Le devoir, 21 septembre 2002, Cahier F
LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET D I M A \ (.'HE 2 2 SEPTEMBRE 2 0 0 2 ROMAN L’Angle mort de Jean-François Chassay Page F 4 DE VISU Elvira Santamaria à La Chambre blanche Page F 10 ?LE DEVOIR ?Uétat de la culture CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR CJ est une brique, une somme.Les domaines couverts sont nombreux, les textes courts, ouvrant sur d’autres pistes de recherche encore.Traité, de la culture, qui paraît ces jours-ci aux Editions de l’IQRC, est une œuvre ambitieuse.Dirigé par Denise Lemieux, l’ouvrage explore l’ensemble de la recherche sur la culture menée au Québec depuis 25 ans.La culture est abordée ici dans un sens très large.Elle couvre autant les phénomènes de l’immigration que les dynamiques liées aux bibliothèques et aux librairies, la tradition orale que l’architecture, les beaux-arts que la société de consommation, la danse que le cinéma.A travers une cinquantaine de textes et à peu près autant de signatures, l’ouvrage décortique, synthétise, explore les dimensions diverses de la culture québécoise.Les chercheurs qui signent ces textes ont été recrutés pour leur compétence dans chacun des secteurs abordés.On les a trouvés, principalement, dans les universités.Chacun devait faire un bilan de la recherche effectuée depuis un quart de siècle dans chacun des domines.Et leurs articles se sont parfois transformés en essais.Dans Essai sur le Québec pluriel, par exemple, Gilles Bibeau se lance dans une analyse des implications d’une «distinction québécoise».Son texte, intitulé «Accueillir Tautre" dans la distinction», fait notamment référence à Régine Robin, qui estime que le Québec pluriel serait impossible, à cause de la «“fascination de la souche” qu’elle débusque dans les actes manqués, les lapsus, les gaffes, et dans la nostalgie d’une Gemeinshaft [communauté] imaginaire».Bibeau constate cependant qu’il s’est bâti au Québec une authentique société pluraliste, «à Montréal surtout, à partir des pratiques quotidiennes d’ouverture aux Autres, de la vie partagée dans les quartiers et dans les milieux de travail et de la présence de plus en plus forte des néo-Québécois dans l’espace public».Dans un article sur la culture régionale, Fernand Harvey s’interroge par exemple sur l’existence de «littératures régionales» au Québec.A ce sujet, il relate que des interrogations fondamentales ont été soulevées: «Faut-il avoir un lien quelconque avec une région (naissance, résidence ou choix de sujet) pour être qualifié d'auteur régional?Ou encore, la littérature régionale doit-elle être réservée aux auteurs dits “régionalistes”, c’est-à-dire à ceux qui valorisent leur coin de pays dans une perspective identitaire?» Ce sont des questions qui demeurent encore en grande partie sans réponse.Dans un article intitulé «Les femmes et la création culturelle», Denise Lemieux relève, quant à elle, l’accroissement de la participation des femmes à la production artistique québécoise au cours des cinquante dernières années.Entre 1941 et 1981, par exemple, la proportion de femmes chez les auteurs est passée de 9,8 % à 39,1 %.Dans le domaine des arts, au Canada en général, la participation des femmes est passée de 31 % à 41 % entre 1971 et 1981.Son article n’est pas sans ignorer la création d’un théâtre féminin au Québec au cours des années 70.Dans l’industrie du cinéma, cependant, des travaux statistiques indiquent que les femmes, qui comptent pour 30 % de la main-d’œuvre, sont sousreprésentées dans les postes de décision et de création.VOIR PAGE F 2: CULTURE Philippe Poloni aime profondément les arts.Avant de devenir romancier, il a été peintre, photographe, «artiste en arts visuels».Il a fréquenté, à New York, le monde des galeries de Soho, et il est encore installateur d’expositions au Musée d’art contemporain.Convaincu qu’il ne serait jamais un grand peintre, il a décidé un jour de se mettre à l’écriture.La peinture, il se contente désormais de l’aimer, de la regarder.L’art, c’est le thème de son dernier roman, Des truites à la tomate, qui vient de paraître chez Québec Amérique.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Cosmo Maffia, son héros, est un peintre structuraliste.Demeuré longtemps obscur, il connaît enfin la notoriété grâce à la collaboration d’un galeriste, dans un Soho rongé par la spéculation sur l’art Encouragé par un public enthousiaste, son avenir professionnel semble au beau fixe lorsque les quelques traits d’un critique, réputé pour sa férocité, le mènent à sa perte.Faisant référence à une œuvre du peintre structuraliste russe Kasimir Malevitch, le critique prédit, dans la revue Art in North America, que «le jeune peintre Cosmo Maffia va fatalement rencontrer son Carré blanc sur fond blanc comme Napoléon son Waterloo».C’est ici que l’histoire inventée prend appui sur l’histoire vraie.Car Le Carré blanc sur fond blanc, c’est la dernière œuvre du peintre russe Kasimir Malevitch, pionnier de l’art abstrait, qui, à la fin de sa vie, avait atteint là l’aboutissement de son œuvre.Il disait avoir peint dans ce carré «le monde de l'absence d’objet», «la manifestation du rien dévoilé», ex- plique Le Petit Robert.«Dans le cas de Malevitch, ce qui est intéressant, c’est que ce n’est pas une fiction, c'est le réel.On a vraiment un tableau qui s’est retourné contre son peintre parce que, après ce tableau-là, Malevitch n’a plus jamais été capable de peindre», explique Poloni en entrevue.Enthousiaste devant son capuccino bien mousseux, Philippe Poloni l’écrivain retrace la biographie de Kasimir Malevitch, né à Kiev en 1878.