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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2006-08-05, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE t> A O l' T 2 O O « NOUVELL Rien n’est gratuit de François Grave Page E 3 If fi * PIERRE VIDAL-NAQUET (1930-2006) historien contre les mensonges du présent l’ATKICK KOVAKIK AIT Disparu la semaine dernière, l’historien français Pierre Vidal-Naquet fut non seulement un important historien de la Grèce ancienne, mais aussi un intellectuel de gauche engagé dans l’action.L’homme refusait de laisser se construire aujourd’hui les fabulations et les mensonges qui deviendront les vérités de demain.Démonter ces fabulations, soustraire à l’amnésie ce qui doit l’être pendant qu’il en est encore temps, c’était pour lui un travail important et nécessaire.Peu de temps avant sa mort, il protestait encore, cette fois contre la logique guerrière mise en œuvre contre le Liban.GEORGES LEROUX Dans son intervention aux Rencontres des historiens, tenues à Blois en avril 2002, Pierre Vidal-Naquet expliquait comment il avait choisi l’histoire.Il était, disait-il avec insistance, d’une autre génération que celle du maquis, il n’avait pas fait la guerre.Cette manière de marquer le passage d’une génération montre bien son style: lui qui était né en 1930 dans une famille juive ne devait qu’à une solidarité relevant presque du hasard le fait d’être encore en vie en 1945, ce sont les autres qui avaient mené les vrais combats.SU est vrai qu’il ne fit pas la guerre, on peut cependant dire que c’est la guerre qui est à l’origine de toute son œuvre historienne, de tous les combats qui furent les siens.Son père et sa mère avaient été raflés à Marseille le 15 mai 1944, d’où ils furent déportés à .Auschwitz, et il a raconté dans ses Mémoires à la fois les angoisses et les illusions d’une famille bourgeoise qui ne pouvait se résoudre à regarder la barbarie en face.Pourtant dans un journal tenu pendant presque deux ans, de septembre 1942 a février 1944.l’avocat dreyfusard Lucien Vidal-Naquet s’était fait l’observateur lucide des compromis de Vichy et il ne pouvait se méprendre sur son destin.Pierre Vidal-Naquet a édité ce journal avec une préface qui complete le portrait de son père qu’on trouve dans ses Mémoires (Réflexions sur le génocide, La Découverte, 1995; repris en 10/18 en 2004).Devenir historien, ce ne pouvait être que recevoir de sa jeunesse meurtrie cette injonction à témoigner, cette responsabilité de la mémoire, ce devoir de la vérité.Tenté par la philosophie, un terrain déjà élu par son cousin Jacques Brunschwig, il s’oriente néanmoins vers l’histoire et la philologie grecque.Sous la supervision d’Henri-Irénée Marrou et d’André Ay-mard, il se plonge dans Platon et Hérodote et collabore avec Pierre Lévêque à des travaux qu’on peut désormais compter comme les premières contributions de l’école dite de Paris, cette approche sociale de la culture grecque où se sont illustrées les grandes figures que sont aujourd’hui pour nous, et inséparablement de lui, Jean-Pierre Vemant et Marcel Détienne.Au cœur de cette jeunesse vouée à l’étude, la guer re d’Algérie va fournir le contrepoint désormais indissociable de son travail historique: l’affrontement avec les violences et les mensonges du présent et la formation de convictions de gauche qui ne se démentiront pas.Devant la torture et les massacres, l’exigence de parler, l’urgence de dénoncer.Un de ses premiers textes publiés (Esprit, avril 1957), présentant le témoignage de son ami Robert Bonnaud sur les exécutions en Algérie, montre le registre où il ne cessera de se placer: Pierre Pachet en a parlé comme d’un croisement de l’accusation judiciaire et de la rigueur historique.La description est juste.Dans ses mémoires, Pierre Vidal-Naquet se décrit comme un anticolonialiste, certes, mais assez peu averti de la discussion politique, et notamment de la situation de la guerre froide.‘Qu’étais-je moi-méme?*, ne cesse-t-U ne demander, en pensant à ses engagements politiques.Dans un long entretien donné a la revue Vacarme (n0 17,2001), il répété que son temperament ne l’orientait pas vers les lignes de par- ti, mais plutôl vers des luttes concrètes, des responsabilités intellectuelles précises.Influencé en cela peut-être par les convictions dreyfusardes de son père, mais sans doute surtout par le marxisme de toute sa génération, il fut très rapidement un intellectuel combatif, intempestif.Des premiers écrits sur la torture, au sein du comité Audin (L'Affaire Audin, Minuit, 1958), du nom d’un résistant algérien dont on avait voulu couvrir l’assassinat par la simulation d’une tentative d’évasion, jusqu'aux textes les plus récents sur le négationnisme, cet historien de la Grèce démocratique fut aussi, et mesure pour mesure, le témoin des faillites de la démocratie européenne à l’âge du colonialisme, de la terreur et de l'amnésie.L’engagement C’est un risque effrayant pour un universitaire que de sortir du petit périmètre de sa spécialité pour intervenir sur la place publique, et il y a quelque chose de pathétique dans cette question indéfiniment retournée à Vidal-Naquet et à laquelle il fit toujours la même réponse: comment articuler le travail de l'historien sur l'Antiquité et l'analyse du présent?la fragilité de la vérité, aimait-il répondre (Le Choix de l’histoire.Arléa, 2004), est d'autant plus grande que les contemporains laissent se construire les fabulations et les mensonges qui deviendront la vérité du futur: démonter ces fabulations, soustraire a l'amnésie ce qui doit l’être pendant qu’il en est encore temps, c'est inscrire le travail de l’historien dans une resjxinsabili-té ouverte.L'érudition n'est souvent qu'une illusion mise au service des mythes les plus commodes.Son ami Jérôme Lindon disait de lui qu'il était un homme du dix-neuvième siècle: il faut sans doute entendre cela comme décrivant un savant d’avant le grand repli sur la niche, un intellectuel courageux.Cela dit il est par ailleurs nécessaire dinsistiT sur les articulations entre les études sur la représentation de l'histoire et les mécanismes de la démixTatie antique (La démocratie grecque vue d’ailleurs, Flammarion, 1996; Le Chasseur noir Formes de pensée et flrrmes de société dans le monde gree.In Découverte, 1991) et les tm vaux sur la mémoire, la raison dictât, le génodde.Proche de l’histoire sociale et économique de M.I Finley, herre Vidal-Naquet est d’abord un historien de la société et des rapports sociaux: de l’éphébie à l’esclavage, il s’intéresse à la parole politique et s’il y a un sens à parler de l’école de Paris, c'est surtout jxiur montrer l’importance des sciences sociales, et en particulier de l'anthropologie, dans le renouveau de l’étude de la société grecque.C'est avec les outils du présent que lliistorien analyse les représentations du passé.Quand on passe en revue ceux qui furent ses amis, de l’indianiste Charles Malamoud à [historien lierre Nora, on ne peut qu’admirer la richesse de la discussion au sein de cette école.Vidal-Naquet accueillit le structuralisme avec précaution et ses études sur la tragédie ne sont |>as seulement des analyses littéraires, ce sont de véritables ouvertures vers la vérité des représentations: ce que les mythes nous apprennent des sociétés dont ils émanent.Dans tous ses travaux, cette perspective est la constante la plus essentielle: le croisement de la représentation et de la swiété.Qu'il s’agisse des apories contemporaines de la mémoire, qu'il s'agisse de cette vérité fantasmée des mythes, les questions sont les mêmes: comment traverser le miroir, comment déconstruire?Un homme d’archives Herre Vidal-Naquet, quoi qu’il en dise, hit un homme d’archives, de pièces à conviction: il savait une chose d’instinct, le crime politique est habile à effa cer les traces, et surtout a fabriquer une mémoire qui l'innocente.Tous ceux qui ont suivi les chemins tortueux de la mémoire de la violence en Algérie s» vent comme lui a quel patient travail lliistorien doit consentir jxiur recouvrer une parcelle de la vérité occultée par les bourreaux.Dans les trois volumes consacrés a la mémoire juive H es Juifs, la mémoire et le présent, Points/l c Seuil), on voit les résultats d’an nées acharnées a débusquer les mensonges du négationnisme.Os résultats sont aujourd’hui un appel légué aux historiens qu’il a formés, un iirécieux hétv tage, et ils sont nombreux a l'accueillir: dans l’hommage collectif qu’ils lui rendirent (lierre Vidal-Naquet, VOIR PAGE h 2 VIDAL-NAQUET CHRONIQUES Un livre qui se vend comme des bagels chauds Lekhaim!, qui lève le voile sur le quotidien hassidique, pique la curiosité des Montréalais FRÉDÉRIQUE DOYON La littérature transfigure souvent le quotidien des gens ordinaires.Quand ces gens mènent une vie presque secrete et retranchée du monde.a quelques pâtes de maison de chez soi, ce quotidien ordinaire révélé prend alors une dimension extraordinaire.C’est peut-être ce qui explique le succès spontané de Lekhaim.’, de Malka Zipora.recueil de chroniques de la vie hassidique a Montreal comme l’indique son sous-titre.