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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2002-08-17, Collections de BAnQ.

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PHOTO : PATRICK SANFAÇON LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 AOÛT 2 0 0 2 Jean-Pierre Ronfard Jean Asselin Depuis trente ans, qu'on l’appelle le Théâtre expérimental de Montréal ou le Nouveau Théâtre Expérimental, il est de toutes les aventures où la création est à l'honneur.«Le théâtre est bien vi vant, riche d'expériences multiples.» «La notion d’industrie culturelle et celle de rentabilité qui y est naturellement attachée enveniment beaucoup de choses, car Téquation travail-argent n’est pas va labié en recherche.» Tels sont les propos clairs du co-créateur de la Compagnie de création Omnibus.¥ Page 3 Page 4 I! était âne easarae 3X11 ||II| Espaça Hlra : enaire pif): ;! ¦ ouvre au public .Tradition et expérimentation Des Apprentis Sorciers à Carbone 14 Page 2 Ouverture d'Espace libre Page 3 Un nouveau lieu De la gestation au projet architectural Nouveau lieu défis Il est des anniversaires qui ne se fêtent pas.Il y a 30 ans, Jean-Pierre Ronfard quittait le Théâtre du Nouveau Monde pour poursuivre une route qui serait la sienne.Quelques pas plus loin, et trois années plus tard, il faisait en tant qu’ins-titution à nouveau surface quand, s’associant à des personnages, eux aussi deux fortes personnalités, Robert Gravel et Pol Pelletier, il dépose sur la place publique trois lettres d’un nouveau sigle: TEM, pour Théâtre expérimental de Montréal.Une aventure débute.Dans le Québec des années 1970, après la tenue d’une exposition universelle qui a ouvert ce coin d’Amérique au monde, avant la présentation d’une olympiade qui aurait dû consacrer Montréal comme une métropole planétaire, c’est dans une petite salle, continuellement réaménagée selon les besoins, celle de la Maison de Beau-jeu, qu’un chapitre de la future histoire du théâtre est ouvert À tout ce qui est création, expérimentation, le temps et le lieu d’un espace sont donnés.Jusqu’au moment où c’est cet espace même qui devient trop étroit.En 1981, à celle ou celui pour qui la scène expérimentale ou de création importe, une invitation à fréquenter un nouveau lieu est lancée.Dans une ancienne caserne de pompiers rapidement réaménagée, vient d’ouvrir sur la rue Fullum le lieu dit de l’Espace libre.Hameau culturel, dans une trame urbaine dont les autres phares sont un centre de détention ou un chef-lieu télévisuel (celui de Radio-Québec), la nouvelle salle abrite principalement les Enfants du paradis, le futur Carbone 14 de Maheu, aussi la Compagnie de création Omnibus, mettant en vedette les mimes réunis autour de Jean Asselin, tout comme cette entreprise identifiée à Ronfard ou Gravel, le très bien nommé Nouveau Théâtre Expérimental.Naissance Pendant 12 ans, en ce lieu, les spectacles de ces compagnies se succéderont, la programmation se complétant quand des compagnies ou des projets par nature identiques y sont présentés.En 1994, une première fissure se produit Carbone 14 quitte pour s’installer dans son Usine C: la salle de la rue Fullum accouche ainsi d’un autre lieu.Mais il y a plus grave.Si tous s’accommodent d’un lieu, où l'exiguïté est la norme, où les parcours des spectateurs et des gens de scène naturellement et obligatoirement se mêlent, il est une chose avec laquelle il est difficile de se concilier car les édifices, eux, ont une résistance moindre: la vieille caserne, monument inauguré en 1904, a stibi des ans «l’irréparable outrage» et une rénovation s’impose.En cette fin d’été 2002, un nouvel Espace libre devient accessible aux créateurs et aux tenants d’un théâtre où la recherche prédomine.Toujours s’y retrouveront deux troupes: Omnibus et le NTE, mais aussi un lieu d’accueil, pour qui veut s’y laisser inviter.Un même édifice donc, avec des étages en plus, dont les locaux permettent à une école de mime de s’y installer.Pour mener à terme le projet, de nouveaux personnages se sont préalablement joints à l’équipe, dont Marthe Boulianne.Et l’aventure continue.«Mais, plus que tout, il importe que cette maison conserve ce qui depuis longtemps la caractérise, la liberté dans le choix des actions et des partenaires occasionnels, la rigueur dans la ligne de création qu’elle s’est donnée, un certain mode de fonctionnement heureux reposant sur la confiance et la responsabilité», nous annonce toutefois Jean-Pierre Ronfard.Quant à Jean Asselin, il parle, lui aussi, de la poursuite d’une quête: «Par sa fidélité à sa fonction créatrice, notre théâtre est un trou noir dans la cité.Quand on y est, le temps devient relatif, élastique au gré de Imagination.Comme ces étoiles invisibles et à haute densité qui attirent la matière, l’imaginaire s’y matérialise, et il y devient multiforme.» Point d’anniversaire pour l’Espace libre.Une renaissance plutôt Comme cela fut un jour pour le Théâtre d’aujourd'hui, pour la Veillée et son Prospero, le Théâtre du Nouveau Monde dans l’ancienne Comédie canadienne.Comme il sera aussi bientôt de mise de parler des 40 ans de la NCT, la Nouvelle Compagnie théâtrale.En théâtre, les chiffres décrivent le passage du temps.Et ce qui fait date s’appelle la création.Normand Thériault il O * Page 5 I t t IK DEVOIR.LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 AOÛT 2 0 0 2 r 2 THEATRE Création et innovation La tradition expérimentale Des Apprentis Sorciers à Carbone 14 Avec l’ouverture d’Espace libre en 1981, le théâtre expérimental est entré dans la tradition! En tout cas, il y a sérieusement mis le pied.Cet oxymoron signifie que, pour la première fois au Québec, la pratique de l’expérimentation théâtrale allait jouir d’un lieu stable et bien identifié, propre â constituer un public fidèle.Elle allait aussi se voir consacrée par les pouvoirs publics sous la forme de subventions dites de fonctionnement (et non pas uniquement de subventions pour des projets).Le prix Denise-Pelletier, accordé à Jean-Pierre Konfard en 1999, devait boucler la boucle de la reconnaissance par l’institution de ce théâtre des marges.MICHEL VAIS Non pas qu’avant 1981, il n’y eût point de compagnies se consacrant au théâtre d’expérimentation.Sans remonter au Déluge, rappelons qu’une série de théâtres de poche dont les Apprentis Sprciers, puis les Saltimbanques et l’Egrégore à Montréal, l’Estoc à Québec, l’Atelier à Sherbrooke, affichaient déjà de telles préoccupations, dans les années 1950 et I960, üi plupart possédaient même — plus précisément louaient — leur propre salle de théâtre.Ce qui les différenciait du futur Espace libre cependant, outre le fait que toutes ces compagnies, sauf l’Egrégore, réunissaient exclusivement des amateurs, c’est que partout, même à l’Egrégore, la programmation se limitait presque entièrement au nouveau répertoire étranger.Et par voie de conséquence, à un théâtre où le texte prédominait.L’essayiste américain d’origine sud-africaine Leonard Pronko avait accolé à ce théâtre l’étiquette d’avant-garde et le critique britannique Martin Esslin, celle de théâtre de l’absurde.Comme on a beaucoup étudié les auteurs de cette génération, d’autres exégètes y sont allés de leurs appellations plus ou moins contrôlées: notamment la Française Geneviève Serreau (le nouveau théâtre) et le Québécois Gilbert Tarrab (le théâtre du nouveau langage).Personnellement, j’ai nommé ce phénomène le théâtre de l'Ecrivain scénique.Beckett, Ionesco, Dürrenmatt, Vauthier (chez les Apprentis Sor- ciers), Genet, Weingarten, Arra-bal, Obaldia (chez les Saltimbanques), Billetdopx, Dubillard, Vitrac, Kopit (à l’Egrégore) ont révélé la modernité de ce répertoire à un public que ne rassasiaient plus les classiques des plus grandes maisons: Molière, Claudel, Feydeau et cie, voire les contemporains plus traditionnels comme Anouilh ou Giraudoux.Mais avant les années 1970, les véritables créations étaient rarissimes dans les petits théâtres d’avant-garde, qu’elles fussent basées sur un texte, comme Pile de Roger Huard chez les Saltimbanques, Au cœur de la rose de Pierre Perreault aux Apprentis, ou sur d’autres facteurs d’expression comme ce fut le cas dans l’explosive et scandaleuse Equation pour un homme actuel, créée par les Saltimbanques à l’Expo 67 et jamais reprise depuis 25 ans (avis aux intéressés: ça, c’était de l’expérimental!).Arrive le TEM Ce qui change avec les années 1970 et la fondation du Théâtre Expérimental de Montréal (TEM), première incarnation du principal artisan d’Espace libre, c’est justement que désormais, expérimenta] sera d’abord synonyme de création.Assez exploré l’avant-garde étrangère; à nous de rechercher la nôtre.Il nç faut pas croire cependant que le TEM était le seul à jouer dans ces plates-bandes.Dès 1971, l’Eskabel a aussi présenté des créations, d’abord basées sur des ateliers d’improvisation sans décor orchestrés par Jacques Crête, un ancien des Saltimbanques.Puis, lentement, entre les différents locaux de la rue Saint-Nicolas, du boulevard Saint-Laurent, de la Pointe-Saint-Charles et de la rue Sanguinet, toute la quincaillerie eskabélienne — tulle, encens, fumée, corps nus.