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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier H
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2002-09-21, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 SEPTEMBRE 2002 LE DEVOIR Orgue et couleurs Pierre Larivière «L'image traditionnelle de l'orgue, c'est un vieux monsieur, qu'on ne voit même pas, qui joue pendant la messe.Mais l'orgue est aussi un instrument des années 2000.C'est un orchestre en soi.» Pierre Larivière est directeur de la Maison de la culture Maisonneuve et instigateur du festival Orgue et couleurs.Page 3 îfj Paul Labonne «On croit que ça prend de l'éducation et du décorum pour apprécier l'opéra et la musique classique.Mais dans Hochelaga-Maisonneuve, on a des salles pleines, et chaque fois, ça m'impressionne.» Paul Labonne a été à l'origine du programme de rénovation de l'orgue de l'église du Saint-Nom-de-Jésus.Page 5 Syiri! Dans Hochelaga-Maisonneuve, la rénovation d'un grand orgue donne naissance à un arrondissement d n i|y apftjç, ; t m Wr\ at * Montréal est une nouvelle ville dont chacune des composantes, les arrondissements, aura à définir son identité.Pour certains arrondissements, le travail semble déjà fait Que l’on pense à Westmount ou à Outremont leur statut d’anciennes villes huppées leur confère un lustre qui perdure.Il en allait ainsi de plusieurs villes de l’ouest de Hie.Sur le territoire de l’ancienne ville, les quartiers ont encore, pour plusieurs d’entre eux, à se bâtir une identité propre.Les zones géographiques sont bien définies, mais souvent, il manque un pôle organisationnel, des lieux et des événements qui créeront le lien entre le territoire et les citoyens, projetant même à l’extérieur une image évocatrice.Ainsi, quand la Société Radio-Canada a programmé Plateau, on pouvait prévoir que, dès le lendemain de la mise en ondes, des résidents s’opposeraient à certains des clichés véhiculés par l’émission télévisuelle.Mais le mal (ou le bien, c’est selon) aura alors été fait Pour certains quartiers, le travail d’identification est pour ainsi dire complété.Le centre-ville compte ainsi une pléthore d’activités, toutes héritées d'une volonté de doter Montréal d’un caractère international: festivals, grands prix automobiles, grands centres commerciaux, spectacles de sport ou de culture se succèdent ou se côtoient sur un territoire qui s’étale sur quelques kilomètres carrés.Pourtant dès que l'on quitte cette zone, tout cesse d’être facile: il suffit de penser à l’aventure du Stade olympique dont certains déplorent encore aujourd’hui, plus d’un quart de siècle après son ouverture, la localisation.Pour le nouvel arrondissement, Mer-cier/Hochelaga-Maisonneuve, les conséquences sont déplorables, d’autant plus que d’aucuns souhaitent qu’une œuvre d’art d’importance, La Joute de Jean-Paul Riopelle, soit elle aussi condamnée à subir un déplacement vers le centre-ville.Passé glorieux Hochelaga-Maisonneuve a pourtant un passé glorieux: ne fut-elle pas à un moment donné fa cinquième ville industrielle en importance au Canada?N’a-t-elle point un riche héritage de bâtiments civils et religieux?Et dans l’un d’eux ne retrouvait-on pas un des grands orgues construits par 1a L’activité culturelle sait être un facteur mobilisateur prestigieuse maison Casavant?La rénovation de cet instrument musical allait d’ailleurs donner lieu à une renaissance du quartier, à une action où les citoyens ont perçu que le futur arrondissement ne devait pas se résigner à n’être qu’une simple zone résidentielle dans un grand ensemble.Cela se produisit lors de l’animation générée par ce travail sur l’orgue de l’église du Saint-Nom-de-Jésus.Comme le raconte Paul Labonne, alors directeur de l’Atelier d’histoire d’Hochela-ga-Maisonneuve, We coup d’envoi de la restauration a été donné par le spectacle présenté par le Chœur Air France et les Petits Chanteurs du Mont-Royal.Quand les gens du quartier ont vu arriver une dizaine de camions et des caméras, ils ont commencé à y croire.Ce sont d’ailleurs eux qui hébergeaient les chanteurs du Chœur Air France.Le génie de l’affaire, c’est que le festival vient coiffer tout ça, suite logique de la rénovation de l’orgue».En fait, c’est d’une double renaissance qu’il faut parler.Il y a celle d’un quartier, où le festival Orgue et couleurs ajoute à l’animation.Elle en accompagne une autre, celle d’un instrument, l’orgue, que plusieurs auraient cru voué à fa disparition, en tant qu’héritage d’un récent passé québécois, celui de 1a musique d’église.Pour y parvenir, furent mis à contribution de jeunes artistes (et ils le sont encore quand on pense à un Denis Rousseau, un Marc Hervieux, une Minda Forcier).Maintenant, le festival essaime.Pour sa quatrième édition, un grand concert aura lieu en 1a basilique Notre-Dame, l'organiste du Vatican prenant place à l’orgue, quand le dimanche 29 septembre 35 églises montréalaises, en après-midi, feront «orgues ouvertes».Une fois de plus, 1a preuve serait faite que l’activité culturelle sait être un facteur mobilisateur.Et quand on voit les budgets nécessités par l’opération (beaucoup moindres qu’un salaire moyen d’un joueur, lui aussi moyen, toutefois capable de «frapper 1a longue balle»), les renaissances des villes paraissent alors possibles.Il faut toutefois compter sur le travail de quelques personnes pour garantir la mise en place d’une symphonie automnale dont toute la population peut profiter.Normand Thériault mm 1 ET D I M A X l II E S E P T E M B R E 2 O 0 2 Il ORGUE ET COULEE Skye Consort Renaissance Matthew White réinvente la musique héritée des folklores Ln son autre.Mâtiné.Inusité.C'est ce que le groupe Skye Consort promet d’offrir le jeudi 3 octobre prochain dans le cadre du festival Orgue et couleurs.Des pièces des folklores écossais, irlandais, suisse, bulgare, breton, gallois et québécois seront interprétées sur instruments anciens.On y donnera la vedette au contre-ténor Matthew White.De plus, l’organiste Kevin Komisaruk interprétera des œuvres de John Bull et de William Byrd, et se joindra aux Tambours et Cornemuse de Montréal pour quelques morceaux du folklore celtique.Une entrevue avec Pierre Larivière