Le devoir, 14 octobre 2006, Cahier E
LE D E V 0 1 K .LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 1 A OCTOBRE 2 O O O CINÉMA À vous donner l’envie de voter Page E 9 LesGBC ont 50 ans! Page E 5 1K- ¦ mKM Le producteur Luc Déry, en compagnie de Paul Ahmarani et de Philippe Falardeau ¦PP.ip»r WEÏrr* CINÉMA Philippe Falardeau et Paul Ahmarani en feux follets.Congorama, de Falardeau, est présenté en ouverture du 25e Festival du nouveau cinéma mercredi prochain, avant de prendre Vaffiche en salles commerciales ODILE TREMBLAY Philippe Falardeau et son comédien Paul Ahmarani partagent un même type d’énergie.On dirait deux feux follets, toujours en train de s’enflammer.Ils avaient déjà fait tandem en 2000 dans le délicieux La Moitié gauche du frigo.Mais Congorama, qui réunit de nouveau le brillant réalisateur québécois et son acteur fétiche, se révèle un projet beaucoup plus ambitieux que le précédent film.Tourné en Belgique et au Québec, avec un fantomatique Congo en arriere-pian, le film est loin de l'œuvre miroir d’une seule société.Devant un délicieux gâteau dans un restaurant du Vieux-Montréal, Philippe Falardeau évoquera bien sûr le cinéma commercial québécois, qui gruge de plus en phis de terrain aux dépens des films d’auteur.Depuis belle lurette, il dénoncé les politiques de Téléfilm Canada, aux enveloppes à la performance qui poussent la roue du cinéma à recettes.Mais le cinéaste est surtout ici pour parler de Congorama, le film d'ouverture du Festival du nouveau cinéma — d’abord lance à Cannes à la Quinzaine des réalisateurs —.une œuvre puzzle dont l’intelligent scénario s'enroule en spirale.Le Belge Olivier Gourmet, acteur fétiche des frères Dardenne, primé a Cannes, y donne la ré- plique à Paul Ahmarani.Le comédien québécois se plaît d’ailleurs à dire que jouer avec un partenaire de pareil calibre rehausse une prestation, comme au tennis on lance mieux la balle à un joueur de haut niveau.L’acteur québécois s’est amusé avec Gourmet.«77 a une énergie de menhir et ne joue jamais pour son seul profit.» Le film aborde, entre autres choses, la quête du père.On y fait la rencontre d’un inventeur belge (Gourmet) qui cherche son passé au Québec et tombe sur un drôle de zouf (Ahmarani) dans une voiture électrique hybride à Sainte-Cécile, avant qu’un accident ne change le cours de leurs destins respectifs.Par la tête ou par la queue •Congorama traite avant tout des conséquences de ces moments qui font basculer le cours de la vie et entrai-nent la quête d’un nouvel équilibre», précise le cinéaste.D voit Congorama comme une coproduction naturelle.•Ce.film est ma vision non péjorative du mot ‘mondialisation’'.Les héros sont issus de deux expositions universelles: celle de Bruxelles en 1958, celle de Montréal en 1967.» L'apport de la Belgique a permis a Falardeau de travailler avec Olivier Gourmet tout en lui offrant une partie de son cadre d’action.A la France, il a emprunté le grand acteur Jean-Pierre Cassel (qui joue un handicapé, pere du personnage d'Olivier Gourmet) et la comédienne d’origine ivoirienne Claudia Tagbo.•Cassel se disait ravi d’être porté par Gourmet, comme d'hériter d'un rôle muet qui lui permettait de parler avec les yeux.» Quant à Paul Ahmarani, il a eu l'impression de se dépasser: •f’hihppe m’a offert un role loin de moi, celui d’un homme misanthrope, solitaire, sur son quant a soi.Dans cette composition subtile, j’ai eu a me défaire de ma propre enveloppe et à sortir des profils d'ados fragiles qu 'on m avait beaucoup offerts jusque-là • Le film peut être attrapé par la tête ou par la queue: saga familiale, quête de racines ou tout ce qu'on voudra Falardeau a misé sur l’espace ideriütai re flottanL propre aux Belges et aux Québécois, appelés sans cesse à » redéfinir par rapport a la France, si rayonnante.•On peut voir Congorama aussi comme une œuvre sur la relation entre deux inconnus en quête de vérité, ajoute Paul Ahmarani.Hyest question également de québécitude, de ruralité dans une perspective éclatée.Flottant par-delà le Québec et la Belgique, le Congo constitue un espace mythique ayant un lien avec chacun des personnages tout en demeurant hors champ.» Le cinéaste admet que nouer tous les fils de ce scénario complexe fut un travail plus ardu que la réalisation du film.•Ça m'a fait plaisir de ne pas raconter l'histoire de façon linéaire, en afoutant un ru/uvel éclairage à chaque couche.• À ses yeux, Congorama constitue une œuvre quasi interactive, ou le sjMrtateur jyjssede un rôle à jouer.•Celui-ci ne se contente pas d’encaisser l’œuvre à l'écran, mais doit mettre en place à sa façon les pièces du puzzle » la complexité de la structure limitait même les choix de montage.•Changer ou déplacer une scène avait un effet de dominos qui modipait tout le reste.» Que ( ongorama ait été lam é en clôture de la Quin zaine des réalisateurs au dernier Festival fie Cannes a constitué à la fois un bienfait et une malédiction.•Jamais, sans cette tribune, on n 'aurait trouvé le gros distributeur UGC pour lancer notre film en F rance |en janvier, sur plus de 50 écrans), précise PhiBppe Falar deau.En même temps, les films de clôture umt très peu couverts par les médias européens Fit puis, notre film était projeté en même temps que le très couru Indigenes de Rachid B/ruchareb » I>p cinéaste sait bien que la présence d'Olivier Gourmet au générique de Congorama constituera une carte maîtresse en France et en Belgique lors de la sortie en sol européen, les couvertures de nrease qui manquaient a Cannes seront sans doute alors au rendez vous Film québécois, certes, mais un peu apatride, flottant par-dela les frontières et, f-spérons-fa>.ki et là-bas.appelé a être apprécié comme teL Le Devoir CHANSON La fête à «l’entremetteuse» Mercredi soir prochain, une foule d'admirateurs et d'amis viendront célébrer Monique Giroux lors d'un grand party à la SAT PAULCAUCHON Vingt ans de passion pour la chanson francophone.L’événement sera souligne dans la joie mercredi soir prochain, alors qu'une feule d'admirateurs et d'amis viendront célébrer Monique Giroux lors d’une grande fête a la SAT, boulevard Saint-Laurent a Montreal Vingt ans de passion, d'abord au micro de CIBL-FM et ensuite à cehri de Radio-Canada.mais egalement vingt ans d’une activité culturelle intense, a organiser des dizaines de spectacles {Le Cabaret des refrains) et de soirées en hommage a différents artistes, aux FrancoFolies et ailleurs, a rééditer les œuvres oubBées.à défendre la chanson francophone sur toutes les tribunes.