Le devoir, 18 novembre 2006, Supplément 1
LE DEVOIR L'Association des retraitées et retraités de l'enseignement du Québec en sa 45r année d'existence , % i Colloque de l Association des retraitées et retraités de l enseiqnement du Québec 23-24 mai 2007.Centre des congrès de Québec Les thèmes à t étude seront / engagement et les défis de / action citoyenne des personnes retraitées ainsi que les aidantes et aidants proches comme enjeu de société.AtvwlalJoft des rrl et rrtrftUN» 4e I *> (keener < %Q: www .iretj tp rwt NEVSC 2 LE DEVOIR ?Toujours au poste «Ce qui est formidable dans la vie, c'est qu’on a toujours quelque chose à découvrir» La berceuse et la télévision ouverte à plein régime: cela ne tiendrait plus.Tous ces concepts qui avaient établi que la retraite était un temps mort, un vide entre une vie active et un au-delà mal défini, auraient du plomb dans l’aile.NORMAND THÉRIAULT Au Québec, 12 % seulement de la population qui a atteint l’âge de la retraite fait du centre d'hébergement sa demeure.Les autres se retrouvent toujours chez eux, ou dans un logement autonome, quand ils ou elles n’ont pas emménagé dans une nouvelle résidence mieux adaptée à de nouveaux besoins, ou à une nouvelle vie.Et à voir la vitesse à laquelle la construction de résidences pour les personnes dites du troisième âge se multiplie sur tout le territoi re (au point que certains ont dit qu’un tel fait «faussait» la statistique décrivant la mise en marché du logement), il devient facile de conclure qu’après une vie de travail, la vie est toujours possible.Ce que ce paysage domiciliaire laisse voir, c’est l’émergence d’une nouvelle organisation sociale.Ir's gens vivent plus longtemps, on le sait.Le fait d’être octogénaire sera bientôt banal et cela est si vrai qu'il s'est trouvé quelque «penseur» pour suggérer qu'on établisse l'âge de la retraite à 85 ans! Et tout ce beau monde, ces «aînés», ce «troisième» ou «bel» âge, est en grande forme: L'individu âgé de 65 ans en 2006 a le même état de saute que celui âgé de 5J ans en I960, rappelle Frédéric Lésé man n, professeur à ITNRS-Urbanisa-tion, culture et société.Alors, pourquoi arrêter de travailler, pourquoi se retirer du groupe qui décrit la population active de la société?Four certains, cela va île soi.Les économies de toute une vie, couplées à des programmes de retraite, garantissent une liberté financière.Et l'on cède la place, rendant un emploi disponible, sans pour autant avoir l’intention de se tourner les pouces.Le temps est alors venu de s'impliquer socialement.Et de s’ouvrir à des réalités que cachait un paysage délimite par le 9 à 5.«Voyez-vous, raconte ainsi une Jacqueline Romano-Toramanian, ce qui est formidable dans la vie, c’est qu’une chose en amène une autre.et on a toujours quelque chose à découvrir.C’est extraordinaire!» Nécessaires combats Une association comme l’A.R.E.Q., l’Association des retraitées et retraités de l’enseignement du Québec, l’a compris: elle donne l’occasion à ses adhérents de s’organiser des journées bien remplies.Sans pour autant oublier que le parcours de tous n’est pas toujours idyllique.Car déjà, parmi ses membres, certains vivent sous le seuil de la pauvreté: et pourtant ils ou elles ont des pensions d’Etat! Et que dire des autres qui, en ces années ou le néolibéralisme impose ses normes, seront de plus en plus nombreux à devoir se trouver un emploi permettant de boucler les fins de mois, devenus autant de candidats pour ces postes à salaire minimum qu’offrent les Wal-Mart de ce monde.Parallèlement à ce combat pour garantir à tous et toutes des conditions de vie décentes, un autre doit être mené: nos sociétés vivent sur un mythe, celui de l’éternelle jeunesse, avec pour conséquence qu’une date de péremption établie par le chiffre de l’âge (comme si l’humain était aussi un produit) serait un critère valable pour l'évaluation des personnes.L’expérience devient alors une valeur en chute libre et les expertises ne valent que si elles sont techniques.Heureusement que certains aînés de ce monde ne se laissent pas imposer un tel état de fait.Et ils et elles insistent pour inviter leurs frères et sœurs en âge à se joindre à la lutte.11 ne faut pas