MADELEINE LEBLANC \ A quoi tient l'unicité de Skye Consort?11 s’agirait du seul groupe à associer une voix de contre-ténor à des instruments à cordes baroques dans l'interprétation du répertoire celtique.On y marie une tradition musicale très ancienne à des interprétations contemporaines de musique de folklores européens et d’ici.L’originalité tient aussi au fait que les arrangements sont entièrement originaux.Sean Dagher a vu à l’adaptation musicale de ce$ pièces pour voix et instruments.Tout en misant sur le regroupement original d’instruments joués par les autres membres du groupe, on a fait en sorte de mettre en valeur la voix du contre-ténor White.Celui-ci a d’ailleurs été apprécié comme soliste un peu partout dans le monde.Il s’est produit avec le Houston Grand Opera, le Glyndebourne Opera House, l’orchestre baroque de Tafel-musik, le concert spirituel de Paris, le Festival de Bach de Carmel (Californie), le Four Nations Ensemble de New York, le Studio de musique ancienne de Montréal, la Vancouver Chamber Choir ainsi que l’Orchestre symphonique d’Edmonton.Le groupe a fait paraître en 2000 un premier album intitulé Traditional Celtic Melodies et vient tout juste de terminer l’enregistrement d’un second album à l’église Saint-Augustin de Mirabel où «l’acoustique est idéale sans trop de réverbérations offrant un son chaleureux et ouvert», soutient Matthew White.Du folklore celtique sur instruments anciens Sonorités nouvelles Fondé en 1999, Skye Consort est au départ l’idée originale de Sean Dagher et d’Alex Kehler.Alors qu’il étudiait en littérature à McGill, White rendait souvent visité à Alex Kehler qui étudiait le baroque à la faculté de musique dècette même institution.L’idée a surgi d’explorer des sonorités nouvelles.«On s’est rendu compte qu'il y avait une sonorité similaire entre ces deux genres.On a testé quelques chansons et l’on s’est rendu compte que cela fonctionnait bien.Ce mélange n’avait jamais été entendu et Ton a eu envie d’explorer, davantage.» ; Et la réception jusqu’à maintenant est très bonne.«C’est le son qui en résulte que les gens aiment.Il y a quelque chose de particulier dans les musiques celtiques, une certaine mélancolie peut-être.La voix éthérée de contre-ténor et cet aspect mélancolique font bon ménage.Certaines pièces que l’on interprète sont aussi moins sérieuses que lé classique et plus directement émotionnelles.» Loin d'être racoleuse toutefois, la démarche de Skye Consort amène aussi les membres du groupe à aborder des thèmes plus profonds.Ainsi, leur tout récent enregistrement était conçu en fonction des différentes réactions provoquées par la mort.«C’est un thème que Ton retrouve dans la musique baroque et celle de la Renaissance.Cette recherche du sens de la vie, du passage du temps se retrouve dans beaucoup de réflexions chrétiennes.» Originaire d’Ottawa où il a vécu jusqu’à l’âge de 19 ans.White a commencé à chanter à huit ans avec le St.Matthew’s Men and Boys Choir parce qu’un ami en faisait partie.Et ce fut le coup de foudre pour la musique.Il se rappelle toutefois combien cet engagement était exigeant.«Nous chantions cinq jours par semaine.C’était un très bon entraînement et c’était presque aussi compétitif que le hockey.On prenait tous ça très au sérieux.C’était en quelque sorte un microcosme de la hiérarchie sociale qui nous attendait.» Maintenant il continue des leçons privées auprès de Ian Simons.Il a fait partie du chœur du Studio de musique ancienne de Montréal et a déjà arrondi ses fins de mois en chantant à la cathédrale Christ Church.Il considère que ses études en littérature anglaise lui permettent de mieux comprendre le répertoire.«La poésie est très riche et dense.C’est une éducation qui aide à aborder les classiques.La littérature aide à interpréter les symboles et les images.J’aimais beaucoup les romantiques comme William Blake.Même si je ne chante pas la période équivalente en musique, cela m'apporte certainement beaucoup.J’ai toujours fait de la musique durant mon baccalauréat.J’avais envie d’avoir une éducation libérale très ouverte et je n’étais pas prêt à prendre une décision finale sur ce que je voulais faire.J’ai eu le temps et le privilège de pouvoir élargir mes horizons.» Aujourd’hui, il a beaucoup de projets devant lui et ses agents au Canada et en Angleterre contribuent à lui fournir un emploi du temps très chargé, ce qui ne lui convient pas nécessairement.«L’an passé, mon horaire était trop plein.C’est déprimant de se retrouver toujours seul dans une chambre d’hôtel.J’aime voir mes amis et il n’y a pas que la musique pour moi.Je devrai être plus prudent à l’avenir si je veux avoir une longue carrière, sinon je vais me lasser.» Pour l’heure, il veut continuer à améliorer son sens artistique et sa technique de base.«Je cherche à atteindre un niveau d’expression élevé plus que de poursuivre un but spécifique.Ce qu’on appelle en anglais un illusive goal.Quelque chose que l’on ne peut presque pas atteindre.Mais si jamais j’y arrive, que ce soit dans mon jardin alors que j’arrose mes fleurs ou au Metropolitan de New York, ce n’est pas très important pour moi.» Sa participation au festival Orgue et couleurs lui permettra selon lui de faire partager et mieux comprendre la beauté de l’orgue à des gens qui fréquentent de moins en moins les églises et qui entendent donc plus rarement ce son particulier.Un projet populaire pour le quartier Hochelaga L’ancien directeur des Coups de cœur francophones ajoute l’orgue à son arc Dès qu’on évoque l’orgue, on s’imagine à la messe ou fredonnant les premières notes de la marche nuptiale.Depuis trois ans, la petite équipe du festival Orgue et couleurs façonne un nouveau visage à cet instrument majestueux, mais combien méconnu.CLAIRANDRÉE CAUCHY L* image traditionnelle de i l’orgue, c’est un vieux monsieur, qu’on ne voit même pas.qui joue pendant la messe.Mais l’orgue est aussi un instrument des années 2000.C’est un orchestre en soi», fait valoir Pierre Larivière, directeur de la Maison de la culture Maisonneuve et instigateur du festival Orgue et Couleurs, dont la quatrième édition se tiendra du 27 septembre au 6 octobre prochains.Le festival, qui a pris naissance dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, connaît un succès certain, attirant plus de 7000 personnes au cours des dix jours de programmation.Un orgue muet L’aventure du festival prend sa source dans la rénovation de l’orgue Casavant de l’église Saint-Nomde-Jésus, dans l’est de Montréal.Le fameux instrument, fabriqué au début du XX' siècle, figurait parmi les meilleurs au monde, mais avait été engourdi par des années de mutisme.En 1983, la Maison de la culture a versé une subvention pour amorcer la restauration de l’orgue, puisée à même les surplus budgétaires des fêtes du centenaire du quartier.Au terme de deux phases de rénovation, l’orgue, brillant comme un sou neuf, est finalement inauguré en 1999.Cette restauration a coûté quelque 500 000 $ en fonds publics et en dons d’organismes de la communauté.