«Dans sa carrière, il a commencé très jeune à faire des nus, à croquer des moments de vie, une scène de village, un monsieur qui fume la pipe sur un banc.Puis, à un moment donné, il a commencé à faire du constructivisme.Il a fait des carrés, il a fait un carré noir sur fond blanc qui a estomaqué tous ses contemporains.Puis il a poussé plus loin le carré noir sur fond blanc: il a fait le carré blanc sur fond blanc.Après, il n’a plus été capable de peindre parce qu’il se disait: qu'estin>>r S I- 1* S E »‘ I E M H K E 2 O O 2 Littératire littérature française Une simple histoire de vie DANS L A P O C H E GUYLAINE MASSOUTRE «swwf le narrateur, j’ai pi-^ co/f pendant vingt ans et j'ai arrêté d’un seul coup-, confiait en entretien, il y a deux ans, le romancier Eric Holder, qui venait de publier La Correspondante.Le roman, une histoire d'attirance entre un romancier bien installé et une lectrice inconnue, sa correspondante, allait connaître un grand succès.Holder initiait une écriture à la première personne, conduite par un narrateur qui portait son nom.Qu'en est-il, deux ans plus tard, de ce «je» engage dans une nouvelle réalité?Il faut lire Hongroise pour suivre la piste de cette narration authentifiée au «je».Vieille recette ou savoir-fajre efficace?Cette oreille d’Eric, à l’écoute d'un récit de vie, se prête au jeu du témoignage.«Je», pour «je suis écrivain».«Je» et «tu», cet autre «je», qui devient un second narrateur, dans Hongroise, brouillant à l’occasion le passage de la parole entre deux sujets, qui coexistent mais qui parlent tout seuls.Est-ce le roman français qui a du mal avec la réalité ou certains romanciers qui ont besoin de s'appuyer sur le vraisemblable?Ou bien est-ce le mal de l’époque qui fait s’entrechoquer les ego isolés?Réponse dans ce Hongroise.Elle pourrait avoir déjà été donnée dans les ouvrages précédents de Holder: la réalité est en fuite, et l’écriture lui court après.Affaissement Parfois, il y a plus que la littérature qui prend l’eau.Il arrive que des vies complètes fuient, et les plus beaux projets peuvent couler à pic à cause d’une toute petite brèche.Ainsi en espil de Claude, qui s’est confié à Eric.Médecin, marié, père de famille, voilà que Claude, à cause d’une simple visite professionnelle dans une maison bourgeoise de Bordeaux, va tranquillement faire basculer sa vie dans le néant.Sans avoir l’air de rien décider.L’affaire n’est pas banale sous ses apparences communes, et Holder la tient toujours crédible dans son récit.La maison des mystères a appartenu à des émigrés hongrois qui, dans la bonne société bourgeoise de Bordeaux, qu’il ne peint pas mais qu’on devine très conservatrice et endormie, sont non seulement tenus à l’écart mais diabolisés.Pour un être imaginatif, comme un enfant, le pôle interdit crée des rêves.Si bien que lorsque l’occasion se présente, Claude, adulte un peu attardé dans l’enfance, se précipite chez les Hongrois et passe leur porte, comme on franchit un interdit Avec délectation.Pour les Hongrois qui y vivent, l'affaire est dans le sac.Le piège se referme tout seul, en douceur, avec doigté.Le charme de deux femmes joue à fond, et la personnalité forte de leur père, le dignitaire des lieux, mêle à la situation bordelaise les mystères de sa vie d’Européen de l'Est Pour Claude, la proie facile, une ignorance crasse lui tient lieu de terrain d’aventure sur lequel il navigue à vue, dans le brouillard, parfaitement confiant et heureux.Qui résisterait au rêve paresseux de la sieste?«Dans l’après-midi, vers trois heures, il se créait une sorte de vide, une béance dans le cours des choses qui, si vous vous y engouffriez, vous tirait vers un sommeil d’ancêtre, le volume chu à terre, les bras ballants pardessus les accoudoirs, et procurant le même sentiment d’abandon que des rames restées fixées à leurs bosses de nage.» C’est convaincant.Le narrateur confie même ses lectures parentes: Maryline Desbiolles, La Seiche.Dans l’enclave étrangère Cette histoire interculturelle, campée avec naïveté, ne manque pas de charme.A un premier niveau, du côté du personnage de Claude, le mystère de la pension Esterhazy rappelle ces nouvelles russes où un jeune homme un peu perdu découvre à ses dépens la manipulation d’une femme plus âgée qui loge dans le même immeuble que lui.Ce qu'on ne comprend pas dans le roman d'iniüa-tion prend un air soufré, situation romantique par excellence qui convient bien à la mentalité provinciale que décrit Holder.A un secpnd niveau, celui du narrateur Eric, la confusion sur le mystère d’une vie demeure, et c’est peut-être dommage car la situation,dramatique est bien choisie.Eric constate, impuissant, la chute de son ami, un ami pas assez aimé pour avoir été compris mais assez complice, comme dans les rencontres de bar, pour avoir parlé.Eric, donc, n’a jamais penché vers l’ironie, vers la conscience critique, tout absorbé lui-même par les frimas de la campagne et par les conventions de la vie de Inc CICiPÏ province.Il est la bonne oreille, trop frileux pour tendre la main plus que pour saluer et trinquer: mais il écrit, pour retenir un instant.Il ne soupçonne pas les décalages culturels, se garde d’enquêter sur la vérité de l’esprit des lieux, même après le drame final, et laisse les destins de chacun des personnages — Claude comme les Hongrois — s'abîmer dans l’obscurité, dans le suicide, sans élucider leurs mobiles ni mesurer leurs forces et leurs faiblesses.Les personnages se seront croisés, s’entraînant dans le précipice comme des naufragés consentants; aucune main courante ne les repêche de leur drame.Le roman, pourtant, ne manque pas de sel.Plein de pistes ouvertes mais abandonnées, par exemple le passé africain de Claude, il met en scène une vie qui ose et passe aux actes sans savoir quoi