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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Références

Le devoir, 2002-10-22, Collections de BAnQ.

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ÉTHIQUE Paul Martin favorable à un conseiller indépendant Page A4 ISRAËL L’explosion d’une «voiture suicide» fait au moins 14 morts Page A 5 ?www.ledevoir.co ni ?LE DEVOIR Le couple algérien ne sera pas arrêté JACQUES NADEAU LE DEVOIR Yakout Seddiki était visiblement éprouvée par les événements, hier, lorsqu’elle a rencontré UKoresse en compagnie de son époux, Mourad Bourouisa, à la Union United Church où ils ont été recueillis.Le couple d’Algériens réclame du fédéi.des motifs humanitaires, sa demande de statut de réfugiés.[ fédéral qu’il réévalue, pour À Pabri dans une église, aussi longtemps qu’il le faudra Toujours pas de nouvelles du ministre fédéral Denis Coderre Médecins étrangers s’abstenir Le Québec ferme la porte aux médecins et spécialistes immigrants ISABKLLE l’ARÉ LE DEVOIR 'professions inadmissibles: omnipraticien et médecin spécialiste».Voilà ce que tout étranger voulant installer ses pénates au Québec peut lire sur le site Internet d’immigration-Québec, où l’exercice de la médecine est clairement identifié comme étant un critère d’«inadmissibilité- par les services d’immigration.Alors que l’on fait état d’un manque criant de médecins de famille et de certains spécialistes dans plusieurs endroits au Québec, les services d’immigration du Québec à l’étranger continuent à infor- mer les candidats intéressés que It's médecins ne seront |>as admis à s'installer au Québec, a appris U Devoir.Sauf exception, le seul exer> cite de la médecine constitue en fait un critère assuré de refus.Un autre document d’information diffusé auprès du public français par le service de l'immigration de la Délégation du Québec à Paris, intitulé •Québec veut recevoir plus d’immigrants francophones», reprend lui aussi en lettres majuscules cette politique d’exclusion: •Trois professions sont inadmissibles à l'immigration au Québec: médecin spécialiste, omnipraticien, médecin généraliste».VOIR PAGE A 8: MÉDECINS Nouveau bâillon sur les scientifiques de Santé Canada MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR T* ai préparé mes valises pour ^\J aller en Algérie, parce que je n'avais pas le choix.Mais à la dernière minute, je ne pouvais pas y aller II n’y a personne qui peut aller à la mort comme ça avec ses pieds.» La voix nouée, visiblement secouée par les événements des derniers jours et une généreuse attention médiatique, Yakout Seddiki, cette Algérienne demanderesse du statut de réfugiée qui fait face avec son mari à un avis d’expulsion, a exposé ainsi les raisons qui lui dictent de demeurer encore sous la protection de la Union United Church, jusqu’à que le gouvernement fédéral donne suite à sa demande de réévaluation pour motifs humanitaires.Hier, après une conférence de presse très courue, cette dame et son époux, Mourad Bourouisa, ont toutefois reçu l’assurance par les services d’immigration liés au mi- nistère qu’il n’y aurait pas de mandat d’arrestation d’émis contre eux au cours des prochains jours, une possibilité qui avait été évoquée dimanche après que le couple, établi ici depuis quelques années, eut volontairement décidé de ne pas se conformer à l’avis de retour forcé en Algérie.Mais du ministre fédéral responsable du dossier de l’immigration, Denis Coderre, pas de nouvelles.•Le ministre est actuellement à Vancouver et ne peut pas commenter ce cas spécifique», répondait hier son attachée de presse, Sarah Bain.M.Coderre, à qui le couple algérien a formulé une demande de statut de réfugiés pour motifs humanitaires, possède un pouvoir discrétionnaire qui lui permet d’intervenir dans un dossier en particulier.VOIR PAGE A 8: COUPLE ¦ L’éditorial de Paule des Rivières, page A 6: Une expulsion insensée PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Des scientifiques de Santé Canada dénoncent les pressions qu’exercent sur eux leurs supérieurs afin qu’ils procèdent avec célérité à l’approbation d’antibiotiques et d’hormones de croissance pour l’élevage d’animaux de boucherie.Trois scientifiques de Santé Canada chargés d’évaluer les nouveaux médicaments destinés aux animaux d’élevage avaient émis des doutes quant à l’innocuité pour la santé humaine d’une nouvelle combinaison d’antibiotique et d’hormone de croissance préparée par la compagnie Elanco.Ils demandaient par conséquent de plus amples données de la part de la compagnie, mais les autorités de Santé Canada ont balayé du revers de la main les réticences de ces scientifiques chevronnés, arguant que ces médicaments étaient sans danger puisqu’ils avaient été autorisés aux Etats-Unis.VOIR PAGE A 8: BÂILLON Le méga-procès des HeUs reprend Les Hells Angels et leurs filiales exploitaient un business de drogue évalué à 100 millions de dollars par an.