Le devoir, 7 septembre 2002, Cahier F
LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DI M A \ C H E S S E I’ T E M B R E 2 O O 2 DEVOIR sation Programmes pour tous Sylvain Simard La politique québécoise d'éducation des adultes et de formation continue est assortie d'un plan d'action complet où l'enrichissement et la promotion des programmes d'alphabétisation occupent une large place.Pour le ministre de l'Éducation et de l'Emploi, «plus que de la formation, c’est de l'insertion sociale qu'il est ici question».Page 3 Alain Denis On peut apprendre à lire et à écrire à tout âge et ainsi considérablement améliorer sa qualité de vie.Alain Denis a triomphé de la dyslexie: «Ce n'est pas moi qui ai décroché du système mais le système qui a décroché de moi.» Page 6 UNICEF/SHEHZAD NOORANI La fin des inégalités r Un Etat moderne peut-il admettre qu’un septième de sa population ne puisse lire ou écrire?JA y opération tient de la démesure.Profitant de la faveur internationale, utilisant d’exceptionnels moyens balistiques, ITJNICEF a fait sienne la rentrée scolaire en * Afghanistan.Résultat: du matériel est envoyé par ' tonnes, 6000 au total, des professeurs ont été d’urgence trouvés et on parachute des «écoles en boîte».Dans un pays où 96 % des femmes sont analphabètes, l’opération consiste à amener s’asseoir sur les bancs d’écoles près de deux millions de jeunes, soit un tiers des effectifs scolaires potentiels.L'Afghanistan et l’analphabétisme.Cela semble aller de soi.Combien de reportages ont été par tout un chacun vus, l’un autant que l’autre démontrant comment un état de guerre qui dure depuis plus de 20 ans couplé à un intégrisme religieux peut forcer un pays et ses citoyens à vivre un misérabilisme comparable à celui de l’Europe d’avant Charlemagne.Un écart historique qui se chiffre à 1200 ans! Pourtant, comment identifierions-nous un Etat moderne, décrit statistiquement comme vivant dans une ère postindustrielle, si un septième de sa population s’y retrouvait incapable de lire et d’écrire?Inimaginable, et pourtant.De plus, comment expliquer un tel état de fait si cet Etat inscrit dans ses dépenses annuelles en deuxième place les budgets consacrés à l’éducation?Aberrant quand même.Tel est cependant le triste sort réservé au Québec.Toutefois, avant de lancer l’anathème, il faut savoir que la situation québécoise n’a dans les sociétés avancées rien d’exceptionnel.On a souvent démontré que le Québec compte des taux de scolarisation et de réussite scolaire exceptionnels en Amérique du Nord: en fait, il est le premier de la classe.Dyslexie La faute vient d’ailleurs.De l’idée même de faute.Comme l’explique dans ces pages un dyslexique qui a fini par accepter sa situation et réussi à convaincre les autres d’y remédier, il fallait, au départ, surmonter la honte.«Par exemple, moi, je l’ai longtemps caché à ma mère.Et souvent, c’est m secret de Polichinelle.Tout le monde le sait mais personne n’en parle.» Les causes de l’analphabétisme sont multiples.La dyslexie en est une: ce n’est toutefois que récemment qu’on admet l’existence d’un tel phénomène et, encore, il est peu d’occasions offertes de repérer ce dysfonctionnement, que celui ou celle qui en souffre soit dans le réseau scolaire ou en milieu de travail.On a aussi dénoncé les agissements du monde scolaire.A preuve, il est maintenant admis, et jugé inacceptable, qu’un diplômé d’une grande université américaine puisse l’être tout en ne sachant ni lire ni écrire! De plus, comme pour beaucoup de vices sociaux, on parle aussi de désinformation, à tout le moins d’absence d’information, qui fait que l’individu aux prises avec l’analphabétisme se croit unique, alors que ce qu’il vit tient du phénomène de masse.Quant aux ravages causés par cette situation de non-lecture et de non-écriture, ils sont multiples.Les sociétés contemporaines L’individu aux prises avec l’analphabétisme se croit unique évoluent rapidement.Le monde du travail est en évolution constante: dans presque tous les secteurs, la formation devient continue et qui ne peut y accéder devient déclassé, rejeté, incapable de maintenir un emploi.Pourtant, la société, la québécoise à tout le moins, veut tqut faire pour corriger la situation.Comme le dit le ministre de l’Éducation, Sylvain Simard, «le réseau de l’éducation, tout comme la société en général, a des responsabilités à l’égard des personnes analphabètes et il est urgent d’agir».Des services sont donc en place.Toutefois, depuis 1994, il y a baisse de fréquentetion.Que faire?Informer, rejoindre là où il se trouve, à l’école comme en milieu de travail, celui qui considère sa situation comme exceptionnelle, voire unique.A cela s’emploient des organismes, comme la Fondation québécoise pour l’alphabétisation, afin de faire admettre aux entreprises, aux décideurs, qu’un tel «fléau» coûte cher à la société dans son ensemble.La misère intellectuelle ne s’excuse pas plus qu’une autre, même si elle n'est pas de même nature.Il semblerait qu’un tel travail serait méritoire.Ainsi, cette année, pour la première fois depuis huit ans, il y aurait eu au Québec un autre «retour en classe», celui de celles et de ceux qui ont quitté leur première école.Tant mieux.Il faut toutefois espérer la mise en place de programmes systématiques de dépistage des maladies reliées à l’apprentissage.Il est impensable que des inégalités perdurent, sans que l'on donne à ceux et celles qui les subissent des moyens de les corriger.Ils doivent aussi savoir que, s’ils constituent une minorité, ils sont par le nombre encore trop nombreux.Normand Thériault FONDATION QUÉBÉCOISE ANALPHABÉTISME ILLETTRISME ÉDUCATION POUR L'ALPHABÉTISATION ET FORMATION CONTINUE Une agence pour la France L'UNICEF en Afghanistan La lecture en cadeau Laurent Lapierre Page 8 Page 9 Page 3 Page 4 Une enquête TREAQ-FP Page 4 Page 6 Images publiques Dominique Bouteiller Page 8 Page 7 \ * Hydro-Québec est heureuse de soutenir les efforts de la Fondation québécoise pour l'alphabétisation.GC Hydro Québec L t DEVOIR.LES SAMEDI E 1 l> I M A \ (HE S S E I* L E M B R E 2 0 0 2 ALPHABETISAT10X l ne entrevue avec Sylvain Simard La politique de la concertation «Plus que de la formation, c’est de l’insertion sociale qu’il est ici question» Le 2 mai dernier, le ministre d’État à l’Éducation et à l’Emploi, Sylvain Simard, rendait publique la première politique gouvernementale d’éducation des adultes et de formation continue.Une politique assortie d’un plan d’action complet où l’enrichissement et la promotion des programmes d’alphabétisation occupent une large place.Comme l’affirme le ministre, «le réseau de l’éducation, tout comme la société en général, a des responsabilités à l’égard des personnes analphabètes et il est urgent d’agir».G UY LA I N E BOUCHER Si le ministre insiste tant sur l’action c’est que.même si elle est peu médiatisée, l'analphabéti-sation affecte une part non négligeable de la population québécoise.Un constat loin de le réjouir, mais qui, s’empresse-t-il d’ajouter, est malheureusement partagé par l’ensemble des sociétés occidentales.