en attendre ni ce qu’est cet acte au juste, si désiré, qui porte le nom de rêve.Eric témoigne d’avoir rencontré un rêveur éveillé, retrouvant ce que pouvait signifier, pour un Bordelais, l’expression locale: «avoir l’air hongrois».Tous les personnages de ce roman ont bien l’air hongrois, fantômes errant dans une Atlantide qu’ils ont placée au centre de leur mire, comme seul angle de vision.Ce dérèglement fantasmagorique, Holder le nomme un état de nudité.Un art flou La logique romanesque fait alors son œuvre.le roi nu se pare d'habits neufs.Il y a d’abord les mots.Ainsi.Eric tait le portrait de Claude, saisi justement dans un de ces moments d'abandon: «Pas de candeur, de desemparement, on wudra bien pardonner le néologisme.et, tant qu’à inventer des mots, celui de déremparement.» La langue balbutie, cherche la faille, la trouve dans le vocabulaire, la lit sur un \isage comme au creux de l'ètre.Absent de la réalité, du dictionnaire même.Absence de consistance.Le vide crée l’appel, l’espoir, le goût de sauter.Il y a ensuite l'art, qui joue, chez Holder, un pôle actif de fascination.Dans Hongroise, les tableaux circulent de main en main, attirant un manège d'yeux connaissants, de regards vides et, au passage, des monceaux de billets de banque.La valeur symbolique des toiles offre des mystères en spirale: tout y échappe à la raison, tant la capitalisation que leur négoce.Ces Hongroises qui trafiquent des toiles ne sont-elles pas échappées de la main du peintre, comme une sorte de prolongement qui, par la magie de l’art, aurait substitué le sujet peint à celui qui le tient?Le fantasme agit.Autour des toiles, le théâtre de la pension Esterhazy s’agite de manière aveuglante.On ne saura jamais pourquoi Claude se laisse glisser pareillement, sinon parce que le jeu le happe en entier.Il est entré dans la toile, par une série de dédoublements qui se résument au verbe «croire».Et croire, c’est finalement se tromper.Car Holder excelle à peindre des êtres en chaîne qui s’abandonnent les uns aux autres en douceur, avec candeur, mais sans ignorer qu’ils se perdent.La réalité existe, et elle fait mal.«Je» vacille.L’identité, celle qui choisit la transaction et le passage, se dissout.Comme le rêve d’un noyé.HONGROISE Eric Holder Flammarion Paris, 2002,199 pages Intensités variables JOHANNE JARKY La mère, on la surnomme La Va-rienne.La petite a aussi entendu ceux du village la nommer «l'Abrutie».Elles font leur vie ensemble, en marge du monde.Mais maintenant que Luce a l'àge d'aller à l’école, elles vont être separees.Le premier jour, la mère suit sa fille «comme le font les chiens dtmt on ne veut pas.de loin».Pour laice, apprendre.c’est trahir sa mère; elle refuse alors tout enseignement jusqu’à en tomber malade.Mademoiselle Solange, sa professeure, chea-he comment vaincre son obstination.Puis elle comprend quelle se trompe, que le savoir n’égalera jamais l’amour que vivent la Va-rienne et sa fille.Ce constat fait perdre du sens à son travail; elle abandonne son poste, vit en recluse.Pendant ce temps.Luce se passionne pour la broderie.La patronne de La Varienne lui donne un abécédaire.L’enfant brode des lettres, puis des mots, et retrouve en elle, intactes, toutes les leçons de Mademoiselle Solange.Pour lui faire comprendre que ses efforts n’ont pas été perdus, elle brode le nom de son ancienne institutrice sur un mouchoir, cadeau ultime qu’elle lui offre.Qu’est-ce qui passe de soi à l’autre?U' court roman hs Demeurées (Folio) de Jeanne Bena-meur parle du don de soi.Tout ne se calcule pas; ce roman pudique et grave le confirme.Imn d’eux (collection «Double», Minuit), le premier roman de Laurent Mauvignier, retrace l’histoire de Ixic, jeune homme qui a quitté sa province pour Paris dans l'espoir d'échapper à l’usine où travaillent son père et son oncle.Mais il faut croire que ce n’est pas encore assez loin pour vivre sa vie, réaliser ses rêves, et nul ne peut prétendre savoir ce qui l’a vraiment conduit au suicide.Ceux qui l’aimaient fouillent leurs souvenirs, brisent le silence qui les liait à Luc.Ix' roman polyphonique de Ixiurent Mauvignier fait entendre leurs voix, comme si chacun était penché au-dessus du gouffre que représente son suicide, hanté et impuissant.Nouvelles américaines L’œuvre de Russell Banks s’interroge sur les moments de ruptu- Icannr Beuamcur I es Demeurées RUSSELL BANKS L ANGE SUR LE TOIT re, survenant autour d’une faille (souvent familiale).Comment un homme çesse-t-il d’être le père de sa fille?A quel moment une mère renonce-t-elle à vivre sa vie?Quel geste rendra un homme absolument insupportable aux yeux d’une jeune femme?les nouvelles du recueil L'Ange sur le toit (Babel) sont à l'image d’une histoire que la mère du narrateur lui racontait.«Son histoire était une prière, comme toutes les bonnes histoires, mais elle est restée sans réponse.Celui à qui s'adressait la prière — pas moi, mais un ange sur le toit — n’écoutait pas.» Celles de Banks parlent de mariages et de liens familiaux ratés, de rendez-vous manqués impossibles à rattraper.Ces moments de rupture, Banks les met en scène avec minutie et affection.Si's personnages ne sont pas des saints; ils assument leur part de bêtise.C’est d’ailleurs en partie dans son redis du misérabilisme que l’œuvre de Banks prend sa force.Son recueil se lit d’une traite, mais ce n’est que pour y revenir plus lentement.lx's écrivains du Montana ont la cote chez les Français qui aiment rêver les grands espaces.Moins connu que Jim Harrison ou Thomas McGuane, Rick Bass commence à jouir d’une certaine popularité.Son plus récent livre, Le ciel, les étoiles, le monde sauvage (10/18), regroupe trois nouvelles qui se déroulent sur des territoires peu peuplés où la chasse, le forage Mordecai Richler Rue Saint-Urbain de puits pétroliers et l’observation de la faune sont ce qui occupe principalement les hommes.Mais si It's sujets n’ont rien pour étonner le lecteur américain, l’angle sous lesquels Kick Bass les traite surprend.Par exemple, dans Les Mythes des ours, on réalise que le pire ennemi d’un homme et d’une femme qui vivent ensemble en forêt, c’est l'hostilité qu’ils ont l’un à l’endroit de l'autre.Cette animosité les fait se conduire comme des animaux, traquant l’autre comme upe bête qu'il faut prendre au piège.Etonnant.VOIR PAGE I- 6: VARIABLES i/ 'V ''îl t és • '• > V ¦ / v «% Claude CLAUDE MESSIER Confessions d’un paquet d’os Bonbons assortis m vlb édit.