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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2002-08-19, Collections de BAnQ.

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CR AGO VIE Jean-Paul II évoque sa mort devant plus de deux millions de Polonais Page A 3 sraeli Palesiinia oalitii PROCHE-ORIENT Israël se retirera par étapes de Gaza et de Bethléem Page A 5 www.ledevoir c o m ?LE DEVOIR V 0 L .X C M I N 0 1 8 6 ?LE LUNDI 19 AOÛT 2002 8 7c + T A X E S I $ Coupe Rogers AT&T Mauresmo n’en espérait pas tant En finale, elle a su vaincre le vent, la chaleur.et Capriati VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Amélie Mauresmo.Tel est le nom qui sera gravé sur la Coupe Rogers AT&T 2002.Efficace du début à la fin de son match, la Française a dominé de belle façon l’Américaine Jennifer Capriati en deux sets de 64 et 61 hier après-midi à Montréal.«Présentement, chu ben heureuse d’avoir gagné», a lancé de son meilleur accent québécois Amélie Mauresmo à la foule.Sur la galerie de la presse, on a raconté que, samedi après-midi, après sa victoire en demi-finale, elle avait eu droit à un petit cours accéléré d’expressions québécoises.«J’ai crissement bien joué», avait-elle alors conclu.La dixième joueuse au classement signe ainsi sa deuxième victoire de Tannée sur le circuit Sanex WTA En février dernier, elle avait guigné un tournoi de moindre envergure à Dubai, aux Emirats arabes unis VOIR PAGE A 8: MAURES.MO HORS-JEU Brûle encore Rien de tel pour amorcer une journée de grosse finale qu’un peu de poésie.Toute cette pression, n’est-ce pas, et l’obligation d’être au bon endroit lorsque l’occasion passe d’être saisie au bon moment, faut mettre ça en perspective.Or ça tombait rudement bien puisque, juste avant le match, sur la scène Tennis Canada jouxtant le stade du Maurier à Test et la Promenade du sportif à l’ouest — en fait, c’est légèrement sud-est et nord-ouest, mais ça n’a pas une importance folle compte tenu de la profondeur du propos —, il y avait, joie, Pierrot Fournier en spectacle gratis (pour peu qu’on fût déjà entré sur les lieux, ce qui n’était pas gratuit sauf pour les journalistes qui ont toujours tout sans payer mais ne sont jamais contents de rien).Pierrot Fournier qui chante Brel depuis tant d’années avec tant de justesse et d’élégance, qu’on dirait pratiquement un clone.Et il y avait des signes.Quand il a entonné Voir un ami pleurer, il s’est mis à mouillasser.Ç’a tombé légèrement plus dru et les nuages noirs se sont empilés VOIR PAGE A 8: ENCORE Jean Dion ?PATRICK SAN FAÇON LE DEVOIR La Française Amélie Mauresmo a inscrit son nom hier sur la Coupe Rogers AT&T après sa victoire en deux manches contre l’Américaine Jennifer Capriati.Caucus libéral 94 députés sur 170 appuient Chrétien Léquipe Chrétien publie une liste dans un geste de dernière minute MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA \ A la veille d’une réunion du caucus national libéral qui s’annonce houleuse, deux ministres et trois députés ont, à la dernière minute hier, convoqué la presse pour rendre publique une liste de 94 députés libéraux ayant promis d'appuyer le premier ministre Jean Chrétien lors du vote de révision du leadership de février prochain.Malgré les allures improvisées de l’opération, ils ont nié faire un geste désespéré ou agir sous le coup de la panique afin de modifier l’impression négative laissée par un sondage dévastateur publié vendredi dernier.«Ce n’est ni à la dernière minute ni quoi que ce soit.C’est le moment propice de faire cette intervention, d’indiquer cet appui considérable à l’endroit du premier ministre.Le faisant quelques jours avant le caucus, nous voulons [faire en sorte] que le caucus se concentre sur tous les dossiers importants pour les Canadiens», a soutenu le leader parlementaire Don Boudria.«C’est pour faire en sorte que le caucus soit, comme il se doit, [.] une session de travail», a renchéri le ministre de la Justice, Martin Cauchon, qui a retardé son départ pour Saguenay pour être là.«Nous sommes ici justement pour éviter que le caucus passe trop de temps à parler de leadership», a ajouté le député Mac Harb, qui était accompagné des députés Dominic Leblanc et Bonnie Brown.VOIR PAGE A 8: DÉPUTÉS Lire aussi en page A 3 ¦ Paul Martin garde ses réflexions pour le caucus de Saguenay Projet d’accord de 40 milliards entre Moscou et Bagdad Ce ne sont pas les actuelles menaces d’invasion de l’Irak qui convaincront Moscou de ne pas coopérer avec Bagdad.La Russie a en effet confirmé hier qu’elle signerait un accord de coopération économique et commercial de 40 milliards de dollars avec l’Irak que George W.Bush accuse de faire partie avec l’Iran et la Corée du Nord, de T«axe du mal» en quête d’armes de destruction massive.Le président américain est d’ailleurs de plus en contesté en ce qui a trait au bien-fondé d’une intervention en Irak.Ces interrogations ne viennent plus uniquement de ses alliés européens, mais du sein même du camp républicain.Enfin, même Hans Blix, le chef des inspecteurs de TONU en désarmement, croit que son équipe espère véritablement pouvoir contribuer à une «solution non militaire» à la crise actuelle.¦ À lire en page A 5 ¦ L’éditorial de Serge Truffaut, page A 6 REUTERS INDEX Annonces.B 5 Actualités.A 2 Avis publics.B 6 Convergence.B 7 Culture.B 8 Économie.B 1 Éditorial .A 6 Fonds.B 2 Idées.A 7 Monde.A 5 Montréal.A4 Mots croisés.B 5 Météo.B5 Religions .B 6 Sports.B 4 Télévision.B 8 Sondage Environics-Focus LE MOT DE L’ACADÉMIE L’Ouest plus ouvert au scrutin proportionnel C’est au Québec que l’idée plaît le moins QUEL SYSTÈME ÉLECTORAL LES CANADIENS PRÉFÈRENMLS ?Représentation Canada Québec Ontario Alberta Colombie- Britannique proportionnelle 34% 30% 34% 39% 43% Système actuel 33% 48% 30% 21 % 22 % Vote préférentiel 25% 27% 30% S 26% Autre 1 % * 1 % - 1 % Aucun 1 % 2% 1 %iH * NSP/PR 7% 2% 8% 10% 7 % Sonda je Enmnics/Focus Cinada FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Coup de sonde.Alors que le gouvernement du Québec se prépare à lancer ses Etats généraux sur la réforme des institutions démocratiques, un nouveau sondage réalisé par Environics/Focus pour le compte de l'Association d’études canadiennes, dont Le Devoir a obtenu copie, vient donner aujourd'hui un nouvel éclairage sur l’opinion de l’ensemble des Canadiens à l’égard d’une éventuelle modification du mode de scrutin électoral.Avec deux tendances: à l’est du pays, l’heure est au statu quo alors qu’à l’autre bout du Canada la représentation proportionnelle fait visiblement fureur.Un portrait qui est loin toutefois de séduire Jean-Pierre Char-bonneau, ministre responsable au Québec de la réforme électorale.Réalisé entre le 25 juin et le 16 juillet dernier auprès de 2002 Canadiens — et Canadiennes — ce sondage révèle qu’à l’échelle nationale, l’opinion publique est plutôt mitigée quant au système de vote qui pourrait être «le meilleur pour le Canada».À cette question, 34 % des répondants avouent une préférence pour la représentation proportionnelle, 33 % pour le mode de scrutin actuel — uninominal à un tour — et 25 % pour le vote préférentiel.Voilà pour le portrait d’un océan à l’autre.Régionalement toutefois, la polarisation des points de vue est beaucoup plus évidente.En substance, les provinces de l’Est, dont le Québec et l’Ontario, adhèrent majoritairement au mode de scrutin actuel aux dépens des deux autres présentés.