Le devoir, 5 août 2002, Cahier A
SANTE SPORT La maladie du légionnaire frappe la Grande-Bretagne Page A 3 www.ledevoir.com ?Le triathlonien Simon Whitfield donne Tor au Canada Page B 4 LE DEVOIR Fiers, deux fois plutôt qu ’une ÜIM 8MM— _ _ _ PATRICK SANFAÇON LE DEVOIR Cette année encore, le défilé de la fierté gaie a réservé de «plaisantes» surprises aux Montréalais et aux touristes massés le long du boulevard René-Lévesque pour voir passer les chars allégoriques.Selon les organisateurs, près de 800 000 personnes ont participé à l’événement, qui constitue le point culminant des festivités de la «Divers/Cité».Attaque contre un autocar Israël suspend tout contact La série d’attentats du Hamas se poursuit REUTERS ASSOCIATED PRESS AGENCE FRANCE-PRESSE Israël a décidé hier de suspendre les pourparlers prévus dans les prochains jours avec des responsables palestiniens, à la suite d’un nouvel attentat suicide faisant dix morts en Haute Galilée et marquant la deuxième vengeance du Hamas après l’assassinat de son chef militaire.Quelques heures après cet attentat survenu dans un autocar circulant dans le nord d’Israël près du Mont Méron, où se trouve le tombeau sacré d’un sage juif du II' siècle de notre ère, un Palestinien a ouvert le feu sur un véhicule commercial dans un marché palestinien de Jérusalem-Est Au moins trois personnes, dont le tireur, ont trouvé la mort dans l’incident revendiqué par les Brigades des martyrs al-Aksa, groupe armé lié au Fatah du président palestinien Yasser Arafat.Ces nouveaux attentats interviennent en pleine reprise du ballet diplomatique: pour la première fois depuis des mois, on laissait entrevoir pour bientôt une rencontre à haut niveau entre Ariel Sharon et des ministres palestiniens.Le chef de la diplomatie Shimon Pérès devrait malgré tout rencontrer le président égyptien Hosni Moubarak au Caire aujourd’hui.VOIR PAGE A 8: ISRAËL Un défilé aux allures de victoire La nouvelle Loi sur Vunion civile accentue la fierté de la communauté homosexuelle FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Après le Grand Prix, le Festival de jazz et les FrancoFolies, c’était hier au tour d’un autre grand événement de l’été montréalais d’égailler les rues de la métropole: le «défilé de la fierté», gaie, lesbienne, bisexuelle, transsexuelle et travestie, s’entend.Un cortège prévisible, comme c’est le cas depuis maintenant dix ans, avec son lot de shorts courts et serrés — là où il faut! —, de costumes à paillettes, de seins nus, de fesses habillées de fils et surtout d’homosexuels et de les- biennes de tous âges qui affichaient cette année, en plus de leur fière différence, le sourire de la victoire.«L’ambiance est incroyable aujourd’hui.Particulière aussi contrairement aux autres années, a lancé André Bou-lerice, ministre délégué aux Relations avec les citoyens et à l’Immigration et habitué depuis une décennie de cette grande fête où «les différences sont palpables», dit-il.«En plus de l’affirmation des droits de la communauté gaie du Québec, c’est aussi l’avancée considérable qu’a faite le Québec avec la loi 84 [sur l’union civile] que nous célébrons ici.» «Une loi novatrice et audacieuse», a ajouté pour sa part Pauline Marois, vice-première ministre du Québec, venue elle aussi au milieu de la brochette de politiciens présents pour l’occasion «témoigner de sa solidarité envers une communauté pour laquelle le gouvernement du Québec s’est toujours montré accueillant», a-t-elle précisé.Air du temps, le défilé ouvert, comme il est désormais de bon ton, par les «huiles» du Québec — représentants syndicaux, ex-maire, conseillers municipaux, députés provinciaux et fédéraux —, sur l’invitation de l’organisme Gai Ecoute (l’oreille de la communauté), avait accordé pour sa cuvée 2002 une place de choix au premier couple du Québec à profiter de l’union civile enregistrée: Roger Thibeault et Théo Wou-ters.Le symbole était inévitable.Remarqué aussi; autant du moins que la Chrysler officielle avec à son bord les gardes du corps de Mme Marois — premier vice-premier ministre à participer à un tel événement — à quelques voitures décapotables des heureux «presque mariés» acclamés par les milliers de personnes massées le long du parcours sur le boulevard René-Lévesque.VOIR PAGE A 8: DÉFILÉ REUTERS Des Juifs orthodoxes ont participé en grand nombre aux funérailles d’une victime des attentats d’hier.LE MOT DE L’ACADÉMIE Retrait éventuel de Jean Chrétien FRANCOFOLIES «Un