— a pu se déployer dans de majestueux tableaux vivants d’une solennelle surréalité.Ije maître des lieux officie encore aujourd’hui, et depuis cinq ans, au nouvel Eskabel qu’il a ressuscité dans sa ville natale de Trois-Rivières.A la même époque, Gabriel Arcand fondait La Veillée sur sa riche expérience grotows-kienne.La compagnie n’habitait pas encore dans l’ancien cinéma porno converti en Théâtre Prospéra.Elle aussi a dû déménager plus d’une fpis, du boulevard Monk à Ville Emard, vers la rue Atwater où les craquements du vétuste plancher faisaient partie des effets sonores les plus réussis.Là aussi, on était tourné vers un répertoire étranger, essentiellement d'Europe de l’Est, propre à épouser une recherche corporelle originale.C’est dans ce paysage théâtral que Jean-Pierre Ronfard a fondé le TEM en 1975, avec deux jeunes gens qui s’avéreront de fortes têtes, Robert Gravel et Pol Pelletier.Pour la première fois, dans son local de la rue Notre-Dame, un théâtre s’affichait expérimental par son nom, non sans une certaine outrecuidance d’ailleurs.On opta d’emblée pour des règles de fonctionnement qui sont encore en vigueur aujourd’hui, notamment celle de la répartition égalitaire des profits, lorsqu’il y en avait, et celle de l’unanimité pour toute décision importante (donc, du droit de veto absolu).Après quatre années de recherches débridées, marquées par des réussites {Zoo, Orgasme /, Le Jardin), des succès d’estime (L’In-cesté) et quelques fours (En pleine table), ainsi que par une pierre blanche, l’invention de la ligue nationale d’improvisation (LNI), l’équipe maintenant élargie connaît une rupture.fructueuse puisqu’elle donne naissance à deux nouvelles compagnies: le Théâtre Expérimental des Femmes (TEF), dirigé par Pol Pelletier, et le Nouveau Théâtre Expérimental (NTE) sous la gouverne de Ronfard.Comme dans toute rupture familiale, c’est la femme qui garde la maison et l'homme qui met à profit son talent de bâtisseur pour se reloger en repartant de zéro.C’est alors que prend forme l’idée d’un regroupement de compagnies «par effet de cousinage artistique».Le théâtre expérimental va s’allier à up groupe de mimes disciples d’Etienne Decroux et à un artiste du travail corporel, héritier de plusieurs écoles européennes (Decroux, Barba, Grotowski.).Le trio, devenu duo Grâce à l’impulsion du NTE, qui en est la locomotive, pilotée par le chef mécanicien Ronfard, le groupe de Mimes Omnibus dirigé par Jean Asselin et les Enfants du paradis de Gilles Maheu vont se partager un local, où ils pourront répéter et se produire en alternance.En fait, c’est Ronfard qui, en 1979, a trouvé le bâtiment, l’ancienne caserne N" 19, à l’angle des rues Fullum et Coupai, de biais avec le Centre de détention Par-thenais.Puis, il a cherché à s’allier à d’autres compagnies avec lesquelles il pourrait l’occuper.C’est ainsi que La Veillée a failli devenir un co-occupant de la caserne, pour finalement décimer la propo- sition.En brisant une bouteille de champagne sur le mur blanc du bel espace encore vierge, le nouveau timonier ne manque pas de préciser à la presse rassemblée que la Fondation Bronfman, seule à répondre à ses appels à l’aide, a été d’un soutien indispensable à la jeune entreprise.L’idée de recherche et développement en matière de théâtre commençait timidement à faire son chemin.Sur les huit membres fondateurs d’Espace libre, la moitié proviennent du NTÈ: Robert Claing, Robert Gravel, Anne-Marie Pro-vencher et Jean-Pierre Ronfard.Deux sont membres d’Omnibus, Jean Asselin et sa conjointe Denise Boulanger, et deux viennent des Enfants du paradis, qui prendront le nom de Carbone 14 au cours de la saison 1981-82, Danielle de Fontenay et Gilles Maheu.Les trois collectifs adoptent immédiatement de nouvelles règles de fonctionnement Notamment, celle de la remise du lieu, après chaque spectacle, dans le même état où il se trouvait auparavant et celle du rachat de tout le bois du décor d’une production par l’équipe suivante, pour le montant forfaitaire de 100 dollars.Tous mettent la main à la pâte pour transformer la caserne de pompiers en salle de spectacle et, après de considérables travaux de rénovation, le public assiste en novembre 1981 à l’ouverture d’Espace libre, avec une production du NTE: Vie et mort du Roi boiteux (\r et 5e parties).Depuis, on a vu défiler sans interruption des créations qui ont rangé ce théâtre parmi les points les plus chauds de la vie artistique montréalaise.Rappelons, entre autres: Le Rail, Marat-Sade, Hamlet-Machine et Le Dortoir par Carbone 14; Alice, Le Précepteur, Comédies barbares et Célestine là-bas près des tanneries au bord de la rivière par Omnibus; lœs Mille et une Nuits, Le Grand Théâtre du monde, Durocherle milliardaire, Matroni et moi, 15 Secondes, Les Mots, Hitler et Matines: Sade au petit déjeuner parte NTE.Succès Même si cela ne constitue jamais un objectif au départ à Espace libre, plusieurs de ces spectacles ont connu par la suite une carrière enviable.En plus des nombreuses reprises et des tournées des pièces de Carbone 14, Le Dortoir a fait l’objet d’une adaptation cinématographique mémorable qui a été sanctionnée par des prix; le Cycle, des rois a valu à Omni-bus en 1988 le grand prix du Conseil des Arts de la Communauté urbaine de Montréal pour ce que l’on a appelé «Le printemps Shakespeare»; la production de Durocherle milliardaire a été reprise dans la saison régulière du Théâtre du Nouveau Monde; 15 Secondes de Dave Richer a été rachetée par le Festival Juste pour rire et présentée à la télévision; Matroni et moi est devenu un film à succès et Matines: Sade au petit déjeuner doit faire l’objet d’une tournée en France, en mai 2003.La cohabitation des trois compagnies constitutives d'Espace libre s’est avérée une réussite complète.Il n’y a jamais eu fusion, mais complémentarité dans le respect mutuel, chaque groupe drainant un public toujours disposé à connaître ensuite les productions des autres partenaires.Dans certains cas, on a pu parler d’une heureuse contamination entre les artistes des trois compagnies, par exemple dans le Titanic conçu solidairement par Ronfard et Maheu pour le premier Festival de théâtre des Amériques en 1985, ou dans lœ Cru et le Cuit, spectacle dans lequel ont joué à la fois des comédiens du NTE et d’Omnibus.En 1994, Carbone 14, maintenant à l’étroit rue Fullum, quitte ses partenaires pour s'installer dans un magnifique bâtiment entièrement reconstruit: l'Usine C.La salle, plus grande que l'autre, peut désormais répondre à la demande d’un public devenu assez considérable.C'est alors que le NTE et Omnibus, restés seuls à la barre d’Espace libre, conçoivent un volet accueil, afin d'animer pleinement le lieu.1 Espace libre, haut lieu de notre culture Hôte des plus ardents défenseurs de l'authenticité et de la créativité dans les arts de la scène, Espace libre a vu fleurir, au cours des 23 dernières années, le talent brut d'artistes carburant à l’audace, à la passion, à l’art.Que de vertiges, que d’énergie créatrice, que de beauté gestuelle et textuelle