Le devoir, 10 juillet 2006, Cahier A
LE DEVOIR MONDIAL DE SOCCER L’Italie, cinq sur cinq ¦ La Squadra Azzura l’emporte aux tirs au but contre la France ¦ Zidane tire sa révérence sur la fausse note d’une expulsion JKKKY !.AMI>I.N KlïlJTKKS Porté par sc-s «coéquipiers, Fabio Cannavaro embrasse le trophée de la Coupe du monde après la victoire de l’équipe italienne, hier, sur la France.Lorsque Marcello lippi, le sélectionneur de lltalie, a appris que ses compatriotes s'apprêtaient i\ faire la fête à son équipe lors de son retour au pays quoiqu’il advienne dans la finale de la Coupe du monde, le monsieur notait pis content.Nous n'avons encore rien Ka^ne.disait-il, et si nous perdons le dernier match, nous n'aurons iras le eæur à rigoler.La rencontre ultime, avait-il ajoute, «ris/ un btinQuctà lu table duquel nous nous sommes im ités, et on verra qui a le plus faim».Pour le reste, au plan technique, au plan talent, les deux finalistes étaient virtuellement égaux.Alors voici, pour fignoler une idiote métaphore culinaire: en l;iit de banquet, l’étape des hors-d’œuvre fut un ix'u longuette, le plat de résistance est allé en bonne part aux Français plus gour mands mais incapables de finir l’assiette, et ce n’est qu’au dessert cpie, le principal convive' ayant été viré de la réception, les Italiens sont enfin parvenus à rassasier l'appétit de championnat qui les rongeait depuis leur dernière — et lointaine — conquête du titre suprême, il y a 24 bonnes années.Comptant del monde), comme qu’on dit.L’improbable mission Au final: Italie 1, France 1 après 120 minutes de jeu, et cinq tirs au but contre trois en faveur de la Squadra Azzurra, qui accomplit l’improbable mission de ramener à la maison le trophée Jules Kimet au moment même où le football national est empêtré dans l'un des plus lourds scandales de l’histoire du s(K)rt.Comme en 1082, rapixdleront les connaisseurs à la mémoire longue, quand l’ado Rossi, lui-même fraîchement sorti d’une sombre histoire de |xiris illégaux, s’était levé jxmr conduire les siens au sommet du monde.Mais par un concours inimaginable de circonstances, c’est peut-être d’abord une autre histoire, un événement dans l'événement, qui passera i\ la !X>stéri té: un violent coup de tête porté par Zinedine Zidane, jusque-là aussi impérial que d’habitude, au thorax de Marco Matenizzi à La suite d’une altercation verbale VOIK PAGE A H: ITALIE Jeun Dion Kideau surleFIJM Elizabeth Kontomanou, Pat Martino, Paul Simon.Daniel Lanois et Em-mylou Harris, Salif Keita, Elvis CosteDo, Paul Simon.Etta James et Bonnie Raitt.Le Fe-strvml international de jazz de Montréal, qui livrait hier soir ses dernières notes, a laissé de bons souvenirs à nos journalistes, qui livrent aujourd’hui un bilan généralement positif de cette 27' édition.lire en page B 8 Dans l’univers bédé de Paul Tous les lundis d« l’été, à compter d’aujourd’hui.Le Devoir vous prognose de plonger dans l’univers de Paul, personnaf^e- sorti de l’imagination du bédéiste québécois Michel Rabagliati, à travers une de ses aventures intitu lée Paul à la campagne (La Pastèque).Sympatîricpje, affable et débordant de bons sentiments.Paul e-st devenu depuis son apparition en 1999 une des fi^fucres emblématiques du monde de la bande dessinée francophone.À.lire en page B 5 I X D E X .Xirnoncts _B 6 .-Vv» public» .B 2 «Tokure.BR I ___________B6 Éoravitnif —AS FCdhmit! ____A6 Idée*________A7 Météo________B2 Monde.El Mo(a croiaéa B2 Politique A3 RefigtocMi __B 8 Sudoku______B2 Télévitono B7 L’ENTREVUE Les gaz à effet de serre, une responsabilité collective Le problème des changements climatiques ne se limite pas à la Chine, selon Cédric Philibert de l'Agence internationale de l'énergie BRIGITTE SAINT-PIERRE Le développement économique fulgurant de la Chine fascine, mais inquiète aussi parfois.Il ne manque pas et ne manquera pas d’avoir des répercussions sur l’environnement en général et sur les émissions de gaz à effet de serre en particulier.•La Chine /ait évidemment partie du problème, mais le problème ne se réduit pas à la Chine», nuance toutefois Cédric Philibert administrateur principal à la Division de l’efficacité énergétique et de l’environnement de l’Agence internationale de l’énergie, à Paris.Selon lui, il existe une tendance dans nos sociétés à désigner la Chine, et éventuellement l’Inde, comme les grands responsables des changements climatiques.Or, M.Hiffibert fait valoir que fEurope produit autant d’émissions que la Chine, et les Etats-Unis, bien plus.H ajoute que fa Chine et ses habitants font certains gestes qui fimrtt-ront la croissance des émissions de gaz à effet de serre (GES).Des émissions «normales» Cédric PhiBbert était de passage à Montréal la semaine dernière pour donner des cours dans le cadre des écoles d’été sur la Chine ainsi que sur le droit international de l'environnement du Centre d'études et de recherches internationales de FUniveTsité de Montréal (CERIUM) VOIR PAGE A 8 CHINE Xlli r.UAS KHTf HS Devant des besoins grandissants, la Chine n’a pas d’autres choix que de se tourner aussi vers des sources d'énergie douce, comme l’énergie éolienne.Un PC de plus en plus présent au Québec Le nombre de membres a doublé en six mois ALEC CASTONGUAY Ottawa — bi percée des conservateurs au Québec lors des dernières élections fédérales a eu un effet immédiat sur le terrain, alors que k*s cartisi de membres du parti se vendent bien.En effet, le Devoir a appris que le Parti conservateur (PQ a doublé son membership dans la province depuis six mois, passant de 10000 membres l’automne dernier à plus de 20 (XX) actuellement.Selon nos informations, le par ti de Stephen Harper vient également tout juste d’ouvrir son bu reau permanent à Montréal, situé dans l'est de la ville, alors que plusieurs comtés visés par les conservateurs lors de la pro chaîne élection se sont tait dire d'être •opérationnels» dés décembre, en raison des risques d’élections.De plus, te Devoir a appris que l'Association des conservateurs du Québec, qui (ait office d’aile provinciale du parti, est rie venue inopérante et n’a aucune inlha-nce flans la prie vince.Pfxirtant, cette structure unique au Canada au sein du Parti conservateur avait été réclamée à grands cris par plusieurs militants québécois il y a tout juste un an.Aux trou him** den libéraux L’élection de dix députés conservateur» au Québec en janvier dernier a passablement changé le visage du PC dans une pr/vince D'une organisation balbutiante qui renfermait moins de 10 (XX) membres l’automne dernk-r, le Parti cons/Tvateur est aujourd'hui aux trewsae* du Parti libéral du Canada (PLC) en ce qui concerne le membership VOIR PAGE A « CONSERVATEURS Le parti de Stephen Harper vient d’ouvrir un bureau permanent à Montréal i t LE !) E V (J I H .LE LUNDI 10 JUILLET 2006 A 2 I, E S A C T U A LIT E S Wi % ’V PEDRO RUIZ LE DEVOIR Klaxons, drapeaux, cris de joie.Dès l’annonce de la victoire de leur équipe en finale du Mondial, les Italiens sont sortis fêter joyeusement et bruyamment, hier, dans les rues de Montréal.La Petite-Italie s’embrase Des milliers de partisans fêtent dans les rues LI SA-MARIE G E R VA I S La Petite-Italie s’est soudainement embrasée vers les 16h45, alors que des cris de joie se sont mêlés aux klaxons et aux bruits stridents des sifflets et des trompettes, assourdissante cacophonie de pure allégresse.Dans un soupir tie soulagement, les partisans de la Squadra Azzura, drapeaux et bouquets de ballons tri colores en main, ont littéralement envahi la portion du boulevard Saint-Laurent entre les rues Saint Zotique et Jean-Talon, le traditionnel cœur de la Piccola Italia.«Enfin! Après toutes ces années, c'est la victoire qu 'on attendait», a lancé le cœur léger le résidant de Saint-Léonard Tino Varanese, qui n’a pas manqué d’attirer les regards avec son déguisement de centurion romain.«J’avais confiance qu’on allait gagner.Ce n'était qu'une question de temps», a-t-il poursuivi en bombant fièrement le torse.Sous une pluie de mousse et de confettis, les supporters de l’équipe italienne ont ainsi défilé dans les rues en liesse sur des airs connus du folklore italien.« Viva Italia!, s’est écriée b ina Mazzei, une résidante du quartier.J'ai été de toutes les fêtes de la Feti-te-Italie, mais celle-ci est la meilleure parce qu 'ellegoûte la victoire», a-t-elle ajouté avant de joindre sa PEDRO KC1/ LE DEVOIR l-e bonheur des uns fait le malheur des autres: ce supporter français semblait avoir de la difficulté A croire A la défaite de son équipe, hier, au parc Jean-Drapeau.voix à celles des centaines de fans qui entonnaient «We are the champions», complètement grisés par l’émotion.I^s cheveux et le visage peints en vert-blanc-rouge, Joey Pontarelli reconnaît néanmoins avoir eu chaud lorsque la France a réussi son premier penalty.«Avec Zidane, la France aurait peut-être eu une chance de l’emporter», a-t-il souligné en fai-sant allusion à l’expulsion de Zinedine Zidane, grand favori de l’équipe de France.Rue Sainte-Catherine, dans un Spectrum qui affichait complet, les supporters des Bleus ont arboré des mines déconfites, mais surtout des moues d’incompréhension après que leur héros eut reyu un carton rouge.Profondément dé^us, certains des quelque 12(X) fans venus encourager leur équipe dans ce bastion plutôt français l’ont même hué.«Zizou n'aurait pas dû se fâcher, s’est exclamé le jeune Aymane Farissi, d’origine française et marocaine.Sans lui.toute l'équipe est déséquilibrée», a analysé ce fana du finit âge d’à peine 13 ans.Dans une atmosphère bon enfant et amicale, la tension a subitement monté d’un cran lorsque le premier joueur s’est avancé au filet pour le premier es-s;ü de la fusillade qui allait en finir avec cet interminable match, les signes de croix et les prières de Frank William Thomas n’ont pas suffi pour que la France rentre victorieuse.