soulagement général», estime liza Frulla FRANÇOIS VÉZINA PRESSE CANADIENNE Si le premier ministre Jean Chrétien annonçait qu’il se retirait de la vie politique, cette décision serait «un soulagement général», estime la députée libérale de Verdun-Saint-Henri-Saint-Paul-Pointe Saint-Charles, Liza Frulla.Mme Frulla a émis cette opinion lors d’une entrevue qu’elle accordait à la journaliste Madeleine Roy et qui sera diffusée ce soir à l’émission RDI à l’écoute, sur les ondes de RDI.VOIR PAGE A 8: FRULLA ¦=T INDEX Actualités.A2 Annonces.B 5 Avis publics.AS Convergence.B 7 Culture.B 8 Économie.B l Éditorial.A 6 Fonds.B 2 Idées.A 7 Monde.A4 Mots croisés.B 5 Météo.AS Religions.B 6 Sports.B 4 Télévision.B 6 Le nombre de festivaliers a augmenté de 24 % Plus de 765 000 personnes ont participé à l'événement JACQUES GRENIER LE DEVOIR Stefie Shock, lauréat du prix Félix-Leclerc.Les 14” FrancoFolies se sont terminées hier par une grande fête menée par Stefie Shock, lauréat du prix Félix-Leclerc de la chanson.La légère baisse des ventes de billets en salle n’a pas empêché l’événement de connaître un succès sans précédent en ce qui a trait à l’achalandage des scènes extérieures.Le nombre des festivaliers est estimé à 765 222 personnes, une augmentation de 24 % par rapport à l’an dernier.Côté bilan artistique, les FrancoFolies se disent placées sous le signe de la créativité et de l’audace.Nos informations en page B 8 Mot « J tr e veux vous dire un mot», nous a-t-on murmuré sur le ton de confidence, mais avec une rapidité dans la voix qui étonnait, comme s’il y avait eu urgence.Puis, on s’est mis à parler pendant des heures, faisant tournoyer comme des toupies les mots et leurs sens, en perdant par moments quelques-uns de vue, s’égarant, nous égarant, loin des possibles de la phrase ou de la conversation — qui va plus loin, plus à fond —, nous entraînant dans le tourbillon insensé de ses bavardages, et son mot métamorphosé en monologue est alors devenu bourdonnement, de nouveau associé à mouche dont il aurait, selon Alain Rey, le même radical latin.On a murmuré, comme trop souvent nous parlons ou nous écrivons, en oubliant que les mots sont «des êtres vivants parfaitement autonomes», magnifiquement décrits par Nathalie Sar-raute dans son dernier livre Ouvrez; qu’ils peuvent parfois être «tout d’une pièce, entièrement pleins d'une substance homogène, compacte», dangereuse même, quand nous les associons, malgré eux, indifféremment, sans pensée ni intention de lumière; quand nous les enfonçons les uns après les autres, contre leur gré, dans les ténèbres de l’imprécision, de la surcharge, de la certitude, de la précipitation, du malentendu, de la propagande, de l’idéologie, du rire, de la raillerie, de l’indifférence, ou pire de l’ignorance.VOIR PAGE A 8: MOT Denise Desautels ? LE I) E V 0 1 R , LE LUNDI 5 AOÛT 2002 •LES ACTDALITES- La violence à la télévision peut avoir des effets tangibles sur le cerveau PAULINE GRAVEL LE DEVOIR La violence à la télévision peut induire des comportements agressifs chez certains enfants.C’est un fait désormais indiscutable.Mais quels mécanismes cérébraux participent à l’émergence de ces effets?Une équipe de chercheurs américains nous apprend que l’écoute de scènes de violence sur le petit ou le grand écran active la zone du cerveau qui est responsable de ces flashbacks qui resurgissent à la conscience des personnes ayant vécu une expérience particulièrement traumatisante.En ramenant spontanément à l’avant-plan les actes de violence vus à la télé, cette aire cérébrale favoriserait le recours à ces comportements indésirables lorsque l’enfant se retrouve en situation de conflit.Une multitude d’études effectuées au cours des cinquante dernières années ont montré les divers effets de la violence à la télévision et au cinéma sur le comportement des enfants.«Les enfants qui regardent beaucoup de violence peuvent devenir plus agressifs, plus enclins à utiliser l'agression pour résoudre leurs conflits», a résumé John P.Murray, psychologue du développement mental à la Kansas State University lors de la rencontre de l’International society for research on aggression qui avait lieu la semaine dernière à l’Université McGill.