Le devoir, 5 octobre 2002, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DI M A N H E ti O < T O R K E 2 O O 2 MIME Nouvelles voies en vue Page E 3 CINEMA Frontière poreuse entre le vrai et le faux Page E 5 ?LE DEVOIR * Infatigable Snow BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Une région de l’art contemporain et du cinéma des 50 dernières années.» L’auteur de ces lignes qui traitent de l’artiste multidisciplinaire Michael Snow, Jean Gagnon, ne pourrait même pas être accusé de sombrer dans l’enflure.La métaphore géographique est juste.Michael Snow a touché à tellement d’aspects de la création contemporaine, le plus souvent avec une belle acuité, qu’il mérite de se voir comparer à une région entière pour cette sphère d’activité.Au FCMM, hommage lui est rendu.Le mot du directeur des programmes de la Fondation Daniel Langlois n’est pas excessif.Snow a réalisé des photographies qui ne cessent de nourrir les commentaires, des fdms considérés comme des pierres angulaires de l’avant-garde, des installations hautement estimées dans le milieu des arts visuels, comme les célèbres Walking Women, en plus d’avoir expérimenté l’holographie, d'avoir enregistré des albums en musique actuelle, etc.Dans les années 60, Snow, avec l’humour qu’on lui connaît, résumait déjà sa carrière en ces termes: «Mes peintures sont faites par un cinéaste, mes sculptures par un musicien, mes films par un peintre, ma musique par un cinéaste, mes peintures par un sculpteur, mes sculptures par un cinéaste, mes films par un musicien, ma musique par un sculpteur.qui parfois travaillent tous ensemble.En outre, mes peintures ont été en grand nombre faites par un peintre, mes sculptures par un sculpteur, mes films par un cinéaste, et ma musique, elle, par un musicien.» Le FCMM cherchera à arpenter une partie de cette région qu’est l’art de Snow.D’abord, une rétrospective de ses films est à l’affiche.En 1956, Snow réalise son premier film, A To Z, un court métrage d’animation.Ce sera cependant son Wavelenght (1967) qui vaudra au Canadien le titre de cinéaste important de Y «avant-garde américaine».Pour La Région centrale (1971), il fabrique avec un ingénieur un bras mécanique qui permet à la caméra de tourner dans tous les sens à des vitesses variables.Le film, propulsé par ce dispositif, fait fi de toute notion de début et de fin, de durée et de spatialité.Cette machine est devenue De la (1972), une installation qui sera présentée pour la première fois à Montréal, à la Cinémathèque québécoise.La rétrospective Snow ne sera donc pas que cinématographique.A la Cinémathèque, trois installations de l’artiste habitant Toronto seront en montre: Two Sides To Every Story (1974), une installation filmique, et Plus tard (1977), une installation photographique.Par ailleurs, aux Editions du Centre Georges Pompidou, à Paris, la Fondation Daniel Langlois, en coproduction avec Epoxy Communications, prépare un DVD-ROM intitulé Anarchive 2: Digital Snow, sur l’ensemble de l’oeuvre de Snow.Puisque cette somme est produite avec la même firme qui avait pondu, en 1999, le remarquable catalogue électronique de l’exposition Le Corps de la ligne.Les dessins d'Eisenstein, l’ouvrage risque de devenir un outil de prédilection pour quiconque tente de se retrouver dans cette œuvre touffue et remplie de références d’une œuvre à l'autre.Qui plus est, le FCMM sera l’hôte du tout dernier film de Snow, sur lequel il a travaillé pendant duc ans.Une longue élucubration loufoque sur le cinéma et sa matière même, le mouvement, Corpus Callossum, est à voir comme une foisonnante rétrospective par lui-même de l’artiste multiforme.Sans aucune narration, le film enchaîne les tableaux en continu selon un (faux) plan-séquence latéral, où toute la panoplie des manipulations digitales est explorée, toutes les défaillances de l’image intégrée à même les actions des personnages qui en sont affectés.Le film est présenté les 13 et 14 octobre, à 21h30 et 17h30 respectivement.& M M SOURCE: PC MM Ken Park de Larry Clark et Ed Lachman Faillite du rêve américain?Trois films dressent à travers des histoires liées au deuil le portrait d’une Amérique grégaire qui récolte les fruits de son ignorance dans la douleur et l’incompréhension.sans qu’il soit question des attentats terroristes contre le World Trade Center.MARTIN BILODEAU Choix de programmation ou caprice du hasard, trois œuvres au menu du Festival international du nouveau cinéma et des nouveaux médias (FCMM), qui s’ouvre jeudi, illustrent avec intelligence et éloquence la faillite du rêve américain.A leur façon bien différente, les documentaires Bowling à Columbine et The Execution Of Wanda Jean, de même que le long métrage de fiction Ken Park dressent à travers des histoires liées au deuil le portrait d’une Amérique grégaire qui récolte les fruits de son ignorance dans la douleur et l’incompréhension.Dans aucun de ces films il n’est question des attentats terroristes contre le World Trade Center.Outre le film de Moore, qui a glané quelques images en sol canadien afin de colliger quelques assertions sur la paranoïa américaine, l’élément étranger, dans cet échantillon, est inexistant.Par conséquent, la menace à la sécurité publique, en cause dans les trois films, est intérieure: Wanda Jean Allen, dont la réalisatrice Liz Garbus (The Farm) a suivi les démarches à la suite de son appel à la clémence concernant la sentence de mort prononcée contre elle en 1988, avait abattu son amante d'une balle de revolver; l’ado répondant au nom de Ken Park s’est suicidé en retournant un fusil contre lui dans les premières minutes du film éponyme signé Larry Clark (Bully) et Ed Lachman; la tuerie survenue en 1999 à l’école secondaire de Columbine, à Littleton, Ohio, a donné à Michael Moore l’impulsion de faire ce brillant film-enquête sur l’obsession des Américains pour les armes à feu.Une Amérique aliénée Bowling à Columbine est un pamphlet contre l’arrogance, l’ignorance et la suffisance des autorités américaines, incapables tie contrôler l’épidé mie de violence qui sévit aux Etats-Unis ou même d’ensabler les rouages de la puissante National Rifle Association (NRA), organisation qui s’oppose publiquement à toute législation visant à limiter ou contrôler le port et l’usage d’armes à feu dans ce pays où 11 000 personnes meurent par balle chaque année.Réalisé dans une continuité quasi rituelle de Roger And Me et The Big One, avec moult coups de gueule et suremploi de la caméra-bélier, Bowling à Columbine fait une pop-psychanalyse de la société américaine, dont le principal enjeu serait sa culture de la peur, administrée aux enfants dans les écoles et relayée aux adultes par des médias crédules.VOIR PAGE E 2: FAILLITE .