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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2002-10-12, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.ENTREVUE Omar Aktouf Page F 6 LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 1 S OCTOBRE 200 DE VISU Jocelyn Robert Page F 8 le devoir CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Un grand peintre, un grand artiste meurt.Dans les semaines, les mois qui suivent, admirateurs, critiques et journalistes se lancent sur ses traces encore chaudes, se précipitant sur les lieux d’une dernière exposition, y allant chacun d’un petit commentaire, d’un petit éloge.Puis, une fois le premier émoi passé, le temps vient pour les proches d’amorcer un véritable deuil.C’est alors que paraissent les livres, ces ouvrages de plus longue haleine qui laisseront une trace durable de l’homme au-delà de la rumeur ambiante.Alors que vient de se clore au Musée des beaux-arts de Montréal la rétrospective des œuvres de Jean-Paul Riopelle, paraissent ces jours-ci plusieurs livres évoquant l’univers du peintre.Au premier chef, mentionnons le très joli Chez Riopelle, visites d'atelier, signé P31" Lise Gauvin et paru à l’Hexagone.Ecrivain, critique et professeur, Use Gauvin a connu et fréquenté Jean-Paul Riopelle durant une vingtaine d’années.Son petit livre relate une série de rencontres entre eux, survenues à Vétheuil, en De-de-France, à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et à l’île aux Grues.Le ton est vivant, et on retrouve dans ses lignes l'homme entier, content ou déçu, l’homme aux souvenirs vivaces des Breton ou Matisse qu’il a fréquentés en France, qui gardaient des Picasso au pied de leur lit, ou qui buvaient un coup au bistrot du coin.On retrouve aussi le peintre qui, à la fin de sa Me, entretenait des idées suicidaires et qui disait, au sujet de la préparation de l’al-bum Le Cirque, devant contenir des planches de ses gravures, que «tout cela lui était bien égal».Dans l’intimité de l'écrit, au-delà des caméras de télévision, on sent un homme généreux de sa personne, de sa mémoire aussi, qui accepte sans réserve de se remémorer son père qui dessinpit beaucoup, ou ses jeuqes années à l’Ecole des beaux-arts et à l’Ecole du meuble, ou encore l’élaboration du manifeste Refus global, pour lequel, précise-t-il, Borduas avait été très déçu de ne pas récolter plus de signatures.Et on se découvre une sympathie chaleureuse pour ce conteur, cet homme pour qui les horaires n’avaient aucune importance, cet homme qui disait que, s’il savait quelle était la chose qu'il peignait depuis des années, il ne peindrait plus.Cet artiste qui disait aussi, au moment de terminer la fresque La Dame de pique: «Il y en a des coups de crayon là-dedans.Quatre mois et demi sans sortir de l’atelier.Je croyais en avoir terminé la moitié [où se trouvent les soleils jumeaux], mais je ne pouvais finir sur ces tableaux, alors j’ai continué.Je ne ferai plus d’expositions sans cette fresque.» Ces récits comptent aussi un certain nombre d’anecdotes qui font découvrir le personnage sous les traits d’un ami.Riopelle, par exemple, admirait les pêcheurs à la ligne (dont le champion du genre, Paul Marier), affirmait avoir pêché toute sa vie et, dans sa jeunesse, avoir même pêché sans hameçon.«Je lançais une pierre au bout d’un fil, se VOIR PAGE F 2: PEINTRE La vie après Simone de Beauvoir disait qu’on ne naît pas femme, on le devient.Pascale Navarro ajoute qu’on ne naît pas non plus modeste, pudique, ou réservée.On nous l’inculque.Dans son dernier essai intitulé Pour en finir avec la modestie féminine, celle qui avait aussi cosigné avec Nathalie Collard Interdit aux femmes, un livre sur les femmes évoluant dans le milieu de la pornographie, s’attaque au retour en arrière préconisé par plusieurs femmes antiféministes et s’interroge sur les valeurs traditionnellement attachées au sexe féminin.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR La modestie féminine, telle que Pascale Navaro la conçoit, n’est pas l’humilité.