•On n arrive pas a en garder en libratne, lance Nadine Chevrier de la librairie de quartier L’Ecume des jours, qui attend impatiemment un nouvel arrivage Ça part vite! Ça fait trots ou quatre fois qu 'on en commande et on a des reservations • Les 1100 premiers exemplaires se sont envolés presque aussi vite que les savoureux bagels chauds du quartier ou vit Tauteure, a la jonction du Mile-End et d’OutremonL Si bien que les Editions du Passage en ont fait réimprimer 1Q00 autres.Le livre est -temporairement manquant- chez le distributeur Prologue.indique le site Internet -jusqu ’à la mi-août-, précise la relationniste Judith Landry.Quelques exemplaires garnissent encore les rayons du Re-naud-Bray de la rue Laurier, qui a écoulé plus du tiers des quelque 900 exemplaires vendus dans tout le reseau, dont certaines succursales ont de nouvelles commandes.•C’est vrai qu 'il se vend bien, mais ce n'est tout de même pas du Marie laberge'-, s'empresse de nuancer Marie-Christine Lévesque, des Editions du Passage.qui estime avoir écoulé environ 2000 exem- plaires.sous toutes réserves puisque les chiffres officiels des ventes (et des retours?ne vint pas encore disponibles.-Four quelqu’un dinconnu, c'est quand même très bien-, ajoute-t-elle, viulignant que l'ouvrage figure au palmarès de l'empire Renaud-Bray depuis sa parution.Même relatif et local, k succès demeure, quand on sait qu'au Québec vendre 1000 exemplaires suffit amplement a sortir de l'anonymat.Téléphonite et autres maux universels Malka Zipora, mere d’une famifle très nombreuse, tient ses chroniques depuis quelques années dam un magazine de sa communauté juive leur trouvant une valeur CTikurefle inestimable, une étudiante au doctorat VOIR PAGE fc 2 LEKHAIM M l S SM XMtAXI» LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 AOÛT 2 0 0 6 E 2 Livres ^ Littérature extrême Louis Hantelin CB est un truc.Vous prenez n’im-* porte quoi, un mode de locomotion, un sport, un objet (disons un gros tube gonflable tout bariolé), vous y ajoutez quelques gogosses inutiles et le mot «extrême» au bout et le tour est joué: vous êtes assurés d’attraper votre quota de jobards appartenant à cette génération qui n’a jamais posé les yeux sur une paire de raquettes en vraie babiche.Le philonéisme (l’amour du nouveau) règne en maitre et l'économiste, le publicitaire, le fabricant, le gérant des ventes, la compagnie de crédit, le propriétaire du magasin: tout le monde est content Mes plaisirs extrêmes à moi sont d’une nature plus modeste.Je déboule le long d’un sentier semé de crevasses, de ruisseaux, de trappes de sable et de cailloux veinés de filons de métal précieux sur mon Bigfoot de Norco qui mange des coups depuis quinze ans.Je soulève une double gerbe en fonçant cahin-caha au milieu de l’étang à castor, rélrograde et mouline jusqu'au sommet de la longue côte à pic qui vient ensuite, dévale le sentier qui mène à la rivière en dérapant dans les ornières au milieu d’une explosion de perdrix, me dresse sur les pédales et bondit par-dessus les entrelacs de racines, m’arrête, reprend mon souffle assis sur une bûche dans le silence du petit lac de tête, puis repart.Revenu à l’auto, je lixe mon vélo au support arrière, débordant de ce même amour qui emplit le cœur de l’homme de chevaux quand, avec des petites tapes sur la croupe, il encourage sa monture à réintégrer le van.Je m’arrête au lac suivant.Petit plongeon.11 peut être six heures du soir et le soleil est encore haut.On est le premier dimanche des grandes vacances de la construction, à la fin de l’après-midi.Incroyable: j’ai devant moi huit kilomètres d’eau douce et le seul signe de présence humaine en vue est une minuscule voile à l’horizon.La brise qui gondole l’eau et vient balayer le rivage chasse la canicule et quelques moustiques.Je déplie ma chaise, pêche une canette frigorifiée au fond de la glacière portative où se trouve aussi ma bouteille d’eau de source et un sandwich au jambon ou à la dinde, et enfin, suprême ré-compense: de mon fidèle petit sac a dos rouge, je sors un livre.Ce bon vieux Torn Cora-ghessan Boyle, T.C.pour les intimes.Dont, il va sans dire, je fais partie.Plus tard, une libellule viendra se reposer sur ma main.Concept révolutionnaire Si j’étais, disons, un spécialiste du marke- ting parti à la recherche de ce Saint-Graal du monde littéraire qu’est un lectorat jeune et pétant de santé, si cette quête m'amenait, sait-on jamais, à travailler au développement d’un concept révolutionnaire de littérature extrême (oui), alors le premier titre à figurer sur ma liste des œuvres fondatrices (genre précurseur, style) serait 25 histoires bizarres.Par extrême, je n’entends pas ici une qualité qui pourrait se rapporter au style pratiqué par l’auteur ou a la nature des images proposées.C’est que, en ce domaine, du marquis de Sade à American Psycho en passant par l’ami Burroughs, le choix est déjà vaste.Je pense plutôt à un extrême des situations comme il y a un comique de situation.Jugez-en donc: un homme qui s’est retiré dans une cabane au fond des bois pour recharger ses batteries finit par s’apercevoir que, pendant qu’il faisait le plein d’air pur et de bonne prose sur sa montagne, un mutant du virus Ebola doté d'une virulence fulgurante s’est trouvé à dévaster 95 % de la population mondiale; un homme de quarante ans devient voyeur pour les beaux yeux d’une voisine nymphette dont l’intimité est du domaine public sur Internet.Normal tout ça?Bon, d’accord.Alors on continue: un expert en marketing américain (tiens, tiens.) est engagé par un ayatollah et chef terroriste qui souhaite redorer son blason aux yeux du public; un miracle irlandais (une statue de la Vierge qui bouge un bras et tend la main) se produit.pour vrai; des spécialistes de la lutte antivermine ressortent leurs vieux bidons de D.D.T des boules à mites et provoquent un désastre à Borneo; le maître-queux du commandant Cousteau déclenche une mutinerie sur le Calypso', la météo faisant des siennes, une pluie de sang (au sens littéral) s’abat sur une commune où s’entassent des hippies; le champion toutes catégories des compétitions de gavage (considérées comme un sport aux Etats-Unis) triomphe au quatorzième round de l'ultime affrontement (harengs au raifort, tourte de patates douces arrosée de sirop de caramel et de pralines, saucisses du Texas et leur sauce à la diable, gruau) grâce à sa mère; un politicien en mal de promesses décide de mettre une nouvelle lune sur orbite et fait éclater une gigantesque orgie à la surface du globe.Etc.Apocalypse et parodie constituent les deux mamelles de ces histoires limites.Tout comme le Douglas Glover du Voyage en Nouvelle-France de l'abbé Pommier, Boyle prend un malin plaisir à lancer ses petits avions de papier sur ce genre littéraire en apparence révolu qu'est le récit d’explorateur, et il marche, ce faisant, sur les traces de Rabelais, premier à s’approprier les voyages de Cartier pour en faire de la pâte de roman, Rabelais dont notre Torn Cora-ghessan possède d’ailleurs, à bien y penser, l'humour volontiers truculent et la verve carnavalesque qui se promène entre langue savante et patois.Côté parodie, le superbe pastiche intitulé Génération beat vaut à lui seul le détour, a la fois clin d’œil nostalgique, farce grossière et critique vitriolique d’une époque et d’un mythe.Beaucoup moins réussi est le transparent calque de Kafka, où Boyle, adaptateur consciencieux, a remplacé le château praguois par une pfionstrueuse station-service autoroutière.A la décharge de l’auteur, ce texte qui reste étroitement collé à son modèle date de 1978, une œuvre de jeunesse, donc, demeurée, comme les deux tiers des nouvelles rassemblées dans ce recueil, inédite en français.Côté apocalypse, maintenant: Après le fléau, comme son titre l’indique, compose mine de rien, à partir d’un sujet mille fois rebattu, une stimulante méditation qui ne demande qu’à se transformer en exercice d’imagination à l’usage de chacun: «[.] c'est fini, vous n’avez plus de travail, [.] plus de loyer à payer, plus de factures de gaz et d’électricité à régler, plus de traites sur votre voiture, vous ne