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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2006-10-14, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAME DI 14 ET DIMANCHE 15 OCTOBRE 2 O O (i * Science et culture le devoir m :*i0m MARTIN LECHOWICZ Sur l’origine d’étranges cercles dorés en forêt Page 2 1 MARTIN H K IT N EK À l’écoute des autres Jamais la recherche n’aura été aussi près des gens.À voir les réalisations qui ont permis aux chercheuses et chercheurs d’obtenir une de ces récompenses de haut vol que distribue l'Association francophone pour le savoir, l’Acfas, il devient facile de déduire que la science québécoise a l'œil braqué sur le monde réel et que l’ésotérique cède devant l’utilitaire.Il serait toutefois faux de conclure que l’acquis est chose facile.^NORMAND TH É RIAU LT A Tout le monde en parie, l’invité doit *puncher*.A110 %, te pané-liste a a faire la preuve qu’il peut crier plus fort qu'un autre.Partout dans ces émission vouees au culte des images et a la fabrication (ou la démolition) instantanée de vedettes, il faut savoir non seulement faire rire, mais aussi déposer des citations ou banaliser tout ce qui est complexe: aux grandes questions, de petites réponses.' Jeudi soir dernier, a l'Institut de tourisme et d’hôtellerie du Quebec, sur la rue Saint-Denis a Montreal la fête avait un autre ton.Qui était célébré ce soir-la se devait d'étre humble, de savoir partager avec d'autres l’hommage rendu.La réussite était présentée comme le résultat d'une aventure collective plutôt que le fait d'une initiative pu- rement individuelle, le 'nous», plus que le ‘je», était le pronom utilisé pour décrue tes parcours.Premiers contacts En recherche, si tes intuitions sont te fait d’un seul tes résultats s'obtiennent par le travail d’équipe.Et souvent les carrières s'expliquent par des rencontres qui transforment une vie.Si un Daniel Weinstock rappelle a quel point tes enseignements de Chartes Taylor a McGill ont été marquants dans l'établissement de sa pensee.pour un Michel Bouvier, c’est l'enthousiasme de deux enseignants du secondaire qui expfique son choix de carrière.Plus tard, un troisième lui a permis d’orienter sa recherche •fat/ait un doctorat en sciences neurologiques auprès de queiçu ’un qui a joue un rôle très important dans ma carrière scientifique, en i occurrence le docteur Jacques de Champlain, qui fut aussi récipiendaire du prix Léo-Pariseau » Actions directes Comme par un retour de balancier, tes étudiants d’hier, comme celtes et ceux qui sont toujours a la recherche de l’obtention d'un titre universitaire, ceux devenus tes actuels récipiendaires des divers prix remis ce jeudi soir-la, font état de réalisations qui ont des répercussions immédiates dans te fonctionnement des sociétés.Que la santé soit la préoccupation premiere des sociétés nord-américaines (a tout te moins dans l'établissement des budgets publics québécois), cela se reflète dans tes recherches lauréates: de la gestion des médicaments que proposent tes Tamblyn et Huang aux découvertes des Charette et Bouvier, comme dans tes études des Moo-grain et Ménard, c’est te mieux-être physique des gens qui est souhaité.Et une Louise Nadeau œuvre dans un secteur annexe: trouver des moyens d’extirper la personne des dédates de la toxicomanie.Quant a notre philosophe.Daniel Weinstock.ne raconte-t-il pas avoir été amené a ses préoccupations actuelles apres un premier cours impose: un cours d'éthique pour tes étudiants de la faculté de médecine de son université?La recherche est elle menée dans d’autres secteurs qu elle vise la aussi l'obtention d'applications fort concretes le biologiste Martin Lechowicz travaille ainsi a la sauvegarde d’une forêt dont Virginie-Ariette Angers se fait l'apôtre, et sommes-nous en génie que te lauréat du prix Adrien-Pou-Bot fait état d'une expertise dont la nécessité est apparue ces jours-ci bien réelle Patrick Paultre évalue la solidité des divers ouvrages civils, particulièrement ceux construits en béton: Efforts constants L'Acfas remettait donc ses prix, la soirée fut protocolaire, te ton pondéré, et c'était a un porte-parole du ministère québécois du Développement économique, de l'Innovation et de l’Exportation qu’il avait été donné.en ouverture, de rappeler a quel point la science, et tes scientifiques, jouaient un rôle primordial en ces temps de mondialisation, quand la recherche, plus que tes coups de gueule, définit te portrait réel d’une société Et te vendredi matin, te temps était revenu de retourner soit en classe, soit au laboratoire, soit au bureau: la gloire d’un soir s'expBque par une constance dans te travail, par des armées d’efforts consentis Le Devoir LOUISE NADEAU Jugements moraux battus en brèche Page 3 SCIENTIFIQUES Daniel Weinstock Robyn Tamblyn Allan Huang André Charette Patrick Paultre Michel Bouvier ÉTUDIANTS- CHERCHEURS Valérie Mongrain Virginie-ArielJe Angers Caroline Ménard Philippe Gauthier % 11 L K I) K V' 0 I H .LES SAMEDI 11 ET DIM A X (HE 15 OCTOBRE 2 O O 6 Prix André-Laurendeau Prix Michel-Jurdant Philosophie pour tous ! La réflexion philosophique ne peut être perçue comme une fin en soi.Elle doit plutôt servir de prémisse à l’action.Pour ce faire, elle doit sortir de la tour d’ivoire des universités et s’insérer dans le processus d’évolution d’une société.Voilà la perception qu’entretient le philosophe Daniel Weinstock, nouveau lauréat du prix André-Laurendeau.ULYSSE BERGERON Daniel Weinstock est un passionné.Et sa passion pour la philosophie politique, il la doit avant tout à un coup de foudre.En effet lorsqu’il étudiait à l’université McGill, sa rencontre avec le célèbre philosophe québécois de la modernité, Charles Taylor, l’a profondément marqué.«Pmr mm, comme pour beaucoup d’étudiants de l’époque, cela a Hé révélateur.» 11 va même jusqu’à dépeindre cette rencontre comme «une sorte de choc intellectuel» dont il n’est «jamais vraiment revenu».Depuis, Daniel Weinstock a fait du chemin.Après avoir bifurqué de la science politique vers la philosophie, il a obtenu un doctorat dans ce domaine à Oxford en Grande-Bretagne.Mais au cours des dernières années, c’est surtout à titre de philosophe spécialisé en éthique qu’il s’est fait connaître.Il est d’ailleurs à l’origine du Centre de recherche en éthique de l’Université de Montréal (CREUM), dont il est l’actuel directeur.Départ éthique C’est pourtant un concours de circonstances qui l’a amené à s’intéresser à l’éthique.«C’est en quelque sorte l'institution qui a dicté mon intérêt», lance-t-il.lorsqu’il a commencé à enseigner à l’Université de Montréal, au début des années 19tX), la faculté de médecine faisait une réforme de son programme.Un cours d’éthique obligatoire pour tous les étudiants devait être élaboré.lo département de philosophie en a eu la responsabilité.«Étant le petit dernier arrivé, sans permanence, la commande est descendue jusqu’à moi.Évidemment, je ne pouvais pas dire non.Fort heureusement, le cours a connu un certain succès et il a fait des petits un peu partout à l'université», raconte-t-il.Auteur de plusieurs articles et livres sur le sujet, il s’est depuis penché sur les thèmes les plus délicats relatifs à l’éthique.Il vient justement de publier un petit livre intitulé Profession éthicien (PUM, 2006).L’ouvrage, d’une soixantaine de pages seulement, expose de façon concise les principaux obstacles que rencontrent les.éthiciens.A ce sujet, M.Weinstock souligne toutefois que le terme même d’éthicien «l’irrite profondément».«Je ne me suis jamais considéré comme éthicien.Il y a quelque chose de sentencieux — ça pue un peu l'encens! Professionnellement, je suis un philosophe qui s’intéresse plutôt aux institutions qu’à la vertu des individus.» D’ailleurs, le fait de baigner dans un domaine qui relève aussi bien du conceptuel que du concret l’a poussé à jeter un regard différent, critique et fort intéressant sur sa discipline.Il soutient aujourd’hui que la réflexion philosophique n’est en fait que la première partie d’un travail beaucoup plus long.Aller plus loin Au fil du temps, le philosophe s’est rendu compte que, «parmi les philosophes, toutes traditions confondues, il y avait un certain mépris à l'égard de tout ce qui était de l'ordre de l’éthique appliquée, comme si l’exercice de la philosophie se limitait aux concepts H que le reste Hait simplement de la technique».En s’intéressant aux écrits relatifs à l’éthique, il en est venu à penser que «c’était peut-être un peu l’inverse».I^s concepts philosophiques abstraits ne sont pas nécessairement appropriés aux réalités concrètes.