Le devoir, 7 août 2006, Cahier A
BOLIVIE ACTUALISÉS Une lumière s’éteint sur Montréal: le néon géant sera démantelé Page A 2 ?ww w .1 e devoir Evo Morale inaugure Père de «la recherche de la justice sociale» Page B 1 LE DEVOIR I $ 15 000 personnes marchent à Montréal pour la paix au Liban iT".i jVj o PEDRO RUIZ LE DEVOIR Manifestation d’envergure, hier, dans le centre-ville de Montréal, à l'appel d’une soixantaine d'organisations.Les manifestants, dont une large proportion provenait de la communauté libanaise, ont réclamé d’Israël un cessez-le-feu immédiat et dénoncé la position pro-israélienne d’Ottawa.Grand cri de colère «Bush asssassin, Harper complice»: les manifestants réclament un cessez-le-feu immédiat dans le conflit libanais Israël vit sa journée la plus meurtrière Israël a connu hier sa journée la phis meurtrière depuis le début du conflit avec le Hezbollah.Les tirs de roquettes du Hezbollah ont fait 12 morts du côté de Tsahal et tué trois civils à Haifa, tandis que les bombardements israéliens ont entraîné 17 morts au Liban.Dans le même temps, Beyrouth a rejeté le projet de résolution franco-américain, présenté samedi au Conseil de sécurité de l'ONU, qui vise à mettre fin au conflit entamé il y a 26 jours.Le président du parlement libanais, le chiite Nabih Berri.a notamment estimé qu'en l'état le projet permettait à Israël de rester sur le sol de son pays.Le Liban a donc demandé aux 15 membres du Conseil de sécurité, qui discutent actuellement du projet d’y rajouter un amendement réclamant le retrait des troupes israéliennes.USA-MARIE G E R V AI S Répondant à l'appel lancé par une soixantaine d’organisations, du PLC au Bloc québécois en passant par les trois grandes centrales syndicales du Québec, quelque 15 000 manifestants de toutes allégeances ont marché dans les rues du Plateau Mont-Royal hier après-midi, pour réclamer un cessez-le-feu immédiat dans le conflit qui sévit entre Israël et le Hezbollah.•Bush assassin, Harper complice», ont-ils scandé avec ferveur au moment de mettre en branle le cortège, qui avait eu la patience d'écouter certains discours qui tramaient en longueur sous un soleil cuisant S les revendications étaient demeurées essentiellement les mêmes, le ton avaient néanmoins monté d'un cran.Tandis que Bush, Harper et Blair étaient comparés à des «ms maudits», l'ONU était à son tour taxée d’être complice de ce «massacre».Parmi des centaines de drapeaux du pays du Cèdre et des pancartes montrant des cadavres d'enfants, une femme voilée promenait en poussette une poupée ensanglantée, comme pour rappeler les horreurs vécues par les civils libanais au Proche-Orient.Les cris de protestation des manifestants n'aumnt jamais perdu de leur virulence au cours de cette marche de trois heures où l’exaspération à l'égard de l'enlisement du conflit — qui a fait près de 1000 victimes civiles au li-ban — était palpable.VOIR PAGE A 8: MANIFESTATION Charest renonce à attendre Ottawa Annonce budgétaire surprise: Québec s’engage à réinvestir seul en éducation postsecondaire ANTOINE ROHITA1LLE Saint-Augustin-De-l)esmaures — Québec estime avoir assez attendu après le gouvernement fédéral: il réinvestira partiellement en éducation postse-condaire dès cette année.En iwallèle, il continuera toutefois — comme il l’a fait depuis plus d’un tui — h réclamer d’Ottawa qu'il ramène ses transferts en ce domaine au niveau de 1994.le premier ministre Jean Charest a fait cette annonce budgétaire surprise hier, lors d’une longin' allocution de quelque 35 minutes qui mettait fin au congrès de la Commission jeunesse (CJ) du PI Ai, à Saint-Augustin-De-Dcsmaures.«Comme nous l'avons fait en santé, la décision a été prise de ne pas attendre le gouvernement fédéral.|.] Il y aura un ré-investissement pendant la négociation, mais nous n 'attendrons pas un autre palier de gouvernement pour faire ce Qui doit être fait », a-t-il déclaré.On ignore quel montant le gouvernement compte consacrer au remplumage des universités et les collèges, qui crient famine et accumulent les déficits.•U montant, on le connaît, mais on vous en parlera plus tqrd», a indiqué le ministre de l’Education Jean-Marc Fournier, présent à la conférence de presse qui a suivi le discours de M.Charest.M.Fournier a précisé que Québec n’investira pas le 1,155 milliard S qu’il réclame à t tttawa.Toutefois l’argent nouveau permettra de couvrir davantage que la croissance des «coûts de système», soit l'augmentation annuelle automatique des dépenses.Du reste, le ministre Fournier a été mandaté pour rencontrer au cours de l'automne les «gestionnaires» des collèges et des universités afin de déterminer avec eux les modalités et «quelles priorités on va fixer dans le réinvestissement», a dit M.Charest.L'argent devrait tomber dans les coffres des établissements d’enseignement avant la fin de l’année scolaire, soit en mai ou juin 2(K)7, a annoncé M.Fournier.VOIR PAGE A 8 CHAREST VOIR PAGE A 8: ISRAËL ¦ Liban P.Q.: la chronique de Michel Venne en page A 7 Québec affirme avoir dégagé une marge de manœuvre grâce à sa * gestion rigoureuse » IRAK REinTSS Un père irakien et son enfant tué par une balle perdue à Najaf.dans le nord de l'Irak.Bagdad reçoit des renforts américains ¦ Lire nos informations en page B 1 ¦ L’éditorial de Serge Truffaut en page A 6 ¦^r INDEX .Annonces____B 6 Am publics B 2 Culture B 8 Décès________B6 Économie_____A5 Éditorial____A6 Idées________A 7 Météo_______B2 Monde B1 Mets croisés B2 Kebfpnn» —B6 Sports______B 5 Sudoku .B6 Télévision B 7 L’ENTREVUE L’historique diatribe de Louis O’Neill Des mœurs électorales douteuses de Duplessis à la «timidité» de Boisclair au sujet du financement des partis politiques Courageux dénonciateur, il y a 50 ans, des mœurs électorales douteuses du du-plessisme, l’ancien ministre péquiste trouve le PQ actuel bien timide sur l’intégrité de la loi québécoise sur le financement des partis politiques, que certains souhaitent modifier en profondeur.ANTOINE ROBITAILLE Québec — Il y a un je-ne-sais-quoi d'espiègle dans le sourire de Louis O'Neill lorsqu’il évoque ce qui s'est passé le 7 août 1956.Il y a 50 ans aujourd'hui en effet U Devoir publiait un texte ou plutôt une diatribe — considérée comme un des coups de butoir fondateurs de la Révolution tranquille — de «deux théologiens», anonymes, qui s'en prenaient à «l'immoralité politique- au Québec, entre autres à la fraude électorale et à l'utilisation de la foi par le pouvoir, lors des élections du 20 juin 1956.L'union nationale, jouant à fond la carte de l'anti-communisme.l'avait alors emporte avec 52 % des voix et 70 circoas-crijXions.contre 20 pour le Parti BbéraL Les auteurs du texte «Lendemain d'élections*, c’étaient évidemment le jeune prêtre O'Neill (alors égé de 31 ans) et le célébré pkav nier des refabons industrielles au Québec.Tabbe Gérard Dion (décédé en 1990).Les réactions, considerables, sms précédent avaient surpris les auteur* «On n'avait pas prévu ça'-, (fil Usas O’Neill en riant le fameux texte dénonçait sans fard «une chrétienté ou le mensonge [«Hait] érigé en système».0 s'ouvrait sur un constat des plus clairs: »Le déferlement de bêtise et f immoralité dont le Québec vient dftre témoin ne peuvent laisser indifférent aucun catholique lucide» Plus loin, les abbés taisaient part de leurs découvertes: *Oa nous a rapporte plusieurs cas ou n/m seulement les électeurs n ont pas résisté a toffre de vendre leur vote mais ou ils ont offert eux-mêmes spontanément leur suffrage pour de t argent ou de généreux cadeaux», s’indignaient Dion et (iNeS.Cétat l'époque ou un électeur avait confié sans réserve a son député: «Je vous admire tellement que fat voté cinq fou pour vous», rappelle leu» O'Neill dans ses mémoires (Les trains qui pay sent.Hides, 20(B) «Lendemains d’élection» était d'abord paru, dûment signe par ses auteurs, peu apres le 20 juin 1956, dans une petite revue religieuse intitulée Ad Usum Sacerdotum et diffusée à moins de 1000 exemplaire*.«Pas très sen comme titre, hein?», rigole encore O'Neill VOIR PAGE A 8 O’NEILL r UMr.KT mi Ami \t.okvoii Louis O’Neill, ancien miniatre de la Culture sous le gouvernement de René Lévesque.I LE DEVOIR, LE LUNDI AOUT 2 0 0 6 -LES ACTUALITES- Une lumière s’éteint sur Montréal Le néon géant Farine Five Roses, fleuron du paysage urbain, sera démantelé JACQUES GRENIER LH DEVOIR Limmense structure lettrée «Farine Five Roses», qui surplombe l’autoroute Bonaventure, ne s’illuminera plus parce que la minoterie Ogilvie a été vendue récemment à Smuckers, entreprise qui produit les farines Robin Hood./ r* / / FRÉDÉRIQUE DOYON On le croyait éternellement ancré dans le paysage tant il ne pouvait échapper au regard.Visible du pont Champlain lorsqu’on arrivait à Montréal, le néon rouge «Farine Five Roses» qui surplombait l’autoroute Bonaventure s’est éteint il y a 15 jours.et probablement pour de bon.L’immense structure lettrée ne s'illuminera plus, a appris Le Devoir, parce que la minoterie Ogilvie, division du géant Archer Daniels Midlands (ADM), a été vendue récemment à Smuckers, entreprise qui produit les farines Robin Hood.La transaction visant les installations du moulin n’incluant pas la vieille enseigne lumineuse, cette dernière a donc perdu son socle et sa raison d’être.«Ça ne fait plus partie du moulin; du fait que ç’a été vendu, on a éteint l’enseigne et en principe ça va être éteint pour de bon.Il se peut même que ce soit démantelé, a rapporté au Devoir une source anonyme de Five Roses.C'est une décision corporative de ADM.» «C’est sûr qu ’il y a question juridique liée à la raison sociale, rétorque Dinu Bumbaru d’Héritage Montréal, mais il y a une partie de l’histoire qui est là-dedans aussi.On ne peut pas détacher l’histoire des deux derniers siècles de la montée des marques de commerce des noms d’entreprise.» L’édifice actuel de la minoterie date de 1946.A l’époque, il devait être parmi les plus hauts et on y a hissé l’enseigne en 1948, d’abord sous l’appellation «Farine Ogilvie Flour», du nom de la famille qui le gérait.Kn 1954, le lettrage de 15 pieds de haut a été modifié pour devenir «Farine Five Roses Flour».Cette modification marque la transition entre l'entreprise familiale et la production de masse, période où les compagnies ont voulu personnaliser leurs produits, pour qu’ils se démarquent, en inventant les noms de marques, explique Matthew Soar, professeur au département de Communications de Concordia.