* L K IJ K V 0 I K .LES S A M EDI 5 ET DI M A \ I H E 6 OCTOBRE 2 O I* 2 FAILLITE SUITE DE LA PAGE E 1 C’est sur cette culture que la NRA fonde son emprise, promouvant l’idée que le port d’armes, tel que défendu par un article du deuxième amendement de la Constitution, constitue le dernier rempart à la sécurité individuelle des citoyens.Ne faisant ni une ni deux devant cette rhétorique obstinée, sourde aux statistiques accablantes et insensible aux drames personnels que celles-ci sous-ten-dent, Moore démonte l’engrenage de la violence dans lequel l'Amérique est prise, déclinant à rebours chacune des étapes depuis le coup de feu tiré jusqu’à la misère intellectuelle et économique dans laquelle vivent la plupart des auteurs d’homicides.Moore dépeint une Amérique aliénée, isolée du reste du monde, dont il dissèque plus en détail les travers dans Stupid White Man, un essai-choc qui paraîtra sous peu chez Boréal.Malgré un ton et une facture diamétralement opposés à Bawling à Columbine, The Execution Of Wanda Jean s’inscrit dans le prolongement spirituel du film de Moore.A la suite des appels à la clémence lancés par la jeune meurtrière pendant les trois derniers mois de sa vie, Liz Gar-bus (The Farm) expose avec-une indignation contenue l’intransigeance du système judiciaire de l’Oklahoma où, depuis 35 ans, aucun condamné à mort n’a, été gracié.A travers une série de portraits morcelés de la famille de Wanda Jean, les dédales juridiques et l’épuisement des recours (dont la compréhension est facilitée par la participation active des avocats de Wanda Jean), le film regarde le fossé s’agrandir entre les tenants et les adversaires de la peine de mort, entre la rigidité du système et la complexité de l’expérience humaine.Ken Bark nous ouvre pour sa part à des zones plus floues.Le théâtre est celui d’une banlieue californienne de classe moyenne où quatre adolescents croisent le fer avec leurs parents, ^iu sens propre et au sens figuré.A un environnement aseptisé, policé, hypocrite, peuplé de gens mesquins qui rêvent de régler leurs griefs devant Judge Judy, les coréalisateurs Larry Clark et Ed Lachman opposent une jeunesse en apparence aussi aliénée, a la différence qu’à mesure qu’avance l’intrigue micro-événementielle tissée de désirs refoulés ou exultés, les quatre jeunes révèlent une véritable pureté de sentiments et d’intentions.Une pureté dont les cinéastes font leur deuil par anticipation, érigeant Ken Park, l’ado suicidé, en symbole de la mort inéluctable de toutes les illusions de la jeunesse.Ces personnages inventés ressemblent comme des frères et des sœurs aux adolescents morts à Columbine.Wanda Jean aurait pu être la cousine défavorisée de l’un d’eux.Il est des hasards qui ne s’inventent pas.les billets pour toutes les séances sont mis en vente dès ce matin, llh, au guichet d’Ex-Centris.Info-Festival (514) 847-1242 ou .FCMM Du 10 au 20 octobre Ex-Centris, Cinéma du Parc, Cinémathèque québécoise SOURCE FCMM Le réalisateur Michael Moore.«Le jeu des comédiens ^'^rœmarCabië^lîs rendent bien d'une maîtrise et d,une P | 1 s personnages.» la dimension égrillarde du roman ^ tloutier, La Presse , •.« faif ne ce conte philosophique l-l un spectacle «Cristma lovita a tait de r valeur l'art du ]eu.» vivant et très baroque qui met en * Marie tabrecque, Voir I l C'est plein «Un spectacle festif, X'rjt "erfïïne distribution impec- rl'intelliaence, de vivacité et ci espru.i-i ob"u ~ oW ~ Diderot's come gloriously alive Matt Radz> r/ie Gazette E E —* Culture ?- Vues pour vous au FCMM MARTIN BILODEAU Le menu du Festival international du nouveau cinéma comporte, entre autres, 74 longs métrages en provenance d’une cinquantaine de pays.Les billets pour toutes les séances étant mis en vente ce matin, voici quelques repères afin de vous aider à mieux vous y retrouver.PARLE AVEC ELLE Réalisé dans la continuité de Tout sur ma mère, ce nouvel opus remarquable de Pedro Almodovar sur l’amitié inusitée de deux hommes accrochés au chevet de deux femmes dans le coma nous emmène à la frontière du possible, où le hasard est maître.BOLLYWOOD- HOLLYWOOD La Canado-Indienne Deepa Mehta nous propose avec cette fiction au titre de documentaire une comédie sans ressort et surfaite, réalisée dans la tradition des feuilletons produits en série à Bombay.EXXXORCISMS Difficile de succomber à ces retrouvailles de deux amants de jeunesse, l’un mort, l’autre vivant, tant la mise en scène kitsch du Mexicain Jaime Humberto Hermosillo, avec son carnaval de plans-séquences et ses élans lubrico-tantastiques, inspirent la distance, sinon le rire.LA MOINDRE DES CHOSES Morceau de choix dans l’hommage rendu par le festival au docu-mentariste françah; Nicolas Philibert (dont l’inédit Être et avoir), ce très bel éloge à la différence a été tourné il y a cinq ans dans un institut psychiatrique atypique.Prix du public au FCMM en 1997.ISABELLE HUPPERT, UNE VIE POUR JOUER Le journaliste et critique de ciné- sou kce FCMM Ararat, d’Atom Egoyan.Un véritable puzzle narratif mais aussi, et c’est dommage, un puzzle d’intentions un peu lourd.ma Serge Toubiana nous offre, avec ce portrait de la muse de Chabrol, l’un des plus beaux films jamais réalisés sur le métier d’acteur.Robert Morin (Requiem pour un beau sans-cœur) nous fait vivre un percutant face-à-face avec une bande de ploucs livrant l’un après l’autre leur version des circonstances ayant mené à la mort d’une voisine.Un film dur, dur à regarder.THE SEA Rompant avec l’humour et la simplicité de 101 Reykjavik, l’Islandais Baltasar Kormakur revient avec un psychodrame familial dont l’action est artificiellement propulsée par une chaîne de révélations.Fête de famille, de Vinterberg, en disait plus, et meux.L’HOMME DU TRAIN A qui veut renouer avec le Patrice Leconte ludique du Mari CAROLINE HAYF.UR Le Nèg\ de Robert Morin.de la coiffeuse et de La Fille sur le pont, cette fable façon western noir qui raconte le tête-à-tête inusité entre un braqueur de banques (Johnny Halliday) et un instituteur à la retraite (Jean Rochefort, excellent) s’adresse FAR FROM HEAVEN Todd Haynes signe là une brillante fausse fantaisie douce-amère inspirée du cinéma de Douglas Sirk.Fassbinder aurait détesté, mais bon, les absents ont toujours