•Cent millions de bonnes raisons de se débarrasser de la concurrence», a lancé le procureur de la Couronne, André Vincent, hier dans son exposé inaugural on ne peut plus high-tech.Treize présumés membres ou associés des Hells doivent répondre de 13 accusations de meurtre dans le plus important procès issu de l’opération Printemps.La preuve lèvera le voile sur les dessous sanglants de la guerre des motards.¦ À lire en page A 3 INDEX Annonces.Avis publics.Bourse.Culture.Économie.Éditorial.B5 B 4 B 2 B 8 B 1 A6 Idées.A 7 Le monde.A 5 Mots croisés.B 4 Météo.B 5 Sports.B 6 Télévision.B 7 PERSPECTIVES Quand on se compare.La manchette du National Post était sans équivoque: lorsque l’on compare la santé des populations des différentes villes du pays, Vancouver mérite la palme et Montréal, le bonnet d’âne.Autre son de cloche cependant à Montréal où le titre de cancre est plutôt décerné aux auteurs de l’étude maison du quotidien canadien.« P our chaque pdg détendu qui traîne un petit sac de carottes au travail à Vancouver et fait quotidiennement son jogging à travers Stanley Park, à l'heure du lunch, il y a probablement deux personnes surmenées à Montréal, qui durant la pause-café de leur emploi minable, grillent une cigarette après l’autre en se demandant comment elles pourraient trouver le moyen de s'entraîner davantage.» Après avoir tenté de trouver les critères les plus représentatifs de l’état de santé des populations urbaines et après avoir passé la semaine à comparer les chiffres de Statistique Canada, la journaliste Mary Vallis du National Post en est venue à cette triste conclusion.Selon elle, Montréal est la ville canadienne qui a la François Cardinal moins bonne santé parmi les 14 comparées.•Pas parce qu’elle est la pire dans toutes les catégories (elle ne l'est pas), mais parce qu’elle s’est positionnée sous la moyenne dans une multitude de catégories», précise-t-elle.On peut ainsi lire que près d’un Montréalais sur trois a confié à «Stat Can» qu’il éprouvait quotidiennement un stress intense, ce qui constitue le plus haut taux au pays.Un tiers des gens d’ici se disent fréquemment exposés à la fumée secondaire et un quart d’entre eux sont des fumeurs réguliers, •ce qui a pour effet d’augmenter considérablement les risques de souffrir d’une attaque cardiaque, d’asthme et de cancer du poumon», ajoute la journaliste.VOIR PAGE A 8: MONTRÉAL Il III f» s-’* ¦ J§p t» i' JACQUES GRENIER LE DEVOIR Un groupe de cyclistes au square Phillips, à Montréal.' iV.•«* ' Pierre Plus qu’un art de voir, un art de vivre MORENCY A L’HEURE DU LOUP J 240 pages * 19,95 $ Boréal www.tditionsboreal.qc.ca v ( 778313000658 L K DEVOIR, LE MARDI 22 O C T O R R E 2 0 0 2 A 6 EDITORIAL Une expulsion insensée Une famille algérienne installée à Montréal depuis plusieurs années a choisi de défier la loi et d’ignorer l’ordre d’expulsion dont elle est l’objet.Cette situation place le gouvernement fédéral dans un grand embarras.Et, plutôt que de laisser perdurer le suspense, le ministre de l’Immigration, Denis Coderre, devrait utiliser son pouvoir discrétionnaire et garder ici une famille qu’il serait insensé de renvoyer en Algérie.Y Paule des Rivières ?akout Seddiki et Mourad Bourouisa font partie des quelques centaines d’Algériens à qui on a refusé le statut de réfugié politique et qui sont sommés de retourner en Algérie, à la suite de la levée du moratoire sur les renvois dans ce pays, annoncée en avril dernier.Refusant de se présenter comme prévu à l’aéroport de Dor-val, dimanche, le couple a trouvé refuge dans une église de la Petite-Bourgogne, à Montréal.Les agents fédéraux forceront-ils les portes de l’Eglise pour arracher le couple et leur enfant de deux ans aux bras protecteurs du révérend Darryl Gray?L’incertitude demeurait hier soir, au moment de mettre sous presse.Mais déjà, le ministère fédéral de l’Immigration a perdu la bataille de l’opinion publique, devant cette femme en larmes, enceinte et en proie à un intense stress.Quelle parfaite illustration du caractère inhumain de l’immense machine bureaucratique devant un