Le devoir, 1 août 2006, Cahier A
COUR SUPRÊME Les pensions alimentaires peuvent être exigées de façon rétroactive Page A 3 ?w w w .1 e d e roir.com ?NUCLÉAIRE Le Conseil de sécurité de l’ONU adresse à l’Iran un ultimatum d’un mois Page A 5 LE DEVOIR % V WW SHANNON STAPLETON REUTERS Tenant son bébé, cette libanaise en pleurs est parvenue à fuir à pied la ville de Bint Jbeil, située dans le sud du pays du Cèdre et ravagée par les bombardements intensifs menés par l’armée israélienne.Quelque 800 000 personnes ont déjà dû quitter leur domicile depuis le début du conflit Et malgré la volonté exprimée par Tsahal de restreindre ses raids aériens pendant 48 heures, plusieurs attaques ont été menées nier.Celles-ci devraient d’ailleurs reprendre «avec toute leur force» après l’expiration de ce délai, selon un membre du Conseil de sécurité israélien s'exprimant sous le couvert de l’anonymat Israël reste de glace Au lendemain du massacre de Cana, l’État hébreu décide d’élargir l'offensive terrestre Même si les pressions se sont multipliées hier tsi faveur d'un cessez-le-feu immédiat au liban, au lendemain du bombardement meurtrier de Cana par Israël, l’État hébreu a réaffirmé son intention de poursuivre son offensive contre le Hezbollah jusqu’au déploiement d'une force internationale dans le sud du Liban.Lt secrétaire d’Étal américaine, Condoleezza Rice, a d'ailleurs affirmé sa «conviction» qu’un «cesscz-lejru urgent» et «un règlement durable» étaient possibles dès cette semaine.Le premier ministre israélien, Khoud Olmert, a pour sa part martelé qu’«i7 n'y aurait pas de cessez-le-feu dans les prochains fours».«Nous continuons à nous battre», a-t-il répété, ajoutant que le conflit au libim 11 nirait avec la fin des menaces contre Israël.Et malgré l’annonce faite par Tsahal d’une restriction de ses VOIR PACE A 8: ISHAÉI.¦ Information* et analyse* en page* A 2, A 6 et A 7 La croissance albertaine explose Le Québec finira en queue de peloton, prédit le Conference Board FRANÇOIS DESJARDINS Gonflée à bloc par un baril de pétrole au plus haut, l'Alberta connaîtra cette année une croissance économique de 6,6 %, selon les prévisions du Conference Board du Canada, qui indique par ailleurs que le Québec finira une fois de plus en queue de peloton.La lecture des perspectives provinciales du Conference Board du Canada est une expérience surréelle.Aux antipodes du Québec grâce au prix de l'or noir qui dépasse 70 $US le baril et à l'investissement massif dans les sables bitumineux, l'Alberta présente des données dans la plupart des cas deux fois plus fortes que dans le reste du Canada Des exemples?Outre une croissance économique de 6,6 %, les prévisions tablent cette année sur une augmentation de 11,9 % des dépenses de consommation (contre une moyenne nationale de 5,1 %), un taux de chômage de 3,6 % (contre 6,5 %) ainsi qu'un revenu personnel per capita qui franchit pour la première fois le cap des 40 000 S (contre 33 300$).En 2007, la croissance redescendrait autour de 4 % en Alberta •Suis-je surprise?Oui et non.On vit quand même un boom dans le secteur énergétique, avec le prix du pétrole et les gros projets dans les sables bitumineux, à la fois ceux qui sont en développement et ceux qui sont déjà annoncés», a dit lors d'un entretien Marie-Christine Bernard, directrice associée aux études provinciales.«Ça devrait générer une forte croissance pendant plusieurs années encore.» La publication des données montrant l'écart entre l'ouest et l’est du pays survient quelques jours apres une réunion des premiers ministres des provinces au sujet de la péréquation.VOIR PAGE A 8: ALBERTA L’écart entre l’est et l’ouest du pays a de quoi donner des maux de tête à la Banque du Canada INDEX T Annonces_____B 4 Avis publics B 5 Culture.B 8 Décès_______B 4 Économie B1 Éditorial___A6 Idées________A 7 Météo________B 5 Monde_______A5 Mots croisés B4 Sudoku______B4 Télévision B 7 Outgames Les jeux de la chaise vide ?Le trop-plein d’événements semble avoir dilué l’attrait pour les compétitions sportives et plusieurs tours de ville son! annulés.Premier événement d’une telle ampleur à Montréal avec quelque 12 000 participants provenant de 111 pays, les Outgames sont-ils victimes de leur succès?En faisant le tour des différents centres sportifs de la ville, du Centre Claude-Robillard à la piscine du Stade olympique, un constat s’impose: des foules VOIR PAGE A 8: OUTGAMES LI SA - MARIE G E R VA I S Tours de ville dans le Red light, défilé de la fierté gaie, concerts de drag-queens en plein-air, spectacles d'humour gai.avec les Outgames un flot d’événements et de célébrations valsant autour du même thème déferle sur Montréal.Pourtant, deux jours après l'ouverture officielle, les gradins de plusieurs compétitions sportives sont presque déserts JAC HUES (,RENIER LE DEVOIR Volley!will à la plage du parc Jean Drapeau 4*'.'l*.' ï&MM a' Les cicatrices de la guerre du gaz avoime a l’heure indienne En gagnant les élections présidentielles de décembre dernier en Bolivie, Evo Morales a fait naitre un immense espoir dans la population autochtone, l’une des plus pauvres du continent Nos collaborateurs rentrent d’un séjour de trois mois dans ce pays.Troisième texte d’une série de six VIOLAINE BALLIVY GUILLAUME B O U R G A U LT C ô T É Santa Cruz — Elle est explosive, la •guerre du gaz» en