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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier F
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2002-06-15, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 J l 1 S 200 LE DEVOIR Culture et société Prix Arts-Affaires Fondation Daniel Langlois Après cinq ans d'existence, dans ses modèles de gestion comme dans ses choix, la Fondation Daniel Langlois pour l'art, la science et la technologie a déjà réussi à faire la preuve qu'elle s'impose comme un modèle à suivre.Page 3 Indice bohémien Un nouvel indicateur a été conçu pour mesurer la vitalité urbaine.Sur cette échelle, Montréal figure dans le groupe de tête.Place aux 3 T, à la technologie, au talent et à la tolérance.Page 5 Nouv Loto-Québec spaces ontréal a été déclarée Métropole de la culture.Là dessus, les divers paliers gouvernementaux s’entendent.En cette période néo-libérale, il est connu qu’un tel objectif ne peut être atteint que s’il a l’appui du secteur privé.Déjà, des hommes et femmes d’affaires apportent de façon concrète — ce qui implique aussi des investissements financiers — leur appui à l’art et à la culture.Pour en témoigner, un prix a été, il y a 12 ans, conçu.Il est dans les trames urbaines des lieux culturels dûment identifiés.Ils s’appellent musée, théâtre, centre d’exposition, place d’art, salle, qu’elle soit de concert ou de spectacle, quand ils ne sont pas des usines ou des casernes (reconverties), voire des espaces (à définir).Il y avait aussi autrefois des cinémas; certains demeurent, les autres étant devenus des centres de divertissement, même si un certain complexe (Ex-Centris, pour le nommer) ajoute à la vocation déclarée de ses salles d’être des lieux de projection celle d’être aussi un lieu de création et de rendez-vous pour les créateurs.Pour qui circule dans les rues des villes, avec en tête l’intention de voir des œuvres d’art, l'idée ne viendrait cependant pas de pénétrer dans un hfr tel ou un siège social de corporation afin de satisfaire son désir.Il aurait toutefois tort, quand il se retrouve à Montréal, rue Sherbrooke ou Président-Kennedy, si l’édifice s’appelle Hôtel Delta ou abrite les bureaux de Loto-Québec.Dans ces lieux, des expositions en effet se tiennent, l’initiative ayant été prise d’ajouter à la fonction première de l’édifice — au gîte et au couvert donc, aux réunions et aux activités d’affaires — ce qui hier s'appelait une activité de loisir et est aujourd’hui devenu une action de culture.Quand, il y a 12 ans, la Ville de Montréal lançait le Prix Arts-Affaires, geste auquel s’associait Le Devoir, telle était l’intention derrière le projet: souligner les réalisations des entreprises, petites, moyennes et grandes, et les gestes de leurs dirigeants pour soutenir la création ou en favoriser la diffusion.Le besoin d’une telle implication était réel, et l’est encore, comme l’a rappelé mardi soir dernier à À Montréal, une nouvelle ville est en train de naître l’Hôtel de Ville la coprésidente du Comité d'honneur de ce prix, lorraine Vaillancourt: •Femmes et hommes d’affaires, a dit la musicienne parlant au nom de la communauté artistique, nous avons besoin de vous, de votre imagination, de votre intelligence, de votre passion, de votre engagement, de votre présence.Vous êtes des acteurs importants dans cette ville, et vos choix peuvent être déterminants.» Nouvelle ville À Montréal, une nouvelle ville est en train de naître.Si elle est plus grande géographiquement, elle est aussi différente.Le dernier Sommet de Montréal en témoigne, où la ville fut définie comme une métropole du savoir et de la culture.Des gestes concrets seraient à venir pour confirmer cette déclaration de principes: on parle d’un quartier des spectacles, d’une hausse de budgets pour soutenir les activités de création et, surtout, d’un nouvel état d’esprit quand la culture n’est plus vue comme un «corps étranger» par les porte-parole des secteurs économiques traditionnels.*On réalise de plus en plus que pour créer une ville dynamique ouverte sur l’extérieur, il faut un milieu culturel fort», dit ainsi le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Guy Fréchette.Et quand on imagine les collaborations futures entre les deux milieux, celui de la création et celui des affaires, on sait que déjà à Montréal un modèle peut être donné par le rappel des gestes que pose Daniel Langlois, le président de la fondation du même nom.Comme il y aurait aussi à jeter un regard sur l’initiative d’un Stephen Jarislowsky qui, avec sa femme Gail, contribue à la création d’une chaire en Histoire de l’art canadien à Tuniversité Concordia, ou celle de Loto-Québec qui possède au Québec l’un des meilleurs budgets pour l’acquisition d’œuvres d’art Si les Prix Arts-Affaires sont attribués aux deux ans, les initiatives qu’ils reconnaissent se font cependant au jour le jour.Ainsi naissent les nouveaux mécènes et surgissent les nouveaux espaces.Normand Thériault Prix Arts -Affaires Comité d 'honneur Grande entreprise Loto-Québec Page 2 Personnalité Daniel Langlois Page 3 PME Hôtel Delta Page 4 Lorraine Vaillancourt Page 2 Stephen Jarislowsky Rosemonde Mandeville Lina Allard Page 4 Guy Fréchette Denis Desbiens Claude Garcia Page 5 n est fier de ante contribution des milieux d'affaires la métropole.à la vie artis CONSEIL DES ARTS DE MON! • v - eroü % I LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JUIN 2 0 0 2 F 2 ?ARTS ET AFFAIRES Grande entreprise 2002 L’aide à la créativité et à la création Loto-Québec est une entreprise dont la culture inclut la collection d’œuvres d’art Pour Loto-Québec, l’aventure des arts visuels a commencé timidement, presque par accident.Une vingtaine d’années plus tard, la société d’État dispose de l’une des plus imposantes collections corporatives d’art au Québec, où s’entremêlent indifféremment estampes, peintures, sculptures et gravures.Comme quoi les accidents de parcours peuvent parfois mener loin.Et ce n’est pas terminé, promet le conservateur de la collection, Louis Pelletier.GUYLAINE BOUCHER T e lien entre les milieux des ^ \~jarts et le monde des affaires ne se fait pas naturellement.