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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2002-10-26, Collections de BAnQ.

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DEVOIR.LES SAMEDI 2 « ET DIMANCHE O C TORRE 2 0 0 2 L E CINÉMA Amour trouble et féroce Page E 7 EXPOSITIONS Richelieu du haut de sa grandeur Page E 8 LE DEVOIR Par ici les demons Étonnant, ce jeune cinéaste montréalais qui invente des univers, jongle avec les esthétiques et les techniques, explore le conte et le mythe.Dès vendredi, Le Marais, de Kim Nguyen, sera sur nos écrans, avec ses gnomes, ses êtres hybrides, son mystère.En ces temps d’Halloween, le climat qui s’impose.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Il a 28 ans, un visage d’Eurasien, des origines mêlées, un père vietnamien, une mère québécoise pure laine née à Alma.Les nouveaux visages du cinéma québécois possèdent souvent des racines enchevêtrées.De là vient l’air frais.Chose certaine, Kim Nguyen prend tout le monde par surprise avec son film pétri de références insolites.Le Marais est situé aux confins du réalisme et de la magie dans l’Europe de l’Est d’un XDO siècle imaginaire.On est loin du terroir comme des chroniques du Plateau et du Mile-End.Le jeune Montréalais dit aimer l’espace du conte, trouvant jubilatoire de créer un monde qui n'existe pas tout en le rendant crédible.Par ici les gnomes, les démons, mais aussi la terreur paysanne devant les créatures fantastiques nées des miasmes du marais.Son film nous entraîne du côté des exclus, Alexandre (Gregory Hlady), issu du peuple de la route, érudit et sauvage, rejeté par les villageois, et Ulysse, son fils adoptif (Paul Ahmarani) au physique inquiétant, suspect tout trouvé lorsqu’un crime est commis.11 n’a pas de préjugé contre l’univers culturel, Kim Nguyen.En entrevue, il parle de Sophocle, dérive vers Apocalypse Now et le théâtre nô, précise avoir puisé l’inspiration du Marais dans l’univers trouble du peintre romantique allemand Caspar David Friedrich.Rare ouverture au monde des arts et de la philosophie chez un cinéaste aussi jeune.«Je proviens de deux cultures différentes, explique-t-ü.Ça amène à se poser des questions, à explorer.» En apprentissage De fait, il s’en est posé des questions, Kim Nguyen, au point d’avoir passé trois ans à explorer la structure du scénario, à démonter ses mécanismes.A son avis, la principale faiblesse d’un grand nombre de films québécois réside dans leurs dialogues.«On est une société individualiste, estime-t-il, où les gens ne sont pas habitués à écouter l'autre.Les scénaristes ont souvent trop tendance à raconter leur vécu.» Lui préfère imaginer.Jeune et obnubilé par sa propre jeunesse, Kim Nguyen?Même pas.«Le cinéma québécois n'a pas nécessairement besoin de sang neuf mais d’ouverture d’esprit», croit-il.A ses yeux, si l’accessibilité aux outils permet de multiplier le nombre des cinéastes, ça ne garantit ni la qualité ni l’originalité des œuvres.Avoir une caméra ne fait de personne un bon scénariste.Et puis, il faut se méfier chez nous de la tentation de s’autocensurer, de reproduire des structures déjà vues.» Lui aussi a jonglé avec cette tentation.Avec des amis qui voulaient faire comme lui du cinéma, il avait constaté: «Ia veine de l’heure est dans les films urbains dont l’action se déroule sur le Pla-teau-Mont-Royal.Allons-y donc et reproduisons ce modèle-là.» Kim Nguyen avait pensé aussi à se lancer dans une production québécoise du terroir, toujours histoire de répondre aux intérêts présumés des institutions.Trêve de contraintes extérieures! Un beau jour, pour son propre plaisir, convaincu que le scénario ne deviendrait jamais film, il a commencé à écrire Le Marais.