comédie fort drôle.on n’avait pas autant ri depuis Les Visiteurs.» «Une vraie comedie pop.?«.comedie très réussie.Un conseil: allez la voir!» «.spectaculaire, drôle, extrêmement distrayant.» Pt-ne Momié' PO y RADIO CAMPA «.une heure et 47 minutes de pur divertissement.> ?9Bl > moi* w m missmjn 4 CLEOPATRE uNr comfd» in ALAIN CHABAT www.missioncleopatre.com www.chrislHlfilms.com O varaIon orlfjlnala français* [pARAMOUNTvl | I rT-ABIRixNV | MStOgZ] 71 ,-ÇJNfPl F* OOf ON-1 1-FAMOUS PI AVFHS-1 r— MÉUA PI F» • OUZZO —1 r— Mf OA PI FX - OUZZO-1 r— FAMOUS PI AVFR A-1 IbOUCHERVILLE Vl 1 COLOSSUS lAVtl V 11 PONT-VI AU 18 vl [TASCHEREAU 18 V I [cARR.ANQRIONON V j »—MtQA Peux-OUZZO-1 r—CINfPIEX OOfUN-1 f—CCS OIMfMAf OUZZO-1 p—FAMOUS PI ATFUg - —I r—Mé(IA PI FX - OUZZO IMCQUEI CLRTtER 14 ?| (cAVENDWH IMeil) ?l 1 STE-THÉRÈSE B ?11POINTE-CLAIRE ?| ( TERREBONNE 14 ?! S^MOINéPir-X OOtOM—1 I-CIMfPt-tX OOÉON———l » - CIUFPIFT OOfON —| F—¦ f.INF MA.r———-CAPITOI | r BRUNO ?1 [CARREFOUR DORIONS 1 | PLAZA DELSON ?| [ 8TEU8TACHE ?11 ST JEAN ?1 f———CINl" MA S -1 f OALEPieSSI MVACIMfMF -| I-r, INF MA fi Al I llll R-1 f——-CINÏM A B - | FAMOUS PIAFFAS SIAM: IT t I I ROCK FOREST ?| I8T-HYACINTHE ?11 QRAM BV ?11 QATINÉAU ?11 HULL ?DCAAHBFOUA OU HOAD-I |-FlgljB DF LVS-1 I-C(Mf MA BIFAMAMS-1 177-7Dfl’ÎLT;-1 I ' FNTAePPISF I 8T-JÉRÔME ?I ITROIS-WIVItRES 0.?1 1 SHAWINIOAN ?| ICRATIAUQUAY EXCOWt ?11 CINÉMA DU CAP ?! r~ CINÉMA TRIOMPMF-1 r ¦ — CINÉMA GAPfTOl -I r—— l-t f.AAAtfQUW 10 "— l f——-CtNFMA MAOOU -N r—CINÉMA St (AUWFNr ——• ILACHEN AIE ?] IDRUMMONDVIUE ?| I JOLIETTE ?11 MAQOQ ?| [ SORELTRACY ?{ ?-CINÉ FNTHtPAISF-I P—CINÉMA Of PAAI8-I f—- MAISON OU CINÉMA -| r— CINÉMA LAUAIFB- - CfNpMA PINF - y ST-BASILE ?l IVALLEYFIELO ?11 SHERBROOKE ?| [ VICTORIAVILLE ?] | STE-ADlLB^ I F AYLMEER V | ITjOUaEviLLE V | rjiouCHERviLLBT fpRUMMONOl I UOLISTTE I r.CINÉ PARC ' "| r—— CINÉ PART."I f—— CINÉ PARC ¦¦¦! f-"—' ¦ ¦ CINÉ PARC —¦ ¦ « [TROIS-RIVIÈRES | j ST HILAIRE j [ORFORP| [ 8T-EUSTACHE | DKUTAL ciné-parc JACQUES DUTRQHC SANDRINE BONNAIRE tous les (ours 13hl0 - 15h30 - l0hOO * 21h25 kUaiiaisiVisiisÉ Migrateur www.iK'iipIcniig'ralctir.tom C h^ms 1 wt» w.iliri»talfiliii«.c 1^ PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE! LE D E V 0 I K .L E S S A M EDI 8 ET DI M A \ < Il E 9 J t' I X 2 0 0 2 C () CINÉMA Polar périmé Une scène de Divine Secrets of the Ya-Ya Sisterhood, la première réalisation de Callie Khouri.Un complot qui tombe SOURCE WARNER BROS.BAD COMPANY De Joel Schumacher.Avec Anthony Hopkins, Chris Rock, Gabriel Macht, Peter Stormare, John Slattery.Scénario: Jason Richman, Michael Browning.Image: Dariusz A Wolski.Montage: Mark Golçlblatt Musique: Trevor Rabin.Etats-Unis, 2002, 111 minutes.MARTIN BILODEAU Cf est toujours un peu triste de voir des acteurs de la stature d’Anthony Hopkins se compromettre dans des films indignes de leur talent C’est encore plus désolant de voir, dans l’un desdits films, catégorie à laquelle Bad Company appartient, le fier majordome des Vestiges du jouryMer le «straight guy» d’un clown américain comme Chris Rock.Un clown par ailleurs si vulgaire et si peu spirituel que Hopkins, par moments, passe pour le plus drôle des deux.L’affiche et le titre disent déjà tout ce qu’il y a à savoir sur Bad Qrmpa-ny.Deux hommes que le destin n’aurait jamais dû mettre en présence sont forcés de travailler ensemble.la variante du film de Joel Schumacher, c’est que Jake (Rock) est le jumeau identique, séparé à la naissance, d’un agent de la CIA mort en mission alors qu’il s’apprêtait à faire l’acquisition, auprès d’un négociant russe (Peter Stonnare), d’une bombe atomique convoitée par plusieurs pays.La transaction ne pourra se faire qu’avec lui, aussi le jumeau, petit truand de la rue qui ne montre pas le moindre signe