Le devoir, 29 juillet 2002, Page(s) complémentaire(s)
TOUR DE FRANCE L’UKRAINE EN DEUIL Le bilan de la catastrophe s’alourdit Page A 3 ?www.ledevoir.com ?Et de quatre pour Lance Armstrong Page B 5 LE DEVOIR 1 $ Les scandales sexuels dans l’Église Jean-Paul II exprime honte et tristesse 800 000 personnes assistent à la grand-messe de la JMJ STÉPHANE BAILLARGEON ENVOYÉ SPÉCIAL DU DEVOIR Toronto — Pendant qu’il célébrait la messe devant des centaines de milliers de personnes, hier, à Toronto, le pape a parlé d’un «profond sentiment de tristesse» et de la «honte» ressentis au rçgard des scandales qqi touchent l’Eglise catholique aux Etats-Unis comme ailleurs.La cérémonie clôturait officiellement la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ) 2002.«Si vous aimez Jésus, aimez l’Église! Ne vous découragez pas devant les fautes et les manquements de certains de ses fils!, a dit le pape Le préjudice causé par certains prêtres et religieux à des personnes jeunes et fragiles nous remplit tous d’un profond sentiment de tristesse et de honte.Mais pensez à la grande majorité des prêtres et des religieux qui vivent .généreusement leur engagement, et dont l’unique désir est de servir et de faire le bien.» Des centaines de cas d’abus physiques ou sexuels, impliquant des milliers de victimes, ont éclaté dans le monde au cours des dernières années.Ils impliquent des religieux ou des institutions religieuses.Les révélations scandaleuses se rpultiplient depuis des mois aux Etats-Unis.Les tentatives d’étouffement de certaines «affaires» par une partie de la hiérarchie religieuse ont amplifié l’indignation généralisée.Certains y ont vu une des explications de la faible participation des jeunes Américains à la JMJ.Cette fin de semaine encore, des médias ont fait état de l’arrestation mercredi dernier de deux prêtres du New Jersey dans le cadre d’un coup de filet policier dans un réseau de prostitution homosexuel de Montréal.Un porte-parole du diocèse VOIR PAGE A 8: PAPE ¦ La JMJ et l’Église du Québec: une occasion ratée?lire la chronique de Jean-Claude Leclerc en page B 6 GABRIEL BOUYS REUTERS «L’esprit du monde offre de multiples illusions, de nombreuses parodies de bonheur», a affirmé le pape pendant la messe célébrée hier à Downsview Lands.À gauche, le cardinal Jean-Claude Turcotte.Jean-Paul II se rend au Guatemala aujourd’hui et au Mexique demain.Le camp de réfugiés de Dieu Sereins et souriants, y compris sous forage REUTERS Jeunes pèlerins sous la pluie: les «apôtres du troisième millénaire».FRANÇOIS CARDINAL ENVOYÉ SPÉCIAL DU DEVOIR Toronto — L’espace de 24 heures, un site de la Ville-Reine gros comme 180 terrains de football a été transformé en camp de réfugiés de Dieu, en bidonville de gens heureux, en village catho de carton.Il fallait le voir pour le croire.Les 250 acres de Downsview Lands, un ancien aéroport militaire situé en banlieue de Toronto, ont été littéralement assaillis par quelques centaines de milliers de jeunes catholiques cette fin de semaine, à l’occasion de la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ).Après avoir effectué samedi, avec leur sac à dos et sous un soleil de plomb, une longue marche de huit kilomètres sur une autoroute fermée à la circulation, les pèlerins ont pris place autour d’une estrade de 4000 mètres carrés (dont la construction a nécessité quatre mois de travail) où hier, le pape a célébré la messe.Certains, plutôt rares, étaient équipés de tentes.Les autres, alertés de l'imminence d’un orage par les météorologues, se sont cordés sur le gazon et l'asphalte en déroulant tapis de sol et sacs de couchage.Après avoir planté drapeaux et oriflammes pour marquer leur territoire, les pèlerins ont commencé à construire ce qui est vite devenu un immense camp de réfugiés de Dieu.«Je comprends davantage maintenant comment vivent les gens qui habitent dans des bidonvilles, précise avec le sourire Marie-Anne Lejeune.Mais je ne ferais pas ça tous les jours!» Les milliers de poubelles que comptait Downsview Lands, qui consistaient en de grosses boîtes de carton, ont vite été réquisitionnées par les jeunes qui les ont transformées en murs et en plafonds.Pour rigidifier la structure de leurs abris de fortune, certains ont même fait disparaître quelques clôtures de plastique qui servaient à délimiter les secteurs du site.Les plus chanceux — ou les plus avertis, c’est selon — avaient prévu des toiles de plastique pour imperméabiliser le tout VOIR PAGE A 8: RÉFUGIÉS Les militaires canadiens en Bosnie Civils utiles, mais attention aux talons d’Achille L> effondrement des tours new-yorkaises le 11 sep-' tembre a servi de sonnette d’alarme aux forces canadiennes déployées en Bosnie-Herzégovine.On a appris à la dure que la nouvelle philosophie d’Ottawa consistant à employer plus de civils dans les camps afin de réduire la pression sur les effectifs militaires canadiens nuisait au bon fonctionnement des troupes en cas de menace.Les attentats terroristes ont eu pour effet de relever le code de sécurité dans les sept camps canadiens en Bosnie: les militaires ne pouvaient plus sortir sans leur arme et les civils étaient confinés aux baraques.Il y a présentement 500 civils qui travaillent dans les camps canadiens d’ex-Yougoslavie: 200 Canadiens et 300 locaux.Qui donc sont ces Canadiens prêts à tout laisser derrière eux pour aller vivre enfermés dans un camp militaire au cœur d’un pays meurtri?Notre journaliste Hélène Buzzetti, qui s’est rendue récemment dans les Balkans, explique.¦ Nos informations en page A 2 INDEX Actualités.A 2 Idées.A 7 Annonces.B 4 Monde.A 5 Avis publics.A 4 Mots croisés.B 4 Convergence.B 7 Météo.B4 Culture.B 8 Religions.B 6 Économie.B 1 Sports.B 4 Éditorial .A 6 Télévision.B 6 Fonds.B 2 LE MOT DE L’ACADÉMIE Silence Language cannot do everything.Adrienne Rich Le silence est un espace, à lui seul un contexte.Le silence dénude.Allié de la poésie, de la musique, de toute forme de recueillement et de concentration, il règne dans les bibliothèques, les couvents, les cimetières, quelquefois dans les parcs et dans les hôtels où une chambre silencieuse vaut son pesant d’or.On le requiert autour des hôpitaux, au chevet des malades et des mourants.Il ponctue les dialogues: il est théâtral.En classe, il s’impose.En studio d’enregistrement, il inquiète, il émeut.Sous forme de minute, il rend le moment solennel, émouvant, il permet de rendre hommage.À la limite du vertige et de l’extase, le silence est une énorme présence qui alimente le sentiment de la présence.le silence est un mot que l’on compose en soi comme un décor de réalité et de nuit des temps.Quand la colère et le dépit l’ani- ment, il se transforme en mutisme.Quand il fait la loi, comme dans la Mafia, il génère des vengeances et encore des morts.Le silence fait peur.De tout temps, les silenciaires du patriarcat ont fait taire les femmes tout comme ils continuent de les bâillonner dans la pornographie violente, aujourd’hui devenue standard de consommation.En littérature, le silence fascine.Comment ne pas penser ici à ce personnage d’Heinrich Bôll qui, dans la nouvelle Les silences de monsieur Murke, collectionne des bouts de silence enregistré dans les studios de la Maison de la Radio pour laquelle il travaille.Ou à Traduit du silence de Joë Bousquet ou encore à Vœu de silence, cet admirable essai de Pascal Quignard sur l’auteur du Bavard.Le silence est l’oxygène du poète.Pour qui appartient à la tradition humaniste, être privé de silence, c’est comme être privé de lumière.Silence zen, silence associé à la page VOIR PAGE A 8: SILENCE Nicole Brassard ?REUTERS Michael Schumacher: une neuvième victoire.Schumacher a toujours soif Sur la lancée de son titre de champion du monde conquis à Magny-Cours la semaine dernière, Michael Schumacher s’est imposé hier au Grand Prix d’Allemagne.Aux prises avec des problèmes de boîte de vitesses, Jacques Villeneuve a dû déclarer forfait ¦ lire nos informations en page B 4 t Charest « n’a pas les bons réflexes » Déçus de sa performance, des gens d'affaires le comparent au Claude Ryan de 1981 ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Des gens d’affaires qui avaient réservé un appui enthousiaste à Jean Charest quand il est entré dans l’arène politique au Québec en 1998 sont aujourd’hui amèrement déçus.Il reste encore quelques irréductibles, comme le président du conseil d’administration de la Banque Royale et ancien ministre libéral, Guy Saint-Pierre, mais la foi du charbonnier qu’ils partageaient il y a quatre ans a disparu.«C’est sûr qu’il y a une grande déception chez les gens d’affaires concernant la performance de M.Charest», soutient une source d’allégeance fédéraliste liée au Québec inc.Cette déception ne provient pas de sa prestation lors des élections générales de 1998.Même si le pouvoir lui a échappé, le Parti libéral du Québec avait tout de même relativement bien manœuvré, en obtenant la pluralité des voue.L’adversaire — Lucien Bouchard — VOIR PAGE A 8: CHAREST FRANCOFOLIES PATRICK SANFAÇON LE DEVOIR Henri Salvador s’envoie «un coup de gorgeon» à la santé du Québec.Monsieur Henri a ravi, pardi ! SYLVAIN CORMIER Pas d’entracte, a annoncé l’annonceur au Wilfrid-Pelletier à peu près plein.Brève rumeur dans l’auditoire fébrile des grands soirs, qui aurait bien piaffé d’impatience s’il en avait eu l’occasion: mais non, ce coquin de Monsieur Henri s’est amené à 20h pile.Pas de temps à perdre, suppose-t-on, quand on a 85 balais et un premier spectacle à livrer au Québec depuis les années cinquante.De fait, Henri Salvador était déjà sur scène quand le rideau a été tiré.Et hop, absolument pas fainéant comme il aime tant le dire, il a bossé sa première bossa de la soirée, fameuse Corcovado réécrite en mot de bienvenue.Une ovation debout l’avait accueilli d’emblée, comme de raison, autant pour le féliciter d’être si formidablement debout à son âge (trois ans de plus que le pape!) que pour le remercier d’être enfin venu.Tout équipé.Avec son habit blanc hérité des Collégiens de Kay Ventura, son sourire de VOIR PAGE A 8: HENRI ¦ Autres informations en page B 8 » LE DEVOIR.LE LUNDI 29 JUILLET 2 0 O 2 A 5 LE DEVOIR LE MONDE Proche-Orient Une Palestinienne de 14 ans tuée dans des affrontements à Hébron Le premier ministre israélien Ariel Sharon a annoncé une série de mesures destinées à améliorer la vie quotidienne des Palestiniens dans les territoires NASSER SHIYOUKHI ASSOCIATED PRESS T érusalem — La détente amorcée entre Israéliens J et Palestiniens ne suit pas sur le terrain.En marge du cortège funèbre d’un soldat israélien, des affrontements entre Palestiniens et colons juifs ont éclaté hier à Hébron, en Cisjordanie, provoquant la mort d’une Palestinienne de 14 ans, selon des témoins.Parallèlement, le ministre palestinien des Finances a rencontré le numéro deux du ministère israélien des Finances avec lequel il a fini d’établir les détails du reversement à l’Autorité palestinienne de 15 millions de dollars de recettes fiscales gelées depuis janvier 