ont été déployés en ces lieux de tous les possibles, de toutes les hardiesses et de toutes les libertés.Le gouvernement du Quebec est fier de contribuer à offrir aux publics montréalais et québécois un nouvel Espace libre, un lieu entièrement réaménagé, parfaitement adapté, plus dédie que jamais ci l’exploration et au développement de nouvelles expressions de notre culture, La ministre d'État à la Culture et aux Communications, Diane Lemieux Québec S ïï Saison théâtrale 2002-2003 Théâtre de tea , JL* Les Parapluies de Cherbourg La Dernière bande La Double inconstance La Bible Zazie dans le métro La Reine de beauté de Leenane Prophètes sans dieu Le Ventriloque La langue du caméléon Le Menteur Malta Les Gardiens du teu L'homme, Chopin et le petit tas de hois ABONNEZ-VOUS A LA CREATION INTÉGRALE THEATRE: 165 $ pour 9 sorties DIMANCHES AU THÉÂTRE : 30 % de réduction à l’achat des 5 pièces BILLETTERIE (450) 670-1616 150, rue de Gentilly Est, Longueuil www.theatredelaville.qc.ca salleJean-Louis-Millette salle Pratt & Whitney Canada Le Cycle des rois a valu à Omnibus en 1988 le grand prix du Conseil des Arts de la CUM cxs/jcrce fiù/Hï : Espace de liberté et de création au cœur de la métropole culturelle du Québec Montréal salue le talent et le dynamisme de ses artistes et artisans qui façonnent sa vitalité culturelle.www.ville.montreal.Qc.ca/culture Ville de Montréal V f I % L K I) E V OIK, I, E S S A M E D I 17 E T I) I M A N < HE 18 A O I I 2 0 0 2 THEATRE L’espace ouvert Accueil et renouveau À l’Espace Libre, les membres-fondateurs ont toujours voulu être ouverts à tout ce qui au théâtre se voulait expérimental.Ainsi, le lieu ac-cueillait-il, en 1982, le Bread & Puppet Theatre.MICHEL VAIS esprit d’ouverture a toujours ' caractérisé les artisans d’Es-pace libre.Dès la première saison en effet, soit au printemps de 1982, le lieu accueillait je Bread & Puppet Theatre des Etats-Unis.C’était trois ans avant la fondation du Festival de Théâtre des Amériques (FTA) et deux ans avant la première Quinzaine internationale du théâtre de Québec — deux futurs partenaires d’Espace libre —, donc, à une époque où les spectacles étrangers marqués par une certaine audace n’arrivaient au pays qu’au compte-gouttes.Un spectacle belge, Quarantaine de la Compagnie Plank, a suivi au printemps de 1983 et un autre, australien, à l’automne; l’explosive Ella de Herbert Achternbusch a fait escale rue Fullum, grâce à l’invitation de la Quinzaine de Québec, et ainsi de suite avec des compagnies de France, du Japon, de Yougoslavie, des Etats-Unis, d’Allemagne.Outre les spectacles étrangers, les dirigeants d’Espace libre ont toujours voulu ouvrir leur salle à des groupes susceptibles de constituer une relève, qu’ils se soient affichés comme des émules ou qu’ils aient contesté respectueusement la démarche de leurs aînés.Performeurs (Louise Mercille) et improvisateurs, artistes lyriques (Pauline Vaillancourt) ou expériences scé-nographiques (Recto-Verso) ont successivement pris l’affiche.Les artistes se voyaient offrir tantôt carte blanche, tantôt la possibilité de concevoir un spectacle avec un des occupants réguliers d’Espace libre.C’est ainsi que la Compagnie Ondinnok a pu produire avec le NTE 1m Conquête de Mexico, sur un texte d’Yves Sioui Durand et dans une mise en scène de Jean-Pierre Ronfard, et qu’Omni-bus a coproduit le délicieux Jeu de Robin et Marion, avec le groupe de musique ancienne Anonymus.Depuis le départ de Carbone 14, des compagnies de création et des groupes ad hoc se greffent régulièrement à la programmation d’Espace libre, que ce soit dans la grande salle ou dans l’une des salles de répétition aux étages VOIR PAGE F 4: RENOUVEAU Une entrevue avec Jean-Pierre Ronfard Uhomme de tous les désirs Cultiver l’art de s’amuser en remettant tout en question MICHEL BÉLAIR LE DEVOIR Il corrigeait un jeu d’épreuves lorsque nous nous sommes rencontrés en début d’été: celles du premier tome — il y en aura trois — de ses Ecrits pour le théâtre que l’éditeur Yvan Bienvenue (Editions Dramaturges) prévoit de publier à l’occasion de la réouverture de l’Espace libre, fin août.Jean-Pierre Ronfard est un homme occupé, toujours en mouvement d’une façon ou d’une autre.Tellement d’ailleurs qu’il y avait une trentaine d’années que nous n’avions foulé les mêmes plates-bandes, à la seule exception d’une longue promenade en forêt dans le contrefort gaspésien des derniers balbutiements appa-lachiens.L’occasion était trop belle pour ne pas lui demander de me résumer ses activités du dernier quart de siècle.Du temps vivant partagé Il a protesté un peu.Il a souligné le fait que sa mémoire s’amuse à mêler le fil des événements, pourtant tricoté serré, qui l’ont mené de son départ du TNM en 1972 jusqu’à la rénovation de la vieille caserne de pompiers dans laquelle le Nouveau Théâtre Expérimental (NTE) est maintenant installé, en permanence.Dans le béton.Puis les mots, viennent.Nombreux, riches.Evocateurs, toujours, de la même présence à la réalité «expérimentale» du théâtre.Des visages aussi.Ceux des débuts: surtout Robert Gravel et Pol Pelletier.Ceux de maintenant aussi, Alexis Martin en tête.Et la même ferveur au fond des yeux.Le même engagement profond.En filigrane, comme des points de repères piqués sur une broderie non terminée, apparaissent au fil des phrases des convictions essentielles.Surtout celle que le théâtre est indéfinissable: «La seule chose sûre qu ’on peut en dire, dit-il en me regardant au fond des yeux, c’est que c’est du temps vivant partagé par des comédiens et des spectateurs.» Avant d’en arriver là, Ronfard et ses complices de toutes les époques du NTFi auront entrepris, sur le mode expérimental cher à Claude Bernard, une dissection systématique: celle du phénomène de la représentation théâtrale.Ils se sont amusés à éliminer les éléments de définition du théâtre pour voir ce qu’il en resterait, «à tout supprimer pour en arriver à l’essentiel», comme dit Ronfard.«Nous nous sommes (' A H I S P E C I A I.K S T P U li I.I E K I, E l> E V 0 I li Il r s |> o il s a li I r \ 0 RM A N T II K R I A U LT iitheriau Ti; 1.: j.»l I) DS.» ÎJ33S redtu'tioiioledevoir.coin Y A I S < E y II E DOIS 0 LES CONSULTANTS GEMEC „c EXPERTS-CONSEILS Nous sommes fiers d'avoir contribué à titre d'ingénieurs-conseils au réaménagement du théâtre Espace libre 1400 Sauvé ouest, bureau 214, Montréal, Qc H4N 1C5 Tél.: (514) 331-5480 Télec.: (514) 331-1069 beaucoup amusés.On a fait des trucs impossibles dont je me souviens à peine sinon que ça s’écrivait en après-midi et qu’on le mettait en scène le soir du temps de la Maison Beaujeu» — ce qui correspond, grosso modo, à la première «période» du NTE qui s’appelait alors le Théâtre expérimental de Montréal, de 1975 à 1979.La seconde période, qui couvre toutes les années 80, est d’abord l’histoire de la relation féconde entre Ronfard et Gravel qui culmine en 1982 avec la présentation du mythique Vie et mort du Roi boiteux, un cycle de six pièces-marathon présentées de lOh du matin à Ih du matin à l’Expo théâtre.Le NTE est maintenant installé à l’Espace libre qu’il partage avec Carbone 14 et le groupe Omnibus.Jusqu’à 1990, on continue à s’amuser et à tout risquer à chaque création.Au point où l’on en vient à systématiser la pratique de la chose en lui donnant le nom d’«études théâtrales».