•Je suis une entremetteuse», lance-t-elle en riant Une entremetteuse qui adore découvrir et provoquer des rencontres entre les artistes.Richard Desjardins.eDe Fa présenté alors qu'il était encore incon- nu, en 1986 dans un festival de l’Union française Pierre Lapointe, eDe Fa soutenu sans arrêt faisant entendre sur les ondes ses chansons avant même qu’il n’enre-gistre son premier disque Le carnet d'adresses de Monique Giroux est impressionnant Tous les grands de la chanson s’y trouvent.Elle est du genre a appeler Juliette Greco chez eDe pour hii souhaiter un bon anniversaire, EDe pouvait téléphoner a Nougaro pour lui lancer l'idée d'une c ollaboration avec Michel Rivard.Les auteurs la consultent, lui demandent des conseils, les vedettes établies comme les jeunots A ses premieres années au micro, eDe a beaucoup fait tourner les grands anciens, de T renet à Brassens et de Mi*in-guett à Joe Dassin, pour les faire découvrir a la jeune génération.Encore faDah-il trouver r ton pour le faire -Je mettais une chanson de Joséphine Baker apres Jacques Ffigelin; pour moi, Joséphine Baker était quelqu 'un d'assez punk Écoute, elle chan- tait la seins nus avec des banana sur la tête1 C'est fabuleux, non?» Des projets à La pelle Elle est comme ta, Monique Giroux, eDe est la premieredes artistes qu’eOe fait entendre Dans sa maison, eDe accumule des nûDim de disques et de livres.EDe n'est pourtant ni historienne ni ardii-viste.EDe n’a pas le temps de tout dasser VOIR PAGE E 2 GIROUX L K DEVOIR, LES A M E D I 14 ET DIMANCHE 15 OCTOBRE 2 0 0 6 E 2 Cl'LTl'RE Des regards à changer Odile Tremblay La nouvelle est tombée jeudi sur notre petit monde du cinéma: Line Beauchamp, ministre de la Culture du Québec, injecte des crédits additionnels de 10 millions de dollars (non récurrents) dans les goussets de la SO DEC.Six nouveaux projets de films pourront ainsi passer du jscénario à l’écran.L’ironie du sort, c’est que ces millions additionnels destinés à résorber la crise du financement des films maison ne viennent pas d’Ottawa, premier palier sollicité, mais de Québec, aux ressources plus limitées.Flash-back: en juillet dernier, une délégation de l’industrie du cinéma québécois se rendait dans la capitale nationale pour rencontrer la ministre Beverley J.Oda du Patrimoine canadien.Et que je vous serre les mains, et que je vous explique le problème: trop de bons projets de film émanent du Québec.Notre septième art bouillonne comme une grosse soupe, sans que le financement suive.ÇA NOUS PREN-DRAIT20 MILLIONS DE PLUS! Ç’a-tu du bon sens que Robert Lepage, Charles Bi-namé et d'autres refusent désormais de tourner au Québec à force de se cogner le nez contre des portes fermées?Crise! Crise! Crise! Même Arcand n'a pas eu tous les sous dont il avait besoin pour son Âge des ténèbres.Lui, notre vedette, oscarisé, «cannisé» (presque canonisé).Ça nous la foutait mal.De fait, sa productrice et compagne Denise Robert s’agitait en haut de la püe, avant que le milieu ne lui fasse sentir qu’elle occupait tout le premier plan et qu’après avoir dépensé ses enveloppes à la performance sur Roméo et Juliette, dont ni Téléfilm ni la SODEC n’avait voulu, mieux valait pour elle accepter les sommes proposées pour l’oeuvre d'Arcand et se débrouiller quant au reste.Grogne et crise dépassaient le cas d’Arcand.Devant la délégation québécoise, la ministre du Patrimoine canadien opina du bonnet, en bonne diplomate qui ne contredit personne, ne promit rien non plus mais laissa planer ceci et cela.Chacun repartit donc satisfait Puis la fin de non-recevoir arriva par courrier.— Pas d’argent supplémentaire, du moins cette année.Désolée, braves gens! Dix millions venus de Québec, ce ne sont pas les vingt millions réclamés, mais ça colmate quelques brèches, la bonne nouvelle, c’est que la SODEC, en appuyant de nouveaux films, ne s’enfargera pas dans les foutues enveloppes à la performance, qui déshonorent les politiques fédérales.Chez Téléfilm, la moitié du financement production file à l’aveuglette dans les poches des producteurs et des distributeurs ayant engrangé de grosses recettes aux guichets.A la SODEC, chaque projet financé est évalué au cas par cas.Une méthode forcément partiale, mais moins obscure.Depuis l’avenement des enveloppes a la performance en 2000, nous avons été nombreux a nous insurger haut et fort Parce que pousser la roue du succès commercial signifie tôt ou tard formater des films pour plaire, sans y parvenir nécessairement mais en égarant l’âme et l’exploration au détour.De fait, s'il existait des recettes au succès, Hollywood, l’ogre gavé de divertissements populaires, remplirait ses salles à tous coups.Alors qull se plante plus souvent qu’a son tour.Les bonzes de Ins Angeles se grattent la tête pour trouver les conditions gagnantes, comme d’autres ont cherché jadis la pierre philosophale.En vain, dans les deux cas.Le cinéma a beau constituer aussi une industrie, l’intuition et l’art, si délicieusement impondérables (cauchemars des promoteurs), entrent en jeu pour déjouer tous les pronostics.Au Québec également Pas de primes à la performance du côté de la SODEC, donc, mais la philosophie du succès fait tache d’huile chez elle aussi.Chacun voudrait produire des Bon cop, bad cop.Pour l’argent, pour les records, pour les statistiques.Le pétage de bretelles est encore de mise: «Voyez comme le cinéma québécois est en forme! Près de 20 % de recettes aux guichets l’an dernier.Faudrait être fou pour blâmer les enveloppes à la performance, à l’origine de ce beau succès.» Et bla! bla! bla! Mais de plus en plus, quand même, fa petite communauté cinématographique finit par admettre que ça s’est morpionné cette année.En gros, les films sont moins bons en 2006, que voulez-vous?Et derrière cette baisse de qualité (et de recettes) se profilent non seulement la fameuse crise de financement mais aussi un tas de mauvais choix des institutions.Des «oui» stridents a des projets potentiellement commerciaux, des «non* embarrasses a plusieurs trucs risqués.D semble que les consequences des enveloppes a fa performance et de fa course au succès se fassent vraiment sentir en 2006.Ça prend quelques années de flottement avant que les effets pervers ne succèdent aux mauvaises décisions.Un sous-comite s'est penché avec Téléfilm sur le cas des enveloppes a fa performance et devrait livrer sous peu ses réflexions, mais on ne s'attend guère à leur abolition.Alors on encourage fortement la SODEC a priviie gier de son côté les projets audadeux avec ses nouveaux fonds.Parce que le balancier doit repencher a gauche au phis vite en visant fa qualité.D’ailleurs, c'est bien pour dire.Le Festival du nouvel cinéma, qui démarre mercredi prochain, presen-t(*Sur la trace d’Igor Risi, de Noël Mitrani, classé meilleur film canadien au dernier rendez-vous de Toronto.Or le bijou en question fut conçu sans aide institutionnelle, ce qui en dit long sur les bienfaits de linde-pendance.Rarement le spleen, marié à fa neige dans un Montréal à fa fois beau et marginal, aura été si bien filmé.Et cette histoire d’un Européen desperado qui nage dans les eaux du crime (merveilleux Laurent Lucas), portée par l’admirable chanson folk Wayfering Stranger, est un western de l’Est lancinant et subtil.Une leçon de rigueur et d’élégance.Mais qui aurait voulu ici d’un projet si diffus?Allez nier la nécessité des aides de l’Etat.Tant mieux si l’argent rentre, mais c’est le regard institutionnel qui doit surtout changer.olrem blay(à ledevoir.com GIROUX SUITE DE LA PAGE E 1 et est totalement branchée sur les courants actuels de la musique.«Adolescente, j’ai vu tous les shows d’Aerosmith, de Genesis, de Pink Floyd et compagnie.J’étais normale, quoi!» Chez elle, elle écoute très peu de chansons francophones.