«Si la France perd, je meurs», a-t-il dit l’air grave.Plus tôt, quelques heures avant que la finale ne débute, les amateurs de soccer ont afflué en grand nombre vers le parc Jean-Drapeau, sur le parterre de Pile Notre-Dame où ils avaient été conviés à venir assister au match sur grand écran.Après avoir pris connaissance du très grand nombre de spectateurs — plus de 10 (XX) selon les responsables du comptage à l’entrée du site —.Mustapha Terki, l’instigateur de l’événement en partenariat avec la Ville de Montréal, s’est dit «victime de son succès».«Comme c’est la première année qu ’on organise ça, on ne savait pas trop à quoi s’attendre en matière d’assistance.Mais c’est sûr que Zizou nous a aidés», a-t-il reconnu sur un ton amusé.L’homme qui est aussi à l’origine des Rencontres internationales cinéma et sport de Montréal, un festival de films qui s’est déroulé sur le thème du soccer cette année, s’est dit très satisfait d’avoir réuni autant de monde de toutes les allégeances.«On voulait créer un grand événement neutre et amical et rassembler toutes les collectivités sur un même site.Il semble que ça a marché.» Moins enthousiaste.Karirn Yaya a jugé que l’endroit était trop bondé et a déploré le fait que tous n’aient pas pleine vue sur l'écran géanL «H y a beaucoup d'ambiance, mais surtout beaucoup trop de monde.C’est désolant», a-t-il dit.Michel Beau-champ et sa copine, deux spectateurs avides demotions fortes, ont abondé en ce sens.«Ç’aurait été parfait s’il y avait eu moins de gens.On a mis beaucoup de temps à atteindre le site», a-t-il indiqué.Encore chanceux qu’il l’ait atteint puisque près de 3(XX) fans ont dû rebrousse'!' chemin, les organisateurs ayant décidé de bloquer l’accès par souci de sécurité.Un incident qui a fait dire à Mustapha Terki qu’il allait s'ajuster en conséquence la prochaine fois.Youssef et sa bande, tous ressortissants du Moyen-Orient venus étudier à l’université Concordia, ont décidé de faire fi des recommandations des agents de sécurité.Plutôt que de rentrer sagement à la maison, ils ont préféré traverser à la nage le petit canal qui bordait le site.«On a fait ça pour l'amour du foot.On n'allait quand même pas manquer le match», a dit le jeune homme d’origine libanaise.Le Devoir vflCflnce/ FAmiuAie/ TOUT-Compfil/! CUBA VARADERO PlAtACAlfttHOm 849L INFANTS 699 » \ MMAMf TOUTCOMPfttS lw» >4 et 31 jv»! RÉPUBLIQUE DOMINICAINE PUERTO PLATA LA ROMANA SANlAIWBtACHRfSORT 849!.INFANTS 499 * » SIMA** TOUT-COmWI» Î4 *?31 RW RIME 849*.ENFANTS 599 * I StMAMI TOtn COMMHS W» 14 St jvtt GoTfQvelDirect.com (514) 849.3344 • 1.866.7493344 CœttLloi au bxS d «xlpn«sabo'As 3 50 $ cw trarche J6 n4e cfctes «n airtsnsrt Pï1 d5TOit*9s erigv ssubnfet a mu gurawpttrHi .w .«p mijwwwtr*s**i*U* .• mma* Nanpi»• tkhnM ^«m»~«»»« »4èr w* tsw»*NO» i**»«»*•««ut* Mfcn**«A *•.»**»*»«¦«»* «sWfcww Mr 3te*î.wr «ii«« .«MkM» 237 688 ^ pour la Fondation Père Lindsay La soirée-bénéfice de ta Fondation Père Lindsay, au profit du Camp musical de Lanaudière, a remporté un vif succès ie 15 juin dernier avec des recettes et des commandites qui ont atteint la somme record de 237 688 S Animé par le comédien Vincent Bolduc, cet événement a réuni, à l’hôtel InterContinental de Montréal, plus de 170 personnalités du milieu des affaires et artistique.La Fondation remercie les membres de son conseil d’administratton qui, par leur travail et leur générosité, ont rendu possible cet evenement et souligne l’apport des commanditaires et tout particulièrement Air Transat, Banque Nationale du Canada, M François Boucher, Le Rouet Métiers d’Arts.M Paul Dupont-Hébert et Zone 3, M Claude Lanthier.M Pierre Mantha, Piscines Trôvi.Sur la photo apparaissent, entre autres, le Père Fernand Lindsay, directeur du Camp musicai de Lanaudière, M Pierre Mantha.président de la Fondation Père Lindsay, M Vincent Bolduc, comédien et animateur de la soirée M et Mme Maunce Frechette de Power Corporation.M et Mme Clément Hudon, de Piscines Trèvr ainsi que M Jean-Marc Léveiltè, président de Dotemtex Un autre soldat tombe en Afghanistan Kandahar, Afghanistan — Un soldat canadien a été tué et deux autres ont été blessés hier lors d’affrontements avec des militants talibans dans le sud de l’Afghanistan.Le caporal Anthony Joseph Boneca, 21 ans, un soldat réserviste appartenant au Lake Superior Scottish Regiment basé à Thunder Bay, en Ontario, faisait partie de la mission militaire canadienne en Afghanistan depuis le début de l’hiver dernier.Son unité devait revenir au Canada le mois prochain.M.Boneca a été tué alors qu’il combattait aux côtés du régiment d’infanterie légère Princess Patricia près du village de Pashmol, un secteur où les talibans ont été très actifs au cours des derniers mois.«Ily a eu beaucoup d’engagements et, malheureusement, nous avons perdu le caporal Boneca», a déclaré le brigadier-général David Fraser, le commandant canadien de la brigade multinationale basée à Kandahar.Le caporal Boneca devient le 17r soldat canadien à perdre la vie en Afghanistan.Selon la famille.Anthony Joseph Boneca faisait partie de la force de réservistes depuis quatre ans.Il a servj auparavant comme garde aux Emirats arabes unis et a fait deux séjours à Kaboul.Dans un communiqué émis hier, le premier ministre Stephen Harper offre ses condoléances à la famille et aux amis du militaire.«Nos prières vont aux proches du La victime faisait partie de la mission canadienne depuis l’hiver caporal Boneca en cette difficile période et nous croyons fièrement comme nation que son sacrifice n’a pas été en vain, parce qu’il a donné sa vie pour la sécurité des citoyens non seulement du Canada mais de l’Afghanistan», écrit le premier ministre.Quelques heures à peine après que le caporal Boneca soit tombé au combaL deux autres soldats canadiens ont été blessés dans le même secteur.Les deux ont aussitôt été évacués par hélicoptère vers un hôpital de la coalition à la base de Kandahar.Les autorités militaires ont toutefois confié que leur vie n’était pas en danger.Deux autres soldats canadiens avaient été blessés samedi, dont un grièvement Les violents affrontements avec les insurgés talibans surviennent alors que les soldats canadiens et l’armée nationale afghane poursuivent leur opération de ratissage dans une région parsemée de villages et de champs où poussent souvent pêle-mêle les vignes, la marijuana et d’autres cultures.Par ailleurs, la base aérienne de la coalition à Kandahar a de nouveau été la cible d’attaques à la roquette hier soir.Les premiers rapports ne faisaient pas état de blessés, mais deux ambulances ont été vues se dirigeant, leurs clignotants allumés, vers l’hôpital de la base.Presse canadienne Complot terroriste déjoué à New York Un dirigeant musulman ne croit pas à la filière canadienne Montréal — Un dirigeant de la communauté musulmane de Montréal ne croit pas à une veritable implication canadienne dans le présumé complot visant à faire exploser des bombes dans des tunnels de New York.Malgré les informations voulant que le chef du groupe, Assem Hammoud, ait fait des études à l’université Concordia de Montreal, Salam Ehnenyawi ne se souvient pas de l’avoir rencontré ou vu à l’epxxiue lors des prières à la mosquée.«Je ne me souviens pas du tout de lui, a ajouté M.Elmenyawi hier./étais là pendant la même période et je dirigeais la prière, et je ne me souviens pas du tout de lui.» M.Elmenyawi affirme par ailleurs qu’il en a assez de voir les Américains blâmer le Canada pour les activités terroristes au sud de la frontière.«Les États-Unis s'en prennent injustement au Canada en affirmant que notre pays est une source de terroristes.• Selon les autorités américaines, les huit présumés terroristes reliés à al-Qaida, dont un qui possédait un passeport canadien, envisageaient d’attaquer des tunnels qui relient New York au New Jersey sous le fleuve Hudson en octobre ou novembre prochain.Toutefois, le plan, qui n’existait encore que sur Internet et dans les ordinateurs des présumes complices, n'a jamais progressé au-delà des vœux des participants.Quant à Hammoud, 31 ans, qui est actueflement emprisonné au Liban.il n’a pas encore été identifie formellement jusqu’ici par les autorités.Son nom a été mentionné dims un journal de Beyrouth.Une station de télévision de la capitale libanaise a également affirmé que l’homme avait été recruté par al-Qaida en 1994 alors qu’il fréquentait une université à Montréal.Par ailleurs, le Los Angeles Times a affirmé, en citant la télévision libanaise.que Hammoud s’était déjà rendu à New York et au New Jersey à plusieurs reprises avec un passeport canadien pour évaluer des cibles potentielles.Mais ni M.Hammoud ni sa famille ne possèdent de passeport canadien, a déclaré une source proche de l’enquête à la Presse canadienne, ce qui veut dire que si un tel passeport a effectivement existé, il était faux.«Il n’est pas canadien, il ne peut donc pas avoir de passeport canadien», a ajouté la source sous le couvert de l’anonymat La famille d’Hammoud se moque pour sa part des prétentions américaines voulant qu’il soit relié au groupe extrémiste al-Qai-da, ou qu’tl ait fait partie d’un corn plot visant à attaquer des tunnels de New York.Samedi, le premier ministre Stephen Harper, en visite à Calgary à l’occasion du Stampede, n’avait pas grand-chose à dire sur cette affaire.