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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2002-08-08, Collections de BAnQ.

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CAMIONNAGE Aux poids lourds de payer la note des routes endommagées Page A 2 k www.ledevoir.co in SÉCUR La direction révise ses offres à la baisse Page B 1 LE DEVOIR I $ Vauseh ' T '/".K &-2M REUTERS Patrouille militaire dans le quartier de Cartucho, après l’attaque.Vingt mille soldats avaient été déployés à Bogotà pour l’assermentation du nouveau président.COLOMBIE Assermentation sanglante pour Alvaro Uribe Un attentat fait 15 morts à proximité du Palais présidentiel D'APRES AFP ET REUTERS Alvaro Uribe a échappé à une sanglante grêle de bombes qui ont fait 15 morts et au moins 24 blessés hier près de la présidence, à Bogota, quand il - prêtait serment comme chef de l’État de Colombie.La nouvelle de la tragédie a été connue alors que le nouveau président de droite prononçait dans l’hémicycle du Congrès son discours comme successeur du conservateur Andrés Pastrana, pour un mandat de quatre ans.M.Uribe et les 600 invités présents à la passation de pouvoirs se trouvaient déjà à l’intérieur du Congrès, contigu à la présidence, lorsque trois roquettes et une bonbonne de gaz piégée ont explosé à proximité.Cette vague d’attentats n’a pas été revendiquée, mais le nouveau président, réputé pour vouloir mater la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (PARC, marxistes), avait été qualifié «d’objectif militaire» par les rebelles avant même son élection le 26 mai.Une bonbonne de gaz piégée a explosé vers 15h locales à 400 mètres du palais présidentiel de Narino et du Congrès, quelques minutes avant la passation de pouvoirs.Treize civils ont été tués sur le coup et vingt autres blessés par de liTmanière déflagration.Tous sont des forte déshérités du quartier du Cartu- cho, réputé pour être l’une des plaques tournantes du trafic de drogue à Bogotà.Au même moment, quatre policiers ont été blessés par l’explosion de trois roquettes tombées sur un parking, près de la présidence.Vêtu d’un costume sombre, cravate rouge, le nouveau président était accompagné de son épouse, Lina, et de leurs deux garçons, Tomas et Jeronimo, lorsqu’il est descendu d’une camionnette blindée entourée de neuf gardes du corps devant le Congrès, avant d’y entrer pour prêter serment «Nous n’acceptons pas la violence, ni pour combattre le gouvernement ni pour le défendre, qui est dans les deux cas du terrorisme», a souligné Alvaro Uribe dans son discours officiel.Trois heures avant la cérémonie, trois bombes, propulsées par des lance-grenades, avaient explosé à huit kilomètres du palais, blessant trois femmes.Cette violence meurtrière a frappé Bogota, ville de sept millions d’habitants, malgré la transformation de la capitale en véritable forteresse par le déploiement de 20 000 hommes de troupe.Sur les hauteurs proches de la présidence, deux tanks veillaient depuis la veille.Pour limiter les risques d’attentat, la cérémonie n’avait pas eu lieu sur la place Bolivar, face au palais et au Congrès, mais pour la première fois dans l’hémicycle.L’aéroport international Eldorado a été fermé durant cinq heures hier après-midi et, pendant ce temps, le ciel de la capitale état contrôlé par un avion P3 américain.Ce quadriturbopropulseur Lockheed, équipé de radars et de matériel de surveillance sophistiqué, était chargé de détecter toute présence suspecte dans les airs.Alvaro Uribe, qui a fêté ses 50 ans le 4 juillet, a déjà échappé durant sa carrière à quinze attentats, dont l’un a fait cinq morts en avril lors de son passage à Barranquilla (nord).VOIR PAGE A 8: COLOMBIE Alvaro Uribe: INDEX Annonces.Avis publics.Bourse.Culture.Économie.Éditorial.B 5 B6 B4 B 8 B 1 A6 Idées.A 7 Le Monde.A 5 les sports.B 7 Mots croisés.B 6 Météo.B 6 Télévision.B 8 M Le procès des Hells avorte Le juge Béliveau reprendra tout à zéro; un nouveau jury sera formé JACQUES GRENIER LE DEVOIR La défense n’a pas caché sa joie, la Couronne était fort déçue.«Je pense que le public va être aussi dévasté que nous pouvons l’être», a déclaré la procureure Madeleine Giauque (notre photo).Un «œil au beurre noir» pour la justice, dit Jean-Claude Hébert KARINE FORTIN LE DEVOIR L> avortement du mégaprocès des motards crimi-f nels constitue «un œil au beurre noir» pour la justice québécoise, soutient l’avocat et criminaliste montréalais Jean-Claude Hébert «Les gens vont certainement se demander pourquoi les professionnels impliqués dans cette affaire-là n’avaient pas prévu les erreurs et les délais», affirme-t-il.A son avis, en faisant table rase du travail accompli depuis janvier par le tribunal, le juge Pierre Béliveau a pris «une décision prudente».Au cours de la dernière semaine, les avocats de la défense avaient en effet remis en cause l’impartialité des jurés et annoncé leur intention de porter la cause en appel si le procès se poursuivait avec eux.«Dans ce cas-là, les contribuables n 'auraient pas été gagnants» puisqu’ils auraient financé les procédures pendant plusieurs mois, voire des années supplémentaires, souligne M' Hébert Mais les citoyens sont en droit d’être révoltés par ce gigantesque gâchis financier, administratif et judiciaire.VOIR PAGE A 8: BEURRE JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Le procès des 17 présumés membres ou associés des Hells Angels, qui était branché sur le respirateur artificiel depuis plus d’une semaine, devra être repris du début.Malgré les millions de dollars engloutis depuis des mois, le juge Pierre Béliveau a ordonné hier l’avortement du mégaprocès, estimant que la poursuite des procédures comportait trop de risques, notamment à cause de la méconnaissance qu’il pourrait avoir du dossier, de l’échéancier serré et de l’état d’esprit des jurés.Depuis que cinq jurés avaient manifesté le désir d’être libérés jeudi dernier, le procès des 17 motards accusés de trafic de drogue, de complot pour meurtre et de gangstérisme était plus que jamais sur la corde raide.Le juge Pierre Béliveau, qui a remplacé au pied levé le juge démissionnaire Jean-Guy Boi-lard, devait décider s’il poursuivait les procédures ou s’il ordonnait la tenue d’un nouveau procès.Il a mis fin au suspense hier en ordonnant l’avortement des procédures.De nombreux éléments ont été évoqués pour justifier sa décision.Dans un jugement de 20 pages, il a expliqué que la poursuite des procédures comportait des «risques sérieux quant à des erreurs juridiques fatales» compte tenu du temps restreint (deux semaines) dont il disposait pour se familiariser avec le dossier et assimiler la preuve volumineuse présentée pendant 15 semaines devant le juge Boilard.«Le risque d’erreur du juge qui remplace son collègue à la onzième heure est donc au zénith, à tel point que, depuis qu’on lui a assigné l’affaire, le soussigné se demande s’il est même possible d’y arriver», écrit-il dans son jugement.11 a fallu aussi prendre en considération l’échéancier serré et la possibilité que des éléments imprévus viennent prolonger les délais, a ajouté le juge.A cet effet, il note que «la Cour d’appel considérerait avec beaucoup de circonspection un verdict, surtout s’il est de culpabilité, rendu par un jury dont cinq membres auraient antérieurement déclaré publiquement que “les nouveaux délais [sont] pour eux inacceptables sur le plan professionnel”; une issue semblable causerait plus de tort au système de justice que l'interruption immédiate du procès».L’ultimatum de cinq membres du jury, qui exigeaient que les procédures se terminent avant Noël, était aussi susceptible de porter atteinte au droit des accusés à un procès équitable, croit le juge, car les procureurs, ceux de la défense en particulier, pourraient hésiter à présenter des objections ou contre-in-terroger un témoin plus longuement de crainte d’indisposer le jury.Celui-ci avait d’ailleurs déclaré jeudi dernier être «pleinement conscient [.] que plusieurs intervenants dans la présente cause veulent que le procès avorte sans en porter la responsabilité».Pour toutes ces raisons et malgré les sommes importantes englouties jusqu’à maintenant dans l’aventure, le juge Béliveau a signé l’arrêt de mort du procès, «convaincu que cette issue est nettement préférable dans l’intérêt de la justice».VOIR PAGE A 8: PROCÈS Mariages homosexuels Ottawa consultera les Canadiens Martin Cauchon juge «important (Tagir rapidement» REUTERS Le ministre Martin Cauchon nie vouloir éviter le débat.MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Forcé par les tribunaux à se pencher sur la question du mariage homosexuel, le gouvernement fédéral a décidé de consulter les Canadiens avant de trancher la question.Le conseil des ministres a décidé de confier cette consultation à un comité parlementaire, a annoncé hier le ministre de Injustice, Martin Cauchon, à sa sortie du cabinet Il y a seulement une semaine, il choi- sissait pourtant de porter en appel une décision rendue le 12 juillet par la Cour de l’Ontario qui déclarait inconstitutionnelle la définition du mariage comme étant l’union entre un homme et une femme et donnait deux ans au gouvernement pour modifier ses lois.En portant la cause en appel, le gouvernement a en quelque sorte gagné du temps, mais le ministre Cauchon voit les choses autrement.«Ixi permission d’en appeler me permet de conserver pour le gouvernement l’ensemble des options ouvertes», a-t-il dit Cela n’a rien à voir avec une volonté d’éviter le débat insiste-t-il.Au contraire, a-t-il soutenu, l’appel permet d’explorer des questions juridiques laissées pendantes à la suite de jugements contradictoires sur la question des mariages homosexuels tout en accordant au comité le temps nécessaire pour mener la consultation et au gouvernement et au Parlement, celui d’exercer leur leadership.Il a maintes fois insisté sur ce dernier point.«Si on voulait essentiellement s'en VOIR PAGE A 1: MARIAGES Des profs qui font l’école buissonnière Les enseignants du Collège supérieur de Montréal attendent leur paye depuis la mi-juillet FABIEN DEGUISE LE DEVOIR La récréation a assez duré.En attente de leur paye depuis le 18 juillet dernier, la quarantaine d’enseignants ainsi que le personnel d’encadrement du Collège supérieur de Montréal (CSM) — anciennement le Collège de secrétariat moderne — ont décidé de faire l’école buissonnière hier, forçant du même coup leurs étudiants à profiter du soleil d’août.L’arrêt de travail collectif et spontané, décidé en réunion la veille, est valable pour une durée indéterminée, «jusqu’à ce que l’employeur délie les cordons de sa bourse», a résumé Maryse Perreault, pré- sidente du syndicat des enseignanLs du CSM.Le ras-le-bol du corps professoral était palpable en après-midi hier, au bord d’une piscine privée du quartier Rosemont où les enseignants «sans le sou» se sont réunis autour de quelques crudités et quelques bières importées.«Histoire de se remonter un peu le moral», a commenté Marie-Josée Vigeant, professeure de comptabilité.Pour cause.Comme ses nombreux collègues.Mme Vigeant attend avec impatience et un brin de désespoir le versement de son salaire pour le travail effectué dans les dernières semaines.Une attente qui fait mal, «surtout au début du mois», précise-t-elle.VOIR PAGE A 8: PROFS JACQUES GRENIER LE DEVOIR w f\ 1a‘s enseignants «sans le sou» se sont réunis hier autour de quelques crudités et quelques bières importées. A 2 LE DEVOIR, LE JEUDI 8 AO Û T 2 O O 2 LES ACTUALITES Un optimisme prudent 1 m FOTODIA-EDUARDO VARGAS REUTERS LES SIAMOISES guatémaltèques, séparées mardi au cours d'une opération à haut risque alors qu'elles étaient reliées par la tête, se trouvent dans un état stable mais pourraient souffrir de lésions cérébrales, a annoncé hier l’équipe médicale de l’Université de Californie à Ims Angeles.Sous calmants, et la tête coiffée d’une gaze de coton, les jumelles âgées de 13 mois ont entamé hier le premier jour de leur convalescence dans le service de pédiatrie de l’hôpital de l’université.L’équipe de l’opération marathon, qui a duré près de 22 heures, s’est dite «prudemment optimiste» au sujet des jumelles, prévenant tout de même qu’elles connaîtraient sans doute des déficiences cérébrales à la suite de l’opération.