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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2006-11-18, Collections de BAnQ.

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2 o o »; Hommago a un dfienseur des tra\ailleurs, Mic hel ( hartrand PHILOSOPHIE Habermas et la classe de Madame Use PERSPECTIVES La chasse à l’accommodement Mais de quoi parle-t-on, au juste?Accommodement raisonnable.L’expression est sur toutes les lèvres et abordée sur plusieurs tribunes téléphoniques depuis une semaine.Mais de quoi parle-t-on au juste?Il s’agit d’une obligation juridique d’accommoder des personnes en leur offrant un traitement différent afin que leurs droits fondamentaux garantis par la Charte ne soient pas compromis.Un tel accommodement ne doit cependant pas se traduire par des contraintes excessives ou faire en sorte que d’autres personnes soient lésées dans leurs droits.Est-ce bien de cela que nous parlions cette semaine?CLAIRANDRÉE CAUCHY Les exemples d'ajustements pour satisfaire des membres de diverses communautés religieuses sont légion ces jours-ci dans les médias.Des juifs hassidiques ne veulent pas que leurs enfants voient des femmes en vêtements moulants s'entrainer, des policières sont invitées à céder le pas à leurs collègues masculins lorsqu'elles interviennent auprès d’un juif traditionnaliste; des couples musulmans exigent que seule une femme médecin procède à un accouchement; un CLSC d'un quartier à forte concentration ethnique organise un cours prénatal non mixte.Où s'arrêtera Raccommodement raisonnable»?Les esprits s’échauffent sur le sujet depuis quelques jours, voire depuis quelques mois si on remonte au récent jugement de la Cour suprême sur le kirpan.D’aucuns, tel le chef de l’ADQ Mario Dumont, placent même la Charte québécoise des droits et libertés au banc des accusés.Devant cette préoccupation aigue, les juristes invitent à la prudence et à la réflexion.«/?y a une certaine dérive sur le terme “accommodement raisonnable’.Les gens disent: “Je suis contre l'accommodement raisonnable", alors qu'ils ne savent pas ce que c’est», observe le président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), Marc-André Dowd.Pour parler de l'obligation d'accommodement raisonnable, il faut d'abord être en situation de discrimination, soit lorsqu’un droit garanti par la Charte est compromis, précise M.Dowd.Il est notamment question du droit au travail, à l’éducation, au logement, à l’accès aux services ordinairement offerts au public, etc.Ainsi, une jeune fille qui ne peut fréquenter l'école parce quelle porte le voile islamique verrait son droit à l’éducation compromis.«Cela ne s’applique pas seulement pour des motifs liés aux convictions religieuses.Cela fait des années qu 'on applique la notion d'accommodement raisonnable pour adapter des milieux de tra- « On parle d'un petit groupe de sikhs, puis de tous les sikhs, puis de toutes les communautés dans leur ensemble » vail aux personnes handicapées ou à des femmes enceintes», note Marc-André Dowd.La plupart des cas évoqués cette semaine dans les médias ne relèvent aucunement de l'accommodement raisonnable.11 n'est par exemple a aucun endroit question d'un droit à ne pas être derange par la vue de femmes vêtues légèrement Des limites •La plupart du temps, il s'agit plutôt d'une adaptation à la diversité, dans un contexte où on est libre de le faire ou pas», précise la professeure Marie McAndrew, de la chaire en étude ethnique de l’Université de Montréal.5 institutions sont plutôt en train de chercher des façons de tenir compte des cultures pour être plus efficaces dans leur intervention», poursuit-elle.A la fameuse question des limites à l’accommodement raisonnable, les juristes offrent des réponses somme toute assez claires.Cela ne doit pas se traduire par des «contraintes excessives» pour les institutions ou encore brimer les droits d'autrui.«Il ne faut pas non plus que ce soit onéreux.Par exemple, une religion qui obligerait à donnera un travailleur 100 fours de congé par année, ce serait excessif Mais deux ou trois, cela passe», illustre le réputé avocat Julius Grey.«Est Devoir, l’entrepreneur Pierre P Début des cours; janvier 2007 > Groupes restreints vous permettant de partager une expérience d apprentissage unique avec des étudiants d'ici et d'ailleurs.?Cinq niveaux (de débutant a avancé).* Programmes menant au Certificat de compétence en anglais de McGill ou au Certificat de compétence en français de McGill.Pour de plus amples renseignements: www.mcgill.ca/ef1p B* Inscrivez-vous dès maintenant! (514) 398-1212 (programme d'anglais) (514) 398-1202 (programme de français) F McGill Centra tf M wcMioii Perm»**™* LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 NOVEMBRE 2006 B 2 PERSPECTIVES Jean Dion L’embrouillamini irakien hante la vie politique américaine Si c’est écrit, ça doit être vrai La ministre d’un ministère en est finalement arrivée à la conclusion qu’elle était dépassée par les événements.