«Ces études, peut-on lire dans le très réussi site Internet du groupe (www.nte.qc.ca), prétendent interroger la réalité du théâtre et les éléments qui composent cette réalité: les objets, le tragique, la voix, la lumière, le jeu, le nombre des interprètes, le geste, la musique, les mots.» Cela donnera une série de productions dérangeantes où les comédiens sont remplacés par des objets, par exemple, et où le jeu, le texte ou la lumière sont tour à tour éliminés.Et cela donnera aussi Les Mots, ce merveilleux texte de Ronfard sur notre relation au vocabulaire (1999).Cette période d’activités intenses permet aussi l’éclosion des talents de dramaturge de Robert Gravel qui de 1991 à 1997 publie La Tragédie de l’homme (Durocher le milliardaire, L’homme qui n 'avait plus d’amis, Il n’y a plus rien), suivie en 1996 par Thérèse, Tom et Simon (Prodrome) puis, en 1997, par Thérèse, Tom et Simon (L’intégrale).Grave] qui s’éteint brutalement, comme on le sait, en 1996.Pendant ce temps, le NTE se multiplie en continuant de tout bouleverser: on présente des programmes doubles, des ateliers de répétition, même un spectacle servi au saut du lit (Sade au petit JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jean-Pierre Ronfard déjeuner), en 1996.Avec l’arrivée d’Alexis Martin à la direction artistique de la compagnie en 1998, la «troïka infernale» du NTE est désormais formée de Marthe Boulianne, Alexis Martin et Jean-Pierre Ronfard.On pourra se faire une idée plus complète des cheminements du NTE en consultant le site Internet de la compagnie, et surtout en feuilletant î’album-cofffet réunissant les onze cahiers relatant le parcours de Ronfard et de ses acolytes.Le désir Avec les années, Jean-Pierre Ronfard s’est mis à écrire beaucoup.Pas d’écrits théoriques, «des textes écrits exclusivement pour l'acte théâtral», dit-il.'J'ous ceux que contiendront ses Écrits pour le théâtre ont été montés à un moment ou un autre de l’histoire du NTE.Et tous viennent souligner la priorité du désir dans tout ce qu’a toujours fait Ronfard.«J’ai aussi écrit ces textes pour dire l'importance de faire ce que Ton désire.Continuer à chercher, tout en sachant qu’on n’arrive jamais à cerner vraiment ce qu ’est le théâtre qui n ’est au fond que du temps vivant partagé.je me répète, je sais, mais j’aime la formule.Se rendre compte aussi à quel point c’est un luxe de ne faire que ce que Ton désire.Un luxe exigeant, mais un luxe.» Comme tous les comédiens, metteurs en scène et techniciens qui passent à l’Espace libre, ceux qui jouent à la NTE gagnent leur vie ailleurs; ce qu’ils font ici est d’un autre ordre qui tient de la remise en question.Et du ressourcement, faut-il le préciser.Mais écrire aussi pour souligner le «caractère collectif du travail, reprend Ronfard.C'est très important.Contrairement à ce qui se passait au moment où j'étais au TNM, par exemple, les comédiens forment aujourd’hui une collectivité ouverte; des comédiens de tous les âges avec leurs expériences et leurs styles différents viennent se replonger dans le bain en venant jouer chez nous — l’inverse est vrai aussi.Et ils entraînent avec eux un public nouveau qui ne s'intéressait pas au théâtre que nous faisons; de sorte que même les publics sont mélangés! C’est pour cela que je ne peux plus supporter d'entendre que le théâtre est en crise! Ou que le théâtre est mort! Au contraire, le théâtre est bien vivant, riche d'expériences multiples.Il se passe plein de choses intéressantes ici: de plus en plus de gens essaient des trucs en choisissant de prendre le risque de.se planter, de proposer des spectacles pas tout à fait "finis".C'est une démarche que je juge toujours aussi nécessaire.Indispensable.» Voilà ce qui arrive quand on cultive depuis plus de 30 ans l’art de s’amuser.en remettant tout en question.Espacio libre Le nouvel Espace libre s’ouvre enfin, après plus d’une année de chantier.Il se dresse fièrement sur le chemin culturel que dessine vers l’est la rue Ontario desservie par la ligne d’autobus 125, depuis la Maison-théâtre jusqu’à la Maison de la Culture Frontenac, en passant par l’Usine C, Le Théâtre Prospère, Le Lion d’or.sans oublier l’immeuble Groover où artistes en tous genres, troupes de théâtre, architectes.ont leurs bureaux et leurs ateliers.Un très beau théâtre qui a déjà reçu des lauriers architecturaux, avec une très bonne implantation sur la carte.Mais pour faire quoi?Espace libre conserve dans ses murs les deux troupes fondatrices le NTE et Omnibus.Il y a tout à parier que l’amélioration de leurs conditions de travail et de manifestation ne fera que renforcer le dynamisme de ces deux troupes qui y produiront leurs spectacles.La nouvelle salle occupe à peu près la même surface que la précédente mais elle est sensiblement agrandie en hauteur.Sa conception obéit encore à ce qui a été depuis 20 ans une règle: il faut qu’il y ait possibilité de modifier la disposition des gradins et de l’aire de jeu en fonction de chaque spectacle, de fixer à volonté les entrées du public, la place du hall, la billetterie, le bar.C’est en un mot un espace dont on doit pouvoir user en toute liberté.Espace libre continuera et développera, comme il le fait depuis le départ de Carbone 14, une politique d’accueil de troupes de création qui, malgré la qualité de leur travail, n’ont pas de lieu où se produire.Espace libre enfin — et c’est la grande innovatipn de cette année 2002 — sera l’hôte pennanent de l’Ecole de mime de Jean Asselin.lieu de création, de production, de diffusion, d’accueil, de pédagogie vivante.Voilà ce que sera le nouvel, Espace libre.Mais, plus que tout, il importe que cette maison conserve ce qui depuis longtemps la caractérise, la li-, berté dans le choix des actions et des partenaires occasionnels, la rigueur dans la ligne de création qu’elle s’est donnée, un certain mode de fonctionnement heureux reposant sur la confiance et la responsabilité.Des camarades chiliens ayant travaillé à Espace libre, et retournant dans leur pays après des années d’exil, m’ont dit qu’ils allaient y ouvrir un théâtre.Cela m’a fait chaud au cœur d’apprendre le nom qu’en souvenir de leur passage chez nous, ils voulaient lui donner ESPACIO LIBRE.Jean-Pierre Ronfard 00> 9 le Théâtre du Trident LE THÉÂTRE DE LA CAPITALE NATIONALE LaV^S Comica DE PLAUTE Traduite et mise en scène par ean-Pierre Ronfard kean, L’HISTOIRE D’UN ACTEUR DE GENIE OUI A CHANGÉ LES RÈGLES DU JEU.au tnm Théâtre du Nouveau NIonde KEAN de ALEXANDRE DUMAS 1 adaptation de JEAN-PAUL SARTREl RENÉ-DANIEL DUBOISI Avec JEAN ASSELIN + marc beaupré + Frédéric blanchette LUC CHAPDELAtNE + MARTINE FRANCKE » GEOFFREY GAQUERE JACINTHE LAGUë + JEAN-SÉBASTIEN LAVOIE + DOMINIQUE LEDUC JEAN MARCHAND + PASCALE MONTREUIL + JEAN-LOUIS ROUX MARC ST-MARTIN ASSISTANCE A LA MISE EN SCtNE El RÉGIE MANON BOUCHARD DÉCOR Et ACCESSOIRES SABRIEL TSAMPAtlEBOS COSTUMES GINETTE NOtSEUX Eclairages OUT SIMARD mlismieORIGIN* E MICHEL SMITH CONSEILLÈRE EN MOUVEMENT MARGIE GILLIS MAQUILLAGES JACQUES-UE PELLETIER PERRUQUES RACHEL TREMBLAY DU 10 SEPTEMDRE AU 10 OCTOBRE Iwww.tnm.qc.ca ! RÉSERVATIONS 514.866.8668 * Afdohaoa Astral MnHa' U, 17 ' „„ n .cl.bi* ÎOM 4 1 8.643.8 1 3 1 www.letriaent.com VAÙSttÉt Textes de François Archambault, Christian Bégin, Dominic Champagne, Stéphane Crête, Antoine Laprise, Dominique Leduc, Marie-Christine Lê-Huu et François Parenteau • Musiques originales de André Barnard, Pierre Benoit et Ludovic Bonnier • Avec André Barnard, Pierre Benoit, Ludovic Bonnier, Michel-André Cardin, Julie Castonguay, Estelle Esse, Norman Helms, Dominic Champagne, Violette Chauveau, Charles Imbault, Bruno Marcil, Évelyne Rompré et Mario Saint-Amand • Assistance à la mise en scène et régie : Clémence Doray • Scénographie : Stéban Sanfaçon • Éclairages : Nicolas Ricard • Direction de production : Guy Côté • Direction technique : Isabelle Lapointe Mise en scène de Dominic Champagne dès le 19 novembre www.ivsd.org Nouvelle criolion du rapace libre 1945 rue Fullum, Montréal www.espacelibre.qc.ca Billetterie : (514) 521-4191 ARCHAMBAULT WWW AftCMAMRALITCA « Canada Council forth* Artt Contai I dot Arts du Canada ! L K I) K V O I R .L E S SAMEDI 17 ET DIMANCHE 1 S AOÛT 2002 F 4 THEATRE RENOUVEAU SUITE DE LA PAGE F 3 supérieurs, qui peuvent être transformées en salles de spectacle pour un public restreint.La politique d’Espace libre est alors •de défendre des choix esthétiques radicaux, de favoriser l’expérimentation et la recherche, le séjour plutôt que le passage, le choc artistique plutôt que la confirmation de valeurs reconnues».C’est ainsi qu’on aura vu notamment certaines productions des compagnies Hôtel Motel, Voies Obscures, The Other Theatre, le Pont Bridge, le Théâtre de la Nouvelle Lune, sans compter plusieurs spectacles à l’affiche du festival des 20 jours du théâtre à risque et du PTA.L’héritage de Gravel Jusqu’à son décès