«Ça explique toute l’histoire des marques et aussi la politique propre au Québec et à Montréal puisqu’ils ont enlevé le mot ‘'Flour” après la Révolution tranquille», note-t-il, déplorant la perte d’un «artefact du patrimoine historique» d’une «grande importance pour Montréal».Mais l’histoire des meuneries Five Roses remonte bien plus loin encore.Implantées à la fin du XIX' siècle sur les bords du canal Lachine, elles comptent parmi les industries pionnières de Montréal qui ont fait de ce canal l'iin des plus imposants pôles hydrauliques et manufacturiers du pays, avec- l’aciérie de William Aitken, la manufacture de coton de Ijuiis-Joseph Forget et l’usine de sucre Redpath.Cette dernière, récemment transformée en lofts luxueux, a d’ailleurs elle aussi perdu son néon lumineux.Les néons au rancart Même si elles n’apparaissent pas dans les listes officielles du patrimoine en danger et ne font pas l’unanimité du point de vue esthétique, ces lettres en néons géants ont laissé leur empreinte dans le décor visuel de Montréal au fil des décennies.«U y a en a qui sont vraiment des chefs-d’œuvre de composition et qui sont devenus de véritables re- pères dans la ville.[Farine Five Roses], c’est la porte d’entrée de Montréal, relève M.Bumbaru, qui rappelle d’ailleurs que le plan d’urbanisme fait maintes fois référence aux entrées de la ville.«Et on a une ville créative.Qu’on demande à des artistes de faire peut-être une anagramme avec.», propose-t-il en souriant, notant au passage que, contrairement à Las Vegas, la métropole québécoise est loin de compter trop de néons de ce genre.Au contraire, si on se fie à la tendance des dernières années, on serait tenté de croire que l’empire du néon vacille.En tête de liste, citons la disparition des en- seignes de la brasserie Black Horse et de l’usine Redpath, qui s’ajoutent à toutes celles des cinémas qui ont fermé leurs portes ces derniers temps.«C’est aussi un superbe exemple d’enseigne sur les toits», véritable espèce en voie d’extinction, note M.Soar, qui travaille d’ailleurs à un projet sur les questions d’emblèmes urbains {www.logocities.org).En 2005, il sonnait l’alarme pour préserver le néon gothique de l’église Saint-James United, dans la foulée des rénovations majeures qui allaient dévoiler sa façade au grand jour.Héritage Montréal en profitait pour écrire au ministère de la Culture et à la Ville afin qu’on protège les enseignes, sous toutes leurs formes.«La question qu’on se pose maintenant, c’est qu’est-ce qu’on va faire de Farine Five Roses?» s’inqpiète d’ailleurs René Binet de l’Ecomusée du fier monde, à propos de ce qu’il estime être un «élément du patrimoine industriel marquant du paysage de Montréal».«D’un point de vue patrimonial, c’est une tragédie qu’ils cessent de l’allumer, mais ce serait encore plus tragique si on ne faisait pas pression sur la compagnie nouvellement propriétaire afin qu’elle préserve l’enseigne pour les générations futures, affirme le professeur, même s’il faut la reconstruire dans le Vieux-Port.» Il renvoie à un exemple similaire, le néon Pepsi arraché du toit de l’entreprise à Long Island City, puis réinstallé près de Gantry Plaza State Park, en face de New York.«Les Montréalais devraient avoir leur mot à dire dans ce qu ’il adviendra de l’enseigne, poursuit-il.Je crois que beaucoup s'identifient à cet emblème, pas seulement pour la nostalgie qui lui est associée, mais parce qu'il fait partie intégrante de la ville.Il peut même aider les gens à trouver leur chemin.» Ce genre d’enseignes n’a pas la même valeur aux yeux de tous.Un sondage lancé par l’hebdomadaire Mirror en 2001 sur «le meilleur de Montréal» reléguait l’enseigne Farine Five Roses dans la catégorie du «plus grand irritant pour l’œil».Les Montréalais l’ont pourtant désignée, selon un autre sondage paru dans La Gazette en 2000, comme le troisième repère urbain le plus important de la ville, après la tour du Stade olympique et le phare de la Place Ville-Marie.Si le paysage est amputé de cet emblème, il restera toujours la chanson d'Ariane Moffat Farine Five Roses à fredonner pour nous rappeler ce monument de blé et de lumière qui dominait jadis la ville.Le Devoir Liquidation Jetta 2006 à 1,9 % On fait ça à quel nom?Pardonnez notre assurance, mais nous croyons fermement que cette offre comblera toutes vos exigences en matière de voiture et de prix.Ce ntest pas un secret tout le monde sait que les conducteurs de Jetta ont des critères plus eleves que ta moyenne.Us en veulent toujours plus.Plus de plaisir sur ta route.Plus de raffinement Plus d équipement de sérié.Comme un lecteur de CD MP3 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mouvement.C’était la première fois que je voyais cela.Il m'a dit que la communauté gaie avait contribué à l’évolution technologique.».raconte avec humour Jean-Yves Bourdages, également bénévole à Héritage Montréal.«Il y avait beaucoup de drague sur la rue Tupper», mentionne par ailleurs M.Bourdages.Le square Dorchester était aussi un lieu où se rencontraient les gais.Contrairement aux parcs, ils pouvaient s'y trouver après 23h.le premier bar gai à Montréal, le bar Apollon, a ouvert ses portes au début des années 70 rue Guy.L'endroit a fini par être victime de répression.En prévision des Jeux olympiques, le maire de Montréal de l'époque, Jean Drapeau, aurait cherché .à «faire le menage» dims la ville, mentionne M.Chapdelaine.un urbaniste qui sera également guide pour des tours d'Heritage Montreal sur d’autres thèmes en août, septembre ou octobre.Des policiers ont fait des descentes dans le bar et les clients se sont mis à le déserter.Au bout d'un moment.VApollon a dû fermer ses portes.À l’endroit où il était érige se trouve maintenant un terrain vague.L’Université Concordia devrait y construire un édifice.Lh rue Crescent Si la rue Crescent à Montreal est aujourd'hui l'endroit où se dé» roulent le Festival du Grand Prix dtt Canada et un festival île motos, c’est aussi le lieu oil se trouvait un fit's premiers saunas gais.U Aquarius avait pignon sur rue au 1383 Crescent Le 4 février 1975, des policiers, armés de mitraillettes, ont fait une descente dans ce sam na.Trente hommes ont ete arrêtes.sous pretexte qu'ils se trouvaient dans une maison de dé- bauche.«Un monsieur qui a participé à une visite du premier village gai m’a dit qu’il était à l'intérieur du sauna lors de la descente», mentionne M.Chapdelaine.le 14 avril de la même année, l’établissement fut la proie des flammes.Des lesbiennes fréquentaient pour leur part dans les années 70 un bar tenu par Mme Arthur, rue Bishop.Marie-Claire Blais a dépeint l’ambiance de ce bar dans le roman Iss nuits de l'underground, mentionnent MM.Chapdelaine et Bourdages.Des lesbiennes avaient acheté des maisons sur cette rue et rêvaient d’en faire leur quartier.Le projet a été abandonné par la suite.Si ces établissements appartiennent désormais au passé, le petit bar Le Mystique, rue Stanley, existe toujours.«C’est le plus vieux bar gai q Montreal», dit M.Chapdelaine.A la suite d'une descente dans ce bar et dans un autre bar du quartier en 1977, de 1800 à 2000 personnes ont manifesté le lendemain pour dénoncer la répression contre les bars gais.En décembre 1977, le gouvernement du Québec ajoutait à sa Charte des droits et libertés l’orientation sexuelle comme motif de discrimination.Un autre établissement gai a toujours pignon sur rue dans le secteur.Il s’agit du bar La station, anciennement l’Agora, rue MacKay.«Im clientèle de ce bar ne veut pas être associée à ceux de Village.Il n'y a pas de shows de drag queens ici et on ne voit pas d'hommes très musclés, bronzés et épilés», mentionne M.Chapdelaine.Ces deux bars sont les dernières manifestations visibles de la présence gaie dans l'ouest du centre-ville de Montréal.le quartier a néanmoins déjà été reconnu comme un quartier gai.«Des cartes étaient même réalisées pour les touristes gais des États-Unis.Les noms des lieux étaient toutefois changés.Le square Dorchester était rebaptise square Vüloy, la rue Peel.Elm et la me Stanley, flapie», raconte M.Chapdelaine.A la fin des années 70, des commerçants du quartier ont choisi de déménager leurs penates dans le village gai actuel, un peu au nord et au sud de la rue Sainte-Catherine Est.entre Berri et Papineau.«Ils ont déménagé pour des raisons économiques.Les locaux n étaient pas chers et il y avait là d'anciens cabarets qui pouvaient être facilement transformés en bars», dit M.Chapdelaine.Heritage Montreal organisait egalement pour les premiers Outgames mondiaux un tour du ViDa-ge gai actuel.La compagnie Jonview proposait aussi des tours sur le thème de la communauté gaie montréalaise.Selon M.Chapdelaine.le Village gai montréalais serait le plus grand quartier gai au monde.D'après les organisateurs des premiers Outgames mondiaux.c'est, à tout le moins, l'un des phis importants du monde.Le Devoir Sida : Toronto attend 24 000 congressistes Toronto — Quelque 24 000 personnes combattant le sida — chercheurs, médecins et infirmières, défenseurs des droits de la personne, politiciens, philanthropes et célébrités — se rassembleront à Toronto, du 13 au 18 août, à l'occasion du lô' Congrès international sur le sida.Cette conférence désormais biennale, dont la première édition a eu lieu fl y a 21 ans, sera la plus importante du genre jamais organisée.