Le devoir, 5 octobre 2002, Cahier F
LE DEVOIR.LES S A M E D 5 ET DIM A V (HE (î O ( T O R R E 1* O O 2 ENTREVUE Jacques Grand’Maison Page F 6 : * i ¦ DE VISU Iü Biennale de Montreal Pages F 7 et F 8 ?LE DEVOIR * o Il a voulu faire un long poème, comme si sa vie en était un.Et ceux qui y chercheront des noms seront déçus.On en trouvera quelques-uns tout au plus, ceux d'Hubert Aquin ou d'André Laurendeau, de Paul-Marie Lapointe ou d'Émile Hecq, par exemple, comme échappés involontairement au milieu de sa prose.Un temps éventuel, premier tome des «mémoires» de Michel Van Schendel, qui paraît ces jours-ci aux Éditions de l'Hexagone en même temps qu'un nouveau recueil de poèmes, est une oeuvre pleine d'allusions, mouvante, évanescente Un exercice de style au moins autant qu'un exercice de mémoire.JACQUES GRENIER I.E DEVOIR VIE LITTÉRAIRE Une ville en émoi DAVID CANTIN Avec ses nombreuses lectures et des invités d’un peu partout à travers le monde, le Festival international de poésie de Trois-Rivières amorce véritablement sa 18' édition au cours de ce weekend.Lauréate du Grand Prix de poésie de cette année.Elise Turcotte revient donc dans «la capitale de la poésie», comme on le dit parfois de cette ville, pour lire certains extraits d’un recueil rpagnifique, paru il y a quelques mois aux Editions du Nq-roît, sous le titre Sombre ménagerie.A quelques semaines de la parution de son tout dernier roman chez Leméac, La Maison étrangère, cette auteure plutôt discrète acceptait de revenir sur cette traversée, des plus intenses, dans le langage.Fébrile, Elise Turcotte avoue être mal à l’aise lorsqu’il s’agit de parler de ses propres livres.«Ce n’est jamais facile pour moi.J’hésite toujours avant de m’avancer sur ce terrain.En poésie, c’est encore plus difficile puisqu'on se retrouve dans un art de l’espace alors que le roman appartient davantage à celui du temps.» Il est vrai qu’une part insaisissable anime l’écriture elliptique et terriblement noire de Sombre ménagerie.On découvre dans ces poèmes un monde peuplé de spectres et de fantômes, ainsi qu’une ville sous-marine où le récit semble presque impossible.«Je crois que je cherchais, avec ce recueil, une façon radicale de dire la solitude.C’est un voyage, en quelque sorte, dans ce que j’appelle une pauvre et maladroite éternité.Pour moi, la poésie est la source et le jaillissement de la source», insiste Turcotte, avec un certain recul.Le livre, divisé en trois parties, avance tel un pèlerinage dans «un long village enfumé d’où il faut s’enfuir».Ainsi, le doute, les épreuves et la peur se succèdent dans ces ruines fragiles du temps.Il n’est pas surprenant d’apprendre que Sombre ménagerie avait comme titre de travail «Visions» ou encore «Sous l’éternité à un certain point».Comme l’explique Turcotte, «c’est une forme d’écriture très visuelle.Cette ville sous-marine, je la voyais vraiment en moi.On aurait dit des visions que je tentais d’exprimer du mieux que je pouvais.On pourrait même parler d’une sombre alliance avec la vie».Après s’être taillé une réputation en tant que romancière grâce à des œuvres„comme Le Bruit des choses vivantes et L’île de la Merci, on comprend qu’Elise Turcotte n’entretient plus tout à fait le même rapport à la poésie.«Je ne savais pas que je reviendrais à la poésie.Pourtant, Deux ou trois feux (Dazibao, 1997) annonçait déjà d'une certaine façon Sombre ménagerie.J’ai interrompu l’écriture de La Maison étrangère pour me lancer, de manière un peu mystérieuse, dans ce dernier recueil.Le vers libre s’est aussi imposé, comme si je renouais, de nouveau, avec l’essence même du langage poétique.J’ai appris à me déplacer d’une forme à l’autre.» Elise Turcotte parle, maintenant, de Sombre ménagerie comme du noyau obscur du roman à paraître à la fin du mois d’octobre.L’Oiseau en chute libre, œuvre de l’artiste montréalais Marc Séguin, reproduite sur VOIR PAGE F 2: ÉMOI CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR homme vient d’aménager rue de la Commune.Et dans des boîtes, sur les étagères de ce ' nouvel appartement il y a des livres, des livres, encore des livres.Au sol, l’encre que le peintre Léon Belle-fleur avait offerte au poète il y a 43 ans.C’est celle-là même qui a été choisie pour orner la couverture du Temps éventuel.Le tableau, intitulé Disques enchantés, avait accompagné un texte écrit par Van Schendel sur Bellefleur, paru à l’époque dans la revue Vie des arts.«Je la regarde tous les jours depuis 43 ans, et chaque fois, c’est différent», dit le poète.Entre le poète et le peintre, il y a eu correspondance.Car pour Van Schendel, l’écrivain est un artiste au plein sens du mot un artiste qui interprète l’univers, et qu’il faudra interpréter à notre tour.Comme Marie-Claire Blais, qui écrit des œuvres à la ponctuation bouleversée, exigeantes pour le lecteur, Van Schendel ne se prive pas de faire preuve d’une certaine vir- tuosité de la forme.«J’ai pleinement confiance dans le lecteur», dit-il.Au lecteur de se laisser aller à sa prose déliée, au lecteur encore d’y trouver le sens qui lui convient Dans ces «mémoires» qui n’en sont pas, le personnage principal se dédoublera parfois en un Xavier imaginaire ou réel, ou les deux.«Il n’est pas possible, j’en ai l’intime conviction, de conter les faits saillants ou anodins d'une vie, surtout la sienne, sans avoir recours aux procédés de la fiction.Celle-ci est le plus court chemin de la vérité.Car elle a l'audace de dire et d’inventer — d’inventer pour découvrir ce que c’est que de dire et ainsi donner du poids à la parole», écrit Van Schendel dans son introduction.Avec Un temps éventuel, Van Schendel dit avoir exploré le thème du nom, le nom que l’on construit au fil d’une vie, un nom que les autres, ceux qui nous entourent et nous touchent, nous donnent et nous font construire aussi.Aussi, on trouvera dans ce texte les profils de ceux qui ont forgé l’esprit du poète, bien sûr, mais également celui de l’intellectuel, du professeur, de l’homme de gauche, du militant.A ce chapitre, Van Schendel insiste sur la rencontre d’un couple de «gens du peuple», comme il les désigne, Julien et Suzanne Dohy, rencontre faite en France en 1946.La France sortait alors de la guerre, et la guerre, pour Van Schendel, avait signifié la brutalité de la découverte des différences entre les classes, la différence de fortunes.«La guerre m'a formé», convient-il.Né dans un milieu aisé, c’est la guerre qui lui a fait connaître la faim, la pauvreté.De l’après-guerre, il se souvient de l’anti-bolchévisme affiché par une droite réactionnaire américaine qu’on retrouve encore dans l’Amérique d’aujourd’hui.Après la signature du Pacte Atlantique, il adhère donc au Parti communiste.En entrevue, Michel Van Schendel précise qu’il n’a plus été membre du Parti communiste après sa traversée de l’Atlantique pour s'établir au Québec à la fin des années 50.Et pourtant, il se souvient d’avoir été mis ici sous écoute pour avoir participé a des activités controversées.L’Amérique, consta- te-t-il, est un continent plus policier que l’Europe.De la fondation de l’UQAM, des activités de Van Schendel en tant que syndicaliste auprès des professeurs de 1UQAM, de la fondation de la revue littéraire Liberté, de la direction de la revue Socialisme ou encore de son engagement dans le Mouvement laïque québécois, on ne saura à peu près rien dans ce premier tome des «mémoires», qui sera suivi par un second, où on approfondira le séjour au Québec de cet intellectuel né en France en 1929.En entrevue, il admet quand même que le Québec a beaucoup progressé depuis la Révolution tranquille, et que ceux qu’ils l’ont libéré sont essentiellement les artistes.«Us grands libérateurs du Québec», dit-il, ce sont eux.Pour lui, cette période a aussi été celle de l’âge d’or du journalisme québécois.Aujourd’hui, croit-il, «le journalisme québécois n’a plus cette capacité critique» dont il jouissait a l'époque.Il se souvient aussi d’avoir défendu un certain nationalisme VOIR PAGE F 2: MÉMOIRES « Un roman riche, complexe, fascinant.