«Quand j’ai été nommée ministre de l'Environnement, j'ai pris ça au sens premier, ministre de ce qui environne, de ce qu'il y a autour.Comme j’étais solidement implantée dans mon milieu, je me suis dit que ça n’allait pas être trop compliqué.J’ai songé que je n’aurais à m’occuper que de mon carré de sable bitumineux.Je ne pensais pas que j’allais être pognée avec des moumounes qui craignent pour des niaiseries comme l’avenir de la planète Terre, comme si l'activité économique productrice de richesse et d’emplois pouvait être nuisible à qui que ce soit», a déclaré depuis l’Afrique la ministre, qui a ajouté «perdre royalement |s]o« temps à cette conférence de mauviettes alors qu 'il y a tant d’autres choses à faire, de la prospection gazière par exemple».«Ix> Kenya, c’est quoi ça, le Kenya?Un autre de ces pays qui vivent au crochet du reste du monde.Je suis persuadée que si le Kenya faisait partie du Canada, il serait une de ces provinces qui reçoivent de la péréquation, détroussent de ce fait l'Alberta et poussent l'insulte jusqu'à ne même pas voter conservateur, a poursuivi la ministre.La seule bonne raison d’être venue ici, c'est qu’en chemin, l'avion a brûlé quelques tonnes de bon pétrole albertain, renforçant ainsi notre économie et rehaussant notre niveau de vie.» In ministre a ajouté que la bataille autour du respect du protocole de Kyoto divise inutilement le pays.«On n'a pas besoin de chicane entre les créateurs de richesse et les chialeux pauvres.Si les partisans de la calotte glaciaire veulent qu’elle dure, ils n’ont qu'à acheter des congélateurs.Mais les congélateurs, je tiens à vous le rappeler, ça pollue d’aplomb.Vous voyez bien que la position des chialeux ne tient pas debout», a-t-elle souligné.In ministre a par ailleurs véhémentement déploré que son homologue français s’ingère dans les affaires internes du Canada en louant la position du Québec dans le dossier Kyoto.«Est-ce que je m’ingère dans les affaires internes françaises, moi?Non, et il y a d'excellentes raisons pour ça: je ne parle pas un traître mot de français, je ne connais rien à la France, je me fous de la France, c'est laid la France, on y mange beaucoup plus mal qu'en Alberta, les Françaises ne sont pas aussi belles que moi, et la France, dites-moi, elle en serait où si on n’était pas allés la sauver en 44?C'est bien ce que je pensais.» Selon la ministre, tout ce qu’on peut accorder à la France, c’est d’avoir une ministre de l'Environnement qui se prénomme Nelly.«Ça, je comprends ça.Il y a même plein de Nelly en Alberta», a-t-elle conclu.?Un candidat à la direction du Parti libéral du Canada a révélé qu’il avait été mal cité lorsqu’on a rapporté qu'il était disposé à reconnaître le Québec comjne nation.«Etes-vous malades?Vous pensiez vraiment que je serais assez fou pour débiter une pareille ânerie, qui risquerait de compromettre l'unité canadienne et le délicat équilibre entre les citoyens citoyennes de toutes origines, de toutes cultures, de toutes langues, de toutes couleurs, de toutes religions, de toutes coutumes, de toutes traditions, de toutes allégeances et de toutes différences?Depuis quand le Parti libéral serait-il en faveur du fédéralisme d’ouverture?C'est une patente conservatrice, le fédéralisme d'ouverture, la meilleure preuve en étant que ça ne marche pas», s'est étonné le candidat.«Non, ce que j’ai dit.c’est qu’il fallait de toute urgence reconnaître le Québec comme notion.Un concept, quoi, une idée générale, une espèce d’abstraction, une vue de l'esprit.Ça n’engage à strictement rien, et comme les Québécois avalent n importe quoi, ils vont accepter ça, j’en suis convaincu», a ajoute le candidat.«Il n’y a qu’à leur dire qu’il s’agit d'un accommodement raisonnable.» ?Un gars aperçu à la station de métro Berri-UQAM en train de courir à toutes jambes vers le quai direction Longueuil s'est révélé, après interrogatoire, dans l'impossibilité radicale d’expliquer pourquoi il courait ;ùnsi.«Is quai direction Longueuil est sensiblement éloigné des autres, de sorte que de l’endroit où j'étais lorsque vous m'avez vu en train de courir, il était radicalement impossible d’entendre si une rame arrivait ou était sur le point de partir.Il était, en consequence, par-faitement idiot de courir.Aussi ne puis-je vous expliquer pourquoi je courais», a déclaré le gars lorsque rejoint sur le quai, attendant toujours le métro, par un interrogateur qui.lui, s’était rendu au même quai en marchant tranquillement.«lui seule hypothèse plausible que je voie, c’est que la station de destination porte le nom LongueuihUniversi-te de Sherbrooke, et Sherbrooke, je veux dire la ville, ça sonne loin en fermes de métro et.subconsciemment, les gens qui courent vers le quai direction L>ngueuil sentent que s’ils ratent le pnx'luun convoi, ils vont accuser un retard considerable.Mais cela ne tient pas debout puisque chacun sait qu ’il y a une mme toutes les cinq minutes.Peut-être, donc, que je suis juste nm.Ou alors très soudeur de montrer que je suis presse parce que ma très importante pn'scnce est requise quelque fart dans les plus bref: delais sinon le monde va s’écrouler, ce qui revient au meme», a ajoute le gars, légitimement fier d’être interviewe même si ce n’était pas pour la tele.l e gars a cependant précisé qu’il détestait les autres personnes qui courent dans le métro et certains autres lieux publics parce que cela le gène lorsqu'il est plante en plein milieu d'un endroit très passant en train de jaser, en personne ou au cell, alors qu’il raconte «des choses essentielles».