«Parce que les textes, je les écoute trop, et que la chanson ne peut être seulement une musique de fond, explique-t-elle.Chez moi, j’écoute plutôt des trucs en anglais, du jazz, du lounge.» Son parcours est étonnant.Dans son enfance, il n'y avait que trois disques chez elle.Elle n’a qu'un diplôme d’études secondaires en poche.Mais dans son village d’Oka, elle s’est liée très jeune à une voisine qui lui a donné accès à la culture, qui lui a appris la beauté du mot juste, qui lui a fait connaître Ferré et Bref Cette voisine, c’était Myra Créé, la grande voix de Radio-Canada, qui l’a prise sous son aile.Pour le reste, «les chansons m'ont appris beaucoup de choses, dit-elle.Elles ont été mon cinéma, mes cours de philosophie; elles m’ont accompagnée parce que très jeune j’ai été confrontée à la mort de mes proches.» Son émission Les Refrains d’abord, à la radio de Radio-Canada, est devenue, dans les années 90, l’ultime refuge de la chanson francophone, dans un univers où les mêmes succès populaires se répétaient du matin au soir sur les radios commerciales.Aujourd’hui, Monique Giroux reconnaît-elle que son pouvoir d’influencer est grand?«Je n’aime pas le mot “pouvoir’’, je trouve ça dangereux, dit-elle.Mais je sais que je ne suis pas dangereuse: je milite pour la paix et le bonheur! Je suis forcée de constater que je peux promouvoir la carrière d’un artiste, pousser les ventes d’un disque.Je parlerais plutôt de responsabilité.Maintenant, j’assume mes choix, mes goûts et mes jugements.» Avec son émission Fréquence libre à Radio-Canada, Monique Giroux est maintenant beaucoup plus engagée dans la promotion de 1a relève que dans fa sauvegarde du patrimoine musical.«Mais dans les années 90, je ne pouvais pas faire une émission quotidienne avec ce qu’il y avait de disponible en musique contemporaine», fait-elle remarquer, la situation a-t-elle changé à ce point depuis 15 ou 20 ans?«Aujourd’hui, je pour- EN REPRISE SHAKESPEARE L'histoire lamentable de TITUS Mise en scène fe Jean Asselîn IJMMIBUS ^Corps ^théâtre 18 ET 19 OCTOBRE OCTOBRE AU 4 NOVEMBRE À 19 HEURES tean Boilard.O.rnml Desputeou.PMNnw Docros, Sophie Faucher, Christian LtBtanc.Dews Morcttr «Mm* Honnit, Isabelle Psstnna, Chartes Prdtontaioe Évotyno Rompré.Sébastien René.Martin VotBancootl Scénographie Chariotto Rnoteau Costumes ot aecnsw.rvs liber tort» - lumières Mathieu btarcH trame sonore trie Forget Prévente 2 BILLETS POUR 30$ Achetez avant le 18 octobre pour les représentations du 18 au 27 octobre OU , Billetterle.S14.521.419l i.BRt ^ Tarif iegulier : 30 S étudiant 20 S 1945.rueFulltim, Montréal ®Frontenac//wwwmimeommbusqc.ca Boissons et noumture vendues sur place durant ta representation Québec % I.K in von: PEDRO RUIZ LE DEVOIR Monique Giroux travaille à préparer une grande histoire illustrée de la chanson québécoise.rais ne diffuser aucune chanson d’avant 2001 sans aucun problème, tous les jours pendant une heure et demie.» Car fa nouvelle chanson française est fort riche, et fa nouvelle chanson francophone se trouve en pleine renaissance, explique-t-elle.«Cela tient à plusieurs facteurs.IJ y a les facilités d’enregistrement.Il y a aussi une telle ouverture sur le monde, une telle accessibilité à toutes les musiques.Et puis, je remarque un immense besoin d’expression chez les 20-30 ans.Ils ont tellement besoin d’exister, de s’exprimer.Et au Québec, on sent une sorte d’énergie positive chez eux, un désir de travailler ensemble.Autre fadeur: au Québec, on trouve beaucoup de producteurs indépendants, alors qu’en France, si tu n’es pas avec une major, oublie ça.» A 43 ans, cette incontournable animatrice déborde de projets.D’abord, celui de préparer la grande histoire illustrée de la chanson québécoise, un volume pour lequel elle est en train de réunir une équipe et qui prendra la forme d’un beau livre, avec profusion d’illustrations, d’affiches, de photos inédites, de reproductions de textes manuscrits, de pochettes de disques, de billets de spectacles.Elle travaille aussi depuis un an à un projet d’émission de télévi- sion, un «show de variétés», dit-elle, quelle animerait.Nul doute que les auteurs-compositeurs-inter-prètes s’y précipiteraient.Car «les artistes me font confiance parce que je les respecte», conclut-elle.Le Devoir Lancement conjoint avec le CEAO Mardi 17 octobre, 17 h Théâtre d'Aujourd'hui 3900, rue Saint-Denis, Montréal.—I Bienvenue ! Paroles d’auteurs PAROLES D'AUTEURS ¦ Entrée libie: Peut on former un auteur de théâtre ?• Panorama de la dramaturgie québécoise de 1995 à 2005 ¦ Témoignages Yvan Bienvenue, Geneviève Gillette.Nathalie Boisvert, Olivier Choinière, Olivier Kemeid, Marie-Christine tè-Huu et François létourneau • Portraits : Sébastien Hamsson, Diane Jean alias Suzie Baslien Marc-Antoine Cyr • Accueil des auteurs québécois en France (Jean-François Caron, Daniel Danis, Carole Fréchette) • Entretiens avec Louise Bombardier et François Godin, comédiens auteurs, et Claude Poissant, découvreur de textes AUSSI i mu i ».224 P 120 PHOTOS, 15 S EN VENTE DANS LES MAISONS DE LA PRESSE, EN UBRAIRIE El A NOS BUREAUX le théâtre de la Pire Espèce te in-Yer-foce theatre tes Variétés lyriques (1936-1955) ABONNEMENT 1 AN 4 NUMEROS, 47.86 S (t t) «ENSEIGNEMENTS : (SU) 875-2549 WVW.ItfVUE)EU 0«6 LAISSEZ-VOUS PRENDRE AU JEU ! Au retour ries 016B blanches i | Du 26 septembre au 28 octobre Une pièce de Marcel Dubé Mise en scène de Louise Marleau Distribution Marie-France Lambert Jean Marchand Catherine Renaud Catherine Bégin Étienne Pilon Agathe Lanctôt Hugo Massicotte Marie-Claude Gameau THÉÂTRE DU RIDEAU VERT V •• De - .iitcui s siiWuf Radio-Canada Marie; la Presse t mu iie- imitleurik inèu'- WDube » Le Devoir - Touionrs atis-î touchant Journal de Montréal wmeur< « pièce- < Billetterie 514.844.1793 rideauvert.qc.ca lD QUEBECOR INC.Montreal# 0 ÔlbecSS Quebec SS 8 I LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE OCTOBRE O O H E ;t H'LIT THÉÂTRE Vous allez où, vous ?£ Avec Points tournant^ de l’Ecossais Stephen Greenhorn, La Manufacture continue son exploration des cultures en mutation MICHEL BELAI R Petit matin frisquet.Après la débauche de soleil et de couleurs du dernier long weekend à la campagne, personne n’a vraiment le goût de se retrouver en début de semaine, tôt en matinée, dans un petit café bruyant de la Main.Jean-Marc Dalpé non plus, me semble-t-il, malgré ses airs polis.D’autant plus qu’il vient de se taper 30 minutes de sur-place, bloqué dans un bouchon de circulation, et qu’il se pointe avec quelques minutes de retard, la poignée de main néanmoins bien franche.Philippe Lambert, qui signe, lui, la mise en scène de ce Points tournants qui prend l’affiche de La Licorne cette semaine, arrive quelques minutes plus tard, retardé par des petits problèmes d'intendance à la maison.Puis voilà que même le photographe est là maintenant.Tout le monde est prêt.Plongeons.Surfons plutôt.Une folie Chacun de leur côté, les deux hommes me parlent d’abord, tour à tour, du bonheur de travailler à La Licorne.De la «grande famille de La Licorne*, de cette «école*, presque, qu’est devenu le petit théâtre dirigé par Jean-Denis Leduc et où.fait rare à Montréal, tous les choix de programmation semblent relever d’une même logique et d’une même orientation: celle de tenter de cerner les pièges qui menacent les sociétés modernes confrontées à l’uniformisation des cultures.De ce Points tournants sur lequel ils planchent depuis quelques mois déjà, ils diront ainsi que, malgré son ancrage écossais, c’est un texte qui nous concerne tous ici puisqu'il met en relief une crise identitaire qui a beaucoup de points com-muns avec la nôtre.Puis, la conversation passe à une vitesse grand V.ce qui n’a rien d’étonnant puisque voilà que les deux complices essaient de me décrire l’ampleur de ce «road-movie sans entracte* que l’équipe dirigée par Lambert s'efforce de faire entrer dans l’espace exigu de La Licorne.