«Nous ne pouvions nous contenter d’utiliser un tel patrimoine pour les messes», explique Pierre Larivière, qui avait auparavant été à l’origine des Coups de cœur francophones, dont il a été le directeur pendant dix ans, jusqu’en 1997.En s’inspirant de cette expérience, il forme alors le projet de monter autour de l’orgue «un événement dynamique, jeune et innovateur».Pierre Larivière a vraisemblable ment réussi son pari.Avec de petits moyens, le festival présente des choses que les autres ne font pas.«Nous avons gardé le côté sympathique des Coups de cœur», commente-t-il.L’équipe permanente de quatre personnes (dont Pierre Larivière qui partage son temps entre la maison de la culture et le festival) et une vingtaine de bénévoles s’évertuent depuis trois ans à monter un festival original, avec un budget limité à 350 000 $.Le financement est assuré essentiellement par des subventions gouvernementales, des commandites privées du milieu des assureurs et des prêts de service de différentes organisations.Place à la créativité «Si cela ne s’est jatmis jhit, on m le faire», tel est le mantra de lierre Larivière.Dès la première édition du festival Orgue et couleurs, en 1999, la programmation surprend par son originalité.Au programme: danse contemporaine au son de Bach et séance de graffitis en direct «Personne ne nous voyait tenir avec des choses aussi jolies!», raconte le directeur général de l'événement.Le défi des organisateurs est de taille: «R faut faire retenir les gens à l’église, sans le côté sacré, pour leur faire connaître l'orgue.Nous devons renouveler le genre tout en élargissant le public», affirme celui qui a mis au monde le festival, en collaboration avec l’organiste titulaire de l’église Saint-Nom-de-Jésus, Régis Rousseau, aujourd’hui directeur artistique du festival.Le festival Orgue et couleurs ne lésine pas sur l’originalité pour faire connaître et apprécier l’instrument mal connu.«R est intéressant de marier l’orgue avec d'autres instruments.Cette année, nous présentons un spectacle avec une formation de steelband.Il s'agit de gros barils d’huile en métal sur lesquels on joue des percussions», note Pierre Larivière, en ajoutant qu’un autre concert mariera l’orgue et la cornemuse, lors d’une présentation de folklore celtique.Les sceptiques confondus Au départ, le côté novateur du festival a cependant bousculé quelque peu les organistes, peu habitués à se produire dans un contexte aussi peu conventionnel.«R a fallu convaincre le milieu, et même les gens de notre équipe.Mais au bout M1CHE1 PIN AUI T Pierre larivière du compte, tout le monde est heureux, parce qu'on fait aussi découvrir le côté plus traditionnel de l'orgue», relate le directeur du festival.Les sceptiques étaient nombreux quand Pierre larivière a lancé l'idée d’organiser des matchs d’improvisation à l’orgue.«Après avoir testé la firrmule lors des deuxième et troisième éditions du festival, nous avons mis sur pied, en février dernier, la IJgue d’improvisation de l’orgue.Iss joueurs, qui portent des chandails de hockey, improvisent pendant deux minutes sur des thèmes précis et le public vote avec des cartons de couleur», explique le directeur de l’événement, fier du succès de la formule.Pour élargir le public des mélomanes, l’événement propose une programmation très éclectique: du classique au Gospel, en passant par la musique contemporaine, le calypso, le baroque et la musique celtique.Au fil des ans, le festival s’est adapté aux différentes clientèles.Cette année, «les matins qui chantent», pennettent aux aînés d’assister, dès 10h30, à des concerts de grande qualité.Les petits et grands enfants y trouveront aussi leur «conte», récité par Kim Yaroshevs-kaya, alias Fanfreluche, accompagnée de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières.Le 5 octobre, les entants pourront aussi voir la sculp-teure Horta Van Hoye confectionner des personnages en papier grandeur nature.lors de la soirée d'ouverture, les amateurs de musique classique auront le plaisir d'entendre la Symphonie n' 3 de Mahler, interprétée par l'Orchestre métropolitain du Grand Montreal, sous la direction de Yannick Nézet-Séguin, accompagné des Petits Chanteurs du Mont-Royal et de la mezzo-soprano Danièle Leblanc.le festival présentera également des invites internationaux de renom, tel James Edward Goettsche, l'organiste du Vatican, qui se produira pour la première fois à Montréal, à la Basilique Notre-Dame.Des concerts de qualité accessibles Il était essentiel pour les organisateurs que le festival soit à la portée de toutes les bourses, alors que l’événement émane du quartier Ho-chelaga-Maisonneuve, plutôt défavorisé.