«Nous allons collaborer avec les États-Unis et rassembler toutes nos informations», s’est-U borné à dire.Presse canadienne EN BREF Trois morts dans un accident d’avion Montréal — Trois personnes, dont deux touristes vraisemblablement français, ont perdu la vie dans l'accident d’un petit hydravion qui s’est écrasé en bordure d’un lac situe à .XX) km au nord-est de Montreal ont indique hier les autorités.L’hydravion s’est écrasé puis a explose samedi peu avant midi (16h GMT), quelques instants apres son décollage sur un lac situé dans la region forestière de la Tuque, ont indique les autorités, «Nous confirmais U décès des trois ixvupants de l’aeronef, soit le pilote et les deux passagers», a declare hier un porte-parole de la Sûreté du Quebec.Ronald Mc In-nis, en ajoutant que les corps étaient calcines et que lidentifiea-tion des victimes prendrait un certain temps.Une enquête a ete ouverte par la Sûreté du Quebec et le Bureau canadien de la sécurité des transports.—AFP Discovery' est apte à rentrer Houston — Des responsables de la NASA ont déclaré intacte hier la protection thermique de la navette Discovery, ce qui la rend apte a un retour sur Terre prévu le 17 juillet «Le système de protection thermique (TPS) est 100 % apte pour une rentrée» dans l’atmosphère.a indiqué un responsable du centre de contrôle de la mission à Houston (Texas, sud-ouest) dans une communication avec l'équipage de Discovery retransmise en direct par la chaîne de television de la NASA.D’après les analyses thermiques et aérodynamiques.«il n y a pas de contrainte à une rentrée» de la navette dans l'atmosphère.Les ingénieurs de la NASA ont travaille toute la nuit pour effectuer les derniers tests thermiques et aérodynamiques sur les deux derniers points douteux montrés par les photos et films du boucher thermique - AFP A LE DEVOIR LE LUNDI 10 JUILLET 2 0 0 6 A 3 OUTIOIIR K Élections partielles le 14 août Un scrutin au beau milieu des vacances -y -i3>- m6S l’EPRO RUIZ 1 K DEVOIR Chantal Renaud et Bernard Landry ont assisté hier à l’assemlilée d’investiture d’André Boisclair, à Pointe-aux-Trembles.Boisclair et Landry célèbrent ensemble les propos de Charest ALEXANDRE SHIELDS Les propros tenus vendredi par Jean Charest à l’effet que «le Québec possède les moyens» de réaliser la souveraineté ont décidément plu aux militants péquistes.Réunis hier pour confirmer la candidature de leur chef André Boisclair en vue de l’élection partielle de Pointe-aux-Trembles, des centaines d’entre eux scandaient d’ailleurs «on a les moyens» tout au long de l’assemblée.Le message a été relayé à la fois par le chef péquiste et par l’ancien premier ministre Bernard Landry.«René Lévesque a dit 100 000fois “on est capable, on est capable”.Si, 35 ans plus tard, Jean Charest a fini par le comprendre, tout le monde va finir par comprendre», a-t-il lancé.L’ancien chef péquiste s’en est également pris à l’argument de Jean Charest selon lequel la souveraineté ait été rendue caduque en raison de la mondialisation.«La nation, dans le contexte de la mondialisation, est le contrepoids nécessaire pour répondre aux dangers culturels, sociaux et environnementaux», a-t-il lancé.M.Landry a aussi soutenu que l’idée de devenir une nation à part entière donnerait au Québec les moyens de contrer «la domina-tvm des grandes corporations».M.Boisclair est lui aussi revenu sur les déclarations récentes de Jean Charest.Il a surtout insisté pour dire que la souveraineté du Québec n’entrainerait pas de perturbations économiques importantes, contrairement à ce que fait valoir le camp fédéraliste.«Ce n’est pas dans l’intérêt de quiconque qu'il y ait des perturbations, a-t-il dit Tout comme ce ne serait pas dans l’intérêt du Canada ou des États-Unis que le (fuébec soit exclu de l'Accord de libre-échange nord-américain.Je n’ai jamais entendu personne dire qu’il souhaitait que le Québec soit exclu de TALES A» Quoique les arguments économiques aient leur importance dans le débat, «l’indépendance nationale, ce n’est pas une question comptable ni de produit national brut, c’est une question d’identité nationale, de fierté, de solidarité, a affirmé M.Landry.Tout ça est évidemment plus facile à faire quand on a les moyens, puis en plus on a les moyens!» Le chef péquiste, qui devra faire face à un candidat du parti Québec solidaire lors de l’élection partielle, a insisté sur le caractère «progressiste» de sa formation.«A quoi bon faire du développement économique à courte vue si, à moyen terme, notre santé en souffre», a lancé M.Boisclair.Bernard Landry a lui aussi abordé le thème, invitant les militants à sortir du débat entre la Landry a invité le PQ a être prudent dans la gestion de son financement gauche et La droite.«Ui souveraineté, ce n’est ni à gauche ni à droite, c’est en avant», a-t-il dit reprenant les mots de l’un des fondateurs du Parti québécois, Marcel Léger.«Et le Parti québécois, c’est un parti progressiste, de gauche, qui a fait plus de réalisations progressistes que la plupart des partis de gauche dans le monde», a-t-il ajoute.S l’option souverainiste n’est pas à son meilleur en ce moment, M.Landry a préféré parler de «variations saisonnières», ajoutant qu’il ne s’inquiétait pas de la montée des conservateurs au Québec.Selon lui, les Québécois vont vite déchanter en voyant les actions des troupes du premier ministre canadien Stephen Harper.Bernard Landry a aussi invité le Parti québécois à une phis grande vigilance dans la gestion de son financement, dans la foulée des conclusions du rapport Moisan.•Dès le retour au pouvoir, je crois que le parti doit resserrer un peu [ses règles de financement!, garder ses principes et rester exemplaire», a-t-il soutenu, «fl faut resserrer la loi contourné les règles de financement des partis politiques pour rt'-cueillir un jx'u moins de 1(X) (XK) $ provenant de l’entreprise Groupac-tion, étroitement liée au scandale des commandites.Une somme qui devrait être rendue.Parti uni Après avoir été éprouvé par la volonté de «renouveler les effectifs» exprimée par M.Boisclair, un message qui n’avait pas été bien reçu par les militants de longue ilate, le Parti québécois a voulu montrer le visage d’un parti uni hier.M.Landry a parlé d’une «alliance intergénérationnelle», alors que M.Boisclair a rappelé à plusieurs reprises l’héritage immense légué p;ir les générations précédentes.Un héritage qui impose selon lui à la jeunesse d’aller plus loin, de s’ouvrir au monde en réalisant la souveraineté du Québec.Une dizaine de députés du Parti québécois étaient également présents, dont Louise Harel, François Le-gault, Richard Legendre et Daniel Turp.En vue de l’élection dans la circonscription de Pointe-aux-Trembles, qui aura lieu le 14 août, le chef péquiste a déjà promis, s’il KATHLEEN LÉVESQUE Le gouvernement Charest donnera aujourd’hui le coup d’envoi aux élections partielles dans les circonscriptions de Pointe-aux-Trembles et TaiHon alors que les Québécois auront la tête remplie de projets de vacances.Ce scrutin, qui se déroulera le 14 août, constitue surtout un défi pour le Itirti québécois, et en parti-ailier pour le chef, André Boisclair.qui brigue les suffrages dans Pour te-aux-Trembles.M.Boisclair fera face à un électorat sinon absent, du moins plus intéressé, peut-on croire, par la concentration de chlore de sa piscine que par Li politique.Ce ne sont pas les premières élections partielles à se dérouler en plein été.Depuis 30 ;ms, les électeurs ont été appelés aux urnes à trois reprises pour un scrutin en juillet pu en août (1978,1991 et 1993).À l’été 1994, quatre élections partielles avaient été déclenchées (mis annulées puisqu’un scrutin général avait été décrété pour le 12 septembre.Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le taux de participation à ces élections partielles d’été avait atteint le niveau moyen de 60 %.C’est presque le double du pourcentage de participation (31,47 %) à l’élection par tielle de Sainte-Marie-Saint-Jacques le 10 avril dernier.libéraux et adéquistes ne présentent pas de candidat contre M.Boisclair dans Fointe-aux-Trembles afin qu’il accède sans encombres à l’arène parlementaire.Seuls les deux partis de gauche, Québec solidaire et le Parti vert, profiteront de l’occasion pour faire mousser leur vision politique.(JS tiendra demain une assemblée d’investiture pour déterminer le candidat.Pour le PV, c’est Xavier 1 Jaxhelet qui défendra les couleurs.Bastion péquiste La circonscription de Pointeaux-Trembles, située à l’extrême est de l’île de Montréal, est constituée d’un électorat très majoritairement de langue française (93 %).Elle apparaît comme un bastion péquiste.D>rs de la dernière élection générale de 2rd).L’AI HJ présente Kari ne Simard.