«Il faut donc voir de quelle façon les concepts philosophiques élaborés s’institutionnalisent.» Pour ce faire, il faut sortir du cadre restreint et abstrait de la philosophie et s’ouvrir BERNARD LAMBERT.FORUM.UDM Daniel Weinstock est un philosophe spécialisé en éthique.à l’environnement auquel les concepts s’appliquent Aujourd’hui, cela lui fait dire qu’il y a effectivement «les sempiternels débats en philosophie politique», mais qu’on a simplement «fait la moitié du chemin» si l’on se contente de ceux-ci.Il faut donc aller plus loin et appliquer les réflexions aux réalités concrètes d’une société.Il s’agit en quelque sorte, de jeter des ponts entre la philosophie et les sphères décisionnelles de toute société.Sur le terrain Daniel Weinstock a participé à plusieurs initiatives du genre.Entre 1997 et 1999, il a participé au Groupe de travail sur la place de la religion à l’école publique, qui a accouché du rapport Proubc.Plus récemment en 2005, le gouvernement canadien l’a sollicité pour faire partie d’un comité d’experts ayant pour but d’analyser la problématique de l’intégration des immigrants dans certains pays européens.De telles implications découlent du rôle même de l’intellectuel, note t-il.Toutefois, est-ce que la société québécoise et canadienne offre une UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS RIVIÈRES L'UQTR félicite ses lauréates des prix de la recherche scientifique de l'ACFAS 2006 place aux penseurs qui désirent ardemment s'impliquer?Le philosophe répond: «Au Québec en particulier H au Canada plus largement, on vit dans une sociHé qui n’est pas si mal, comparée à d’autres.Id, on a me culture de l'interadion entre les gens qui ont à gérer le quotidien de nos institutions H les intellectuels.Et cela, c’est une occasion remarquable pour les intelleduels.» 11 ajoute aussitôt: «Quand je pense aux raisons qui m'ont retenu lorsque des occasions de faire carrière ailleurs se sont présentées, c'est justement la possibilité d'avoir un impact, non seulement sur mes étudiants et mes collègues, mais bien de pouvoir jouer un rôle» au sein des institutions.Quant au prix André-Laurendeau, Daniel Weinstock affirme «qu'il est toujours flatteur d’être reconnu parses pairs.Mais au-delà de ça, sur le plan personnel, je dirais que je suis un intellectuel québécois de souche relativement récente.Mes parents étaient tous les deux des immigrants juifs d’Europe de l’Est.En tant qu'intelleduel juif et en raison de ma trajectoire professionnelle, ça revH une importance particulière de recevoir un prix associé à une personnalité importante de la vie politique québécoise».Collaborateur du Devoir Savoir d’où proviennent d’étranges cercles dorés Le parcours de Martin Lechowicz, un biologiste de l’université McGill, résume à lui seul l’étonnante période de bouleversements dans laquelle nous vivons depuis une cinquantaine d’années.D’origine américaine, il a été le témoin des inquiétudes des années 1950, puis des soubresauts sociaux des années 1960.jusqu’à nos préoccupations environnementales d’aujourd’hui.CLAUDE LAFLEUR Fils d’immigrants polonais, le prof Lechowicz est arrivé à Montréal en 1976, ignorant tout du fait français.«C’était avant la loi 101, rappelle-t-il, H pour quelqu’un se promenant au centre-ville, rien n’indiquait qu’on était dans une ville française.Le visage de Montréal a bien changé depuis!» Une jeunesse trouble Martin Lechowicz est né en 1947 dans une modeste famille ouvrière de la banlieue polonaise de Chicago, «favais 10 ans lorsque ‘‘Spoutnik” a Hé lancé, dit-il.Vous vous rappellerez peut-être que nous étions alors extrêmement inquiets en cette période de guerre froide H de course à l’espace.Par conséquent, d’importants efforts ont Hé consentis en science H en éducation H tout le monde a mis l’épaule à la roue.Mes parents m’ont encouragé à étudier les sciences» Bon élève — «à une époque où on nous classait selon nos aptitudes» —, le jeune Lechowicz est placé dans une classe de niveau supérieur dirigée par un instituteur inspirant.«Les sciences étaient pour moi quelque chose de naturel.J’étais, dirait-on aujourd’hui, un “nerd”!» Naturellement, il prend part à la foire scientifique de son école.Il y remporte le premier prix, ce qui l’amène à participer à la compétition régionale qui se tient à l’Université d’Illinois.«C’était la première fois que je quittais Chicago, se rappelle-t-il.Durant cinq jours, j’ai découvert qu’il existait tout un monde en dehors de chez moi.» Et de là, il accède à la compétition nationale, à Washington D.C., où il a le privilège de croiser le président Johnson.A l’époque, la National Science Fondation encourage les étudiants de niveau secondaire à faire des VOIR PAGE G 3: LECHOWICZ Martin Lechowicz est biologiste à l’université McGill.Félicitations à nos lauréats SOURCE AC PAS Concours de vulgarisation Prix Desjardins d'excellence scientifique de l'ACFAS pour étudiants-chercheurs - doctorat - \ • Geneviève Dorval-Douville Maîtrise en sciences de l'énergie et des matériaux Caroline Ménard Doctorat en biophysique et en biologie cellulaires L’UQTR votre hôte du 75° Congrès de l’ACFAS Gardez-nous à l'esprit! «m www.uqtr.ca Des professeurs et des étudiants de l'Université de Montréal se distinguent par la qualité de leurs recherches.Daniel Weinstock Prix André-Laurendeau Professeur titulaire Département de philosophie Faculté des arts et des sciences m Michel Bouvier Prix Léo-Pariseau Professeur titulaire Département de biochimie Faculté de médecine Louise Nadeau Prix Marcel-Vincent Professeur titulaire Département de psychologie Faculté des arts et des sciences André B.Charette Prix Urgei-Archambault Professeur titulaire Département de chimie Faculté des arts et des sciences Philippe Gauthier Prix Desjardins d’excellence pour étudiants -chercheurs - Maîtrise Étudiant Département d'histoire de l'art et études cinématographiques Faculté des arts et des sciences www.umontreal.ca Valérie Mongrain Prix Bernard-Belleau Fludiuntf Faculté de médecine Université de Montréal r LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE A O C T O R R E 2 O (1 (> A ('FA S Prix Marcel-Vincent Jugements moraux battus en brèche Décrite comme une femme extraordinaire par les personnes qui la côtoient, Louise Xadeau est sans conteste une femme de passion.Il n est point de demi-mesure dans sa façon de travailler.Dès 1972, elle oriente sa carrière de psychologue vers le domaine des toxicomanies.Balayés les modèles moraux, les présupposés obsolètes! Imaginative, elle explore de nouveaux sentiers et impose une interprétation scientifique des phénomènes de dépendance, notamment en matière d alcoolisme féminin.Pour sa contribution à la compréhension de ces phénomènes, le prix Marcel-V incent lui est décerné.ESTELLE ZEHLER Professeure au departement de psychologie de 1 Université de Montréal, chercheuse principale au RISQ (Recherche et intervention sur les substances psychoactives — Québec), administratrice d'Educ'alcool, vice-présidente du conseil d administration des Instituts canadiens de recherche en santé, l’ampleur des travaux menés par Louise Nadeau parle d’elle-même.D emblée, alors quelle débute sa carrière dans une communauté thérapeutique pour toxicomanes, le Centre Portage, il est clair quelle ne s’enlisera pas dans le regard moralisateur soutenu par la société.Dotée d’un caractère trempé, d’une énergie et d une curiosité contagieuses, elle interroge tout fait établi.Si elle est thérapeute, il lui est tout aussi indispensable de se consacrer à la recherche, à la formation des intervenants et à la diffusion des connaissances.Aussi est-il compréhensible que Inc Vinet, recteur de l’Université de Montréal, et Joseph Hubert doyen de la faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal, la considèrent comme une pionnière: «D'une part, ses travaux et ses réalisations ont catalysé le renouvellement de la compréhension du phénomène de toxicomanie chez les femmes.D'autre part, ils ont contribué de façon importante à l’émergence d'une perspective de l’abus d’alcool et de drogue axée sur la compréhension plutôt que sur le blâme.» Michel Landry, directeur de la recherche et du développement universitaire au Centre Dollard-Cormier, poursuit ce portrait en soulignant «son charisme à communiquer son savoir et ses contactions, sa générosité dans l'engagement auprès des personnes souffrantes» Une approche scientifique avant tout Nombre du priori sexistes, de doubles standards sous-tendaient la société nord-americaine des années 1970.Le perception et la compréhension des toxicomanies n’y échappaient pas.L’alcoolisme féminin s'inscrivait dans un rapport social défavorable aux femmes.