«L’humilité comme qualité humaine, c’est très beau», relève-t-elle.Elle parle plutôt de conformisme, de cette façon qu’ont les femmes «de s’effacer et de se conformer à une image qu’on attend des femmes».Cette modestie, dit-elle, est associée de très près à notre définition de ce qu’est la féminité.Citant Isabelle Alonso, auteur du livre Pourquoi je suis devenue chienne de garde, Navarro relève que, «sur un dictionnaire électronique de l’an 2000, au top delà modernité, les synonymes de mâles sont: vigoureux, courageux, fort, énergique, ferme, hardi et noble.Les synonymes de femelle: féminin, efféminé, mièvre, amolli, douillet, délicat».Pour Navarro, on naît avec un sexe, féminin ou masculin.Tout le reste est culture.Et c’est cette culture de la féminité qui fait qu’encore aujourd’hui, malgré l’immense avancée enregistrée par les femmes en Occident, on trouve moins de femmes dans les lieux de pouvoir, même si on les trouve partout ailleurs, dans les écoles et les universités.«Cela fait grandement peur aux femmes de prendre le pouvoir, de se tromper, de déplaire, de prendre leur place.On a toujours peur de parler trop fort, de mettre notre poing sur la table, d’envoyer promener quelqu’un, de déplaire, de ne pas être parfaite, de ne pas être aimée de tout le monde.C’est incroyable! Quel homme posç ces questions-là?», dit-elle.A la dictature de la vertu, qui muselait les femmes du siècle dernier, s’est substituée la dictature de la beauté, celle qui tait que les femmes ne cherchent pas simplement à être «à leur goût», mais cherchent à répondre à des canons qui leur sont parfois, non seulement parfaitement étrangers, mais irréalisables sans une série de régimes draconiens ou sans chirurgie esthétique.Selon un rapport de l’American Society of Plastic Surgeons, le nombre de jeunes filles de moins de 18 ans qui souhaitent une augmentation mammaire a doublé! Au Québec, les jeunes filles suivent des régimes amaigrissants de plus en plus jeunes.«Après les mannequins androgynes des années 70 et 80, écrit Navarro, la femme modèle est encore mince mais plus ronde que jamais aux endroits stratégiques, féminins” ou orr ¦¦ S y- ff ;a s.'Si ^ ¦ %, ' ^ ‘ VOIR PAGE F 2: MODESTIE * - -» •T * » *' » 11 nu* Révolution Omar Aktouf.Oui, si on a à choisir dans la monstruosité, si on a à choisir entre des tours pleines de civils et Washington, où il y a des Condoleezza Rice, des Dick Cheney et des George Bush II, moi, je choisis Washington.C'est clair.Ça ne veut pas dire que je partage tout avec Negri.arobitaille@sympatico.ca LA STRATÉGIE DE L’AUTRUCHE Omar Aktouf Écosociété Montréal, 2002,376 pages Dans le cadre du Festival du monde arabe.Omar Aktouf débattra avec Michel Seymour, le vendredi 8 novembre à 18h30, à la Bibliothèque nationale, au 1700 de la rue Saint-Denis.frjkTriptyq \ v \v\v.gc n c r a n o n.i h- t / r n p t Tel.: (S|-t) S‘)~ ](,(,(> Dans la nuit, quand je rentre de ma planète jeunesse, il y a souvent de la lumière dans la cuisine.Pauline veille Elle nous attend Certains pourraient croire qu elle veut vérifier dans quel état nous revenons de nos expéditions.Je n 'en suis pas certain.Les veilleuses un récit émouvant, d une rare intensité Rarement pages turent plus intenses, essentielles, superbes.Ou un de vos j( en soit un de sable - PjOffO ThlDDcUlIt ( Rvu- gr.nitcm .uitour de œ nœud ou s'agitent les parlons hum.iiiio ii i par un nurmicur unique aux mille facéties, sans eusse tiraille enm le désir et la nonchalance, la nécessite de l'effort et la fatigue, l apixi de l'aven turc ou là certitude de l’echec. LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET D 1 M A N (HE I ;t O ( T O B R E 2 O O 2 F 7 DE VISU * ART CONTEMPORAIN L’artiste ivre de peinture - I 1 VILLE PEINTURE Louis-Philippe Côte, David Lafrance, Stéphanie Beliveau, Paul Zacharias, Sylvain Bouthil-lette, Sarah McKieL Étienne Zack.Max VVyse.Perry Thompson, Adrian Williams, Sophie Castonguay, Colin, Jérôme Bouchard, Marc Séguin, Maclean.Stephanie Chabot Julie Ouellet, Jean-Sébastien Denis, Mathieu Laça, Éliane Excoffier 5420, boul.Saint-Laurent 2e et 3' étages Se poursuit jusqu'au 19 octobre JEAN-CLAUDE ROCHEFORT Au cours d'un bref entretien, l'organisateur de la manifestation, le peintre et dessinateur Marc-Séguin, remonte le fil des événe ments et nous raconte le plus simplement du monde comment il a réussi à présenter sur deux étages la production artistique d'une vingtaine de jeunes artistes peintres de Montréal.Et surtout, il nous explique comment il a pu boucler l'operation — ou l'exploit — sans la contribution des partenaires habituels: pas de commanditaire, pas de subvention et pas de gouvernement comme il est