devez plus vous rappeler l’anniversaire de votre mère.C’est fini.Vous ne comprenez pas?» Et vous, que feriez-vous?Dans cette nouvelle, la disparition quasi totale de l’humain comme source de malfaisance, en plus de procurer une grande liberté à l’auteur et à ses personnages, produit d’heureux résultats pour la littérature et pour la planète: «Nous vîmes des cerfs qui broutaient dans les jardins privés et même un magnifique puma au pelage brun qui circulait à contresens.» Nous sommes en banlieue de LA, ne l’oublions pas.Et c’est sans doute pourquoi, seule fausse note à cette réjouissante interrogation sur notre besoin de l'Autre, le kid de Santa Barbara ne peut s’empêcher de donner à son récit survivaliste un happy end vaguement hollywoodien qui arrive comme un cheveu sur la soupe primitive.Mais l'humour un peu trash et post-psychédélique sur les bords qui imprègne pratiquement chaque phrase sortie du cerveau de ce décapant observateur de la vie américaine fait qu'on se sent prêt à lui pardonner pareils dérapages.Il y a parfois, chez cet enfant sauvage nourri de toutes les absurdités de la société qui l’entoure, une note qui semble empruntée à la clarinette de Woody Allen, comme dans Enfer vert «Le pilote nous informe de la situation: nous sommes tombés au cœur du bassin amazonien, à des centaines, peut-être à des milliers de kilomètres de la plus proche salle de bain.» Autrement dit: du tourisme extrême.Collaborateur du Devoir 25 HISTOIRES BIZARRES T.C.Boyle Traduit de l’américain par Robert Pépin, Jef Tombeur, André Zavriew Grasset Paris, 2006,408 pages DES ARTS v DU 3 AOUT AU 12 AOUT LA DANSE ! KYLIÂN LE GRAND PROJET KUDELKA JEUNE BALLET DU QUÉBEC o., LA MUSIQUE ! ROBERT MARIEN MONTREAL JUBILATION GOSPEL CHOIR QUATUOR ALCAN BILLETS ! TICKETS / INFO : 450-227-9935 ou www.artssaintsauveur.com m • ^ 1*1 P«tnmo«w C-an*cltan cwwHvr >«wnour ne plus voir la face du gros boutonneux qui n’en finit plus de montrer son pouce à tout le monde pour indiquer qu’il prend son pied, on se penche un peu, et le tour est joué.On g,mie toujours un œil sur l'horizon, mais on peut si1 [x-rmettre d’admirer le paysage, en bas: les autos qui ressemblent à des jouets, sur la route 132, les e;v nards qui passent en dessous de nous (en dessous!), ce paquebot blanc qui se diiige vers rÈùrope, et ce canot minuscule, tellement (x'tit qu’on a du mal à le voir.Peut-être que c’est vraiment organise par la pastorale, après tout.On nous a sortis de l’enfer de la polyvalente pour nous amener tout droit au paradis.Le ciel est bleu, sms le moindre nuage, l’air est pur, on si1 sent léger, tout léger.11 n’y a pis une drogue qui vaut ça! VVow! I homme assis dans le canot s'ap l*ille Michel, il a soixante-deux ans, il vient tout juste de prendre si retraite de l'enseignement et il n’en re vient tout simplement pas de la chance qu’on lui offri1.Tout ce que se bilan d’un homme férocement libre, enfant terrible et un peu amer de la science contemporaine.Collaborateur du Devoir LE FEU D’HÉRACLITE Scènes d’une vie DEVANT LA NATURE Erwin Chargaff Traduit de l’allemand par Chantal Philippe Éditions Viviane Hamy Paris, 2006,344 pages Louis Cornellier LH homme est-il natu-* Tellement égoïste ou altruiste?Et si la première option est vraie, d’où vient alors le souci du bien commun?Ces grandes questions sont au cœur de La Soif des entreprises, un essai décoiffant de l’ex-journaliste et éthicien canadien-anglais Wade Rowland contre le capitalisme d’entreprise.Selon Rowland, le paradoxe du monde actuel se résume ainsi: «Compte tenu que le bien et le mal existent réellement et qu’il ne s’agit pas uniquement de distinctions sémantiques, et que nous, humains, disposons d’un instinct ou d’une impulsion morale qui nous permet non seulement de distinguer ces deux oppositions, mais nous pousse vers le bien, nous consentons malgré tout à ce que nos vies soient gouvernées chaque jour par des institutions qui reflètent la vision que la moralité est relative et que les humains sont égocentriques de naissance.Malgré nos certitudes quant à notre essence morale, nous acquiesçons à une idéologie de marché et de l’entreprise qui la nie.» En termes simples, donc, l’homme naît bon, mais le capitalisme d’entreprise le corrompt, et nous accueillons cette perversion de notre nature humaine avec fatalité.Conunent expliquer ce paradoxe?Rowland en attribue la paternité au rationalisme moderne.Hobbes, Descartes et Galilée, explique-t-il, marquent le coup d’envoi de cette révolution dans le monde des idées.Après eux, on ne croit plus à «la bienfaisance de la nature» et on place sa «confiance dans les compétences humaines à comprendre et à manipuler» cette nature.Plus encore, avec Hobbes et Bernard Mandeville se répand la thèse selon laquelle l'homme est essentiellement égoïste, cupide et doit, pour cette raison, avoir recours aux institutions sociales pour empêcher la des- 8 U ¦C C w g £ (0 » E v « ¦p ° y =n -o n ‘2 s 3 2 œ u o e O' o = 5 O x “I U > ¦ = s V _ Oil 3 E V V •U 3 Si c 3 o 5 5 E' 3 «J s s e 1 e 8 IJ IN g 6 CO O cn ç t: £ * 2 en ?5 Curieux dimanches truction de l’espèce et assurer son progrès.Mâtinée de béhaviorisme, cette vision des choses aboutit au projet suivant «L’imagination humaine, de concert avec les pouvoirs illimités de la raison, pouvait et devait concevoir des technologies qui compléteraient la loi naturelle en rationalisant le processus évolutionniste, en corrigeant ses erreurs et ses inefficacités.» Adam Smith, le père de l’économie libérale moderne, serait en quelque sorte le continuateur de cette révolution philosophique qui consiste à «trouver des moyens d’utiliser Tordre naturel des choses pour créer un monde meilleur».«Ses théories, écrit Rowland, constituent rien de moins que la genèse d’un programme ambitieux visant à synthétiser le comportement moral, à supplanter le sens moral, peu fiable, sinon complètement fictif du point de vue rationaliste, au moyen des procédés autonomes et autorégulateurs inclus au sein des institutions.» On connaît le résultat, c’est-à-dire cette théorie qui transforme le vice en vertu en faisant de l’intérêt personnel le moteur du progrès collectif, de l’égoïsme, le garant du bien commun.C’est toute cette ingénierie que conteste Rowland sur la base du constat que, depuis sa mise en œuvre, le progrès est peut-être en marche, mais il s’accompagne de désastres environnementaux et d’un mépris pour la justice et l’équité: «L’alchimie du marché devait s’accomplir et transformer l’avidité de l’entreprise en bien-être commun, mais quelque part le long du chemin qui nous a menés jusqu’ici, les entreprises ont pris le dessus et le pouvoir.» Où est l’erreur?Pour Rowland, elle se trouve dans les fondements mêmes de la réflexion qui a présidé à la victoire philosophique de l’économie de marché.Ainsi, il est faux, selon lui, d’affirmer que l’homme est naturellement égoïste.Il serait plutôt, écrit-il en s’appuyant sur Chomsky, instinctivement moral et ferait preuve d’un «intérêt inné envers les autres».Aussi, l’hypothèse qu’il appelle «rationaliste» et qui consiste à faire de l’économie de marché une ruse de la raison canalisant l’avidité humaine vers le bien commun fait fausse route et finit par imposer les comportements cupides qu’elle présume naturels.«Les actions contraires à l'éthique, écrit-il, sont ainsi exécutées à l’encontre de la nature de l’intuition morale individuelle, généralement pour des raisons institutionnelles: les instincts humains favorisent le comportement moral, mais les institutions et les structures sociales nous poussent parfois à adopter un comportement inhumain.Si nous modifions les institutions.L’homme naît bon, mais le capitalisme d’entreprise le corrompt, et nous accueillons cette perversion de notre nature humaine avec fatalité nous permettrons aux instincts moraux humains fondamentaux de prévaloir.» Rowland tient toutefois à préciser que ce qu’il attaque de front, ce n’est pas tout le capitalisme ni le capitalisme de marché en tant que tels, qui peuvent laisser une place importante au facteur humain, donc moral, mais le capitalisme d’entreprise, la société par actions, la grosse compagnie qui «est l’instrument utilitariste et rationaliste idéal, l’incarnation parfaite de la raison économique».Le statut de personne physique accordé à l’entreprise lui semble inconcevable, inacceptable, puisque la structure même de celle-ci, en fractionnant le principe de responsabilité entre tous ses acteurs (gestionnaires, actionnaires, employés), annihile la fonction d’auteur.Tout entière tournée vers l’obsession du profit, l’entreprise incarne