du raffinement de son défunt frere, est appelé à la rescousse par l’agent chargé de la mission (Hopkins), qui dispose de neuf jours pour en faire la réplique de son collègue.L'ennemi (russe et yougoslave, vive la guerre froide) , l’enjeu (la bombe atomique, misère!), l’intrigue (sur les thèmes croisés de Fygmalion et du Prince et le Pauvre) et les personnages (entre La Puce et le Grincheux et Men in Black), tous les éléments qui composent ce polar à deux sous sont périmés et conspirent pour lui donner un air défraichi.Joel Schumacher, qui a fait ses premiers pas comme directeur artistique des films de Woody Allen (Intérieurs, Woody et les robots), nous, offre depuis ses débuts (St.Elmo’s Pire, c’était lui) le meilleur (Falling Down, Tigeriand) et le pire (8MM, Batman Forever).Avec Bad Grmpa-ny, qui appartient à cette dernière catégorie, celui qu’on considère comme l'un des tâcherons les plus respectés d’Hollywood a réalisé un film à deux vitesses, porté d’une part par une intrigue dont les rouages fonctionnent, d’autre part par un face à face entre Hopkins et Rock qui fait grincer des dents.L’échec de cette comédie policière, qui s’oublie aussitôt vue, tient essentiellement au déséquilibre entre ces deux composantes.DIVINE SECRETS OF THE YA-YA SISTERHOOD Réalisation et scénario, d’après le roman de Rebecca Wells: Callie Khouri.Avec Sandra Bullock, Ellen Burstyn, Fionnula Flanagan, Shirley Knight, Maggie Smith, Angus Macfadyen, James Garner, Ashley Judd.Image: John Bailey.Musique: T.Bone Burnett.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Callie Khouri avait écrit le scénario de Thelma and Louise de Ridley Scott, ce qui lui valut un Oscar et un Golden Globe.Le road-movie féminin devint un film-culte et propulsa très haut le nom de l’auteur.Les réalisatrices sont rares à Hollywood, milieu traditionnellement masculin.Alors on attendait beaucoup de ses débuts à la réalisation, tant elle avait manifesté un talent d’écriture et une originalité.Callie Khouri prouva avec Thelma and Louise qu’elle pouvait créer des rôles féminins puissants, en dehors des ornières traditionnelles.Divine Secrets of the Ya-Ya Sisterhood fut un roman à succès de Rebecca Wells avant de devenir ce film.Ce qui, encore là, laissait augurer de brillants premiers pas de cinéaste pour Callie Khouri.Mais le film déçoit beaucoup, hélas! S'est-elle empêtrée dans les concessions au système hollywoodien ou dans les maladresses d’une débutante?Quoi qu’il en soit, le film sombre bien vite dans la guimauve.Il faut dire que l’actrice principale, Sandra Bullock, n’a jamais eu grand talent.Quand par-dessus le marché on lui donne comme mère à l'écran l’actrice Ellen Burstyn, ça boîte encore davantage.Elles ne possèdent aucun point commun, ni physique ni moral.Burstyn offrira la caricature d’une vieille belle conservée dans la saumure et Bullock ne sera que la jolie et un peu masculine femme d’aujourd'hui sans racines visibles.Divine Secrets of the Ya-Ya Sisterhood raconte l'histoire de Sidda (Sandra Bullock), une jeune scénariste installée à New York avec son fiancé, qui essaie d’oublier son enfance perturbée en Louisiane.Mais ses rapports téléphoniques avec sa mère, l’excentrique et égocentrique Vivi (Burstyn), s’enveniment au point de mettre en péril le futur mariage de Sidda Entrent en scène les vieilles copines de maman qui kidnappent la jeune femme, l’entraînent en Louisiane, histoire de lui faire découvrir ce qu'était sa mère autrefois et de rapprocher les deux femmes.Les complots féminins peuvent générer des péripéties et des ré- à plat pliques savoureuses.Pourtant, malgré les mimiques de Fionnula Flanagan, de Shirley Knight et de Maggie Smith en Ya-Ya Sisters, la mixture tombe à plat.Ces dames ont beau se décarcasser pour réconcilier