****1/2 » Réginald Martel, La Presse « La puissance de feu romanesque de Soucy est époustouflante : ce magicien est un bonimenteur qui n’a pas froid à l’imagination.» Danièle Brison, Le Magazine littéraire Un roman époustouflant, étrange et déroutant qui allie le récit picaresque et la tragédie.» Danielle Laurin, Bougainville, Radio-Canada Gaétan SOUCY music-hall! ! (.aItan Vhk y Roman î% pages • 27,95 $ Boréal www.edftlonsboreal.qc.cj * / F 2 LE DEVOIR.LES S A M EDI 5 ET DI M A V ( H E 6 O < T O B R E 2 O O 2 Livres MEMOIRES HISTOIRE SUITE DE LA PAGE F 1 québécois «sans mystique et à condition qu’il soit socialiste», au début des années 60.Et pourtant, il dit avoir en horreur un certain nationalisme «qui s'en/le comme une baudruche».Aujourd’hui encore, alors que le vent souffle en faveur de la droite, il croit que l’essentiel est de poursuivre la lutte contre le capitalisme.En 2001, un groupe d’intellectuels a publié à l’Hexagone un livre intitulé Poésie et politique, mélanges offerts en hommage à Michel Van Sche::del.Ce livre apprécie autant le poète qu'est Van Schendel que le militant et l’activiste.Lucie Bourassa y relève que la poétique de Michel Van Schendel a comme souci de «former l’oreille, de susciter une écoute».Nairn Kattan écrit que «disponible à ses amis, Michel reconnaît comme sienne toute inquiétude d'écrivain».Il écrit aussi que le poète «connaît les règles et les limites.Il va jusqu’au bout des faits, des opinions, des idées avant démettre un jugement qui, de toute façon, est relatif, sauf quand il s’agit d'une prise de position éthique.Il est alors intransigeant même quand il s'agit de compagnons, voire d'amis».Michel Van Schendel, rappelle Jean-Marc Piotte au sujet de son ami, croyait que les mouvements des années 60 souffraient de «l’impossibilité d’articuler la question nationale sur la question sociale».Aussi, il semble qu'à son tour, Van Schendel ait voulu rendre hommage à ceux qui l’ont formé.Dans ce premier tome des mémoires en prose, ce sont l’amour, l’amitié et l’art qui arrivent en première place.En même temps qu’f/w temps éventuel, un recueil de poésie de Van Schendel intitulé Quand demeure paraît également à l’Hexagone.Quand demeure, glisse-t-il à la fin de l’entrevue, est un recueil qui parle du fait de demeurer étranger même après des années de séjour au Québec.Ce regard d’étranger sur la terre d’accueil, croit-il, a aussi ses avantages.UN TEMPS ÉVENTUEL Michel Van Schendel L’Hexagone Montréal, 2002,450 pages QUAND DEMEURE Michel Van Schendel L’Hexagone Montréal, 2002,90 pages SUITE DE LA PAGE F 1 la couverture, en dit aussi beaucoup sur cet inventaire d’un monde qui tombe et bascule.Page 31, une voix interroge, avec beaucoup de précaution, le désarroi qui l’habite: «Pourquoi voguer ainsi / au-dessus d’une végétation / étrange / où survit une sorte / d’incomplétude / pourquoi rejoindre / les couches inférieures / d'un rêve éveillé / la réalité n 'est ni chaude / ni froide / tu ne comprends pas.» Comment l’auteure de La terre EMOI est ici voit-elle son passage à Trois-Rivières?«Il est intéressant de voir à quel point cette manifestation est devenue importante.Pour moi, c’est un lieu de rencontres avec des lecteurs mais aussi des poètes d’un peu partout.Ce sera un temps d’arrêt pour lire et échanger» Encore cette année, le Festival international de poésie de Trois-Rivières propose plus de 400 activités sur un intervalle de dix jours dans plus de 80 lieux.Des poètes de 25 pays, habitant quatre continents, tenteront d’introduire la Le baromètre du livre au Québec 1 Essais Qc LE LIVRE NOIR DES ÉTATS-UNIS P.SCOWEN les intouchahles r 5 2 Roman LES CORRECTIONS J.FRANZEN Boréal 4 3 Biograph.Qc TESTAMENT D'UN TUEUR DES HELLS P.MARTINEAU les Intouchables 3 4 Roman Qc MUSIC-HALL ! 4P G.S0UCY Boréal 5 5 Roman LE PIANISTE 4P W.SZPILMAN Robert Laffont 83 6 Chmniques Qc PLAISIRS PARTAGÉS F.RUEE Libre Expression 3 7 Jeunesse QUATRE FILLES ET UN JEAN 4P A.BRASHARES Gallimard 15 8 B.D.TITEUF, t.9 - La loi du préau ZEP Glénat 2 9 Roman Qc BONBONS ASSORTIS ¥ M.TREMBLAY laméæ/AclEsSud 14 10 Psychologie QUI A PIQUÉ MON FROMAGE ?¥ J.SPENCER Michel Lafon 92 11 Spiritual lié LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT E.TOLLE Ariane 104 12 Roman Qc U BRÈCHE M.-S.LABRÊCHE Boréal 13 Érotisme Qc AU FOND DES CHOSES W.ST-HILAIRE Lanctôt 6 14 Essais L'OBSESSION ANTI-AMÉRICAINE ¥ t- F.REVEE Plon 3 15 Polar MYSTIC RIVER ¥ D.LEHANE Rivages 24 16 Biograph.Qc QUE FREUD ME PARDONNE ! J.V0YER Libre Expression 23 17 Arts 365 JOURS POUR IA TERRE ¥ Y ARIHJSBER1RAND de La Martinière 44 18 Actualité 1 GUERRE ET MONDIALISATION M.CH0SSU00VSKY Écosociété 4 19 Roman Qc OUF! ¥ D.BOMBARDIER Albin Michel 20 20 Roman LORSQUE J'ÉTAIS UNE ŒUVRE D ART E.-E.SCHMITT Albin Michel 3 21 Santé VAINCRE LE BURNOUT J.LANGUIRAND Stanké 2 22 Roman Qc UN PARFUM OE CÈDRE ¥ A-M.MACDONALD Flammarion Qc 98 23 Spiritualité METTRE EN PRATIQUE LE POUVOIR DU MOMENT.E.TOLLE Ariane 22 2A Actualité WORLD TRADE CENTER, 47* ÉTAGE B.DELLINGER Robert Laffont 5 25 Nutrition BON POIDS.BON CŒUR ¥ MONTIGNAC / DUMESNIL Flammarion Qc 18 26 Roman Qc LES QUATRE SAISONS 0E VIOLETTA C.BROUILLET Denoél 14 27 Nutrition MAIGRIR SANS RÉGIME y P.ZERMATI Odile Jacob 26 28 Guide Qc RÉPERTÜKE DES UEUX OE MARCHE AU QUÉBEC, 4* edition COLLECTIF Bipède 22 29 Loisirs L.BEAUDRY Québécor 2 30 Jeunesse CHANSONS DOUCES, CHANSONS TENDRES (Livre & OC) ¥ H.MAI0R Fides 50 31 Roman ÉLOGE DES FEMMES MÛRES ¥ S.VIZINCZEY du Rocher 73 32 Psychologie cessez D'Etre gentil, soyez vrai i ¥ T.D'ANSEMBOURG L'Homme 90 33 Roman Qc LE GOÛT DU BONHEUR, t.1, 2 4 3 ¥ M LABERGE Boréal 93 34 Roman LA FÊTE AU BOUC ¥ M.VARGAS LLOSA Gallimard 19 35 Sport GUIDE DES MOUVEMENTS OE MUSCULATION ¥ E.DELAVIER Vigot 224 36 B.D.ALBUM SPIR0U, t.265 COLLECTIF Dupuis 5 37 B.D.J.DAVIS Dargaud 3 38 Roman LE LIVRE DES ILLUSIONS ¥ P AUSTER Uemeac/ArtesSud 18 39 Ésotérisme ASTROLOGIE 2003 A.D’AMOUR L'Homme 3 40 Essais Qc LE LIVRE NOIR DU CANADA ANGLAIS N LESTER les Intouchables 44 41 Beaux livres IA TERRE VUE OU CIEL ¥ Y.ARIHUSBERTR/W) de La Martinière 148 42 Sexualité FUEL SEXUEL J.ROBERT L'Homme 28 43 Roman U CROIX OE FEU, 1.5- impartie 0.GABAL00N Libre Expression 16 44 Roman LES ENFANTS DE IA TERRE, 1.5- Les refuges de prerre J.M.AUEL Pr.de la Cité 21 45 Guide Qc LES CHAMPIGNONS SAUVAGES DU QUÉBEC ¥ SICARD/IAMOUREUX Fides 67 V Coup de Cœur RB WÊÊÊÊÊÊÊM ¦¦ Nouvelle entrée Nbre de semaines depuis parution T Plus de lOOO Coups de Cœur, pour mieux choisir.poésie dans le quotidien des gens.Jusqu’au 13 octobre, il sera donc difficile de faire un pas, à Trois-Rivières, sans entendre la lecture d’un poème au coin d’une rue, voire d’en lire un si l’on est soi-même poète.Parmi l’imposante liste des 150 poètes qui seront de passage, qn retiendra les noms du Belge Eric Brogniet, des Français Ariane Dreyfus et Jean-Michel Maul-poix, ainsi que de l’Argentine Laura Cerrato.11 ne s’agit là que de quelques noms, mais bien d’autres voix poétiques se feront entendre au cours de la prochaine semaine, dans la ville de Catien Lapointe et d’Alphonse Fiché.FESTIVAL INTERNATIONAL DE POÉSIE DE TROIS-RIVIÈRES Jusqu’au 13 octobre JACQUES GRENIER LE DEVOIR Élise Turcotte Défrayer la chronique SOPHIE POULIOT Devoirs d’histoire est un recueil de 17 chroniques originalement publiées dans Le Devoir entre 1998 et 2001 par Ixiuis Comellier, qui y commente des essais québécois ayant l’histoire pour sujet, comme le titre l’indique.Cette sélection a le mérite de regrouper plusieurs auteurs et plusieurs pensées, et d’offrir une vue d’ensemble des débats historiographiques actuels.Cependant, tant par le choix des livres que par leur commentaire, Devoirs d’histoire privilégie certaines questions et certains éclairages.Le critique y défend sa conception de l’utilité de l’histoire, de la façon de l’étudier et de l’avenir que le Québec pourrait se construire à partir d’une meilleure connaissance de celle-ci, cela sans sacrifier l’honnêteté intellectuelle requise par son travail.Derrière tout critique se cache un être humain avec ses convictions, ses idées, ses espoirs et ses penchants, ce qui ne peut qu’insuffler une certaine subjectivité à ses propos.Louis Comellier, à l’instar de quelques auteurs dont il commente ici les ouvrages, croit à l’inévitable subjectivité de l’historien et récuse les prétentions d’objectivité qu'affichent ceux qui tentent de faire de l’histoire une science exacte.D y a les faits, mais la façon de les interpréter et les questions qu’ils posent relèvent de l’exégète, sans compter l’importance accordée à certains événements historiques, à certains personnages, etc.Si cette vision ressort clairement des textes réunis dans Devoirs d’histoire, il ne s’agit pas du seul élément à dégager de l’ensemble.Comellier a horreur que les Québécois renient leurs origines, presque autant qu’il abhorre que ceux-ci trouvent dans leur passé matière à nourrir, quant à l’ave nir, un fatalisme paralysant.Ainsi, dans le texte intitulé «La famille Plouffe a 50 ans», comme à quelques reprises dans d’autres chroniques, le chroniqueur s’insurge contre ces «Nation Bfiilders» pour qui le Québec est un Etat fon- cièrement moderne, qui a rompu avec ses racines dont il n’y aurait pas lieu d’entretenir la mémoire.Le critique verra ainsi un signe de cet aveuglement volontaire dans le choix fait par l'État québécois de célébrer en grande pompe le StL anniversaire de Refus global, tout en passant sous silence celui de La Famille Plouffe, œuvre marquante de Roger lemelin.Tout en souscrivant à l'hypothèse de Gérard Bouchard voulant que le Québec soit une jeune nation qui ne s’inscrive pas forcément dans la continuité historique des pays venus coloniser l’Amérique, le chroniqueur estime que la honte du passé n’est pas un fondement solide à l’érection d’un pays.Pour l -ouis Comellier, histoire rime résolument avec présent et avenir.Au sujet de Georges Langlois, auteur à’A quoi sert Ihistoire, il écrira ainsi qu'«avec la connaissance historique comme boussole, le chroniqueur s’avance armé, prêt à affronter les dérives du présent».formule résume bien l’idée que Comellier se fait de l’histoire et de l’utilisation que chacun devrait en faire.Des positions claires Le choix des textes est plutôt cohérent dans la mesure où il permet au lecteur de faire le lien entre les théories avancées par différents auteurs, les uns étant cités dans des textes commentant les ouvrages des autres.Par ailleurs, certains articles semblent avoir été retenus pour la position qu'ils défendent.Par exemple, oa critique de Mythes, mémoire et mensonges d'Esther De-lisle permet au chroniqueur de souligner la tendance qu’il observe chez certains Canadiens d'associer les Québécois, et plus particulièrement les indépendantistes, au fascisme.Sa lecture de Marcel Tessier raconte.lui permet décrire que la «pop histoire» n’est pas l’histoire, mais bien une porte d’entrée susceptible d’y amener le grand public.En résumé, Louis Comellier a des idées, il aime la polémique et les débats, et ses phroniques en gardent la trace.A quoi s’ajoute une caractéristique, observable notamment dans l’article déjà cité sur l’ouvrage de Georges Langlois.Il s’agit d’un enthousiasme contagieux, d’un espoir bien réel qu’il entretient pour les êtres humains, de changer le cours de l’histoire.Idéalisme?