drame personnel! Les choses sont évidemment plus complexes qu’il n’y paraît à première vue.Cependant, le ministère de l’Immigration récolte aujourd’hui le fruit des nombreuses erreurs de son gouvernement II faut dire que la situation en Algérie est particulière, en ce sens que la pernicieuse guerre civile qui y a cours s’est étalée sur plusieurs années.Le moratoire a donc été en vigueur sept ans, période qui a laissé amplement le temps aux Algériens fuyant leur pays de refaire leur vie ici.C’est le cas du couple enfermé dans l’Eglise qui a un enfant de deux ans, qui est, lui, citoyen canadien.Le couple a épuisé les nombreux recours prévus par la loi fédérale y compris celui qui permet de rester au pays pour des motifs humanitaires.Pourtant.Le moratoire a non seulement été de longue durée, mais sa levée a semblé totalement arbitraire.La suspension a coïncidé avec une tournée du premier ministre canadien en Algérie et avec la signature d’un important contrat permettant à SNC-Lava-lin d’entreprendre des travaux de dérivation à partir de cinq barrages.Le gouvernement fédéral a-t-il voulu préserver ses relations commerciales avec l’Algérie en redonnant un peu de crédibilité à un régime affaibli?Sinon, comment expliquer qu’il continue de recommander aux touristes canadiens d’éviter l’Algérie?La vérité, c’est qu’un climat de terreur continue de régner dans plusieurs régions du pays.Le Québec n’a évidemment rien à voir avec ce dossier et, tout en se disant sympathique à la cause du couple algérien, il prend soin de ne pas s’immiscer dans une controverse, de crainte de nuire à la bonne entente qui caractérise les relations fédérales-provinciales en matière d’immigration.Pour sa part, le gouvernement fédéral ne veut pas créer un précédent Soit Mais il doit néanmoins, pour des motifs humanitaires évidents, revenir sur sa décision et permettre aux Seddiki-Bourouisa de rester au pays.Une francophonie engagée n ne manque jamais, à la veille d’un sommet de la Francophonie, de se demander si cette organisation vaut bien les millions que les gouvernements du Canada et du Québec y consacrent.La conclusion du neuvième sommet tenu à Beyrouth devrait rassurer les sceptiques.D’abord linguistique, la Francophonie a trouvé au Liban le souffle politique qui lui manquait pour devenir une organisation qui soit plus qu’un club social de leaders politiques ayant en commun l’usage de la langue française.À Beyrouth, les pays membres de la francophonie ont été capables d’établir plusieurs consensus sur des dossiers qui témoignent de la maturité atteinte par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) née en 1985.Bien sûr, certains d'entre eux sont plus fragiles que d’autres et on peut se demander s’ils tiendront longtemps.C’est le cas de la déclaration du sommet réclamant une convention internationale sur la diversité culturelle.Peut-être qu’en cours de route certains, dont le Canada, assoupliront leurs positions devant les pressions des Etats-Unis, mais il reste que 55 pays disent maintenant d’une seule voix que la culture n’est pas une simple marchandise.La capacité du somme! d’aborder franchement la question de la démocratisation des Etats membres de la Francophonie illustre encore mieux la maturité de î’OIF.Certes, il est facile de faire des gorges chaudes du nombre de dictateurs qui participent à ses sommets comme on le fait volontiers dans la presse de droite du Canada anglais.S’en tenir à ce seul frit serait ignorer que le respect des droits de l’homme est un débat sans fin.Ce n’est pas parce que le Commonwealth a une plus grande maturité qu’il réussit mieux que la Francophonie à ce sujet Rappelons-nous les débats récents sur les élections au Zimbabwe.Jean Chrétien soulignait jeudi dernier en arrivant à Beyrouth que seule une lente pédagogie permet de réaliser des progrès sur cette question du respect des droits et libertés par tous les États membres de la Francophonie.11 aura fallu cinq ans de débats, soit depuis le sommet de Hanoï où la question avait été soulevée par le premier ministre Lucien Bouchard sous les regards réprobateurs de la France, pour que tous acceptent de se soumettre à des critères démocratiques minimaux.Cela témoigne d’une volonté politique nouvelle.La prochaine étape sera la création d’un observatoire de la démocratie comme l'évoquait le nouveau secrétaire général de l’OIF, Abdou Diouf dont il faut souligner l’origine.De la démocratie en Afrique, celui-ci a une expérience qui l’honoré.Il a été pendant 