2001, prévu pour aujourd’hui, ont annoncé les deux parties.Cette somme n’est qu’une partie des 600 millions de dollars retenus par Israël depuis la deuxième Intifada.L’Etat hébreu a accepté de débloquer l’argent s’il n'était pas employé pour financer les attentats mais pour aider les Palestiniens qui vivent dans des conditions économiques difficiles.Le gouvernement israélien envisage également d’alléger le couvre-feu en Cisjordanie comme l’a confirmé Sjiimon Pérès, ministre des Affaires étrangères de l’État hébreu, dans un entretien au journal allemand Der Spiegel.Le premier ministre israélien Ariel Sharon a pour sa part annoncé une série de mesures destinées à améliorer la vie quotidienne des Palestiniens dans les territoires.Ces mesures concernent l’augmentation des permis de travail en Israël de 7000 à 12 000, l’allégement du couvre-feu et des restrictions imposées sur les associations à but humanitaire dans les zones palestiniennes, ainsi que le démantèlement de certains barrages militaires.Sur le terrain, les tensions ont cependant persisté hier, s’illustrant à Hébron par des affrontements entre colons et Palestiniens.Les incidents ont éclaté lors de l’enterrement d’un soldat israélien dont la dépouille était portée du tombeau des Patriarches jusque dans les ruelles étroites de la vieille ville d’Hébron.Les Palestiniens bien que confinés chez eux sur ordre de l’armée ont commencé à lancer des pierres contre le cortège funéraire, selon un photographe présent sur les lieux.Les colons juifs, armés de barres de métal, de pierres et de fusils, ont aussitôt répliqué en cassant les vitres des habitations et des voitures de Palestiniens, ont rapporté des Palestiniens.Nizin Jamjoum, une adolescente palestinienne de 14 ans, se trouvait sur le balcon de sa maison lorsqu’elle a reçu une balle en pleine tête tirée par les colons, a rapporté son frère Marouan, 26 ans, qui a été blessé.Au total, au moins six Palestiniens ont été blessés, dont un enfant de huit ans qui a été poignardé par des colons, a témoigné son père en précisant que son fils se trouvait dans un état stable.Toujours en Cisjordanie, l’armée israélienne a ar- rêté cinq personnes à Ramallah, dont deux chefs locaux du Hamas, ont confirmé les deux camps.L’un des deux dirigeants avait échappé en mars dernier à un tir dé missile israélien qui avait en revanche tué sa femme et trois enfants.Selon l’armée, ces deux chefe locaux du Hamas sont impliqués dans la préparation d’attentats suicide qui avaient tué au total 26 Israéliens aux mois de mars et mai.Dans le village de Burkin, au sud-ouest de Jénine, Mohammed Abu Tabikh, 22 ans, membre de l’aile militaire du Djihad islamique, ainsi que deux autres personnes ont également été arrêtés par Tsahal, selon des militants du groupe extrémiste.Lors d’un sermon prononcé devant des chrétiens palestiniens à Jérusalem, le révérend américain Jesse Jackson, en visite dans la région, a appelé hier les Palestiniens à se concentrer sur une résistance non violente.«La non-violence est une résistance, pas une capitulation.La nonviolence a une autorité morale.La nonviolence s'attire le soutien de l’opinion publique», a-t-il déclaré.L’Afghanistan ratifiera le traité d’interdiction des mines DAVID FOX REUTERS Kaboul, Afghanistan — Une conférence internationale sur les ravages provoqués par les mines terrestres a débuté hier en Afghanistan, pays infesté d’engins explosifs qui a exprimé l’intention de signer dès que possible le traité international d’interdiction des mines.«Le gouvernement légitime d'Afghanistan [.], sous condition du feu vert de notre cabinet dans les jours à venir, est prêt à devenir signataire du traité», a dit le ministre des Affaires étrangères, Abdullah Abdullah, à la conférence de Kaboul.«Nous appelons également les pays qui ont des informations ou des documents sur l’utilisation des mines en Afghanistan à nous aider, ainsi que la communauté de déminage, dans cet effort humanitaire», a-t-il ajouté.Après 23 ans d’occupation et de conflits, l’Afghanistan est parsemé de mines antipersonnel et antichar en nombre considérable bien qu’indéterminé.Selon le Centre d’action sur les mines pour l’Afghanistan, 300 personnes sont tuées ou blessées par des mines chaque mois.D’après ses dernières statistiques, le Comité international de la Croix-Rouge s’est occupé à lui seul de plus de 50 000 victimes depuis 1988, dont presque 800 pour les six premiers mois de 2002.Près de 80 % des personnes soignées sont des civils et plus de 10 % des enfants de moins de 14 ans.Les risques sont d’autant plus grands qu’environ 1,2 million de réfugié rentrent en Afghanistan et que les agriculteurs sont de retour aux champs.«Les mines antipersonnel sont le principal obstacle à la paix et au développement de notre pays et cette conférence va aider à pousser nos partenaires nationaux et internationaux à éradiquer ce fléau», a déclaré Fazel Karuim Fazel, dirigeant de la Campagne afghane pour l’interdiction des mines.Le ministre afghan des Affaires étrangères a annoncé à la presse que le gouvernement, en l’absence de parlement, ratifierait le traité dans les prochains jours.L’Afghanistan deviendra le 126' signataire de ce traité conclu en 1997.Des pays dont les armées comptent parmi les plus puissantes du monde — Etats-Unis, Russie, Inde, Pakistan, Chine et Israël notamment — n’adhèrent pas à ce traité.Bien que de nombreux États aient ratifié la convention internationale — certains ne l’ont encore que signée — les experts militaires soulignent que les définitions contenues dans ce traité sont si vagues qu'elles le rendent pratiquement sans effet.«Quand elles pensent à une mine, de nombreuses personnes se réfèrent à quelque chose qu’on met dans le sol et qui explose quand on marche dessus ou qu’on roule dessus.Mais qu'en est-il de celui qui utilise une grenade avec un fil de détente attaché à la goupille pour causer le même effet; est-ce c'est une mine ou une grenade?», s’interroge un expert militaire de i’Isaf, la Éorce internationale d’assistance à la sécurité déployée en Afghanistan.Bombardement sur une noce Les Américains auraient enlevé des preuves AGENCE FRANCE-PRESSE Londres — Des forces américaines sont arrivées peu après le bombardement par erreur d’un mariage tin juin en Afghanistan et ont fait disparaître des preuves, affirme un rapport préliminaire de l'ONU cité lundi par le Times de Londres.Selon le quotidien britannique, ce rapport préliminaire affirme que les enquêteurs de l’ONU n’ont par ailleurs trouvé aucune arme et «aucune confirmation» que les avions américains avaient été pris pour cible par des armes antiaériennes.Le rapport relève également des «distortions» entre les affirmations des autorités américaines et la réalité des évènements, selon le journal.Le Times affirme qu’il existe «des preuves nettes que des violations des droits de l’Homme ont eu lieu», faisant référence au document.Les forces de la coalition sont arrivées sur le lieu du bombardement très rapidement et ont «nettoyé la zone», otant «des éclats d'obus, des balles et des traces de sang».Des femmes ont eu les mains attachées dans le dos, affirme le Times citant le rapport.Selon des sources des Nations unies citées par le Times, le rapport préliminaire a été établi par «des personnes de l’ONU expérimentées et réputées, qui sont restées dans la région quelques temps et qui la connaissent bien».Ces sources suggèrent que les enquêteurs de la commission de l’armée américaine, chargée de faire la lumière sur ce qui s'est passé, «traînent des pieds en espérant que le sujet soit oublié», écrit le Times.Un communiqué de l’ONU souligne, selon le journal, que le rapport préliminaire contient des jugements qui ne sont pas suffisamment circonstanciés et que le rap port doit être finalisé.Toutefois, il appelle à «une enquête en profondeur afin de s'assurer que de telles tragédies ne se répètent pas et que la protection de la vie des civils devienne un priorité dans la lutte contre le terrorisme en Afghanistan».Des frappes accidentelles avaient fait 48 morts et 118 blessés lors d’un mariage dans la nuit du 30 juin au 1er juillet, près de la localité de Kakrakaï dans l’Uruzgan (centre de l’Afghanistan).L’Inde crie famine N " 't JAYANTA SHAW REUTERS LA MALADIE ET IA FAMINE menacent des centaines de milliers de personnes dans l’État de l’Assam, dans le nord-est de l’Inde, conséquence des inondations catastrophiques qui ont fait trois millions de sans-abri, a déclaré hier un porte-parole du gouvernement.Cinq personnes sont mortes en différents endroits du district de Dhubri, dans l’ouest de l’Assam, hier, portant à 24 le nombre de morts dans cet État depuis que les pluies de mousson ont commencé, début juillet.Des centaines de villages ont été submergés par la montée des eaux pendant la mit de samedi à hier, dans l’est et l’ouest de l’Assam, y compris aux environs de la capitale de l’État, Guwahati.L’armée a été appelée pour participer aux secours dans le nord de Guwa-hati, où 8000 personnes se sont retrouvées sans abri après la rupture d’une digue.«Ce sont parmi les pires inondations qu ’ait connues l’Assam», a déclaré à l’AFP le chef du gouvernement de l’État, Tarun Gogoi.Les eaux gonflées du fleuve Brahmaputra, qui traverse l’État, ont inondé 5500 villages depuis le 1” juillet.«Nous avons reçu des informations sur des cas de maladies avec de la fièvre et des troubles digestifs, et avons envoyé des équipes médicales pour éviter les épidémies», a indiqué le ministre de la Santé de l’Assam, Bhu-midhar Barman.Les autorités redoutent en effet des épidémies, de nombreux habitants n'ayant pas accès à l’eau potable ni aux médicaments, et des cas de dysenterie et de gastro-entérite ayant été signalés.La France veut dissoudre le mouvement Unité Radicale AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — Le ministre de l’Intérieur a lancé la procédure d’interdiction du groupe d’extrême droite Unité Radicale (UR), que fréquentait l’auteur du coup de feu contre le président Jacques Chirac le 14 juillet.La procédure d'interdiction devra être adoptée en Conseil des ministres avant de devenir effective, ce qui prendra sans doute plusieurs semaines, a-t-on souligné hier au ministère de l’Intérieur.Tout en déplorant la décision du gouvernement, Guillaume Luyt, porte-parole d’Unité radicale, a estimé qu’une telle interdiction donnerait au mouvement l’occasion de se transformer en véritable formation politique.«Nous avons demandé audience au président de la République [.] Ix gouvernement nous répond par une menace d'interdiction.Je crois que c'est très symbolique du malaise du système démocratique français», a-t-il dit sur LCI.«Mais la dissolution, c'est un formidable coup de pouce.La porte de sortie, c’est l’obligation de se transformer en véritable mouvement politique», a ajouté Guillaume Irjyt.la procédure d'interdiction se fonde sur la loi du 10 janvier 1936, qui prévoit la dissolution de tout mouvement «présentant par sa forme et son organisation militaire le caractère de groupe de combat ou de milice privée».D’autres mouvements d’extrême droite, comme Occident Ordre nouveau, le Fane et le Gud (Groupe union défense) ont connu un sort similaire dans le passé, mais ils se sont souvent reconstitués sous d'autres sigles.