Sidda avec le passé de sa mère dans la Louisiane profonde marquée par les fractures entre les classes sociales et les races, Callie Khouri n’arrive guère à faire vivre l’univers décrit C’eût été pourtant l’occasion rêvée de tracer un portrait grinçant d’un univers féminin farfelu, comme d'une Louisiane du passé ressuscitée avec ses couleurs et ses contradictions.Loin d’explorer des avenues originales et subtiles, Divine Secrets of the Ya-Ya Sisterhood s'enfonce bien vite dans des recettes toutes faites d’un cinéma américain déjà vu.Où est la scénariste de Thelma and Louise?Egarée dans des zones de facilité où sa griffe s'égare.Chris Rock et Anthony Hopkins dans Bad Company, de Joel Schumacher.ABONNÉ ou MEMBRE ?M DEYQJfem Privilèges abonnés ! • Votre journal à votre porte tous les matins.• Journal intégral sur le Web dès 22h la veille.• Accès à l’intégralité du journal.• Plus de 235 000 textes archivés.?-?Devenez membre de LEDEVIÜIBm ^Taln Renient ! • Participez aux forums de discussion.• Personnalisez votre page d’accueil.• DE PLUS, recevez par courriel la liste des articles de vos journalistes, vos sujets et vos dossiers préférés.www.ledevoir.coin Hommage à la grande blancheur La Cinémathèque québécoise consacre une rétrospective à Zacharias Kunuk dans le cadre du festival Présence autochtone ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Zacharias Kunuk est ce cinéaste d'Igloolik, au Nunavut, qui nous donna l’an dernier le saisissant Atanarjuat, premier long métrage inuit de l’histoire.Celui-ci avait impressionné tout le monde par la qualité de ses images, par certaines scènes d’anthologie (le héros courant nu sur les glaces), par le fait surtout qu’il tirait toutes ses références de la mythologie inuite sans emprises extérieures d’aucune sorte.Lauréat de la Caméra d’or à Cannes en 2001, le film, très long (167 minutes) et sans concessions narratives, a connu une carrière exceptionnelle.Ses recettes en salle viennent de surpasser le million sur le marché canadien.En France, il a séduit la critique comme le public et y conserve toujours l’affiche en récoltant un franc succès.Cet homme peu bavard, également sculpteur, avait une œuvre télé derrière lui avant Atanarjuat, mal connue ici au demeurant Voici donc que la Cinémathèque québécoise lui consacre une rétrospective qui s'inscrit dans le cadre du fes- tival autochtone.Le moins qu’on puisse dire, c’est que Zacharias Kunuk ne fait pas de concession à Hollywood.Pas l'ombre d’une.Dans sa construction narrative, lente et parfois quasi muette, dans ses fictions collées au documentaire (comme autrefois Nanook of the North de Flaherty), il soulève un pan de ITiis-toire de son peuple, au rythme inuit, sans ce besoin frénétique d'action qui nous caractérise.Bien des spectateurs seront déroutés par la blancheur du récit qui offre un écho à celle du paysage, mais le rythme lancinant envoûte.Dans Lieu de rassemblement (Qaggiq), tourné en 1989, Kunuk a recréé les années 30 avec le grand igloo communautaire que construisent quelques familles afin d’y festoyer pour célébrer l’arrivée du printemps.Et ces rituels étranges de combats simulés, de percussions et de danses, cette demande en mariage aussi d'un jeune homme timide à la fille des voisins sont rendus avec une économie de mots, dans des paysages de glace qui hypnotisent Mêmes silences éloquents dans My First Bear (Nanugiurutiga), tourné en 2000.On y suit la pre- mière chasse à l'ours d’un jeune garçon mais aussi les récits de chasse de son grand-père, avec cette transmission du savoir de l’aîné au cadet, ce respect pour l’homme d'expérience.La chasse est authentique avec mort de l'ours blanc, qui est ensuite écorché, dépecé, sa peau tannée, montrant à quel point rien ne se perd dans la tradition