À l’autre bout du spectre politique, on retrouve Manon Blanchard, qui se présentera sous la bannière de Québec solidaire, et Yvon Rudolphe pour le Pu ti vert.Outre certains enjeux qui pourraient faire surface au cours des semaines de campagne, le chef péquiste risque d'être le principal point de mire.Son adversaire du PV entend lui donner du (il à retordre sur les questions d'environnement en présentant le «dossier noir» de M.Boisclair alors qu’il était ministre de l’Environnement.En outre, André Boisclair risque d’être interpellé sur le rapiwrt Moisan.Ce dernier a récemment conclu que le là) a contourné les règles de financement des |>artis politiques pour obtenir près de 1(X) (XX) $ de la |>nrl de Li désormais célèbre firme Groupaction, associée au scandale des commandites, entre 1995 et 2r k‘ IVti lilx-ral, qui a été tnkm-né |iar le 1NJ sur les questions de financement reliées aux acteurs du scandale des commandites, hii rendra la monnaie de sa pièce.I kqiuis trois semaines, le ministre resporv sable de La Réforme des institutions démocratiques, Benoît IVUetier, dénonce «le silence et l’inaction» de M.Iknsriairdansce délicat dossier Ia’ Devoir En voyage à Paris Jean Charest vante les vertus de l’intégration des immigrés Paris — Au Québec, «on pense que c’est normal et c’est même responsable pour un pays de s'assurer que Ton puisse recevoir les gens et les intégrer dans la société», a jugé hier le premier ministre québécois Jean Charest.interrogé sur la question de l’immigration et les polémiques en France sur la loi Sarkozy II.Lors du Grand rvndewous Europe 1-TV5 Monde-Le Parisien/Au-jourdhui en France, M.Charest a expliqué sa vision de la politique d’immigration en citant en exemple ceDe appliquée au Canada Il a ainsi estimé quU fallait «assumer [ses] responsabilités» et intégrer «les réfugies», même si c'est un •pourcentage» dimmigres que «loh ne choisit pas».D faut «mesurer» toute «la capacité, le potentiel de succès de celui que Ton reçoit» Le premier ministre du Québec a préconisé k «système de points» qui permet de vérifier «les efforts très importants sur le temtenre».«Si vous parlez français, ça fait des point de plus Si tx*n capacité d'apprendre la langue at évidente, ça fint des points de (ins • «Pourquoi on Ta fiiit?Parte que c est important pour une société de pouvoir intégrer ceint qu ’il accueille Sous avons une responsabilité en- vers les gens» que nous accueillons, a-t-il poursuivi, «lorsque vous accueillez un étranger dans votre mat-son, vous ne l’abandonnez pas à la porte, vous le recevez, vous préparez sa venue et c'est exactement ce que nous faisons», a estimé le chef du gouvernement québécois.Interrogé sur le débat sur l’immigration en France, Jean Charest a précise qu'il ne voulait pas •entrer dans le débat français».•Sous, on recrute des étudiants français au Québec et on veut en avoir un grand nombre, on espère les retenir On a une population vieillissante et le taux de fécondité est plus bas au Québec que chez vous».D a ajouté que «votre débat nous a étonnés» «Chaque année, chez nous, on veut avoir 45 OOO à 50 000 [immigrés) et après cela, il faut les retenir» Même si Jean Charest n'a pas souhaite s'exprimer sur la politique d’immigration française.0 a affirme que la France représente pour lui «ses racines», «son histoire».Il a constate qu'a la différence des relations entre le Québec et les Etats-Un», celles avec la France sont des relations les plus complètes que nous avons acte Taténeur [._)».Associated Press [sur le financement des partis] et est élu, de redonner l’accès aux quand le parti sera au pouvoir il le berges du fleuve Saint-Laurent aux fera», a par la suite répété l'ancien résidants de sa circonscription, chef en entrevue.Le rapport Moisan avait conclu que le PQ a Le Devoir Louis HEMON RECITS SPORTIFS taillon prioarts.ordsenUe el annotfle par aureiian Boivin 4 J6 papes - 13.60$ 535707 sooooor QSQ92Q 2Z 22 4Q4Ê tirage* du 20064)7-07 Résultats de* tirageédu-2006-07-08/ NOUVKAU ! GROS LOT Df 600 OOO S GUERIN, éditeur lu (514) 842-3481 H WM MH IWtM M mrHrlu les pris sont ndiquéi tous réserve de mmUhculvm > / )f rot/(rik30 et dure jusqu au matin — il est également interdit désormais de circuler autrement qu’à pied entre' 11 heures et 15 heures tous les vendredis, jour de prière' et jour de tuerie collective souvent —.les quartiers tmest de la metropide.explique Djanane.une habitante, se métamorphosent en autant de petites •Somalie», sans ordre, sans sécurité, sans loi.sauf la leur» Chaque arrondissement, chaque quartier a désormais son «émir*, à la fois seigneur de guerre, juge de paix, et cheikh religieux suprême.Souvent, k's habitants connaissent le nom de guerre du leur et en appeDent à hii pour retrouver un parent disparu, régler un problème de voisinage ou transporter un malade à l’hôpital.A peu de chose près, mais de manière plus organisée et moins clandestine parce qu’après tout les leurs ont gagné les élections de décembre et le gouvernement d’«unité nationale» reste fortement dominé par leurs allies, la même situation prévaut dans les arrondissements de l’est, c’est-à-dire chiites, comme Sadr City, Khadhi-miya.9-Nissan ou New Bagdad.Principal dénominateur commun entre ces deux mondes: une «talibanisation» rampante qui s’accélère.Plus de mille morts en juin Selon les chiffres fournis au bureau de l'AFP à Bagdad par les ministères de la Santé, de la Défense et de l'Intérieur, un peu plus d'un millier de personnes sont mortes de mort violente en juin, et 1770 autres ont été blessées.Autant qu'en mai.Et la statistique est probablement sous-évaluée puisque, dans les localités isolées du désert, où c'est la tribu qui s’occupe désormais de tout, ou dans certains quartiers très «chauds» de la capitale comme al-Dora.où les cadavres de la nuit — comme d'ailleurs les ordures qui s’accumulent en collines faute d'éboueurs — ne sont fias toujours ramasses, les corps peuvent être ensevelis par des familles ou des bons samaritains islamiques sans aucune déclaration legale.Après tout, depuis les pillages massifs et la destruction de la quasi-totalité des archives publiques qui ont suivi l’invasion anglo-americaine.un faux certificat de décès, avec tampons et signature officielle, coûte moins de 10 $ au marché noir.Même prix pour un document «prouvant» un emploi d'ancien fonctionnaire sous Saddam, précieux papier désormais, qui va permettre à son détenteur de reclamer une pension, une retraite ou une compensation pour perte d’emploi.Le certificat de propriété immobilière revient un peu plus cher qu'un vrai-faux passeport, lequel ne coûte qu’une trentaine de dollars.«Tour survivre, nous sommes devenus une nation de faussaires, de dissimulateurs et de menteurs», se lamente un socio-logue connu de l'Université de Bagdad qui ne peut évidemment pas être identifie.Aucun signe d’essoufflement Enlèvements de masse', assassinats interconfessionnels.attentats à la bombe, à la voiture, au ca- mion et même à la moto piégée, les deux conflits qui ensanglantent l’Irak — celui mené par la guérilla sunnite et djihadiste contre les «occupants infidèles» et la guerre civile qui s’intensifie après chaque attentat — ne donnent aucun signe d’essoufflement.Au contraire.Milices contre milices, chacun des deux camps, sunnite et chiite, n’en finit pas de venger ses morts en perpétrant des hécatombes, à 90 % civiles.Le cycle de vengeances, de représailles et de contre-représailles s’amplifie.Certains pensent qu’il ne s’arrêtera qu’avec (’établissement de villes, villages et quartiers «monocolores» ou «monoconfessionnels» dans toutes les grandes villes «mixtes», à commencer par Bagdad.En quatre mois, a établi fin juin l’Office onusien des migrations, au moins 150 (XX) personnes ont été contraintes, par les diverses bandes armées et la terreur qu’elles inspirent, de quitter leur foyer pour se réfugier ailleurs.Dans ce contexte, les vraies-fausses cartes d’identité, portant des patronymes typiquement chiites ou sunnites, permettant de passer les différents check-points sans dommage, s’arrachent au marché noir.Un chauffeur-déménageur chiite racontait la semaine passée, à Taji, à 20 km au nord de Bagdad, comment il avait pu miraculeusement survivre grâce à une fausse carte portant un nom sunnite, alors que des «insurgés» alignaient une dizaine de ses camarades au bord d’un fossé et les abattaient l’un après l’autre.Contre toute logique Certaines tueries portent la marque de cette guerre civile qui ne dit pas son nom.D’autres défient toute logique.Début mai, dans le quartier majoritairement sunnite d’al-Dora, des marchands de falafels — beignets de pois chiches écrasés — installés sur un trottoir voient débouler une bande de mouqanaayins armés.«Vous avez 14 jours pour fermer boutique et déguerpir, ordonnent-ils.«Mais pourquoi?», ose l’un d’eux.«A n’y avait pas de falafels au temps du Prophète», ricane un barbu.«J’ai failli leur dire qu’il n’y avait pas non plus de kalachnikovs en ce temps-là, raconte Abou Zeinab, 37 ans, dont douze passés devant son chaudron d’huile, /ai pensé que c’était tellement idiot qu ils allaient changer d’avis.Trois jours après, deux de mes collègues ont été abattus.J’ai plié bagage.» Quinze jours plus tard, sur l’avenue d’un quartier central «mixte» de Bagdad, huit jeunes lycéens en route pour un cours de sport sont la cible d’une rafale de fusil d’assaut tirée d’une voiture.Miracle, un convoi de policiers passait par là.Les voilà qui prennent les tueurs en chasse, parviennent à stopper un de leurs véhicules.Quatre assaillants masqués sont pris.On leur ôte leurs keffiehs.Le plus jeune a 14 ans, le plus âgé, 16.Pourquoi ont-ils tiré sur les gamins?«Ils étaient en short, explique l’un d’eux.Conformément à l’islam, notre émir l’a interdit en public.» Le 25 mai, à Saïdiya, Nasser Ali Hathem et Wis-sam Adel Odah, deux joueurs de l’équipe nationale de tennis, sont assassinés avec leur entraîneur.Ahmed Rachid, alors qu’ils viennent de déposer du linge dans une blanchisserie.Quelqu’un les repère, ils sont en short Arrêtés par des hommes masqués un peu plus loin, les deux joueurs sortent du véhicule, demandent une explication.Ils sont abattus d’une balle dans la tête, le troisième est tué au volant Leurs cadavres sont tirés sur un talus, roués de coups de pied et abandonnés aux chiens errants qui pullulent désormais en ville.