Le devoir, 25 juillet 2006, Page(s) complémentaire(s)
LE DEVOIR.LE MARDI 25 .1 U I 1.L E T 2 O O « A 2 LES A C T U AL La guerre au Liban Des Canadiens reçoivent l’aide de soldats pour fuir une zone sensible LES PERREAUX ALEXANDER PANETTA Beyrouth — Des soldats canadiens ont effectué une incursion dangereuse en territoire contrôlé par le Hezbollah, hier, pour faire sortir des ressortissants canadiens de la ville qui subit les plus violents bombardements au sud du Liban.Une douzaine de civils ont été rescapés par un nombre plus grand de militaires et conduits à bord d'un bateau à Tyr, réduite en ruines par de constants bombardements israéliens.«C’a été 13 jours de bombardements — tous les jours, nuit et jour», a raconté Adouy Ali, un Montréalais, aux journalistes présents à Chypre.É était accompagné de sa femme enceinte et de deux enfants.«C’est pourquoi nous sommes fatigués, et les enfants sont fatigués eux aussi.Il y a beaucoup de colère parce que tout est contre les civils.Tous les gens qui meurent sont des civils — tous les jours.» La mission de sauvetage soutenue par les troupes des Nations unies et de plusieurs pays s'est déroulée sous une pluie de tracts largués par un avion israélien.Des insurgés ont répliqué par des tirs d’armes légères.«üya eu un peu d’agitation [.] Un avion est passé et a largué des tracts tout près d’eux et il y a eu des tirs d’armes légères ensuite, a raconté Shane Brennan, le leader d’une équipe d'experts de l’armée chargée de soutenir l'opération.Mais tout est demeuré calme et l’évacuation s’est poursuivie.» Selon M.Ali, d'autres Canadiens ont toujours besoin d'aide.Un navire affrété par le Canada devait quitter Tyr, demain, avec d’autres évacués à son bord.Mais M.Ali se demande comment les gens réussiront à atteindre le port de Tyr.Contraste L’opération à haut risque à Tyr contrastait avec l’atmosphère plus paisible régnant au principal centre d’évacuation des Canadiens à Beyrouth.Le personnel sur place ayant constaté que les demandes d’évacuation de la capitale fléchissaient, l’équipe chargée de l’évacuation des ressortissants canadiens au Liban a décidé d’accueillir toute personne détenant un passeport canadien à compter de mardi.Jusqu’à lundi, le ministère des Affaires étrangères avait offert le mi K v - H Jeunes réfugiées canadiens se reposant hier à Larnaca (Chypre).SAMl'n ARANDA AC, K NC F FRANCK PRFSSF rapatriement à plus de la moitié des 39 000 citoyens canadiens se trouvant au Liban.On recommandait alors à ces personnes d’attendre que l’ambassade les appelle.Jusqu’à présent, 7900 personnes ont pu quitter le Liban.Et plus de 2800 ressortissants canadiens étaient rentrés hier, les autres étant toujours en transit.Ce chiffre évoluait rapidement puisque sept avions étaient attendus à l’aéroport de Dorval hier.De 15 à 20 % des évacués n'ont pas la citoyenneté canadienne.Ils sont notamment des résidents permanents, mais aussi des ressortissants d'autres Etats avec qui le Canada s'est entendu pour les faire sortir du pays du Cèdre.Des citoyens américains, brésiliens, australiens et britanniques figuraient sur la liste.Et pour l'instant, impossible de chiffrer les coûts des opérations.L'ambassadeur canadien à Beyrouth, louis de Lorimier, a fait savoir que l’évacuation se poursuivrait jusqu’à ce que tous les citoyens qui souhaitent quitter le Liban soient partis.«Nous allons évacuer des gens toute la semaine, a dit M.de Lorimier.La demande est moins grande.Sans aucun doute, des gens sont partis par eux-mêmes.Certaines personnes ont probablement décidé de rester.» Quelque 1187 Canadiens ont été évacués de Beyrouth hier — c’est moins de la moitié du nombre d’évacués de La veille.La décision de modifier la procédure d'évacuation en offrant le rapatriement à tous les détenteurs de passeport qui se présenteront, plutôt qu'aux seuls ayant reçu l’appel de l’ambassade, a été expliquée par un représentant des Affaires étrangères au cours d’une séance d'information à Ottawa.*On s’est aperçu, a-t-il dit, que des personnes que nous appelons sont déjà parties.Plutôt que de gaspiller du temps et des efforts à faire cela, nous estimons que nous devons envoyer un message à ceux qui pourraient vouloir partir», a fait savoir un fonctionnaire qui a préféré garder l’anonymat.Au sujet des Canadiens pris au piège dans le sud du Liban et qui voudraient fuir, il a indiqué que ceux-ci avaient été avisés de se diriger vers le port de Tyr demain matin, le 26 juillet, et de ne pas attendre d'autre communication de la part de l’ambassade à Beyrouth.Ils doivent apporter avec eux leurs passeports ou tout autre document de voyage et se présenter à 9h, heure locale.Des fonctionnaires ont demandé aux médias de diffuser l’information à l’intention des Libanais au