«Il s’agit d’une conférence où il y aura de tout pour tout le monde», a affirmé le Dr Mark Wainberg, directeur du Centre du sida de l’université McGill, à Montréal, et coprésident de l’événement «Vous avez des activistes, vous avez des gens des communautés, des médecins, des spécialistes à la recherche de vaccins et d'autres moyens de base afin de tenter d'enrayer l’épi- démie», a-t-il ajouté.«Je dirais que nous sommes tous unis par notre volonté d ’élim iner le sida.» Au nombre de ceux qui prendront part au congrès, qui coûtera 20 millions de dollars à organiser et rapportera 22 millions de dollars à Toronto en matière de retombées touristiques, figurent des sommités telles que le Canadien Stephen Lewis, envoyé spécial des Nations unies pour le VIH/sida en Afrique, l'ancien président américain Bill Clinton, les philanthropes Bill et Melinda Gates, Peter Piot, directeur d’UNAIDS, programme des Nations unies pour la lutte contre le VIH et le sida, ainsi que les comédiens Richard Gere, Sandra Oh et Olympia Dukakis.Des milliers de scientifiques du monde entier présenteront leurs travaux.Presse canadienne L’Ethiopie sous les eaux : au moins 191 morts ABRAHAM FI S S E H A Addis Abeba — Au moins 191 personnes ont été tuées et des milliers d'autres déplacées en raison des inondations provoquées par des pluies torrentielles dims la nuit de samedi à dimanche dans l'est de l'Ethiopie, qui ont également causé d'importants dégâts, selon un dernier ftilan.Parmi ces personnes décédées, «39 étaient des enfants de moins de sept ans», a précisé le porte-parole de la police.«Nous avons recensé de 2 OOO à 3 OOO déplacés.Avec le Comité international de la Croix-Rouge et des organisations gouvernementales éthiopiennes, nous essayons de fournir des abris et du soutien aux déplacés tout en poursuivant les recherches pour retrouver d'éventuels survivants et d'autres corps», avait j précise à l'AFP un peu plus tôt Be-niam Fikru, un haut responsable de la police locale.Kefehve Alemu.responsable local de la Croix-Rouge, a quant à lui qualifié la situation d’«énorme catastrophe».Ces inondations ont été provoquées par le débordement hier d’une rivière à Dire Dawa (environ 500 km à l’est d'Addis Abeba) à la suite de pluies torrentielles qui ont duré plus d’une heure et demie, selon Belete Ayalew, un témoin.La saison des.pluies va de juin à septembre en Éthiopie.Selon des témoins, ces inondations ont également détruit une centaine de maisons, un marché et des boutiques dans la ville et les environs de Dire Dawa.Des animaux et des voitures ont également été emportés par les flots.Les victimes de ces inondations sont en majorité des femmes et des enfants surpris dans leur sommeil par la catastrophe, selon ces témoins.En 2005.des inondations semblables avaient fait au moins 200 morts et plus de 260 000 personnes déplacées dans la mèm,e région.Le sud et le sudest de l'Éthiopie sont frappés depuis plusieurs mois par une grave sécheresse qui menace au moins 1.7 million de personnes.Agence France-Presse E N Retour de la Camaro Detroit — La société General Motors aurait l’intention de relancer la production de la Chevrolet Camaro.dont l'abandon, en 2002.en même temps que celle de la Firebird.avait entraine la fermeture de l'usine de GM à Boisbriand.au nord de Montreal.Selon le Detroit Free Press, qui rite un rapport récemment rendu public, le president-directeur general de GM, Rick Wagoner, devrait annoncer le retour de cette voiture dans un discours qu'il prononcera jeudi dans le cadre d une conference à Traverse City, au Michigan.La production de Chevrolet Camaro pourrait reprendre des 2008.- .AP BREF Prix du cuivre Toronto — Tandis que le prix du cuivre atteint déjà des niveaux records.la grève possible à 1 importante mine Eseondida.de BHP Billiton.au Chili et des problèmes dans plusieurs autres mines pourraient se répercuter encore sur le prix, parce que même des perturbations de courte duree pourraient réduire les reserves.Les prix du cuivre, du zinc, du nickel et d'autres métaux de base ont augmenté a cause de l'explosion de la demande en Chine et en Inde.La semaine demiere.les travailleurs de la mine Eseondida.la pàis importante none contrôlée par le secteur prive au Oui.ont rejete l'offre patronale pour une nouvelle convention collective et vote en faveur de la grève.- PC LE DEVOIR, LE LUNDI A O l T 2 0 O ti a r> ECONOMIE Comment éliminer le stress à Shanghai?«50 % des cols blancs ont des problèmes psychologiques» JULIE DESNE Shanghai — Venu du sud de la Chine à Shanghai il y a deux ans, Chen Jun pensait avoir trouvé un nouveau filon lucratif: combattre le stress des cadres de la capitale financière chinoise avec une bonne paire de claques.«Nous proposons aux gens de pouvoir libérer leur stress en insultant ou en battant quelqu’un», résume ce jeune homme de 27 ans à la voix enjôleuse de présentateur télé.Le principe est donc simple.Moyennant finances, les jeunes cadres de Shanghai sont invités à se défouler en dehors de leur travail.Pour 120 yuans (15 dollars) , les femmes peuvent en venir aux mains, en donnant une claque à l’un des cobayes de Wantong, la société créée en mars dernier par Chen Jun et son associé Zhang Li.Quant aux hommes, ils doivent se contenter d’insulter les victimes volontaires, au prix de 100 yuans (12,5 dollars) les 10 minutes.Les autorités chinoises ne l’ont toutefois pas entendu de cette façon.La municipalité de Shanghai a retiré sa licence d’exercice à Chen Jun, en raison des atteintes physiques sur les personnes, selon les explications du jeune patron.Ce comédien de formation, ulcéré par cette décision, n’en démord pas: la niche est rêvée.«Nous ne savons pas encore quand nous pourrons reprendre, mais j'espère bien proposer de nouveaux services d'ici quelques semaines», explique-t-il.Et ce, malgré un succès très relatif de l’activité les premiers jours.Mais, ce qui est sûr, c’est que l’entrepreneur originaire du Guizhou a mis le doigt sur un créneau encore très peu exploité, dans une ville où les cadres sont soumis à un environnement de plus en plus concurrentiel Les 10 % de croissance durant la dernière décennie n’ont cessé d’attirer les éléments les plus brillants de toute la Chine.Le dynamisme du centre économique et financier chinois motive-t-il les yuppies ou les entraîne-t-il vers la dépression?Une enquête de la société chinoise Kerui montre que les manageurs de Shanghai s’estiment davantage sous pression que ceux des autres grands centres urbains, à hauteur de 78 %, contre 53 % à Pékin et 47 % à Canton.La docteure Zheng Anlin, de l’hôpital de Huadong à Shanghai, juge la situation également délicate: «50 % des cols blancs ont des problèmes psychologiques mais seuls 5 % d’entre eux décident d'aller consulter des spécialistes», estime-t-elle.Pourtant, ce mal-être naissant de la classe moyenne ne figure pas encore au rang des priorités des entreprises.Très peu d’études ont été menées par les grands groupes ou les cabinets de conseil sur le sujet «Le vrai problème est que les entreprises n 'arrivent pas à recruter assez vite, par rapport à leurs besoins, ce qui engendre naturellement une pression.Mais je parlerai davantage de suractivité que de stress», explique Alexandre Morin, directeur de la CEGOS en Chine, cabinet spécialisé dans les ressources humaines et la formation professionnelle.Les compagnies recrutent en masse et l'organisation de la force de travail nécessite du temps que l’économie shanghaienne n'a pas encore le luxe de s'offrir.Les cadres sous pression devront tenir encore un peu et éventuellement se défouler avec Chen Jun.Agence France-Presse RICHARD CHUNG REUTERS Une enquête de la société chinoise Kerui montre que les manageurs de Shanghai s'estiment davantage sous pression que ceux des autres grands centres urbains.Éric Desroaiers Notre journaliste et chroniqueur Éric Desrosiers est présentement en vacances.Il sera de retour dans cette colonne Perspectives dés le 21 août I Sli mmmmM .'•V c.-• ?%J itfr: " A, ll.AN l.ARZONK AtiKNCI I RANI I PRKSSI Freiamt, une ville touristique et agricole à 25 km au nord de Fribourg.La petite ville allemande fait feu de tout bois depuis quelques années dans le domaine des énergies renouvelables: panneaux solaires pour la chaleur, panneaux photovoltaïques pour la production de courant, copeaux de bois pour le chauffage, moulin, éoliennes et biomasse.Pis de vaches et éoliennes pour chauffer sa demeure La petite ville allemande de Freiamt rivalise en débrouillardise pour s'alimenter en énergie JUTTA HARTLIEB Freiamt, Allemagne — Hannelore Reinbold-Men-ch, le maire de Freiamt, en Forêt Noire, est fière de l’engagement de ses 4 300 administrés pour les énergies renouvelables: «nous produisons 13 millions de ktv/h par an.plus que nos propres besoins», déclara t-elle à des journalistes après une visite de terrain.Dans cette ville touristique et agricole à 25 km au nord de Fribourg, un agriculteur, Walter Schneider, utilise la chaleur du lait sortant du pis des vaches pour chauffer l’eau de sa douche.Son voisin a installé un toit photovoltaïque sur sa grange.Avec son installation au biogaz.Gerhard Reinbold chauffe sa ferme mais aussi ses voisins, dont un club de sport.Et sur les hauteurs de cette cité touristique tournent quatre éoliennes.Chacune produit près de trois millions de kw/h, de quoi approvisionner mille foyers en électricité.La petite ville allemande fait feu de tout bois depuis quelques années: panneaux solaires pour la chaleur, panneaux photovoltaïques pour la production de courant copeaux de bois pour le chauffage, moulin, éoliennes et biomasse.Depuis l’application de la nouvelle loi sur l’energie renouvelable (EEG), deux à trois millions des kw/h produits par éolienne peuvent être vendus 18 centimes d’euro le kW/h au distributeur local d’électricité, précise Mme Reinbold-Mench.Les 50 m de panneaux photovoltaïques installés par un agriculteur sur le toit de sa grange ont produit en douze mois 30 (XK) kW/h qui peuvent être vendus à 53 centimes d’euros le kW/h, selon la nouvelle loi.Pour ce fermier qui cultive 38 hectares de céréales, il s'agit d'un apport financier non négligeable.Son exemple a fait tache d'huile et aujourd’hui il y a 75 installations photovoltaïques dans la commune, dont deux au-dessus de blocs de logements sociaux.Quelque 150 foyers ont recours aux |>aii neaux solaires pour chauffer leur eau, un moyen très utilisé parce qu'il ne suppose pas d’autorisation et qu’il s'amortit vite.Walter Schneider n'en a pas besoin.Ses 45 vaches produisent quotidiennement 900 litres de lait qui sortent à 32 degrés du pis mais doivent être refroidis a 4 degrés « Nous produisons 13 millions de kw/h par an, plus que nos propres besoins » |xnu b commercialisation.Un échangeur de chaleur lui permet de chauffer l’eau de sa douche et de son évier.Deux scieries et un meunier utilisent l’eau de la rivière Brettenbach grâce à ries turbines et «les gé nérateurs.