«Sans y croire, j’ai déposé le scénario au Conseil des arts, précise-t-il, de qui j’ai reçu une subvention pour en développer l’écriture.Ça m’a donné confiance.» De fil en aiguille, les bailleurs de fonds lui ont emboîté le pas.«Le plus difficile fut de convaincre des producteurs.» Issu de la production cinéma de l’université Concordia, Kim Nguyen a enseigné le cinéma au collège Brébeuf et la conception en animation 3D à l’Institut de création artistique et de re- cherche en infographie.On lui doit des courts métrages: La Route et Soleil glacé.Far la suite, ses recherches sur l’écriture dramatique l’ont amené à se fier aux bonnes vieilles techniques universellement éprouvées: «Je crois aux trois actes de la tragédie grecque, dit-il, soit le prologue, les péripéties, l’épilogue.Son scénario était écrit, soit, mais les interprètes furent appelés à se le mettre en bouche.«Trois mois à l'avance, les comédiens se sont approprié les personnages, modifiant leurs répliques.Tous les dialogues de Paul Ahmarani ont été transformés.Son héros était plus naïf au début, plus bêta.En bout de ligne, c’est son physique qui est devenu la cause de l’ostracisme dont il était l’objet.Paul n’a pas de peau.Il est capable d’investir sans pudeur l’énergie de n’importe quel personnage.Gregory Hlady, d'origine ukrainienne, comédien et metteur en scène, m’a donné de son côté beaucoup d'idées de mise en scène.Je suis toujours en apprentissage.» La piqûre du conte Pas facile à expliquer à des producteurs, le projet du Marais, car il comporte aussi des défis d’ordre technique.Tourné en 35 mm, le film a par VOIR PAGE E 2: DÉMONS «Je proviens de deux cultures différentes, explique-t-il.Ça amène à se poser des questions, à explorer.» THÉÂTRE Une femme libre et entravée \l\y,un théâtre musical d'Isabelle Cauchy et Michel G.Côté au Prospéra Mardi soir prochain, le rideau se lèvera sur Lily, un spectacle de théâtre musical écrit et mis en scène par Isabelle Cauchy à partir du roman The House Of Mirth de la romancière américaine Edith Wharton.Rencontre de deux femmes opiniâtres.SOLANGE LÉVESQUE Après avoir étudié la dramaturgie et le théâtre à Ottawa puis à Louvain, en Belgique, avec Bernard Dort, Jean Duvignaud et Denis Bablet, notamment, Isabelle Cauchy a signé plusieurs textes destinés au théâtre jeune public qui ont été joués au Québec, en Ontario et en Europe.Parmi ceux-là: Pas de problèmes!, Barbe-Bleue, Destination Dragon et le plus connu, Le Nez, d’après Gogol, pour lequel elle a remporté avec Robert de Bellefeuille le prix Chalmers de la meilleure production canadienne de théâtre pour enfants en 1983.Certains livres lus à 20 ans exercent une influence sur toute la vie.The Hou- se Of Mirth (un titre ironique qu’on pourrait traduire par «La Maison des gens heureux»), de la romancière et nouvelliste américaine Edith Wharton (1862-1937), est de ceux-là dans la vie d’Isabelle Cauchy.«Edith Wharton, une amie d’Henry James exilée volontairement en France, a vécu sa jeunesse dans le New York cossu mais puritain du début du siècle dernier.Elle s'est émancipée par l’écriture, mais pour y arriver, elle a dû mener un dur combat: ses parents lui interdisaient d’écrire (elle volait du papier de boucherie à la cuisine pour pouvoir le faire!).C’est une féministe avant lheure qui exprime l’âme féminine sans fausse pudeur.» Isabelle Cauchy était déjà une fidèle adepte de littérature et rêvait de théâtre quand elle a découvert ce livre.Acheté par hasard pour quelques dollars, celui-ci l’a bouleversée, au point où elle s’est dit: «Il faut absolument que cette histoire soit portée un jour à la scène, et c’est moi qui vais le faire!» C’est dans un atelier d’écriture auquel elle assistait, dirigé par le poète Michel Garneau, qu'elle a tenté une première approche.On peut imaginer les nombreux pièges posés par la transformation d'un roman en pièce de théâtre.