«Ironiquement, les Qué- bécois démontrent le plus haut niveau de soutien à notre système présent avec 48 % des répondants, commente Jack Jedwad, directeur général de l’Association d’études canadiennes.C'est étonnant quand on sait que le Québec prend depuis des années de l’avance dans le débat sur la réforme électorale.» Autre région, autre tendance: l’Alberta et la Colombie-Britannique se montrent pour leur part davantage versées dans la représentation proportionnelle VOIR PAGE A 8: SCRUTIN Réconciliation La reconnaissance et l’acceptation de l’égalité sont le fondement de la réconciliation.Quand l’adversaire tenu pour l’agresseur d’hier et la victime ou le spolié, se retrouvent face à face, ils se regardent sans se reconnaître.Puis, ils décident de se parler.En présence l’un de l’autre, Us ne sont plus des deux côtés de la barrière de haine et d’hostilité, ils s’abordent comme des égaux.Mais, pour en arriver là, il a fallu que le dominateur ait abandonné toute tentative de profiter de sa force, car la réconciliation peut aussi être une pernicieuse mystification, un hypocrite équilibre de forces pouvant, à tout moment, se briser et ouvrir de Naïm nouveau la porte aux hostilités.Kattan La réconciliation se bâtit aussi ?' par une ouverture sur l'avenir.Le passé ne disparaît pas d'un coup de baguette magique, mais la colère et la souffrance peuvent être sinon oubliées, du moins surmontées, même si elles laissent des traces.Dans ce cas, l’oubli est le grand réparateur, mais il ne peut pas être imposé.1a réparation est la première exigence de la réconciliation.De part et d’autre, car le partage des responsabilités peut être complexe, mais ne revient pas à un état antérieur d’harmonie, de collaboration ou d’indifférence.La connaissance de l’autre n'est pas garante de compréhension et d’amitié.Elle peut, au contraire, faire naître hostilité et relus.1a réconciliation commence par l'acceptation de l’altérité.H n’est pas nécessaire, pour l’accepter, de céder à un désir d’unité, voire de fusion, mais d’admettre la distance, afin d’empêcher tout heurt que suscite la présomption de ressemblance.VOIR PAGE A 8.RÉCONCILIATION L K DEVOIR, LE LUNDI 19 AOÛT 2 0 0 2 A 2 •LES ACTUALITES- Fête des enfants au parc Maisonneuve Cérémonies du 60e anniversaire du raid de Dieppe Une virée d’enfer ?PATRICK SANFAÇON LE DEVOIR Les jeux gonflables ont encore une fois volé le spectacle à la Fête des enfants de Montréal qui se tenait toute la fin de semaine au parc Maisonneuve.En dépit de la chaleur accablante, près de 150 000 petits et grands ont participé à l’événement.KAKINE FORTIN LE DEVOIR La Fête des enfants au parc Maisonneuve a encore une fois été «couronnée de succès», selon la Ville de Montréal.Mais pour plusieurs parents, la chaleur accablante a transformé ce qui devait être une journée rêvée en virée d’enfer.Depuis quatre ans, la municipalité s’efforce d’offrir une expérience estivale mémorable aux enfants de moins de treize ans vivant sur son territoire.Cet été, pour la première fois, les célébrations s’étalaient sur deux journées complètes.Selon les organisateurs, plus de 150 000 personnes ont consacré quelques heures de leur fin de semaine à déambuler sur le site d’un kilomètre carré ou à visiter le Jardin botanique, l’Insectarium et le Biodôme, dont l’accès était gratuit pour l'occasion.Pin milieu d’après-midi, hier, la foule était cependant plutôt clairsemée à la fête, la chaleur intense en ayant sans doute poussé quelques-uns à écourter leur sortie.Trois tentes diffusant une petite bruine avaient pourtant été installées spécialement pour rafraîchir petits et grands.Malheureusement pour suffire à la tâche, il aurait fallu transformer le stade en piscine hors-terre, quitte à y faire flotter les immenses jeux gonflables qui fascinent tant les enfants.Dans l’Aéroparc, les files d'attente en plein soleil étaient interminables pour des attractions aussi hautes en couleur que les anneaux dansants, le crocodile, de 45 m de long, et le pont suspendu.Mais vers 15h, même le saxophoniste sur ses échasses et les clowns semblaient avoir hâte de rentrer chez eux.Le maquillage un peu dégoulinant, le pas hésitant, le sourire faible, ils dépensaient néanmoins des trésors d’énergie pour divertir les jeunes téméraires de tous âges qui s’obstinaient à rêver de 15 secondes de plaisir, d’une pirouette ou de la voltige tant espérée.Bien campées à l’ombre, en bordure du coin des petits, trois grands-mamans bénévoles surveillaient une luxueuse poussette et son passager: un bambin d’à peu près 18 mois, qui dormait à poings fermés depuis une bonne heure.«Il y avait plus de monde hier.Les files étaient deux fois plus longues», confiait l’une d’entre elles.Mince réconfort.Pour les impatients et ceux que l’été tait suer, la Fête avait toutefois bien autre chose à offrir que des activités sportives.Des dizaines d’organismes communautaires et culturels proposaient des ateliers nécessitant moins de mouvement: maquillage, fabrication de masques, de vire-vents ou de monstres, artisanat philippin, amé- rindien, malgache, haïtien.Les familles avides d’ombre pouvaient aussi se rabattre sur d'amusants spectacles sous le chapiteau.Sur le chemin du retour, la plupart des enfants semblaient très heureux de leur journée aux frais des contribuables et des commanditaires.En dépit des éléments et de l’air hébété de leurs parents, quelques-uns énuméraient même d’extraordinaires raisons de mainte nir l’événement «Parce qu’on peut voir des vraies motos de police», «parce que c'est différent» et surtout «parce qu’on peut manger des Popsicles».Les vétérans canadiens sont accueillis en héros ASSOCIATED PRESS Dieppe — Avant les cérémonies commémoratives du 60' anniversaire du raid du 19 août 1942 qui auront lieu aujourd’hui à Dieppe, en France, les milliers de personnes présentes hier dans la cité normande ont pu rencontrer des vétérans et assister à un meeting aérien bien décevant.Le passage éclair de la Patrouille de France hier en milieu d’après-midi dans le ciel de Dieppe a laissé un goût amer dans le public pourtant nombreux sur le front de mer.«J’ai fait plus de 200 km pour si peu de temps», lance en colère ce père de famille installé depuis le début d’après-midi.Les Alphajet n’ont en effet effectué qu’une courte apparition — vingt minutes — en raison d’un ciel grisâtre alors que, quelques minutes auparavant, seuls un Spitfire MKv, puis un Bristol Blenheim, venus tout droit de Duxford (Angleterre) avaient paradé dans le ciel, ne perturbant même pas le territoire des mouettes.Mais les milliers de personnes présentes ont tout de même rendu un bel hommage aux Canadiens, allant vers eux pour saluer ceux qui se promenaient ou qui se recueillaient près de la plage.Car c’est bien sur le terrain du devoir de mémoire qu’est placé ce 60e anniversaire.«Les vétérans présents cette année n’auront en effet plus guère l’occasion de venir», explique Pierre Hamel, premier adjoint à la mairie de Dieppe.C'est le cas de Brucce Carnali, 91 ans, et qui sera présent aujourd’hui lors des cérémonies officielles.Il est le doyen des 300 anciens combattants canadiens encore en vie.Alors, et pour ces journées placées sous le signe du recueillement, toute la ville s’est mise au diapason, avec un pavoisement général.La feuille d’érable, sym- bole du drapeau canadien, flotte partout dans les airs dieppois, que ce soit sur les fenêtres ou les vitrines.