aussi précoce que foudroyant le 12 août 19%, au début de la cinquantaine, Robert Gravel était considéré comme le successeur évident de Ron-fard à la direction du NTE et comme son héritier artistique.Deux hommes, deux styles: d’un côté un érudit agrégé de grammaire et venu d’outre-Atlantique, pétri de grec ancien et de latin mais ouvert à la folie autant que fidèle à l'institution, d’un autre un enfant géant à l’humour dévastateur et amoureux des petites gens, sachant cultiver l’énorme popularité que lui ont conféré ses rôles à la télévision.L’ouverture des deux compères aux jeunes générations et Ipur influence sont considérables.A la fois très proche de Ronfard (dont il aurait pu être le fils), notamment par sa polyvalence, et très différent de lui, Gravel savait apprécier comme lui les classiques, sans cesser de s’interroger sur les fondements du théâtre.Les échanges entre les deux hommes ont atteint un sommet dans Tête à tête qu’ils ont créé et joué en mai 1994, où fiction et réalité échangeaient leurs billes dans un duo/duel fascinant.Toujours prêt à jouer sous la direction de Ronfard, Gravel ne s’est presque jamais produit sur d’autres scènes que celles du TEM/NTE, sauf à la LNI dont il était l’âme, ou alors, la plupart du temps, si c’est Ronfard qui l’y invitait.Ce fut le cas pour la Médée d’Euripide de Marie Cardinal, au TNM, où Gravel campa le rôle de Jason.Gravel parti pour d’autres cieux, Alexis Martin a pris la relève à la codirection artistique du NTE, fortement inspiré par ses deux aînés qu’il considère comme des maîtres.Comme Gravel, Martin est d’abord un fabuleux acteur, inclassable, même s’il a ensuite pris la plume pour s’inventer un style fort personnel, que l’on peut situer entre le réalisme au 7e degré et le burlesque, avec une touche de philosophie! Une pensée qui a fait des petits, et qui s’est affirmée au sein de la compagnie VOIR PAGE F5: RENOUVEAU Une entrevue avec Jean Asselin Un outil dans la cité Retour sur Omnibus, une aventure qui remonte à 1970 «La notion d’industrie culturelle et celle de rentabilité qui y est naturellement attachée enveniment beaucoup de choses car l’équation travail-argent n’est pas valable en recherche.» Propos clairs du co-créateur de la compagnie de création Omnibus.SOLANGE LÉVESQUE Toutes les activités de la compagnie de création Omnibus, fondée en 1970 par Denise Boulanger et Jean Asselin, ainsi que de son école de mime, fondée en 1977 par ces deux mêmes artistes, sont enfin regroupées à Espace libre, rue Fullum.Outre les deux fondateurs, la compagnie comprend Francine Alepin qui fut la première élève de l’école en 1977; Jacques Ixblanc s’est joint à eux en 80.En fait, la compagnie réside déjà à Espace libre depuis 1980, mais les bureaux et l’école se trouvaient toujours dans les vétustes locaux de la rue St-Dominique.L’année dernière, l’ex-caserne de pompiers qui abritait le Nouveau Théâtre Expérimental et la compagnie Omnibus a été confiée aux ouvriers qui l’ont agrandie et réaménagée en un espace de travail mieux équipé et beaucoup plus fonctionnel.Jean Asselin voit enfin un rêve se concrétiser; le dé ménagement s’effectuera sans heurt puisque les deux compagnies ont l’habitude de partager des lieux.«Cet espace rénové revêt un sens qui déborde de beaucoup mon rêve personnel.Espace libre devient un outil dans la cité; j'aime le qualifier d’outil citoyen».La ré novation est le fruit de sept années de lobbying et de travail acharné.Pour M.Asselin, il est évident qu’Espace libre ne pouvait exister ailleurs que dans la métropole, «le lieu idéal pour accueillir la recherche artistique; donc un lieu de parti-pris esthétiques radicaux qui ne riment pas toujours avec le succès».Jean Asselin rappelle que l’initiative de la cohabitation est venue du NTE dès 1978.«Vingt-quatre ans plus tard, la présence en un même lieu des deux compagnies résidentes, de l'accueil et de l'Ecole de mime suscitera une véritable synergie», il en a la conviction.«Nous jouissons d’une complémentarité extraordinaire, et nous nourrissons plusieurs objectifs communs.Nos affinités sont naturelles.1m rénovation du lieu par les gouvernements, donc par la société, vient accréditer l’idée de la recherche artistique; nous souhaitons qu’il soit un vivier, un bouillon de culture pour les créateurs.» Modus vivendi Omnibus ayant partagé un lieu de travail avec le NTE de nombreuses années, les deux compagnies en sont arrivées, au fil du temps, à un modus vivendi qui se traduit par des règles domestiques pratiques.«Ainsi, ceux qui terminent un spectacle vident la salle de ses gradins», explique Jean Asselin.«Tout notre équipement est mobile, cela fait partie de nos spécificités et nous incite à re- Quand l’occasion est rare, il ne faut pas la rater.Il y a un temps pour chaque chose et ces temps-ci, Espace libre pavoise.J’entends par là qu’on peut se féliciter.Et dire merci.Sans vergogne.Se féliciter.Pour avoir investi dans un tel équipement culturel, félicitations aux gouvernants de nos gouvernements.Par les temps qui courent, cette reconnaissance implicite de la recherche artistique dénote du jugement et de la vision, et mérite notre reconnaissance.Un merci aller-retour, mutuel, d’Espace libre, et du gouvernement, donc de la société.Que ceux qui seraient tentés de nous envier prennent conscience de l’extraordinaire somme de temps et de travail que des individus devenus citoyens ont mis, à titre privé et gracieusement, dans la conception et la maîtrise d’œuvre d’un équipement collectif.Le privilège de s’en servir va de pair avec la responsabilité de le servir.Grâce à cette rénovation, notre théâtre pourra durer plus longtemps, et dépasser ceux qui s’y trouvent momentanément.Malgré sa solidité et son confort nouveaux, souhaitons-lui tout de même de s’user vite matériellement, en proportion de sa vitalité artistique.Mais un gouvernement, ça ne se gouverne pas tout seul.Il y faut des fonctionnaires.C’est quand même heureux que certains, fonctionnaires, ar- considérer le rapport scène/salle à chaque fois.Autre règle: le public peut entrer par tous les côtés, ce qui implique un nouveau rapport avec l’accueil des spectateurs à chaque production.Aussi, la peinture de la salle est à charge de la troupe qui entre en salle».Espace libre ne sera pas seulement mieux conçu et équipé sur le plan technique, il sera également plus vaste.«On ne se trouvera pas pour autant dépaysé; la tour [qui servait autrefois aux pompiers pour sécher les tuyaux mouillés après les incendies] a été conservée et munie d’un escalier neuf qui permettra l’accès aux loges.Trois salles de répétition assureront leur autonomie aux deux troupes résidentes et à l’accueil».Jean Asselin est convaincu que l’arrivée sur les lieux d’un organisme pédagogique comme l’Ecole de mime va susciter un dynamisme original.«La troupe Omnibus mène une drôle de carrière», souligne-t-il, «un parcours en dents de scie, paradoxal, marqué par une recherche dramatique tous azimuts toujours liée au corps, le corps du théâtre.» Il remarque également, non sans signaler l’ironie de ce fait, que les plus grands succès d’Omnibus comme La Baronne et la Truie, La Cé-lestine et Le Précepteur ont souvent été des spectacles parlants.«Nous sommes fidèles à l’idée de recherche formelle depuis 22ans», affirme le cofondateur.«La notion d’industrie culturelle et celle de rentabilité qui y est naturellement attachée enveniment beaucoup de choses car l'équation travail-argent n’est pas valable en recherche.» Pavois listes, politiques, persistent parfois et fassent des choses en dépit de la démoralisation et du cynisme ambiant.Que le fait de fréquenter Espace libre et de vous y sentir chez vous récompense votre service public.Merci d’avoir défendu et piloté le projet au fil des ans, dans ce qui nous semblait souvent un labyrinthe.On ne se lasse pas d’admirer la volonté, l’intelligence, le talent qu’exige une telle réalisation de la part des centaines de personnes qui y participent, leur complexe coordination à la fois verticale et horizontale.Ce sont des professionnels de tant de domaines, trop nombreux pour être inventoriés ici, ce sont tous les métiers de la construction JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jean Asselin se prépare à occuper ses nouveaux locaux.Au conseil d’administration d’Espace libre siègent maintenant Jean Asselin, Jean-Pierre Ronfard, Marthe Bouliane (qui a coordonné le chantier), Anne-Marie Pro-vencher, directrice artistique qui succède à Diane Dubeau à la responsabilité de l’accueil (volet qui concerne les spectacles non produits par le NTE et par Omnibus, mais donnés à l’Espace libre) et Caroline Lussier, directrice administrative.Ce conseil composite préservera donc la mutuelle autonomie d'Espace libre et de ses troupes résidentes.