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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2002-11-18, Collections de BAnQ.

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ISRAEL f Sharon jette de l'huile sur le feu Page A 5 SOUVERAINETE Parizeau propose d’utiliser des fonds publics Page A 3 ?w w w .led e v o i r .c o in LE DEVOIR JACOÜKS CKKNIKH U'.DKVniR Ce n’est pas la neige, mais la possibilité d’une guerre en sol irakien, qui donne froid dans le dos aux centaines de manifestants qui ont dénoncé hier à Montréal et à Québec une éventuelle agression armée des Etats-Unis contre Badgad.En dépit du temps maussade, des représentants de dizaines d’organisations de défense des droits et des syndicats ont marché hier, toutes pancartes et banderoles dehors, pour presser Ottawa de dénoncer ouvertement la politique du gouvernement Bush à l’égard de l’Irak.Un cri pour la paix venu du froid Des manifestations ont eu lieu dans 25 villes canadiennes ISABELLE PARÉ mission en Irak et que la menace d'une attaque améri- fontaine pour participer au rassemblement pour la paix LE DEVOIR ca'ne se concrétise, les manifestants de Montréal et organisé par la Coalition Echec à la guerre, qui réunit Québec ont joint leur voix au mouvement mondial qui une cinquantaine d’organisations syndicales, d'asswia- La giboulée qui s’est abattue sur le Québec hier s’organise contre une agression éventuelle des Etats- lions communautaires et d’organismes de eommunau-n’a pas refroidi les ardeurs de centaines de mani- Unis contre Bagdad.Des rassemblements similaires tés culturelles, laïques et religieux.A Québec, le ras-festants qui, à Montréal et à Québec, ont appelé le ont aussi eu lieu tout au cours de la fin de semaine semblement avait lieu devant le Musée de Québec, sur gouvernement fédéral à,s'opposer fermement à une dans 25 villes canadiennes, notamment à Toronto.les Plaines d’Abraham, balayées par un vent glaciid.intervention armée des Etats-Unis en Irak.Malgré un froid de canard et la neige fondante, des Alors que les inspecteurs de l’ONU amorcent leur centaines de personnes ont convergé vers le parc la- VOIR PAGE A 8: PAIX L’ONU débarque en Irak La guerre n ’est pas inévitable, dit le chef de la mission, Hans Blix AGENCE FRANCE PRESSE Bagdad — L’Irak, mettant le monde au défi de trouver des armes prohibées, attendait hier de pial forme le chef des inspecteurs en désarmement de l’ONU, le Suédois Hans Blix, qui arrive aujourd’hui à Bagdad pour lancer le processus dos inspections auquel Washington ne semble pas vraiment croire.la délégation de l’ONU, eom|x>sée d’une vingtaine de personnes, est arrivée hier a Larnaea (sud de C hypre) pour une escale d’une nuit, avant son départ ce matin vers Bagdad, où elle préparera l’arrivée dos ins pecteurs, prévue dans dix jours.lx> président irakien Saddam Hussein a répété samedi, dans un message au Parlement irakien, que son pays ne possédait pas d’armes de destruction massive.Hnns Blix Une affirmation qui n’a pas semblé convaincre pour l’instant la délégation de l’ONU.