«Im culture est un droit.Elle évite de tomber dans le côté ghetto et permet de s'ouvrir aux autres», estime le directeur de la maison de la culture, pour qui un tel événement est une chance de «goûter à la culture».les concerts offerts en journée seront donc gratuits et les prix d’entrée de ceux présentés en soirée n’excéderont lias la somme de 15 $.Ce souci d’accessibilité pousse les organisateurs du festival à dépasser les frontières de l’est de Montréal lors de l’activité Orgues ouvertes, qui se tiendra lors des Journées de la culture.Les Montréalais pourront alors visiter les orgues de quelque 35 églises de la Ville aux cent clochers.Cette grande accessibilité du ft's-tival ne compromet en rien la qualité des concerts: «(juand on veut faire goûter des vins, on ne commence pas par servir de la piquette.Nous présentons les meilleurs de la profession, même avec des budgets modestes», illustre l’organisateur.Comme dans toute bonne dégustation, Herre I arivière invite It's gens à venir «se faire le palais, tout en faisant le plein d’émotions».PR0-EST r «t f nm ., Société de promotion et de concertation de l’Est de !1le de Montréal Pro-Est salue le dynamisme de ses partenaires V%1 Palette de sens d orgue et de couleurs, l'automne à Montréal se vit le temps d'une symphonie Partenaire du Festival Orgue et couleu Affaires municipales et Métropole Montréal innove.Montréal crée.Montréal vibre.Ville de Montréal Cest en soutenant la vitalité et la passion des créateurs et artisans des milieux que Montréal s'affirme comme métropole culturelle Membre du comité exécutif, responsable de la Culture et du Patrimoine LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 SEPTEMBRE 2 0 0 2 Il I ORGUE ET COULEURS Une entrevue avec Vincent Warmer Maîtriser son passé pour découvrir l’avenir Des débuts montréalais pour le titulaire des orgues de Saint-Étienne-du-Mont Dans le cadre de l’hommage à Maurice Duruflé, le festival Orgue et couleurs a invité le successeur du célèbre organiste français à venir se faire entendre pour une première fois à Montréal.FRANÇOIS TOUSIGNANT La première chose qui frappe quand on parle à Vincent Warnier est un personnel mélange d’enthousiasme et de pondération irrésistiblement communicatif.Considéré comme l’un des plus beaux fleurons du monde des jeunes organistes de France, i) est titulaire des orgues de Saint-Etienne-du-Mont, instrument à la tribune duquel il a succédé au maître Maurice Duruflé et à son épouse, Marie-Madeleine.En éprouve-t-il de la fierté?Ce sentiment serait d’un égoïsme qu’il ne semble pas connaître.«Succéder à Duruflé et à son épouse est un honneur qui m'a d'abord très impressionné.Devant la grandeur de l'homme, tant l’organiste que le compositeur, je me sens donc le devoir de poursuivre la tradition, de transmettre le flambeau.» Dans une phrase aussi nette que simple tout est dit.Cet artiste qui avoue «ne pouvoir passer une journée sans jouer une pièce de Bach», montre pne chose qui lui est essentielle.A savoir que, pour lui, c’est en s’appuyant sur une toujours plus grande connaissance du passé qu’on peut mieux comprendre l’essence de la musique, qu’il faille transmettre ce savoir par l’enseignement et l’interprétation, tout en faisant avancer les choses selon les sensibilités contemporaines.Pour Vincent Warnier, cela ne veut pas dire suivre la ou les modes.Sa relation avec la musique ressemble à celle que deux amants fidèles entretiennent.Le fond se consolide même si, parfois et avec l’inéluctabilité du temps, la manière se transforme petit à petit sjjns jamais trahir l’esprit et la foi.A l’instar de Duruflé, il dit volontairement vouloir échapper à cette mode que déjà déniait Schiller dans son Ode à la joie, et aussi Beethoven qui mit le texte en musique, pour retrouver la sincérité de Duruflé.Certes, on ne peut pas dire que comme compositeur, Duruflé fut un révolutionnaire.«Pourtant, il a une telle manière de faire que quand on entend deux accords de lui, on sait que c’est du Duruflé.Vous savez, on peut se servir des accords de tout le monde et les manipuler de façon tout à fait personnelle; c’est le propre des grands.» Quand on se souvient qu’un Schœnberg disait à ses élèves qui voulaient faire moderne qu’mon peut encore écrire de la très belle musique en do majeur», le parallèle de vision s’impose et montre la hauteur de vue de l’organiste.Comment on devient organiste Visiblement, Vincent Warnier montre très tôt des dons particuliers pour la musique.Il suit des études de piano, d'écriture, tout cela de manière approfondie au Conservatoire de région de Strasbourg.«En plus, l'est de la France est un endroit où foisonnent de magnifiques orgues et j’en suis tombé profondément amoureux.Ainsi ai-je sérieusement discuté avec ma famille de la possibilité de pouvoir étudier cet instrument.» Fut-ce facile ou non, peu importe; les aboutissements sont probants.Il a plongé dans les diverses disciplines nécessaires à son instrument et à la maîtrise de son métier avec, on le subodore, une passion sans bornes.Le travail aidant le don — voire le stimulant —, le succès ne se fait pas attendre.Partout où il monte à la tribune, son apparition est saluée avec enthousiasme, de même qu’au disque.J’ai dit métier car, on l’oublie trop souvent, être organiste veut forcément dire qu’on doit se trouver un instrument, donc une église, ce qui impose qu’on doit y faire la musique pour les messes du dimanche.Cette notion est un peu oubliée au Québec, mais reste très vivante en Europe où presque chaque église a un orgue, donc un titulaire de l’instrument et qui assure la participation musicale à certains offices dominicaux et lors de certaines cérémonies du genre mariage ou funérailles.L’organiste doit donc connaître bien des pièces de l’ordinaire comme du propre et, surtout, doit savoir improviser, notamment dans des moments comme l’offer- Mi ïl MICHEL P1NAULT «Quand on compose, il faut oublier les formules, aller plus avant dans la grammaire et la syntaxe musicales», souligne Vincent Warnier.toire ou l’eucharistie.En plus de son travail d’artiste qui l’amène ici pour commémorer, en tant qu’interprète, Maurice Duruflé, Vincent Warnier est aussi ici pour participer à une «lutte» d’improvisation.On pourra donc connaître plusieurs facettes de sa personnalité lors de ce festival.Pour lui, cette pratique essentielle de l’improvisation revêt deux volets.D’abord, l’aspect liturgique.«En ce cas précis, les formes et le langage sont assez standardisés et l'intérêt vient de ce qu’en se conformant à des principes assez stricts, avec une solide connaissance de l’harmonie, du contrepoint et des formes, on arrive à savoir et à faire ce qu'il convient.» 