•J’ai toujours été heurtée, témoigné Louise Nadeau, par le système des deux poids, deux mesures selon lequel, lorsqu 'une femme boit, elle est vue comme un ange déchu, un être indigne, alors qu une consommation analogue de la part d'un homme est souvent perçue comme une firme de virilité, une affirmation de soi.» Le monde thérapeutique lui-même fonctionnait sur un modèle masculin.Dans les années 1980, les femmes étaient sous-represen-tees dans les structures de soins.«Soif elles cachaient leur alcoolisme, soit nos services ne répondaient pas à leurs besoins.» Louise Nadeau a par consequent investi ce no man’s land.Elle adjoint rapidement à la perspective sociale une perspective biologique qui met à pur fa vulnérabilité biologique des femmes par rapport à l'alcool.Dès 1984, elle consacre un chapitre au syndrome d’alcoolisation fœtale qui, 20 ans plus tard, constituera une preoccupation de santé publique.Les frontières disciplinaires ne sont pas du goût de Louise Nadeau, tel que le souligne le 1)' Marc Valieur du Centre médical Marmottan à Paris, centre fondé par le professeur Claude Olievenstein: •Elle a surtout réussi, par la multiplicité de ses experiences.à dépasser les clivages qui opposent ordinairement notre champ d’intervention, et ainsi contribuer, plus que tout autre spécialiste, à intégrer à la fois les apports pratiques de formes diverses de thérapies et les dimensions de comprehension issues de domaines très differents, de la biologie à la sociologie en passant par les différentes écoles de psychologie et de psychothérapie.• En effet, les déterminants à l’origine des dépendances sont variés.Environnementaux, ils s’initient dans les croyances, les attitudes et les législations.D'autre part, grâce au développement des qeurosciences, nombre de vulnérabilités biologiques se sont également avérées.Des problématiques sociales à résoudre Aujourd'hui, 1a proportion des femmes présentes dans les structures de soins, de l’ordre d’un tiers, correspond aux réalités de notre société.Les ser- SUITE DE LA PAGE G 2 stages d'été dans des centres de recherche.Le jeune Lechowicz se retrouve ainsi à participer à des travaux en cancérologie à l'Université du Dakota du Nord.«Encore là, ç’a été toute une expérience de vivre loin de ma famille, avec une bande de jeunes comme moi, à faire de la recherche scientifique.» Et lorsque vient le temps d’entrer à l'université, c'est tout naturellement en biochimie qu’il se dirige.«Il faut dire qu'à l’époque, on pensait qu ’on viendrait à bout du cancer d'ici quelques années seulement.» «Inutile de dire que mes parents étaient très fiers de moi, poursuit M.Lechowicz./étais le premier de la famille à accéder à l’université et.en tant qu’ainé d’une famille d’immigrants, je sentais beaucoup de pression pour réussir.» Toutefois, les choses se gâtent à l’université puisque le jeune étudiant découvre vite que 1a biochimie n'est pas pour lui.Son campus est en outre plongé dans les manifestations contre la guerre du Viêt-nam alors que fa révolte éclate un peu partout Le jeune étudiant est par conséquent emporté par la tourmente et participe aux manifestations.Réorientant ses études vers la création littéraire — au grand désespoir de ses parents —, il écrit pour des publications underground.L'«Amérique» est en flamme.son esprit aussi! Le jeune lechowicz dérive ainsi quelque temps — travaillant dans de petits restaurants et pour une compagnie d'assurance —jusqu’à ce que survienne la «réi'élation».LECHOWICZ De la Sierra Nevada.Lors d’une fin de semaine d'ex-pedition, à l'automne 1969, il explore les montagnes de la Sierra Nevada en compagnie d'un collègue universitaire.«Ç’a été un “week-end’’fabuleux, se rappelle-t-il, qui m a ramené à la science d’une façon que je n’aurais pu imaginer.» En effet, au hasard des prome nades, il est intrigué par des anneaux de couleur jaune-orange qui encerclent, à tous les mètres, le tronc des conifères.«Je ne savais pas alors qu’il s'agissait d'une plante, dit-il./’a» ramassé quelques spécimens qui traînaient au pied d'un arbre et je les ai rapportés à Berkeiy, où fétudiais.» Curieux, il consulte les ouvrages de la bibliothèque universitaire."/ai découvert qu'il s’agissait d’une sorte de lichen.Voilà qui était intéressant! Mais pourquoi, me demandais-je, ce lichen croit-il à tous les mètres?J'ai poursuivi mes recherches .pour découvrir que personne ne le savait! Et c 'est de la sorte que j’ai décidé d’entreprendre des études en biologie.» Martin Lechowicz devient, en 1976, professeur à l'université McGill.«Pourquoi McGill?Eh bien.parce que c’est le premier poste qu ’on m'a offert, dit-il.lorsque le directeur du département m’a dit qu’il allait m'embaucher, fai déclaré que c'était le plus beau jour de ma vie.sans même demander combien on me paierait!» .à la forêt du mont Saint-Hilaire Et c’est ainsi que.depuis 30 ans, il enseigne et poursuit une kyrielle de recherches en biologie.Le prof lechowicz s’intéresse tout particulièrement à la forêt du mont Saint-Hilaire.«Il s'agit de l’un des très rares endroits au Québec où l'on retrouve de nos jours la forêt originale, celle qu ont vue Cartier et Champlain.Partout ailleurs, les forêts ont été coupées et modifiées.» Cette forêt représente en outre un écosystème très diversifié qui n'existe nulle part ailleurs.•Par tempérament, je suis un généraliste; et en tant que biologiste, je cherche à comprendre pourquoi les plantes se développent comme elles le font, explique Martin Lechowicz.Et je suis particulièrement attiré par les forêts.» Au fil de ses recheahes, ü a finalement trouvé la réponse à 1a question qui l’a mené à la biologie.Pourquoi donc des Miens pou» sent-ils en anneaux à un mètre de distance?Les lichens, explique le savant, sont composés d’algues et de champignons qui vivent en symbiose et sont extrêmement sensibles au taux d'humidité.Or, les lichens qu'il a observés au Nevada croissent au niveau des branches mortes des conifères.Durant leur croissance, ces arbres développent, le long de leur tronc, des séries de branches à tous les mètres, les phis basses disparaissant au profit des plus hautes.En mourant, les branches laissent sur le tronc des crevasses et une rugosité qui constituent un rite idéal pour le dé vekippement de beaux anneaux dorés de lichen.•Je mène une carrière vraiment emballante, conclut le biologiste, car fai la chance de chercher à comprendre ce genre de choses.» Collaborateur du Devoir F.N CES ET CULTURE PRIS I) E L ' A f F A S ft f A H I E R SPÉflAl EST P f B L I E PAR LE B E V 0 I K Responsable: NORMAND THERIAULT ntkrnxillalMlrvoim 2050, ro« A« tleiry.»' fia*».Moitrtal (Qifkre) H:iA 3M» T-l (51 D 985 3333 r«4arf io»oî«4fv«ir.fo® FAIS CE (J r E DOIS SOI Kv I AC ( AS Louise Nadeau est une pionnière dans l'étude des phénomènes de dépendance.vices offerts sont parvenus à adopter un regard sut fisamment positif pour que les femmes veuillent rester en traitement autant que les hommes.