17 ans président du Sénégal qu’il a ouvert au multipartisme.Mieux que d’autres, il peut porter les engagements pris à Beyrouth.D’abord lieu de rencontre, la Francophonie est maintenant un lieu de débats, ce qui donne un tout autre sens à son existence.Conçue à l’origine comme une entreprise culturelle, elle devient peu à peu une entreprise politique.On prêtera davantage attention à sa voix sur la scène internationale maintenant quelle s’engage.bdescoleaux^ledevoir.ca Bernard Descôteaux ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE LETTRES Révisons nos acquis historiques ! Dans un article publié dans l’édition du 11 octobre 2002 («L’exceptionnalisme américain - A la recherche d’un ennemi»), un historien du nom de Philippe Fortin relatait, fort judicieusement, les principales lignes de l'histoire de la pensée messianique américaine.Un passage de son texte, par contre, m'a profondément déçu.Il note vers le fin de son énumération que les Américains «sont responsables de la victoire alliée» de 1944-1945.Mettons fin, au plus vite, à ce mythe, souvent au cœur de la propagande de Washington, qui travestit la véritable nature de la fin de la Deuxième Guerre mondiale.Oui, Washington a fourni un effort considérable.Après l’ouverture d’un front à l’ouest, oui Washington a anéanti une population civile, au Japon, complètement abandonnée par sa caste militaire, oui les Américains ont «libéré» une grande partie de l'Europe (l'Italie d’abord), mais, il ne faut jamais oublier que c’est l'URSS qui a absorbé, avant toutes les autres nations, la politique expansionniste d’Hitler.Leningrad (Saint-Pétersbourg), complètement encerclé, est tombé sous une famine atroce, la Wehrmacht s'est bel et bien rendue à Moscou, et Stalingrad a résisté pendant des mois pour faire plier les généraux allemands.Sans la victoire à l’Est, Hitler et ses alliés aurait peut-être éliminé encore plus de monde.Ce sont les Soviétiques, et non les Américains, qui ont gagné le droit d'être affublés du titre de responsable de la victoire! Leurs quelque 20 millions de morts devraient avoir le droit à cette distinction.Cessons de béatifier nos voisins sous prétexte qu’ils sont les bienfaiteurs de l’humanité (occidentale).Les héros, contrairement aux scénarios des films américains, ne sont pas toujours issus des Elus de cette terre! pimitri Latulippe Étudiant en Histoire, Université de Montréal Octobre 2002 Québec et la négation des libertés syndicales Le ministre de la Justice, Paul Bégin, annonce comme une première au Québec la reconnaissance aux substituts du procureur,général du droit à la négociation collective.A première vue, cette nouvelle semble réjouissante.Mais quand on y réfléchit bien, elle démontre plutôt, au fond, l’attitude rétrograde du gouvernement du Québec en matière de libertés fondamentales du travail, pourtant largement reconnues de par le monde.Reconnaître le droit à la négociation aux procureurs de la Couronne ne fait que corriger une anomalie de longue date.Et malheureusement, le cas des procureurs de la Couronne ne constitue pas, loin de là, un cas isolé.Être privé du droit à la négociation collective est en effet le lot dizaines de milliers d’autres employés de l’État ou d’organismes qui dépendent de l’État (établissements de santé, commissions scolaires, etc.).Ces employés, entre autres des cadres, sont exclus du droit à la négociation collective et leurs conditions de travail sont déterminées non pas par des conventions ou des contrats collectifs de travail négociés, mais par décret du gouvernement Ces exclusions du droit à la négociation collective à de large catégories d’employés du Québec sont prévues dans le Code du travail, dont le contenu relève totalement de la compétence du Québec.Une telle négation des libertés syndicales se situe en contravention flagrante avec les conventions internationales du travail, adoptées sous l'égide de l’OlT (Organisation internationale du travail), dont le Canada est l’un des pays fondateurs.Aussi, les déclarations répétées du premier ministre Landry qu’un Québec souverain respecterait les engagements internationaux du Canada ont-elles de quoi laisser songeur quand on considère la résistance de longue date du gouvernement du Québec à inclure dans sa législation du travail les nonnes découlant des conventions internationales du travail, même celles reconnues comme fondamentales.Autre signe que le ministre a mal fait ses devoirs dans le cas des procureurs de la Couronne — et qui renforce