Ça n’a pas été différent pour Loto-Québec.Le premier contact s’est fait parce que l’on cherchait des cadeaux corporatifs.L’expérience a été heureuse et on a cherché à aller plus loin en mettant sur pied un concours en art visuel.Les choses ont parla suite tranquillement fait leur chemin.» Aujourd’hui conservateur pour la collection, Louis Pelletier se rappelle avec précision les premiers pas de la société d’Etat dans le secteur des arts visuels.Et pour cause.Graveur de formation, c’est de lui que l’on a acheté les premières œuvres en question.Evidemment, bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis.Au concours d’origine, toujours en place, s’est entre autres ajouté l’achat à proprement parler d’œuvres d’art.365 000 $ pour les acquisitions De fait, depuis 1985, Loto-Québec consacre un centième de un pour cent de ses revenus bruts à l’acquisition d'œuvres d’art.A l’année zéro, c’est 74 000 $ qui ont ainsi été consacrés aux trouvailles du conservateur.Les revenus de l’entreprise ayant depuis presque quintuplé, le,pouvoir d'achat de la société d’Etat dans le domaine des arts visuels a lui aussi grandi.Résultat, pour l’an prochain, lx)uis Pelletier et son équipe disposeront de 365 000 $ pour procéder à des acquisitions de toute nature: dessins, sculptures, gravures, etc.Les acquisitions sont systématiquement effectuées auprès des artistes ou des galeries d’art et jamais ou très rarement auprès des collectionneurs privés.Une approche à laquelle le conservateur tient énormément, notamment pour, dit-il, avoir un effet véritable sur le monde québécois de la création.«Je peux décider comme conservateur d'acheter un Borduas à 350 000 $, mais si je fais ça, l’effet dans le milieu des arts québécois sera à peu près inexistant.Ces 350 000 $ vont aller dans les poches de quelqu’un qui spécule dans le domaine des arts visuels, il l'enrichira, mais il ne créera rien de neuf.Je préfère miser sur des artistes de 25 ou 30 ans qui sont en début de carrière et faire en sorte qu’une partie de la somme dépensée aille directement à la créativité et à la création.* Suivant cette voie, la collection représente aujourd’hui 2700 œuvres produites par un peu plus de 700 artistes différents.Elle compte très peu d’œuvres d’artistes décédés ou de «gros canons» du milieu des arts visuels québécois.Plus que des oeuvres L’achat d’œuvres n’est pas la seule implication de Loto-Québec dans le secteur des arts vi- ARCHIVES LE DEVOIR L’Hommage à Rosa Luxembourg de Jean-Paul Riopelle fut exposée pendant quelques mois au Casino de Hull.rXïSi suels.Année après année, la société d’Etat supporte aussi financièrement un certain nombre d’événements du secteur.C’est le cas notamment de la Biennale d’Alma, du Symposium de Baie St-Paul et de la Biennale de la gravure de Trois-Rivières, pour ne nommer que ceux-là.Certaines institutions, dont le Musée de Lachine, peuvent aussi compter sur la contribution financière de l’organisme.En fait, même le Musée du Québec a pu bénéficier des largesses de Loto-Québec alors qu’il se voyait attribuer, en 2000, 750 000 $ directement des goussets de la société d’Etat et de certains de ses partenaires.Raison de cette donation?L’acquisition de certaines œuvres du très réputé peintre Jean-Paul Riopelle et la création d’une salle qui lui est entièrement dédiée, où figure notamment L’Hommage à Rosa Luxembourg.«Au départ, explique Louis Pelletier, nous souhaitions acheter l’œuvre, mais sa valeur estimée à 1,5 million de dollars était nettement au-dessus des moyens de la société à cette époque.Avec le Musée du Québec et l’artiste, nous avons donc convenu d’une entente qui nous permettait d’exposer l’œuvre pendant un certain temps et ensuite de la confier au Musée pour qu 'elle y soit présentée de façon permanente.C’était audacieux, mais ça a fonctionné et nous avons enrichi le patrimoine culturel du Québec.» Loto-Québec et son organisation-sœur, la Société des casinos, se font aussi, selon le conservateur, un point d’honneur d’intégrer dans leurs installations des œuvres de différents artistes.A titre d’exemple, en 2001, plus de 300 œuvres originales d’artistes ont été choisies pour être intégrées au décor de l’hôtel adjacent au Casino de Hull.Un investissement total de plus de 300 000 $.Phénomène de contagion Difficile de concilier le tout avec la mission de base de l’organisme?Pour Louis Pelletier, il n’y a pas de justificatif qui tienne.«Evidemment, ce n 'est pas dans le mandat de Loto-Québec de soutenir le milieu des arts.Son mandat est de vendre et de gérer la loterie au Québec.Par contre, je pense que tout le monde devrait se réjouir que des sommes soient détournées pour des fins aussi honorables.Ce que Loto-Québec amasse comme collection, c’est le patrimoine du Québec.Jamais ces œuvres ne seront vendues.» De l’avis du conservateur, le rôle de mécène de la société est d’ailleurs bien assumé par les employés et la haute direction.La multiplication des événements culturels soutenus financièrement par le Service des commandites de Loto-Québec témoigne d’ailleurs éloquemment, selon lui, du virage qu’a pris la société d’Etat.«Si, en 1985, j’avais lancé l’idée que l'on investisse 750 000 $ pour favoriser l’acquisition d’une œuvre comme Rosa lAixembourg, on m’aurait traité de fou.Aujourd’hui, ce genre de chose est possible parce que l’implication de la société au niveau des arts fait partie de la culture d’entreprise.Maintenant quand des retraités quittent, on leur offre une sculpture en souvenir.Les arts sont partout dans l’organisation.Et ce n’est pas terminé.Notre pouvoir d’action grandit avec les revenus de l’entreprise.» Présidence Il faut instaurer au Québec une culture du mécénat Le milieu des affaires prendrait conscience du rôle qu'il a à jouer pour le développement de l'art D'avoir été cette année invitée à occuper la coprésidence du Comité d’honneur du Prix Arts-Affaires a été pour elle un honneur.Lorraine Vaillancourt, la directrice du Nouvel Ensemble moderne, voit là l’occasion de dire au milieu des affaires l’importance de son rôle pour faire de Montréal une véritable ville de création.Tel fut le contenu de son allocation lors de la remise mardi dernier, le 11 juin, des Prix Arts-Affaires à l’hôtel de ville.Rencontre avec la musicienne et texte de sa déclaration.DENIS LORD On en sera peu étonné, l’art est pour Lorraine Vaillancourt, nouvelle présidente du comité d’honneur du Prix Arts-Affaires, un élément vital de la société, une question de santé même, et préserver son statut est un combat constant.