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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2006-08-19, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 AOÛT 2 0 0 H LIVRES Un commerce vraiment «équitable» ?Page E 2 L'art salé Page E 6 b/ persiste Une folle saga plus tard, celai-ci demeure debout.ODILE TREMBLAY Le FFM a 30 ans, et l’on n’ose dire toutes ses dents.Désargenté, sonné, mais dur à cuire, 3 revient hanter la scène culturelle du 24 août au 4 septembre.Au programme: 215 longs métrages, sans compter les courts et les moyens.Comme si le ciel ne lui était pas tombé sur la tête.Comme si.comme si.D y a deux ans.qui parmi les parieurs aurait misé sur la tenue d’un trentième FFM?Une foDe saga plus tard, celui-ri demeure debout.Faut-il rappeler que les institutions publiques.Téléfilm Canada et la SODEC, avaient désavoué le Festival des films du monde au profit de la créature du Festival international des films de Montréal (FIFM) piloté par l’Equipe Spectra, morte au berceau?Une formule essoufflée ?Serge Losique, l’étrange et controversé président du FFM.se passe du fi- nancement de l’État depuis deux ans, puisant de toute évidence dans ses propres goussets.L’entêtement du grand capitaine, à la proverbiale tête de cochon sous sa casquette, refusant de sombrer dans la tempête, a forcé l’estime de bien des observateurs.Les grandes années du FTM ont beau être dans son sillage, avec les sourires envolés de Gloria Swanson et de Giuletta Masina, et les silhouettes mythiques de Godard et de Fassbinder, le festival roule toujours.Ses hommages a Bulle Ogier et à Bruno Ganz.ainsi que son jury, auquel siège l’actrice américaine Kathy Bates, lui font d’ailleurs plutôt honneur en 2006.Quelques distributeurs qui participaient l’an dernier au festival concurrent sont revenus dans le giron du FFM.Pierre Brousseau, des Films Séville, a offert quatre œuvres au Festival des films du monde, dont Fauteuil d'orchestre de Danièle Thompson et Sestor ou les oubliés de Benoit Pilon.-Je voulais.pour le 301 anniversaire, serrer la iilture ’ ÉPI m m 1 », l ¦ V I ii-/ Il y a deux ans, qui parmi les parieurs aurait misé sur la tenue R d’un trentième FFM ?n I 'VT F .! I I ' „ w.v:.' mm I i SOUHtl NKWSCOM main de Serge Losique.dit-il simplement Il nous a tous impressionnés -Même Roger Frappier, de Max Films, si actif dans la création du défunt FIFM, a accepté de présenter La Vie secréte des gens heureux de Stéphane (^pointe en guise de film de clôture •Ça ne sert a nen de se réinstaller dans la /pierre des festivals Et le FFM a toujours été un excellent trem plin pour les films québécois’, précise-t-il.C’est bien pour dire.Longtemps conspué par la «ritique et la profession, qui voyaient en lui une formule VOIK PAGE E 7 LOSIQUE ermer V"" ¦ If x T J rereUnte iHHHMNtikMNflHfeMMMNMfllMflMfli H wÊÊÊ HH Hk RV H ibrairie Passer du ministère de l'Éducation à Ixi grasse et de Az/ Presse au C ampus Notre-Dame-de-Foy, par exemple, furent des changements importants, mais aucun de ces changements n’a été vécu comme une demicre escale Tandis que passer de la résidence Champa gnat du Campus Notre-Dame-de-Foy (où j'étais un simple locataire retraité) à une chambre d’infirmerie, cela s'appelle une dernière escale.Jean-Paul Desbiens www.septentrion.qc.ca « L E I) E V 0 I K .LES S A M E D I 19 ET DIMA \ CHE 2 e genre artisan.Le genre, aussi, à tâcher d’éviter de compliquer inutilement (ou même utilement) les choses: prose, poèmes.Le plus grand talent de Raymond Carver ayant toujours été, c’est un fait connu qui continue de transparaître à chaque page qui nous vient de lui, de se compliquer plutôt la vie.Parus deux ans avant sa mort survenue en 1988 à l’âge de cinquante ans, voici donc des poèmes.Appartenant à ce courant qu'il est maintenant convenu d’appeler poésie narrative et qui est l’art de tronçonner un texte en vers libres, une découpe assez souvent aléatoire en apparence, nonobstant la question du rythme et des sonorités, comme prati-quée par un homme distrait tranchant du saucisson.11 y a un verre de lait sur le comptoir, surtout pas de vin, en cette énième tentative d’arrêter de boire.En face de l’homme, au-delà du plan de travail de la cuisine, l’océan Pacifique.Un ruisseau où viennent parfois marsouiner de belles truites passe pratiquement sous la maison.J'ai écrit saucisson?Je voulais dire baloney, bien sûr.Carver aime les choses simples: la pêche, la neige, les mots, la mort Poésie narrative, donc.L’homme qui la couche par écrit est assis face à l'Orient et ça paraît.I.oin des mantras made in America d’un Allen Ginsberg, beaucoup plus proche de cet idéal d’un haïku déposé tel le cristal de givre du matin sur un brin d’herbe sur lequel a cessé depuis longtemps de souffler l’exubérance cosmique de Walt Whitman, les «poèmes» rassemblés ici s’étirent néanmoins avec une sorte de nonchalance, presque d’indifférence.Celle d’un regard promené autour de soi pendant qu’on pense à autre chose, et qui sans prévenir pénètre soudain à l’intérieur de la mémoire et éclaire au hasard les pièces et les couloirs de cette immense maison d’escargot qu’un homme porte sur son dos.Un regard qui n’aspire plus ni à conquérir, ni même à comprendre.Qui se contente d’enregistrer et de trancher, comme le couteau dans la chair et les boyaux du saumon ramené à terre.Et justement, on est porté à se demander: entre la concision magique du haïku et le court tex te en prose, pourquoi ne pas avoir tranché?Dans ces pages.Carver se montre à son meilleur quand il opte franchement pour la densité poétique: «Eau parfaitement calme.Parfaitement incroyable.Des nuées d'oiseaux se meurent arec Etudiant un jour.Membre toujours.Même si vous n'avez plus le statut d'étudiant, et même si vous n'avez plus votre carte, vous êtes encore membre de votre cooperative Coopsco.Alors, profitez des nombreux escomptes offerts par votre ancien regroupement cooperatif en magasinant à notre boutique en ligne.Tous les details sur le www.coopsco.com &COOPSCO SOURCE ED.DE I.A MARTÏNIERE nervosité.Bien assez de mystère là-dedans.» 11 déçoit au contraire quand,recourant à des trucs d’écoliers, il s’emploie, sur un sujet éculé, à étirer la sauce trop mince de son inspiration: «La voiture au pa re-brise fissuré./ La voiture à la soupage foutue.» Et ainsi de suite, au fil de 50 lignes commençant toutes par les deux mêmes mots.Franchement! Et puis, pneu ou poème, le souffle de Carver se fait inégal ici, tombe à plat le plus souvent.La traduction est parfois en cause.Désespérément en quête de musique, on est parfois forcé de reconstituer le texte original afin d’y remonter en douce.Première phrase du premier poème: «Ce matin était bien.» Ouche! «This morning was fine.» est un peu mieux.Ailleurs, l’auteur phare de l'école minimaliste, qui comme tous les auteurs phares aura passé une bonne partie de sa vie à essayer de prendre ses distances d’avec ce courant dont des scouts critiques bien intentionnés l'ont élu chef de file sans lui demander son avis, pratique la citation avec des résultats plus (une lettre de Renoir devient un poème) ou moins (une lettre de Kafka devient un poème) heureux.L’auteur, encore une fois, se contente de découper, ce qui me rappelle le cas connu de ce romancier qui fit passer comme une lettre à la poste un article de magazine féminin haché en vers par ses bons soins dans une revue littéraire cotée.De la part d'un homme qui, de son vivant, s'est fait un devoir de tourner le dos aux trucs de la littérature, nous méritons mieux.C’est du Carver, pas du grand Carver, et ça donne une lecture à côté de laquelle Patrice Desbiens, qui pratique'le même genre de narration déguisée, a tout du boute-en-train jovialiste! «Nous pourrirons sous terre bien assez tôt./ Il ne s’agit pas là d'un principe mais d’un fait», nous avertit le petit gars de l'Oregon.Et.«comme Hemingivay le fait remarquer avec raison, toutes les histoires, si elles sont menées assez loin, se terminent parla mort».Homme vieillissant face à la mer, tes poèmes sont des airs de poèmes, ne sont pas ce qu’ils sont, pareils en cela aux leurres avec lesquels tu pèches.La1 lecteur peut s’y tromper, un Philippe Djian les gober.le roi saumon de tes rêves les dévorer par simple agacement.Collaborateur du Devoir \A VITESSE FOUDROYANTE DU PASSÉ Raymond Carver Traduit de l’anglais p;u Emmanuel Moses Editions de l'Olivier Paris, 2006,183 pages Commerce équitable ?«Les consommateurs sont pris pour des cons», estime Christian Jacquiau FABIEN DEGLISE La question s’impose forcément dans les allées d'un supermarché ou devant le comptoir d’un commerce spécialisé: en payant plus cher le café, le thé ou le sucre certifié équitable, aide-t-on vraiment les petits producteurs du Sud à s’en sortir, comme le dit la chanson?Pas vraiment, répond, «avec un peu de tristesse» d’ailleurs, Christian Jacquiau, économiste et ex-adepte désabusé du café qui donne bonne conscience.Selon lui, le doux rêve d’un commerce équitable censé unir, au nom d’un juste partage des richesses, les Montréalais, Parisiens ou New-Yorkais aisés avec les pauvres mexicains, guatémaltèques ou boliviens, serait même sur le point de s’envoler en fumée.Ce serait la faute de certificateurs complaisants et peu transparents, mais aussi celle d’une industrie de la bouffe et de la grande distribution qui, en se jetant à bras raccourcis sur ces produits de niche, risque de leur faire perdre tout leur sens, dénonce cet homme dans Les Coulisses du commerce équitable.Mensonges et vérités sur un petit business qui monte.Avec cette brique de 500 pages lancée dans la mare du commerce équitable, Jacquiau sonne désormais l’alarme.