«Discours de haine» Le mouvement Unité radicale, qui possède un site Internet et une maison de disques, a été lancé en 1998, lors de la scission entre le Front National et le MNR de Bruno Mégret Il regroupe des militants extrémistes venus du Gud, de Jeune Résistance, ainsi que des dissidents de l’Œuvre française notamment, mais se défend d’être une organisation «paramilitaire».Selon ses responsables, Maxime Brunerie, l’auteur d’une tentative d’attentat contre Jacques Chirac, n’était qu’un «compagnon de route» du mouvement.Unité radicale lui a néanmoins adressé un message de sympathie après son geste.Des personnalités, comme Patrick Gaubert, président de la Liera, et des syndicats ou associations, notamment l’Unef, le Mrap et la Liera, ont réclamé la dissolution d’Unité radicale.Manuel Valls, député PS de l’Essonne, a prôné «une lutte impitoyable qui passe forcément par la dissolution de ce type d’organisations».Le Parti communiste a réclamé une enquête approfondie sur les liens entre le tireur des Champs-Élysées, le MNR de Bruno Mégret et les groupes activistes.Le ministre de la Justice, Dominique Perben, dénonçant les «discours de haine», a assuré que les pouvoirs publics ne toléreraient pas «un certain nombre de dérives».Patrick Devedjian, ministre délégué aux Libertés locales, avait estimé il y a une semaine que les informations recueillies sur l’attentat commis le 14 juillet dernier contre Jacques Chirac ne permettaient pas à ce stade d’interdire les mouvements auxquels appartenait son auteur.«À ce stade, il n’a pas été démontré que les groupuscules auxquels appartenait cet individu aient participé de près ou de loin à l'acte commis», avait-il dit Maxime Brunerie, qui est âgé de 25 ans, a fait feu avec un fusil 22 Long Rifle en direction de Jacques Chirac Iprs du défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Élysées.Le président en est sorti indemne.Ancien candidat du Mouvement national républicain (MNR) aux élections municipales à Paris, en 2001, ce militant a été maîtrisé par des spectateurs avant d’être interpellé par les forces de l’ordre.11 a été interné dans l’unité pour «malades difficiles» d’un hôpital psychiatrique de Villejuif (Vakle-Mame).EN BREF Lancement du Parti de l’alliance nationale du Kenya Mombasa, Kenya (AFP) — La plupart des partis d’opposition ké-nyans ont lancé officiellement hier un nouveau parti sous les couleurs duquel ils vont affronter le parti au pouvoir, lUnion nationale africaine du Kenya (KANU), lors des prochaines élections prévues pour la fin de l’année, a annoncé un responsable.«Nous allons mettre en place une nouvelle façon de gouverner dans notre pays et éclairer l’avenir de notre peuple», a déclaré Mwai Kibaki, ancien vice-président et actuel dirigeant du Parti démocratique (DP), lors d’un meeting dans la ville portuaire de Mombasa.Le Parti de l’alliance nationale du Kenya (National Alliance Party of Kenya-NAK), est né officiellement à l’issue du meeting.Le nouveau parti regroupe les cinq principaux partis d’opposition: le Parti démocratique, le Forum pour la restauration de la démocratie (FORD-Kenya), FORD-Asili, le Parti national du Kenya et les partis Saba Saba-Asili.Une bombe fait des dégâts à Cali Bogota (Reuters) —Une voiture piégée a brisé des vitres hier dans le centre de Cali, deuxième ville de Colombie, mais cet attentat, le quatrième au cours de la dernière quinzaine, n’a fait aucune victime, a annoncé la police.La bombe a explosé à l’aube près d’un bâtiment municipal.L’attentat n’a pas été revendiqué mais la police soupçonne les Forces armées révolutionnaires de Colombie, (PARC).Ce mouvement de guerilla intensifie souvent ses opérations à l’approche de l’entrée en fonction d’un nouveau président Le président Andres Pastrana doit céder le pouvoir, le 7 août, à Alvaro Uribe.Bagdad minimise la portée des propos de Annan Bagdad (AFP) — Le ministre irakien des Affaires étrangères Naji Sabri a minimisé hier l’importance des déclarations du secrétaire général de l’ONU Kofi Annan sur la chaîne américaine CNN liant la poursuite du dialogue avec l’Irak au retour dans ce pays des inspecteurs de l’ONU en désarmement «Je ne peux pas répondre à des déclarations dont je ne connais pas le degré d’exactitude, mais je dis et répète que nous sommes convenus, M.Annan et moi, lors de la première session de dialogue en mars, que nos référence dans ce dialogue seraient la charte de l'ONU et ses résolutions», a déclaré M.Sabri à la télévision satellitaire irakienne.«Ce qui a été répercuté parles médias, ce sont les désirs des États-Unis qu’ils cherchent à imposer par le biais du Conseil de sécurité», a ajouté M.Sabri.M.Annan a indiqué cette semaine sur CNN qu’il ne comptait pas reprendre le dialogue avec l’Irak si ce pays ne manifestait pas sa disposition à autoriser le retour des inspecteurs en désarmement au moment où Washington entend attaquer militairement l’Irak pour renverser le régime de Saddam Hussein.M.Aman a tenu cette année trois sessions de dialogue avec M.Sabri.Les deux hommes s’étaient retrouvés la première fois le 7 mars à New York. LE DEVOIR.LE LUNDI 29 JUILLET 2002 A 8 ?LE DEVOIR ?ACTUALITES HENRI PAPE SUITE DE LA PAGE 1 champion de pétanque, son rire de gamin impénitent, ses guitares coltinées à Django et Boris, et son nouvel orchestre pour crooner aimant le jazz.À la bossa d’intro suivit une autre bossa, Il fait dimanche, de l’album-miracle Chambre avec vue.c’était parti pour ne plus s’arrêter.Au centre de la scène, un tabouret de cocktail lounge, blanc itou, recevait de temps en temps la fesse droite de Monsieur Henri, mais toujours brièvement le fils de Cayenne en a encore dedans et le rythme semblait lui chatouiller constamment les chevilles.«Je vous remercie d’être venu voir l’ancêtre», a-t-il lancé à son premier bonjour, façon George Burns, premier de multiples «one-Hners» sur son âge canonique («Mathusalem de la chanson française» et assimilées): Henri Salvador, rayon rigolade, n’en rate pas une.C’était vrai l’an dernier aux Franco-Folies de Spa, ce l’est encore.Les farces étaient évidemment meilleures la première fois.Constatons-le néanmoins: hier, Wilfrid-Pelletier a beaucoup, beaucoup ri avec Monsieur Henri.Ce qui fait que Monsieur Henri en a remis.Et remis.n a même commis le pot-pourri des chansons de ce qu’il appelle sa «période bouffe», ritournelles rigolotes de ses années soixante alimentaires, pas mal mieux connues en France qu’iri (sauf C’qu’on est bien quand on est dans son bain, à cause de la version locale de Patrick Zabé.): en entrevue au Devoir, Salvador s’était dit «bien content» de ne pas avoir à les chanter au Québec.J’ai compris en les entendant hier qu’il était au contraire trop heureux de les aligner.au peloton d’exécution: chaque titre était accompagné d’une raillerie (Mais non, mais non, «quelle connerie!»; Zorro est arrivé, «une merde.», etc.).Machines à Mc de l’époque, ses chansonnettes le servent encore bien.Un peu trop bien, ajouterais-je.Il était un brin dommage de voir Henri Salvador s’en remettre ainsi aux pitreries qui, répète-il à qui veut l’entendre, l’éloignèrent si longtemps de ses amours jazz: son long numéro burlesque de î'Américain-qui-fait-une-pub-de-gm-en-direct-à-latélé-et-qui-est-de-plus-en-plus-saoûl-à-chaque-prise, qui rappelait Jean Lapointe au temps des Jérolas, faisait certes pouffer la salle, mais au prix d’un pan de ce spectacle bossa-jazz grand luxe dont Monsieur Henri affirme avoir rêvé toute sa vie.Heureusement, entre les «coups de gorgeons» (Salvador carburait au rouge, comme à tous ses spectacles, abreuvant sa légende bien plus qu’il n’étanchait sa soifi, il aura offert sur le plateau d’argent de son splendide orchestre bon nombre des beautés de son répertoire, celles de Chambre avec vue (Jardin d’hiver.Jazz Méditerranée, fai vu, La Muraille de Chiné) mais aussi celles d’hier et d’avant-hier fies exquises Clopin dopant, Une chanson douce et Syracuse, les chouettes swings Mademoiselle et Quoique l’on fasse), avec en point d’orgue la terrible Avec le temps de Fené, magnifiquement rendue.On aurait bien pris un peu plus de Boris Vian (Le Blues du dentiste au complet, par exemple) et moins du rigolo de sendee, mais ce serait chipoter sur la chance inouïe qui, cinq décennies et demie après ses premières scènes, nous permettait hier d’applaudir la performance franchement extraordinaire d’un étemel collégien.Les coussins gonflables recyclés dans la mire de Québec Québec (PC) — Des provinces canadiennes s’apprêtent à interdire la présence dans les véhicules de coussins de protection gonflables recyclés, suscep tibles de répandre des éclats lors d’explosions potentiellement mortelles.Ces articles, recyclés à partir de pièces récupérées dans des voitures accidentées, deviendront illégaux au Québec dès jeudi.Le Manitoba a déjà interdit ces coussins.Les provinces de l’Alberta et de l’Ontario songent quant à elles à suivre son exemple.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone ’ (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone (514) 985-3346 Par télécopieur (514)985-3390 SUITE DE LA PAGE 1 de Newark (New Jersey) a expliqué que les deux hommes avaient démissionné de leurs fonctions après leur arrestation.Ils recomparaîtront à Montréal début octobre.Au total, la JMJ a attiré environ 207 000 jeunes venus de 170 pays.Il y a moins d’un an, les organisateurs fantasmaient publiquement à l’idée d’en attirer trois ou même quatre fois plus.Les effets du 11 sep tembre et les incertitudes entourant la venue du pape malade ont aussi été rendus responsables de cette relative débâcle.La prochaine jamboree catholique se tiendra à Cologne, en Allemagne, en 2005.Le festival de la foi est généralement bisannuel depuis sa création, en 1985.Décrivant les pèlerins de Toronto comme des «apôtres du troisième millénaire», Jean-Paul ü les a de nouveau exhortés à reprendre le bâton du pèlerin pour évangéliser et «humaniser le monde dans lequel nous vivons».Le pape s’est décrit comme «âgé et un peu fatigué».Il a quand même pu lire lui-même tous les textes préparés et se tenir debout pendant une partie de la messe papale.La foule y assistant a été estimée à 800 000 personnes par la police torontoise, ce qui en ferait un des plus importants rassemblements populaires de l’histoire du Canada.«Pourquoi vous êtes-vous rassemblés ici de toutes les parties du monde?, a demandé le Saint-Père à la foule.[.] Jésus, l’ami intime de chaque jeune, a les paroles de la vie.Le monde dont vous héritez est un mon- de qui a besoin d’être touché et guéri par la richesse de l’amour de Dieu.Le monde actuel a besoin de cet amour.Il a besoin que vous soyez le sel de la terre et la lumière du monde.» La JMJ 2002 était placée sous ce mot d’ordre tiré de l’évangile de Matthieu (5,13.14) Depuis les tout premiers jours de son pontificat, dans ses voyages comme dans ses encycliques, Jean-Paul II, le provocateur de Dieu, martèle cette idée que l’athéisme mine la dignité humaine et mène le monde à sa perte.