«Les soldats canadiens ont payé un lourd tribut lors de ce raid manqué du 19 août 1942», raconte le premier adjoint de la ville.En effet, 907 figurent parmi les 1380 tués de l’opération Jubilee.Chaque nom est d’ailleurs inscrit sur un mémorial, actuellement et provisoirement installé au petit théâtre de Dieppe.Des 4963 Canadiens qui se sont embarqués pour l’exécution de cette opération, seulement 2210 sont revenus en Angleterre, et beaucoup de ces derniers avaient été blessés.Ce matin, emmenée par Rey Pagtakhan, le ministre des Anciens combattants, John McCal-lum, ministre de la Défense, et Raymond Chrétien, l’ambassadeur en France, la délégation canadienne devait être forte d’environ 130 personnes, essentiellement des vétérans.L’utilisation d’Internet stagne au Canada (PC) — Le nombre d’utilisateurs canadiens d’Internet a stagné en 2002, demeurant le même que l’année précédente.Il y a toujours 60 % de la population qui sont des adeptes d’Internet.Ce faisant, les Canadiens ont glissé du troisième au quatrième rang des plus grands utilisateurs d’Internet au monde, au cours des 12 derniers mois.Le Canada vient maintenant derrière les Pays-Bas (61 %), les Etats-Unis (62 %) et le Danemark (63 %).Ces données proviennent d’une étude effectuée dans 37 pays auprès de 42 000 personnes par la firme Taylor Nelson Sofres Interactive.La firme Léger Marketing s’est occupée de la portion canadienne en menant 1500 interviews téléphoniques auprès EN BREF d’autant de Canadiens parlant ou français ou anglais.Toujours au Canada, l’endroit où l’usage d’Internet est le plus fréquent est à la maison (50 %) suivi du bureau (25 %), de l’école ou de l’université (5 %), de divers endroits tels les cafés et les bibliothèques (6 %) et le cellulaire (2 %).Par ailleurs, sur la popularité du commerce en ligne dans les 37 pays faisant l’objet de l’étude, le pondage montre que c’est aux Etats-Unis où l’on retrouve la plus forte proportion de gens qui ont eu recours au commerce en ligne (32 % des utilisateurs d’Internet ont emprunté cette avenue pour acheter de la marchandise ou des services au cours du dernier mois).Et tandis que la proportion moyenne mesurée dans les 37 pays s’établit à 15 %, les Canadiens pour leur part arrivent au 11'- rang avec 16 %.La marge d’erreur de la portion canadienne du sondage est de plus ou moins 1,8 %, 19 fois sur 20.Amtrak remet en service ses Acela Express (AP) — Les Acela Express d’Am-trak reprennent du service plus tôt que prévu, neuf de ces trains à grande vitesse devant être à nouveau opérationnels dès aujourd’hui, a fait savoir le transporteur américain.Les trains, pouvant atteindre une vitesse de 240 km/h, assureront 30 départs depuis Washington, New York et Boston.Le nombre des liaisons est habituellement de 50 par jour.Amtrak avait tout d’abord annoncé que ses trains à grande vitesse reprendraient du service demain, au plus tôt Les 18 Acela Express d’Amtrak ont été retirés de la circulation pendant la majeure partie de la semaine dernière, après que des inspecteurs eurent découvert des fissures sous plusieurs locomotives, fournies par la société Bombardier.Débarquement de Dieppe Le Québec se souvient Le 19 août 1942, un contingent de troupes alliées débarque à Dieppe.Les pertes furent lourdes à la suite d'une bataille qui a marqué nos mémoires.Le Québec se souvient des soldats morts au combat et rend hommage à leur bravoure et à leur courage Québec ’'V f ' Y 1 \ f 4 I .' ACTUALITES Pique-nique dans le fief de l’aspirant premier ministre Paul Martin garde ses réflexions pour le caucus de Saguenay Eppsps PATRICK SANFAÇON LE DEVOIR Malgré une courte averse, l’esprit était à la fête hier, sur le boulevard LaSalle où les partisans de Paul Martin avaient organisé pour lui un déjeuner sur l’herbe avec hot-dog et blé d’Inde.FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Sibyllin.À deux jours de l’ouverture du caucus libéral à Saguenay, Paul Martin persistait hier à se tenir loin, publiquement du moins, des questions entourant sa campagne à la direction du Parti libéral du Canada tout comme des prises de position de ses collègues députés à ce sujet Mais l’ancien ministre des Finances et aspirant premier ministre reconnaissait toutefois que la grande réunion de la famille libérale qui débute demain dans l’arrondissement Chicoutimi va être l’occasion de «discuter de l’avenir du parti», a-t-il déclaré lors d'un pique-nique organisé (jans son fief de LaSalle-Ville Emard hier matin.L’esprit était davantage à la fête plutôt qu’à l’herméneutique des guerres de pouvoir et autres questions existentielles, hier, sur le boulevard LaSalle où les partisans de Paul Martin avaient organisé pour lui un déjeuner sur l’herbe et au bord de l’eau avec hot-dog et blé d’Inde.En principe.Car les journa- listes, ayant répondu en grand nombre à l’invitation pour témoigner de cette rencontre amicale entre un politicien et ses électeurs, en voulaient visiblement plus.Interrogé lors d’un bref point de presse sur les tensions qui s’accentuent depuis quelques jours autour du leadership du Parti Libéral, M.Martin a toutefois préféré esquiver les questions, précisant laconiquement que le caucus à venir va permettre aux députés de «parler politique».«C’est important pour le pays de parler des problèmes et des possibilités que nous avons au Canada, a-t-il déclaré.Mais il est important aussi de parler de la direction de notre pays et des étapes qu’on doit franchir.C’est un caucus important.Les députés ont leur mot à dire quand on parle de la direction de leur pays.» Le député de LaSalle-Emard, actuellement en «consultation» dans tout le pays, est également resté tout aussi obscur à propos de la lettre d’appui que fait signer depuis quelques jours le clan Chrétien à ses députés prétextant que personne ne lui en avait parlé.«Je n’ai pas vu cette lettre», a-t-il dit Même mutisme quant à la demande faite en fin de semaine dernière par la députée de Louis-Hébert Hélène Scherrer, à Jean Chrétien d’annoncer son départ avant le début du caucus des députés.«Les députés ont le droit d’exprimer leur opinion.J’ai toujours cru qu’il /aillait plus de démocratie dans le Parlement.Les députés ont le droit de parier», a commenté M.Martin entre deux séances de photographie avec des partisans venus à sa rencontre hier matin.«Plus populaire que le pape!» Et ils étaient nombreux, hier au parc des Rapides, tantôt enjoués tantôt émus au contact de «celui qui va devenir le prochain premier ministre du pays», croit Francesca Pizzi, une habitante du coin.Dans ses mains: trois photos d’identité que la septuagénaire a demandé, la larme à l’œil, à Paul Martin de signer, sous le commentaire amusé d’un autre participant au pique-nique: «Mon dieu! Cet homme est plus populaire que le pape!» «Je voulais ce souvenir.Ce sont les photos de mon mari, de mes petits-enfants et d’un de mes cousins qui vit en Italie et à qui je vais envoyer la photo autographiée par Paul Martin comme cadeau», a expliqué Mme Pizzi en souriant de bonheur.Quelques tables plus loin, un stand avait été installé afin de «répondre» aux personnes désirant devenir membres du Parti Libéral.Heureux, Ovila Gallant, Casque bleu à Chypre en 1969, l’était tout autant Et comment! Il était venu à LaSalle dans l’espoir que Paul Martin accroche au revers de son veston la médaille du «Service de la paix» obtenue il y a quelques années pour service rendu à la nation.Avec succès.Le député en campagne ayant accepté de se prêter au jeu de la formalité symbolique lors d’une cérémonie rapide et improvisée dans un recoin de la grande tente blanche montée pour l’occasion avec poignée de main et félicitations de circonstance.Après LaSalle et ses multiples séances de photographie, ses sourires et ses interminables poignées de main, Paul Martin devait poursuivre ses «consultations» du dimanche en direction de Toronto.Avec au programme: la célébration du jour de l’indépendance du Pakistan, celles du jour de l’indépendance de l’Inde, une réunion organisée par la chambre de commerce des Philippines et un concert de musique à la St.Nicholas Greek Orthodox Church de Scarborough.Le pape Jean-Paul II sur les traces de Karol Wojtyla Entre deux et trois millions de personnes ont assisté à la messe célébrée par le souverain pontife à Cracovie STANISLAW WASZAK AGENCE FRANCE-PRESSE Cracovie — Jean-Paul II a poursuivi hier son retour vers le passé à Cracovie, ville du sud de la Pologne où il a passé la majeure partie de sa vie, après avoir célébré une messe empreinte d’une extraordinaire émotion devant une foule évaluée entre deux et trois millions de fidèles.Dans la soirée, le souverain pontife, âgé de 82 ans, a demandé à ses anciens paroissiens de Cracovie de prier pour «le pape du temps de sa vie et après sa mort» devant l’église Saint Florian, où il avait été vicaire à la fin des années quarante.