«L’idée d’un commerce où chaque partie reçoit sa juste part est intéressante, résume l'auteur, joint cette semaine par téléphone dans sa banlieue parisienne, mais elle est en train de dériver.Si Von ne fait pas attention, il ne va pas rester grandiose.Et ce serait dommage.» Tout ça, pour ça Le bateau aurait déjà de l’eau dans la cale, à en croire celui qui signe cette enquête étourdissante visant à faire ressortir ce que les promoteurs du commerce équitable aimeraient bien garder loin des consommateurs et de leur bonne conscience.Comme, par exemple, le véritable gain que tirent les producteurs de café du Sud de ce prétendu nouveau modèle d'échange.Selon les chiffres fournis par Max Havelaar, le géant européen du commerce équitable — représenté au Canada par une «organisation sœur» comme Transfair.indique son site Internet —, chaque caféiculteur passé de la filière inéquitable à la filière équitable touche finalement.70 $ de plus par année, soit près de 6 $ de plus par mois.Et, «contrairement à ce qui est prétendu, ces [6 $] par mois bien symboliques ne reviennent pas directement aux producteurs mais plutôt aux coopératives [dans lesquelles ils se sont regroupés), qui ne reverseront la quote-part revenant aux paysans qu après avoir prélevé leurs propres frais de fonctionnement», écrit Jacquiau.Frais qui comprennent d’ailleurs étrangement une redevance versée par ces coopératives aux certificateurs (des organismes du Nord) pour avoir le droit de s’en sortir en faisant des affaires avec eux.•Si un prix Nobel du marketing équitable devait un jour être décerné.nul doute qu'il irait aux concepteurs de cette mutation de la posture solidaire en imposture équitable», écrit-il à propos de cette règle jugée «obscène» Six dollars par mois, ou vingt cents par jour, frais en moins.Cette donnée peut laisser perplexe.«Surtout après 20 ans éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature Laurent Giroux Jalons historiques pour une éthique definitude d’existence de ce modèle qui devait pourtant changer les choses», ajoute l’économiste, auteur en 2000 d’une enquête tout aussi percutante sur le monde de la grande distribution en Europe.«Dans ce contexte, le surcoût de 15 à 20 % imposé aux consommateurs du Nord pour des produits équitables peut paraître démesuré.» Sans doute.sauf bien sûr pour les nombreux «acteurs» du commerce équitable qui, contrairement aux paysans, semblent trouver le concept très payant.C’est le cas entre autres, explique-t-il dans son bouquin, des transporteurs, qui avec des navires battant pavillon de complaisance et du personnel traité en conséquence font passer le café acheté de manière équitable dans le Sud vers le Nord au même coût et en tirant le même profit (non redistribué, on s’en doute) qu’avec le café non équitable.Les torréfacteurs profitent également de cette manne en transformant le grain équitable pour le rendre infusable contre la même somme d’argent, ou parfois plus, que dans la filière traditionnelle, explique Jacquiau, qui remet en question au passage la règle de la suppression des intermédiaires que vantent souvent les penseurs du commerce équitable.«En fait, au lieu de commerce équitable, on devrait parler de matière première équitable, dit-il.Mais bien sûr, le concept serait moins racoleur.» Commerce de l’équitable Les grandes chaînes de distribution n’aimeraient pas d’ailleurs cette vision un peu plus lucide de la chose, elles qui depuis quelques années ont jeté leur dévolu sur ce type de produits pour répondre aux besoins des consommateurs, mais aussi pour se donner une image de «bon citoyen», comme dirait l'autre.Nestlé, Kraft, McDonald’s et même Wal-Mart ont succombé ou sont sur le point de le faire.«On est passé du commerce équitable au commerce de l'équitable», dit l’auteur.«Aujourd’hui, il y a une guerre dans le café [en rai- son d’une surproduction provoquée par le Brésil et le Vietnam] et, dans ce contexte, pour démarquer un produit, le label équitable devient payant».avec ces marges aussi élevées que son prix, que des consommateurs n’hésitent pas à payer pour se donner, entre deux bananes inéquitables et un pot de Cheez Whiz, un peu de bonne conscience.Aveuglement.C’est là que le bat blesse.«Les consommateurs sont pris pour des cons, affirme Jacquiau.C’est ce qui est scandaleux.On joue avec leur sensibilité, on leur dit que leur geste d’achat peut changer les choses, mais finalement on les trompe» sur la vraie nature de ce commerce dit équitable.Et il ajoute: «Oui, quand on sait où le néolibéralisme mène, le commerce équitable, c’est mieux que rien.Mais il faut garder les yeux ouverts: c’est très peu.» L’homme n’est pas pessimiste pour autant, assurant que l’idée d’un commerce plus juste conjuguant les profits au temps du partage mieux organisé est plus qu’une simple utopie en train de foirer.«C’est une idée géniale», dit-il.11 en appelle d’ailleurs à une réflexion collective sur les normes et les exigences à mettre en place, dans la transparence et loin des certificateurs actuels (qui sont selon lui juges et partis), afin de redonner à ce commerce l'élan qu'il mérite.«Le pire avenir pour ce concept, ce serait l’inertie.Le risque est là.Les gens pourraient se dire: on n’a pas besoin de rien changer puisqu’il y a le commerce équitable».qui finalement, comme bien des révolutions, ne change pas grand-chose, selon lui.Le Devoir LES COULISSES DU COMMERCE ÉQUITABLE Mensonges et vérités sur UN PETIT BUSINESS QUI MONTE Christian Jacquiau Mille et une nuits Paris, 2006,476 pages JORGE SILVA REUTERS Chaque caféiculteur passé de la filière inéquitable à la filière équitable touche finalement.70 $ de plus par année, soit près de 6 $ de plus par mois.EN BREF Stéphane-Albert Boulais : retour au pays natal «Semis-tv capable décrire sur le pouls d'une roche^», demande un ami au narrateur du dernier roman de StepharasAIbert Boulais.Relevant le défi, celui-ci invente ime histoire étrange d’amour, d’améthyste brisée et de retour aux sources.Une intrigue que tentera de démêler ta jeune scientifique .Anna Estu-ta.l'héroïne du Sablier du Grand Zor.un conte romanesque dans la veine île la sérié de Blisse (quatre tomes parus aux Ecrits des Hautes-Terres entre 1995 et 2001) et premier volet de La Trilogie de Lo.«Personnage» extravagant de quelques films de Pierre Perrault — on a tous en mémoire sa verve de poète inspire dans La Bête lumineuse (1982), le temps d'une chasse entre hommes dans l'arrière-pays outaouais —, Stéphane-Albert Boutais melange une fois encore Fimagmaire et la reafite.les légendes de son coin de pays et sa propre mythomanie de créateur de mondes.En alchimiste patente, prenant pour decor ta region de Manwaid et de ta Haute-Gatineau, il nous entraine ainsi avec intrigue et humour aux sources d’un pays •cimrtise par des missionnaires exal- tés.des bûcherons entêtés et des dra-veurs intrépides».- Le Devoir Abla Farhoud primée en France L’écrivaine montréalaise d’origine libanaise Abla Farhoud a récemment remporté le 8" Prix du roman francophone pour Le Fou d'Omar (VLB, 2005).Décerné chaque annee depuis 1999 par un jury populaire reuni à l'initiative de ta Médiathèque dlssy-les-Moulineaux.en banlieue de Paris, le prix récompense un roman écrit en tangue française par un auteur de nationalité étrangère.«Aw beaucoup de finesse et d'amour, écrit le jura présidé cette annee par l'écrivain Arno Bertina.Abla Farhoud plonge au coeur des êtres pour en mêler les failles se-rret«.les tdessum jamais guénes et l'immense solitude à laquelle chaque individu tente d'échapper dans sa quête d identite et sa recherche du bonheur» Parmi les precedents lauréats; Jean-François Beauchemin, en 2005, pour Lfjour des corneilles (Les Allusifs) .ainsi que l'Ivoirien Ahmadou Kourouma.en 1999, pour En attendant le vote des bêtes sauvages (Le’>euïD - Le Devoir ê LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 20 A 0 1' T 2 0 0 t! E 3 «-Livres ¦» ROMAN QUÉBÉCOIS Fragiles lumières de la terre CHRISTIAN DESMEULES Acrobates de lame, funambules meurtris jouant parfois le tout pour le tout, les personnages écor-chés de TokI s'en va ont la tristesse endémique et *le néant dans le sang» (Gilbert Langevin).Pour son quatrième roman.Tout s’en va, Marie Gagmer nous propose une délicate exploration de la fragilité humaine, de la folie et de l'exclusion.Au moyen d’une écriture dense aux échappées poétiques, l'auteu-re de La Quête de Melville et de Console-moi (Québec Amérique et Boréal, 1998 et 2003), qui a longtemps enseigné la littérature au collège Laflèche de Trois-Rivières, manipule les mille fils d’un drame qui se tisse ensuite et se résout sous nos yeux.Tout débute un petit matin du mois de mai 2003, lorsqu'un homme, qui «ne sait plus quoi inventer pour se détourner de lui-même», monte sur la structure du pont La-violette à Trois-Rivières avec une grande banderole et de l’équipement d’escalade.Dépressif et suicidaire, Mortimer appartient à «cette légion de herseurs d’âmes, de chercheurs de trésors engloutis, d’oiseaux de nuit somnolant dans la lumière».Son projet déraisonnable est «de mourir à la face blême du monde».Maintenu en vie artificiellement par toutes sortes de thérapies et de cocktails chimiques depuis trop longtemps, Mortimer le «poète perdu et perdant» finit ainsi par se débrancher lui-même.Quelques heures plus tard, le jeune Magoo, huit ans, s'enfuit de sa famille dysfonctionnelle.Enfant au crâne chauve et sans sourcils, c’est en raison de sa ressemblance avec le célèbre personnage de dessins animés que ce surnom lui colle à la peau.Sa cavale d’enfant maltraité aux allures de petit cancéreux nous offre le portrait d’une certaine misère morale et matérielle des quartiers les plus pauvres de Trois-Rivières.Puis il y a Mira, acrobate SOI’RCC 110 R K Al I .‘ • ÿ 2wi * * ** Marie Gagnier de cirque, ancienne gymnaste au rêve déchu, qui traîne également avec sa tristesse tout le poids d’une grande sœur disparue mystérieusement il y a longtemps.Dans le détail de leur détresse, nous l’apprendrons, ces trois personnages se rejoignent tous, d’une façon ou d'une autre, à la source d’un même tragique événement.Nous l'apprendrons grâce au dernier cahier noir de Mortimer, retrouvé dans ses affaires, adressé par cet homme fini à «Monsieur mon juge» — son premier lecteur, son semblable, son frère.Sans vendre la mèche de cette intrigue, disons seulement que c'est avec une sensibilité f bttante et aiguisée — qui la rapprocherait ainsi un peu de Virginia Woolf—que Marie Gagnier déploie ici ses antennes de romancière.Capables de rendre tant la crudité de la misère que le grain saccadé d’une âme en miettes, ses dialogues frappent juste.Violences contenues ou drames millénaires, pensées obsédantes et failles humaines: l’auteure nous k-s enveloppe d’un Ilot d’images, de pa roles et de sensations dans lequel «tout s’en va», pour reprendre le titre, vers le large et vers la vie elk» même qui s’écoule.Collaborateur du Devoir TOI T S’EN VA Marie Gagnier Boréal Montréal, 2006,264 pages POÉSIE QUÉBÉCOISE Dans le doute HUGHES CORR1VEAU On croirait le poète perplexe devant le pouvoir qui est dévolu à la poésie, aux mots, comme si le sens prenait l’eau, comme si son efficacité devenait précaire.