Le devoir, 2 septembre 2006, Cahier A
w w w .I e (1 e v o i r.c o m LE DEVOIR V o L .X C V 1 I N 1 9 9 ?LES S A M EDI 2 E ï D I M A N l II E A S E I’ T E M B H E 2 0 0 (i 700 000 Québécois se lèvent chaque jour avec une douleur à la colonne ‘ vertébrale : C’est un mal sournois.Un petit tiraillement, quelques raideurs, et puis un jour le dos bloque.L’impression d’avoir un nœud dans la colonne.Chaque matin, près de 700 000 Québécois se réveillent ainsi, le rachis en compote.Hommes, femmes, jeunes, vieux.Au total, près de 80 % de la population souffrira un jour ou l’autre d’un mal de dos sévère qui brisera la routine du quotidien.Aujourd’hui, Le Devoir se penche — en pliant les genoux, bien sûr — sur ce qu’on a longtemps nommé «le mal du siècle».GUILLAUME B O U R G A U LT - C ô T É Pour une fois, l’enseignante aurait peut-être dû fléchir devant son élève, car en s’inclinant sans plier les genoux pour soulever un petit autiste de sa classe, Claudia Barbe a senti son dos lâcher.Un grand «crac» sec qui se fait encore sentir au quotidien quatre ans plus tard.«Je suis comme une petite grand-mère», dit-elle aujourd’hui, à 31 ans, en attente d’une opération qui soulagera la douleur qu'elle ressent chaque jour, dans chaque tâche normale qu’elle effectue.Marcher.Monter des escaliers.S’asseoir.Vivre.Claudia Barbe est loin d’être la seule à souffrir du dos, dans la région de la colonne vertébrale.Ils sont des centaines de millions dans le monde.On raconte que l’ancien directeur de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, commence chacune de ses journées par un bain brûlant pour calmer ses maux de dos.On sait que l’écrivain québécois Jacques Poulin doit écrire debout tellement il souffre des vertèbres, que Mario Lemieux a pris une premiere re- traite à 31 ans parce qu’il avait le dos trop amoché — Andre Agassi raccroche pour la même raison cette semaine —, que le député bloquiste Michel Gauthier n’est pas encore rétabli d'une sérieuse opération pour une hernie discale.On n'a qu'a interroger nos collègues de bureau ou nos voisins de palier pour vérifier: la dorsalgie, c'est pour tout le monde.A chaque dos sa petite histoire déviante.C’est d’ailleurs le plus largement répandu des problèmes de santé qui affectent la société.Un truc qui frappe sans égard à l’âge ou à la profession.Seulement deux Québécois sur dix finiront leur vie sans avoir jamais ressenti de douleurs lombaires.Chez environ 10 % de la population, c'est chronique.Pour eux, le quotidien se décline en métro, boulot, mal de dos.11 s’agit notamment de la premiere cause d’invalidité au Québec.L’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, réalisés- en 2003, indique que les VOIR PAGE A 6: DOS LE MONDE La Syrie s’engage à ne pas acheminer d’armes au Hezbollah ¦ À lire en page A 7 I X D E X .Actualités — A2 Idées B 5 Annonces — C 6 Monde —A7 Avis publics C 4 Mo«s croisés C 4 r?Météo C 7 Carrières C 3 Perspectives B1 Décès C 6 Rencontres _ D 2 Economie C 1 Sport» C 7 Éditorial B 4 Sudoku D5 Gros coups signés FLQ JEAN FRANÇOIS NADEAU FLQ.c'est l'acronyme racoleur de la Fédération de lutte du Québec, une association qui tente de faire revivre les grandes années de la lutte-spectacle, celle de Johnny Rougeau, d’Edouard Carpentier, de Little Beaver, de Maurice «Mad Dog» Vachoa du géant Ferré et d’autres vedettes populaires.La lutte revient en force, a ce qu'il semble: au Canada anglais, le réseau Global vient de faire l’acquisition des droits d’Extreme Cham pionship Wrestling (ECW).Les combats dECW sont diffusés tard dans la nuit, tous les jours de la semaine.Aux lutteurs québécois, la télévision n'offre cependant plus rien depuis bien des années, hormis quelques mentions au réseau RDS.La lutte regagne malgré tout de la popularité chez nous.La lutte échappe ainsi sans œsae, depuis au moins vingt ans, a son extinction annoncée.VOIR PAGE A 8: FLQ 2,20$ « r_A \ ! - 3 • o $ Orford : une coop pourrait remplacer le privé La municipalité préfère une auberge familiale aux condos annoncés LO U I S - G I L L E S I K A N C (K V H La municipalité de Canton d'Orford prépare depuis deux mois, en collaboration avec des constituantes du Mouvement Desjardins, un projet de coopérative pour assurer la survie du centre de ski tout en épargnant au mont Orford les impacts de la construction de plusieurs centaines d'unités de logement par le secteur privé.C'est ce qu’a révélé hier au Devoir le maire de cette municipalité, Pierre Rodier, qui entend présenter sa proposition aux maires de h MRC mardi, lorsqu'ils se réuniront pour arrêter les termes de la proposition qu’ils entendent acheminer à Québec afin de recréer le plus vaste consensus possible autour d’un développement plus modeste de la montagne.Afin que la coopérative ait sufli-samment de fonds pour acquérir la montagne, développer à ses pieds une auberge de tyix- familial et pouvoir exploiter la station de ski, la municipalité d'(Irford entend obtenir rapidement entre 30 000 et 50 000 adhésions a cette coop de ski, qui réunirait aussi les employés de la station et divers organismes de soutien.A 200 $ par part sociale, cette coop serait ainsi dotée d’un budget de six à dix millions, un capital suffisamment important pour pouvoir emprunter les autres fonds nécessaires a l'atteinte de ses objectifs.À 200 $ par part sociale, la coop espérerait amasser entre six et dix millions VOIR PAGE A M ORFORD DON CONGE! Le Devoir ne sera pas publié lundi, jour de la fête du Travail.De retour mardi.Les vraies questions L’AFRIQUE Robert Calderisi L'Afrique peut-elle s'en sortir?»