Bolivie.A deux reprises déjà, cette bombe à retardement a sauté entre les mains d’un président Exit Sânchez de Ixtzada et Carlos Mesa.Ijc peuple bolivien a la meche courte sur la question de la nationalisation des hydrocarbures.C’est peut-être pour cette raison qu’à l’heure de remplir sa premiere promesse électorale, Evo Morales s’est présente devant les journalistes.un casque sur la tête.C’était le 1" mai dernier, lors d’un gros spectacle médiatique à l’occasion duquel l'armée s’était déployée daas les installations pétrolières et gazieres.Devant les caméras et plusieurs «compafteros» travailleurs, Evo Morales confirmait que la Paz reprenait le contrôle de son sous-sol.Découvertes il y a une dizaine d'années, les réserves de gaz naturel du pays sont les deuxièmes en importance en Amérique latine.Un véritable trésor dans un pays habitué aux miettes de la misère.*Nous avons commencé aujourd'hui a nationaliser les hydre carbures, demain ce seront les mines, les forêts et toutes les ressources», déclarait le nouveau président il y a trois mois.Pour les dizaines de milliers d'autochtones boliviens, qui étaient descendus dans la rue en 2003 et en 2005 pour n-venurrait influer sur sa réponse à l’offre des grandes puissances pour régler la crise1.L’ambassadeur d’Iran, Javad Za-rif, a rejeté le texte dims une déckr ration de 30 minutes, accusant les Etats-Unis et leurs alliés européens d'«imposer une resolution totalement destructrice et injustifiée» •Cette approche ne mènera pas d un résultat productif, elle ne peut qu exacerber la situation», a-t-il dil, affirmant que l’Inui était prêt à des négociations «sérieuses et non discriminatoires» ( >eofge W.Bush a qualifié hier la résolution de l’ONU de texte »f)rt».«les Iraniens tloivent entendre clairement le message adressé à travers cette résolutitm, qui est que le monde a bien l ’intention de faire en sorte qu 'ils ne finissent pas par avoir l'arme nucléaire ou le savoirfrure pour construire une arme nucléaire», a dit M.Bush.Téhéran a affirmé à plusieurs reprises qu’il ne suspenaniit pas ses activités d’enrichissement.Il a indiqué qu’il donnerait le 22 août sa ré-ponse à l’offre comportant des incitations économiques que hii ont laite les six imissancex en juin. LE DEVOIR LE MARDI i AOUT 2006 D I T 0 R I A L ONU désarmée Acte inexcusable, le bombardement de Cana aurait dû susciter de la part du Conseil de sécurité de PONU un sursaut autre que la timide inflexion dont il a accouchée.Alors que le Liban est dans l’obligation de composer quotidiennement avec la tragédie, les membres du club affichent des positions qui ne permettent pas d’entrevoir le silence des armes à très court terme.LE DEVOIR A $>r Serge Truffaut u terme de son deuxième périple au Proche-Orient en une semaine, la secrétaire d’État Condoleezza Rice a souligné que l’articulation d’un cessez-le-feu par le Conseil de sécurité serait accomplie au cours des prochains jours.Celui-ci comprendrait trois volets: la trêve comme telle suivie d’une déclinaison des balises politiques propices à une paix durable et enfin le mandat et la description de la force internationale.C’est donc ce document qui, selon Rice, devrait être entériné d’id peu.Rien n’est moins sûr.En effet l’activisme diplomatique auquel se livre le gouvernement français s’est soldé par l’apparition de signes de tension entre Paris et Washington qui, pour l’instant du moins, font un écho lointain aux divergences constatées entre ces deux pays lors de l’épisode irakien.Chose certaine, entre les gestes posés et les paroles prononcées par les uns et les autres, c’est à la gestation d’un éloignement qu’on assiste, et non l’inverse.A l’origine de cet éloignement, il y a la rencontre survenue entre le premier ministre Tony Blair et le président Bush, au terme de laquelle ils ont demandé l'envoi rapide d’une force internationale, dont leurs pays seront absents, sans avoir pris le soin de définir le cadre politique de la force en question.La mise en scène comme l’acte composé par Blair et Bush a passablement agacé l’exécutif français qui estime avoir été mis devant le fait accompli.Est-ce par vanité ou par finesse diplomatique, on ne sait, Paris a répondu de la sorte: pas question de dépêcher de représentant lors de la réunion — informelle pour être précis — que les nations prêtes à participer au contingent militaire devaient tenir lüer.Ensuite?Ça se corse.Et ce, sur l’essentiel, soit évidemment le cessez-le-feu: la France n’enverra pas de soldats dans les environs de Beyrouth tant qu’un accord général n’aura pas été conclu entre Israël et le üban.Lorsqu’on s’arrête au contenu souhaité de l’accord, on peut craindre un report lointain de la trêve.On attend en effet des parties concernées qu’elles trouvent une entente sur le sort des prisonniers israéliens et libanais, le désarmement du Hezbollah et le déploiement d’une force internationale dans le Sud-Liban.Qui plus est, toujours dans l’optique française, cette dernière devrait avoir pour fonction première de soutenir l’armée libanaise, à qui reviendra la tâche d’exiger du Hezbollah qu’il lui remette fusils et missiles.Ainsi donc, la force internationale ne sera pas appelée, selon le vœu de Paris, à appliquer le sujet central de la résolution 1559, soit le désarmement des milices.A moins évidemment que la France modifie sa