«Rock land / qui es-tu donc / poète / pour savoir d'avance / la mort des jours / dans la voix des autres / les saignées d'amour / dans le vice de la langue / lorsque personne / ne croit plus aux mots?» Est-ce cette conscience du peu de poids qu’aurait maintenant la poésie qui teinte ce recueil, tout du long, d’un certain découragement, d’une certaine forme de fatigue ontologique?Tony Tremblay, dans son Rock land, cueille quelques «fleurs cardiaques échouées» parmi tous les «mots dénoués»', reste alors au lecteur à «glisser entre les poèmes pour ne pas chavirer».Le poids de la connaissance D y a dans ce dense et très beau recueil une sorte d'acharnement à maintenir à flot le devoir de témoigner du vivant, du passage du temps, des sentiments.Quand tout s’érode, peut-être que seule la parole vigilante reste capable de sauvegarder la dignité.En effet, •que reste-t-il dans le coeur / une fois rendu au bout de poème / aux limites du souffle / quand les mensonges sortent des yeux», sinon le regard vif qui capte parfois l'éphémère beauté des choses?«Aimer est peut-être / ce dont il s’agit», à savoir aimer la palpitation du monde, mais aussi s'aimer soi-même survivant, obstinément conscient parmi «la population des dormeurs».selon le titre de la seconde partie du recueil.Est-ce que • nous tous / sommes en nous-mêmes / seuls?», se demande-t-il devant la déconstruction qui ravage.devant le sanglant émoi de la planète.Mais il faut retenir SOURCE FESTIVAl VOIX D’AMERIQUE Tony Tremblay qu'«écrire /ce n'est pas / être plus seul / que les autres / c'est le savoir / beaucoup plus fort // alors / rien d'autre à faire / [que de] rester debout / bien droit // affirmer».Le don des mots La terre, qui n’est pas accueillante pour le poète, reste le seul refuge, l’ultime territoire pour obstinément tenir tète à l’effondrement Ce que nous dit Tony Tremblay, c’est qu’il lui faut parler, écrire, malgré l’exsangue ravalement car il exige qu’on »writ[e) un terme / aux poèmes insensés / qui se répandent sans amour», comme s’il était encore possible d’espérer.Serait-ce qu’à travers le témoignage poétique, une revendication, une chose essentielle surgit de l’obscurité ambiante?L’espoir semble plus fort que tout en ce «rock land» tenté par le mutisme.Malgré les limites qu’il se reconnaît lui-même, qui dit n’avoir «plus à offrir / que des morceaux / de poète».Mais voilà, ces restes de corps et d’êtres, ces riens de pulsions vives suffisent à dessiner un territoire, ce «land» où l’émergence de la voix reste possible.Assumer le noir C’est qu’il y a bel et bien «assuma-tvm» id.conscience qu’il n’y a peut-être rien d’autre à fain- que de continuer à dire le monde tel qu’il est, puisque le «rock land en souffle pur/ point au bout des accords de désastre».La beauté de ce livre tient justement a son implicite aile de foi, bien que tout s’effondre.Dire et dire encore le pouvoir de résister.Collaborateur du Devoir ROCK LAND Tony Tremblay L’Hexagone, coll.«L’appel des mots-Montréal, 2006,96 pages Livres d’occasion de qualité Littérature Philosophie Sciences humaines Service de presse Livres d’art et de collections Canadiana Livres anciens et rares Bibliothèque de la Pléiade 514-522-8848 1-888-522-8848 4487.nx De La Rocbe (angle Mont-Royal) bonbeurdoccasion @bellnet.ca Achetons à domicile NOUS NOUS DÉPLAÇONS PARTOUT AU QIJFBFC.POUR LACHAT DF BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • I ittérature Jean-François Malherbe Les crises de l'incertitude Essais d’éthique critique III X Ixv imr* de- l'ineertit H É I) É Le bout de la piste SYLVAIN CORMIER Buddy Longway «t mort.IVrib a tué son héros.Sa femme Chinook morte dans ses bras, le ; grand barbu à la tignasse blonde trépasse, poignarde par im rit-il ennemi.au vingtième album, après 34 ans d’existence de papier.Ça fiche un choc.Oui.il y a longtemps que le créateur de la sérié, ce chevelu aujourd'hui tout grisonnant sur-! nommé Derib et né Claude de Ri-1 baupierre.l'avait annoncé.Ayant j très tôt décidé que son frappeur ne ternit pis que sillonner l'Ouest américain d’aventure ponctuelle en aventure ponctuelle, tels Jerry Spring ou l iK'ky Luke, mais vivrait une vraie rie balisée d’unions, de naissances, de joies et de drames, une fin était inevitable.M’empêche.Ça secoue.Ça tue même un peu.Ça dit au gamin de onze ans que j’étais en 1972, dévorant k-s récits complets du Tintm Selection.excroissance du journal lin-tin, découvrant ce grand gaillard de Buddy, avec son faciès encore plein de rondeurs à la l'eyo (Derib avait fait ses classes chez le papa des Schtroiunpts), que rien ne duiv.Bigre.Imaginez Michel Vaillant percutant un rail et sa VailLuite n;mt feu, k> carbonisant.Ou Rie Hochet abattu par un quefronque mal Irai.Pas de danger, ça n’arrivera pas.Dans Li bande dessinée pour Lt jeunesse, non seulement ne prend-on pas de rides, mais on survit le plus souvent à ses géniteurs.Quand c’est prévu dans le testament, pour le meilleur et (trop fréquemment) le pire, la pérennité du personnage est assurée.Ainsi Blake et Morti mer et Buck Danny poursuivent-ils ki leurs enquêtes, Li k-urs loopings.On saura gré à Derib d’avoir lui-même scellé le sort de son Buddy: cet album est en ceLi à Li hauteur de la série, western pas comme les autres, où l’évocation de la nide vie de trappeur au temps des guerres indiennes aura été profondément marquée par les valeurs écolo, antiracistes et humanistes, primordiales chez Derib.Epoux aimant, bon père, ami fidèle, Buddy n’aura jamais été une tête brûlée façon Blueberry, et cet ultime chapitre «d’une saga mythique», comme dit l'autocollant ap posé sur l’album, est rempli de re- SOl'RCE 11 lOMHARD Illustration de Derib pour La Source trouvailles (orvérnent émouvantes et de Hash-back dûment touchants, vécus tout au long de la remontée de Buddy et Chinook vers le Nord, «là où tout a commence», et là où tout finira.Boucle boudée, lùn raconteur au ton juste, IVrib n'en est pis moins un sentimental, et cette série n'aura januùs totalement évité, prix du pm d'un deroulement natu-ni des choses, un certain voisinage avec une certaine petite maison dans une certaine prairie.Mais la tendresse l’aura toujours emporté sur la mièvrerie, et Li vérité sur les poncifs du western.Et restent des planches magnifiques, particulièrement kvhées à l'occasion de ce baroud d’honneur.Pour (epilogue, où Kathleen, seule survivante de la lamille Inngway (frérot Jérémie a péri quelques albums plus tôt), va se recueillir sur les tombes de ses parents, le dessinateur délaisse les encrages et ixùnt directement à l’aquarelle, comme s’il ne s'agissait déjà plus tout à tait de la même bande dessinée, qui s’achève sur un dernier crayonné de Buddy, Chinook et Jérémie, esquisse dans les nuages.Elégante manière de dire adieu.h’ Devoir BUDDY LONGWAY T.20: Ia Source Derib D- lombard, 2006,56 planches PALMARÈS LIVRES ARCHAMBAULT?» «t QUEBECOR MEDIA Résultats des ventes Du 8 au 14 août 2006 ROMAN HAMTT POTTER H II PMNCE Of J K Rowling (GaWmviD n si ctwi ça ri somwirt Franco» Ruel (Libia «ipiaaaioni DfCEPTIOM POST Dan Brown (X URIMj M TOURMllOM DC NEWt 1 t Diana GabaMon (Libra aiprawomi (Mm mon miME.a.r a sou.Frad Mats (PNnMt Habaftai John Graham (Bobari Laftonb Mary Higglna Cm (AMn Mr.twi: ittias I 0 J Machata (Du FtochaT) Dan Brown (JC unMi ISmM) LIVRE DC ROCHE Uirvr ftmterpr ffcxkaç **r CmpBMZPOf ;"**¦ Marc Artw Goar an** a» pocfwi Onto &j*v * vattm Uk HMl M I'MTO bt.’ifrtrrmv* ScWWB fijt** 0» SWCfW 111 Pwk OMto 4/» M OUVRAGE GÉNÉRAL l'Ain DC ( GoltectH (Hurtubüa HMH) PfHT LAMNItSf ft JJVtmi 1007 Collectif I Hachette) JoaMto Michaud (Ubra mpraaaon) Parra Morancy (traiaconDnantari WTtNU ft LB MUMS Gnaunny (Mad Htnéi 10.1 BtAirrt Msamn.Chantal Ucmn (la aamanai CuSacOI (Outtac Amtrtqua) Mara Ga Da Man lUitbac «manquai VN APNÉ1 LA MONT Franca GautMr (La aanMlnt) NOUVEAUTÉ ANGLOPHONf amoVa/A Humpmyi U M*r S So* Da> Briar* iSaawn « bOu»m) Dan ftoar ISmwi 4 VruMT, NONTN I Lamn Matarga Omn t GcfiuMn j PaOnon / A Qnaa Mama Basal MNaocms Dw Bnaan (AnMr Dap Bear fll Mvtai"l fyaaN LE DEVOIR.E 4 LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 AOÛT 2 0 0 Livres nV, ESSAIS QUÉBÉCOIS Nos monuments intellectuels ?SOURCE TÉLÉ-QUÉBEC Fernand Dumont, un des «monuments» de l’histoire intellectuelle du Québec Louis Cornellier w , 4 Peut-on ériger un monument à des monuments?Claude Corbo a cru que oui et il a réuni, pour ce faire, une brochette d’experts qui ont reçu le mandat de présenter, tour à tour, 26 ouvrages d’érudition, de science et de sagesse issus du génie québécois.Sous une couverture rigide et élégante, Monuments intellectuels québécois du XX siècle offre aux lecteurs des études sur des livres d'ici qui ont marqué le dernier siècle, soit en exprimant «la conscience que le (frétée a de lui-même», soit en contribuant «au progrès du savoir universel».Pour être choisis, ces livres devaient avoir été rédigés par une seule personne, exprimer une unité de vision et une maturité intellectuelle, être de grande envergure, proposer des percées conceptuelles ou des synthèses novatrices, présenter des qualités formelles et, enfin, avoir été reconnus par les pairs des auteurs, avoir exercé une influence et avoir rayonné à l'extérieur du Québec.Au tableau d’honneur figurent donc, entre autres, L'Ame américaine, d’Edmond de Nevers, La Flore laurentienne, du frère Marie-Victorin, Histoire du Canada français depuis la découverte, de Lionel Groulx, La Guerre de la Conquête, de Guy Frégault, The Stress of Life, de Hans Selye, Histoire de la Nouvelle-France, volume 1, de Marcel Trudel, Introduction à la sociologie générale, de Guy Rocher, Nordicité canadienne, de Louis-Edmond Hamelin, Sources of the Self, de Charles Taylor, ainsi que des ouvrages de Marius Barbeau, Léon Gérin, Donald Olding Hebb, Wilder Penfield, Arthur Tremblay, Pierre Dansereau, André Ray-nauld, Thérèse Gouin-Décarie, Jean Palardy, Gérard Bergeron, Fernand Ouellet, Robert-Lionel Séguin, Louise Dechêne et Bruce G.Trigger.Jean-François Nadeau, le directeur des pages culturelles du Devoir, y signe une solide présentation de (Histoire de la province de Québec, de l’historien réactionnaire Robert Rumilly, et le collègue Georges Leroux nous introduit de belle façon à L'Inquiçtude humaine, du philosophe Jacques Li-vigne.