«Plus aucun sport n'est pratiqué publiquement dans le pays sauf au nord», se désole Jaffar, journaliste sportif au chômage.Le 25 juin, pour la première fois et à la demande de la fédération nationale, la finale du championnat de football irakien a dû être jouée au Kurdistan autonome, seule région, ethniquement homogène, à bénéficier d’une relative sécurité.Deux jours plus tard, lors d’un tournoi aux Pays-Bas, Ahmed Soulagh et Mohammed Jabbar, deux joueurs de l’équipe nationale de volley-ball pour handicapés, refusent de rentrer chez eux et demandent l’asile politique.Quelques jours plus tôt le 23 juin, des «cyber-dji-hadistes» proches d’aLQaïda ont mis en ligne un film de 35 minutes intitulé La Coupe du monde des moudjahidines.une parodie de ce «maudit Mondial 2006» qui vise, selon eux, «à détourner la jeunesse musulmane de sa religion et de la guerre sainte».Le film montrait d’épouvantables scènes de torture et de tueries en Palestine, en Tchétchénie et en Irak, le tout émaillé de chants religieux, de versets coraniques et de discours d’Oussama ben Laden.Le 27 juin, près de la ville sunnite de Baaqouba, une moto piégée explose sur une place publique du village chiite de Qeimabat De nombreux jeunes étaient dehors à regarder un match du Mondial sur une chaîne saoudienne.Bilan: 22 morts, dont plusieurs enfants.Grande culture étouffée On n’en finirait pas d’énumérer les sanglants indices de la «talibanisation» qui étouffe désormais la grande et vieille culture de Mésopotamie.Les assassinats motivés par la religion ou qui la prennent pour pretexte ont d’abord visé, dans la grande ville chiite de Bassora, au sud, puis à Bagdad dès le début de 2(X)4, les marchands de boissons alcoolisées, le plus souvent chrétiens.Des centaines de magasins, d’entrepôts et plusieurs grandes brasseries industrielles ont été détruits, incendiés ou fermés par leurs proprietaires partis en exil.Les buveurs de la capitale, et ils étaient nombreux dans cette cité éminemment laïque jusque avant l’invasion d’avril 2003, ne savent phis où se fournir.•L'un des derniers endroits ouverts, se désole Salah.un artiste peintre' qui vit mal son régime sec, se trouve iians la “zone verte".InacccssMe pour nous.» D est difficile de rendre compte de l'ampleur du chaos qui.contrairement aux affirmations des «officiels», irakiens ou etrangers, semble bel et bien s'étendre dans le pays.Il faudrait évoquer le sort des filles, des femmes, à qui les polices autodesignees du vice et de la vertu interdisent désormais de conduire une automobile, de sortir sans être accompagnées d'un chaperon masculin, de se montrer sans hidjab sous peine d'être brutalisées et raseess de porter des jeans ou des tee-shirts sous peine d'avoir les jambes brisées.D faudrait parier des milices qui ont établi des «antennes de surveillance» à l'entrée des universités pour réprimer les contrevenantes.Il faudrait raconter les travaux en cocus dans certains ministères tenus par des islamistes chiites — transports, education, santé, tourisme — pour construire des ascenseurs et des toilettes séparées pour hommes et femmes.Le Monde La minorité sunnite de Bagdad a tellement peur des puissantes milices chiites que c’est aux hommes masqués qu'elle confie sa sécurité LE DEVOIR.LE LUNDI 10 JUILLET 2 0 0 0 A 5 CONOME .Alliance GM-Renault-Nissan Uindustrie automobile à la veille d’une révolution Le secteur entre dans une crise sans précédent dont on voit les prémices aux Etats-Unis et en Europe OONTIAC G M CZ m 5 i 1 m -__________ JIM HAYNI S AGI NCI I KAN( I |*ttRSSE Li‘ marché automobile américain cat en voie n>-fondémenl restructuré, adossé à une alliance Renault-Nissan performante, ne trouve pas un modèle économique rentable.Un tel ensemble serait il encore gérable?In CGT-Kenault ne s’y est pis trompée en affirmant qu’ «il est préoccupant de voir l'émergence d'un tel monstre en termes de concentration de capital, de pouvoir et d'influence sur l'avenir île l'industrie automobile mondiale» M.Ghosn, qui partage déjà s,,,, emploi du tempi entre le Japm, l’Kuroix- cl les Etats I Inis, at il fa ca|xx> té de piloter en plus La restructuration du numéro un mondial?Beu [irobablc Ce qui soustend que l'alliance telle quelle a fonctionné entre Renault et Nissan devrait changer de structura, sinon de nature.Le Momie L’économie mondiale résiste au pétrole cher Le spectre de Vinflation inquiète toujours tteurra Iji Bourse japonaise affiche de belle! performance*.Cet invcutiiieur ne semble (Bailleur* pa* trop inquiet devant le* cote* de la Boune qui défilent devant lui.AMÉLIE HERENSTEIN Paris — L’économie mondiale a bien mieux résisté que prévu à la spirale des cours du pétrole ces quatre dernières années, mais les économistes redoutent que cette capacité ne finisse par s'éroder au fur et à mesure quç l’inflation redresse fa tête.A New York, le baril de light sweet crude pour livraison en août a grimpé jusqu’à 75,78 SUS vendredi, son plus haut niveau depuis le début de sa cotation en 1983.Outre le traditionnel dossier iranien, les cours ont été aiguiLora nés cette fois par de nouvelles tensions géopolitiques a la suite de tirs d'essai de missiles par la Corée du Nord, conjugués à dçs craintes de pénurie d'essence aux Etats-Unis.Le ministre français des Finances Thierry Breton, a jugé au cours d’une conférence de presse fa semaine dernière que cette flambée pourrait durer «sa« soute longtemps, peut-être même Vmfours».Antoine Brunet, économiste de la banque HSBC France, table même sur un baril à 80 SUS si la Banque centrale américaine, la Fed, parvient à freiner la surchauffe de l'économie des États-Unis, à 100 SUS dans le cas contraire Malgré ces cours record, l'économie mondiale continue de tourner efficacement.constatent les économistes.Le directeur généra] du Fonds moné- taire international (FMI), Rodrigo Rato, a ainsi récemment revu en hausse les prévisions de croissance mondiale à 5 % pour les années 2006 et 2007, soit un rythme comparable à celui des deux dernières années.Même la zone euro, traditionnelle lanterne rouge mondiale, a bénéficié ces dernieres semaines d’indicateurs encourageants.In Commission euro péenne a récemment indiqué s'attendre à une croissance «meilleure que prévu» dans les prochains mois, qui pourrait atteindre 2,1 % en 2006 Le Japon affiche lui aussi de belles per formances.Quant à fa croissance américaine, efle a fortement accéléré a 5J5 au premier trimestre en rythme annuel Les pays rkveloppés en particulirr ont bien mieux résisté a ce troisième choc pétrolier, parfois décrit comme «rampant», qu’aux deux précédents (en 1973 et 1979).Les raisons de cette endurance sont désormais bien établies: moindre dépendance au pétrole et meifleura efficacité énergétique, le tout dans un contexte économique qui a lui aussi beaucoup évobé depuis Reste que l'édifice demeure fragile, car cette belle santé a fini par permettre au spectre de l'inflation de refaire surface, suscitant la méfiance des banques centrales.Si bien que pour Marc Touati, économiste de Na-texis Banques Bopulaires.la croissance mondiale repose désormais «entre les mains des banquiers centraux» Les trois principales zones économiques mondiales, Amérique du Nord, zone euro et Japon, sont toutes engagées a différents stades dans des pro cessus de resserrement de leurs [x>li tiques monétaires pour faire face a la résurgence de l’inflation que prowxjue la contagion des prix élevés de l'énergie à l'ensemble des autres prix.Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Tri-chet, a ainsi laissé entendre au cours d'une conférence de presse jeudi que l’institut pourrait procéder plus rapidement que prévu — dès le début août — à un nouveau relèvement de taux, le quatrième «JJ mieux est vmvent l'ennemi du bien, et a prree de voir des menaces inftatum-mxtes a tous les nnns de rue, la Fed et la ItCE oublient que ceUeyci restent nmeen-trees dam les serteun énergétiques», dépfo re Marc Touati qui les enjoint à ne pas •Umber dans le ptege inflatvmnsste» «ou* peine de «casser la mnssancr mondiale» Agence France-/‘retse Eric Desrosiers LE DEVOIR, LE LUNDI 10 JUILLET 2 0 0 fi A (> D I T 0 R I A L Procès-fiction Il y a trente ans — trente ans ! —, les Khmers rouges perpétraient leur génocide.Après des négociations sans fin, le procès d’un nombre au demeurant ridicule d’assassins de masse va débuter ce mois-ci.Tout ce qui a entouré la préparation de ce procès a réduit la justice à un simulacre offensant pour les victimes.D rr» A y Serge Truffaut ès 1975, Pol Pot et ses complices ont organisé, administré, poursuivi un génocide au terme duquel, en 1979, près de deux millions de personnes, soit 20 % de la population cambodgienne, avaient péri.Après le renversement des dirigeants du Kampuchea soi-disant démocratique, les nouveaux maîtres du pays ont fait en matière de justice, de devoir de mémoire, le service minimum.Strictement minimum.Ainsi, tout au long des années 80 et même des suivantes, le gouvernement s’est employé à nommer d’anciens khmers rouges au poste d’ambassadeur à l’ONU pour ennuyer tout examen du génocide.Sur ce plan, Phnom Penh a bénéficié de la bienveillance réelle de la Chine qui s’est évertuée à brandir son droit de veto à chaque fois que le sujet était évoqué.Et pour quelle raison?Pékin ne voulait pas que l’on mette en relief les liens étroits qui existaient entre Pol Pot et les dictateurs chinois.Après des tractations sans fin avec les représentants de l’ONU, le Cambodge a fini par se ranger à l’idée d’un procès.Quand?En 1999.On insiste les dirigeants cambodgiens plus collaborateurs que juges des méfaits de Pol Pot et des siens ont envisagé le procès 20 ans après les faits.On insiste encore mais sur un autre aspect: ce qu’ils ont accepté en 1999 était l’idée du procès et non le procès comme tel.De