clairement indiqué sur le carton d'invitation.Il convient toutefois de préciser que cette «exposition de peinture montréalaise» a été rendue possible grâce à la générosité d'un mystérieux collectionneur et mécéne.Par ailleurs, l'expo n'a rien à voir non plus avec la Biennale de Montréal.Marc Séguin compte bien tirer avantage de l’impulsion donnée par la biennale, mais il ne voit pas son initiative personnelle comme un «off biennale», comme on a pu le laisser entendre à quelques reprises dans le milieu.Selon Marc Séguin, Montreal est une terre promise pour les artistes canadiens.Lors de ses nombreux voyages dans l'ouest du pays, où il expose régulièrement Séguin s'est lié d'amitié avec la bande de Marcel Dzama, artiste qui participe à la Biennale de Montréal et qu’il appelle avec un brin d'admiration «la star internationale».Ce dernier est originaire de Winnipeg et.comme plusieurs de ses comparses, il vit maintenant à Montreal.H y aurait ainsi en ville une communauté d'artistes provenant d'horizons varies qui pratiquent un art aux contours de plus en plus flous mais que l'on nomme encore avec persistance et attachement «peinture».En dépit du caractère quelque peu régressif de ce parti pris disciplinaire, et même si l'approche prête liane a la critique depuis quelques années déjà, il insiste sur le tait que.si ces artistes continuent à faire de la peinture, c'est parce quils y croient et que c’est précisément cette force de conviction qui crée un espace dynamique et propice à l'exploration de la peinture.Toujours sefon Séguin, l'engouement envers les nouvelles technologies s'essouffle déjà et c’est la raison pour laqueUe on assiste aujourd’hui à un ressac de la peinture des plus vivifiants.En jouant son rôle improvise de rabatteur de nouveaux talents, l'artiste ivre de peinture a pu visiter près de quatre-vingts ateliers.C'est à partir de ces visites que Seguin a sélectionné une vingtaine d'artistes et près d'une centaine d'œuvres, et cela de manière strictement instinctive et sans observer de critères préétablis.Une certaine candeur Voyons maintenant ce que sa collecte d’œuvres donne une fois étalée sur les cimaises et rendue publique.En parcourant les deux grandes galeries de l’exposition, ce qui vient spontanément à l'esprit — à part le fait que l’oiseau semble un beau sujet en peinture chez beaucoup de peintres à Montréal —, c’est une certaine candeur, pour ne pas dire naïveté, par rapport à la discipline mise à l'honneur.Ils ont beau être jeunes, peu ou pas connus (quoique certaines figures, comme Sylvain Bouthillette, Séguin lui-même et Jérôme Bouchard, ne sont plus d'illustres inconnus), une chose est certaine, cette jeune génération de peintres ne casse pas la baraque.Ils se conforment même, pour la plupart, à plusieurs de ses conventions.Aussi, c’est à regret que l’on constate une soumission aux cadres et limites fixés par des siècles d’histoire qui finit par produire une tenace impression de conformisme généralisé.Heureusement, plusieurs artistes ne participent pas au climat d'assagissement qui prévaut et s’écartent de la norme de belles façons.C’est le cas, notamment, de la bande de Marcel Dzama, dont il a été question plus haut, un petit groupe d'artistes originaires de Toronto et de l’école de Winnipeg, si une telle école existe vraiment.En ce qui les concerne, on peut parler d’agréables découvertes à se mettre sous la dent Paul Zacharias peint des tableaux d’une telle blancheur qu’ils se confondent presque avec les ci- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Red Mask, de Perry Thompson.BANQUE nationale présente en collaboration avec CONCOURE «Jeunes critiques en arts visuels» Une production du Centre international d’art contemporain de Montréal dans le cadre de la 3e Biennale de Montréal du 26 septembre au 3 novembre 2002.Les étudiants et étudiantes des maisons d'enseignement secondaire et collégial de Montréal sont invités à rédiger un texte critique en français sur une oeuvre présentée à la Biennale de Montréal 2002 et ainsi courir la chance de gagner plusieurs bons d'achat, des jeux et des billets de théâtre.Une occasion concrète et unique de découvrir l’art contemporain ! www.ciac.ca inscription : du I8' septembre au 18 octobre 2002 - tél : 514 288 0811 Pour les ecoles participantes ce type d'expenence s inscrit dans les choix fondamentaux retenus dans la reforme des programmes d'études, notamment en ce qui a trait au rehaussement culturel des apprentissages.