l’avidité à l’état pur au détriment du bien commun, et celui qui, dans ses rangs, s'avise de la rappeler à son devoir moral en est aussitôt expulsé.C’est en ce sens que, pour Rowland, la grosse entreprise, la compagnie par actions, est l’incarnation parfaite d'une sorte d'antihumanisme.Faut-il, alors, l’abolir?Non, mais la réglementer sévèrement et lui interdire toute participation à «des aspects de la vie humaine qui n’ont rien à voir avec le profit», comme le processus démocratique, l’éducation, la santé, la justice, les services sociaux et les médias d’information.On pourra, bien sûr, contester la thèse de Rowland selon laquelle l’impulsion morale relève de l’instinct.A ce sujet, d’ailleurs, je ne peux que renvoyer au brillant échange entre André Comte-Sponville et Luc Ferry dans le chapitre 2 de La Sagesse des modernes.Comme Ferry, en effet, je crois que l’impulsion morale, en dernier ressort, ne relève ni de l’instinct ni des institutions comme telles, mais d'une liberté surnaturelle ou transcendantale.Il faudra au moins reconnaître l'originalité de l'essai de Rowland et le plaisir de lecture qu’il procure grâce à une méthode d’argumentation souvent qualifiée d’américaine et ainsi résumée par Jean-François Revel: «Chez un Français, il y a neuf phrases générales et un exemple concret; chez un Américain [ou un Canadien anglais], neuf exemples concrets pour une généralité.» louiscomellierfii parroinfo.net U SOIF DES ENTREPRISES Wade Rowland Traduit par Julie Lavallée Hurtubise/HMH Montréal.2006,336 pages Exposition de groupe GALERIE SIMON BLAIS 5420, bout Saint-Laurent (nord de Fairmount), total 100, Montréal (Québec) H2T 1S1 www.galeriesifno«iblais.coin (SI4) 849.1165 Horaire d'été : Du mercredi au samedi de llh à 17h FONDATION PRÉSENTE LES JARDINS DU PRÉCAMBRIEN • ( Jh rfcJLW*-* PWü UrwüaWi Owv* M {# »•*«#* f W* SENTIERS D'ART • PERFORMANCES CONFÉRENCES • RÉCITALS INAUGURATION OFFICIELLE LE S AOÛT À 14 H en présence du Consul Général du Mexique à Montréal, M.Manuel Casio À VAL-DAVID du S août au 24 septembre 2006 OUVERT les SAMEDIS et DIMANCHES de 10 h à 18 h 30 août : Québec 21 sept.: Sherbrooke La chapelle d’Oeas Leduc 15 oct.: Granby wwwJMtMauxdw4oun.com (514) 352-3621 En caWwcWon «ec Oi* Voyages 9c* wwwfonHationdcrouin.com LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET D 1 M A N C 11 E »i A O 0 T 2 O O 6 k r> E VISU De nouveaux espaces pour la Fondation Derouin MmMÊ .'V SOI Kl I Tl I I OU HI l Aux jardins du Précambrien, une exposition à caractère rétrospectif explore l’une des grandes sources d’inspiration des oeuvres de René Derouin: cette relation fertile entretenue depuis près de 50 ans entre la terre, la culture et l’art du Mexique.SYMPOSIUM INTERNATIONAL D’ART IN SITU DE VAL-DAVID Du 5 août au 24 septembre Fondation Derouin 1303, montée Gagnon, Val-David.= 819 322-7167.RENÉ VIA U Val-David — Lieu inclassable et un peu magique, les jardins du Précambrien ouvrent aujourd'hui de nouveau leurs portes.Ici, entre ces haltes que sont les environnements sonores ou ces aires dédiées à la lecture de poètes québécois tels Gaston Miron, Hélène Dorion ou Claude Beausoleil, les créations in situ d'une douzaine d’artistes pourraient se confondre à la végétation de ces sous-bois de résineux, de fougères et de mousses.Arpentant les sentiers bordés d'imposants rochers précambriens qui serpentent cette «forêt d'artistes», le visiteur refera cet été le même parcours que l'an dernier, placé sur le thème de l'Amérique baroque.Là encore, plusieurs événements et animations vont jalonner cet été ces sentiers guidés.Et une exposition à caractère rétrospectif y explore l'une des grandes sources d’inspiration — avec le territoire et sa géologie — des œuvres de René Derouin: cette relation fertile entretenue depuis près de 50 ans entre la terre, la culture et l’art du Mexique.Ce qu'il y a de nouveau demeure toutefois moins visible.Après onze années d’existence, les orientations de la Fondation Derouin, du Symposium biennal d’art in situ et des jardins du Précambrien viennent d’être précisées par un plan de développement.Dès 2008, un espace d’accueil englobant une salle de conférence et d’exposition pour les symposiums d'été sera construit par l’architecte Pierre Thibault.La relation au site et à la végétation sera particulièrement étudiée, tant le projet se veut un signal traduisant par son architecture ces idées d'intégration à la nature et d’éveil à la conscience environnementale prônées par la Fondation Derouin.Création dans l’inspiration et le respect du cadre naturel.Ouverture à d’autres horizons, surtout Nord-Sud.Enracinement à un lieu et à une collectivité.Animation du public.Ces lignes de force ont porté leurs fruits.Si la fondation existe depuis 1995, ses activités demeuraient toutefois toujours aléatoires, car hors normes et cadrant mal avec les exigences administratives de certains organismes subventionnaires.Ce forum qu’est devenu au fil des ans le symposium est aujourd’hui heureusement conforté par une entente toute récente de partenariat signée pour 2006, 2007 et 2008.Sous l’égide de la municipalité de Val-David, des «sentiers d’art d’hiver» destinés au ski de fond et à la raquette seront ouverts et entretenus à même les jardins du Précambrien tandis que Val-David et le CALQ contribueront chacun un montant annuel de 25 000 $ au budget de la fondation, dont les recettes proviennent également de la billetterie.Consacré à la fois à l’art, à la nature et aux activités de plein air, ce lieu original a attiré l’été dernier plus de 12 000 visiteurs.I,a fondation recevra également un soutien du Centre local de développement des Laurentides (CED).Les jardins du Précambrien et les symposiums internationaux deviendront deux identités différentes.René Derouin retrouvera, avec la construction de l’espace multifonctionnel de Pier re Thibault, l'usage de son ancien atelier et d’une partie de sa maison mis depuis tout ce temps à la disposition de l'évènement qu'il parraine.Entre tortilla et sirop d’érable c et été, le circuit s’amorce avec /.osie.musique contemporaine, géologie, écologie et geographies dialoguent.Ces espaces forestiers veulent nous amener vers autre chose.De telles rencontres ont également façonne lunivers plastique de René Derouin.1955.Des esquisses de Derouin à la sanguine montrent le peuple des rues, des femmes nattées aux pommettes saillantes, des jeunes lilies assises au zocallo.Elles témoignent du choc de ce premier voyage Trente ans plus tard, le 19 septembre 1985, Derouin débarque à Mexico à peu près au même moment ou un tremblement de terre frappe la ville.11 dessine pour conjurer la mort, omniprésente.Sismique, tourmenté, le résultat est la série Terromoto, que l’on [tout voir exposée.Visions de cauchemar ou de rêve?Cette terre de volcans, de cataclysmes, se fait aussi profusion, miracle et paradis onirique, comme le clament les bois reliefs polychromes inspirés des décors baroques de l'église de Tonantzintia qui composent la sérié Hetwetn-Paraiso (1997).Entretemps, «el seftor Derouin», animé peut-être d'un souille puisé aux muralistcs mexicains, n’en perd |>as moins le nord.Il dessine et grave, tous azimuts, des œuvres de grands formats qui ont connue titre Taïga, Suitr nordique.Migrations, Nouveau Québec.Collaborateur du Devoir www.collectif-spontane.com :emDon •wr Myriam Banjoul François-X Qwnberland Liz Davidson Jean Gaudet Daniel Haché OU.Jean-Guy Robert James Teuscher 5 AOÛT-20 AOÛT I0li.-I7h.jeudi-dimanche art-JONCTiON 1057, ch.Vallée, (rte.215) Sutton Junction, Sutton, Qc www.art-Jonction.org PETRA LA CITÉ PERDUE NE MANQUEZ PAS L'ÉVÈNEMENT ROC DE L’ANNÉE! Péfra, une cité taillée à même le roc du désert de Jordanie, vous révèle ses secrets.Découvrez une des grandes métropoles de l’Antiquité et admirez toute la richesse de son architecture, de son art et de son génie technique.