«Il faut l'admettre, dans toutes les sociétés, des gens passent à travers les mailles du filet et réussissent à compléter neuf ou dix années de scolarité sans vraiment maîtriser la lecture ou l’écriture.» Jusqu’à présent, les commissions scolaires et un réseau relativement bien établi d’organismes communautaires ont assuré les services à cette partie de la population.Des actions intéressantes, mais insuffisantes selon le ministre.«Actuellement, deux réseaux s'occupent d’alphabétisation.Il y a, d'un côté, les commissions scolaires et leurs programmes d’éducation aux adultes et, de l’autre, un réseau d’organismes communautaires.L’un est méconnu et sous-financé.L’autre n’a jamais véritablement travaillé à adapter ses programmes aux réalités et be- soins particuliers des personnes analphabètes.Surtout, ils véhiculent des philosophies extrêmement différentes et refusent de travailler ensemble.» Le meilleur des deux mondes C'est donc pour combler l'écart entre les services offerts et rejoindre la portion la plus démunie de la population que le ministère de l'Éducation a choisi d’integrer l’alphabétisation dans sa politique d’éducation aux adultes et de formation continue.•Nous ne pouvions pas penser à une politique deformation continue sans tenir compte de l'alphabétisation.Trop de gens fonctionnent difficilement en société parce qu 'ils ont des incapacités en lecture et en écriture.Au rythme où vont les choses, même le fait de savoir ou non utiliser un ordinateur sera un indice de fonctionnalité.Il ne s'agit pas simplement de préparer ces gens à l'emploi, mais aussi déformer des citoyens capables d’évaluer des problèmes, de prendre position et de s'impliquer dans les débats sociaux.Plus que de la formation, c'est de l’insertion sociale qu’il est ici question.» Pour relever le défi, le ministre entend attribuer une certaine partie des 450 millions prévus au plan d’action aux seuls services d'alphabétisation.Sur le terrain, faction se matérialisera dans un premier temps à travers une vaste campagne de sensibilisation dans les lieux de fréquentation quotidienne des adultes peu scolarisés.Des formations seront aussi effectuées auprès du personnel des commissions scolaires et des centres locaux d’emploi pour améliorer le repérage des personnes analphabètes et l’accueil qui leur est réservé.Le tout assorti de budgets de fonctionnement supplémentaires.En ce qui a trait aux services, la politique favorise le maintien de faction conjointe entre les commissions scolaires et le réseau communautaire.Les centres de formation aux adultes seront cependant invités à revoir le contenu de leur programma- JACQIÎES NADEAU LE DEVOIR Sylvain Simard, ministre d’État à l’Éducation et à l’Emploi.tion pour tenir compte de la réalité des personnes analphabètes.La formation offerte devra doréna vant faire en sorte que les adultes desservis puissent, à terme, comprendre et utiliser l’information écrite dans leurs activités quotidiennes et communiquer efficacement avec leurs pairs.Des efforts particuliers seront aussi consentis pour la promotion des services communautaires, notamment auprès des adultes ne désirant pas obtenir de diplôme ou de reconnaissance académique.Ultimement, le ministre Simard ne cache pas son intention d'arrimer les philosophies propres a chacun des milieux d’intervention.»// n'est plus question qu'il y ait d'un côte des classes froides et grises dans lesquelles personne ne se reconnaît et de l'autre des services conviviaux et dynamiques.Il faut faire en sorte que les deux réseaux aient une philosophie de travail commune.Il faut aller chercher dans les deux réseaux le meilleur de ce qui a été accompli jusqu'à present.» Des objectifs quantifiables Réaliste?fout à fait, répond le ministre.«De plus en plus, les deux reseaux travaillent ensemble de bon ne grâce.Pn mai dernier, juste avant le lancement de la politique, ils étaient plus de 700 intervenants reunis autour d’une même table.Un pas important s'est fait quant à la reconnaissance de leurs compétences réciproques.Ils ont.je pense, compris que l'ae-tion des deux réseaux était necessaire.Évidemment, il v a encore des tensions.Il serait faux de le nier, mais nous sommes sur la bonne voie.» l’as question donc de favoriser la mise en place d’un organisme de concertation national comparable à celui créé par la France.» Chaque pays offre une réponse différente à l'analphabétisme.En France, on a choisi de miser sur un grand organisme de concertation.Nous avons personnellement opté pour une politique et un plan d'action exhaus-' tifs.Si jamais il y avait du retard dans la mise en œuvre du plan d’action, nous verrons, mais pour le moment, je suis convaincu que c’était la meilleure, façon de faire.» Four ce qui est des chiffres, rappelons que le.gouvernement s'est donné pour objectif d'augmen-, ter de 5000 le nombre d'inscrits dans les services d’alphabétisation de la province, et ce, d’ici 2007.S'il est atteint, l’objectif porterait à 20 000 le nombre de personnes bénéficiant de ce genre de programme.Fondation québécoise pour l’alphabétisation lire, un cadeau pour la vie Des livres par milliers pour les jeunes Dans une province où 50 % des gens ne lisent jamais ou presque jamais de livres, la Fondation québécoise pour l’alphabétisation organise, cette année, la quatrième édition d’un projet épatant: La lecture en cadeau.EMMANUELLE TASSÉ Le concept de La lecture en cadeau est né dans un moment de désespoir.Au plus sombre de la crise du verglas de janvier 1998, dans une ambiance quasi lunaire, Sophie Labrecque, directrice de la Fondation québécoise pour l’alphabétisation (FQA), héberge alors huit personnes dans son 4 et demi.Un soir, entre deux bougies et les grandes ombres qu’elles projettent sur les murs, se glisse le sujet de conversation qui la hante.Les deux enseignantes du groupe l’assurent: elles sont capables de déceler dès la maternelle qu’un enfant ne lira pas.Pour Sophie, c’est la goutte qui fait déborder le camion-citerne.Toute l’année, elle se heurte à un problème de taille: l’indifférence du public à l’analphabétisme.Les illettrés n’ont qu’à retourner sur les bancs d’écoles, lui rétorque-ton trop souvent.«Le constat reste pourtant dramatique», s’exclame la directrice.Un tiers des jeunes quitte l’école secondaire sans diplôme, et un adulte sur cinq, soit un million de Québécois, a une capacité de lecture très limitée.«Un analphabète, c’est quelqu’un qui a déjà tenté, comme tout le monde, de passer par la porte pour se débrouiller dans la vie, explique-t-elle.Mais à force d’échecs, il est passé par la fenêtre».Seulement 2 % d’entre eux chercheront, une fois adultes, à apprendre à lire et à écrire.S'ajoute à cela une triste conséquence qui resserre encore l’étau: histoire de ne pas perdre la face, les parents illettrés valorisent facilement le système D auprès de leurs enfants.Une idée lancée «comme une bouteille à la mer» Refusant de se laisser abattre, Sophie veut provoquer.Un mouvement, une action.Une volonté collective de lutter contre ce fléau qui prive tant de citoyens d’une place digne de ce nom dans la société.Au cours de la nuit qui suit cette discussion entre amis, elle couche sur papier l’idée qui en a germé.