«C’est un peu une folie, explique le metteur en scène.Le texte comporte 54 scènes réparties dans 20 lieux différents.Et comme c’est un “road-movie” théâtral, il y a aussi une auto, une vieille Lada, qui occupe un coin de la scène.C’est ce qui fait qu’on a choisi de placer le plateau dans le sens du mur le plus long; en prime, ça nous donne un effet cinémascope*, ajoutera-t-il en souriant.Lambert précisera encore qu’il s’est vu forcé d’évoquer plus que de représenter et que le traitement du texte sert d’abord à mettre en relief les lieux tout autant que les situations.Ce texte de Stephen Green- > ' Jean-Marc Dalpé et Philippe Lambert, à une semaine de la première de Points tournants à Lj» licorne horn a été .créé au Traverse Theatre d’Edimbourg il y a presque dix ans; depuis, il a été donné en allemand, en finlandais, en croate et en danois.Ici, c’est Olivier Choinière qui en signe la traduction.Et tant Lambert que Dalpé insistent pour en souligner l’impact et la justesse.Jean-Marc Dalpé, qui a lui-même traduit plusieurs textes au fil des années, dira que Choinière a choisi une langue très québécoise et qu’il n’a pas cherché à souligner les ressemblances ou à gommer les différences entrç ce qui se passe en Ecosse et au Québec.«Olivier a traduit le texte sans chercher à expliquer: en lui gardant son caractère premier, brut.Il n’y a rien de politique dans le texte de Greenhorn et dans la traduction non plus.C’est un texte de “road-movie’’ classique farci de rencontres dues au hasard qui influencent directement ce qui va arriver.Pour faire sentir cela concrètement, Olivier utilise les accents et les niveaux de langue.et là.ça peut devenir assez crevant! Parce que l’humour de l'au- Greenhorn met en relief une crise identitaire qui a beaucoup de points communs avec la nôtre leur fait penser aux grands classiques de l'humour british.» Crise identitaire Greenhorn raconte l’histoire d’Alex et de Brian, deux jeunes truands écossais dans la jeune vingtaine, pas méchants pour deux sous.Ils viennent de voler une planche de surf et ils.traversent le nord de l’Ecosse pour aller la vendre à Thurso, dont les plages accueillent les surfeurs du monde entier.Poursuivis par Binks — joué par Jean-Marc Dalpé —, un petit mafieux qui veut récupérer son bien, ils rencontreront toute une série de personnages bizarres au hasard de leur randonnée.Mais comme le précise lambert, «c’est d’abord une pièce sur l’identité et sur l'ouverture aux autres».C’est que l’Écosse que traversent les deux hommes n’a plus beaucoup à voir avec le pays de traditions auquel on pense.Pas de cornemuse ici, ni de tartans: à l’image de l’Europe nouvelle, c’est maintenant une contrée balayée par la migration des cultures et des populations.Au fil de leurs dérives, Alex et Brian rencontreront des gens d’un peu partout.C’est même une géologue canadienne-anglaise qui les invitera à participer à un ceilidh (une fête traditionnelle écossaise) organisé par un Français, où l’on danse sur la musique de Johnny Cash.«leur discours n 'est pas politique une seule seconde, reprend Dalpé; c'est loin d'être des intellos.Ils ne discutent que de petites choses et de directùm dans laquelle il faut aller pour atteindre la côte.Mais tout au long de la route, ils ne rencontrent jamais le peu de références culturelles qu’ils avaient et se retrouvent finalement en plein cœur d'une crise d’identité.Les États ont beaucoup changé en peu de temps, tout bouge très rapidement: ils devront faire de même, accepter d'être in fluencés par les autres.Comme le disait Philippe, c’est ça.le thème fart de la pièce: l'iilentité, le melon ge des cultures, l'ouverture aux autres.» 1.] «Mais tout ça se fait “par en dessous", poursuit lliilipix-lambert du même souffle.C'est à travers les reneontres qu'ils font qu'Alex et Brian apprendront peu à Peu à lâcher prise, à devenir moins cyniques, plus présents à ce qui s'offre à eux.» Et vous, une semaine avant la première, où en êtes-vous?«A ce statle-a, conclut le metteur en scène, nous en sommes à ponctuer cela de façon claire.L’écriture de Greenhorn et la traduction d'OIi viersont d une grande théâtralité, qui nous sert bien pour faire surgir les lieux et les situations.Mari parfois, l’auteur arrive aussi à créer une scène très “punrhée" en trois lignes seulement.Il a dime fallu tru voilier énormément les transitions, eniKo soi/ ii nrvoiK lier tout cela par autre chose que des noirs entre les scènes.Par des flash d'infbs ou de pubs sur la radio de l'auto, par exemple, ou encore par des références concretes à cette uniformisation culturelle à laquelle nous sommes tous confrontés.* Comme on peut le lire dans le dossier de presse: «au fond, la véritable question n'est peut-être plus de se demander d’oû on vient, mais où on va!*.Ia’ Ik’voir POINTS TOURNANTS Texte de Stephen Greenhorn mis en scène jmr Iliilipjx' lambert.Une production de la Manufacture présentée* à la licorne du 17 octobre au 25 novembre.mtr** \ ** \ Le Théâtre de La Manufacture présente du 17 octobre au 25 novembre '06 r INTS TOURNANTS un road movie sans entracte de Stephen Greenhorn dans une traductian de Olivier Choinière misa en scène Philippe Lambert avec Christine Beaulieu » Philippe Cousineau » Jean Marc Dalpé ?Maxime Dénommée Steve Laplante ?Dominique Quesnel » David Savard Si.iV.•v.Créa THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI Texte et mise en scène FRÉDÉRIC BLANCHETTE / DAVID BOUTIN, CATHERINE-ANNE TOUPIN SYLVAIN BÉLANGER PERI- METRE DU 10 OCT.AU 4 NOV.2006 THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI S14 2S2 2*00 3900 rue Saint-Dénié Montréal 'Métro Sherbrooke) VWW.THEATREDAU JOURDHUI.QC.C A i«> ] GT U: invoih entovaa* • LE DEVOIR.LES SAMEDI II ET DIMANCHE 15 OCTOBRE 2 0 0 6 E 4 CULTURE THÉÂTRE Entre pudeur et exhibitionnisme Fanny Britt propose un texte décapant sur «une certaine tranche allumée» de la génération des 25-35 ans MICHEL BÉLA IR Même café, une heure plus tard: l’endroit est sympathique, même plutôt calme maintenant.Les'habitués sont rangés sagement devant leur écran de portable, le café sent bon; tant qu’à tenir salon quelque part.Devant moi, Fanny Britt, et Geoffrey Gaquère.Es ont fait l’Ecole ensemble, ou presque; eDe, en écriture, lui, en interprétation.Efle vient d’Abitibi, lui, de Belgique; ils sont respectivement auteure et metteur en scène de Qmche avec moi (c'est l’hiver), que le Théâtre Petit à petit (PàP) présente dès mardi dans la grande safle de l’Espace Go.Elle a 28 ans, une autre pièce à son répertoire (Honey Pie) et une traduction remarquable et remarquée (La Reine de beauté de I^eenane); lui, à peine 30 ans, signera sa première «vraie» mise en scène.En les voyant tous deux à la même table, à travers leur regard comme entre chacun de leurs mots, on sent tout de suite l’énergie qui les mène, la grande complicité et la totale confiance qui les animent.Pourtant, ils nous tracent ici un portrait pas tellement réjouissant.Un piège «Il s'agit en fait de l’hiver de cinq personnages», raconte Fanny Britt qui semble ne pas aimer la neige et le froid et qui ne sait trop par quel angle aborder son histoire.