«Personne ne nie l'importance de la culture, affirme la chef d'orchestre du Nouvel Ensemble moderne (NEM), mais entre le discours et le geste concret, il y a souvent une marge.» Selon Mme Vaillancourt, bien que le Québec soit un lieu exceptionnel de créativité, il nous reste encore à mettre au monde une cuL ture du mécénat semblable à celle qu’on retrouve en Europe, et que les gouvernements cessent de glisser vers le plus petit dénominateur commun.Tout de même, on ne peut selon elle qu'applaudir l’effort de la Ville de Montréal pour arrimer les deux groupes, artistes et gens d'affaires.Culture marchande On ne saurait nier à Mme Vaillancourt, figure incontour- nable de la scène québécoise musicale d’avant-garde, une solide connaissance de la problématique.Pianiste et chef d’orchestre, Mme Vaillancourt est directrice artistique du NEM, un orchestre de musique de chambre contemporaine qui, depuis sa fondation en 1989, a mis environ 200 œuvres à son répertoire en a joué plus de 400 de par la planète.En plus de diriger l'Atelier de musique contemporaine de la Faculté de musique de l’Université de Montréal depuis 1974, Mme Vaillancourt a remporté en 2000 le Prix Charles Gros pour l’enregistrement de Erewhon, une œuvre d’Hugues Dufour interprétée par les Percussions de Strasbourg.C’est le Commissaire à la promotion des arts et des entreprises culturelles de la Ville de Montréal, Normand Biron, qui a pressenti la musicienne à la présidence du comité d’honneur du Prix, quelle partage avec Stephen Jarislowsky, le président de Jarislowsky Fraser Co.Réputée abrupte, la musique contemporaine est une laissée pour compte du mécénat en BERNARD PRÉFONTAINE Lorraine Vaillancourt, directrice du Nouvel Ensemble moderne.comparaison d'expressions ar- modernisme est omniprésent dans tistiques plus accessibles.«Le le décor, constate Mme Vaillan- court, mais en musique, nous sommes loin derrière.Les grandes institutions ne font que renchérir sur le passé.Est-ce normal d’être si loin de son propos alors que les compositeurs actuels sont ceux à travers lesquels on s'exprime?C’est sans doute le sens le plus pollué.Comment faire pour redonner le goût de l’écoute mais aussi du silence?» Ce manque à gagner, la directrice du NEM le perçoit également dans d’autres registres de la créativité.«Nous sommes confrontés au peu de visibilité de la création par rapport au commercial, alors que Montréal possède des artistes pointus dans plusieurs domaines.No u s sommes dans une économie marchande.C’est bien de se rappeler de ce que la culture génère comme revenus, mais on sous-estime les gens; le flamboyant cache ce qui est en coulisse, le court terme domine: à la télé, si une émission n’a pas une assez grosse cote d’écoute, on l'expédie après une demi-saison.Ce n’est pas ça la qualité de vie.Il faut arrêter de croire que l'art, c’est du divertissement, et accepter que ça nous émeuve, nous provoque au sens large.Ce n 'est pas toujours du repos pour l’esprit.» Rappelant les compressions et le virage quelque peu commercial de la radio et de la télévision d’Etat, Mme Vaillancourt affirme sans ambages la nécessité de l’engagement des gouvernements dans la culture, et de faire des choix autres que celui du nivellement par le bas Un geste positif Malgré sa perception quelque peu sinistre de l’état des choses, dans une société où la culture saute en premier dès que se posent des problèmes financiers, où les hommes d’affaires croient que c’est le rôle de l’Etat et des municipalités de faire la promotion des arts.Lorraine Vaillancourt applaudit la création du Prix Arts-Affaires par la Ville de Montréal, le qualifiant de stimulant et, espère-t-elle, potentiellement contagieux.«Ceux et celles qui proposent des lauréats s’impliquent et sont de grands connaisseurs d’art.U faut souligner leur apport, car on oublie souvent de les remercier.Nous devons trouver des partenaires qui auront l’audace de financer des choses souterraines, qui s’impliquent à long terme, et pas simplement pour en retirer de la visibilité.Les gens d'affaire ont forcément le sens du défi.J’espère rencontrer au gala des gens avec qui trouver un terrain d'entente.Dans ce milieu, il y a récemment eu une prise de conscience, même si ça ne fait pas toujours beaucoup d’argent en bout de ligne.Des gestes comme celui de Daniel Langlois, qui a créé Ex-Centris, on aimerait les voir multipliés par 100!» « Il faut arrêter de croire que l’art, c’est du divertissement » T P U B U K E V 0 I R onsable NORMAND THERIAULT nthorianllaledfvoir.oâ 2050, me de Bleury, S' étage, Montréal (Queherl HSA 3M9.Tel.: (51 O 985 3333 redaetioncledevoir.com FAIS C E y I E DOIS «Nous avons besoin de vous» \ A 18 ans, je pensais que ma passion pour la musique et beaucoup de travail triompheraient de tous les obstacles.Je sais maintenant que les montagnes ne se déplacent pas; elles se franchissent seule.au mieux avec d’autres car, après 30 ans de vie professionnelle, je crois plus que jamais aux équipes, aux complicités créatives, aux énergies qui s'additionnent, se transfèrent, se relaient.C'est donc touchée qu'on ait pensé à moi et avec plaisir que j’ai accepté la coprésidence du comité d’honneur du Prix Arts-Affaires, consciente de l'importance du geste et de l'à-propos de cet événement.La culture, ou plutôt le mot «culture» est plutôt à la mode présentement.Ne nous faisons pas d’illusions! Si on semble avoir compris que la culture constitue une force économique dans notre société, la qualité de vie de la majorité des artistes ne reflète d’aucune manière cette «force» économique.Si, à la Ville de Montréal, les augmentations du budget voué à la culture, les augmentations du budget au Conseil des Arts sont impératives et seront reçues avec enthousiasme, elles ne combleront jamais tous les besoins.Femmes et hommes d’affaires, nous avons besoin de vous, de votre imagination, de votre intelligence, de votre passion, de votre engagement, de votre présence.Vous êtes des acteurs importants dans cette ville, et vos choix peuvent être déterminants.Dans cette société essentiellement marchande, nous perdons souvent de vue le propos, le contenu parfois enfoui sous des tonnes d’images (d’artifices).La culture n’est pas que divertissement et c’est souvent à l’ombre des grands investissements culturels, parfois populaires, parfois rentables, toujours très médiatisés.que travaillent la majorité des artistes, et c’est souvent dans cette ombre que naissent les plus beaux soleils.Montréal ville de la culture! Peut-être Montréal ville de la création?Certainement, cette ville fourmille de créateurs, ces merveilleux ambassadeurs hors frontières toutes disciplines confondues, mais.qui dit création dit recherche, aventure, risque, isolement parfois, travail et portée à long terme et succès non garanti.Nous avons besoin de vous pour que cette ville ne soit pas seulement une ville où on consomme de la culture, mais surtout une ville réputée parce qu’on y respecte et soutient les créateurs jusque dans leurs démarches les plus audacieuses.Merci tout court de ce que vous avez fait, et surtout pour tout ce que vous oserez encore faire aujourd'hui et demain.Lorraine Vaillancourt \ A 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET D I M A \ (HE I ti .1 I I N 1 l) O > K ET AFFAIRES Personnalité 2002 Le mécénat comme vision du monde Daniel Langlois est devenu homme d’affaires pour avoir les moyens de faire son cinéma Ce qu’il y a d'intéressant avec les gens comme Daniel Langlois, c’est qu’ils n'ont pas beaucoup de temps à vous consacrer et que celui qu’ils vous accordent, ils vous l’accordent complètement.Pendant plus de 30 bonnes minutes, les yeux allumés, les mains constamment en mouvement et la langue déliée avec une aisance qu'on pourrait facilement lui envier, le p.