^ss lEAS-rtASCOIS S Ain.Al Lï DEV Malicia Lucifcra (à gauche) fait souffrir sa "rivale, U terrible Anna Minoushka.editions fide * .com 0 » LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 SEPTEMBRE 2 0 0 6 LES ACTUALITES Réforme de l’éducation L’Alliance des professeurs poursuit sa contestation MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Alliance des professeurs de Montréal (APM) i conteste les ambitions de sa commission scolaire en ce qui a trait à la réforme, lui reprochant d'avoir «acheté» les visées du ministère sans oser remettre en question les fondements du renouveau pédagogique.Voilà ce qu’a souligné hier le président de l’Alliance, Pierre St-Germain, à la tête du syndicat de quelque 8000 enseignants du primaire et du secondaire liés à la Commission scolaire de Montréal (CSDM).La CSDM dévoilait cette semaine ses intentions pour redresser la réforme, promettant de donner un peu de lustre à toutes les recommandations, avalisées la semaine dernière par le ministère de l’pducation, du Loisir et du Sport.«A partir du miment où la CSDM dit qu’elle adhère aux recommandations (de la table de pilotage sur le renouveau pédagogique, publiées il y a une semaine], c’est un peu comme si elle considérait qu’il n'y a pas lieu d’aller jusqu'à la remise en question des fondements de la réforme, elle “achète” tout ce que dit le ministère, affirme M.St-Germain.On nims parle de fbrmatùm, on nous parle de programmes à refaire, comme si les profs n’avaient pas bien cimpris et passé le message de la réforme.C’est ce qu’on enseigne et évalue qui n à pas de sens.» L’Alliance, qui exige depuis longtemps un arrêt dans la mise en œuvre du renouveau pédagogique, continue de prêcher pour une pause et se dit vivement déçue de la décision du ministre de poursuivre son élan jusqu’au secondaire, le syndicat, qui a quitté le giron de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et fait désonnais partie de la Fédération autonome de l’enseignement estime qu’«« partir du miment où l’approche par compétences est la même, que les fondements ne sont pas remis en question, rien ne changera pour le mieux», comme l’af-finne le président de l’Alliance.Quant à l’intention de clarifier le bulletin — un souhait de la CSDM —, l'Alliance n’y croit pas: «Ça fait des années que les profs et les parents disent qu’ils veulent un bulletin plus clair et que la CSDM est à la solde du ministère.De toute façon, ce n’est pas l’outil qui pose problème, c’est ce qu 'on doit évaluer et enseigner qui n’a pas de sens.» L’Alliance ne compte pas boycotter la réforme pour la prochaine année scolaire, mais «toutes les voix qui s’objectent à la réforme sont les bienvenues, et elles sont de plus en plus nombreuses», note M.St-Germain.L’APM tient son colloque annuel à la mi-octobre; si le thème y sera la place de la culture à l’école, il y sera également beaucoup question de la réforme.Le Devoir Futurs développements immobiliers Priorité aux vélos sur le Plateau L’arrondissement réduira l’offre de stationnement pour les automobilistes et l’augmentera pour les cyclistes CLAIRANDRÉE CAUCHY Les nouveaux développements immobiliers de l’arrondissement du Plateau Mont-Royal ne seront plus obligés de comporter des espaces de stationnement On exigera cependant que chaque nouveau logement soit doté d'un espace pour garer un vélo.Un projet de règlement qui devrait être adopté mardi soir au conseil d’arrondissement abrogera en effet l’obligation pour les promoteurs d’aménager un nombre minimal de places de stationnement pour les voitures.On reverra également à la baisse le nombre maximal de places de stationnement La proportion d’espaces de stationnement permis sera établie à 0,67 pour chaque unité de logement Ce ratio variait auparavant entre un et deux espaces de stationnement pour chaque nouveau logement selon la taille des bâtiments.Les hôtels devront quant à eux se contenter d’une place de stationnement pour deux chambres alors que la limite était auparavant d’une par chambre.«Si on diminue l’offre globale d’unités de stationnement, on rendra moins attrayant l’usage de l’automobile», a expliqué le chargé de communication de l’arrondissement, Michel Tanguay.Si on met un holà sur les stationnements, c’est tout le contraire pour les supports à vélo.Les nouveaux bâtiments résidentiels du Plateau devront en effet comprendre un espace pour chaque logement.Par le passé, on exigeait seulement une unité de rangement pour deux logements et encore moins dans les immeubles comptant plus de dix logements.lœs promoteurs qui ne se conformeront pas de- JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les nouveaux développements résidentiels compteront moins d’espaces de stationnement pour les automobiles mais davantage pour les bicyclettes.vront passer à la caisse.«Si un promoteur ne fournit pas suffisamment d’unités pour les vélos, il va devoir payer 1500 $ pour chaque place manquante», a noté M.Tanguay.Une telle mesure constitue une première à la Ville de Montréal.Pour l’instant, les promoteurs versent plutôt une compensation financière aux autorités municipales lorsqu’ils n’aménagent pas le nombre minimal de stationnements pour voitures.Le Plateau Mont-Royal est l'arrondissement où on retrouve le moins d’automobiles, soit 0,2 voiture par logis, comparativement à 0,9 dans l’ensemble de Montréal.C’est aussi là que les gens voyagent le plus à vélo.La proportion de déplacements à bicyclette y est de 7 %, contre seulement 2 % pour Montréal.Le nouveau règlement devrait entrer en vigueur en novembre.Le Devoir Consultation sur l’implantation du CHUM au centre-ville KATHLEEN LÉVESQUE Le projet de construction du CHUM au centre-ville franchira une étape cruciale mardi.Les élus de l’arrondissement de Ville-Marie donneront en effet le coup d’envoi à une consultation publique.Le maire de l'arrondissement.Benoit Labonté, a confirmé hier au Devoir qu’un règlement sera adopté lors de la séance du conseil, permettant ainsi de transmettre le dossier du CHUM d’abord au conseil exécutif puis au conseil municipal.L’Office de consultation de Montréal sera alors mandaté pour tenir des consultations publiques dès octobre.