À noter, aussi, l’excellente présentation du Lieu de l’homme, de Fernand Dumont, par le sociologue Jean-Philippe Warren.Pour chaque monument choisi, le commentateur invité devait s’attacher à dire un mot de l’auteur, à résumer et a analyser le propos et à traiter de son destin et de son influence.Rigoureux, clair et très instructif, l’ensemble reste toutefois trop académique.Cet original monument aux monuments dégage donc une belle sobriété, rend hommage et justice aux œuvres sélectionnées, redit la richesse de notre tradition intellectuelle, mais pèche par une décevante austérité.Des intellectuelles en Nouvelle-France Seulement deux femmes — la psychologue Thérèse Gouin-Décarie et l’historienne Louise Dechêne — figurent au palmarès de ces monuments intellectuels.Faut-il en conclure que c’est plus tard, de nos jours disons, que les femmes ont pu participer pleinement a nos débats d’idées et déployer publiquement toutes les ressources de leur intelligence?Les historiennes du collectif Clio, auteures de L’Histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, précisent pourtant que «la Nouvelle-France a donc représenté, pour certaines Françaises du XVII' siècle, un lieu privilégié pour l’expression de l’autonomie et de l’initiative.[.] Aussi longtemps que la colonie s’est trouvée dans un état de sous-développement, les femmes ont donc bénéficié d’une relative indépendance».C’est à quelques-unes de ces dernières, justement, que Chantal Théry, professeure de littérature à lïlni-versité Laval, rend justice dans un essai intitulé De plume et d’audace - Femmes de la Nouvelle-France.«Dans le projet de société, de colonisation et d’évangélisation de la Nouvelle-France, écrit-elle, b part des femmes — dont l'aventure se limitait souvent aux frontières d'une microsociété — est aujourd'hui appréciée selon les critères de la nouvelle histoire et de l’histoire des femmes.» Parler d’«inteUectuelles» pour désigner ces femmes de plume, qui, «faute de pouvoir s'approprier les genres littéraires canoniques, [.,.] ont — sous couvert de faire œuvre utile — investi le genre de l’essai (correspondances, journaux, écrits spirituels, relations, annales, etc.)», serait un anachronisme.Il importe néanmoins de reconnaître que quelques-unes d’entre elles ont tenu, avec audace, au féminin et dans le contexte de l’époque, ce rôle.Aussi, dans cet ouvrage qui fait une large place aux textes originaux des auteures commentées, Chantal Théry étudie «plus particulièrement les représentations et perceptions de femmes — Françaises, Canadiennes, Amérindiennes — à l’époque de la Nouvelle-France», afin de faire ressortir, entre autres chqses, ce qui les distingue de celles des hommes.A la «vision européenne, hiérarchique et manichéenne des rapports humains» du jésuite Paul Le Jeune, obsédé par «un féminin menaçant», elle oppose la vision résolument canadienne, horizontale («Entre les Françaises et les Amérindiennes, les religieuses et leurs élèves, des savoirs et des pratiques s'échangent sous forme d'émulation, de valorisation mutuelle, de reconnaissance parfois») et ouverte des femmes missionnaires.Au tableau d’honneur de ces monuments intellectuels féminins de la Nouvelle-France figurent, plus particulièrement, l’incontournable Marie de l'Incarnation, modèle d’intelligence, de détermination et d’engagement, Marie Morin, «la première historienne canadienne», brillante auteure Cl Histoire simple et véritable.Annales de THôtel-Dieu de Montréal, 1659-1725, et Marie-Madeleine Hachard, une jeune insuline en mission à la Nouvelle-Orléans dont la Relation est une merveille de fraîcheur.Prises une à une, les études qui composent cet ouvrage, rédigé, on l'aura compris, dans une perspective féministe, sont vivantes, originales et rigoureuses.L’ensemble, toutefois, manque un peu de liant et tient plus, en cela, du recueil d’essais que de l'essai comme tel.louiscornellieKAparroinfo.net MONUMENTS INTELLECTUELS QUÉBÉCOIS DU XXK SIÈCLE Grands livres d’érudition, de science ET DE SAGESSE Sous la direction de Claude Corbo Septentrion Sillery, 2006,294 pages DE PLUME ET D’AUDACE Femmes de la Nouvelle-France Chantal Théry Triptyque/Cerf Montreal/Paris, 2006,264 pages K S S A I Pour comprendre l’actualité : une nouvelle géopolitique RELIGION Pour en finir avec la vérité du Code Da Vinci ROBERT COM EAU On assiste à un regain d’intérêt pour la géopolitique, terme qui est apparu au début du XX' siècle mais dont le succès, du moins en France, date de moins de vingt ans.C’est à Yves Lacoste que l'on doit le véritable renouveau de La géographie politique.A la fois historien et géographe, il attribue cette réussite au fait que, «dans les programmes de l’enseignement secondaire français, l’histoire et la geographic ont beaucoup plus d'importance que partout ailleurs».Cette géopolitique devenue importante en Europe est extrêmement différente de ce qu’a été la géopolitique allemande entre les deux guerres.Comme l’explique Lacoste; «Cette géopolitique française d’aujourd’hui ne traduit en rien des visées impérialistes, (.j elle a pour principe, dans son analyse dis rivalités de pouvoirs, de confronter les arguments des différentes forces antagonistes, ce que la géopolitique allemande se ga niait bien de filtre.» 11 nous explique comment les geo-graphes allemimds, sous rintluence de F Rat/el et 1*!.Haeckel, s’étaient emparés du darwinisme afin de justifier la lutte pour l'espace vital alkv mand.l’Etat étant perçu comme une «forme de vie» dont les lois d’évolution relevaient davantage de L» biologie que des rapports de force historiques entre groupes humains.Mise au service de l'impérialisme allemand, cette discipline fut complètement discréditée apres le nazisme.Le terme «géopolitique* a été proscrit dans la plupart des pays pendant trente .ms.Rompant avec ce courant, lacoste s»' tit critique de la géographie, montrant qu elle fut d’abord source de ivnsei-gnements mis à la disposition des gouvernements, comme en témoigné son petit ouvrage devenu célèbre La geographic, en sert d'abord lî fiiire la gui'rrr (1976).En 1992, il tit |\ir,ütre un premier l>ic-tionnain dr géopolitique.Un ouvrage de référence Dims ce nouvel ouvrage de rettv rence publie sur papier glace intitu lé Géopolitique, Yves Lacoste, fondateur et directeur de h revue Hérodote, replace dans une perspective historique tous les grands problèmes d’aujourd’hui «qui concernent les rivalités de poutvin ou d'in-fiuences sur des territoires et les pi» pnlatums qui y neent» Pour comprendre l’ac tualité, ce que' Ton appelle les «pinnts chauds», il ne suffit pas de raisonner en termes de pouvoirs, d’Ètats et de \KCUIM S IKNA KHTKRS L’ayatollah Khomeini lors de la révolution iranienne, en février 1979 territoires.«Il faut aussi essayer, nous dit il.de tenir compte tics amie téristiques particulières de chaque nation, bien que cela ne soit pas,tacite, air le ameept de nation, pourtant fondamental, n'a guère fuit l'objet de travaux comparatif en science politique.» 1 a nation demeure une idée géopolitique essentielle car elle se retère à un territoire et implique Li question du pouvoir.Dans cet ouvrage passionnant, chaque situation contemporaine, qu'il s'agisse de l’intervention en Irak, du conflit israélo-palestinien ou des rivalités dims l'ex l'RSS, est analysée en profondeur, si bien qu’il devient facile aux kvteurs d’en comprendre les enjeux.I e texte est accessible: on ne trouve pis ici le jar-gon de trop de traites universitaires.Les propos du professeur Lacoste sont appuyés par des encadrés, tix'-tuels ou chiffres, et plus de 150 cartes spécialement conçues dans une optique géopolitique, utibsunt ki superposition schématique de differents plans, à diverses échelles et à differents niveaux d'analyse spatiale de diverses couleurs et contrastes.Un ouvrage vivant Cet ouvrage vivant, «qui se lit comme le roman de notre monde amtmpomm», est divise' en quatre parties.1 a première décrit ce qu'est la géopolitique, ses type's d'analyse spinale, e't l’histoire die' cette disapté ne.La deuxième partie, intitulée «IR laguerrrfrrideà Ihyperputssan-k\ Il situe bien It's enjeux depuis la révolution iranienne de 1979 et son contrecoup: kt montée en puis-sance de l’Irak, la guerre du Gobe de 1991 et It's conséquences de l’invasion soviétique en Afghanistan.Dims la troisième partie de l’ouvrage, l’auteur aborde séparément la géopolitique d’une douzaine de grandes nations alors que ki demit* re analyse les pomts chauds du globe: la grande zone de tensions de ki Méditerranée euro-musulmane, k's Balkans, ki périphérie de Tex-Union soviétique, l’Afghanistan et ses logiques tribales.l’Irak et l'Iran aux destins étroitement lies.Sur fo rap>-px>rt Israël-Palestine, Lacoste nous fournit une synthèse remarquable du conflit, depuis les origines du sionisme à aujourd'hui: de nombreuses cartes permettent de saisir k's modifications des frontières px'n-dant les quatre guerres israelo-arabes.Le chapitre sur le monde musulman critique la fausse h>po-thèse du «choc des civilisations*, explique fos causes de ki radicalisation des mouvements islamistes et ce qui tait cfo Hslaniisme un phénomène géopolitique majeur.On tirera également grand profit du chapitre sur l'enjeu du petrole devant fo spxvtre de ki pénurie, permettant de bien comprendre fo bras de fer diplomatique autour du petrole et du gaz d’Eurasie.Géopolitique de 1 aroste est un ouvrage rigoureux, à jour, de facture agreabfo et fort utifo pour comprendre notre monde.Collaborateur du Devsiir GÉOPOLITIQUE La LONGUE HISTOIRE d’aujourd’hui Y ves Lacoste Larousse Paris.2006,336 pages LOUIS CORN ELLIER On comprend la frustration des exégètes quand on constate que les élucubrations d’un