-d.g.d’Ex-Centris nous a parlé de l’importance particulière que revêt ce prix pour lui.MICHEL BÊLAI R LE DEVOIR Daniel Langlois s’empresse de souligner d'entrée de jeu qu’il n’affectionne pas particulièrement les prix ou les distinctions honorifiques, mais que le Prix Arts-Affaires a un sens particulier pour lui.«Je viens du milieu des arts, tout le monde le sait.Et je suis devenu un homme d’affaires pour avoir les moyens de faire ce que je voulais faire en cinéma.Ce prix qui souligne le lien particulier entre les arts et les affaires, je le reçois avec beaucoup de jierté: parce que ça va exactement dans le sens de ce que j’ai toujours pensé, de ce que j’ai toujours fait.Aujourd’hui l’équilibre d’une société, je pense, repose là-dessus: sur la synergie entre le monde des arts et celui des affaires.» Il y a travaillé activement à cette synergie, Daniel Langlois: il a signé le premier film de l’histoire du cinéma mettant en vedette un personnage de synthèse animé par ordinateur (Tony de Peltrie en 1985).Puis il crée Softimage.et son logiciel d’animation en 3D connaît un succès phénoménal avec la sortie de Jurassic Park — il contrôle à un moment 80 % du marché mondial: c’est avec les logiciels de Softimage qu’on a aussi fait Men in Black, Titanic, Le Masque et La Cité des enfants perdus — jusqu’à ce que Microsoft achète un contrôle majoritaire dans sa compagnie, lui donnant ainsi les moyens de ses rêves les plus fous.Langlois est aujourd’hui à la tête d’un mini-empire de petites compagnies de pointe œuvrant dans les technologies numériques, et même dans la construction de salles multifonctionnelles dont Ex-Centris est un exemple fort convaincant.Il dirige aussi la Fondation Daniel Langlois pour l’art, la science et la technologie, qui finance à la grandeur de la planète des projets artistiques s'articulant toujours autour de l’intégration des nouvelles technologies numériques.Et, oui, il est toujours passionné de cinéma.Produits dérivés «Les nouvelles technologies numériqhes, reprend Langlois, sont là pour permettre aux artistes de s’exprimer.Mais ça devient rapidement stérile si cela ne se conçoit qu 'en termes de produits, un film après l’autre, si on n’y ajoute pas des “produits dérivés" comme Mutek [le festival de musique électro-acoustique parrainé par Ex-Centris], par exemple, ou le FCMM [Festival du nouveau cinéma et des nouveaux médias de Montréal], si des créateurs comme Robert Lepage ne se servent pas d’elles pour boucler la boucle et les critiquer en exprimant l’aliénation de l’homme contemporain.C’est de cela qu’on a besoin; pas seulement de l’accumulation des biens et des profits.Les nouvelles technologies sont là pour raconter de façon différente, contemporaine, les mêmes choses fondamentales sur lesquelles l’humanité s’interroge depuis plus de 2000 ans.» Il faut quand même avouer que la tradition du mécénat — qui exprime bien cette synergie « L’équilibre d’une société repose sur la synergie entre le monde des arts et celui des affaires » fsao \ ^ 1 Vv,#; JACQUES NADEAU EK DEVOIR «Les nouvelles technologies sont là pour raconter de façon différente, contemporaine, les mêmes choses fondamentales sur lesquelles l’humanité s’interroge depuis plus de 2000 ans», fait observer le p.-d.g.d’Ex-Centris, Daniel Langlois.dont parle Daniel Langlois — ne fait pas vraiment partie des mœurs corporatives au Québec.«Cela s’explique sans doute par le fait qu’il y a peu de temps que les Québécois dominent sur leur territoire certains secteurs de l’économie.On n’a pas érigé ici beaucoup de grandes fortunes non plus.Mais les temps changent.Il est en train de s'établir ici des espaces de rencontre intéressants.Les gens d’affaires sont de plus en plus conscients de l'importance de la culture pour la société dans laquelle ils font des affaires.Il y a maintenant, dans diverses fondations, de plus en plus d'argent et de gens disponibles: le mécénat, il faut y croire, s'impliquer, gérer cela comme une “business".Pas pour que ça rapporte, mais pour que ça marche — [voir notre autre texte ci-contre].Et ça commence ici.Sous l'impulsion de certains personnages, d'une femme exceptionnelle comme Phyllis Lambert par exemple et de son travail admirable au CCA, les choses sont en train de changer.Les Chagnon qui ont vendu Vidéotron à Québécor viennent par exemple de mettre sur pied une fondation qui dispose de moyens impressionnants.» Engagement personnel Mais ce genre d’initiative est plutôt rare, non?Ne pourrait-on pas penser à une formule qui ressemble à celle du 1 % pour les édifices publics et par laquel le les gouvernements imposeraient aux compagnies ou aux grandes fortunes de s'impliquer dans le mécénat?«Je n'y crois pas, répond tout de suite Daniel Langlois.On n’a pas à attendre de “vision " des gouvernements, qui sont d’abord des appareils administratifs et qui ne peuvent que légiférer en réaction à des situations précises.Ce n 'est pas moi qui Tai inventé: pour être efficaces, les gouvernements sont réactionnaires par définition.Moi, je crois plutôt à des individus qui ont une vision et qui peuvent décider de l’incarner dans une fondation.Pour cela, il faut que les projets déjà en place soient plus visibles et que les gens d'affaires comprennent à quoi sert une fondation ouverte .s«r les arts; qu'ils s'y investissent plutôt que de se la faire imposer d'en haut.» Comme s’il souhaitait incarner tout cela encore plus concrètement, Daniel Langlois s’apprête à ouvrir un nouveau lieu dans le Vieux Montréal; cela s’appellera le 357 C.