«Cela me fait gagner fl (HH) eu ros par an», se réjouit le meunier Friedrich Mellert.Malgré le prix encore élevé de l’installa tion, une cinquantaine de loyers se chauffent aux copeaux et déchets de la coupe des bois, la commune a acheté une ma chine à cet usage.«L'exemple de Freiamt montre que l'on peut faire beaucoup pour peu que les politiques sut vent», estime' Erhard Schulz de l'association lédérale allemande WindFnergie.U* ministre fédéral de ï'Environnemenl Sigmar Gabriel (SPD) croit en un «boom" des énergies renouvelables.Ix*ur part dans la production totale de fourniture de courant électrique va laisser de 10% actuellement à au moins 20 % d’ici à 2020, a-t-il indiqué récemment.Agence France-Presse Le sac en pommes de terre à Tassant de son concurrent en plastique DOMINIQUE AUBIN Ambrumesnil.France — Depuis quelques mois, une appétissante odeur de pain pillé flotte dans l’air d’une petite usine de d'Ambrumesnil, dans le nord-ouest de la France, qui s'est lancée dans la fabrication de sacs biodégradables à partir de fécule de pommes de terre.Hormis cette odeur qui s’échappe lors du chauffage de la fécule, rien n'a changé dans cette usine de la société Plastiques et tissages de Luneray, qui est la première a produire de tels sacs en France.•Les chaînes qui servaient à la fabrication de sacs en plastique sont utilisées sans transformation pour produire les modèles bio», assure René-1 Vire Renault directeur de PTL A la place des granulés de plastique, les ouvriers introduisent dans les extrudeuses des granulés de fécule.-La pomme de terre qui est utilisée est très riche en fécule et ne serait probablement pas recommandée par les diététiciens en raison de sa forte teneur en sucre», précise le directeur.La preparation est ensuite torturée a travers plusieurs machines avant de ressortir en bout de chaîne sous forme de sacs poubelles ou de congélation.En apparence, les modèles en pommes de terre ressemblent a leurs concurrents en plastique, hormis peut-être un toucher phis soyeux pour les premiers.Les sacs -bios- n’auraient pratiquement que des avantages, selon Rene-Pïerre Renault -Ils sont économes en énergie car ils ne doivent être chauffés qu'à 140 degrés au lieu de 180.ils nécessitent moins de matière premiere car ils sont de 15 à 20 % plus denses, ils sont plus résistants en raison de la consistance de la fécule.ils offrent un nouveau débouché aux agriculteurs et ils se dégradent en cinq ou su mois contre 400 ans pour le sac en plastique • D est toutefois un critère pour lequel le sac en fécule ne peut aujourd’hui rivaliser avec son homologue en plastique: son prix.«Le double.» reconnaît René Pierre Renault Mais a ses yeux, ce handicap devrait se résorber très vite.«Le peu du plastique est condamnée la hausse comme celui du pétrole dont il est issu tandis que le sac en fécule baissera a la faveur de l'aug f- kOHI RT IRANI OIS AGENCE FRANCE PRESSE René-Pierre Renault, directeur de Plastique* et tissages de Luneray devant des granulés de pommes de terre qui servent » la fabrication de sacs biodégradable*.mentatvm des volumes», assure-t-il Ces tendances devraient favoriser le développement du sac en pomme** de terre mais aussi de tous les autres modèles biodegradable*, notamment c eux a base d'amidon de mais développes par des concur rents du groupe Sphere.Chez PTL.la production de sacs *bios» corn mencée en décembre 2005 devrait atteindre 600 tonnes en 2006, mais restera très minoritaire comparée aux 27 000 tonnes de sacs en plastique que le groupe continuera a produire.«Mais nous sommes prêts a basculer du jour au lendemain vers le bvj si la demande est la», assure le directeur.Cette production a base de matière végétale représente un retour aux origines pour cette société de 200 salariés qui a longtemps fabriqué des sacs en loê le de jute a partir de lin, avant de basculer dans «le tout plastique» dans les années 70, Agence France- INesse L K DEVOIR.LE L l' D I AOUT 2 0 0 6 A () EDITORIAL Tabou levé Sujet tabou entre tous, la perspective que l’Irak sombre prochainement dans la guerre civile est désormais évoquée par des personnes haut placées tant en Grande-Bretagne qu’aux Etats-Unis.Celles-ci pronostiquent même une partition du pays.Détaillons.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOL’RASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE Serge Truffaut 1 y a d’abord eu le contenu du courriel de l’ambassadeur britannique en Irak dévoilé ces jours-ci par la BBC.Destiné exclusivement aux plus hauts dirigeants, dont évidemment le premier ministre Blair, le mémo signé par le diplomate William Patey se résume à un constat très sombre de la réalité irakienne.Qu’on y songe, Patey écrit notamment qu’«une guerre civile de faible intensité et une division de fait de l’Irak sont plus probables à ce stade qu’une transition réussie et substantielle vers une démocratie stable».Pour leur part, mais devant les membres de la Commission sénatoriale des forces armées, les généraux américains chargés des affaires irakiennes ont indiqué que l’éventualité d’une guerre civile est plus que jamais plausible.Le chef d’état-major Peter Pace a confié qu’il n’envisageait pas un tel revirement il y a un an.Quant au gradé responsable des opérations en Irak, le général John P Abizaid, il estime que la situation se dégrade à un tel rythme qu’il est impossible d’envisager une réduction importante du contingent américain d’ici la fin de l’année.S’il fallait remonter à l’origine de cette montée en puissance du sectarisme qui fait chaque jour des dizaines de victimes, c’est la constitution qui devrait être montrée du doigt.En tout cas est-ce l’avis de David L.Phillips, senior fellow du Council on Foreign Relations, qui assurait, dans une analyse publiée il y a un an, que la loi fondamentale dont s’étaient dotés les Irakiens menait droit à la guerre civile.D’abord, on se rappellera que, sur les 55 notables invités à former le groupe de travail sur la constitution, on comptait seulement deux sunnites.Ensuite, on se souviendra que l’administration Bush, qui voulait que la transition vers la démocratie soit rondement menée, a imprimé sur cet exercice une pression qui a pour ainsi dire favorisé la prise en otage de cette constitution par les Kurdes et les chiites aux dépens des sunnites.Forts de l’autonomie relative dont ils jouissaient depuis une dizaine d’années, les Kurdes ont défendu bec et ongles le modèle fédéral, l’unique système susceptible à leurs yeux de préserver, voire d’élargir, l’éventail de leurs pouvoirs.C’est au cours de ce processus qu’ils ont confirmé officiellement que la ville de Mossoul et ses environs, très riches en pétrole, devraient être arrimés à la province du Kurdistan irakien.Ajoutons également que les Kurdes avaient prévenu qu’il n'était pas question pour eux de désarmer leur milice ou de se fondre dans l’armée officielle aussi longtemps que le pays n’aurait pas été totalement pacifié.Pour leur part, les chiites ont profité de cet exercice pour imposer leur vision ou plutôt leur conception de l’islam.Ils voulaient que la charia, dans sa version chiite, soit la seule source de l’architecture juridique du pays.S’ils n'ont pas eu pleinement satisfaction à cet égard, ils n’en ont pas moins obtenu que la charia soit considérée comme la principale source du droit.Tout naturellement, cette injection de chiisme dans la constitution a particulièrement heurté les sunnites.Qui plus est, à l’instar des Kurdes, les chiites ont adhéré au principe du fédéralisme.Au début des travaux sur le sujet, ils étaient loin d’être des partisans fervents de ce système.Mais voilà, la violence augmentant jour après jour, les notables chiites se sont ralliés en nombre car ils ont vu dans le système fédéral la possibilité de soustraire le maximum de pouvoirs au pouvoir central.Et ce, pour le bénéfice d’une population chiite concentrée dans le sud du pays, lui aussi riche en.pétrole! Et les sunnites?Ils sont rassemblés à Bagdad et dans l'est de l’Irak, régions pauvres en tout.Toujours est-il que la constitution a eu pour résultat de créer une multitude de divisions: division entre religieux et laies, division entre chiites et sunnites, division entre Arabes et Kurdes, division entre hommes et femmes, etc.Très logiquement, ce texte bâclé, ce texte conjuguant les corporatismes, ce texte accordant des privilèges aux uns et pas aux autres, a semé la discorde.Actuellement, le pays est confronté à des violences interreligieuses d'une telle intensité qu'on se demande comment l’objectif aujourd’hui modeste que caresse l’administration Bush, soit que le présent gouvernement parvienne simplement à gouverner, pourra être atteint.Honte d’être canadienne Monsieur le premier ministre, J’ai honte d’être canadienne depuis le 12 juillet 2006.