« “L’esprit du monde" offre de multiples illusions, de nombreuses parodies de bonheur, a dit le pape, hier.Il n’est sans doute pas de ténèbres plus épaisses que celles qui s’insinuent dans l’âme des jeunes lorsque de faux prophètes éteignent en eux la lumière de la foi, de l’espérance et de l’amour.La tromperie la plus grande, la source la plus importante de malheur consistent dans l’illusion de trouver la vie en se passant de Dieu, d’atteindre la liberté en excluant les vérités morales et les responsabilités personnelles.» Toute la semaine, les enquêtes et les reportages ont resservi la preuve imparable du décalage entre la réception du message de l’Eglise catholique et l’accueil fait à son chef suprême.Le pape demeure un héros, un maître, une idole, un modèle de fidélité et de vertu, «un vrai, un pur, un saint», comme le déclarait un jeune Québécois présent à Toronto.La preuve de l’attrait immodéré de Jean-Paul H, superstar, a été fournie plus d’un million de fois à Toronto, par autant de visages transfigurés.Malgré cet amour immodéré, les enfants de l’Eglise n’écoutent pas le message du Saint-Père.Enfin.Disons plutôt que les foules catholiques, jeunes ou vieilles, font la sourde oreille à une bonne partie de son magistère, surtout en matière morale.La situation semble encore plus problématique par rapport à la jeunesse.Au Québec par exemple, les plus vieux rejetaient l’institution tandis que les plus jeunes vivent dans une parfaite indifférence par rapport à elle.Même les JMJistes observés tout au long de la semaine donnent l’impression que les exhortations de l’Église leur échappent pour une part, comme un ronron ambiant La crise de transmission des valeurs atteint ainsi le cœur du système catholique.Tout simplement parce que les plus fidèles des jeunes de l’Eglise n’échappent pas à la loi générale de notre société voulant que les identités s’élaborent dorénavant à partir de la diversité des expériences et des situations plutôt qqe d’une génération à l’autre.Le monde éclate et l’Eglise, encore une fois, semble en retard d’une révolution.Les centaines dp catéchèses organisées par les hauts gradés de l’Église tout au long de la semaine ont montré que, franchement, l’institution s’en moque, persiste et se signe.Cette institution deux fois millénaire pense avoir l’éternité pour elle.Sûre de son action, enferjnée dans sa cage de fer doctrinale anachronique, l’Eglise réaffirme ad nauseam ses positions contre le plaisir sexuel, les femmes ou les gays, à contre-courant des mœurs ambiantes, individualistes à l’extrême, hédonistes et libertaires, du moins en Occident, de Toronto à Oslo.Au moins, malgré le faible taux de participation en 2002, la JMJ aura encore donné aux jeunes catholiques du monde le sentiment qu’ils forment une masse.«Même une petite flamme qui vacille soulève le lourd manteau de la nuit», a dit le Saint-Père pendant son homélie adressée au «sel de la terre» et à la «lumière du monde».fermer les yeux que quelques heures durant la nuit Vers 5h45, hier matin, ce que tout le monde redoutait est arrivé: il a plu, abondamment.Un véritable orage s’est déchaîné sur le site, emportant avec sa force les boîtes de carton et les sacs de plastique qui faisaient office de refuge.Mais, étonnamment aucune panique, aucun cri, aucune lamentation n’a accompagné la pluie et le tonnerre.Les jeunes étaient sereins et c’est avec le sourire qu’ils ont tenté autant que possible de se mettre à l’abri.«On s’y attendait», précise avec une grande simplicité Benoît Racette, un conseiller juridique qui s’est envolé samedi de l’aéroport Dorval pour être de la fête à Toronto.«C’est le système D qui s’applique dans ce temps-là.C'est tout.» Détrempés mais enchantés, les pèlerins ont donc accueilli de nouveau le souverain pontife en matinée pour écouter la parole de Dieu et recevoir l’eucharistie jusqu’en fin de matinée.Puis ils ont quitté le site lentement, certains à pied, d’autres en train ou en autobus, pour aller rejoindre, en fin de journée, leur famille respective aux quatre coins du globe.«Tout ça est tellement impressionnant, indique Magdalena Kawinska, une jeune Québécoise.Si je ne l’avais pas vu de mes yeux, je ne l’aurais tout simplement pas cru.» l’événement.«Il était là comme un quidam.» On n’hésite plus à le comparer à Claude Ryan qui, en 1981, sûr de remporter la victoire sur René Lévesque et de devenir premier ministre sans l’aide de personne, avait fait le vide autour de lui.«On ne sent pas chez M.Charest la volonté d’aller au-devant des gens.Il ne veut pas se compromettre.Il ne veut rien devoir à personne», fait-on observer.En vue de la prochaine bataille électorale, les gens d’affaires proches du Parti libéral sont inquiets.«Les gens ne sentent pas que leur cheval est fringant», sou-ügne-t-on.Une des conséquences de cette perception, c’est que Jean Charest aura du mal à convaincre des candidats d’envergure de faire le saut en politique.Selon nos informations, M.Charest, qui cherche une personnalité du monde des affaires pour devenir ministre des Finances dans son futur cabinet, a tenté l’an dernier d’attirer Jacques Ménard, ce financier de BMO Nesbitt Burns qui représentait le groupe d’actionnaires québécois des Expos.M.Ménard a décliné l’invitation, assure une source digne de foi.L’autre conséquence, c’est que les gens d’affaires, qui ont généreusement contribué à la caisse du Parti libéral de Jean Charest, commencent à lorgner du côté de l’ADQ.Contrairement à Jean Charest, Mario Dumont a trouvé un bon filon, estime-t-on.Avec un discours plus à droite, avec des accents néolibéraux parfois, Mario Dumont s’adresse à,ceux qui travaillent et paient de l'impôt Moins d’État, moins de taxes et d’impôt un citoyen davantage responsable: l’ensemble ne manque pas d’une certaine cohérence.Sans cesser de contribuer au Parti libéral, le milieu des affaires voudra diversifier ses appuis financiers.Même chez les gens d’affaires d’allégeance pé-quiste, on participe de la même réflexion.«Il va falloir aider Mario Dumont», me confie un financier souverainiste (oui, ça existe!).Chose certaine, en vue des prochaines élections générales, l’ADQ aura beaucoup moins de mal à garnir ses coffres.REFUGIES SUITE DE LA PAGE 1 «Ça me rappelle mes années d’enfance», lance Monika Francuz, une Montréalaise d’origine polonaise, en regardant ses amis construire une minicité souterraine avec des boîtes de carton transformées en tunnels pour l’occasion.«Mais je n’ai jamais rien vécu de tel», ajoute-t-elle.Chaque pays, chaque délégation pouvait ainsi compter sur quelques mètres carrés de gazon tapé ou, dans certains cas, d’asphalte brûlant.Arrivés pour la plupart vers midi, ils ont pris quelques heures pour s’organiser après quoi ils ont vaqué à leurs occupations.Certains ont sorti les gamelles, d’autres les livrets de chansons, le ballon de football ou le Msbee.Ceux qui ont préféré mettre le chapeau du touriste pour visiter le site ont vite vu leurs semelles s’user un peu plus à chaque pas.Il y avait tant de monde et tant d’espace qu’il était humainement quasi impossible de faire le tour du site.Pour un jeune bien installé non loin de l’estrade — donc bien coincé parmi les mil- CHAREST SUITE DE LA PAGE 1 était de taille.On a aussi apprécié les talents de «debater» de M.Charest On lui reproche plutôt ce qui est survenu depuis.«Au train-train quotidien depuis ce temps-là, ç’a été le vide.» Le gouvernement Landry n’a pas manqué une occasion de «se battre lui-même», comme on l’observe souvent en politique, responsable pour une grande part de ses propres malheurs.Jean Charest ne semble pas profiter de la situation.On lui reproche son manque d’agressivité, on remet en question son désir de vaincre, «ü n’est pas perçu comme quelqu’un qui travaille très, très fort», avance-t-on.«M.Charest attendait que la pomme lui tombe dans les mains.Mais à la dernière minute, il semble que quelqu’un [Mario Dumont] lui ait sonné un petit coup d’épaules», illustre-t-on.Certes, il y en a pour défendre le leadership de Jean Charest même si l’enthousiasme n’est plus le même.«C’est le meilleur homme dans les circonstances», livre au Devoir Guy Saint-Pierre, ardent libéral s’il en est Mais même lui a rencontré Mario Dumont M.Saint-Pierre croit toutefois que «le réalisme et l’organisation vont faire la différence» aux prochaines élections.«Il n’y a pas de parti politique spontané.» D’autres cependant mettent en doute l’instinct politique de Jean Charest.«Il n’a pas les bons réflexes, critique-t-on.Il exprime rarement des opinions qui sont sympathiques.» Quand il se prononce enfin, ce n’est pas toujours heureux, de l’avis de gens d’affaires, comme sa position sur les «défusions» municipales.Quand il a brandi sa carte Visa, lors du dernier conseil général du PIX) de juin, en accusant l’Action démocratique du Québec de vouloir remplacer la carte d’assurance-maladie par une carte de crédit, cela n’a guère impressionné.Pour être un leader politique de premier plan, il faut avoir quelques idées claires.En 1968, Pierre Elliott Trudeau .défendait le bilinguisme et les libertés individuelles.À ses débuts, Robert Bourassa misait sur le développement économique généré par les grands chantiers hydroélecteques.«Ils n’avaient pas 18 idées.Ils en avaient deux ou trois», fait-on observer.Quelles sont les grandes idées que Jean Charest défend et qui motivent son action politique?se demande-t-on.A son arrivée sur la scène politique québécoise, Jean Charest était pourtant la coqueluche de la classe d’affaires québécoise.«La gang du lac» Memphré-magog, qui réunit nombre de têtes d’affiche du petit monde des affaires québécois, l’invitait régulièrement.On le fait encore.A son chalet du lac Mem-phrémagog, Guy Saint-Pierre organise chaque année une réception réunissant une quarantaine de représentants de l’élite d’affaires de Montréal et de Toronto ainsi que des personnalités du monde politique.Le 20 juillet dernier, Paul Martin y était Tout comme Pierre Michaud, de Réno-Dépôt, Jacques Ménard, de BMO Nesbitt Burns et Michael Sabia, de BCE.On y retrouve habituellement Pierre Lessard, de Métro-Richelieu, Pierre Brunet, anciennement de Lévesque Beaubien, John Cleghorn, ex-président de la Banque Royale maintenant président du conseil de Lavalin, Guy Savard, ancien président de la Caisse de dépôt et placement du Québec maintenant chez Merrill Lynch, et Paul Desmarais junior.Contrairement aux années précédentes, Jean Charest n’était pas du nombre.Mais il faisait partie de la liste d’invités.A son cabinet, on indique qu’il fêtait l’anniversaire de sa femme — elle est née un 22 juillet — en compagnie d’une trentaine d’invités, des membres de la famille et des proches.Le vendredi précédent, le 12 juillet, Jean Charest était présent à un gala de financement pour le camp Orford.