«Im variation moderne du club privé, précise-t-il.C’est un espace de rencontre où les artistes et les gens d'affaire Pourront échanger.Je n'en dis pas plus parce que tout n 'est pas encore vraiment coulé dans le béton.» Le mécénat mène à tout, on le voit bien.La Fondation Daniel Langlois pour l’art, la science et la technologie Un exemple à suivre «Le mécénat, ce n’est pas une forme admise d’évasion fiscale comme plusieurs le pensent.» Quand Daniel Langlois créait en 1997 sa fondation, il n’en était pas à sa première expérience de dotation pour le secteur des arts.Il savait déjà qu’il fallait y consacrer temps et énergie.Et aussi y faire participer Edouard i Exaucè/Salt, d'Edouard Lock, un des nombreux proj encouragés par la Fondation Daniel Langlois.des spécialistes du domaine.MICHEL BÉLA1R LE DEVOIR C> est en 1997 que Daniel Langlois décidait de créer la Fondation Daniel Langlois pour l'art, la science et la technologie (FDL).A l’époque, il avait déjà contribué à mettre sur pied la chaire de recherche en organisation du travail de TUniversité de Sherbrooke et il se préparait aussi à créer la chaire Daniel Langlois de l’université Concordia consacrée aux technologies numériques et aux beaux-arts.Mais il souhaitait s’impliquer de façon plus systématique à partir d’ob- jectifs précis plutôt que d’y aller au cas par cas.Ces objectifs, on les retrouve décrits clairement dans le (remarquable) site Internet de la fondation (http:/ /unvw.fondation-langlois.org/f/informations/in-dex.html): «Organisme privé sans but lucratif, institué en vue de faire avancer les connaissances en art et en science en favorisant leur rencontre sur le terrain des technologies, la fondation cherche à susciter une réflexion critique à l’égard des effets de la technologie sur la société, l’environnement et la culture, ainsi qu’à encourager l’exploration d’esthétiques propres aux environnements technologiques.» Beau programme.Par contre, il ne suffit pas d’avoir de bonnes idées et de nobles idéaux, il faut d'abord s’impliquer concrétement: «Le mécénat, ce n’est pas une forme admise de l’évasion fiscale comme plusieurs le pensent, précise Daniel Langlois en esquissant un sourire.Une fondation, il faut s’en occuper, y investir beaucoup de son temps et de ses énergies, il faut que ça marche.» Langlois a choisi la seule solution pour pouvoir répondre à tout cela: il s’est entouré d’un personnel d’une dizaine de spécialistes dont Jean Gagnon, un personnage clé dans l’organigramme de FDL qu’il est allé chercher du côté du Musée des Beaux-Arts du Canada où il était conservateur associé des arts médiatiques depuis 1991.C’est lui qui gère les programmes et qui supervise l’aide apportée aux projets subventionnés — près d’une centaine depuis 1997 pour un total frôlant de tout près les 5 millions de dollars.Le travail de la Fondation s’articule à partir de quatre principaux programmes: le programme de bourses de recherche pour les artistes ou scientifiques individuels; le programme d’exposition, de distribution et de performance pour les organisations; le programme pour les organisations dans les régions en voie d’émergence; et le programme de bourses pour chercheur résident.En parcourant le site de FDL, on trouvera des noms forts connus.et d’autres beaucoup moins.Recherche et documentation A la suggestion de Jean Gagnon, FDL a aussi mis sur pied un imposant Centre de recherche et de documentation — qui jouit d’un budget d’acquisition de 200 000 US$ par année.Depuis l’an 2000, ce centre est quvert au public sur réservation.Étudiants et chercheurs peuvent aussi y effectuer des recherches en ligne.Le but du Centre est de documenter les pratiques artistiques dans lesquelles sciences et arts se rejoignent.FDL publie aussi des recherches, en ligne et sur papier, organise des conférences et diffuse des cédéroms et des DVD.Il y a quelques mois, en mars plus précisément, FDL et le musée Solomon R.Guggenheim mettaient sur pied un partenariat visant à jeter les bases d’un consortium d’organismes dédiés au patrimoine culturel.Ce réseau, nommé Variable Media Network (Réseau des médias variables), se consacrera à la conception et à la mise en commun de moyens de conservation des œuvres d’art utilisant des nouveaux médias.«Compte tenu de notre intérêt particulier pour la recherche portant sur la conservation des documents et des oeuvres d’art numériques, comme le soulignait à ce moment Jean Gagnon, cette alliance nous donne l’occasion de réunir deux expertises complémentaires: celle que nous possédons dans la documen- tation de l’histoire des arts médiatiques, et l’expérience inégalée du Guggenheim dans la présentation et la conservation de ces oeuvres.» Ce partenariat est dirigé conjointement par Alain Depocas, responsable du Centre de recherche et de documentation de la Fondation, et de Jon Ippolito, conservateur associé des arts médiatiques au Guggenheim.Après cinq ans d’existence, dans ses modèles de gestion comme dans ses choix, la Fondation Daniel Langlois pour l’art, la science et la technologie a déjà réussi à faire la preuve qu’elle s’impose comme un modèle à suivre.D1ANAN SHEARWOOD Silophone, l’expérience de musique électronique tenue au silo à grain n 5 dans le Vieux-Port de Montréal il y a deux ans, a été subventionnée par la Fondation Daniel Langlois.t LE DEVOIR.LES A M E Ü I 15 ET DIMANCHE 16 J l' I X 2 0 0 2 F 4 ARTS ET AFFAIRES L’Hôtel Delta se donne une vocation de galerie d’art La mezzanine a été transformée en vitrine de la vie culturelle montréalaise Petites et moyennes entreprises 2002 L’Hôtel Delta de Montréal a élaboré au cours des trois dernières années un concept novateur qui marie culture et affaires, une union enrichissante pour les deux parties.U s’agit de mettre à la disposition des artistes québécois une salle d’exposition où les clients de l’hôtel, mais aussi le grand public, peuvent admirer leurs œuvres et ainsi prendre le pouls de la vie culturelle et artistique de la métropole.sm JACQUES GRENIER LE DEVOIR Ixjuise Lapointe, photographiée devant une huile sur toile de Richard Morin, La Glaneuse #1, a œuvré pendant plusieurs années dans le domaine des arts avant d’être responsable des relations publiques et culturelles de l’Hôtel Delta.GENEVIÈVE OTIS-DIONNE Montréal reçoit à chaque année des millions de visiteurs.Ils sont d’ailleurs des milliers à s’être déplacés pour assister au Grand Prix, la grande majorité des hôtels du cçntre-ville affichant complet.Le Festival de Jazz et les multiples événements culturels de l’été attirent également leurs lots de touristes.Mais il y a aussi les affaires qui amènent plusieurs voyageurs dans la métropole.En fait, plus de 20 % du tourisme à Montréal est généré par ce secteur d’activité.Pour séduire toute cette clientèle, mais aussi pour attirer la population locale, les hôtels montréalais rivalisent en offres alléchantes et en idées originales.L’Hôtel Delta de Montréal, situé au cœur du centre-ville et des événements culturels, s’est démarqué par son concept particulier qui cherche à bâtir des ponts entre le monde des affaires et le milieu artistique et culturel.Depuis septembre 1999, la mezzanine de l’hôtel a été transformée en salle d’exposition dont la mission première est d’être une vitrine de la vie culturelle montréalaise.L’Espace Adagio «Il y a trois ans, j'ai proposé à l'Hôtel Delta de Montréal d’opérer leurs relations publiques via la culture, tes événements culturels, déclare Louise Lapointe, responsable des relations publiques et culturelles de l’hôtel.Le directeur général de l'époque, Michel Bourbeillon, voulait positionner l'hôtel comme un hôtel de la culture.» La salle d’exposition, nommée l’Espace Adagio, voyait le jour la même année.