( lui, j’ai honte de votre silence, de votre hésitation à dénoncer la violence et l’horreur de la guerre qui sévit au Liban.Chaque jour, nous entendons les cris et les pleurs de ces Libanais qui meurent et qui sont blessés.Ne les entendez-vous pas, monsieur le premier ministre, de votre cabinet?Oui, j’ai honte pour les premières paroles que vous avez prononcées en faveur de la guerre: il est normal, dites-vous, que des soldats tirent sur des civils au nom du droit à se défendre?NON, cet acte de barbarie n'a rien de normal.Oui, j’ai honte pour la lenteur des directives que vous avez données à vos fonctionnaires pour évacuer tous ks citoyens canadiens du Uban.Oui, j’ai honte pour la différence que vous avez 6üte entre les citoyens canadiens et les résidents permanents.Ne sont-ils pas de la même trempe?Ix‘ sang qui coule dans leurs veines n’est-il pas aussi pur que le vôtre?Aussi pur que le nôtre?( Xii, j’ai honte que vous exigiez une solution globale, exigence qui retarde l'arrêt des frappes sur le Uban.Oui, j'ai honte des propos de votre ministre des Affaires étrangères Peter MacKay devant le comité des Affaires étrangères de la Chambre des communes le T" août 2(X)6 et de son soutien à Israël: «Pour moi.il n'est pas difficile de choisir de prendre parti pour un État, un gouvernement démocratiquement élu.qui est attaqué par des terroristes, et un groupe de tueurs sans pitié.» Oui, j’ai honte que la baisse de votre popularité dans les récents sondages soit le seul motif de votre réaction.Oui, j'ai honte que vous balayiez d'un revers de la main la politique canadienne pour la paix établie depuis des années et qui a fait la réputation de notre pays.Oui, j’ai tout simplement honte que, étant au plus haut poste du gouvernement canadien, vous nous représentiez si mal et ayez le pouvoir de faire tant de mal Pour tous ces torts causés, je vous demande de céder votre poste à une personne plus res- L E T T R E S - pensable que vous au sein de votre parti.Et s’il vous plaît ne mettez pas trop de temps à y réfléchir.Le sang qui coule au Liban est aussi rouge que celui des Israéliens et aussi pur que celui des Canadiens.Ijorraine Filion Citoyenne canadienne Le 3 août 2006 La Fax americana et les conflits armés Les conflits armés qui font rage au Uban, en Irak, en Palestine et en Israël ne pourront jamais prendre fin tant que le concept invoqué pour les résoudre reposera sur la sécurité assurée par la force et la violence correspondant à la Pax aine-rjeana.Cette «paix» se définit par l’atteinte d’un État et d’un ordre établi par le recours à la dissuasion nucléaire, à la menace et aux interventions militaires.C'est ce genre de «paix» que préconisent Washington et ses alliés.La poursuite de cette «paix» par et pour l'Occident entraîne des destructions massives et des dizaines de milliers de victimes et de morts.Cette «paix» n’est que l’illusion d'une victoire éphémère et n'est que l'instauration d’un ordre imperial injuste pour la majorité.La paix durable prend naissance dans un contexte où la justice sociale l'emporte sur la mise en valeur des ressources pour le seul bénéfice d'une minorité.C'est la paix acquise par la coopération et l'interdépendance constructive pour tous, c'est la recherche de l’élimination de l'apartheid Nord-Sud, c'est la paix universelle qui ne peut prendre racine dans un monde de plus en plus militarisé et contrôlé par une minorité.Appuyer les forces et les facteurs qui assurent le renforcement de la Pax americana ne peut nous conduire qu’à la destruction de l'environnement planétaire et de l’Humanité.Jules Dufour, Ph.D.Professeur émérite.Département des sciences humaines.Université du Québec à Chicoutimi Chicoutimi, le 31 Juillet 2006 Beaucoup trop loin M.Jean Renaud, directeur de la revue Égard.Le Devoir recevra sans doute beaucoup de lettres pour vous répondre.Je n’avais pas le goût d’en ajouter une.Mais vous avez été trop loin, beaucoup trop loin.La sœur d’une de mes amies québécoises d’origine libanaise est actuellement piégée au Liban.Je voudrais, au nom de tous les miens, m’excuser de certains de vos propos.Je passe sur vos grands talents de psychanalyste de notre âme québécoise.Il y a plus important actuellement.En votre nom et au nom de votre revue, vous avez affirmé : «Israël est un rempart.Le soldat israélien, au péril de sa vie, préserve nos libertés.Ce petit État, qui n'est pas sans faute (je crois, avec Daniel Pipes et Guy Mil-Hère, qu'il a eu tort au cours de la dernière décennie de ne pas suffisamment se faire craindre parses ennemis), défend avec héroïsme les principes étemels de la civilisation.Et nous, ne sommes-nous pas les enfants ingrats de Jérusalem?Le Québec appartient-il encore à POccident?» Je ne sais pas à quelle civilisation vous appartenez, mais ce n’est sûrement pas la mienne, ni de celles et de ceux que j’aime.Aujourd'hui, j’espère seulement, naïvement je le sais, que les germes de la violence et de la haine n’étendront pas davantage leurs tentacules.J’espère seulement, avec beaucoup de candeur et de naïveté, qu'après autant de peurs et de souffrances, il y aura une petite place pour la paix.Je vous laisse la défense de votre civilisation et je me contente d'espérer un peu d’amour et de tendresse entre les humains.Est-ce faire preuve d’aveuglement que de croire que les Israéliens ne pourront vivre en sécurité et en paix tant que les Palestiniens n’auront pas droit à un pays et que les droits à la vie et la sécurité des Libanais seront bafoués?Laurent Émond Québec L I B R E 0 P I N I 0 N -4-— Cinéma : le bal des vampires MARIE- C LA U l> E LOIS E L L E Rédactrice en chef.24 inKtgvs* Depuis qu'a été mis en place le système des en-vebppes à la performance — qui.rappekins-le, octroie la moitié de tout l'argent de Téléfilm destiné aux longs métrages aux producteurs dont les films ont fait les meilleures recettes aux guichets l'arc née précédente —, le milieu cinématographique en proie aux dissensions si' déchire.Mais ceux qui en appellent le phis fort à la solidarité en déplorant que «le milieu s'entre-tue de la sorte- et qui voudraient voir le problème du financement de notre cinéma ramené à une simple question de manque d’argent ne sont-ils pis précisément ceux qui ont grandement intérêt à ce que rien ne change dans le système .ictuel, ceux qui profitent largement des enveloppes à la performance, au detriment de plusieurs dizaines d'autres cinéastes, producteurs et petits distributeurs qui «en arrachent»?11 n’y a qu'à voir comment ce système des enveloppes a fabrique de toutes pièces des millionnaires (qui connaît le salaire que si' vetsent.grâce aux fonds publics, les quatre ou cinq phis gros producteurs que bécois?) pour comprendre que ceux qui en bénéficient sont prêts à mettre en oeuvre toutes les ruses et seductions possibles pour continuer à profiter de la nvmtte Si à peu lilt's tout le monde s’entend sur le besoin ur gi'ut d'allouer davantage de tonds au financement des films, ne lias réclamer en ns'ine temps que soit revue la publique actuelle de Téléfilm ne tait que repousser k' problème qui tôt ou tard, éclatera au visage de tous.Oui.pkis d’argent donnerait la possibilité à un phis grand nombre de cinéastes de réaliser des films chaque année, mais quel (s) typefs) de films?Soutierc dra-t-on davantage de cinéastes ayant uni' vision per- sonnelle et singulière, ces cinéastes grâce auxquels une cinématographie peut exister — fos Belanger (Gaz Par Blues, 2003), Leclerc (Mémoires affectives, 2004), Morin, lepage.par exemple, qui ne tourneront pas cette annee —, ou encore phis de films à visée purement commerciale, qui vieillissent rapidement et très mal?Des millions supplémentaires ne serviront-ils pas avant tout à attiser la voracité croissante de ceux qui sont déjà responsables de l'augmentation vertigineuse du budget moyen des longs métrages de fiction au Qui» bec dermis fa mise en place de la dentière politique de Téléfilm, eehrcci étant passe de 1,9 M$ en 1999-2000 à 4,9 M$ en 2006?Bfon sûr, il n'est pas question de revenir aux budgets d'avant 2000, mais doit-on pour autant demander à l'Etat d'assumer à lui seul des coûts de production de l’ordre de sept, huit et 10 millions de dollars?Pourquoi quelques-uns si- sont-ils indignes qu'on dise à une productrice ayant besoin de 9 MS pour mener à terme le prochain film de Denys Arcand — dont efle si' plait à mppek'r r-ouvrgvnr intermUùmale» — de si' tourner davantage vers un financement etranger (et prive) ?Sa compagnie de production.Cinémaginaire.ri.H-efle (vis déjà reçu à efle souk- près du quart île tout l'argent prevu par Telefilm en 2005 pour les films en français?Après tout, ks cinéastes dit * internationaux» n'ont-ils pas presque Unis recours à l’aide d'autres pays?Ce qui si' vérifié même dans k cas de cinéastes couronnes d’une ou deux palmes d'or comme ks loach, Mo-retti.ks frères Ifardenne.Ifobnski ou Lars von Trier.Enfin, nous croyons qu'accroître le budget destine aiL\ fongs moirages en accordant encore 50% de l'ar gent (bsponibk à quelques producteurs «performants» (et même 75 % si les détenteurs des envefoppes conti-111x111 d'avoir accès à l’autre 50 %, soit celui chi tonds régulier) reviendrait à abandonner encore phis de fonds publies aux compagnks privées qui n'ont pour seul mérite quantifiable que d’avoir su attirer ks fouks dans ks salks du Quebec, et cela en dépit du fait que les films produits aient ou non trouve une résonance hors de nos frontières — et encore moins quïls aient les qualités necessaires pour résister à frisure du temps.Pour permettre reeBeim'nt à un phis grand nombre d'œuvres diversifiées de voir k jour, il faut impérativement qu’une augmentation des fonds afloues aux kmgs métrages aifle de pair avec une reforme du système actuel de financement et en premier lieu l'abandon des envefoppes à la performance, qui gangrène notre cinema en plus de diviser k milieu.Que d’arrogance Encore une fois, ce que cette crise revèk avant tout c’est à quel point les hommes et ks femmes de pouvoir de notre cinéma savent jouer habilement