\ Tarif adulte : 15 $ (inclut les droits d'entrée au Musée) r CBC Tfr Radio-Canada MUSEE CANADIEN DES CIVIIISAT10NS & C\NAIMAN MllSHIM or Civil i/atiox NOTRE MONDE NE SERA PLUS JAMAIS LE MÊME Lia y 2 superbes expos 2 grands musées 2 bonnes raisons de visiter la région d'Ottawa-Gatineau! LE dHOC niv'lMriRLS LA GUtftftf QU! EONOA U CANADA J7*4 I74Î L’EXPOSITION DE L’ÉTÉ Il y a plus de /’Mans, français Bntannii|ii«s et Premiers Peuples s altrontatenl dai s une hit! tmloripue pour l'Amérique du Nord Ce cntiffit la guerre de Sept Ans est considéré comim la premiere • guerre mondiale • Rwnrer la guei qui détermina le sort du Canada M- Musée canadien des civilisations 100, rue Laurter, Satineari • 819 776-7000 • «w MUsMon ca/ctteoerdue ( rrrAWA Ttizkn CanadS Musée canadien de la guerre t, place tfimy, Ottawa • 819 776-8600 • www rmrseeUeiaçyerri ca/cfcoc 10 JUIN - 1" OCTOBRE 2006 - SHAWINIGAN 1 SHAWINIGAN «fefS#: Ou uh la LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 AOÛT 2 0 0 6 E (i ?Le moulin naufragé PHOTO LOUISE BILODEAU 'Y*-**- Odile Tremblay Allons-y d’une triste histoire patrimoniale.Une de plus.Les beaux bâtiments historiques qui s’écroulent dans l’indifférence générale font rarement les manchettes chez nous.A chacun d’aligner ses petits exemples crève-cœur: ruines trouvées au détour d’un chemin après le long règne du lieu de mémoire qui vous titille encore le souvenir.D’où le rêve fou qu’un bon Samaritain bourré de fric tire la construction moribonde de son grabat et de ses gravats, que le gouvernement restaure ses derniers vestiges, que la population refuse de laisser ces vieux murs s’abîmer sans combattre.Ça n’a pas de bon sens, voyons donc! Hélas! Je me suis cogné le nez durant mes vacances à une de ces reliques en perdition: le moulin à scie Bouchard.Vraie institution rurale 4e l’arrière-pays de Charlevoix.Erigé en 1889, à ce qu’on dit.Bien des Québécois le connaissent sans avoir jamais emprunté le rang Saint-Pierre de Saint-Irénée.11 avait tenu son propre rôle dans la série Le Temps d’une paix, en entreprise de survivance repêchée par l’équipe du téléroman comme témoin d’une époque révolue.Ça faisait bien dix ans que je n’y avais pas mis les pieds.Au carrefour des villages, on allait le voir jadis accroché à son flanc de riviere, beau bâtiment de bois sur sa base de pierres des champs, actionné par une roue à eau, sciant ce qu’il avait à scier: planches et bardeaux.Fière allure, avec ça.«Il marche encore, je vous assure», avais-je déclaré d’un ton péremptoire avant d’entraîner mon monde sur la route de terre qui y mène.En tout cas, il marchait encore il n’y a pas si longtemps.A quelques mètres du but de la balade, un vieux monsieur charmant aux yeux brillants, dans son ancienne forge transformée en atelier de menuiserie, lâcha son marteau à notre arrivée.— On vient voir le moulin.— Fermé.Monsieur Lajoie, il nous dit son nom, en était encore tout chose.«C’est ben triste», commenta notre homme avec des trémolos dans la voix.Sept ans qu’il n’a pas scié, le moulin Bouchard.L’histoire classique d’une fin de règne: celui du meunier âgé qui trépasse.Voilà la veuve aux prises avec une entreprise familiale désuète et des enfants partis creuser leur sillon ailleurs.En mal de réparations majeures, qu’il était en plus, ce moulin.Faute d’un riche mécène pour le soutenir, ce fut le naufrage.«Il appartenait au mari de ma Le moulin naufragé sœur, précisa le monsieur J’y ai travaillé autrefois.Ça fend le cœur de le voir comme ça.» Alors, on s’est aventurés dans le bâtiment à nos risques et périls, tellement ça branlait et tellement le bois pourri menaçait de nous aspirer le pied.Mais la roue à au-gets faisait encore cinq mètres de diamètre.Tout était resté au poste, jusqu’aux brins de scie abandonnés.la rivière filait toujours en cascade.De meunier, point.Un grand silence.Ça se dégrade vite.un moulin humide.Une pitié! Monsieur Lajoie nous a invités chez lui pour parler du moulin et du temps passé, pas si révolu que ça dans son quotidien — il recueille encore l’eau de Pâques.Faut dire que la modernité avance moins vite dans l’arrière-pays que sur la côte.Pas d’essaim de touristes pour forcer les granges à se convertir en boutiques de bé-belles.Le décor y reste longtemps immuable, tout en se lézardant lentement sous la pluie et la neige.Rien de plus poétique que les bribes de passé rescapées de notre époque préfabriquée.Ces bâtiments-là sont comme des pages d’histoire arrachées a un livre perdu.Encore déchiffrables, mais pour combien de temps?On emprunte le chemin du moulin en passant par Saint-Irénée qu par le rang Sainte-Marie des Eboulements.C’est selon.D’un côté comme de l’autre, la route est balisée de croix de chemin en bois, autres épaves du passé, avec parfois des instruments de la passion accrochés dessus: lance, échelle, marteau, clous, couronne d’épine, coq du reniement, etc.11 en existerait entre 2500 et 3000 sur le territoire du Québec, de vieille tradition bretonne surtout, construites par des gens du coin en général, pour borner les routes, commémorer un drame, ou par simple piété ancestrale.Nombreuses dans l’arrière-pays de Charlevoix, mais plus ou moins bien conservées, leur bois pourrit sous les intempéries, leurs couleurs délavées.De la plage au moulin abandonné, on a suivi la route de ces croix de chemin.—l ’as vu celle-là, avec la couronne d’épine au milieu?Va-t-elle rester debout bien longtemps?— Voir! L’une d’entre elles, particulièrement élégante, surplombe la côte des Eboulements.Mais elle règne déjà en territoire fréquenté, où l’afflux touristique engendre un souci de protection du patrimoine.Dans leurs coins plus sauvages, ses consœurs semblent en sursis.Friables.Menacées.On est retournés à Montréal en faisant nos adieux aux moulins et aux croix de chemin.Au royaume du smog et du béton, pourtant, c’est bien pour dire.Hallucination?Même pas.Rue Jean-Talon, dans un des coins les plus dépersonnalisés de la métropole, entre un concessionnaire automobile et trois pancartes industrielles, trônait une magnifique croix de chemin rouge et blanche avec un coq sur sa cime.Toute proprette, bien entretenue, astiquée, repeinte par ses propriétaires avec amour.Si insolite dans son environnement urbain, plantée là avec son petit écriteau indiquant sa date de naissance au début du XX' siècle.Fière perte.Et pas pressée de lever les pattes.Comme quoi il n’y a pas que des amnésiques partout, mais parfois des gens qui bichonnent leur petit lopin de patrimoine jusque sur Jean-Talon.J’ignore qui sont ces passeurs de mémoire, mais ils m’ont donné une bouffée d’espoir pour le moulin amoché du Temps d’une paix, à tant de kilomètres de Montréal.Peut-être des forces neuves vont-elles se lever pour empêcher d’autres racines de pourrir?Un vœu, formulé comme ça, pour permettre aux passants de l’avenir de s’écrier à leur tour — T’as vu la croix?T’as vu le moulin?Paraît qu’autrefois.Ah oui! Paraît aussi que notre devise est «Je me souviens».otreni blay'à lede vo ir.com MUSIQUE CLASSIQUE Le miracle Pogorelich CHRISTOPHE H U SS En publiant un DVD regroupant la moitié des enregistrements filmés dTvo Pogorelich, Deutsche Grammophon ranime la flamme d’un pianiste devenu fort discret depuis déjà plus de dix mis.Le Carlos Kleiber du piano est un artiste hors normes, et ce DV1 >, une aubaine pour s’en souvenir.Ivo Pogorelich ne laisse personne indifférent.«Ivo Pogorelich est un génie», clame Martha Argerich en 1980, en claquant la porte du jury du concours Chopin qui vient de l’évincer.«C'est indécent, c'est indécent!», glapit, comme un phoque qui vient de perdre sa banquise, un directeur de maison de disques à l’issue d’un concert parisien qui laissait bien d’autres spectateurs sonnés.C’est un peu comme si, au sortir d'un spectacle de Fabrice Luchini, on entendait s’écrier: mais c’est obscène, tous ces mots, et puis ce type-là, en plus il les répète.Ir parallèle vaut ce qu’il vaut.Mais s’il y a un miracle Luchini, celui d’un être aussi visiblement tortillé qui parvient à tout exorciser sur scène en un cérémonial unique, il n’y a plus de miracle Pogorelich.Après les ravages de la guerre des Balkans, qui l’ont directement et personnellement affecté, après la mort en 1996, de sa femme, Ivo Pogorelich a été sonné, paralysé.11 y eut alors ces rares concerts, où, au détour de la 5' Polonaise ou de la 3' Sonate de Chopin, d’une pièce d’Albéniz, on sentait toute la douleur du monde.Non.ce n’était pas de l’indécence, c’était un appel, un cri.On l’a dit malade.Des rhumatismes articulaires.Il s’est senti guéri à Bad Würishofen, en Allemagne.Il y a même créé un festival en reconnaissance de cette station thermale qui applique les préceptes du docteur Kneipp — qui, en fait, était plus prêtre que médecin.Il s’engage aussi dans les minées 90 en faveur de la construction d’un hôpital à Sarajt-vo, puis de la reconstruction de monuments historiques en Croatie, lui l’enfant du bourreau (Serbe par sa mère) et de la victime (Croate par son père).Exorciser, encore et toujours.lé piano, décidément, ne suffit plus.Son dernier disque, les scherzos de Chopin, remonte à dix ;ms.Une période glorieuse Ivo Pogorelich.né en 1958, commence le piano à Tâge de sept ans dims son pays natal, la Yougoslavie.Doué, il pmi ixmr Moscou à l’âge de douze mis.Il étudie avec-divers professeurs («perte de temps», dira-t-il) avmit