«Ça se passe à Montréal.En hiver, avec toute l’aridité que ça suppose.Ça tourne autour du personnage d'un humoriste célèbre [Hébert | à qui tout réussit et qui, tout à coup, veut être reconnu comme un artiste à part entière.Son projet s’articule sur un fond de désir, de sensualité et de fantasme: cela prend la forme d'une docu-installation sur le couple québécois d'aujourd'hui tournée en direct du Musée d’art contemporain.Et au bout du compte, ça relate la quête de sens de cinq jeunes adultes d’aujourd’hui qui oscillent entre le fantasme et la vérité, entre la pudeur et l'exhibitionnisme.» Tout petit moment de silence.Geoffrey Gaquère en profite pour enchaîner.«Tout ça en s’appuyant sur l'histoire d’un couple ordinaire qu’on verra s’effriter peu à peu, comme tout le monde d’ailleurs, devant la caméra.Et en parlant de la place de la culture et delà télé-réalité aujourd'hui, ici, au Québec! En fait, je pense que, si le titre Pornographie des âmes (du chorégraphe Dave Saint-Pierre] n existait déjà, c'est probablement celui que Fanny aurait utilisé.» Bon.C5n saisit bien le portrait.Mais qui sont ces gens?«D’abord des gens ordinaires, répond Fanny Britt.Pierre et Suzanne sont choisis dès le départ parce qu’ils forment un couple ordinaire.C'est Millie, la sœur de Pierre, qui les mettra en contact avec Hébert [l’humoriste voulant devenir artiste], et celui-ci amène dans ses bagages une psychologue de passage, Gillian.Pour atteindre au statut d’artiste, Hébert leur propose l’occasion d’explorer leur couple, de vivre leurs fantasmes, de se dévoiler devant la caméra.et ils vont accepter de le faire pour des prétextes futiles.Pour passer à la télé.Pour que les gens les voient.Pour qu'on leur accorde, peut-être, une vie, une intensité, une vérité qu’ils n’ont pas.Ils ne prendront conscience du fait qu’ils viennent de sauter dans un piège que beaucoup plus tard, que beaucoup trop tard.» Devant, tout à coup, une machine à café achève de s'étrangler en gémissant.CONSERVATOIRE > d'art dramatique de Montréal L'Instruction de Peter Weiss Mise en scène de Hugo Bélanger avec les élèves sortants Du 20 au 28 octobre 2006, à 20 h (relâche le dimanche) À la Cinquième salle de la Place des Arts Laissez-passer obligatoires à la billetterie de la Place des Arts au 514 842-2112 Renseignements : 514 873-4283, poste 236 www.conservatoire.gouv.qc.ca Conservatoire de musique et d'art dramatique Québec a S LA PETITE FABRIQUE LES FABLES A LA FONTAINE 20 OCTOBRE 20 H POUR LES 7 À 77 ANS 5 RUN 01 TROP CHORIGRAPHI OANULI DfSNOVtRS INTfKPRiTES SONIA FNQUIN (MSI LADOUf CONTRt CIUX QUI ONT II GOUT Dlff IttU! CHORIGRAPNf UA ROORIGUIS INTkRPRfTfS SYWK PARIQT MARIANNE SIMON U CNE NI (T LE ROSEAU CHOREGRAPHE MOURAO MER2QUKI INTERPRETES KADER CNIIIF MEHOI HI NICHE NAUM HOUCINi l AGORA DE IA PANSI AGORA DE LA DANSE 840.RUE CHERRIER.MÉTRO SHERBROOKE WWW AGORAOANSE.COM 514 525.1S00 ADMISSION SU WO 1JA5 PEDRO RUIZ LE DEVOIR Selon le metteur en scène Geoffrey Gaquère, le texte de Fanny Britt n’est surtout pas une comédie, plutôt «une tragédie urbaine contemporaine» dont tout le monde sortira blessé.Pornographie Geoffrey Gaquère racontera ensuite qu’il a pourtant beaucoup ri en lisant le texte de Fanny Britt.mais que Couche avec moi n’est surtout pas une comédie, plutôt «une tragédie urbaine contemporaine» dont tout le monde sortira blessé.«On rit en fait devant le vide intérieur de ces personnages qui n’arrivent à s’identifier à rien, qui ne sont portés par rien.En travaillant à la production, j’ai souvent songé à ce qui pouvait enfiévrer lessens du même âge il y a 30 ans.À tout cet élan vers la solidarité, vers l'af- firmation culturelle et politique, alors que les personnages ici sont, d’abord définis par leur nombrilisme et leur vide existentiel.Comme si on était passé, en 30 ans, de l’envie de bâtir à l'individualisme le plus vide.» «Mais ce n’est quand même pas une pièce drôle, intervient Fanny Britt.Au contraire: c’est une pièce terrible! Presque pessimiste.Chaque personnage se piège lui-même.Suzanne.par exemple, passe sa vie à essayer de ressembler à ce qu’elle croit que les gens pensent d’elle.Elle ne connaît rien à ses fantasmes quand elle plonge dans l’aventure et Le Théâtre PàP présente DE FANNY BRITT MISE EN SCÈNE DE GEOFFREY GAQUÈRE Avec Stéphan Allard, Éva Daigle, Martin Laroche, Julie McClemens, Ansie Saint-Martin Collaborateurs : Jean Bard, Nicolas Basque, Lucie Bazzo, Stéphanie Capistran-Lalonde, Florence Cornet, Catherine Desjardins-Jolin, Catherine La Frenière, Caroline Laurin-Beaucage, Jennifer Tremblay Coproduction : Théâtre PàP - Direction artistique : Claude Poissant Théâtre de la Bordée - Direction artistique : Jacques Leblanc DU 17 OCTOBRE AU II NOVEMBRE 2006 A Espace GO, 4890, St-Laurent, 514.845.4890 Réseau Admision ¦ 514.790.1245 • www.admission.com elle va frapper un véritable mur! Pierre aussi, qui va constamment de déception en déception et pour lequel la vie est constamment ailleurs.Et tous les autres.Tous, ils semblent tenir pour acquis que la vie n’est pas à la hauteur, ce qui est évidemment ridicule.]e n’ai voulu épargner personne; j’ai voulu détruire tous les faux symboles.» «C’est juste, poursuit le metteur en scène.Il y a un véritable tsunami qui se cache sous chacun des personnages et cela transparaît de façon évidente dans la tristesse des rapports amoureux qu’ils entretiennent.Ils ne peuvent que rencontrer les failles des valeurs de la société dans laquelle ils vivent en prétendant les mettre en relief et même les valider par la télé-réali-té.Pas étonnant qu’ils sortent tous bafoués de l’aventure.» Gaquère et Britt continueront de discuter par personne interposée en précisant chaque fois un peu plus leur approche.Il dira que le texte est le portrait d’une génération; elle soutiendra que c’est plus large que cela.Ils parleront aussi de pornographie et de fantasmes à profusion.Pourquoi?