«Nous n'acceptons pas le "mm"comme réponse-’, a déclaré à larnaea (Egyptien Mohammed El Baradei, chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui dirige la délégation avec M.Blix.Ix-s inspections de l’ONU en Irak «sont une occasion” |x>ur Bagdad, selon M.Blix, qui estime qu’une guerre n’est pas inévitable.VOIR PAG E A 8: IRAK Salon du livre de Montréal La voleuse de mots Marie Gagnon quitte le pénitencier le temps d'aller signer son dernier livre CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Au Salon du livre de Montréal, les minutes de Marie Gagnon sont comptées.L’écrivaine, venue signer son dernier livre Lettres de prison (VLB), a été libérée du pénitencier de Joliette pour une journée.A côté d’elle, son «IPL», la gardienne qui l’accompagne au cours de cette journée de liberté, veille.Ses conditions de sortie sont sévères, elle n’a pas droit de boire une goutte d’alcool par exemple.Après ce saut au Salon, elle participe à l’émission de Christiane Charrette, avant de regagner le milieu carcéral.Une journée de pseudo-liberté, une journée passée dans ce temple du livre, aux étalages chargés de nouveautés, pour une prisonnière qui a toujours placé les mots au centre de sa vie.Marie Gagnon a presque l’habitude de la détention.Des dix dernières années, la jeune écrivaine de 36 ans, ex-héroïnomane en a passé sept en prison.VOIR PAGE A 8: VOLEUSE INDEX Annonces.B 4 Idées.A 7 Avis publics .B 5 Météo.B 4 Convergence.B 7 Monde.A 5 Culture.B 8 Mots croisés .B 5 Économie.B 1 Religions .B 6 Éditorial .A 6 Sports.B 4 Fonds.B 2 Télévision.B 7 SHAUN BEST REUTERS Le demi offensif Keith Stokes a célébré la victoire des Alouettes de Montréal avec quelques partisans, hier, au Stade olympique, lors de la finale de l’est de la Ligue canadienne de football.mmm ^ €\ X?' «njlk Montréal 35, Toronto 18 La défense passe à l’attaque Les Alouettes accèdent à la Coupe Grey en dépit d'une inquiétante anémie offensive BRIAN MYLES LE DEVOIR Deux interceptions bonnes pour autant de touchés et les cris survoltés du fameux «13' joueur» ont permis aux Alouettes d’obtenir leur passeport pour la Coupe Grey, hier dans un Stade olympique comble de 57 215 personnes qui sont demeurées sourdes et aveugles aux nombreux ratés de l’offensive.Le score final, Alouettes 35, Argonauts 18, ne révèle en rien l’allure de la finale de l'est.L’offensive n'a marqué que deux touchés sur des courses de Lawrence Phillips et Bruno Heppell.Le quart-arrière Anthony Calvillo est le premier à se déclarer insatis- fait de l’attaque.«Notre défensive nous a permis de remporter cette partie», a-t-il dit avec une cheville dans la glace pendant que ses coéquipiers fêtaient la victoire.«Im semaine prochaine, il faut s’assurer de jouer les quatre quarts», a-t-il ajouté, précisant qu’il serait de l’alignement de départ Dès les quinze premières minutes, la défense des Alouettes s'est abattue sur les Argonauts de Toronto pour les priver de leur quart-arriere, Reggie Slack, plaqué par Stéphane Fortin derrière la ligne de mêlée.le sort des Argonauts était scellé.Fortin a reçu le titre du joueur le plus utile a son équipe en tordant le genou VOIR PAGE A 8: ALOUETTES L’ENTREVUE Délinquance: le Québec rate la cible Les projets de prévention manquent de rigueur, constate le criminologue Maurice Cusson Violence à l’école, cambriolages, vols à l’étalage: le criminologue Maurice Cusson s’attaque dans son dernier livre aux stratégies efficaces pour prévenir les crimes, petits et grands, du quotidien.Dans le fourre-tout des mesures en place, il départage le bon grain de l’ivraie.BRIAN MYLES LE DEVOIR Le Québec dépense peu et dépense mal en prévention.Environ sept millions de dollars pour quelque 140 projets destinés surtout à contenter tout le monde.«La majorité des projets soumis ont très peu de liens avec la prévention de la délinquance, affirme Maurice Cusson en entrevue.A mm avis, il y a un peu trop de saupoudrage.» Selon lui, la plupart des demandes de financement présentées au ministère provincial de la Sécurité publique et au ministère fédéral de la Justice sont rejetées «justement parce que le VOIR PAGE A 8: CUSSON Maurice Cusson MAUDE BARLOW ‘ TONY CLARKE « Un livre qui dessine un tableau exhaustif et terrifiant d’un monde en voie d’assèchement.» Jean-Paul Dubois, Le Nouvel Observateur Lj 1 • ./ • .