de rencon- trer, à l’âge de quinze ans, Alice Kezeradze, une élève de Siloti, l’un des plus fameux élèves de Liszt.Elle est mère de famille et affiche d’évidence quelques années de plus que lui.Il l’épousera néanmoins en 1980.Un rare mais fascinant documentaire nous montra un jour le couple travaillant Gaspard de la nuit de Ravel.Etonnant exercice de voir en Pogorelich non pas l’artiste absolu, mais «l’instrument digital» du cerveau musical de son épouse.Si le pianiste n’a plus rien enregistré depuis la mort d’Alice, est-ce vraiment un hasard?le parallèle avec Carlos Kleiber, qui ne se défit jamais de l’emprise de son père Erich, est-il si osé?Comme Luchini, qui semble faire résonner plus que les mots, Pogorelich semble tirer davantage des notes imprimées.C’est pour cela que sa patience infinie lui permet de travailler quelques mesures pendant plusieurs heures.Sur le DVD Deutsche Grammophon, on le voit jouer les Suites anglaises n ' 2 et 3 de Bach, dans un film réalisé un an après l’enregistrement que je tiens pour le plus grand Bach au clavier de Tltistoire du disque.La poésie, le ciselé du jeu, la tèr-meté de chaque attaque: tout y est hors du commun, un travail phéno- ménal et une vision qu’il réitère dans six sonates de Scarlatti.Le programme est complété par la IT Sonate et la Ij’ttre à Élise de Beethoven.Le tout est filmé, sans public, dans de beaux salons de palais et de châteaux d’Italie et d’Autriche.On dit qu’Ivo Pogorehch va revenir.Il devait entreprendre lors de la saison 2006-07 deux tournées, l’une européenne, l’autre nord-américaine.La première vient d’être annulée.Que restera-t-il de la seconde dans quelques mois?C’est pour cela aussi que le DVD est précieux, même s’il risque de nourrir plus encore d’appréhensions devant le risque de voir cet artiste miraculeux se murer progressivement dans le silence.Collaborateur du Devoir IVO POGOREUCH: RÉCITAL Bach: Suites anglaises n" 2 et 3.Scarlatti: Sonates K 1,20,98, 159,450 et 487.Beethoven: Sonate n° 11, lettre à Élise.Filmé à Vicenza en 1986 et à Eckartsau (Autriche) en 1987.DVD DG 073 4045 Reste à publier en vidéo: les sonates de Chopin, Mozart et Haydn.IVO POGORELICH RECITAI BACH • SCARLATTI • BEETHOVEN BÉDÉ La vie avec deux mains gauches FABIEN DEGLISE Il y a des premières fois qui font meilleure impression que d’autres.Dans un cruchon (Méca- nique générale/Les 400 Coups), du jeune auteur Pascal Girard, en fait partie.brairies au début de l’été, cette bédé en petit format met en scène un certain Monsieur P, qui avance dans la vie avec son côté gauche mais aussi avec une très grande insécurité devant le réel, qui le place, on s’en doute, dans de drôles de positions.Blesse par sa relation passée avec une certaine Madame Oui-non, ce jeune Québécois célibataire bien de son epoque passe son temps à regarder les belles créatures dans la rue ou sur le balcon d’à côte sans oser les approcher.Il porte aussi très bien sa timidité et ses blessures jusqu’au club video du coin, où la location d’un film porno devient pour lui toute une aventure.Trait simple mais pas simpliste, scenario sans prétention mais plein d emotion et découpage efficace.Du haut de son quart de siècle, le jeune bedeiste sague-neen signe ici, avec ces avantages concurrentiels, un premier bouquin qui ne laisse certainement pas indifférent Tout en nuances et en finesse.cette balade dans le monde de ce pauvre Monsieur P.un perdant sympathique insomniaque et maniaque, étonne en effet par sa justesse, mais aussi par la profondeur qui se dégagé de ce récit exprime pourtant sans abus de mots et sans débordements graphiques.Et ce, dans la tradition du roman graphique.sorte de journal de bord illustre plongeant dans la banalité du quotidien et qui trouve très bien sa place dans l’air du temps.Au final, ce tour rapide de cruchon — dans lequel le héros rêve de conserver une belle qui lui semble inaccessible — pourrait donner l’impression qu’un style est en train de poindre à 1 horizon.C’est peut-être le cas.Mais après ce touché remarquable, reste à attendre désormais la transformation.Le Devoir dans un cruchon Pascal Girard Mécanique générale/ Les 400 Coups Montreal, 2006,96 pages t r tscH • r Apparue sur les rayons des li- La 3ième édition du Festival International des Femmes de Montréal 9 AU 13 AOÛT ACCie Littérature, cinéma, hommage, musique, théâtre, ateliers d éenture, arts visuels, discussions et débats Le thème du FESTIVELLES 2006 est "Le féminisme du troisième millénaire". LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE R AO Y T 2 O O 6 i n ^ LE PETIT LIEUTENANT /XAVIER BEAUVOIS Sondages et télé-réalité Comme tout le monde, du cinéaste belge Pierre-Paul Renders, gagnera nos écrans vendredi prochain ODILE TREMBLAY Les cinéphiles gardent en mémoire un film insolite.futuriste, inquiétant et fort réussi intitule Thomas est amoureux.En 2000, le Belge Pierre-Paul Renders livrait à travers lui son premier long métrage, une incursion dans un monde de solitude d'un voyeur, avec amours diverses par écran interposé.Quelque chose de moderne et d’un peu fou aux couleurs saturées.Le voici de retour avec Comme tout le monde, sur un thème parent: vidéo-surveillance, humanité formatée.Tout en rejetant l'étiquette de pessimiste, le jeune cinéaste n’en finit plus de scruter un univers orwellien, au cauchemar uniformisé sous l’œil de Big Brother.Comme tout le monde, qui n’est pas sans rappeler The Truman Show, raconte l’histoire d’un quidam (Khalid Maadour) classé Français moyen par excellence, filmé à son insu par les faiseurs d’images d’un institut de sondage et piégé par une fausse amoureuse et vraie manipulatrice (Caroline Dhavernas) qui pousse la roue du marketing jusque dans son lit.«Par-delà la télé-réalité, je voulais surtout souligner l’importance des sondages, explique Pierre Paul Renders.Le marketing est omniprésent dans notre vie.La dictature de la caméra appartient davantage au champ de l’évidence.Dans la rue, dans les commerces, personne ne s’offusque plus d’être filmé, considérant qu’il s’agit d’une question de sécurité.La télésurveillance se rapproche de la télé-réalité.L’une nourrit l’autre.» En matière d’expérience humaine, le pire des scénarios consiste pour lui à avancer les yeux fermés vers ce que la société nous propose.«L’aveuglement m’angoisse.» La perte d’identité en des cases formatées d’avance est un danger réel, mais il ne veut pas être celui qui dit c’est foutu! «Mon film laisse une ouverture.On a le pou voir de changer les choses.Le héros est une victime dans la première partie du film.Ensuite, (1 se rebelle.» A l’origine de son histoire: la nouvelle d’lsaac Azimov Droit électoral, histoire d’un citoyen-type qui votait à la place d’un peuple entier.Aussi une anecdote: «Mon père avait été considéré chez Citroën com- me un consommateur leader.Il partageait les goûts de la majorité.S'il achetait une voiture, beaucoup de clients faisaient comme lui.alors Citroën lui offrait des avantages, se fiant à ses goûts pour connaitre une tendance.» C’est cet univers de la foutue tendance, sondée sans relâche, du savon à lessive au programme politique, qui fait corps avec le personnage clé, héros du film, plus banal que nature, devenu précieux baromètre social.«Quand même: la prémisse de mon film est assez énorme, estime Pierr^Paul Renders.Cette idee que le citoyen moyen existe bel et bien, les spectateurs l avaient un peu vite.En fait, les sondages constituent une manipulation énorme et tiennent dans nos sociétés une place surréaliste.Dans mon film, le politicien [joué par Thierry Lhermitte] n’a pas d’opinion propre.Il cherche à se mouler aux résultats des sondages.Ce qui n'est pas loin du réel, bien entendu.On.fait,face à un vrai problème de démocratie, avec des politiciens dépourvus de personnalité propre.» Le cinéaste voit son film comme le miroir d’une ambiguïté fondamentale.Celle de la quête d’originalité versus le besoin de conventionnalisme.«Certains préfèrent être rassurés en suivant le troupeau.D'autres vivent dans l’obsession d’être différents à tout prix.Mais ressembler à tout le monde demeure quelque part un modèle.» Ça prend parfois bien du temps avant de trouver son budget au cinéma.Avec des fonds venus de la Belgique, mais aussi de la France, du Québec, du l-uxembourg et de l’Allemagne, Pierre-Paul Renders a sué sang et eau sur la question financière.L’apport québécois lui a pennis de mettre en scène la Québécoise Caroline Dhaverqas, dont il ne cesse de louer le professionnalisme."