«Peut-être, dit Fanny Britt, parce que c'est une valeur limite que j’arrive difficilement à cerner.Comme s'il y avait quelque chose de "cool” dans la porno.Mais en fait, je me suis attachée ici à cerner la pornographie des sentiments, à cet exhibitionnisme vide de sens qui consiste à se mettre supposément à nu devant tout le monde, à exposer ses zones sensibles, ses failles et ses fragilités.Les gens sont prêts à faire tout ce qu’on leur demande devant une caméra; on peut tout dire, on peut tout faire devant l’objectif.alors que ce n’est pas vrai! Vous verrez, ces gens ne sont en rien des êtres libérés! Non, je pense qu’ils font la preuve qu’il nous faut trouver les moyens de retourner au plus vite à l’humain, au vrai, au respect entre les êtres.» Précisons en terminant que Couche avec moi (c’est l'hiver) a d’abord été mis en lecture au Festival du Jamais lu il y a deux ans et que c’est le directeur artistique du PàP, Claude Poissant — «Claude est mon mentor et le PàP, une école après l’École», dira la dramaturge —, qui a eu l’idée de réunir le tandem Britt-Gaquère.La pièce est une coproduction entre le PàP et le Théâtre de la Bordée de Québec, où elle prendra l’affiche en mars après une tournée qui la mènera aussi au Bic.Le Devoir COUCHE AVEC MOI (C’EST L’HIVER) Texte de Fanny Britt mis en scène par Geoffrey Gaquère.Une production du PàP présentée à l’Espace Go du 17 octobre au 11 novembre.Rens.: 514 84S4890.Au THÉÂTRE DE QUATSOUS du 30 octobre au 2 décembre 2006 Texte PHILIP RIDLEY Traduction Maryse Warda Mise en scène ROBERT BELLEFEUILLE Avec RENAUD LACELLE-BOURDON et DANIELLE PROULX Concepteurs : Jean Sard, Michael Brunet Diane Fortin.Larsen Lupin, Normand Thériault, Suzanne Trépanier Une coproduction du Théâtre de ûuat’Soua et du Théâtre de la Vieille 17 Vincent Riper Billetterie 51^845-7277 i LE n t: V U 1 H .LES SAME D 1 t 4 ET DIMANCHE 15 OCTOBRE .0 0 0 K f> (' T LITRE cf v La pureté des lignes chorégraphiques du ballet de Jean-Christophe Maillot, qui s’attarde particulièrement aux rapports psychologiques entre les pcrsonnnitcs l'amène au délit de la académique.L’oeuvre reste toutefois fidèle à la musique de Prokofiev.sot Kl I (DU simple tradition Roméo FRÉDÉRIQUE DOYON \ A l’aube de son demi-siècle, la vénérable institution des Grands Ballets canadiens montre qu'on peut être à la fois dans la fleur et dans la force de l’âge.En lançant sa 50t saison avec la reprise du Roméo et Juliette de Jean-Christophe Maillot, maître du néoclassique français qui dirige les Ballets de Monte-Carlo, la compagnie montréalaise réitère son engagement artistique des dernières années: bâtir du neuf sur du plus ancien, toujours avec un brin d’audace.Car le ballet de Jean-Christophe Maillot bien qu’il s’enracine dans une histoire datant de la Renaissance, voire de l’Antiquité, est une ode à la fougue idéaliste de la jeunesse, quelle que soit l’époque.«Ce que j’aime de ce ballet [qu’il compare au film de Franco Zefi-relli], c'est qu’on y voit la jeunesse et qu ’on y croit, confie Gradimir Pankov, le directeur artistique des Grands Ballets canadiens.II n’y a pas de balcon, les costumes, les décors et les références à la Renaissance sont limités.Il évite la pantomime et donne un différent tempo qui la rend compréhensible à notre génération.On n 'a pas l'impression d’y voiries dinosaures d’une époque révolue, •> Ce caractère intemporel tient au mythe même de Roméo et Juliette, qui a tous les traits d’une tragédie antique (pensons à Pyrame et Thisbée), fut immortalisée par Shakespeare à la Renaissance, incarne la quintessence du romantisme et inspire maintenant une multitude d’œuvres contemporaines.On attend d’ailleurs bientôt la version cinématographique québécoise du chef-d’œuvre shakespearien, signée Yves Desgagnés.L'AGENDA L'HORAIRE TÉLÉ.LE GUIDE DEVOS S04RÉE5 Grwufc (fera Le Dwotr du le Devoir DANSE La fleur et la force de l’âge et Juliette donne le coup d’envoi à la 50e saison des Grands Ballets La pureté des lignes chorégraphiques du ballet de Jean-Christophe Maillot, qui s'attarde particulièrement aux rapports psychologiques entre les personnages, l’amène au-delà de la simple tradition académique.L’œuvre reste toutefois fidèle à la musique de Prokofiev, qui a vu naître la première mouture du ballet en 1938, sur une chorégraphie d'ivo Psota.Présentée une première fois à Montréal en 2004, la création de M.Maillot a connu un tel succès que le directeur artistique des GBC a jugé bon de la remettre au programme, comme un cadeau offert à la fois au public et à la troupe, qui adore interpréter cette œuvre.•Les sept représentations de 2004 ont été présentées à guichets fermés.Beaucoup de gens en ont redemandé.» Un contexte exceptionnel qui a prévalu seulement pour Carmen et La Reine de pique depuis l’arrivée de M.Pankov en 2000, deux créations des GBC.N pièce s’avère aussi très stimulante pour les danseurs, d’une part parce que interpréter ce mythe universel relève souvent du rêve pour eux, et d’autre part parce que la majorité de la troupe y trouve son compte.«77 y o deux distributions et plusieurs rôles clés: neuf pour les hommes et quatre pour les femmes, donc 70 % de la compagnie joue un rôle important, note le directeur.Et les danseurs le dansent si bien.Ils vont grandir encore dans leur interprétation.» Mariage réussi Peut-on vraiment reprocher au directeur d’avoir concocté, pour les 50 ans de l’institution, une saison prudente, truffée de reprises et de valeurs sûres?M.Pankov répondra de toute façon qu’il a conçu une programmation fidèle au mariage contemporain classique qu’il a toujours défendu.Les créations intégrales plus audacieuses n’ont certes pas manqué depuis que M.Pankov est en poste.«On a changé le répertoire et l'image de la compagnie en créant de nouvelles expressions corporelles basées sur des histoires tirées de la tradition.» Le triomphe de la troupe à l’étranger en témoigne.La saison anniversaire s'annonce pour le moins colorée, surtout depuis la légère modification du programme printanier.Une fois passé le cap des Fêtes autour du Casse-Noisette, la compagnie Alvin Ailey répandra la modem dance américaine à son meilleur.Puis le retour de Poly-phonia, du jeune Américain Christopher Wheeldon, et de Forgotten Land, de Jiri Kylian, sera finalement accompagné d'une création fraîchement commandée au chorégraphe sino-américain acclamé l'an dernier: Shen Wei.Et la visite inédite de l’Italien Mauro Bigonzetti, qui li vrera lui aussi une création aux GBC, ne manque pas de piquer la curiosité.Enfin, la troupe montréalaise vivra un moment émouvant pour conclure sa saison: un au revoir à sa danseuse étoile Anik Bissonnet-te, membre de la compagnie depuis 17 ans.Avec la démission récente de l’autre première danseuse, Geneviève Guérard, et la «promotion» de la soliste Mariko Kida.les GBC vivent en quelque sorte, à 50 ans.un nouveau départ.Le Devoir ROMÉO ET JULIETTE I >ans la chorégraphie de Jean-Christophe Maillot lœs 19,20,21,26 et 28 octobre, et les 3 et 4 novembre au Théâtre Maisonneuve SANKAIJUKU EST L'UNE DES PLUS GRANDES DÉCOUVERTES CHORÉGRAPHIQUES DE LA DEUXIÈME MOITIÉ DU XX8 SIÈCLE.» (La Presse, 7 octobre 2006) DANSE Sankai Juku D KAGEMI PAR-DELÀ LES MÉTAPHORES DU MIROIR Mis en scène, chorégraphié et conçu par Ushio Amagatsu 12.t3.t4.OCTOBRE, 20 h Theatre Maisonneuve Place des Arts 514 842.21 12 1 866 842.21 12 www.pda.qc.ca Reseau Admission su 790 1245 « UNE DES PLUS RENVERSANTES C0MPA6NIES DE DANSE-THÉÂTRE QUI SOIENT.fTte Ne* fat mes) 140 Cherrter (J) Shîrhronko www t nnyant» qc r-M it Back Billetterie : 514 5251500 fe.rtiSÉÉ 19-20-21 octobre & octobre à DANSLS URBAINL: DANIEL LÉVEILLÉ DANSE LA PUDEUR DES ICEBERGS 11 AU 14 OCTOBRE„20 H NM» YOftK - PAHIS - lONOMS OHltVI Vil NUI AMS I f Ut/AM W'NN IAUSANNI OC RETOUn A MOMTREAt SUPPLÉMtMTAIRï 15 OCTOBRt A 16H30 Nouvtut surpiim"]*'*' 16 NOVIMBBt A 20H I i é CDoaisiArai s*ain tmuil laiMMim Mitrait mivi» maimmcMwia«.