«Il fallait d’abord apprendre l’écriture dramatique, s’approprier le sujet et demeurer intègre face au roman tout en faisant le deuil d'une fidélité totale», explique l'auteure-metteure en scène.«J’ai exploré divers styles, ce qui a donné une version brechtienne, puis une version tchekhovienne», se rappelle-t-elle avec un sourire.«Je peux dire que Lily a été mon école d’écriture.» A travers toutes les étapes de ce projet auquel elle travaille depuis 1984, elle a donc réduit la trentaine de personnages du roman à cinq.VOIR PAGE E 2: ULY I ; SOURCE FILM TONIC I.K I) K V (l I K .L E S 0 < T 0 B K E 2 0 0 2 M EDI 26 DEMONS SUITE DE LA PAGE E 1 la suite été entièrement numérisé dans le sous-sol de Kim Nguyen, de façon artisanale, en quelque sorte.•Certains procédés techniques sont devenus de plus en plus abordables, explique-t-il.On pense à la caméra mini-DV bien sûr.Moi, j’ai voulu faire une expérimentation sur l'image avec mon directeur photo.L’exercice a duré quatre mois et le film entier fut retouché.Le but était de pousser l'image pour qu’elle soit non pas es-thétisante, mais qu 'elle reproduise un monde unique qui se rapproche de l’art pictural.Tout le ciel a été repeint.Il est étonnant de constater à quel point on peut manipuler l'image tout en gardant les personnages en avant-plan.U défi, dans une oeuvre très stylisée, c’est de préserver leur authenticité.» Kim ne voulait pas tourner son film avec une caméra numérique.•Im mini-DV établit une proximité avec l’image, mais la pellicule permet de conserver une belle distance.» Pour un premier long métrage, le budget peut paraître honorable: 2,3 millions de dollars.C’est compter sans les contraintes du tournage.Pratiquement tout fut filmé en extérieur (avec des décors construits à Stoneham, près de Québec).Du moins, le marais existait déjà.Il a la piqûre du conte, Kim Nguyen.Parce que ce genre, peu développé ici, surtout dans la sphère fantastique, lui permet d’inventer comme un démiurge.Alors, il mijote un autre scénario, très différent du Marais, mais tout aussi insolite et fou.SOURCE FILM TONIC Paul Ahmarani et Grégory Hlady dans Le Marais, de Kim Nguyen.Culture Beaucoup de bruit.Conception et mise en scène: Brigitte Poupart Textes et collaboration à la conception: Michel Monty.Assistante à la mise en scène: Nancy Rozon.Musique originale: Jean-François Pednô.Scénographie et conception .multimédia: Michel Hébert Eclairages: Martin Labrecque.Costumes: Marc Senécal.Avec Paul-Patrick Charbonneau (l'architecte), Guillaume Chouinard (le spécialiste), Alexandre Goyet-te G’interprète), Michel Monty (Ecce Homo Media), et le chœur Carole Courtois, Geneviève Laroche, Patricia Perez et Catherine Tardif.Une coproduction Trans-Théâtre et Espace Go présentée à l’Espace Go du 15 octobre au 2 novembre 2002.SOLANGE LÉVESQUE On perçoit le concept, on devine les intentions.Après un prologue dans le foyer, on constate en entrant dans la salle que la disposition habituelle des spectateurs a été modifiée pour que les interprètes puissent entrer en interaction directe avec une partie du public qui se trouve debout derrière des grillages.Du début à la fin du spectacle, on ne peut pas ne pas remarquer le grand déploiement de techniques: images vidéo, bande sonore et maquillages sophistiqués; très généreux décibels; acrobaties; voleries des interprètes harnachés à des filins; chute d’accessoires tombant des cintres; etc.On pourrait en ajouter d’autres que cela ne garantirait jamais l’accomplissement visé au théâtre (ou en danse, ou au spectacle multimédia): réaliser une alchimie qui transforme ces matières premières en or, c’est-à-dire qui fasse