de tous les attributs de ce pouvoir jeu sur l'image, sens stratégique aiguise, bon usage des nxxiias.Sous ks dehors séduisants du prestige, ils font preuve de l'arrogance de ceux à qui on ne devrait rien refriser.Derrière cette colère presque hargneuse manikstee contre la décision de Tekfilm de réduire la somme d'argent demandée pour k film d'.Arcand afin de per-n lettre egakment a celui de Bernard Emond de se faire (second film de la trifogie entamee avec La neuim-ne).on a vu s'exprimer clairement, et comme jamais auparavant, k profond mépris qu'a fait naître k succès de certains films a fegard des cinéastes qui ne se situent pas du côte du divertissement et du spectacle, ceux qui croient encore qu'un cinema exigeant est aussi possible au Quebec.Il ne s'agit phi s seulement de cekbrer k «cinéma qui marche».En s'indignant qu'on n'ait pas «Umt mise surArrand-, on condamne plus directement qu! n'y paraît des dizaines d autres cinéastes qui peinent à se construire une œuvre au Quebec.Il faut aussi avoir du front pour oser affirmer, cony me k fait Fabienne Larouche («Le “bon" cinéma d'Etat», Le Devoir, 7 juillet 2006), que «certains [“artistes"! sont plus (gaux que d'autres» puisqu’ils bénéficieraient de «privileges d'Etat», cette auteure s'en prenant ainsi violemment, bien qu’à mots couverts, à Bernard Emond avec qui Arcand a dû «partager» les restes, en passant sous silence le véritable privikge d'Etat que constituent les enveloppes a la performance.Combien y a4-il de pays dans k monde qui offrent ainsi chaque année quelque 2,7 MS a une compagnie privée, qui peut en disposer comme bon hn sembk.sans avoir a rendre de comptes?Oui Denys Arcand doit tourner lorsqu! est prêt ne pas attendre.Mais qu on ne vienne pas dire que ce système peche par excès d egalitarisme et qu'on n essaie pas de nous émouvoir ni sur k sort d'un dneas-te soutenu par la productrice la phis influente et la plus riche du Quebec, ni sur cehn de ces quelques entrepre-neurs culturels prospères qui redament toujours davantage de poinoir et de fonds pubbcN Ces producteurs et dktriixiteurs ont courtise pendant des années ks fonctfonnaires pour être écoutes et se fai re tailler sur mesure des poütiqiies a leur convenance Maintenant quHs ont obtenu toute la Bberte d'action et k pomofr qui'leur confaent les enwfoppes a la performance.ils veulent plus encore: toute fattention dre me-dias.tout fargent de la cagnotte.On aimerait vuir comme une bonne chose k fait que plus d'agent soit investi dans notre anema.mais dans Ire drconstancre fl y a de quoi été inquiet pour f avenir.* Ce texte est la version abrégée de P éditorial du «° 128 de 24 imajes qui paraîtra te 18 août. LE DEVOIR.LE L l \ D I A O f T 2 O O 6 REGARDS SUR UNE AMERIQUE OUI FASdE L’image des États-Unis, que l’ensemble du monde appelle l’Amérique, a été fortement mise à mal depuis les célèbres attentats d’il y aura bientôt cinq ans.Mais parce qu’un pays ne se réduit pas à son gouvernement, des intellectuels ont eu envie de témoigner de leur vision de cette Amérique réelle, rêvée, mythique.Le Devoir offrira tous les lundis de l’été de larges extraits de ces regards croisés.« My Own Private Texas » A 7 sohk( i- Ni' WsioM 3331 jfcjjKgi ____- IlslÉla mm _ Wfigi : - a-’sLV'.v-; ¦ Ht'- : •• JEAN LÉVESQUE Historien de la Russie et des pays de l’Est au département d’histoire de l’Université du Québec à Montréal Cinquième texte d’une série de huit est un peu par accident que ma route m’a conduit au Texas.A vrai dire, ce sont plus les aléas du marché de l’emploi universitaire qui m’y ont amené qu’un véritable accident de parcours.Quand j’ai terminé ma these, le nombre de postes dans ma discipline étant relativement limité cette année-là — comme ce fut le cas presque chaque année par la suite —, il fallut bien me résigner à prendre tout ce qui pouvait passer, ou attendre de tenter ma chance l’année suivante, ou encore demeurer dans la précarité.Le marché américain étant relativement ouvert, je n’avais pas moins de chances que les autres candidats, mais c’est néanmoins à ma grande surprise que je reçus une invitation à me rendre à une entrevue finale «sur le campus» à la fin du mois de janvier, suivie d’une offre d’emploi environ une semaine plus tard.Tout au présent Mon Texas à moi, c’est l’ouest de l’Etat, un peu à mi-chemin entre le Nouveau-Mexique et Dallas (le centre).Une plaine sans fin et à première vue.sans grand intérêt, qu’on désigne localement comme les plaines du sud, pour en souligner l’appartenance à la grande plaine de l’Ouest américain qui s’étend aussi loin vers le sud.Lubbock, ma ville d’attache avec plus de 200 000 habitants, est située en plein centre du Texas occidental, et peut se targuer du titre de capitale du coton dans l’ouest des Etats-Unis.Elle ne recèle pas d’autres trésors, à part peut-être les musiciens comme Buddy Holly, la soliste des Dixie Chicks, les Flat-landers et le chanteur country Waylon Jennings, qui vient de la région environnante.Il n’y a pas de passé visible au Texas, à part les quelques ruines de la guerre d’indépendance contre le Mexique et les antiquaires qui vendent des enseignes de Coca-Cola et des 33 tours.Tout est présent Au début du XXr siècle, Lubbock ne comptait qu’une poignée d’habitants, tous sûrement très heureux de pouvoir vivre sans la peur constante des incursions des Comanches, à peine chassés de la région pour disparaître de la vie quotidienne à jamais.D n’y a rien qui rappelle leur ancienne présence, ils ont été comme emportés par une tempête de poussière.Avec un peu d’effort on peut encore discerner le centre typique d’une ville du Far-West il évoque la vie d’une vUle de frontière.Cependant plusieurs des bâtiments qui animaient la ville ont été détruits par un ouragan au début des années 1970 et ont été reconstruits dans la périphérie de la ville, dont l’étalement n’a rien pour recréer une vie sociale un tant soit peu intense.Aride, infini, écrasant la poussière là-bas est comme la neige ici, à cette différence près que la neige fond en eau alors que la poussière reste poussière.Le nouvel arrivant comme moi, venant de régions plus humides, peut y develop per la peur de mourir de soif un jour et prend conscience de la fragilité de son existence.Le pire, c’est que chez certains, cette peur peut se transformer en désir irrésistible de partir.J’ai connu des gens chez qui ça a duré plus de 20 ans.La paysage n’aide pas non plus.On a beaucoup de mal à se représenter la plaine infinie, à perte de vue, et le ciel bleu qui vous écrase par son omnipotence.«La terre est si plate qu ’on peut regarder son chien s‘enfuir trois jours durant», disent les gens du coin.Un sens de l’humour assez surprenant dénotant une ca- pacité d’autodérision assez rare en Amérique.In faune y est pauvre: des chiens de prairie, des jack rabbits qui servent de cibles mouvantes aux ap prentis tireurs du dimanche, et l’ombre des bisons qui venaient jadis brouter l’ombre d’une herbe, la buffalo grass.aujourd'hui disparue.Et puis il y a le vent qui souffle, surtout durant la saison d’hiver, pour donner des tempêtes de poussière à faire peur.Mais c’est bien peu à côté du soleil, qui vous martèle 325 jours en moyenne par année.En moyenne, cela fait un peu plus de deux jours de répit par mois.J’ai eu peu de mal à croire ce que disaient les locaux au sujet de la claustrophobie des gens de la plai ne.Arrivés dans la grande ville, ils sont pris de panique à la seule vue des gratte-ciel.lit réaction inver se est tout aussi vraie.Pour les arrivants habitués à un climat tempéré, c’est totalement écrasant.Et le paysage fait en sorte que vous y êtes perdus, sans repères.Ce soleil brûle tout sur son passage, il rend l’herbe jaune dès le mois de juillet et transforme quotidiennement votre voiture en four à pain, et ça, c'est si elle est de couleur claire.La « Bible Belt » Avant de partir pour Lubbock, je savais bien que je m'en allais en pleine «Bible Belt» dont je n'avais d’ailleurs qu’une image assez floue, et une compréhension assez superficielle.En ces lieux, on n’arrive pas à compter les églises baptistes, méthodistes, évangélistes, et le nombre de voitures à ces mêmes églises le dimanche matin.Malgré tout le mal qu’on pourrait dire du conser vatisme religieux américain en général, et de ce mouvement dans le sud en particulier, force est de constater que la religion y est plus qu'une simple religion; elle joue un rôle important dans l'organisation de la vie sociale, et ce, même dans une ville de quelques centaines de milliers d’habitants.En principe, il y a d'autres institutions pour tisser le lien social, mais dans cette région — comme dans plusieurs autres j'en suis convaincu —, les églises tiennent lieu de club social, organisent des concerts même assez profanes dans leur contenu, s'occupent de camps de vacances, de garderies, d’œuvres île charité, et j'en passe.Sans elles, l’isolement ferait sans doute plus de ravages encore.Et c’est sans doute à cause de cet isolement des premiers colons que la religion a pris une place si importante.La concurrence entre les églises est difficilement perceptible, à part à la télé où les prédicateurs ne ménagent pas leurs efforts pour attirer l'attention des quelques brebis restantes.la vraie concurrence est entre la messe du dimanche matin et celle du dimanche après-midi: le football universitaire, qui attire toute la ville en un temple unique.Ne pas y participer est un peu se condamner à su bir l'ostracisme de son milieu.Refuser des billets qu’on vous offre pour un match de football est un peu comme refuser de boire après avoir porté un toast en Russie: un faux-pas culturel.lii où le bât blesse, c’est dans La fusion assez perverse de la religion d’obédience conservatrice et du patriotisme bêle et méchant.De toutes les analyses fûtes de la réaction conservatrice actuelle, les seules vraiment convaincantes me semblent celles qui font