«Ils deviennent de moins en moins sensibles à la violence et La vigilance des parents s'impose PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Les parents doivent garder en tête que les jeunes enfants ne distinguent pas bien la réalité de la fiction et que, de ce fait les scènes de violence qui émaillent bon nombre de nos émissions de télévision peuvent nourrir leur agressivité.D’autant que la violence qui nous est présentée à l’écran demeure souvent impunie et laisse les victimes étonnamment indemnes! Lors de la rencontre de Y International Society for research on aggression qui se tenait à Montréal la semaine dernière, le psychologue Ed Donnerstein, professeur au département des communications et doyen de la faculté des sciences sociales de l’université de Californie, Santa Barbara, a insisté sur le pernicieux message que véhiculent les médias.Message qui laisse croire aux enfants que notre sodété tolère, voire approuve, la violence.Plusieurs des personnages qui usent de violence dans une émission de télé ou au cinéma sont attrayants, précise le chercheur.«Ils sont de véritables héros auxquels les enfants ont tendance à s’identifier.Dans plus de 50 % des cas, la violence qu’ils commettent demeure impunie.Le coupable n’est pas arrêté, ni critiqué pour ce qu’il a fait- H s’agit souvent d’une violence qui est Justifiée puisqu’elle fait partie d’une revanche.Mais finalement, le message qu’en tirent les enfants est celui que la violence est acceptée dans notre société.» Dans la majorité des films, les victimes de cette brutalité ne subissent pas de mal ou très peu, fait également remarquer le psychologue.Si blessure il y a, elle est souvent irréaliste, et ce, particulièrement dans les émissions pour enfants.«L’héroïne lance des briques sur la tête d’une personne qui tombe sur le dos.Dans la scène qui suit, on ne voit pas une seule égratignure sur le corps de la victime.La souffrante ne semble pas réelle contrairement à celle traduite dans le film Saving Private Ryan de Spielberg, par exemple.» Ed Donnerstein rappelle aussi que les enfants de moins de six ans ne distinguent pas bien la frontière qui sépare la réalité de la fiction.«Alors que les adultes comprennent bien qu'une scène à la télévision n’est pas réelle, les jeunes enfants ont du mal à faire cette distinction.Et les parents doivent s’en souvenir», dit-il avant d’ajouter que les jeunes enfants ont également certaines difficultés à lier les événements d’un film.«Un enfant de trois à quatre ans ne fera pas le lien entre une scène de violence présentée au début du film et celle décrivant l’arrestation et la condamnation de la personne responsable de ces actes de violence qui survient à la toute fin du scénario.Les adultes savent que la violence ne paie pas.Mais les enfants de trois ou quatre ans ne font pas ces connexions.» A cela s’ajoute le phénomène de désensibilisation qui a été montré par de nombreuses études.Plus on regarde des scènes de violence, moins on y est sensible, moins elles nous dérangent, résume le cher-cheur.Conséquence: «Nous tolérerons davantage la violence dans le monde réel.Quant aux enfants, ils surmontent leur crainte.» Cela veut-il dire que tous les enfants deviendront délinquants en regardant la télé?«Non, mais si un enfant est déjà agressif, Hy puisera beaucoup de renforcements», affirme le spécialiste.Pour d'autres très jeunes enfants, l’écoute des bulletins de nouvelles dans lesquelles on annonce qu’un enfant a été kidnappé, agressé sexuellement et abandonné dans un champ ou qu'une mère a noyé ses enfants est terrifiante.«Des recherches ont montré que lorsque ce type d’images est revu à répétition, elles finissent par terroriser les enfants et provoquent chez eux de l’anxiété et des cauchemars.Ces enfants finissent par considérer le monde comme très dangereux», souligne le psychologue.Doit-on empêcher nos enfants de regarder la télévision?Doit-on débrancher le téléviseur et l’ordinateur?Il sera difficile d’interdire aux enfants de regarder certaines émissions, prévient Ed Donnerstein.Si on censure une émission, l’enfant voudra regarder plus que jamais le fruit défendu.Les parents peuvent émettre des règles, mais les copains et les voisins que l'enfant fréquente ne sont peut-être pas soumis aux mêmes contraintes.Il est alors facile de sauter la clôture.«Il vaut beaucoup mieux s'asseoir avec son enfant et discuter du contenu de l'émission ou du film que de restreindre l'accès à la télévision», recommande le chercheur.