oublier au spectateur la technique, les lieux, etc., pour lui permettre d’accéder, par le détour d’un autre univers, dans son monde intime, et réciproquement.Les formes possibles sont innombrables, mais dans tous les cas, le théâtre est toujours beaucoup plus que la somme de ses éléments.Avec Babel, la conceptrice Brigitte Poupart désirait •faire éclater l'espace théâtral pour franchir physiquement le lien qui sépare acteurs et public»; ce premier désir est atteint Elle voulait également •interroge[r] [.] la quête universelle de l’ascension, celle qui pousse l’humanité toujours plus loin dans sa conquête de la nature et l’illusion de sa propre divinité».Mon Dieu, pourquoi pas?Mais il faut souvent, pour arriver à l’universel, faire un détour par le particulier; il faut un ou des personnages qui soient humains, touchants, intègres ou révoltants, par exemple, ou, mieux encore, aux prises avec leurs contrastes.C’est sans doute là une faille majeure de Babel.Les deux personnages principaux n’arrivent pas à intéresser.Ils sont davantage des types que des personnages crédibles.Ecce Homo (voici l’homme), qui mène une entrevue avec un invité qu'il appelle l’architex (ou architexte?), apparaît comme le mélange d’un animateur d’émission de variété et d’un MC de boîte de nuit plus soucieux de mettre en valeur ses muscles et sa chute de reins plus que quoi ou qui que ce soit d'autre.Cet Ecce Homo parle un sabir largement inspiré du langage de Sol (Marc Favreau), mais contrairement à ceux de Sol, ses jeux de mots sont souvent gratuits et sans grand esprit.L’architecte, de son côté, emprunte leur jargon aux spécialistes du bâtiment, notamment, et aux technocrates.Ce jargon privé d’une distance (ironique ou autre) suffisante n’est pas moins ennuyeux que celui des vrais technocrates.Plusieurs membres de la distribution sont des interprètes aguerris, et la production exige une énergie considérable de leur part Devant une telle mise en œuvre cependant, on ne peut faire autrement que de se rappeler le titre d'une pièce de Shakespeare.et regretter que l’histoire de Babel (on aura reconnu l’emprunt à la Genèse), si riche en pistes de réflexion, soit si mal et si peu exploitée, car ses liens avec le JOd1-siècle ont toutes les chances de se révéler assez directs.aesuLi ENTRE DE RÉATIVITÉ Méditation Art sacré 2 0 0 2 26 octobre à 13 h » Démonstration d'art floral ikebana Les influences de 6 novembre à 16 h » Table ronde l’Orient dans l'art occidental 13 novembre à 19 h » Soirée littéraire Un art de vivre ! avec François Charron, Germaine Beaulieu Annie Molin-Levasseur et José Acquelin 20 - 22 novembre à 20 h 30 » Danse contemporaine dans l'église avec Mariko Tanabe Danse Gesù - Centre de créativité 1200, rue de Bleury, Montréal INFORMATIONS : (514) 861-4873 Radio .yï; Ville-Marie 91.3 fm Montréal 106.3 fm Skerbroel.SUITE DE LA PAGE E 1 Isabelle Cauchy considère 77ie House Of Mirth comme un roman féministe avant l’heure.«Il raconte l’histoire de Uly, une femme dont la vie se déroule dans le milieu de la grande bourgeoisie américaine du début du XX' siècle.» Dans ce milieu, les femmes étouffaient littéralement.Gardées dans l’ignorance, elles n’avaient aucune utilité, aucune autonomie.«Pour elles, c’était le mariage, souvent arrangé parles parents, être épouse et mère ou avoir une vie misérable», poursuit Isabelle Cauchy, qui voit dans ce roman écrit en 1905 un document qui transcende les époques.«Lily est très belle; elle a envie d’être libre et heureuse.Mais elle évolue dans un milieu où les règles sont faussées en partant.Pour gagner son autonomie, il faut pouvoir choisir les moyens par lesquels on s’accomplit.Cela suppose formation et information, ce dont la plupart des femmes ne disposaient pas à l’époque.» Uly voudrait aimer véritablement; on lui demande de séduire et de se marier.Elle refuse de se laisser acheter pour faire un «bon mariage», c’est-à-dire épouser un homme riche et bien vu, et vivre dans le luxe matériel.