Œuvre d’art Jean Asselin, directeur artistique d’Omnibus, est très fier de l’œuvre qui enrichira les lieux du nouvel Espace.Trois artistes se sont retrouvés au fil d’arrivée du ECOLE SUPÉRIEURE DE THÉÂTRE | Baccalauréat Maîtrise * Doctorat q1 Téléphone : (514) 987-4116 www.theatre.uqam.ca D PRIX ANNUEL D’EXCELLENCE Canadian Architect.2001 Lapointe Magne & Associes ARCHITECTES URBANISTES PROGRAMMATEURS 224 Place d'Youville*.Montréal/H2Y 264/849 6291 concours (le «1%»), aussi forts les uns que les autres: Monique Mongeau, Serge Clément et Guy Pellerin.Le comité de sélection composé de Jean-Pierre Ronfard, Jean Asselin, Marthe Bouliane, Diane Dubeau et de Michel La-pointe, l’architecte, a finalement choisi le projet de l’artiste Guy Pellerin, dont le travail sur la mémoire et la couleur est bien connu.Guy Pellerin décrit son projet comme «une œuvre qui sera installée sur les cinq niveaux du théâtre.Intitulée La couleur des lieux, l’œuvre consiste en 12 disques de bois ou tondos pendus à des tiges d’acier, peints et visibles des deux côtés, ce qui donne 24 surfaces correspondant à 24 lieux stratégiques liés au théâtre et à Montréal».Pour établir le choix des lieux dont l’œuvre évoque la couleur, l’artiste a rencontré les gens de la maison et commencé par établir une liste de lieux signifiants pour en retenir 24.On y trouve, par exemple, la couleur de la maison qu’a habitée Pauline Julien au carré St-Louis, celle de la maison natale de Rqbert Gravel et celle de l’actuelle Ecole de mime de la rue St-Dominique qui a vu passer plus de 3000 élèves depuis 25 ans.«Au-dessous de chaque tondo, un disque de métal précise la nature et l’adresse du lieu évoqué, l’année, le jour et l’heure où la photo a été prise», explique Guy Pellerin, «car comme on sait, les nuances varient beaucoup selon la lumière.» De la photo, l’artiste a retenu la couleur seule, de sorte que «La couleur des lieux» constitue une sorte de nuancier de la mémoire.qui ont conjugué leurs forces pour réaliser l’œuvre de l’architecte Michel Lapointe.Comme une belle petite pyramide à l’usage du vivant.11 n’y a pas de prix pour la beauté, particulièrement là où elle se fait rare.A titre de remerciements pour tout ce travail, on vous souhaite la fierté en guise de lauriers.Enfin félicitons-nous, nous qui personnalisons cette maison, Olga, Christian.Steffany, Mariane et, les «patrons», unanimement membres du conseil d’administration, et maîtres d’œuvre du magnifique théâtre que nous inaugurons ensemble.Par monts et par vaux, nous avons progressé au sens d’avancer, de changer.Certains ne sont plus du conseil d’adminis- tration initial qui commençait à promouvoir le projet, il y a de cela huit ans.Denise Boulanger a privilégié le jeu, l’enseignement et sa famille, des œuvres moins ingrates que de solliciter la participation du privé à une entreprise publique et artistique, au demeurant.Merci.Robert Gravel s’est absenté pour de bon, brusquement.Ce diable d’homme avait le tour de nous faire douter et, ce faisant, d’aiguillonner notre détermination.«Le veut-on, cet espace rénové?Est-il nécessaire?» Merci bien.Marthe Bouliane s’est ensuite jointe à Jean-Pierre et moi, çom-me à deux veufs esseulés.Etonnant! Toute la place que cette femme peut prendre notamment à la coordination du chantier avec un fin dosage de volontarisme et d’abnégation.Merci pour cet ouvrage qui, sans elle, n’aurait sûrement pas valu son pesant d’or.Une autre est passée: merci à Diane Dubeau pour sa gouverne, elle qui a donné un sens à l’accueil, la troisième patte, qui équilibre l’activité des deux compagnies résidentes.Une autre revient: Anne-Marie Provencher, fondatrice du théâtre en 1980, prend le relais de Diane à la direction artistique.Merci pour l’engagement indéfectible.Enfin, notre directrice administrative, Caroline Lussier collaborera désormais à y voir plus clair dans notre organisation.Unanime bienvenue! Sans aucun doute sur sa légitimité, sa fonction, sa nécessité, Espace libre s’incruste dans notre ville.Il y est unique.Pas seul, pas exemplaire, mais singulier.L’immense bête vivante qu’est une métropole comme Montréal s'alimente de singularités culturelles comme la nôtre.Par sa fidélité à sa fonction créatrice, notre théâtre est un trou noir dans la cité.Quant on y est, le temps devient relatif, élastique au gré de l’imagination.Comme ces étoiles invisibles et à haute densité qui attirent la matière, l’imaginaire s’y matérialise, et il y devient multiforme.BIENVENUE À TOUS! Jean Asselin GERPRO construction Inc.Merci au théâtre Espace libre de nous avoir donné l'opportunité de collaborer à la constrution de leurs nouveaux locaux.Félicitations à tous les artistes et artisans qui contribuent à notre vie culturelle.136 boulevard Industriel, Châtoauguay, Québec J6J 4Z2 • Tél.: (45Q) 692-1115 www.gerpro.com 1 LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE IS AOÛT 2002 5 JACQUES GRENIER LE DEVOIR Alexis Martin RENOUVEAU SUITE DE LA PAGE F 4 qu’Alexis Martin a fondée avec quelques amis, répondant au nom impossible de Groupement forestier du théâtre et dans laquelle il affirme pratiquer rien d’autre qu’un «artisanat flamboyant».Arrive le GTÉQ En 1995, un nouveau groupe connu sous le nom de Gr^nd Théâtre émotif du Québec (GTEQ) décrète quq l’année 1996 sera celle du Grand Ebranlement.Accueilli par le NTE pour donner à Espace libre une nouvelle création les trois premiers jours de chaque mois, créatiop préparée donc en un mois, le GTpQ joue avec les lettres du mot E-B-R-A-N-L-E-M-E-N-T et ouvre sa programmation, le 1er janvier, avec un spectacle conçu autour du mot «Eden».Suivront des pièces intitulées: Barbarie, Rien, Avril, etc.Le 1er septembre, c’est avec une émotion extraordinaire que la création du mois, préparée dans la peine et l’urgence en une quinzaine de jours, devient un vibrant hommage à Robert Gravel auquel prennent part des douzaines de com,édiens, habitués d’Espace libre.A partir de la lettre E, les artisans du GTEQ ont créé et présenté pendant les trois premiers jours du mois, comme ils s’y étaient engagés pour toute l’année, Exécution ou la mort du roi Trébor.H fallait une telle célébration pour dire adieu au doux géant d’Espace libre.Notons que c’est sur un texte écrit par Gravel et Alexis Martin que le GTEQ avait auparavant monté la pièce Nudité, présentée le 1" mai 1996.En fait, ce petit dialogue à quatre voix constitue la ' dernière œuvre théâtrale écrite par Robert Gravel.Les membres du GTEQ avaient demandé aux deux complices d’imaginer une pièce banale mettant en présence, dans une maison de banlieue, deux jeunes couples BCBG dont l’un rendait visite à l’autre.Seule particularité: sans qu’il n’y soit jamais fait allusion dans le texte, tous les personnages étaient nus, et le public aussi.Cette expérience unique dans le théâtre montréalais, qui s’est déroulée dans le plus grand calme et une simplicité exemplaire, consistait à voir si le nu pouvait être banal et naturel sur une scène, et si l’on pouvait le dissocier de toute connotation sexuelle ou choquante.Malheureusement, la pièce n’a été donnée que deux fois.L’Escouade de la moralité du Service de police, alertée par certains médias, a en effet menacé le NTE de sévir en cas de récidive, et les comédiens, solidaires avec la direction du NTE, ont préféré mener d’autres combats, plus artistiques à leurs yeux que celui du droit à la nudité.Espace libre est donc demeuré