«Outré par le mensonge politique qui sévit à gauche et à droite et entraîne la désaffection des citoyens pour la chose publique, épris de justice sociale [.], écrit Cornel-lier, inquiet de la dérive des valeurs qui prend la figure d’une multiplication des droits qui ne s’accompagnent jamais de devoirs correspondants, Georges Langlois sonne la charge en rappelant l’essentiel: “Avant d’écrire l’histoire, il faut d’abord la faire.”» S'il s’agit d’idéalisme, on peut dire qu’il est nécessaire, en tant que moteur de changement Louis Comellier croit au Québec, en son présent comme en son avenir, et c’est ce qui nourrit visiblement sa passion de l’histoire.Parions que ses chroniques n’ont pas fini de susciter la controverse et, du coup, d’alimenter la discussion et la réflexion.DEVOIRS D’HISTOIRE Des historiens québécois SUR LA PLACE PUBLIQUE Louis Comellier Les cahiers du Septentrion Sillery, 2002,130 pages Un carnet d’instants DAVID CANTIN Jours de sable traite de souvenirs, de questions, de certitudes et d'angoisses à propos de l’existence.La mémoire ouvre différentes fenêtres face au mouvement horizontal d’une vie.De la contemplation sereine du début naît aussi la crainte de revenir en arrière.Dans ce récit autobiographique très riche, Hélène Dorion prend exemple sur Le Mythe de Sisyphe pour dire les brèches tout comme les jours qui orientent une quête de vérité.Très dense, ce parcours fascine L’ERRANCE féconde L’ERRANCE FÉCONDE Michel MUIR CARNETS INTIMES .] J’ai toujours écrit comme si je m'adressais à un Autre révé, que j'entrevoyais au bout de moi-même, au-delà de cette mouvance laiteuse, écran fluide à texture de brume, née du silence qui se formait entre chaque poème, et que traversaient, en traits de foudre, les mots que je traçais pour joindre l'autre rive, là-bas.Michel MUIR 2002,184 p., 19,95 $ [ ISBN 2-922245-71-3 ] ILES ÉDITIONS JVARIA Distribution .prologue www.vana.com infoA'varia.com Q)C4=C, W Québec» C.P.35040, CSP Ftewy, Montréal (QQ H2C3K4 • Tél.: (514) 389-8448 • Téléc.: (514) 389 0128 D autres nouveautés intéressantes vous attendent chez votre libraire.B ^Triptyque www.genetanon.net/mpty TEL: (514) 597-1666 Rencontres avec -Pierre Bourque Complexe Desjardins le jeudi 10 octobre Complexe üesja | g (514) 288- 4844 de 12 h à 13 h 30 5252, ch.de la COte- des- Neiges le samedi 12 octobre *(514)342- 1515 de 13 h 30 à 15 h Camille BoSthara Les petits soldats Brousse africaine, déserts et villages d’Éthiopie, Camille Bouchard ramène dans ses bagages des histoires bouleversantes.Alors que l’on croyait tout connaître des travers de ceux qui recherchent pouvoir et femme, il nous sur prend en décrivant le quotidien infernal des enfants soldats et les magouilles de ceux qui s’enrichissent aux dépens des victimes des grandes lamines africaines.roman, 412 p., 25 $ ¦r- ».tant il arrive à créer un équilibre entre les anecdotes familiales et le regard intérieur.D’un fragment à l’autre, une voix partage les contours fragiles d’un trajet aussi intime qu’universel.La maladie frappe très tôt, puis impose la conscience alarmante de cette peur qui ne vient jamais seule.Ensuite, les fondations humaines, les ailleurs, les mots, ainsi que les liens affectifs décident du reste.Cette femme assume que «l’histoire est trouée.Remplie de silences, de brèches, d’opacités.On ne peut lire sa vie, tout au plus peut-on recueillir des noms, des dates, des lieux, parfois même des événements, mais on ne parle pas, le secret emporte l’essentiel».D’ailleurs, ces épisodes ouvrent sur une vision du monde qui laissent des traces comme autant de souvenirs éparpillés.On peut très bien suivre les moments passés à l’école, une scène familiale à Old Orchard ou d’autres épisodes de l’enfance, quoique l'essence même de ce récit se trouve plutôt dans ses contrastes métaphysiques.Œuvre de maturité et de retenue,/««rs de sable rejoint totalement l’univers poétique d’Hélène Dorion.On retrouve, dans une autre perspective, des questions qui traversent les nombreux recueils de l’auteure.Ce rapport au commencement du monde, à la fragilité de l’ètre ainsi qu'au cycle de la grande histoire trouve peut- être même son origine dans un souvenir d’enfance: les numéros d’acrobates au cirque, qui défient «cette sensation de vertige et de liberté».Plus tard, le fil tendu au-dessus de l’abîme de Nietzsche de même que certaines scènes dans Les Ailes du désir de Wim Wenders deviendront d’autres indices à suivre.Plusieurs lectures sont donc possibles, puisque l’ordre chronologique des événements n’est pas un facteur primordial.On a donc l’impression de découvrir les nombreuses couches d’une vie, telles les masses compactes de l’écorce terrestre.D’un court passage à l'autre, la réflexion sur l’écriture peut aussi donner sur un souvenir très précis: «Les mots creusent dans le corps autant de fissures d’où s’écoule le sens du monde; alors il faut les refermer une à une, tout reprendre du commencement — ciel, arbre, oiseau —, que les mots cessent tantôt de se taire, tantôt de s’écrier, et ne fassent plus que recueillir doucement les choses pour les redonner au rêve qui les a tirés du néant, les rendre à la pure présence de leur accord.» Ce texte en prose d’Hélène Dorion éclaire une lente méditation profonde et d’une grande justesse.JOURS DE SABLE Hélène Dorion Leméac, coll.«Ici Tailleurs» Montréal, 2002,138 pages ESPACES ET TEMPS DE LA MATERNITÉ sous la direction de Francine Descarries et Christine Corbeil Cet ouvrage collectif fait le point sur l’évolution de la pensée féministe, depuis les années 1970, à l'égard des multiples facettes de la maternité.Une vingtaine d’auteu-res, issues de disciplines aussi variées que la sociologie, l'histoire, la sexologie, l'anthropologie, la santé ou la littérature, se penchent sur les impacts et les enjeux de cette réalité au plan individuel et ____________ collectif.644 pages • 34.95 $ En vente chez votre libraire les éditions du remue-ménage 110.rue Ste-Thérèse, bur, 501.Montréal (Qc) H2Y 1E6 Tél.(514) 876-0097 .Téléc.(514) 876-7951 r i* à V LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DI M A X t H E « O l T O B R E 2 O O 2 F Qu’est-ce qu’un Gilles Marcotte En lisant le livre d'essais de Michel Gauchet, La Démocratie contre elle-même, je tombe sur le passage suivant, qui n’est pas sans troubler le croyant littéraire que je suis: -Jusqu'à une date récente, la figure héroïque du grand écrivain donnait sens et âme à l 'appropriation rétrospective d'une lignée vivante et toujours ouverte, puisque pourvue de continuateurs en chair et en os, en attendant ses illustrateurs de demain.Quand l'image des pouvoirs de la littérature s’estompe et se défait, comme aujourd’hui, quand le sceau paraît posé sur sa prophétie, qu’espérer encore d’une exemplarité éteinte?» Ce n’est pas là une idée tout à fait nouvelle.Dominique Noguez, il y a quelques années, avait sonné à sa manière le glas de celui qu’il appelait assez joyeusement le «gran-técrivain».L’annonce de cette mort, chez Gauchet, est plus lugubre.Il faut dire qu’il est un spécialiste des «fins», il en voit partout.On lui doit notamment un ouvrage capital.Le Désenchantement du monde, où il annonce la fin de la religion — plus précisément de la religion comme principe et organisatrice du politique.La littérature, logiquement, devait suivre, elle qui a longtemps eu, plus ou moins explicitement, l’ambition de donner du sens au monde.Mas, pas plus que la «fin des religions» n’annonce la disparition complète du religieux, la disparition du «grand écrivain» n’annonce la fin de toute grandeur littéraire.On pourrait citer des noms.Mais qu’est-ce donc qu’un «grand écrivain», au sens que Gauchet donne à cette expression?L’expression n’a pas toujours le même sens.Il y a, par exemple, le «grand écrivain» hexagonal du genre Sartre, qui ne s’imagine pas sans de spectaculaires excursions dans le domaine socio-politique.Jean-Paul Sartre n’était, permettez-moi de blasphémer un peu, ni un grand romancier, ni un grand dramaturge, ni peut-être même un grand philosophe, mais il a eu l’art de tenir le monde en haleine par ses interventions fré- quentes et parfois contradictoires dans le débat public, par des idees qui étaient en même temps des actions.L-intellectuel absolu», dit Bernard-Henri Levy dans son fascinant essai.Le Siècle de Sartre.Il est significatif, aussi bien, qu’à propos du livre le plus fortement littéraire de