«A certains égards, nous agissons encore selon les termes sociaux qu’Edith Wharton pose dans son roman; c’est pourquoi l’actualité de Lily paraît si vive», signale la metteure en scène.«Finalement, Lily est le seul personnage moral d’un milieu où les règles sont faussées en partant.Plus sa déchéance se confirme, plus elle gagne en dignité.» Après toutes ces années de travail, cette fois-ci, elle le sent; son adaptation est à la hauteur; «J’ai maintenant suffisamment d’expérience et de métier pour répondre aux questions insolubles qui s’étaient posées il y a 18 ans.L’apport de la musique de Michel G.Côté me permet de dire autre chose et de le dire autrement.» Isabelle Cauchy fait remarquer sur le plan formel, le théâtre musical s’apparente davantage à l’opéra qu’à la comédie musi- ULY ._ JACQUES GRENIER LE DEVOIR «À certains égards, nous agissons encore selon les termes sociaux qu’Edith Wharton pose dans son roman; c’est pourquoi l’actualité de Lily paraît si vive», fait remarquer Isabelle Cauchy.cale.«La musique de lily est certainement plus proche de Kurt Weill que de Luc Hamondon.Ce ne seront pas les dialogues qui seront chantés mais les monologues intérieurs.Grâce à des subventions, les interprètes bénéficient de l’accompagnement d’un superbe quatuor à cordes.» Une distribution choisie donnera chair à Uly.la comédienne Catherine Sénart incarne l’héroïne, entourée par Isabelle Roy, Daniel Ga-douas, Robert Vézina et Stéphane Brulotte, dont on a découvert la belle voix dans Awe le temps - Cent ans de chansons, mis en scène par Louise Forestier au Rideau Vert en 2000.Daniel Fortin a conçu les costumes et Louise Lemieux assure la scénographie et les éclairages.Au théâtre Prospéra dès le mardi 29 octobre et jusqu ’au 16 novembre 2002.Le Misanthrope de Molière Mise en scène : FRANÇOISE FAUCHER Un amoureux trop honnête heureux Du 8 au 30 novembre IrikIis et vendredis.?() h.samedis, 16 II [Avec PIERRE CHAGN0N, CATHERINE FLORENT, RENÉ GAGNON, SOPHIE FAUCHER, CARL BÉCHARD.MARIANNE MOISAN, SÉBASTIEN DELORME, CÉDRIC NOEL, FRANÇOIS CAFFIAUX, FRANÇOIS SASSEVILLE I Concepteurs : THÉÂTRE- CLAUDINE PARADIS.MARCEL DAUPHINAIS.MÉRÉDfTH CARON.MICHEL BEAULIEU.VlfNiÇF-PFI I FTIFR CATHERINE GAD0UAS.NORMAND BLAIS, JACQUES-LEE PELLETIER UMMUfc rUUIIHl BILLETTERIE (514)253-8974 ADMISSION (514) 790-1245 1 800 361-4595 admlssion.com 1353.rue Sainte-Catherine Est y.Papineau ouViau.autobus 31 M Pie IX.autobus 139 Une pièce de théâtre sur le couple, conçue et interprétée par un couple.Une rencontre où le public est partagé entre la fiction et la réalité.Quand un acteur incarne un personnage sur scène, qui est sur scène ?Iv/nMPMi ttœtv TEXTE, mise en scène ET INTERPRÉTATION Daniel Brière Evelyne de la Chenelière ^m, UNE PRODUCTION Wffffa'itUjfiW Nouveau Théâtre Expérimental www.nte.qc.ca DU 23 OCTOBRE AU 3 NOVEMBRE à Espace Libre 1945 Fullum métro frontenac Réservations (514) 521-4191 LE MfcSIAURANi L'AtvivicnÎH i P restaurant F Armoricain à À 86 LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 « ET DIMANCHE O ( T O B R E 2 O O 2 E Cul lure - Les romantiques font la fête Georges Sand, Alfred de Musset, Chopin, Delacroix et Liszt s’affrontent sur la scène de La Bordée, à Québec THÉÂTRE DAVID CANTIN Imaginez Delacroix.Liszt, Musset, Chopin et George Sand dans le manoir de campagne d’une grande duchesse qui s’ennuie profondément Tout semble bien en place pour des affrontements féroces et loufoques entre ces génies du romantisme français.C’est ce que promet la met-teure