-'.r L’ h\ nine à la vie d’un homme - d’exception récit • 2(>4 n.• “I vlb éditeur .«I .www.ecivlb.com [ n « .je range Bonbons assortis parmi les œuvres importantes de Michel Tremblay.>¦ > Le Canada Français «.le meilleur de Tremblay se retrouve dans ces Bonbons assortis : le dialoguiste hors pair, le portraitiste surdoue, le mémorialiste attentif, et surtout l'écrivain qui-arrive à retrouver le don.propre a l'enfance, de s’émerveiller > Marie-Claude Fortin.Vmr « .sept petits incidents qui deviennent de vraies épopées sous la plume magique du chantre du Plateau > Gerald Leblanc, La Presse ' " Michel Tremblay a écrit son beau petit livre avec un plaisir évident, un plaisir contagieux > Reginald Mattel La Presse CIO (514)524-5058 lemeac@'lemeac corn L K DEVOIR.L E S A M EDI 21 ET D I M A X C H E 22 SEPT E M B R E 2 0 0 2 F (> -Littérahre LE FEUILLETON La tragédie de l’oubli Si le premier roman d’Espido Freire, Irlanda (Actes Sud, 1998), a reçu un bon accueil au moment de sa parution en Espagne, son second, Pêches glacées, lui a valu en 1999 le prestigieux prix Planeta.C’est un grand honneur pour une jeune femme de 25 ans.Espérons qu'il ne sera pas trop lourd pour elle.En effet, pour reprendre l’image qu’elle nous livre dès la première page, si «l'expulsion de la personne exécrée hors de la communauté, l'oubli de son nom», est le plus sûr moyen de tuer quelqu’un, il en est un autre, beaucoup plus retors, qui consiste à l’introduire trop tôt dans le cercle aveuglant de la gloire médiatique.Passons.D est vrai que nous avons là un fort joli roman, bien écrit — quoiqu’un peu labyrinthique —, aux images souvent empreintes de nostalgie, nourries de sentiments troubles et souvent inavouables qui nous conduisent progressivement à partager la confusion des personnages quant au sens à donner à leur vie.On en ressort blessé, confus, un peu somnambule.Avec le sentiment, aussi, d'un échec que rien ne pourra corriger.D est vrai que l’exergue de Cavafis qu’on trouve au début du roman nous y achemine, aussi sûrement que ce qui va le suivre.«Tu ne trouveras pas de nouveaux pays, / Tu ne découvriras point de nouveaux rivages./ La ville te suivra [.j Ow que tu ailles, / Tu débarqueras dans cette même ville./ Il n’existe pour toi ni bateau ni route / Qui puisse te conduire ailleurs./ N'espère rien.Tu as gâché ta vie dans le monde entier, / Tout comme tu l'as gâchée dans ce petit coin de terre.» Il s’agit donc de l’histoire d’une famille s’étalant sur trois générations, de la guerre civile espagnole à nos jours.Il y a les grands-parents, Esteban et Antonia, leurs trois enfants, Miguel, Carlos et Eisa (surnommée Elsita, qui mourra à l’âge de neuf ans), enfin les petits- Jean-Pierre Denis ?enfants, la Petite Eisa et la Grande Eisa Au début du roman, la Grande Eisa débarque chez son grand-pere Esteban, à Duino, fuyant sa ville.Desrein, parce qu’elle y sent sa vie menacée.On comprendra plus tard qu’il y a erreur sur la personne et que celle qui est réellement menacée est la Petite Eisa.Pour l’instant, cependant, elle l’est réellement Desrein a jadis été une ville prospère où tous pouvaient trouver un emploi.On peut supposer, puisque l’auteure ne donne aucune date, qu’il s’agit des années 50 et 60.Puis, en raison d’un nouveau contexte économique, les choses ont radicalement changé.«Peu à peu, tous tombèrent dans la misère: les personnes âgées, les anciens apprentis, les ouvriers non qualifiés, les charpentiers et les ébénistes en surnombre, les tourneurs, les métallos et les maçons [.], les couturières et les tailleurs qui Jurent remplacés par les machines [.].Beaucoup se mirent à boire [.].» Le contexte est important car il explique en grande partie le sort de toute une génération, sacrifiée sur l’autel d’une prospérité dont seuls les parents ont pu, un moment, profiter.D explique aussi le désenchantement que vivent les jeunes.«Les héros étaient morts, laissant derrière eux un monde désolé et noir.» Plus encore, il explique la montée de la violence et l'apparition des sectes, dont celle de l’Ordre du Graal.que la Petite Eisa, pour son malheur, expérimentera.En ces temps de confusion régné une sorte de lâcheté générale, profondément liée au secret et à la peur.On a beau, par exemple, constituer des groupes ou des comités pour aider les victimes des sectes, les autorités ne semblent jamais à la hauteur des attentes des plus faibles, et les bourreaux s’en tirent le plus souvent Ce qui justifie amplement le climat d Insécurité et d’indécision où sont plongés tous les jeunes de ce roman.fis ne savent pas qui aimer, ils ne savent pas comment aimer, et leurs désirs restent le plus souvent inavoués — ce que rend très bien l’auteure en mettant en italiques dans certains dialogues ce qui aurait dû être dit.«Prouve-moi que tu m’aimes, tire-moi de là, sois mon héros [.) / Que diable veux-tu que faille faire à Duino?[.] / Je ne compte donc pas dans ta vie?