«C’est important de démarrer ce processus-là.On en parle depuis des années, et maintenant, ça va devenir concret.On va ancrer de façon définitive et irréversible, fort heureusement, le CHUM au centre-ville», a ; iff inné M.labonté.la population sera donc appelée à donner son point de vue sur le projet de l’hôpital universitaire de 1,6 milliard de dollars.Il n’est plus question de débattre de l’emplacement du CHUM mais plutôt de son apparence et de son intégration dans ce secteur du centre-ville.Le fait que les équipes d’architectes et d’ingénieurs ne soient pas encore formées n’a aucun impact, a souligné M.Labonté, puisque le programme fonctionnel et technique est disponible, tout comme le concept.Une fois l’exercice complété et les changements de zonage acceptés, Montréal pourra émettre les permis de construction.Il semble toutefois que l’hôpital ne soit pas le seul enjeu.L’établissement d’un pôle des sciences de la santé à proximité du CHUM continue de susciter bien des tiraillements chez des promoteurs mais également au sein même de l’équipe politique du maire de Montréal, Gérald Tremblay.M.Labonté nie qu’il y ait quelque compétition que ce soit dans les rangs de son parti.Tout au plus sou-ligne-t-il que l’hôpital constituera un levier de développement économique et urbain de première importance.«À partir du moment où on ne peut plus revenir en arrière, ça nous donne toute la latitude pour s’attaquer à la phase 2, soit le quartier de la santé et le développement de tout le secteur sur la base des effets attractif du CHUM.Ce serait dommage qu’on se limite à l’hôpital.Quand on a des investissements publics de cette importance-là, c’est notre responsabilité de s’assurer qu’il y ait des retombées», a soutenu M.Labonté.Le printemps dernier, la firme-conseil Secor avait remis à Montréal International un rapport faisant la promotion d’une technopole de la santé divisée en plusieurs sites.M.Labonté entend présenter le projet de quartier de la santé avant la fin de décembre.Le Devoir é Bonne fête du Travail ! Voilà un moment propice pour souligner une réalisation historique pour le Québec: l’équité salariale.Cette entente : - Reconnaît qu'un travail équivalent a maintenant la même valeur qu’il soit accompli par une femme ou par un homme - Donne à 360000 personnes, majoritairement des femmes, des correctifs salariaux - Constitue l’achèvement de près de 30 ans de discussions Avec l’équité salariale, le Québec progresse.?fi I ^ «r Monique Jérôme-Forget If Présidente du Conseil du trésor HJ Jean Charest Premier ministre Québec « LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 ET PI M A N (' Il E 3 S E P T E M R R E 2 O O H CTUALITES A iniioa/ene Gàmbard i»A WJS CATHCAR' CïNTAt VXIë | MONTRÉAL (S 14) 866-3876 f ROLEX Itente et service Odile Tremblay PERSPECTIVES La mutation ou la mort Le trentième Festival des films du monde se termine lundi et les questions fusent: ce rendez-vous de cinéma a-t-il un avenir?Si oui, lequel?Si oui, pour qui?Son président, Serge Losique, tient son festival à bout de bras, sans le soutien financier de la SODEC et de Téléfilm, à la suite de la tourmente de la saga des festivals, dont on n'a pas fini d'enregistrer les retombées.Qu’un ultime sprint à la mi-septembre soit prévu pour persuader l’Etat de financer de nouveau la manifestation relève du secret de Polichinelle.Nouveau conseil d'administration avec de gros noms, rajeunissement de l’équipe de programmation: des propositions seraient sur la table, sous la poussée du comité du 30’ anniversaire du FFM, déterminé à relancer le rendez-vous.Deux ans sans fonds publics, c’est beaucoup et c’est trop.Voici le FFM arrivé au bout de sa corde et des ressources financières de son président La SODEC, à ce qu’on entend, serait plus récalcitrante que Téléfilm à rouvrir ses goussets pour le FFM.Mais l’institution québécoise manque de transparence dans ce dossier.Elle a créé un comité pour étudier l’avenir des festivals sans divulguer les noms de ses membres et sans intention de rendre publiques ses conclusions.Le brouillard règne.Après l’échec de la création du FIFM en 2005, que désirent Téléfilm et la SODEC?Une pluralité de festivals de cinéma à Montréal?Une manifestation plus marquante à la proue?Allez savoir.Daniel Langlois vient d’effacer la dette du Festival du nouveau cinéma (FNC), le concurrent généraliste du FFM, autre grand floué de la saga des festivals, l’an dernier.Mais le FNC, à l’automne, s'appuie davantage sur des reprises cinématographiques que sur des primeurs.Devrait-il régner sans partage?Le FFM a creusé son propre sillon, estompe, certes.mais son équipe possède un réseau de contacts à travers le monde, qu'il serait dommage de sacrifier.Il rejoint par ailleurs une clientèle particulière de festivals d’été, laquelle s’amenuise en vieillissant d’une édition à l’autre, sans s’éteindre pour autant La jeunesse et même les forces vives du milieu du cinéma fréquentent fort peu le FFM.La formule des films de partout lancés ici sans buzz médiatique, sans gros noms locomotives, parait trop essoufflée pour rallier les générations montantes.La qualité des œuvres présentées n’est pas nécessairement la cause du déclin.La compétition