«Toutes les salles de conférence de l’hôtel ont un nom de compositeur et Adagio, ça veut aussi dire un mouvement lent en musique.Comme on doit ralentir le pas pour observer les œuvres, on a appelé la salle l’Espace Adagio», explique Mme Lapointe.Depuis ce temps, trois directeurs généraux ont succédé à M.Bourbeillon et celui qui occupe le poste présentement, Richard Boutet, compte bien conserver cette vision.La salle d’exposition, qui est située dans un lieu public de l’hôtel, fait le bonheur des clients et attire les Montréalais, ce qui est positif pour l’hôtel.«L’art est rentable, soutient Mme La-pointe.L’hôtel en profite.C’est un créneau qui n’est pas exploité, ça n’existe pas dans d'autres hôtels.Ils ont parfois des expositions, mais ils n’ont pas la vocation culturelle comme nous on l’a.» Une influence européenne L’initiatrice du projet, Louise Lapointe, a œuvré pendant plusieurs années dans le domaine des arts avant d’être responsable des relations publiques et culturelles de l’Hôtel Delta.Elle a également beaucoup voyagé en Europe et ce sont ses nombreux voyages, combinés à sa connaissance du milieu artistique montréalais, qui lui ont inspiré ce projet original.«En Europe, on retrouve beaucoup d’hôtels qui de- viennent en quelque sorte des lieux publics, au même titre qu’un musée ou une salle de spectacle, rapporte Mme Lapointe.Je trouvais intéressant que l’hôtel ne soit pas uniquement un lieu pour dormir ou manger, mais que les gens y allaient aisément pour entendre un concert ou voir une exposition.» De retour à Montréal, Louise Lapointe travaille pour l’Association des galeries d’art contempo- rain (AGAC) et s'imprégne de la vie artistique montréalaise.«À Montréal, je voyais que beaucoup d’artistes étaient à la recherche de lieux pour exposer et qu’il n’y avait pas nécessairement d’endroits pour créer des expositions dans le cadre d’événements majeurs à Montréal, comme les grands festivals ou les congrès», indique Mme Lapointe.Elle rencontre alors le direc- teur de l'Hôtel Delta et ils décident de mettre sur pied l’Espace Adagio pour encourager la vie culturelle et artistique de Montréal et pour donner une vocation particulière à l’établissement.•J’avais un pied dans le monde de la culture, des arts, et un pied dans le monde des affaires, et je trouvais le concept très intéressant et très stimulant.» Depuis ce temps, Louise Lapointe organise des expositions pratiquement à tous les mois et «les organismes culturels, les associations ont plus qu’approuvé, ils ont été heureux de l'expérience de venir dans un hôtel et d’avoir une visibilité, une vitrine, sur le monde des affaires».En effet, l’hôtel reçoit une clientèle d'affaires à l’année longue et elle possède 16 salles de conférence.Des expositions collées sur la vie montréalaise.Une grande partie des expositions qui s’affichent dans l’Espace Adagio sont en lien direct avec la vie culturelle de la métropole.«Quand j’ai des touristes qui viennent à l’hôtel, ils voient tout de suite ce qui se passe à Montréal», mentionne Mme Lapointe.Par exemple, l’hôtel présentait pendant la tenue du Grand Prix une exposition de photographies provenant de la collection personnelle du photographe Bernard Brault, intitulée Hommage à Gilles Villeneuve, décédé il y a 20 ans.Dans le cadre du 20e anniversaire du Festival Juste pour rire, l’Espace Adagio hébergera du 9 juillet au 3 septembre 2002 l’exposition 30 dessins sans dessein, présentée par l’Association des illustrateurs et illustratrices du Québec.«Ça me fait plaisir de pouvoir donner une vitrine à ces gens-là, affirme Mme Lapointe.U métier d’illustrateur et d’illustratrice, c’est difficile, surtout au Québec, parce que c’est petit.Si on peut faire des événements comme une exposition et faire connaître ces individus-là, c’est tant mieux!» .mais aussi une porte d’entrée pour tout le milieu artistique L’Espace Adagio reçoit égale- ment différents artistes d'ici et d’ailleurs qui viennent partager leur passion pour l’art.Du 31 mai au 4 juin 2002, l’exposition L’Art rassemble, organisée en collaboration avec l’Office des personnes handicapées, présentait les œuvres d'une quarantaine de peintres professionnels handicapés.Lors du vernissage, l’hôtel avait préparé un brunch bénéfice destiné à une levée de fonds pour l’organisme.Depuis trois ans, dans le cadre du congrès annuel sur les pâtes et papiers, Louise Lapointe planifie une exposition avec les artistes qui travaillent le papier comme matière première.«Chaque année, j’invite les congressistes qui viennent de partout dans le monde — ils sont 14 000 — à visiter l’exposition.C’est une autre vitrine pour le milieu de la culture, des arts, ça leur permet de s'infiltrer dans le milieu des affaires», souligne Mme Lapointe.L’hôtel organise également des événements culturels de grande envergure.Du 19 au 21 avril 2002, en collaboration avec l’Association des galeries d’art contemporain (AGAC), l’Hôtel Delta était l’hôte du Salon du printemps de Montréal.L’AGAC avait invité huit galeries de Barcelone et 13 galeries d’un peu partout au Canada à venir exposer au Delta de Montréal.Pour l’occasion, tout le quatrième étage de l’établissement avait pris l’allure d’une salle d’exposition.