«at«i iwtia mstia tiaatr.siit»A«i UMtintmm raanu nnraimTnTnainufirrrtrurifMci «*«1» *«eirr cow«f«» rctJtMMO mtte M«i»f >1 ••11 «ai Kialmt cisna Mâiitarat io««»i aavit «ninia i*«ar«i «aiu U llTWWi AGORA DE LA DANSE Sto RUE CHERRIER MÉTRO SHERBROOKE WWW A00RA0ANSE COM SUS2S1300 admission su ne'2M LE 1) E V 0 I K .L E S SAMEDI 1 J ET DIMANCHE 15 OCTOBRE 2 0 0 6 E (» Fictions et autres fils transparents KAKI LEE FUGLEM.MY DARLING Fonderie Darling Jusqu’au 19 novembre RENÉ VI AU Entre absence et présence, Karilee Fuglem a investi l’immense espace industriel reconverti de la fonderie Darling.Denses, des fils transparents s’alignent suspendus entre sol et plafond.Sur cette grille spatialisée, des éléments tels écriteaux ou miroirs tantôt interviennent Si cette stratégie n’a rien de bien nouveau, le dispositif ici fait état d’une rigueur et d’une économie extrême.L’ensemble impressionne tant se joue, subtile, discrète, une dynamique où visible et non-visible contrastent et se répondent.Tantôt, l’œil ne peut capter ces fds.Ailleurs, on ne voit que ces fils maintenant lumineux qui nous guident dans un voyage à travers l’espace.Les filaments de nylon dans lesquels se réfléchit la lumière semblent tantôt former une cascade visuelle ou des halos avec leurs trouées.Nos réflexes, nos perceptions, nos conditionnements en sont perturbés.ART FICTION Galerie Art mûr Jusqu’au 11 novembre A la galerie Art mûr, qui sou- ligne ainsi son dixième anniversaire, une trentatoe d’artistes et une soixantaine d’œuvres sont rassemblés autour de la notion de fiction.Du coup, les fonctions des espaces de la galerie se déréalisent sous l’effet des récits relatés.Ici, les mots clefs pourraient bien être l'image comme illusoire vérité du visible, la défragmentation, l’autofiction ou les mises en scène en fous genres.A noter les corps automates de Lois Andison; les fictions aussi cinématographiques que scénogra-phiques de Carlos et Jason Sanchez, avec ces intérieurs incendiés; les mythologies «picturales» de Paul Bourgault; les étranges constructions de Monique Bertrand.Sur la convocation tout aussi inquiétante des apparences, les photos de Janet Eyre reconstituent une théâtralité grand-gui-gnolesque du quotidien avec leurs présences incongrues à la limite du grotesque et leurs cauchemars issus des peurs de l’enfance.MATHIEU BEAUSÉJOUR ALAIN DECLERCQ Vox Jusqu’au 21 octobre Intitulée 1 1/2 métro Côte-des-Neiges, l’environnement imaginé par Mathieu Beauséjour orchestre une relecture contemporaine de la proclamation télévisuelle du manifeste du FTQ durant la crise d’octobre de SÉRIE « AVEC OU SANS SUCRE » CAUSERIE LE DIMANCHE MATIN ENTRÉE LIBRE «L'ART-THÉRAPIE : LEÇONS.TENTATIONS.ET PIÈGES.» AVEUX ET CONFIDENCES DU DR PIERRE MIGNEAULT DIMANCHE 15 OCTOBRE 2006 CAFÉ ET CROISSANT SERVIS DÉS 11 H, CONFÉRENCE 11 H 30 LES PS’ 100, ruo Shorbrooko Est.bureau 4000, Montréal, tél.514 842.1043 IMPATIENTS Colloque international Max et Iris Stern II LA CRITIQUE D'ART ENTRE DIFFUSION ET PROSPECTION MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN OE MONTRÉAL Québec ::s 27-28-29 octobre 2006 de9h à 17 h 22 conférenciers examinent la situation de la critique d'art aujourd'hui.Renseignements et inscriptions : 514.847.6239 colloque@macm.org www.macm.org Régulier : 20 $ taxes incluses Étudiants et Amis du Musée : 10 $ taxes incluses Musée d'art contemporain 185, rue Sainte-Catherine Ouest Montréal (Québec) H2X 3X5 Métro Place-des-Arts OfcStt : Amorx MuntAlaa fl*»* Fmnm Mil»*) Ctaptor S TTw Crilte* KMÜ mii\ UNU Avec raémeh*» p*rmMon d» r»iHrt» Conseil des arts •t des lettres Québec H Cl i s ! H V \ T T Cl N T 11 V t U « Confessions (détail), 1995, photo de Janieta Eyre 1970.Le manifeste est diffusé sur un écran vidéo dans une sal- le au mobilier plastifié et spectral d’un blanc lustré.Au lieu de Les contenants du temps.la suite SOURCE ART MÛR Gaétan Montreuil, une speakerine chic au fort accent français lit le texte.en anglais.A la fin, le logo du FLQ est modifié pour s’apparenter à celui, fleurdelisé, du gouvernement du Québec.Reposant à sa façon la «question nationale», l’artiste pratique ici de façon plus ou moins réussie une sorte de version télégénique, contextualisée *made in Québec», et tridimensionnelle de surcroît, du détournement situationniste.Non loin, l’artiste français Mathieu Declercq nous présente ses simulations inspirées du terrorisme international.Son installation vidéo nous entraîne dans une imagerie chère au roman de contre-espionnage.Il y est question d’affaire d’Etat classée «top-secret», de conspiration, d’attaque contre le Pentagone, d’un certain Mike.L’affaire se corse quand on sait que Declercq, rattrapé au tournant par ses fictions, s’est retrouvé à Bordeaux en juin 2005 au cœur d’une procédure antiterroriste lancée par les policiers français.Son appartement a été perquisitionné.Dans la documentation examinée par les limiers de la brigade antiterroriste se trouvaient des dossiers sur Ben Laden et al-Qaïda, des armes factices, des photocopies de billets en grosses coupures, la photo d’un missile tombant sur le Pentagone, des armes factices, dont un Beretta très bien imité qui lui a servi pour soi) vidéo! A la suite de sa mésaventure et après un interrogatoire serré qui a duré plus de cinq heures, Declercq racontera: «Le problème, c'est qu’à un moment, ils se sont mis à se demander si “artiste” n’était pas justement la meilleure et la plus rusée des couvertures — le moyen idéal de dissimuler des activités de terrorisme.» Collaborateur du Devoir & Exposition d'oeuvres céramiques contemporaines de Matthieu Huck Centre de céramique Bonsecours 444.rue Saint-Gabriel.Montréal métro : Champ-de-Mars ou Place-d Armes www.centreceramiquebonsecours.net Jusqu'au 27 octobre 2006.Renseignements : 866-6581 Canteil des arts et des lettres Québec un Noos romerctons le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des Arts de la Ville de Montreal et la SODEC pour leur appui.Circuit théâtral et historique de l’Halloween Une aventure frissonnante à travers les 3 musées de l'Est du Vieux-Montréal Version française : 19, 20 et 21 octobre 2006 à 18 h.19 h 30 et 21 h 26.27 et 28 octobre 2006 à 19 h 30 et 21 h English version : October 26, 27 and 28.2006 at 6:00 p.m.Musée McCord Le samedi 14 octobre et (e dimanche 15 octobre 2006 Venez fêter et parttctper à de nombreuses activités spéciales.690.rue Sherbrooke Ouest, metro McGill ou autobus 24 Tel.: 514 398-7100 info@mccord mcgill ca www.musee-mccord.qc .ca Québec Montréal 1*1 53» nn Billets : 1 2 S / Étudiants ft aînés : 9 $ Prix de groupe Réservations : (514) 861-3708 Départ : 400, rue Saint-Paul Est Vieux-Montréal ' * Métro Champ-dc Mars **-*» ftwn » W-Srw»** On»h m, ,,, ( ; , j, M MUSEE D’ART DE JOLIETTE 6 Côte à Côte 11 juin - 31 décembre Petit et concis Un seul arbre 17 «membre - il décanta Î5 octobre - 14 aimer 2007 I » .