«Présentement, nos succès thérapeutiques, que ce soit par des méthodes médicamenteuses, des approches psychosociales ou des approches davantage de groupe, conduisent à des ameliorations.» Louise Nadeau ne s’appesantit cependant pas sur les succès; elle réfléchit aux écueils rencontrés et aux nouveaux phénomènes qui s’installent.Elle songe immédiatement aux patients qui abandon nent leur traitement.«Même si la majorité de nos patients s'améliorent, il y a des échecs qui font mal.» Elle pense notamment aux conducteurs qui prennent leur voiture même lorsque leurs facultés sont affaiblies par l’alcool et qui récidivent malgré des accidents.Bien qu’ils ne soient pas son objet d'étude, d'autres laits préoccupent egalement la scientifique, •Pow moi.I explosion Je consommation de cannabis chez les rennes des écoles secondaires, mppiotee dans l’etude de Serge Ko vlm, est inquiétante I adolescence est une période J'ebullitkm parce que le cerveau se nstructurr: il faut par consequent écarter toute substance qui viendrait limiter les neurotninsmetteurs.» Elle prend pour exemple de cette période de créativité intense le com|x>siteur Chopin, qui avait écrit toutes scs etudes avant de quitter la Pologne.11 était age alors de 21 ans' De plus, un phénomène social, concomitant a cotte vague de consommation, est en cours 1‘adolescence est en redelinition.les adolescents sont à la lois jeunes et vieux, autonomes et encore dependants Créer des campagnes de prévention en mesure de toucher l'ensemble de la population adolescente devient tn-s ardu.Les problématiques soumises à la recherche en matière de toxicomanie ne semblent pas vouloir s'épuiser.Ionise Nadeau ne manquera pas d’en rtv soudre quelques unes.mais, tient-elle à souligner, à l’instar de tout le travail qu elle a accompli, jamais seule les résultats obtenus proviennent de la conjonction des efforts de nombreux collègues.•Jài eu la chance de crier en 1!>7S le certificat en toxicomanie à I I niversite de Montreal.Or.celui-ci est devenu une plaque tournante Toutes les forces vives qui étaient en presence se sont articulées en semble.J'avais autour de moi des gens prêts au chan gément.prêts à innover et donc à prendre des risques.» les marques d'estinte et de reconnuissan ce, tel le prix Marcel Vincent, reviennent donc à ces personnes également CollalHtratrici’ du Devoir Développement économique Innovation | Exportation Hommage aux lauréates et lauréats des Prix de l’Acfas La maîtrise des sciences et des technologies représente un atout indéniable pour le développement d'une société moderne, résolument tournée vers le savoir et l'innovation.Dans cette perspective, les Prix de l'Acfas soulignent la contribution remarquable de chercheurs et d'étudiants-chercheurs du Québec à l'avancement des connaissances scientifiques et au patrimoine mondial du savoir.Au cours des dernières années, le gouvernement du Québec a fait de la recherche et l'innovation une priorité en y consacrant d'importants investissements.Aussi, dans la foulée de la stratégie économique gouvernementale, nous dévoilerons sous peu la toute nouvelle Stratégie québécoise de la recherche et de l'innovation qui, par des mesures structurantes, permettra de relever les défis qui se posent à nous et de faire du Québec un lieu reconnu pour l’excellence de sa recherche et, surtout, de ses chercheurs.C'est avec plaisir et fierté que je rends hommage aux lauréates et lauréats de cette 62e édition des Prix de l'Acfas.J yrnohd B .U.j Rayrriohd Bachand Ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l'Exportation www.mdeie.gouv.qc.ca I 866 463-6642 êco*omHHâ*.kmo¥atton H fKpWi*tH*n Québec cxrs aMmM*>3|C{3KlKflKl9ri%iC PRIX DE LAC F AS PRIX ADRIEN POULIOT Coopéraior soenSSoue ïv*c la Fiance fWet Pttim Urmtrsnt 3e Shtrtrrocm PRIX ANDRË LAURENDEAU Soencts iwnamts OemU MVrwtoct.UnrversK De Uontm PRIX | ARMAND BOMBARDIER innoiabor tecr-x>ç>3ue é f,—n Q D Tf)y r Tm /ffh rwin UnretrsmUcOK PRIX LÉO PARISEAU Sciences txologRues et sciences Se la uret IHdm Borner.UnwerSS 3e Uortntr PRIX MARCEL VINCENT Scasnces socaies LoeM teeteee UmmsM 3e Montrtai PRIX MICHEL tURDANT Sciences 3« r erAronnement «•me J LetBetha.UnmsM PRIX URGEL ARCHAMBAULT Scences irwcjues nuP'èn'jDooes et ytrw Aetrii Otanee*.JnrmsM 3e Uonmt PRIX BERNARD BELI EAU Sciences 3e a santé et ptamocoiCQie KeMrSe MMfrate.Urnerutt m Uontrto PRIX RESSOURCES NATURELLES WrpUMe ArteUe tefori UQAM PRIX DESIARDINS D EXCELLENCE POUR ÉTUDIANTS^HERCHEURS CONCOURS DE VULGARISATION SCIENTIFIQUE H i f i — mWVH9'rW \rm9rTtOtn*9WW Uraverarté 3e tfcmtréal Seeenoee Domi Oevrilie UCTR W«*3i 3e tecNetcne en teooflN iNgtaie UnNtrUK LM MERCI A NOS PARTENAIRES WSGMfa 75 CONGRtS DÉ L'ACFAS 3>?«ü mi te*?Ju * * ‘ *'-•*** ?'e vi ¦*¦>0*.te* Acfee «merna LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 OCTOBRE 2 0 0 6 (i ! SOURCK ACFAS Robyn Tamblyn et Allan Huang, chercheurs à l’université McGill Prix J.-Armand-Bombardier Il A Pilules sous contrôle Les maladies causées par les médicaments sont la sixième cause de mortalité au Canada.C’est à cet enjeu méconnu du système de santé que se sont attaqués les récipiendaires du prix J.-Armand-Bombardier de cette année, les docteurs Robyn Tamblyn et Allan Huang, chercheurs à l’université McGill.JUDITH LUSSIER Le système qu'ont élaboré les chercheurs Tamblyn et Huang, le Medical Office of the XXI*1 Century (MOXXI), permettra aux médecins et aux pharmaciens de mieux communiquer et ainsi, d’éviter des erreurs fatales.Cette base de données interactive, sans iil et simple d’utilisation, devrait être intégrée au système de soins de santé dès février 2007.les docteurs Robyn Tamblyn et Allan Huang, respectivement pro-fesseure au département de médecine, d’épidémiologie et de biosta-tistiques et professeur au département de médecine et de gériatrie, ont repéré trois problèmes reliés à la prescription de médicaments.Centraliser l’information Ci première difficulté tient au peu de communication possible entre médecins et phannaciens.En effet, le système actuel ne permet pas de réunir pour un même patient l'ensemble des ordonnances que ce dernier accumule au cours de sa vie.Complexifiant le portrait le patient moderne visite plusieurs médeçins et différentes pharmacies.A l’urgence, les médecins n'ont aucune idée de l’ensemble des médicaments prescrits ou de la raison pour laquelle ils le sont.Le système MOXXI permettra de réunir dans un même dossier informatisé toutes les informations lits-s aux ordonnances d’un patient.Le médecin devra indiquer pour chaque ordonnance la raison pour laquelle un traitement est prescrit ou interrompu.Car un même medicament peut être prescrit pour différentes raisons.Les sédatifs, par exemple, peuvent être utilisés autant pour traiter l'insomnie que pour prévenir les attaques cardiaques.Et si un traitement est interrompu pour être remplacé par un autre, les pharmaciens doivent être mis au courant, afin d’éviter que les deux ordonnances soient données simultanément au patient.la1 MOXXI permettra cette communication entre les differents professionnels.Un autre enjeu est lié à la multiplication des médicaments d'ordonnance.L’équipe du MOXXI a en effet réalisé que les médecins ne connaissaient pas assez bien les nouveaux traitements pharmacologiques pour être en mesure de les prescrire adéquatement, le système informatisé permettra de ras-sembler les connaissances sur les nouvelles thérapies afin de faciliter la prise de décision.Par exemple, un médecin pourra indiquer si l'utilisation d’un médicament s’est avérée efficace pour un certain type de patient.1 e vieillissement de la population devient aussi un enjeu majeur en pharmacologie.Les personnes âgées sont plus vulnérables en ce qui concerne les effets indésirables.Elles consomment souvent de véritables cocktails thérapeutiques et sont plus susceptibles de taire des erreurs dans la prise de leurs médicaments.les troubles cognitifs associes à l’âge rendent aussi complexe la communication entre le médecin, le patient et le pharmacien.11 est difficile pour un pharmacien de conseiller un patient sur la prise de ses médicaments s’il ne connaît pas le motif de la prescription.Le système MOXXI permettra en outre d’éviter les erreurs liées à l'interaction des médicaments, aux allergies et aux autres problèmes de santé.1 .'asthme, par exemple, peut être aggravée par certains mé- dicaments.Une fonction intégrée dans le système MOXXI permet d’éviter ce type d’erreurs.Quand un médicament susceptible d’aggraver la santé du patient est sur le point d’être prescrit, une alerte avertit le médecin du danger.Des enjeux éthiques L’industrie de la pilule représente dans le monde quelques centaines de milliards de dollars.Selon la doc-teure Robyn Tamblyn, le système MOXXI est perçu par les compagnies pharmaceutiques comme étant potentiellement «leur pire cauchemar ou leur meilleur ami».En effet, puisque le système aide les mé decins à choisir le meilleur médicament à prescrire, l’enjeu des commerçants est de se retrouver toujours en haut de la liste.Aux Etats-Unis, les groupes de pression pharmaceutiques n’ont pas couru de risques.Ils ont investi massivement dans les systèmes de prescription informatisés.