Sartre, Les Mots, Ijévy parle de la décision prise par Sartre de -tuer, en soi, l’écrivain».La mort du -grand écrimin», Sartre l’a vécue; il la même mise en scène.L’autre figure du -grand écrivain», située à l’opposé du modèle sartrien, le plus loin possible de ses ambitions, est ceDe du romancier ou du poète qui a vécu comme une véritable vocation — allant parfois jusqu’à une sorte de martyre — 1’appel de l’écriture, qui est prêt à tout sacrifier, non pas seulement ses propres intérêts immédiats mais ceux des autres, de ses proches même, à la création d'une grande œuvre.D y a quelque chose de religieux, ou de mystique — si l’on peut parler d’une mystique laïque — dans une telle aventure.On pense à Proust.On peut penser également à Joyce.Ou encore à ce Thomas Mann qu’on pouvait accompagner dans les étapes essentielles de sa vie et de sa carrière, il y a quelques semaines, grâce au docu-drame de Henrich Bre-loer diffusé par Artv.Une constante, dans ce parcours: le bureau, le beau bureau de l’écrivain, le lieu fermé, protégé contre les intrusions de l’actualité, qui se déplace presque intact d’un pays, d'un continent à l’autre, de Munich à Zurich, de Zurich à la Californie, et pour finir à Zurich encore.Le silence exigé aux alentours; et l’épouse qui en interdit l’accès aux importuns, fût-ce les énfants du Magicien.Mais ce qui arrivera à Thomas Mann, et qu’on ne pourrait imaginer pour Proust ou Joyce, c’est qu’il sera tiré de cette impitoyable, de cette féroce retraite par l’arrivée du nazisme et de la guerre.Serait-ce là une autre image de la fin du «grand écrivain», inséparable de la solitude exigée par les longs travaux de l’imaginaire?Si l'on quitte les grandes perspectives du développement historique pour celles de la lecture, les SI CARREFOURS r Jacq .«[.] une chronique de mœurs qui, pour le plus orand plaisir des lecteurs, Fait revivre la bourgeoisie dé la haute-ville de Quebec de la fin des années 40, à l’aube de la Révolution tranquille.» Stanley Péan, Le l ibraire «On ne se lasse pas de suivre les péripéties de Jean, les aléas de ses amours, ainsi que ses élans critiques et éthiques, tous adroitement livrés par Jacques Dcsautcls.En outre, le vocabulaire précis et raffiné de Fauteur fait de la lecture de Rue des Erables un véritable plaisir.» Sophie Pouliot, le Devoir R< *M AN • p.* 27,') s s I •FHEXAGONE www.edhexagone.com —«-Livres •»— grand écrivain ?ARCHIVES LE DEVOIR James Joyce choses se présentent autrement, bien sûr, et j'ose croire qu’on peut encore s'immerger sans reserves et peut-être sans nostalgie dans I/i Montagne magique, ou La Recherche du temps perdu, ou Ulysse, avec le profond plaisir que donnent les grandes aventures de l'esprit.Je n’arrive pas à me persuader que ces aventures, fussent-elles arrivées il y a plusieurs siècles et dans des lieux très différents du mien, aient perdu leur actualité.Je reçois, des Editions Nota Bene, un petit livre d'Hélène Gaudreau et François Ouellet, intitulé 100 romans français qu'il faut lire.Il constitue un bon programme de lectures.Mais il invite, il ne peut pas ne pas inviter à la discussion.A-t-on oublié, ou écarté le Candide de Voltaire?Le Dominique de Fromentin n’aurait-il pas dû être préféré à quelque roman de Huysmans, de Daudet ou de Vallès?Je m’arrête.Cette discussion n’est pas moins inutile qu’inévitable.la grande question touche le 41 faut» du titre.Qu’une telle obligation soit imposée à des étudiants, cela se comprend.Mais peut-on l’associer au «plaisir de lecture», comme disent les auteurs?Ce «plaisir» est à la fois plus ambitieux et plus capricieux.Il ne se contentera pas du domaine français.Tolstoï, Dickens et Kafka lui seront aussi nécessaires que Balzac et Proust En fait, l’idée même d’épuiser un programme de lectures — sauf pour des nécessités d’étude — est absurde.Plus on lit, plus s’allonge la liste des œuvres à lire.On meurt, sachant que l'essentiel reste toujours à lire.Cette religion des chefs-d’œuvre a d’ailleurs besoin d’heresies.Je vois tels de mes amis, grands lecteurs s’il en fut.s’attacher profondément à des œuvres mineures, précisément parce qu'elles sont mineures, loin des autoroutes de la culture.Et pourquoi ne pourrait-on pas decider contre tous les manuels de littérature que.par exemple.Simone Weil compte par mi les plus grands écrivains du vingtième siècle?Il me semble que je ne lirais pas bien les chefs-d'œuvre indiscutables si je ne faisais egalement fit's expériences de lecture dans des œuvres qui n’accèdent pas à la consécration universelle, qu’elles soient françaises, turkmènes — ou québécoises.LA DÉMOCRATIE CONTRE ELLE-MÊME Marcel Gauchet Gallimard.«Tel» Paris.2002,385 pages LE SIÈCLE DE SARTRE Bernard-Henri levy Le Livre de poche, «Biblioessais» Paris, 2(XX), 762 liages CENT ROMANS FRANÇAIS QU’IL FAIT LIRE Hélène Gaudreau et François Ouellet Editions Nota Bene Québec, 2(X)2,315 pages ARCHIVES LE DEVOIR Thomas Mann Un élixir de bonheur ! « Le bonheur, c’est si fragile.C’est comme une île flottante, un gâteau des anges.ou des profiteroles ».Francine aiSi rlaeQ Plaisirs ImrUigcs île Francine Rue! lihvfFîqra^ 1 fi ~ La comédienne Fr ANGINE RüEL a colligé dans ses cahiers les grands et petits bonheurs de chaque saison.Hile vous invite à les partager dans ce livre rempli de « choses qui font du bien à l’âme ».EN VENTE PARTOUT I il JR’t Bq Minsk m «OUUÎKORMIDIA LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Le drame comme festin C A T H E R1 N F M O R F N C Y Dramaturge de grande renom-mee.larry Tremblay a aussi fait St's armes dans It's registres de la poesie, du récit et de l'essai.Cette fois, c'est un roman qu'il fait paraître chez Lentéac éditeur.Destine à élargir le lectorat de cet auteur aiLX multiples dons, le Mangeur de bicyclette est une œuvre des plus singulières, qui n'a rien à envier au pouvoir de récriture scénique.Convie au chevet de Christophe, jeune photographe épris d'une .Anna mythique quoique retile, le lecteur se fraie un passage à travers les circonvolutions d'un amour grandiose, cinglant, brutal.Un homme aime une femme à l'agonie, jusqu'à en perdre toute substance et sts dernières facultés de discernement, le hic?Elle ne l'ai me jias.l'accable de son indifféren ce, l’humilié en lui faisant avaler tour à tour sa bicyclette (littéralement) et son désespoir.C’est bien une nouvelle Chimène qu'on voit ici à l’œuvre, comédienne d'un drame qui confinera son Alceste dans les derniers retranchements de la misanthropie.-Je n étais plus rien.Ou à peine un minuscule moi, cache dans des plis de chair, étouffé, trou par où passait de justesse le.fil de mon existence, débarrasse des idées qu'on se fait sur soi, les autres, le monde.» Vie et mort, au theatre tou jours, d’un roi boiteux en mal d'esprit chevaleresque.line histoire d’amour, donc, mais tissée do haines et de ressentiments.Des venins qui alimentent, au lieu de la contaminer, l'énergie créatrice d’un larry Tremblay que l’on retrouve dans toute sa puissance évocatrice, celle-là même qui est la sienne depuis The Dragonfly Of Chicoutimi.Fidèle à lui-même, il nous sert une prose qui tangue sur les eaux d’un lyrisme survolté, Iran chant, où s’entrecroisent le surréel et le figuratif.On n'a qu’à lire \'An-nalexique final, ouvrage de référen- J Al/Ql'ES ('.RENIER I K DEVOIR l.arry Tremblay ce essentiel à la comprehension de la crise amoureuse de Christophe, [xnir mesurer la beauté insolite de la plume de Tremblay.Déclinant l'origine et le sens d'un vocabulaire du désir, le lexique nous apprend la signification de l’Anna Bourrasque (-changement brusque dans la lie de quelqu'un qui l'amène à vivre une crise d'identité, des saignements de nez et du fil à retordre contre vents et marées [.1»), de l'Anna Embargo (-en danse, pas de deux qui ne mène nulle part [.l»), de l’Anna trou noir (•théorie de l'amour qui rallie tous ceux qui sont contre |.|») et des autres symptômes fiés à une telle mise (Mi péril émotive.Avec h’ Mangeur de bicyclette, larry Tremblay signe probablement son passeport vers une plus grande reconnaissance, tant critique que publique.En intégrant à son œuvre une part de théâtralité, il renouvelle à sa façon le genre du roman, qui devient un habile compromis entre l’expressivité et l'intériorité (It's personnagi-s.LE MANGEUR DE BICYCLETTE larry Tremblay I x'inéac éditeur Montréal, 2(X)2,254 pages DE L’ETOFFE des MIRONS LES ÉDITIONS VARIA DE L’ÉTOFFE DES MIROIRS Normand ¦AnLEDUC ROMA I ESCALIER Dans De l'étoffe des miroirs, premier volet de Visages et voyages d'Oréal Pessoo, s'ouvre une stupéfiante enquête destinée à lever le voile sur cet énigmatique individu et le théâtre auquel il se voue corps et âme.Les sept marches de ce roman en escalier escaladées, l'enquête conduira le lecteur au cœur des miroirs qui en jalonnent l’ascension.2002,192 p., 19,95 $ [ ISBN 2-922245-72 1 ) Distribution Prologue www.vana.com infowvaria.com Vw-' (>UAI*V M -HuL C!L> C.P.35040, CSP Fleury, Montréal IQC) H2C 3114 • T*l.: (SU) i89 844e • Télf(.: (S14) 389 0128 31 S.” D'autres nouveautés intéressantes vous attendent (hti votre libraire.H ACADEMIE DES LETTRES DU QUEBEC 20’ Colloque de l’Académie Samedi 5 octobre 2002 Hôtel Gouverneur.Place Dupuis 1415, rue Saint-Hubert, Montréal H2L 3Y9 (métro Berri-UQAM) LITTÉRATURE ET CYBERESPACE 9h Accueil par Jean Royer, président de l’Académie; Présentation du colloque par Jacques Allard, vice-président et animateur; Mot du président d’honneur : Claude Lévesque, membre de l’Académie 9hl5 Exposé inaugural : “La fin du texte comme objet" par Jean-Claude Guédon, Université de Montréal 9h45 Discussion toh I.