•* M .0,1", t«s.n* WMfrid»a Johetw ÎQuétwd CANADA (450) 7SS4J311 w»»* nxu«« «9 Mercredi m, dimanche.12 h » 17 h Québec S° V LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 OCTOBRE O O i.1 VIST Promenades entre les branches vite aspires dans une curieuse dy- mesure 20 cm a l’origine est agran- Thickct XX, 2004, de Lawrence Beck yshà *1 NX THICKETS Lawrence Beck Galerie Projex Jusqu'au 5 novembre RENÉ VIA U Il était une fois, dans les environs de New York, un photographe arpentant 1 automne des terrains en biche plantes d’arbres.Dans ses prises de vue.le photographe Lawrence Beck nous emmene avec lui en promenade a destination de ces entre-lieux a la lisière de 1 urbain.Faisant reference à des groupes de buissons serrés et touffus, le titre de l'exposition, Thickets, traduit bien l’epaisseur de ces entrelacs, de ces boucles que constitue le réseau serré des branchages s'accrochant aux arbres en les parasitant i raitant ce sujet par une sérié de photographies, le plus souvent verticales et de format à peu prés identique.Beck a produit ces tirages en noir et blanc qui étonnent par leurs tonalités si nettes au sélénium et la qualité des gris et des noirs.Chaque photo a pour titre un chiffre romain.Le résultat de toutes ces bat-tures a travers les fourrés, objectif en bandoulière, apparaît au départ ultra-classique.Les centaines de branches en tous sens évoquent un foisonnement organique.L'absence de feuilles, toutefois, privilégié les curvilignes sèches des branches en méandres qui s’allongent selon une linéarité imprévisible.Séduits par la qualité plastique de ces tracés, suivant ces déroulements et les tournoiements tordus de ces futaies, on se sent nannque «boomerang».Peu a peu, nous voici happes par les qualités graphiques de ce qui nous apparaît comme les mailles d'un reseau pictural.Ces ramures, ces sarments, ces lianes qui se percutent en enveloppant le fond de ciel finissent par appa-raitre comme autant de coups de pinceau sinueux et dégoulinant sur une toile, si bizarrement proche* des drippings expressionnistes.A contre-cliche, ces tirages traditionnels transportent ainsi avec fougue un mouvement comme un avant-goût de peinture abstraite et gestuelle.Loin des parcs nationaux qui se veulent autant de sanctuaires protégés, Lawrence Beck, notamment par cette référence «cultivée» à la peinture, propose en même temps une vision esthetisée de ces zones en jachère, sauvages et quasi à l’abandon mais voisines pourtant d'une mega pole comme New York.DE PIERRE ET DE PAPIER Eric Daudelin Maison de la culture Rosemont-Petite Patrie Jusqu’au 16 octobre Eric Daudelin est aussi un artiste qui prend à rebrousse-poil les représentations prémâchées de la nature.Fruits de ses déambulations, ses œuvres, comme autant de petites leçons de choses, étonnent et émerveillent.Daudelin glane lors de ses cueillettes ses matériaux insolites.Un jour, c'est une fève de faux acacia qu’il ramasse.Ce végétal qui di puis suspendu dans l’espace de h galerie.En papier kraft la forme qui en resuite ressemble à une sculpture de Jean Arp .Ailleurs, des petites tiges aussi fragiles d'hibiscus sont cousues de fil de blancs.De longues tiges de marronnier sont enserrees dans du fil à coudre.Des samares au vent atterrissent sur une feuille de papier ensuite moulee et gaufree.Les traces de grains de sable se retirant avec la mer laissent ailleurs de fines empreintes sur une feuille de papier.S’alliant une fois de phis avec la nature.Daudelin tnt travailler pour lui du metal oxyde.La corrosion crée des impressions inédites qui se déposent sur une feuille.IVs pierres sont serties de triangle en metal ou en agates fines pour évoquer des Venus africaines.FYoches aussi des «arts premiers», de kingues lanières de roseaux, collees à la cire, arborent une écriture secréte.Minuscules, des ressorts de briquets accumulés construisent une sculp hire ingénieuse.Feuilles, plantations, pierres, traces d’ardoises, objets recyclés, tout chez Eric Daudelin devient prétexte à ses interventions.Ici, rien de lourd ou de massif.Le fugitif, le transitoire, la legè reté du végétal semble se fixer à ces dessins, à ces formes si multiples, à ces «sculptures trouvées» qui appréhendent l’espace dans l'expérience de la nature.Encore une fois, la nature, dirait Oscar Wilde, imite l'art! En tait, celle-ci, repreiumt ses droits, impose une autre échelle, d’autres mesures, un autre rythme, un autre regard.Les commentaires écrits de l'artiste et la présentation de ses outils de travail accentuent, hors de tout système, l’aspect «exploration» de ces œuvres où le sujet compte autant que l’expérience qui Ta rendu possible.Ce point de vue à la fois concret et abstrait apporte un aj>|Hii au discours poétique.Un nouvel imagiiKÙre emerge dans ce qui est là autour de nous, à travers toutes ces petites choses que Ton ne rein,uquemit même pis autrement.Collaboniteur du i h-voir Rusdi Genest « Fugues en folie * feuille rupestre, terracona & cire Du 27 septembre au 4 novembre 2006 GALERIE BERNARD 3926 rue Saint-Denis.Montréal (Québec) H2W 2M2.Tél.(514) 277-0770 mercredi 1 Ih- 17h jeudi-vendredi Ilh-20h samedi 12h-17h wwwg&ieriebem&ni oa Quartier Lilf€ Galerie d’art IOC LIMA : OEUVRES RÉCENTES Du 19 octobre au 19 novembre au 4289.rue Notre-Dame Ouest i Montréal (Métro Place Saint-Henri) Ou mercredi au vendredi de 12h à 18h et les samedis et dimanches de 12h à 17h Renseignements : (514) 933-0101 ou www.quartierlibrefaterie.com f Tnoma* BJancnar-n Unttttmd Ne ’ de U *«rie F'mtoxmi 2063 «pmiv* nnin’ioqew» owiwon* vi COMOCOMO 2006 k orange aV 4 ^ EXPRESSION.495.tue Saml-Stmon LE MONDÔR, 440.rue Mondot FRÉQUENCES Le Disquaire.502.rue Mondor ORANGE.L'evenerrient d'art actuel de Satm-Hyairntht» 08 09 2006 ' 22 10 2006 www expression qc ca/orart^e Arastes Jennifer Angui.Haul Ortéga Ayaia.Gabr>el Bseg'o Thomas Blanchard, Thérèse Chabot.Ccoke Sassevtlle Marc Dulude fienay Bgami Les Fermieres Obsédées.Aude Moreau.Luce Pelletier, Marc-Antoine K Phaneuf.Karen Tam Eve K Tremblay.Women With Kitchen Apphances Commissaires' fve-Lyne Beaudry, Marcel n Catherine hJadon.Myriam Tetreauk INFORMATION 450 773 4209 ^ QuebecSS 7 ; ^ ^ EXPRESSION w 1*1 T— C w 11 Drunk PIERRE CHARLES MORIN expose du 15 au 31 octobre Cordial e invitation au vernissage le dimanche 15 octobre à 14 h en présence de l'artiste ExpressionArf atelier-galerie Emmanuel Claudais 3, boulevard des Laurentides (Laval) Stationnement .V larrière 450, 967 ,5902 Henry Moore Estampes originales 18 octobre - 5 novembre m w Galerie d’art Jean-Claude-Bergeron m 150 me St-Patrick, Ottawa (On) T.613.562.7836 — www galenejeanciaudebergeron.ca GALERIE DE BELLEFEUILLE t\pOMUnn I \COU.s PU I 1 11.tin 12 .in 2,t ot iobre 2*R*6 1367 avenue Greece, Westmovnt, Qc 514-933-4406 w w w.debel.lefeuilie.com L’AGENDA L’HORAIRE TÉLÉ, L£ GUIDE DEVOS SCMKÉES GnKufc dmrm Lm Devoir du mmoch LE DEVOIR Raymond FURLOTTE www.furlotte.net Le lac des signes Photographie Du 18 au 24 octobre GALERIE ESPACE 4844, bout.SI Uurent, Montréal Tout let |oun dé 13 h * 20 h PIERRE LEFEBVRE Œuvres récentes Du 11 au 28 oct.2006 Exposition en ligne www.galerievalentin.com (lAl l RIi:\ai l \ti\ 1490 SHERBROOKE O , MONTRÉAL (514) 939-0500 PRIX ARTISTIQUE 2006 # / • //• PRÉSENTÉ PAR LA BANQUE SCOTIA "^84TboîîiL^âintTaîîren^T,l,,l™™,gaïerîe^SpBC^™l™"lT™^wlw!gâîërie2spacêxâ™1" ( en! un pour cent 101 «livres pour 100$ «Michel (fiiilheault ^^^usqiLauJT^ctobre 514.910.8906 GAO Galerie d’art d’Outremont MIREILLE LAMARRE jusqu'au 29 octobre 514 495-7419 / 1 £S i beaux (Maws Samedi 4 novembre À tous nos * beaudétouristes •, merci! Bientôt, notre 20* saison! WWW.leSbe0UXdet01irS.C0m (514) 352-3621 &t rsojw »-.*yno
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