fait, s’en est suivie une ronde de négociations que le premier ministre Hun Sen s’est appliqué à torpiller afin que les choses traînent en longueur.Il voulait épuiser ceux qui lui faisaient face?Il y est parvenu.Et ce, pour le plus grand bénéfice des génocidaires qu’il protégeait et protège encore.Peu avant d’adhérer à l’idée du procès, Hun Sen, lui même ancien cadre Khmer rouge, avait gracié un certain nombre de tueurs de masse.Ce geste, le premier ministre l’a posé pour les soustraire à la justice.On s’explique.Après avoir dit oui au procès, Hun Sen a consacré toutes ses énergies au principe suivant il serait instruit par des Cambodgiens.On le devine, l’ONU voulait instituer une cour pénale sur le modèle de ceux du Rwanda et de l’ex-Yougo-slavie.Hun Sen s’y est toujours refusé.Le pire est qu’il a remporté également cette manche.En effet, après avoir discuté pendant quatre autres années avec les représentants de l’ONU les parties concernées ont convenu que la majorité des juges appelés à siéger seraient Cambodgiens.Ils seront 17 contre 13 magistrats internationaux.Ce n’est pas tout.Dans chacune des trois chambres appelées à trancher, les Cambodgiens détiendront la majorité.L’accord, à l’évidence bancal pour ne pas dire immoral, entre TON U et les héritiers de Pol Pot a été signé il y a trois ans de cela.Trois ans! Cette semaine, le procès va débuter.Combien de temps va-t-il durer?Trois autres années.Il faudra attendre un autre trois ans pour connaître les sentences prises à l’endroit de bourreaux qui ont massacré leurs concitoyens il y a plus de trente ans de cela.Pour ce qui est de l'aspect plus légal du dossier, Hun Sen a bien évidemment obtenu ce qu’il voulait: une formule bâtarde.Qu’on y songe, les balises arrêtées en la matière empruntent davantage au code cambodgien qu’au droit international.Lorsqu’on ajoute à cela le fait que les juges cambodgiens n’ont aucune expérience pour instruire une affaire dont la raison s'appelle génocide, les tortionnaires sont assurés d’une chose: ils vont couler des jours tranquilles pendant encore longtemps.L’origine de tout cela ne serait pas aussi grave, aussi dramatique qu’on le sait qu’on pourrait qualifier tout le processus juridique de farce.Car la meilleure est peut-être la suivante: à quelques jours du coup d'envoi, on ne sait pas encore qui sera.jugé! On suppose évidemment que deux des responsables, parce qu’actuellement en prison, défileront au tribunal.Les autres?La plupart des génocidaires vivent riches et sans remords dans les environs de la capitale.Tout, absolument tout ce qui compose cette histoire ne peut que susciter un dégoût abyssal.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE V Localement ) » m.© trARvoTrf Oopf-a-to RECHAUFFEMENT Cti/WATïflUÉ.- REPRISE Dur recul en santé mentale au Québec On n’en a pas assez parlé dans les médias et dans la population en général, mais il importe de dénoncer la volonté avouée du gouvernement Charest de réorganiser les services en santé mentale.La nouvelle approche consistant à recentrer les services externes vers les CSSS (ex-CLSC) est une erreur risquant de faire subir un important recul à la population desservie.La santé mentale est un sujet tabou.Si une telle réforme avait été faite dans le secteur de l’oncologie, il y aurait eu de vives protestations, mais personne ne va au front pour défendre les gens aux prises avec des troubles anxieux, obsessionnels, des psychoses, une schizophrénie ou d’autres affections certainement débilitantes, mais n’empêchant pourtant pas la majorité des personnes en souffrant de travailler et de participer activement à la société s’ils ont le bon soutien.Et c’est justement le problème avec la réforme proposée par le ministre Couillard: au lieu d'avoir des centres spécialisés desservant un Luge bassin de population et étant en mesure d’avoir tout un éventail de professionnels à temps plein responsables de traitements individuels ou de groupe (psychoéducateurs, ergothérapeutes, diététistes, psychiatres), on opérerait plutôt à partir de CSSS offrant un suivi moins particulier par des employés moins qualifiés.Certes, un travailleur social peut aider ces personnes en difficulté, mais l’aide serait infiniment moins efficace et concertée que si elle était appuyée par les autres professionnels qui œuvrent actuellement en milieu hospitalier.Au-delà des inconvénients majeurs d’une telle réforme pour les bénéficiaires, dont plusieurs pourraient se retrouver laissés à eux-mêmes, il importe aussi de relever l’aspect économique de la chose.En décentrali- L E T T R E S —4- sant les services de santé mentale, on ouvre la porte à toutes sortes d’aberrations et d’erreurs coûteuses pour le système de santé, et donc pour le citoyen.On augmente le risque de voir des individus aggraver leur état et devenir une menace non seulement pour les autres, mais aussi pour eux-mêmes, avec tous les coûts qu’implique une hospitalisation d’urgence.11 est facile de s’en prendre à des gens qui n’ont pas la force politique ou financière de ré sister.Cette déstructuration risque de jeter à terre un système certes imparfait, mais qui a l’avantage d’être cohérent, fonctionnel et très utile.Un système que n’importe quel bon gouvernement devrait renforcer plutôt que chercher à détruire.Louis Préfontaine Montréal, le 29 juin 2006 Bill le bienfaiteur ou Bill le profiteur?Bill Gates, l’homme derrière Microsoft, vient d’annoncer son retrait graduel des activités de l’entreprise pour se consacrer à la fondation caritative qu’Û a créée il y a quelques années avec son épouse.Bill Gates n’aura pas trop du reste de sa vie à jouer au «Robin des bois» (bien qu'il n'ait pas seulement volé les riches!) pour tenter de faire oublier qu’il a bâti son empire monopolistique et sa colossale fortune sur une éthique d'affaires et des produits plus que douteux.Je parle du principe du «pas vu pas pris» et de «si je suis pris, je vais faire traîner les choses en Cour jusqu'à ce que mon adversaire disparaisse ou que je puisse acheter la paix avec un gros chèque et recommencer de plus belle».On reconnaît là une philosophie dans le «style avocat sans scrupules» qui anime un milieu des affaires peuplé de corsaires et de truands de petite et de grande envergure.En cela.Gates ressemble beaucoup à Rockfeller, qui, avant d’être un grand philanthrope, fut un profiteur ne reculant devant rien pour s’enrichir avec le boum pétrolier du début du XX1 siècle.Le plus grand mérite de cet «Attila» des temps modernes aura été de comprendre que les Iqis antimonopole et le système de justice des Etats-Unis étaient incapables de réguler le marché émergent des technologies.Quant à moi, tricheurs et profiteurs, grands et petits, resteront toujours des tricheurs et des profiteurs.Laissons l’Histoire lui rendre justice-Claude Coulombe Montréal, le T juillet 2006 Désintéressés, les gentils riches?Ils sont nombreux ces jours-ci à louanger Warren Buffet et d’autres riches philanthropes, comme les Chagnon, qui donnent une bonne partie de leurs fortunes à des bonnes causes.«Quelle belle leçon de solidarité!» Pardonnez-moi de jouer les trouble-fête, mais je serais curieux de savoir combien ces gentils riches vont sauver d’argent en agissant de la sorte.Je ne peux m'empêcher de penser qu’il s’agit là d'une belle façon pour ces messieurs-dames de se moquer encore une fois de la société: ils échappent au fisc et, cerise sur le sundae, auront le loisir de déterminer à quoi servira l’argent qu’ils auraient normalement dû payer en impôt (un loisir que n'aura pas le simple salarié qui, contrairement à son patron dont les gains de capital ne sont pas totalement imposables, devra payer de l’impôt sur 100 % de son salaire).C’est l'éthique du capitalisme qui veut ça, j’imagine.C’est moins glamour, mais je préfère l’idée classique «de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins».Nicolas Lefebvre Legault Québec, le 2 juillet 2006 LIBRE OPINION -4- Nous sommes tributaires de notre petite planète DOMINIQUE DERNIER Responsable du comité thématique sur l'environnement et l'énergie du Parti Quebec solidaire ai suivi avec un plaisir certain la série Le devoir de philo, présentée de façon bimensuelle ix\r ce journal.En tant que militante au sein de Quebec solidaire, mais surtout en tant que lectrice assidue, j'attendais avec impatience la parution du devoir de philo intitulé Rousseau, père spirituel de Québec solidaire, dans l’édition du 17 juin.Bien sûr.entre Jean-Jacques Rousseau et un ixu ù de gauche, le parallèle est facile à faire, même s’il y aurait matière à nuancer davantage.Cependant, l’orientation idéologique de l'auteur Frederick Têtu, teintant nécessairement son texte, m'amène à refit» chir à projxis tie certains tie ses commentaires.Dans son analyse, l'auteur fait référence à la croissance de l’espérance de rie.au filet social, à l égalité de droits entre les hommes et les femmes, à la de-croissance du taux tie criminalité et à l'accès à l’éducation en tant que succès du neoUbcralismo.Cette affirmation est hautement discutable.Bien sûr, ces progrès sont reels, mais à qui k's doit-on vraiment: à l'idéologie néolibérnle ou aux milliers de gens qui ont lutte leur vie durant pour obtenir ces avancées?Au Quebec, le néolibéralisme gagne du terrain depuis une quinzaine d’années.Nous n’en voyons encore que la pointe de l’iceberg.La majorité des avancées sociales ont été réalisées avant cela, sous des gouvernements sociaux-démocrates, à la suite de pressions de fa population.Il serait pour k' moins paradoxal qu’un affaiblissement de l’Etat, dont k' rôk' si' limiterait aux