oublier que, dès demain, un tiers de la population totale sera composé de ceux et celles ayant obtenu le statut de retraité, que ce soit par choix ou par obligation légale.Et le temps libre étant ainsi acquis, ils ont la possibilité de constater qu'il y a plus d’un lieu, d’un domaine, où «un petit coup de main ne serait pas de refus»! Telle était la vision qu’avait fait sienne Laure Gaudreault en 1961 quand elle initiait ce nouveau «syndicat» qui avait pour sigle «A.R.E.Q.».Le Devoir Apres une vie de travail, la vie est toujours possible! Surtout quand tout ce beau monde du troisième âge est en grande forme.SOURCE NEWSCOM Sommaire A.R.E.Q.: le pouvoir d'agir Page 3 CSQ: un syndicat d'accueil Page 4 Laure Gaudreault: une femme engagée Page 5 Engagement: hommes et femmes Page 6 Lire et faire lire: retour en classe Page 7 Régions: du temps en partage Page 8 Fondation Laure-Gaudreault: œuvre de générosité Page 10 Travail: les 65 ans et plus Page 11 Conseil des aînés: des états généraux ?Page 12 Indexation: juste rétribution Page 13 Génération: le pouvoir «gris» Page 14 International: le Québec embarque Page 1 5 Direction Bernard Descôteaux Conception et coordination Normand Thériault Direction artistique Christian Tiffet Mise en pages laurence Clavel Révision Léo Guimont Responsable de la production Christian Goulet Direction des ventes publicitaires Nicole Calestagne Conseillers publicitaires Dave Cameron.Marlène Côté, Christiane Legault.Nadia Sebaï et Meli-sande Simard.le Devoir.L’050 de Bleury.t> otage, Montreal.USA :îM9 » ÇS1D 985-333;! redaettontClcdn'otr.com Un cahier spécial pour souligner la 45e année d'existence de l'Association des retraitées et retraités de l'enseignement du Québec.Le 18 novembre 2006 -* Le devoir ?Au nom de tous les nôtres Forte de ses 49 161 membres, l'Association des retraitées et retraités de l’enseignement du Québec (A.R.E.Q.) compte non seulement défendre les droits de ses membres, mais aussi intervenir activement dans tous les dossiers touchant les retraités et les aînés au Québec.;t 4 .• , .i.Kmi i st.imri AïoNt ihian» i i'mi .i La promotion des aînés ainsi que leur apport à la société font partie des préoccupations fondamentales de l'A.K I Q ( elle ci inter vient activement dans tous les dossiers touchant les retraités et les aînés au Québec 1 ¥ 13 *:t ¦\ - : •feJPS PIERRE VALLÉE « Notre mandat a quatre volets, explique Mariette Gélinas, présidente de l’A.R.E.Q., et la défense des droits de nos membres en constitue évidemment le premier.Mais nous avons aussi la mission d’exiger le droit de vieillir dans la securité et la dignité, de contribuer à la promotion des droits des femmes et des hommes retraités et de participer à la réalisation d'une société plus égalitaire.» Les membres de l'A.R.E.Q.proviennent tous du monde de l'enseignement.On y compte majoritairement des enseignants et enseignantes à la retraite, mais d’autres professions reliées au monde de l’éducation y sont aussi représentées, comme les infirmières scolaires, les techniciens et le personnel de soutien.Un trait commun les unit cependant: ce sont tous des anciens syndiqués affiliés à la CSQ.Fait à noter, 68 % des membres sont des femmes.«Ce qui fait que les questions concernant la situation des femmes sont une priorité pour nous.- La structure de base de 1’A.R.E.Q.est le secteur.On en dénombre présentement 93 qui sont regroupés en 10 régions couvrant l’ensemble du territoire québécois.«Nous avons cherché avec cette structure à demeurer le plus près possible des milieux.» Le tout est chapeauté par un conseil d’administration provincial et un conseil exécutif.Deux fois Lan, les 93 présidents de secteur, les 10 conseils d’administration régionaux et les cinq membres du conseil exécutif se réunissent.Un congrès général réunissant entre 500 et 700 membres délégués a lieu tous les trois ans.Services aux membres Les services offerts aux membres par l'AR.E.Q.sont multiples et peuvent être dispensés autant par les instances provinciales que par les régions et les secteurs.Par contre, deux champs d’action viennent en premier, soit la retraite et les assurances.