«Transformer l’amour de la lecture en un projet extraordinaire, résume-t-elle.Donner la lecture en cadeau».Que chacun offre un livre neuf à un enfant issu de milieu défavorisé.Que le monde de l’édition et les grandes entreprises s’en mêlent.Le livre a quelque chose de magique, de fort, de symbolique.Et le livre neuf, pour l’enfant qui n’hérite que de vêtements et de jouets de seconde main, prend une valeur toute particulière.«Imaginez, à sept ou huit ans, recevoir Harry Potter de la part d’un inconnu!», lance Sophie en souriant.Au début officiel de cette aventure, en septembre 1999, l’objectif est fixé à 500 livres.La collecte doit se faire pendant les Fêtes.Un grand nombre de libraires de Montréal acceptent de fournir une boîte où déposer les dons des clients.Le principe est tout bête: le donateur glisse son cadeau dans un sac transparent prévu à cet effet et laisse ses coordonnées sur la carte postale qui s’y trouve déjà s’il souhaite avoir des nouvelles de l’enfant qui recevra le tout.Le public marche à fond.Dès le mois de janvier, 2025 livres sont ramassés, inspectés, triés et remis en mars à des enfants référés par des écoles défavorisées, des intervenants spécialisés ou des organismes.Inespéré.Grâce à un don exceptionnel des éditeurs, il en tombe 15 000 l'année suivante.Puis, en 2001, pour la troisième édition de l’événement, c’est un record: 16 000 livres, offerts cette fois exclusivement par le public, peuvent être distribués aux enfants à l’échelle du Québec.Aujourd’hui plus de 100 librai- IMAGE MEDIA MAUR1CIE /MARIE DE MAI ME Jean-Claude Germain, porte-parole de l'événement La lecture en cadeau.ries de la province et une cinquantaine de bénévoles participent au projet.Les distributions passent essentiellement par les établissements scolaires, mais la tendance est à l’envoi individuel, un procédé que la FQA voudrait élargir au fil des années.Hydro-Québec, Domtar et Transcontinental, principaux commanditaires du projet, acceptent que ni nom ni logo ne figurent sur les ouvrages, une prouesse dont la FQA n’est pas peu fière.«Je tenais à ce que chaque livre reste neutre», confirme Sophie Labrecque.Un livre dans ma vie Mais un simple livre a-t-il tant d’impact dans la vie d’un enfant?Aussurément, répond Jean-Claude Germain, homme de lettres et porte-parole du projet.«Ce qui est important, c’est la présence de l’objet, dit-il, complètement absent dans trop de foyers québécois.» Le petit garçon qui a grandi dans les années 40, est né, de son propre aveu, dans un roman d'Alexandre Dumas.Les histoires de guerre et de cape et d’épée berçaient son imagination à raison de six à neuf livres par semaine! Il s’insurge contre cette croyance moderne qui veut que les jeunes ne lisent plus.«C’est faux!, s’écrie-t-il.Dans ma jeunesse, j’étais Je seul extraterrestre à lire.L’Église a lutté contre la lecture aussi longtemps qu’elle l’a pu, surtout auprès des classes populaires.Je crois au contraire que la littérature jeunesse québécoise explose et qu ’il faut profiter de cette circonstance favorable.» Le livre reste à ses yeux un objet fantastique, mythique.«Il faut lui faire confiance, ajoute le dramaturge, il nous amène toujours quelque part.» I^s femmes (83 % des donateurs de livres) achètent directement un ouvrage jeunesse, tandis que les hommes préfèrent majoritairement faire un chèque à la FQA.Les entreprises peuvent également participer au pro- jet en organisant une cueillette auprès de leurs employés, tout comme les particuliers.C'est ce que Philippe Beauregard a tenté à Noël 2001.Consultant en gestion philantropique, le jeune homme de 28 ans, déjà largement sensibilisé à la cause, convie une vingtaine d’amis à une soirée privée, dans le Mile End, invitant chacun des participants à apporter un livre.Il contacte la FQA qui lui envoie une grande boîte et des sacs plastique.Le Petit Prince, Tintin, Anne aux Pignons verts, Manon des Sources, chacun partage ce soir-là un coup de cœur, un bout d’enfance et échange volontiers sur la question.«C’est comme donner un morceau de son musée intérieur», estime Philippe Beauregard, qui compte bien remettre ça en décembre prochain.«L’analphabétisme est un handicap aussi lourd qu’invisible.Je souhaite que les donateurs comprennent toute l’ampleur de leur geste, rêve tout haut Sophie labrecque.Mais surtout, j’aime-, rais faire un jour de La lecture en cadeau un rituel qui s'inscrive naturellement dans les mœurs québécoises.» L\ LECTURE EN CADEAU Fondation québécoise pour l’alphabétisation w (514) 289-1178 poste 225 www.fqa.qc.ca jgpremlre àKreM V A» a ec-nre, Pour mieux connaître vos droits linguistiques, communiquez avec le Commissariat aux langues officielles ! pour mieux défendre vos droits ! Région du Québec 2021, avenue Union, bureau 805 Montréal (Québec) H3A 2S9 Tél.: (514) 283-4996 oui 800 363-0628 COMMISSARIAT AUX LANGUES _ OFFICtEIXF.S OFFICE OF THE COMMISSIONER Ol OFFICIAI.lANOUAGFK www.ocol-clo.gc.ca SA VOIR JOURNÉE INTERNATIONALE DE L'ALPHABÉTISATION - 8 SEPTEMBRE 2002 t V y L K DEVOIR.LES SAMEDI ET DIMANCHE 8 SEPTEMBRE 2 0 0 2 F 1 ALPHABETISATION Une entrevue avec Laurent Lapierre -Z Nous sommes tous un peu analphabètes Pour un enseignement intégré des connaissances f jointes à une implication émotive des étudiants \ «L’analphabétisme, c’est davantage que de ne pas savoir lire ou écrire.Certaines personnes sont analphabètes de leurs pensées et c’est vrai même pour des professeurs d’université!» Une telle déclaration peut surprendre.Pourtant, celui qui la pronnonce le fait avec autorité: Laurent Lapierre, de l’École des hautes études commerciales de Montréal, est titulaire de la Chaire de leadership Pierre-Péladeau.CLAUDE LAFLEUR Pour l’éminent professeur des HEC, Laurent lapierre, nous sommes tous plus ou moins analphabètes! En effet, pour lui, il existe plusieurs formes d’analphabétisme puisque quantité de personnes sont analphabètes de leurs émotions ou analphabètes sur le plan affectif, car elles sont incapables d’exprimer à l’aide de mots leurs émotions et leurs pensées profondes.Au sens strict, explique M.Lapierre, l’alphabétisation est la capacité d’utiliser l’alphabet, donc de savoir lire des mots et de les utiliser pour faire des phrases et pour s’exprimer de façon intelligente.«On utilise donc le pouvoir des mots pour s'exprimer autant par l’écrit que de façon orale et en sachant que si un utilise tel mot, cela veut dire telle chose», dit-il.Toutefois, s'il est relativement aisé d’apprendre à lire et à écrire, il est beaucoup plus difficile de maîtriser les mots nécessaires pour exprimer sa pensée et ses émotions, poursuit-il.