questions de sécurité publique repressive tefie que préconisée par les tenants du libit' marché, puisse garantir le maintien des conditions sociales actuelles.Le marché, laisse à lui-même, n’a rien de la concurrence parfaite, paradigme souvent utilisé pour nous taire entrevoir toutes les beautés de ce modèle qui est supposé s’autoréguler.11 tend plutôt à concentrer la richesse et le pouvoir et favorise les monopoles, selon plusieurs économistes.La protection sociale dont nous bénéficions actuellement est récente dans l’histoire de l’humanité, et il ne faut pas la tenir pour acquise.Nous ne sommes pas à l’abri non plus d’un affaiblissement des libertés individuelles.Li lutte contre le terrorisme a ouvert la porte à un recul en la matière.Une saine vigilance est de mise.11 faut éviter de confondre, comme c’est le cas dans k' texte de Frederick Têtu, neoliberalismc et capitalisme.On peut s’opposer au premier tout en considérant le second comme un outil intéressant.Aujourd’hui, lorsque des voix s’élèvent pour questionner (sic) le courant neolibéral dominant, il se trouve des gens pour les soupçonner d’être de dangereux communistes, à la manière de McCarthy.Entre ces deux extrêmes, il y a pourtant toute une palette de couleurs possibles.Une gauche démocrate et écologiste n’a rien à voir avec le communisme stalinien totalitaire.Solides assises scientifiques La préoccupation environnementale de Quebec solidaire, contrairement à ce que prétend l’auteur, dépassé largement les aspects moraux et politiques Elle n’est pas de nature philosophique, étant plutôt fondée sur de solides assises scientifiques.Les certitudes quant à l'urgence de fa situation s'accumulent.Le Groupe intergouvememental d’experts du climat (GIEC), formé de plus de 1300 scientifiques de réputation internationale, est catégorique: la planète se réchauffe, et plus vite que ce que l'on croyait Un réchauffement global de l'ordre de onze degrés Celsius est maintenant appréhendé, ce qui causerait des bouleversements inimaginables à l’échelle planétaire.L'Evaluation des écosystèmes pour le millénaire, commandée par Kofi Annan et regroupant plus de 1000 scientifiques, affirme dans son rapport publié en 2005 que nous grugeons activement dans le capital des ressources planétaires, alors que nous devrions nous contenter des intérêts.L’astrophysicien Hubert Reeves estime, comme plusieurs autres scientifiques, que les activités humaines ont amorcé la sixième grande extinction des espèces.Devant tant d'évidences, il nous incombe d'agir rapidement et d'une façon musclée: nous sommes tributaires de notre petite planète.Le marché laisse à lui-même peut-il vraiment régler le problème?J’en doute fort, considérant par exemple que k's lois du commerce international stipulent qu’une entreprise peut poursuivre un Etat si eüe juge que sa regimentation environnementale lui fait perdre des profits potentiels.Le développement durable, concept élabore en 1987 [vir fa Commission Brundtfand.vise a concilier la protection de l'environnement, la viabilité economique à kmg terme ainsi que l'acceptabilité sociale.Malheureusement, ce concept est aujourd'hui galvaude par la plupart des partis politiques, au point d’en dénaturer i sens premier Encore et toujours, fa protection de l'environnement est le parent pauvre du profit à court terme.Seule une réelle volonté politique permettrait d'amenager fa société afin de rendre les choix écologiques pki s attrayants pour fa population.Le devefap-peinent des technologies vertes, de l’efficacité énergétique, des modes de production d'energie renou- velable.du transport alternatif ainsi que la valorisation des matières résiduefles peuvent générer beaucoup d’emplois et de richesse, tout en étant viables à long terme.L’entreprise privée a sa place dans ce cadre, tout comme le modèle cooperatif, les sociétés d’Etat le secteur de fa recherche, l’économie sociale et l’action individuelle.Tous les intervenants de fa société doivent mettre fa main à la pâte pour relever le défi écologique actuel.Action locale La démocratie participative est également essentielle en matière de développement, car c’est en permettant à la population de participer activement aux processus décisionnels que l'on atteindra l’objectif souvent neglige du développement durable: l'acceptabilité sociale.De même, en rendant fa protection de l’environnement attrayante d’un point de vue économique, on s'assurera d’une meilleure participation de fa population dans ce domaine.Les trois concepts du développement durable sont donc intimement lies.Le gouvernement devrait selon moi.susciter l'intervention des differents acteurs en fonction de leurs competences propres.Le dynamisme du secteur prive.canalise vers un authentique développement vert donnerait d'excellents résultats.L'économie sociale a démontre son savoir-faire en matière d’environnement et d'intégration des plus démunis au marche du travail.L'importance de fa recherche scientifique et de l'action locale est indéniable.Plusieurs pays ont fait fa preuve qu avec une vision gouvernementale holistique, un authentique déve-kvppement vert est possible.Je constate que Quebec solidaire est le parti le mieux outille, sur la scene québécoise, pour mener a bien ce projet avec toute fa rigueur et le reaBsme que cela implique » LE DEVOIR.LE LL' N’ PI 10 JTILLET 2 0 0 6 A 7 EGARDS SUR ME AMERIQUE OUI FASCINE Le visage des États-Unis, que l’ensemble du monde appelle l’Amérique, a été fortement mis à mal depuis les célèbres attentats d’il y aura bientôt cinq ans.Mais parce qu’un pays ne se réduit pas à son gouvernement, des intellectuels ont eu envie de témoigner de leur vision de cette .Amérique réelle, rêvée, mythique.Le Devoir offrira tous les lundis de l’été de larges extraits de ces regards croisés.lilnlo KOSSKl II II i ni l KC1ION LiKITY HUITON Fermiers du Nouveau Mexique en 1940.Attirante Amérique Comment y voyager, et comment le raconter.JAN1CK AUBEKGKR Professeure au département d’histoire de l’Université du Québec à Montréal et auteure de divers ouvrages sur l’histoire et la littérature grecques Premier d’une série de huit textes 1 y a mille façons de voyager.Ou peut-être une seule, avec variantes.Celle d’Ulysse par exemple, le premier voyageur occidental.Pas encore en Amérique mais dans un monde tout aussi décalé, qui le fascine et l'effraie.Son retour à Ithaque est houleux, ponctué de rencontres dangereuses, de naufrages assassins et de femmes fatales qui passent bien près de compromettre ses retrouvailles avec Pénélope.Dégringolade qui le voit perdre tout son butin pourtant âprement gagné: ses bateaux, ses compagnons, sa richesse et presque son identité.Il débarque à Ithaque en mendiant C’était bien la peine d'avoir passé toutes ces années à faire le siège de Troie et tant d’années encore à revenir pour finir en loser, nu comme un ver et reconnu par son seul chien pouilleux et cardiaque, qui meurt de joie semble-t-il, en le revoyant enfin.Mais que dit Homère de ce perdant absolu?•C'est l'Homme aux mille tours, Muse, qu’il faut me dire, Celui qui tant erra quand, de Troade, il eut pillé la ville sainte, Celui qui visita les cités de tant d’hommes et connut leur esprit.» Il visita les cités et connut les hommes.Voyage culturel alors?On croise le fer avec les Lestrygons, on crève le gros œil du Cyclope, on désamorce les philtres de la sorcière, on laisse toutes ses plumes dans les gouffres entre Charybde et Scylla, on fuit Calypso la castratrice mais, au passage et entre deux combats, on regarde, on observe, on questionne, on s’étonne, on emmagasine des façons de vivre, des façons étranges de n’être pas Grec.Déjà, les voyages formaient la jeunesse.Bizarres, ces Cyclopes, ils ne cultivent pas la terre.Etrange, là nymphe Circé, elle vit sans homme et sans cité, en pleine nature.Et que penser des Lotophages: à force de manger leurs fleurs bizarres, ils en oublient qui ils sont et passent leur vie à planer.Que de bizarreries dans le monde.•Quand il revint dans sa patne.le sage Ulysse.» Pas vraiment sage, mais à coup sûr plus savant qu'à son depart, riche de ces •esprits d’hommes* * qu’il apprit à connaître, même à ses dépens.Sachant enfin qui il est, pas seulement le petit roi d’Ithaque mais un homme qui sait enfjn.en connaissance de cause, comment il faut vivre.A la grecque, bien sûr.En effet tout bien considéré, le voyage l'aura-t-il changé?Aura-t-il découvert des habitudes à emprunter, des mœurs étrangères à faire siennes?Pas vraiment Ce sont encore les Grecs qui vivent le mieux et c’est encore chez soi qu'on est le plus heureux, mais on s'y sent mieux quand on en est parti, qu’on a connu d’autres cultures et qu'on peut y aller de ses comparaisons.Formidable, le retour chez soi.Reste que la piqûre du voyage est redoutable puisqu'on nous dit qullysse ne tint pas en place très longtemps et ne put s’empêcher de repartir, fascine par ces -autres- entrevus, dangereux mais ô combien attirants.C'est une façon de voyager.Aventureuse, dangereuse, pleine d’imprévus et de dangers mais riche de rencontres: c'est la premiere, d'un point de vue historique et ««dental.U y en eut beaucoup d'autres au cours des siècles.Dans tous les sens.Le Nouveau Monde élargit l'horizon et certains, comme Chateaubriand, ne voulurent rien lâcher Jérusalem et l’Amérique, rien de moins.Orient et Occident se partageant le rêve.Mais l'Amérique se Uiilla bien vite la part du lion dans ce genre littéraire devenu exemplaire.Périégèse, Odyssée, exploration de l’autre monde: en 2006, Bernard-Henri Lévy joue à Tocqueville et nous fail, lui aussi, le coup du voyage aux Amériques, comme Christian Kioux en 2005, comme Jean-Paul Dubois en 1996 et 2002.Nul doute qu’ils ne seront pas les derniers.Le voyage en Amérique: genèse d’un genre Le petit dernier, BHL, eut quand même de glorieux précédents.A tel point que Voyage en Amérique devint très vile un topos littéraire.Comment ne pas loucher sur ce Nouveau Monde, dès sa découverte?Pendant quelque temps et jusqu’au XVIH siècle, on y chercha frénétiquement des restes d'âge d’or, comme Ulysse tout ébaudi devant les Cyclopes, ces barbares qui n’ont pas besoin de cultiver la terre, qui profitent d’une nature généreuse donnant tout à profusion.Aurait-on retrouvé là le Paradis perdu?Les voyageurs grecs, les vrais, avaient placé dans les confins ces survivances du Paradis perdu, en Inde, a l’extrême est, là ou les peuples sont un curieux mélange de créatures bestiales non touchées par la civilisation et de rescapés d’un âge d’or où la justice prévaut Ils s’accouplent en pleine rue mais pratiquent la justice.