«Les Américains ont tout de suite vu dans ce genre de système une possibilité de marketing.Là-bas, les médicaments qui se retrouvent en haut de la liste sont commandités», explique la D" Tamblyn.L’équipe du MOXXI est consciente du danger.C’est pourquoi elle a puisé ses subventions dans l’entreprise informatique et non dans le domaine pharmaceutique.«Les compagnies informatiques ont également un intérêt à développer cette technologie car elles vont pouvoir les revendre aux systèmes de soins de santé», explique-t-elle.Le respect de la confidentialité a également été pris en compte par l’équipe du MOXXI.«Nous avons travaillé avec le conseil législatif de la Régie de l'assurance maladie du Québec [RAMQ], la Commission d'accès à l'information, le Bureau de l’éthique et l'Institut de recherche de Montréal, explique Robyn Tamblyn.Les patients peuvent refuser que leur dossier soit informatisé et quand un médecin ou un pharmacien veut accéder au dossier d'un patient, plusieurs mesures sont prises pour s'assurer de l'identité du professionnel.» Au Québec en 2008 Pour que l’utilisation du système MOXXI soit optimale, tous les médecins et pharmaciens du Québec devraient avoir accès à la hast' de données d"ici 2(X)8.Cette implantation est extrêmement coûteuse et on ne peut pas dire qu’elle réduira le fardeau financier de la RAMQ.«C'est plus une question de sécurité, explique la 0" Tamblyn.Il est possible qu'à long terme le système.fasse beiisser le coût de l'assurance medicament.mais ce n'était pas l'objectif premier.» C'est peut-être parce qu’elle était ainsi motivée par des soucis de sre eurité et de saute des patients, et non par des objectifs financiers, que l'équipe du MOXXI s'est vu décerner le prestigieux prix de l'Adas.le prix J .-Armand-Bombardier a été créé en 1980 par l’Association francophone pour k' savoir en l’honneur du célèbre inventeur de la motoneL ge.Il récompense les travaux de recherche ayant contribue à une innovation technologique.L’équipe du MOXXI a été appuyée par Abraham Fuks, doyen de la faculté de médecine de I’umversite McGill, par l'Institut de recherches cliniques de Montréal, par TUniversité de Colombie-Britannique ainsi que par l’école de médecine de l'université Harvard.Collaboratrice du Heioir Prix Urgel-Archambault Le petit chimiste est devenu grand Qui n’a pas eu dans sa jeunesse un microscope, un télescope, un jeu de chimie ou quelques beaux livres de sciences.qui sont demeurés sur une tablette après avoir piqué la curiosité pendant quelques semaines?Pas André Charette.Sa passion pour la chimie est née grâce à un jeu qu’on lui a offert alors qu’il était adolescent Débute alors un parcours qui le mène à l’obtention du prix Urgel-Arehambault CLAUDE LAFLEUR Aujourd’hui, André Charette dirige l’une des plus importantes équipes de chintistes — le groupe Charette — qui cherche à fabriquer de nouvelles molécules destinées à servir de médicaments.«Au secondaire, dans les cours de science, je n’étais pas très bon élève.au plutôt: ça ne m’intéressait pas!, se rappelle-t-il, amusé.Tout a changé lorsqu'on m’a donné un jeu de chimie.Mes parents m’ont aussi procuré des livres de chimie que j’ai lus avec intérêt.C'est de la sorte que ma passion s’est développée.» Professeur titulaire au département de chimie de l’Université de Montréal («l’un des plus “performants" au niveau mondial», souligne avec fierté le chercheur), André Charette est directeur de recherche.Il pilote deux chaires — Tune consacrée à la recherche fondamentale et l’autre à la recherche industrielle — spécialisées dans la synthèse des molécules.Fait à noter, le P Charette aime autant faire de la recherche qu’enseigner.«À l’université, souligne-t-il, la recherche et l’enseignement vont de pair, et autant l’une que l’autre m’attiraient.J’ai donc su très tôt dans la vie ce que je ferais.» Bardé d’une bonne quinzaine de prix et de distinctions, ce chimiste réalise un parcours en ligne droite.Après avoir obtenu en 1983 son baccalauréat en chimie à l'Université de Montréal, il complète sa maîtrise et son doctorat à TUniversité de Rochester (en 1985 et en 1987) puis son postdoctorat à l’université Harvard (en 1989) pour finalement revenir faire carrière à TUniversité de Montréal.Parcours ample et efficace, pourrait-on dire.Créer des molécules complexes Bon nombre des substances qui nous entourent sont des molécules, c’est-à-dire des assemblages d’atomes.L’eau et le gaz carbonique en sont deux exemples, la première étant formée de deux atomes d’hydrogène associés à un atome d’oxygène (HO) et la seconde, d’un atome de carbone couplé à deux atomes d’oxygène (COJ.Il existe, on l’imagine, des molécules beaucoup plus complexes.et ce sont elles qui passionnent le chimiste Charette.Contrairement à d’autres chimistes, celui-ci ne s’intéresse pas tant aux propriétés des molécules (à quoi elles peuvent servir) qu’à la manière de parvenir à les fabriquer.D fait ce qu’on appelle de la chimie de synthèse; autrement dit, il tente de synthétiser (de fabriquer) des molécules complexes à partir de molécules simples.«On part de produits qui sont simples et disponibles, résume-t-il, et on les convertit, à l’aide d'une séquence de réactions chimiques, en quelque chose déplus complexe.» «La recherche m’a toujours fasciné, poursuit-il, et plus particulièrement la chimie de synthèse, parce qu’on crée alors de nouvelles molécules.» Le chimiste y exerce un grand pouvoir de création puisqu'il lui faut d’abord imaginer à quoi ressemble la structure d’une molécule pour ensuite tenter de la reproduire en laboratoire.«Tout est question d’imagination!», lance-t-il.A cette fin, André Charette pilote une équipe d’une trentaine de spécialistes qui réalisent divers projets SOURCE ACFAS r * André Charette dans le cadre de la chaire de recherche du Canada sur la synthèse stéréosélective des molécules bioactives et de la chaire industrielle CRSNG/Merck Frosst/Boehrin-ger Ingelheim en synthèse stéréo-sélective des médicaments.La chaire du Canada permet à son groupe d’explorer de nouvelles avenues qui ne seraient probablement pas possibles autrement.Quant à la chaire industrielle, elle sert à réaliser des travaux «plus ciblés» qui présentent un intérêt pharmaceutique.«On ne travaille pas nécessairement sur la synthèse de médicaments, précise M.Charette, mais plutôt sur de nouvelles méthodes qui vont pouvoir être appliquées à la synthèse de médicaments.» Depuis 15 ans qu’il mène ses travaux à TUniversité de Montréal, André Charette développe ainsi de nouveaux outils, de nouvelles méthodes et de nouvelles approches qui servent à fabriquer des molécules complexes.«Nous travaillons sur le développement d’outils qui vont permettre, disons, de partir d’un produit A pour le convertir en un produit B fort complexe, explique-t-il.Nos travaux sont ciblés pour que, en une seule étape, on obtienne des molécules complexes en utilisant d’infimes quantités de réactif.» Si ces travaux peuvent avoir une foule d’applications, l’essentiel des efforts du groupe Charette est orienté vers les besoins de l'industrie pharmaceutique.