Canada susceptibles d’être en contact avec des proches et des amis à Tyr.Quant à la sécurité de rembarquement de passagers à Tyr, un des fonctionnaires a reconnu qu'il serait «très difficile» d’assurer la sécurité de quiconque dans le sud libanais.Harper au centre des opérations A Ottawa, pendant ce temps, le premier ministre Stephen Harper est venu soutenir le moral du personnel au cours d'une visite au centre des opérations d’évacuation, lundi, selon un fonctionnaire.11 a reconnu que le personnel des Affaires étrangères effectue de longues heures de travail, au cours de ce qu'on a qualifié de plus importante évacuation de citoyens de l'histoire du Canada.Quant au risque que des terroristes puissent voyager et entrer au pays aux frais du gouvernement fédéral grâce à de faux passeports, des fonctionnaires présents à la séance d’information ont insisté sur le fait que les documents avaient été vérifiés au 1 j-ban avec la même vigilance que pour toute personne entrant au Canada.Presse canadienne Les réfugiés français louent Paris CHRISTIAN RIOUX Contrairement au Canada, on n’a pas entendu en France la moindre récrimination à l'égard du rapatriement des réfugiés du Liban.A côté du tollé qu'a provoqué le rapatriement des Canadiens, les réfugiés fiançais arrivent depuis trois jours à Paris sans accabler le gouvernement de critiques et de quolibets.La ministre de la Défense, Michèle AUiot-Marie, a d’ailleurs estimé hier que la mission française de rapatriement pourrait s’achever aujourd'hui.A ce jour, la France a rapatrié environ 5000 des 8000 ressortissants qui auraient demandé à quitter le pays.Le quai d'Orsay a même pris en charge 1150 étrangers, essentiellement des Européens.Le traversier lera Petra, affrète par le ministère des Affaires étrangères, a débarqué hier à Larnaca à Chypre, pour sa quatrième rotation, environ 1300 personnes.La fregate Jean-Bart a fait de même avec près de 300 passagers.A peine arrives, les ressortissants français ont été embarques sur des vols affrétés par le ministère des Affaires étrangères.Alors que les rotations de tra-versiers se poursuivent, cette nuit le navire militaire Mistral devrait donner a l’opération une autre dimension en transférant d'un seul coup 2500 personnes de Beyrouth Pas un seul quotidien n’a critiqué l’action du gouvernement vers le port de Mersin, en Turquie, d’où elles seront rapatriées vers Paris par des vols gros porteurs.Le Mistral est le deuxième plus gros bâtiment de la flotte française après le porte-avion Charles-de-Gaulle.11 peut transporter jusqu’à 4000 civils.La 'satisfaction générale exprimée dans la presse et les médias tranche avec le tollé qu’a suscité le rapatriement des Canadiens.Pas un seul quotidien n’a critiqué l'action du gouvernement, dont la critique du Hezbollah et de la réaction «disproportionnée» d’Israël recueille l'assentiment général.«U n’y a pas de raison de mettre en doute les efforts du gouvernement pour sauver les civils», a déclaré le président de lUDF François Bayrou, généralement très critique à l’égard du gouvernement.«Une fois n 'est pas coutume, j’approuve les paroles et les actes» de Jacques Chirac, a déclaré l’ancien ministre socialiste Jack Lang.Même si la France a deux fois moins de citoyens que le Canada au Liban, depuis une semaine, toute l’équipe gouvernementale semble entièrement mobilisée par cette opération.Apres la visite du premier ministre Dominique de Villepin dès le 17 juillet, le ministre des .Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a fait une tournée de la region: La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie.s’est rendue cette fin de semaine' à Chypre, plaque tournante de l'évacuation, où elle a annoncé qu’une opération était en cours pour rapatrier les 400 Français bloqués dans le Sud-Liban.Même la ministre déléguée aux Affaires européennes, Catherine Colonna, était à l'arrivée des navires au port de Larnaca, à Chypre.A Paris, une cellule de crise composée de 20 personnes coordonne le rapatriement Depuis le 14 juiDet elle a traité 16 000 appels de Français présents au Uban.Les ambassades de Beyrouth et de Chypre ont reçu le soutien du ministère des Affaires étrangères, de celui de l’Intérieur, du ministère de la Santé, des Services d'aide médicale d'urgence et de la Croix-Rouge.Une antenne consulaire d'urgence est en train d’être aménagée en Turquie.A la décharge du Canada, il faut dire que les côtes françaises ne sont qu'à 4000 km de celles du li-ban et que la France est dotée d’une force militaire sans commune mesure avec celle du Canada.Mais ce succès s’explique peut-être surtout par l'importance que la France a toujours accordée au Liban depuis l’époque où elle y était la principale puissance coloniale.Les visites du président