«Il est important de faire comprendre à l’enfant que, dans la vie réelle, la violence entraîne de la douleur, de la souffrance et même la mort A l’école, les professeurs peuvent aussi participer à transformer les enfants en spectateurs critiques.L’enfant sera alors mieux armé lorsqu'il se retrouvera seul ou ailleurs devant des images qu ’on ne voudrait pas qu 'il voie.» On ne doit pas croire que les médias représentent le seul facteur qui contribue à la violence chez les jeunes, insiste finalement Ed Donnerstein.De nombreux autres, tels que l'influence des camarades, des parents et des déterminants biologiques, jouent aussi un rôle important.À ses yeux, les médias maintiennent et renforcent les attitudes agressives que les enfants ont déjà acquises.davantage capables de la tolérer.Ils en viennent à penser que le monde fonctionne de cette façon.D’autres personnes, par contre, commencent à croire que le monde est aussi dangereux que le tableau que nous en brossent les fictions diffusées à la télé.» Cerveau actif Afin de mettre en lumière les processus cérébraux par lesquels s’effectuent ces modifications de notre perception, John Murray a mesuré à l’aide de la technique d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle l’activité du cerveau d’enfants âgés de huit à treize ans pendant qu’ils regardaient des scènes de boxe particulièrement intenses tirées du film Rocky IV.«Les séquences choisies relatent une simple histoire de vengeance et, de ce fait, elles représentent le genre de violence le plus dangereux puisque cette dernière apparaît justifiée, et même glorifiée», précise le chercheur.Les mesures relevées durant ce visionnement ont ensuite été comparées à celles recueillies alors qu’on présentait aux enfants des séquences exemptes de violence et extraites de deux émissions pour enfants, Ghostwriter et National Geographic, diffusées sur la chaîne publique PBS.Outre les régions cérébrales associées à la perception des informations visuelles et auditives qui étaient activées autant par les séquences de violence que de non-violence, plusieurs autres zones du cerveau étaient en revanche stimulées uniquement PRESSE CANADIENNE La vie de Mohamed Chelali a pris une tournure insoupçonnée le 14 juillet dernier lorsqu’il a inaîtrisé un tireur fou qui visait le président de la France Jacques Chirac.Il compte maintenant raconter son histoire dans un livre, rapporte La Presse dans son édition d’hier.M.Chelali écoule paisiblement ses vacances en France avec sa femme et ses deux enfants, mais il continue tout de même d’accorder des entrevues à des médias arabes, anglais et français de temps en temps.Un éditeur en langue arabe lui a même proposé d’écrire un livre, ce qu’il compte faire au cours des prochains mois, une fois qu’il sera installé à Beyrouth, où il poursuivra sa carrière d’enseignant.M.Chelali se cherche maintenant un éditeur francophone et un anglophone.Le Franco-Canadien d’origine algérienne assistait au défilé du 14 juillet sur les Champs-Elysées quand Maxime Brunerie a tiré un coup de feu en direction du président Chirac.Mohamed Chelali et deux autres hommes l’ont toutefois lors de la projection des images de brutalité.L’une de ces zones est l’amygdale, une structure qui s’anime lorsqu’apparaît une situation de danger.«Quand vous voyez apparaître un serpent à vos pieds par exemple, la surprise vous coupe le souffle, explique John Murray.L’amygdale reconnaît la présence du danger et induit instantanément une série de modifications physiologiques.Elle arrête la respiration ce qui permet de mieux entendre les moindres mouvements de l’ennemi.Elle provoque également une constriction des vaisseaux sanguins périphériques et concentre du coup la circulation sanguine vers les organes vitaux de l’organisme.C’est une réponse innée devant le danger.» Une fois que l’amygdale a détecté le danger, elle communique avec les autres régions du cerveau, notamment avec le cortex préfrontal qui évalue l’ampleur de la menace, souligne le psychologue tout en spécifiant que cette dernière structure s’allumait également durant l’écoute de scènes de violence.Le chercheur n’avait toutefois pas prévu l’activation du cortex prémoteur, qui contrôle non pas les mouvements eux-mêmes, mais la planification du geste avant même de l’esquisser.«Les enfants étaient immobilisés par l’appareil d’enregistrement et ne pouvaient pas bouger alors qu’ils regardaient le combat de boxe, pourtant ils pensaient à imiter les boxeurs, précise John Murray.C’est un réflexe chez les jeunes enfants de 4-5 ans.Lorsqu’ils regardent la maîtrisé en attendant l’arrivée des policiers.Cet événement lui a aussitôt valu un intérêt soutenu des journalistes du monde entier.Pendant trois jours, Mohamed Chelali s’est gentiment plié à plus d’une centaine d’entrevues.Cette attention médiatique lui a même valu une certaine renommée en France, où il se fait souvent reconnaître dans les cafés ou dans les boutiques, ce qui le gêne.