de la vague républicaine un phénomène culturel plus que politique.En fait en associant les démocrates à une élite étrangère et sourde aux «vrais» intérêts du peuple américain, les républicains ont réussi l’exploit d’ancrer leur dis cours aux institutions sociales de l’Amérique moyenne.Oublions la politique d’intérêt, oublions les désastres de la politique de Bush.Je ixirierais sans crainte que la ntl ture conservatrice ne s'érodera que très lentement, |ku ce quelle s'est tissée à même les préjugés et la réalité de cette Amérique profonde.Malgré les différences culturelles assez importantes, les gens du Texas que je connais prennent le temps de vous écouter, même si ce que vous leur dites peut être aux antipodes de leur propre opinion.Vous écoutent-ils pour mieux vous maudire après?J'en serais étonné.J'ai toujours eu l’impression qu’ils considéraient toute opinion hétérodoxe comme le signe d'une absence: il vous a sûrement manqué quelque chose dans votre enfance, ou vous n’avez i>as encore rencontré le prédicateur qui vous mettra sur le droit chemin.Car le relativisme est assez étranger a ces gens-la: il n’y a qu'une vérité, comme il n'y avait qu’une façon de survivre chez les pionniers.L’histoire, de prime abord assez absente, linit toujours (Kir s»* pointer dès qu’on s’y penche serieusemenl.Un mythe les Texans ont certainement un charme un peu exotique.Après tout, Ils ont une dçs identités les plus fortes qu’on puisse retrouver aux Etats ! luis, après les New-Yorkais et les Ualitorniens.Mais il me semble que le Texas est d’une certaine façon un mythe.Un mythe de sa propre puissiuice, du sa propre démesure et de son arrogance.C e n’est d'ailleurs pas pia hasard si le récit de leur propre indépendiuice est toyt entier marqué d'insolence: des colons blancs des Etats du sud s'installent en territoire mexicain pour ensuite (aire un pied de nez à leur gouvernement et lui arracher leur liberté manu militari.la manne pétrolière est déjà l’ombre de ce qu'elle a été.Dans cet That, les gens aiment toujours consommer «gros» et étaler leur richesse, même si une récession pourrait les faire tomber de leur piédestal •consumériste».la pauvreté, rurale surtout, y est assez abjecte et de plus en plus visible à quiconque se donne la |>eine de regarder.Mais qui dit mythe dit real et let-tun's possibles à linf’i-ni J’ai déjà pu lire sur un autocollant de pare-choc au Nouveau-Mexique: «Si Dieu avait voulu que 1rs Texans fissent du ski, il leur aurait dtmné des montagnes!» Mon Texas à moi est un |x*u différent C’est plutôt un monde de gens affables, gentils et bornés qui m’ont accueilli sans vraiment croire que j’allais y rester.Pourtant, avoir vécu un an au Texas est presque comme y avoir vécu toute une vie.Tout y est démesure.comme la plaine infinie et le ciel majestueux.Mais un jour viendra ou le coton cessera de trousser parce qu’il n’y aura plus d’eau à pomper.Ce jour-là, les bisons pourront revenir et l’histoire véritablement commencer./.intégralité de res textes sera publiée cet automne dans la revue Conjonctures (www.trempet.uqam.ea/conjonrturrs), numéro 4H, sous le theme «Impressions USA».Michel Venne Les Montréalais ont pu ressentir a quel point le confît qui déchire le Moyen-Orient leur est pioche, désormais.Plusieurs d’entre eux ont vu ces derniers jours leurs voisins d’origine libanaise (quelque 40 000 vivent dans la région montréalaise) revenir de vacances écourtées au Liban, dans des conditions atroces et la peur au ventre.Des les premiers jours de la campagne militaire israélienne dans le Sud-Liban.la famille du proprietaire d’une pharmacie Jean-Coutu (quoi de plus familier a l’oreille d’un Québécois?), Ali Al-Akhras.était decimee lors d’un bombardement L’offensive de Tsahal a fait 1000 morts, 3000 blessés, des centaines de milliers de réfugiés et des milliards de dollars de dom- mages matériels.L’économie libanaise est en lambeaux.Un courant de sympathie pour le peuple libanais s’est vite affirmé.D’autres Montréalais ont entendu une autre version, celle de leurs voisins, qui racontent l’épreuve douloureuse de leurs familles vivant eDes, en Israël, contraintes de quitter leur demeure pour échapper aux ripostes du Hezbollah.Montréal est l’une des villes de la diaspora juive.La communauté y possède de nombreuses institutions sociales.Ses dirigeants ont acquis une influence indéniable sur le plan économique tout comme sur le plan politique.Tous les juifs de Montréal, loin de là.ne soutiennent pas les strategies militaires d’Israël.Mais bon nombre ont exprime leur solidarité avec la decision du gouvernement Obnert d’utiliser la force pour «se défendre* contre des mouvements qui souhaitent ouvertement la destruction de l’Etat hébreu.?L’un des écrivains israéliens les phis connus au monde, Amos Oz, mifite depuis 40 ans pour une solution pacifique négociée entre les Liban, P.Q.peuples d Israel et de Palestine.Il a fondé, en 1978, le mouvement la Paix maintenant Il y a quelques années, lorsqu’on lui a demandé ce que nous pouvons faire, nous, qui ne sommes pas partie liée a ce confît a part nous tenir la tète dans les mains et crier «Quelle horreur!», sa réponse fut très simple.D’abord, cessez de répandre dans vos journaux des vues étroites et simplistes d'Israël, de la Palestine, des Arabes et de Tislam.Ensuite, perdez cette mauvaise habitude de montrer du doigt l’un ou l’autre en cherchant lequel est le bon et lequel est le méchant Le conflit israelo-paJestimen n’est pas un western, disait-il.C’est plutôt une tragédie dans laqueDe deux peuples sont victimes.Cherchez donc, au beu d’identifier un coupable, à aider non pas l’un ou l’autre mais ces deux peuples qui poursuivent tous les deux une cause juste.?L’offensive israélienne au I iban incite plusieurs personnes a choisir un camp même si tous appel-lent a la paix.Il est clair que l’offensive militaire israélienne est disproportionnée et qu elle aurait dû cesser depuis long temps.Non seulement plus d’un rnillxT de civils ont payé do leur vie le prix de cette stratégie, mais plusieurs israéliens commencent a comprendre que celle-ci risque de donror un résultat contraire a celui qui est espéré.Tout comme Israël n’avait pas réussi a éliminer 7011’ et Yasser Arafat en 1982.lorsque commença la première çt longue occupation du Uban, l’Etat hébreu ne parviendra [ras a éradiquer le Hezbollah qui, tout en étant un mouvement arme, s’est également constitue en parti politique dont des représentants.démocratiquement élus, siègent au gouvernement bbanais, et a créé un ensemble de services sociaux dont jouissent les populations libanaises les plus démunies Fire, en massacrant des pr^xilations civiles, Israël est en train de transfor mer son ennemi en héros de la résistance.D’aucuns accordent déjà une victoire symbolique au Hezbollah et a son chef, Nassan NasraMi.Fl va de soi que, sur ces faits, Israël,a eu tort en complicité avec les Etats-1 nis de George W.Bush, au nom d’objectifs stratégiques et militaires qui débordent le conflit local.Ce n’est certainement [Kts le peuple israélien qui a voulu ce nouvel épisode rie barbarie, hu itième d’ailleurs en est victime.Israël affirme que l’offensive militaire a été provoquée par une ‘agression» du Hezbollah.Il rap peïle, ajuste titre, que ce mouvement ainsi que le Hamas s’est donné comme but la destruction d’fsraél, un objectif réaffirmé ré cemrnenl par l’un ries commanditaires du mouvement chiite, le président iranien Mahmoud Ab madinejad.Il est vrai, également, que la communauté internationale n’a jamais réussi a appliquer la résolution 1559 de TON U qui pré voit le désarmement des milices chiites au Uban.En remontant le fil de l'histoire, chacun trouvera ainsi prétexte a renchérir.C’est comme ça que la région a connu cinq guerres et subi 150 000 morts depuis la création d’Israël en 1948.• ?« Au cours des derniers mois, des progrès avaient été enregistrés dans la région ave< le début du retrait d Israël et la fermeture de certaines colonies dans les 1er ritoires palestiniens.Des son dages indiquaient également des changements d’attitude au sein du ptiiple iwlestinien, désormais dis-[Mtsé en majorité a reconnaître Israel, en dépit de la doctrine offi-cielle du Hamas, parti au pouvoir, la société israélienne elle-même évolue.Quelque 20 % de la pipula tion d’Israël est arabe.!/• sionisme n’a plus le même attrait rlans une société plus individualiste qui aspire elk- aussi a la \r,ax L'épisode sanglant de cet été 2000 va certainement ralentir ces progrès.Chez nous, que peut-on faire, a part se mettre la tête dans les rnains et ctmt «Quelle horreur!»?Montréal est un lieu de ren contre de ressortissants et sym pathisants de toutes les parties en cause Pourrait-elle être le lieu d'un dialogue pour maintenir un peu d’espoir?Au niveau des peuples, jmisque pour llieu re, il semble difficile de pouvoir compter sur les Etats, y compris le nôtre, pour élaborer une solution acceptable.miihfl.venne* intn.qc.cu i.-éqi ii»r w DEVOIR IA REDACTION loumiimn * I'oSbriBMina enwratr H mrsr^tlgima» i.«nM Mtor lafrmar sa *>««rUmf it i mfmmnm Irunr Cerrm-m lafUtm aw«i/^aet !*•* «¦- V,- Sort-.- - «,«mt ..-» lum* 'témmalHO H tain it tméUI.CUnaint Cwctiy lOtmtrat) Jran Dmt.Low* Gffle» Fncxmr >tarmaarmmj, Brsefe M»sg»r (ntrammOU éa ttlr lalrratli Launte» C !»»»; J«s»/>«>l!anirr Ownw irummit IntrtatC.ImMI» Vm* tamit LmAM St*»* g» Michel Gtrneati (ccncëturistr .Diane Precoart o Go mont et Nerf* Paqvirt (rtU'Itwti tamaialro (Metatfwefèa) à Vadormmtkm culturelle Michel Betar (Aaorer ft rmkter LmJtwftT Juhe CarpeMfer 'pmpttni.Pau?Bewiefl ‘fimpUr* r^nfn tgfnam fl ndtmrrb é* uffé-fné ^rhaoe KaÆarffror Paul C ****** > .