«Chaque chambre était transformée en galerie d’art contemporain et c'est une première, déclare Mme Lapointe.Ils reviennent l’année prochaine et nous sommes très fiers.» L’exposition avait attiré de 300 à 400 visiteurs par jour dans l’hôtel, qui a grandement profité de l’événement.Mme Lapointe considère qu’elle a «la chance de rendre hommage au milieu de la culture, aux artistes de chez nous et de permettre à la population de venir dans un endroit public pour voir une exposition».Selon elle, en étant doté d’une vocation culturelle, l’Hôtel Delta se positionne avantageusement dans la métropole.Hommage à Gilles Villeneuve, U Art rassemble et 30 dessins sans dessein mis à l’affiche Le milieu des Comité d’honneur affaires à la rescousse des arts Susciter l'intérêt des futurs mécènes JACQUES NADEAU LE DEVOIR Stephen Jarilowsky Stephen Jarilowsky est bien connu du milieu des affaires et des arts.Conseiller en placements et président depuis 47 ans de la société Jarilowsky Fraser qu’il a fondée, il siège également sur le comité d'administration de la galerie d'art Leonard et Bina Ellen de l’université Concordia.Sa femme Gail.détentrice d’une maîtrise en littérature anglaise de la même institution, partage sa passion pour les arts.11 y a un an, tous deux contribuaient d’ailleurs à la création d’une chaire en Histoire de l’art canadien en y injectant la somme — oserait-on dire modique — de 500 000 $.Associée au département d'Histoire de l’art de l’université Concordia, la chaire vise à développer et à promouvoir l’étude des arts visuels du Canada.«Je crois que c'est la raison pour laquelle on m'a nommé président du comité d'honneur du Prix Arts-Affaires», avoue-t-il.Collectionneur depuis toujours, il croit à l’importance du rôle des mé- cènes et à la poursuite du dialogue entre lç milieu des arts et des affaires.A la condition, bien sûr, que les artistes maintiennent dans leur travail un niveau de qualité suffisamment élevé pour attirer les collectionneurs.À son avis, les médias ont aussi leur part de responsabilité dans cette cause et gagneraient à augmenter la visibilité des artistes dans leurs pages.Il déplore le manque d’information dans les journaux, qui ont, pour la plupart, éliminé leurs critiques et rubriques culturelles.Gouvernements et dirigeants Le gouvernement devrait quant à lui encourager le dialogue en subventionnant davantage le milieu, ajoute le président du comité d’honneur.Il soutient en outre que les récentes coupures visant à économiser les deniers publics ont porté atteinte au milieu des arts.Lorsqu'on lui demande si la solution doit venir du milieu des Huit personnalités du milieu des affaires siégeaient au comité d’honneur du Prix Arts-Affaires.Six d’entre elles témoignent de cette obligation qu’elles ressentent de s’impliquer dans la vie culturelle de la métropole culturelle et économique qu’est Montréal.Mais, comme le constate d’entrée de jeu le président du comité d’honneur, l’attachement des dirigeants d’entreprise pour les œuvres d’art ne se gagne pas du jour au lendemain.Textes de Mylène Tremblay.affaires, l’homme se fait sage.L’attachement des dirigeants d’entreprises pour les œuvres d’art ne se gagne pas du jour au lendemain.11 faut, propose-t-il, susciter leur intérêt en les invitant à différentes manifestations artistiques — expositions, dîners, lectures, etc.Il pense notamment à la lecture publique qu’avait donnée le professeur et historien de l'art François-Marc Gagnon lors du lancement de la chaire d’Histoire de l'art canadien, dont il est le premier détenteur.Depuis, l’événement se produit deux fois par ans à la galerie Ellen.«Il faut s'adresser aux groupes qui ont de l’argent et qui seraient susceptibles d’investir à long terme dans des collections d’œuvres d’art ou dans l’entretien des musées», conclut-il.«Les artistes ont besoin d'aide» Originaire d’Égypte, Rosemon-de Mandeville conserve de son pays natal le culte des arts et toute la chaleur humaine.Docteu-re en microbiologie médicale, au-teure de nombreux articles scientifiques et de livres sur la santé, elle se dit préoccupée par la situation des artistes au Québec et dans le monde.«C’est le devoir de la communauté des affaires d’aider les arts dans toutes leurs dimensions, affirme la présidente de Biophage Pharma II est important d’encourager nos jeunes artistes, même s’ils se situent à un pôle éloigné de celui du monde des affaires» Son propre fils, Serge Mandeville, vient lui rappeler toute l’impor- SOURCE BIOPHAGE PHARMA Rosemonde Mandeville tance du débat D'abord inscrit à la Faculté de pharmacie, le jeune homme s’est épris du théâtre après avoir monté en amateur le Caligula de Camus.Depuis, le dramaturge multiplie ses prestations artistiques au sein de la compagnie Ab-soluthéâtre qu’il a créée en 1997 avec des collègues du Conservatoire d’art dramatique.«Je sais combien il travaille fort pour des “peanuts’’, s’insurge-t-elle.Ce n'est pas correct Le milieu des arts est un milieu très pauvre sur le plan monétaire.Les artistes ont besoin d’aide.» «Para-affaires» Cette mère, dont la carrière s’étend sur plus de 25 ans de recherche dans les domaines de l’oncologie et de l’inimunologie, qui siège sur le CA de plusieurs sociétés dont Investissement Québec, cherche ainsi à s’impliquer davantage dans ce type d'activités «para-affaires» qui consiste à aider les artistes à trouver des moyens de se financer autrement qu’en faisant appel au gouvernement «L’art est une dimension importante de notre culture, clame-t-elle.Il faut s’en occuper On renvoie tout le temps cette responsabilité au gouvernement.Mais vient un temps où il n’a plus d’argent.» Le milieu des affaires doit-il pour autant prendre la relève du gouvernement?D’une certaine façon, oui, assure Mme Mandeville.«Si nous ne nous occupons pas des artistes, qui le fera?» Biophage distribue ainsi, selon ses moyens, des subventions.la société aide également les jeunes à trouver des emplois à temps partiel, aux dires de sa présidente et fondatrice.«Nous sommes une petite compagnie, mais nous devons solliciter les grosses compagnies multinationales pour qu’elles s’impliquent à leur tour.» Car sans l’appui d’un porteur de flambeau, les portes restent closes, constate-t-elle.«lui vie m’a appris qu’on a tous besoin d’un champion pour avancer.Le milieu des affaires doit s'impliquer et être ce porteur de flambeau pour les arts.» La télé, relais des arts et des affaires \ A la tête d'ARTV depuis février 2001, soit cinq mois après son entrée en ondes, Lina Allard veille à ce que la chaîne culturelle devienne «un lieu de rencontre privilégié entre les artistes et le public».La directrice générale voit donc d’un œil favorable sa participation à l’édition 2002 du Prix Arts-Affaires puisque la télévision peut servir d'intermédiaire entre les deux milieux.Elle cite l’émission Palmarès qui présente, à l’occasion, des reportages tournés dans des entreprises qui investissent dans des œuvres d'art «Il faut qu ’on soit toujours aux aguets pour constituer une banque de tous les gens d’affaires chez qui on constate un engouement pour les arts», dit-elle.L’équipe télé accompagnera, par exemple, tel architecte dans tel bureau.afin de montrer ce que le milieu des affaires lui a commandé et lui a permis de faire.