en scène Marie-Josée Bas-tien avec son adaptation théâtrale d'impromptu du cinéaste James Lapine, qui prend l’affiche à La Bordée dès mardi, rue Saint-Joseph Est à Québec.La passion fougueuse à son paroxysme.Il y a longtemps que les artisans du liiéâtre Les Enfants Terribles souhaitent monter ce spectacle.Toutefois, il s’agit d’une tâche assez délicate qui nécessite la participation intense de huit comédiens.Un tel projet oblige également à faire des choix judicieux.En entrevue, Marie-Josée Bastien et Erika Gagnon, qui incarne George Sand, précisent qu’elles ont surtout voulu mettre l’accent sur la dimension humaine de ces figures légendaires.Selon la cofondatrice des Enfants Terribles, •on a insisté sur le côté délinquant et irrévérencieux de ces personnages en visite pour distraire la duchesse d'Antan.Ce qui m’a attirée vers le scénario de Sarah Kernochan réside beaucoup dans ce portrait de la première jeunesse de ces artistes fauchés.Ils n’allaient sûrement pas dire non à un peu de désinvolture et d’émancipation».Toujours souriante, Bastien précise qu’elle ne voulait certainement pas concocter une pièce didactique sur le romantisme français.Il fallait donc s’inspirer du film mais aussi de certaines correspondances et d’un peu d’imagination personnelle.•On pourrait parler d’une suite de 24 tableaux humainement quotidiens.On découvre, chez ces personnages, la quête d’un absolu tant formel qu’idéologique.Ce n’est pas le génie qui compte mais plutôt cette jeunesse qui les pousse à se désirer, à se surpasser et à vivre une expérience mémorable à la campagne.» Passion et raison L’épisode chez la duchesse reste donc le noyau principal de cette adaptation qui insiste également beaucoup sur le rapport à la musique.Fort sympathique, la metteure en scène signale que l’écoute des œuvres de Chopin a sans doute eu un impact sur son écriture.«La musique demeure l’un des éléments que j’ai voulu exploiter à fond pour ce spectacle.D’ailleurs, il y aura un pianiste sur Une comédie romantique qui s’intéresse davantage aux histoires de cœur qu’aux grandes leçons de ce courant artistique scène à chaque soir pour interpréter du Chopin.De plus, Réjean Vallée incarne le célèbre compositeur qui se laissera tenter par George Sand, même si Musset se promène aussi dans les parages.Il ne faut jamais oublier qu’on a affaire à une comédie romantique qui s'intéresse davantage aux histoires de cœur qu’aux grandes leçons de ce courant artistique.» Alors, que représente au juste le romantisme pour le réalisateur James Lapine, ou plutôt pour Marie-Josée Bastien?«Ce qui m'intéresse rejoint cet état d'esprit qui caractérise la fin du XIX' siècle.On a affaire à une nouvelle vision du monde, où la passion règne sur la raison.Dans la pièce, les protagonistes discutent, se détestent, s’aiment avec une ferveur qui reflète la complexité des caractères comme des sentiments.De plus, ils ne peuvent tout simplement pas refuser cette invitation pour dormir, manger et boire sans les moindres frais.C’est une chance exceptionnelle pour eux.» Afin d'incarner George Sand, Erika Gagnon se remémore son expérience avec Claude Poissant dans Les Caprices de Marianne, de Musset.Elle ajoute aussi que le pendant émotif a eu un certain impact lors de cette adaptation d’impromptu.»Ses passions amoureuses avec Chopin et Musset ont fait d'elle une figure légendaire du romantisme français.Sa révolte l'amène à personnifier ce mouvement pas si loin de nous aujourd'hui.Je crois qu’il existe toujours une grande actualité du romantisme.L’humour derrière ce spectacle devrait aussi mener le public à découvrir une autre facette de l’histoire de ces individus.» Outre Erika Gagnon en George Sand, Yves Amyot deviendra Alfred de Musset, Fabien Cloutier sera Delacroix, Jean-Sébastien Ouellette entrera dans la peau de Franz Liszt, Marie-France Tanguay incarnera sa maîtresse Marie d’Agoult et Véronique Aubut défendra le rôle de la duchesse.Autre détail, le chorégraphe Harold Rhéaume s’occupe des mouvements dans ce spectacle qui mise avant tout sur l’énergie créatrice autour de cette petite visite à la campagne.IMPROMPTU Scénario: Sarah Kernochan.Adaptation et mise en scène: Marie-Josée Bastien.Une coproduction du Théâtre de la Bordée et du Théâtre Les Enfants Terribles.