inuite.Zacharias Kunuk a réalisé une longue série en plusieurs épisodes intitulée Notre terre (Nunavut).)'A vu le premier épisode, LAttelage (Qimuksik), tourné en 1995.Là encore, un paysage blanc crée l’immensité.Les chiens attelés, superbes, sont au centre de la non-action.Chasse au phoque, au caribou, construction de l’igloo, c’est la survie dans la toundra qui est enseignée ici à un jeune garçon.Et toute une tradition renaît sous nos yeux.Comme dans Atanarjuat, il faut accepter d’être dépaysé par l’œuvre, d’abandonner ses repères narratifs en épousant la sensibilité inuite, ses silences, sa lutte contre les éléments, son rapport direct avec une nature dont le cinéaste restitue la blancheur, la force, la grandeur aussi.SOURCE CINÉMATHÈQUE QUEBECOISE Atanarjuat, de Zacharias Kunuk, premier long métrage inuit de l’histoire. I.E DEVOIR.1 E S S A M E I) I S E T I) I \! \ \ ( Il E ! M .M IN 2 0 II full HIT M U S I Q U E Le trio Fibonacci à l’écoute de la Chine, et vice versa Ml S 1 1} l K A | TERN A T l \ E ERIC MEYER COLLABORATION SPECIALE Pékin — Comme perdu sur l’immense et futuriste scène du théâtre Zhongshan, à deux pas de la Cité interdite, le jeune trio Fibonacci, très concentré, diffuse pour son public pékinois sa musique toute inconnue, insolite et comme venue de la planète Mars.Dans la salle, l'audience clairsemée (c’est un dimanche, à 14h, moment peu usuel pour la Chine mélomane) réagit sagement, passivement, s’évadant parfois en chuchotements pour ne pas subir l'insupportable questionnement des silences.Curieusement pourtant, chez cet auditoire asiatique néophyte en musique contemporaine, une forme de message semble passer, un dialogue s’établit entre le public et Julie Anne Derome, la violoniste montréalaise, Gabriel lYyim, le violoncelliste né en Grande-Bretagne, et André Ristic, le pianiste et compositeur québécois, contact créé par la reconnaissance des techniques employées, la forte maîtrise des instruments permettant de maintenir l’intensité dramatique tout au long des 70 minutes du concert Heurts, appoggiatures, syncopes, harmoniques, sourdines (au ponticello), trémolos, notes au violon interminablement tenues puis chavirées en glissando, jeu du pouce au violoncelle (méthode jazz): tout ceci crée un jeu très mélodique, composé, habillé, aux trois phrases qui se tressent et s’assemblent au-delà des assonances, soudain réminiscences d’un héritage classique — baroque, ou symphonique russe de la fin du XIXe siècle.Interprétation parfois si physique qu’à la fin du concert, Prynn comme De- rome ont tous deux leur archet au crin éclaté.L’éblouissement Mais au fait, comment le trio Fibonacci a-t-il trouvé cette Chine venue l'écouter?Invité par le Haut Conseil des arts dans le cadre d’une semaine de la culture canadienne en Chine, mission qui comprenait aussi une quinzaine d'écrivains, comme Monique Proulx, et la cantatrice de Nouvelle-Ecosse Janyce Jackson, le trio s’est d’abord produit en concert et dans des classes de maître à Pékin, a Shanghai et à Ningbo, province du Zhejiang (villes de la côte), avant de s’enfoncer à l’intérieur des terres vers Chengdu (Sichuan) puis de finir en beauté avec une série de concerts à Tokyo.La première impression du groupe porte sur l’infrastructure — l’organisation des lieux qui le reçurent.Avec un seul mot pour la décrire: l’éblouissement.Comme l’affirme André Ristic: -Les salles comme l’équipement sont parmi les meilleurs au monde.Même au Conservatoire de Shanghai ils avaient un piano Bosendor-fer, d'achat très récent.C’est un instrument qui personnellement ne me plaît pas trop, car il est trop équipé de gadgets non conventionnels par lesquels le concertiste risque de se fourvoyer, mais c'est quand même un des plus beaux longues-queues sur terre.Quant à la salle