«Dans la rue ou quand je vais acheter quelque chose, les gens me disent: “on vous connaît vous"», raconte-t-il en riant en entrevue téléphonique avec La Presse.Le premier ministre Jean Chrétien, le président Jacques Chirac et des adjoints du président d’Algérie, Abdelaziz Bouteflika, ont tous manifesté leur intérêt pour le rencontrer.Tout comme le président Chirac, Jean Chrétien lui a d’ailleurs donné un coup de fil dans la semaine suivant les événements.«H nous a dit qu 'il était fier, que nous sommes des héros pour le Canada», dit-il.Jean Chrétien a également discuté avec la femme de M.Chelali, avec leurs enfants, Inès et Tarik, ainsi qu’avec leur amie Emma télévision, ils imitent souvent les mouvements des personnages qu’ils voient.» Vaste répertoire de gestes violents Mais ce qui a littéralement stupéfait le psychologue est l’intervention de la circonvolution cingu-laire postérieure, une zone du cerveau qui s’active lorsqu’une victime de viol, un militaire ou un secouriste est appelé à se remémorer les expériences extrêmement traumatisantes qu’il a vécues.«Les bouleversants souvenirs emmagasinés dans la circonvolution angulaire postérieure sont facilement ramenés à la conscience, précise le chercheur.Les flashbacks qui hantent les personnes souffrant du syndrome de stress post-traumatique émergent justement de cette aire cérébrale.» Le fait que cette région du cerveau s’active lorsque les enfants regardent des scènes de violence à la télévision peut expliquer l’agressivité de certains enfants, avance John Murray.«Les enfants disposent d’un vaste répertoire de gestes violents qu’ils ont vus maintes et maintes fois et qu’ils ont rangés dans une filière — circonvolution cingulaire postérieure — à portée de main.Alors, s’ils sont bousculés par quelqu’un, l’amygdale est mise en éveil et alerte la circonvolution cingulaire postérieure, qui rappelle instantanément l’action de frapper.Et bang!» Le chercheur espère maintenant poursuivre son analyse auprès de jeunes ayant été victimes ou protagonistes de violence.Télésystème Mobile International Quand les malheurs de TIW sont expliqués MARIE TISON PRESSE CANADIENNE Londres—L’aventure de Télésystème Mobile International CIW) au Royaume-Uni a mal tourné, au point même d’ébranler l’entreprise de téléphonie sans fil de Montréal.TIW estime cependant que ses malheurs n’avaient rien à voir avec le fait de faire affaires au Royaume-Uni.C’est une opinion que partage une analyste spécialisée dans l’industrie des télécommunications, Joanne Le-may, de la firme Lemay-Yates Associates, à Montréal.«fis ont fait un investissement qui était de loin trop élevé pour ce qu’ils pouvaient aller chercher en termes de revenus, a déclaré Mme Lemay en entrevue téléphonique.Le même constat aurait pu arriver s’ils avaient essayé défaire la même chose au Canada ou aux États-Unis ou n’importe où.» C’est en 1994 que TIW, une filiale de l’empire de Charles Sirois, a procédé à une première acquisition au Royaume-Uni et a entrepris de monter un réseau de téléphonie sans fil numérique.Le directeur des communications de TIW, Mark Boutet, a expliqué que l’entreprise voulait répéter en Europe le succès de Nextel, un fournisseur de services de téléphonie sans fil qui visait une clientèle d’entreprises et qui avait les revenus par abonnés les plus élevés aux États-Unis.Le rêve européen de TIW s’est cependant effondré.La filiale britannique de TIW, Dolphin Telecom, s’est placée sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers en juillet 2001 et TIW a dû radier complètement sa participation dans Dolphin.TTW avait investi 750 millions de dollars dans la filiale.«Ce n’est pas parce que c’était au Royaume-Uni que ça n'a pas marché», a soutenu M.Boutet Il a plutôt blâmé la fermeture du marché des capitaux devant l’industrie européenne des télécommuni cations et une nouvelle technologie qui n’était pas au point.«Le son était mauvais, la couverture était très mauvaise, a-t-il déploré.Nous attendions des appareils de deuxième génération, mais il y avait toujours des délais » Mme Lemay a reconnu que Dolphin avait connu des problèmes technologiques.Elle a cependant remis en question l’ampleur des investissements de TTW au Royaume-Uni.