Écrire a Tere du cvbempacc Naim Kattan, membre de l’Académie : “ L’écrivain persiste ” Monique LaRue, membre de l’Académie : “De la plume au palm” Philippe Aquin, Société Orange, S.A : “L’écriture technologique” llh Discussion mis H.Écrire dans le cyberespace Élisabeth Vonarburg, romancière: “R.V.” Louis Caron, membre de l’Académie : “Comment j’ai abordé le cyberespace" François Barcelo, romancier : “Mes hauts et mes bas dans le cyberespace" 12H15 Discussion I2h.i0 Déjeuner (buffet payant sur place) I4h III.Publier dans le cyberespace Hervé Fisher, Université Concordia : “ Peut-on être cyberécrivain ” Jacques Dufresne, Agora : “ L’Encyclopédie numérique Agora ” Ollivier Dyens, Revue Chair et métal : “L’esthétique de la mutation" ¦5h Discussion I5hl5 IV.Lire dans le cyberespace Jean-François Chassay, U.du Québec à Montréal : “La machine illimitée" Christian Vandendorpe, Université d’Ottawa : “Genres virtuels” Derrick de Kerckhove, Université de Toronto : Lire dans le cyberespace” 16H15 Discussion et Conclusions avec Hervé Fisher I7h Mot de la fin par André Ricard, secrétaire de l’Académie Réception ENTRÉE LIBRE Colloque soutenu par le Conseil des Arts et des lettres du Québec ; le Conseil des Arts de Montréal ; et le Conseil des Arts du Canada.f S&VR0IS -RIVIERES octobre 2002 INFO-PROGRAMMATION INFO-FESTIVAL : 1-819-379-9813 HOTEL GOUVERNEUR : - 819-379-4550 Repas-Poésie 6 & 13 octobre 5.6.12 & 15 octobre 5-13 octobre 5-13 octobre 11H00 Muffin-poésie 12h00 Dîner-poésie I2h00 Dîner-poésie 12H00 Dîner-poésie Librairie Morin Angéiine Ristorante 18H30 Souper-poésie 18h30 Souper-poésie 4000, des Forges 313 A, des Forges Resto Le St-André I^e Lupin (819) 694-1116 (819) 372-0468 1140, St-Prosper 376, St-Georges 5.6.12, 13 octobre 7-11 oct.: dîner 5-13 oct.: souper (819) 376-5811 7-11 octobre (819) 370-4740 6-11 & 13 octobre 12h00 Dîner-poésie 12h00 Dîner-poésie 12H00 Dîner-poésie 18h30 Souper-poésie Resto-bar l^e Comic 18H30 Souper-poésie Au Four à bois Oouff Elles Café Bistro St-Germain 334, des Forges 329, Laviolette 767, St-Maurice 401, St-Roch (819) 370-6655 (819) 373-3686 (819) 378-6963 (819) 372-0607 5.6.10.11.12.13 oct.10-11 octobre 4-13 octobre 5-13 octobre 18I1OO Souper-poésie 18h00 Souper-poésie Rencontres-poésie J’écris vos poèmes Restaurant Gaspard La Becquée 15H00 et 19H30 avec vous :13h-15h 475, des Forges 4970 des F’orges Librairie Morin 20h00-21h30 (819) 691-0680 (819) 372-1881 4000, des Forges Marches de l’Hôtel- Atelier-poésie Apéro-poésie (819) 694-1116 Apéro-poésie de-ville de T-R Apéro-poésie 6.S.9.10.11.13 oct.5-13 octobre 9-13 octobre 5-13 octobre Atelier d’écriture 15K00 Poèmes de jour 17h00 Apéro-poésie Bistrot l’Atrium • Apéro-poésie 15h00 Salle régionale Café-Gai.Embuscade Café Bar Zénob Maison de la culture 1571, Badeaux 45, St-Antoine 171, Bonaventure 1425, PI.Hôtel-de-ville (819) 374-0652 45, St-Antoine (819) 378-9925 5-13 octobre 5-13 octobre Récital-poésie 6 & 10 octobre Récital-poésie 5-10, 12-13 octobre 1 ThOO Apéro sans fumée 17h00 Apéro-poésie 19h00 Récital 20K30 Récital- Bar L’Hexagone-Delt Resto-bar Le Comic poésie Zénob Poésie Café Bar Zénob 1620, Notre-Dame 334,des Forges 171, Bonaventure 171, Bonaventure (819) 376-1991 (819) 370-6655 (819) 378-9925 (819) 378-9925 Récital -poésie Récital-poésie Impro-poésie Jazz-poésie 13 octobre 7-12 octobre 8 octobre 13 octobre I 20H30 Chansons-poésie 20H00 Musique-poésie 19h30 Impro-poésie 20b00 Jazz-poésie Resto-bar Le Comic Le Maquisart, 10 $ Le Maquisart 3$,4$ Maison de la 334 des Forges 323 des Forges 323, des Forges Culture (819) 370-6655 (819) 379-0235 (819) 379-0235 1425, Pl.Hôtel-de Ville Poèmes milieu de soirée Poèmes de nuit Ciné-poésie 10-13 octobre 4-13 octobre 3-13 octobre 21h30 23HO0 Poèmes de nuit OlhOO Voix off 14h00 : 6, 13 oct.858, Laviolette Bar l'Atrium Café Bar Zénob 19H30: 3,4,9,11 (819) 376-4459 45, St-Antoine 171, Bonaventure octobre (819) 378-9925 20H00 : 12 octobre édition SUGGESTIONS PARMI LES 425 ACTIVITES Lûtedejpoètej witù BMlüWMM Les gagnants des prix de poésie p ¦ KH ItlS) DI l’RI.SI \a.1.Raymonds Andréa Prix bckf & poé>>k 2.Gagné, Nicole Prix Pitbé (k poé.Blais Marte-Üaire (Québec 47.Blouin Louise (Québec) 48 Bersianik Louky (Québec) 49.Boucher France (Québec 50.Boucher Micheline 51.Broesard Nicole (Québec) 52.Gippens Patrkk (Québec) 53.Darg» Daniel (Québec) 64.Desrosiers Claudine (Québec) 65.Des Rosiers Pascale (Québec) 56.Devauli Gilles (Québec) 57.Fournier Danielle (Québec) 58.Gaudet Gérald 69.Gbalem Nadia (Québec) 60.Haeck Philippe 61.Jean Guy (Québec) 62.JoK' Suzanne 63.Joyal Denise (Québec) 64.Kimm D.(Québec) 65.Klang Gary (Québec) 66.Klimov Alexis (Québec) 67.Uverdure Bertrand (Québec) 68.Leoompto Luc 69.Létoumeau Micbel(Québec) 70.Marchamps Guy I ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ m u ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ umm mm m m 71.Mestokosho Rita (Québec) 72.Neveu Angéiine 73.Nicolas, Sylvie (Québec) 74.Painchaud Jeanne 75.Perrier Luc 76.Peyrouse Anne 77.Plamondon Réjean (Québec) 78.Renaud Alix (Québec 79.Richard Lyne 80.Riopel Jean-Éric (Québec) 81.Riverin Agnès 82.Roy Bruno 83.Roy Marcelle (Québec) 84.Souaid Carolyn Maine (Québec) 85.Trudei Alexandre (Québec) 86.van Schendel Michel 87.Vigneault, François (Québec) 88.Villemaire.Yolande 89.Watteyne Nathalie (Québec) Poète public invité : 90.Thibault Martin Autres festivals : 91.Dyck Regina (.Allemagne) yt8(kbl^Ché,er*«lk.(]eyi^ 92.Brogniet Énc (Belgique) 93.Giiajson Htmèi^ikle (Nonew-Bnaswick} 94.Dreyfus Ariane (France) 95.Carneau Michel (Québec ) 96.Gode! Vahé (Suisse) 97.Maulpoix Jean-Michel (France) 98.tV\onette Hélène (Québec) 99.Stubbe Gwenaâle (Belgique) 100.Voisard .Alexandre (Suisse) ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ «Il ¦ ¦ m m mmm ¦¦¦¦¦¦ m ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦¦¦¦¦¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ mmm mmm mmm « m ¦ ¦ 13HOO-15HOO J'écris vos poèmes avec vous.Marches de I Hôtel-de-ville, 1325, Place de 1 Hôtel-de-Ville, Trois-Rivières, (819) 379-9813.Poète : Martin Thibault (Québec).15H00.Café-poésie-Librairie Clément Morin-Café Morgane, 4000, boul.des Forges.(819) 379-4153.Entrevue : Gérald Gaudet.Poète : Marie-Claire Blais (Québec).20h30.Soirée de poésie.Éditions Trois-Pistoles.Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poète : Victor Lévy Beaulieu (Québec).Lancement du recueil de poèmes de Alfred Gameau (Québec).13h30 Rencontre-poésie.Centre culturel Champs Vallons, 1320, 8e rang, Sainte-Mélanie, (450) 669-9742.Poètes : Marie Sunahara (Japon), Charles Leblanc (Manitoba), Morten Sondergârd (Danemark), Vrleriu Stancu (Roumanie).14h00.Intervention de René Derouin dans le cadre de l’exposition Lf fleuve retrouvé, estampes et peintures de René Derouin (Québec).Poèmes : Pierre Morency (Québec).Galerie d’Art du Parc, 864, des Ursulines, (819) 374-2355.15h00.Café-poésie-Librairie Clément Morin-Café Morgane, 4000, boul.des Forges, (819) 379-4153.Entrevue : Gérald Gaudet.Poète : Victor Lé\y-Beaulieu (Québec).I7h00-I8h30.Apéro-poésie.Éditions Tiyptique fêtent ses 25 ans (Québec).Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes .Yvan Bienvenué, Thieriy Bissonnette, Bio Maggie, Amick Arsenault (Québec).Les 25 premières personnes se verront remettre un livre de poésie par l’éditeur.18h00.Souper-poésie.Restaurant L’Envol, 688 St-Antoine, La Tuque, (819) 523-4428.Musicien : Keith Olsen.Poètes : Franck De Crits (Belgique), Krystyna Rodowska (Pologne), Laure Cambau (France), Eric Roberge (Québec).17h00.Apéro-poésie-sans-fumée.Bar l’Hexagone, Hôtel Delta, 1620, Notre-Dame, (819) 376-1991.Poètes : Michel Thérien (Ontario), Jean Boisvert, Yvan Bienvenue, Jean-Éric Riopel, Anne Peyrouse (Québec).18h30.Souper-poésie.Restaurant Bistro St-Germain, 401, St-Roch, (819) 372-0607.Poètes : Michel Thérien (Ontario), Louky Bersianik, Bio Maggie, Nathalie Watteyne, Bertrand Tremblay (Québec).23h00.Poèmes de nuit.Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Jean Boisjoli, Jean Boisvert, José Acquelin, Louky Bersianik, Thieny Bissonnette, Anick Arsenault, Alexis Klimov, Mix Renaud, Agnès Riverin, Jean-Éric Riopel (Québec).Le mardi 8 octobre ISKOO-lThOO.Poèmes du milieu du jour.Café Galerie L’Embuscade, 1571, Badeaux, (819) 374-0652.Poètes .Rodica Draghincescu (Roumanie), Jean Boisvert (Québec).17h00.Apéro-poésie.Resto-Bar Le Comic, 334.des Forges, (819)370-6655.Poètes : Coral Bracho (Mexique), Roberto Di Pasquale (Argentine), Desmond Egan (Irlande), Béatrice Libert (Belgique), Luis Armenia Malpica (Mexique), Marie Sunahara (Japon), Ann Diamond (Colombie-Britannique), Michel Thérien (Ontario).20h30.Musique et poésie.Le Maquisart, 323, des Forges, (819) 379-0235.Musiciens : Trio Boris.Poèmes : Jacques Prévert (France).Coût : 10,00 $ tx inc.Le mercredi 9 octo ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ a a a a a a a a a a a a a f.a a a a Poètes du monde : 10!.fcrroc*! Viorç Ujra ! (UakçivK^ufw^ ¦ B ¦ 15h00.Café-poésie-Librairit Clément Morin- IM.Biua Gémd (IW) ¦¦!!