«Je suis un anient défenseur du civisme, a indique le gars.Par exemple, je deteste quand les gens essaient d’entrer dans un uagon de metro avant que les passagers n 'en soient sortis.Moi.je ne fais pas ça.Moi.je n entre pas.mais je reste driant la porte.L’effet est le même, remarquez, les gens sont tout autant empêches de sortir, mais c 'est beaucoup plus poli.» Le gars a conclu en notant que le fait de courir lui avait somme toute été utile puisqu'il avait attendu 30 secondes de plus sur le quai, ce qui lui avait permis de retrouver son souffle.Toutes les propositions de sauvetage sont accueillies avec scepticisme REINHARD KRAUSE REUTERS Ragaillardis par la majorité qu’ils viennent de décrocher au Congrès, plusieurs démocrates martèlent maintenant qu’une sortie de crise irakienne passe par un retrait militaire progressif et que celui-ci devrait commencer dans quatre à six mois.En parallèle, l’idée d’une collaboration de l’Iran et de la Syrie avec les Etats-Unis afin de stabiliser l’Irak est tirée à hue et à dia.Dans un cas comme dans l’autre, les propositions de sauvetage sont accueillies avec scepticisme.GUY TAILLEFER A près,le 11-Septembre, l’Iran a apporté aux États-Unis un soutien actif pour renverser les talibans en Afghanistan et établir un nouveau gouvernement à Kaboul, calculant que sa bonne volonté contribuerait à un dégel des relations de Washington avec Téhéran.En lieu et place, George W.Bush a décrété quelques semaines plus tard dans son discours sur l’état de l’Union que l’Iran faisait partie de Y «axe du mal».Les mollahs en ont conclu que Washington n’allait pas se laisser attendrir par leur effort de collaboration et que la Maison-Blanche ne renonçait pas à vouloir renverser leur régime.Avec le résultat que l’affrontement géopolitique Téhéran-Washington demeure un des plus incendiaires sur la planète.C’est dans ces conditions que circule l’hypothèse voulant que l’Iran et la Syrie — ce dernier pays étant officiellement traité en paria par les Etats-Unis pour son soutien au «terrorisme» anti-israélien — soient appelés à la rescousse pour aider les Américains à s’extirper du bourbier irakien.L’Iran a, sur l'Irak et sa majorité chiite, une influence à tous les niveaux.Il y a développé une importante infrastructure militaire et sécuritaire.Il finance le trafic d’armes et des partis politiques.Et il aurait sans doute assez d'influence politique et culturelle, analy-sent les spécialistes, pour convaincre les chiites irakiens de faire un compromis avec la minorité sunnite, qui a perdu le pouvoir en même temps que Saddam Hussein.Sauf que le cas de l’Afghanistan a rendu les Iraniens «beaucoup plus prudents au sujet de ce qu’ils sont prêts à céder», dit Nasser Hadian-Jazy, politologue à l’université de Téhéran, cité par The Christian Science Monitor.Et beaucoup plus sûrs d’eux et belliqueux, depuis l’arrivée au pouvoir du président Mahmoud Ahmadinejad, envers une Amérique trébuchante.Soufflant le chaud et le froid, la Maison-Blanche s’est déclarée d’accord mercredi «sur le principe» de pourparlers directs avec Téhéran tout en continuant d’exiger de l'Iran qu'il renonce à son programme nucléaire avant que les discussions ne s’amorcent.Le même jour, la secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, affirmait «ne rien voir» dans le comportement des Iraniens «suggérant qu its sont prêts à contribuer à la stabilité de l’Irak».Commentaire à la BBC de Rosemary Hollis, de Chatham House, à Londres: «Ce sont eux [les Etats-Unis et la (IrandoBretagnel qui sont faibles.Mais ils continuent d'exiger de l'Iran qu'il fasse toutes les concessions.» Adiré vrai, elle doute que les discussions, si nécessaires soient-elles à des tins d’apaisement régional, déboucheraient sur des résultats concrets.Sous le bruit qui accompagne l'éventualité d’un dialogue, encouragé par l’Iraq Study Group de l'ancien secrétaire d’Etat James Baker, l’administration Bush doute profondément, non sans raison, des efforts que l'Iran et la Syrie seraient disposés à faire pour alléger George W.Bush les misères des troupes américaines et britanniques en Irak.