«L’analphabétisme, c’est davantage que de ne pas savoir lire ou écrire, dit-il.Certaines personnes sont analphabètes de leurs pensées et c'est vrai même pour des professeurs d’université! Certains professeurs lisent les théories des autres, ils lisent les derniers livres à la mode et ils vont en classe restituer — et le mot est bien choisi — ce qu’ils ont lu, sans l’avoir digéré.Mais si vous leur demandez ce qu’ils en pensent, alors là, ils paniquent!» Laurent Lapierre a un parcours pour le moins étonnant puisque, titulaire de la Chaire de leadership Pierre-Péladeau et professeur à l’École des hautes études commerciales de Montréal, il est détenteur de baccalauréats en arts, en pédagogie et en histoire en plus d’un MBA et d’un doctorat.Il a même acquis une formation clinique en psychothérapie.De surcroît, il a été le premier directeur administratif du Théâtre du Trident et il a été membre du conseil d’administration de plusieurs compagnies de théâtre et de l’Orchestre symphonique de Montréal.Il est actuellement membre du conseil d’administration du Fonds d’investissement de la culture et des communications.Leadership et gestion Son enseignement, aux HEC, porte sur la direction, le leadership et la gestion des entreprises artistiques.Le prof lapierre s’intéresse tout particulièrement à l’inlluence de la personnalité des gestionnaires sur leurs façons de diriger, ainsi qu’aux comportements générateurs de succès et d’échecs dans l’exercice de la direction.11 concentre ses recherches à l'étude des phénomènes du leadership en milieu SOURCE HEC «L’analphabétisme, c’est davantage que de ne pas savoir lire ou écrire», explique Laurent Lapierre.organisationnel, sur la direction des entreprises artistiques et sur la pédagogie universitaire.Il a publié quantité d’articles et d’ouvrages en cette matière, dont les livres Imaginaire et leadership (trois tomes), Roland Ar-pin et le Musée de la civilisation et Fierre Bourque.Le jardinier et l’ingénieur.«Je suis quelqu’un qui s’intéresse à la question du leadership et je parle d'alphabétisations dans une perspective de leadership, précise- t-il.Parlons d’alphabétisations — au pluriel — parce qu’il y a pour moi l’alphabétisation des mots mais également celle de la pensée et celle des émotions.» Il explique: longtemps, on a pensé que l’intelligence n’était qu’une affaire cognitive, c’est-à-dire des gens capables de maîtriser de façon assez abstraite des concepts ou d’utiliser des mots ou des connaissances.Toutefois, on se rend compte qu’on ne peut pas diriger une organisation uni- quement avec son intelligence cognitive; personne ne devient un leader, peu importe le domaine, seulement avec l’intelligence cognitive.De même, on ne peut élever nos enfants qu’avec son intelligence cognitive.Il y a une importante partie émotive.Dans ses recherches, Laurent Lapierre a observé que les grands leaders sont également des personnes intérieures.«Tu ne peux pas avoir des convictions profondes ni avoir confiance que tu peux changer des choses si tu n’es pas en contact avec ce qui se passe à l’intérieur de toi.Or, les mots sont une façon d’être en contact avec cette réalité intérieure.» Au-delà de la lecture Parler de leadership revient donc à parler d’alphabétisations puisqu’il est nécessaire d'utiliser des mots pour être en contact avec ce que nous sommes et avec nos pensées profondes.«On peut utiliser toute sorte de mots, observe le chercheur, savoir lire, lire beaucoup — une sorte de boulimie intellectuelle —, mais des gens à qui on demande: “Mais toi, qu’est-ce que tu penses?”, ils ne savent pas ce qu’ils en pensent! Beaucoup de gens lisent, lisent sans cesse mais on dirait qu’ils n’assimilent jamais rien.Pour moi, c’est une forme d’analphabétisme; ils ne font que gober sans jamais rien intégrer.» Ainsi, pour lui, l’enseignement à l’école est davantage une question d’intelligence émotionnelle, ce qu’il appelle même une intelligence de faction.Or, ce type d’alphabétisation est davantage lié à l'apprentissage qu’à la simple maîtrise de connaissances.«J’enseigne dans une école d’administration où ce qui importe c’est que les étudiants n’appren- nent pas juste des connaissances, -Z dit-il.Si tu ne sais que parler des > théories de la gestion mais que tu > ne sais pas diriger, alors là, il y -* une partie de la formation de > l’école qui est défaillante.» Z Par conséquent, Laurent Lapierre préconise un enseigne- -ment intégré des connaissances **¦ jointes à une implication émoti- > ve des étudiants.Par exemple, > s’il avait à enseigner l’alphabet, il ne ferait pas, selon ses dires > «de distinction entre Tanalphabé-tisme cognitif et l’analphabétisme > littéraire ni entre Tanalphabétis- > me émotionnel et Tanalphabétis- *“ me électronique».Concrètement, > il enseignerait tout à la fois; ses y élèves apprendraient autant à déchiffrer les lettres et les mots ;* qu’à taper sur le clavier d’un or- •* dinateur de même qu’à utiliser > le courrier électronique, Inter- ! net et les fonctions de correc- «Z tion orthographique.«Je leur apprendrais à écrire y des mots simples qui disent ce’.' qu’ils ressentent et ce qu’ils pen-y sent, explique-t-il.Je leur appren- **¦ drais donc, à même l’écran d’ordi- !» nateur, à écrire un petit mot à y leur conjoint ou à leur conjointe, ou encore à écrire une carte d'an-y niversaire virtuelle.Peu impor-y te ce pour quoi on opte comme su- !» jet, du moment que c’est possible ~ et intéressant.La personne qui v n’a jamais appris à écrire le fera’y parce qu’elle en a envie.Et, de fil y ; en aiguille, elle parviendra à lire !* le nom des rues, puis les cartesy.postales qu’elle reçoit.» C’est ainsi que M.Lapierre!» estime que les étudiants acquer- ÿ; raient beaucoup plus facilement t \ (I I K .LES SA M L l> I ET l> I M A X t H E S E P T E M H R E ALPHABETISATION l'ne entrevue avec Dominique Bouteiller Les nouveaux Sisyphe Les entreprises doivent s’engager dans des démarches de formation active Dominique Bouteiller est professeur en gestion des ressources humaines aux HEC de Montréal et spécialiste en ges-ion de la formation et des compétences.En mars dernier, à invitation d’Option-Compétences et de la Fondation québécoise pour 1 alphabétisation, il donnait à Rouyn-Noranda une conférence intitulée Former pour performer: état des lieux et L onditions de réussite.Pour lui, «la formation n'est pas une panacée; elle peut même être inutile.Elle n’est qu'une des voies d acquisition des compétences avec l’autoformation et .me organisation plus intelligente du travail et des parcours professionnels.» FRANÇOIS HUOT Dominique Bouteiller a le regard «décapant», ges déclamations le prouvent.A preuve: Les dollars dépensés ne deviennent pas magiquement des dollars investis»; «La formation n’a jamais vraiment été “continue", comme on la qualifie souvent abusivement.Et elle ne peut l’être! C'est l’apprentissage qui doit devenir continu»; «La loi 901 [adoptée en 1995 avec pour objet de favoriser le développement de la formation de la main-d’œuvre] n’impose aux entreprises visées qu’une obligation de moyens — dépenser en formation dans l’année au moins 1 % de leur masse salariale — et non une obligation de résultats.» Ouf Pour Dominique Bouteiller, les entreprises «n’ontguère le choix de s’engager dans des démarches formatives actives».Mais il affirme du même coup cfue, même en s’engageant dans cette voie, elles ne «parviendront probablement pas à maintenir au niveau nécessaire les compétences dont elles ont besoin à court, moyen et long terme».Reprenant la formule célèbre d'Aristote sur les conditions suffisantes et nécessaires, il indique que, si la formation.telle qu’on la pratique actuellement, est incontestablement nécessaire, elle