se porte plutôt bien cette année.Rares sont pourtant les festivaliers à suivre systématiquement les films en lice pour le Grand Prix des Amériques.Depuis 2005, l’absence de sous-titres électroniques (taute du financement de Téléfilm Canada) a un effet direct sur l'auditoire.Devant les œuvres accessibles en français, les sièges se remplissent soudain.Sinon, que de places vides! Heureusement que des membres des communautés culturelles suivent parfois leurs films nationaux.Des salles sont pleines, d'autres clairsemées.En gros, rien n’indique que le FFM a pu récupérer le tiers d’auditoire évanoui l’an dernier au cœur de la crise.Ce festival, qui a été hot, decline depuis 15 ans, avec ou sans subventions de l’État Qu’il manque de visiteurs de marque, passe encore en ces temps difficiles.Mais la présence des quelques invités intéressants n’est pas toujours bien soulignée.Cette année, le programme du FFM était muet à propos du jour et de l’heure de l’hommage à la comédienne française Bulle Ogier.Les journalistes ont appris après coup qu’il avait eu lieu.Ni elle ni Bruno Ganz n’ont donné de conférence de presse, ce qui aurait accentué le rayonnement médiatique.Etc.Les journalistes étrangers et les membres de l’industrie venus d'ailleurs ne s’y trompent pas.Ils classent le PTM parmi les manifestations mineures avant de courir se sustenter à Venise et à Toronto.Cela étant une formule renouvelée, plus scintillante, phis moderne, axée sur les besoins du public mont-rédais de tous les âges, sans prétendre rivaliser Toronto, pourrait offrir une nouveüe vie au Festival des films du monde.L’équipe dirigeante n’aurait alors d’autre choix que de déléguer, de s’ouvrir, de s’eftacer, de sacrifier ses vieux modèles.Pour elle, il est moins cinq, moins deux, et peut-être même trop tard.Face à la mutation ou à la mort comme dirait Darwin.Le Devoir Voir autre texte sur le FFM en page C 8 Objectif L.une Retour vers Apollo La NASA vient d’accorder un contrat de quatre milliards pour la construction du prochain vaisseau, Orion Les vieilles navettes spatiales rouleront définitivement vers le garage en 2010.Et puisque l’heure fatidique approche à grands pas, le temps est venu pour la NASA de lancer la construction du prochain vaisseau, baptisé Orion, qui devrait voler en 2014 et permettre d'effectuer des missions vers la Station spatiale internationale, un retour sur la Lune d’ici 2020 et un éventuel voyage vers Mars.ALEXANDRE SHIELDS Après trois décennies d’une épopée ardue avec les navettes spatiales, la NASA vient de confirmer le retour à des vaisseaux directement inspirés du design et du mode de fonctionnement des missions Apollo, qui ont forgé la suprématie américaine de l’espace.Preuve que le projet est déjà sur la rampe de lancement, l'entreprise Lockheed Martin a décroché jeudi le contrat astronomique de plus de quatre milliards de dollars pour construire Orion.une sorte d’«Apollo sur les stéroïdes», selon l'expression employée par le directeur de l’agence spatiale américaine, Michael I).Griffin.Confiante de redorer son blason avec cette nouvelle aventure, la NASA a souvent décrit son prochain systœ me d’exploration habitée de l'espace «comme le mariage de la meilleure technologie rf'Apollo et de la navette, fimm-cièrement abordable, souple d'utilisation et dix fois plus sûr pour les astronautes», grâce notamment à une petite tù-sée de secours placée sur la capsule.De forme conique, Orion aura une masse d’environ 25 tonnes.Avec un diamètre de plus de cinq mètres, son volume intérieur m présentera phis de 2,5 fois celui dime capsule Apoüo et pourra emporter jusqu'à six astronautes.Et contrairement à la navette, il n'y a pas de risques de dommages du bouclier thermique à'Orion par des débris d'isolant ou de glace se détachant du réservoir externe au lancement puisque le vaisseau sera sur le haut d’un propulseur, Ares 1, qui reste lui aussi à bâtir.Ce nouveau lanceur sera suivi d’un autre, Ares V, un mastodonte de l’espace qui permettra d’amener en orbite des éléments plus imposants, comme un module d’alunissage.Orion et son module cylindrique pour les vivres et les autres équipements nécessaires à l’équipage sera arraché à la gravité terrestre par le lanceur Ares I, qui se trouve en quelque sorte à être le descendant de la fusée Saturne V, utilisée lors des missions Apollo.L’idée est donc d’assembler les différentes composantes amenées en orbite autour de la Terre par les deux lanceurs avant de prendre la route de la lame.Une fois en orbite autour de l'astre, le module d’ahmis-sage, avec un maximum de quatre astronautes à son bord, se détachera du reste de l’ensemble pour aller se poser sur le sol lunaire, foulé pour la dernière fois en 1972.Il prendra ensuite le chemin inverse pour regagner l’orbite et ensuite la planète bleue.Pour cette étape cruciale, les concepteurs sont aussi revenus au principe utilisé lors des missions Apollo, mais aussi par les cosmonautes russes à bord de Soyouz.Une fois rentré dans l’atmosphère, Orion, doté de coussins d’air, fera un atterrissage parachuté sur Terre mais pourra aussi, si nécessaire, se poser sur l'eau.SOURI l NASA Le nouveau vaisseau spatial de la NASA est directement inspiré des célèbres missions Apollo.Sur cette représentation artistique du futur engin, la partie gauche comprend le module cylindrique pour les vivres et l'équipement, dont le propulseur utilisé pour revenir sur Terre, le tout étant fixé sous la capsule de l'équipage, de forme conique.Sur la partie droite, on aperçoit le module lunaire qui permettra à un maximum de quatre astronautes d'aller fouler le sol de la l.une.1a- tout sera assemblé en orbite autour de la Terre, avant de gagne l'astre, qui n'a pas reçu d’être humain depuis 1972.Vaisseau polyvalent La souplesse sera d’ailleurs la caractéristique clé d'Orion.