«Il n’a pas fait le tour des tables» comme tout homme politique aguerri l’aurait fait spontanément, souligne une source présente lors de fiers de maisons de carton —, l’aller-retour aux toilettes pouvait prendre plus d’une heure et demie! Et ce n’est pas parce qu’il manquait de toilettes: 7500 portatives, 110 adaptées pour les personnes aux besoins particuliers et 1500 urinoirs couvraient 30 des 250 acres du site.Peu après l’heure du souper, le pape Jean-Paul II a rejoint les pèlerins en hélicoptère pour une soirée de vigile, genre de célébration spirituelle où chants, danse et musique se côtoient Lorsque la papemoMe a serpenté le bidonville, les jeunes criaient et pleuraient Le souverain pontife a par la suite pris place sur l’estrade pour écouter des messages de paix et d’adoration à son endroit Une fois que le Saint-Père a quitté les fieux, les pèlerins se sont rassemblés en petits groupes pour continuer la fête.Certains ont rejoint les confessionnaux portatifs, regroupés dans un coin du site, afin de partager leurs péchés avec des prêtres qui les attendaient chapelet à la main.Vers minuit, des centaines de jeunes catholiques ont pris le chemin du tapis de sol.pour être finalement réveillés trente minutes plus tard par un gros spectacle de chants religieux.«Les tam-tams au loin nous endormaient, mais le spectacle, lui.», confie Marie-Anne Lejeune, une enseignante qui n’a réussi à La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514)985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Parcourriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir peut, à l’occasion, mettre la liste d’adresses de ses abonnés à la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.U Devoir est publié du lundi au samedi par l>e Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal, (Québec), H3A 3M9.ü est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800, boulevard Industriel,Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence liesse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Laval.Envoi de publication — Enregistrement n" 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 blanche ou encore à l’absence.Des poètes comme Roberto Juarroz, Jacques Brault et Paul Celan ont, à maints égards, cheminé au milieu du silence.D’autres comme Samuel Beckett ou Ingmar Bergman l’ont placé au cœur de leur œuvre comme une grammaire de l’incommunicabilité ou de l’intime.Des musiciens comme John Cage en ont inventé le rythme.Et que penser des non-dits majeurs qui émanent des toiles de Balthus ou du poignant silence d’abîme que provoque la vue des toiles de Rofhko.Car, il y a un silence qui nous rient de l’intérieur et un autre qui vient de l’extérieur.Un que nous essayons d’éviter pour ne pas sombrer dans le mal obsessif de l’être et du sens, et un autre que nous recherchons afin d’entendre les voix qui nous rapprochent de l’essentiel.En chaque silence, l’existence a précédence sur la culture, car le silence nous projette dans l’espace, nous pousse gentiment dans la vaste configuration du temps.Tout ce que nous faisons, nous le faisons sur une toile de fond de silence.Pour ma part, j’ai de plus en plus besoin de silence.Dans ma chambre d’écriture, le silence extérieur met en valeur ces petites compositions sonores créées par le bruit d’une auto au loin, le vrombissement d’un avion, un bref échange entre passants sous ma fenêtre.Ce silence (son illusion, bien sûr) me donne un réel appétit pour la langue car, en somme, il ne fait que s'immiscer entre les sons que font les humains avec leur voix, leur langue, leur cœur, entre les bruits des machines SILENCE et des engins que nous avons inventés.Ce silence ne prive pas le je d’existence, il l'interpelle, le fait penser et aimer la rie.Ce n’est que lorsque j’ai l’impression d’un silence opaque observant mon propre silence que je dis page blanche, encore une autre.Cela dit, tout comme l’eau, le silence est devenu un bien rare en passe de devenir un facteur de bien-être.Il est recherché comme un baume existentiel.Au Colorado, il existe un Centre du Silence ou l’on apprend à travailler sur soi.De même, on trouve en France une chaîne d’hôtels sous l’appellation Les Relais du silence où l’on croise la sincérité, le confort et la gastronomie.Nul doute que le mot silence s’est installé dans le vocabulaire contemporain comme en témoignent les expressions Loud Silence, Digital Silence, Warm Silence Software.En somme, le silence est devenu un objet de désir et de nécessité.Aucun doute, si ce n’est déjà fait, qu’il se trouvera un jour quelqu’un pour produire et vendre du silence sous une forme ou sous une autre.Tout comme le noir ou le blanc sont devenus en peinture des surfaces absolument signifiantes, tout comme au théâtre la fonction de parfumeur s’est Routée à celle d’éclairagiste et de régisseur du son, on imagine que le silence, désormais grandement demandé, deviendra une matière sonore pouvant être travaillée et stylisée en studio-laboratoire ainsi que le sont désormais nos gènes.C’est donc dire l’écart en voie de création entre le silence humaniste et le silence numérique, si je puis dire.D’une part, un silence-nature qui favorise le développement d’un être spirituel, intellectuel et créateur.D’autre part, un silence programmé, artifice sonore, nouvel élément de réalité technologiquement modifiée pour la détente du consommateur et, j’en conviens, sans doute aussi pour la fascination de l’artiste.Maintenant, reste à savoir s’il y a un lien entre ce silence et le silence prudent ou «de mise» qui est le nôtre quand nous faisons semblant de ne pas comprendre ce que nous avons déjà très bien compris de la disparition, à moyen terme, d’une espèce, d’un pays, d’une langue, d’une planète.Des silences qui, une fois les petits et grands désastres transformés en faits accomplis se traduisent par irresponsabilité, complicité ou encore par des euphémismes de bon aloi que l’éthique n’arrive plus à contenir, comme l’avait compris, il y a déjà quatre décennies, Rachel Carlson dans son livre Silent spring.Cela dit, je persiste à croire que, tout comme sous la chair il y a les os, c’est bien derrière les bruits familiers du quotidien que le silence s’étire comme un univers, une immensité sans autre configuration que celle de notre imagination et de nos certitudes qui, à tout coup, relancent dans l’existence les êtres de fougue et de faite que nous sommes./i l’invitation du Devoir, l’Académie des lettres du Québec offre à nos lecteurs cette série estivale inspirée des mots du temps.L'Académie a été fondée en 1944, Par un groupe d’écrivains de la modernité réunis autour de l'essayiste Victor Barbeau.Nicole Brassard a publié récemment Hier, roman (Québec Amêriaue 2001).ê LE DEVOIR, LE LUNDI 29 JUILLET 2002 B 5 LE DEVOIR LES SPORTS Tour de France Armstrong pour la quatrième fois JEAN MONTOIS AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — Invaincu depuis 1999, l’Américain Lance Armstrong (US Postal) a remporté pour la quatrième fois le Tour de France cycliste qui s’est terminé hier à Paris par la victoire de l’Australien Robbie McEwen (Lotto) dans la vingtième étape.Armstrong, qui n’est plus qu’à une victoire du record, a devancé au classement final l’Espagnol Joseba Beloki et le Lituanien Raimondas Rumsas.Le champion américain, qui fêtera en septembre son 3L anniversaire, a dominé la course, la plus courte de l’histoire moderne (3277,5 km), et a enlevé quatre étapes.Son avance sur Beloki, présent pour la troisième fois sur le podium, a dépassé les sept minutes (7 min 17 sec), sensiblement l’écart qui l’a séparé ces dernières années de ses suivants.S’il gagne encore un Tour, Armstrong rejoindra au palmarès les quatre coureurs qui détiennent le record des victoires, les Français Jacques Anquetil et Bernard Hinault, le Belge Eddy Merckx, l’Espagnol Miguel Indurain.Pour l’heure, le Texan a signé la septième victoire américaine.Il a dépassé au palmarès son compatriote Greg LeMond, vainqueur à trois reprises entre 1986 et 1990.Accroché dans le premier grand contre-la-montre de Lorient (52 km), où il a terminé à 11 secondes du Colombien Santiago Botero, Armstrong a pris le dessus en montagne.Il a endossé le maillot jaune dans la première arrivée au sommet dans les Pyrénées, à La Mongie, après l’avoir porté une journée à la suite de sa victoire dans le prologue.4 V r* * w- II À ?.*1 ristAU "m • Su ¦i ilysées à Paris.Jalabert ovationné Aidé par une forte équipe, notamment les grimpeurs espagnols «Chechu» Rubiera et Roberto He ras, il a assommé ses adversaires dans l’étape pyrénéenne du Plateau de Beille puis au sommet du Mont Ventoux, bien que la victoire soit revenue ce jour-là à Richard Virenque au bout d’une longue échappée.Armstrong s’est satisfait de contrôler ses adversaires dans les Alpes, ce qui a ménagé des ouvertures à Botero, vainqueur une seconde fois, au Néerlandais Michael Boogerd et à l’Italien Dario Frigo.L’Américain a toutefois mis un point d’honneur à enlever dans le Beaujolais, à la veille de l’arrivée à Paris, le dernier contre-la-montre, malgré la résistance du Lituanien Raimondas Rumsas qui, à 30 ans, est monté sur le podium (3e) dès sa première participation au Tour de France.Plus ouvert que ces dernières années, Armstrong a cherché à séduire davantage les médias et surtout les spectateurs.Mais celui qui a survécu à un cancer a eu l’occasion de se plaindre du com- F.RIC GAILLARD REUTERS portement d’une partie du public qui l’a traité de «dopé» dans plusieurs étapes, principalement dans la montée du Ventoux quand la foule a cru l’Américain en mesure de rejoindre une nouvelle fois les échappés.Le classement de la montagne est revenu pour la seconde fois à Laurent Jalabert, qui a annoncé pendant l’épreuve sa retraite pour octobre.Le Français, ovationné sur les routes de son pays, a également été désigné coureur le plus combatif après ses attaques à répétition dans les Pyrénées.McEwen l’homme vert Pour le maillot vert du classement par points, McEwen a mis fin à la série-record de six victoires de l’Allemand Erik Zabel qu’il a devancé finalement de 19 points.Dans la dernière étape (144 km), le champion d’Australie s’est imposé au sprint à son compatriote Baden Cooke et au Français Damien Nazon.Au bilan, les coureurs des équipes espagnole^ ont trusté les places d’honneur.A elle seule, la formation ONCE, victorieuse du contre-la-moritre par équipes, a placé trois de ses hommes aux six premières places (Beloki 2e, I.Gonzalez de Galdeano 5e, Azeze-do 6e).