«Nous organisons plusieurs activités pour aider nos membres à bien préparer et bien gérer leur retraite, précise Mme Gélinas.Mais nous les représentons aussi lorsqu il y a des litiges avec d’autres organismes, comme la CARRA.» Rappelons que la CARRA est la Commission administrative des régimes de retraite et d'assurance qui a le mandat d’administrer les régimes de retraite et d’assurances qui lui sont confiés par le gouverne ment du Québec.De plus, une entente avec SSQ Groupe financier permet à l'A.R.E.Q.d'offrir à ses membres plusieurs produits d’assurance dont, entre autres, une assurance permettant de prolonger la durée de l’assurance collective au travail d’un membre maintenant à la retraite.«Nos membres peuvent aussi souscrire a des assurances maladie, des assurance vie et même des assurances voyages.» L’AR.E.Q.a aussi mis sur pied une série de comités provinciaux thématiques sur des sujets allant de l’action sociopolitique à la condition des femmes et des hommes en passant par l’environnement et les relations intergénérationnelles.Ces comités fouillent plus a fond certains dossiers et ensuite font des recommandations au conseil d’administration.«Cela nous permet de prendre position dans les dossiers qui touchent les retraités et de faire les représentations nécessaires auprès des instances appropriées.Cela nous permet aussi de participer adequatement aux débats politiques.» Sans négliger les services aux membres, cette dimension politique a une certaine importance pour l'A.R.E.Q.•Nous sommes toujours membres de la CSQ.Nous avons donc toujours un pied dans l’actualité et l’autre dans le syndicalisme • Parmi les dossiers juges prioritaires, il y a celui de la protection et du maintien du pouvoir d’achat des personnes retraitées.«Nous militons activement pour l’indexation des régimes de rentes.» La promotion des aînés La promotion des ainés ainsi que leur apport a la société font partie des préoc- cupations fondamentales de PA R E Q C’est la raison pour laquelle l'A.K E (J est membre du Conseil des aînés et qu elle siège aux Tables régionales de concerta lion des aines.«À mon avis, avance Mme Gélinas, les aines ne sont pas tout a fait intégrés a la so cieté.Nous ne sommes pas vraiment consi derés comme des citoyens et des citoyennes a part entière II faut encore et encore demon trer que nous sommes toujours un apport positif pour la société » Cette situation, se Ion elle, découle du fait que trop de per sonnes au Québec entretiennent des pré juges envers les personnes âgoes •Il faut lutter de toutes nos forces contre ces préjugés.» Mais elle avoue que la lutte contre les préjugés représe nte une lourde tâche puisque ces derniers sont souvent for tement enracinés A c e sujet, Mme Gélinas aime bien citer Albert Einstein •Albert Ein stem disait qu il est plus difficile de desagre ger un préjugé que de désagréger un atome - Mariette Gélinas souligne que le béné volât est une importante contribution a la société qu'apportent les ainés.«De nom breux ainés font du bénévolat.Certains le font de façon organisée au sein d’orga nismes communautaires ou dans les kôpt taux, par exemple Mais on oublie que les ainés font aussi beaucoup de bénévolat a l’intérieur de leur famille Combien de grands-parents viennent en aide a leurs en fonts, ne serait ce qu en gardant les petits enfants?» Ce qui l’ameni a parler d'un autre sujet qui lui apparaît de plus en plus impur lant le sort fait aux aidants naturels.-Im ques lion des aidants naturels nous préoccupe beaucoup pane que nous avons constat/ que beaucoup de nos membres se trouvent aujourd'hui dans cette situation Plusieurs doivent prendn soin d'un conjoint ou il uni conjointe malade Et dans les annus a ve nir, cette situation risque de prendre encore plus d'ampleur • Mais il n'y a pas que le bénévolat Selon Mme Gélinas, les aines peuvent davantage contribuer a la sot iéle -Il faut apprendre a profiter du savoir et des connaissances des ai nés Par exemple, les aines peuvent parfaite ment aider les entreprises de leur région par des conseils » Aussi, les entreprises de vraient (aire ajijiel davantage au mentorat •On ne pense pas assez a des concepts comme la retraite progressive et le mentorat II faut trouver des façons de mieux aménager les fins de earnerr • Sans compter qu'une (ois la retraite prise, les aines peuvent ent ore participer pleine ment a la société C’est du moins la position de 1 AR E 1) .qui a choisi de souligner son TV anniversaire en retenant le theme sui vant A la retraite, toujours dans l'action Collaborateur du Devoir Oroupc* IMel ior Group Un partinaff* DwtVrtrt PPI A Chartwtd WEiT o*»tr'»f Complexes en opération Complexes d'habitations et SERVICES ÉVOLUTIFS POUR AÎNÉS tiff // men i.