¦!!¦¦¦ Café Morgane, 4000, boul.des Forges, strsîxr- 105.Cambau Um (France) B B B B B B B Poète : Fvguenj Boummovitch (Russie).10b.Campa.Mar» Aimmo OtniqM) ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ IThOO.Wro-poéaie.Écrits des Forges.Café 107.Carrai» Uar.CVgaruma) BBBBBBBB ^ l7j Bonavcnrur(.- (819) 378.KB.Chop .Won TraoSTsémfrJ B B B B B B B B B «25, Poètes : Coral Bracho (Mexique), 110.Di Psaqualt Rob.no (Arjannna) BBBBBBBBBB Marco Antonio Campos (Mexique).Roberto 1 H.ExanDasmond (Mandai BBBBB Di Pasquaie (Argentine), Luis Armenia 112.HOuamni Hassan (Maroc) ¦¦¦¦¦•BBBB Malpica, Armando Alanfs Pulido (Mexique).I IJ.Draghincescu Rodica (Roumanie) Luan Starova (Macédoine).Jean-Paul laSz'Æt) pumondon (^^c.II b.Kxm Sophie Henli (Burkina Faso) ® Jj Jjj| Jjj *| ® j* jjj ® * 17h00-I9h00.Rencontre-Poésie.117.Kurapel Alberto (Chili) ¦¦¦¦¦ ¦ ¦ ¦ tt ¦ Café St-Georgcs, 250, rue Hériot, 118.Lanct .AUm (France) ¦¦¦¦¦•¦¦¦B DmmmondvTlîe, (819)475-3500.Poètes: 121.Ma^id, Biei (.tUunusIw,) ï!!!!!!!!! (5;WrqaoÆÿagne)M}çnam Montoya 122.Mompçu Mvnam (Colombia) ¦¦¦¦¦¦¦!¦¦ (Colombie), France Boucher (Québec).123 f^doAmaaèa Alanfe (Maxiqual 1%00.Récital-poésie.Resto-Bar vu ___a B B B I» Somnambule; 599,4e rue, Shawinigan, m.¦¦¦¦¦¦!¦¦¦ (819) 537-6718.Poètes : Kiril Kadiislti 127 Sunahara .VWnc (Japon) BBBBBBBb" (Bulgarie), Béatrice Ubert (Belgique), 128.Sonderjtrd Morten irianemadO ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ Krystyna Rodowska (Pologne), Morten 129 Stancu Valeriu (Roumanie! BBBBBBBBBB Sendergird (Danemark).Germaine Beaulieu I3RStaroraUan(MacJdoina) BBBBBBBB (Québec).i5LToiairtnpi6)H^HF(Pra8isqBr2l»pif)e) ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ 132.Wriclman Ame (F«a-l'nia) B B B B fl 20h30.J an-poésie ; Jazz eue ira lèvra.Le Maquisart, 323, des Forges, (819) 379- Caïuda français 0236.Musiciens : Guillaume Marchand.! ! ! ï ¦ Phüippe Roy.Érik Laprade.Chanteuse : 135 Cut-u Nicola V (Ontano) Î ^BT°“' D»0"*1 13t.Cook Maryarr! Michalr (Oniaéo) BBBBB (Québec).Coût : 10,00 $ tx.ind.137.Dttmond Ane (Coiomb*.6nunm()w) B B fl B B fl I3X.LW Canalin Banoil (Maniioba) B B 139.Foreil Uaoard (Nouvam-BrunaMick) BBBBB I4& Incomba Cfc (Ontano) BBBBB )2hl5-14h00 Conférence Science et poésie.ÏÏÏSÏ Collège Uflèche.1687 boul.du Carmel, local .01 (819) 37^7^6.Conférencière çète : M4.Violy Christian (Manitoba) fl B Rejean Plamondon, ex-directeur de I Ecole Polytechnique de Montréal (Québec), I a* ieiitli 1 0 octohro 15h00.Café-poésie-Librairie Clément Morin-Café Morgane.4000, boul.des Forges, (819) 379-4153.Entrevue : Gérald Gaudet.Poète : Léonard Forest (Nouveau-Brunswick).18KOO.Souper-musique-poésie.Restaurant La Becquée, 4970, boul.des Forges.Réservations : (819) 372-1881.Poètes : Sophie Heidi Kam (Burkina Faso), Alberto Kurapel (Chili, Alain Lance (France), Bertrand Laverdure.Élise Turcotte (Québec).19h00-20hl5.Récital.Les Éditions de l’Hexagone et les Éditions VLB (Québec).Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Yves Prélontaine, Aline Apostolska, Danielle Fournier.Martin Bélanger, Philippe Haeck, Michel van Schendel (Québec).20h30.Érotisme et poésie.Resto-Bar Le Comic, 334, des Forges, (819) 370-6655.Piano : Gilles Hamelin.Chansons et poésie : Guy Marchamps.Poètes : Laure Cambau, Alain Lance (France), Jean-Paul Daoust, Danielle Fournier, Claudine Bertrand, Monique Deland, Christine Balta (Québec).10h00-l lh30.Première Rencontre des Écrivains 2002.Radios publiques francophones.Organisée par la Première Chaîne de Radio-Canada.Salle Cogéco du Musée Québécois de Culture Populaire, 200 rue Laviolette, (819) 372-0406.Thème : Situations / Identités t Mouvances.Poètes : 5 des poètes suivants : Jean-Michel Maulpoix, Ariane Dreyfus (France), Alexandre Voisard, Vahé Godel (Suisse), Éric Brogniet, Gwenaëlle Stubbe (Belgique), Herménégilde Chiasson (Nouveau-Brunswick), Hélène Monette et Michel Gameau (Québec).Animateur : Michel Carneau (Québec).14h30-16h00.Deuxième Rencontre des Écrivains 2002.Radios publiques francophones.Organisée par la Première Chaîne de Radio-Canada.Salle Cogéco du Musée Québécois de Culture Populaire, 200 rue Laviolette, ( 819) 372-0406.Thème : Dire - Écrire - Décrire l’indicible.Poètes : 5 des poètes suivants : Jean-Michel Maulpoix, Ariane Dreyfus (France), Alexandre Voisard, Vahé Godel (Suisse), Éric Brogniet, Gwenaëlle Stubbe (Belgique), Herménégilde Chiasson (Nouveau-Brunswick), Hélène Monette et Michel Garneau (Québec).Animateur : Michel Gameau (Québec).19h00.Récital en langue espagnole iX tarde atonal de poesia y musica.Salle Rodolphe-Mathieu, pavillon Michel-Sarrazin, Université du Québec à Trois-Rivières, (819) 370-1502.Poètes : Coral Bracho (Mexique), Laura ,Cerrato (Argentine), Luis Armenia Malpica, Armando Alanfs Pulido (Mexique).19h00.Poèmes en langue anglaise.Église anglicane St-James, 811, des Ursulines, (819) 374-6010.Poètes : Anne Waldman (Etats-Unis), Ann Diamond (Colombie-Britannique), Gaiy Klang, Carolyn Marie Souaid (Québec).20h00.Musique et poésie.Rendez-vous des Arts de Grand-Mère, Église StStephen, 111, 5e avenue, secteur Grand-Mère de Shawinigan.Réservations : (819) 538-3136 ou (819) 538-5448.Groupe Entre-Temps.Coût : 20,00 $ 2ïh30.Poèmes de milieu de soirée.Bistrot Atrium, 45, St-Antoine.Poètes : Alain Lance (France), Biel Mesquida (Majorque/Espagne), Armando Alanfs Pulido (Mexique), Ann Diamond (Colombie-Britannique), Christian Violy (Manitoba), Carolyn Marie Souaid).I0h00-1 lh30.Troisième Rencontre des Écrivains 2002.Radios publiques francophones.Organisée par la Première Chaîne de Radio-Canada.Salle Cogéco du Musée Québécois de Culture Populaire, 200 rue Laviolette, (819) 372-0406.Thème : Expressions - translations.Poètes : 5 des poètes suivants : Jean-Michel Maulpoix, Ariane Dreyfus (France), Alexandre Voisard, Vahé Godel (Suisse), Éric Brogniet, Gwenaëlle Stubbe (Belgique), Herménégilde Chiasson (Nouveau-Brunswick).Hélène Monette et Michel Gameau (Québec).Animateur : Michel Gameau (Québec).13hOO-l7hOO.Les cordes à poèmes.Exposition de tous les poèmes écrits lors concours du Fl P et dans les écoles.Tous les poètes présents y accrochent un poème.Place de l'Hôtel-de-Ville.ACTIVITÉ FAMILIALE.14h00.GRANDE SOIRÉE DE LA POÉSIE I : dédiée à la mémoire du poète Alfred DesRochers.Maison de la Culture, 1425, Place de l’Hôtel-de-Ville.Prix : 10,00 $ Tx incl.Réservations entre 11H00 et 18h00: (819) 380-9797 ou billetterie@v3r.net ou 1 (866) 416-9797 (sans frais).Poètes : 01.Marcel Dubé (Québec) 02.Claude Beausoleil (Québec) 03.Anne Waldman (Etats-Unis) 04.Paul Chanel Malenfant, Prix du Gouv.général du Canada (Québec) 05.Evgueni Boummovitch (Russie) 06.Laura Cerrato (Argentine) 07.Yves Préfontaine, Prix Estuaire des Terrasses St-Sulpict (Québec) 08.Mamadou Traoré Diop (Sénégal) 09.Hassan El Ouazzani (Maroc) 10.Rodica Draghincescu (Roumanie).11.Jean-Marc Desgent, Prix Félix-Antoine-S&vard de Poésie (Québec) 12.Kiril Kadiiski (Bulgarie) 13.Mathieu Boily.Prix Éraile-Neîligan de Poésie,(Québec) 14.Bassam Hajjar (Liban) 15.Andréa Raymond, Prix-Piché-de-Poésie de l UQTR, (Ontario) 16.Sophie Heidi Kam (Burkina Faso) 17.Alain Lance (France) & trois-rivières Le Nouvelliste Conseil des Arts du Canada 1*1 Pammotnc can*dt#n Caraftan HBntBgc / DÉCRITS DES # p o a • 11 " POÉSIE 18.Luis Armenia Malpica (Mexique) 19.Biel Mesquida (Majorque/Espagne) 20.Myriam Montoya (Colombie) 21.Robert Giroux (Grand Prix Littéraire de la ville de Sherbrooke) 22.Krystyna Rodowska (Pologne) 23.Susanna Rafart (Catalogne/Espagne) 24.Franck De Cnts (Belgique) 25.Rita Mestokosho (Québec) 26.Morten Sondergârd (Danemark) 27.Valeriu Stancu (Roumanie) 28.Elisabete Tolaretxipi (Pays Basque/Espagne) 29.Léonard Forest (Nouveau-Brunswick) 30.Normand de Bellefeuille, Grand Prix de Poésie Radio-Canada et Prix Odyssées de Poésie (Québec) 31.Élise Turcotte, Grand Prix du Festival International de la Poésie (Québec).14h30-16h00.Quatrième Rencontre des Écrivains 2002.Radios publiques francophones.Organisée par la Première Chaîne de Radio-Canada.Salle Cogéco du Musée Québécois de Culture Populaire, 200 rue Laviolette, (819) 372-0406.Thème : Matières résurgentes.Poètes : 5 des poètes suivants : Jean-Michel Maulpoix, Ariane Dreyfus (France), Alexandre Voisard, Vahé Godel (Suisse), Eric Brogniet, Gwenaëlle Stubbe (Belgique), Herménégilde Chiasson (Nouveau-Brunswick), Hélène Monette et Michel Gameau (Québec).Animateur : Michel Gameau (Québec).18h00.Souper-poésie.Restaurant Gaspard, 475, des Forges, (819) 691-0680.Poètes : Alberto Kurapel (Chili), Armando Alanîs Pulido (Mexique), Christian Violy (Manitoba), Stéphane Despatie (Québec).20h00.GRANDE SOIRÉE DE IA POÉSIE 2 : dédiée à la mémoire du poète Alfred DesRochers.Maison de la Culture, 1425, Place de HHôtel-de-Ville.Prix : 10,00 $ Tx incl.Réservations entre 1 IhOO et 18h00: (819) 380-9797 ou billetterie@v3r.net ou 1 (866) 416-9797 (sans frais).Poètes : voir 14h00 de ce jour.20h30.Récita] de poésie.Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Gérard Blua (France), Maxime Côté, Prix Intercollégial de Poésie, Yolande Villemaire (2e Prix de Poésie de la Société Radio-Canada), Donald Alarie.21h30.Poèmes de milieu de soirée.Bistrot Atrium, 45, St-Antoine.Poètes : Gérard Blua (France), Roberto Di Pasquale (Argentine), Gilles Lacombe (Ontario), Benoît Doyon-Gosseiin (Manitoba), Michel Vallières, Nicole Gagné, finaliste Prix-Piché-de-Poésie de l’UQTR, Gaiy Klang (Québec).fBE RffiBBIBI MilVBîfflS 1 Ih00-12H30.Cinquième Rencontre des Écrivains 2002.Radios publiques francophones.Organisée par la Première Chaîne de Radio-Canada.Salle Cogéco du Musée Québécois de Culture Populaire, 200 rue Laviolette, ( 819) 372-0406.Thème : La glace cane tain.Le texte muu fin(e).Poètes : 5 des poètes suivants ; Jean-Michel Maulpoix, Ariane Dreyfus (France), Alexandre Voisard, Vahé Gode! (Suisse), Éric Brogniet, Gwenaëlle Stubbe (Belgique), Herménégilde Chiasson (Nouveau-Brunswick), Hélène Monette et Michel Gameau (Québec).Animateur : Michel Gameau (Québec).1 IhOO.Muffin et poésie.Librairie Clément Morin-Café Morgane, 4000, boul.des Forges, (819) 379-4153.Poète : Élise Turcotte Québec), lauréate du 18e Grand Prix du Festival International de la Poésie.12h00.Dîner-poésie.Restaurant Le Saint André.1140, St-Prosper, (819) 376-5811.Poètes : Mamadou Traoré Diop (Sénégal), Roberto Di Pasquale (Argentine), Sophie Heidi Kam (Burkina Faso), Franck De Crits (Belgique), Léonard Forest (Nouveau-Brunswick).13h00-17h00.Les cordes à poèmes.Exposition de tous les poèmes écrits lors concours du F1P et dans les écoles.Tous les poètes présents y accrochent un poème.Place de l'Hotel-de-Ville.ACTIVITÉ-FAMILIALE.IThOO.Apéro-poésie de la revue Exit.Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Denise Brassard, Mario Choiette, Karen Ricard, Éric Roberge, Paul Chanel Malenfant, Béatrice Migneault, Stéphane Despabe (Québec).IThOO.Apéro-joumalistes-poésie.Resto-Bar Le Comic, 334, des Forges, (819)370-6655.Patricia Powers et ses invité(e)s des médias disent leurs poèmes préférés.18h30.Souper-poésie.Restaurant Bistro St-Germain.401, St-Roch, (819) 372-0607.Poètes : Evgueni Bounimovitch (Russie), Bassam Hajjar (Liban), Biel Mesquida (Majorque/Espagne), Myriam Montoya (Colombie), Franck De Crits (Belgique), Paul Chanel Malenfant (Québec).19h30.Impro et poésie entre des poètes et les joueurs de la Ligue d’improvisation Mauricienne.Le Maquisart, 323, des Forges, (819) 379-0235.Coût : 3,00 $ et 4,00 $.Poètes : Stéphane Despabe, Guy Marchamps (Québec), 20h00.Jazz et poésie.Maison de la Culture, 1425, Place de l'Hôtel-de-Ville.Trio : Daniel Lessard (direebon, piano), Joël Prenovault (contrebasse) et André White (batterie).Poètes : Gérard Blua, Alain Lance (France), Alberto Kurapel (Chili), Kiystyna Rodowska (Pologne), Léonard Forest (Nouveau-Brunswick), Yves Préfontaine (Québec).23h00.Poèmes de nuit : dernier tour du monde.Café Bar Zénob.171, me Bonaventure.(819) 378-9925.Tous les poètes présents.& GOUVERNEUR HÔTEL LE DEVOIR \ radia chaîne culturelle Radio-Canada IntnmnttonMix Québec SS Culture •t Communications Québec n no < \ LE DEVOIR.LES SA M EDI 5 ET DI M A N f II E li O t T O B R I 2 O O 2 F r> Hey Doc, on va devenir une vraie rue», lance naïvement la jeune Dée Provost, quelque part au début du roman de Michael Delisle, sans se rendre compte comme elle dit vrai.Pour l’heure, elle et sa èh mille, et les voisins, ne «sont» que des rues sans asphalte, ni trottoirs, dans une sorte de zone franche du Longueuil des années 1950 où, comme bien d’autres citadins, ils sont venus s'installer parce qu’on n’y payait pas de taxes.Les personnages mal dégrossis, presque primitifs, de Dée ressemblent tellement aux lieux qu'ils habitent qu’on ne saurait dire si ceux-ci ont conditionne ceux-là, ou l’inverse.On n'est plus tout à fait à la campagne, ni dans une vraie banlieue, du moins pour quelque temps encore.Car voici que s'annoncent l’asphalte et le béton, au grand dam du pere Provost qui n’entend rien changer à sa maison, bâtie de bric et de broc quinze ans plus tôt et dont la façade n'est pas encore terminée, flanquée d’une shed et d’une soue — il éléve des cochons — avec, tout près, la dompe qui sert de terrain de jeu à Dée et à son frère Charly.Nous sommes dans la marge sociale et historique d’un certain Québec d'hier, où on ne trouvera cependant pas de traces du duplessisme et encore moins des premiers soubresauts de la Révolution tranquille.Chacun vit ici au jour le jour et au ras du sol.Dée elle-même ressemble à un petit animal: elle «miaule», elle sautille «comme une jeune chienne».Avant même d'ètre pubère, elle est «prêtée» périodiquement à un vieux vétérinaire avec la complicité de sa mère.On grandit et on vieillit vite dans un tel milieu.Dée, à quinze ans, couche avec un homme qui en a le double, en espérant lui soutirer un peu d’affection.— Littérature — ROMAN QUÉBÉCOIS Domaines à occuper C Robert Chartrand ?Elle se fait engrosser- Ce sera le mariage forcé, orchestré par sa mère, trop contente de se débarrasser enfin d’elle.Puis, après avoir été parquée plusieurs semaines dans un motel, elle va enfin emménager dans sa maison toute neuve, bien à elle, au cœur d’un de ces lotissements qu’on appelle pompeusement un «domaine».Tout lui apparait alors nouveau, y compris la toponymie.Et elle se réjouit de la variété apparente des styles de demeure: «une maison canadienne, un split-levelflo-ridien, un bungalow rendu espagnol par un élément de fer forgé, un cottage peut-être suisse à cause des traverses foncées sur le fond de stuc», jusqu’à ce quelle découvre, chez des voisins, «le même plan que chez elle, le même escplier, les mêmes armoires.Tout est pareil».A partir du milieu du livre, Dée la banlieusarde vivra les quatre années suivantes pratiquement seule, avec son jeune enfant Le mari ne fait qu’aller et venir quand il ne s’adonne pas à ses petits trafics, il s'offre des sorties entre hommes.L’univers de Dee, déjà étriqué, se ratatine encore dans cette maison pourtant spacieuse qu elle n’a pas la force d'entretenir.C'est tout juste si elle pensa» à nourrir son entant.Frappee d'atonie, Dee perd progressivement le peu de retenue et de respect humain qui lui restait.11 lui vient des envies de se jeter au cou «de gens qu elle ne cannait pas»: voisin, livreur de journaux, démarcheur, laitier.Dans ce decor qui lui reste etranger, elle rêvasse.elle feuillette des magazines, elle se maquille, incapable de s'accoutumer à cette uniformité, à cet ordre nouveau, elle qui n'avait connu jusque-là que l'étrangeté et la marginalisation.Elle va d’ailleurs devenir nostalgique de la masure de son enfance, de ces rues boueuses où les enfants poussaient tout seuls, comme de la mauvaise herbe, voire de ses randonnées pourtant éprouvantes en compagnie du vieux vétérinaire.C'est un veritable petit exploit que réussit Michael Delisle de relater, en de courts épisodes, la delitescence de ce personnage de fillette qui a grandi trop vite, devenue une épousé esseulée, puis, avant même ses vingt ans.une femme vieillie, assommée par les médicaments.L'écriture vise l'efficacité d’abord, qui montre et raconte par une voix narrative qui suit les personnages au plus près, tout en les laissant à eux-mêmes.à certains de leurs secrets.Cohérence oblige, Dée et son entourage seraient bien embêtes de nommer leur souffrance: il leur manque l'habitude, les mots qu'il faudrait.Ce roman de Michael Delisle, très différent de ses deux premiers, Drame privé (Herbes rouges, 1989) et Helen avec un secret (Leméac, 1995), se situerait plutôt dans le prolongement de Fimtainebleau, un recueil de prose poétique (Herbes rouges, 1987) où s'écrivait.par petites touches, une enfance dans une banlieue nouvelle, parmi des parents et des voisins très semblables à ceux de Dée Ici comme là.il y a beaucoup de non-dits.Aux lecteurs de deviner — sans trop de peine, il est vrai — que le médicament administre à Dee par le vétérinaire ne servait pas à soulager ses maux de dents, que les menus cadeaux des gentils messieurs à la mère de Dée n’étaient pas destines à ses beaux yeux, etc.la prose de Delisle, ici, ne se veut pas poétique.On y lira bien que «Tavant-midi est gris pâle», que •c'est un jour de juillet.franc et clair», ou que «la lune est claire et les matous sacrent», mais ce ne sont que les très rares écarts d’une écriture toute de rigueur et de dépouillement.Dans le petit monde de Dee, chacun se cantonne dans ses manques et ses besoins, et va à sa petite affaire: les hommes vivent d’expédients, les femmes minaudent.Le revit de Delisle raconte cela en se gard;mt de tout psychologisme.Dée ne semble pas avoir de maladie précise.Serait-elle un peu folle, ou en train de régresser vers une petite enfance où elle n’a pourtant pas connu beaucoup d’insouciance?Dée, c’est l'histoire de la misère» s;ms le dénuement, l'histoire surtout de la jeunesse d'un étonnant personnage de femme, marquée davantage peut-être par les deux territoires où elle a vécu que par les personnes.robert.c ha tira lulSfouytn ixi tico.ca DÉE Michael I Vlisle lemeac éditeur Montreal, 2002,121) [Xtges LITTÉRATURE FRANÇAISE ESSAIS Terre de mémoire GUYLAIN E MASSOUTRE Cinq générations se racontent dans la bouche d’un quinquagénaire dénommé Saturnin Jouve.Avec eux, une bourgade du Gard, près de Nîmes, appelée So-lignargues, devient le théâtre d’un défilé de personnages attachants.On entre dans une vieiîie maison familiale