romancier commercial à propos de Jésus suscitent un intérêt mondial chez des gens que l’on croyait ankylosés dans leur indifférence religieuse.Jean-Paul Michaud, professeur émérite de l’université Saint-Paul à Ottawa, où il a longtemps enseigné 1e Nouveau Testament, s’en désole: «À l’exemple de Luc et pour vérifier la “solidité des enseignements reçus", des savants, à toutes les époques, ont repris inlassablement l'analyse de ces textes anciens qui parlent de Jésus.Ils continuent de le faire, à la lumière notamment de nouvelles découvertes.Malheureusement, les recherches scientifiques de ces personnages qu’on appelle exégètes (d’un mot grec qui signifie: expliquer, interpréter), recherches qui supposent des compétences de toutes sortes, ne rejoignent guère le grand public.» Dans cet opuscule, le spécialiste établit donc ce qui dis- Quand Napoléon entreprit son expédition en Egypte, il n'était pas encore 1e maitre de la France, l’empereur.Jeune officier de vingt-neuf ans, d'une ambition sans bontés et d’une vision de grande portée, son intention était d’abord de conquérir un territoire sur la route de l'Inde, contrecarrant ainsi les projets du pays rival, la Grande-Bretagne.L’expedition n'a dure que trois ans (1798-1801).Dix ans plus tard, prisonnier des Anglais à Hile Sainte-Helène.il écrivit ses mémoires où sa découverte de l'Égypte occupe une bonne place.Car il s’agissait pour lui.et on peut fo dire aujourd'hui, d'une de-couverte de l'Egypte mais aussi de l'Orient, un univers foisonnant d'enseignements.Or.en toute bonne conscience, un Occident entendait lui transmettre ses valeurs et en d'autres termes, le civiliser.Certes, une puissante civilisation avait régné sur ce territoire et.même si elle était morte ou TOBY MELVILLE REUTERS L’auteur du Da Vinci Code, Dan Brown tingue le Jésus de la fiction brownienne du Jésus de l’histoire et du Jesus de la foi.Il rappelle l'importance de travailler avec des sources crédibles afin de différencier le mieux possible les en sommeil, il importait pour Napoleon de la connaître.Ainsi, 1e jeune officier, à la tète d’une armée de cinquante mille hommes, s était fait accompagner par des savants et des artistes tels que Monge et Geoffroy de Saint-Hilaire.Leurs recherches et decouvertes scientifiques furent d’une grande importance.Leur travail fut suivi par celui d'autres Français, comme Champollion.qui fo premier décoda les hiéroglyphes, et Ferdinand de Lesseps.qui a perce 1e canal de Suez.La langue française fut adoptee par les elites en dépit de la presence des .Anglais, et la francophonie est toujours présente dans ce pays, comme j'en ai eu conscience lors d’un recent voyage à .Alexandrie.Robert Sole connaît l'Egypte, où il est ne.mais il connaît tout aussi profondément l'Occident, où il vit.Son ouvrage, préçis.rigoureux.est passionnant A mon avis.Sole est d'abord et surtout un écrivain, auteur de merveilleux romans (Le Tarbouche, insiste sur la nécessaire modestie de l’historien: «Tout ce qu’il peut offrir est une construction hypothétique, pas certaine donc, mais tout au plus probable dans l’état actuel de la documentation et jusqu a ce qu'on découvre de nouveaux documents l’obligeant à modifier ses conclusions.» Ceux qui n'en peuvent plus de se faire seriner qu'il y a quand même un fond de vérité dans le roman de Dan Brown devraient lire ce rigoureux petit ouvrage, de même que l’excellent Code Da Vinci: l'enquête (Points, 2006), de Marie-France Etche-goin et Frédéric Lenoir, pour savoir quoi répondre aux enquiquineurs qui ne s’intéressent à Jesus que pour les mauvaises raisons.Collaborateur du Devoir LE JÉSUS DU DA VINCI CODE Fiction, histoire et foi Jean-Paul Michaud Fides Montréal, 2006.96 pages Mazag.) et d’essais (L'Égypte, passion française).Dans ce livre, il décrit dans toute sa complexité, l'expedition de Bonaparte.D y eut des milliers de victimes.Français et Egyptiens, morts au combat ou assassinés par les conquérants.Dans 1e récit de l’histoire, l'auteur réussit a éviter les anachronismes.Sans l'exonérer.il n’accuse pas Napoléon des crimes qu on lui attribue aujourd'hui.Il a envahi un pays, mais a aussi cherche à découvrir et à comprendre sa culture.On sait que 1e rapport entre l'Orient et l'Occident était et demeure aujourd’hui encore problématique II est cependant essentiel à condition qu’il s'effectue sans intention de domination.Collaborateur du Devoir BONAPARTE À LA CONQUÊTE DE L’ÉGYPTE Robert Sole Le Seuil Paris 2006.363 pages «taits avérés» des inventions et H I S T O I R E Napoléon en Égypte N AIM KATTAN LE DEVOIR.LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 A 0 0 T 2 0 0 6 e r> Culture Haro sur le baudet ! Odile Tremblay Cris outragés! Sursauts d’indignation! L’aveu recent de l'écrivain allemand Gunter Grass — «Je me suis enrôlé dans une unité SS à 17 ans.Oh, pas longtemps, et sans avoir tiré un seul coup de feu.Une folie!» — lui vaut le pilori.De 1 Allemagne, de la Pologne, de la République tchèque, des voix suffoquées ont appelé cette semaine au dépouillement intégral du grand homme: médailles, aura de respectabilité, titre de citoyen d’honneur de sa ville natale de Gandz (autrefois Dantzig).Qu’il largue son prix Nobel, sa plume, ses convictions.Et son tambour, un coup parti.Soixante ans de silence.Au poteau, Günter Grass! S’être enrôlé à 17 ans, jeune écervelé, en fin de guerre et dans un contexte social aussi troublé, passe encore.C’est ce mutisme qu’on lui reproche avant tout en Europe.Lui, l’autorité morale de l’Allemagne, le censeur de toute une classe dirigeante de la RFA, recelait en fond de cale des accointances passées avec le regime nazi.Il aurait dû sortir du placard à l’heure de la parution du Tambour, ou encore au moment de la chute du mur de Berlin.Oui, oui, oui, mais.Derrière ce voile levé à deux semaines de la publication de son autobiographie, En épluchant les oignons, certains ont cru déceler une offensive promotionnelle là où il entendait sans doute prévenir les coups.Bien sûr qu’il aurait mieux fait de rompre le silence des décennies plus tôt Mais son long mutisme ne le rend-il pas plus intéressant que l'aveu vite fait?On y lit à quel point le fardeau historique de l’Allemagne s’est confondu avec le sien.Soixante aimées à chevaucher un passé national indigne, impossible à escamoter, si dur à regarder en face.Eût-il parlé que son œuvre, décrite par lui comme la tentative de rachat d'«une souillure», serait différente, plus faible peut-être, qui sait?Et qui peut se permettre d’en juger?Pour un peu, les bonnes consciences jetteraient aux ordures Le Tambour, Ijs Années de chien, le Journal d’un escargot.Le Turbot, gemmes de son parcours littéraire, soudain suspects.Comme si une vie et une œuvre pesaient moins lourd qu’une erreur de jeunesse.Allons donc! C’est si complexe, un être humain, lin créateur, surtout.Günter Grass tient de la figure baromètre.De fait, et si l’Allemagne et la Pologne, ses deux patries, conunençaient tout juste à pouvoir affronter leur passe.S’il avait ete trop tôt hier et avant-hier pour reveiller vraiment le dragon du nazisme tapi dans les consciences.Si l’individu Grass ne faisait que symboliser le collectif germano-polonais dans le grand traumatisme de l’aprés-ÜP Reich, jamais évacué.C’est ce que cet episode semble reveler.en somme.Les repentirs, les remords enfouis, les contradictions, les secrets, sont des métaux précieux dont on façonne parfois les moralistes et les grands écrivains.Rarement la ligne droite.J’ai attrape Le Tambour, endormi sur un rayon de ma bibliothèque.Son roman phare, puis l'adaptation au cinema par Schlondorff, m'avait autrefois ouvert les yeux sur l'enfance confrontée aux horreurs de la guerre.Sa ville natale de Dantzig en arrière-plan, comme une blessure ouverte, s'est incrustée dans ma mémoire et je lui en sait gre.Tandis que je feuillette aujourd’hui au hasard Le Tambour, une phrase se démarque: «Rien n 'est passé, tout revient, faute, expiation, et encore foute!» Suffit! Moi, j’ai eu envie de lever mon chapeau à Günter Grass.Pour son courage d’aujourd’hui, pour son silence d’hier, pour la honte de l'Allemagne vécue dans sa chair, pour sa lucidité tourmentée à pleine prose, à pleins engagements.Cette espèce d’hallali des bonnes âmes devant une tète d'affiche prise en faute ne parait-elle pas plus choquante que le dérapage lui-mème?A une échelle ou l'autre, la chasse démarre si vite et si sauvagement.On entend encore l'acteur-cinéaste Mel Gibson s'excuser sur mille tribunes d'avoir, fin saoul, accuse le peuple juif des problèmes du Moyen-Orient Mais ses pourfendeurs en réclamaient davantage.— Agenouillez-vous plus bas, plus bas encore.Au Québec, on recueillait cette semaine les plates excuses du comédien Julien Poulin, qui avait échangé son drapeau du Québec contre celui du Hezbollah durant la marche de protestation contre la guerre au Liban.Sotte étourderie! Tempête dans un verre d’eau! Et qui a oublie le sort de Jean-louis Roux, ostracisé poiu' avoir avoué le port d'une croix gammée sur son brassard de jeunesse?Pas très sympathique, le comédien, avec ses prises de position politiques impopulaires dans le milieu par-dessus le marché.Rien pour justifier pareille cuiée, mais un tas d'ennemis, alors.C'est la charge de ces exécutions publiques, avec la petite écume aux lèvres des bien-pensants s;uis re proches (ça reste à voir!), qui nous souffle.Erreurs de jeunesse, bévue de sortlon, étourderie.Sus au coupable en meutes serrées! Et s’il fallait se metier surtout des foules qui lapident?