[.] / Ne vois-tu pas que je serais incapable de te défendre?» Ijes désirs inavoués sont nombreux et concernent tout le monde, à commencer par le vieil Esteban qui, juste après la guerre et avant d’épouser Antonia, a connu à Desrein deux danseuses, Rosa et sa fille, Sylvia Kodama.Il n’oubliera jamais Sylvia, même après des années de mariage avec Antonia (la pêche glacée, celle du titre, était d’ailleurs le dessert préféré de Sylvia).Quant à Antonia, elle passera sa vie à rêver au prince charmant en fabriquant ses pâtisseries.«La dame, l’infortunée dame Antonia, caressait ses beignets soufflés et ses massepains, les faisait rouler sur le marbre pour leur donner forme et s’obstinait à vivre dans un conte de fées.» Tout le monde se rate, personne ne l’avoue.Et certains en meurent La première.Elsita, dont nous n'apprendrons les circonstances de la mort qu’a la fin du roman (il y a à ce moment plus de 35 ans qui se sont écoulés); la seconde, la Petite Eisa, victime d’un meurtre commandite par l'Ordre du Graal Ce qui est le plus singulier dans ce roman (mais l’auteure ne nous en avait-elle pas prévenus des la première page?), c’est l’oubli où ces jeunes filles tombent et ce que leur sacrifice permet de préserver au sein de la communauté: une certaine innocence.Tous les rapports sont ici travaillés par l’oubli, l’indifférence ou le mensonge (volontaire ou par omission).On ne sent pas la profondeur des attaches, même au sein de la même famille.Chacun est à soi, et quelque chose empêche que l’on mesure les conséquences de cette séparation d’avec les autres.Mais cela avait peut-être commencé avec le grand-père, Esteban, au moment de la guerre.Après s’être lié d’amitié avec l'un de ses camarades, José, ne s’était-il pas promis après sa mort «de ne plus jamais se lier d’amitié avec quiconque»?Roman de la désillusion, Pêches glacées hérite cependant me semble-t-il, d’une partie des défauts dont souffrent la plupart de ses personnages.Ne croyant guère en eux-mêmes, vivant dans une sorte de suspens glacé, il leur est difficile de nous convaincre de leur existence.D est vrai que les héros sont morts.denisjpCà videotron, ca PÊCHES GLACÉES Espido Freire Traduit de l’espagnol par Dominique Lepreux Editions Actes Sud Arles, 2002,295 pages LITTERATURE JEUNESSE La recette parfaite GISELE DESROCHES Il y a des auteurs pour la jeunesse qui veulent, tout en racontant des histoires, faire la leçon à leurs lecteurs, mettre du plomb dans leurs jeunes cervelles, y engranger des connaissances ou encore leur donner matière à réfléchir.C’est ce que j’appellerais la tendance éducative.D’autre part, il y a des auteurs qui veulent s’amuser aussi bien qu’amuser leur jeune public, les faire rigoler, rêver, leur donner à imaginer avec toute la fantaisie et toute la liberté possibles.C’est la tendance, disons, ludique.Bien sûr, aussi vrai que le monde n’est pas scindé en deux sections étanches, ces deux tendances affichent aussi des zones ombrées, des chevauchements, des recoupements, et comptent même quelques no man’s land importants.Il y a bien sûr d’autres considérations à faire valoir, mais l’ensemble de la littérature pour enfants oscille entre ces deux pôles, s’éloignant de plus en plus de la tendance éducative hard, très marquée encore dans la première moitié du siècle, pour privilégier une approche plus divertissante.Examinons maintenant quelques ouvrages à la loupe de ces deux types d’écriture.Pur représentant de la tendance ludique, l’album Recette d'éléphant à la sauce vieux pneu propose, au moyen d’illustrations audacieuses, rien de moins que la recette pour fabriquer un éléphant Un jeu d’enfant, dit-on! Une cuisinière grosse comme une maison sera mise à chauffer sur une montagne-volcan.Seront mis à contribution un tuyau d’aspirateur pour la trompe, des boules de billard pour les yeux, quatre troncs de baobabs, de la pâte de vieux pneus pour les oreilles et un baril de peinture grise.Il faudra encore résoudre le problème des défenses, de la queue et des éventuels grumeaux, et laisser mijoter jusqu’à ce que la mixture barrisse.Si elle ne barrit pas, on propose des trucs.Le résultat a un goût de joyeuse démesure, de créativité débridée et de folle liberté.Album pur plaisir, tant par son texte que par ses images-collages, il étonne, stimule les neurones, séduit l’imagination, donne à voir et à entendre plus que le client n’en demande.Le mariage texte-images est riche: les collages intègrent des éléments de photos, de peinture, de cartons découpés, etc., et sont imprégnés du même humour pince-sans-rire, du même esprit que le texte, tout en l’agrémentant de quelques clins d’œil, d’une interprétation amusante, d’une couleur franchement moderne.L'album ne battra pas des records de vente, je le crains.Son aspect visuel est très innovateur, trop osé pour beaucoup.Auteur et illustrateur se sont fait plaisir.Et beaucoup chercheront, sans la trouver, la visée éducative.