*1 Préface de Louise Vandelac eau, nouvel enjeu stratégique et commercial Traduit de l'anglais (Canada) par Paule Noyart L’Or bleu L’Or bleu Essai 408 pages • 24,95 $ Boréal www.editlonsboreal.qc.ca 778313000641 Peur NO£L offrez LE DEVOIR et recevez GRATUITCMCNT L'annuaire du Québec 2003 L’annuaire du Mi&wt/î POUR COMMANDER : (5'^985-3355 ' 800 463 7559 www.ledevcir.ccm CETTE OFFRE EST VALABLE POUR LES ABONNEMENTS DE : 13 &emaincA, du lundi au Aamedi 26 AemaineA.du lundi au Aamedi 52 AemaineA.le Aamedi 52 AemaineA.du lundi au Aamedi 57.07 $ ?taxeA 107.12 $ + taxeA 79 56 $ * taxeA 194.48 $ + taxed (ou Aur tout abonnement d'une valeur de 50$ et pim auant Ici taxei) AVANT DE COMMUNIQUER AVEC NOUS, ASSUREZ-VOUS D'AVOIR : l'adreAAe complète et le numéro de téléphone de la perAcnne à abonner.L'offre eAt valable juAqu'au 16 décembre 2002 indudioement.ÇuantitéA UmitéeA.LE DEVOIR A 2 LE L» E VOIR.LE L l' X D I IR \ V E M B I! E 2 « î t Conseil dM Arts Ornad* Council _____j du Canada for tho Arts SAO Canada Ville de Montréal f I.K I) K V 0 I li .I K I 1 \ I) I IS \ 0 \ K \l B R K j o o : .> LE DEVOIR ACTUALITES Organisme-parapluie souverainiste Parizeau propose d’utiliser des fonds publics pour promouvoir la souveraineté Québec n aurait qu 'à offrir la même chose à un groupe préconisant un fédéralisme renouvelé MATHIEU B O IV IN PRESSE CANADIENNE Québec — Pour pouvoir donner des fonds publics à iui onjanisnit^para-pluie souverainiste, Québec n’aurait qu'à offrir la même chose à un groupe préconisant un fédéralisme renouvelé, a indiqué hier l'ex-premier ministre Jacques Parizeau. I I h X ü V K M !> IS K 1.1S .1C T I' \ 1.1T E S Dossier médical ouvert pour la première fois John Fitzgerald Kennedy : portrait d’un grand président en grand malade Coulée de boue PASCAL B A R OL LIER AG E N C K F R A N C E -PRESS E Washington — Le dossier médical du président John Fitzgerald Kennedy, ouvert pour la première fois a un historien, peint l’image d’un grand malade, contraint a d’immenses efforts pour dissimuler sa douleur et projeter l’image d’un président vigoureux, jusqu’à son assassinat en 1961 Ix's douleurs que ressentait le président et la quantité de médicaments qu'il devait ingérer vont bien au-delà des descriptions que ses biographes en dressaient jusqu’à présent, écrivait hier le quotidien The New York 'Times, informé par l’historien qui a eu accès au dossier.IjC quotidien dresse un parallèle avec le cas de F ranklin I).Roosevelt, l’ancien président américain qui avait terminé sa vie paralysé, sans faillir à ses fonctions durant ses présidences successives, de 193:J à 1945.Les problèmes de dos de JFK étaient connus durant sa présidence.Mais son dossier médical révèle qu’il était aussi un grand consommateur de calmants, antidouleurs, somnifères, excitants et traitements hormonaux pour réguler le ARCHIVES I,K DEVOIR L’ancien président américain John F.Kennedy.fonctionnement de sa glande surrénale et lui redonner de l’énergie.Selon l’historien Robert Dallek, cité par le quotidien, le président Kennedy prenait parfois jusqu’à huit médicaments par jour.Ses douleurs causées par trois vertèbres fracturées, conséquence de l’ostéoporose (peut-être provoquée par certains médicaments (tris à la tin des années 30), étaient telles qu’il était incapable d’enfiler seul une chaussette ou une chaussure au pied