où des «femmes voluptueuses, longuement aimées par des hommes mélancoliques», régnent paisiblement dans le silence auquel le destin voue les gens ordinaires.Pourtant, rien de moins banal qu’un regard tendre et appliqué sur les chemins particuliers de l’existence.Cette saga, d’une esthétique qu'on peut penser obsolete, revampe le pittoresque d’une série étalée sur deux siècles.Des femmes rayonnantes, nées pour le bonheur, forment le pivot d’histoires qui se succèdent mélancoliquement.Autour d’elles, des hommes plus falots gravitent, avec leurs faiblesses de caractère et leur indéfectible attachement; les enfants viennent, et leur lot de sottise et de particularités ajoute une touche spéciale aux instantanés du moment.Un patrimoine humain Dans l'esprit du projet littéraire, ce panorama humain est assez rétrograde: la bonne oreille qui le recueille se nomme, dans le texte, l’écrivain Milovanoff.Larfifice est le même dans le dernier Eric Holder.11 est donc un roman actuel, tourné vers la vie provinciale, qui s’accroche à la véracité du témoignage.Prolongement de l'autofic-tion en histoires de simples vies, il réunit un conteur habile et un écrivain expert Mémoire réenchantée, quand tu nous tiens, tu nous donnes de beaux rêves.Telle est la leçon de la fable.En effet, de cet art clas- sique du portrait qui plaît, il ressort des caractères universels.Ici, comme dans ses livres précédents, Milovanoff réussit à faire correspondre deux mondes, l’un, actuel, de confusion, et l’autre, en toile de fond, de savoureuses illusions.Loin de ses racines, encore retenues aux confins du Languedoc et de la Provence, le citadin se démoralise.Il sombre dans la mélancolie et s’interroge.Que lui est-il resté du temps où les choses étaient ordonnées?11 le sait: un jugement tranché, «installé trop durablement dans ses divisions pour [lui faire] crédit.D’un côté les informes, les fous, les inutiles; de l’autre les nantis, les bien portants.Ici, l’homme prioritaire et là-bas la poste restante.Cela ne se mélange pas».Rien n’était idéal; les coupures existaient Mais ce qui lui manque aujourd’hui, cette difficulté d’être, est-ce une perte ou n’est-ce pas plutôt un lourd héritage?Ton identité, homme dépris de la lenteur pluriséculaire, tu la retrouves avec la certitude d’une anomalie «que tous constatent mais dont nul ne tiendra compte».D’où ce retour au passé.Voyez Baptisti-ne, la trisaïeule, condamnée à devenir aveugle, dès sa jeunesse.Milovanoff capte le monde par ses yeux ternis: «Ainsi, lentement, insensiblement, sans douleur ni violence particulière, le ciel, la mer, les toits, les arbres, les rues, les passants, les enfants joueurs, les chevaux, tout s’abolissait peu à peu dans une confuse lumière que le crépuscule recouvrait d’une lente averse de suie.» Ce destin, en ouverture, couvre le livre d’un symbolisme nocturne.Son père, Saturnin, lui a appris à se mouvoir dans l’obscurité, mais il a omis de lui enseigner le braille.Ce savoir-vivre, avec son lot d’indigence et d'incomplétude, est le legs qui surplombe, évidemment, le roman.D’ailleurs, est-ce bien un ro- Lectures ¦ ¦ m Hugues Corriveau Vers Taman te Pierre Nepveu Lignes aériennes Luc Perrier De toute manière Jean Royer Poèmes de veille Dimanche 6 octobre 15 h Réservations : 739-3639 Un brunch est servi au Bistro à partir de 10 heures man?Quelques sources humaines et livresques, mentionnées à la fin, placent l’histoire sous le signe de la photographie.Le romancier, croyez-le, tourne les pages d’un album de famille.Notre culture, oublieuse de ses richesses humaines, a-t-elle beau jeu de se vanter au présent?Face à ses bégaiements, le roman de mémoire évalue des difficultés d’être.Prévisibles ou imparables, dit-il, elles ont toujours trouvé des réponses, plus ou moins flamboyantes: des chants entendus dans le lointain, des rapports humains tolérants, l’ouverture de la maison, l’accord avec, un paysage qui ne renvoie pas trop frace d’agression.De la mémoire à la langue Milovanoff raconte comment ces gens, jadis, substituaient leurs ressources heureuses aux préjugés; comment, loin des solutions économiques et financières, ils se gardaient aussi de l’ambition, du pouvoir et de la jalousie.Mais il prévient lourdement son lecteur: malgré leur ruse ou leur versatilité, ils sombreront des félicités illusoires aux démentis désabusés que les coups du sort leur infligent «Vous allez voir que les pièges du temps sont invisibles et que leurs ressorts minuscules se forgent dans les ténèbres longtemps avant que les individus ne s'y laissent prendre.» Clin d’œil à Pierre Michon, autre chantre des petites gens?On pourra discuter du point de vue, de l’utopie, de la commémoration.La chronique mélancolique, c’est donc un style — «Mon Ilia- de», dit Victorin.Rosalie, qui se sert à l’occasion «un grand verre de mirabelle» et regarde, sous l'auvent de la galerie, «les rideaux d’eau froide qui dégoulinaient des gouttières dans le jardin», campe un personnage d'amoureuse et de mère bien moderne pour son temps.Le recueillement finit toujours sur un parfum de rose.N’en déplaise aux tenants d'une architecture volontaire ou de la déconstruction littéraire, Milovanoff mise sur un art de la plume qui tient à la qualité de l’humour, du lyrisme, du regard ému par lequel la mémoire se dépose dans des mots.11 peint des olympiennes.Pourtant, il reste à se demander: n’était-ce de son époque, Rosalie ajoute-t-elle à la nôtre ce «trop-plein de mémoire» hédoniste dont se charge le narrateur ou ver-se-t-elle une innocence qui recouvre les détails, «insignifiants», dit le personnage, des anecdotes de la vie d’antan?Milovanoff répond indirectement.Aux aléas de notre siècle, il oppose une sérénité à l’occasion teintée d’inquiétudes.Telle cette vision du naïf Léonce, livré au pur contentement au milieu d’un essaim d'abeilles.La joie d'une existence est une transe dans le souvenir: le roman l’accueille comme un trésor.Tout le reste est voué au néant LA MÉLANCOLIE DES INNOCENTS Jean-Pierre Milovanoff Grasset Paris, 2002,379 pages ^ÙW\r Jaa/WV r 1 l'foh+M, PIERRE YERGEAU PP** Liuftcwt Uiemc Où sont les dieux ?DAVID CANTIN La littérature n'appartient jamais à un sujet singulier.Iss acteurs sont au moins trois: la main qui écrit, la voix qui parle, le dieu qui surveille et impose.» C'est Roberto Calasso qui conclut lui-même à la toute fin de son magnifique essai intitulé Im Littérature et les dieux.Beaucoup plus qu'une étude sav;ui-te assez bien ficelée, le livre de cet érudit italien tente de saisir l'essence même de l'expérience littéraire.Depuis Homère jusqu’à lYoust, Calasso se lance dans une enquête spirituelle fascinante pour mieux prendre l’écrivain en otage.«Iss dieux sont des hôtes fugitifs de la littérature.» la phrase est lancée dès la première ligne.Il suffit désormais de comprendre ce que tout cela implique.l.es dieux comme chez Homère, quand la guerre de Troie éclate.On ne parle pas d’une habitude littéraire mais plutôt d’une apparition.Plus tard, en Allemagne, chez Holderlin et Novalis, on assistera au réveil et au retour des dieux.D’un chapitre à l'autre, Calasso s’interroge à propos de Baudelaire, Hugo, Mallarmé et Nietzsche.«Iss dieux se manifestent par intermittence, en fonction de l’expansion ou du reflux de ce qu’Aby Warburg définit comme Tonde mnémonique.» Bien sûr, au cours d’une pareille his toire, les dieux païens vont prendre toutes sortes de formes et de déguisements: prétexte lyrique, sonorité évocatrice ou chiffre secret dans la plus pure tradition alchimique.Puis, il y a les Nymphes.Rien n'est plus précieux et terrible que cette forme de savoir qui devient la matière même de la littérature.la dernière se nomme Ialita dans un roman de; Nabokov.Elle se manifeste tel «le\ médium où les dieux et les hommes' aventureux se renamtrent».Au milieu du bouquin, Calasso se penche sur le cas de lautréamont,; un barbare artificiel qui fit irruption; pour ne voir dans le monde que lui et Dieu.On respire déjà, dans les| lignes de ces Chants de Maldoror^ l’air détestable de la moquerie.C’est ; lui, et non Baudelaire, qui descendra jusque dans le moindre détail! de l'horreur.Ensuite, l’auteur de la Kuine de Kasch poursuit sa re-j cherche vers cette forme neutre du divin chez Mallarmé.Il se» rend ensuite jusqu’au Monologue de Nova-lis: ce flux continu de mots sur le langage, où «jamais le langage et le discours sur le langage n 'étaient parvenus à un tel degré de proximité».De Nietzsche à la Recherche, comme le mentionne Calasso, «chaque vibration de la parole présuppose quelque chose de violent [.|.Un meurtre?Un sacrifice?Ce n’est pas clair, mais la parole ne cessera jamais de le raconter».De la triangulation du moi, du soi et du divin, la littérature et les dieux invite à réfléchir sur le secret de cet art qui se retranche aussi solitaire qu’indemne.A l’image des Grecs, Roberto Calasso se montre encore capable «d’ouvrir des fissures dans le réel».LA IJTTÉRATURE ET LES DIEUX Roberto Calasso Traduit de l’italien [)ar Jean-Paul Manganaro Gallimard Paris, 2002,191 images la dissolution d'un monde La Grande Guerre et l’instauration de la modernité culturelle en Occident Vincent Fauque Ctédiiion L’Harmalian 2'7M7-788
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