«Mais Armstrong est le plus fort», a admis son directeur sportif Manolo Saiz.Quatre ans après le choc provoqué par l’affaire Festina, ce Tour a échappé au scandale.La course, qui est devenue la plus surveillée du monde à travers de multiples contrôles, a seulement été troublée dans sa partie initiale par une polémique concernant Igor Gonzalez de Galdeano, alors porteur du maillot jaune.La position du coureur espagnol, qui a employé un produit (salbutamol) utilisé pour soigner l’asthme, a été jugée conforme au règlement par l’Union cycliste internationale (UCI).L’Agence mondiale antidopage (AMA) s’est montrée beaucoup plus circonspecte.La retraite de Jalabert aidant, les 153 rescapés de cette édition (le record depuis 1991) ont reçu un accueil très chaleureux de la part du publie toujours aussi nombreux.A un an de son centenaire, le Tour reste plus que jamais l’évènement majeur du sport cycliste.SÉRIE CART Player’s se prépare pour une dernière saison PRESSE CANADIENNE Vancouver — Le temps passe et le moment où Imperial Tobacco devra délaisser la course automobile approche à grands pas.Entre-temps, les membres de l’écurie Player’s devront attendre pour voir ce Que l’avenir leur réserve.A cause des nouvelles lois fédérales qui entreront en vigueur à l’automne, la compagnie de tabac devra bientôt laisser tomber la série CART, mais l’équipe Player’s-Forsythe doit tout de même se préparer en fonction d’une autre saison, en 2003.Il y a des pilotes à embaucher, des voitures à préparer.«Ça complique un peu les choses quand tu ne sais pas ce qui t'attend», a déclaré Neil Blanche, directeur du marketing et des communications pour Imperial Tobacco Canada liée, hier, avant le Molson Indy de Vancouver.Cest fatigant.Tu essaies toujours d’interpréter et de deviner ce qui s’en vient.» Lorsqu’on lui a demandé s’il s’attendait à ce que Player’s soit à la tête d’une écurie en 2004, Blanche a secoué la tête.«En ce moment, je dirais que les chances sont de 6A40 que nous ne soyions pas de retour», a-t-il dit Quoiqu'il arrive, l’équipe Player's prendra part à la série CART en 2003.Mais de quoi auront l’air les voitures en octobre, au moment où entrera en vigueur la loi canadienne imposant des restrictions plus sévères sur la publicité du tabac et bannissant les commandites provenant de cette industrie, Blanche n’en est pas certain.Comme un condamné à mort Comme un condamné à mort qui tente d'obtenir un sursis, les compagnies de tabac ont déposé une plainte auprès de la Cour supérieure du Québec dans le but de tenter de réprimer certaines clauses des nouveDes lois, arguant qu’il s’agit de restrictions inconstitutionnelles.Selon Blanche, même si l’industrie du tabac remporte sa cause, celle-ci sera portée en appel et traînera en cour pour plusieurs années encore.«Ce que nous espérons, c'est qu’une fois le jugement arrêté, si nous sommes assez chanceux pour qu’il soit rendu en notre faveur, peut-être y aura-t-il une chance de s’asseoir, de négocier et d’avoir de bons canaux de communication avec le gouvernement.» Déjà, Player’s a abandonné son programme de développement des pilotes, qui avait notamment profité à Jacques Villeneuve et Greg Moore.Lors d’un point de presse, samedi, on a demandé à Bob Singleton, le vice-président des sports et des spectacles chez Molson, à quel point le retrait de Player’s pourrait influencer la tenue des épreuves canadiennes de la série CART.«Player’s est un commanditaire très important, mais il n ’est qu ’un parmi 30 dans chaque ville, a-t-il dit.Nous le remplacerions par deux ou trois.» D’ici là, l’équipe Player’s-Forsythe devra éclaircir la situation des pilotes en vue de la campagne 2003.Alexandre Tagüani a encore une année de contrat à faire, mais Patrick Carpentier est présentement en quête d’une nouvelle entente.«Nous avons une bonne relation avec Pat et son agent, et nous discutons, a dit Blanche.Il y a certaines choses que nous voulons régler avant et il le sait.Pour l’instant, c’est difficile de s’engager envers lui.» Expos 4, Marlins 1 Un match facile pour Colon PRESSE CANADIENNE Bartolo Colon, quel lanceur! Les Expos touchent du bois quand il est au monticule.Il a réalisé un troisième match complet à ses quatre derniers départs hier.Sa rapide filait encore à 97-98 milles à l’heure à la neuvième.«Ça facilite les choses.», a lancé Frank Robinson en faisant l’éloge de Colon.«U a été formidable et a donné l’impression que c’était facile.Il a bien mélangé ses lancers pour aller avec sa rapide.C'est exactement ce qu’il nous fallait.» Colon a enregistré neuf retraits au bâton et n’a alloué que deux coups sûrs, un double à Eric Owens à la première et un triple à Andy Fox à la huitième.Il n’a cédé qu’un but sur balles et n’a fait face qu’à 30 frappeurs alors qu’il a effectué 129 lancers, dont 83 prises.Travaillant rapidement, Colon a été bien appuyé en défensive, notamment à la sixième quand Brad Wilkerson et Vladimir Guerrero ont réussi de beaux catchs au champ extérieur.Orlando Cabrera a aussi effectué de belles pièces défensives à l’arrêt-court.Colon a mis fin au match en retirant Juan Encarnacion au bâton.«Il est capable de puiser dans ses réserves, a noté Robinson.On lui avait parlé sur le banc après la huitième.R était prêt à retourner pour la neuvième.» Le seul point des Marlins a été inscrit à la première à la suite d’une bévue au champ intérieur quand Eric Owens a volé le troisième but.Fernando Tatis n’était pas au coussin.Le receveur Brian Schneider a perdu la maîtrise de la balle en retenant son élan et Owens en a profité pour marquer.Mais Colon est demeuré imperturbable.«Je sais que si je perds mon calme, je pourrais perdre ma concentration», a confié Colon par l’intermédiaire de Manny Acta, l’instructeur au troisième but qui agit comme interprète.A la troisième, les Expos ont frappé dans un triple-jeu à la suite d’un coup en flèche de Vladimir Guerrero.Ce n’était que la deuxième fois de leur histoire qu’ils se commettaient dans un triple-jeu.«Pour moi, ce n ’était qu’une autre occasion ratée», a dit Robinson.Jeux du Commonwealth LIGUE NATIONALE Section Est G P Moy.Ditt Atlanta 67 38 .638 — New York 54 50 .519 121/2 Montréal 52 53 .495 15 Floride 51 54 .486 16 Philadelphie 49 55 .471 171/2 Section Centrale St.Louis 57 44 .564 — Cincinnati 54 50 .519 41/2 Houston 53 51 .510 51/2 Pittsburgh 47 58 .448 12 Chicago 44 58 .431 131/2 Milwaukee 38 67 .362 21 Section Ouest Arizona 64 41 .610 — Los Angeles 59 46 .562 5 San Francisco 58 47 .552 6 Colorado 48 57 .457 16 San Diego 43 62 .410 21 Hier Philadelphie 7 Atlanta 1 Cincinnati 5 N.Y, Mets 6 Floride 1 Montréal 4 Colorado 3 Milwaukee 5 Pittsburgh 0 Houston 4 Los Angeles 1 San Francisco 3 San Diego 4 Arizona 5 (10 manches) Chicago Cubs à St.Louis Aujourd’hui Aucun match.Demain Arizona à Montréal, 191)05 Colorado à Pittsburgh, 19h05 San Francisco à Philadelphie, 19h05 St.Louis en Floride, 19h05 Houston à N.Y.Mets, 19h10 Los Angeles à Cincinnati, 19h10 Milwaukee à Atlanta, 19h35 San Diego à Chicago Cubs, 20h05 LIGUE AMÉRICAINE Section Est G P Moy.Ditt New York 65 38 .631 — Boston 61 42 .592 4 Baltimore 48 53 .475 16 Toronto 44 58 .431 201/2 Tampa Bay 33 70 .320 32 Section Centrale Minnesota 64 42 .604 — Chicago 50 56 .472 14 Cleveland 45 58 .437 171/2 Kansas City 43 61 .413 20 Detroit 40 63 .388 221/2 Section Ouest Seattle 63 41 .606 — Anaheim 61 41 .598 1 Oakland 59 45 .567 4 Texas 44 59 .427 181/2 Hier Baltimore 12 Boston 3 Detroit 6 Cleveland 9 N.Y.Yankees 9 Tampa Bay 1 Kansas City 2 Chicago White Sox 4 Toronto 0 Minnesota 4 Anaheim 1 Seattle 0 Oakland au Texas Aujourd’hui Baltimore à Tampa Bay, 19h15 N.Y Yankees au Texas, 20h05 Toronto à Kansas City, 20h05 Boston à Anaheim, 22h05 Cleveland à Oakland, 22h05 Detroit à Seattle, 22h05 Demain Cleveland à Oakland, 15h35 Baltimore à Tampa Bay, 19h15 Chicago White Sox au Minnesota, 20h05 N.Y.Yankees au Texas, 20h05 Toronto à Kansas City, 20h05 Boston à Anaheim, 22h05 Detroit à Seattle, 22h05 FOOTBALL LIGUE CANADIENNE Section Est G P N DP PP PC PTS Montréal 5 0 0 0 149 94 10 Ottawa 2 3 0 1 121 186 5 Hamilton 2 3 0 0 134 159 4 Toronto 1 4 0 0 89 162 2 Section Ouest Edmonton 4 1 0 0 146 134 8 Winnipeg 4 2 0 0 206 108 8 Saskatchewan 3 2 0 0 148 111 6 Calgary 1 4 0 1 119 151 3 C.-B.1 4 0 0 135 142 2 Samedi Montréal 31 Winnipeg 22 Jeudi Ottawa à Toronto, 19h30 Saskatchewan à Hamilton, 19h30 Calgary en C.-B., 22h30 Vendredi Edmonton à Montréal, 19h00 Absent du guide de presse, Jeltkov est de la liste des médaillés PRESSE CANADIENNE Manchester, Angleterre — Un athlète dont le nom était exclu du guide de presse de la délégation du Canada a frôlé l’or avant de devoir se contenter de la troisième marche du podium, hier, aux Jeux du Commonwealth.L« gymnaste montréalais Alexander Jeltkov, qui était inscrit à titre de réserviste et qui représentait donc un cas douteux, a récolté la médaille de bronze au concours général individuel.Victime d’ennuis lors des deux dernières épreuves qui lui ont possiblement coûté une meilleure position sur le podium, Jeltkov a totalisé 53,650 points, deux dixièmes de moins que l’Australien Philippe Rizzo.L’Anglais Kanukai Jackson a facilement mérité l’or avec un score combiné de 55,025."Les quatre premiers appareils sont mes meilleurs (saut, barre fixe, sol et barres parallèles) et je m’attendais à baisser un peu», a admis le gymnaste, qui a chuté au cheval d’arçon.Toujours en gymnastique, Kate Richardson, de la Colombie-Britannique, a causé une certaine surprise en décrochant l’or au concours général individuel.Sixième à l’issue des préliminaires, Richardson a compilé 36,750 points pour devancer Beth Tweddle (36,387), de l'Angleterre.Lors de cette quatrième journée de compétition, les athlètes canadiens ont mis la main sur huit médailles, soit deux d’or, trois d’argent et trois de bronze.Cette récolte ne les a cependant pas empêchés de glisser au troisième rang du classement cumulatif.Le Canada totalise 24 médailles (sept d’or, huit d’argent et neuf de bronze), comparativement à 35 pour l’Australie et 32 pour l’Angleterre.Dans les épreuves de tir, le Canada a amassé trois médailles, dont une d’or.Kim Eagles, de la Colombie-Britannique, et l’Al-bertaine Dorothy Hare ont remporté l’épreuve en couple de pistolet à air comprimé 10 mètres, grâce à une récolte de 747 points.Shweta Chaudhary et Sheila Kanungo, de l’Inde, ainsi que les Néo-Zélandaises Annemarie Forder et I-alita Yauhleuskaya ont terminé ex-œquo au deuxième rang, avec 744 points.L’Ontarienne Sharon Bowes et Jacklyn Mecredy, de la Colombie-Britannique, sont montées sur la deuxième marche du podium lors de l’épreuve en couple de carabine à air comprimé 10 mètres.Leur score total de 781 points les a laissées 14 points derrière les gagnantes, Anjali Bhagwat et Suma Shirur.Enfin, Cynthia Meyer, de la Colombie-Britannique, et Susan Nattrass, d’Edmonton, ont obtenu leur deuxième médaille des Jeux, terminant au deuxième rang en fosse olympique double en couple.Meyer et Nattrass ont laissé filer l’or par la plus mince des marges, terminant avec 136 points, un de moins que Teresa Borrell et Nadine Stanton, de la Nouvelle-Zélande.Chez les hommes, les Québécois Michel Dion, de Pont-Rouge, et Gale Stewart, de Beauport, ont pris le quatrième rang à l’épreuve de la carabine en position couchée 50 mètres en couple.Dion et Stewart ont totalisé 1167 points, six de moins que les Malaisiens Mohammed