Ça mène où, cette histoire?11 faut bien dire que le plaisir pur est encore un brin subversif en ce qui concerne les livres d’enfants.Mais l’album pourrait bien gagner un prix ou deux.Se va- Mais qui ks tix)?loir l’estime des critiques.Et se rallier un public de connaisseurs.Tendance éducative soft Dans le coin opposé (comme dans un ring de boxe!) se retrouvent les ouvrages dans lesquels les enfants sont soumis aux valeurs des grands, reçoivent, pour leur propre profit, des leçons de politesse, de savoir-vivre.Le point de vue de l'adulte y triomphe, les auteurs désirant fermement convaincre leurs lecteurs de la nécessité de s’amender, de s’assagir, de contrôler leurs pulsions.Si on trouve de moins en moins de ce type de texte, il subsiste plusieurs représentants de la tendance éducative soft, je veux dire ayant renoncé à l’austérité et à la morale stricte et autoritaire d’autrefois, mais animés par une volonté d’éduquer, de transmettre diverses notions, d’atteindre le lecteur afin de l'inciter à changer, à progresser.L’ouvrage d’Anique Poitras intitulé Miro et le château et Lysista et le château est un roman à deux versions ou, plutôt, deux courts romans construits sur le même thèe-me, ce qui justifie leur présentation tête-bêche, sous une même reliure.Miro est le héros de l’un, Lysista l’héroïne de l’autre; mais tous deux vivent sensiblement la même histoire qu’ils narrent chacun à la première personne du singulier.S’estimant tous deux de piètres élé- sont ments de leur famille si douée, ils dépriment tout net lorsqu’ils reçoivent en cadeau leur premier balai.Il faut expliquer qu’ils sont fils de sorcier réputé et fille de sorcière, qu’ils devraient bondir de joie, mais qu’ils sont plutôt paralysés par la peur et saisis par le vertige à l’idée de voler.Une bonne marraine ailée (en réalité une sorcière) les guide jusqu’à un château qu’elle leur fait visiter, la chambre des peurs en premier, celle des désirs ensuite, de même que d’autres pièces.Ce château, dont elle leur confie la clé, est en eux, leur dit-elle.Sa découverte contribuera à renverser la situation en redonnant d’abord aux jeunes héros la confiance en eux qui leur faisait gravement défau,; en les aidant ensuite à s’affirmer auprès de leur famille.Ces textes, qui se situent à mi-chemin des deux tendances décrites ci-dessus, empruntent au conte sa valeur symbolique afin d’enseigner aux lecteurs et lectrices les «vérités» de l’être.Les préoccupatioris des mouvements de croissance personnelle sont adaptées au bénéfice de l’enfance.L’auteur a le souci de convaincre les enfants de leur valeur profonde et de les aider à surmonter les obstacles de la vie tout en construisant un récit divertissant et fantaisiste.Cependant, le message est ici un brin trop évident et insistant pour que l'on puisse accorder à l’histoire le statut de gran- de lecture initiatique.Il faut dire que le format est bref et que les personnages n’y ont pas l’espace nécessaire pour se déployer.Leur transformation survient sans véritable surprise, elle est assez rapide et sans nuance, appuyée par le style caricatural des illustrations de Bruno St-Aubin (qui signe également les illustrations du roman de Marie-Danielle Croteau).Ce bel effort n’est malheureusement pas tout à fait convaincant., L’attrait de la double histoire et l’intérêt de la formule conjugués au nom de l’auteur qui a déjà donné des ouvrages marquants, lui vaudront peutêtre, malgré tout, plusieurs adeptes.Un amalgame réussi Dans le même ordre d’idée, le petit roman de Marie-Danielle Croteau Mais qui sont les Hoo?m’apparaît comme un amalgame très réussi des deux tendances.Les Hoo sont de nouveaux arrivants au comportement étrange: dix Chinois à la queue leu leu, portant chacun une chaise sur la tête.Les enfants ont vite fait de les déconsidérer, de les prendre pour cible de plaisanteries toutes plus savoureuses les unes que les autres, il faut bien le dire.La directrice de l’école elle-même ne pourra s’empêcher de sourire des drôleries que Fred, le héros de la série Fred et Rie, et son ami Gus lui serviront en guise d’excuse au désordre causé dans la classe.Mais c’est sa finesse qui aura le dernier mot: en guise de punition, elle leur demandera de produire un rapport sur ces étranges voi- sins, ce qui modifiera leur perception de la famille Hoo, comme on pouvait s’y attendre.De son aventure, Fred retiendra d’autant mieux la leçon qu’elle ne lui aura pas été faite par un adulte, mais par sa propre expérience.Que l’humiliation lui aura été épargnée.Que la valeur de l’humour aura été reconnue par l’adulte.Que son plaisir de lecteur aura été soutenu jusqu’au mot de la fin à la lecture duquel, je l’avoue, je me suis esclaffée.Maintenant, il reste à voir si les ingrédients seront dosés au goût des lecteurs.RECETTE D’ÉLÉPHANT À LA SAUCE VIEUX PNEU Texte de Carole Tremblay; ill.de Virginie Egger Les 400 Coups, coll.«Carrément petit» Montréal, 2002,24 pages MIRO ET LE CHÂTEAU LYSISTA ET LE CHÂTEAU Textes d’Anique Poitras; ill.de Bruno St-Aubin Québec Amérique, coll.«Bilbo» Montréal, 2002, respectivement 104 et 108 pages MAIS QUI SONT LES HOO?Texte de Marie-Danielle Croteau; ill.de Bruno St-Aubin La Courte Echelle, coll.«Premier Roman» Montréal, 2002,64 pages JP „ JM NOUVEAUTÉS JEUNESSE v ?S* textes -.André Duhaime illustrations : Francine Couture acitomne ! aütomne ! le ooleil je lève mon ombre voudrait plutôt revter au lit boüqpets d’hiver danv ce long hiver que leo fraioeo ourgeleev vont un bon deooert ri.'1 ¦'ÿf m * disponible en librairie ¦?i ssr ss; PLAINES Regroupement des éditeurs w m canadiens-français 450.rue Rideau, bureau 405 Ottawa (Ontario) Kl N 5Z4 4167 B, rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2W 2M7 Tél.