Étude Aux poids lourds de payer la note des routes endommagées Grand solde d'été au fA 402-hommc* 50% et plus Costumes d'été importés d'Italie pé9’19f1$ 60 moi».Suiet 6 l'approbation de crôdit de Volkjwaoen Finance.Volkiwagen Finance ost _/ANS ,,n* divi.inr, rl.r,irlu VW Canada, Inc.Offre en vigueur {uiqu’ou 31 ao01 2002 chez le» VOLKSWAGEN ien du Qutbec leulement.Photo» à titre indicatif «eulemenf rT"A M 48 4 I une division de Crédit VW concessionnaires Volkswagen 4 L K DEVOIR.LE JEUDI 8 A O Û T 2 0 0 2 LE DEVOIR ACTUALITES Cabinet fédéral Le chef bat les cartes, légèrement Le «ministre de Tout» voit ses responsabilités allégées Le premier ministre a salué le départ de Joe Clark, hier.JIM YOUNG REUTERS Chrétien ne se sent pas poussé à imiter Clark ISABELLE DUCAS PRESSE CANADIENNE Ottawa — Les ministres Allan Rock et David Collenette prennent du galon.Ils ont hérité hier de nouvelles responsabilités ministérielles pour permettre à leur collègue John Manley, vice-premier ministre et ministre des Finances, de souffler un peu.Des critiques avaient surnommé M.Manley «ministre de Tout», soutenant qu’il était débordé par le grand nombre de responsabilités qui lui avaient été confiées il y a quelques semaines par le premier ministre, après le départ de l’ancien ministre des Finances, Paul Martin.Jean Chrétien a réagi en redistribuant certaines tâches à quelques-uns de ses fidèles lieutenants au sein du conseil des ministres.Ainsi, le programme d’infrastructures du gouvernement sera maintenant confié à M.Rock, ministre de l’Industrie, qui recevra l’appui d’un nouveau Bureau de l’infrastructure du Canada.Le ministre des Transports, David Collenette, reçoit, quant à lui, la responsabilité de cinq sociétés d’Etat: Postes Canada, la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL), la Monnaie royale canadienne, la Société immobilière du Canada et la Queens Quay West Land Corporation.M.Chrétien a également nommé le ministre des Travaux publics, Ralph Goodale, responsable de la question des pensionnats autochtones.John Manley demeure respon- sable des questions frontalières et du Comité spécial sur la sécurité publique et la lutte contre le terrorisme.«[Ma charge de travail] est beaucoup plus facile à gérer maintenant.Nous savions que ces changements seraient nécessaires; dès le moment où je suis devenu ministre des Finances, je savais que Ton devrait redistribuer certaines de ces responsabilités, a dit M.Manley, à sa sortie d’une rare rencontre estivale du conseil des ministres.Mais j'ai encore beaucoup de travail à faire.[.] Je suis content de voir que d’autres vont prendre le temps de bien comprendre ces dossiers qui sont compliqués.» Certaines sources soutiennent que le transfert du dossier des infrastructures de M.Mànley à Allan Rock pourrait retarder le financement de projets.Le vice-premier ministre devait en effet annoncer cette semaine les règles d’attribution des sommes provenant David du Fonds canadien sur Collenette l’infrastructure stratégique de deux milliards, créé dans le dernier budget fédéral.Mais M.Rock ne pouvait dire hier s’il avait l’intention de conserver les priorités déterminées par son collègue, ni à quel moment il allait ouvrir les robinets.«Je ne peux donner de date précise, mais je crois que nous sommes tous conscients qu’il y a des besoins réels sur le terrain, a dit le ministre au cours d’une entrevue téléphonique depuis la Colombie-Britannique.Nous allons agir aussitôt que possible.• Il a simplement indiqué qu’il allait cibler des projets de grande envergure qui auront des effets bénéfiques sur l'économie, comme la réfection et le prolongement de routes.Le Bloc québécois a montré des signes d’impatience devant ces délais qui s’ajoutent encore avant que d’importants projets d’infrastructure puissent recevoir le financement nécessaire.«Pendant que les ministres et les programmes passent, le temps passe aussi et les promesses de près de deux milliards pour les routes du Québec, notamment la 185, la 175, les autoroutes 30, 35 et 50, n’ont toujours pas été honorées.Plutôt que de faire des changements constants, le premier ministre devrait plutôt s'atteler à la tâche pour respecter ses engagements électoraux», a dénoncé la députée Jocelyne Girard-Bujold, porte-parole du Bloc sur les questions d’infrastructures.Le ministre des Transports, David Collenette, semblait lui aussi impatient de voir son gouvernement dépenser les millions de dollars qui ont été promis.«R est évident que nous devons faire des investissements majeurs pour améliorer les infrastructures, j’en parle depuis cinq ans que je suis ministre des Transports, maintenant que nous sommes dans une meilleure position financière pour mettre de l’argent dans ces projets.Nous avons le fonds de 2 milliards $ qui a été annoncé dans le dernier budget et nous avons travaillé sur ces projets depuis six mois», a-t-il déclaré hier.D'APRES LA PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le premier ministre Jean Chrétien a salué hier le départ de son adversaire de longue date, le chef conservateur Joe Clark, sans pour autant croire qu’il devrait faire la même chose.M.Clark, âgé de 63 ans, a annoncé mardi qu’il se préparait à quitter la barre de son parti, dès que les conservateurs se seront choisi un nouveau leader, à moins que des élections générales ne soient déclenchées hâtivement.La leader du NPD, Alexa McDonough, âgée de 58 ans, a elle aussi annoncé, il y a quelques semaines, qu’elle passait le flambeau.Mais, même si ses deux collègues plus jeunes que lui ont annoncé leur départ, Jean Chrétien, qui est âgé de 68 ans, a affirmé qu’il ne se sentait pas poussé à faire la même chose.«Non, parce qu’ils ne sont pas premiers ministres.Je suis premier ministre, la population du Canada ne m'a pas donné le mandat d’être dans l’opposition, elle m’a donné le mandat d’être le premier ministre Prudence, dit Manley Ottawa (PC) — Le gouvernement fédéral devra être prudent dans ses dépenses s’il veut éviter de tomber en déficit, a averti hier le ministre des Finances John Manley.L’excédent budgétaire du gouvernement fédéral est beaucoup moins important que les gens ne le croient et cela signifie qu’Otta-wa devra faire preuve de prudence, a-t-il déclaré à sa sortie d’une réunion du conseil des ministres.Alors que l’économie canadienne se maintient, la situation économique des États-Unis, le plus important partenaire commercial du Canada, demeure incertaine.Si on ajoute les perturbations prolongées sur les marchés boursiers, la situation financière d’Ottawa n'est pas aussi rose qu’on ne le croit, a-t-il dit.«Même si nous avons réalisé un petit surplus jusqu’à maintenant, pour les deux premiers mois pour lesquels nous avons les chiffres [.J nous avons enregistré une réduction de trois milliards de notre surplus par rapport à Tannée dernière», a expliqué le ministre.du Canada», a-t-il expliqué hier, à sa sortie d’une réunion du conseil des ministres.M.Chrétien a répété qu’il avait l’intention de décider dans la deuxième partie de son mandat s’il se présentait à la prochaine élection générale.En attendant, le départ annoncé de leur chef ne semble pas raviver l'intérêt des conservateurs pour une union de la droite avec l’Alliance canadienne.Et cette nouvelle n’a pas non plus incité d’éventuels successeurs à annoncer leurs couleurs.Le député conservateur de Richmond-Arthabaska, André Ba-chand, rappelle à ce propos que bien des gens souhaitent être couronnés roi ou reine, mais encore faut-il avoir les qualités requises pour accéder au trône: avoir une vision, des idées, de solides appuis financiers et politiques.Mais selon lui, la proposition faite mardi par le chef de l’Alliance canadienne, Stephen Harper — qui consiste à inciter les deux partis à s’unir et à tenir une course à la direction conjointe, l’an prochain —, ne risque pas d’avoir d’écho.«Sa proposition est ridicule», a lancé M.Bachand hier.Il se dit persuadé qu’une fusion des deux partis n’aura pas lieu.Selon lui, c’est trop peu, trop tard, et il ne croit pas que les conservateurs souhaitent encore cette lusion.Il mentionne au passage que M.Harper est absent de la sphère publique depuis l’ajournement de la Chambre des communes, en juin, et est d’avis que sa déclaration sent l’opportunisme.Le président du Parti progressis-te-conservateur, Bruck Easton, partage d’ailleurs son point de vue sur cette question.«Quand il aborde ce sujet, M.Harper manque de crédibilité, en ce sens que, durant la campagne au leadership, il a passé son temps à rejeter l’idée d’une fusion», a-t-il fait valoir.Il ajoute que les conservateurs ont déjà perdu trop de temps à bâtir une coalition ratée avec sept députés dissidents de l’Alliance canadienne, qui rejetaient le leadership de l’ancien chef, Stock-well Day.Ils sont finalement revenus au bercail après l’élection de M.Harper, le printemps dernier.Deux autres députés conservateurs, Scott Brison et Elsie Wayne, ont eux aussi rejeté l’idée d’une fusion hier.Selon Ottawa, Tlrak n’est pas encore dans la mire de Bush Ottawa — Rien pe permet de croire que les États-Unis s’apprêtent à lancer une action imminente contre l’Irak, a déclaré hier à Ottawa le premier ministre canadien Jean Chrétien.M.Chrétien a affirmé à la près se qu’il avait obtenu l’assurance du président George W.Bush qu’il serait tenu au courant à l’avance de tout plan des États-Unis contre le régime irakien.Le président ne m’a «encore fourni aucune indication qu'il prépare actuellement quelque chose» contre l’Irak, a indiqué M.Chrétien.«Et s’il veut faire quelque chose, il va nous en parler», a-t-il assuré.M.Chrétien s’est dit bien «conscient qu’il y a beaucoup de rumeurs à ce sujet aux États-Unis» mais que si le président envisage «une autre action, en raison du terrorisme ou de quelque chose d'autre, je ne le sais pas, il ne m’en a pas parlé et je ne me livrerai donc à aucune spéculation».Ses propos rejoignent ceux du président Bush, qui a promis hier de faire preuve de patience et de consulter le Congrès et ses alliés avant d’arrêter tout plan pour renverser le président irakien Saddam Hussein.Agence France-Presse Causons Vente erras Pour onnoncor: Micheline Moud |! léRR^Se Sur Le TÔT •J^enuen$o|ei|ft • ’Owertdt jours à ZZh' ftAbOw*»,.(siilîÿ-itfl w*-£0 « i ïsaus WA , «v* Pour faire place à ses nouvelles collections, Patrimoine vous offre des réductions allant jusqu’à 40% sur ses fauteuils, causeuses et canapés en inventaire.MAISON DT MEUBl.FS3 ^Ptataimoine 450.687.6867 3032 Autoroute Laval Ouest (coin Curé-Labelle) Laval (Qc) H TT 2P7 1.E DEVOIR, LE JEUDI « A O II T 2002 A 4 •LES ACTUALITES- EN BREF La Joute de Riopelle pourrait rester où elle est (Le Devoir) — Les admirateurs de la fontaine-sculpture La Joute de Riopelle ont remporté une bataille de plus dans leur lutte contre son déménagement du parc Olympique —où elle est installée depuis 1976— au Quartier international des affaires.Le conseil d’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneu-ve a en effet annoncé hier une modification au Règlement régissant la démolition d’immeubles pour protéger «les sculptures, constructions, assemblages, éléments décoratifs de valeur historique ou patrimoniale» de la démolition.Cette démarche s’ajoute à celles qu'à entreprises la conseillère du district Louis-Riel, Lyn Faust, pour faire «classer» l’œuvre par le ministère de la Culture et des communications du Québec.Selon son propriétaire, le Musée d’art contemporain de Montréal, la relocalisation de l’œuvre monumentale était devenue nécessaire pour assurer sa préservation.Les citoyens d’Hochelaga-Maisonneuve avaient plutôt l’impression qu’on les privait de leur patrimoine pour en faire profiter les riches.Il est vivant! Kentucky (AP) —Aux funérailles d’un adolescent, sa famille a eu le bonheur d’apprendre qu’il était vivant! Le corps dans le cercueil n’était pas celui du jeune homme, victime d’un accident de la route, mais celui d’un ami à lui qui se trouvait dans la voiture à ses côtés le jour du drame.Cette méprise sur les identités — rendue possible par la gravité des blessures—a duré trois jours, entre le moment de l’accident et le jour des obsèques, samedi dernier.Ce jour-là, le cercueil était censé contenir le corps de John Grubs, 16 ans.En fait, il s’agissait du corps d’un de ses amis, Jeremy Hylemon, 15 ans.Même confusion à l’hôpital, mais en sens inverse.John, qui a survécu à l’accident malgré de graves blessures, recevait la visite de la famille de Jeremy.La méprise a été découverte le jour des funérailles, peu avant la crémation du cadavre, par un ami de John qui a remarqué que le corps avait les oreilles percées, ce qui n’était pas le cas de John.D’autres siamoises Santiago (AFP) — Une jeune fille de 18 ans a accouché hier de siamoises unies par le thorax à l’hôpital du Salvador à Santiago.Les deux bébés n’ont qu’un seul foie pour deux et le ventricule cardiaque gauche de l’une est soudé au ventricule droit de l’autre, selon la même source.L’accouchement, effectué par césarienne à l’issue de 38 semaines de grossesse, a été compliqué, mais la mère et les petites filles vont bien.Avant.et après .y?