ne sera «probablement jamais suffisante à l'optimisation en continu du capital-compétence de l'entreprise.» Les compétences : un capital variable Chaque compétence a son propre cycle de vie: développement, optimisation et déclin.Ce cycle est plus ou moins long selon la nature de la compétence exigée et de l’environnement socio-économique et technologique qui va l’influencer.Ainsi, la connaissance d'une version d'un logiciel de traitement de texte aura une durée d’utilisation souvent limitée alors que la capacité d'animer une réunion ou d’analyser des problèmes ne pourra que s’approfondir au fil du temps.Au vu de l’évolution des techniques et des modes de produc- Des employés peu ordinaires Il faut former différemment si l’objetif visé est d’alphabétiser.Sur ce sujet, Dominique Bouteiller est volubile, lui qui est l’auteur de «Le Syndrome du crocodile et le défi de l’apprentissage continu» et «Formation de la main-d'œuvre: plaidoyer en faveur d'une loi du 10 %» insérés dans Former pour performer.Les enjeux du développement des compétences en entreprise, (eoll.«Racine du savoir», Revue internationale de gestion).! «La personne analphabète n’est pas un employé à “gérer comme les Autres.Le manque de compétence visée est directement lié à l'individu, son histoire personnelle, ses repré- sentations de lui-même.Il ne s'agit pas d’autre part d’un besoin de formation “ordinaire”, facile à objectiver à l’aide des approches diagnostiques habituelles.Une action d'alphabétisation exige la patience du milieu, l'aménagement des fonctions et des parcours professionnels, la persévérance des individus et doit donc s’inscrire dans un contexte de stabilité et de sécurité.Dans tous les cas, l’expérience montre que ce défi ne peut être relevé qu’en misant à la fois sur un profond respect des individus concernés et sur un engagement actif et intelligent de toutes les parties au dossier, syndicat, encadrement, collègues de travail, famille, etc.» tion en vigueur dans le monde, il appert que «la logique générale en opération en est bien une de dégénérescence d’un acquis au fil du temps».En fait, «plus la compétence sera pointue et spécialisée [et] tributaire d'un domaine scientifique, technique ou réglementaire qui évolue vite, plus cette logique d'obsolescence accomplira son travail dévastateur».Parallèlement, les compétences requises par les emplois sont de plus en plus nombreuses et complexes, que ce soit pour la réalisation performante des acti vités «ordinaires» ou de celles exigées des cadres intermédiaires et supérieurs.«Qu’il s'agisse d’implanter des processus d’amélioration continue [ou] de chercher à se conformer aux normes ISO [.] les nouvelles stratégies d’entreprise exigent de produire des compétences de plus en plus diversifiées, de plus en plus complexes et d’en renouveler le “stock” de plus en plus rapidement.» A cela s’ajoute au Québec le haut niveau d’analphabétisme caractérisant les employés du secteur manufacturier, les empêchant «d’utiliser les notions élémentaires de la lecture, de l’écriture et du calcul dans les applications courantes de leur travail».Lecture, écriture, calcul, ces compétences de base sont, explique Dominique Bouteiller, d'ores et déjà devenues des préalables au développement des «nouvelles compétences de base» que sont maintenant la maîtrise de certains logiciels et procédures informatiques, la compréhension de certains processus de gestion ou la connaissance d'une langue étrangère, etc.D’un côté, les compétences acquises semblent se dégrader inéluctablement, de l’autre, le «système» en requiert de plus en plus et de plus en plus rapidement.Bref, entre «l’offre et la demande de compétences», un fossé peut se creuser et s’élargir jusqu’au point de non-retour.La formation serait-elle alors la «potion magique» pour corriger la situation?Ce qu’il faudrait faire Si Dominique Bouteiller n’a pas LA solution, il ne croit néanmoins pas que la formation, même stratégiquement gérée, puisse «livrer toute la marchan- Entre « l’offre et la demande de compétences», un fossé peut se creuser et s’élargir jusqu’au point de non-retour.ALPHABETISATION P R 0 fi R A MMES POOH TO U S CK CAHIER SPÉCIAL EST P r B L I É PA P, L K I) K V (I I H R e s |i » usable N 0 R M A \ I) T 11 É R IAI LT nlheriaullaledevoir.ca 2050.rue de Blenrv.9' étage.Montréal IQuébecI HAA SM!), tel.: (51 1| 985 3333 redactiuiioledevoir.com F AÏS CE g U E D 0 i S Espace alpha www.alpha.cdeacf.ca À l'occasion dü S septembre Lancement de deux nouveaux outils pour les formatrices et formateurs Logiciel de création pédagogique AZADEnliyne Recueil d'exercices en français et arithmétique de base PLUS -:- .Une fenêtre pour suivre les actualités ; .Des répertoires pour connaître les ressources andragogiqpes .Un calendrier interactif pour diffuser vos activités ; .Des vitrines régionales pour trouver les organismes d'alpha.M Centre de documentation sur l'éducation des adultes et la condition féminine CDEACF - 110.rue Ste-Thérèse, bur.110, Vieux-Montréal, H2Y 1E6 TÉ1.:(514) 876-1180, téléc.(514) 876-1325, courriel : info@cdeacf.ca dise».Le volume et la diversité des nouvelles compétences à développer croissent sans cesse alors que la demarche formative reste étroitement conditionnée par de lourdes contingences (temps, argent, complexité) qui en empêche le déploiement complet et en temps réel.Concrètement, la formation dite continue ne peut au mieux qu'être «une remise à niveau temporaire des compétences».Tel Sisyphe qui tente sans fin de monter un rocher sur le haut d'une mon tagne, mais n’y parvient jamais car la pierre retombe à l'approche du sommet, la formation serait une activité encore et toujours à reprendre.A cette impossibilité apparemment insurmontable s’ajoutent les travers classiques des activités de formation: compétence inutilement développée.trop centrée sur le court ternie, trop focalisée sur la tâche, offerte au mauvais moment ou aux mauvaises personnes! Il y a pourtant des entreprises qui réussissent.Deux traits les caractérisent: la formation y est fortement et publiquement appuyée par la hiérarchie (haute direction et cadres) et elle est le fruit d’une prise en charge décloisonnée et mieux partagée au sein de l’entreprise où de nouveaux acteurs deviennent partie prenante à sa gestion.Des voies d’action A cela, Dominique Bouteiller propose d’ajouter deux voies d’action: responsabiliser l’apprenant et individualiser sa démarche formative pour en faire un être «autoapprenant»; redéfinir l'organisation du travail et SOURCE KQA Si Dominique Bouteiller, spécialiste en gestion de la formation et des compétences, n'a pas IA solution, il ne croit pas néanmoins que la formation, même stratégiquement gérée, puisse «livrer toute la marchandise».des parcours professionnels pour qu’ils deviennent «autoqua-lifiants» en démultipliant les occasions d’apprentissage et de développement professionnel.Selon Dominique Bouteiller, ce défi est très ambitieux et toutes les entreprises ne sont pas actuellement en mesure d’y faire face, les PME devant composer avec de multiples contraintes alors que la grande entreprise aura de la difficulté à