tort.11’09”01 Onze cinéastes (dont Samira Makhmalbaf, Danis Tanovic, Idrissa Ouedraogo et Alejandro Gonzalez Inarritu) impressionnent sur la pellicule l’effet qu’ont produit sur eux les événements du 11 septembre 2001.Un collage inégal mais tout de même quelques morceaux de bravoure, dont l’opuscule de Loach, grandiose.LA TROPICAL Prenant pour prétexte le portrait d’une populaire boîte de nuit de La Havane, le cinéaste-photographe David Turnley dessine en noir et blanc, clairsobscurs et contre-jours celui d’une société cubaine à la croisée des chemins.LA VIE NOUVELLE s.'ac I 1 l> I M A N { H E )i (t l O R R K 2 O O 2 K ;i full ure- THEATRE Mimes à la mer ! Une étrange expérience de mime à douze voix JACQUES GRENIER LE DEVOIR L’équipe d’Omnibus, dans l'ordre habituel, posant fièrement devant le nouvel Espace libre: Jacques Leblanc, Denise Boulanger, Jean Asselin et Francine Alepin.Festival Les Voies du mime Uart du corps Le commun des mortels ne connaît pas grand-chose du mime.Une fois évacuées les images du laveur de vitres invisibles vêtu d’un collant et d'un chandail rayé noir et blanc, il reste Marceau, Marcel de son prénom.Marceau qui, selon Jean Asselin du groupe Omnibus, «a promené l’image du mime fleur bleue à travers le monde» et qui en a aussi été «le fossoyeur».Etienne Decroux, ça vous dit quelque chose?Voyage à travers un monde marginalisé, «qui parle le langage du corps» et dont «le meilleur est à venir».MICHEL BÉLA IR LE DEVOIR Jean Asselin est un homme fort occupé par les temps qui courent.Depuis presque un mois, il se transforme en Keane six soirs semaine sur la scène du TNM.Et le jour, il intègre morceau par morceau, comme tous les gens d’Omnibus, les nouveaux locaux de la compagnie dans un Espace libre réinventé.Jean Asselin, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, incarne un peu l'histoire du mime à Montréal, lui qui fondait Omnibus il y a 32 ans déjà avec Denise Boulanger — Francine Alepin et Jacques Leblanc les rejoignirent rapidement Jeune comédien à La Roulotte, il travaille avec Paul Buissonneau, joue un peu partout, fonde sa compagnie, se retrouve en France chez Decroux, puis revient ici.Jean Asselin est un explorateur.On ne pouvait trouver meilleur moment pour le rencontrer puisque l’école montréalaise du mime vit des heures exaltantes avec la tenue de cet Acte II du festival Les Voies du mime — le premier avait eu lieu en 1998 en hommage à Etienne Decroux — installé à l’Espace libre depuis une dizaine de jours.Un art marginalisé Les Voies du mime, c’est quatre spectacles, dont un double, quatre compagnies, deux continents et une parade.Le tout a d’abord débuté le 23 septembre avec Intérieurs Femme, une production d’Omnibus qui prend fin ce samedi.C'est le spectacle double puisqu’il réunit deux créations — Fil de soie de Denise Boulanger et Êphéméride de Francine Alepin — sous un même titre.Dans quelques jours, le festival accueille trois troupes étrangères.Le Teatro linea de Sombra de Mexico présentera Galeria de Moribundos du 7 au 9 octobre alors que le Théâtre du Mouvement de Paris s’amène avec Le Chant perdu des petits riens, du 10 au 12 octobre.En grande finale, du 15 au 19 octobre, l’Odyssée de Périgueux se joint à tout le monde dans Latitudes croisées, une sorte de création collective mise en scène par Francine Alepin (voir notre autre texte en page E ).«Francine est l’âme de ce festival qui met en relief le métissage du mime à travers des cultures différentes.Elle en est le maître d’œuvre», tient à préciser Jean Asselin.Pour ce qui est de la parade, la dernière aura ce lundi 7 octobre alors que 11 citoyens reliés par une bande de tissus fixée au bout de perches télescopiques «en une sorte de nuage flottant» traverseront le complexe Desjardins et la Place des Arts.Bon.Donc: festival de mime.International, même.Comme si le mime, ça faisait courir les foules?Jean Asselin sourit.«Evidemment non.Nous jouons parfois devant des salles pleines, mais aussi devant des salles vides.Le mime est marginalisé: c'est un art paria.Les gens ne savent pas vraiment ce que c’est: ils pensent aux mimes de rue, à Marceau.Alors que le mime, c’est un art tout jeune que le public n ’a pas encore apprivoisé.Un art où le corps porte le sens de la parole à travers une rigoureuse philosophie du jeu inspirée d’Étienne Decroux.Decroux qui a inventé le mime, qui a défini des procédés poétiques pour remplacer la parole, une démarche qui remet en question toute la pratique théâtrale.» Decroux aussi avec lequel Asselin a travaillé pendant cinq ans, avec toute son équipe de 1972 à 1977.«Au centre du travail d'Omnibus, en droite ligne avec le travail de Decroux, il y a l’acteur, le corps de l’acteur.C'est le corps qui fait sens.Le mime mime la vie, même quand il dort! Parce que son corps est à la fois acte et verbe.Il n’est plus question de cet “art du silence" comme on disait dans les années 50: le mime, c’est l'art du corps.Ce qui rejoint tout à fait la mouvance actuelle.Il y aune mouvance mime, par exemple, dans la nouvelle danse.Pour moi, Pina Bausch a révolutionné la danse moderne en s’inspirant des mêmes principes; je la vois plus comme un mime que comme me danseuse.» Jean Asselin aime bien parler de «transversalité des arts» pour expliquer ce brassage d’approches artistiques et d’influences diverses qui métissent aujourd’hui l’esthétique des trois principales «écoles» du mime qui se partagent la plané te.Celle de Montréal inscrit une mouvance plutôt théâtrale dans ses spectacles alors qu'à Paris, par exemple, on penche plus du côté de la danse.L’état du réseau Ce qu’il y a de très clair, c’est que le mime a changé au cours des 30 dernières années.Beaucoup.Les compagnies que l’on trouve dans les grandes capitales européennes développent des approches fort différentes.Mais toutes, elles .sont issues de l’enseignement d’Etienne Decroux.L’une d’elles, plus orthodoxe (celle de Londres), a reconstitué minutieusement pendant 20 ans les spectacles montés par Decroux de sorte que même les mimes de la relève peuvent visualiser concrètement son travail.Partout pourtant, le constat est le même: le mime est un art jeune, un art de la marge.Mais les choses évoluent.Les spectacles se multiplient, les approches se diversifient, la création s’affirme partout différente.