«Notre but est de minieler la conception du vaisseau spatial sur les destinations à atteindre, mais nous n 'excluons pas de l'utiliser pour d’autres missions, comme décrocher de son orbite le télescope Hubble dans les années 2020 ou un voyage vers un astéroïde», a expliqué Jeff Hanley, responsable du programme Constellation, lancé en 2004 pour retourner sur la Lune et effectuer un voyage habité sur Mars.«L'espace ne sera plus une destination que nous visiterons brièvement, a même prédit jeudi Scott Horowitz, un administrateur de la NASA Nous allons apprendre à y vivre comme les pionniers l'ont foit sur la Terre à l'époque.» Mais avant cela, Orion pourra faire des missions vers la Station spatiale internationale, dont la construction, assurée par les trois navettes (Discovery, Atlantis, Endeavour), devrait être finie en 2010.Pour les responsables américains, l'objectif est clair: on ne veut pas d'un autre accident tragique comme celui de la navette Columbia, en 2003, ou encore Challenger, en 1986.lœs deux événements ont sérieusement entaché la feuille de route de la NASA Dans un domaine où les dépenses se chiffrent, au mieux, en centaines de millions de dollars, la confiance du public et des décideurs est essentielle.Et depuis 25 ans, l’Agence spatiale a dépensé plus de cinq milliards sur des projets de vaisseaux qui n’ont finalement jamais vu le jour.Pour Orion, la failure totale dépassera les 10 milliards avant la fin de son as semblage.Et cette facture salée ne comprend pas encore les deux lanceurs, Am I et Ares V.le contrai de construction ijcs deux modèles de lanceur doit encore être attribue.A pu t Lockheed Martin.Boeing et Northrop Grumman sont dans la course aux milliards.Russes et Européens travaillent aussi sur un nouveau système permettant d'envoyer des humains dans l'espace, les Etats-Unis ne voulant |>as être devancés dans le domaine, la communauté spatiale américaine et la Maison Blanche ont doue lancé le projet en 2(X)4, le plus ambitieux des trois dernières décennies.lockheed Martin avait proposé an départ un modèle de vaisseau spatial qui ressemblait davantage a une sorte d'avion de l’espace.Mais la NASA voulait clairement revenir au concept Apollo.Et le choix sera porteur, selon l'astronaute canadien Chris Hatfield.«C’est un pas important vers le retour sur la lune qui vient d'etre foil, a-t-il expliqué au Devoir hier.Surtout Les Canadiens hésitent à réélire Harper JOHN WARD Ottawa — Les conservateurs meritent-ils d'être réélus?Un nouveau sondage semble indiquer que les avis des Canadiens sont partagés à ce sujet Il s’agit là à la fois d’une bonne et d'une mauvaise nouvelle pour le gouvernement minoritaire conservateur, affirme le sondeur Bruce Anderson, du centre de recherche Décima.Selon le sondage, dont les résultats ont été transmis à la Presse canadienne, 41 % des répondants pensent que les conservateurs ont suffisamment bien travaillé pour mériter d’être réélus.Une proportion égalé croit le contraire, Les données recueillies indiquent aussi qu’environ un cinquième de ceux qui n’ont pas l’intention de voter pour les conservateurs estiment quand même qu’ils méritent de l’emporter.Par ailleurs, 54 % des Canadiens sondés ont dit estimer que la performance du premier ministre Stephen Harper répondait à leurs attentes, 21 % ont répondu qu’il avait fait mieux que prévu alors que 17 % estiment qu’il n’a pas répondu aux attentes.Au Québec toutefois, les gens déçus de la performance de M.Harper semblent plus nombreux que ceux qui en sont satisfaits.En ce qui concerne les intentions de vote à l’échelle nationale, ce sondage semble indiquer que les conservateurs sont toujours en deçà des niveaux enregistrés lors des élections générales de janvier.Selon le sondage, 33 % des répondants décidés au pays soutiennent les conservateurs.En janvier, le PC avait obtenu 36,3 % des votes.Les libéraux obtiennent 28 % des intentions de vote, comparativement à 30,2 % lors des élections de janvier.Le N PD se obtient la marque de 19 %, comparativement à 17,5 % lors des élections.Au Québec, le Bloc québécois obtient 43 % des intentions de vote, selon le sondage, par rapport à 18 % pour les libéraux, 16 % pour les conservateurs et 12 % pour les néodémocrates.Le Parti vert du Canada obtient quant à lui 9 % des intentions de vote au Québec et 8 % à l’échelle nationale.Il avait obtenu 4,5 % des votes aux dernières élections fédérales.«fi y a dune de bonnes nouvelles et de moins bonnes nouvelles pour les conservateurs», a noté M.Anderson.La bonne nouvelle, c’est qu’ils jouissent d’un meilleur soutien que ne semble indiquer le chiffre de 33 % pour les intentions de vote.«Le défi à relever, c’est qu’au total, la proportion de gens qui croient que les conservateurs devraient être réélus est de 41 %, ce qui, de toute évidence, n’est pas énorme», a-t-il ajouté.Les données de ce sondage semblent indiquer que les conservateurs seraient en mesure de gagner des élections mais qu’ils seraient encore minoritaires en Chambre.