responsabiliser da- vantage son personnel ainsi que son encadrement et à repenser son organisation du travail.Mais le défi est aussi individuel car chaque «porteur de compétence», par son niveau d’initiative et d’engagement, influence le résultat d’ensemble tout en tentant, sur le plan individuel, de préserver et d’améliorer ses chances de progression au sein de l'entreprise ou de mobilité au cas où il la quitterait! REGROUPEMENT DES GROUPES POPULAIRES EN ALPHABÉTISATION DU QUÉBEC 2120, Sherbrooke est, bureau 302 Montréal (Québec) H2K 1C3 Les groupes d’alphabétisation populaire présents dans toutes les régions du Québec -.LIGNE INFO-ALPHA 1.800.361.9142 Une force collective Un milieu de vie Un lieu d’apprentissage et d’expression sociale pour les personnes peu alphabétisées i V L E I) K V O I K .I.E S S A M E D I ET DIMANCHE 8 SEPTEMBRE 20 O 2 F 8 ALPHABETISATION Des analphabètes par millions La France compte sur une agence nationale de lutte contre l’illettrisme Il a fallu attendre l’an 2000 pour qu’une loi impose la concertation à 150 intervenants répartis dans tout l’Hexagone L’analphabétisation sévit dans tous les pays de la francophonie.La France ne fait pas exception à la règle.Pour endiguer le problème, l’Hexagone se dotait en 2000 d’une Agence nationale de lutte contre l’illettrisme.Un organisme de concertation et de coordination ayant des relais dans toutes les régions de la France.GUY LAINE BOUCHER Les chiffres les plus récents permettent d’établir qu’envi-ron 2,3 millions de personnes souffrent d’illettrisme en France.En 2001, le ministère de la Défense, au moyen de tests administrés dans le cadre de la Journée d’appel et de préparation à la défense, estimait qu’environ six à neuf pour cent des jeunes âgés de 17 à 18 ans éprouvaient des difficultés à lire et à écrire ou étaient carrément analphabètes.Le problème n’est pas nouveau.Depuis des décennies, environ 150 organismes sont à pied d’œuvre dans tout le pays pour remédier à la situation ou prévenir une aggravation de la problématique.Il a cependant fallu attendre 1998 et l’adoption par le Parlement de la I/>i d’orientation sur la lutte contre les exclusions pour voir le sujet porté à l’avant-scène de l’actualité politique.«Depuis 1984, un Service interministériel agissait dans le dossier, mais après l’adoption de la Loi contre les exclusions et d’une série d'articles portant sur l’accès pour tous à l’éducation, on a tout de même senti le besoin de faire un état des lieux», explique Hervé Fernandez, secrétaire général de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme.Déléguée pour étudier la question, Marie-Thérèse Geffroy, actuelle directrice de l’Agence nationale, produit en 1999 un rap- port bilan sur l’illettrisme en France.Elle souligne alors l’urgence de regrouper et surtout de mieux coordonner les ressources disponibles sur le territoire.L’idée de créer une agence nationale de lutte venait de voir le jour.Réunir pour mieux agir Officiellement mise en route à la fin de l’année 2000, l’Agence a pignon sur rue à Lyon depuis le début de 2001, mais rayonne sur tout le territoire français, aime à préciser le secrétaire général.«Avant la création de l’Agence, beaucoup d’efforts et de services étaient offerts un peu partout, mais il y avait un manque de coordination et une importante carence dans la mise en œuvre de la politique territoriale.Im mission principale de l’Agence est donc de coordonner la stratégie de lutte contre l’illettrisme.Elle voit aussi à animer l’action territoriale et à informer la population sur les services disponibles à la grandeur du territoire.» Pour mener à bien ses objectifs, l’organisme compte, non seulement sur une équipe permanente et sur un conseil d’administration multipartite, mais aussi sur un réseau de chargés de mission régionaux.Nommés par les Préfets, ces derniers voient à la mise en œuvre des priorités arrêtées par le conseil d’administration.Jusqu’à présent, les efforts déployés ont surtout permis de mettre les différents interve- REUTERS :&1 feu, ***'¦ « ».- y.r Environ six à neuf pour cent des jeunes âgés de 17 à 18 ans en France éprouveraient des difficultés à lire et à écrire ou seraient carrément analphabètes.nants du monde de l’alphabétisation en relation.Réunis en forum à la fin de l’année 2001, ce sont eux qui ont dégagé les neuf points de convergence ou priorités nationales en matière d’illettrisme.Des priorités à la base même du plan d’action 2002-2003 de l’Agence.Information, conseil et enquête L’information à la population, l’amélioration de la qualité des services offerts et le partage des responsabilités figurent au nombre des actions entreprises en 2002.Concrètement, l’Agence a établi une cartographie de l’offre de services disponible de façon à ce que Monsieur Tout-le-Monde puisse être rapidement informé des services offerts à proximité de chez lui.Elle a aussi yeillé à ce que le ministère de l’Éducation nationale s’engage à l’égard d’un plan de prévention contre l’illettrisme en mettant en place des moyens susceptibles d’enrayer le décrochage scolaire.Les entreprises et les intervenants du monde de la formation professionnelle ont aussi été interpellés pour agir auprès des salariés et des demandeurs d’emploi.«Nous avons voulu de façon prioritaire faire en sorte que les gens qui ont des besoins disposent d’informations, de conseils et de formations lorsque nécessaire», précise le secrétaire général.Question d’éclairer les pouvoirs publics, les entreprises et la population sur l’ampleur du phénomène, l’Agence, de concert avec l’Université de Lyon II, B aussi travaillé à l’élaboratiom d’outils et d’enquêtes à partir desquels il sera possible de dresser un portrait plus exact de l’illettrisme dans tout le pays.•Nous avons adossé à une étiquete générale sur les conditions de vie un module de test visant û mesurer l’illettrisme.Nous sommes actuellement dans la phase de réglage et si tout va bien, nous dê-vrions être en mesure de généraliser l’usage de ce test dès 2003.Non seulement nous pourrons alors mesurer les compétences des gens en général à l'égard de la lecture et de l’écriture, mais nous pourrons aussi faire des liens avec le cursus scolaire, le niveau d’éducation, l’environnement, les parents, etc.et ainsi mieux comprendre le phénomène», expliqué Hervé Fernandez.Cependant, insiste le secrétaire général, pas question pour le moment d’établir des objectifs quantitatifs quant à la diminution de l’illettrisme.«Avant de parler en chiffre^, nous devons faire en sorte d’avoir le portrait le plus exact possible de la situation, que les gens soient informés et que les actions soient véritablement mieux coordonnée^ sur le plan territorial et local.