«Le meilleur est à venir», dit Jean Asselin.Durant ces Voies du mime, les gens verront des choses neuves, différentes.Le futur du mime en quelque sorte.Ici à Montréal, Omnibus a développé un impressionnant répertoire de quelque 45 créations en s’intéressant beaucoup à Shakespeare et en connaissant même quelques succès populaires comme La Cèles-tine il y a quelques années.La compagnie Omnibus qui s'installe dans le nouvel Espace libre est une compagnie bien vivante, axée sur la création, la recherche et l’enseignement En plus d'y présenter deux spectacles, elle coproduit le festival avec l'Ecole de mime, une initiative d’Omnibus par laquelle sont passés 2500 élèves en 25 ans.«Une école construite à l’huile de bras, sans subvention», précise Asselin.«Parce que nous croyons à notre art» Il y croit teDement d’ailleurs, que la compagnie met la touche finale à un cédérom qui s'intitulera Le Corps à l’ère des lumières.«On y trouvera tout l’enseignement d'Omnibus, raconte Jean Asselin.Toute notre approche, notre philosophie, notre japon de travailler un spectacle que nous développons depuis 32 ans.Nous prévoyons aussi en verser une bonne partie sur notre site Internet.» On peut se faire une idée du type d’énergie qui fait scintiller les yeux du sieur Asselin en visitant le site de la compagnie (wwui.mi-meomnibus.qc.ca/index.html) ou, même si vous prenez le risque de plonger dans l’inconnu, plus simplement, en assistant au festival à l’Espace libre.LES VOIES DU MIME A l’Espace libre Jusqu’au 19 octobre (514) 5214188 Francine Alepin.de la compagnie Omnibus, est le maître d'oeuvre d’un spectacle-objet volant mal identifiable: Latitudes croisées.Plutôt flottant, le spectacle, puisqu'il réunit sur un bateau voguant en une étrange croisière trois compagnies de mime autour du texte absurde d’un juif sépharade complètement sauté.Attachez vos ceintures.MICHEL BÊLAI R LE DEVOIR Au téléphoné, Francine Alepin réussit à accrocher de grands morceaux de sourire dans sa voix.Comme si elle faisait se matérialiser des points de repère dans son discours.Comme si elle voulait rendre ainsi plus concrète «l'entrevue téléphonique avec un mime».Elle a beaucoup voyagé, Francine Alepin.Membre d’Omnibus depuis sa fondation, elle 3 aussi travaillé avec le mythique Etienne Decroux pendant les années 70.Dans le cadre du festival Iajs Voies du mime, elle a mis les bouchées doubles en interprétant une de ses pièces, Êphéméride, et en coordonnant la création de iMtitudes croisées, une expérience bizarroïde dans laquelle Mexicains, Français et Québécois se retrouvent sur un bateau au milieu de l'Atlantique.4x4x4 Ce latitudes croisées qui prendra l’affiche de l’Espace libre en conclusion du festival, plus tard en octobre, est une sorte de défi en soi puisqu’il combinera les esthétiques de trois mouvances du mime.Francine Alepin a d’abord été l’incarnation physique du projet en se rendant travailler en atelier avec ses collègues français et mexicains.Elle en a tiré une trame commune, une sorte de synopsis à partir duquel les trois partenaires ont continué à travailler.Quelques mois plus tard, cela donne une société sous observation.En huis clos, au beau milieu de l’Atlantique: quatre Mexi- cains.quatre Français, quatre Québécois.microcosme de comportements, d’attimdes et de cultures.Justement.Comme moi.la chose vous intrigue peut-être: le mime mexicain doit s’inspirer de traditions différentes, non?S’incarner dans une esthétique particulière?Encore là, Francine Alepin est une ressource inépuisable.Elle revient d'une residence de cinq mois au Mexique, où elle a travaillé avec la compagnie de Jorge A.Vargas, le Teatro Linea de Sombra, qui participe au festival.«Il faut d'abord dire que Mexicains.Français et Québécois pratiquent le mime selon la meme technique, celle de Decroux.Mais ils le font de façon différente selon leur culture, leur formation et leur intérêt.Au Mexique, on insiste beaucoup sur le traiail du texte.Le spectacle qu ’on verra ici, Galeria de Moribundos, repose sur une analyse textuelle très serrée de cer tains personnages de Beckctt: on y retrouvera son cynisme et son humour sombre.habilles à la mexicaine.L'imagerie mexicaine est très forte: la mort i-st très priscnte.menaçante.On sent les references aux anciennes civilisations mexicaines, les archétypes prennent fnsque la firme des squelettes et des tètes de mort qui luintent la scène.» lit cela se traduit dans le corps aussi, puisque nous parlons toujours de mime?«Cela se traduit par une gestuelle très dessinée dans le corps, reprend notre voyageuse.Is pathos n 'est filmais très loin: on sent le banique qui vient comme décorer une sorte de catastrophe menaçant constamment.On a toujours l'impression que tout va s'écrouler.C'est un monde finalement très proche de l'univers d’Elias Canetti.» VOIR PAGE E -t: ALEPIN Francine Alepin JACQUKS GRENIER I.E DEVOIR DU T' AU 26 OCTOBRE 2002 MARGUERITE DURA Mise en scène Patricia Nolit^ Avec Janine Sutto et Monique Spaziani Concepteurs.: Claude Lemelin, Raymond Marius Boucher, François Barbeau, Stéphane Jolicoeur, Alain Jenkins.Représentations du mardi au vendredi 19h30 • samedi 16h et 20h30 Réservations (514) 844-1793 www.rideauvert.qc.ca Abonnements disponibles : (514) 845-0267 Centre des auteurs dramatiques GAGARIN WAY de Gregory Burke traduction française d'Yvan Bienvenue mise en lecture de Michel Monty I'm a troublemaker.I like causing trouble.It's my hobby.I think it's important tay have a hobby.keeps you out ay trouble.» LECTURE PUBLIQUE Lundi 7 octobre 2002 à 20 h UN SUCCÈS fulgurant au royaume-un» Entrée libre.Réservez vite! 514.523.2246 www.cead.qc.ca Québec SS LA LICORNE «SS».WHItAV MONT*t»i.9C ct> r\ Hydro VX», Québec a Amch*0a Axtrai Medtn 1*1 .•‘The •* Britwh ’.Council LE DEVOIR MaoeMoisELLe EHeeii Font dix sous de lisertÉ D’Erik Charpentier mise en scène Jean-Frédéric Messier assisté de Jean Gaudreau avec Mâche Limonchik I Miro I Didier Lucien I Han Masson I Julien Poulin I Stéphane Demers I Luc Bonin les concepteurs Marie-Claude Pelletier I Sonoyo Niahikawa du 17 septeMere au 12 ocroere 2002 une création du Théâtre d’Aujourd’hui EN COLLABORATION AVEC a* Hydro Québec « Une table, une vraie.Avec, en prime, des clans de poésie, des allures de cartoon.Et de l ean.Tombant du ciel, montant du sol.Alors, plongeons ! » , .: JOURNAL DE MONTRÉAL « .une expérience dépaysante, enveloppante.» I A PRESSE « Imagination séduisante, décor éclaté [.J bons acteurs, mise en scène allumée.Très agréable, intelligent.» MONTRÉAL EXPRESS SRC « Dépaysement garanti (.] un voyage pas banal gui vaut le coup d œil.VOIR « .nous plonge dans les scintillements et les clapotis.I.,| tout ce qu'il taut pour faire rêver les plus terre-à-terre.» LE DEVOIR 3900, rue Sairt-Oems (Métro Sherbrooke) Montréal I (514) 282-3900 I www.thealredauiourdhui.qc.ca i orection René RichardCyr.Jacques Vézina.Giee Renaud 9 Lis Avis du Mourier LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DIM A N C H E 6 O C T O B R E 2 0 0 2 K 4 * Culture * ALEPIN SUITE DE LA PAGE E 3 Un portrait troublant Elias Canetti est un personnage étrange.Dramaturge, poète, romancier, essayiste même, c’est un inclassable juif sépharade qui a traversé le siècle de 1905 à 1994.Sur le petit monde en huis clos perdu au milieu de l’Atlantique de Latitudes croisées, on rencontrera une série de personnages créés par Canetti dans un petit recueil de 50 per-sonnages portant ce titre: Le Témoin auriculaire.