À l’audition, elle était meilleure que toutes les actrices un peu connues que j’ai rencontrées.Très subtile et très enthousiaste.» Le réalisateur est conscient de marcher sur le fil du rasoir avec une œuvre non conventionnelle, à la fois comédie romantique et satire sociale.«En France surtout, où mon action se situe, l’industrie ne croyait pas à mon projet.Il faut dire que le marché se radicalise.Soit on fait un film d’auteur, soit on fait une production commerciale.Mais il est de- i vu 11 eu i ukks Pierre-Paul Renders venu difficile de circuler entre les deux.» Le cinéaste belge pense même à abaisser ses budgets dans l’avenir pour pouvoir garder les coudées franches.A Paris.Comme tout le monde est sorti en juin sans promotion en plein Mondial de football.sans faire recettes, le film ne gagnera les écrans belges qu’à l’automne, après détour cet été par le Québec.Elles étaient six THE DESCENT (V.F.: LA DESCENTE) Réal, et scén.: Neil Marshall.Avec Shauna MacDonald, Natalie Mendoza, Alex Reid, Saskia Mulder, Nora-Jane Noone, Myan-na Buring, Image: Sam McCurdy.Mont.: Jon Harris.Mus.: David Julyan.Royaume-Uni, 2005, 99 min.ANDRÉ LAVOIE Beaucoup de cinéastes ont ratissé les sentiers escarpés qu’emprunte le réalisateur britan-nique Neil Marshall (Dog Soldiers) dans The Descent.Or jamais celui-ci ne cherche à nous faire croire qu’il n’en sait rien.De plus, trop occupés que nous sommes à détourner le regard, à nous tordre sur notre siège ou à espérer un instant de répit entre deux carnages, ces références deviennent un baume sur notre angoisse de spectateur.On ne pourra reprocher non plus à Marshall d’appliquer une formule quand celleci est utilisée avec tant de virtuosité: un groupe d’amateurs de sensations fortes perdu dans la nature lutte contre des forces étranges, a armes inégales, et finit moins nombreux qu’au départ 11 y a plus d’un film dans The Descent, ou plutôt le scénario est composé de trois blocs distincts.Le climat un peu puéril, du style «les copines d’abord», cède la place aux exploits de sports extrêmes (la spéléologie: claustrophobes s’abstenir) pour se conclure dans un bain de sang et de chair plus ou moins fraiche.Et ce sont les filles, dignes héritières de Ripley (dansA/icH, de Ridley Scott, transformant les monstres en bouillie pour les chats) et de Carrie (comme l’héroïne de Brian De Palma.Tune defies est couverte de sang avec le même raffinement morbide), qui mènent le bal ou plutôt la descente aux enfers.Personne ne sera trompé: il y a ici un soupçon de Délivrance qui ne déplairait pas a John Boorman.Sarah (Shauna MacDonald, d’abord fragile, plus tard féroce) n’a pourtant plus l'âme d'une aventurière.Après un an.elle est toujours sous le choc de la mort de son mari et de sa fille dans un accident de voiture a la suite d'une escapade en rafting avec ses amies Juno (Natalie Mendoza, un jeu athlétique) et Beth (Alex Reid).C’est d'ailleurs Juno qui a eu Fidee de cette balade souterraine avec d'autres compagnes qui ne demandent pas mieux qu'un peu d’aventure.Elles seront servies.Apres l'écroulement d'un corridor, sans carte des lieux.Sarah (qui déjà entendait des vont, se croyant un peu cinglee) découvre qu elles ne sont pas seules.En effet, des creatures a la dent Hydro LoÇ Québec pt»éwé»tc LE FESTIVAL INTERNATIONAL -DU- ’dJ Joha Wiiaratti 23 JUIN AU 26 AOUT 2006 # JEUDI 10 AOUT Ut Concerts Jazz JOHN niZZARElU, guttn #» mm trio 1* rfara* rmstée dit ftnordM VENDREDI 11 AOUT LA MUSIQUE DE CHAMBRE YoboMtao Borkk at OUf PokkaitovOii, onion Fromoii Parorfis ot Karino Iooimm, tèm Matt Naimoviti ot ïloir Latf roa, noionlts Ali Toidantor, rafflriiuM StéfiMM I Knipnoii NMam a WJ thirmii tonftam.I SAMEDI 12 AOUT les Grands Concerts louis loerti, go» (hem éi Uni K Uofmi MARDI 15 AOÛT Us Découvertes PHILIP* JàtOOSSKY, mm EMSIMIU UTASflSt tWiwi à BmK PMHpp* Joraoukr 418-452 3535oo 1 -888 DFORGET (336 7438) vwwr dcxnaineforget.com Québec! 1*1 V StfkSECh -h bien aiguisée (visiblement sorties du Seigneur des anneaux) se préparent à passer à table.Les bouchées seront d'ailleurs de plus en plus difficiles à avaler, pour elles autant que pour nous.Dans son deuxième long métrage, Neil Marshall s’impose déjà comme un petit maître de l’horreur, sachant tout autant ménager ses effets (la partie gore n'occupe que le tiers du film) que maintenir un climat de tension sans charger la dose.Car il suffit d’une pierre qui roule, d’un câble qui fianche ou d’un ca- davre d’animal pour décupler notre plaisir (masochiste) de voir ces jeunes femmes (qui, mis à part Sarah et Juno, ne sont que figures interchangeables) se dé battre dans un labyrinthe de grottes.Ces cavernes inquiétantes sont d'ailleurs conçues avec- soin, loin du carton pâle de la série B.Et l’image granuleuse signée Sam McCurdy rend moins visibles certains détails graphiques, ce qui force notre imagination à un effort que Ton souhaiterait moins important.The Descent, c’est aussi une anomalie, vivifiante, dans le pay sage du cinéma britannique actuel, jadis le royaume incontesté des vampires cl des esprits désaxés, la où triomphaient Christopher Lee et Peter Cushing, anciennes légendes de la Hammer.Qu'un jeune cinéaste anglais semble vouloir ravir la couronne de Wes Craven {Scream), sans vedettes ni grands moyens, voilà qui ne peut que nous réjouir.Et nous donner froid dans le dos.Collaborateur du Devoir SOURCE CHRISTAI.FILMS Dans The Descent, un groupe d'amateurs de sensations fortes perdu dans la nature lutte contre des forces étranges, à armes inégales, et finit moins nombreux qu’au départ. estiva 1 ORFORD 23 juin >¦ 13 août 2006 Plus de 40 concerts! 5 août, 20 h Gala Mozart Attrapez un air d’été! Yannick Nézat -Séguin direction mustcate Le» chanteur* de r Atelier lyrtqu* du Centre d'arts Orford et artlete* Invité* Les musiciens de fOrchestr* Métropolitain du Orand Montréal 12 août, 20 h Morel-Nemish, musique et littérature Présenté par Hydro-Québec Uomlnlqué Morel piano Dougle* Nemteh ;jtono Cari Bêchant narrateur a ÉTk a Supplémentaire é U h 11 août.20 h Les Vents d'Orford, vive la F cancel Présanté par Hydro -Québac Robert Lengevln flûte et autres artietee 13 août, 20 h Six pianos et démesure Présenté per Mydro-Québec Aver Olivier Qodln, Lorraine Prieur, Sandre Murray, f rende Perron, Clair* Oueéet et Marianne Psteneud* Forfait repas concert 49 $ A centre d'erte ORFORD 3165, chemin du Parc, Orford 1800 567-6155 Mtetteneflarts orford org www.arts-orford.org ü; Dkvoih Canada Québec nn LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 AOÛT 2006 E 8 Cl ri om ^ IliVJiiiuj La recette au goût fade Petit cinéaste mais grand tâcheron, Eric Canuel pourrait décrocher avec ce film le passeport américain qu'il semble convoiter avec tant d'ardeur BON COP BAI) COP D’Erik Canuel.Avec Patrick Huard, Colm Feore, Lucie laurier, Sylvain Marcel, Patrice Bélanger, Sarah-Jeanne Labrosse, Pierre Lebeau, Ron Ijea.Scénario: Patrick Huard, Leila Basen, Kevin Tierney, Alex Epstein.Image: Bruce Chun.Montage: Jean-François Bergeron.Musique: Michel Corriveau.Canada, 2006,120 min.MARTIN BILODEAU T * avoue qu’au départ l'idée de I faire un film chevauchant les deux solitudes canadiennes me plaisait énormément.D’une part parce que voir le Canada anglais, dont le cinéma est en difficulté, se joindre à la résistance cinéma-tographique québécoise me paraissait stimulant et prometteur.D’autre part parce que l'impact du cinéma québécois au Canada anglais est excessivement marginal, et vice versa, et que, dans ce contexte, une œuvre d'art ras-sembleuse me paraissait susceptible de briser la glace et de for- cer, de chaque côté de la frontière, la reconnaissance des traits distinctifs de chacun.Mais voilà.Bon Cop Bad Cop, d’Erik Canuel, n’est pas une œuvre d’art.Pire: les traits distinctifs de chacun sont réduits à quelques clichés populaires qui, loin d’être enracinés dans la biculturalité canadienne, ne font qu’exploiter la surface de nos différences.De toute évidence, les auteurs de Bon Cop Bad Cop n’avaient en tête aucune préoccupation socioculturelle en écrivant le scénario.Leur intérêt était visiblement économique, ce qui explique que la formule choisie soit purement américaine.Si américaine et si éculée que le cinéma de nos voisins du Sud relègue désormais ce genre de «buddy movies» aux séries B vendues directement en vidéo.C’est dire comme l’idée est neuve.Eut-elle été pastichée, ou détournée.Hélas, non.Bon Cop Bad Cop, qui porte pourtant jusque dans son titre le germe de la dissidence, est une œuvre sage et consensuelle, qui reproduit une recette au goût fade, pour le bénéfice de spectateurs desquels on n’attend pas grand-chose de plus qu’un petit débours à la caisse.Certes, ceux-ci trouveront peut-être