ix>sition, le nœud du problème ne sera pas résolu avant des lunes.Croire que le Hezbollah va baisser la garde, quand il est l’instrument central dans cette région des visées politiques de la Syrie et surtout de l’Iran, relève tout bonnement de la crédulité.Après trois semaines de bombardements, l'ONU a une fois encore fait la preuve de son incapacité à jouer sur les événements lorsqu'ils sont aussi violents que sanglants.Et ce, parce que ceux qui détiennent les clés des solutions calculent avec constance leurs avantages.Du plomb dans l’aile Bernard Descôteaux u moment où fut créé le Conseil de la fédération en décembre 2003, plusieurs croyaient que cette nouvelle structure allait transformer les rapports entre le gouvernement fédéral et les provinces.Selon l'expression employée alors par le premier ministre ontarien Dalton McGuinty, l’époque «d'aller à Ottawa à genoux» était révolue.Réunis pour leur conférence annuelle estivale à Saint-John's la semaine dernière, les premiers ministres ont pu prendre la mesure de ses limites.L’ambition qu’avaient les premiers ministres en créant ce conseil était d'en faire le lieu d'élaboration de consensus qui leur permettraient ensuite de traiter d'égal à égal avec Ottawa.11 fallait beaucoup d'enthousiasme, sinon une bonne dose tie naïveté, pour croire qu'il serait possible de concilier des intérêts profondément divergents qui, sur une question comme la pœ réquation qui était à l’ordre du jour la semaine dernière, n'avaient jamais pu l’être par le passé.A Saint-John’s, l’unanimité ne fut pas au rendez-vous, et les premiers ministres auraient abouti au même cuMe-sae s'ils avaient tenté d'élaborer une position commune sur la mise en œuvre de l'accord de Kyoto.A travers la péréquation, c'est toute la question plus vaste du déséquilibre fiscal qui était abordée.11 est juste de penser que les relations fédérales provinciales auraient été transformées si les provinces avaient pu parler d'une seule voix.1 a bouchée était toutefois beaucoup trop grosse.Pour arriver aux compromis nécessaires, il aurait fallu s'accorder plus de temps, ce qui n'était pas possible en raison de la conference qu'entendait tenir le premier ministre 1 larper au début de l'automne.Il aurait aussi fallu inscrire plus profondément dans les gènes des provinces la pratique de la concertation.En 30 mois d’existence, on ne peut pas dire que le Conseil avait acquis en cela une experience solide.L’idee sur laquelle repose le Conseil de la federation n'est pas mauvaise du tout car les provinces ont tout intérêt à travailler ensemble aussi bien sur les sujets qui relèvent de leurs competences exclusives que d;u\s leurs rapports avec Ottawa.L’échec enregistre la semaine dernière ne le rend pas inutile, mais il faut bien reconnaître qu'il en ressort lourdement hypothéqué.Obliges désormais de jouer le jeu du chacun pour soi sur la question du déséquilibre fiscal, les premiers ministres se méfieront les uns des autres.Leur enthousiasme à l'egard de la concertation interprovinciale sera beaucoup moins grand.Le premier ministre du Quebec, qui est le géniteur du Conseil de la fédération, ressentira plus que les autres cet echec.11 se rend compte aujourd'hui qu'il est plus difficile qu'il ne voulait bien le croire de transformer les rivalités interprovinciales en coopération.En fédéraliste convaincu, Jean Charest ne dira pas que son objectif était irréaliste, mais peut-être le pensera-t-il en son for intérieur.Il lui faut aussi constater qu’il avait trop mise sur la creation d'un front commun des 10 provinces pour faire avancer le dossier du déséquilibre fiscal Non seulement cela ne s’est pas réalise, mais il se retrouve seul face à Ottawa.Comme d'autres premiers ministres québécois avant lui l’ont fait, il lui faudra mobiliser l'ensemble de la société québécoise autour de cet objectif.Dans les circonstances, c'est le seul front commun qui puisse donner quelques résultats face à Ottawa.MrsevUitH \o letUrnur.ra FONDE PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE Ï>u?AnTüw Nt S'A&RiTÊR SoaÇ un AAgR£; U HairtÇAu DRAPEAU LiSAn L’homosexualité ne parle-t-elle qu’anglais ?Je suis québécois, francophone et gai.J’ai assisté au spectacle d’ouverture des Out-games, au Stade olympique, le 29 juillet.J’ai été profondément choqué par le fait que presque tout s’est uniquement passé en anglais.Et je n'étais pas le seul: plusieurs personnes autour de moi dans les gradins ont manifesté leur désaccord.Le spectacle lui-même (hormis la présence de Diane Dufresne) aurait d'ailleurs pu se dérouler n'importe où aux Etats-Unis ou au Canada anglais.Nous sommes à Montréal, au Québec.Les organisateurs ont-ils oublié que la langue officielle, ici, est le français et que la culture québécoise n'est pas la culture anglo-américaine?Est-ce de l'inconscience de leur part?Ou est-ce que, pour eux, le Montréal gai n’est qu’une succursale de «Gay USA»?Du reste, pourquoi cette manifestation internationale n’a-t-elle qu'un nom anglais?