depuis plus de 20 ans ce pour quoi il a été mis au monde: Un lieu d’expérimentation, de recherche, d’essai, un laboratoire de la création, ouvert et stimulant Un lieu où Ton s’interroge en prenant des risques inconcevables dans les théâtres conventionnels aux rangées soigneusement alignées et au public d’abonnés.Un lieu où l’on peut réinventer le rapport salle-scène pour chaque spectacle, où l’on peut présenter autant une pièce sans comédien {Les objets parlent) qu’un classique (Le Cyclope, Autour de Phèdre), ou encore une_pièce à un seul personnage et pour spectateur unique {La Tour, d’Anne-Marie Provencher).Bref, un lieu où l’on peut secouer les conventions théâtrales, en connivence avec un public toujours prêt pour l’aventure.Un espace libre mais jamais vide, habité depuis six ans par le fantôme du roi Trébor.THEATRE Avant l’ouverture Genèse d’un nouveau lieu Les huit années d’une longue gestation Depuis sa fondation en 1979, Espace libre entend se déployer au gré des besoins intrinsèques des créations qui y sont présentées.Le nouvel espace de la rue Parthenais a été conçu dans cet esprit MADELEINE LEBLANC Trois troupes de théâtre de recherche — Carbone 14 (qui quitte en 1994 pour s’installer à l’Usine C), Omnibus et le Nouveau Théâtre Expérimental—for-maient au début le noyau dur d’une approche consacrée au renouvellement de l’art théâtral et à la création d’œuvres inédites.Ces troupes se sont mutuellement choisies par affinités artistiques.Elles font alors, pour concrétiser les choses, l’acquisition de l’ancienne caserne n° 19 sise au 2025 de la rue Parthenais.Les huit membres fondateurs (Jean Asselin, Denise Boulanger, Robert Claing, Danielle de Fontenay, Robert Gravel, Gilles Maheu, Anne-Marie Provencher et Jean-Pierre Ronfard) s’attellent alors à la transformation du poste de pompiers désaffecté en lieu de création et de diffusion.Vie et mort du Roi boiteux (4' et 5' parties) y a été présenté en novembre 1981, constituant la première production du Nouveau Théâtre Expérimental.Par la suite, on y a vu, entre autres, les productions de Carbone 14, d’Omni-bus et du NTE.Ces dernières années Espace libre a créé le volet accueil afin d’animer pleinement le lieu.Tel que précisé dans sa documentation, Espace libre invite, par cette initiative, des groupes ad hoc et des compagnies de création à se greffer à sa programmation.Sa volonté serait de défendre des choix esthétiques radicaux, de favoriser l’expérimentation et la recherche, le séjour plutôt que le passage, le choc artistique plutôt que la confirmation de valeurs reconnues.Lieu de rencontres, de débats esthétiques, de parti-pris artistiques, Espace libre ne s’en trouvait que plus à l’étroit, confiné dans un endroit charmant certes mais surtout vétuste et mal équipé.Il fallait donc revoir le tout, selon les principaux intéressés, surtout pour permettre aux tenants de la mouvance contemporaine du théâtre de Montréal de créer et de diffuser dans un lieu conforme aux besoins des artistes professionnels, pour fournir des services d’accueil adéquats aux spectateurs, et pour rendre possible aux deux compagnies résidentes fia NTE et la Compagnie de mime Omnibus) des activités administratives et de production dans un même édifice.11 fallait aussi prévoir y loger les espaces administratifs d’Espace libre (qui opère la salle) et fournir des services d’accueils aux groupes et troupes externes qui utilisent la salle.Rappelons qu’outre sa salle de spectacle et ses propres bureaux administratifs, Espace libre abrite les activités, les espaces de travail et de répétition de chacune des conjpagnies résidentes, ainsi que l’Ecole de mime Omnibus.La capacité de la salle de spectacle «à géométrie multiple» est restée d’un maximum de 254 places et variera encore selon la scénographie prévue et les nécessités du jeu.Revue pour chaque production, la configuration de l’espace se moule aux désirs des créateurs.PATRICK SAN FAÇON LE DEVOIR Un ouvrier met la dernière main aux travaux de rénovation d’Espace libre.Souplesse Pour Marthe Bouliane, coordonnatrice du projet et co-directrice du Nouveau Théâtre Expérimental, il était essentiel de respecter cette souplesse offerte aux artistes depuis les débuts.Afin d’être bien compris dans la nature de ses besoins, le groupe a rencontré cinq firmes d’architecture.Le choix s’est arrêté le plus naturellement du monde sur Lemoyne, Lapointe, Magne architectes, urbanistes et programmateurs, la cinquième et dernière compagnie rencontrée.«C’était essentiellement une question d’affinités.Ce cabinet a fait l’unanimité au conseil d’administration.Curieusement, dès le premier contact dans leurs bureaux, juste à voir comment eux-mêmes travaillaient et avaient conçu leur espace, on savait qu'ils comprendraient ce que l’on voulait; leur proposition nous en a par la suite convaincus» dit Marthe Bouliane.Ne présentant aucune expertise dans la conception d’espace théâtral comme tel, cet état de fait aurait joué, en quelque sorte, en faveur du groupe retenu.«C'était presque un critère a contrario, un choix qui nous garantissait la fraîcheur, l’originalité et une signature différente.» Oeuvrant surtout dans l’architecture institutionnelle, Lemoyne, Lapointe, Magne est loin d’en être à ses premières armes dans le réaménagement de bâtiments.Proche collaborateur de la Ville de Montréal, le groupe, qui a récemment remporté le concours de la nouvelle Ecole nationale de Cirque, est responsable de l’actuelle rénovation du chalet du Mont-Royal; on lui doit aussi notamment le bain Lévesque (sur le Plateau), le kiosque du Marché Atwater, une partie du Marché Bonsecours et l’ancienne Douane de Pointe-à-Callière.Si la nécessité de revoir les lieux se faisait de plus en plus criante — l’endroit étant devenu quasiment insalubre — les autorités n’en ont pas été moins lentes à réagir, études de faisabilité à l’appui ou non.«Tout ce long processus s’est étalé sur huit ans.Nous avons des boîtes de correspondance pour en attester.Trois ministres de la Culture et des Communications se sont entre temps succédé.C’était vraiment un travail de longue haleine et cela exigeait de ne pas perdre courage.Pour ce type d’entreprise, il vaut souvent mieux ne pas voir la somme des efforts exigés, sinon personne ne se lancerait.Cela dit, nous sommes évidemment très heureux des résultats», poursuit Mme Bouliane.Que les habitués et tenants purs et durs de cet endroit novateur soient rassurés.Espace libre n’entend pas sacrifier son âme, ni sa ligne de pensée, aux récentes formes acquises pour autant.«Fondamentalement, cela ne changera rien à notre approche.Le mode d'opération sera le même.Les gens avec qui nous travaillons n’en seront pas transformés.Mais cela devrait faciliter le travail des artistes, des concepteurs et des artisans.Le fait que nous soyons tous réunis pour la première fois sous un même toit devrait aussi provoquer de bons échanges.Nous sommes très contents de l’énergie qui se dégage de tout ce projet et nous avons bien hâte de procéder à l’inauguration.» La caserne de la rue Parthenais Le théâtre de Parchitecte Chaque nouvelle production pourra avoir un lieu qui lui soit propre L’ingéniosité déployée pour le réaménagement d’un nouvel Espace libre a déjà valu aux concepteurs un prix d’excellence de la part du Canadian Architect, qui soulignait ses mérites dans son numéro de décembre 2001.