À moyen terme, nous arriverons à établir des objectifs chiffrables.Nous travaillons déjà à l’élaboration d’indicateurs de mesure, mais il y a encore beaucoup de travail qualitatif à faire auparavant.Il ne faut pas oublier qu’il y a à peine un an, les 150 services ou ressources du secteur avaient tous des discourt différents.» Une entrevue avec Philippe Meunier Les publicitaires mettent leur talent au service des causes humanitaires Diesel Marketing a produit la campagne de la Fondation «Pour la Fondation québécoise pour l’alphabétisation, nous avons conçu un message très simple, mais noir.Il faut toujours qu’il y ait un parti pris sur les plans de la communication et de la direction artistique.Sinon, on ne touche pas le cœur.C’est inefficace.» Philippe Meunier est publicitaire.Sa campagne pour lutter contre l’analphabétisme lui a valu cette année un Coq d’or.CLAIRE HARVEY Au volant de sa voiture, un homme cherche une sortie sur le boulevard Métropolitain.Mais il ne voit que la flèche sur les panneaux de signalisation routière.A la fin de la publicité en noir et blanc, il est stationné en bordure du boulevard.En quelques secondes, les téléspectateurs ont compris le désarroi que les analphabètes ressentent Cette annonce fait partie de la campagne publicitaire conçue par Diesel Marketing pour la Fonda- tion québécoise de l’alphabétisation.Le 30 mai dernier, cette campagne a gagné un Coq d’or, catégorie grande cause humanitaire, ainsi qu’un Coq de bronze, catégorie affichage intérieur, lors de la TS' édition du concours de création publicitaire du Publicité Club de Montréal.Une bonne campagne publicitaire, certes.Mais, aussi, un geste à portée sociale: Diesel Marketing a travaillé gratuitement sur le projet.Philippe Meunier, vice-président à la création chez Diesel, explique 2p SOURCE DIESEL MARKETING i •1 Fondation québécoise pour l'alphabétisation Affiche conçue par Diesel Marketing pour la Fondation québécoise de l’alphabétisation.que l'implication sociale a toujours fait partie de la culture de l’agence montréalaise.«Lorsque nous avons créé Diesel, en 1993, nos employés donnaient une journée de bénévolat par mois.Au fil des ans, nous avons plutôt décidé de mettre notre talent au service des causes qui nous touchent.» Ainsi, il y a cinq ans, la firme s’est intéressée au Comité des personnes atteintes du VIH, puis, au printemps 2001, à la Fondation québécoise de l’alphabétisation.Des organismes qui, poursuit Philippe Meunier, ont bien besoin d’un coup de pouce.«Comme ils ont peu de budget, les communications arrivent souvent au second rang.Par conséquent, ils ont de la difficulté à joindre le grand public.» fl souligne que le problème est encore plus important lorsqu’on défend la cause des analphabètes.«Ceux-ci sont souvent victimes de préjugés.lœs gens ont l’impression que c’est de leur joute s’ils ne savent pas lire ni écrire.Ils ne sont pas portés à faire des dons à la Fondation.La cause est facilement mise de côté.» Attirer l’attention La première chose que l’agence montréalaise a cherché à faire, ajoute Philippe Meunier, c’est de sensibiliser la population à l’analphabétisme.«Pourfonctionner, une cause comme celle-là doit être capable de s’attirer un capital de sympathie, dit-il.Par exemple, dans les années 80, le capital de sympathie a augmenté beaucoup autour de la cause du sida lorsque les artistes se sont impliqués.Or, au cours des dernières années, ce capital a diminué rapidement parce qu’il n’y a plus d'ef forts qui se font autour de la cause.Aujourd'hui, les gens ont l’impression qu’on ne meurt plus du sida.» Et comment incite-t-on les gens à soutenir ces causes?«En faisant appel à la tête, au cœur et aux jambes, explique le publicitaire.Dans la plupart des causes sociétales, on souhaite amener les gens à faire un don.C’est ce que j’appelle faire avancer les jambes.Mais les gens ne réagiront pas s'ils n’ont pas de raison logique de le faire.Le rôle d’une agence de publicité, c’est de préparer le terrain, c'est-à-dire de toucher le cœur.Parallèlement, le personnel de la Fondation s'adresse à la tête, par exemple en divulguant les résultats des dernières études portant sur l’analphabétisme».Frapper l’imaginaire L’exercice n’est pas simple.Selon Philippe Meunier, les agences ont peu de temps pour capter l’attention du téléspectateur.«Ça se joue très rapidement.Nous avons trois secondes pour dire aux gens “regardez, il y a une cause ici”.Pour ne pas rater son coup, il faut choquer.La publicité risque peut-être de blesser des analphabètes ou certains commanditaires de la Fondation, mais ce n’est pas à eta qu’elle s’adresse.Moi, je veux toucher les personnes qui s’en fichent.Pour aller les chercher, il ne faut pas avoir peur de frapper fort.» A cette fin, précise Philippe Meunier, le message doit être soit noir, soit blanc, mais surtout pas gris.«Pour la Fondation, nous avons conçu un message très simple, mais noir.H faut toujours qu’il y ait un parti pris sur les plans de la communication et de la direction artistique.Sinon, on ne touche pas le cœur.C’est inefficace.» Pour frapper l’imaginaire, la campagne publicitaire est conçue de façon que les téléspectateurs puissent se mettre dans la peau des analphabètes.«Nous avons pris le problème à la base en montrant comment les analphabètes voient la vie.» Et ce n’est pas jojo.En utilisant efficacement «la page blanche», l’agence a mis en lumière les difficultés que les analphabètes éprouvent tous les jours.Outre la publicité décrite au préalable, il y a deux annonces mettant respectivement en scène une femme qui ne voit que des affiches blanches lors d’une manifestation et un homme qui ne voit que la ligne où apposer sa signature dans un contrat de prêt.En plus de M.Meunier, Philippe Comeau, concepteur-rédacteur, et Daniel Andréa-ni, directeur artistique, ont travaillé à la conception de la campagne publicitaire.Poursuivre le travail L’absence de texte est ainsi devenue la marque de la Fondation québécoise de l’alphabétisation.Le travail n’est pas terminé pour autant.Ainsi, cette année, Diesel créera une affiche sur fond noir comportant des phylactères où il n’y aura pas de texte, seulement la ponctuation.Diesel cherche ainsi à renforcer l’effet du premier message.«Les gens sont très ê SOURCE DIESEL MARKETING Philippe Meunier, vice-président à la création chez Diesel, explique que l’implication sociale a toujours fait partie de la culture de l’agence montréalaise.exposés à la publicité, dit Philippe Meunier.Parmi les centaines d'annonces qu’ils voient dans une journée, ils n’en retiendront que quelques-unes.D’où l’importance de répéter et de dire toujours la même chose.» Une règle qui, selon Philippe Meunier, devrait aussi être observée par le personnel de la Fondation et les organismes qui gravitent autour.«Afin d’aider la cause, les organismes doivent toujours diffuser le même message.Sinon, ils vont diluer l’impact de leurs efforts communs.» Enfin, que retire Diesel de cette expérience?«Bien sûr, c’est beaucoup de travail, répond Philippe Meunier.Il faut faire en sorte que ça coûte le moins cher possible.Après avoir conçu la campagne, nous avons dû demander au photographe, aux gens de maison de production et à ceux du studio de donner leur temps et concilier les horaires de tout le monde.