À quel prix, du reste, serait-elle prête à sceller cette collaboration compte tenu du fait que la facture pourrait impliquer des pressions sur sqn allié israélien en faveur de la création d’un Etat palestinien viable et des concessions à la Syrie au sujet du Liban et des hauteurs du Golan?En visite lundi à la Maison-Blanche.le premier ministre israélien Ehoud Olmert a clairement tait connaître son opposition à un tel rapprochement.Pour Jihad el-Khazen, ancien rédacteur en chef du journal al-Hayat, considéré comme le quotidien de référence, basé à Londres, de la diaspora arabe, la cause est entendue: «La stratégie va échouer», dit çe pourfendeur d’Israël et des Etats-Unis.Pure réaction aux législatives du 7 novembre, «elle est fondée, affirme-t-il dans al-Hayat, sur des considérations de politique intérieure américaine plutôt que sur le désir de soulager les souffrances du peuple irakien.Elle est preuve de désespoir plutôt que de conviction».Approche contestée Le désarroi aux Etats-Unis sur la question irakienne n’aura, en effet, jamais paru plus manifeste.Un bluff n’en excluant pas un autre, le président Bush, selon le quotidien britannique The Guardian, envisagerait un «dernier gros effort», sous la forme du déploiement de 20 000 soldats additionnels, pour gagner la guerre en Irak.Ce qui l’exposerait à une collision frontale avec le nouveau Congrès, où la thèse à la mode dans les cercles démocrates veut qu’en commençant dans quatre à six mois à retirer les troupes coalisées, le gouvernement irakien du premier ministre Nouri al-Maliki serait forcé de prendre ses responsabilités dans la reconstruction et le rétablissement de la sécurité au pays.«Les leaders politiques irakiens ne comprennent pas qu'il y a une limite au sang et à l'argent que les Américains sont prêts à verser», affirme l’influent sénateur démocrate Cari Levin.Cette approche a été taillée en pièces ces derniers jours par plusieurs généraux américains, y compris parmi ceux qui ont critique la strategie irakienne du president Bush.Le général John Abizaid.conunandant des forces américaines au Proche-Orient a catégo- riquement rejeté la proposition démocrate de désengagement, estimant qu’elle ne ferait qu’ouvrir la porte à plus de violence sectaire.A brève échéance, croit-il, l’espoir d’une solution passe au contraire par une augmentation substantielle des troupes.Le général à la retraite Anthony Zinni, un de ceux qui avaient réclamé la tête du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld avant que celui-ci ne démissionne il y a une semaine et demie, opine en entrevue au New York Times: «On ne peut pas mettre de la pression sur un homme blessé [le premier ministre Maliki].On part de la prémisse que les Irakiens n’en font pas assez pour se prendre en main, mais je ne suis pas sûr qu 'ils soient en mesure de freiner la violence.• La thèse démocrate est «terriblement naïve», juge de son côté un autre général à la retraite, John Batiste.Avant d’envisager un retrait, dit-il, les Etats-Unis doivent faire des efforts notables pour remédier au chômage dans le pays, contrôler les frontières, accélérer la formation des forces de sécurité irakiennes, s'attaquer aux milices et améliorer la coopération avec les chefs tribaux.Tâche dantesque alors que des reportages croisés étalent les ratés de la reconstruction, dans laquelle le gouvernement et les contractants américains ont englouti 38 milliards $US.Ce que M.Bush qualifiait à l'automne 2003 de «plan Marshall» pour l’Irak souffre de gaspillage, de détournements de fonds et de mauvaise planification, le tout dans un contexte d’insécurité où la violence a fait plus de 500 morts parmi les travailleurs sur le terrain.Dans tout l’Irak, on a estimé à 180 par jour le nombre d’attaques contre les troupes alliées en octobre.Pendant le même mois, les civils irakiens ont, en moyenne, été victimes de 40 attaques quotidiennes.Selon le bureau de la CIA à Bagdad, on assiste à une désintégration de l'Etat irakien et à une atomisation croissante du champ de bataille, au point qu’au sud.factions chiites se battent contre factions chiites, pendant qu'au nord, sunnites se battent contre sunnites.Depuis le milieu de l’été, note-t-on, les milices chiites et les groupes d’in-surgés sunnites multiplient chacun de leur côté les opérations de nettoyage sectaire et ethnique, forçant des dizaines de milliers de personnes à Bagdad à quitter leur maison.Le Devoir Avec The Christian Science Monitor et The New York Times « Ce sont eux qui sont faibles.Mais ils continuent d’exiger de l’Iran qu’il fasse toutes les concessions.» UQAM SUITE DE LA PAGE B 1 cette semaine par l’UQAM.seule la vente non conclue du pavillon Saint-Alexandre — des revenus possibk's de sept à dix millions — a ete servit' comme élément de réponse.le comité de verification, qui a conclu à des rail's dans fa gouvernance de IVQAM.n’a pas rencontre k' recteur avant de produire son rapport Pourquoi?Un changement de garde avant été effectue au printemps dernier au poste de vice-recteur aux affaires administratives et financières, on n’a pus—encore! — rencontré l'ancien titulaire du poste (Mauro Malservisi, parti à h retraite en mai), celui qui a tenu les cordons de fa bourse tout au long du processus.Pourquoi?On rencontrera M.Malservisi la semaine prochaine, de même que Roch Denis, mais k's conclusions du comité de vérification ont etc presentees mardi.Plus qu’une affaire de chiffres, cette crise a soulevé des questions de gouvernance au sein de HJQAM.Saisi mardi de l'ampknir du dossier, k' conseil d'administration a reagi en promettant la nomination d’un contrôleur financier dont fa première tâche sera de suivre l'évohition du projet de l'Hot Voyageur, que les professeurs de l’UQAM entrevoient comme une autre «catas-tmphe fnanaère» possible.Le conseil a aussi décrété illico presto qu'il valait mieux qu'un comité de gouvernance examine les nxxies de gestion de FUQAM et Umputabilite de chaque groupe.S’agissant de gouvernance, toutefois, le conseil de IVQAM songe à une revision des pratiques de gestion de b boite.Quitte à remettre en question les modes de fonctionnement du conseil hn-mème et du comité executif?