«Gloire au premier venu gui passe et i/ui se tait / quand la canaille crie "Haro sur le baudet!"», chantait Brassens, J'ai eu envie de chanter plus souvent avec lui.otrern blava ledevoir.coin MUSIQUE classique: Sallinen en son palais CHRISTOPHE HUSS En parlant de la création au Festival de Glimmerglass d’un opéra de Stephen Hartke, Jean-Jacques Nattiez évoquait le 1" août dernier, dans Le Devoir, «la difficulté éprouvée aujourd’hui lorsqu'on ne veut faire ni du sériel ni du tonal, tout en étant lyrique"».Il est vrai que, pour découvrir un Insect Life de Kalevi Aho, un Amour de loin de Sahariaho, une Mort de Klinghoffer de John Adams, un Upupa de Henze ou un Handmaid’s Taie de Poul Ruders, combien dhorreurs avons-nous entendues.La question du grand musicologue peut d’ailleurs s’adresser à l’identique au compositeur symphoniste.Comment composer une symphonie aujourd’hui?Et où, d'ailleurs?Assurément pas au Canada, les commandes étant celles de pièces de 10 à 15 minutes destinées à être expédiées en ouverture de concert pour faire semblant d’ètre sensible à la création tout en entretenant le «système» — vu le niveau moyen de ce qu'on entend, c'est encore la formule la phis indolore! Ce phénomène est le même en ETance ou en Allemagne, mais pour d’autres raisons.Ce n’est donc pas étonnant que la réponse aux deux questions peut se trouver une nouvelle fois en Europe du Nord, avec l’une des figures de proue de la musique finlandaise, Aulis Sallinen.Son opéra Le Palais, qui vient de paraître en DVD chez Arthaus Musik, répond à autant d’interrogations que la «Sallinen Edition» confiée au chef Ari Rasilainen par l'étiquette allemande CPO.Un créateur polyvalent Né en 1935 en Karélie, une région orientale de la Finlande annexée par l'URSS lors de la Seconde Guerre mondiale, Aulis Sallinen a étudié avec Jonas Kokkonen et Aarre Merikanto à Helsinki entre 1955 et 1960.Après une carrière dans l’administration d'organismes musicaux, il décide de se consacrer pleinement à la composition à partir de 1970, un choix facilité par î’oc-trpi, en 1983, dupe bourse à vie de l’Etat finlandais.A ce jour, il a composé notamment huit symphonies et six opéras, une musique puissante, éloquente, richement orchestrée.Le style est expressif, comme celui de Bartok, sans sérialisme ni compromissions.Moderne et intelligible, tout simplement! Contrairement à Bartok qui s’était créé son propre monde, tout juste perméable aux héritages des musiques traditionnelles, Aulis Sallinen est ouvert à des influences.D a commencé par improviser du jazz au piano.lœ sérialisme a été une impasse pour lui dès 1962.«fai besoin de mélodies et d’harmonies, par choix esthétique», dit-il dans une entrevue offerte en supplément avec le DVD du Palais, un petit documentaire modèle, avec des juxtapositions saisissantes, comme celle de la Mauermusik, musique sur les assassinats au pied du mur de Berlin.composée en 1962, et de Shadows, une composition orchestrale créée vingt ans plus tard.La profondeur de l’orchestre de Sallinen est déjà là.Dans les symphonies que l’on peut entendre sur disques CPO, on découvre notamment la 4 Symphonie, qui prouve que la musique Le compositeur Aulis Sallinen symphonique intéressante et intelligente après la ?de Sibelius, la 6' de Nielsen et la 15' de Chostako-vitch existe.On y décèle presque l'ombre de Bernard Hermann, le compositeur de Hitchcock, dans un mélange de suspense et de noirceur.Dans la sinueuse 9 Symphonie, «Fragments d’automne», créée en 2004 à Amsterdam, l’expertise dans le maniement des couleurs de l'orchestre est à son comble, la mort et la menace latente sont très présentes dans cette partition, qui fait également référence au 11 sep- CHESTKK NOVËU.O tembre 2001.Ce même disque nous permet également d’entendre Shadows, qui se nourrit d’un opéra, Le roi marche sur la France, éminent ouvrage édité il y a deux mois par l’étiquette Ondine, hélas apparemment non distribuée au Canada.Sallinen et l’opéra Is Palais est l’avant-dernier opéra de Sallinen, qui, depuis, a composé un Roi Isar.la démarche a été entreprise par les librettistes Irene Dische et Hans Magnus En- zenberg, qui ont cherché un compositeur pour leur texte et ont eu un coup de foudre en entendant la musique de Sallinen.le livret, qui tire quelques références de L’Enlèvement au sérail de Mozart, s’inspire de la chute, en 1974, du négus Hailé Selassie, empereur de l’Ethio pie pendant quatre décennies.Comme l'indique la notice: «Cette dictature fondée sur le culte de la personnalité a ensuite été remplacer par un régime militaire encore plus brutal et corrompu.» Le roi de l'opéra Is Palais peut tout autant rappeler Ceaucescu ou Pinochet.( )n notera que le sujet du pouvoir et du totalitarisme est récurrent dans de none breux opéras récents, dont Insect Life et The Handmaid’s Tale, évoqués plus haut.Sallinen partage avec son coin patriote Kalevi Aho le flair dans l’utilisation de musiques typées (Uuigo, jazz ou autres), comme caricatures sonores d'une situation ou d’un personnage.Partout le composteur fait preuve d’une vraie écriture v(x ;üe et d’une grande efficacité.Et dans la dernière scène, on est saisi par les similitudes avec la grandiose ouverture de la sixième porte du Château de liarbe-lllrue de Bartok, celle qui cache le lac de larmes.Sallinen est trop fin et trop cultivé (xnir que cette allusion soit un hasard au moment où un usurpateur encore plus tyrannique prend le pouvoir.Plus étonnant, l'ouverture ressemble à du John Adams sublimé.Le Palais, filmé au Festival de Sa-vonnlina en 1995 dans des conditions techniques exceptionnelles, dans une production limpide et co-lotée, est servi par une distribution homogène et optimale.Nous sommes là dans une lignée d'œuvres lyriques qui passe notamment, au XXr siècle, par L’Amour des trois oranges de lYnkotiev et Is Château de liarbe-llleue de Bartôk.Hélas, il est à parier que l'opulence de la distribution et La barrière de la langue finlandaise freineront sans doute la diffusion scénique interna tionale de cet excellent opéra.Collaborateur du Devoir AU US SALLINEN Is Palais, Festival ch' Savonnlina 1995.Direction musicale: Okko Kamu.Mise en scène: Juha-Pék-ka Kfijunen.DVD Arthaus 102 091 (distr.Naxos).Sous-titres français et anglais.Symphonies nm 2 et 4, Concerto pour cor, Mauermusik.Direction musicale: Ari Rasilainen.CH) 999 969-2.Symphonie n "H.Concerto pour violon, Shadows, Rhapsodie «Is Palais».Jaako Kuusixko (violon).Direction musicale: Ari Ensilai nen.CH) 999 972-2.Séisme Christian ‘feuillette, éditeur Après MIKADO - jeu de nouvelles - par Andrée Gagné, la collection Séisme s’enrichit de 4 nouvelles œuvres percutantes: Sonia Kaleva Anguelova ! EUX AUTRES - nouvelles - Un regard décapant sur la société québécoise Xavière Sénéchal VAUTRE VOIX - récit - Une introspection saisissante vécue à Pondichéry Jean-François Delisle À CONTRE-JOUR - roman - Une vision vertigineuse du complexe d’Électre Marie Nicholas de Ferrer ET SI LE HOMARD S’ÉTAIT RÉVEILLÉ - roman - La saga trépidante d’une famille de la Gaspésie l ancement à La Grande Bibliothèque Hihliolhcqur et Archives nationales du Quebec, salle R AI S icudi 24 août de IThV) a l'»hM) Imctm Berri I qasnl entree libre vrin.amuse gueule, tirage de prie de presence THÉÂTRE DE QUATSOUS 30 août au 16 septembre 2006 Texte PASCAL BRULLEMANS ¦ wï -, „ •.w-.-o , Traduction Anne-Catherine Lebeau Mise en scène ERIC JEAN Avec Héctor Castaneda Arceo.Ernesto Cortés, Ariadna GaMn.Anne-Catherine Lebeau Nelly Magafta Nadia Molina Jane» Pinela, Christian Rangel ?Cwenîeu's Ann*-Cattwin« L«b«au Pierre Etienne Locm Domlniqu* Mercier Martin Siroit Suzanne Trépamer Une ccUirtuaion le la compagnie Cuatro Milpaa Teetro « du Theatre de Quat'Sou» JOURNÉE FRATERNELLE GILBERT LANGEVIN dans la forêt de Sainte Sophie (prés Saint-JArôme) Samedi, 26 août à partir de 14 h Pour tous (eux et celles qui aiment dire ou kouter la poésie Tout est gratuit, im Studio-Théâtre da Silva (450) 530-3077 (tttpy/poges.infimt.net/moiaf/la ngévin,html 89 Hydro Vole Qu* Québec Le Festival International DU Nt ty/met) 23 JUIN AU 26 AOÛT 2006 ?f " "0 ' Présenté exceptionnellement t Montréal 15 REPRÉSENTATIONS SEULEMENT HS KINCONTIfS DI MUSIQUI HO0VHII IN CNARUVOIX MERCREDI 23 AOÛT QUATUOR ROZZMI INGRID KMMfTItUHN, topo» (Ernst g Qsnéoéf (stop H taicm JEUDI 24 AOUT U N OU Vil INHMiU «ODfRNI IT Ul ITAftlAIRil DasdVn LORRAIN! VAIUANCOURT (Emet dm «vAorrh itoporti ' VENDREDI 25 AOÛT U NOWH INUJRUI MOMRNI ttredtai lORRAINi VAIUANCOURT StètM NUCNfl DtKNARtti, inryioa Qwfrm 6t OmM fSjmomdt* ¥ bteréiar 1%>0 -llrffciiHbbwsT W4» «rtruefer» dÊb r* > «»Cm* SAMEDI 26 AOUT Ui Groed» CoecerM IU VIOIONI DU ROT Wire HAJMRARM ZlfTOUNI Qmn d> Parfert tamp* Arflaa Pen* Stefa* 418 452 3535 ou 1 888 DFORGET (336 7438) liooforçMt i wwnm domainetorgert com • BiUetech • LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 AOÛT 2006 E 6 De isü L’art salé Une partie de l'installation de Pierre Bourgault à la fonderie Darling GUY L’HEUREUX Entre la mer et l’eau douce, nous nous embarquons avec Bourgault vers d’incertains circuits balisés par cet archipel de blocs de sel ENE, ESE, OSO, ONO Pierre Bourgault Fonderie Darling.Jusqu’au 27 août Tél.: 514 392-1554.RENÉ V IA U Trop de sel! Pierre Bourgault, qui n’a rien d’un marin d’eau douce, a parsemé l’ancienne fonderie Darling d’une centaine de blocs de cette matière cristallisée.