*1" i'î : ; "‘«s»***,; NORWEGIAN POLAR INSTITUTE y/ , , QUATRE-VINGT-QUATRE ANS.C’est le nombre d’années qui sépare la prise de ces deux photos, une preuve irréfutable, selon Greenpeace, que le glacier Blomstrandbreen à Kongsfjorden, en Norvège, a énormément fondu.De près de deux kilomètres, en fait, selon leurs calculs.Montrant du doigt les gaz à effet de serre, l’organisme écologiste sonne l’alarme et demande aux autorités de prendre les mesures nécessaires pour que le Nord ne devienne pas une immense flaque d’eau.Dame Nature n’aime pas les jets AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — Quoique minimes, les effets sur la température au sol des traînées de condensation laissées dans le ciel par les réacteurs d’avions sont bien réels, selon une étude citée par la revue britannique Nature à paraître jeudi.Les scientifiques tablaient sur une telle hypothèse depuis longtemps mais n’ont eu l’opportunité de la vérifier qu’à la faveur des attentats du 11 septembre, qui avaient donné lieu à une exceptionnelle fermeture du ciel américain aux avions civils pendant trois jours.Une équipe de l’université de Whitewater (Wisconsin) menée par David Travis a mis en évidence le fait qu’il y avait eu une augmentation «anormale» de la moyenne des températures (écart moyen entre la température maxi- male diurne et la température minimale nocturne) pendant la période considérée.Ils ont confronté les données fournies par 4000 stations météo du territoire sur les trois jours considérés avec celles recueillies pour des intervalles de temps équivalents entre les années 1977 et 2000.Ils ont découvert que l’amplitude diurne (écart entre les deux températures extrêmes) était supérieur de plus d’un degré Celsius dans le cas d’un ciel sans trafic aérien.L’absence d’avions, et donc de sillages gazeux, explique pour partie cette anomalie dans les températures, selon les chercheurs cités par Nature.Ces traînées qui s’effilochent dans le ciel se comportent comme des cirrus.Ces nuages élevés agissent comme des isolateurs, en réfléchissant la chaleur du soleil et en captant les rayons.pour le catny w\weicci\ de Lanaudière FONDATION PERE LINDSAY «Le 6 juin 2002 avait lieu l'événement bénéfice annuel de la Fondation Père Lindsay au profit du Camp musical de Lanaudière.Cette soirée, sous le patronage de M.Pierre Parent de la SAQ, a permis à la Fondation d'amasser près de 110 000 $.La soirée a eu lieu sur le site enchanteur du Club de Yacht Royal St-Laurent, à Dorvat.Les invités ont eu droit à des prestations musicales de Natalie Choquette ainsi que de Marc-André Gauthier (violon) et d'Anne-Marie Dubois (piano).Sur la photo, on aperçoit le Père Fernand Lindsay en compagnie de M.Denis Bouchard, comédien bien connu et animateur de la soirée, ainsi que de M.Pierre Mantha, président de la Fondation Père Lindsay.» Vers le Sommet de Johannesburg Le Sud voit vert Le Fonds pour l’environnement mondial est renfloué par les pays donateurs D'APRÈS L’AGENCE FRANCE-PRESSE TTT ashington — Trente-deux VV pays donateurs ont décidé hier à Washington de réapprovisionner à hauteur de 2,92 milliards de dollars sur quatre ans le Fonds pour l’environnement mondial (FEM, GEF en anglais), a annoncé hier un communiqué de ce mécanisme finander de l’ONU.La dérision met fin à des négociations de près de deux ans.Elle intervient à deux semaines du 2e sommet de la Terre prévu à Johannesburg (26 août au 4 septembre) où l’aide financière aux pays en développement est un des points controversés de l’ordre du jour.«C’est le plus grand réapprovisionnement du FEM depuis sa création» en 1991, s’est félicité le président du Fonds, Mohamed El-Ashry, selon le communiqué.Il démontre «l’engagement des pays concernés en faveur de l’environnement mondial et du FEM et devrait contribuer au succès» du sommet de Johannesburg, a-t-il ajouté.Le FEM, lancé en 1991, est un organisme conjoint du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD, du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et de la Banque mondiale.Depuis sa création en 1991, il a accordé 4,2 mil- liards de dollars de dons et de prêts à faible taux d’intérêt aux pays en développement pour des projets en faveur de l’environnement mondial.Les nouveaux crédits, annonce le communiqué, ne financeront pas seulement les quatre domaines traditionnels d’activités du FEM — changement climatique, biodiversité (protection des animaux et des plantes), eaux internationales et appauvrissement de la couche d’ozone — mais également des projets de lutte contre la désertification et l’élimination des POP (polluants organiques persistants, des produits chimiques extrêmement dangereux).Les décideurs au rendez-vous Cette annonce, qui réjouira les participants au Sommet, s’ajoute à la confirmation donnép hier que près de 100 chefs d’Etat et de gouvernement participeraient au Sommet de la Terre qui doit se tenir à Johannesburg du 26 août au 4 septembre, selon une déclaration du ministère sud-africain des Affaires étrangères.Sur le total de 196 gouverne- ments devant être représentés au Sommet, 98 ont indiqué qu’ils seraient représentés «au plus haut niveau» pour les trois derniers jours du Sommet du 2 au 4 septembre, selon un décompte actualisé du ministère, qui circule dans les ambassades à Pretoria.D’un point de vue budgétaire, le financement du Sommet, d’un coût de 55 millions de dollars environ, est à présent couvert à 75-80 %, a indiqué à la presse Moss Mashishi, directeur exécutif de la Johannesburg World Summit Company (JOWSCO), en charge de la logistique du sommet.Un total de 56 000 lits — dont 43 000 chambres d’hôtel — ont été réservés à l’intention des délégués, observateurs, médias, ou visiteurs divers dans un rayon de 100 km autour du Sandton Convention Centre de Johannesburg qui accueillera le sommet, selon M.Mashishi.Une flotte de 900 voitures, 200 minibus et 50 camionnettes a été mise à disposition pour transporter personnes et bagages, en supplément des services spéciaux d’autobus qui restent à mettre en place, a-t-il ajouté.Tout près de 100 chefs d’État participeront au Sommet de la Terre Écrasement en Ukraine Les pilotes sont incriminés En raison de la violation d’un ordre de vol, ils risquent trois ans de prison REUTERS Lviv, Ukraine — Le responsable de la commission d’enquête sur la catastrophe de la rencontre aérienne de Lviv a accusé hier les deux pilotes du Soukhoï ukrainien d’avoir partiellement été à l’origine de la mort de 85 personnes en ignorant des ordres et en exécutant une manœuvre dangereuse.Evhen Martchouk, directeur du Conseil de défense et de sécurité nationale et responsable de cette commission d’enquête, a estimé que les pilotes avaient commis de graves erreurs lors du meeting aérien du 27 juillet «Une raison directe de l’accident du Soukhoï Su-27 a été la violation d'un ordre de vol, lorsqu’une manœuvre, qui n’avait pas été autorisée, a été exécutée», a dit Martchouk, en présentant les résultats de l’enquête.«Mais cela ne signifie pas que les pilotes soient les seuls responsables de la tragédie.» Parmi les facteurs à prendre en compte, il a cité l’étroitesse de la zone de vol et la décision de placer les spectateurs trop près de cette zone, en violation des règles de sécurité.Un juge du tribunal militaire de Lviv a par la suite déclaré que l’adjoint de l’organisateur de l’événement avait été placé en détention.D risque trois ans de prison s’il est reconnu coupable d’avoir violé certaines règles.Martchouk a également mis en exergue le manque d’entraînement des pilotes, en précisant que l’un des deux hommes, Volodimir Toponar, avait demandé d’effectuer un vol supplémentaire avant le meeting aérien.Les deux pilotes ont pu s’éjecter avant l’accident, qui est la plus grave catastrophe jamais connue lors d’un événement de ce type, et sont toujours hospitalisés.Peu après l’accident, le président ukrainien Leonid Koutchma avait promis de punir les responsables et limogé le chef de l’armée de l’air ainsi que le chef d’état-major général des forces armées.Le procureur général a également ordonné la mise aux arrêts de forteresse de quatre hauts responsables militaires, auteurs selon lui de «graves erreurs dans l’organisation, la préparation et la conduite des vols.» Parmi eux, l’ancien commandant de l’armée de l’air Viktor Strelnikov et le commandant de la division qui a pris part au meeting ont été libérés faute de preuves, a rapporté hier Interfax-Ukraine.De son côté, le ministère des Situations d’urgence a indiqué que 75 personnes, dont 22 enfants, étaient toujours hospitalisées.S O L D E E M P 0 R I 0 FIN DE SAISON JUSQU A 70 % NOUS LIQUIDONS TOUTE NOTRE COLLECTION PRINTEMPS/ÉTÉ 2002 1455 RUE PEEL (LES COURS MONT-ROYAL) 282-0022 Le virus du Nil est à nos portes PRESSE CANADIENNE Québec — Les responsables de la santé publique appréhendent l’arrivée imminente du virus du Nil occidental au Québec.Le virus a été observé sur les cadavres de quatre oiseaux dans les régions de Montréal et de l’Outaouais, mais tous les tests effectués jusqu’à maintenant sur des moustiques se sont révélés négatifs.Une porte-parole du ministère de la Santé, Dominique Breton, convient que le Québec pourrait ne pas échapper au virus et recommande à la population de prendre certaines précautions.Les amateurs de plein-air sont ainsi invités à porter des vêtements longs, de couleur claire, un chapeau, des chaussettes et des chaussures.L’utilisation raisonnable d'un répulsif est aussi recommandée, tout comme l’installation de moustiquaires aux portes et fenêtres. 0SSILOR wnww.essilor.ca présente : Québec:: du.Sain I WWW.[•)¦>) Desjardins fa Capftafa MaCfooafe Québec « L’été du livre À Québec, Terrasse Dufferin 19 juillet au II août de II h à 23 h En collaboration avec : /"S Hydro Vjf*.Québec LOUIS HEBERT l+l ci'iTÙ» cmMi LE DEVOIR CHRC80 4 L K l> K VOIR, L E .1 E U D I 8 A O Û T 2002 A 5 m ^ É SUHAIB SALEM REUTERS Ces deux Palestiniennes regardaient hier le temps passer à travers les barreaux de leur maison à Gaza où une trentaine de chars israéliens ont pénétré dans la nuit de mardi.Citoyenneté révoquée?REUTERS Jérusalem — Le ministre israélien de la Défense s’est joint hier à un concert de protestations suscité par un projet de son homologue de l’Intérieur de retirer leur citoyenneté israélienne à des Arabes soupçonnés de liens avec des groupes extrémistes.«L’annulation de la citoyenneté est en contradiction avec les valeurs démocratiques et civiles de l’État d’Israël», affirme Binyamin Ben-Eliezer dans une déclaration prenant publiquement à contre-pied le premier ministre Ariel Sharon, qui a approuvé la proposition de son ministre de l’Intérieur, Eli Yishai.Ce dernier a annoncé mardi que, ayant obtenu le feu vert du procureur général Elyakim Rubintein, il envisageait d’utiliser pour la première fois une ancienne loi l’autorisant à révoquer la citoyenneté et le permis de résidence d’Israéliens soupçonnés de tiens avec des organisations terroristes.Les Arabes israéliens, qui constituent environ le cinquième de la population israélienne, ont déjà dénoncé d’autres mesures reléguant, selon eux, leur statut à celui de citoyens de second ordre.LE DEVOIR LE MONDE Allègement de la présence de Tsahal « Gaza d’abord » est accepté L’armée israélienne tue cinq Palestiniens Alors même que Tsahal multiplie ses opérations ciblées contre des terroristes présumés dans les territoires, le cabinet palestinien a donné son feu vert hier à une proposition de retrait israélien de certains secteurs de Cisjordanie et de la bande de Gaza en échange de garanties de sécurité.AGENCE FRANCE-PRESSE Ramallah — Le cabinet palestinien a approuvé hier un plan de retraits israéliens gradués mais le Hamas islamiste l’a rejeté, tandis que l’armée israélienne multipliait ses opérations, tuant cinq Palestiniens.Des responsables de la sécurité des deux parties se sont retrouvés en soirée pour discuter de ce plan pour la bande de Gaza présenté lundi par le ministre israélien de la Défense Binyamin Ben-Eliezer au ministre palestinien de l’Intérieur Abbdelrazak al-Yahya lors d’une rencontre à Jérusalem.L’accord de principe donné par le cabinet palestinien à ce plan destiné à apaiser la tension a coïncidé avec l’arrivée aux Etats-Uhis d'une délégation palestinienne pour des entretiens avec les responsables américains.L’un des délégués, Saëb Erakat, a estimé qu’il n’y avait pas d’alternative au président Yasser Arafat.«Nous savons tous que la seule alternative à Arafat, c’est le chaos», a déclaré M.Erakat, interrogé sur la volonté de l’administration américaine de voir partir le leader palestinien.Selon le ministre palestinien des Travaux publics, Azzam al-Ahmad, «la direction palestinienne a décidé de donner son accord à ce plan, considérant qu’il constitue la première étape d’un retrait général des territoires réoccupés» depuis le début de l’intifada, fin septembre 2000.Le mouvement du Hamas, responsable de la plupart des derniers attentats anti-israéliens, s’est toutefois em- OSSAM SILWADI REUTERS Yasser Arafat, hier: moi ou le chaos.IgM*; pressé de rejeter ce plan.