11 y a aussi un côté plus créatif.De tout temps, en effet, les organistes développent l’art de l’improvisation (les pianistes le firent aussi un temps, mais rares sont ceux qui le pratiquent encore aujourd’hui, alors qu’en orgue la pratique est tellement vivante qu’il y a même un concours d’improvisation en la cathédrale de Chartres) et il n’est pas rare d’entendre un concert d’orgue se terminer par une séance où l’organiste improvise soit sur des thèmes de son choix, soit sur des thèmes que le public lui propose.Un compositeur Cela stimule beaucoup Vincent Warnier.«Les idées nous viennent et il arrive qu’on en trouve de très belles», lance-t-il.Alors arrive un deuxième temps dans la démarche musicale.«Si, lors d'improvisations liturgiques, je dois m'adapter à l'office, lors des moments de concerts je me révèle plus personnel; je peux alors faire beaucoup plus d’explorations, avoir de tout autres audaces et même faire de la prospective.» Et quand cela marche, Vincent Warnier se tourne vers sa table de travail pour composer.Cela ne signifie pas noter les improvisations de mémoire.«Composer, c’est le second stade, explique-t-il, celui où on peut mieux réfléchir car on est moins pris par le faire.» 11 y a des formules toutes faites pour se sortir de pannes d’inspiration en séance d’improvisation, «mais quand on compose, il faut oublier les formules, aller plus avant dans la grammaire et la syntaxe musicales».Ce qui semble le passionner surtout, c’est la mise en forme des idées qui jaillissent sous ses doigts.Quand on lui demande une œuvre, le travail d’antichambre de l’improvisation s’avère utile pour nourrir la substance de la composition à bâtir.Toujours gardant Bach comme source, voulant inéluctablement rester lui-même, il parle de trois compositeurs qui le guident.Duruflé, bien sûr, mais aussi Olivier Messiaen «qui a tellement émancipé l’orgue, montré une énorme liberté face à l’instrument et qui a transformé le rythme; parfois, en cours de creux en improvisation, j’admets qu’avoir recours au mode 2 [un des modes à transposition limitée dont Messiaen a fait la théorie de base de son langage] est d’un grand secours pour sortir du tunnel», dit-il en riant Et il y a Jehan Alain, le frère de la grande organiste française Marie-Claire Alain, qui fut compositeur et qui mourut prématurément à la guerre.«De lui, ce qui me fascine c’est la liberté dans ce qu 'elle a de plus imprévisible, de la surprise qui nous étonne à chaque détour de phrase.» La visite de Vincent Warnier au festival Orgue et couleurs, ses «débuts montréalais» comme il le dit, s’annonce donc sous ces augures de découvertes qu’on ira glaner avec curiosité et intérêt.Hommage à Duruflé sera présenté le dimanche 29 septembre, à 20h, en l’église Saint-Nom-de-Jésus, au 4215 de la rue Adam.Minda Forcier L’autochtone et Mozart Du Caboose Café aux grandes scènes lyriques «Dans la culture de toutes les Premières Nations, la spiritualité est très importante.» Une jeune colorature d’origine autochtone poursuit grâce à la musique une quête tracée par la mémoire de ses origines.Les Mamelles de Tirésias et de Lucy dans The Telephone pour Mu-sicalyrique et celui de Simone dans Les Mousquetaires au couvent avec la troupe de l’Opéra bouffe du Québec.A titre d’artiste invitée, elle a pris part en avril dernier au Gala des prix nationaux d'excellence décernés aux autochtones à Winnipeg (le tout était retransmis à la CBC).Elle a ensuite donné un récital de musique sacrée et baroque avec orchestre de chambre pour la troupe Tourdion, sous la direction de Pierre Laverdière.Elle a fait la tournée des festivals d’été du Nouveau-Brunswick et a pris part au Rassemblement national sur l’expression artistique autochtone en juin dernier, impressionnant beaucoup, semble-t-il, Sheila Copps.MADELEINE LEBLANC Fougueuse, d’origine autochtone (Attikamekw par son père, Abénaquis métissée par sa mère) et soprano, Minda Forcier est une jeune femme déterminée.Native de Mont-Saint-Michel dans les Hautes-Laurentides, elle quittera l’endroit à l’âge de 14 ans et, accompagnée de sa mère, gagnera Montréal pour entamer une carrière de chanteuse.«À cette époque, je m'inspirais de Withney Houston et de Mariah Carey Je ne connaissais rien du classique.L’Ave Maria de Schubert, je l'avais appris phonétiquement.Diana Soviero m'a convaincue que j'avais un talent naturel pour l'opéra et m’a aidée à devenir ce que je suis.Mais je suis restée la même, je n’ai pas changé.Ma culture est très importante pour moi.» Dirigée par des maîtres de l'Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal et du Conservatoire de musique d’art dramatique du Québec à Montréal, elle est vite remarquée grâce à sa remarquable voue de colorature.Elle se consacre de plus en plus au chant et poursuit allègrement son apprentissage.Elle étudie l'italien, entreprend un stage en Slovaquie à l’International Summer Lyric Academy Kosice (où elle est boursière des Jeunes ambassadeurs lyriques du Canada) et prend des cours de mise en scène avec Martin Faucher et Janet Aster.Aujourd'hui, la chanteuse Gabrielle lavigne lui enseigne la technique vocale.En plus d'avoir participé à de nombreux récitals dans la région de Montréal, Minda Forcier a tenu des rôles dans différentes productions.dont celui de Thérèse dans Deux univers En octobre, elle chantera devant la Reine d’Angleterre à Ottawa pour le SO’ anniversaire de son règne, ce qui lui pose un semblant de dilemme sur lequel elle préfère ne pas s’attarder.«Je suis une artiste qui veut chanter et je me retrouve au centre de deux univers.Je ne veux pas faire de politique.» Elle souhaite plutôt mettre l’accent sur sa participation au festival Orgue et couleurs où, le 27 septembre à 10h30 dans le cadre de la série «Les matins qui chantent», elle offrira un éventail de la mesure de son talent.la pianiste Claudette Denys l'accompagnera alors en l’église Saint-Nom-de-Jésus.Des extraits de l'Oratorio de Haydn, de l'opéra Rigoletto et quelques mélodies françaises sont notamment au programme.