«Je suis ému d’être là», a dit le pape qui s’est arrêté en papamo-bile devant cette église, sur le chemin entre la cathédrale de Wawel et le cimetière Rakowicki où sont enterrés ses parents, dans l’ancienne capitale royale polonaise où il a vécu la majeure partie de sa vie.Affaibli pai; l’âge et la maladie, le chef de l’Église catholique a adressé sa demande émouvante après avoir longuement prié en solitude à la cathédrale de Wawel devant les reliques du Saint Stanislas, patron de la Pologne.Au cimetière Rakowicki, il n’a pu s'agenouiller devant les restes de son père Karol, un ancien officier de l’armée austro-hongroise et de l’armée polonaise décédé en 1941, sa mère Emilia décédée en 1929 quand le pape avait à peine neuf ans et son frère médecin Edmund, mort à 29 ans.Le pape y a fait une prière sans descendre de sa papamobile.Mise en garde Lors de la grand-messe du matin, Jean-Paul II a mis en garde l’humanité contre «les dangers jamais connus jusqu’à présent» que le troisième millénaire semble annoncer à côté de «nouvelles perspectives de développement», dans l’homélie de sa plus grande messe dans son pays natal, retransmise en direct par la télévision publique polonaise.Le pape a exhorté les Polonais à défendre la liberté nationale empreinte de la marque du Christ.Il s’en est pris à la «propagande bruyante de libéralisme, de liberté sans vérité et sans responsabilité [qui] s’intensifie également dans notre pays».Jean-Paul II a également insisté sur les valeurs de la famille et condamné à nouveau l’euthanasie dans cette démarche de l’homme «qui prétend décider, grâce à des manipulations génétiques, de la vie de l'homme et fixer les limites de la mort».À la fin de la messe, le pape a eu un court échange avec la foule qui lui disait: «Reste avec nous, reste.» «Vous essayez de me convaincre de déserter Rome?», REUTERS * ¦¦ I WBBSm Au cimetière Rakowicki, Jean-Paul II a fait une prière sans pouvoir descendre de sa papamobile devant la tombe de son père Karol et de sa mère Emilia.leur a demandé sur un ton de plaisanterie le Saint-Père, en se référant aux rumeurs — démenties — sur une annonce de sa démission à l’occasion de son voyage en Pologne.Le souverain pontife s’est accordé à l’occasion de cette messe un long bain de foule d’une demi-heure, circulant en papamobile parmi ses anciennes et nouvelles ouailles de Cracovie, dont il a été archevêque avant de devenir pape.Retrouvailles Depuis son arrivée sur sa terre natale vendredi, Jean-Paul II a pris plaisir à des références publiques à sa vie, notamment «à ses 23 ans de plus» depuis son élection au Saint-Siège de Rome en 1978.11 a également choisi de parcourir et de consacrer les lieux directement liés aux 40 années qu’il a vécues à Cracovie.Il y a consacré samedi une basilique dédiée au culte de la Divine Miséricorde dans la banlieue de Lagiewniki, où le jeune Karol Wojtyla passait tous les jours quand il travaillait dans les anciennes usines chimiques Solvay toutes proches, durant l'occupation nazie.Lors de ses traversées de Cracovie à bord de la papamobile, le pape s’est arrêté samedi devant la maison qu’il avait habitée de 1938 à 1944, et devant l’église Saint-Stanislas où il avait prié pour sa vocation.Aujourd’hui, le pape ira à Kal-waria Zebrzydowska, un haut lieu de culte marial en Pologne, qu’il avait connu grâce à son père et où il avait pris l’habitude de se rendre souvent du temps où il était simple prêtre, puis évêque et cardinal.Si la météorologie et sa santé fragile le permettent, le pape a souhaité, en guise d’adieu ou d’au-revoir à sa terre natale, survoler en hélicoptère Wadowice et les Tatras, ses montagnes préférées.LOTO ou i m c "îwUOiiwT Tirage du 2002-08-17 14 2Q 22 4143 43 Complémentaire: m) Tirage du 2002-08-17 1Z 2Q 31 32 41 49 Complémentaire: 01) SUPER Tirage du 2002-08-16 1113 16 lâ 21 4Ê 4Z Complémentaire: (01) Venlos totales: 46 4SI 430 $ Prochain gros lot: 2 500 000 $ EQtra NUMÉRO 108745 Tirage du 2002-08-16 LOT 100 000$ Résultats TVA.le réseau des tirages GAGNANTS LOTS 6/6 1 2 000 000,00 $ 5/6+ 6 93 502,40 $ 5/6 142 3 160,60 $ 4/6 8 711 98,70 $ 3/6 176 077 10,00 $ Ventes totales: 12 224 146 $ Prochain gros lot (appr ): 2 000 000 $ GAGNANTS LOTS 6/6 0 1 000 000,00$ 5/6+ 0 50 000,00$ 5/6 12 500,00$ 4/6 717 50,00$ 3/6 15 549 5,00$ Ventes totales: 535 083.00 $ GAGNANTS LOTS 7/7 2 10 000 000,00 $ 6/7+ 14 60 313,10 $ 6/7 313 2 360,50$ 5/7 16 194 145.00$ 4/7 385 393 10.00$ 3/7+ 362 266 10,00$ 3/7 3 205 832 Participation gratutto Efltra Tirage du 2002-08-17 NUMÉRO LOT 884006 100 000$ l es mcxittiitop d'oncawsement des billets gagnants dwi'RbotI au vorw do* billets.En cas de disparité entre cette liste et In lisle ofHdoM» de LO.cotte dtrnlèrfc a prioitlé Si vous avez un problème de jeu.l'.inai'i atui 1 8Ô6 SOS-JEUX Le patron de Vivendi tente de rassurer les actionnaires ASSOCIATED PRESS Paris — Dans une lettre envoyée aux salariés et actionnaires du groupe Vivendi Universal (VU), rendue publique hier, le nouveau PDG du groupe Jean-René Fourtou se veut rassurant, précisant que les actifs qu’il s’est engagé à céder, à hauteur de dix milliards d’euros dans les deux prochaines années, «sont parfaitement identifiés».Après avoir tenu dans la semaine une conférence de presse et avoir vu le cours de l’action VU s’effondrer à la suite de l'annonce des résultats semestriels, le successeur de Jean-Marie Messier veut contrer les rumeurs allant bon train sur ses intentions et sa stratégie: «des informations contradictoires, souvent erronées, circulent et nourrissent l’inquiétude», note-t-il.Reconnaissant que «la situation du groupe est [.] tendue», Jean-René Fourtou dit avoir «identifié les modalités de sortie de cette crise et les voies du redressement».Pour lui, «l’analyse de l’ensemble des activités et des actifs du groupe montre que la valeur de ceux-ci reste très supérieure à la dette».Quant aux actife qu’il compte céder, ils ont «déjà fait l’objet de décisions de cession», soit dans le cadre de la réorganisation de Canal Plus, soit qu’il s’agisse à’«actifs périphériques».Ce qui est possible car le groupe VU a «conservé un nombre considérable d’actifs dispersés, peu utiles, ou même inutiles à la stratégie de ces activités», ajoute M.Fourtou.Donc, hors la vente immédiate de la maison d’édition américaine Houghton Mifflin, déjà annoncée, le reste «n’inclut ni notre participation dans Vivendi Environnement, ni celle que nous détenons dans Cegetel, ni nos 49 % du futur Canal+, ni les autres activités d’édition de Vivendi Publishing, ni Universal Music Group, ni Vivendi Universal Entertainment».Rappelant qu’il a négocié avec «sept banques une facilité de trésorerie d’un milliard d’euros», Jean-René Fourtou précise qu’elle est «aujourd’hui entièrement disponible».Reste que «deux milliards d’euros supplémentaires sont néanmoins nécessaires afin de tenir nos engagements et d'éviter des ventes d’actifs précipités», ajoute-t-il, estimant que «tout devrait être mis en place pour fin septembre au plus tard».Se disant persuadé qu'il passera ce «cap difficile», même si le prix en sera «élevé» et que la «route reste semée d’embûches», Jean-René Fourtou conclut en disant compter sur «la mobilisation de tous».ROLEX Lady Yacht-Master en acier et or jaune 18 carats.V'w'vl y * Gambard Vente et service technique 630-A RUE CATHCART MONTRÉAL.CENTRE VILLE (514) 866-3876 L K DEVOIR, LE LUNDI 19 AOÛT 2 0 0 2 A 4 •LES ACTUALITÉS- La Grande-Bretagne bouleversée Jessica et Holly sont retrouvées.mortes La police détient toujours le concierge de l’école fréquentée par les fillettes et sa compagne BETH GARDINER ASSOCIATED PRESS Londres — C’est fini.Hier soir, les policiers britanniques ont annoncé être «aussi certains que l’on peut l’être» que les deux corps découverts non loin de Soham sont bien ceux de Jessica et de Holly, les deux petites filles de 10 ans disparues il y a très deux semaines, dans le sud-est de l’Angleterre.«Il nous faudra peut-être encore quelques jours avant de pouvoir identifier définitivement les deux corps», a précisé le commissaire adjoint Keith Hoddy devant l’église Saint Andrew, où des centaines d’habitants du petit village, bouleversés, s'étaient rassemblés, attendant fébrilement que la terrible nouvelle devienne certitude.