révolutionnaire d’entendre parler français et jouai dans un film d’un genre anglo-saxon si codé, ou de voir Patrick Huard jouer un flip fougueux et crâneur de la SQ.Egalement idéateur et coscénariste, Huard représente ici, comme son homonyme l’oiseau nageur, l’emblème du Canada.Un honneur qu’il partage avec Colm Feore, qui campe son homologue de la police ontarienne.La découverte du cadavre d’un avocat réputé sur la frontière Québec-Ontario force les deux flics à faire équipe.D’autres meurtres, liés au monde du hockey (le thème rassembleur Québec-Canada — voilà une bonne idée), les amènent sur la piste d’un tueur masqué qui ventile dans les deux langues officielles sa frustration de voir les propriétaires de club céder aux avances des Américains.L’intrigue nous promène un peu à Montréal, où tout est désordonné et où, conséquemment, Feore fait figure à’outsider, et un peu à Toronto, où tout est droit et réglé au quart de tour et où, conséquemment, Huard fait figure d’outsider.L’obsession symétrique du scénario, qui vise une représentation égale, saute aux yeux — tout autant qu’aux oreilles, puisque les héros échangent dans les deux langues.Grand amateur de cinéma américain pour en reproduire indifféremment tous les genres (fiez rouge, Le Dernier Tunnel), Erik Canuel signe une mise en scène rugissante, tap^à-l’œil, totalement dépourvue de personnalité.Petit cinéaste mais grand tâcheron, Canuel pourrait décrocher avec ce film le passeport américain qu'il semble convoiter avec tant d’ardeur.C’est la grâce qu'on lui souhaite.D’ici là, reconnaissons-lui toutefois le mérite d’avoir réalisé un film qui, sur le plan de l’intrigue, fonctionne et qui, sur le plan économique, risque fort de faire courir les foules.Les spectateurs exigeants courront, eux aussi.Mais dans le sens opposé.Collaborateur du Devoir SOURCE ALLIANCE ATLANTIS VIVAFILM ÉÉSIS wm % Un face à face entre Patrick Huard et Colm Feore, dans le film Bon Cop Bad Cop Pavés d’autrefois, amours d’aujourd’hui SOURCE FU N FILMS ' - -—- ¦ Oublier Cheyenne est représentatif de la nostalgie de Mai 68 qui semble traverser le cinéma français.OUBLIER CHEYENNE Réal.: Valérie Minetto.Scén.: Valérie Minetto, Cécile Vargafüg.Avec Mila Dekker, Aurélia Petit.Malik Zidi, Inurence Côté.Image: Stephan Massis.Mont.: Tina Baz-Le-Gal.Mus.: Christophe Chevalier.France, 2(X)4, lK) min.ANDRÉ LAVOIE Une certaine nostalgie des élans de Mai 68 semble traverser le cinéma français, bien qu’il soit dangereux d'établir des constats à propos d'une cinématographie que l'on croit connaître mais qui nous arrive ici filtrée, fragmentaire.Certains signes ne trompent pas, toutefois: après Les Amants réguliers, de Philippe Gar-rel, la cinéaste Valérie Minetto dépoussière à son tour pancartes et slogans mais, nuance importante, elle campe la grogne à notre époque.CelltH'i sera d’ailleurs timide quoique certains personnages vivent leur ideal avec un jusqu’au-boutisme qui aurait bien plu au jeune Daniel Colin Bondit.Le titre de son film, Oublier Cheyenne, renvoie davantage au ter-ritoire de l'intime, celui des amours déçues, cette fois-ci entre deux femmes que tout semble séparer.Et le politique fait d'ailleurs partie des écueils qui se dresseront sur leur route sentimentale.( )n doit aussi admettre qu'il est difficile de com-prendiv, wire d’aimer, un être aussi excessif que Cheyenne (Mila Dekker, portée par une rage sans nuances), journaliste au chômage et à bout de ressources, quittant Pins pour aller vivre à la campagne ikuis une maison déglinguée, sans électricité: comme elle exècre It's voitures, c’est à vélo quelle partira.Elle laisse derrière elle Sonia (Aurélia Petit, la découverte lumineuse du film), une enseignante dévouée qui est loin de partager son indignation sur l’état du monde.Cela ne l'empêche pas de pleurer son depart, se jetant d’abord dans les bras d’un jeune idéaliste (Malik Zidi.un ange tombé du ciel), qui voudrait voir s’éteindre tous les téléviseurs, puis dans ceux d'une riche Parisienne (Gui-laine Fondez) qui considère l'amour comme un jeu où tous les coups sont permis.Tandis que la colère gronde parmi ses élèves.Sonia décide de revoir Cheyenne, qui partage son quotidien avec une itinérante (Laurence Côté) aussi radicale et.pour tout dire, aussi emmerdante.Les retrouvailles, d’abord chaleureuses, prennent une tournure à l’image de leur relation passer: orageuse.?Journal de Montréal The Gazette «Un film magnifique ! .Des personnages d'une beauté, d’une profondeur et d’une intelligence remarquable.Nathalie Baye est exceptionnelle!» Martin BHoduu.Row la suit» du chosts Ceux qui aiment se réconforter avec les étiquettes taxeront Oublier Cheyenne de drame lesbien.Cela serait réduire le film à un niveau anecdotique car, à travers cette rupture, la cinéaste s’intéresse davantage à d’autres formes de «Nathalie Baye au sommet de son art!» Michel Therrien, Journal de Montreal Un vibrant portrait de femme.Nathalie Baye offre une prestation remarquable!» M.-A.lussitt, U Prtttt «Excellent! Fascinant!» Marti Slutsky.Montréal Minor (UN( Il M DISTRIBUTION EL WIOl MANAGEMEN1 OKf St NLENT UN FILM DE VALÉRIE MINETTO (CÉSAR 2006 • 5 NOMINATIONS) % -s- IXTNT - * MFUlllK HIM -MF II LEUR RF Al ISATFl R-MFII l Fl K SCENARIO GAGNANTE • MEILLEURE ACTRICE NATHALIE BAYE OuJ&ftLeH/ AURÉLIA PETIT, MALIK ZIDI et MILA DEKKER « Oublier Cheyenne oat jubilatoire car éminemment critique » Éric Loret - LIBÉRATION « Une réflexion audacieuse, des personnages féminins touchants et un film qui fait preuve d'une grande noblesse cinématographique.A voir* Romain Cole — SCORE « Un film qui ne sombre pas dans In noirceur, évite les clichés liés à la marginalité et la morale é trois baltes.» Marie-Josée Sirach - L’HUMANITÉ LE MONDE EST PLUS MAGIQUE QUE VOUS NE LE PENSE « PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE ! Æ UKtNTTm e .v>* *«.- .*¦» » NATHALIE BAYE JALIL LESPERT 5 petit lieutenant I iP> UN FILM DjiXAVIER BEAUV0IS !| Présentement à l’affiche ! jk rowmeTumT/ fêiüSülSff , fÇs.tMÀïSm’ r— T-VAV' fKÆTO — T IPOT VIÀU 16 ?, -s -«MAO* .X ONÉ«M —* I-—— VJ*»*»**- - I BOUCHEWVtUJ y-1[SHtWBftOOKE ?I LE CIlAP£ ax-caarmis y précarité, dont celle entourant la vie professionnelle des Centenaires, les gens de sa génération.Elle établit le constat que cette insécurité n’est pas sans impacts négatifs sur les relations amoureuses, interchangeables et éphémères.Mais pour contrer ce fléau, ses personnages semblent portés par une combativité aussi romantique qu’exaltée, qui finit souvent par nous épuiser.C’est d’ailleurs la principale tare de ce petit film pourtant riche en portraits attachants (le seul garçon du groupe, interprété par Zidi, a des allures de petit prince.) et en fantaisies (certains personnages s’immiscent dans l’imaginaire des autres pour régler leurs différends).On doit ainsi se farcir des dialogues qui apparaissent totalement désincarnés («Quand le gouvernement nous pisse dessus, les médias disent qu’il pleut»; «C’est la guerre écono- «ÉLÉGANT.SEXY!» m» «.UN FILM, INTELLIGENT H SENSUEL, UNE OBSERVATION BRILLANTE ET IMPECCABLEMENT ÉCRITE.» AARON ECKH, HELENA BONHAM CARTER CONVERSATIONS WITH OTHER WOMEN VtRSNM OMCMMf MCI US* MIC 5EHTS ITTWS EMNCMS il y a deux côtes à chaque histoire d'amour J^^fFjÇHEDÈSLUD^ÛjnJ UN HLM EXTRÊMEMENT PUISSANT.mtjm £0 mique.Vous, moi, on est de la chair à canon»), autant de «messages» qui feront sûrement les délices d’une gauche en mal d’inspiration.Cherchant à transcender la simple anecdote amoureuse (le scénario affiche quelques côtés rohmériens, excluant bien sûr le ton pamphlétaire), Valérie Minetto fait d’Oublier Cheyenne un tableau de société qui semble toujours décalé d’une époque, jamais vraiment la nôtre.Si l’amour est de tous temps source de complications, les mots pour le dire ne sont pas forcément les mêmes.Collaborateur du Devoir PALMARÈS DVD ARCHAMBAULT?! # QUfKCOI MEDIA Résultats des wntei : Du 25 M 31 JttBM 2006 FILM/TÉLÉSÉRIE SAMANTHA OURS! Volume 1 FINAL DESTINATION 3 CAMÉRA CAFÉ Saison 3 PIRATES 0F THE CARIBBEAN DR.LUCILLE SHE’S THE MAN 24 Complete Season 1 HARRY POTTER AND THE GOBLET OF FIRE ANTHONY ZMNMER 10 FINAL FANTASY VN: ADVENT CHILDREN .ON * PEUT QU’ÊTRE BOUUfBBÉ PAR I'HtSTWRE QU EST RACONTÉ.» y FTttSLNTLMENT A L'.MHCHE1 JS fir ¦i3igDftZi.1 SHOOTING DOGS MUSIQUE/SPECTACLE/AUTRE PH* FL0YD P.u.I.s.e, JAMEL DEBBOUZE 100% Oebtxxce STAR ACADÉMIE 2008 BEASTO BOYS Awesome l Shot That! GAD ELMALEH L’autre c'est moi LES DOSSIERS DA VMCI RUSH Replay X 3 TRY0 Au cabaret sauvage MARK-ÉLAME THIBERT En concert MARTIN MATTE Histoires vraies I
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