«N’oublions pas que Montréal est la capitale canadienne de l’industrie pharmaceutique, rappelle M.Charette.de sorte que toutes les compagnies sont ici et que les spécialistes que nous formons se trouvent relativement facilement du travail.» Le Canada, un «paradis» pour la recherche ?On imagine qu’un chercheur du calibre d'André Charette pourrait travailler nimporte où sur la planète.Or, celui-ci a choisi de s’établir ici en toute connaissance de cause.«J’ai la chance de diriger l’une des plus grosses équipes, sinon LA plus grosse équipe en chimie, au Canada», dit-ü avec satisfaction.Ces dix dernières années, rapporte le chercheur, les gouvernements ont beaucoup investi dans les infrastructures et rmstmmenta-tion scientifiques.«Je puis maintenant vous dire que, en 2006, l’environnement qui a été créé — du moins à l’Université de Montréal — est comparable à ce qu'on retrouve dans les meilleures universités de la planète.Ce n’est peut-être pas le cas dans tous les domaines, mais ce l’est en chimie organique.» M.Charette s’empresse néanmoins d’ajouter que, bien sûr, en matière de financement des travaux scientifiques, notre situation ne se, compare pas à ce qui existe aux États-Unis.Toutefois, il y a des avantages à œuvrer au Canada, notamment le fait que les chercheurs bénéficient de davantage de liberté dans leurs travaux.«Aux États-Unis, dit-il, les recherches sont orientées vers des créneaux très précis, alors qu’au Canada, on finance davantage de chercheurs en leur laissant la liberté de mener leurs travaux.» «Pour toutes ces raisons, conclut-il, Montréal est un endroit privilégié pour travailler!» Collaborateur du Devoir Prix Adrien-Pouliot Un œil sur les structures Depuis une douzaine d’années maintenant, Patrick Paultre, professeur et chercheur en génie civil à l’Université de Sherbrooke, entretient une étroite collaboration avec des chercheurs français.Si étroite que ses travaux ont contribué à modifier les normes de construction françaises.PIERRE VALLÉE D’ origine haïtienne, Patrick Paultre obtient d’abord un baccalauréat en architecture de TISTH à Port-au-Prince.Voulant poursuivre ses études en français, deux choix s'offrent à lui: étudier en France ou au Québec.«La France m'attirait et j’avais toujours rêvé d'étudier à l’École des ponts et chaussées, explique-t-il, mais ma famille était déjà installée à Montréal et mon frère étudiait à l’Ecole polytechnique.Cela a orienté mon choix.» Il s'inscrit donc à l’École polytechnique en génie civil.«/aimais bien le côté artistique de l’architecture.mais j'avais un goût plus poussé pour le calcul et le travail plus scien-tifique.» En 1981, il obtient sa mai-trise en sciences appliquées.Dès le depart, Patrick Paultre connaît son champ d’intérêt.«Je me suis toujours intéressé à la dynamique des structures et.en particulier, à leur comportement lorsqu 'elles subissent des charges vibratoires, lors dun seism e par exemple.» Cela sera d’ailleurs le sujet de sa thèse de doctorat, qu’il soutient à Tuniversi-te McGill.Au début de sa carrière professionnelle.Patrick Paultre travaille dans le secteur privé pour des firmes de genie à Montréal, Toronto et Philadelphie.Mais son ambition est ailleurs: il veut enseigner et faire de la recherche universitaire.L’occasion se présente en 1987 lorsqu'im poste de professeur en genie civil se libère à TUniversité de Sherbrooke.Embauche en tant que professeur.ou lui confie aussi les rênes du laboratoire de structures du departement de génie civil, «À mon arrivée, le laboratoire, c’était une grande pièce vide.Il n’y avait rien.» Ce n'est plus le cas aujourd'hui.Titulaire de la chaire de recherche du Canada en génie parasismique et dynamique des structures (CROP), Patrick Paultre dirige un des plus importants laboratoires dans ce domaine au Canada.Certaines des recherches et des techniques élaborées par ce chercheur et son équipe sont uniques au monde.Sur le terrain Les études et les recherches menées par Patrick Paultre et son équipe au sein du CRGP peuvent se diviser sommairement en deux groupes: celles faites en laboratoire, que Ton nomme les essais pseudo-dynamiques; et les essais dynamiques que Ton réalise directement sur les ouvrages, comme les barrages, les ponts et autres structures.Au fil des ans, plusieurs ouvrages au Québec ont été testes grâce aux essais dynamiques réalisés in situ.Mentionnons, entre autres, le barrage de Beauharnois 3, le barrage des Outardes 3, le pont de Grand-Mère ainsi que le mât du Stade olympique.De plus, l'expertise de Patrick Paultre a été mise à contribution lors des essais dynamiques réalisés sur le barrage dTmosson en Suisse.Les essais dynamiques sont réalisés en produisant une force vibratoire grâce à un excitateur placé sur l'ouvrage.La force et la direction de cette vibration sont contrôlées et des capteurs et un système d’acquisition de données permettent de voir comment se comporte la structure.Les essais dynantiques permet- SOl'RCE ACFAS Patrick Paultre tent d’évaluer les propriétés dynamiques de l’ouvrage et de vérifier si les modèles numériques en 2D et 3D sont toujours valides.«Cela permet de développer des équations pour comprendre le comportement de la structure lors d’un séisme, en utilisant peu de force.» De plus, lors des essais dynamiques sur le barrage Outardes 3, Patrick Paultre a élargi le champ de recherche en tenant compte de paramètres qu'on ignorait auparavant.«Non seulement avons-nous mesuré le comportement du barrage en béton, mais aussi du sol et des fondations, de l’eau de retenue et de la plaque de glace qui s’accumule l'hiver.Nous sommes les seuls à avoir réalisé pareille étude dans le monde.» En laboratoire Les essais pseudo-dynamiques sont realises en laboratoire grâce à un mur de réaction fait de béton haute performance.Après avoir introduit dans un ordinateur les données d'un seisme réel, on élabore im modèle qui simule le comportement de la structure.•Par exemple, la modélisation nous dira que.lors d'un tel séisme, la structure aurait bougé de cinq millimètres.» Puis, on force cette demie- re à bouger de cinq millimètres.«Cela nous permet de mesurer la réaction de la structure et de vérifier l’exactitude de la modélisation, et ainsi de la corriger s'il le faut.» Au fil des ans et des essais, la structure a évidemment subi plusieurs stress, ce qui a permis l’élaboration d’autres types de mesures.«Nous sommes en mesure de détecter s’il y a eu une détérioration à une structure et nous travaillons présentement en laboratoire à mettre en place une technique nous permettant de localiser la détérioration.» La filière française Son amour de la France s’actualise en 1994 lorsqu'il est invité en qualité de chercheur par François de Larrard, alors au laboratoire central des ponts et chaussées de Paris.«C’était pendant mon année sabbatique et fy suis allé avec toute la famille.» Il y fera aussi la rencontre de Jacky Mazars, alors à l'École normale supérieure à Cachan et aujourd'hui directeur du Laboratoire sols-solides-structures de l’université Jo-seph-Fourier de Grenoble.Entre ces hommes se tissent une collaboration et une complicité qui fera en sorte que Patrick Paultre sera invité en tant que professeur en dynamique des structures plusieurs années de suite dans ces institutions.D codirigera les thèses de doctorat de plusieurs etudiants français et accueillera à Sherbrooke des stagiaires français.C'est d'ailleurs sous les encouragements de Jacky Mazars quH rédige un ouvrage scientifique.La Dynamique des structures, utilise aujourd'hui dans plusieurs universités françaises et canadiennes.