«Jeux olympiques», ça existe dans toutes les langues! Ce qui me déçoit le plus, c’est que des gens qui travaillent très fort pour défendre des droits (ceux des gais et lesbiennes) fassent aussi peu de cas d'autres droits, ceux des Québécois, minorité francophone au sein du grand ensemble anglophone nord-américain.Comment des gens qui luttent pour le droit à la diversité du point de vie de l’orientation sexuelle peuvent-ils faire ainsi, d'une façon aussi «straight», la promotion de luniformité du point de vue culturel?Les organisateurs des Outgames ont-ils déjà entendu parler des batailles menées pour la diversité culturelle, contre le rouleau compresseur étatsunien?La diversité est une richesse, pour l’humanité, sur tous les plans! Un tout petit exemple: personne, aux Outgames, n'a pensé qu’on pouvait écrire autrement qu’en anglais seulement le nom des pays sur les pancartes des différentes délégations?Comment peut-on à ce point manquer d'imagination?On aurait pu écrire le nom de chaque pays d’abord dans la langue du pays (élémentaire, non?), puis le traduire en français (on est au Québec), et enfin en anglais (on est au Canada) - et, pourquoi pas, en espagnol (LAmérique est aussi latine).Les organisateurs des Outgames ont un st^ rieiLX examen de conscience «à faire.Et j'espe-re qu'ils y consacreront quelques minutes avant la cérémonie de clôture, afin de ne pas répéter la très grave erreur qu'ils ont commise k* 2(1 juillet.Jean Bernard Montreal Outgames = Out French = Speak White Je suis unilingue français, je ris en terre de Québec et je ne trouve aucune justification valable pour expliquer ce qui suit.Comme chacun le sait.Montréal est la deuxième ville francophone au monde après Paris.11 est malheureux que les Québécois francophones responsables du volet technique auprès des participants des Outgames n'aient [vis trouver d'autre explication, pour légitimer l'utilisation de l'anglais dans toutes leurs explications, que: c’est « pour sauver du temps» qu'on ne s'exprimera qu'en anglais avec vous.Ce qui a ete le cas qu'il s'agisse de la repetition du chœur international de plusieurs centaines de choristes qui accompagnaient Sylvie Desgroseilliers, de la repetition generale la journée même de l'ouverture des jeux: les responsables techniques s'exprimèrent exclusivement en anglais, quelques mots français leur échappant seulement à l'occasion.Cela a également été le cas dans mon groupe sportit, où les informations qui nous étaient données n'avaient qu'une couleur, celle de Shakespeare, Pourtant, les participants à ce groupe venaient de partout dans le monde, certains de pax's francophones.LETTRES ->- A-t-on oublié le poème engagé de Michèle Lalonde en mai 1968: «Speak white, c’est la langue riche pour acheter mais pour se vendre mais pour se vendre à perte d’âme».C’est cette émotion qui m’étrangle la gorge depuis deux jours.Est-il possible de corriger ce mouvement d'ici la fin des Outgames?Est-ce une réaction des petits «nègres blanc» d'Amérique qui doivent parler la langue du «maître» des fieux?Une anecdote très significative et qui a mis un peu de baume sur ma douleur.Alors que je inarchais derrière un groupe d’Américains de San Francisco, j’ai cru avoir la berlue en lisant au dos de leurs vestes: «Équipe San Francisco».Par l’intermédiaire d'un traducteur, j’ai exprimé à l'un d'eux mon étonnement de Ure sur leurs vêtements ces mots écrits dans la langue de Molière.Il a simplement répondu: «Nous sommes à Montréal dans une ville française.» Ces Américains auraient-ils compris quelque chose que ne soupçonnent même pas ceux qui reproduisent des comportements coloniaux?Yves Blondin Montréal, le 30 juillet 2006 « Chacun pour soi » La rencontre de Saint-John’s, c’est aussi l’échec du Conseil de la fédération.On est passé de «un pour tous et tous pour un» à «chacun pour soi».L’idée d’avoir une structure permettant aux provinces de faire front commun face au gouvernement fédéral ne fonctionne pas, surtout quand il faut redistribuer la richesse des provinces entre les provinces.Je ne suis pas certain que le gouvernement fédéral veuille faire face à un front unifié des provinces.Pour plusieurs fédéralistes centralisateurs, mieux vaut diviser pour régner.De plus, un consensus des provinces aurait pu impliquer une demande globale de fonds beaucoup plus importante que ce qu'Ottawa est prêt à leur verser.Li rencontre de Saint-John's, c’est l'échec de l’approche d’Ottawa qui continue de présenter la péréquation comme un programme où aucune province n'est perdante et où toutes sont gagnantes.Cette approche n'est vraie que lorsqu’on restreint l'analyse au versement de transferts bruts.Or il faut analyser ces programmes au regard des transferts nets.Én effet, le programme de péréquation et les autres programmes de transferts du gouvernement federal doivent plutôt être envisagés comme des transferts nets entre provinces.Dans le cas du programme de péréquation, les provinces qui ne sont pas bénéficiaires subissent une sortie nette de capitaux.la rencontre de Saint-John's, c'est le prélude à l'echec des négociations visant à rétablir l'équilibre fiscal en partie à cause d'un manque de profondeur.Ces négociations devraient être une excellente occasion pour mieux cerner les rôles respectifs que doivent jouer les deux paliers de gouvernement et faire en sorte que la gestion de l'ensemble du secteur gouvernemental canadien soit plus efficace et efficiente à long terme.Si on rate cette occasion, les batailles portant sur qui fait quoi continueront, nos problèmes de gouvernance s'amplifieront et nous serons tous perdants.Le déséquilibré fiscal selon moi.a sa source dans l'envahissement