Le devoir, 24 juin 2006, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 23 J T 1 N 2 0 0 (! CINÉMA Hommage à l’autre Leonard Page E 4 NOUVELLES D’ÉTÉ On n’est jamais trop curieux Page E 8 JAZZ Sur mesures.Mine de rien, aujourd’hui, appeler jazz le jazz, ça devient aussi hasardeux que la confection du soufflé au fromage ou la cuisson de l’an-douillette.En tout cas, lorsqu’on scrute le programme du 27e Festival de jazz de Montréal, on retient des dénominations qui riment à la perfection avec «appellation d’origine incontrôlée».C’est flou?Et comment! SERGE TRUFFAUT Avant, pour faire simple, il y avait le jazz.Aujourd’hui, on note qu’il y a du pop-jazz, du nu jazz, de l’ambiant, de l’acousma-tique, du Tex-Mex jazz, du urban jazz — euh! —, il y a même du trip-hopjazzy-lounge.Celui qui dit qu’il fait ça, le machin trip-hop, il veut dire en fait qu’il fait la totale.Des cornichons avec ça?Le «marquetinguuee».Sérieusement — enfin, si on peut —, tout ça sent bon le «marquetinguuee».C’est sérieux (bis), mais à Nueva Yorke, les vépés, ils se démènent comme de beaux diables (sic) dans l’eau bénite du gospel pour vendre leurs poulains.Alors, ils leur taillent des marchés sur mesure.Ce qui d’ailleurs est tout à fait, non pas naturel, mais normal.Apres tout, on est, paraît-il, à l’ère de la fétichisation de la marchandise.Quand on vous disait que c’était compliqué.Passons.Bon, alors le jazz, où c’est qu'il sera?D sera avec, ou plutôt entre les mains de McCoy Tyner, de John Zom, de RomanoSdavis-Texier, de Derome-Guilbeault-Tanguay, de Kenny Garrett, de Ravi Coltrane, de Pharoah Sanders, de Don Byron, des Projectionnistes, de Bruno Toscane, de Jean Beaudet, d’André Leroux, de Don Byron, de Joe Lovano, de Romano avec Marie Turner qui nous fait penser au saxophoniste Dave Turner.Là, il faut faire une précision géographique.Certains des gaillards susnommés se produiront dans le cadre du festival; d’autres, dans celui du off-festival.On mentionne cela avec discrétion parce que les uns et les autres sont aussi susceptibles que Charles Martel devant les Sarrasins en 737.Bon, allez, soyons sé rieux (bis du bis) et parlons de Tyner pour commencer.McCoy et les autres Il était une fois un producteur qui se distinguait de ses confreres par la curiosité et un goût certain pour le risque.Il s'appelait Bob Thiele.En 1961, les patrons d’ABC-l“aramount lui confient la direction d’hnpulse! Parmi les artistes déjà sous contrat, il y a John Coltrane.Il vient d’en finir avec Miles Davis et ses vieux démons personnels, lorsque Thiele le prend en charge.Ou plutôt a l'intelligence de gommer sa timidité maladive pour libérer ainsi l'énorme charge creative qui l’habite.La suite, évidemment, on la connaît mieux.Coltrane signera le plus beau disque de ballades à ce jour (Ballads), le phis spirituel VOIR PAGE E 2 MESURES rtUll.iire 27' FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTRÉAL ontiere de l’Amérique Calexico, c’est la musique de l’Amérique telle qu’on l'aime, baroque, panoramique et culturellement affranchie, faite de twang à la Duane Eddy autant que de surf-rock californien, de western spaghetti à la Ennio Morricone autant que de cool jazz, de mariachi tex-mex autant que de chanson française A la Dominique A.C’est aussi le porte-étendard d'une autre Amérique, celle qu’on tente à la fois de raviver et de réinventer dans des endroits tels que Bisbee, Arizona, vestige de la ruée vers l’or devenu havre de penseurs et d'artistes.Et lieu de création de Garden Ruin, le dernier Calexico.Entrevue avec le chanteur-guitariste et cofondateur Joey Burns, en amont des spectacles du groupe A Québec et A Montréal.FOOSTOCK \ w WW I n y SYLVAIN CORMIER Un corbeau.Transpercé de branches d'arbre.Ainsi le groupe Calexico illustre-t-il le recto de pochette de son phis récent album, Garden Ruin, pir La main de James Jean, habitué des pages de Mother Jones, revue phare de la gauche américaine, Oui, c’est très volontairement synv bolique.Il-dessin cl l'association.«
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