«Ils procédaient à des investissements massifs, comme s’ils s'attaquaient à un marché de consommateurs de masse, alors que le marché réel était beaucoup plus petit», at-eUe affirmé.Elle a indiqué que l’industrie des télécommunications comportait des risques technologiques.L’important est de savoir doser ce risque et de se retirer à temps.«Ils ont mis beaucoup d'argent avant de se retirer», a-t-elle déclaré.Selon elle, le fât de faire affaires au Royaume-Uni n’était pas en cause.«Je ne crois pas qu’il y avait des barrières à l’entrée, au contraire, a-t-elle affirmé.La Grande-Bretagne est un marché très très ouvert.» Elle a ajouté qu’il y avait beaucoup d’affinités entre les méthodes d’affaires au Royaume-Uni et au Canada.«Cest sûr que ça coûte plus cher de bâtir des réseaux à Londres qu’à Montréal, mais par contre, les prix facturés aux abonnés sont plus élevés aussi», a-t-eUe fait observer.Ironiquement, TIW a mieux réussi dans des pays aux cultures d’affaires plus différentes, comme la Roumanie et la République tchèque.TIW, qui a perdu 253,7 milhons en 2001, entend dorénavant se concentrer sur l’Europe de l’Est L’action de TIW, qui avoisinait 340 $ au début de 2000, se négocie actuellement autour de 0,50$.EN BREF L’épouse du pilote Prégent accuse Ottawa (Pt )—L’épouse du pilote d’hélicoptère québécois Gilles Prégent, Carmen Torres, affirme que le ministère fédéral des Affaires étrangères a très peu fait pour lui venir en aide ou la tenir informée pendant les trois mois passés par son mari entre les mains de rebelles colombiens.Contrairement à ce que laissaient entendre les communiqués émis par le ministère tandis que M.Prégent était prisonnier des Forces armées révolutionnaires de Colombie (PARC), les responsables fédéraux ont rarement contacté Mme Torres, originaire du Chili, a rapporté hier le quotidien Ottawa Citizen.' Lorsqu ils lui ont téléphoné, ils ne lui disaient nen qu eUe ne sût déjà grâce à ses contacts en Amérique latine, a-t-elle en outre indiqué au journal.Mme T0 «T8 a ^fn,u ^ ProP08 à son domicile de la banlieue de Montréal, mercredi, alors qu’elle attendait que soit annoncée la libération de son mari, âgé de 50 ans, et de deux autres hommes captifs des PARC.Gros bras, grosse fête! .: 4 PATRICK SANFAÇON LE DEVOIR MONTRÉAL a redécouvert ses racines écossaises et celtes, hier, à l’occasion des 26esjeux des Highlands.En plus des danseurs et des comemuseurs, l'événement mettait en vedette des dizaines d’athlètes de légende, capable de lancer un poids de 28 livres ( 12,5 kg) à une distance de plus de 65 pieds (20 mètres) ou de soulever un tronc d’arbre sans boire de potion magique.Le «sauveur» de Chirac va écrire un livre I i LE DEVOIR, LE LUNDI 5 AOÛT 2 0 0 2 A 3 LE DEVOIR ACTUALITES Recommandation de Dyane Adam sur le travail des fonctionnaires Ottawa songe à mettre fin aux primes au bilinguisme PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le gouvernement fédéral se penche actuellement sur une recommandation formulée par la commissaire aux langues officielles, Dyane Adam, qui prône l’abolition des primes au bilinguisme offertes aux fonctionnaires, a rapporté le quotidien Ottawa Citizen, hier.Selon le journal, Ottawa envisage de faire du bilinguisme une exigence de base pour plusieurs des postes offerts au sein de la fonction publique.Mme Adam croit que le moment est venu de traiter le bilinguisme comme une qualité nécessaire, et de cesser de verser 50 millions en primes annuelles aux travailleurs de l’État afin de les récompenser pour leur maîtrise des deux langues officielles, le français et l’anglais.Après tout, on attend d’un ingénieur qu’il possède un diplôme en génie, et on ne lui accorde pas de prime s’il en a un, avance la commissaire aux langues officielles.Les recommandations soumises à Ottawa font partie d’une nouvelle approche linguistique proposée par Mme Adam afin de faire du bilinguisme un «engagement» et une façon de vivre dans les services gouvernementaux.Mme Adam suggère également que quiconque souhaitant occuper un poste bilingue au sein du gouvernement fédéral ait une connaissance du français et de l’anglais dès l’embauche.En vertu des politiques actuellement en vigueur, les ministères peuvent engager des anglophones et des francophones unilingues et leur offrir ensuite une formation linguistique — aux frais des contribuables — afin de leur permettre de maîtriser l’autre langue officielle.