«Tant que l'occupation se poursuivra, la résistance se poursuivra et tout cessez-lefeu est rejeté», a proclamé un dirigeant du Hamas, Ismàil Haniya, écartant cependant l’éventualité d’un conflit interpalestinien.Le plan surnommé «Gaza d’abord» devrait être réalisé par étapes, à commencer par la région de Gaza puis par celle de Bethléem, selon les Palestiniens.Après une réduction des violences, l’armée se replierait progressivement sur les positions qu’elle occupait avant le début de l’intifada.En contrepartie, l’Autorité palestinienne serait chargée d’empêcher que des attaques anti-israéliennes soient lancées à partir de ces zones.Entre-temps, l’armée israélienne a tué cinq Palestiniens dans différentes opérations et incursions en Cisjordanie et dans la bande de Gaza Le chef à Tulkarem des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa — un groupe lié au mouvement Fatah de M.Arafat —, Ziad Daas, ainsi que son adjoint, ont été tués, entraînant une menace du groupe de les venger par des attentats suicide.Un civil a été tué dans un échange de tirs dans la même ville.Le chef à Bethléem de ces Brigades, Yahia Daham-sa, a été arrêté par l’armée dans un bâtiment qui a été dynamité.Dans la bande de Gaza, un activiste de la branche armée du Hamas a été tué par un tireur d’élite israélien, après avoir échappé en janvier à une attaque d’hélicoptères.Un policier a été également tué à l’aube lors d’une incursion israélienne à Beit I allia.Ces décès portent à 2428 le nombre de tués depuis le début de l’intifada, dont 1787 Palestiniens et 598 Israéliens.Craignant par ailleurs une infiltration de Palestiniens armés, les autorités israéliennes ont fermé un important axe routier le long de la frontière israélo-jordanienne, selon la radio publique israélienne.Cinq «terroristes» se seraient approchés de la frontière, côté jordanien, et l’un d’eux aurait été arrêté par les militaires jordaniens, ont indiqué des sources militaires israéliennes.A New York, le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a nommé Catherine Bertini, ancienne directrice du Programme alimentaire mondial (PAM), au poste d’envoyé personnel chargé d’évaluer la crise humanitaire dans les territoires palestiniens, où 800 000 personnes sont soumises à de sévères restrictions israéliennes.Mme Bertini doit se rendre dans la région dès la fin de cette semaine.EN BREF Calme aux Gonaïves Port-au-Prince (AFP) — Le calme régnait hier matin aux GonaiVes, ville côtière située à 152 fan au nord-ouest de la capitale et théâtre ces dernières semaines de scènes de violence antigouvernementale de la part d’une organisation populaire (OP) radicale armée, surnommée «l’armée cannibale».Les commerces avaient rouvert leurs portes et la circulation automobile redevenait normale, a indiqué un journaliste local joint par l’AFP Ces violences avaient culminé vendredi lorsque la prison de la ville a été prise d’assaut par des partisans d’une organisation populaire.Cet assaut avait causé la mort d’un détenu tandis que 159 autres s’étaient évadés.Dix d’entre eux ont été repris à ce jour.Des rumeurs, non confirmées de source policière, font état de la désertion d’une dizaine de policiers suite à cet assaut L’attaque avait pour but de libérer Amiot Métayer dit le «Cubain», 38 ans, secrétare général de l’Oiganisation populaire démocratique de Raboteau (OPDR), le principal bidonville des Gonaives, emprisonné depuis juillet dernier car accusé d’avoir tué le garde du corps d’un des leaders locaux de l’opposition.Sus à la justice militaire Genève (AFP) — Des experts de l’ONU ont dénoncé hier l’instauration dans plusieurs pays du monde de tribunaux militaires et le durcissement des mesures à l’égard des demandeurs d’asile, à la suite des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis.Un projet de résolution en ce sens, examiné actuellement par la souscom-mission de la promotion et de la protection des droits de l’homme, doit être soumis à un vote la semaine prochaine.Le texte «déplore que la lutte légitime des États contre le terrorisme ait servi dans nombre de cas de prétexte pour porter atteinte au droit à la liberté et à la sûreté, à la liberté de mouvement, au droit à un procès équitable, au droit à la vie privée et jâmiliale, à la liberté d’expression et aux droits à la liberté de religion, de réunion et d'association».La souscommission est le principal organe d’experts de l’ONU en la matière, mais ses résolutions ne comportept pas d’obligations, n’étant pas adoptées par les Etats, contrairement à celles de la Commission des droits de l’homme.Massacre à Kaboul Kaboul (AFP) — Onze ou douze personnes ont été tuées hier matin lors d’un affrontement entre un groupe armé et les forces de sécurité afghanes au sud de Kaboul, a annoncé un porte-parole de la Force internationale d’assistance pour la sécurité en Afghanistan (ISAF).Des témoins ont indiqué à l’AFP que les éléments armés semblaient être des Arabes et ne parlaient pas les langues locales, le pachto ou le dari.Le groupe a été poursuivi dans les collines de Qali-Mian-dar surplombant le sud de Kaboul, où ils ont été stoppés par les forces de sécurité, ont raconté ces témoins.Cet affrontement illustre une fois de plus la fragile sécurité qui règne en Afghanistan et dans sa capitale.Khatami n’est pas content Téhéran (Reuters) —S’inquiétant de l’arrestation d’une trentaine de dissidents libéraux, le président réformiste iranien Mohammad Khatami a prévenu les conservateurs que la lutte contre les opposants risquait de les pousser à entrer dans la clandestinité, rapportaient hier les journaux iraniens.«Aucun problème ne sera résolu par l’élimination superficielle d’un groupe ayant une orientation particulière, car il a été prouvé que des orientations qui ont été supprimées ne peuvent être éliminées», explique Khatami, cité par l’organe officiel iranien.Le mois dernier, un tribunal révolutionnaire a condamné plus de 30 islamistes libéraux pamû les plus connus à dix ans de prison, les accusant d’avoir voulu renverser le régime de Téhéran.«Si les problèmes ne sont pas réglés à l’intérieur d’un système légal et accepté, ils risquent d’être réglés à l’extérieur du système, ce qui représente un grand danger pour la nation», estime le chef d’Etat Le week-end dernier, un groupe de 150 députés réformistes a publié une lettre dans laquelle ils dénoncent la répression engagée contre la liberté l’expression et l’emprisonnement de dissidents.Peau lisse W ¦ «ntl m h», t REUTERS LE MOUSTACHU le plus célèbre de Pologne, l’ancien président Lech Walesa, s’est rasé pour la première fois les bacchantes.Mais l’ex-ouvrier des chantiers navals de Gdansk devenu le héros de Solidarité n’est pas du tout content du résultat.Il est passé à l’acte sans l’accord de son épouse, Danuta.Walesa avait un jour refusé une offre d’un million de dollars d’un fabricant américain de rasoirs pour se raser les bacchantes pour un spot publicitaire.Pendant sa présidence au début des années 90, il avait fait une première concession en taillant sa moustache.Aujourd’hui, Walesa, qui est âgé de 58 ans et est obligé de teinter son poil blanchissant, a décidé de laisser son système pileux repousser.Dédommagements pour l’attentat de Lockerbie Tripoli prêt à payer REUTERS Syrte — La Libye s’est dite hier prête «en principe» à verser des dédommagements pour l’attentat de Lockerbie, qui a fait 270 morts en 1988, et à reconnaître auprès de l’ONU la responsabilité de cet acte.Le ministre libyen des Affaires étrangères Mohammed Abderrehmane Chalgam, qui s’est exprimé après que le colonel Mouamar Rhadafi eut reçu le secrétaire d’Etat au Foreign Office Mike O’Brien, a également expliqué que son pays souhaitait normaliser ses relations avec les États-Unis.«Pour ce qui est des dédommagements, en principe, oui, nous allons faire quelque chose à ce sujet», a-t-il déclaré.«En ce qui concerne les responsabilités, nous étudions la question [.].Nous sommes prêts à nous débarrasser de cet obstacle.» Ces commentaires représentent, selon les responsables britanniques, la déclaration la plus claire de l’intention de la Libye de se mettre en conformité avec les exigences de la communauté internationale pour que soient levées les sanctions relatives à son rôle dans l’attentat de Lockerbie.Comment se débarrasser de Saddam Hussein Volée de bois vert en Grande-Bretagne Une pétition de chrétiens pratiquants illustre la montée des critiques contre une éventuelle participation britannique à des frappes américaines.La classe politique, en général, affiche ses interrogations sur la marche à suivre face au dictateur irakien.MARC ROCHE LE MONDE Londrçs —Tony Blair, le plus fidèle allié des États-Unis dans la crise irakienne, ne peut qu’être indisposé par la pétition de chrétiens pratiquants signée par la plus haute autorité morale, le futur archevêque de Canterbury, Rowan Williams, lui enjoignant de s’opposer à une intervention militaire contre l’Irak.«Il est déplorable que les pays les plus puissants de la planète continuent de considérer la guerre comme un instrument acceptable de la diplomatie en violation des principes moraux défendus par l’ONU et les enseignements de l’Église»'.ce texte, qui a recueilli plus de trois mille signatures à l’initiative de l’organisation catholique Fax Christi, remis le mardi 6 août au 10 Downing Street illustre la montée des critiques contre une éventuelle participation britannique à des frappes américaines.On peut imaginer l’embarras, devant cette fronde, du premier ministre, qui a choisi personnellement le nouveau primat de 70 millions d’Anglicans de par le monde.Envoi du porte-avions Royal-Oak en Méditerranée, rappel de soldats déployés en Afghanistan et dans les Balkans, possible mobilisation de réservistes en septembre.les signes d’une éventuelle participation britanniques se multiplient.I^i marge de manœuvre du premier ntinistre est toutefois limitée.La classe politique, en général, affiche ses interrogations sur la marche à suivre face au dictateur irakien.La gauche du New Labour et une grande partie du mouvement syndical se mobilisent contre une éventuelle participation d’Albion à des frappes contre l’Irak déclenchées par Wa- Riyad dit non ASSOCIATED PRESS Djeddah — Riyad clarifie sa position.Le prince Saoud al-Fayçal, ministre saoudien des Affaires étrangères, a déclaré hier à l’Associated Press,que son pays n’autoriserait en aucun cas les États-Unis à utiliser le territoire saoudien pour y mener une intervention militaire contre l’Irak.Le prince tenait ainsi à démentir les rumeurs selon lesquelles Riyad aurait secrètement approuvé une telle option.Si le chef de la diplomatie n’a aucune objection à ce que les avions américains continuent de surveiller les zones d’exclusion aérienne d’Irak depuis le royaume wahhabite, il refuse qu’une attaque contre le régime de Saddam Hussein soit menée depuis son pays.«Nous avons dit [aux États-Unis] que nous ne vendions pas qu ’ils utilisent le sol saoudien», a souligné le prince.«Nous sommes contre toute attaque visant l'Irak parce que nous pensons qu ’elle n’est pas nécessaire, notamment depuis que l’Irak est en shington par crainte d’un embrasement de l’ensemble de la région.Le pacifiste Tarn Dalyell, très influent doyen de la Chambre des communes, multiplie les mises en garde contre le risque de lancer des opérations sans le soutien des parlementaires.Le Pgrti conservateur, jusque-là solidaire avec les États-Unis, apparaît, lui aussi, divisé.Le lobby des anciens militaires, très puissant au sein de l’opposition tory, ne ménage pas ses critiques envprs le suivisme du chef du gouvernement.A l’instar de Lord Bramall, ancien chef des armées pour qui «la Grande-Bretagne risque d’être entraînée dans une guerre au ProcheOrient longue et sale».Issue incertaine Une partie de la presse de droite menée par le virulent Daily Mail ne cache pas son scepticisme devant l’absence de preuves de l’existence des armes de destruction massive dans l’arsenal irakien.Les libéraux-démocrates (centristes), pour leur part, exhortent le gouvernement à trouver avec ses partenaires européens une opposition compiune qui sojt en mesure d’influencer les États-Unis.A leurs yeux, une action militaire précipitée des Américains qui aurait l’aval de Londres ne disposerait pas d’un soutien suffisant au sein de l’Union, en particulier de la France et de l’Allemagne.Quant aux milieux d’affaires, ils se déclarent sensibles au risque de dépression économique, conséquence de l’inévitable envol des prix du pétrole.Le plongeon de la production industrielle en juin, qui a mis un frein aux espoirs de reprise économique en Grande-Bretagne, accroît leurs inquiétndes.Dans le passé, la totale solidarité de Tony Blair avec les États-Unis ne s’est jamais démentie.Le premier ministre, qui n’a cessé de donner des gages de fermeté et de fidélité à Washington, n’a pourtant rien à gagner dans cette affaire à l’issue incertaine.Selon le dernier sondage sur la question, effectué par la chaîne de télévision Channel Four, plus de la moitié des Britanniques sont hostiles à l’envoi de forces britanniques en Irak en cas de conflit déclenché par les États-Unis, contre 34 % qui sont d’un avis contraire.à Washington train de chercher à appliquer les résolutions» du Conseil de sécurité de l’ONU, a-t-il ajouté.Il faisait allusion à la récente invitation-surprise lancée par Bagdad au chef des inspecteurs en désarmement de l’ONU Hans Blix.«Tout changement concernant le gouvernement irakien, la direction du pays, doit venir du peuple irakien.C'est notre position», a-t-il ajouté.Alliée de longue date des États-Unis, la puissante monarchie pétrolière avait autorisé le déploiement sur son sol d’un demi-million de soldats américains lors de la guerre du Golfe en 1991.Les rumeurs de plus en plus insistantes ces dernières semaines concernant une nouvelle opération américaine contre Saddam Hussein avaient fait dire à certains que les Saoudiens se montraient réticents en public, tout en apportant secrètement leur soutien à Washington.Le prince Saoud a démenti l’existence d’un tel double langage.