des competences provinciales et la mise en place de mauvaises règles de gouvernance, sources de la mauvaise gestion.Jean-Pierre Aubry President du Comité des politiques publiques, .Association des économistes Îuébecois (ASDEQ) e 29 juillet 2006 Au nom de tous les miens : merci au Canada ! Nous attendons avec impatience les conges scolaires de nos enfants pour aller profiter du soleil et de notre beau pays d’origine: le Liban, afin de revoir la famille et les amis que nous avons encore là-bas, mais aussi pour faire découvrir notre pays à nos enfants.Nous faisons cela chaque année, sans exception, pour nous, pour nos parents, pour nos enfants.Le Hezbollah, par son geste irréfléchi, a livré notre pays aux massacres des Israéliens.Depuis plus d'une semaine, Israël a ouvert sur le Liban les portes de la folie! Israël se dit souvent victime du terrorisme.Mais depuis une semaine, c’est Israël qui pratique le terrorisme d’ÉtaL Notre pays d’accueil, le Canada, a réussi à nous sortir de ce guêpier.Notre pays d’accueil, le Canada, est venu à notre secours.On en rêvait on n’osait plus trop y croire.Surtout après avoir vu les Italiens, les Suisses, les Allemands, les Belges, puis les Russes et les Français s’en aller.Et quand cela a finalement eu fieu, il y a eu des bévues, il y a eu des ratés, que beaucoup ont relevés, critiqués, mais qui étaient simplement des incidents.On était si heureux de rentrer que souffrir durant la traversée n’était rien, rien comparé au miraculeux sauvetage qui avait eu fieu.Nous sommes redevables à notre pays d'accueil.Et au nom de tous les miens, je souhaiterai témoigner notre reconnaissance à l’équipe responsable de l’évacuation de nos compatriotes d’origine libanaise.Car grâce à elle, moi et mon fils, nous avons pu rejoindre mon mari à Montréal hier matin.Merci au Canada! Nicole Abdul-Massih Le 22 juillet 2006 Feux et feux Je ne sais pas si je suis le seul à avoir eu cette pensée, mais les feux d'artifices de mercredi soir ont pris une tout autre signification à mes yeux lorsque je me suis rendu compte qu'au moment où les explosions suscitaient des applaudissements et des cris de joie sous le pont Jacques-Cartier, d’autres explosions faisaient naître des sanglots et des hurlements de douleur chez les civils libanais pris au piège sous le feu de l'armée israélienne, qui continue de pilonner Beyrouth et le Sud-Liban avec la «bénédiction » des Etats-Unis et du Canada.François Charbonneau Montréal, le 27 juillet Fuir la dictature cubaine Monsieur Le Roux.C'est avec beaucoup d'intérêt que j’ai lu votre texte du 28 juillet dernier.Inutile de dire que je soutiens en grande partie les idées que vous partagez avec nous.Le dernier paragraphe m'a cependant fait sursauter vous écrivez «que Cuba n'envoie pas de bombes, ne sème pas la mort, mais envoie plutôt à travers le monde des médecins (30 OOO).des professeurs et des entraîneurs sportifs pour semer la santé, la paix, l’alphabétisme.les seules armes qui permettront d'en finir un jour avec la barbarie des États-Unis et de ses valets canadiens et israéliens.» Savez-vous que chaque jour, des dizaines de Cubains qui ne sont ni médecins, ni entraîneurs sportifs, quittent Cuba dans des embarcations de fortune pour fuir une dktature qui ne laisse guère de place a la liberté d’expression.Combien y a-t-il de journalistes et d'écrivains en prison à Cuba?Je peux en témoigner, car depuis la petite üe mexk'aine ou je vis plusieurs mois par an.je les vois arriver, tout au moins ceux qui ont survécu à la traversée.Ne pensez-vous pas qu'avant d’exporter de la joie et de la bonne humeur.Monsieur Castro ne devrait pas plutôt dépenser les milliards de sa cagnotte pour assurer à son peuple une belle qualité de vie?Je sais je sais, ü y a l'embargo.mais celui-ci ne justifie pas tout Bien à vous.Renée Wathelet 4 LF.DEVOIR.LE MARDI l ' * * A O l T 2 O O (i i A DEES La guerre en rouge du Liban SYLVAINE DE PLAEN Pédopsychiatre, Hôpital Sainte-Justine epuis le début de cette sale guerre du Liban, je me trouve, comme tout mon entourage, profondément interloquée et choquée par la situation qui prévaut dans cette région de la planète.Le massacre de Cana est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, pour moi comme pour bien d'autres, qu’ils soient d’Occi-dent, du monde arabe ou des pays dits en développement Devant la démesure des moyens, la destruction massive d’un pays en reconstruction, la souffrance de milliers de civils innocents, devant surtout la logique implacable des discours guerriers et le manque d'empathie des plus forts, que dire et que faire?.Cette guerre nous touche même si nous ne sommes ni libanais ni juifs.Elle nous touche car elle caricature la violence et l’absurdité dont les êtres humains sont parfois capables dans leurs rapports avec d’autres êtres humains.Il semble en effet qu’il soit bien difficile à ces derniers d'apprendre quelque peu de leur histoire collective, des erreurs du passé tout comme de celles dont ils ont été eux-mêmes victimes.En soi, le statut de victime n’a pas de caractère permanent et n’autorise pas à tout faire.Il ne peut en tout cas donner tous les droits ou tout justifier sous simple couvert de la légitime defense.S’il constitue certes une reconnaissance appropriée et necessaire des torts subis dans le passé, il peut également devenir une