«On est en /01mm»' SOURCE ARTV Lina Allard première ligne pour constater l’attachement du milieu des affaires pour celui des arts.» Un fait peu connu du grand public, selon elle.Bonne image pour les compagnies La chaîne bénéficie elle-même de l'aide de plusieurs commanditaires qui financent certaines manifestations artistiques, comme le gala des Jeunesses musicales.Ce genre de diffusion en direct, très coûteuse, ne pourrait se faire sans le concours des gens d’affaires, assure Mme Allard.Elle constate également que les compagnies aiment bien faire valoir auprès du public leur participation aux activités culturelles et artistiques.«Elles s’incitent mutuellement à y prendre part car c’est bon pour leur image.» Un point sur lequel la chaîne doit mi$er, observe-t-elle.À son avis, le milieu des affaires gagne à soutenir celui des arts, qui lui apporte en échange une vie communautaire intéressante.Mais cet échange se fait non sans effort Les entreprises doivent être constamment rejointes sur leur propre terrain, alors que les rouages de la télévision relèvent bien souvent du mystère pour elles.«Ça fait partie de mon mandat de montrer ce qui se fait de mieux en matière d’art et culture au Québec et dans l'ensemble du Canada dans le milieu des affaires», confirme Lina Allard.\ ___ ________LE DEVOIR.LES SA M F.D l 15 ET DI M A \ CHE 16 J T IN 2002 .F f) - ARTS ET AFFAIRES"^ Créativité et développement économique Un nouvel indicateur, l’indice bohémien, pour mesurer la vitalité urbaine La vie artistique stimule l’économie des villes Connaissez-vous les 3 T: technologie, talent et tolérance?Ce sont des critères qui permettent d’établir l’indice bohémien.Aux États-Unis, cinq villes dépassent le niveau moyen de 1,15.Au Canada, Montréal afficherait un ronflant 1,79! Rencontre avec Richard Florida, l'initiateur de cette nouvelle mesure économique.ARCHIVES LE DEVOIR •* ?.il "V •» m SK .T»- 4iL,' ,¦ .Montréal et la nouvelle Cité du multimédia.La clé du mystère de l’actuelle géographie économique se situe dans les «3 T» du développement, soit la technologie, le talent et la tolérance.Chacun de ces éléments représente une condition sine qua non pour accéder à la croissance et pour assurer celle-ci.REGINALD HARVEY Dans un monde technologique, le profil de la main-d’œuvre tend à changer.Des travailleurs mieux formés s’installent là où les milieux de vie recèlent des valeurs culturelles qu’ils privilégient en même temps que ces dernières déteignent sur le développement économique.Inspiré par cette réalité, Richard Florida, professeur de développement économique régional et directeur du Centre industriel du logiciel à l’université Carnegie Mellon de Pittsburg, utilise depuis 2001 un indicateur clé qui sert à évaluer la qualité de vie, la tolérance et la créativité que renferment villes et régions.Il s’agit de l'indice bohémien, qui mesure le nombre d’artistes présents dans une société au prorata de la population globale.Cette donnée statistique sert à prouver qu’il existe une concordance entre la concentration d’artistes et celle des industries de technologie de pointe qui sont répertoriées dans une même zone géographique.Il ressort aussi des travaux du professeur qu'il y a une évidente, significative et positive analogie entre le nombre d'artistes, un riche bassin de ressources humaines et la quantité d’industries de pointe qui sont réunis dans un lieu donné.L’indice bohémien moyen qui a été reconnu pour les 50 plus importants centres de recensement américains se situe à 1,15.Seules cinq régions dépassent ce niveau, soit celles de Washington, San Francisco, Seattle, Boston et Nashville.En s’inspirant du modèle réalisé par le professeur Florida, l’Institut de la statistique du Québec a fixé l’indice de Montréal à 1,79, ce qui fait de la métropole l’une des villes les plus bohémiennes ou artistiques en Amérique du Nord.L’émergence d’une classe créative A partir de ce fameux indice, Richard Florida vient de signer le livre The Rise of the Creative Class.L’ouvrage soutient que, sur le plan de l’emploi, la vapeur a été renversée par le fait que ce sont maintenant les industries qui s'installent quelque part en quête d’une main-d’œuvre qualifiée.Ce phénomène a donné naissance à l’apparition d’une nouvelle classe créative.Selon l’auteur, cette classe compte quelque le noyau de celle-ci est composé de scientifiques, d’universitaires, d’artistes, de professionnels, d'écrivains, de gestionnaires et autres personnes dont le travail fait appel à la création.Ce puissant groupe d’influence dispose d’un très grand pouvoir économique.L’auteur croit que la clé du mystère de l’actuelle géographie économique se situe dans ce qu’il nomme les «3 T» du développement, soit la technologie, le talent et la tolérance.Chacun de ces éléments représente une condition sine qua non pour accéder à la croissance et pour assurer celle-ci.Certaines villes ont connu du succès sur le plan économique parce que les 3 T se retrouvaient dans le décor.D’autres, comme la Nouvelle-Orléans et Miami, ne figurent pas au palmarès en raison de l’absence de l’un de ceux-ci, soit la base technologique nécessaire.Un facteur essentiel En raison de l’apparition de cette classe, M.Florida croit-il juste d’affirmer qu’une certaine forme de qualité de vie soit devenue un facteur essentiel dans le développement et la prospérité économiques des cités?Il en est persuadé et s’explique ainsi à ce sujet «Dans la qualité d’un lieu, il y a les diverses structures en présence, comme les édifices et les aménagements naturels; il y a la population, au sein de laquelle on retrouve toutes sortes de gens, divers groupes ethniques, différentes nationalités, des hétérosexuels et des gays, des personnes de toutes les apparences; il y a également tout le côté environnemental, tel le spec- tacle de la rue, les parcs et les sites récréatifs extérieurs, les cafés et les terrasses de même que la scène musicale et artistique.Voilà tout ce qui est important à ce chapitre.» La situation de Montréal Selon cette vision et dans le contexte de l’émergence de la classe créative, Montréal occupe une place intéressante.«La ville joue clairement gagnante.I Luis êtes devenus une terre détection pour les gays aussi bien que pour les artistes, et la tille est en train de se tmnsjor-merdans un t
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