•Tout part des trajets sur Teau.» Avec cette explication, on ne sera pas surpris d’apprendre que l’artiste habite dans la région du Bas-Saint-Laurent.11 s'inspire de ce qu’il a sous les yeux: le panorama du golfe où il navigue à voile contre vents et marées.Son installation nous introduit en fait à un univers de cheminements à la fois fluviaux et mentaux, d’observation des éléments, de glissements de sens et d’extrapolation.Bourgault aime citer méridiens et longitudes, positions de navigation, points cardinaux.Son œuvre se fait le carnet de bord d’une dynamique à retrouver par des croisements, des énergies et des procédures à réactualiser pour soi.Entre la mer et l'eau douce, nous nous embarquons avec lui vers d’in certains circuits balisés par cet archipel de blocs de sel.Au centre de la pièce, un abri en contreplaqué avec son lit de camp et ses hublots rectangulaires se fait poste d'observation, ou plutôt de contemplation.Sur un écran devant nos yeux s’imprime en boucle le ruban noir serpentant ce qui pourrait être un improbable itinéraire.Une bande-son distille piaillements de mouettes, bips de sonar et fracas des vagues.Propulsé piir quelques indices évoquant la force des éléments naturels, le tracé s’ouvre à partir de ces signes abstraits où subsistent un souvenir de substance, un rappel de la nature comme instance, vers une perception du concret s’affinant aux frontières du vide.Ce transbordement maritime et poétique s’élargit, tout horizon, vers une réflexion même sur l’aventure de la création, bien sûr considérée sous l’angle de la métaphore du voyage et de la traversée.Dans l’autre salle, Montreal Sound Matter réunit huit créateurs sonores partis à la cueillette des bruits urbains.Le résultat de ces «tournages sonores» est une installation sonore collective dans une pièce obscure sous la houlette de son directeur artistique, Francisco Dipez.Alerte: voilà une «écoute que coûte» en éveil.PHOTOGRAPHIES DE RENÉE BORDUAS Maison Paul-Emile Borduas, 621, chemin des Patriotes Nord.Mont-Saint-Hilaire, tél.: 450 536-3033.La maison de Paul-Emile Borduas, bâtie par le peintre et terminée en 1945, pourrait à la fois s’apparenter aux pavillons de banlieue de l’époque et à l'architecture moderniste des années 30: Rietveld, D‘ Corbusier, alliés à un soupçon d’Art Déco tardif.Datant de 1937.dessinés et fabriqués par des étudiants de l'École du meuble, des meubles nous y rappellent l’une des facettes de l’enseignement de l’auteur de Refus global.Borduas y exposa à plusieurs reprises au début des .années 50, tandis que nombre de présentations furent consacrées aux dessins d’enfants.Longtemps resté secret, ce lieu émouvant s’ouvre au public.Dans cette maison chargée des souvenirs de son enfance.Renée Borduas, fille du peintre, expose des photographies marquées par les mouvements et les reflets de l’eau et de la lumière, ailleurs par des points de vue sur des rochers avec leurs strates géologiques.Précaires, les reflets de lumière éphémères au fil de l’eau contrastent avec la stabilité des parois de roc.Deux échelles, deux perceptions du temps s’affrontent ou se répondent DÉJÀ VU Musée régional de Rimouski.Commissaire: Bernard Lamarche.Jusqu’au 10 septembre.Tél: 418 724-2272.Hockey.Montrant un joueur du Canadien, l’exposition s’ouvre sur une gravure du début des années 70 de Serge Lemoyne.Chez Lemoyne, les éclats tricolores cernent une icône médiatisée du sport et proposent de nouveaux signes de ralliement.Mais de quel joueur s’agit-il?Le numéro 10, était-ce Guy Lafleur?Quelque part entre les blancs de mémoire et les interstices du «couper-coller», des motifs, des thèmes visuels reprennent du service et se déploient de nouveau en une dissémination féconde.Cette exposition met ainsi l'accent sur le recyclage, la récupération, la citation.Les ar- tistes présents se réfèrent tout autant à la bande dessinée, à l’imagerie du sport, qu’à la tradition de la peinture d’histoire, du portrait photographique, au patrimoine architectural.Ils proposent une contamination entre la culture populaire et les codes de l’Art et de l’Histoire avec des majuscules.Avec toujours des joueurs de hockey mais en figurines photographiées, Diana Thorneycroft remet en scène le récit des saints martyrs canadiens.Il est aussi symptomatique qu’une église voisine serve de cadre à l’installation de Martin Boisseau, tandis que François Mathieu revient sur le clocher de cette ancienne nef religieuse qu’est le bâtiment même du musée, placé en collusion dans sa sculpture nacelle avec des capteurs et des antennes parabo-liques.Ces albages, ces manipulations tentent parfois de déterrer une vérité cryptée ou refoulée.Andréa Szilasi reconvertit un portait de Hemingway par Yousuf Karsh, où l’écrivain réap-parait en loup-garou.Alana Riley met en question la tradition picturale du portrait où l’identité du modèle se révèle à travers ses attributs.Des personnages sont photographiés «en situation», à la fois dans le métier qu'ils exercent et dans celui dont ils rêvaient plus jeunes.Chloé Lefebvre s’attarde aux marques de l’enfance: ballons, nounours, pull en laine détricoté, celui de Superman revu et corrigé en Icare moderne.Cet art de la citation et du recyclage évoque une contagion.Quelque chose s’attrape et se retransmet sans se perdre.Les œuvres sollicitent et interrogent des strates résiduelles.Elles proposent en les réarticulant des multiplicités fortifiantes.Dans la lignée des «cadavres exquis» surréalistes, le peintre Max Wyse envoie valser d’une toile à l’autre les mêmes motifs satellisés.En vidéo et sur fond de Led Zeppelin, Dominique Toutant se sert, ironique, d'une réplique de la Colonne sans fin de Brancusi comme d’une planche de surf ou d’un étrange faire-valoir polyvalent.Ici, les circulations s’accélèrent.S’agit-il d’un hommage ou d'un sabotage?Le déjà-vu iconoclaste de Toutant brouille tout repère.Collaborateur du Devoir Black is beautiful La Fondation Maeght a voulu montrer toutes les possibilités stylistiques, émotives et plastiques de cette «non-couleur» qu’est le noir LE NOIR EST UNE COULEUR Hommage vivant À Aimé Maeght Jusqu’au 5 novembre Fondation Maeght Saint-Dankle-Vence, France Biennale Du 16 juin au 17 septembre Marie-France Cournoyer Élaine Despins Ariane Dubois Élise Dumais Élizabeth Dupond François Gauthier Vivian Gottheim Michel Lancelot Renée Lavaillante Serge Marchetta Marie-Ève Martel Guylaine Nadeau Nancy Perron Jean-François Provost Beata Tyrala Svetla Velikova Musée d’art de Mont Satnl-Httalre 150, r\» du Centm-Owxe 450-536-3053 • www mamsh qc ca MICHEL HELLMAN Située dans un décor enchanteur des Alpes-Maritimes, à côté du charmant village de Saint-Paul-de-Vence, la Fondation Maeght est un lieu incontournable pour tout amateur d’;»rt qui voyage en Provence.Non seulement cette institution privée, inaugurée en 1964, héberge-t-elle une des plus importantes collections de peintures, sculptures et gravures du XX‘ siècle mais le site lui-même avec ses jardins, ses fontaines et ses bâti ments, est un chef d'œuvre.Quand on visi te la Fondation, on pénètre dans un véritable musée à ciel ouvert dans lequel les plus audacieuses créations modernistes du siècle dernier s’intégrent harmonieusement au paysage qui les entoure.Cette année, la très attendue exposition estivale de la Fondation marque également le centenaire de la naissance d’Aime Maeght Pour rendre hommage à ce grand collectionneur, le nouveau directeur, Dominique Plus do 150 œuvres d'artistes aussi différents que Picasso, Matisse, Braque, Gerhard Richter, Mark Dion, ou le jjroupe torontois General Idea Païni, a pris un risque qui a fait couler beaucoup d’encre.Voulant •renouer avec la vocation originelle» de la Fondation, il a décidé d'accorder une place importante à la création contemporaine «actuelle».Résultat: sous le titre vague de Le noir est une couleur, il a rassemblé plus de 150 œuvres d’artistes aussi différents que Picasso, Matisse, Braque, Gerhard Richter, Mark Dion, le groupe torontois General Idea et la jeune vidéaste Camille Heprot.A l’origine.Le noir est une feuicur était le titre d’une exposition organisée en 1946 par Aimé Maeght dans sa galerie parisienne.Il voulait ainsi définir, durant cette période trouble de l'après-guerre, la «couleur» de son époque.Le noir, associé à la mort, .au néant, à l'anarchisme, pouvait aussi devenir, dans les mains de Matisse, Bonnard ou Rouault, le symbole du renouveau, la •paradoxale aurore du AA siècle».En regroupant des artistes très célèbres des années 40, 50 et 6(1 avec des créateurs .Vf.Damage, une œuvre de Mark Dion contemporains moins connus du grand public, Dominique Paini a repris cette idee pour montrer toutes les possibilités stylistiques.émotives et plastiques de cette «non-couleur» — et l’inter- / .beaux del o tas 30 août - Québec 17 et 24 septembre - Montréal 15 octobre - Granby www.lesbeauxdetours.com (514) 352-3621 tn«**o>owo îîlIMM fci'B Du 4 AOÛT au 4 SEPTEMBRE 2006 Jacques Baril ! Québec Mathieu Léger / Nouveau-Brunswick Cuy Blackburn ! Québec Daniel Oxley / Ontario Martin Bureau / Québec Maria Eugenia Poblete / Chili Cindy Dumais / Québec Alain-Martin Richard / Québec Éric Gagnon / Québec Boran Richard / Québec César Saez et son équipe internationale / Québec-Hollande-Ontario INVITÉS SPÉCIAUX : BGL Carole Simard-Laflamme Direction artistique : Guy Sioui Durand Samedi 19 août « 14b Samedi te 26 août dés 13b Dimanche te 20 août a 14b Voir et tir* l'ert L'art Action des Femmes - Lectures publiques de la revue Rte des Ciaudtne Cotton Arts au Centre d exposition - Les fermières Obsédées (Annie Bailtargerjo Eugénie Oche Présence d autres revues d'art ft I aréna Cathenne Plaisance) Dimanche te 27 août dés 13b - Mynan mth K/tchen Appliances Voir et lé» l'ert Martov Destmts Lectures publiques de la revue Vie des Arts au Centre d exposition jeudi te 24 août - Présence d autres revues d'art à l'arftna Le* 4 à 7 du directeur • Confèrence de françots Don.directeur - Martin Bunau, artiste et son groupe du Centre 't mtormabon Arterte â 15b » du projet ScriertecyiSe avec jet Dugas et Luc Benaud r aréna -mon Part ‘ Pmture de Québec COePCWATIO* DU CENTRE D ART DE SAIE SAINT PMA VTf OU SYMPOSIUM ll.rutForgtl aûm 21 rut tew-Saènt'PMl (Québec) G*?2J2 T (418) 435-3681 F (418) 4)S-6Zee FONDATION DEROUIN OFFRE D’EMPLOI Commissaire du Symposium international d’art In Situ Eté 2007 - Thématique Le Voyage Nature de l’emploi : Commissaire dynamique, innovateur(trlce) dans l'art In Situ et des événements avec le public • Travail avec comité de programmation au choix des artistes • Travail avec les artistes sur le territoire.Exigences : 3 ans d expérience dans le domaine de l'art contemporain, connais sances du milieu des communications et intérêt pour la médiation culturelle Langues parlées et écrites : Français, anglais et espagnol (falcultntif) Inscription : Curriculum vitae accompagné d'une lettre dintérôt (min.1 page / max 3 pages) Date limite d’inscription : te 30 septembre 2006 Faites parvenir votre demande par la poste ou par courriel ft Fondation tlemuin Hesponsabte ft la coordination 1303, Montée Gagnon Val-David (OC) J0T 2ND irrMUondattondeiouin corn www tondattondeftAjm com Curieux dimanches LE DEVOIR.LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 AOÛT 2 0 0 6 n nm ^ il \j in uj e x Centris CHANGEMENT D’ADRESSE /EMMANUEL MOURET EX-CENTRIS.COM / 514.847.2206 IShlS 17hOO 19H00 21h00 ENTREVUE Le tandem d’enfer de Changement d’adresse ODILE TREMBLAY On a rencontré le cinéaste français Emmanuel Mouret et son actrice Frédérique Bel dans une auberge située près du parc Lafontaine.Drôle de duo.Lui.avec son léger accent marseillais et ses airs timides.Elle, au charme comique qui lui sort par