gauche, révélé l’historien.lx* président souffrait aussi de la maladie d’Addison, une insuffisance surrénale chronique, potentielle ment mortelle, caractérisée par l’asthénie, une hypotension artérielle, des douleurs lombaires et des troubles gastriques.Accès aux documents M.Dallek, qui rédige une biographie de Kennedy à paraitre en 2003, a pu consulter pendant deux jours le dossier médical du président, assisté du médecin Jeffrey Kelman.Il a eu accès à des documents comprenant dix caisses de radios et huit mis d’ordonnances du président en raison de «l'excellente réputation» du chercheur, a expliqué au quotidien l'ancien conseiller de Kennedy, Theodore Sorensen.Malgré la lourdeur de son traitement, le président ne semblait pas trop diminué dans ses capacités.Il se plaignait parfois de se sentir assommé par les médicaments, mais la transcription de certaines conversations pendant la crise des missiles de 1962 à Cuba, pendant laquelle le monde a frôlé la guerre nucléaire, montre que Kennedy avait une vision claire et qu’il était aux commandes, selon l’historien.A cette époque, le traitement du président comprenait des antispasmodiques pour lutter contre la diarrhée, des antibiotiques pour une infection urinaire et des niveaux élevés d'hydrocortisone (anti-inflammatoire) et de testostérone pour renforcer sa constitution.Son niveau de cholestérol était également jusqu’à deux fois supérieur au niveau actuellement recommandé.L’examen du dossier révèle aussi, pour la première fois, que Kennedy avait été hospitalisé1 a neuf reprises pour des problèmes de dos et d’intestins à New York et à Boston entre 1955 et 1957, quand il était sénateur du Massachusetts.L'historien dresse une très longue liste de médicaments pris par Kennedy apres son arrivée à la Maison-Blanche en 1960, y compris de nombreuses injections d’un anesthésique local, la procaïne, dans le dos, juste avant sa participation à des conférences de presse.«Il n’a jamais prononcé un mot d'apitoiement sur lui-même ni ne s’est jamais plaint», se souvient l’historien et ancien conseiller de Kennedy, Arthur Schlesinger, cité par le New York Times.(Mi# iriW-; '"tS *3*__ > Attentat de Bali Six nouveaux suspects recherchés ASSOCIATED PRESS Denpasar, Indonésie — Un mois après l’attentat de Bali qui a fait près de 200 morts, l’enquête progresse et la police indonésienne a diffusé hier les portraits-robots et photographies de six nouveaux suspects, dont celui de leur chef présumé, soupçonné d'avoir appris à confectionner les bombes durant ses visites en Afghanistan.Outre l’attentat visant le Sari Club et le Paddy’s le 12 octobre dernier, la police a imputé à ce groupe la responsabilité do l’explosion survenue quelques minutes plus tard devant la représentation consulaire américaine à Bali, sans faire de blessé.«Nous sommes persuadés qu’ils sont encore en Indonésie», a assuré le général I Made Mangku Pastika, qui dirige l'enquête silices attentats.La diffusion des six portraits intervient moins de deux semaines après l’arrestation d'Am-rozi, le seul suspect actuellement détenu par la police.Interpellé le 5 novembre à son domicile à Tenggulun sur l'ile de Java, Am-rozi a avoué être le propriétaire de la camionnette bourrée d’explosifs utilisée devant le Sari Club.Selon la police, il a aussi avoué s'être procuré le matériel pour fabriquer les bombes.Sommet de l’OTAN à Prague Chrétien est en faveur de Tintégration de pays de l’Est LOUISE ELLIOTT PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le premier ministre fédéral, Jean Chrétien, se rendra cette semaine à Prague