«Afin que les langues officielles aient la place qui leur revient dans un système moderne de gestion des ressources humaines, la connaissance^ du français et de l’anglais doit être considérée comme une compétence de base au même titre que les autres compétences professionnelles requises», a affirmé Mme Adam dans le résumé de ses propositions.La commissaire aux langues officielles a soumis ses propositions à la présidente du Conseil du trésor, Lucienne Robillard, à l’occasion de la modernisation de la gestion des ressources humaines, en septembre 2001.Mme Robillard, qui doit déposer cet automne un projet de réforme de la fonction publique, a refrisé de se prononcer sur ces recommandations.La prime au bilinguisme, de 800 $, a été instaurée après avoir été recommandée par la Commission sur le bilinguisme et le biculturalisme, en 1966, afin de renverser la domination de l’anglais au sein des services publics.Mme Adam estime qu’elle n’a plus de raison d’être.Scandale du patinage artistique aux Jeux olympiques de Salt Lake City Peizerat et Anissina devraient tout dire ASSOCIATED PRESS Paris—Alors qu’il devient de plus en plus difficile de nier l’implication de la mafia russe dans le scandale du patinage artistique aux Jeux olympiques de Salt Lake City, le couple français formé de Marina Anissina et GwendaJ Peizerat, médaillé d'or en danse sur glace aux États-Unis, devrait s’expliquer, aujourd'hui Le plus grand scandale de l’histoire du patinage artistique, que l’on croyait enterré depuis la suspension par la Fédération internationale (ISU) de la juge Marie-Reine Le Gougne et du président de la Fédération française des sports de glace (FFSG) Didier Gailhaguet, a resurgi mercredi dernier avec l’arrestation en Italie d’un membre présumé de la mafia russe accusé d’avoir manipulé les résultats des épreuves de patinage aux JO.Alimzhan Tokhtakhounov, actuellement en détention à Venise et considéré comme l’un des hommes les plus influents d’une organisation moscovite de plus de 3000 membres, est accusé d’avoir tenté de persuader la juge française de voter pour la paire russe engagée dans l’épreuve des couples, et une juge russe de voter en faveur des Français en lice en danse sur glace.Au mois de février à Salt Lake, les Russes Elena Berezha-naya et Anton Sikharulidze avaient remporté l’épreuve des couples devant les Canadiens Jamie Salé et David Pelletier.Le lendemain, la juge Marie-Reine Le Gougne avait affirmé avoir subi des pressions du président de la Fédération française des sports de glace Didier Gailhaguet pour voter en faveur des Russes.Elle s’était ensuite rétractée.Les Canadiens avaient eux aussi obtenu une médaille d’or, sur tapis vert La semaine suivante, les Français Marina Anissina et Gwendal Peizerat avaient remporté la danse sur glace.Mais l’affaire ne s’arrête pas là, et les enquêteurs américains, qui travaillent de concert avec la police italienne, affirment aujourd’hui qu’une danseuse sur glace française, dont l’identité n’est pas révélée dans les dossiers, a téléphoné à Tokhtakhounov après l’épreuve.Actuellement en tournée de gala dans le sud de la France avec son partenaire, Marina Anissina, ouvertement visée, a décidé de s’expliquer et a donc convoqué une conférence de presse aujourd’hui midi à Arles.«Je dénonce catégoriquement les propos calomnieux, injurieux, déshonorants et injustes qui ont été proférés à mon égard à l’occasion de l’arrestation de M.Tokhtakhounov.Gwendal [Peizerat] et moi-même n’avons eu besoin de personne pour gagner notre médaille d’or à Salt Lake City», a-t-elle déclaré vendredi dans un communiqué publié par la Fédération française des sports de glace (FFSG).Anissina pourrait également donner son avis sur les enregistrements de la police italienne, selon lesquels sa mère aurait été en contact téléphonique avec le suspect Les Russes Elena Berezhanaya et Anton Sikharulidze, qui à l’instar des Français ont réaffirmé ces derniers jours ne devoir leur médaille qu’à leur seul talent devraient eux aussi participer à la conférence de presse.Quels que soient les développements de l’affaire aujourd’hui à Arles, elle n’est pas arrivée au bout de ses rebondissements.Sur le plan sportif, le président du Comité international olympique (CIO) Jacques Rogge a laissé entendre qu’en cas de corruption avérée les résultats des épreuves de patinage à Salt Lake pourraient être révisés.Et il reste aussi à éclaircir les liens qu’a