À La Bordée, 315, rue Saint-Joseph Est, à Québec, du 29 octobre au 23 novembre 2002.Pour une poignée de dollars Un Claudel presque virulent qui dénonce l’Amérique prend l’affiche du TNM Oser monter Claudel alors que c’est une vieille barbe pour la majorité des gens, cela peut sembler téméraire.Mais ce ne l’est pas quand on croit, comme Martin Faucher, que L'Échange est au contraire une œuvre corrosive, riche, avec des accents explosifs, à la Rimbaud.MICHEL BÉLAIR LE DEVOIR Il faut bien l’avouer: quand on pense à Claudel, on pense à un vieux monsieur bedonnant et pontifiant à la prose ronflante, à un homme d’un autre siècle, un catho de droite, bref, une sorte de Charles de Gaulle de la littérature française.»Le Claudel de L'Echange n'a rien à voir avec cet homme-là», explique Martin Faucher, qui signe la mise en scène de la deuxième production à prendre l’affiche du TNM cette saison.•Ici, poursuit Faucher, il a à peine 25 ans, et c’est un homme passionné.Nous sommes en 1893, et Claudel arrive en Amérique pour y occuper des fonctions diplomatiques: il aura un choc en voyant les premières manifestations du capitalisme naissant.Il faut aussi retenir que ce Claudel-là est aux antipodes du courant naturaliste qui a cours à Paris: il est en nette opposition à Zola.Ses références à lui, elles sont plutôt du côté de Rimbaud [il a publié Tête d’or en 1890] et des symbolistes comme Lautréamont et Mallarmé.» Le pouvoir de l’argent Ce Claudel tout nouveau diplomate — il vient d’être nommé consul suppléant à New York, son premier poste — sera évidemment frappé par l’Amérique sortie de la guerre civile et qui s’acharne déjà à devenir l’Amérique que l’on connaît.Ce jeune Français cultivé, reçu premier au concours des Affaires étrangères, vivra une sorte de choc des cultures: devant lui, le business is business est en train de prendre forme.Tout a un prix.Et lorsqu'il quittera New York en 1895 pour occuper un poste à Shanghai, il aura déjà écrit L’Échange, un texte qui dénonce le capitalisme et certaines valeurs du Nouveau Monde, mais qui célèbre aussi l’esprit d'aventure, la beauté des paysages et la culture amérindienne.•Entendons-nqus, reprend Martin Faucher: L’Echange n’est pas une pièce marxiste-léniniste contre l’argent, mais c’est néanmoins un texte sur le pouvoir de l'argent, sur les valeurs et sur la valeur: la valeur que l'on s’accorde à soi-même et la valeur que l’on accorde à autrui.Et ça, qu’on pense ce qu’on voudra de Claudel, c'est en lien direct avec la sensibilité contemporaine, c'est encore au centre de la sensibilité contemporaine.» Le programme du TNM souligne d’ailleurs cet aspect à gros JACQUES GRENIER LE DEVOIR Martin Faucher met en scène L'Échange de Paul Claudel au TNM avec Markka Boies, qui sera Lechy, l’actrice un peu fêlée, compagne de Thomas Pollock Nageoire.trait rouge en mettant en relief une phrase-choc qu’on ne pourra pas ne pas voir «Quel prix sommes-nous prêts à payer pour ne pas nous vendre?» Cette phrase assassine résume assez bien l'action de la pièce.Louis Laine et sa femme Marthe arrivent de Françe pour s’installer aux Etats-Unis.Ixiuis travaille au domaine de Thomas Pollock Nageoire, un riche propriétaire terrien marié