Erman Zaka-ria and Sabki Hj Mohd Din.Jean-Pierre Huot, de Pontbriand, et son coéquipier Wayne Salhany, d’Ottawa, ont également terminé en quatrième position, au pistolet 50 mètres en couple.Ils ont raté la médaille de bronze par deux points, étant devancés par les Sud-Africains Daniel François Van Tonder et Frederick Willem Van Tonder (1072 points comparativement à 1074).En athlétisme, Shane Niemi, de la Colombie-Britannique, a décroché l’argent lors de l’épreuve de 400 mètres.Dans une course qui a exigé un photo finish, Niemi a inscrit un temps de 45,09 secondes, seulement deux centièmes derrière Michael Blackwood, de la Jamaïque.Un peu plus tôt dans la journée, l’Ontarienne Kar-lene Haughton a obtenu une médaille de bronze au 400 mètres haies, grâce à un temps de 56,13.Au saut en hauteur, le Montréalais Kwaku Boa-teng et l’Ontarien Mark Boswell ont passé au tour suivant après avoir tous deux franchi la barre à 2,15 mètres.Le Canada a ajouté une médaille de bronze à son dossier, grâce à la cycliste albertaine Lori-Ann Muen-zer au 500 mètres contre-la-montre.Muenzer, qui est âgée de 36 ans, a fait stopper le chronomètre à 35,595 secondes.L’Australienne Ker-rie Meares a établi un record des Jeux du Commonwealth grâce à un temps de 35,084 secondes.M ANDY CLARK REUTERS En gymnastique, Kate Richardson, de la Colombie-Britannique, a causé une certaine surprise en décrochant l’or au concours général individuel aux Jeux du Commonwealth.I LE DEVOIR.LE LUNDI 29 JUILLET 2002 B 8 —-* LE DEVOIR « CULTURE «Carte blanche» à Lynda Lemay Un art simple, mais efficace MARTIN BILODEAU En ce samedi soir de FrancoFolies, la Salle Wil-frid-Pelletier a vibré à l’nnisson au son de la folk-réalité de Lynda Lemay.Dans une jolie robe verte qui n’aurait pas déparé Délima Cailloux, celleci n’a pas profité de la «carte blanche» qui lui a été donnée pour se reposer.La chanteuse de Verchères a en effet interprété plus de la moitié des 33 chansons au programme de la soirée, reprenant avec la ferveur intime qu’on lui connaît plusieurs pièces tirées des Lettres rouges (La Centenaire, Donnez-lui la passion), son dernier album, auxquelles elle a greffé deux inédites (dont Le Funeste collier, funeste en effet) et quelques incontournables de son répertoire (Le pim fort, c’est mon père, La Visite).Que le décor de scène soit une reproduction de la chambre à coucher de Lynda, le lit en bataille et la malle débordante, n’étonnera personne.Comme la chanteuse l’a démontré jusqu’ici, dans ses textes comme dans les entrevues qu’elle accorde, elle n’a rien à cacher.Tout est exposé à la vue, depuis ses états d’âme personnels jusqu’aux ficelles de sa poésie simple, dans laquelle — pourquoi s’en formaliser?—, tant de gens se reconnaissent.Entre le «je» et le «tu» De fait, Lynda est tout le contraire de la star intimidante; sa sincérité et sa franchise en ont fait l’amie, la sœur, du public, en même temps qu’elle a effarouché un autre auditoire, celui qui aime débusquer le sens caché des vers et analyser les accords complexes, bref, celui qui espère trouver dans la chanson ce que Lynda n’y a jamais cherché: la transcendance.Cette mise au point faite, reste à constater ceci: l’art avec lequel Lynda Lemay forge son répertoire et le communique au public forcent l’admiration.Et l’équipe d’amis dont elle s’était entourée samedi soir reconduisait ce sentiment à l’échelle de la scène: Mario Pelchat (Je n’t’aime pim, dont il est l’auteur), France D’Amour (pour un medley), Martin Deschamps (Ma blonde est tellement.), ainsi que la jeune Marie-Pier Perreault (Si j’me marie), donnaient l’impression de lui rendre son amitié, de partager son admiration, d’investir avec elle le terrain qui se situe entre le «je» et le «tu».Rompue à l’exercice de la confidence avec son public, Lemay n’a cependant pas l’habitude de rompre le contact avec la salle, fait que trahissaient ses petites maladresses d’interlocutrice, notamment avec Robert Charlebois, venu la surprendre en tout début de spectacle.Qu’à cela ne tienne, leur duo Ordinaire a fait lever le plafond et foré dans la salle des grands puits de larmes, de joie, de surprise, de transcendance, qui sait?Autre moment fort du spectacle: Marie-Jo Thério interprétant Les Souliers verts, une chanson comique de Lemay, dans laquelle elle imprimait sa folie et sa théâtralité.L’excellent humoriste Maxim Martin, à qui revenait la tâche de réparer l’outrage fait aux gars après que Lemay les eut traités de «Bande de dégonflés», a quant à lui arraché la salle au camp adverse.Sur scène (sur disque, je ne saurais dire), Lynda Lemay chante bien, et juste.Ses mots se déversent avec la constance d’un torrent, indifféremment des éclats d’intelligence ou des platitudes, des vers astiqués et des rimes forcées, qui font de ses chansons un duel entre la tête et le cœur.Son art est simple, mais efficace, et son absence totale de prétention confirme qu’elle en est consciente.Sa petite chanson n’est pas révolutionnaire, sinon qu’elle révolutionne la vie de ceux qu’elle touche.Samedi soir, ils étaient plus de trois nulle.Ce n’est pas rien.LES FRANCOFOLIES DE MONTRÉAL Le party des Loco Locass SOURCE FRANCOFOLIES Grandiloquente en première partie, la soirée est devenue grandiose en seconde.Marathon loquace BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Finalement, la grande messe promise par Loco Locass a bel et bien eu lieu, samedi au Métropo-lis.Ce ne fut toutefois pas sans heurts: une première partie en dents de scie, mais une finale à couper le souffle où l’on a retrouvé les Loco Locass incisifs.La soirée aura été haute en rythmes, forte en gueule, malgré de nombreuses ruptures dans son déroulement L’aventure terminée, Loco Locass tire sa révé-reqce, le temps de composer un nouvel album.A l’ouverture, Pierre Falardeau a vilipendé ceux qui s’en sont pris (Libman et Martineau, des cibles faciles) à un Lionel Grouk accusé d’antisémitisme, par ceux qui apparemment ne l’ont pas réellement lu.Avec les gros sabots qu’on lui connaît, repayant les poncife du nationalisme de base, Falardeau a dit n’attendre que le party de l’indépendance pour laisser sa place à des dizaines et des dizaines de petits chapeaux, des capines bleues et blanches, en forme de fleur de lys.Ce casques mous sont ceux que portaient ITClbljl plusieurs invités venus danser sur scène au LLilKni moment de l’arrivée des Loco Locass.Les DEM) sociologues nous diront un jour si Loco Locass aura su éveiller les consciences.Pour l’instant un de leurs legs pourrait bien être cette mode des petits chapeaux ridicules.Triste constat si la liberté n’est pas une marque de yogourt comme l’a autrefois soutenu Falardeau, elle se vend tout de même en ta.Le chapeau à fleurs de lys, autrefois signe distinctif du trio des fous qui jacassent s’est finalement transformé en produit dérivé, disponible en quantité lors du concert Passé cet irritant, Biz, Chafiik et Batlam s’en sont permis en rapprochant dans une même pièce Mario Dumont et George W.Bush, en rappelant à la mémoire le Zola de J'accme, puis en égrenant les apparitions des invités, dont Kra-Z-Noize, la table tournante humaine, le jeune rappeur Séba, qu’on avait du mal à suivre, Alain Lamontagne, puis Urbain Desbois, qui est venu faire l’irrésistible Le Pain.Falardeau, comme un mal nécessaire, est revenu, avant une nouvelle pièce Bobébébéluga.Jusque-là, la rencontre souhaitée entre les styles, entre le texte parlé et le texte musical n’avait donné qu’une série de hauts et de bas: le verbe acerbe de Loco Locass tergiverse lorsqu’il ne va pas droit au but.In Vivo À l’entracte, In Vivo au Spectrum nous appelait, mais notre intention était ferme de revenir à œ marathon.Les Français n’auront pas été choyés.Soir de pluie vendredi, moins de cent spectateurs samedi Pourtant leur prestation, même si nous ne sommes restés que cinq morceaux, tient de la révélation.In Vivo, c’est la fusion métal à son meilleur, avec la preuve que le genre peut encore être inventif, dur et souple à la fois.In Vivo est une grosse rnesqre au-dessus de tout ce qu’on connaît dans le genre.Époustouflant et conscient que des limites doivent être dépassées.Vivement qu’ils reviennent Loco Locass suite et fin Retour au Métropolis.Après avoir raté Fred Fortin et Zuruba, tout juste avant Médiatribes, nos craintes d’un spectacle sans cadence se sont évanouies.En route vere les plus grands succès du groupe, l’énergie n’est jamais redescendue, notamment grâce à Free-worm et aux percussions des frères Diouf.langage-loi, Sheila, ch'us là (mémorable de compul-[WU frf sions rythmiques), suivie de Mononc’ Ser-ÜIJ/jJLj ge et de son à propos Canada is not my TKEAL country, la finale s’annonçait torride.Plus aucun doute ne subsistait, la soirée était passée de grandiloquente à grandiose.Plusieurs se demandaient si les Loco Locass allaient se fatiguer.Après que plus de cinquante musiciens eurent défilé sur scène, après que des milliers d’images eurent fait de même sur les écrans de télé, disséminés partout, et celui, immense, installé sur scène (et dans lequel on n’y voyait qu dalle en raison des éclairages), après plus de 3h30 de musique, la soirée s’est conclue.Un à la prochaine tout lévesquien», s’est exclamé Biz.Sans attendre que la foule ne lui demande un second rappel (le premier était composé de L’Assaut, de L’Emancipation (une nouveauté qui aurait pu s’intituler Indépendance) et de / Represent rien pantoute), Loco Locass est revenu, exalté, pour faire un Hommage à Rio en l’honneur du disparu Jean-Paul Riopelle, de qui L’Hommage à Rosa Luxemburg défilait à l’écran.Influence de Freeworm, qui est venu saupoudrer sa drum’n’bass délirante au fil de la soirée?La pièce est résolument techno.Est-ce là le suc de la prochaine galette Loco Locass?Reste à voir.En attendant, telle une procession, les tam-tams de Zuruba sont venus nous reconduire jusqu’à la porte du Métropolis.Loco Locass peut aller se reposer.Nos CHOIX MONONC’SERGE Il fut un temps pas si lointain où, pour présenter Mo-nonc’Serge, on égrenait invariablement sa feuille de route jusqu’à la carrière solo: du contrebassiste hilare des Colocs au vaste répertoire d’une seule et unique chanson (Je chante comme une casserole) au simili-Français des Quartede-rouge et des Blaireaux, c’était cofn-me si on ne l’imaginait pas vraiment sans acolyte à l’avant-scène.Aujourd’hui, un joli paquet d’albums plus tard, Mononc’Serge est un culte à lui tout seul.Plume en plus féroce, réducteur de têtes trop grosses pour leur bien (Plamondon, Dion, Chrétien, Véro Cloutier, le gala de l’ADISQ, il a le collimateur large), l’exutoire fait homme fait un bien fou par où il passe, et pas un orifice ne lui est trop nauséabond: en formule trio rock à 22h au Parc des festivals (angle de Bleury/Maisonneuve), fl va hurler §es vérités jusqu’à ce que le Canada entier l’entende.A coups de casseroles.Sylvain Cormier GROOVY AARDVARK/GALAXIE 500 Impossible de trancher.Entre les vétérans de la scène locale, Groovy Aardvark, et l’un des derniers venus, Galaxie 500, notre cœur balance.Impossible de ne pas saliver à imaginer ce que vont faire Vince Peake et Groovy sur la grande scène, habituellement royaume du mainstream à heure de grande circulation sur le site des Francos, eux qui n’ont connu qu’un seul succès radiophonique, Dérangeant.Le groupe se présente deux fois sur la grande scène, à 21 et 23h.Au Parc des Festivals, Galaxie 500, le tout nouveau groupe du guitariste respecté de tous, Olivier Langevin (Mara Tremblay, Gros Méné), ira de son rock explosif et délirant, très seventies, à 20h.