(jue demander de mieux?C’est bien ce qu’on crut trouver a nouveau en Amérique: La simplicité, l’apparent bonheur de l’autochtone, la prétendue sagesse du •bon sauvage*.Jacques Cartier a des accents antiques qui doivent tout à ses lectures des Grecs.Et puis le Blanc vint supplanter l'Indien dans ce qu’il faut bien déjà appeler un -mirage-, le colon civilisateur et libre, ce citoyen de ces Etats tout neufs qui proposent une démocratie vertueuse et frugale.Sans avoir sillonné cette terre, Voltaire est ému par le •bon quaker*, Condorcet y voit la terre du progrès infaillible.Il y eut bien quelques mauvais coucheurs pour mettre un bémol à cet enthousiasme: l'impérialisme yankee montrait déjà le bout de son ambition.Chateaubriand se joignit à eux, au sens propre comme au figuré, et son V/ryage en Amérique (1827) se solde par une sorte de déconvenue et d’amertume qui n’effacent cependant pas la beauté de son texte.[.] À prendre ou à laisser Dans ce XIX' siecle, l’Amérique reste ambivalente-.Le -mirage- fonctionne encore, grâce en partie a Tocqueville justement, 4e M/mtesquieu du XIX siècle*.Comment ne pas rêver à ce pays d'énergie, d’initiative créatrice, de progrès?Mais comment ne pas voir aussi la grossièreté de l'Américain esclavagiste, rapace, immature, voire infantile- D-s Américains ne sont-ils pas comme cet infime, ce brutal Thomas Pollock Na geoire.triste sire de L'Échange de Paul Claudel, qui sait qu’il [x-ut trait acheter, même les sentiments?Vice-consul a New York (TKWi-l), Claudel avait-il rencontré de ces millionnaires sans scrupuk-s?Apres la Grande Guerre, l’hostilité grandit encore contre cet insupportable modernisme, fopulente arrogance de cette culture -machiniste» qui risquait tût ou tard d Imposer sa ka a la vieilk- Europe.Georges Duhamel a des cris d’angoisse devant ces •hommes instruits mats en ivrés de leur savoir et qui parlaient de la avthsation et des entreprises du machinisme avec une assurance, une confiance, une ftn que je crmmen-çats a trouver toutes proches de l’aveuglement* Il peste contre a- •goût du confort vulgatre.de la nouveauté santilPinte\.), de la camelote* Cette détestation sera suivie par bien d’autres et eDe continue, entre autres sous la plume de NYirman Maik-r qui, de l'intérieur, fustige enco- re cette domination technologique.Heureusement qu’il est des Jules Romains [sair équilibrer l’image et rester fidèle admirateur de la maehi ne, de la grande ville, et de ceux qui ont quitté les vieilles terres |>mir s'installer dans cet Eldorado.Connaissez-vous I.Homme blanc?•Imi s’est sauvé de chez nous pour faire enfin éi son aise Quelques-unes des folies que nous avions dans le ventre; Il ne voulait pour témoins que le sol vierge et le vent.Pourquoi me ilemantlez-vous si le travail est solide?baissez-moi tranquille avec les baux emphytéotiques' Le rocher dessous New York tiendra plus longtemps que teem.* Ix-s autres voyageurs D'temps passa et le rêve tourna: on relus» ce capitalisme réactionnaire, on rêva plutôt de l’URSS, du Cuba de Castro et Guevara, de La Chine de Mao, du Vietnam d’Ho Chi Minh.Mais on rêva encore.Même Beauvoir et Sartre y vont de leur américanophilie quelque peu gênée par leurs jx-nsées de gauche.Mais on quitte la h-s -vrais» voyageurs avec tous ces universitaires qui furent un temps invités chez leurs homologues américains et en rapportèrent leurs impressions.Beauvoir surtout, qui mit sur le papier ses quatre mois de présence aux Etats-Unis, en 1949, dans une •Amérique au jour le four* qui la fascine et la déstabilise.( hi Jacques Mari tain, professeur de philosophie à T oronto et à Princeton dans les années 40, américanophile sans états d’âme.Ou André Maurois, reçu avec tant de sympathie dans cette Amérique sans chauvinisme, tout heureux de concocter, avec Aragon, une Histoire parallèle des fltuts-Unis et de l’URSS de 1917 a 1961.Il fallait oser.Et tous les Foucault, Bourdieu, Serres, consœurs et confreres.Mais ils ne font guère d’autres voyages que ceux imposé-s par leurs conférences, d’où un regard quelque |x*u limité et un horizon relativement homogène.Il est banal de dire que tous ceux qui entreprennent le voyage gardent leur bagage intellectuel.An moment de rédiger, ils passent, consciemment ou non, tes images recueillies a travers te filtre de leurs propres mobiles, de leur culture, de kurs pré-supposés Pareil à Chateaubriand, quand Heide gger visita enfin la Grèce, en 1962, apres beaucoup d’hésitations devant une Grèce contemporaine qui risquait de lui e-scamotiT la Grèce antique, il chercha partout cette vérité, cette aléthiia, sans la trouver, et il revint profondément déçu L’image utopique créée par la tradition du XVIII siècle, celle- du classicisme, ries Lumières et du romantisme ne- se rencontrait nulte part sur sa route.Ce (eayvige grec intime- et intettectueflement familier avec lequel il vivait depuis sa studieuse- jeune sse, il ne parvenait jeas a le- kxalise-r II revint comme Chateaubriand, déçu et critique a l’endroit de la réalité contemporain* •Ambassadeurs de rertitudes ou rolpor leurs de doutes* (F.Hartog)?Nos voyageurs en Amérique osc illent aussi entre les deux.Ils e*»-saie-nt sincèrement d’enfiler les botte s américaines.Ils le font avec toutes tes maladresses du genre, avec la nafve-té dl Hyss*-, avec son arrogance aussi parfois, avec aussi fie s idé-es eterrtere- la tête-.A neius de tes suivre e-t de- passe-r la frontière.O-s textes aeront jwblie-s a l’automne- dans le- numéro LT de la revue Omymrtures (wunatrempetuqam m/r/mfonrtures) se eus te the-me- *Imprcssums USA» « Un peuple est un miroir où chaque voyageur contemple sa propre image.En Amérique comme partout {.], on ne trouve que ce qu’on apporte.» - André Maurois, Conseils à un jeune Français [xirlant jyour l'Amérique LTfeCfl 1PE nu OEVOffi LA RÉDACTION Jouraaüstr* é rinfrirmflbon fbnérate H rnttrop'fomn« G«rakJ I>afiatr« aeir*** «* durmrtmr ét nÿ*meji»tm JU-smrw Owrlwuwi iffam mÊHÊédjâki f AMrwr Cbfxurmt !t4wvtvm‘ ]'•*+ îv-ikw (téii ^rvüuu r» u 4* Lt pagt iéine lîrvwj Mylrt 'jwiut ci tais* eig mtiêU).Oairandftt Cauchy {Général) Jean tHoe.Dwwi-CrtBe* Franctrur ’«nnrmniWKnt Bm* pH- Mrteù'e F >* larel Svl** V • -i M* > - r Ia»rr*e>* EhmauR {dtrtrtntt fié Syhie L^xrte.Martme Bembe jeeertam LA PHODI CTKlN ChrvtMn Govkl dmattm* d» p+oémetorm MrhH DtnwÉitwfc J'*hai»e Brimet, îktr.rrte CarrUr* Rkhard îOanêart Jfainki FiW.Yar- ek Monr.Nathai*» 7*fiRMzVHQI fc Yanak Martel •mpomafoi PROMOTION.DISTRIBUTION ET TIRAGE Aleaandfe Gaudreau ur les députés.C'est donc dire qu’il y aura 75 investitures au Québec avant les prochaines élections.«Tout sera ouvert», confirme le sénateur lierre Claude Nolin, très impliqué dans la formation au Québec.Pour coordonner le tout et ajouter de la vigueur à l’organisation dans la province, le II' vient d’ailleurs tout juste d’ouvrir un bureau permanent à Montréal, le long du boulevard Métropolitain, angle Lmgelier, dans l'est de la ville.Le téléphone est en service depuis un mois environ, même si, à la réception, on affirme que «le bureau n’est pas encore complètement fonctionnel».Le grand manitou de l’organisation au Québec, Pierre Coulombe, n’a ix\s rappelé Le 1 )evoir pour dire si oui ou non un autre bureau serait ouvert dans la région de ( Juébec, comme les rumeurs le Laissaient croire.En revanche, l’Association des conservateurs du Québec, qui a vu le jour dans la controverse il y a un an en raison de l’opposition des hautes instances du parti à Ottawa, est aujourd’hui «une coquille vide s;ms influence», comme le souligne une source haut placée dans le parti.«Dims les faits, elle n’existe plus vraiment.» Une autre personne souligne que «cette idée était bonne sur papier, mais que rien n’a jamais vraiment décollé» étant donné le |x-u de pouvoir que le parti à Ottawa lui a consenti.En effet, aucun financement ne lui est accordé et aucun pouvoir décisionnel ne lui a été délègue.Mais Pierre Claude Nolin s’inscrit en faux, lui qui est l’un des fondateurs de cette aile du Quebec au sein du PC.«Elle n’est pas morte, elle est en donnan-ce, dit-il.Ce n’est pas qu’on ne veut pas la lancer, mais on attend que les organisations d;ms les comtés soient vraiment en place.( >n ne veut rien précipiter.» Selon le sénateur, l’Association aura pour rôle de mieux coordonner les actions entre les différentes circonscriptions, ce qui implique que les comtés soient fonctionnels avant de pouvoir agir.«On verra l'Association de plus en plus», dit-il.Engouement Selon l’IiilipiK- Gervais, qui a été directeur adjoint de la camjxigne électorale 200
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.