afin d’y prendre part au sommet de l’OTAN au cours duquel l'organisation devrait accueillir sept nouveaux membres, tous d’Europe de l’Est, en dépit de l'agitation observée dans la région et des allégations voulant que l’un de ces pays ait vendu des pièces d’arme mept à l’Irak.A l’instar de l'ensemble des chefs d’Etat et dirigeants des 19 nations alliées, M.Chrétien est en faveur de l'intégration de la Slovénie, la Roumanie, la Bulgarie, l’Estonie, la Ixttnnie, la Lituanie et la Slovaquie au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, alors cpie cette dernière tente de se redéfinir dans l’èrc de l’après-guerre froide, ont fait savoir des responsables fédéraux, vendredi.les candidatures de la Macédoine et de l’Albanie — les deux autres pays souhaitant faire leur entrée dans l’alliance — devraient être rejetées.«[Jean Chrétien] estime que cela respecte l’engagement pris envers les pays qui se sont engagés dans un difficile processus de réforme, voulant que s’ils faisaient cela, ils seraient les bienvenus au sein de la communauté de l’OTAN», a déclaré l’un de ces responsables.Interrogé au sujet des informations selon lesquelles la Bulgarie aurait vendu des pièces d’armement à l’Irak, le représentant canadien a indiqué que le pays européen avait jusqu’à présent réagi de façon satisfaisante face à ces allégations.«Le gouvernement bulgare a répondu très rapidement et a fait preuve de transparence, a-t-il déclaré.Ils ont réglé cette question de façon expéditive, et les pays de l'OTAN sont très satisfaits de la coopération obtenue du gouvernement bulgare.» Kyoto : Klein n’est pas vraiment résigné PRESSE CANADIENNE Calgary — Le premier ministre de l'Alberta, Ralph Klein, s’est finalement fait à l’idée d’une ratification par Ottawa du Protocole de Kyoto, mais il n’en espère pas moins que le prochain premier ministre du Canada, une fois en poste, sabordera l’entente sur le changement climatique.«Il est à espérer qu’un autre dirigeant convaincra son caucus d’an- nuler la politique gouvernementale fédérale», a-t-il déclaré samedi.«Nous espérons que le bon sens finira par prévaloir [.], et si ce dirigeant est Paul Martin, avec un peu de chance il sera plus réceptif aux idées des premiers ministres de ce pays et nous pourrons parvenir à une solution toute canadienne.» Le premier ministre albertain a affirmé que l’accord — visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre — serait ratifié d’ici à la fin de 2002, le premier ministre Jean Chrétien voulant éviter de revenir sur la promesse faite à la communauté internationale.Il a toutefois assuré ne pas encore avoir perdu la bataille menée contre Kyoto.«Nous allons continuer à nous battre parce qu'il n’y a rien dans ce protocole qui parle d’engagement ferme», a-t-il expliqué, ajoutant que le Canada disposait d'un délai de trois ans pour se retirer, s’il le souhaitait, de l’accord., REUTERS UNE VERITABLE avalanche de boue a coupé en deux le petit village de Schlans, dans les Alpes suisses, samedi, faisant plusieurs blessés.Im situation sur le front des intempéries s’améliorait toutefois hier dans l’ouest de l’Europe, où elles ont entraîné ce week-end la mort de deux personnes en Autriche, fait dix blessés en Allemagne, au moins trois blessés graves en Suisse et provoqué crues et glissements de terrain également en France.Sondage Léger Marketing Charte des droits.quels droits ?I) O N A L I) M C K E N Z I E PRESSE CANADIENNE Un peu plus de la moitié des Canadiens ne peuvent nommer l'un ou l’autre des droits garantis par la Charte canadienne des droits et