source d’enfermement de la pire espèce en suscitant la répétition des traumas subis et l'agression aveugle d’autrui par identification à l’agresseur.Il ne faut pas être un grand analyste politique pour se rendre compte qu’il ne peut émerger de cette guerre que plus de colère, de souffrance, d’intolérance et de fanatisme.A une époque où nous nous montrons si préoccupés du terrorisme et des dérives intégristes, comment pouvons-nous consciemment faire ainsi le lit des fanatismes de demain, en ajoutant ainsi la honte, l’humiliation et la rage au vécu de milliers de personnes?Comme le disait une de mes collègues, quand on n’a plus rien à perdre, rien ne peut nous arrêter.Que dire aux enfants?Dans mon travail quotidien auprès des enfants et de leurs familles en détresse, je tente notamment de soutenir les parents dans cette tâche difficile qui consiste à transmettre un sens des valeurs et une éthique de la vie qui puissent servir de tuteurs et de repères aux enfants devant les défis de la vie quotidienne.En tant qu’équipe œuvrant dans le champ de la pé dopsychiatrie, nous tentons de démontrer comment face aux conflits, il est parfois nécessaire de prendre du recul plutôt que d’attaquer, de réfléchir et de parler plutôt que de frapper.Nous valorisons particulière- II semble difficile aux humains d’apprendre de l’histoire collective Jt '**' N ' * Le minaret d’une mosquée entre les décombres de Cana, hier.SHARIF KARIM RFUTKRS ment le développement de l’empathie pour l’autre, qui est seule garante d’un développement personnel et social équilibré.Ce processus de transmission des valeurs — vues comme des vecteurs essentiels pour soutenir le lien piment-enfant, organiser la continuité de la rie collective et donner un mode d’emploi culturellement acceptable à leniant — est appelé un «processus d’humanisation» par les anthropologues.Alors, que dire à nos enfants en ce qui concerne la situation actueUe?Comment donner du sens à ce qu’ils entendent, à ce qu’ils voient et à tout ce qu’ils perçoivent des émotions des adultes qui les entourent?Pouvons-nous ainsi séparer si complètement ce que nous rivons à l’intérieur de nos familles et ce que nous pen- sons et faisons sur le plan collectif?Un de mes patients, un jeune garçon de sepl ans, de mère libanaise et de père québécois, a bien illustré ce que la guerre représentait pour lui et pour sa famille: la couleur rouge.le dessin était en effet noyé sous un océan de couleur rouge, sans rivage et sans île.Dans ce rouge s’étaient à la fois perdus les contours d’une maison précédemment esquissée ainsi qu’un |>etit bonhomme perdu dans cette immensité.Rouge, rouge pour le s;mg.ixmr la mort, pour la colère.Rouge aussi pour la perte des points de repère, pour la confusion et pour l’angoisse.Rouge pour la vie perdue, la perte des traces de l’histoire, et pour la ixnir la guerre en rouge.Mariage gai: un an après Cette petite révolution sociale a permis aux gais de s'épanouir davantage, mais certaines mentalités tardent à changer SYLVAIN LAROCQUE Journaliste, auteur de «Mariage gai: Les coulisses d'une révolution sociale» (Flammarion Québec, 2005) était il y a à peine quelques jours.Vêtu de son t-shirt des 1"* Outgames mondiaux, un bénévole marche tranquillement dans son quartier de l’Est de Montréal.Soudain, un fou à vélo lui fonce dessus en criant «Fucking faggot!» Fortement intoxiqué, il se met à frapper violemment le pauvre bénévole, qui tombe brusquement par terre.Ce n’est que l’arrivée salutaire d'un chien menaçant qui met fin à l’agression.Résultat; deux points de sir hire à la lèvre et une épaule endolorie.Bien peu de militants croyaient vraiment que l’entrée en rigueur du projet de loi C-38, qui a légalisé le mariage gai d’un océan à l’autre, le 20 juillet 2005, mettrait fin à ITiomophobie.la pleine égalité juridique est certes un accomplissement important, mais soyons réalistes: près de 40 ans après sa décriminalisation, l’homosexualité demeure controversée, même au Québec.Un récent sondage relevait que 22 % des Québécois jugent ce «mode de vie» immoral.La reconnaissance du mariage entre conjoints du même sexe a placé le Canada dans le club sélect des pays qui sont à l’avant-garde en matière de droits des homosexuels.Aux yeux de plusieurs gais et lesbiennes, toutefois, le vif débat qui a entouré cette petite révolution sociale n’a pas eu que du bon.Il a donné une voue inouïe aux détracteurs de l’homosexualité.qui avaient rarement usé d’arguments aussi agressifs.Cette polarisation refera surface cet automne, puisque le premier ministre Stephen Harper a promis de tenir un vote aux Communes sur l’opportunité de rouvrir le débat sur le mariage.Y voyant une derniere chance de se faire valoir, les militants antigais ne feront sans doute pas dans la dentelle.Les défenseurs du droit égal au mariage peuvent se consoler en se souvenant que M.Harper souhaite perdre ce vote afin de passer, une fois pour toutes, a autre chose.Un an après l’adoption de C-38, une vive impression demeure: la legalisation du mariage gai n’a pas permis de modifier l’opinion négative de ITiomo-sexualite qui persiste dans une bonne partie de la population.En raison de la nature du débat sur le mariage.plusieurs dénigreurs de l’homosexualité ont Le débat sur le mariage gai a donné une vont inouïe aux détracteurs de l’homosexualité