«Lété a été difficile pour les conservateurs», a souligné M.Anderson.Presse canadienne EN BREF Plusieurs élus aux obsèques de Benoît Sauvageau De nombreux élus et dignitaires assisteront aujourd'hui aux funérailles du députe bkxjuiste Benoit Sauvageau.mort tragiquement lundi dans un accident de la route a Repentigny.en banlieue de Montreal Le premier ministre Stephen Harper, le ministre des Transports et responsable du Que bec, Lawrence Cannon, de même que le ministre des Travaux publics et responsable de la région de Montreal Michael Fortier, représenteront le gouvernement fe deral Des deputes fédéraux de tous les partis, y compris le vice-president de la Chambre des communes.le néodemocrate Bill Blaè kie.seront egalement presents, sans oublier la quasHotaBte des 50 députés du Bloc québécois, dont le chef Gilles Duceppe.De nombreux deputes péquistes se rendront egalement a Repentigny.y compris le chef .André Boisciair On s'attend en outre a ce que l'ancien premier ministre Lucien Bouchard.qui a côtoyé Benoit Sauvageau alors qu’il était chef du Bloc assiste a la cérémonie.Les funérailles auront Beu a 14h en Fegfise Notie-Dame-desChamps.- PC I a r> .E S A C T U A 1.1T E S Des amoureux du zoo de Québec perturbent la visite du jardin des Moulins ISABELLE PORTER Québec — L’enthousiasme et la patience du président de la Commission de la capitale nationale (CCN), Jacques Langlois, ont | été mis à rude épreuve, hier matin, quand une vingtaine de manifestants «pro-zoo» ont décidé de semer la pagaille lors de sa visite de presse du parc qui remplacera l’ancien jardin zoologique.«On ne veut pas qu'ils disent qu'on les a empêchés d’entrer, c'est un parc public», criait M.Langlois aux journalistes pendant que retentissaient les assourdissantes sirènes de police dont s’étaient munis les manifestants.Le bruit était si fort qu’après cinq minutes d’une véritable torture auditive (le mot n’est pas exagéré), le president de la CCN a suggéré de faire la visite de presse «en silence».Ce qui donnait une allure plutôt ironique au communiqué de presse' remis aux journalistes, dims lequel on promettait aux promeneurs «des amenagements floraux superbes et une atmosphère de quiétude propre à la detente en milieu naturel».Baptisé «parc des Moulins» en référence aux sept moulins jésuites qui se trouvaient anciennement sur ce site, le nouveau parc occupe le sixième du territoire du jardin zoologique fermé depuis le 31 mars.Suivant la volonté du gouvernement provincial.l’autre section du terrain (celle où se trouvent toujours les animaux) est administrée par la SEl’AQ et doit abriter une école d’horticulture.Des 250 000 $ investis dans l’aménagement du nouveau pire.100 000 !> ont servi à financer une nouvelle clôture pour marquer la separation entre les deux zones.Pour les défenseurs du zoo comme Francine Vachon, c’est absurde.«Je le connais, ce parc-là, ce n’est pas nouveau.Le nouveau, c’est qu’ils ont mis une clôture au fond pour nous empêcher d'acceder aux animaux/» Revirement majeur pour ta CCN Le nouveau pair nécessitera un budget annuel de 500 000 8, ce qui se' compare à d’autres parcs gérés par la CCN, a-t-on precise hier.L’an prochain, 500 iKX> $ additionnels permettront d’améliorer le pavage et les éclairages.Après avoir vu son existence remise en question, la Commission de la capitale nationale collection ne les mandats depuis quelques mois.Outre ce parc, le gouvernement provincial lui a confie le chantier de la promenade Sanniel-de-Champlain aux abords du fleuve et, tout récenunent, le nouveau site archéologique Roberval.«Aiis relations avec le gouvernement sont excel/entes.Sous sommes passes de Ukt (Xk> $ de chantiers l’an dernier à plus de 90 millions de dollars, se réjouit M.1 anglois.U Parti liberal appriivise la Commission et se rend compte que nous sommes un outil de développement de pour la capitale.» En mai dernier, le rapport Geoj-frion sur la modernisation de l’Etat commande par le gouvernement du Quebec avait recommande l'abolition de la Commission de la capitale nationale, mais cette propositionai’avait pas été retenue.Collaltomtrice du IMrtxùr Herbe à poux : Québec verra ce qu’il peut faire LOUIS-GILLES FRANCŒUR Pour la premiere fois en prés de 30 ans, un ministre québécois responsable du dossier environnemental accepte d’examiner la façon dont ce ministère pourrait agir dans le dossier de l’herbe à poux afin de réduire l’ampleur croissante de l’épidémie annuelle de rhinites et les coûts imposés aux établissements de santé.Selon Pascal D’Astous, porte-parole du ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), «le ministère va regarder ce qu’il peut faire, soit étudier le dossier pour évaluer nos possibilités d'intervention dans le cadre de nos champs d'intenention».Le dossier, a-t-il ajouté, devra aussi être examiné avec d’autres ministères, notamment celui des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), dont les compétences relatives aux écosystèmes se recoupent ou sont souvent très près les unes des autres.En général, ces deux ministères adoptent comme ligne de partage que l’Environnement se concentre sur toutes les questions relatives à l’eau, au sol et à la végétation alors que le MRNF s’occupe des espèces animales présentes dans ces écosystèmes.Le porte-parole du ministre Claude Béchard réagissait au dossier publie hier sur l’augmentation des concentrations de pollen allergène et l’allongement de l'épidémie annuelle, qui touche plus de 120 000 personnes dans la seule grande région de Montréal, un phénomène qui semble être lie au problème des changements climatiques.Mais dans la région métropolitaine, toutes les administrations tentaient d’éluder le problème.Pour sa part, la Ville de Montréal n’a pas voulu faire le moindre commentaire.Elle est l’objet d’un recours collectif de plusieurs millions de dollars pour n’avoir pas appliqué avec rigueur son propre reglement sur le contrôle de Iherbe à poux sur son territoire.Afin d'éviter que la tactu tv ne giimix' davantage.Montréal a alors aboli son règlement, laissant une partie importante de sa |x>[mln lion aux prises avec ce problème