« Tout à .tint, absiûument».a repondu cette senuine le pré- sident du conseil .Alain Lallier.lorsque la question lui a été posée.«Je avis qu'il faut revoir les modes de communication entre les diverses instances, la manière de distribuer Us autorisations, la gestion de l'information, l’harmonisation des cellules directrices», poursuit l'ancien directeur du Cégep du Vieux-Montréal La manière de construire le Complexe des sciences pourrait peut-être expliquer une portion de la confusion à laquelle on a assiste cette semaine, croit le président Lallier.«Le complexe a ete construit en mode rapide (traduction de.tesf froc*], et peut-être que nos modes de gouvernance «y sont tout simplement pas arrimes.» Le.fasf track suit un principe vieux comme le monde, selon lequel «le temps, c'est de l'argent».Si on le resume à sa plus simple expression, il s'agit de creuser le chantier sans avoir la touche finale au côté design du projet.«C’est comme si la cimstruction et le design évoluaient simultanément», exposait cette semaine le président-directeur general de Pomerleau.Pierre Pomerieau.en entrevue au Devoir.«Contrairement à ce que les gens croient, c’est devenu la norme dans l’industrie en Amérique du Nord et partout dans U monde.Presque tous mes chantiers sont amçus en fast track’.» L'agenda de Pierre Pomerieau est plutôt rempli et dans le secteur de l'éducation, b vaste majorité des universités québécoises — qu'on sait très actives en matière de construction — ont goûte à la mode Pomerieau «Le last track ' donne des chantiers très efficaces, très économiques et qui se montent en des temps records», ajoute l'entrepreneur québécois.Pour des universités peut-être habituées a des modes de gestion plus conventionnels, Hdee de voir le design précéder fa construction d’une semaine a-t-elle occasionné des débordements du côté de la tenue de portefeuille?«Non.je ne crois pas que U "fast track" explique des problèmes financiers.au contraire», a quant a lui repondu le recteur Denis.«Ça invite plutôt à un mode de suin' très serre du projet, et moi.je suis coniaincu qu 'il permet plutôt une meilleure gestion», des propos corroborés par Pierre Pomerieau.Le fast track s'accompagne toutefois d'une bonne dose d'incertitude, avec laquelle certains composent peut-être mal.«Nos règles de gouvernance doivent peut-être elles aussi s'adapter à cette façon dé faire», poursuit .Alain Lallier.l?n confite de suivi — dont faisaient partie tant le président du conseil que le vice-president Jacques Girard — a pourtant été institue après autorisation du conseil pour permettre de donner le feu vert aux contrats en cours de route, sans toujours revenir au conseil élargi «Le conseil n 'a-t-ii pas lui-même une part de responsabilité dans cette affaire?», avons-nous demandé au président Laitier.«Ce sont des questions qui seront examinees par le comv te de gouvernance.» En attendant d'autres monceaux du casse-tète s’aoûteront au debut de la semaine prochaine, alors que le confite de verification recevra en entretien le recteur et Tex-vice-recteur asc affaires administratives.La tâche n'est toutefois pas terminée: le raz-demaree de cette semaine, qui cause un chaos politique considerable, ne concernait que le Complexe des sciences, un projet de 165 mutions.La lumière reste a faire sur luot Nbya-geur, dont les estimations tournent autewr de 320 nfilBons.Le Devoir v I* LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 NOVEMBRE 2 O O 8 PERSPECTIVES B B Quel avenir pour l’ADQ ?Dumont refuse de considérer les prochaines élections comme celles de la dernière chance pour son parti JACOOKS (.RENIER LE DEVOIR t Mario Dumont tabli- sur une vague comme celle qui a porté les conservateurs de Stephen Harper lors des dernières élections fédérales.ROBERT DL'TRISAC Trois-Rivieres — Y a-t-il un avenir pour l'Action démocratique du Quebec?L'ex-président du Conseil du patronat du Quebec (CPQ).Gilles Taillon.pense que oui puisqu’il vient d'accepter la présidence de cette formation politique, fondée il y a maintenant 12 ans.Et compte tenu des faibles appuis recueillis par l'ADQ dans les recents sondages, on ne peut pas accuser Gilles Taillon de faire preuve d’opportunisme crasse.Dans l'entrevue qu'il a accordée au Devoir en vue du sixième congrès général de l’ADQ, qui s'ouvre aujourd'hui.Mario Dumont refuse de considérer que les prochaines elections générales représentent, pour son parti, celles de la dernière chance.