«Contrairement à mes articles scientifiques.qui sont publiés dans des revues anglaises, fai tenu à écrire cet ouvrage en français.C’est une langue que j'aime beaucoup.C’est peut-être cela qui explique mon affinité avec la France.» Collaborateur du Deixtir Félicitations! irirlMhl: : 14 M : I 14:111J [’1U 4 4 i/Tii L'Université Laval applaudit ses étudiants et reconnaît leur talent.1.CONCOURS DE VULGARISATION SCIENTIFIQUE Doctorat en génie civil « À quand les porcheries vertes’ » Geneviève Aubry 2.PRIX DE THÈSE EN COTUTELLE QUÉBEC-FRANCE Of U COMMISSION WMAIteilTf DE COO*RATIO* FRAIICO-QUÉBÉCOISE Étude de formes pénglaciaires de soulèvement au gel au Nunavik Fabrice Camels, Ph.D.Parce que le monde a besoin de solutions! L'Université Laval voit aussi loin que vous ! UNIVERSITE ææ LAVAL 1 K DEVOIR.LES SAMEDI II ET DIMANCHE l O (T O R K E 2 O O ti (i r> Valérie Mongrain Prix Bernard-Belleau MARTINE LETARTE Spontanément, Valérie Mongrain a tendance à se coucher tard et à se lever tard.C’est une personne «de type soir».C’est pour cette raison qu’elle s’est intéressée à la régulation du sommeil.Lors d’un stage de recherche quelle a fait avant le début de ses études supérieures, Mme Mongrain a été enchantée d’apprendre que sa condition de personne de type soir était normale, qu’elle n’était pas reliée à la paresse, mais avait une plutôt une origine physiologique endogène.Pour son doctorat entrepris à l’Université de Montréal, Mme Mongrain souhaitait percer le mystère de la régulation du sommeil.•Pourquoi avons-nous besoin de dormir environ huit heures et restons-nous éveillés environ 16 heures?Pourquoi suivons-nous ce rythme?», s’est demandé l’étudiante-chercheuse.Elle s’est donc intéressée aux deux processus qui régulent le sommeil, soit le processus circadien (l’horloge biologique), qui envoie un signal d’éveil au corps avec un rythme d’environ 24 heures, et le processus homéostatique, qui module la tendance au sommeil et son intensité en fonction de la durée de l’éveil «Nous savions que ces deux processus interagissaient, mais nous ne comprenions pas très bien de quelle façon», précise-t-elle.Soir ou matin ?Il existe dans la population des personnes de type matin qui, spontanément, ont tendance à se coucher tôt et à se lever tôt, et des personnes de type soir qui se couchent plus tard et se lèvent plus tard.Pour son projet d’études, Valérie Mongrain a sélectionné 12 personnes de type matin et 12 de type soir, appelés des «chro-notypes» dans le jargon, pour les inviter à passer cinq nuits et cinq jours en laboratoire.Le but de l’expérience était de déterminer si des personnes ayant des cycles circadiens différents avaient aussi des variantes sur le plan de leur processus homéostatique.«R n'était pas évident de trouver ces chronotypes puisqu'ils représentent environ chacun 15 % de la population.De plus, nous devions éliminer les gens qui n'avaient pas un sommeil normal et nous devions trouver des gens disponibles.Nous avons principalement recruté des etudiants de niveau universitaire en distribuant des questionnaires dans les classes pour trouver des types matin et des types soir.Nous avons aussi diffusé des annonces dans certains fmmaux et nous avons mis quelques affiches», explique Mme Mongrain.Mesurer la mélatonine Lequipe dont était responsable Valérie Mongrain a donc analysé les processus circadiens et homéostatiques des 24 personnes qui ont bien voulu dormir au laboratoire pendant cinq nuits.Pour l’experience.chaque personne devait respecter son cycle naturel de sommeil.«Pour connaître la position de l’horloge biologique, nous mesurions la mélatonine dans la salive de nos volontaires.Cette substance est présente dans le corps seu- SOURCE AC F AS Lumière sur le sommeil L’étudiante-chercheuse en sciences neurologiques Valérie Mongrain a reçu jeudi dernier le prix Bernard-Belleau destiné à un etudiant au doctorat dans le domaine de la santé ou de la pharmaceutique.Le travail des dernières années de la jeune femme portait sur un élément important de la rie de tout un chacun qui renferme encore beaucoup de secrets: le sommeil.lement au cours de la position normale de l'épisode de sommeil.Nous avons remarqué que.chez les personnes de type matin, la mélatonine est présente dans la salive environ deux heures plus tôt que chez les gens de type soir, ce qui confirme des différences dans la position de Ihor-loge circadienne selon le chronoty-pe», a noté l’étudiante-chercheuse.Pour déterminer les stades de sommeil atteints et l’activité des ondes pendant le sommeil des sujets, Mme Mongrain se servait d’électrodes.«Nous avons remarqué que les gens de type matin tendent à avoir plus de sommeil profond et qu ils le dissipent plus rapidement pendant la nuit avant de se réveiller.Ainsi, ils se réveillent plus facilement et plus tôt tout en étant plus reposés.Nous pouvons en déduire que les types matin ont un processus homéostatique plus fort que les gens de type soir.Ce pourrait être pour cette raison que les gens de type matin ont plus de difficultés à passer la nuit debout et à dormir le jour», indique-t-elle.L’ensemble des découvertes du projet de doctorat de Mme Mongrain pourrait être utile pour mieux comprendre certains troubles et, ensuite, essayer différentes solutions pour y remédier.«Par exemple, les gens qui souffrent du syndrome du sommeil en délai de phase ont toujours tendance à dormir de plus en plus tard, ce qui peut occasionner des situations familiales très difficiles et des pertes d’emploi.Ce trouble pourrait entre autres être dû à un processus homéostatique qui ne serait pas assez fort», explique l’étudiante-chercheuse qui s’est méritée des notes parfaites à ses cours de doctorat Démonter l’horloge biologique Valérie Mongrain vient tout juste de déposer sa thèse de doctorat mais ses recherches ne sont pas terminées.Elle vient de commencer un postdoctorat à l’université McGill.«Mon projet actuel touche à un tout autre domaine pour me permettre de développer de nouvelles compétences.Je travaille maintenant sur l’horloge biologique, mais au niveau moléculaire, puisque les gênes ont une implication extrêmement importante chez les gens de type matin et chez ceux de type soir.Dans le fond, je cherche à comprendre la manière dont fonctionne l’horloge biologique et le choix de l’horaire de sommeil.Une fois que nous connaîtrons mieux le fonctionnement des molécules, nous seront plus en mesure de développer des traitements ou des médicaments pour traiter les différents troubles de sommeil», explique-t-elle.Ainsi à seulement 29 ans, Mme Mongrain a probablement une grande carrière de chercheuse devant elle.«J'ai pensé à aller travailler en industrie puisque ce choix assure une plus grande stabilité et un meilleur salaire, mais f ai finalement décidé de poursuivre mes recherches puisque je crois que je suis faite pour ça.f espère ainsi décrocher un poste dans une université un jour.Mais pour le moment, f en ai encore beaucoup a apprendre avec mon projet de postdoctorat», conclut-elle.Collaboratrice du Devoir A ('FA S Prix Léo-Pari seau Décrypter les protéines G Michel Bouvier est directeur du Groupe universitaire de recherche sur le médicament et, avant même son existence, ce professeur titulaire au département de biochimie de la faculté de médecine de l’I niversité de Montréal (UdM) était devenu l’un des scientifiques les plus reconnus au Canada et à l’étranger.Il a conduit pendant 17 ans.dans le laboratoire qu’il a mis sur pied à ITdM, des travaux fructueux qui lui valent de recevoir le prix Léo-Pariseau.RÉ(ilNALl) HARVEY Le Groupe universitaire de recherche sur le médicament I est apparu dans le decor l’an passé.Il réunit des chercheurs de divers horizons et disciplines et I vise rien de moins que la consolidation de l’industrie pharmaceutique montréalaise, d’où l’essor economique de la I région.D’un même élan, ce i regroupement de cerveaux planche I sur la découverte de médicaments | aptes à combattre les grands problèmes de santé actuels et à lutter contre des pathologies moins répandues, qui sont laissées pour J compte par d’autres, faute de profits faramineux à réaliser.Quant au professeur qui le dirige, il s’est passionné dès son enfance et son adolescence pour les sciences: «Je me suis toujours intéressé à celles-ci de façon generale d'aussi Urin que je puisse me souvenir » Deux professeurs du secondaire, qui enseignaient dans les disciplines de la biologie et de la chimie, ont par la suite provoqué son penchant pour la compréhension moléculaire des sciences de la vie et l’ont influencé dans son choix de carrière.L’acquisition du savoir Michel Bouvier décroche