«Notre position ne peut pas être plus claire.Nos dirigeants l'ont déjà affichée et chacun des responsables du royaume l'a dit.» A 6 LE DEVOIR, LE JEUDI 8 A O II T 2 O O 2 EDITORIAL La Turquie malade de FEurope En une séance, et une seule, le Parlement turc a voté une série de lois propres à favoriser l’arrimage du pays à l’Union européenne.Abolition de la peine de mort, enseignement dispensé en kurde, ouverture de certaines des vannes qui cadenassent l’expression, pratiquement tout a été fait pour satisfaire aux exigences formulées par Bruxelles.L LE DEVOIR Serge Truffaut ?e 3 août dernier, les députés turcs ont accompli un exploit.Apres seize heures de débats qualifiés de déchirants par plus d’un témoin, les parlementaires ont convenu d’abolir la peine de mort, annulant de fado la pendaison du dirigeant kurde Abdullah Ôcalan, de lever l’interdit imposé depuis des lunes à l’épanouissement de la langue et de la culture kurdes, d’éliminer des obstacles à l’organisation de manifestations et enfin de supprimer bien des balises conçues pour étouffer toute critique à l’égard des institutions étatiques et surtout de l’armée.Le train de mesures arrêtées simultanément est en soi très révélateur de la volonté affirmée de ce pays d’être membre de l’Union européenne.Ces réformes consacrent également la victoire du camp des démocrates ou intégristes sur celui des républicains ou gradualistes.Depuis le début de la décennie antérieure, les premiers luttaient pour que cette nation adopte toutes les règles politiques imposées par l’Union européenne à tout pays posant sa candidature.Les seconds, dans lesquels on retrouve les formations politiques qui s’avèrent en fait les courroies de transmission des diktats de l’armée, les seconds, donc, avaient opté pour une intégration graduelle.Plus précisément, au lieu d’une réforme tous azimuts, les gradualistes voulaient repousser l’entrée de la Turquie aux calendes grecques.Pour ces derniers, le modèle d’un état centralisateur tel que l’avait développé Kemal Atatürk, fondateur de la république, était sacré.Cela étant, l’intégration éventuelle de la Turquie à l’Europe sera plus que singulière.Celle du Portugal ou de l’Irlande ou du Danemark n’avait pas le caractère historique que revêt d’ores et déjà celle de la Turquie.Mieux, les additions à venir de la Roumanie, de la Pologne et de plusieurs autres n’auront pas le cachet historique de celle qui s’amorce.Il en est ainsi, et il en sera ainsi parce que ce pays se compose de 66 millions de musulmans qui ne sont pas arabes, parce que ce pays est l’une des dix puissances militaires du monde, parce que sa situation géographique lui confère un rôle géopolitique qui en imposera au sein de l’UE, parce que ce pays, s’il entre de plain pied dans l’Europe, froissera passablement les Américains.C’est un secret de Polichinelle que Washington ne voit pas d’un très bon œil la gestation en cours d’une armée européenne.Outre les facteurs mentionnés, le processus en cours a ceci de très historique qu’il s’inscrit dans.l’Histoire! Dans le temps long de l’Histoire.Les Turcs ont soif de l’Europe depuis.1719! De retour à Constantinople après un long séjour d’étude à Paris, un ambassadeur fit un rapport qui devait marquer durablement la classe politique de ce pays, que ce soit celle de l’Empire ottoman ou de la République kémaliste.Et pourquoi ce rapport eut-il un impact retentissant?Parce qu’il décréta que l’Europe était synonyme de civilisation.Lorsque Kemal Atatürk décida de l’abolition du califat en 1924, après avoir évidemment déposé le sultan, il reprit à son compte les conclusions de l’ambassadeur en déclarant notamment ceci: «.pour que notre pays progresse, il doit faire partie de la seule dvilisation qui existe», soit donc, cette Europe.Cette Europe où la Turquie fut retournée comme une crêpe.Pardon?Le sujet de l’expression «l’enfant malade de l’Europe» est nul autre que la Turquie.Et ce, depuis 1920.Autrement dit depuis des lunes.Mieux, ce rêve de rejoindre l'Union européenne, de rallier cette association, de participer à son évolution, se conjugue lui aussi avec le temps long de l’Histoire de la construction européenne.Deux ans à peine après le Traité de Rome qui créait la Communauté économique européenne (CEE), la Turquie frappait à la porte pour faire acte de candidature.Ainsi donc, avant l’Espagne, la Grande-Bretagne, la Grèce, le Portugal, l'Irlande et plusieurs autres, Ankara manifesta son désir d’Europe.Elle afficha ses couleurs mais, hélas pour elle, sa classe politique ne comprit jamais que le pacte économique était le prélude dün pacte plus ambitieux, soit une construction politique.La forte propension des élites politiques turques pour la dictature, pour la négation de ce qui fonde la démocratie élémentaire, a confirmé avec éclat que la Turquie demeurait bel et bien «l’enfant malade de l’Europe».Malade, les gestes faits ces joursci indiquent que politiquement elle l’est beaucoup moins qu’auparavant.Par contre, économiquement, la Turquie est actuellement aux portes des soins intensifs.Ce pays est en effet le plus endetté qui soit auprès du FMI, l’inflation avoisine 45 %, le taux d’intérêt est de 70 %, les chômeurs se comptent par millions.C’est d’ailleurs à cause de cela, de tous ces maux économiques, que la population turque veut plus que jamais adhérer à l’Europe.Plus des deux tiers des Turcs veulent que leur classe dirigeante mette les bouchées doubles pour accélérer le processus d’intégration.Pour l’heure, la réaction des Européens est mitigée.Les «petites» nations ont salué les réformes effectuées, les «grandes» ont été fidèles à elles-mêmes: leur réaction a été mi-figue, mi-raisin.Aux Turcs, elles ont servi une réponse de Normand: peut-être bien que oui, peut-être bien que non.FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE I.ABERGE Directeur de l’information MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE mmm Jï- w P - J € m i .•< i I I 1-CîLr-^ éAftwoÎTfc' Wl 'ot •o| Le sens commun et les grands esprits Jusqu’à tout récemment, le Code civil du Québec définissait le mariage comme un contrat «entre un homme et une femme qui expriment publiquement leur consentenemt libre et éclairé à cet égard» (article 365).D s’agit d’une définition fondée sur l’anthropologie, le sens commun et une tradition multimillénaire.Pour sa part, le dictionnaire Quillet parle de «l’union légitime d’un homme et d’une femme».Le Petit Larousse fût référence à «un acte solennel par lequel un homme et une femme établissent entre eux une union dont les conditions, les effets et la dissolution sont régis par les dispositions juridiques en vigueur dans leur pays».Autrement dit, il s’agit d’un contrat où les partenaires habilités sont un homme et une femme qui, en principe ou dans les faits, s’engagent dans un projet commun axé sur la transmission de la vie, l’éducation des enfants, le soutien mutuel et la continuité des générations.Ce contrat concrétise un droit là où les partenaires sont habilités, c’est-à-dire des adultes de sexe différent Ce qui n’exclut pas que le législateur puisse reconnaître d’autres formes d’union et de contrat entre adultes de même sexe ou de sexe différent Cela semble simple et clair, du moins pour le monde ordinaire.Mais il n’en est pas ainsi pour quelques grands esprits.Par exemple, le ministre québécois de la Justice n’ose pas définir en quoi consiste le mariage.Il a même fait supprimer la définition contenue dans le Code civil sous prétexte que la responsabilité de définir, en cette matière, relève du pouvoir fédéral.Mais voici qu’à son tour le ministre fédéral de la Justice plaide l’ignorance.Il estime que définir le mariage est une affaire complexe, compliquée.D est donc nécessaire, à son avis, de demander aux tribunaux de réfléchir sur le problème.Ces deux hommes, on n’en doute point, sont instruits, voire savants dans leur domaine de compétence.Mais quand il s’agit de définir le mariage, ils s’avouent ignorants.Ils ne savent plus ce qui est vrai ou faux.Ou s’ils le savent ils n’osent le dire.Ils semblent attendre que se crée un vague consensus gélatineux issu de la confùsion entretenue par des faiseurs d’opinion qui ap- LETTRES -?- puient la croisade de quelques homosexuels insatisfaits de l’institution de l’union civile dont leur a fait cadeau l’Assemblée nationale du Québec.Mais il n’est pas sain de croupir dans l’ignorance, qu’elle soit crasse ou non.Comme disait le vénérable Confucius, il est important de bien définir les mots si l’on veut bien gérer les choses.Les gens ordinaires, en grande majorité, sont persuadés que l’hétérosexualité fait partie de la nature du mariage.Des intellos, des éditorialistes et des journalistes pensent le contraire.Des politiques ne savent quoi penser ou n’osent dire ce qu’ils pensent.Nous voilà plongés dans un grand embarras, et ce, parce qu’on refuse de définir les mots et de cerner la nature des choses.Je compte parmi mes amis quelques homosexuels.Ils ne font pas de leur orientation affective particulière un étendard de combat ni la composante première de leur identité.Ils se singularisent par leur intelligence, leur humanisme, leurs comportements de citoyens libres et responsables.Ils savent distinguer les pommes et les oranges.Ils n’ont pas besoin qu’on leur refasse la définition du mariage.Celle qui prévaut depuis plusieurs millénaires leur convient, tout comme elle convenait à de sages penseurs grecs que l’orientation sexuelle distinguait de celle de leur entourage.Louis O’Neill 6 août 2002 Le capitalisme préfère la guerre à la paix Dans un communiqué des agences Reuteurs et Agence France-Presse publié dans Le Devoir des 3 et 4 août, nous apprenions ceci: «Les prix du [pétrole] brut ont d'abord chuté hier après la proposition de Bagdad (Irak) de faire venir sur son sol l'inspecteur en chef en armement de l'ONU, ce qui éloignerait la menace d'un conflit armé au Moyen-Orient, puis ont remonté quand l'organisation internationale a exprimé des doutes sur la sincérité de l'offre.» Une intervention militaire des Etats-Unis contre Saddam Hussein augmenterait la valeur des actions des compagnies pétrolières et par conséquent la richesse de ceux qui les pos- sèdent! Les mêmes effets se reproduisent dans toute l'industrie militaire.Et dire que c'est ce système économique que nous voulons imposer au reste de la planète.Un citoyen inquiet Benoit Dansereau Montréal, 5 août 2002 Air Canada en anglais: tout à fait normal Je me demande bien ce que les francophones ont à s’énerver tout à coup des services unilingues anglais d’Air Canada.Il n’y a rien de nouveau là-dedans.Bien avant que la compagnie ne soit privatisée, les services y étaient déjà offerts quasi uniquement en anglais.Je me demande bien ce qu’ont les Québécois à vouloir exiger qu’une compagnie aérienne d’un pays dont la langue de la majorité est l’anglais les serve en français.Si les Québécois voulaient se donner une compagnie aérienne avec des services unilingues français, il fallait y penser en 1980, lors du référendum.Un vote pour le OUI à cette époque non seulement aurait permis d’avoir une compagnie aérienne québécoise en français qui fonctionnerait probablement très bien près de 23 ans plus tard, mais on jouirait de bien d’autres services qui ne sont pas offerts en français par le fédéral actuellement Non mais faut-il ne pas avoir les pieds sur terre pour penser qu’une compagnie, dont le président et chef de la direction, Robert Milton, est un unilingue anglophone qui n’est même pas capable de placer deux mots en français, puisse accepter de dépenser de l’argent pour offrir des services en français.Soit dit en passant, même à l’époque où Air Canada était présidée par un francophone, un certain Jeanniot, les francophones ne pouvaient pratiquement pas se faire servir en français, malgré qu’on les invitait, dans une réclame publicitaire en français, à partir avec leur bikini et leur brosse à dents.Au fait, si les Québécois souhaitent vrament voyager en français, il n’y a qu’une solution, ignorer une compagnie qui ne respecte pas leur langue pour en utiliser une qui, elle, offre des services exclusivement en français: Air France! Yves Hamel Montréal, 2 août 2002 LIBRE OPINION —?