Zhongshan où nous venons de nous produire, la sonorisation est formidable, d’une pureté cristalline, et le Steinway qu on m'a donné est d’une qualité qu’on ne trouve pas forcément à Montréal ni en Europe.Manifestement, voilà des gens qui ont décidé de se donner les moyens pour rattraper leur retard!» Cependant, la superbe qualité il Le jeune trio Fibonacci.ERIC MEYER generale de l’accueil durant la tournée chinoise n'a pas fait oublier au trio les disparités régionales et culturelles: à Ningbo, ville proche de Shanghai encore -hors du coup» pour les beaux-arts, l’école de musique ne put leur trouver, pour leur concert, autre chose qu'un piano droit.Qualité d’écoute Concernant la qualité d'ecoute des Chinois pour sa musique d’avant-garde, le trio, à vrai dire, ne se fait pas d'illusions, comme l'admet Prynn: -Partout au monde, l'auditoire a un travail à faire pour nous suivre — comme c'est le cas pour tout art s’écartant des conventions pour s'adresser à la vie réelle contemporaine.Mais ici, même les compositeurs musicaux bloquent parfois — leur formation s’arrête au début du XX' siècle.Il faut du temps pour rattraper.» Résultat inévitable: le bavardage, présent à toutes les étapes.-J'avais du mal à tenir mes silences, par peur d'inciter les conversations», raconte Julie-Anne Derome.«Ils étaient complètement dépaysés, ajoute Gabriel Prynn.Même les interprètes, au conservatoire, restaient souvent sur leur réserve.Cela s’explique par le fait qu'en Chine, les interprètes sont les rois: ce sont eux qui décident ce qu'ils joueront.Les compositeurs doivent s’expatrier pour se faire jouer et reconnaître, comme Ye Xiaogong, afin d’atteindre la notoriété.» G1 creux de la vague, en matière d’écoute, aura été atteint à Ningbo: les organisateurs, peut-être par bonne volonté, ont imposé, entre chaque pièce des Fibonacci, des chants folkloriques au style hétérogène et au son puissant, rendant l’écoute du trio encore plus aléatoire.«Mais quand même, se rappelle Ristic, à Shanghai, nous avons eu deux jeunes compositeurs enthousiastes et les 60 jeunes ayant assisté aux classes de maître ont reçu un billet gratuit et sont tous revenus au concert du soir.Il y a une demande et un intérêt vif.Il faudra revenir pour voir comment nos graines auront germé.En ce pays, tout est en train de naître.» Reste enfin un type d’influence qui n'a pas échappé à nos artistes: l’ambiance urbaine, surtout shan-ghaienne, faite de stress, de course à l’argent, de supermarchés stridents grands comme des cathédrales, et de police aussi: «Au conservatoire, comme un ministre devait venir assister à notre travail avec les étudiants, les organisateurs ont soudain été très nerveux et ont exigé qu’on change de salle.Ils avaient peur d’être critiqués pour les conditions de sécurité.De même, deux concerts prévus dans des galeries d’art ont été annulés par la police: c’étaient des lieux privés.On n'aime pas trop ça là-bas.Manifestement, en Chine, à côté de l’argent, l’ordre est une affaire qui marche.» Le trio cLDUDDEAD, un groupe à découvrir.SOI Kn NI NI A TUNK La hip-hop excentrique de cLOUDDEAD Conversation téléphonique déroutante en compagnie des imprévisibles Why?et Dose One DAVID CANTIN Depuis le temps qu'on parle de ce phénomène marginal, quelques-uns des al tistes les plus doués du regroupement Anticon seront enfin sur scène, demain soir, à la Sala Rossa.L’affiche s'annonce d’ailleurs des plus prometteuses pour quiconque s’intéresse à la nouvelle vague de la hip-hop indépendante américaine.En fait, c’est la tournée de l'étiquette Mush Records (en collaboration avec Big Dada, un sous-label de Ninja Tune) qui permettra de découvrir en spectacle les cLOUDDEAD, Dose One et DJ Boom Bip, Reaching Quiet, Labtekwon ainsi que Radioinactive de la côte ouest.On a réussi à joindre deux des MC les plus talentueux du collectif de San Francisco quelque part en tournée à travers les Etats-Unis.Une conversation téléphonique déroutante en compagnie des imprévisibles Why?et I lose One.Intello?L’an dernier, un trio mieux connu sous le nom de cLOUDDEAD décidait d’en finir avec les standards de la hip-hop.