«Nous sommes aussi sûrs que possible ce soir qu 'il s’agit de Holly et Jessica», a-t-il dit, au lendemain de l'arrestation de deux suspects et de la découverte de deux cadavres dans un bois proche.Les familles ont été informées, et le policier a demandé aux journalistes assemblés de respecter un moment de silence.Puis il a lu une déclaration des parents de Jessica, Sharon et Leslie Chapman, remerciant amis, policiers et citoyens pour leur soutien, et demandant désormais que leur douleur soit respectée.De leur côté, les parents de Holly, Nicola et Kevin Wells, se disaient «sous le choc de la perte de notre adorable fille».Samedi, l’affaire qui mobilisait les enquêteurs et bouleversait toute la Grande-Bretagne, a pris une tournure dramatique avec l’arrestation d’un couple soupçonné d’enlèvement et de meurtre.Dès lors, la police a annoncé qu’elle avait perdu espoir de retrouver Jessica Chapman et Holly Wells vivantes.Quelques heures après, le village des fillettes, situé près de Cambridge, a dû faire face à une découverte macabre: celle de deux corps, non identifiés officiellement, retrouvés dans un bois près d’un chemin de terre à une dizaine de kilomètres de Soham.Dans la nuit de samedi à dimanche, toute cette partie du Thetford Forest Park a été minutieusement fouillée par des experts médico-légaux à la recherche de preuves.Les corps devaient être transférés dans un hôpital local hier soir pour des examens supplémentaires.Hier, toute la journée, Soham est resté plongé dans le chagrin, comme si l’attente des résultats de l’identification ne constituait plus qu’une formalité.«Le cœur de Soham est brisé», pouvait-on lire sur une carte laissée parmi les fleurs devant l’église, où des centaines d’habitants se sont rendus prier à la mémoire des fillettes.«Toute la ville se sent agressée par la disparition de Jessica et Holly», a déclaré le révérend Tim Alban Jones.Suspects détenus Les fillettes avaient disparu le 4 août dernier du village de Soham dans le comté du Cambridgeshire.Depuis deux semaines, tous les moyens étaient mis en œuvre pour les retrouver: aux appels télévisés des parents succédaient les avis de recherche et un ultimatum lancés par la police, tandis que l’affaire figurait en première page de la presse britannique.Les deux suspects détenus par la police font partie de la communauté: Ian Huntley, 28 ans, est gardien d’école, et sa petite amie Maxine Carr, 25 ans, travaille comme professeur assistante dans la classe de Holly et Jessica, tous deux à l’école primaire de Saint-An-drews à Soham.La police a simplement déclaré qu’elle détenait un homme âgé de 28 ans soupçonné d’enlèvement et meurtre, et une femme de 25 ans soupçonnée de meurtre, sans fournir officiellement de noms.Mais la presse britannique a identifié les deux suspects comme Huntley et Carr.Avant son arrestation, le couple s’était montré particulièrement coopératif avec les enquêteurs.Peu avant le début des recherches, lan Hunüey avait déclaré aux policiers qu’il avait vu Jessica et Holly juste avant leur disparition, une histoire qu’il avait également racontée avec émotion aux journalistes et caméras de télévision.Quant à Maxine Carr, elle avait déclaré devant les caméras qu’elle garderait toujours la carte qu’Holly lui avait dessinée le dernier jour de l’école.Pour l’heure, le couple n’a pas été formellement accusé: à compter de l’arrestation, la police disposait de 96 heures pour les inculper ou les relâcher, mais après une brève entrevue hier, un juge a accordé à la police 36 heures supplémentaires.Le Villeray de Jasmine Dubé La célébration de la différence my sw:ow u Du Ntu OCC^En*Ac V V % ow.je pfcitf ûu’iw A 1>N /^OüÇTiûùC } A «PANS’» i //X.s?>> •* ru,i ^4 > t/ te V, 9*' .1^*- te- ste - te La bourse et rendettement Le mois d’août, pour plusieurs étudiants, marque la réception du calcul dç l’aide financière octroyée par le ministère de l'Éducation.Pour certains, il s’agit d'une bénédiction.Mais pour d’autres, et j’en suis, le temps est à la remise en question de la poursuite des études.Car depuis quelques années, signe d'un désengagement de TÉtat, la tendance est au resserrement des critères d'admissibilité.Peut-on alors parler d'un accès équitable aux études supérieures?Outre l’envie de succomber à un endettement chronique, l’étudiant moyen doit consacrer beaucoup trop de temps à un travail de subsistance quotidienne.Quelle place est alors accordée à ce réel investissement personnel que constitue la formation universitaire?Quels choix s’offrent à ceux qui souhaitent s’impliquer dans leur milieu scolaire afin d’enrichir leur éducation et leur esprit critique?Oui, c’est bel et bien le désespoir qui me pousse à prendre la parole.Celle d’un étudiant passionné par le journalisme et qui devra vraisemblablement rester muet, faute d’argent Un système universel, disions-nous?Permettez-moi d’en douter.Alexandre Shields Étudiant en journalisme à TUQAM Montréal, 13 août 2002 L’échec de Stéphane Dion Monsieur Descôteaux, Dans votre article publié dans Le Devoir, le 11 août 2002, vous exprimez assez clairement la situation, concernant le bilinguisme au Canada.Vous auriez pu ajouter à l’attention de monsieur Dion, que son gouvernement aurait plus de chance de convaincre, si les ministres, les sous-ministres et les sous-ministres adjoints étaient tous et toutes bilingues.Cela surprend d’ailleurs de constater des ministres en poste depuis sept ou huit ans ne pas être capables de s’exprimer quelque peu en français.Pour un francophone, LETTRES -?- le message est plutôt clair, vous êtes pour moi, quantité négligeable.Si le cabinet était entièrement bilingue et les postes de hauts fonctionnaires aussi, on s’en prendrait moins au gouvernement du Québec pour la crise politique qui perdure depuis si longtemps et C-20 n’aurait pas eu sa place dans la législation canadienne.SU y a un homme politique qui pourrait changer les choses au Canada, c’est Bernard Lord, à cause du respect de tous et toutes lorsqu’il exprime un point de vue.On n’a jamais vu cela chez les ténors libéraux du Québec.Est-ce pour ces mêmes motifs que les Canadiens sont en train de quitter le navire de Jean Chrétien, qui sait! Voilà l’échec de Stéphane Dion.André Mainguy Longueuil, le 10 août 2002 La justice avorte encore Au Japon, à la suite de l’avortement du procès des motards, le ministre de la justice lui-même aurait démissionné; une simple question d’honneur dans les traditions orientales.Contrairement à beaucoup de gens, l’avortement du procès des Hells ne m’a aucunement fait perdre confiance en notre système de justice; si le nouveau juge responsable du dossier a décidé de tout reprendre à zéro, c’est que la loi est ainsi faite et qu’il la respecte.Ce qui est scandaleux n’est pas qu’il faille reprendre toutes les procédures à zéro après plusieurs millions de dollars de dépenses, ce qui est scandaleux, c’est que de riches criminels puissent se prévaloir de l’aide juridique; ce qui est scandaleux, c’est qu’on condamne à trois ans de prison un ivrogne au volant pour le meurtre d’un enfant après seize arrestations pour conduite en état d’ébriété; ce qui est scandaleux, c’est qu’on donne des amendes de 5000 $ à une multinationale pour contamination de l'environnement Ce qui devrait donc nous offusquer en tant que citoyens et électeurs, c’est que nos politiciens perdent leur temps et nos impôts sur des lois insignifiantes que je ne nommerai pas pour ne pas choquer da- vantage.Il ne faut pas vous en faire, il y aura un autre procès, d’autres jurés, d’autres preuves accablantes, probablement aussi d’autres vices de prorédures mais, en fin de compte, on verra des condamnations; dans 10 ou 15 ans, nos célèbres accusés, libérés sur parole, se couleront une retraite tranquille sur les plages du Mexique ou de Panama pendant que d’autres «présumés» motards s’occuperont des «affaires» au Canada Ce qui m’attriste, c’est que notre justice n’accouche