une de leurs revendications fondamentales — le projet de loi déposé interdit la grève, restriction que permettent effectivement les conventions internationales de l’Orr.Mais dans les cas où la loi interdit ainsi la grève, ces conventions internationales obligent le législateur à reconnaître, en contrepartie, le droit à l’arbitrage obligatoire des différends, ce que refuse pour l’instant le ministre de la Justice.Les procureurs de la Couronne ne se battent pas seulement pour améliorer leurs conditions de travail.Ils luttent aussi pour une cause juste, à l’avantage de tous les employés auxquels l’État québécois refuse durablement de reconnaître des droits fondamentaux en matière de travail.Robert Savard, avocat Ex-président de la CNCQ Saint-Lambert, 17 octobre 2002 LIBRE OPINION -4- Réplique à Stéphane Dion Déséquilibre fiscal: la solution ne passe pas par la taxation DANIEL CHARRON Candidat au doctorat Institut d’études politiques de Paris Dans un court texte publié dans Le Devoir du 16 octobre, le ministre des Affaires intergouvemementales du Canada.Stéphane Dion, niait encore une fois l’existence du déséquilibre fiscal et remettait en question le consensus de la société québécoise sur le sujet II offrait un aperçu de l’argumentaire de son gouvernement qui soutient qu’il n’y a pas de déséquilibre fiscal.Cela mérite d’être regardé plus attentivement D’abord, on prétend que ce sont les surplus actuels du gouvernement fédéral qui incitent le gouvernement du Québec à parler maintenant de déséquilibre alors qu’il ne le faisait pas auparavant.Mais c’est justement la manière avec laquelle le gouvernement fédéral a équilibré son budget qui a mis en lumière ce déséquilibre.En amputant notamment sévèrement dans les transferts aux provinces, en faisant porter indûment aux provinces le fardeau de son déficit, le gouvernement fédéral a agi comme un père qui, pour régler ses dettes de jeu et financer des dépenses passées déraisonnables, réduit la pension alimentaire versée à ses enfants! Dans le cas d’un père et de ses enfants, on parle d’une profonde injustice, dans le cas de deux gouvernements fiscalement légitimes par rapport aux mêmes contribuables, on parle de déséquilibre.Aussi, laisse-t-on penser que le gouvernement québécois pourrait utiliser son pouvoir de taxation pour régler le problème.Én gros.s'il manque d'argent, le gouvernement du Québec n’a qu’à accroître le fardeau fiscal des contribuables, suppose-t-on.Cette solution serait irresponsable et sous-tendrait une compréhension fort limitée de la réalité économique.Pour le contribuable, une taxe est une taxe, qu’elle vienne d’un gouvernement ou d’un autre et l’effet de la fiscalité sur l’économie est le même.Les contribuables et la santé de l’économie ne peuvent faire les frais de mésententes entre les percepteurs sur le partage des revenus fiscaux.De plus, l’allégement du fardeau fiscal des contribuables (particuliers et entreprises) est un élément majeur de la politique économique menée tant par le gouvernement québécois que fédéral.Insinuer que les réductions d’un côté devraient être neutralisées par des augmentations de l’autre et ainsi risquer que les retombées positives sur l’économie soient annulées révélerait un bien faible souci de la qualité du climat d’affaires et de la compétitivité fiscale du Québec comme du Canada.Répétons-le, l’influence de la politique fiscale sur l’activité économique n’est pas neutre.Une politique économique cohérente dans un contexte stable est une politique dans laquelle on respecte les objectifs fixés sans les modifier en cours de route pour des raisons politiques.Aussi, ajoute-t-on que les baisses d’impôt accordées par les provinces sont une autre preuve de l’inexistence de quelque déséquilibre.Encore là, faut-il le rappeler, se borner à regarder la politique fiscale selon une perspective limitée aux simples finances publiques illustrerait un manque de prise en compte du contex- te beaucoup plus large dans lequel s’inscrit la fiscalité d’une juridiction.Mais encore, le fait que le gouvernement fédéral cherche maintenant à investir dans certains champs provinciaux comme la santé ou l’éducation ne confirme-t-il pas à l'inverse l’existence d’un déséquilibre et sa reconnaissance indirecte par le gouvernement fédéral ?Enfin, pour justifier l'incapacité du gouvernement fédéral à s’attaquer au problème qui affectera ultimement les contribuables, on allègue un possible effet
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