«L'absurde de Canetti se rapproche beaucoup de celui de Tardieu et d'Ionesco, explique Francine Ale-pin.Mais il repose aussi sur un érotisme troublant et sur des personnages obsessifs, de sorte que son écriture passe facilement par le corps.On retrouvera ici, par exemple, l’étrange personnage du Mordeur de maison, une version à peine déformée du Grand Séducteur.Au total, il y aura onze personnages interagissant de façon de plus en plus bizarre.Douze plutôt, le dernier étant.une bouche d'aération en métal.» (Rires à peine contenus.) Le spectateur, lui, sera le témoin-voyeur d’une petite société recréée presque in vitro.«C’est un portrait de société assez troublant, reprend Alepin.Un portrait sarcastique, oui, mais empreint de tendresse, d’une sorte d’humanisme grinçant qui nous renvoie à notre propre imaginaire.L’action est située quelque part à la fin des années 20, qui ont connu la montée du nazisme et du fascisme.Et, comme par hasard, les personnages deviendront peu à peu amnésiques, refoulés, repliés sur eux-mêmes, alors qu 'ils développent entre eux des comportements de plus en plus maniaques.» Du douzième personnage, cette immense bouche d’aération comme on en voit sur les gros navires, j’ai réussi à comprendre qu’il sert aussi à rythmer l’ensemble du spectacle en balançant des musiques d’atmosphère, des mes-, sages et des aphorismes tirés de l’œuvre de Canetti.Soulignons enfin que l’œuvre a été créée en juillet dernier, en France, et jouée une seule fois lors du festival Mimos de Périgueux.Après Montréal, Ixititudes croisées prendra la route pour l’Iîspagne (en octobre), la France (en novembre) et le Mexique (mars 2003).Tout laisse présumer qu’elle pourra vous faire oublier les clichés que font surgir le seul mot «mime», Marcel Marceau et même Bruno Blanchet et son personnage ridicule de mime plate.LATITUDES CROISÉES Création gesjuelle à partir de textes d'Elias Canetti Conception: Francine Alepin, , Yves Marc et Jorge A Vargas A l’Espace libre du 15 au 19 octobre DANSE Sonya Stefan et Pierre Lecours dans Courage mon amour, de la chorégraphe Hélène Blackburn.ROLLINE LAPORTE Cultiver la fraîcheur du regard Courage mon amour porte la marque d’une nouvelle direction empruntée par la compagnie d’Hélène Blackburn, Cas public.FRÉDÉRIQUE DOYON On ne peut pas se le cacher: dans les parcours artistiques, il y a des hasards et des effets de mode.La chorégraphe Hélène Blackburn le reconnaît et l’assume entièrement: «Je ne crois pas beaucoup à la nouveauté», dit celle qui, dans les années 80, allait, avec sa démarche enracinée dans le vocabulaire classique, à contrecourant du minimalisme et de la théâtralité sombre qui dominaient la scène de la danse.Aujourd’hui, les formes d’expression chorégraphiques s’étant multipliées, elle entre dans le courant avec joie.Si la nouvelle pièce Courage mon amour ne fait pas exception dans l’œuvre de Blackburn, déversant toujours sa fougue caractéristique à travers la forme quasi compulsive du duo, elle porte la marque d’une nouvelle direction empruntée par sa compagnie.Cas public.On a la vague impression de ne plus l’avoir vue depuis la reprise d'incarnation, en l’an 2000.Pourtant, une création importante d’Hélène Blackburn a connu un succès insoupçonné en 2001.Créée pour le jeune public, un créneau encore peu développé du côté de la danse au Québec, Nous n ’irons plus au bois a ouvert un nouvel horizon VOYAGE DANS (.’INFINIMENT GRANDET L'INFINIMENT PETIT.«.entre le conte de fees et le traité scientifique.» The New York Times «.pièce émouvante (.) à haute teneur poétique.» Le Devoir «.véritable feu roulant d'images évocatrices qui vous happent.» «Un bonheur du début à la fin.» La Presse % O VERTIGO Éeitiwal c)ar\(e un une chorégraphié de Ginette Laurin (0 Vertigo) pour Cas public, triplant le nombre de ses représentations annuelles et, par le fait même, l’intensité du travail.«Notre rapport à la danse était en train de changer, explique la chorégraphe.Doubler le nombre de semaines de travail en peu de temps, c’est l’fitn, financièrement, mais c’est exigeant pour le corps.Ça nous a amenés à nous questionner: pourquoi, compte tenu de toutes les conditions difficiles, on continue à exercer ce métier-là?» C’est cette grande question qui a nourri la création de Courage mon amour.La prise de parole des danseurs Pour y répondre, Blackburn donne littéralement la parole à ses danseurs, simplement et spontanément Un risque qu’elle n’aurait pas pris si elle n’était pas passée par la création jeune public, là «où il n’y avait pas d’attentes», souligne-t-elle.La terre vierge ainsi offerte par le créneau jeune public l'encourage à cultiver cette même fraîcheur du regard pour créer Courage.La prise de parole des danseurs, que la chorégraphe appelle «les déclarations», survient donc à trois moments distincts dans la chorégraphie.À l’exécution des gestes se joint ainsi l’énoncé de leur motivation profonde, de la grande joie qu’ils procurent et, parfois aussi, de la souffian-ce qui leur est inhérente.«Les réponses sur scène sont un peu le résultat de mes réflexions et de celles des danseurs, explique-t-elle.Ils disent des choses très touchantes, comme l’omniprésence de la douleur: comment le fait d’avoir mal conditionne leur vie.C’est une chose occultée en danse.Alors, on voit soudain les humains derrière les superdanseurs.On ne peut plus les voir comme de simples athlètes du corps poétique.» Traduites dans le langage signé propre aux malentendants, puis transformées en un objet esthétique, ces déclarations servent aussi de point de départ au mouvement afin d'en arriver non seule- 9 ?12 OCTOBRE 2002.20 h MONUMENT-NATIONAL 1182, bout Saint-Laurent 514.871.2224 *21514.790.1245 www.festivalnouvelledanse.ca Pour l'horaire compl consultez Quebec SS Ave* « partiaplMon Of CanadS coproduction 0 Vertigo, luzemtanz am luzernertheater, FIDO 0 LtMVW arrv TM QuNm Le Devoir ment à une danse parlée mais à une «parole dansée».