¦h Groupe Melior, implanté depuis plus de 15 ans, est la plus importante entreprise québécoise dédiée exclusivement à la gestion d’environnements propices au bien-être et à l’épanouissement des aînés.Prochaines ouvertures Réservez dès maintenant Complexe Oasis St-Jean/Phase III Agrandissement de 86 unités (St-Jean-sur-Richelieu) >lgn nité 278 unités (Sherbrooke) Cité-jardin/Phase III 82 72 unités (Gatineau) Cité-jardin/Phase IV 175 unités (Gatineau) Résidence Ste-Marthe Agrandissement de 131 unités (Saint-Hyacinthe) Maison familliale de Coatkook/Phase II Agrandissement de 133 unités (Coaticook) Manoir Herron Agrandissement de 60 unités (Dorval) UN STYIE DE VIE.* JM Abitibi-Témiscamingue Résidence Saint-Pierre Estrie Maison familiale de Coaticook Maison Melior Résidence Principale Résidence Le Riverain Laval Domaine des Forges Les Loggias et la Villa Val des Arbres Mauricie Domaine Cascade Résidence Le Duplessis Montérégie Complexe Oasis St-Jean Résidence Ste-Marthe Marquis de Tracy I Marquis de Tracy II Montréal Castel Royale Les Appartements du Square Angus Les Habitations Pelletier Maison Herron Manoir Kirkland Manoir Pierrefonds Les Habitations du Carrefour Les Belvédères de Lachine Outaouais Cité-jardin/Phases I et II Cité-jardin/Phase III Résidence Le Monastère Résidence Notre-Dame Québec Domaine du Château de Bordeaux Les Appartements du Château de Bordeaux Résidence Ste-Geneviève Pour informations : 1 866 MEUOR t 1866 635-4671 www.groupemeltor.com ?** \V STIMULANT SiCUAISANT Autonome ! Laure Gaudreault, pionnière et militante du syndicalisme enseignant, fonde l'Association des retraitées et retraités de l’enseignement du Québec (A.FLE.Q./CSQ) en 1961.Dès ses premiers pas franchis, ce mouvement se distingue par son caractère revendicateur en faisant valoir les droits et en défendant les intérêts des enseignants à la retraite.Le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent, situe l’existence de cette organisation au passé, au présent et au futur.RÉGINALD HARVEY Quelque 45 ans plus tard, l’Association se comporte toujours comme une affiliée de la Centrale.Elle possède sa délégation au Conseil général, ses propres instances, et son conseil provincial.Ses militants sont répartis à travers un réseau formé de dix entités régionales: «Ça dépasse le cadre d'une vie associative sociale.Il y a de la convivialité et il y a peut-être des pressions moindres reliées au travail; le social existe mais en plus, tout l'aspect revendicatif se manifeste'-, rapporte-t-il.«Lorsque Mme Gaudreault a créé IA.R.E.Q., ce qui s'inscrivait dans le prolongement de l’œuvre de celle qui a mis sur pied le premier syndicat d'institutrices rurales, elle l’a fait dans une dynamique de maintien d’un axe revendicatif.Il y avait un volet du “vivre ensemble'' dans sa démarche, mais elle était aussi consciente que les retraités de l'époque avaient des grands besoins, que les régimes de retraite étaient insuffisamment garnis et que c'était la quasi-pauvreté quand les gens s’en allaient à la retraite», relate le président.Elle a donc mis sur pied une association largement soutenue par la Centrale de l’enseignement du Québec (CEQ), devenue aujourd’hui la CSQ: «Celle-ci a fourni des locaux et diverses ressources pour contribuer au démarrage.Il est certain que IA.R.E.Q.est aujourd’hui devenue très autonome en matière de fonctionnement; elle a son budget, ses propres outils, et elle opère à pleine capacité, forte de ses 40 000 membres.Elle possède un rayon d’autonomie qui se compare à celui de l'ensemble des autres fédérations, tout en conservant des préoccupations qui lui sont spécifiques.» Un facteur d’harmonisation Il en situe le positionnement au sein du