Ça tombe bien, l’horaire permettre d’entendre les deux.Bernard Lamarche Au plancher BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR En deux soirs au Club Soda, Tarmac aura fait des tas de gens heureux.Expéditif, le duo devenu quintette pour l’occasion aura redonné tout son sens au mot interpréter.Le groupe a habité ses compositions d’une verve inconnue jusqu’alors.Plus nerveuse que sur le relativement ambiant L’atelier, seul opus qu’elle a signé, la formation a fait grandir de plusieurs centimètres certaines de ses compositions par des guitares bien en avant, alors que d’autres morceaux ont mérité de demeurer dans un état plus proche de l’original, tout tendu de textures et de mots richement couchés sur le papier.En deux soirs, Tarmac a renoncé en partie à son côté jeune garçon rempli de bonnes intentions que l’introspection guette, un peu gentil, intérieurement troublé, rongé par la gêne.Vous savez?Le genre «j’ai apporté des bonbons, parce que les fleurs.» que Tarmac, en toute bonne excroissance de Louise Attaque qu’il est, cultive avec les doutes et les inquiétudes contemporaines.Seules quelques titres seront restés relativement fidèles au disque: Des Frontières, la tendre Th semblante, Lnùtil, Longtemps.Sinon, la slide guitar aura mené La ballade des gens qui sont nés quelque part, de Brassens, bien ailleurs, sur les sentiers d’une gravité que ne faisait qu’à peine effleurer la transposition du disque.L’atelier au grand complet aura été visité à nouveau, en plus de quelques chambre inédites.Ce faisant.Tarmac aura su exposer un visage plus anguleux, plus légèrement rude.À certains moments, on a même songé à un autre cousin français, qui nous a visité à l’hiver, Noir Désir (bien que ce ne soit pas tout à fait cela), tant l’intensité courait CONCERTS CLASSIQUES Grande soirée Tchaikovski FESTIVAL DE LANAUDIÈRE RI.Tchaikovski: Ouverture 1812; Symphonie n° 2 en do mineur, op.17 «Petiterussienne»: Iolanta, opéra lyrique en un acte sur un livret de Modest Tchaikovski.Iolanta: Marina Shaguch (soprano); Martha, sa nourrice: Noëfla Huet (mezzœsoprano); Brigitta: Luce Vachon (soprano); Laura: Marda Whitehead (mezzosoprano); le Roi René: Robert Pomakov (basse); Robert, Duc de Bourgogne: James Westman (baryton); le Comte Vaudémont Marc Heller (ténor) ; Ibn-Hakia: Taras Kulish (baryton) ; Alméric: Pascal Mondieg (ténor); Bertrand: Alain Coulombe (basse).Chœur et Orchestre métropolitain du Grand Montréal, dir.Yannick Nézet-Séguin.Amphithéâtre de Lanaudière, le 26 juillet 2002.FRANÇOIS TOUSIGNANT Ouverture de soirée en grande pompe: c’est que XOuverture 1812, de Tchaikovski, fait toujours son effet.En plus, pour varier dans cette œuvre connue entre toutes des amateurs de spectaculaire, Nézet-Séguin a choisi une version avec la participation du chœur.Ainsi on suit bien les transformations émotives de cet humble chant populaire d’entrée jusqu’à son triomphe sonore, alors qu’il défait noblement les accents martiaux de la Marseillaise.Suit la II' Symphonie du même, basée sur des thèmes folkloriques — ou d’inspiration folklorique — ukrainiens.Ce fut bien; l’Orchestre métropolitain du Grand Montréal (OMGM) répond de mieux en mieux aux demandes de son chef et offre un bel exemple de la nécessité pour une formation de travailler de manière soutenue avec une seule et même personne pour former une notion d’ensemble autre qu’artificielle.Bien que l’interprétation reste dans les gros traits le jeune chef y apporte suffisamment d’énergie pour qu’on embarque dans son jeu.À l’égal des critiques qui parlaient de la battue du jeune Mahler, je persiste à penser que l’uniformité dans l’exagération des mouvements nuit parfois à une sonorité plus subtile et une plus grande palette d’expression.Après ce qui est déjà costaud, ne reculant devant rien car cela est un festival après tout on offre la pièce de résistance Iolanta, le dernier opéra de Tchai- kovski, sur un livret de son frère.L’œuvre se veut une féerie à l’égal de Casse-noisette.Dans une Provence moyenâgeuse et mythique, le Roi René fait tout pour que sa fille ne sache pas qu’elle est aveugle.Un beau chevalier arrive inopinément, lui parle de la lumière.Un médecin maure lui fera recouvrer la vue si elle le veut vraiment et elle se livrera au terrible traitement (initiatique) par amour pour Vaudémont et découvrira émerveillée les beautés du jardin enchanté où elle vivait cloîtrée, la vie lui étant maintenant ouverte.Bref résumé, mais qui montre les potentialités symboliques et psychologiques du sujet d’apparence naïve — comme bien des contes de fées.La musique est splendide et l’OMGM fait vraiment de son mieux pour se surpasser.Encore une fois, les ressorts dramatiques de l’action et la différenciation des «couleurs» sont un peu trop gommés par une attention presque exclusive sur les gros effets et l’épanchement lyrique un peu sirupeux.Cette première montre un orchestre capable de grandes choses, mais qui a encore à raffiner sa technique, individuelle comme collective.Qu’à cela ne tienne, toutes les réserves tombent tant la distribution vocale fut renversante.Il faudrait nommer les quatre protagonistes féminins avec les même louanges.Je retiens surtout «la» découverte de la soirée, la soprano russe Marina Shaguch.Aisance, ampleur, vok parfaite et puissante, subtile et forte, elle nous a fait croire à son personnage sans aucune difficulté — sans costume ni décor, c’est déjà un exploit qui montre la force de la formule opéra en version concert; à savoir que les interprètes peuvent alors se consacrer tout entiers à la musique.Les rôles masculins étaient aussi fort bien défendus, mais avec des vok qui projetaient moins cependant.Le ténor Marc Heller a su malgré tout convaincre tant sa Iolanta que tout son public de la sincérité de son penchant avec des élans passionnés assez remarquables.Comme en plus il y avait des surtitres, suivre l’histoire était aisé et cela a permis de mieux apprécier la manière de chanter de chacun.Un franc succès donc, une soirée dont peut vraiment hautement s’enorgueillir le festival.Et qui pourra donner à réfléchir à certains dirigeants de compagnies d’opéra: avec de la passion et de la conviction, le public approuve toujours la nouveauté quand on la lui présente avec cette qualité.> Pari osé, musique gagnante FESTIVAL DE LANAUDIÈRE L van Beethoven: Les Créatures de Prométhée, ballet op.43 (extraits); Air de concert «Ah !perfido», op.65; R Wagner Air «Dich teure Halle» (Tannhauser); A Webem: Im Sommerwind», idylle pour grand orchestre; A Dvorâk: Danses salves op.47 n° 7 et op.72 n° 4; L Janécek: Air «Mamicko, mâm tèzkou hlavu» (Jenufa); PI.Tchaikovski: Air «Uzh polnoch blizitsa» (La Dame de Pique).Karita Mattila, soprano; Orchestre symphonique de Montréal, dir.Julia Jones.Amphithéâtre de Lanaudière, le 27 juillet 2002.FRANÇOIS TOUSIGNANT Dans le genre de soirée lyrique grand public, une organisation prend toujours un fort risque à proposer une affiche où ne figure aucun des airs de virtuosité que tout un chacun aime à siffloter et lors desquels il aime à s’épater des prouesses vocales de la cantatrice.En plus le reste de l’affiche n’est pas accrocheur.Les Créatures de Prométhée font bien sonner l’OSM, les Danses slaves sont amusantes, mais ne jouent que le rôle de bouche-trou.L’attrait dTm Sommerwind (Dans le vent d’été), de Webern vient chez l’auditeur moyen après l’écoute de cette idylle.L’OSM s’y est surpassé en scintillement Du moindre divisi des cordes, aux touches des bois et en passant par quelques grands tuttis, l’orchestration de Webern de cette pièce adolescente, si inspirée de Richard Strauss, fat passionnante à suivre.La pièce annonce bien le style miniaturiste à venir et ce fat là une louable idée que de la programmer, histoire d’initier le public à ce compositeur aussi important dans l’histoire que curieusement tenu à l’écart des salles ici.La direction de l’invitée Julia Jones s’avère aussi nette qu’impeccable.Même si elle semble se vouer davantage à l’opéra, lui mettre une symphonie consistante entre les mains risque d’être passionnant à entendre, éventuellement Cela clôt le volet instrumental.Arrive alors la vedette attendue, la soprano finlandaise Karita Mattila.Présence en scène, aisance et 4 simplicité se conjuguent dès qu’elle monte sur les planches.L’air de concert Ah! perfido (Beethoven) ne figure pas parmi les perles du genre.Voulant égaler Mozart, Beethoven ne montre que son malaise à saisir les mécanismes dramatiques.Mattila fait un peu de théâtre, sa voix emplit incroyablement l’Amphithéâtre et est d’un timbre unique, du grave comme à l’aigu, où la couleur reste toujours riche, prevue sombre.L’air d’Élisabeth (Dich teure Halle) ouvre la seconde partie du concert avec fracas.On croit à la joie de cette jeune femme.L’engagement de la cantatrice est débordant, elle joue de son corps comme de sa voix avec un sens exact du théâtre.Èn fait, cette remarque vaut pour les trois autres apparitions de Mattila: ce ne fut pas un concert d’airs, mais plutôt la présentation de scène d’opéra, où l’aspect scénique de l’art est aussi important que le côté vocal et musical.Accompagné d’une chef qui connaît son métier, ce fat plus que réussi.la scène de Jenufa la trouve pieds nus sur scène, accroupie et, lorsqu’elle se lève, on lui découvre un visage angoissé, une expression vocale désespérément pudique et passionnément triste, ce paradoxe de l’âme slave.Ce n’est pas du bel canto; c’est de la musique d’opéra, là où chaqye élément participe également au sens.A la cantatrice se mêle alchimiquement l’actrice.Pour la scène tirée de la Dame de Pique (Tchaikovski) comme pour la Romance à la lune (Russalka, de Dvorâk), donnée en rappel, on reste dans ce même genre de répertoire où l’expression du sentiment et l’impression du sentiment réclament une suprême intelligence des interprètes.Devant le triomphe que lui a fait son public, force est de constater que Karita Mattila a complètement convaincu qu’elle était reine en ce domaine moins familier pour bien des gens ici.Pas de feu d’artifice, pas de coups d’épate, simplement de la musique vocale où, enfin, le mot musique prend la première place alors qu’on écoute autre chose que du chant Voilà l’exploit de Mattila, la forte impression qu’on garde de ce dernier concert du samedi à Lanaudière.Pas de feu d’artifice, pas de coups d’épate, simplement de la musique vocale
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