«Dans le langage signé, il y a des concepts très évidents qu’on retrouve dans les gestes du quotidien, explique Hélène Blackburn.Et il y en a d’autres plus symboliques.On s’amuse donc avec le sens premier des gestes, qu’on déconstruit.» Tout en évoquant, avec sa passion habituelle, la richesse de ce procédé, la chorégraphe est bien consciente de l’effet de mode dont il est l'objet «Je vois chez beaucoup de chorégraphes le besoin de parler de leur danse, de communiquer ce qui est vécu de l’intérieur au public, rapporte-t-elle.J’ai vraiment l’impression de m’inscrire dans un courant par rapport à cela.» Mais la chorégraphe ne se laisse pas intimider par le culte de l’originalité auquel se voue l'art contemporain, la redite et les courants étant selon elle inéluctables.«Je n’ai pas le besoin de me sentir unique et innovatrice, s’exclame-t-elle.Je fais la danse que j’aime voir.Je suis le premier public de ma danse.» L’important, après tout, est de suivre l'inspiration qui la guide et fait son succès depuis ses Suites furieuses, en 1995.«Ce qui m'intéresse, confie Blackburn, c’est comment la danse devient expression, comment son vocabulaire, par essence abstrait, peut tout à coup donner une émotion et un sens aux gens.» Pour accompagner ce double langage du corps et de l’esprit dans Courage mon amour, la chorégraphe amène la musique directement sur scène grâce à une collaboration avec l'Ensemble contemporain de Montréal.Interprétant des partitions choisies d’Ana Soko-lovic, d'André Ristic et de Nicolas Gilbert, deux violonistes donneront la réplique aux danseurs «pour le plaisir de voir évoluer en parallèle la musique et la danse», explique simplement Blackburn.En première partie de spectacle, Pierre Lecours, jeune chorégraphe prometteur qui est aussi interprète au sein de Cas public, présente L’Hérésie, une adaptation de L’Hérétique, programmé à Tangente en décembre 2001, qui touche à «l’essence de son questionnement sur ce qu 'est un homme par rapport à ce qu’est un femme, et sur l’omniprésence de la sexualité dans sa génération», promet Blackburn.Cette invitation fait partie du virage amorcé par Cas public.En voie de devenir une compagnie à répertoire, Cas public tend la main à la jeune génération de chorégraphes en offrant du même coup une variété d’expériences à ses danseurs, qu’une seule vision artistique ne peut, selon toute évidence, combler.«Si on veut que la danse continue d’être un art aussi vivant et vibrant à Montréal, affirme haut et fort Hélène Blackburn, il faut qu’on s’investisse et qu’on trouve des moyens originaux de partager les ressources.» Après le courage de ses danseurs, voici qu'elle appelle celui de toute une génération de chorégraphes.COURAGE MON AMOUR De Hélène Blackburn et Cas Public Du 9 ap 12 et du 16 au 19 octobre A l’Agora de la danse CINÉMA Sa femme en est une.Entrevue avec Yvan Attal, le cinéaste de Ma femme est une actrice MARTIN BILODEAU Il avait un peu disparu des écrans depuis Les Patriotes.Vojlà quYVan Attal, l’acteur fétiche d’Eric Rochant, César du meilleur espoir masculin millésimé 1989 et depuis peu, voix française de Torn Cruise, revient à l’avant-scène avec Ma femme est une actrice, une comédie allenienne qu’il a lui-même écrite et réalisée.L’acteur s’est par ailleurs réservé le rôle principal, celui dYvan, un journaliste parisien follement épris de Charlotte Gainsbourg, conjointe d’Attal à la ville, à laquelle il a confié à l’écran le rôle.de sa conjointe, une vedette de cinéma qu’il craint de voir lui échapper aux mains d’un séducteur anglais (Terence Stamp) avec lequel elle est partie tourner un film à Londres.«C’est T histoire d’une femme qui met dans la balance l’amour de sa vie et le deuxième amour de sa vie, sa passion pour le cinéma», me racontait Yvan Attal au lendemain de la première mondiale de son film, l'année dernière à Toronto.En France, le couple Attal-Gainsbourg est mythique, aussi le danger d’en dire trop, même par accident, a dû être soigneusement évité.«Je ne suis pas le Yvan qu’on voit à l’écran, je ne harcèle pas Charlotte comme mon personnage le fait à l’écran.En revanche, ce personnage, c’est moi, dit-il.Il y a plusieurs façons de faire l’acteur.Il y a celle où on enlève un masque, il y en a une autre où on se fait son propre masque.Je pense que dans ce film, le travail consistait, pour moi comme pour Charlotte, à enlever nos propres masques et à rompre avec l’image qu’on projette.» Lui qui a jusqu’ici projeté l’image d’un homme sombre, grave parfois, s’ouvre avec ce film à un registre comique dans lequel on ignorait qu’il pouvait exceller.Sa petite histoire professionnelle, pourtant, nous révèle qu’il y a eu méprise depuis le début.«J’ai beaucoup fait de comédie pendant mes années d'apprentissage et, bizarrement, tout le monde se moquait de moi quand je m’essayais à des choses plus dramatiques.Puis, le cinéma m’a confié pendant 15 ans des choses très sérieuses à jouer, de sorte que le public m’imagine mal faire autre chose.» Du défi au pari A titre d’acteur, Ja comédie représente un défi.A titre de met-teur en scène, le défi devient pari.A 37 ans, ce natif de Tel-Aviv, qu'on a découvert en pote décalé d'Hippolyte Girardot dans Un monde sans pitié de Rochant, a eu envie de le relever et de saisir du même coup l’occasion de jouer un rôle intéressant.«Je n’ai pas du tout fait ce film comme un acteur qui s’écrit un rôle afin d’apaiser une frustration.J’ai écrit ce film parce que j’avais envie de passer à la mise en scène.J’aurais pu ne pas jouer dans mon film, mais le sujet me donnait l’impression que c’était à moi de jouer ce rôle.» La Femme de l’année, mettant en vedette le tandem Hepburn-Tracy, est, dit-il, un de ses films préférés.L’œuvre de John Cassavetes, de Billy Wilder, comble le cinéphile en lui.Cela dit, avec ses névroses et ses obsessions jalouses, son alter ego fait évidemment penser à Woody Allen, un metteur en scène qui l’a beaucoup influencé au moment de crier «moteur».