mouvement: «C’est un organisme qui est au sein de la Centrale et qui est affilié à cette dernière, parce que le côté revendicatif représente le premier vecteur.Il s'est créé toutes sortes d'associations de retraités dans diverses usines et dans d'autres regroupements du secteur public, mais tout cela a beaucoup plus un caractère convivial, social ou amical.Laure Gaudreault a carrément mis sur pied IA.R.E.Q.sur une base syndicale militante et ça demeure le cas depuis ce temps.» O pointe un avantage découlant de la présence de ce regroupement: «Je dirais que c’est le plus puissant outil dont on dispose pour assurer un transfert intergénérationnel, pour éviter de sombrer dans le corporatisme.Depuis une vingtaine d'années, on voit des gouvernements qui essaient de nous mettre en opposition les «ns contre les autres.Dans le fond, il est evident qu'on risque d'entrainer un conflit de l’âge en isolant les gens les uns des autres; dents le contexte actuel où on vit ensemble entre /«oies, entre personnes d’un certain âge et d'autres individus plus expérimentes, tout ce monde-là développe une attention et une pré- occupation des uns envers les autres qui contribuent à réduire les tensions entre générations.• Le temps de la maturité A l’aube de la cinquantaine de l’Association, Réjean Parent se penche sur ses lendemains: «Ils s'en vont vers une période de stabilisation.Il est sûr qu’on a connu une croissance accrue à cause du phénomène des “baby-boomers’’ et du grand nombre de retraités qui sont apparus au cours des dernières années; on va assister à des prises de retraite significatives ou massives durant quelque temps encore.» Il précise sa vision de l'avenir: «D’après moi, à partir de 2010, on va plutôt assister au “statu quo” dans les effectifs et peut-être même à une réduction graduelle de ceux-ci.Un peu comme pour le modèle européen, on devrait au Québec être conscient du fait qu’il existe des pics et reconnaître qu’on va voir la moyenne d’âge nationale baisser au cours des prochaines années.On voit que le taux de natalité vient d'augmenter, même s'il est trop tôt pour dire s'il s'agit d’une tendance lourde; en comparant avec ce qui s’est passé en Europe, on devrait assister à un retour du balancier.Dans ce contexte-là, IA.R.E.Q.en arrive à son point de maturation et devrait, au cours des deux ou trois prochaines décennies, compter autour de 50 000 membres, constituant une force solide et bien organisée qui se penche en priorité sur des dossiers ciblés.» Les lieux d’intervention Le président de la CSQ indique les futures raisons d'être de l’Association dans le contexte québécois: «L'une de celles-ci va tourner autour de la lutte contre l’appauvrissement des personnes à la retraite; on parle de la question de la désindexation et des moyens dont disposent les retraités.Contrairement à ce que l’on pense, les gens ne profitent pas de ponts d’or même s’ils obtiennent une bonne retraite à court terme, mais quand on pense que cette dernière se prolongera durant 25, 30 ou 35 ans, on voit que, 20 ans plus tard, ça fait beaucoup plus mal.Dans ce sens-là, ce regroupement devra se fixer comme priorité de s’assurer d'un maintien des soins de santé appropriés pour les personnes âgées et de lutter pour l'obtention de meilleures conditions économiques pour ses membres.» Réjean Parent n’en souhaite pas moins que les retraités demeurent conscients de l'influence qu'apporte leur présence au sein d'une centrale de travailleurs: »Ils partagent des préoccupations qui contribuent finalement à l'émancipation de la jeunesse; ils voient ces gens grandir, s'insérer dans leur profession et partager un coin du Québec avec eux.Les uns et les autres peuvent s'entraider et œuvrer également à la solidarité sociale.» Collaborateur du Devoir 5 * LE DEVOIR ?Une femme engagée Enseignante revendicatrice, militante syndicaliste.femme libre génératrice de changement et journaliste à ses heures, Laure Gaudreauft n’avah pas peur de déranger.MARTINE LETARTE Ci est à l'àge de 71 ans, en 1961, que * Laure Gaudreault fondait et devenait la première présidente de l’A.R.E.Q.Si en 1906, à l'âge de 16 ans, Laure Gaudreault a commencé à enseigner aux Eboulements, dans