Jacques Chirac sont toujours accueillies avec enthousiasme dans ce bastion de la Francophonie au Moyen-Orient Une équipé des forces spéciales françaises a même organisé cette fin de semaine une opération de commando dans le sud du Liban pour récupérer une centaine de ressortissants à Nabatiyé, à une soixantaine de kilomètres de Beyrouth, dans une zone à majorité chiite.Il aura fallu cinq heures aux militaires pour se rendre sur place et ramener k's ressortissants le lendemain, dimanche, à Beyrouth.la ministre de Li Défense ÀUiot-Marie a annoncé que le transporteur Sir/e co pourrait •éventuellement aller ce week-end vers la urne sud pour ramener» les citoyens français.A Tyr, 150 Français sont réfugiés depuis dix jours dans un hôtel dont les abords ont été bombardés.Après les succès de l’équipe française au Mondial de football, l’action de la France au Liban semble agir comme un baume sur les sondages des dirigeants politiques.Il y avait longtemps que le président Jacques Chirac n’avait pas atteint 38 % d’opinions favorables, une progression de 11 points.Dominique de Villepin recueille la faveur de 28 % de l’opinion, en hausse de cinq points.L’opération de rapatriement des réfugiées britanniques est aussi considérée comme terminée.Environ 4000 Britanniques ont quitté le pays, sur les 12 000 ressortissants et 10 000 binationaux présents avant le début de la guerre.Douze mille ressortissants américains ont aussi été évacués dans une opération considérée comme terminée.collaborateur du Devoir Avec l'AFP Les opérations humanitaires commencent à se dessiner ALEXANDRE SHIELDS Tandis que la valse diplomatique bat son plein, l'achemi-! nement de l’aide humanitaire des-| tinee aux libanais peine toujours ; à st> mettre en place, en raison de | l’insécurité qui règne d;uis tout le pays, les appels à la collecte de fonds se font toutefois plus pressants.Hier, les Nations unies ont notamment lancé un appel pressant à une aide d'au moins 150 millions de dollars.L’argent servira à couvrir pendant trois mois les besoins de 800 000 personnes en matière de nourriture, d'eau, de soins medicaux et d'hygiène publique, «l.ts chiffres que nous avons présentement sur le nombre de personnes qui ont besoin d'aide immediate augmentent d'heure en heure, alors la situation est très urgente», a explique hier la porte-parole d’Ox fam-Québec, Marie Devers.Son organisme fait partie d’une coalition de groupes qui espèrent amasser deux millions de dollars d’ici deux semaines.«// s‘agit seulement d'un premier pas», a-t-elle pris soin de préciser.Et tandis que certains pays occidentaux achèvent l'évacuation de leurs ressortissants encore coincés au Liban, les opérations humanitaires commencent à se dessiner.Les Etats-Unis ont annoncé hier qu'ils contribueront à hauteur de 30 millions de dollars aux dons de l'aide internationale pour le Iib;uF L'année americaine livrera aussi de l'aide humanitaire à des organisations non gouvernementales, a indiqué hier un portt^ parole du Pentagone.Ce dernier, Bryan Whitman, a indiqué qu’il était |H‘u probable que le personnel militaire américain s’avance jusque dans les zones de conflit.In Grande-Bretagne a promis de son côté 4,08 millions de dollars.I/‘ Canada a déjà promis, la semaine dernière, de verser au moins un million.11 n’a toutefois pas été possible de savoir si d'autres enveloppes suivront.Mais malgré toute la bonne volonté exprimée par les Etats et les organismes d'aide humanitaire, la situation sur le terrain nuit beaucoup à l’acheminement du matériel.Selon un communiqué diffusé par l'ONU, la destruction de routes et de ponts et le bombardement de camions par l'armée israélienne compliquent l’acheminement de l’aide humanitaire.Israël a par ailleurs imposé un blocus maritime au Liban et pilonné la piste d'atterrissage de l’aéro port de Beyrouth.Et la semaine dernière, un camion transportant des vivres et des médicaments a été frappé par un missile israélien.• Les hostilités en cours continuent d’entraver l'accès aux populations touchées et le libre déplacé ment des équipes de secours et des ; biens», précise le communiqué ! des Nations unies.L’arrêt des combats entre le Hezbollah et Tsahal est nécessaire pour pou I voir conduire une opération humanitaire d’envergure.En l’absen ce d'un cessez-le-feu, les Nations unies demandent l'instauration de corridors humanitaires.U's représentants de l’organisme Ox tam qui se trouvent en territoire libanais ont cependant reçu des signes encourageants de la part du secretaire adjoint des Nations unies pour les affaires humanitaires, Jan Egeland.«Sous avons demande un passage sécurise vers trois ports: Beyrouth.Tripoli et Tyr».a-t-il dit hier.«Sous cherchons
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.