• — Ministère de l'Education kEaOS Listen, d’Adrian Williams.niaises qui les supportenL Discrète et subtile, sa peinture parvient à s’imposer par la retenue de ses thèmes et l’économie de ses signes: un buste pensif qui broie des étoiles (Sorting Rotor), un évier liquide et flasque perdu dans l’espace de la toile (I'm Afraid of the Dark Witiumt You Close to Me), ou encore, et c’est sans doute le plus beau de ses tableaux, un pâle tube digestif abouté à un goulot de bouteille à peine esquissée (Swallowing Tube, etc., etc.).Perry Thompson parvient, lui aussi, à nous convaincre que la peinture ne souffre pas d’être confinée à ses supports traditionnels.Sur fond de panneaux de contreplaqué trouvés, il déploie et invente une panoplie d’extravagants personnages: une armée de minuscules et frêles petits guerriers à demi-nus (The War), un gisant emmitouflé dans un cocon craquelé (Sleeping).Toutes ces figures sont fermement fixées à la surface du support à l’aide de larges rubans gommés transparents.Sarah McKiel, quant à elle, rehausse des photographies en couleurs d’interventions grossièrement peintes, la' motif de l’aigle semble jouer une fonction symbolique particulière.Un triptyque pratiquement indéchiffrable.A cet hermétisme un peu agaçant, Max Wyse oppose une figuration plus explicite et utilise pour sa part une technique exigeante.Ses allégories peintes au dos de feuilles de Plexiglas ne laissent pas indifférents |ru' leur aspect début de siècle gangrené par les conflits de toutes sortes.Lunus E.I.unus est le titre d'une composition formée d’un croissant de lune, d’un combattant et.d'un oiseau de proie, décidément! To a Burning Desert Offering Milk est une composition encore plus crue.Tel un vestige de caravane à bout de souffle, un chameau monte un humain dont la tête décapitée sert d'oriflamme.Un peu lugubre tout de même.Pour terminer, c’est à Adrian Williams que nous pourrions décerner le premier prix de cette exposi- JACQUES (.RENIER LE DEVOIR lion qui ressemble à s'y méprendre aux foires qu’organisait autrefois l’Association des galeries d'art contemporain de Montréal Contrairement à la plupart de ses voisins, Williams ne se prend pas trop au sérieux.Ce détachement qu’il affiche tranche agréablement avec l’ensemble des autres participations et c’est peut-être aussi ce qui explique le vent de liberté créatrice qui souffle quand on liasse devant son accrochage un peu spécial.Dreams of the Sleeping Sailor est un collage sur fond pelucheux qui se présente comme une joyeuse chronique sur le thème du matelot ivre.À moins qu'il ne s’agisse d’une auto-tiction?Quant à l’œuvre sur papier qui clôt son espace (To Men She Has iMved With Only Her Eyes), il s'agit d’une cascade de fabliaux qui tombent jusqu’au sol et dans lesquels sont représentés une multitude de sujets clichés comme tout: partir seul en radeau, par exemple, vivre sur une île déserte.De purs délices pour l’œil et un ravissement pour l’esprit Lire plus, lire mieux, lire.i\ n H Le magazine québécois sur les littératures écrites ou traduites en français www.rauitblcincH*.«om Andrée Chédid Au sommaire du numéro 88, un dossier sur la littérature libanaise : ^ Andrée Chédid, Georges Schéhadé, Vénus Khoury-Ghata, Amin Maalouf, Nadia Tuéni, Salah Stétié, Charles Hélou, Christiane Saleh par Armelle Datin; « Le livre jamais lu » par Joël Champetier; « Écrivains méconnus du XXe siècle » : Henri Calet par Philippe Wahl;un article, « le Québec à la rencontre de sa judéité », par Laurent Laplante.(en librairie le 11 octobre 2002) Spécial 20e anniversaire offrez-vous un abonnement 4 numéros pour 20$ (prix régulier 25,30$) Nom : .Prénom : .Adresse : .Ville : .Code postal : .Tél.:.Courriel : ._J Ci-joint mon paiement, par chèque Q Par carte de crédit Visa n° : .Date d’expiration : .Envoyez votre chèque à l’ordre de Nuit blanche, 1026, rue Saint-Jean, bureau 403, Québec (Québec), GIR 1R7 Tél: (418) 692-1354 Télécop.: (418) 692-1355 Courrier électronique : nuit.blanche@multim.com 00 LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 OCTOBRE 2 0 0 2 F 8 LE DEVOIR Images en fuite et mots tus SOURCE OBORO Dans Catarina, de Jocelyn Robert, on voit défiler devant une façade de briques percée de fenêtres