- Les leçons du départ de Joe Clark NORMAN SPECTOR Personne ne devrait se surprendre de voir Joe Clark abandonner la direction du Parti conservateur.En fait, c’est lorsqu’il a décidé de revenir en politique en 1998 que l’on aurait dû être étonné.Malgré toutes ses qualités, et elles sont nombreuses, il y a déjà longtemps que les Canadiens ont conclu que le chef conservateur n’a pas l’étoffe dün premier ministre.la franchise de M.Clark transpa-raissait mardi alors qu’il justifiait sa décision, même lorsqu’il a fait référence aux résultats dün sondage interne, une technique bien connue des politiciens pour enjoliver une situation ou manipuler leurs militants.Il est vrai que le Parti conservateur suscite toujours un vif intérêt auprès des électeurs à la recherche dün deuxième choix, mais M.Clark a aussi reconnu que nous n’avons pas changé notre perception du premier ministre qu’il fut.En dépit de cela, les Canadiens maintiennent leur respect pour l’homme.Personne n’a jamais douté de son intégrité et de son honnêteté.Ses meilleurs moments au Parlement, après être revenu en politique, frirent ses attaques contre Jean Chrétien à propos du dossier de l’Auberge Grand-Mère.En écoutant sa conférence de presse, on comprenait que sa décision s'appuyait aussi sur des motifs personnels.Son épouse Maureen et ses proches conseillers lui ont fait comprendre qu’il ne pouvait, lui qui avait déjà perdu une première fois la direction de son parti, courir la chance de subir une autre humiliation en perdant le vote de confiance des militants lors du congrès d'Edmonton, qui aura lieu plus tard ce moisrci.Homme de parti, M.Clark ne pouvait non plus ignorer la conjoncture politique actuelle.Alors que règne la confùsion dans les rangs libéraux, il importe aux partis politiques d’avoir à la barre un leader expérimenté.En reportant après le congrès libéral de février la convocation dün congrès au leadership, M.Clark couvre tous les angles.Les conservateurs ne seront pas pris au dépourvu si le premier ministre Chrétien déclenche une élection pour sauver son job.Ce n’est qu’une hypothèse, mais personne ne sait comment finira la guerre civile libérale.Certains espèrent que M.Chrétien prendra une décision au cours d’une promenade pendant la première neige de novembre: d’autres croient qu’il tiendra jusqu’en février.La seule chose certaine, c’est que tout peut arriver.La décision de M.Clark de gagner du temps est sage.Les membres du caucus conservateur qui maugréaient à propos de son leadership et avançaient le nom de successeurs potentiels devront maintenant trouver des candidats.À ce propos, on ne peut exclure, même si ce n’est pas l’objectif recherché, une réédition du scénario de 1979 alors que les libéraux allaient rechercher Pierre Trudeau.Si Paul Martin vient à remplacer Jean Chrétien, pourquoi les conservateurs devraient-ils envoyer à l’abattoir un nouveau chef?Peut-on concevoir, dans une telle hypothèse, que les conservateurs puissent en venir à implorer M.Clark de renoncer à sa démission?Certains voudront voir dans la décision du chef conservateur un message à Jean Chrétien.Comme le sait trop bien M.Clark, c’est une chose de quitter la direction du cinquième parti en importance aux Communes, mais c’en est une tout autre de renoncer au 24 de la promenade Sussex, surtout quand, comme c’est le cas pour M.Chrétien, on est sûr de remporter la prochaine élection.Si quelqu’un peut tirer une leçon de la décision de M.Clark, c’est plutôt le chef de l’Alliance canadienne, Stephen Harper.Deux conclusions devraient s’imposer à son esprit.La première a trait aux relations interpersonnelles.En politique, être deuxième fait de vous automatiquement un perdant.Toutefois, la carrière de M.Clark montre bien que l’on peut survivre à une défaite.Pendant sept ans, celui-ci fut un secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères exceptionnel dans le gouvernement de Brian Mulroney.En dépit de tensions inévitables, les deux se complétaient et ils surent généralement travailler harmonieusement Même lorsque le gouvernement conservateur fracassait des records d’impopularité, personne ne doutait de la loyauté de M.Clark à l’endroit de son ancien rival.Cela fut possible grâce, en grande partie, au sens des relations humaines de M.Mulroney.M.Harper serait bien avisé de s’inspirer de cette situation dans ses relations avec Stockwell Day.La seconde est de nature partisane.Comme M.Clark l'a noté, les conservateurs n’ont pas profité de l’actuel désarroi des libéraux.Tous savent que l’Alliance canadienne traîne aussi la patte dans les sondages, même depuis l’arrivée dün nouveau chef.Si Stockwell Day a dû admettre que l’intelligence et le sérieux comptent en politique, M.Harper doit comprendre pour sa part que le programme du parti n’est pas la seule chose qui compte pour les électeurs.Ceux-ci, lorsqu’un premier ministre est en chute libre, se demandent d’abord qui pourrait être le meilleur candidat pour le remplacer.Or, lorsqu’ils examinent attentivement l’échiquier politique, les Canadiens trouvent difficilement des réponses à leur désir de changement dans la dispersion des forces d’opposition.Cela explique pourquoi ils misent tant sur Paul Martin, au point de n’accorder aucune importance à ses politiques ou encore à ses appuis financiers.En reportant son départ en 2003, Joe Clark donne l’occasion à la nouvelle génération de militants de s’approprier le leadership conservateur.Le mauvais côté de la chose est qu’avec un nouveau chef, les chances de créer une solution de rechange aux libéraux diminueront.Hier, M.Harper a proposé une campagne conjointe au leadership avec les conservateurs, une proposition qui a peu de chances d’être accueillie en l’absence dün accord sur le programme.Il ne devrait pas hésiter toutefois à (être lui-même candidat à la succession de M.Clark.Etant un ancien conservateur, il saurait sûrement faire mieux que David Orchard, qui avait terminé bon deuxième derrière M.Clark la dernière fois. LE DEVOIR.LE JEUDI 8 A O Û T 2 O 0 2 A 7 IDEES La conférence environnementale de Johannesburg (du 26 août au 4 septembre 2002) II y* ¦ - " d '],* j v ?La route vers Johannesburg est minée, car le bilan post-Rio comporte aussi de lourdes pertes.Parmi elles: le réchauffement accru de la planète, l’insuffisance en eau potable, la désertification mondiale accrue, la déforestation massive, l’absence de protection suffisante des écosystèmes et de leur biodiversité.Les aiguilles de l’horloge écologique s’emballent GILLES BRUNEL Université de Montréal e Sommet de Johannesburg vise à faire le point sur la conférence de Rio de 1992, particulièrement en ce qui a trait à l’Agenda 21.On y discutera des ententes environnementales de Rio et de l’après-Rio sans oublier d’intégrer les objectifs de la conférence du Millenium à New York en 2000, laquelle a porté sur la réforme de l’ONU et sur des questions sociales incontournables, comme la lutte à la pauvreté.De fait, l’agenda est trop vaste devant le désintéressement environnemental actuel et l’absence de plans concrets jusqu’à maintenant malgré plusieurs accords de principe (1).Si des pays insulaires sont menacés de disparaître sous la mer en raison de changements climatiques sournois, la conférence elle-même peut s’enfoncer rapidement inondée par des propositions vagues.Un bilan général décevant Ayant participé à la conférence de Rio, j’avais eu alors l’impression pendant quelques jours que la survie de la planète allait être assurée.Ce fiit peine perdue.La conférence de Rio a permis la signature de la Convention sur les changements climatiques — qui s’avère un texte indispensable, mais incomplet — et de la Convention sur la biodiversité — elle aussi incontournable, et qui pourrait devenir redoutable si elle était vraiment appliquée.Trois autres textes importants ont été ré digés à cette occasion: la Déclaration de Rio, un document édulcoré en ce qui touche la responsabilité et la réparation des dommages environnementaux, l’Agenda 21 et ses centaines de recommandations pour l’avenir de la planète et la dé claration intitulée Principes-cadres sur la protection des forêts, laquelle n’a pas eu malheureusement de suite et n’est jamais devenue une convention étant donné les intérêts privés majeurs dans ce secteur.Depuis 1992, quatre nouvelles conventions et deux protocoles ont vu le jour grâce à l’acharnement de certains pays, diplomates et leaders d’ONG environnementales.La première convention, ou «convention des pauvres», porte sur la désertification, la deuxième se centre sur le consentement préalable au transport des produits chimiques, la troisième a trait aux polluants organiques persistants et la quatrième fait référence aux stocks de poissons transfrontaliers et migratoires à protéger.Deux protocoles se sont ajoutés, dont celui de Carthagène sur la biosécurité et celui de Kyoto sur la politique de diminution des gaz à effet de serre (2).Même si le protocole de Kyoto était adopté, ces gaz à effet de serre vont continuer de progresser, spécialement dans des pays tels les Etats-Unis et le Canada Le tableau 1 fait état du nombre de signatures obtenues en date de mai 2002 en ce qui a trait aux conventions et aux protocoles en cause.On peut noter que la Convention sur la biodiversité, celle sur les changements climatiques, celle sur la désertification et celle sur la conservation et la gestion des stocks de poissons transfrontaliers et migratoires ont maintenant force de loi.La Convention sur les produits chimiques est un outil sérieux qui doit recevoir encore plusieurs signatures pour être mis en applica-tion.Il en est de même de la convention si nécessaire sur les polluants organiques persistants.Relié aux applications pratiques de la Convention sur les changements climatiques, le protocole de Kyoto est sur le point d’être accepté, sans doute avec l’appui de la Russie et de quelques autres pays telle la Pologne.A la limite, on pourrait se passer du Canada, ce qui serait dommage.Le Protocole sur la biosécurité prendra encore quelque temps avant d’être finalement accepté vu les énormes intérêts commerciaux en jeu qui sont principalement liés à l’industrie biotechnologique.Une nouvelle fragmentation politique divise la planète en pays pro-Rio, pays anti-Rio et quelques dizaines d’autres indécis basculant d’un côté ou de l’autre selon les questions traitées.Des gains réels mais limités À la suite de Rio, des projets de développement durable locaux et nationaux ont été alors mis en marche.On a noté en particulier une augmentation des programmes se rapportant à l’Agenda 21 qui ont touché plus de 6000 localités dans 113 pays.Aucune évaluation systématique de ces actions n’a cependant été réalisée.Reliée parfois à ces initiatives, l’éducation relative à l’environnement a nettement pris forme.Elle est un point de ralliement de ministères et d’associations diverses comme c’est le cas en France.Les résultats de la mise en chantier de tels programmes commencent à poindre, comme l’indique la conférence récente de Plan’Eterre (3).Les années post-Rio ont vu se développer des technologies alternatives comme c’est le cas particulièrement en Allemagne et au Danemark.Le développement de ces instruments est devenu une priorité réelle pour l’Union européenne, qui a pris le leadership mondial environnemental.On note un peu partout des expériences accrues en droit environnemental, spécialement avec l’Union internationale pour la conservation de la nature, II faudrait des programmes internationaux de formation au développement durable en comptabilité verte, en architecture, en urbanisme et en design, qui intègrent de plus en plus la question de l’environnement.La conférence d’Istanbul sur l’habitat (Habitat II) en 1996 et le Forum urbain mondial de mai 2002 ont été des rencontres pertinentes à ce chapitre.L’idée d’habitat durable gagne de plus en plus d’adeptes.Signalons aussi que rutilisation des méthodes d’évaluation environnementale se généralise (4).Au niveau global, de nouvelles institutions, comme la Commission du développement durable, ont vu le jour.On observe une activité institutionnelle et diplomatique intense dans la politique de protection et de conservation des mers et des océans.On songe même à appliquer des sanctions, ce qui n’est pas toujours le cas ailleurs.Ijes travaux préparatoires à Johannesburg voulaient une protection accrue pour les pays insulaires menacés de disparaître sous la mer.Le pertinent programme d’action de la Barbade consacré à ce genre de problème est encore d’actualité.Il existe une volonté d’intervention lé gèrement plus forte pour les secteurs de la mer et des océans que pour l’atmosphère, la dé sertification, l’eau courante et la forêt Sur le plan légal, on peut observer une acceptation de plus en plus gé néralisée du principe de précaution environnementale qui stipule qu’en cas d’absence de connaissances scientifiques ou de divergences sur une’ question, le bénéfice du doute doit aller dans le sens de la protection de l’environnement (5).Des pertes réelles depuis Rio 1992 La route vers Johannesburg est minée, car le bilan post-Rio comporte aussi de lourdes pertes.On note le réchauffement accru de la plané te, l’augmentation des gaz à effet de serre, le maintien du trou de la couche d’ozone, l’insuffisance en eau potable, la désertification mondiale accrue, la déforestation massive, l’absence de protection suffisante des écosystèmes et de leur biodiversité, sans oublier en particulier celle des cours d’eau, des marécages, des coraux, des mers, des océans.On doit foire face à la pollution radioactive réelle et potentielle, à l’absence et à l’usure des canalisations en eau et en systèmes de filtration et aux difficultés majeures d’élimination des déchets de tout genre.On peut déplorer aussi le déficit énergétique en zones rurales, le manque global d’énergies alternatives, l’absence de réformes agraires sérieuses, la privatisation accrue de l’eau et l’établissement unilatéral de brevets sur les plantes, les animaux et les micro-organismes par les entreprises nationales et multinationales.Sur le plan institutionnel onusien, la multiplication des agences se poursuit alors que le financement piétine.Au cœur du débat, la Commission du développement durable n’a pas atteint sa vitesse de croisière et on a vu des