«Il s’est banalisé aux yeux de certains parce qu'il tourne beaucoup, mais il reste l’un des rares metteurs en scène dont j’ai vu tous les films.» Pendant que nous étions attablés devant un café, Charlotte Gainsbourg, dans sa suite, se faisait maquiller en prévision de la conférence de presse au profit de laquelle Attal allait bientôt devoir me fausser compagnie.En ce Nouveau Monde où on la connaît comme actrice mais où on ne fait pas grand cas de ses origines, Charlotte Gainsbourg avait l’air détendue.Entre elle et le personnage qu’elle joue dans le film de son conjoint, la fille de Jane et Serge a trouvé un espace privé, à l’abri des questions indiscrètes.«Ma femme est une actrice n ’est pas un documentaire sur Charlotte Gainsbourg, se défend Attal.En revanche, c’est vrai qu’à l’origine du projet, Charlotte était gênée, et elle craignait que des journalistes profitent de son personnage pour continuer de la harceler dans la sphère privée.Mais à la lecture du scénario, elle a constaté qu 'il n ’y avait dedans rien de sa vie, et donc rien d’impudique.» » D E V O I K , L E S S A M E 1* I D I M A N l H E 0 l' T U B R E 2 0 0 2 horaires S14 847 2206 www.ex-centris.com Festival du film de Vancouver Charlotte Gainsbourg dans Ma femme est une actrice, d’Yvan Altai.Mon mari est un paranoïaque Pourquoi les acteurs ne seraient-ils pas tentés d’aller plus loin que ce qu’ils font devant la caméra ?MA FEMME EST UNE ACTRICE Réalisation et scénario: Yvan Attal.Avec Charlotte Gains-bourg, Yvan Attal, Terence Stamp, Noémie Lvovsky, Laurent Bateau.Image: Rémy Chevrin.Montage: Jennifer Augé.Musique: Brad Mehldau.France, 2001,93 minutes.ANDRÉ LAVOIE Débordant de mansuétude à l’égard des stars toujours pourchassées par les paparazzis, les potineurs et les collectionneurs d’autographes, on éprouve plus d’envie que de pitié pour ceux et celles qui partagent leur existence.L’acteur et maintenant réalisateur Yvan Attal en sait quelque chose, lui dont l’épouse se nomme Charlotte Gainsbourg, née sous l'étoile des illustres Serge Gainsbourg et Jane Birkin.N’y a-t-il pas un léger malaise à voir sur grand écran celle qu’on aime dans les bras d’un autre, tous les deux nus comme des vers et enlaces vériDifilc ieu dans ün lit ou totale- J ment déchaînés sur de miroirs, une table de cuisine?Il s’agit peut-être des Attal règles de 4a secte du y septième art», comme S inspirant le dit Attal dans son , premier fdm, Ma fem- de sa propre me est une actrice, r„i„rint1 „vpr mais un doute persis- reiauon avec te: pourquoi la chimie la vedette de qui s opéré devant la caméra disparaîtrait- Merci la vie elle après le «Coupez!» du réalisateur?Moins une comédie sur la célébrité que sur la jalousie, Ma femme est une actrice repose à la fois sur cette idée de la frontière poreuse entre le vrai et le faux (cinématographique) et sur le pouvoir des obsessions qui, à force de les imaginer partout, se Le film fonctionne comme un concrétisent par notre propre faute.C’est le piège que Yvan (Yvan Attal) tisse lui-même, journaliste sportif marié à une vedette de cinéma, Charlotte (Charlotte Gainsbourg), en partance pour Londres, où elle tournera aux côtés de John (Terence Stamp), une star britannique dont les jeunes filles sont toutes folles.Il a bien vu sa femme s’envoyer en l’air dans son dernier fdm, mais une rencontre avec un copain de sa sœur Nathalie (Noémie Lvovsky) vient semer le doute comme le ver s’infdtre dans la pomme: et pourquoi les acteurs ne seraient-ils pas tentés d’aller plus loin que ce qu’ils font devant la caméra?C’est alors le début d’une série d’épuisants allers-retours entre Paris et Londres, Yvan cherchant à prendre Charlotte en défaut tout en voulant comprendre les paradoxes du comédien en s’inscrivant à un cours de théâtre.Les allusions incessantes à l’infidélité possible de son épouse vont bien sûr la pousser à envisager fortement cette éventualité, d’autant plus que John se révèle charmeur mais respectueux, préférant attendre plutôt que de brusquer les choses.Ma femme est une actrice fonctionne, en surface, comme un véritable jeu de miroirs, Attal s’inspirant de sa propre relation avec la vedette de Merci la vie.Tout demeure bien sûr au rang de l’anecdote, le cinéaste préférant exposer les avantages d’enthousiasme des admirateurs, les tables toujours disponibles dans les meilleurs restaurants) que ses côtés sombres (jamais il ne scrute les misères, réelles, d’une jeune femme longtemps célèbre pour être la fille d’une idole scandaleuse de la pop française et d’un ex-manne- La dernière grande forteresse SOURCE CHRISTAI.FILMS quin devenu actrice toujours prête à faire parler d’elle).Le film s'illumine très souvent par la seule présence chaleureuse de Gainsbourg, prenant un malin plaisir à brouiller les pistes entre sa figure publique et celle qui partage son intimité avec le réalisateur du film.On retrouve également cette grâce dans le personnage de Terence Stamp, que l’acteur anglais, éternelle figure de mystère et d’ambiguïté, compose avec le mélange nécessaire de distinction et de sournoiserie.On ne peut pas en dire autant dYvan Attal, qui ne s’est pas octroyé le beau rôle, dont les crises de jalousie deviennent plus monotones que pathétiques, ajoutées aux crises, tout aussi pathétiques, de sa sœur, toujours à couteaux tirés avec son mari.Cette double surenchère, où s’ajoutent des questions incessantes sur l’éducation juive du futur enfant de Nathalie, viennent alourdir un récit pourtant plein de promesses.Même les magnifiques airs de jazz qui traversent tout le film (petits clins d’œil à Woody Allen) ne font pas de Ma femme est une actrice autre chose qu’une demi-réussite.MARTIN BILODEAU Le Festival du film de Vancouver est un joueur très modeste sur l’échiquier festivalier d'automne.En etau entre le Festival de Toronto et le Festival du nouveau cinéma.l'événement, dont la 2F édition s’ouvrait la semaine dernière avec la projection du 8 femmes de François Ozon et prend fin vendredi prochain avec celle de Far Fnm Heaven de Todd Haynes, a cependant su s’imposer, à l’image du FCMM, comme un rendez-vous essentiel pour la bonne santé de la dnéphilie locale.Avec un menu dont le tiers est composé de films canadiens (104 sur 304), le festival dirigé par Alan Franey est la dernière grande forteresse du cinéma d’ici.