d’interminables chaînes de wagons de train.JOCELYN ROBERT Catarina et autres travaux récents Oboro, 4001, rue Berri, local 301 Se poursuit jusqu’au 19 octobre JEAN CLAUDE ROCHEFORT Jocelyn Robert est un artiste originaire de Québec.Il a fondé dans sa ville natale en 1993 le centre de recherche et de diffusion en musique actuelle Avatar, lieu qu’il a dirigé jusqu'en 2001.Même si Jocelyn Robert mène à l'étranger une carrière que de nombreux pairs lui envieraient, il reste pratiquement inconnu du milieu de l’art montréalais.Mentionnons qu’il a remporté cette année le premier prix New Image au festival international d’art médiatique Transme-diale de Berlin et qu'il poursuit actuellement ses recherches à l’université Standford de Californie à titre d’invité.C’est dire combien son travail jouit d’une reconnaissance certaine hors Québec.Mais pourquoi son travail obtient-il une écoute si attentive à l’extérieur de nos frontières?Le maître mot pour décrire les oeuvres audio et vidéo de Jocelyn Robert est justesse.L’«événement sonore» qui accompagne ses projections vidéographiques n’a rien de fortuit.Au contraire même, ce qu’il donne à entendre contribue tout autant à construire l’œuvre en devenir que ce qu’il donne à voir.L’un et l'autre se complètent ou entretiennent des relations conflictuelles, mais dans tous les cas ils restent parfaitement imbriqués.Ce sont ces jeux de tension extrême entre le visuel et le sonore que développe et structure comme pas un Jocelyn Robert Voilà pour la forme.Mais qu’en est-il du sens de ces installations, quelles émotions suscitent-elles?Laissons parler l’artiste: «Dans ces travaux, je cherche à saisir ces mots perdus au fond de la mémoire, ce souvenir fugitif qui tente de refaire surface, cet alignement soudain des obstacles au regard: mm intérêt est dans la banalytique, dans la trajectoire quotidienne de l’humain commun, je cherche le moment où les choses s’arrêtent.» la première pièce que l’on découvre en pénétrant dans la première salle plongée dans la pénombre nous offre justement l’occasion de saisir ces moments uniques où les choses s'arrêtent.Intitulée It Shouldn’t Be Cancer, la projection montre l’arrière-cour d’un hôpital fermé par de larges barrières grillagées.Mis à part le mouvement d'une fourgonnette qui fait marche arrière et disparaît aussitôt, il ne se passe effectivement presque rien.Cair rempli de tristesse que joue le piano solo est ponctué de nombreuses pauses.La musique conditionne et meuble notre état d’attente.D'aüleurs, la disposi- tion des chaises rappelle la symétrie des salles d'attente d’une clinique médicale.On pressent qu’un drame se joue peut-être derrière cet obstacle.Tout à coup, en même temps que l’air de piano accélère légèrement la cadence, la barrière électrique commence à fendre lentement l’image en deux, reste complètement ouverte pendant quelques secondes à peine et se referme au même rythme.Après cette ouverture — ou lueur d'espoir — de brève durée, les choses s’arrêtent de nouveau.Cet arrêt des choses, à première vue banal et quotidien, atteint une gravité certaine dans la présentation dramatique que Jocelyn Robert nous en fait Des œuvres contrastées Politique d’intérieur est une petite pièce lumineuse et silencieuse qui se déroule au fond d’une boîte de carton renversée et se laisse découvrir et apprécier sans qu’un préambule soit nécessaire.Par contre, Quelques fragments de la mémoire de Catherine, œuvre visuelle et sonore aux résonances profondes, risque de heurter les psychés sensibles.La trame sonore de l’œuvre est constituée de deux sources distinctes.Il y a, d’un côté, Catherine qui fait entendre sa voix en racontant, sur le mode de la confidence entrecoupée de soupirs, des souvenirs qui semblent lourds à porter et difficiles à exprimer.Il y est question, notamment, d’un rat à écraser.De GALERIE DE BELLEFEUILLE EXPOSITION | JAMES LAHEY | < OEUVRES RÉCENTES > JUSQU'AU 22 OCTOBRE 1367 AV GREENE, WESTMOUNT 514 933.4406 www.debellefeuille.com François VINCENT PEINTURES RÉCENTES JUSQU’AU 9 NOVEMBRE Sylviane Poirier ¦ ¦ art contemporain présente Entretien avec l'artiste le jeudi 7 novembre à 19 h 00 372, rue Sainte-Catherine O., local 234 Heures d'ouverture : Montreal (Québec) H3B 1A2 du mercredi au samedi de 12h à 17h30 (514) 875-9500 poiricr.sylvianc
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