jamais et qu’elle ne fasse qu’avorter car elle est stérile.Des solutions?Nous ne sommes pas encore prêts à les accepter en tant que société! Bernard Viau (Actuellement en recherche d’emploi) Saint-Jérôme Consternant La lettre de Stéphane Couture parue dans Le Devoir du vendredi 9 août 2002 est consternante.Combien de fois faudra-t-il expliquer que personne n’exige des individus sportifs qu’ils dévoilent leur orientation sexuelle?D s’agit simplement de constater que le milieu est si réfractaire à l’acceptation des gais et lesbiennes (qui s’y trouvent pourtant, mais dans le secret) que personne n’osera se révéler par crainte justement que sa carrière ne prenne fin.Personne ne demande aux sportifs de risquer leur carrière.Le char de Gai Écoute soulignait simplement la dureté d’un milieu qui ne permet à personne, homo ou hétéro, de prendre part à la fêfe de Divers/Cité.En ce sens, le geste de Gai Ecoute vient bien plus à la défense des individus sportifs gais que contre eux.C’est un signal aux personnes d’influence dans le milieu sportif pour leur dire: «Réveillez-vous! R y a des gais et lesbiennes parmi vous, mais ils et elles n’ont pas le droit de vivre normalement, et c’est vous qui le leur imposez.» Francis Lagacé Montréal LIBRE OPINION —f- Ce terrorisme que l’on dit « aveugle » FRANCE GIROUX enseignante au département de philosophie du Collège Montmorency Le dernier mardi du mois de juillet fat une journée noire dans une année grise.Une de plus dans ces pays d’Israël et de Palestine.En effet, il s’agissait de représailles à l’attaque armée d’une maison des forces israéliennes contre le chef de la branche armée du mouvement militant Hamas, laquelle avait fait des victimes civiles dont sa femme et des enfants présents dans la maison bombardée.Le fait que les victimes civiles soient parmi d’autres de jeunes étudiants ou des enfants indique que leurs auteurs ne sont pas des «meurtriers délicats»; militaires d’un côté ou terroristes de l’autre côté, ils ne respectent aucune loi morale: celle que se donnent toutefois librement les résistants devenus des terroristes «imparfaits» lorsque la loi divine ne prévaut plus et la loi humaine est suspendue en l’absence de négociations par les institutions démocratiques.De là le blâme international eu égard aux deux événements.Dans les deux cas, les cibles atteintes sont représentatives de l’avenir de ces peuples: les enfants et la jeunesse estudiantine.Il ne convient pas d’amalgamer une violence qui est de manière rare «chirurgicale» (bien qu’une armée moderne bénéficie de techniques militaires sophistiquées) et des actes qui font des victimes civiles non seulement à titre de dommages collatéraux, mais qui visent des innocents comme tels.On dit de ce terrorisme qu’il est aveugle.Or il ne l’est pas.Les terroristes savent que les civils constituent des cibles idéales pour menacer à court terme, voire éliminer à long terme, les libertés démocratiques.C'est la conclusion à laquelle arrive le philosophe Guy Haarscher dans son récent ouvrage [Les démocraties survivront-elles au terrorisme?Labor, 2002].Selon ce professeur qui préside le Centre de philosophie du droit de l’Université libre de Bruxelles, les terroristes s'en prendront aux populations civiles pour au moins deux raisons majeures: en premier lieu, les simples citoyens sont infiniment moins bien protégés que les «VIP» militaires, politiques ou économiques; il serait impossible de placer un policier derrière chaque citoyen, ce qui nuirait à notre régime démocratique dont la sauvegarde nous préoccupe («la boucherie du World Trade Center et du Pentagone n’a détruit ni Wall Street ni l’armée américaine»).En second lieu, l’insécurité dans une ville ou un pays tout entier mine de la façon la plus efficace la légitimité des gouvernements démocratiques.Ces gouvernements doivent préserver la population de la violence, sinon ils perdront tout crédit Cycle provocation-répression Qu’arrive-t-il lorsque le terrorisme menace les résidences où habitent des familles, les universités, les rues commerçantes dans les villes, les régions et les pays entiers?Ne vise-t-il pas de manière directe le respect des droits fondamentaux et les conditions d’une société ouverte, qui supposent une limitation des pouvoirs répressifs de l’État.Même un État de droit ne conçoit-il pas le bien-fondé d’une mise entre parenthèse de ces checks and balances («contrôles et équilibres»), qui empêchent le politique de pousser le réalisme trop loin — il existe des règles, une Constitution?Les terroristes connaissent le cycle provocation-répression dont la logique interne conduit, même dans, un Etat de droit, à des situations infernales puisque dans ce combat l’État a tendance à se raidir.Nous apprenons par exemple que depuis les circonstances exceptionnelles de la seconde intifada (soulèvement) en septembre 2002 des populations entières doivent se soumettre à des mesures humiliantes et fastidieuses car la sécurité l’exige («Intifada rime avec malnutrition», Le Devoir du 3007-2002).Dans ce combat piené par les militants du terrorisme dit aveugle, les gouvernements des Etats démocratiques sont les perdants.Ainsi le gouvernement israélien précédent, d’allégeance travailliste et pour lequel le leader .Shimon Pérès faisait campagne n’a pas été ré élu.Une des raisons majeures aurait été précisément la seconde intifada qui aurait «sharonisé» la société politique d’Israël, ce que prévoyait un conseiller d’Arafat nommément Sari Nusseibeh.Recteur de l’Université Al-Quds où il donne des cours de logique, ce philosophe formé à Oxford s’opposait à ce plan d’une deuxième intifada.Sari Nussebeih conçoit l’existence d’une pression des attentats sur l’opinion israélienne, laquelle a recommencé à se poser des questions sur le mal-fondé des colonies de peuplement.Toutefois, selon le professeur Nussebeih, on aurait pu parvenir à ce résultat escompté sans aucune violence.«Et les effets négatifs des 18 mois [23 mois si l’on compte les mois écoulés depuis mars dernier] pèsent beaucoup plus lourd dans le bilan général» (La Presse du 27-03-2002).Que voulait dire par là ce profes- seur qui a intéressé Yasser Arafat par sa vivacité d’esprit?Pensait-il à l’élection du gouvernement actuel en Israël, qui répond par une répression brutale aux attentats aveugles, ce qui montrerait l’incidence de ce type de terrorisme sur les sociétés démocratiques.Moyens différents Cela ne signifie pas que les militants palestiniens n’aient pas des motifs valables de se considérer comme des résistants, mais leurs méthodes consistent à s’en prendre à des civils.Chacun le sait, ces gens n’ont pas les moyens équivalents à ceux des Israéliens, notamment une armée, des services adéquats de renseignements.Mais pourquoi les participants de toutes les factions parmi lesquelles le Hamas et le Djihad islamique ne tombent-ils pas d’accord sur les principes d’un texte différent de celui dont ils discutent ces jours derniers, c’est-àdire en incluant un élément fondamental dans ces termes «l’autorité palestinienne condamne les attaques contre les civils israéliens».Mais les diverses factions n’ont pas retenu la formule modérée traduisant la volonté de mettre un terme aux attentats contre des civils en Israël, bien que l’Autorité palestinienne les condamne régulièrement (voir la première page du Devoir du 1308-2002).Or dans la mesure où certaines factions savent qu’une population terrorisée risque de ne plus soutenir un gouvernement incapable d’assurer sa sécurité, elles ont ainsi l’objectif implicite de lutter contre la sauvegarde des libertés démocratiques.Dans les faits, le gouvernement d'Israël pour éviter de perdre tout crédit se révèle avoir tendance—tendance prévisible selon le cycle provocation-répression par définition infernal—à utiliser les grands moyens pour colmater les brèches de la sécurité, ce qui se résume comme dans le cas de l’Université hébraïque de Jérusalem à des mesures sans doute vaines.Ce sont