campé sur leur position, au lieu de faire progresser leur réflexion.Et plusieurs de ceux qui se sont ralliés à l’idée l’ont fait a reculons, en se disant «s’ils veulent se marier, laissez-les donc faire, mais je ne veux plus en entendre parler».L’évolution des mentalités est loin d’être terminée.Bien sûr, il n’y a rien là détonnant si on se place dans une perspective historique.Le racisme aux Etats-Unis n’a pas pris fin avec l’arrêt de la Cour suprême dans l’affaire Brown c.Board of Education (1954).qui a interdit la ségrégation raciale dans les écoles.Le droit qu’on dit souvent à la traîne des nouvelles réalités sociales, demeure un processus plus rapide que la sensibilisation et l’éducation.Au-delà des chiffres Mais tout n’est pas noir.Au Québec, le mariage est ouvert aux gais et aux lesbiennes depuis le 19 mars 2004, date du feu vert donné par la Cour d’appel de la province.Cette année-là, 245 couples de même sexe se sont mariés au Québec.En 2005, première année complète pour laquelle on dispose de statistiques, 452 mariages gais ont été célébrés.C’est peu quand on pense que plus de 21 000 mariages sont enregistrés chaque année.Mais le chiffre n’est pas banal quand on sait que seulement 82 couples de même sexe ont contracté une union civile en 2004 (et tout juste 58 en 2005).En fait, après avoir été la chasse gardée des gais et des lesbiennes, l’union civile est beaucoup plus prisée aujourd'hui par les couples hétérosexuels.Comme quoi l’union civile ne remplace pas complètement le mariage aux yeux de plusieurs couples, contrairement à ce que prétendent toujours certains opposants au mariage gai.Il n'est pas anodin de noter que, dans l’ensemble du Canada, plus de 10 000 mariages homosexuels ont été célébrés depuis juin 2003.Ces chiffres traduisent cependant mal l’importance reelle qu'a eu le droit au mariage pour les homosexuels.Même s’ils n’ont aucune intention de se marier.plusieurs gais et lesbiennes voient dans l’ouverture de cette institution millénaire la reconnaissance de la légitimité de leurs relations amoureuses.Plus important encore, ce changement fondamental aidera ceux qui sont encore dans le placard à en sortir.Dans les rues situées hors du Village gai.on sent que les couples gais se sentent maintenant plus a l’aise lorsqu’ils s'enlacent Devant cette nouvelle réalité qui se dessine doucement les détracteurs de l’homosexualité, même s’ils demeu- rent influents, sont de plus en plus accablés du fardeau de la preuve.À l’échelle du monde la lutte pour une réelle égalité sociale des gais et lesbiennes au Canada devra donc se poursuivre.Mais il ne fait pas de doute que la bataille la plus importante, au cours de la prochaine décennie, se déroulera ailleurs dans le monde.Pour l’instant seuls les PayvBas, la Belgique, l’Espagne et le Canada permettent aux couples homosexuels de se marier.En vertu d’un arrêt de sa Cour constitutionnelle rendu en décembre dernier, l’Afrique du Sud devrait leur emboîter le pas d’ici la fin de l'année.Dans de nombreux autres pays toutefois, l’homosexualité demeure durement réprimée.Or, comme l'a constaté la conférence de Montréal, la semaine dernière, la défense des droits des gais et lesbiennes fait beaucoup moins consensus que celle d’autres groupes opprimés.la reconnaissance du mariage homosexuel ici pourrait tout de même avoir des effets positifs ailleurs dans le monde.Des couples gais des Etats-Unis, d’Australie, d’Irlande de Hong Kong et d'Israël, entre autres, sont venus se marier au Canada dans l'espoir de faire reconnaître leur union dans leurs pays respectifs.Jusqu'ici, aucun n’y est parvenu, mais il est clair que le débat ne fait que commencer a l’écheüe internationale.En observant ce qui se passe aux Etats-Unis, en France et au Royaume ! ni, il est néanmoins permis de s’inquiéter.les élus de ces trois pays résistent farouchement au mariage gai, se contentant de créer des régimes d’unions civiles qui ne font que maintenir la discrimination en instaurant une ségrégation entre gais et straights.La situation est particulierqment difficile aux États-Unis, ou pas moins de 20 Etats ont adopté des amendements constitutionnels interdisant fa mariage des conjoints de même sexe.Mince consolation, le Congres n'a pas encore réussi a faire de même pour la Constitution fédérale.Un an apres que les défaites fédéraux ont voté en faveur du droit a l égalité des couples de même sexe, le ciel ne nous est pas encore tombé sur la tête, contrairement a ce qu'avaient prédit les plus féroces détracteurs du mariage homosexuel, l-e Canada n'est pas devenu, non plus, un paradis absolu pour les gais et lesbiennes.Comme c'est le cas pour bien des luttes sociales, le chemin demeure long pour les militants gais.Mais apres avoir obtenu le droit au mariage, ils peuvent désormais passer a la vitesse supérieure dans la hitte contre fhomophobie.Il faut plus qu’un cessez-le-feu au Proche-Orient JEAN-LOUIS ROY President de Droits et Démocratie .ictimes et captifs les uns des autres depuis plus d'un demi-siècle, le I ihan.la Palestine et Israël sont à nouveau réduits à subsister dans la destruction et la terreur.1 .'un de ces peuples est cadastre dans son territoire dé-vaste; l’autre forcé à l'errance sur un sol lie méfié; le troisième terré dans ses abris illusoires.Des milliers de morts et de blesses, pour