•L'histoire d'un peuple n'a pas de dernière chance-, affirme M.Dumont N'empêche qu'il est forcé d’admettre que •ce ne serait pas satisfaisant» si l'ADQ ne réussissait pas à obtenir mieux que les 12 ou 15 % que lui accordent les sondages.H est difficile d’imaginer Mario Dumont se retrouver à l'Assemblee nationale après les prochaines élections aux côtés de deux ou trois députes -néo-creditistes», pour reprendre l’expression d’un chroniqueur, pendant toute la durée d'un mandat -On ne peut pas preparer une élection avec des “si" et des “peut-être" et des lendemains-, dit-il.Le chef adequiste n’a pas l’intention de se preparer au pire.L'arrivée de Gilles Taillon est providentielle pour Mario Dumont.C’est excellent pour le moral des troupes et c’est surtout excellent pour le moral du chef, qui a connu une annee difficile, avoue-t-il, disant voir dans cette adhésion un argument pour en susciter d'autres.Non seulement Gilles Taillon a été président du CPQ, il a aussi une solide expérience de l'administration publique.11 a été vice-president de la Commission de la santé et de la se-ciirité du travail (CSST) et egalement vice-president de la Fédération des commissions scolaires du Québec.Avant même que sa nomination ne soit annoncée, il a été associé à la rédaction des propositions qui seront débattues au congrès.«// est reconnu universellement [sir] comme quelqu’un de modéré, de réfléchi dans ses positions, quelqu'un [qui est doté) d’un bon jugement», dit M.Dumont II a à cœur -de présenter des propositions politiques qui soient concrètes, qui soient applicables».Des leçons retenues En matière de programme, M.Dumont a beaucoup appris de la débâcle des élections de 2003.•C’était un mauvais programme», a-t-il déjà reconnu.Aux prochaines élections, l'ADQ n'abandonne pas ses objectifs, «mais on va arriver avec des mesures plus simples et mieux construites».Il cite l’exemple des fameux bons de garde que l’ADQ avait inscrits à sa plate-forme électorale en 2003, qui auraient permis aux parents d'acheter des services de garde sous toutes les formes (CPE, garde en milieu familial, garderies privées, garde à la maison), une mesure complexe et difficile à expliquer.Aujourd’hui, l’ADQ propose une mesure beaucoup plus simple: une allocation compensatoire pour les parents qui n’envoient pas leurs enfants dans les garderies à 7 $ par jour.«Quand il y a 125 candidats qui font campagne là-dessus, les explications sont moins lourdes et moins longues», souligne Mario Dumont.On n'a qu’à imaginer le pauvre candidat adéquiste forcé d'expliquer dans une assemblée de cuisine les tenants et aboutissants de la flat tax lors de la campagne de 2003.Jusqu'à maintenant l'ADQ avait toujours refuse les etiquettes de gauche ou de droite.«Ce sont des appellations incontrôlées et incontrôlables», a déclaré Jean Maire au Devoir.Mais n'en déplaise a ce fondateur de l'ADQ, ce refus des étiquettes est chose du passé.«Aujourd’hui.les adéquistes disent que leur parti est de centre-droite», souligne Mario Dumont C’est d'ailleurs inscrit dans les nouveaux documents de l’ADQ.«Sautodéfinir plus clairement, c'est un facteur de cohésion.» L'ADQ cherchera à éviter les positions extrêmes, ce qu’efle n'a pas toujours réussi a faire par le passé.«Les extrêmes au Québec, ça ne marche pas.C’est sûr qu’il faut se tenir au centre-droit», dit Mario Dumont.Le conservatisme moral n’a pas sa place ici.Mario Dumont est toujours persuadé qu'il existe dans l’électorat québécois une inclination pour des positions plus à droite, malgré fa performance actuelle de l'ADQ et la chute des conservateurs de Stephen Harper dans les sondages au Québec.Cette baisse est due en bonne partie au refus du gouvernement conservateur de respecter le protocole de Kyoto, selon Mario Dumont «Il y a un theme — et c’est prouvé dans le monde —pour lequel il n ’y a plus d'axe droite-gauche, surtout chez les plus jeunes générations, et c’est l'environnement», fait-il observer.Il existe donc de l’avenir pour fa droite au Québec.«Je suis sûr que ça peut rallier la majorité silencieuse, Mais pour les rallier, il faut avoir plus de Gilles Tailltm», estime-t-il.•La pertinence d’idées un peu plus à droite au Québec, pour moi, c'est une urgence.C’est sain.C’est nécessaire», livre-t-il.«Le Québec est allé trop loin de l’autre côté pendant une trop longue période.Le Parti québécois.avec son programme de centre gauche, a livré la marchandise, y compris à des époques oû c’était nécessaire.» Mais au gouvernement, le Parti libéral «n a eu aucun courage».C'est un parti qui n'a «aucun tonus en matière d’idées politiques», un parti qui, «plus que jamais aujourd’hui, n’a d'autre objectif que la recherche du pouvoir, que de dépenser de l’argent pour se maintenir au pouvoir».C'est pourquoi le Québec a besoin d'un «recentrage», argue-t-il.«Je crois à l’équilibre des sociétés.