de siuite en pleine cmissance.I r der nier nip|x>rt publie sur la qualité de l’air, en juin, démontrait que le ixd Ion allergène était le seul contain! nimt en progression constante.Quant à la nouvelle Commu naute métropolitaine de Montreal, son porte-parole, Jean-François léonard, coordonnateur du dos sier environnemental, avouait qu’après un an en |x>sle, il n’avait pas encore ouvert ce dossier une seule fois.Les procureurs de la CMM, a t il dit au Devoir, ne sont ims siim que la CMM obtienne de Québec le pouvoir de réglementer la contamination de l’air ivu le pol-len d’herbe à poux.A Québec, on avait un tout autre |ximt de \ne Pascal 1 '’Astous a |m'use que le pouvoir reglementaire en matière de pollution atmosphérique que détenait la dètunte CUM avait, selon toute vraisemblance, été «transfère sans restriction à la CMM».Or le contrôle de llierbe à poux, qui émet le ixillen alleigène, taisait partie des substances contrôlées par le ivglenient sur l’assainissement de l’air.Le Ih'ixiir K Ssr ••••• M • •••• ••••• •••••• *•••• îSà— •••••••MO •••••MH 'A LE RETOUR DE CHRISTIANE CHARETTE 9H LE 4 SEPTEMBRE ÉMISSION SPÉCIALE La rentrée radio, télé et Internet de Radio-Canada avec toutes ses vedettes.Réalisation : Bruno Guglielrmnetti 0?c CS 0 'S ü d “O C0 C C0 ü 6 "5 CO k— 1 ?5 «•» FM PREMIERE CHAINE LE I) E V 0 I H , SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 SEPTEMBRE 2 0 0 6 A (* LES L E S A C T U A LIT E S DOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR C’est souvent la région lombaire (le bas du dos) qui souffre le plus.Elle supporte les deux tiers du poids corporel et les trois quarts des mouvements du tronc.Un véritable pivot.Et le terreau des hernies.SUITE DE LA PAGE 1 maux de dos sont le plus important problème de santé pour 17 % des Québécois.Seules les allergies sont plus répandues (le quart de la population).Le Québec ne fait pas exception: la grande majorité des pays industrialisés présentent des statistiques semblables.Alors, mal de dos, mal du siècle?L’expression a techniquement fait son temps au passage du millénaire — on l’utilisera davantage aujourd’hui pour décrire les ravages du sida, de l’obésité, du cancer ou des maladies mentales.Mais elle vient encore rappeler en 2006 l’incroyable prévalence d’un mal persistant.«Le nombre de personnes qui ont mal au dos reste stable d’une année à l’autre», observe le président de l’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec (OPPQ), Paul Castonguay.L’observation est confirmée par plusieurs médecins et chiropraticiens.«Et rien n’indique que ça baissera dans les prochaines années», poursuit M.Castonguay, en évoquant que l’obésité, le stress et plus globalement le déconditionnement physique de la population sont des facteurs favorisant le risque de développer des maux de dos sévères.650 millions par année A la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), les troubles musculo-squelet-tiques (TMS) sont toujours la première cause de lésions professionnelles déclarées, ceci malgré une légère baisse des cas depuis cinq ans, expliquée par les activités de prévention et le travail des comités santé et sécurité au travail, te tiers des dossiers d’indemnisation ouverts entre 2001 et 2004 concernent les IMS.Cela représente environ 40 000 personnes chaque année, dont 32 000 ont spécifiquement mal au dos.Une enquête menée par l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) en 1998 indiquait que le quart des travailleurs québécois ressentent des maux de dos «souvent ou tout le temps».Au boulot presque tout le monde est «menacé»: les travailleurs de la construction bien sûr, mais aussi ceux du réseau de la santé (45 % des lésions subies reliées au dos), des services de garde, les livreurs, ceux qui font du commerce.Le danger guette même en position stationnaire: les caissières debout dans les supermarchés, tous ceux assis devant un écran d’ordinateur trop haut, sur une chaise trop basse, courent le risque de souffrir du dos.Pour la CSST, l’ensemble des indemnisations annuelles liées aux TMS représente 65,0 millions de dollars en frais.Aux Etats-Unis, on parle d’une somme avoisinant les 100 milliards, en comptant les pertes de productivité et les frais médicaux — dans ce pays, le nombre d’opérations orthopédiques au dos a bondi de 77 % entre 1996 et 2001.C’est cher?Les patients dont le dos flanche ont besoin de beaucoup de temps pour s’en remettre.Sans compter que le risque de rechute est grand.Il y a deux ans, la moyenne de la durée de l’absence du travail des gens affectés par un 'IMS était de 53 jours.«Il y a beaucoup de souffrance humaine liée à ce problème, dit Suzanne Stock, spécialiste en médecine du travail à l’INSPQ.Mais aussi des coûts économiques très importants.» Orthopédagogue, Claudia Barbe a pu revenir à l’enseignement l’an dernier, après près de trois ans d’arrêt total.Ses tâches ont toutefois changé.Elles sont moins physiques — et c’est ce qu’elle aimait le plus.«Les séquelles sont importantes, dit-elle./«! de la difficulté à rester longtemps debout, ou à marcher.Ça se fait sentir dans tout, autant au travail qu’à la maison.» Elle a suivi tous les traitements possibles: médecine régulière, physiothérapie, chiropratie, ergothérapie, injections de cortisone, ostéopathie, massothérapie, neurochirurgie, corset, le chaud, le froid.