l'essentiel des civils innocents; des destructions massives de lieux publics et privés; un déni commun des droits les plus fondamentaux «à la vie», «à la sécurité», «à la propriété», et tant d'autres: tels sont les effets de provocations insensées, de kidnappings menés dans le territoire de Gaza et en Israël; d’une réplique sans mesure; mais aussi d'une communauté internationale prostrée, incapable de dire le droit, de remplir son obligation de protéger, bref d'imposer ses règles les plus vitales et de fain1 respecter ses décisions les plus indispensables.Sur ce champ de mort, de ruines et de détresse, un éventuel cessez-le-feu s'imposera.Mais, pour une grande multitude, rien ne compensera jamais ce qui habite désormais les esprits dans les territoires visés, dans la grande région, et dans le monde, ce condensé d'atrocités et d’inhumanité.Ce dernier signe la défaite de tous les protagonistes, leur défaite et leur faillite, celles aussi des puissances, les leurs et fa nôtre.Une initiative de paix le carnage actuel doit cesser.Il doit cesser immédiatement.Il doit être suivi rapidement d'une initiati ve de [wix lancée Pif un collectif d'Etats, qui prenne la place que les Etats-Unis sont devenus inaptes à occuper, pour des raisons évidentes.Cette initiative doit viser les quatre objectifs suivants: ¦ In reconnaissance pleine et mutuMle de l’Etat d’Israël et de l’Etat palestinien, ainsi que la reconnaissance de ces deux Etats [xu la communauté internationale.C’est la pierre angulaire, l'évidente nécessité sans laqueUe rien ne se fera.¦ In consolidation de l’autorité des Etats palesti nions et libanais sur l’ensemble de leur territoire, et leur contrôle exclusif sur leurs forces de sécurité.I fans ces pays, la règle universelle de sécurité doit prévaloir.Aucun groupe' ne saurait détenir la capacité d’initiatives années hors de la puissance publique démocratiquement constituée.Cette loi ne saurait spuf-frir aucune exception.Elle importe pour chaque Etat en lui-même et pour les pays voisins.¦ la mise en place d’un programme décennal de reconstruction de la swiété et de l’État palestinien, et la reconstruction du Liban.¦ A terme, l’élaboration d’un pacte de pux entre les Etats parties, d:uis le but de fixer les conditions de kur securité commune et le règlement de leurs différends.Cette initiative importe en priorité pour les citoyens des trois Etats en cause, la stabilité et la sécurité de la grande région et celles du monde.Elle appelle un changement de nature dans les relations avec l’ensemble des protagonistes.On pense notamment à l’Iran, première puissance régionale, à la Syrie dont la situation géographique est indiscutablement stratégique.On ne fera pas évoluer la grande région en reléguant ses composantes dans des postures défensives et en les isolant.I In rrile pour le Canada L’idée de cette initiative et ses composantes doit être débattue au parlement canadien.A la vérité, deux questions essentielles se posent au gouvernement et au parlement ¦ Quel rôle le Canada |>out-il et doit il jouer dans le règlement de fa guerre du IJban et dans les investissements que devra faire la communauté internationale au lendemain du cessez-le-feu?¦ Quel rôle le Canada peut il et doit-il jouer s’agissant de l’initiative de paix évoquée précédemment?Ces questions débordent les clivages partisans.En conséquence, elles ne doivent lias être traitées a ce niveau sauf a dévaluer gravement nos institutions publiques.Elles devraient normalement être soumises dans l’urgence aux travaux, délibérations et propositions du Comité permanent des Affaires étrangères, et faire, par la suite, l'objet d’un énoncé de politique gouvernementale et d'un débat à la Chambre.Le risque de la pensée et de l’action Il serait stupéfiant et irresponsable que fa guerre du IJban se referme sur les ferments anciens et actuels qui l'ont fait naître, et que le rejx»s des morts et des vivants soit suivi de nouvelles exactions et de nouveaux carnages fondés sur les mêmes dogmes, entraînant les même agonies Pour que la conjonction des désespoirs ne se produise plus au Proche-Orient, pour que les boucheries cessent dans les rues de la Palestine et d’Israël, pour que les enfants ne meurent plus im plosés par des obus égarés ou ciblés, ou par des armes qu’ils ont dans l'esprit avant de les avoir sou dés au corps.Cette exploitation des esprits doit cesser, et aussi ce qui la nourrit.Nous savons depuis longtemps, hors de tout doute, quelles sont les horreurs à venir si les règles du jeu ne sont pas changées, si le risque de la pensée nouvelle et de l’action inédite n’est pas pleinement assumé.D'innombrables conflits et situations drama tiques ont ainsi trouvé leur dénouement: entre l'Ai-lemagne et la France apres fa Seconde guerre mondiale, entre les métropoles et les colonies dans les années 50, entre Washington et Beijing en 1972, entre Nelson Mandela et Frederic de Klerk et les forces qu'ils représentaient en Afrique du Sud, pour ne citer que ces exemples.Pour que cesse de couler le sang mêlé des juifs et des arabes, le sang mêlé des libanais, des Palesti-4 mens et des Israéliens L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA REDACTION Jounufam à rntfrx-iMtxx! «nvrah- ri rnttropobun* Daftart Mmaf « émrmr * hnkrmatun jranrar C
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