«Ce festival me donne la chance de montrer aux gens le travail que j'ai accompli.Le directeur Régis Rousseau m’offre ainsi une occasion d’acquérir une autre expérience intéressante.Et il y a dans cette musique un côté spirituel qui me plait beaucoup.Dans la culture de toutes les Premières Nations, la spiritualité est très importante.La musique classique, qui ne fait pas partie de ce que je vis tous les jours, me permet de toucher à cet aspect et je me suis rendu compte que cette musique contenait une grande pureté qui me rejoignait beaucoup.Il y a beaucoup de poésie dans ces textes.Quand vous lisez les traductions, vous êtes frappé par la spiritualité que cette musique dégage.Ce qui est écrit touche droit au cœur, Mozart a écrit des choses extraordinaires.En analysant les librettos, on voit plein de parallèles avec la vie d’aujourd’hui.Quand tu prends le temps de t’asseoir, tu apprends beaucoup de choses.Je me promène dans le bois avec mes chiens et je relis les librettos.Ça me permet de comprendre, de réfléchir à la création.Le bois et ces lectures me permettent de me rapprocher de moi-même.» Trouver sa place Peu connue pour l'instant, Minda Forcier semble tiraillée entre le désir de ne pas trop faire parler d'elle et celui de percer.«J’essaie de faire ma place et ça me stresse, tout cela.Je ne me vois pas en future grande diva.» Le désir d'enregistrer un album un jour est pourtant présent tout comme celui d’être simple et de le rester.«Je prends les choses comme elles se présentent et j’y vais un jour à la fois.Je suis en début de carrière et maintenant j'ai un agent.J’ai 25 ans.Je suis jeune et je ne veux pas avoir de regrets à 40 ans.Je suis réaliste et terre à terre.Je ne veux pas me faire d’illusions.Je suis très consciente de la compétition qu ’il y a et en classique, c’est encore plus difficile.Je ne veux pas me faire d’illusions, : mm MICHEL PINAULT À la fin octobre, Minda Forcier ira passer des auditions à New York auprès de deux grands chefs d’orchestre.ça ne fait pas partie de ce que je suis.Les autochtones ne sont pas des gens hypocrites.» Pour l'instant, pour subvenir à ses besoins, Minda Forcier travaille au Caboose Café de Kanawa-ke les jours de semaine de 4h à llh du matin.«Je n’ai pas beaucoup de clients; entre les trois rushs de 15 minutes, je pratique ma technique, Le patron est un ami et ça fait partie de l’entente.Ça ne le ^dérange pas, en fait, ça l’amuse.» A la fin octobre, elle ira passer des auditions à New York auprès de deux grands chefs d’orchestre.Elle doit aussi prendre part à un festival en Suisse.«J’attends le contrat, tant que ce n'est pas signé, on ne sait jamais.» Consciente de la nécessité de travailler énormément et que le talent seul ne suffit pas, Minda Forcier fait preuve d’une discipline de fer.«Je m’y attèle depuis 10ans.fai une formation en italien, en allemand, en latin, fai analysé le solfège.Pour apprendre des rôles, il faut les comprendre.Tu as beau avoir tout le talent, il faut avoir de la discipline fai été élevée comme ça.Aujourd'hui, c'est comme une drogue.J'ai besoin d’en reprendre.Si je n ’étudie pas pendant une journée, ça me manque.» Parions que les efforts porteront des fruits.Conte Les sagesses du /Vf merveilleux Un amour immodéré pour Babar et Perrault Alors qu’elle-même semble surgir d’un conte, Kim Yaro-shevskaya offre aux grands comme aux petits ses propres contes et ceux de Perrault, avec à l’appui l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières.DENIS LORD Pour son spectacle de clôture, le festival Orgue et couleurs présente le 6 octobre prochain un après-midi de contes où Kim Yaro-shevskaya (que d'aucuns connaissent sous le nom de Fanfreluche) interprétera un de ses propres contes, intitulé Le Petit Air et Ma mère TOye de Maurice Ravel.Le concert se terminera par la première montréalaise des Nouvelles amantures, une création de Denis Dion, alors que la pianiste Denise Trudel se joindra à l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières.Connue pour ses rôles à la télé1 vision et au théâtre (Ionesco, Tchékhov, Ducharme.), Mme Yaroshevskaya entretient depuis fort longtemps un amour immodéré pour le conte.Plusieurs de ceux mis en scène dans l’émission Fanfreluche sont de sa plume; la dame a aussi enregistré le Pierre et le loup de Prokofiev, le Butor de Poulenc.«J’adore la musique, j’adore lés contes, dit-elle.Ils sont là depuis des millénaires pour nous dire des choses merveilleuses.J’aime bien cette formule: “H était une fois.” Ça met le conte dans une langue, un monde à part.On n'a pas besoin d'images, notre imagination est assez riche pour créer tous les décors.Les ovnis, personne n’en a vu mais une seule personne peut vous y amener peut-être plus concrètement que des décorateurs de cinéma.» Mme Yaroshevskaya donnera proçhainement un atelier de contés ' à l’École nationale de théâtre où elle se servira de l’œuvre de Jung, qui l’a aidée à voir le vrai sens des contes.«Pourquoi la Belle au bois dormant dort-elle durant cent ans?Pourquoi tous ces princes qui meurent.dans les branches?Pour moi; c'est m conte sur le timing: quand arrive le bon prince, les arbres reculent, les branches se dénouent.Freud était le roi du sexe, alors il en a fait une interprétation sexuelle.Chacun de nous a son interprétation.Jung était un savant, alors il à donné de la Belle au bois dormant une interprétation portant sur l’histoire humaine.» Perrault, Yaroshevskaya et Bellemare Le 6 octobre, ce ne sera pas 1a première fois que Mme Yaroshevskaya interprétera les Contes de ma mère l’Oye.«Je l’ai déjà fait en compagnie de l’Orchestre symphonique de Montréal.On m’avait alors demandé de présenter une version bilingue.Mais ça ne marche pas.Les contes, c’est de la poésie, du rythme.Ce n’est pas la tête qui doit fonctionner mais l’émotion.La mise en musique par Ravel des contes de Perrault est basée sur quelques scènes tirées des Contes de ma mère l’Oye, des moments magiques de La Belle au bois dormant, du Petit Poucet, de La Belle et la Bête./e fais une très courte narration pour mettre les spectateurs au fait de ce qui arrive dans les histoires, comme la transformation de la Bête en prince, le réveil de la princesse.» Le Petit Air, qui sera aussi joué le 6 octobre, a été écrit par Mme Yaroshevskaya et mis en musique par le compositeur et chef d’orchestre de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières, Gilles Bellemare.Le Petit Air, dira Mme Yaroshevskaya, c’est «quelques notes auxquelles personne ne prête attention, on s’en moque, on les chasse.Mais à Tissue de quelques aventures, le petit air tombe dans l’oreille d’une musicienne et devient une partie importante d’une œuvre symphonique.» Une question de timing quoi, comme dans La Belle au bois dormant.Dans ses spectacles dans les Maisons de la culture de Montréal, à la Pierre Angulaire, tout près de Trois-Rivières, la comédienne dit avoir eu beaucoup de plaisir à jouer ce texte, accompagnée par le guitarisle Denis Poliquin.