« Les visées adéquistes dans le domaine de fa santé restent essentiellement les mêmes qu'en 2003 mais, encore là.elles sont exprimées plus simplement: les Québécois pourront payer de leur poche ou prendre de l'assurance privée pour obtenir des soins ou des traitements fournis exclusivement par le système de santé public a l'heure actuelle «On va faire beaucoup campagne là-dessus», signale le chef adéquiste •Si on avait à dire ce qui est le plus fomlanu ntal dans les changements que l’ADQ amene, c'est sûr que c’est la santé.» Mais ce sont sans doute les mesures desti nées à la famille, des mesures essentiellement natalistes, qui apparaissent les plus séduisantes pour 1a classe moyenne, les jeunes familles en particulier, la cible de prédilec lion de l'ADQ.Ainsi, les militants adéquistes débattront en fin de semaine d'une propos! tion pour verser aux familles un -baby bonus» de 5000 $ pour la naissance d'un troisième enfant et les suivants.L’ADQ entend égale ment proposer que la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) couvre l’en semble des frais, pour les traitements de l'in fertilité et que l’Etat offre une aide financière pour l’adoption internationale.Dans les circonscriptions francophones a l’extérieur de la région de Montréal.l'ADQ compte faire des percées en profitant de fa di vision du vote entre péquistes et libéraux.Gilles Taillon affirmait cette semaine que l’ADQ est capable de ravir des votes au l’Q dans ces comtés.Déjà, on concede 111e de Montreal, ou l'appui a l'ADQ est marginal, en deçà, bien souvent, du Parti vert.•S'il y a un mouvement ou une vague [en faveur de l'Al >Q|.r est difficilement de Montréal qu’elle va partir», reconnaît le chef adequiste.Mario Dumont table sur une vague comme celle qui a porté les conservateurs de Stephen Harper lors des dernière» élections fédérales, leur procurant dix sièges.-Quelques semâmes de campagne de plus et Us en auraient peut-être eu 30», avance-t-il.• Tous les résultats sont possibles», affirme le chef adéquiste.le meilleur comme le pire.Apres fa montée fulgurante de l'Aï KJ dans les sondages en 2002 et l'effondrement aux élections de 2003, Mario Dumont est bien placé pour le savoir Le Devoir «Aujourd’hui, les adéquistes disent que leur parti est de centre-droite » CHASSE SUITE DE LA PAGE B 1 droit à fa sécurité n’était pas compromis par un couteau place dans un etui en bas.luknéme gfis-se dans un fourreau en tissu cousu, dans un contexte scolaire où les enfants et les enseignants se côtoient quotidiennement.Les lots et les réglements applicables a tous posent eux aussi des limites à l'accommodement Ainsi, le programme delude doit être suivi par tous les enfants.On n'est pas tenu a concentration ethnique I.es Québécois sont en général mécontents de la concentration ethnique, mais celle-ci n'est [vis pour air huit facile à éliminer.Tous les pays qui ont reçu une immigration considérable y sont aujourd’hui confrontés.Comme l’a démontré le Prix Nobel d’économie Thomas Scheüing, elle peut surgir dès que les préférences des groupes sont légèrement divergentes en matière résidentielle.Si les immigrants tendent à s’éf’blir dans des quartiers où il y a d’autres immigrants et si les Que» bécois souhaitent vivre dans des quartiers où il n’y a pas que des immigrants, alors on peut très rapidement se retrouver dans une situation de ségrégation complète.C’est ce qui s’est passé dans les quartiers montréalais de Côte-des-Neiges, Parc-Extension ou Montréal-Nord.Cela explique aussi en partie pourquoi des centaines de milliers de Québécois ont quitté l’île pour la banlieue au cours des 30 dernières années (Michel Paillée, Le Devoir, 6 octobre 2006).Aujourd’hui, même les intellectuels et les politiciens qui prônent de manière ostentatoire l’«ouver-ture sur l’autre» et qui plaident pur le «dialogue entre les cultures» ne vivraient pas dans ces quartiers.Même les «interculturalistes» les plus convaincus n’enverraient pas leurs enfants dans la classe de Madame Lise! S’il est difficile de comprendre comment des gens qui vivent dans des sociétés parallèles peuvent partager un espace public, il est encore plus difficile de voir comment ils le peuvent lorsqu’ils ne partagent pas une langue commune.En un sens, l'intégration linguistique est essentielle à la délibération.Si plusieurs commentateurs sont optimistes par rapport à la francisation des immigrants (Yara el-Ghadban, Le Devoir, 6 octobre 2006), d’autres, comme Paul Mori-sette (Le Devoir, 9 septembre 2006), représentant syndical des professeurs de français aux immigrants, se montrent tout à fait pessimistes.Malgré les cours de français qui leur sont offerts, de nombreux ùnmi-grants se dirigent vers Lmglais parce qu'il est plus facile de trouver un emploi dans cette langue au Québec.Cela fait peut-être le bonheur des lobbys patronaux mais soulève également un doute sur la légitimité de nos politiques d’immigration.Celles-ci visent-elles à produire des travailleurs ou des citoyens?Pourquoi l’intégration économique devrait-elle avoir préséance sur l’intégration démocratique?Selon Pierre Georgeault, directeur du Conseil supérieur de la langue française, 70 % des immigrants d'origine «latine» (catégorie qui comprend les pays de langue latine et de la Francophonie), arrives au Québec au cours des 25 dernières années, utilisent le français dans leurs interactions publiques.A l’inverse, chez les immigrants d'origine non latine (surtout asiatiques ou originaires du Commonwealth) — la moitié des immigrants environ —, seulement 22 % utilisent le français dans leurs interactions publiques.Pire: 62 % de ces immigrants ne comprennent