À l’extrè-me des clichés du genre, Dose One, Why?et le producteur Odd Nosdam surprenaient les amateurs plus audacieux avec des mélodies savantes, des rythmes ambiants et des voix aussi aiguës que nasillardes.Dès le début de la discussion, on reconnaît le timbre si particulier de Dose One.«Au départ, ça s’appelait Greenthink, puis le nom cLOUDDEAD est arrivé un peu par hasard.Entre 1998 et 2000, Vidée était de sortir une série de pièces sur six vinyles qu ’on a dé- DE ST-SAUVEUR Parsons Dance Cie (New York) " Gagnant du Dance Magazine Award 26 et 28 juillet, 20 h Les Grands Ballets > Canadiens de Montréal 2 et 3 aoQt, 20 h Solistes du Ballet National du Canada 31 juillet, 20 h Nombreux spectacles GRATUITS scène extérieure 19 h et 21 h 30 Harlem Gospel Choir 27 juillet, 16 h et 20 h Ensemble Romulo Larrea et Veronica Lare 1 août, 20 h L’Orchestre des Pays-d’en-Haut “ Grande Première ” 4 août, 20 h Quintette de cuivres Impact “ Une révélation.à ne pas manquer! " 30 juillet, 20 h Soupers et cocktails musicaux, expositions, visites historiques.M«ur» mrifet, du murdl tu dfantndM J * Ix?l'estival des Arts IU- VT-KAI a n H Réservation : 450.227.9935 Admission : 514.790.1245 / 1.800.361.4595 www.artssaintsauveur.com cidé de rassembler par la suite pour en faire un tout.Je suis un peu exaspéré par ces gens qui tentent de nous isoler ilans un créneau spécifique.Pour moi, à la buse, cela reste de la hip-hop.Toutefois, il ne faut pas s'attendre aux trucs habituels: les insultes, la vulgarité, l’argent, la drogue et ainsi de suite.Notre pari est artistiquement beaucoup plus élevé que ça.» Près prolifique, Dose One ten te ainsi de mieux situer le projet cLOUDDEAD dans le puzzle que représente Anticon.«Je serais porté à croire que cLOUDDEAD est l’un de nos meilleurs coups jusqu'à maintenant.On a atteint une forme d’expression qui tente de concilier une force mélodique et l’aspect plus expérimental de la plupart des groupes qui se retrouvent sur Anticon.Avec Boom Bip, c’était tout à fait le contraire.Je voulais davantage une müaboration très éclectique à partir d'un certain nombre de poèmes que j'ai accumulés au fil des ans.Chaque projet doit avoir sa propre personnalité et sa raison d’être.» Soudainement, il n’y a plus personne au bout du fil.On rappelle, mais cette fois-ci, c'est au tour de Why?de répondre aux questions.On se doute que le trio s’amuse un peu.«En spectacle, on ne veut pas trop s'éloigner des grandes lignes du disque.C’est bien de dérailler quelquefois au chapitre des arrangements.Par contre, les spectateurs pourront tout de même reconnaître la plupart des morceaux.On a beaucoup travaillé sur l’approche scénique, qui est plus solide qu’auparavant.Il y aura aussi de nouvelles compositions ou encore le projet Peaching Quiet, qui réunit Odd Nosdam et moi-même.» Why?est il conscient que cette approche abstraite et décousue ne fait pas toujours l’unanimité au sein du milieu, parfois élitiste, de la hip-hop underground?«Je dois avouer que je n’écoute plus beaucoup de hip-hop.Ixi plupart des sorties récentes me laissent un peu trop sur ma faim.Je préfère des groupes comme Pram, Stars Of Die Ud, Pinback ou Danielson Eamile, qui explorent toutes sortes de directions musicales.On ne veut pas faire intello, sauf que le travail sur les VOIR PAGE C 8: EXCENTRIQUE 7e EDITION .¦ #fi ¦4> * * * Y Y 5 iiiiiiilillgP in YYYT Vi -—
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