( aroW Moertpetri pmpttrr tntrrmtîum* rt page té&wvah Claude Lé******.Gnj TaüHrr A rmAornMttran p'ditKfo* HrVor fassjr" Mare* f otnHkn é Otuwt Afrtome RobdaiDr et Robert Dvthaar -au ( Pr Martine Mrhr fcœiiaod H*hm Sab* W# ttwnfru Nfhne Laporte.Martine Benibé uereManer* LA PftODt CTÏON Chrwfian (gouM tAeerfrarr ét pfnéartvm MirhH BernaArhea.Joharmr Brunet, Daruefir Cantara forhard De* Cornerr« Donald Vttmm Yaraudi Morte /erruat» '/.mer PROMOTION.DISTRIBITION ET TIRAGE Aletandre Çjwdreau (reeedeaaafrar a la promettan fi é la flluitattan Caroline Simard irrff«»iaA/e **?*«?# a la rlttatti* pat taténm Manon .?M* que I, He Franco» Bnaon uamtvMtw'.Mroèe Cartnrt irmpmmMr éa» tffnett nmpaaMa»).Céter Form GMnme Ufleur Oaedette Belrwae 'a6r««tr aAmraatfmft** Uaedme Chrerter Momqee Protmu Datwfte Hum mpemtaUf éf la pat* / hum Mjrtra f fatly* êm» Noucy l Call a ft/ Pauhne (tfavti ( tt terne *%) rrrn jaas de marge de manoeuvre.Hier, M.Charest avançait toutefois que, grâce à la «gestion rigoureuse» des finances publiques, grâce notamment à l’amélioration de la cote du .crédit du Québec et de la réduction de la taille de l’État, il possédait maintenant des marges nécessaires pour réinvestir dans le secteur postsecondaire.Et ce, avant même la fin des négociations avec Ottawa, ,à propos desquels, du reste, il s’est dit «confiant».À ses dires, les signaux envoyés par Ottawa en ce domaine, depuis la tenue d’un grand sommet pancanadien sur l’éducation postsecondaire en février, sont «positijs».L’annonce surprise de M.Charest survient quelque dix jours après l’échec des négociations sur la péréquation à la rencontre annuelle du Conseil de la fédération à Terre-Neuve.Le communiqué, émis au terme de ce sommet ne réitérait même pas le consensus obtenu un an plus tôt à Banff.En 2005, en effet, les provinces avaient convenu de réclamer d’Ottawa qu’il rehausse immédiatement ses transferts en éducation postsecondaire au niveau de 1994, ce qui représentait une omine de 2,2 milliards, soit 4,9 milliards de dollars de 2006.En 2006, les premiers ministres ont toutefois conclu que dans les rapports entre les provinces et Ottawa, c’était désormais «chacun pour soi».M.Charest ne semble d’ailleurs plus attendre après le Conseil de la fédération pour régler le problème du sous-financement de l’éducation postsecondaire.Hier, il a lancé ses propres messages directement au fédéral.Le seul passage en anglais de son allocution portait d’ailleurs sur le financement postsecondaire et s’adressait directement au gouvernement fédéral.Plus tard en conférence de presse, il a eu ces mots: «Le règlement du déséquilibre fiscal, ça passe par le postsecondaire.Il y a une belle occasion pour le fédéral là-dedans.Avec une pierre, il frappe sur deux cibles en même temps.» Réserves Ayant réclamé cette semaine que le gouvernement ne se cache pas dernière l’échec du Conseil de la fédération ou la lenteur d’Ottawa pour «se soustraire à son obligation de financer nos universités et nos cégeps», le critique péquiste en matière d’éducation, Ca-mil Bouchard, ne pouvait que se réjouir de l’annonce faite, hier.«Cela prouve que j’ai de l’influence sur ce gouvernement», a-t-il plaisanté.Reste que, selon lui, il était temps que le Parti libéral commence à respecter la promesse qu’il a faite en 2003 de réinvestir 240 millions de $ dans les universités.«Et permettez-moi d’être méfiant à leur égard.Ils ont montré dans les der- nières années leur propension à ne pas respecter leurs promesses», a dit M.Bouchard.La FEUQ et à la FECQ ont aussi accueilli la nouvelle «avec réserve», hier.«On na pas d’échéancier clair pour le moment », a dit son le président de la FEUQ, Philippe-Olivier Giroux Pressé de questions, M.Charest n’a par ailleurs pas profité de l’occasion pour revoir l’engagement pris par son parti de maintenir le gel des droits de scolarité, vu par de nombreux experts et la CJ du PLQ comme une cause directe du sous-financement du secteur postsecondaire.Le premier ministre a rappelé qu’un rapport sur la question était attendu le printemps prochain.Tout le monde s’entend pour dire qu’il faut «pousser plus loin la réflexion», a-t-il indiqué.La santé En matinée, les quelque 500 militants de la CJ réunis en congrès avaient d’abord adopté une série de résolutions.Les jeunes exhortent le gouvernement à limiter l’augmentation du budget du ministère de la Santé à celui de la croissance économique.Ils craignent que la santé n’en vienne à gruger les sommes dévolues aux autres missions de l’État «Est-ce qu’à notre retraite le budget santé va atteindre 80 %?», s’est inquiété le président de la commission-jeunesse, Simon Bégin, qui quitte ses fonctions après deux ans et demi à la direction de l’aile jeunesse du PLQ.Par ailleurs, les jeunes libéraux souhaitent une politique d’égalité des sexes «qui reconnaîtrait les problèmes que vivent les hommes présentement» et demandent au gouvernement d’augmenter le financement des organismes offrant une aide «aux hommes spécifiquement».Le Devoir Avec Jocelyne Richer de la Presse canadienne O’NEILL SUITE DE LA PAGE 1 Plusieurs personnes avaient par la suite fait parvenir des exemplaires au directeur du Devoir d’alors, Gérard Pillion, en guerre contre le régime Duplessis.«fiai appelé Fillion et lui ai dit que je savais qu’il avait le texte."Pubhez-le, mais s'il vous plaît, enlevez les noms"», se rappelle-t-il.Fillion ne rate pas une si belle occasion d’en appeler à un «réveil de la conscience publique» et signe un editorial «écrit à la hache» (dLxit O’Neill) qui va plus loin que les deux théologiens puisqu’il nomme explicitement le «cheuf»: «Qu 'est-ce que ce serait après tout, pour une compagnie comme llron Ore, écrit Fil-lion dès le 8 août, de verser cinq millions à la caisse électorale de M.Duplessis, si elle a la garantie que.pour tant données à venir, elle ne paiera en royauté qu ’un cent la tonne de minerai?L’opération serait avantageuse et je ne serais pas surpris qu elle s’y soit laissé tenter.» Le directeur du Devoir retapera sur le clou à plusieurs reprises les jours suivants.Les langues se délient alors, les confessions se multiplient: «On a découvert par la suite que la situation était encore pire que celle qu’on avait dénoncée», se souvient Inuis O’Neill.En dehors du Québec aussi la polémique attira l’attention: le Globe and Mail, le Neu-York Times et fa magazine Time, Le Monde et fa Manchester Guardian, entre autres, parlent de l’affaire (comme 1e note le politologue Rooh Denis dans un ouvrage).Révolution tranquille Selon O’Neill, l’événement révèle des facettes oubliées.voire negligees, de La grande noirceur — un terme qu'il trouve excessif —, par exemple que fa totahta-risme ne régnait (vis alors au Quebec, contrairement à ce que tend à taira croire fa tableau qu’on en brasse de nos jours.«Comme disait Fiüùm.‘Duplessis taisait peur aux peureux’», rappelle O’Neill C'était un autocrate, indéniablement.mais un dictateur?O’Neill, pour répondre.cite encore Fillion: «S'il l'avait etc, mms aurions rte plusieurs à goûter à la prisim rt à l’exil.» Ainsi, pendant la polémiqué, fa «cheuf» se fait plutôt discret et comme souvent se defend avec un humour douteux «Ow lui avait demande un jour ‘Est-ce que txnts aiw lu le texte puNie par deux théologiens atrrtis' Il aivit répondu: "Atertis par qui?’ On n a jamais vraiment su ce qu 'il en aivitlu ou pense.» L’Eglise, elle, réagit, mais timidement.O’Neill fut convoqué par son supérieur, monseigneur Alphonse-Marie Parent.L’ecclésiastique se montre plutôt aimable et mal à l’aise: il demande au jeune abbé d’abandonner sa fonction d’aumônier auprès des étudiants du Séminaire de Québec, de ne pas publier d’article pendant un an et d’aller s’entretenir avec le cardinal Maurice Roy.Ce dernier, évasif, lui fait quelques commentaires sibyllins sur la prudence.«C'était son genre: tu devais comprendre tout seul le reste», s'amuse O’Neill.Au fond, cette affaire montre que la Révolution tranquille n'a pas donné lieu, comme on fa laisse entendre dans certains milieux, à une bataille rangée entre, d’un côté, les laïcs réformistes et, de l'autre, les religieux.«Sachez qu'on avait eu l’imprimatur — donc la permission de publier — de monseigneur Lemieux'», rappelle O’Neill.C'est au sein même du clergé, dans les rangs de l’Église, que s’est ouverte la brèche par laquelle la modernisation du Québec allait s’accélérer.Quelques années plus tôt la grève de l’amiante de 1949 avait déjà montré la cassure entre catholiques de gauche et de droite.D'ailleurs, dans leur texte, les abbés faisaient remarquer que «traiter convenablement de la signification profonde du dernier scrutin exigerait un volume aussi considérable que Iétude de la grète de lamiante».Les abbés réaliseront leur projet.Quelque six semaines avant fa scrutin de 1960, Us publient Les chrétiens et les elections aux editions de l'Homme, une plaquette qui atteint très vite des ventes records: plus de 100 000 exemplaires.C'est un des premiers succès de librairie de fa Revolution tranquille: «Peu après, on a etc dépassé par Les insolences du frère Untel».dont 1 auteur.Jean-Paul Desbiens, disparu cet été.était un grand ami de Louis O’Neill.Présente lors de l'entrevue.Michèle Castonguay — épousé de Louis O'Neill, qui a quitté la prêtrise en 1973 — nous tend trois gros albums-souvenirs bleus remplis d’articles de cette époque: «C’est très pré-aeux.fiiites-y très attention.• L’archive est riche en effet.et contient aussi quelques.perles.Notamment de l’historien Robert RumiDy, hagiographe de Duplessis, qui.dans Les Nouvelles illustrées du 14 mai 1960.accuse Dion et O'Neill de «nuire à l'Eglise»: «C’est sans aucun plaisir que je défends mes idées, nos idees.contre des prêtres.|.1 fa spectacle est peu édifiant.Mais à qui la .toute?Qui sont les provocateurs, les brund’«*• h b»' * *e» «tvnn« à h ,lrv«K,v .tVnnmwtow.rrownue.Vw h ,w.lr> indu* ou V- «mW [wmw .t# rinwrM pMe .tu hadi au «nir.li |W te lVenir ta.doM ta «rçr rM slur au .\e0, rur IV Hrure.» «w M.wweni.iVJuely.» KM VVN I m La^auv IVews .inaAruf es aneevr > rnykrm n t ta» altnsllis» çt»»i.p ita» U Ommr Lt
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