entretenus Tokhtakhounov avec d’éventuels responsables sportifs français, dont le femeux intermédiaire «Chevallier» que l’on entend sur les bandes de la police italienne, mais dont l’identité n’a pas été révélée.Sondage sur l’aide canadienne L’Afrique démocratique, une priorité PRESSE CANADIENNE Plus de la moitié des Canadiens (58 %) sont d’accord pour que l’aide financière canadienne soit attribuée, en priorité, aux pays d’Afrique considérés démocratiques, comme il a été décidé récemment au Sommet des pays du G8, à Kananaskis, en Alberta.Un sondage réalisé par la firme Léger Marketing dont les résultats ont été communiqués à la Presse canadienne montre cependant que 25 % des Canadiens sondés s’opposent à cette proposition pendant que 15 % disent ne pas être en mesure de se prononcer sur la question.Les entrevues pour ce sondage ont été réalisées du 4 au 8 juillet auprès 1503 Canadiens âgés d’au moins 18 ans et pouvant s’exprimer en français ou en anglais.La marge d’erreur maximale est de plus ou moins 2,5 %, et ce, 19 fois sur 20.Le sondage nous révèle que plus du tiers de la population (35 % ) considère que les pays occidentaux en font juste assez à l’égard du tiers monde.Une majorité, 45 %, trouve que l’aide aux pays du tiers monde est insuffisante pendant que 9 % croient plutôt qu’ils en font trop.C’est au Québec où l’on retrouve le plus de gens (58 %) qui trouvent que les pays qccidentaux n’ont font pas assez.A ce chapitre, les provinces des Prairies arrivent bonne dernière à 35 %.A la question de savoir si l’on devrait effacer la dette des pays en voie de développement, 36 % des Canadiens sondés s’y disent favorables mais la majorité (51 %) considère qu’on ne devrait pas le faire.C’est en Alberta et chez les anglophones que cette position est la plus marquée.La majorité de ceux qui favorisent l’effacement de la dette des pays en voie de développement se retrouve au Québec.Le sondage nous apprend également que plus de la moitié de la population canadienne (56 %) considère qu’un plus grand investissement des pays plus riches en faveur des pays plus pauvres aurait un impact sur la paix dans le monde.Cette perception est principalement celle des jeunes de 18 à 24 ans et de ceux ayant un revenu familial inférieur à 20 000 $.Par contre, les résidants des Prairies (53 %) ont plutôt tendance à douter de l’impact sur la paix dans le monde d’un investissement accru des pays plus riches à l’égard des pays plus pauvres.Le décès de sept enfants autochtones pousse Edmonton à agir PRESSE CANADIENNE Edmonton — Le décès de sept enfants de la bande amérindienne de Samson, en Alberta, a incité le gouvernement de cette province à s’engager davantage auprès de l’organisme chargé du bien-être des jeunes de la bande.Les enfants sont morts dans des circonstances nébuleuses, entre août 1999 et avril 2002.Chacun d’entre eux se trouvait sous la supervision de la Kasoh-kowew Child Wellness Society, un organisme autonome.En avril, à la suite du plus récent de ces décès, le septième à être survenu en moins de trois ans, la province a temporairement retiré à la bande autochtone le pouvoir de diriger ses propres services d’assistance sociale.Le mois prochain, le gouvernement doit décider s’il renouvellera ou s’il mettra un terme à l’entente passée avec la bande de Samson en ce qui a trait au bien-être de ses enfants.Les dirigeants de la réserve, située quelque 60 kilomètres au sud d7Edmonton, doivent s’en- tendre avec Iris Evans, ministre albertaine chargée des services à l’enfance.Mme Evans souhaite que des mesures plus sévères soient Routées à l’entente, au moment du renouvellement de celle-ci, en principe le 30 septembre.Si jamais les deux parties ne parvenaient pas à se mettre d’accord, l’Alberta pourrait assumer à nouveau la protection des enfants de Samson, a indiqué Mme Evans.La province a confié en 1997 à la Kasohkowew Child Wellness Society le soin d’assurer le bien-être des jeunes autochtones de la bande de Samson.Les 4800 Cris vivant dans la réserve affirment que la consommation d’alcool et de drogues, la pauvreté, une éducation insuffisante, la violence et l’absence d’espoir ont causé les conditions sociales ayant incité les autorités à confier à la Kasohkowew les enfants de Samson.La ministre Evans procède également à la révision des ententes passées avec 17 autres agences amérindiennes de la province.I*î|20)2ÏW I OK > oiJÉBI
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