Charlevoix où elle est née, en 1936, grâce à l’assurance que lui ont donnée ses 30 ans d'expérience d'enseignante et la perspective que lui a apportée son poste de responsable de la page féminine du quotidien Le Progrès du Saguenay, elle fonde, dans Charlevoix, le premier syndicat dinstitu-trices rurales au Québec.La militante encourageait alors les institutrices des autres régions à faire de même.Un an après cet appel à la mobilisation, grâce à ses lettres, ses voyages et son audace.Inure Gaudreault institue la Fédération catholique des institutrices rurales de la province de Québec, qui réunissait tous ces syndicats nouvellement créés.Dix ans plus tard, en 1946, Inure Gaudreault avait réussi à récolter mille conventions collectives négociées dans différentes régions rurales du Québec.La même année, la Fédération catholique des institutrices ru- rales de la province de Quebec' s'est jointe a la Federation des instituteurs ruraux et à la Fédération des instituteurs et institutrices des cites et des villes pour former la Corporation generale des instituteurs et institutrices catholiques de la province de Quebec (CIC), aujourd'hui connue sous le nom de Centrale des syndicats du Quebec (CSQ)."Lorsque j’ai commencé à enseigner, en 1955, j'ai connu luiure et elle était déjà une syndicaliste engagée depuis un peu plus d’une quinzaine d onnées.En 1959, il y a eu un gros boum dans la CIC; la retenue automatique Aussitôt, les membres sont passes de 12000 à 28 OOO.Il y en avait donc 16 OOO qui, jusque-là.bénéficiaient des services offerts sans payer leur cotisation.C'est tout un travail qui s’est fait par le conseil d’administration dans lequel siégeait iMure Gaudreault", se souvient Roger Fraser, qui a participe à la formation de l’.'VR.E.Q.avec- Mme Gaudreault.M.Fraser a beaucoup travaillé avec Laure Gaudreault au moment où ils siégeaient tous deux au comité du régime de retraite des enseignants formé en 1960 par la CIC.C'est ce comité qui a décidé de faire les demarches pour fonder une association de r DejanfcB Maxttt fkuncttro sont offerts p* bs dfctrtutMi Maris* de SERVICES FINANCIERS r»tTtN»l«t DE OESlAtDINS SICUtITf S'NAUClf «[ Quand viendra le jour où, en raison de votre âge ou d'une maladie, vous aurez besoin d'aide pour accomplir de petits gestes quotidiens, Me Autonome vous versera une rente mensuelle libre d’impôt que vous pourrez utiliser comme bon vous semble.Sécurité financière Conjuguer avoirs et êtres % A la recherche du pouvoir d'achat perdu Qu’est-ce qui fait courir les retraités de ce millénaire naissant?Entre autres choses, le maintien du sacro-saint pouvoir d’achat.Car partir à la retraite ne signifie plus tout à fait qu’on se retire de la rie active, au contraire.Et les employés du secteur public ont vu leurs cotisations perdre bien du poids économique de 1982 à 1999 à cause d’une révision du mode d’indexation.FRÉDÉRIQUE DO Y ON L| Association des retraitées et retraités de l’enseignement du Québec (AR.E.Q.) a fait de l’indexation une de ses principales revendications et cherche à rallier l’ensemble des associations de retraités à sa cause.Depuis plusieurs mois, les retraités intensifient leurs actions publiques afin de sensibiliser leurs pairs et les autorités à l’érosion de leur qualité de vie à cause de la desindexation qu’ils subissent pour les cotisations versées entre 1982 et 1999.Il y a une douzaine de jours.850 d’entre eux se rassemblaient à Montréal, puis manifestaient devant le bureau de la ministre Monique Jérôme-Forget.présidente du Conseil du trésor.Le vendredi suivant, ils se retrouvaient à Sherbrooke.Relativement discrète jusqu’ici, alors quelle s’en remettait aux syndicats (notamment la CSQ) pour défendre les droits et réclamations de ses membres, 1'A.R.E.Q.a décidé, l’an dernier, de traiter le dossier de l’indexation de manière autonome.