même pas le français.En d’autres mots, ils sont en pratique exclus de l’espace public québécois, et ce, même s’ils vivent ici depuis cinq, dix ou vingt ans.Comme on le voit la reflexion ne peut se limiter — comme chez nombre dhabermassiens convaincus — à ce qui rend la démocratie possible «en principe».Elle doit s’étendre aux difficultés pratiques à créer des espaces publics fonctionnels.Habermas lui-même semble percevoir le problème.Dans un discours prononcé à la réception du prix Bruno Kreisky en mars dernier, Habennas s’inquiétait de l'éclatement de l’espace public causé par Internet Si le cyberespace peut jouer un rôle positif, par exemple dans la lutte contre les dictatures, il peut aussi compliquer l’organisation des débats, a-t-il fait remarquer.Dans les démocraties occidentales, l’espace public s’est traditionnellement organisé autour des médias de masse et de la culture populaire.Un espace public peut surgir entre des gens qui ne proviennent pas d’une même «culture», mais peut-il également surgir entre des gens qui vivent dans des sphères médiatiques séparées?La réflexion de Habermas rejoint les propos de Jacques Godbout, qui s'inquiétait récemment (L’Actualité, 1" septembre 2006) de la multiplication des antennes paraboliques permettant aux immigrants de rester branchés en permanence sur la télévision de leur pays d’origine et de ne jamais s’intégrer à l’espace public québécois.Certains, comme le dramaturge Obvier Khemed (Le Devoir, 12 septembre 2006), ont vu dans ce commentaire une forme d’arabopho-bie.Pourtant, la question mérite d’être posée! Peut-il vraiment y avoir un espace public lorsque les citoyens adoptent des profils radicalement différents dans leur consommation de biens culturels?Le diagnostic dressé par Godbout est sans doute partiel, mais il nous rappelle que nous ne connaissons rien au Québec du mode de consommation des biens culturels par les populations immigrantes.Leurs principaux canaux d’intégration à la démocratie québécoise sont-ils TQS, TVA et Radio-Canada ou plutôt CTV, CNN et al-Jazira?Nous n’en savons rien puisqu’il n'existe aucune étude sérieuse sur cette question.Nier le réel Que dirait Habermas de La Classe de Madame Lise?La diversité culturelle n’est évidemment pas un obstacle à l'intégration démocratique.Mais peut-on dire la même chose lorsqu’elle produit des concentrations ethniques excessives dans les milieux résidentiel, scolaire, professionnel, et lorsqu'il y a absence d’intégration linguistique?On utilise souvent les théories habermassiennes pour rejeter l’idée selon laquelle la démocratie nécessite un socle, une culture commune.Pourtant la culture n’est pas seulement un bagage hérité de nos parents et de nos grands-parents: elle comprend aussi des manières concrètes d’accéder à l'information et aux débats publics.Comment nier le rôle des journaux, de la radio, de la télévision, des magazines, de la littérature, de la musique et du cinéma dans la constitution des espaces publics?En somme, intellectuels et politiciens abusent parfois des théories de la démocratie délibérative.In promotion du «dialogue» est souvent leur unique et commode réponse aux problèmes sérieux que posent l’éclatement et la fragmentation de l’espace public.Ces théories risquent même de se transformer en idéologies niant le réel.Alors que les mesures d’intégration coûtent cher et butent souvent sur des résistances, les appels à la discussion, eux, sont gratuits et permettent de clore à bon compte des débats délicats.Le «dialogue» devient alors une sauce magique créant temporairement l’illusion du lien social.Ironiquement, les theories obsédées de délibération se transforment alors en arme rhétorique permettant.d étouffer toute discussion.?Faites parvenir vos suggestions et commentaires à Antoine Robitaille et à Jürgen Habermas Pour en apprendre un peu plus sur l'économie sociale et solidaire Presses de l'Université du Québec L' innovation sociale Émergence et effets sur la transformation des sociétés Revenu minimum garanti Comparaison internationale, analyses et débats Le développement social Sous la direction de Juan-Luis Klein et Denis Harrisson Un enjeu pour l’économie sociale ?NNGVATION SOCIALE Sous la direction de Marielle Tremblay, Pierre-André Tremblay et Suzanne Tremblay Uonel-Henri Groulx FftATlOUIS 11 POL.TlOttfS SOCIALlS ET tconoMwxs Dons cet ouvrage, les auteurs éludtent tes innovations sodoles dons trois champs tondomen-taux : travail et emploi, conditions de vie ainsi que développement et territoire, lis y obordent les innovations sociales comme (acteur de changement en les situant dans leur contexte économique et technologique Émergence r effets Lionel-Henri Groulx tait ressortir Id les dilemmes que pose toute stratégie de mise en place d'un revenu minimum garanti (minimum social, Impôt négatif ou revenu de citoyennete) tant au plan des effets redlstrtbuttts et de refflcoclté économique qu'à celui de l'Incttotton à l'emploi.Il aborde également les controverses quant ô sa tatsabiltlé économique si sa légitimité politique ¦
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