(514) 843-8222 - Télec (514) 985-9142 VARIABLES SUITE DE LA PAGE F 5 A défaut d'avoir vu le film Je suis Dina (projeté au dernier FFM), on peut lire Les Limons vides (10/18), premier tome du Livre de Dina, de î’auteure norvégienne Herbjorg Wassmo.Dans un roman qui ressemble par moments à un conte, Wassmo donne vie à un personnage de femme atypique et intense.Marquée par la mort de sa mère, à laquelle elle se trouve accidentellement liée, Dina refuse de parler jusqu’au jour où un professeur déclenche chez elle une passion pour la musique.Quelques années plus tard, son père juge bon de la marier à un homme plus vieux que lui.Dina finit par accepter cette union d’affaires mais ne pardonnera pas à son mari de la tromper.On a bien envie de lire la suite.Au Québec, on connaît Mordecai Richler davantage pour ses propos cinglants envers les francophones que pour son œuvre.Le narrateur de son roman Rue Saint-Urbain (BQ), s’il ne se montre pas tendre envers les Canadiens français, ne l’est guère pour les siens non plus.Les observations de ce jeune juif, qui portent sur sa famille, ses amis et son milieu social, permettent au lecteur de percevoir différemment un quartier de Montréal pendant les années 40.On perd le fil par moments (qui est qui?d’où sort-il, celui-là?), mais la verve du récit de Richler soutient nos égarements.En vrac Dans Putain (Points), de Nelly Arcan, une jeune femme rageuse crache sa souffrance.Son débit est porté par la haine du père et de la mère, des hommes et d’elle-même.Comment sortir de ce cercle vicieux?C’est sans doute ce que cherche la narratrice sur le sofa d’un psychanalyste.Mais cela ne semble pas suffire.Elle ronge son os, sans jamais lâcher prise.Ce livre oblige le lecteur à river son regard à une narratrice qui réclame sans cesse l’exclusivité de tout Exigeant On ne peut pas dire la même chose du texte Pourquoi et com- ment qui accompagne l’édition de poche de La Vie sexuelle de Catherine M.(Points).Catherine Millet, sur un ton parfois amusé et souvent ponctué d’exclamations, explique le pourquoi et le comment de son livre.Ce qu’on en retient, en gros: elle l’a écrit parce qu’elle voulait écrire depuis longtemps et «parce qu’il y a des choses dont je ne parle pas».Son projet?«[.] Avant tout un témoignage, c’est-à-dire, à proprement parier, un texte destiné à établir me vérité, la vérité d’un être singulier, bien sûr.» À qui a-t-elle voulu adresser son livre?«Aux femmes.» Enfin, on apprend que les nombreuses entrevues qu’elle a ac-cordées à des journalistes (de toutes nationalités) l’ont exténuée.Maintenant, si la vie sexuelle de Catherine M.vous intéresse, à vous de lire la suite.Terminons avec le roman Océan mer (Folio) d'Alessandro Barrico, un texte poétique et savamment décousu qui demande à être lu d’une traite si on ne veut pas perdre le fil des histoires qui s’y croisent • CA MM W 1 eroei 2 i(ï -/f i là K/f revueliberte.iquebec.com f* ‘S h » 1 INFO-PROGRAMMATION du 4 au 13 octobre 2002 achel \\ ww.hpir.com INFO-FESTIVAL : 1-819-379-9813 HÔTEL GOUVERNEUR : - 819-379-4550 Repas-Poésie 6 & 13 octobre 5.6,12 & 13 octobre 5-13 octobre 5-13 octobre 1 IhOO Muffin-poésie Librairie Morin 4000, des Forges (819)694-1116 5, 6, 12.13 octobre 12h00 Dîner-poésie Angéline Ristorante 313 A.des Forges (819) 372-0468 7-11 oct.: dîner 5-13 oct.: souper 12h00 Dîner-poésie 18h30 Souper-poésie Resto Le St-André 1140, St-Prosper (819) 376-5811 7-11 octobre 12h00 Dîner-poésie 18h30 Souper-poésie Le Lupin 376, St-Georges (819) 370-4740 6-11 & 13 octobre .12h00 Dîner-poésie Resto-bar Le Comic 334, des Forges (819) 370-6655 12h00 Dîner-poésie 18h30 Souper-poésie Au Four à bois 329, Laviolette (819) 373-3686 12HOO Dîner-poésie BouffElles Café 767, St-Maurice (819) 378-6963 18h30 Souper-poésie Bistro St-Germain 401, St-Roch (819) 372-0607 5.6.10.11.12.13 oct.10-11 octobre 4-13 octobre 5-13 octobre 18h00 Souper-poésie Restaurant Gaspard 475, des Forges (819) 691-0680 18H00 Souper-poésie La Becquée 4970 des Forges (819) 372-1881 Rencontres-poésie 15H00 et 19K30 Librairie Morin 4000, des Forges (819) 694-1116 J’écris vos poèmes avec vous :13h-15h 20h00-21H30 Marches de l'Hôtel-de-ville de T-R Atelier-poésie 6.8.9.10.11.13oct.Apéro-poésie 5 -13 octobre Apéro-poésie 9-13 octobre Apéro-poésie 5-13 octobre Atelier d’écriture 15H0O Salle régionale Maison de la culture 1425,Pl.Hôtel-de-ville 15H00 Poèmes de jour Café-Gai.Embuscade 1571, Badeaux (819) 374-0652 IThOO Apéro-poésie Bistrot l’Atrium 45, St-Antoine 45, St-Antoine Apéro-poésie Café Bar Zénob 171, Bonaventure (819) 378-9925 5-13 octobre 5 -13 octobre Récital-poésie 6 & 10 octobre Récital-poésie 5-10.12-13 octobre 17h00 Apéro sans fumée 17H00 Apéro-poésie Bar L’Hexagone-Delt Resto-bar Le Comic 1620, Notre-Dame 334,des Forges (819) 376-1991 (819) 370-6655 19h00 Récital poésie Zénob 171, Bonaventure (819) 378-9925 20h30 Récital-Poésie Café Bar Zénob 171, Bonaventure (819) 378-9925 Récital-poésie 7 - 12 octobre Récital-poésie 8 octobre Impro-poésie 13 octobre Jazz-poésie 13 octobre 20h30 Chansons-poésie Resto-bar Le Comic 334 des Forges (819) 370-6655 20h00 Musique-poésie Le Maquisart, 10 $ 323 des Forges (819) 379-0235 19h30 Impro-poésie Le Maquisart 3$,4$ 323, des Forges (819) 379-0235 20h00 Jazz-poésie Maison de la Culture 1425, Pl.Hôtel-de Ville Poèmes milieu de soirée 10 -13 octobre Poèmes de nuit 4-13 octobre Ciné-poésie 3-13 octobre 21H30 Bar l’Atrium 45, St-Antoine 23h00 Poèmes de nuit OlhOO Voix off Café Bar Zénob 171, Bonaventure (819) 378-9925 14H00 : 6, 13 oct.19h30: 3,4,9,11 octobre 20H00 : 12 octobre 858, Laviolette (819) 376-4459 18' édition SUGGESTIONS PARMI LES 425 ACTIVITES IfliOO.OUVERTURE OFFICIELLE DU FESTIVAL.Maison de la Culture.1425, Place de l’Hôtel-de-Ville.En collaboration avec les Journées Nationales du goût et des saveurs.Tous les poètes sont présents.Remise du Grand Prix du Festival International de la Poésie à Élise Turcotte (Québec), des Pïix-Piché-de-Poésie de ITJQTR, 1er) à Andréa Raymond (Ontario), 2e) à Nicole Gagné (Québec), du Prix-de-Poésie-Félix-Antoine-Savard à Jean-Marc Desgent (Québec).Lancements des Écrits des Forges, Estuaire.Arcade, Exit.Lèvres urbaines.Lancement des livres des poètes invités.Présentation officielle des poètes.Vernissage de Ligtu dormant* : René Derouin (Québec), de Fraçmtnti du territoirt : René Derouin (Québec), à* Exit : Alain Reno (Québec).23h00.Poèmes de nuit.Café Bar Zénob, 171.Bonaventure, (819) 378-9926.Jazz et Poésie.Musiciens : Par Hasard Jazz Trio.Poètes : Evgueni Boummovitch (Russie).Vieenç Uorca 1 Berrocal (Catalogne/Espagne).Desmond Egan (Irlande), Jean Portante (Luxembourg).Paul Bossé (Nouveau-Brunswick), Nathalie Watteyne, Marcelle Roy.Nadia Ghalem, Marie-Claire Blais, Nicole Brossard (Québec).memwmRm I3h00-15h00 J'écris vos poèmes avec vous.Marches de l’Hôtel-de-ville, 1325, Place de l'Hôtel-de-Ville, Trois-Rivières, (819) 379-9813.Poète : Martin Thibault (Québec).15h00.Café-poésie-Librairie Clément Morin-Café Morgane, 4000, boul.des Forges.