«Les cinémas d’ici», devrait-on dire, puisque de l’autre côté des montagnes Rocheuses, on est très sensible aux différences.Mû par un désir de célébrer le cinéma dit «de l'Ouest» (Western cinema, sans jeu de mots), le festival a mis sur pied une compétition consacrée exclusivement aux premiers et seconds films produits dans les provinces situées entre le Manitoba et la Colombie-Britannique.In directrice de cette section, Dianne Burgess, reste pendant toute l’année à l’affût de tout ce qui se tourne — d’un océan à l'autre, au demeurant — et braque son phare sur les courts-métra-gistes dont elle espère les premiers longs métrages.D’une série à l’autre Parallèlement, la populaire série «Dragons & Tigers», consacrée aux cinématographies d'Asie (on propose cette année 41 longs métrages, dont les derniers Miike et Kitano), est devenue au fil des ans le fleuron du festival ainsi qu’un important lieu de rassemblement pour l'industrie du cinéma asiatique.«Depuis que nous avons lancé “Dragons & Tigers”, le monde s’est éveillé aux cultures de l’Asie du Faci-fique, confirme le directeur de la série, Tony Rayns.Dans ce créneau, qui a jusqu’ici été presque exclusivement le nôtre, la concurrence est désormais féroce pour débusquer les nouveaux talents et obtenir la primeur des nouveaux films.J'espère que les choix que nous avons faits cette année maintiendront notre statut de pionniers dans le domaine.» Signe de sa force: le réputé cinéaste français Olivier Assayas (Irma Vep, Les Destinées sentimentales) a accepté de siéger cette année au jury de «Dragons & Tigers», à l’invitation du festival — le seul en Amérique, sauf erreur, qui ait programmé son DemmUwer, copieusement hué à Cannes.Peut-être ceci explique-t-il cela.Par ailleurs, devant le nombre considérable de documentaires à caractère sociologique et historique.le festival a décidé cette an nee de créer une sous-catégorie, «Holding History Accountable» («Tenir l’histoire responsable»), qui comporte 17 longs métrages dont les sujets vont du III' Reich aux événements du 11 septembre 2001 en passant par le conflit israélo-palestinien.Au chapitre des films québécois, Vancouver présente ce week-end les derniers films de Manon Briand (La Turbulence des fluides), Robert Morin (Le Nèg), Michel Jette (Histoire de pen) et Rodrigue Jean (Yel- lowknife).Paule Baillargeon (Claude Jutm - Portrait sur film) et Jeannine Gagné, laquelle a offert au festival la primeur de son long metra go Au fil de l'eau.la moisson est certes moins fraîche du côté du cinéma français, où les derniers Audiard (Sur mes lèvres).Tavernier (Laissez-passer) et Fontaine (Comment j’ai tué mon pèn') paraissent décales par nipport à l’actualité cinématographique mondiale.Qu’à cela ne tienne: le Festival du film de Vancouver, qui attend cette année quelque 150 (KX) visiteurs, brille ailleurs.«Un des meilleurs films de cette, ou de n’ importe quelle autre année.» lohn Black.B0SI0N MtlRO «Fera pour le développement photo ce que‘Psychose' a fait pour les douches.» Bruce Handy.VANIIY (AIR «Vraiment, profondément angoissant.» Pntct travers.ROItlNfi SI0NI ROBIN WILLIAMS Photo obsession .fMuftl wvvw.foxsearchlight.com CINÊPLEX O DÉON QUARTIER LATIN ?MÉOA-PLEX- QJZ70 JACQUES CWrtlER 14 ?CINÊPLEX OOÊON ST-BRUNO ?A L’AFFICHE! VERSION FRANÇAISE • B 8TARCITÉ ÇINÉPLEX OOÉON FAMOUS PLAYERS STARCITÉ CINEPLEX OOÉON MONTREAL ?LASALLE (Place) ?CINÊPLEX OOÉON BOUCHERVILLE ?CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE ?CINÉMA ST-EUSTACHE ?MÉOA-PLEX * OUZZO TERREBONNE 14 ?CAPITOL ST-JE AN ?¦un— VERSION ORIGINALE ANGLAISE GALERIES ST-MYACINTME ST-HYACINTHE ?CINÉMAS ANC LE FORUM 22 ?CINÊPLEX OOÉON CAVENDISH (Mail) ?MÉOA-PLEX*» 0UZ20 MÉOA-PLEX * OUZZO SPHERETECH 14 ?TASCHEREAU 18 ?FAMOUS PLAYERS COUSÉE KIRKLAND » Voys« l« r+llssfrur My» Ronwfc pErtse du toumsgs 0s «Photo ob——>oo» è mfga Piex • uu/Z’.< TASCHEREAU 18 ?MÉOA-PLEX * OUZZO PONT-VIAU 16 ?’•Jf PU.» OTifON CARREFOUR DORIC NV ¦CARREFOUR DU NORDI ST JÉRÔME ?‘N F Pt I X OL)t OM LASALLE (Plaça) ?» AMOK, Pt A.IR», CENTRE LAVAL ?niunr (ATMf DANIUU IUDIVIIIE flKMINt DENEUVE ARDANTJJPPERT BEAR! LEDOVEN DARRIEUX SAGNIER RICHARD n fi R * femmes A 1 4» r— CINEPLEX OOtON - 1 QUARTIER LATIN www.8ftmirns-lefiliB.coni IÉMA , • *nu untQK ROBERT THOMAS 1 » * » 11 « I M?W m K3£ r——-CINEMA—— 18T-EU8TACHE » -V L AFFICHE! I CrNEPLEX OOEON —i r—CINÊPLEX OOEON-1 f^—CINÊPLEX OOÉON——i I LASALLE (Rises) ?11 BRO88ARP ?11 BOUCHERVILLE ?1 p—MAISON DU CINÉMA —* f.CINÉMA 0-| r— CINÉMA CAPITOL ——^ r—— F LE LIP DE LYS [SHERBROOKE ?11 QATINEAU ?I [pRUMMONDVtLLE ?1 |TR0tS-RMtRB8 0.?! Q CINÉMAS AMC -i FORUM 22 ?I vorsion originale français* avec aous-titrss anglais «A L’UNANIMITÉ LE MEILLEUR FILM DE GERARD JUGNOT» æ, .•'•‘s, v NT1 i EQUINOXE B O Coprriflii C U.I t.pn Nm.Ik.MtAnrU.I , A wwniSEl^wbl ZZjwt www.betweenstrangers.ca L* A I I I C : I i I .! • YMMOW FMAMCAJ L I" OINtWVKX QON CXJ CINEMA If-.1 1 STK-ADÉLE ?1 ISHBRBROOKE ?1 [OATINBAU ?) I l«T-«uéTACHE ?I [ BOUCHERVILLE IBHOMAHD ?1 IlACHEWAIB 7] [ÏMwSliooK» 71 [pâramôûwt'ti u7\ ïi^akeanz a iCsitraimSSiCA f^oas.^-7] rjvrA’sir.T-i L E DEVOIR.L E S S A M E I» 5 E T D 1 M A X (HE fi OCTOBRE 2 0 0 2 K 6 failure CINÉMA Entre le mélo et le portrait d’époque MOONLIGHT MILE Réalisation et scénario: Brad Sil-berling.Avec Dustin Hoffman, Susan Sarandon, Jake Gyllen-haal, Ellen Pompeo, Holly Hunter.Image: Phédon Papamichael.Montage: Usa Zeno Churgin.Musique: Mark Isham.Etats-Unis, 2002,112 minutes.ANDRÉ LAVOIE On ne compte plus les films récents sur une famille dévastée après la mort — souvent très violente, un signe des temps?— d’un enfant.Au delà d’un sujet accrocheur et, disons-le, tire-larmes, il ne suffit pas de montrer des parents éplorés et un entourage meurtri pour attirer la sympathie du spectateur.Malgré tous les efforts déployés par Brad Silberling (City Of Angels, Casper) dans Moonlight Mile pour nous faire oublier Monster’s Ball et In The Bedroom, il apparaît vain de préparer vos mouchoirs.La famille Floss ne vit pourtant pas son deuil de la manière la plus orthodoxe.Alors que leur fille Diana devait se marier dans quelques jours avec Joe (Jake Gyllenhaal), elle devient la victime innocente d’un tireur fou.Ben (Dustin Hoffman) et Jojo (Susan Sarandon) ac- LOREK SEBASTIAN Alors que leur fille Diana devait se marier dans quelques jours avec Joe (Jake Gyllenhaal), elle devient la victime innocente d’un tireur fou.Ben (Dustin Hoffman) et JoJo (Susan Sarandon) accueillent alors Joe dans leur demeure.cueillent Joe dans leur demeure, ne voyant plus en lui un NO 1 AU BOX-OFFICE ! « .Michel Jetté réussit l'exploit de remuer nos tripes .» rsk, * Le journal de Montreal « Un fim&arl Ét bien fait.» 40 lisateur de "HOCHELAGA" ® present'.Emmanuel Auger daro histoire m per film.de Michel Jetté Av.Aje«nvL
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.