toutefois ces règles très strictes pour pénétrer dans l’enceinte, ces restrictions aux libertés même dans un État de droit qui importunaient déjà l’ensemble de la jeunesse étudiante venue s’inscrire à l’Université le jour de l'attentat Ce gouvernement élu à la suite de la seconde intifada voulait réussir —- comme d'autres gouvernements dont l’Angleterre et le Canada tentent de le faire depuis les événements de septembre 2002 à New York—à assurer la sécurité ne serait-ce que partiellement La lutte contre le terrorisme aveugle produit en Israël comme aux États-Unis cet effet secondaire malin: ce sera au prix des libertés démocratiques qui seront malmenées, voire annihilées en cours de processus.» wmmm wm LE DEVOIR.L E L t! N I) 1 I 9 A 0 Û T 2 0 0 2 A 7 IDÉES Réplique à la prise de position de l’UQCN contre le traitement du lisier de porc Réplique à Denis Gaumond Erreur sur la cible ii î! PIERRE JUTEAU, PH.D.Institut national de la recherche scientifique, INRS - Institut Armand-Frappier, Groupe de recherche en microbiologie de l’environnement 1 y a quelquefois des prises de position surprenantes.A ce chapitre, celle de l’Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN) qui s’oppose au traitement du lisier de porc n’est pas piquée des vers.Selon le président de la Commission agriculture de l’UQCN, M.Roch Bibeau, cette pratique entraînerait inévitablement le déplacement de la production porcine vers des mégaporcheries encore plus grosses que celles que nous connaissons — des gigaporcheries?— concentrées autour de quelques monstrueuses usines de traitement {«La destruction des lisiers et fumiers», Le Devoir, 5 août 2002, page A7).En tant que chercheur dans le domaine des technologies environnementales, dont celles visant à traiter le lisier de porc, je ne vois pas les choses de cette façon.Permettez-moi donc de remettre en question le texte de M.Bibeau.Je dois dire que j’ai quelques difficultés à suivre le raisonnement de l’UQCN sur ce sujet, à savoir qu’il faut s’opposer au traitement du licier pour freiner l’expansion de l’industrie porcine.A mes yeux, c’est comme s’opposer au traitement des rejets industriels pour favoriser le développement des PME.Ou encore de décrier les systèmes antipollution des voitures parce qu’ils favorisent l’expansion de l’usage de l’automobile.Visa le noir, tua le blanc, comme dit la vieille chanson.Si on veut limiter la taille des porcheries à venir, ne devrait-on pas le faire avec des moyens un peu plus directs?Par exemple, dans le domaine laitier, n’est-ce pas bien plus les mécanismes de gestion de l’offre qui limitent la production et permettent la survie des petites fermes que le «rapport de proximité au sol» nécessaire pour la production du fourrage, tel qu’invoqué par M.Bibeau?D’autres solutions applicables au domaine porcin pourraient être trouvées.C’est donc la relation de proximité entre l’élevage et le sol qui reçoit les déjections animales que l’UQCN veut préserver.Un traitement peut effectivement permettre de concentrer les éléments fertilisants et de les transporter sur de grandes distances pour les utiliser sur d’autres terres.Les surfaces disponibles autour de la ferme ne limiteraient donc plus le nombre de porcs pouvant être produits en ce lieu.Mais la pratique agricole actuelle est-elle si bénéfique que cela?Quand des producteurs porcins défrichent des terres et y sèment des espèces végétales avides d’azote et de phosphore fie maïs) seulement pour se débarrasser de leur lisier, peut-on parler d’une situation souhaitable?En freinant le traitement des lisiers, l’UQCN veut limiter la croissance de l’industrie porcine.Mais que fait-on des nombreux producteurs déjà installés et qui, dans plusieurs cas, ne possèdent pas assez de terre pour éviter que l’épandage n’affecte leur environnement immédiat, soit les cours d'eau et les nappes phréatiques, et ce, peu importe la comptabilité utilisée (unités animales à l’hectare, capacité d’absorption des sols, etc.)?Nombreux sont ceux qui ne pourront pas respecter les normes qui ont été annoncées en juin dernier.S’ils ne peuvent pas traiter leur lisier, que pourra-t-on leur suggérer?Défricher encore de nouvelles terres?Fermer leurs portes?La nature des traitements M.Bibeau dresse un sombre portrait de ce à quoi pourrait ressembler une installation de traitement de lisier: grosse usine récoltant par camion citerne le lisier de plusieurs mégaporcheries et concentrant les éléments fertilisants dans des résidus destinés à l’enfouissement sanitaire.Je n’ai pas de boule de cristal, mais je crois que l’avenir sera un tantinet différent.Premièrement, la majorité des traitements disponibles au Québec ou en développement vise à être implantée à la ferme.Le traitement régional du lisier brut risque fort d’être l’exception plutôt que la règle, entre autres parce que les coûts de transport seraient prohibitifs.Ensuite, tous les projets que je connais visent la valorisation des éléments fertilisants, pas leur enfouissement.L’UQCN dit que ce serait là une concurrence aux matières résiduelles fertilisantes (MRF; boues d’usines d’épuration et de papetières).Je crois plutôt que cela permettrait de remplacer une partie des quantités colossales d’engrais chimiques utilisés en agriculture.Bien des agriculteurs ne veulent rien savoir des MRF parce qu’ils ne croient pas à leur innocuité, qu’elles soient homologuées ou pas par le Bureau de normalisation du Québec (BNQ).Quant au lisier non traité, plusieurs le refusent pour ne pas mettre leurs voisins en furie.11 est de toute façon limité à un usage local toujours en raison des coûts de transport.Dans ce contexte, un engrais organique d'origine agricole (ces «résidus de traitement»), stable, sans odeur ni pathogène, trouverait facilement preneur chez des utilisateurs d’engrais chimiques.Et à quoi donc ressemblent ces méchants traitements?Comme mon affiliation professionnelle peut le laisser prévoir, ma préférence va aux procédés biologiques.Ceux-ci utilisent des microorganismes (naturels, pas des OGM!).Or ce type de technologie est justement majoritaire parmi les traitements disponibles ou en développement.Par exemple, chez nous à l’INRS - Institut Armand-Frappier (INRS-IAF) et en association avec l'Institut de recherche et développement en agroenvironnement (IRDA), nous travaillons sur une filière dite «aérobie thermophile», soit un procédé qui a des liens de parenté avec le compostage et qui permet entre autres de pasteuriser le lisier (élimination des pathogènes) en plus de le stabiliser et de détruire ses mauvaises odeurs.On vise également à concentrer les éléments fertilisants (azote et phosphore) pour en faciliter le transport et l’utilisation dans d’autres régions.À l’IRDA, ils poussent la valorisation encore plus loin en produisant des champignons de consommation, des vers de terre (pour la pêche) et du compost ARCHIVES LE DEVOIR Les moyens qu’utilisent bon nombre de producteurs porcins (des fermes de milliers de porcs) ainsi que leurs résultats sont indiscutablement d’envergure industrielle.de haute qualité dans un procédé appelé OrverMD.On est loin de l’enfouissement invoqué par M.Bibeau.Un procédé développé au Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) et disponible commercialement utilise la biofiltration sur lit de tourbe.Au centre de recherche de Lennoxville de Agriculture et Agroalimentaire Canada, on a mis au point un digesteur anaérobie à basse température (aussi disponible commercialement) qui permet la production de méthane qui peut être récupéré pour le chauffage de bâtiments.Et il y en a d’autres.La position de l’UQCN contre les traitements du lisier de porc me semble particulièrement contradictoire avec deux autres de leurs préoccupations, soit la dissémination d’organismes pathogènes et la production de gaz à effet de serre (GES).Dans un communiqué émis en juin dernier, l’UQCN regrette que le nouveau Règlement sur les exploitations agricoles ne tienne pas compte