(819) 379-4153.Entrevue : Gérald Gaudet.Poète : Marie-Claire Blais (Québec).20h30.Soirée de poésie.Éditions Trois-Pistoles.Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poète : Victor Lévy Beaulieu (Québec).Lancement du recueil de poèmes de Allred Garneau (Québec).I.i- (limnncTu' (i octo îTH Lute du poètee invitée \ Les gagnants des pris de poésie 1.Raymond, Andréa Prix PickS Je pnêéit 2.Gagné, Nicole Prix Picbé Je p0S*u 3.Préfontaine, Yves TerriMu St-SulpialMutûrc 4.Body, Mathieu Prix Èmie-NcMipui de peu te 6.Élise Turcotte AvftW Internaticml de la PoSaie 6.Giroux, Robert Grind Prtx LiltSrwe ielariilede SberimJx 7.Malenfant, Paul C.Prix du Gouverneur Général Ju Canada 8.Desgent, Jean-Marc Prix FSUx-Anteuie-SavdrJ Je paùu 9.Beaulieu.Victor Lévy PrixAtkamue-Varid 10.de Bellefeuille, Normand Prix RaJia-CtnaJa Prix Odyssées de poésie 11.de Grandpré, Isabelle Prix SEC Jeune Galaxie 12.Côté, Maxime Prix inkratüSgial Je pgfàe Autres Invités du Québec 13.Beausoleil Claude 14.Bertrand Claudine 15.Brassard Denise 1b.Cholette Mario 17.Daoust Jean-Paul 18.De land Monique 19.Despabe Stéphane 20 Pozier Bernard 21.Psenak Stefan 22.Roberge Éric 23.Vasseur Annie Molin Poètes de le relève du Québec 24.Anenauk Anick 26.Bélanger Martin 26.Bienvenue Yvan (Québec) 27.Bisson nette Thierry 28.Bb Maggie 29.Bohémier Marjolaine 30.Boisvert Jean 31.Boulanger Patrick 32.D&ndurand Micheline 35.Desrochm Jean-Simon 34.Dumas Smon 35.Dupuis Léon Guy 3b.Labne Pierre 37.Lafrenière Louise 38.Migneault Béatrice 39.Ficher Stéphane 40.Ricard Karen 41.Tremblay Bertrand Autresi 42.AUrie i 43 ApmioWc AW (QuA«' 44.Acqudin (Québec) 43.BukuCbns&ne 4b.Beaulieu Germaine 43.BU» Marie-Claire (Québec 48.Blouin Louise (Québec) 49.Bemanili Louky (Québec) 60.Bouclier France (Québec 61.Boucher Micheline 62.Broaaani Nicole (Québec) 63.Copper* Patrick (Québec) 64.Darg» Daniel (Québec) 56.Denuaien CUudine (Québec) 60.Dea Rnuen Paacale (Québec) 57.OevanhGifa (Québec) 68.Fournier Danielle (Québec) 69.Gaudet Génüd 60 Ghalem Nadia (Québec) 61.Haeck Philippe 62 .Jean Gu, (Québec) 63.Jol, Suzanne 64.Juÿal Deniae (Québec) 66.Kimm D.(Québec) 66.Han* Gary (Québec) 67.Klimov Alexia (Québec) 68.Ueerthue Bertrand (Québec) 69.Leoomote Lac 70.Létourueau MidwKQuébec) 71.Mardiampe Guy JOL R(S) ni .l’Hl.NI NCK ¦ KH R(S) 1)1 l’RI Nl.NCK ,>i(> 7|8 ¦) lnill ]: là ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ a a a a a a a a ¦ a ¦ ¦ ¦ ¦ a a a a aa a ¦ ¦ ¦ ¦ « a a ¦ a a a ¦ ¦ a a ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ a a ¦ a a a a a a a a a a a a a a a a a a a a a a aa a a a a a a a a a a aa a a a a a a a a a a a a ¦ a a a a a a a a a a a a a a a a a a a a a a a ¦ ¦ a a a a a a a a a a a a .a 13h30 Rencontre-poésie.Centre culturel Champs Vallons, 1320, 8e rang, Sainte-Mélanie, (450) 669-9742.Poètes : Marie Sunahara (Japon), Charles Leblanc (Manitoba), Morten Sondergârd (Danemark), Valeriu Stancu (Roumanie).14h00.Intervention de René Derouin dans le cadre de l ’exposition L* fleuve retrouvé, estampes et peintures de René Derouin (Québec).Poèmes : Pierre Morençy (Québec).Galerie d’Art du Parc, 864, des Ursulines, (819) 374-2355.15h00.Café-poésie-Librairie Clément Morin-„ „ , ._ , Café Morgane, 4000, boul.des Forges, (819) nN^rtl ' ^fnce ,¦I!,C,1 119.Karn Sophie Heidi (Buricina Faso) ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ (Belgique), Lui s Armenta Malpica (Mexique), 120 KurapeJ Alberto (Chili) ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ Marie Sunahara (Japon), Ann Diamond 121.Unce Alain (France) ¦¦¦¦¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ (Colombie-Britannique), Michel Thénen (Ontario).122.Libert Béatrice (Belgique) ¦¦¦¦¦¦ .123.Malpica Lu* Armenta (Mexique) ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ 20H30.Musique et poésie.Le Maqutaart, 124.Mesquida B»ei (.MaJorque/Eapagne) ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ 323, des Forges, (819) 379-0235.Muririens 125.Montoya Myriam (Colombie) ¦¦¦¦¦¦¦¦¦B Trio Boris.Poèmes : Jacques Prévert (France).128.Pratt Sylvia (Mexique) B ¦ ¦ mRacWuKosyu^abgnc) ¦¦¦¦¦¦¦>¦¦ 11M11H WWHIrlIÎTOBB 130.Rjrfart Su«uma (Catalogne/Espagnel B B B B fl B B B , _ „ .r-i • • rxi, »« 131.Sunahara Marie (Japon) BBBBBBBB 15h00.Café-poésie-Libraine Uément Monn- 132.Sondeiglrd Morten (Danemark) BBBBB BBBBB Café Morgane, 4000, boul.des Forges, (819) 133.Stancu Valeriu (Roumanie) BBBBBBBBBB 379-4153.Entrevue : Gérald Gaudet.Poète : ' Evgueni Bounin,ovitch(Rus.œ).136.Waldman Ara» (Bara-Uma) ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ IThOO.Apéro-poéste.Écrits des Forges.Csfé „ , Bar Zénob, 17!.Bonaventure, (819) 378-9925.137.IW P„,l (Nouvraa-Brarawicl) ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ Eoètta : Coral Bracho (Mexup»), Marco 138.Braaiot Jean (Oman») ¦ ¦ ¦ ¦ Antonio Campos (Mexique), Roberto Ui 139.Champtau Nicola V.(Ontario) ¦ Pasquale (Argentine), Luis Armenia Malpica.140.CoolMarjarai Micbèfc (Ontario) ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ Armando Alania Pulido (Mexique), Luan ¦¦¦¦¦¦ Starova (Macédoine).Jean-Paul Daoust.Réjesn mi ¦ ¦ S S ¦ P1»mon
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