son diplôme d’études collégiales en sciences pures avant d’obtenir son baccalauréat en biochimie de l’Université de Montréal.De la, il continue de gravir les échelons du savoir «faifait un doctorat en sciences neurologiques auprès de quelqu 'un qui a fmé un rôk très important dans ma carrière scientifique, en l'occurence le docteur Jacques de Champlain, qui fut aussi récipiendaire du prix Léo-Pariseau; il a été mm directeur de thèse au nurment tnt il s’intéressait au amtrôle nerveux de la pressum artérielle et fai travaille dans son laboratoire durant quelques années à mieux comprendre les mécanismes de régulatùm de l'activité du système nerveux sympathique relatif à la pathologie qui est celle de l’hypertension artérielle.» D se penche alors sur l’aspect moléculaire de cette problématique sur le plan de la signalisation.Il se rend par la suite à la prestigieuse université Duke de la Caroline du Nord pour y suivre un stage de postdoctorat: «J'ai collaboré avec des sommités mondiales qui Seule la matière grise est inépuisable.L’UQAM félicite chaleureusement deux étudiantes qui s'illustrent en sciences naturelles : Virginie-Arielle Angers, laureate du Pnx ressources naturelles de l’Acfas M™ Angers poursuit son doctorat en biologie au Centre d'étude de la forêt + Maryse Labrtet lauréate du Pnx d’excellence de l'Académie des Grands Montréalais pour la meilleure thèse de doctorat dans la catégorie Sciences naturelles et génie.M™ Labnet est diplômée du doctorat en sciences de l’environnement uqam.ca UQÀM Prenez position * s interessaient ri la pharmacologie moléculaire, c'est-à-dire a la comprehension des cibles pharmaceutiques.donc des molecules qui sont normalement impliquées dins la signalisation cellulaire, mais qui peuvent être utilisées comme cibles pur les traitements thérapeutiques.» La carrière prend forme Fort de ce parcours enrichissant, il revient à l’Université de Montréal à titre de professeur et chercheur en 1989 et il met sur pied son laboratoire.«Au tout début, il y avait de l’angoisse, ce qui est en partie le sentiment qui habite un jeune chercheur qui démarré son labo.Jetais craintif après avoir quitte un endroit comme Duke où se retrouvaient à peu près 20 ou 25 chercheurs "ptistdoctoraux"et où.à chaque four, on était très stimule intellectuellement dans un milieu trà dynamique.» 11 s’est en quelque sorti' lancé dans le vide en ouvrant fa porte de son laboratoire: «Je disposais d une certaine somme d'argent pour demurrer et J'ai d’abord embauche deux personnes.On s'est retrouve à trois et c'est devenu rapidement très stimulant parce que la peur a disparu.pour faire place à l 'effervescence et à l'enthousiasme de demurrer quelque chose de nouveau, de mettre sur pied une équipe.» Il reçoit l’appui de ses collègues, qui lui prêtent les équipements nécessaires à la bonne marche de si recherche: «Il a été possMe d'investir dans k cerveau plutôt que dans k béton.» Rapidement, le laboratoire grandit et il atteindra sa maturité cinq ans phis tard, alors qu’une vingtaine de personnes s’y retrouvent.Ix's problèmes de eommunication Mkiiel Bouvier pose fa problématique de la nature des recherches qui se sont déroulées au fil du temps: «On essaie de mieux corn prendre la manure dont l’efficacite de la circulation est contrôlée.Dans notre système humain, im est composé de cellules et il faut qu 'il y ait une communication entre cellesei, sinon il n’y a pas d’unité de l'organisme; certaines cellules doivent dire aux autres quoi fiiirr et.dans Unit ccUi.il existe même une firme de hiérarchie: k système nerveux rrntnd est au sommet de cette dernière, et il dit aux différents tissus SOI Kv 1 Ai F,\S Michel Bouvier comment fonctionner.» 11 poursuit son explication: «Il y a la dis modes de communication qui existent, tout comme dans les sociétés humaintx si ces mikies se dérèglent, comme dans la société, cela cm’ des conflits ou dis problèmes qu on peut assixirr à des pathologies.» Cela et.uil jxise.il résiune ses in terventions: «Moi./'essaie de corn prendre comment res systèmes de cornmunication fimetionnent bien.qu est-ce qui se passe quand ils fine tiimncnt mal et pourquoi tel est k cas Je tente de savoir comment on peut intervenir arec des medicaments pour corriger ce dysfmetionncmrnt.» Avec son équipe, il se penche sui une famille de récepteurs lies aux communications, qui sont ceux couplés aux protéines G: «Celles-ci tin ment k plus gnirui cnscmNc de ciNes thérapeutiques et environ SO % des medicaments d'ordonnance ont pour cible un tel récepteur » Du lalxi h l'institut U- chercheur est tier de noinimi une realisation du faln» à laquelle a contribue un eollègw néphrologue, dans le cas du diabète «nephrogé-uiiuo* congenital ou diabète msipl i une maladie causée p,u le type de récepteurs en question: -On a rr-< «i le prMènte sur et plan et on a trouve une façon d'intervenir en ‘i.irmacologie pour restaurer la •.tion dudit mrpteur le timt fmi'-o’ine et amélioré grandement la "kiitum du patient.» l Luis ce cas, il si.cn.üc que c'est une maladie gene tique relativement rare jxiur faquol ic il est ditlictlo de convaincre une compagnie pharmaceutique d’in vestu llaboratoire a aussi connu du succès en termes technologiques, et dans le domaine de la classification des medicaments qui .rgissent sur les rêceptinrs, Quant à ce que l'aviiür lui reserve.Mk iiel IVhivxt ixissèdo un programme bien rempli: «Il y a plu stems piolets sur la table le labima-tonc leioindra au mois de mai un n si vil institut de I I dM.soit ctlui de la recherche en immunologie et en earn er; et il sera en mesure de "biiu-gc< " ijaviintage du tôte de cette mata die 1 cette tin, il disposent d'un non veau système de criblage pimr rrcon-naitn lis molécules sur place mime, et ilpissedcm île nouieaui outils chimiques permettant de mieux comprendre les systèmes biologiques, et qui pourront avoir un impart sur le dètkloppi-mmt dis molécules à activité thérapeutique.» De plus, à peu pri s tous les cliereheurs québécois reuvrant sur les récepteurs couplés aux protéines G seront regroupés bientôt au sein d’une même équipe |xmi menei un projet de recherche.I l bien sûr, pendant ce temps, le Groupe universitaire de recherche sur le médicament continuera de croître apres un ;ui d’existence.( idlnhonilcur ilu Devoir f *** \ » zsm mÆ \ jf r.Professeur Patrick Paultre Un professeur en génie civil remporte le Prix Adrien-Pouliot Le titulaire de la Ch lire v ¦ ¦ cherche du Canada en génie parasismique de l’Utuvei •.ité de Sherbrooke.Patrick Paultre.a reçu k- ; < / Adnen-Rouiiot.Cette récompense a été créée au printemps 2000 en l’honneur d’Adrien Pculiot.mathématicien, ancien président de l’Association canadienne française pour l’avancement des science-, (AC (AS) et détenteur de nombreuses distinctions françaivs Ce prix vise; à souligner l'excellence de »r ; jy réalisés en collaboration avec une personne ou un* équipé de la France qui ont des retombées autant en France qu'io, Le professeur titulaire au f est également le directeur en génie parasismique et e (CKGP) Les activités du C dynamiques de barrages, f.modélisation du comporte structures, a l'anal/se sismi essais pseudo-dynamique: laboratoire de structures département de génie civil .r entre de recherche n dynamique des structures 9 OP vent reliées aux essais ont s et bâtiments, â la ¦ment dynamique des que des structures, et aux avec mur de réaction au UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE www.USherbrooke.ca prix d’excellence de l’association des doyens des études SUPÉRIEURES AU QUÉBEC (ADESAQ) EN COLLABORATION AVEC LES TROIS FONDS QUÉBÉCOIS DE RECHERCHE Les Fonds québécois de recherche offrent leurs félicitations aux lauréats de l'édition 2006 pour la meilleure thèse de doctorat dans leur secteur de recherche respectif SCIENCES DE LA SANTÉ Monsieur Jeffrey A.M.Coull Université McCilt SCIENCES HUMAINES ET SOCMlFS ÇT IpTTBfS Madame J ode ne Baccus Université McGill SCIENCES NATURELLES ET GÉNIE Monsieur Bebzad Akbarpour Université Concordia Québec tondi â» i» '*
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