dédoublements entre les agences onusiennes et d’autres qui se sont mises trop lentement en marche.Le PNUD, ou Programme des Nations unies pour le développement et le PNUE, ou Programme des Nations unies pour l’environnement, devraient fusionner certaines de leurs activités, car les deux s'occupent de développement et d’environnement.Dans le contexte de la comptabilité environnementale des dix dernières années, le compte courant de la planète demeure dans le rouge.L’échec de Bail Signalons la présence de trois types de problèmes vécus lors de la dernière conférence préparatoire à Bali.En premier lieu, il y a clairement eu des désaccords sur le programme de travail en jeu: échéanciers, buts, vérification, surveillance, cenfres d’excellence.Les groupes de pression et les diplomates familiers des ententes tordues ont veillé au grain.En deuxième lieu, un débat de fond irréconciliable s’est produit sur le commerce international inégal, sur le libre-échange, sur la gestion des ressources à tirer de la biodiversité, sur la globalisation et sur le financement des décisions issues de la conférence à venir.Iæ Nord ne voulait pas payer tout seul la note et, quand il entendait le faire, il exigeait une ouverture des marchés et une gestion démocratique accrues.La protection de l’environnement passait par une démocratisation accélérée.Iü planète pourra-t-elle attendre ces réformes?En troisième lieu, il y a eu un sentiment d’absence d’urgence et de volonté politique malgré des énoncés en faveur du développement durable défini à sa manière par chacun.Le train de la globalisation mené par l’OMC menace de doubler les voies tracées par les traités de Rio et post-Rio dans les courbes glissantes vers la pole position économique et politique.Encore la globalisation La question de la globalisation, phase actuelle de la mondialisation, a été présente dans tous les documents préparatoires.Plusieurs pays semblent l’appuyer, sauf certains qui se sont permis de la critiquer sévèrement à l’occasion dans les sessions préparatoires.Des ONG comme Anced et Greenpeace n’ont pas raté l’occasion de marquer leur opposition à la globalisation alors que d’autres ONG minoritaires considèrent qu’il fout l’accepter.Un point chaud en litige touchait la responsabilité et l’imputabilité des entreprises et le besoin qu'elles rendent compte de leurs activités durables et non durables à la société civile, un thème devenu embarrassant à Bali.Plusieurs entreprises s’y opposèrent au nom du secret dont certaines pourraient profiter en cas de divulgation.On devrait demander aux entreprises d’assumer la pérennité environnementale d’un produit de sa fabrication jusqu’à sa vente et même après, une idée qui a déplu à plusieurs pays à Bail Des plans d’urgence En plus de plans d’urgence pour les écosystèmes menacés, comme ceux des pays insulaires paniqués, des déserts oubliés sauf pour les scènes de cinéma, des zones de pêche trop fréquentées, des forêts de tout type utilisées à fond pour le papier et le bois d’œuvre, des régions touchées par le nucléaire et des grandes villes maritimes, il faudrait des programmes internationaux de formation au développement durable incluant, par exemple, des jeunes volontaires, des membres des Premières Nations et des retraités enthousiastes pour accomplir ce travail.La création de centres d’excellence en développement durable pourrait aider.A titre d’exemple, des forêts tropicales et semi-tropicales ne reçoivent que peu d’experts et de techniciens susceptibles d’appuyer les populations locales dans leurs projets de développement durable.On devrait verser un supplément de salaire à ceux qui, en plus de leur travail, protègent systématiquement les écosystèmes, une expérience tentée au Costa Rica.De plus, par exemple, des forces armées recyclées pourraient soutenir la cause environnementale dans chacun des pays du bassin amazonien et mettre au pas les contrevenants.On aurait aussi besoin d’une force d’intervention spéciale avec des «Casques verts» travaillant en situation de désastres écologiques.Le citoyen se sent démuni comme c’était le cas face à la menace nucléaire.Il peut se creuser un nouvel abri souterrain vite inutile ou opter pour un militantisme critique dans des ONG environnementales ou encore pour le volontariat pour l’enseignement du développement durable.Ce serait une forme de participation locale et à distance à la conférence de Johannesburg.En fait, il faut plus que planter son arbre, on doit viser à adopter un lac, une rivière, un marais, un bord de mer, un récif, voire un écosystème.H est onze heures à l’horloge de la planète.1.Pakulski et Cook ont noté la baisse de l’intérêt pour l’environnement en Australie depuis les années 1990 {.Saison Mauve, vol.2, n° 1:33-52).2.Louis-Gilles Francœur a très bien exposé les enjeux de la Convention sur la biosécurité.Voir en particulier Le Devoir des 22,25 et 26 janvier et des 1" et 2 février 2002., 3.Regroupés sous Plan'ETerre, les responsables de l’éducation à l’environnement des pays francophones vont de l’avant sur les plans associatif et gouvernemental.Il fout souligner ici le rôle actif dans ce dossier de l’AU-PELF et de l’UQAM avec l’équipe de laide Sauvé.4.Des principes devaluation environnementale ont été élaborés par des praticiens réunis à Bellagio en 1996, lesquels ont traité des buts, des objectifs et de la transparence nécessaire dans ce travail.5.Pierre Marc Johnson, Karel Mayrand et Marc Paquin ont clairement fait état du problème des liens entre le commerce et l’environnement {Le Devoir, 27 juillet 2002).mwm sj&iMrÉ Accords Signatures Parties Pays Pays initiales requis manquants Convention sur la biodiversité - 182 50 e Protocole sur la biosécurité 103 12 50 38 Convention sur les changements climatiques - 186 50 e Protocole de Kyoto Convention 84 115 47 178 55 50 8 sur la désertification e Convention sur l’accord préalable au transport des produits chimiques Convention 75 20 50 30 sur les polluants organiques persistants 115 5 50 45 Convention sur les stocks de poissons 59 31 30 e SOURCE: THE RIO CONVENTIONS: COMMITTING TO SUSTAINABILITY Dans le tableau, e signifie ratifié.L’ÉQUIPE DU DEVOIK LA RÉDACTION Journalistes A l’Information générale et métropolitaine : C.érald Dallaire (adjnint au direclrur de lïn/ormation), François Cardinal (actualitt municipale), Marie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avignon (sports), l’aule des Rivières (éditorialiste), Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement), Benoit Mlinger (responsable du site Internet), Josée Boileau, Brian Myles (justice et faits divers).Isabelle Paré (santé)-, Michel Garneau (caricaturiste) -, Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques); Martin Dudos et Christine Dumazet (rrlecteun); Jacques Grenier et Jacques Nadeau {photographes) ; è l'Informntinn culturelle : Michel Bélair (responsable), Jean-Pierre legaull, Stéphane Balllargeon (thédtre).Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma).Bernard Umarche (arts visuels); A l'information économique : Gérard Bémbé (adjoint au directeur de l'injormation).Dominique Reny, Eric Desrosiers, Valérie Dufour.Pauline Gravel, Claude Turcotte; é l'Information internationale : Claude lévesque.Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); A l'infoi nuition poli- - -, ._.—.wt Montait L'Heureux, lise Lachapelle, Rachellt* Leclerc.L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des sendees comptables), Céline Furoy, Olivier Lachambre (contrôleur), Ghislaine Ufleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier.Chantal Rochon.Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). LE DEVOIR.LE JEUDI 8 AOÛT 2002 A 8 ?LE DEVOIR - ACTUALITES COLOMBIE PROCÈS SUITE DE LA PAGE 1 La Couronne n’était pas du même avis.«Je pense que le public va être aussi dévasté que nous pouvons l'être par cette décision», a déclaré Mr Madeleine Giauque, fort déçue à sa sortie de la salle d’audience.«On va prendre quelques semaines de vacances et digérer tout ça.On va revenir.On va recommencer une preuve qui sera encore plus convaincante, plus complète, on vous le promet», a-t-elle ajouté.De leur côté, les procureurs de la défense ne cachaient pas leur joie.«La question n’est pas de savoir si ça nuit à ma cause.C’est un excellent jugement qui tient compte de tout, y compris des intérêts supérieurs de la justice.C’est le meilleur jugement que le juge pouvait rendre», a indiqué Me Jacques Bouchard, l’un des neuf avocats qui représentent les accusés.Huit d’entre eux ont par ailleurs reçu une mauvaise nouvelle.Depuis 16h hier, les honoraires de 150 $ l’heure que leur avait accordés le juge Boilard ont été réduits au tarif habituel de l’Aide juridique.Même si cette ordonnance du juge Béliveau déplaît aux avocats, elle n’a pas ébranlé la conviction de Mr Lise Rochefort: «C’est un bon jugement.Les honoraires, ça viendra après.Aujourd’hui, ce n’est pas un considérant.[.] Je représente un client sur l’Aide juridique, j’ai la confiance de mon client et je vais continuer à le représenter.» Dans son jugement, le magistrat a longuement évoqué le comportement du jury au coins des dernières semaines.Les commentaires des jurés au sujet des intervenants qui désiraient la tenue d’un nouveau procès visaient sans équivoque la défense, dit-il.Ds pourraient entraîner l’annulation du procès pour partialité par la Cour d’appel, selon lui.De plus, leurs doutes exprimés sur l’intégrité du processus et la sérénité entachée de certains d’entre eux constituent d’autres motifs qui pourraient conduire la Cour d’appel à invalider le procès.«Ces remarques ne se veulent surtout pas un blâme à l’égard des jurés», s’est toute- fois empressé de préciser le juge, qui leur a rendu hommage pour la qualité de leur travail et l’intérêt qu’jls ont démontré tout au long du procès.À l’aube d’un nouveau procès, le juge Béliveau a tenu à dire aux parties qu’ü faudrait trouver le moyen d’éviter la présentation de preuve inutile qui prolonge l’audition devant jury.Il leur a donc fortement suggéré de déposer des admissions (soit des comptes rendus des éléments de preuve sur lesquels s’entendent les deux parties) qui épargneraient au jury d’entendre de multiples témoins sur des éléments qui ne sont pas contestés.Avec le recours aux admissions, on aurait pu éviter le témoignage de 50 personnes pour présenter aux jurés le fruit de perquisitions, ce qui aurait épargné un mois d’audition, constate le juge, qui cite d’autres exemples pour expliquer sa position.La défense s’était déclarée disposée à déposer des admissions, mais la Couronne s'était monfrée beaucoup plus réticente quand le sujet avait été abordé le 2 août dernier, alléguant que sa proposition de retirer toute la preuve relative à l’agent source Dany Kane écourtait suffisamment les procédures.Me Giauque a pris note des remarques du juge: «Le juge a été sévère, a-t-elle admis.Mais est-ce qu’il connaissait la preuve qui a été présentée, est-ce qu’il savait de quelle façon ç’a été fait?Nous estimons que nous avons fait le travail qui se devait d’être fait, que nous l’avons bienfait.Et nous espérons pouvoir faire mieux la prochaine fais.» En conclusion, le juge Béliveau a donné rendez-vous aux avocats le 3 septembre prochain pour l’audition des requêtes.Un nouveau jury devra ensuite être sélectionné.C’est ainsi que sept mois de prpcédures et des millions de dollars dépensés par l’État ont été balayés hier après-midi par le juge Béliveau.Ne tardant pas à réagir, le ministre de la Justice, Paul Bégin, a fait savoir par voie de communiqué qu’il mettrait tout en œuvre «pour faciliter une reprise SUITE DE LA PAGE 1 Des millions de dollars de taxes ont été dépensés en pure perte depuis huit mois.Et plusieurs craignent maintenant qu’un nouveau procès ne fasse le jeu de la défense — qui pourra affiner sa stratégie après avoir vu les détails de la preuve — au détriment de la justice.«On va chercher des coupables.En bout de ligne, c’est la confiance des citoyens envers l’un des piliers de la démocratie qui est en jeu.» C’est aussi l’opinion de son collègue André Normandeau, de l’Université de Montréal.Selon des recherches qu’il a menées au cours des dernières années, les Québécois étaient déjà très méfiants envers le système judiciaire.Ce qui s’est passé hier risque d’être «dévastateur».L’avortement d’un procès après la récusation d’un juge est pourtant exceptionnelle.«Nous n’avons pas trouvé un seul cas semblable à celui-là depuis 20 ans au Canada», souligne le professeur de criminologie.BEURRE La fin des mégaprocès?Les deux experts s’entendent pour dire que les commentaires du juge Béliveau sur la lourdeur des procédures forceront les parties à réviser leur stratégie avant l’ouverture du nouveau procès.«Il y a là une invitation pressante à raccourcir les débats» en collaborant mieux, souligne Mr Hébert Pour gagner du temps — et épargner de l’argent —, les avocats pourraient s’entendre pour faire des admissions de preuve.La Couronne pourrait aussi limiter le nombre et la variété des chefs d’accusation pour mieux se concentrer sur ceux qui sont les mieux documentés.