«Ça soulage ponctuellement.Mais il y a toujours ce point dans le dos qui fait très mal.» Jeunes et vieux A des degrés variables, à peu près personne n’échappe à cette douleur: une enquête menée en 2002 par l’Agence de santé publique du Canada montre que 7 % des jeunes de 11 ans ont mal au dos au moins une fois par semaine fles sacs trop lourds, le sport).La proportion augmente à 18 % chez les 15 ans.Les personnes âgées sont évidemment à risque, mais la plupart des crises s’observent toutefois chez les 30-50 ans, selon Statistique Canada L’accouchement, l’apprentissage de la marche, les chutes, la croissance sont tous des facteurs qui peuvent causer des maux de dos aux enfants, note Daniel Boisvert, vice-président de l’Ordre des chiropraticiens du Québec (OCQ).«Chez les adolescents, on voit ces dernières années toute une nouvelle variété de blessures au dos liées aux activités physiques, comme la planche à roulettes ou à neige.C’est en rapport direct avec ce que font les jeunes.Et les activités aujourd’hui sont souvent plus traumatisantes qu'auparavant.» Ce sont ces petits traumatismes accumulés au til des ans qui déclencheront plus tard ce qui paraît être des blocages subits du dos.«C’est très fréquent que des blessures qui cmt récupéré en surface ont causé une perte d’intégrité fonctionnelle des tissus paravertébraux, explique M.Boisvert C’est comme ça qu’un jour quelqu’un se penche et que tout bloque.» Même chose pour les personnes âgées: «Certains passent toute leur vie sans un problème.Mais on se rend compte que les petites blessures imperceptibles se détériorent quand même, et à un moment on at- teint le stade où la colonne n’est plus capable de rien prendre.» Véritable chef-d’œuvre de design humain, le délicat alliage des 33 vertèbres qui forment la colonne vertébrale, enveloppe protectrice de la moelle épinière et support de la tête, est quelque chose d’éminemment fragile.Une sculpture de verre qui, chaque jour, est sollicitée pour 1500 à 2000 inclinaisons.C’est beaucoup de boulot pour le dos, d’autant plus qu’on calcule que 35 % des positions adoptées par l’être humain dans une journée sont nocives.C’est souvent la région lombaire (le bas du dos) qui souffre le plus.Six lésions sur dix sont concentrées dans cette région: c'est la plus solhcitée, la plus mobile.Elle supporte les deux tiers du poids corporel (donnée importante quand on parle d’obésité) et les trois quarts des mouvements du tronc.Un véritable pivot Et le terreau des hernies.Selon Statistique Canada, il est pratiquement impossible de déterminer l'origine précise d’un mal de dos dans 90 % des cas.«C’est multi-causal», dit Paul Castonguay.Un enchevêtrement de causes physiques et psychologiques.Scoliose, arthrose, mauvais tonus des muscles (dorsaux et abdominaux), sédentarité, obésité, tabagisme, stress chronique, dépression, effort physique excessif, habitudes des mauvaises postures.Une exagération de la courbure lombaire étire les ligaments.Les disques se déforment Et la douleur apparaît.Solution: exercice Il n’y a toutefois pas de fatalité ici.Les solutions pour s’éviter un petit calvaire spinal existent Plier les genoux avant de soulever une charge.Adopter une position correcte au travail et à la maison.Ne pas surcharger le sac des enfants pour la rentrée.Plein de choses, mais surtout: faire de l’exercice.Car 80 % des maux de dos seraient imputables à un manque d'action.«Le déconditionnement de la société amène tellement de problèmes au Québec, lance dans un soupir Paul Castonguay.La base, avant le traitement médical, c'est d’amener les gens à une meilleure condition physique générale.Il faut s’attaquer à la forme.Et ce sont souvent des choses simples: marcher plus.Cesser de fumer.» Pour un mal aux origines diverses, M.Castonguay affirme donc qu’il faut un traitement varié.«Traumatique ou pas, les solutions sont multiples.Il faut entreprendre un traitement sur plusieurs fronts.Faire des manipulations, oui, mais aussi réentraîner les muscles.Les monothérapies pour les maux de dos, c’est catastrophique.Seulement une combinaison de traitements va aider.» Il y a 20 ans, on soignait les gens en prescrivant beaucoup de repos, indique M.Castonguay.Cette époque est finie.«Il faut moduler ses activités, mais surtout pas arrêter.» La directive est généralisée dans le milieu, peu importe l’approche.Bouger — dans la mesure du possible — reste le meilleur moyen de composer avec la douleur.Les raideurs sont moindres et ça assure au dos de demeurer souple et vigoureux.Bouger pour guérir, mais aussi pour prévenir.C’est le mot d'ordre que lancent les spécialistes et les responsables de fa santé publique.«C’est particulièrement vrai pour le dos, indique Daniel Boisvert.La colonne n'est pas un dentier: c’est impossible à remplacer.» «C’est bien d’avoir un programme d’indemnisation, ajoute un porte-parole de la CSST, mais si on peut éviter que le travailleur en arrive là, tant mieux.» Ça évitera bien des séances obligées de thermalisme, de thalassothérapie, de kinésithérapie, d’ergothérapie, d’ostéopathie, d'homéopathie, de massage, d'acupuncture, dhypnose, de relaxation, de yoga, de chiropratie, de physiothérapie, d’orthopédie.Le Devoir Mkhel Roy: rencontre avec un vétéran du journalisme québécois MEDIAS ethniques Des Journaux en mandarin, de la radio en grec et de la télé en arménien.^ Bienvenue dans te vrai Montréal multiculturel.CONFLITS D’INTÉRÊTS Les journalistes aiment les dénoncer.Comment les vivent-ils?CONSEIL OE PRISSE Brouiller les photos: insuffisant ?lülilüllll nil ÉsiSi; t.Le magazine du journalisme En kiosque maintenant Abonnement et information : 514 522-8033 www.le30.org ^ ITÏTVI»)! SERVICE À LA CLIENTÈLE HORAIRE POUR LA FÊTE DU TRAVAIL Lundi, 4 septembre : FERMÉ SHIRT PASSION .SANDRO .VERTIGO .OUI.TOMBOUNI.GLORIA GAUDETTE .PATRICK GÉRARD .ETC.Pour Elle 277, av.Laurier O.2704154 Centre de Commerce Mondial 844-9125
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