du risque associé aux organismes pathogènes contenus dans le lisier, position avec laquelle je suis parfaitement d’accord.Or certains traitements peuvent justement détruire ces agents infectieux, ce qui répond pleinement à cette inquiétude de l’UQCN.Le texte de M.Bibeau associe aussi le traitement du lisier à la production de GES.Si le traitement se faisait entièrement dans des usines régionales, ce serait probablement vrai en raison du transport du lisier brut par route.Par contre le traitement à la ferme est de nature à réduire l’émission de GES par rapport à la situation actuelle.En effet, un traitement local, effectué toute l’année, évite l’entreposage de lisier non traité comme cela se fait présentement, une pratique génératrice de méthane qui est un puissant GES.Les besoins en recherche L’annonce par le gouvernement de favoriser les traitements est donc, à mes yeux, une bonne nouvelle.Il reste à voir si l’application de cette volonté sera à la hauteur des attentes.Parmi celles-ci, il y a l’espoir d’un soutien accru pour la recherche.Celle-ci est nécessaire car les procédés de traitement actuellement disponibles sont peu nombreux et pas encore pleinement satisfaisants.Or plusieurs autres technologies sont en développement, entre autres dans les laboratoires publics québécois (INRS-IAF, INRS-Eau, École Polytechnique de Montréal, IRDA, etc.).Il serait regrettable que ces projets ne trouvent pas le financement nécessaire pour en achever le développement.Les sommes investies en R&D à ce jour pour ces travaux l’auraient alors été en pure perte.Bien sûr le secteur privé devra faire sa part.Il sera d’ailleurs plus facile de trouver des partenaires commerciaux lorsqu’on pensera qu’il y aura, dans un avenir prévisible, des acheteurs pour ces technologies.Vous savez, le traitement, ça fait longtemps qu’on en parle.Il y a aussi d’autres systèmes de traitement développés ailleurs qui pourraient être testés ici.Finalement, je me permets d’ajouter mon grain de sel au passionnant débat à la fois sémantique et existentiel qui fait rage au Québec: nos producteurs porcins doivent-ils ou non être qualifiés d’industriels?Püh bien.oui et non.La Fédération des producteurs de porcs du Québec a raison de soutenir qu’une grande partie des fermes sont de type familial en ce qui a trait à leur propriété.A cet égard, même les intégrateurs québécois, ces entreprises qui possèdent plusieurs lieux de production mais qui confient leur opération à des contractuels.ne sont pas si gros.Lors de mon travail, j’ai rencontré plusieurs producteurs.La majorité était des propriétaires qui exploitaient eux-mêmes leur ferme.Lorsque nous allons chercher du lisier pour nos essais de laboratoire, la personne qui nous reçoit, c’est le propriétaire.Ou son fils.J’ai déjà travaillé en assainissement industriel et je vous assure que je n'ai jamais rencontré les propriétaires des grosses et des moyennes entreprises que je visitais.Par contre les moyens qu'utilisent bon nombre de producteurs porcins (des fermes de milliers de porcs) ainsi que leurs résultats (y compris leurs rejets à l’environnement) sont indiscutablement d’envergure industrielle.Ét cette situation particulière fait partie du problème.Il est difficile de faire admettre à quelqu’un qui se considère comme propriétaire d’une petite entreprise familiale (avec peu ou pas d’employés autres que les membres de sa famille) qu’il doit assumer des responsabilités d'une grande industrie en ce qui a trait à la gestion des déchets générés.Pourtant, c’est une exigence bien légitime.Et ça inclut, à mon avis, le traitement du lisier.Que fait-on des producteurs déjà installés et qui ne possèdent pas assez de terre pour éviter que l’épandage n’affecte leur emironnement immédiat?Uarrogance des donneurs de leçons On connaît cette musique malheureusement très en vogue actuellement chez les tenants de l'antisémitisme nouvelle version ELIE BENCH ETR 1T Directeur des Relations publiques Communauté sépharade du Québec enis Gaumond, l’ex-professeur, comme il aime se définir, récidive {«Le bêlement des agneaux universitaires», U Devoir, 9 août) en trempant sa plume dans le fiel quand il s’agit de répliquer à des universitaires qui osent, avec courage et à contre-courant de cette nouvelle gauche pseudo intellectuelle, prendre la défense d’Israël et condamner le terrorisme.Nous avions eu l’occasion, lors d’une réplique à Annette Paquot de l’Université I^aval, d’avoir un avant-goût de son aversion, pour ne pas dire de sa haine à l’encontre d’Israël, de son armée et bien entendu, de son régime politique qualifié, rien de moins, que de «spoliateur, colonisateur, et criminel de guerre».On connaît cette musique malheureusement très en vogue actuellement chez les tenants de l’antisémitisme nouvelle version.Ce que nous découvrons maintenant chez cet universitaire, c’est l’arrogance et le manque de respect envers ses pairs qualifiés avec condescendance «d’agneaux universitaires».Serait-il lui-même le loup, le donneur de leçons qui prétend apporter un point de vue «différent» et moins «biaisé»?Après une condamnation de principe contre «tout attentat terroriste», même s’il n’a jamais écrit une seule ligne pour condamner les meurtres — car on ne peut les appeler autrement — commis sur des civils israéliens par des terroristes palestiniens, Denis Gaumond, la conscience en paix, peut déverser sa hargne contre ceux qui ont condamné l’attentat, contre Israël et — le détail a son importance — la «Tsahal juive».Quand il nous parle du «désespéré palestinien» qui a placé sa bombe à la cafétéria du campus à Jérusalem, j’ai un haut-le-cœur, car des désespérés, la planète en regorge, hélas! Et pourtant, il n’y a que des Palestiniens qui se font exploser.Quand ü évoque Jean Moulin et les résistants français pour les comparer encore une fois à ces terroristes dont le seul but est de tuer _ un maximum de juifs, il insulte la Résistance et salit, par, la même occasion, la mémoire de Jean Moulin.Étant moi-même fils d’un ancien combattant pendant la Deuxième Guerre mondiale, prisonnier de guerre dans un camp de travail nazi et de surcroît volontaire dans les Brigades internationales'en Espagne, en 1936, je me sens également insulté par de tels propos qui dénotent, non pas un «point de vue partisan» comme il le qualifie lui-même, mais plutôt une mauvaise foi certaine et une ignorance des faits indéniable.Denis Gaumond ignorerait-il l’apologie du martyre qui est inhérente à l’idéologie du Hamas ou du Jihad islamique?Que la haine du juif est un élément central dans le vocable de ces composantes palestiniennes et que les sermons appelant au meurtre des juifs, qualifiés de singes et de porcs, font partie de presque toutes les prières du vendredi dans les mosquées de Gaza ou du Caire?Iæs imams seraient-ils également désespérés à ce point?Les opprimés, M.Gaumond, se passeraient bien de défenseurs qui, comme vous, n’ont malheureusement qu’une une vision binaire et manichéenne du monde.Lorsque d'autres peuples vivent dans la détresse, je pense aux Kurdes, aux chrétiens et animistes du sud du Soudan que l’on massacre, aux Tibétains dépouillés de leurs droits, aux Tchétchènes, aux cent mille Algériens assassinés par les islamistes, au génocide au Rwanda et j’en passe, vous êtes amnésique! Il est vrai que leurs bourreaux ne sont ni Israéliens ni juifs et ceci justifie qu’on les oublie car il n’existe, dans votre esprit, qu’un peuple opprimé sur terre: le peuple palestinien.Je ne sais pas si vous êtes de mauvaise herbe comme vous prétendez l’être, moi, qui aime également Brassens, je souhaiterais pour rester dans le domaine que vous avez choisi, celui du monde animal, répliquer au titre de votre article «Le Bêlement des agneaux universitaires», par un proverbe populaire arabe: «Les chiens aboient, la caravane passe».REUTERS Comment peut-on ignorer l’apologie du martyre inhérente a l’idéologie du Hamas?.
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