«H s’agit d’agir comme un tireur d’élite et non comme un chasseur de canards qui envoie des plombs dans toutes les directions», dit-il.Selon l’avocat, il faut donc s’attendre à des changements majeurs pour l’automne.De nouveaux jurés seront choisis.Même si c’est improbable, il est possible que la juge en chef du Québec nomme un nouveau juge à la place de Pierre Béliveau.Et puis le box des accusés pourrait bien se dépeupler un peu.M" Hébert MARIAGES «Main ferme, grand cœur» La capitale avait été le théâtre d’un attentat à la voiture piégée samedi et de deux attaques à la bombe dimanche, tous attribués par la police aux PARC, principale guérilla avec 17 000 hommes, avec pour bilan un mort Deux projets terroristes, attribués aux PARC et déjoués dans les derniers jours par les services secrets, visaient l’un à lancer un avion suicide sur le palais présidentiel en pleine cérémonie, l’autre à abattre l’hélicoptère d’Alvaro Uribe hier également La guerre civile en Colombie a déjà fait plus de 200 000 morts depuis 1964, avec une moyenne de 3000 enlèvements par an, et plus de deux millions de personnes déplacées au cours des quinze dernières années.Qui est Uribe?Austère, dépourvu d’humour, voire ascétique, Alvaro Uribe, investi hier président de la Colombie, semble être l’antithèse du Colombien moyen.Mais cet avocat de 50 ans, qui a étudié à Harvard et Oxford, partage une chose avec nombre de ses compatriotes: la guerre civile qui ravage son pays depuis 38 ans lui a enlevé un de ses proches.Au début des années 1980, son père, un riche propriétaire terrien de Medellin, a été tué dans une fusillade avec des rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (PARC) qui tentaient de l’enlever.En avril, le mouvement de guérilla marxiste a failli éliminer à son tour celui qui n’était alors que candidat à l’élection présidentielle.Au cours d’une visite de campagne, les PARC ont fait exploser la voiture d’Uribe, tuant quatre personnes dans l’attentat Avec un extraordinaire sang-froid, le petit avocat était alors descendu de sa voiture blindée détruite par l’explosion pour s’enquérir de la santé des blessés.Ce calme affiché en toute circonstance a convaincu les Colombiens qu’Alvaro Uribe pouvait être l’homme de la situation.Aussi discipliné que son pays est désordonné, cet homme élégant à l'apparence juvénile est considéré comme un possible sauveur par beaucoup de Colombiens, las d’un conflit responsable de 3500 morts en moyenne chaque année depuis 38 ans.Un conflit qui, ajouté au fléau de la drogue — la Colombie est le premier producteur mondial de cocaïne —, vaut aujourd’hui au pays le surnom de «Locombia» — «pays de fous».Uribe a été élu dès le premier tour du scrutin présidentiel en mai grâce notamment au rejet massif par ses compatriotes d’Andrés Pastrana, dont les négociations avec le plus important mouvement de guérilla d’Amérique latine ont échoué en février.Conservateur, indépendant et partisan de la manière forte face aux rebelles, Uribe a fait campagne sans le soutien du Parti libéral, dont il fut longtemps membre.Ses thèses prônant le retour de l’ordre et du libre-marché ont aussi séduit bon nombre de Colombiens aisés.Depuis son élection, Alvaro Uribe n’a pas failli à sa réputation de bourreau de travail.En multipliant les annonces politiques importante^ et en allant chercher des soutiens financiers aux États-Unis et en Europe, il a complètement éclipsé Andrés Pastrana.Il se lève avant l’aube et ses collaborateurs se plaignent de réunions de travail durant jusque tard dans la nuit.Dans les sondages, sa popularité a grimpé jusqu’à 70 % d’opinions favorables.Respectant son slogan de campagne «main ferme, grand cœur», il a promis d’engager une sévère répression militaire contre les mouvements de guérilla d’extrême gauche et les milices paramilitaires d’extrême droite.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9 EU Place-desArts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction ©ledevoir .corn L’agenda culturel SUITE DE LA PAGE 1 remettre aux tribunaux, il y aurait toujours la possibilité d’un renvoi devant la Cour suprême, ce que je ne favorise pas [.] parce que je crois sincèrement au rôle de leader que doivent prendre le gouvernement et le Farlement.» Selon lui, l’annonce faite hier «démontre sans aucun doute une modification de l’approche gouvernementale» alors qu’Ottawa a défendu depuis 1993 une définition du mariage excluant les relations homosexuelles.Maintenant, le ministre a dit qu’il «est important d’agir rapidement».Le mandat du comité ne se limiterait pas à la définition du mariage mais aurait une portée plus large afin de lui permettre d’examiner les différents arrangements contractuels possibles et ce qui se fait dans d’autres pays, explique une source dans l'entourage du ministre.Le ministère de la Justice prépare pour septembre un document de travail destiné à alimenter les discussions, mais au bureau de M.Cauchon, on précise que le comité pourra offrir d’autres sugges- tions.Selon des fuites récentes, le gouvernement soumettrait une série d’options allant du statu quo à la limitation du rôle de l’Etat en matière de mariage.Qn évoque la possibilité de laisser le mariage aux Églises pour ne laisser aux gouvernements que l’encadrement juridique des droits et obligations contractuels entre individus.Le cabinet et le caucus libéral sont divisés au sujet de la définition du mariage et le débat pourrait être intense.Lorsque le gouvernement a modifié une soixantaine de lois en 2000 pour éliminer toute différence entre les droits et les obligations des conjoints de fait homosexuels et hétérosexuels, il a dû réaffirmer son appui à la définition existante du mariage pour assurer l’adoption de son projet de loi.Deux ministres ont jusqu’à présent déclarer leur appui au mariage homosexuel, soit Alan Rock et Bill Graham.Interrogés à leur tour à leur sortie du cabinet hier, les autres ministres marchaient sur des œufs et ont tous esquivé la question.Le premier ministre Jean Chrétien a lui aussi refusé de dévoiler son opinion personnelle, jugeant l’enjeu trop complexe pour être traité de la sorte.«H JACQUES GRENIER LE DEVOIR M' Jacques Bouchard, avocat de la défense: une décision qui sert «l’intérêt supérieur de la justice».rapide du processus judiciaire, malgré les efforts additionnels que devront fournir les substituts du procureur général et malgré les coûts supplémentaires générés par la tenue d’un nouveau procès».s’attend en effet à ce que quelques-uns des 17 motards admettent leur culpabilité en échange d’une peine moins sévère, comme l’a frit le trafiquant Gérald Mat-ticks lundi.«Après des mois de détention, après avoir vu des extraits de la preuve, Hyena certains qui n’auront pas envie de continuer la course», croit-il.Pour le moment, une seule chose semble claire: ceux qui refuseront de négocier leur sentence subiront leur nouveau procès ensemble, au Centre judiciaire Gouin.La succursale du Palais de justice construite exprès pour accueillir les présumés Hells Angels abritera ensuite un second mégaprocès présidé par le juge Réjean Paul.De l’avis d’André Normandeau, la débandade d’hier pourrait cependant remettre en question à l’avenir cette façon de procéder excessivement complexe et coûteuse.«Au départ, l’idée de faire comme en Italie semblait bonne, explique-t-il.Mais avec le recul, on réalise que c’était probablement aller au front inutilement.» faut l’étudier», a-t-il dit, car il touche aux compétences des provinces, au droit à l’égalité et aux obligations contractuelles existantes.«Si je veux écouter, il ne me revient pas de vous dire mon opinion avant.[.] Mon opinion est une chose, mais je suis le premier ministre du Canada.Je dois décider après qu’un comité aura étudié le problème.» L’annonce de la future consultation a été bien reçue par les partisans et les opposants des mariages gais.Le député bloquiste Réal Ménard avait souhaité cette consultation tout en déplorant la décision de porter le jugement ontarien en appel.«Je suis d’accord pour qu’on consulte les gens à travers un comité parlementaire parce que tout le monde ne pense pas pareil.Il faut faire ce débat-là et je trouve donc ça positif», a-t-U commenté hier.D’accord avec l’appel d’Ottawa, le critique allian-ciste Vie Toews était aussi heureux qu’on consulte les Canadiens.Son parti est opposé à l’extension de la définition du mariage pour inclure les couples homosexuels.M.Toews privilégie la création d’un cadre juridique différent pour les relations autres que le mariage hétérosexuel.Au téléphone (514) 985-3346 Par télécopieur (514) 985-3390 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514)985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) 1 j* Devoir peul, à l'occasion, mettre la liste d'adressea de ses abonnés à la disposition d'orKaiiisatioiiH reconnues dont la eau ne, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaite/, pas recevoir de correspondance de ces ontanisations.veuillez en avertir notre service à la clientèle.h /Jeiwir est publié du lundi au samedi |iar 1-e Devoir Inc.dont le sièjfe social est situé au 2050, rue De Bleury, té étaRe, Montréal, (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800, boulevard Induttriel,Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612.rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence IVesae C anadienne est autorisée A employer et à diffuser les Informations publiées dans U Devoir.I* Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, laval.Envol de publication — Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 Normalement prévu pour le 1" août dernier, l’émolument n’a en effet toujours pas résonné dans les comptes en banque des formateurs de secrétaires.«Et nous ne sommes pas assurés d’être rémunérés pour les périodes de paie suivantes», a précisé Mme Perreault.En guise de chèque, c’est plutôt une lettre laconique qu’ils ont reçue, leur indiquant que le versement de leur rémunération serait retardé.jusqu'au 6 août.San$ autres explications.«A 16h30, mardi, nous n’avons rien reçu.C’était la petite goutte qui a fait déborder le vase.Nous avons donc décidé de ne pas nous présenter au travail aujourd’hui.Et ce jusqu'à ce que l’on soit payés», dit Patrice Janelle, enseignant en comptabilité.«En 21 ans de carrière au CSM, c’est la première fais que je suis confrontée à une telle situation», déplore pour sa part Marie-Lise Hêtu, enseignante de français.Problème de gestion?Ou de liquidité, en raison de la saison estivale — alors que le nombre d’étudiants diminue inéluctablement?Rien de tout ça, a tenu à préciser PROFS Rod Plante, président et fondateur du collège, rencontré hier dans les couloirs de l’établissement Un collège bien vide où la tension et l’agitation, de la réception aux bureaux de la direction, étaient faciles à percevoir.«C’était prévu.Les enseignants sont aujourd’hui en journée d’études.Ils vont tous revenir demain», a-t-il indiqué.Car tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes au CSM.Selon la direction, du moins, qui tentait hier de minimiser la délicate question des salaires impayés tout comme la «pause» soudaine prise par son personnel.«Ce sont des rumeurs, il faut faire attention avec les rumeurs.La concurrence est peut-être derrière», a poursuivi M.Laplante.À l’origine de ces «rumeurs»?Une simple question de «réorganisation et de rationalisation nécessaires pour tourner le collège vers le futur», explique-t-il.avant d’avouer «Nous rencontrons en ce moment un problème de liquidité structurel.Mais tout a été réglé aujourd’hui.» Pour la quinzaine d’enseignants donnant des cours en ce moment, du moins, qui à 15h30 hier avaient finalement obtenu leur dû.Quant aux autres, en vacances depuis fin juillet et ce jusqu’à la rentrée de septembre, «cela va être réglé la semaine prochaine», s’est contenté de dire Carmen Bossé, directrice pédagogique au CSM.Les déboires du Collège supérieur de Moptréal n’ont visiblement pas étonné le ministère de l’Éducation du Québec, qui subventionne une grande partie des activités de l’établissement scolaire.Car le MEQ a le CSM à l’œil, a indiqué Nicolas Girard, du cabinet du ministre, Sylvain Simard, «afin de s’assurer que les élèves ne soient pas pénalisés et puissent terminer leur scolarité sans encombre».En juin dernier, le ministère a d’ailleurs devancé le versement d’une mensualité «pour pallier un problème de liquidité du collège», explique M.Girard.Ce qu’il pourrait frire de nouveau.«Dans les derniers jours, la direction du CSM s’est de nouveau adressée à nous», poursuit-il, sans plus de détail.Au bord de sa piscine, Maryse Perreault l’espère bien.«La crédibilité du CSM, c’est la qualité des enseignants qui l’a faite.Nous sommes le cœur de ce collège.Et aujourd’hui, le cœur est malade.Malade de ne pas être payé», dit-elle un trémolo dans la voix.ru« Sam» Catherin* U'OesteiMVeavs.t wloeeg - cuisine française qui fait bonne impression ?CE MIDI: Entrée + suprême de volaille aux chanterelles + dessert • 18$ ^ Envie de cuisiner ?Informez-vous sur notre formule Chef d’un soir.359,av.du Président-Kennedy (coin de Bleury) • ©Place des Arts .Tél.: 285-8686 • gutenberg@qc.aira.com —-1 mIc wker^ v
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