•C’est certainement la principale (de nos revendications] par rapport à l'amélioration des conditions de vie des retraités, indique Robert Gaulin, deuxième vice-président.On sent qu’il y a un niveau de conscientisation plus élevé du côté des instances, mais pas au point où le gouvernement est prêt à s'engager* Vieillir dans la dignité Créée en 1961 par Laure Gaudreault, l'A.R.E.Q.regroupe près de 50 000 membres répartis dans toutes les régions du Québec, qui retirent pour la plupart des prestations de la Commission administrative de retraite (CARRA).Elle représente donc environ le quart des quelque 190 000 retraites du secteur public et exige le droit pour ses membres, de vieillir dans k sécurité et dans k dignité.L’indexation représente l'ajustement des prestations afin quelles reflètent l'évolution du coût de k vie au moment où les employes atteignent k retraite.C’est un peu l’équivalent de l’augmentation de salaire pendant la vie professionnelle.Quand le gouvernement du Québec a créé en 1973 le premier régime de retraite pour les employés du secteur public (ainsi que k commission qui allait l'administrer), il a prévu une pleine indexation des prestations, révisées au prorata de l'indice des prix a k consommation (IPC).Or en 1982, ce système a été remis en cause, récession économique oblige.Une nouvelle formule a alors dicté le calcul de l’indexation des rentes: c’est l’indice IPC moins 3 %.Pendant les années de forte inflation, les rentes des employés restaient a un niveau raisonnable.Mais dans les années 1980 et 1990, quand le taux d’inflation a fléchi, l'indexation de leurs prestations s'est rétrécie comme peau de chagrin, voire totalement annulée.•Cela a eu pour effet de déprécier la valeur de la rente d’une manière importante et au bout de six ou huit ans de retraite, ça commence à avoir des effets significatifs*.affirme M.Gaulin.Selon un sondage recent auquel 5000 personnes ont répondu, chaque retraité aurait en moyenne perdu 12 000 $ de rentes pour l’ensemble de la période.A l’époque de cette importante révision, le premier ministre René Lévesque avait ainsi justifie le geste de son gouvernement.«Oh va respecter nos signatures à moins qu’on puisse, par négociation, arriver à un meilleur aménagement de ce qui est nécessaire pour l'équilibre financier de l’Etat québécois [.] Fl faut que ces efforts soient répartis et que les secteurs public et parapublic, dotes de la sécurité d’emploi absolue depuis 1976.soient appelés à faire leur part*.Floués et flouées N'empêche, les retraités actuels et à venir qui cotisaient à l’époque s'estiment aujourd’hui floués.«Le droit à la protection du pouvoir d'achat nous a été retiré de manière unilatérale.juge M.Gaulin.On contribue de manière non désirée à la diminution des obligations du gouvernement Quand les rentes ne sont pas indexées, il y a une économie de système, donc le gouvernement fait de l'argent sur le dos des retraités.Pourtant, c'est une condition de travail négociée comme les autres, c’est du salaire différé qui est dû * Si la formule a été revue en 1999 en fixant un plancher minimal à 50 % de l’IPC, elle ne s'applique qu'aux cotisations versées à partir de 2000 et ne touche donc pas les prestataires des années 1980 et 1990.D’où la mobilisation de l’A.R.E.Q., qui souhaite voir s’appliquer cette nouvelle formule à l’en semble de toutes les rentes, même pour k* service passé.*Ça n’a pas de bon sens de laisser ce système d’appauvrissement se perpétuer indéfiniment*, déclare Robert Gaulin.Pour ce faire, l’ARE.Q.travaille a sensibiliser les retraités et le gouvernement à cette question, ainsi qu’à élargir k coalition d'associations de retraités afin qu elles parient d’une même voix.*On fait prendre conscience aux gens de la nécessité de s asseoir avec le gouvernement à une seule table de négociation pour l'ensemble des retraités, afin d’analyser des scénarios et voir comment on peut arrêter une solution * Leurs actions semblent avoir déjà porté fruit puisque le projet de loi 27 sur k CARRA auquel l’ARE.Q.donnait son appui le 10 novembre dernier, reconnaît enfin un rôle aux retraités dans k gestion des régimes.Outre k question de l’indexation et de la reconnaissance, l’ARE.Q.mène aussi d'autres dossiers à caractère plus social comme k question des aidants naturels, ces proches qui aident les personnes âgées à vivre de manière autonome le phis longtemps possible.Un colloque y sera consacre au printemps Le Devoir FADOQ Mouvement Aussi pour moi ! 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