«Mais ce n’était pas ça! J’ai écrit Le Petit Air pour un orchestre, j’entendais des sons de tuba, de violoncelle, de flûte.» La comédienne est fort heureuse de la musique créée par Gilles Bellemare, avec qui elle a répété plusieurs fois sur une partition pour piano.«Dans les circonstances, je me considère comme un autre instrument de l’orchestre, avec lequel il faut faire corps.Mais l’orchestre VOIR PAGE H 5: CONTE \ I LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 2 2 SEPTEMBRE 2 O O 2 h r> ORGUE ET COULEURS Revitalisation MICHEL PINAULT Kim Yaroshevskaya CONTE « Un bon conte doit s’adresser à tout le monde» SUITE DE LA PAGE H 4 est puissant, il faut parfois le laisser s’exprimer seul!» Pour tous Au dire de la comédienne, la soirée s’adresse à tous: *Je ne vise pas vraiment les enfants avec les contes que j'écris.Perrault a écrit pour les enfants mais les contes qui sont restés longtemps s’adressent à tout le monde.Quand on ne savait ni lire ni écrire et qu’un conteur arrivait au village, c’était la fête, tout le monde l’écoutait.D’ailleurs, un bon conte doit s’adresser à tout le monde.Les jeunes vont y voir une chose, les plus vieux une autre.» Kim Yaroshevskaya est en nomination aux Gémeaux dans la catégorie de la meilleure actrice de soutien.Le gala a lieu le même soir que la première de ses contes, à Trois-Rivières, le dimanche 29 septembre.Après Boréal, qui a publié un conte autobiographique intitulé La Petite Kim, Stanké lancera prochainement un recueil de contes écrits et illustrés par l’artiste.On y trouvera, outre les Contes de Fanfreluche, Connaissez-vous le Petit Chaperon bleu et le Petit Chaperon jaune?«C’est ma propre version de ce que signifie l’histoire originale, dit la comédienne.Mon interprétation est plus profonde que celle, sexuelle, de Freud.» Et quelle est-elle?«Nous avons des yeux pour voir, des oreilles pour entendre, un cœur qui sent beaucoup de choses.Or, le Petit Chaperon rouge voit un loup dans le lit de sa grand-mère, qui lui dit qu’il est Mère-Grand.Le Petit Chaperton a des yeux, des oreilles et un cœur mais elle ne fait rien.Si on croit la parole des autres au détriment de ses sens, on est vulnérable, abusé plusieurs fois par jour, adulte comme enfant.» ; Contes en musique est présenté le dimanche 6 octobre, à 14h, en l’église Saint-Nom-de-Jésus.À partir d’un clavier Hochelaga-Maisonneuve, le quartier devenu arrondissement, retrouve sa gloire d’antan À l’origine du festival Orgue et couleurs, la restauration de l’orgue de l’église Saint-Nom-de-Jésus a stimulé la revalorisation d’un arrondissement de Montréal et de son patrimoine.DENIS LORD Aujourd’hui directeur-général du Musée des Patriotes à Saint-Eustache, Paul Labonne a dirigé pendant pendant plusieurs années l’Atelier d’histoire d'Ho-chelaga-Maisonneuve.Cet historien et muséologue a initié la restauration des grandes orgues de l’église Saint-Nom-de-Jésus, un projet qui a eu des prolongements dans la revalorisation du patrimoine de cet arrondissement.«En 1994, rappelle M.Labonne,/’organisais des visites guidées dans le quartier et je trouvais que les églises étaient des lieux enclavés où on se heurtait trop souvent à des portes fermées.La présidente de la Corporation des orgues de Maisonneuve m’a alors demandé de mettre en valeur les églises et c'est devenu ma ligne directrice, alors que je me chargeais également de la partie culturelle de Saint-Nom-de-Jésus.» L’orgue de 6500 tuyaux de cette église, fabriquée par la firme Casa-vant, connue internationalement, était dans un état pitoyable, ne fonctionnant qu’au quart de ses capacités.Avec les responsables, M.Labonne a donc lancé une campagne de financement pour aller chercher les 650 000 $ nécessaires à sa restauration.De grands organistes ont appuyé la démarche, comme Pierre Grandmaison, Gaston Harel et Pierre Lagacé.Le curé de l’époque, se rappelle M.Labonne, avait une grande ouverture d’esprit «R a supprimé l’orgue électronique, ouvert l’église à des spectacles, à des expositions, je salue son côté visionnaire, qui a permis l’association des milieux religieux et patrimoniaux.» Bien sûr, il a fallu impliquer dans le projet une population généralement pauvre, hantée par des soucis autrement plus urgents que des claviers et des tuyaux.«Le coup d’envoi de la restauration a été donné par le spectacle présenté par le Chœur Air France et les Petits Chanteurs du Mont-Royal.Quand les gens du quartier ont vu arriver une dizaine de camions et des caméras, ils ont commencé à y croire.Ce sont d’ailleurs eux qui hébergeaient les chanteurs du Chœur Air France.Le génie de l’affaire, c’est que le festival vient coiffer tout ça, suite logique de la rénovation de l’orgue.» Plusieurs organistes de renom donneront prochainement des spectacles à l’église SNJ, dont ceux du Vatican et de Notre-Damede-Paris.Le patrimoine religieux Dans les années subséquentes à la restauration de l’orgue de SNJ, M U S I Q U E ORGUE ET COULEURS Cf CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsable NORMAND THERIAULT nthf riaoltaledevoir.ea 2050.nie de Bleury, 9'étage, Montréal (Québec) HSA 5M9.Tét: (514) 985 3333 redaetioii9ledevoir.com FAIS CE QUE DOIS La CDEST soutient le développement culturel '_ ~= Corporation == de développement “ de l'Est Pour l’économie et l’emploi 256-6825 www.cdest.qc.ca les trois autres églises patrimoniales de l’arrondissement Hoche-laga-Maisonnneuve ont été rouvertes, soit celles de la Nativité de la Sainte-Vierge, Très-Saint-Ré-dempteur et Saint-Clément de Vtauville.toutes sises rue Adam.Athée, M.labonne s’est néanmoins senti interpellé par le patrimoine religieux du quartier, exceptionnel et menacé.