À la veille d’être dévoilé au grand jour, le théâtre Espace libre semble plus apte que jamais à agir comme lieu de diffusion d’œuvres d’avant-garde.L’infrastructure est en place.Les dernières retouches sont apportées.Les comédiens ont répété.Les invitations s’envolent.Mot de Cambronne! MADELEINE LEBLANC Il y a presque 100 ans, en juillet 1904, on inaugurait sur la rue Parthenais un poste de pompier réalisé par l’architecte Louis-Roch Montbriand.De facture beaux-arts, la caserne témoignait de la présence accrue d’une architecture publique conséquente.Consciente de l’enracinement de ce bâtiment dans la trame de l’évolution du Montréal bâti, la Ville a exigé que la réfection profonde de l’édifice conserve néanmoins certains reliquats incontournables, c’est-à-dire essentiellement ici la façade.Comme le souligne avec à-pro-pos le groupe LeMoyne Lapointe Magne, architectes, urbanistes, programmateurs, dans un document de travail, l’adéquation entre l’aménagement d’une caserne de pompiers du temps jadis et les impératifs des productions scénogra-phiques d’aujourd’hui s’avère à peu près inexistante.Le défi était donc considérable et le résultat n’en est que plus concluant Même espace, nouvelles fonctions Rappelons qu’au moment où Espace libre adopte en 1979 l’immeuble désaffecté (par bail emphytéotique), le lieu change alors de vocation sans qu’il n’y ait d’importantes modifications apportées.La salle principale s’accommodera de l’espace du garage, deux salles de répétitions occuperont le logement des pompiers à l’étage et les écuries logeront, tant bien que mal, l’accueil au public fies toilettes), les espaces techniques et les loges à l’étage.Ainsi, l’immeuble conserve une vocation civique et acquiert au cours des ans, un caractère d’institution publique.Ce gage de reconnaissance ne protège pas pour autant l’immeuble des affres du temps et son état de décrépitude avancée inquiète les occupants — le Nouveau Théâtre Expérimental et la Compagnie Omnibus — qui multiplient les demandes de soutien financier auprès des trois paliers de gouvernement Après plusieurs années d’effort, un budget de 4,8 millions de dollars est consenti, principalement par la Ville.La rénovation et l’agrandissement d’Espace libre seront donc rendus possibles.Comme l’explique le principal artisan du projet, l’architecte en chef Michel Lapointe, le projet d’agrandissement d’Espace libre se situe dans la continuité; l’édifice devait être ajusté aux besoins des usagers, et non l’inverse.«En fait, ça faisait partie de la commande d’obtenir un endroit permettant de dégager le maximum de flexibilité pour pouvoir à chaque pièce recommencer à zéro, et réinventer l’endroit d’une fois à l’autre.Le défi était quand même d’assurer un certain caractère à tout ça.On sait que ce qui est trop anonyme ou complètement flexible, ça ne fonctionne pas.On le voit avec Beaubmrg qui vient d’être complètement refait.» L’astuce, c’était donc de fournir un certain support architectural, mais suffisamment sobre et discret pour que ce soit véritablement le théâtre qui crée les lieux.«Il fallait conserver la façade de style beaux-arts et, comme c'est souvent le cas de ce type d’édifices, leur appartenance est marquée par la devanture, alors que l’arrière devient un simple bâtiment technique.Nous avons respecté ce principe, en conservant la façade comme telle.Pour ce qui est de l’architecture ancienne, la caserne de pompiers constitue finalement un espace strictement fonctionnel, une espèce de hangar, sauf que les camions sont remplacés par l'espace de jeu.Nous avons creusé un sous-sol complet pour apporter tout le support technique que nous ne pouvions pas placer à l’arrière, parce que le terrain n’était pas assez grand.Nous avons de plus ajouté un étage au-dessus, pour abriter des salles de répétition, et un autre pour les bureaux de l'administration», dit Michel Lapointe.Portes pour tous Cet impératif venait de la nécessité de satisfaire aux besoins des différentes compagnies (Omnibus, Nouveau Théâtre Expérimental et le Groupe d’Accueil) qui voulaient, malgré ce voisinage, garder une certaine autonomie et une délimitation propre de leurs espaces res-pectife.Comme les escaliers d’Espace libre faisaient déjà en quelque sorte partie de la vie de quartier, ils ont servi de fil conducteur.Ils ont tous été localisés le long de la rue perpendiculaire en porte-à-faux et enclos dans le rideau de verre.Il n’y a pas de cloisonnement rigide presque par principe, puisque sym- boliquement les usagers ont l’habitude de l’ordre des escaliers.Lui-même habitué des lieux, le maître d’œuvre tenait aussi à respecter cette façon non conventionnelle qu’a Espace libre d’accueillir ses hôtes.Tantôt par la rue Parthenais, parfois par la rue de côté, déjouant un brin les attentes.«Je trouvais fascinant de ne pas savoir par où on allait entrer selon le spectacle présenté.On a décidé de préserver cet aspect, ce qui fait que tout le mur de côté est lambrissé avec des portes — des vraies et des fausses — qui permettent à chacun des escaliers de communiquer avec la salle, créant ainsi un théâtre de portes permettant de faire les entrées et les sorties d’à peu près partout avec des trappes qui donnent accès au sous-sol, pour que le tout soit à la disposition de certaines mises en scène.» Ce clin d’œil post-moderne au lieu théâtral qui affiche sa fonction en consacrant un pan entier de sa structure à un énorme rideau de verre cloisonnant l’espace, et qui offre une transparence sur le paysage urbain, marque avec panache l’état des lieux.L’équilibre de la volumétrie qui se dégage de l’ensemble et la pertinence de la solution apportée, qui à la fois tient compte de l’environnement et réinvente l’espace pour mieux lui offrir de se métamorphoser, donne à penser que les occupants ont été compris.Ils resteront libres de disposer des lieux comme ils l’entendent.i Partenaire du rêve d’Espace Libre La Caisse d’économie Desjardins de la Culture est heureuse de'contribuer Cahiers de théâtre JEU LA REVUE QUÉBÉCOISE DU THÉÂTRE DOSSIERS ANALYSES ENTREVUES TÉMOIGNAGES PORTRAITS CRITIQUES 192 PAGES, 120 PHOTOS, 15$ 1 an (4 numéros) : 42 $ PLUS TAXES Renseignements et abonnements Cahiers de théâtre ]ev 460.rue Sainte-Catherine Ouest BUREAU 838.Montréal (Québec) H3B 1A7 V (514) 875-2549 £L (514) 875-8827 INF0@REVUEJEU.0RQ WWW.REVUEJEU.ORG à l’évolution de l’univers québécois de la Scène.I i^l Desjardins La Caisse d'économie Desjardins de la Culture UNE FORCE AU SERVICE DE LA CULTURE ET DE SES ARTISANS.f ; ï'^s : ;¦ DU 28 AOÛT AU 1" SEPTEMBRE 2002 **r D'Alexis Martin et Jean-1 production Nouveau ! DU 24 SEPTEMBRE AU 5 ( production Omnibus ?MISE EN SCÈNE < CONCEP1ION ET I I ~ % CONCEPTIO Francine Alepin DU 7 AU 9 OCTOBRE 2002 production Teatro Lfnea de l mise EN scène Jorge Arturo Vargas DU 10 AU 12 OCTOBRE 2002 production Théâtre du mouvement (France) conception et mise en scène IVes Marc OU 15 AU 19 OCTOBRE roduction Omnibus, Théâtre du ent, Teatro Lfnea de Sombra miSE d'œuvre Francine Alepin 2 OCTOBRE AU 2 NOVEMBRE 2002 Daniel Brière et Evelyne de la Chenelière duction Nouveau Théâtre Expérimental DÈS LE 19 NOVEMBRE 2002 mise en scène Dominic Champagne production Théâtre il va sans dire DU 141ANVIER AU 8 FÉVRIER 2003 de Josette Trépanier mise en scène Diane Dubeau production Nouveau Théâtre Expérimental .OU 12 FÉVRIER AU 2 MARS 2003 conception et mise en scène José Babin production Théâtre Incliné DU 4 AU 15 MARS 2003 production Association Québ des Auteurs Dramatiques DU 25 MARS AU 26 AVRIL 2003 D'Alexis Martin production Nouveau Théâtre Expérimental DU 8 AU 31 MAI 2003 production Omnibus EN SALLE DE RÉPÉTITION DU 10 AU 14 SEPTEMBRE 2002 de François Marquis production Nouveau Théâtre Expérimental LES 29-30 NOVEMBRE ET 1u DÉCEMBRE 2002 coproduction CEAD et Espace Libre en collaboration avec Office franco-québécois pour la jeunesse DU 11 AU 22 FÉVRIER 2003 de François Marquis production Nouveau Théâtre Expérimental DU 2B AVRIL AU 9 MAI 2003 A 7H30 (AM!) DE Jean-Pierre Ronfard et Robert Gravel .production Nouveau Théâtre Expérimental 1 fttï-il mgxmg ¦ ¦ >: ¦H-jpsJsa Jjb/a ujj a/i fjïnm Ja üàîiüüï'ig'i ai,ü ispaca i H t’?israpsn 2002-2003 coulées de béton, „.ès réalités dè la construction, onne place au théâtre ! fïs'ffi* éÈMÊÊSl mm ’ ÿ: SÔ '.„ ÿ, V è ,."rv 1 ¦1 ’ mu r 1 ».-, .reii: : ' , ms w ,4 iXV mm MSi ;*i’ î ¦ WMb; ‘'4 ~ xÊÊfma -M.wM w 'V K \JK.WT- li è x "i msm ' , » 1 iiSl .s«i MWriFMTitr l 'i" 3 v » ^ i KVNIBUS ¦“i.f.»t, ,1 ! www.mimeomnibus.qc.co - ’'¦«MP ntc.qc.ca espace libre 1945 Fullum, Montréal H2K 3N3 theatreOespacelibre.qc.ca www.espacelibre.qc.ca Billetterie : [514] 521-4191 Québec! • Culture et Communication» » Conseil itet art» et de» lettre» CanadSt Québec S3 Ville de Montréal LE DEVOIR I 1
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