les oreilles, piquante, extravertie.Ces deux-là constituent un tandem d’enfer au cinéma.Dans le film Changement d’adresse, leur couple de colocataires a fait un malheur à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes.Après la projection, une ovation interminable les a laissés tout babas.La critique les a encensés aussi.Certains ont trouvé que cette comédie romantique moderne et épicée chevauchait l’univers de Rohmer et celui de Woody Allen.Ni l’acteur-cinéaste ni la blonde interprète n'avaient eu le temps de voir venir leur petit triomphe sur la Croisette.Le film fut tourné en février avec un budget de famine (moins d’un million d’euros), sans l’appui de chaînes télé, monté en mars et prémonté en avril.Hop là! Changement d’adresse sortait du four tout chaud à Cannes en mai.L’affiche n’était même pas prête.Ensuite, leur petit film indépendant a fait son chemin en France, où il est à l’affiche depuis le mois de juin.Cent cinquante mille entrées à ce jour, en plus d’être vendu dans plusieurs pays.Pas mal pour un petit film né de l’urgence, sans aucune tête d’affiche.Frédérique Bel est un drôle d’oiseau.Longue blondinette à la personnalité fougueuse, un temps mannequin lingerie pour Dior, un temps visage de pubs télévisées, elle s’est surtout fait connaître en France à Canal + à travers son personnage de «dumb blonde» plus sotte que nature à La Minute Blonde, une série de sketchs éroti-co-débiles qui ont amusé la galt^ rie.Des petits rôles comiques ici et là s’étaient ajoutés à sa feuille de route.Quand le scénario de Changement d'adresse lui est arrivé entre les mains, elle n’a eu de cesse d’obtenir ce rôle de colocataire ro-mantico-folichonne.11 était temps d'élargir son registre.«Les gens commençaient à me prendre vraiment pour un clone de Paris Hilton, dit-elle.Changement d'adresse avait de l'émotion, de la profondeur.Je savais que le personnage était pour moi.» Emmanuel Mouret n’était pas convaincu par sa prestation.Qua cela ne tienne! «Il a fallu que je m'adapte à ses désirs, que je pose ma voix.Je l'ai convaincu en me transformant pour entrer dans son univers», confie la blonde déterminée.Quant au jeune cinéaste qui l’a mise en scène, le voici désormais conquis: «Elle possède un très fort potentiel comique et accepte de jouer les ingénues comme les femmes sexy.» Une intimité avec le spectateur Emmanuel Mouret n’a pas atterri à Cannes comme un ovni.Son long métrage précédent, Vénus et Fleur, fable féminine sur l’amour et le bonheur, avec Marseille pour toile de fond, avait eu également les honneurs de la Quinzaine des réalisateurs en 2004.Il écrit lui-même ses scénarios, avait pondu quelques films, courts, moyens, longs métrages, dont ImIssohs Lucie faire, où il se dépeignait en 2000 en jeune homme candide aux côtés de Marie Gillain.Déjà son personnage tout en gaffes et en rougissements prenait vie.Il admire Buster Keaton, Charlie Chaplin, Jacques Tati, Sacha Guitry.«Quand j'ai commencé à jouer dans mes films, c'était pour suivre leurs traces, dit-il.Mais aussi pour créer une complicité, créer une intimité avec le spectateur.» Changement d'adresse aborde l’univers amoureux contemporain, avec les chassés-croisés d’usage.C’est aussi un film sur la maladresse, les voix qui balbutient, les pieds qui s’enfargent.«La maladresse est constitutive de moi, précise le cinéaste.Dans la peinture des rapports amoureux, elle montre la difficulté de s’adapter à des situations où personne ne peut être à l’aise de toute façon.» Les aspects héroïques des grands maladroits du cinéma l'enchantent.«Ce sont des gens qui tombent, se relèvent, sans jamais blâmer les autres pour leurs ennuis.» Emmanuel Mouret, désormais lancé comme une balle au royaume du cinéma français, estime procéder de la comédie classique, elle-même issue du théâtre.11 jongle d’ailleurs avec l’idée d’adapter Changement d'adresse à la scène.Pour l’heure, il planche sur un nouveau scénario sentimental, sensuel et mélancolique, dans lequel il est question que Frédérique Bel joue de nouveau.«J'aime faire des films indépendants qui sont aussi des divertissements.des œuvres qui chevauchent les frontières.» Et pourquoi un cinéma sentimental?«Parce que, comme disait Truffaut: "J'aime faire faire de jolies choses à de jolies femmes.” Et puis parce que je suis un grand sentimental.bien entendu.» Le Devoir JACgt'KS (,KL \IKK u ni-VOIR La comédienne Frédérique Bel et le réalisateur Emmanuel Mouret SOURCE K-FILMS AMERIQUE Changement d'adresse, d’Emmanuel Mouret: un cinéma qui évoque des maîtres passés mais rarement les tics d’aujourd’hui.L’amour, ça déménage ! CHANGEMENT D’ADRESSE Réalisation et scénario: Emmanuel Mouret.Avec Emmanuel Mouret Fanny Valette, Frédérique Bel, Dany Brillant, Ariane Ascaride.Image: Laurent Desmet.Montage: Martial Salomon.Musique: Franck Sforza.France, 2006,85 min.ANDRÉ LAVOIE Les films d’Emmanuel Mouret (Im issons Lucie faire, Vénus et Fleur) suscitent les mêmes comparaisons, allant de Woody Allen à Eric Rohmer en passant par François Truffaut 0a période Antoine Doinel): dialogues pétillants, quiproquos multiples, interprètes au profil atypique et simplicité (apparente) de la mise en scène.C’est sans doute ce que l’on retiendra de Changement d'adresse, une comédie sentimentale où le cinéaste tient la première place des deux côtés de la caméra.Et peu importe sa position, il le fait avec une touchante modestie, totalement au service de ce récit délicieusement romantique, un marivaudage qui assume sa grande part d’invraisemblances et ne manque pas de répliques savoureuses pour nous le prouver.Avec son physique de fils de bonne famille, éternel veston | sombre et foulard à l’avenant, ! David (Mouret) ressemble da-| vantage à un étudiant de la Sorbonne qu'à un provincial débar-I que à Paris pour y poursuivre sa carrière de corniste.A la re-| cherche d’un appartement, il fait la connaissance d'Anne | (Frédérique Bel, digne heritiè-I re, ou tendre rivale.d’Arielle : Domsbale.).une jolie fille délurée qui l’invite à habiter chez elle.Comme colocataire.Il y a tout de même une part de séduction dans leurs rapports et.après une première incartade sexuelle, qu’ils affirment regretter, ils n'en finissent plus de confier à l’autre leurs difficultés amoureuses.Anne est tombée sous le charme d’un client (que l’on ne verra jamais) de sa boutique de photocopieuses tandis que David craque pour une de ses élèves, Julia (Fanny Valette, à la fois silencieuse et remarquablement expressive), dont la mère (Ariane Ascaride dans un exquis contre-emploi de bourgeoise) ne cesse de regretter l’attitude trop sérieuse.Les efforts déployés par David pour séduire Julia seront nombreux, observés et commentés avec une finesse surprenante par Anne, mais il suffira d'une seule rencontre pour provoquer un fatal, et pourtant bénéfique, changement d’adresse.Une charmante fantaisie Maîtrisant l'art des dialogues avec une efficacité redoutable (rarement la timidité fut-elle aussi volubile!), jonglant avec des rebondissements savamment commentés, Emmanuel Mouret se paie ici une charmante fantaisie (c’est ainsi qu’il décrit son film), un petit conte amoral d’une élégance irréprochable.Certes, ses personnages sont parfois de véritables moulins à paroles, paralysant quelque peu leur humanité, et ils sont si pleins d’esprit que l’on a du mal à ne pas voir la main pesante du scénariste.Changement d'adresse multiplie les situations équivoques, mais jamais le réalisateur ne cherche à amplifier des effets déjà comiques (dont la présence du chanteur Dany Brillant en séducteur impénitent) ou mélancoliques.Son double cinématographique, dont la démarche ressemble à celle d’un Chariot intello et franchouillard, subit les événements avec une attitude impassible qui nous fait osciller entre rire et larmes.11 suffit de le voir, tout penaud, sortir d’un parc au crépuscule, pour rigoler de sa dernière débâcle amoureuse.Ceux qui ont vu, et ils sont trop rares, Vénus et Fleur seront de nouveau conquis par le ro- manticisme décalé de ce jeune réalisateur, dont le cinéma évoque des maîtres passés mais rarement les tics d’aujourd’hui.Même le Paris qu’il décrit, celui des cafés et des petits intérieurs décorés avec goût, dégage un joli parfum de nostalgie, autre ingrédient irrésistible de cette histoire de boîtes à défaire et de nobles sentiments mis en boîtes.Collaborateur du Devoir PALMARÈS DVD ARCH AM BAULT Ou 8 m 14 Mât 2006 FILM/TÉLÉSÉRIE ?tournai ds Montréal - The Gazette - Le Devoir NATHALIE BAYE JALIL LESPERT la petit lieutenant r* « *4 l.~ à * gj UN FILM DE XAVIER BEAUV0IS métropole is Présentement a l’affiche ! rWmsiENV-1 j^itNÏmsV inTcLAPVl Helena Bonham Carter est magnifique et extraordinaire de simplicité' lits» OPMw Dialogue intentent.subW.luenecnt et bien joue- INSIDE MAN V FOR VENDETTA PRISON BREAK Complete Season 1 PIRATES OF THE CARIBBEAN SAMANTHA 0UPSI Volume 1 DR.LUCILLE FRESH PRINCE OF BEL AIR Complete Season 4 CAMÉRA CAFÉ Saison 3 DM HARRY POTTER AND THE GOBLET OF FIRE FINAL FANTASY VR: ADVENT CHILDREN AARON ÏCKBAAT HELENA BONHAM CARTER CONVERSATIONS WITH OTHER WOMEN WRSMN «NCftMSt SMR mwt À L’AFFICHE! CINEMA Sf MAINE DU 19 AU IS AOÛT 2006 Les NOUVEAUTES et ie CINÉMA en résumé pages 4,6 La liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES pages 7,15 ||V « FILMS AMERIQUE cannes aeos qunzaime Des réalisateurs ¦ Eric Rohmer meetsWoodyAHen.» VMETY a Cxw » Une comedie brillante à la Marivaux un joli film français .tnomphe d'anthologie., brillante revelation 1000 personnes ont ri avant de faire un tnomphe à l'equipe.» LA PRESSE j W 1 V ~ I fr Cm** 5 • rumrvMim Ntmmovi ml I 1 W SP vaut 1 ; ‘Quiproquos equivoques SÎISiGEMENT MUSIQUE / SPECTACLE / AUTRE PINK FL0VD P.u.l.s.e.D'ADRESSE MKMAIViJU mmutt î Rohmer décontracté.• dans LAGENDA culturel PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE! ma nM~ I—itMnnn —» ; SHERBROOKE ?EX-CtNTW* ?JAMES BLUNT Chasing Time: Bedlam .EURS PRESLEY 68 Comeback STAR ACAOÉMK 2008 EURS PRESLEY Aloha From Hawaii IAN ANDERSON Plays Orchestral Jethro Tui j JAMEL DEBB0UZE 100% Debbouze I IVOPOGOREUCH ] Récital Bach Scartatb TRY0 Au cabaret sauvage GAD ELMALEM L autre c'est moi t
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