«C’est dans ces églises qu’on trouve le plus grand concentré d’œuvres d'art de l’arrondissement.Saint-Clément est une des églises majeures de l’architecte Joseph Venne, qui y a innové avec un système d'arcs en saillie assez complexe.La frise de l’église de la Nativité comporte 320sculptures signées par la firme de statueurs-mouleurs Carii et Pétrucci.A Saint-Rédempteur, on trouve des verrières de Guido Nincheri, mort en 1973, sacré Chevalier-Commandeur de l’Ordre de Saint-Sylvestre par le pape Pie XI, qui le reconnaissait ainsi comme un des plus grands artistes de l’Église.» Si l’arrondissement possède un aussi riche patrimoine religieux, c’est qu’avant d’être incorporé à la viUe de Montréal, Hochelaga-Maisonneuve fut un temps considérée comme la cinquième plus importante ville industrielle du Canada et était l’hôte d’une bourgeoisie prospère.M.Labonne souligne qu’avec la désaffection des fidèles, les paroisses ne peuvent plus payer toutes seules le maintien de leurs édifices.C’est pourquoi le ministère des Affaires cultureUes investit annuellement plusieurs millions dans le fçnds Patrimoine religieux.«Si l’État participe au financement, c’est de bonne guerre que l’église soit mise au service de la collectivité par des spectacles et des expositions.L’église est un lieu de culte mais aussi de culture.» Lauréat du prix Diana Soviero et membre de l’Atelier lyrique de Montréal, le ténor Marc Her-vieux souscrit totalement à l’affirmation de M.Labonne.Né dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, où il a demeuré jusqu’au TfTTTrr 1 VIH I DK SAINT Kl I STAC H K Paul Labonne: «Si l’État participe au financement, c’est de bonne guerre que l’église soit mise au service de la collectivite par des spectacles et des expositions.» milieu de la vingtaine, M.Her-vieux s’est impliqué tout au long de son adolescence comme animateur au Centre culturel et sportif de l’Est (CCSE), qui, incidemment, est né dans le sous-sol de l’église Sainte-Jeanne-D’Arc.«lœs églises, dit-il, étaient et sont encore aujourd'hui importantes pour la vie communautaire.Quand j’étais jeune, Hochelaga-Maisonneuve était presque un village; les églises constituaient un lieu de rassemblement pour les activités sportives et culturelles.Saint-Barnabé par exemple, grâce au prêtre Yves Poulin, servait de cuisines collectives, de magasin-partage, offrait de l'aide aux toxicomanes et a toujours continué en donnant, entre autres, annuellement quelques concerts dans l’arrondissement.» Le ténor, qui a enregistré l’an dernier au Saint-Nom-de-Jésus Les Sept Paroles du Christ, de Théodore Dubois, croit que Orgue et couleurs a permis aux gens habitant à l’extérieur d’Hochelaga-Maison-neuve de découvrir son extraordinaire patrimoine religieux et architectural.Pour le festival, M.Hervieux a mis au point une soirée consacrée au répertoire romantique de l’opéra français (Massenet, Bizet, etc.) «Pour que les gens comprennent les mots mais aussi parce que ce répertoire concorde avec les dates de construction des églises.Les gens ont des préjugés, ils croient que ça prend de l'éducation et du décorum pour apprécier l'opéra et la musique classique.Mais dans Hochelaga-Maisonneuve, on a des salles pleines, et chaque fois, ça m’impressionne.» Pour M.Ixibonne, la mise en valeur du patrimoine d’Hochela-ga-Maisonneuve, religieux ou non, est un élément déterminant de son développement économique.Il affirme par ailleurs que l’expertise développée dans l’arrondissement a donné un certain essor à la conservation du patrimoine.«Même pour l'évêché, ç’a été une surprise que la reconnaissance du patrimoine religieux vienne d’ici.Nous avons réseauté l’église avec des milieux qui lui étaient auparavant étrangers, Hochelaga-Maisonneuve avec le reste de la ville et de la province, avec l’université Concordia.Notre exposition sur les Bains Morgan a permis de sauver trois autres bains publics à Montréal.» Le muséologue s’affaire actuellement à la mise en valeur de l’atelier de Nincheri, le plus vieux studio de vitraux aux Québec, où plus de 5000 vitraux ont été conçus et fabriqués, dont ceux du parlement de Terre-Neuve.Ses outils, ses maquettes et sa correspondance avec une centaine de paroisses aux Etats-Unis et au Canada y sont actuellement conservés.Pour connaître Guido Nincheri: http://collec-tions.ic.gc.ca/nincheri/fr-over-view-nfhtm Ije samedi 28 septembre, à 20h, Charme et Séduction, avec le ténor Marc Hervieux, accompagné de ( üanna Corbisiero, soprano, Claude Webster, pianiste, et de Jean Le Buis, organiste, sera présenté en l’église Saint-Nom-de-Jésus, 4215, rue Adam.Mercier—Hochelaga-Maisonneuve un arrondissement riche en culture ! » IV0N LE DUC PRÉSIDENT DE l'A II Notre arrondissement offre un cadre de vie Intéressant à plusieurs égards : des entreprises dynamiques, des services de proximité, des institutions cultureUes de grand renom et des trésors patrimoniaux.Ce festival a le mérite de faire connaître notre riche patrimoine.MICHEL ARCHAMBAULT DIRECTEUR DE L'ARRONDISSEMENT Le Festival Orgue et ¦ couleurs est une initiative du milieu culturel de notre arrondissement et nous en sommes très fiers.Cet événement international attire ici des artistes du monde entier et un public curieux des nouvelles V ^ tendances musicales.» JOSEE GUY DIRECTRICE DE LA CULTURE, DES SPORTS, DES LOISIRS ET DU DÉVELOPPEMENT SOCIAL DE L'ARRONDISSEMENT Ville de Montréal Arrondissement de Mercier—Hochelaga-Maisonneuve » ; 4e symphonie d’automne à Montréal 25 septembre au 6 octobre 2002 15$ / 7$ (12 et moins) festival et couleurs r Orgues ouvertes, im événement à ^Tlontrcat! DIMANCHE 29 SEPTEMBRE À 13H ET À 14 H 30 Les organistes vous accueillent à leur tribune dans 35 églises de Montréal! Une agréable façon de découvrir ce majestueux instrument.Liste et horaire détaillés sur le site www.orQuecouleurs.com Entrée libre Et plusieurs autres concerts gratuits.jeteur ix fciffitskm totthpe Mstre-Dame ée Montréal, 110, rue Motre-Dame Ouest Eglise Sahrt 0— de-Jésus, 4219, rue Adam ¦être We-IX Église Nativité 4e la Sainte-Vierge, 3200, nie (Marte Église Saint James MM, 463, rue SaMe-CatNerine Ouest métré MefiHt Menée de CMteae Dufresne, 2929, avenue JeaueenPArc métra Pie-IX 15$ /1$ (12 et moins) Réseau Admission:
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