à une actrice, Lechy Elbernon.Les choses se précipitent quand Thomas essaie de séduire Marthe et que celle-ci s’y refuse: il décidera alors de l’acheter.Business is business: quand on veut quelque chose, il suffit d’y mettre le prix.Suivra une sorte de déchirant marchandage qui se terminera dans le sang comme un vulgaire fait divers.Le tout livré dans une langue forte, «pulsionnelle», dira Faucher, vibrante.Une langue poétique mettant constamment en relief les grands thèmes de la pièce: l’amour, le pouvoir de l’argent, la quête spirituelle et le désir.On s’accroche à quoi, pour monter cela?«Au suspense, répond Martin Faucher sans hésiter.À l’intrigue, qui est complexe et qu’il faut raconter.Aux questions que pose Claudel, aussi: qu’est-ce qu’on vit en Amérique?Comment?Pourquoi?Parce qu’il ne faut pas se cacher non plus que l'Amérique est encore aux prises aujourd'hui avec ce que Claudel a découvert là il y a plus de 100 ans.Comme cette manie de jouer au cow-boy et de porter un revolver.» Un personnage à quatre voix C’est le moment que choisit Markka Boies pour se joindre à Une langue forte, «pulsionnelle», dira Faucher, vibrante nous, la comedienne a déjà joué pour Martin Faucher dans La Fille de Christophe Colomb, de Rejean Ducharme, en 1994.Elle étqil aussi de la distribution de L’Echange mis en scène par Daniel Roussel il y a une douzaine d’années dans la petite salle du Café de la Place, qui contenait 80 places — le TNM en offre 8(H) Elle avait joué Marthe cette fois là alors quelle sera l,echy, l’actri ce un peu fêlée qui est la com pagne de Thomas Pollock Na geoire.Elle dira plus tard que le fait de rejouer ce texte, c’est comme se retrouver dans un pays où on est déjà allé.Mais pour tout de suite, Martin Faucher est en train de parler de ses influences, de ses «guides», pour monter ce spectacle — Munch, Delvaux, Chirico «pour le temps suspendu» et le poète Jean-Paul Daoust pour sa compréhension de l’Amérique —, et elle se greffe à la conversation.«Im référence aux arts visuels est plus que pertinente, souligne-t-elle.J’ai rarement eu l’impression d’avoir autant à sculpter, à modeler un personnage de l’intérieur.C’est un énorme défi artistique.» Cette Lechy Elbernon est un personnage qu’on pourrait dire possédé par les vertiges qu’il s’invente.«Ça ne ressemble à rien de ce que j'ai joué jusqu’ici, poursuit Markita Boies.C'est une sorte de texte incantatoire, de délire verbal éblouissant.Et noir.Comme si Lechy s'abandonnait aux transes qui la traversent, comme si elle s'imaginait constamment, comme si elle était toujours en train de jouer un rôle: le sien.» C’est elle — ou Martin Faucher, peu importe — qui emploiera l’expression «anthropologie de l’âme» pour parler de cette descente constante au plus creux de l’âme des personnages, cet aller-retour perpétuel entre l’intérieur et l’extérieur, inscrit dans le projet de Claudel.Mais Lechy n’est pas le seul personnage ambivalent de L’Échange.Claudel a lui-même précisé que Marthe, lœchy, Thomas et Louis •ne sont que les quatre aspects d’une seule âme qui joue avec elle-même aux quatre coins».Et lorsque le travail de répétition s’est amorcé, Martin Faucher a demandé à ses comédiens de trouver ces quatre vont et, de façon plus précise, la leur.Pour Markita Boies, par exemple, son personnage s’est construit sur le vertige.Reste à voir les facettes de l’univers de Claudel que mettront en relief Maxim Gaudette, qui interprète le rôle de Louis Laine, Macha Limonchik, celui de Marthe, et Pierre Collin, celui de Thomas, pour qui tout a un prix.L’ÉCHANGE De Paul Claudel.Mise en scène: Martin Faucher.Au Ihéâtre du Nouveau Monde du 29 octobre au 28 novembre.ThéAtrt présente X*»
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