Ça prend du temps pour réaliser un tel projet.En revanche, ça nous permet de faire bouger les choses et d'effectuer de la recherche expérimentale sur le plan visuel.» Ainsi, tout le monde ÿ trouve son compte.L LE DEVOIR.LES SAMEDI ET D I M A V (HE 8 S E I’ T E .VI R R E 2 O O F 1) ALPHABETISATION Aide internationale Jours de Sabak en Afghanistan L’UNICEF et la rentrée des classes pour 1,7 million de jeunes Afghans En collaboration avec le ministère de l’Éducation afghan, TUNI-CEF mène actuellement la phis grande opération logistique de son histoire dans le secteur éducatif.Le défi est de taille: donner aux enfants d’un pay’s dévasté par 20 années de guerre une éducation qui soit source d’amélioration sociale et économique.UNICEF/KOGFR LEMOYNE Bien que plusieurs femmes aient enseigné clandestinement sous le joug des talibans, on considère que 96 % des Afghanes sont analphabètes, n’ayant pas eu accès à l’éducation ou se l’étant fait interdire.DENIS LORD Comme un peu partout dans le monde, c’était, il y a quelques jours, le retour en classe pour les jeunes Afghans.Mais le contexte est éminemment singulier: l’invasion russe, le régime des talibans puis l’invasion américaine, voilà 20 années de guerre qui ont saigné le pays.Dans une patrie où l'eau potable manque souvent, où les routes sont inexistantes, où .grand nombre d’enfants souffrent de traumatismes psychosociaux, de pauvreté, le Sabak ^«reprise de l’apprentissage», dans plusieurs langues afghanes) s’avère une tâche d’une ampleur considérable.; Une mobilisation réussie En mars dernier, (’UNICEF amorçait sa campagne «Rentrée des classes» en Afghanistan.Six mille tonnes de matériel ont été expédiées dans le pays, dont six millions de manuels scolaires et 400 «écoles en boîte».L’organisme visait le retour à l’école de 1,7 million d’enfants au primaire alors que la population de cet âge scolaire est évaluée à 534 millions., Conseiller spécial pour UNI-CEF-Québec pour l’ensemble des dossiers, Robert Lussier fait le bilan de l’opération: «Sf on tient compte du contexte, je suis impressionné par le succès de la mobilisation en faveur du programme d’urgence, que ce soit du côté des pays donateurs, des ONG ou du pays-hôte.Ça donne à rêver sur les résultats qu’on pourrait obtenir ailleurs, par exemple dans le traitement du sida en Afrique.» Sur le plan local, la mo-bilisatiop a été générale: le ministère de l’Éducation s’est bien sûr impliqué, entre autres dans la concep tion du programme d’alphabétisation d’urgence, mais aussi des fonctionnaires du nouveau gouvernement, les imams, les leaders de la communauté.L'UNICEF a collaboré avec la BBC pour diffuser dans les langues locales des messages incitant les parents à inscrire leurs enfants à l’école.Ces messages ont aussi été diffusés dans les camps de réfugiés au Pakistan et en Iran; ils ont été repris par Radio-Kaboul qui a, de surcroît, développé ses propres messages.«Les enfants eux-mêmes ont joué un rôle dans le processus, affirme M.Lussier.À Mawr-eSharif, ils ont fait du théâtre de rue et organisé des rencontres avec les parents; à Herat, naguère considérée comme la capitale du savoir d’Asie centrale, ils ont peint des murales pour inciter au retour à l’école.» Des résultats encourageants Une évaluation du travail accompli depuis mars dernier, date marquant pour les Afghans le début du Nouvel An, sera complétée d’ici peu.Les statistiques recueillies jusqu’à maintenant donnent de l’espoir.Dans 20 provinces afghanes, ce qui constitue environ les deux tiers du pays, 1,25 million d’enfants sont inscrits à l’école primaire, ce qui représente une augmentation de 60 % depuis mars dernier.Là où le résultat est sans doute le plus spectaculaire, c’est du côté de la population féminine.Bien que plusieurs femmes aient enseigné clandestinement, sous le joug des talibans, on considère que 96 % des Afghanes sont analphabètes, n’ayant pas eu accès à l’éducation ou se l’étant fait interdire.Aujourd’hui, 30 % de la population féminine d’âge scolaire fréquente l'école dans ces 20 pro- vinces, où 36 % des enseignants recrutés sont de sexe féminin.Un travail considérable a été accompli pour former de nouveaux professeurs et recycler les anciens.Pour Robert Lussier, ces chiffres sont phis qu’encourageants, compte tenu du manque d’installations sanitaires, des routes non carossables, des problèmes de sécurité: «Les cours se donnent souvent sous la tente, dans des édifices abandonnés qui n’ont ni toit ni fenêtres, où il n’y a pas même de chaises.Il faudra plusieurs années pour mettre en place une in- frastructure normale, élaborer un véritable programme d’études et former plus adéquatement les enseignants.À l’échelle nationale, il nous faudrait 60 000professeurs de plus et il faut tenir compte des personnes déplacées, des réfugiés en Iran et au Pakistan.» la seconde phase du programme «Rentrée des classes» de l’UNESCO vise la mise en place d’écoles secondaires, la production et la diffusion de nouveaux matériels d'apprentissage dont le but est de préserver l’intérêt des enfants pour l’éducation.Le travail de mobi- lisation se poursuiL tout comme la réhabilitation et la construction d'écoles, la mise en place d’infrastructures sanitaires pour les garçons et les filles.En septembre, 7000 «écoles en boîte» seront distri buées à 400 000 élèves et enseignants.Tout cela coûte évidemment beaucoup de sous.«En mars dernier, précise M.Lussier, nous estimions les coûts du programme de rentrée scolaire à 47 millions $US, une somme qui a récemment été réévaluée à 57 millions $US.Trente-trois millùms ayant été amassés à ce jour, il nous manque donc 24 mil lions pour rencontrer nos objectifs.» M.Lussier présume que dans certaines provinces, l'éducation des femmes fait face à une certaine résistance: «On ne change pas les mentalités du jour au lendemain.Mais les gens ont fiiit confiance, ils ont compris que les temps ont changé, qu 'il y a de nouvelles opportunités.L’éducation des enfants d’aujourd'hui a un impact social et économique, elle aura aussi un impact sur la qualité de vie des prochaines générations.» D’EDUCATION DES ADI TT XF.S Au Québec, un adulte sur cinq possède moins de 9 ans de scolarité.î h l IL Y EN A La formation de base Une approche souple et intégrée Des services diversifies et adaptés Des lieux de formation variés et accessibles Des professionnels qualifiés et passionnés ! i^MENTW PRÈS “ Certains d'entre eux ont de la difficulté à lire, à écrire et à compter.Pour ces personnes, le quotidien représente une véritable course à obstacles.Les centres d'éducation des adultes du réseau des commissions scolaires offrent des services d'alphabétisation et de formation de base dans toutes les régions du Québec.Vous connaissez une personne qui éprouve ces difficultés?Aidez-là à franchir ces obstacles en la référant dans un centre d'éducation des adultes de votre région.Il y en a sûrement un près de chez vous ! La formation de base, ça nous concerne tous ! ' Pour plus de renseignements, communiquez avec la TRÉAQfP au l 1 800.463.3311 • 1001, avenue Bégon, C.P.490, Sainte-Foy (Québec) G1V 4C7 TREAQ La table des reeponublct da l’Macattan d* aduttaa et de la formation professionnelle dos commissions ecolairoa du Québec OÔ La Fédération des commissions scolaires du Québec \ \ * I Au plaisir de vous lire.Domtar est fière de soutenir la Fondation québécoise de l'alphabétisation.Domtar < 1 I (
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