libertés, révèlent les résultats d’un récent sondage.La population de Colombie-Britannique semble en savoir le moins à ce sujet, 62 % des gens de cette province de la côte Ouest étant incapables de citer un droit de la charte, selon l'enquête menée ptir la firme Léger Marketing.Ailleurs au pays, les pourcentages observés ont été les suivants: Manitoba et Saskatchewan, 57 %; Québec, 54 %; Ontario, 50 %: provinces de l'Atlantique, 48 %; et Alberta.44 %.Dans l’ensemble du pays, le chiffre enregistré a été de 52 %.les résultats de cette enquête d’opinion, menée auprès de 1501 Canadiens, sont considérés justes 19 fois sur 20, la marge d’erreur étant de 2,5 points de pourcentage.«C’est inquiétant, vraiment inquiétant», a affirmé Jacques Frémont, doyen de la faculté de droit de l'Université de Montréal, appelé à commenter les résultats du sondage.«Ça m'inquiète parce qu’on parle tellement en ce moment de sécurité nationale, de réforme du droit pénal, a-t-il ajouté.Et ce que montre ce sondage, c’est que les Canadiens ne sont •H-EC MONTREAL FAITES ESCALE À HEC Montréal La Semaine HEC Montréal - un événement annuel - vous fait entrer dans l'univers du transport.Lundi 18 novembre Mardi 19 novembre Mercredi 20 novembre Jeudi 21 novembre 11 h 18 h 30 18 h 30 18 h 30 18 h 30 Table ronde Table ronde Table ronde Table ronde Table ronde Turbulences dans Les automobilistes L'avenir des Le transport en Partenariats le transport aérien doivent-ils payer infrastructures commun est-il public-privé : 1 1 1 davantage pour aéroportuaires la seule solution est-ce une solution 8 préserver dans la grande aux embouteillages ?au financement l'environnement ?région de Montréal d'infrastructures ?I LiseFournel Carol Montreuil Henri-Paul Martel Florence Junca-Adenot Jean Daigneault I Présidente et chef Vice-président, Vice-président, Présidente-directrice Vice-président principal I de la direction Division de l'Est Ingénierie et générale SNC-Lavalin Investissement 1 Destina.ca Institut canadien des Construction Agence métropolitaine Groupe SNC-Lavalin inc.produits pétroliers Aéroports de Montréal de transport 1 Philippe Sureau Normand Parisien Jacques Roy Vincent Patterson Liguori Hinse 1 Vice-président exécutif Directeur général Professeur titulaire Associé principal Sous-ministre adjoint 1 Transat A T.inc.i 1 " 1 1 1 1 Transport 2000 Québec HEC Montréal Groupe VP RESO Inc.Direction générale de Montréal et de l'Ouest Ministère des Transports du Québec Entrée libre.Lieu : amphithéâtre IBM de HEC Montréal www.hec.ca/semainehecmontreal Information : (514) 340-6622 TO Université de Montréal - Autobus 51 et 129 HEC Montréal 3000, chemin de la Côte-Sainte-Catherine Montréal (Quebec) H3T 2A7 pas au courant de leurs droits.» «Ce qui m’étonne quelque peu.c ’est qu ’ils ne pouvaient même pas en deviner un, comme par exemple la liberté d'expression, la liberté d’association ou le droit à l’égalité.» Ira liberté d’expression a été citée par 27 % des répondants.Elle a été suivie par la liberté d’opinion, la liberté de religion et le droit de parler sa propre langue, à 12 %.Les totaux dépassent 100 % parce que les personnes ayant été sondées, du 3 au 6 octobre, étaient autorisées à nommer plusieurs droits.Les résultats de cette enquête révèlent que les Canadiens connaissent l’existence de la Charte, mais qu’ils en ignorent le contenu, a indiqué M.Frémont.Iras écoles devraient commencer à enseigner les éléments de base de la Charte, cette dernière ayant un impact énorme sur la vie quotidienne de la population canadienne, a estimé le doyen de la faculté de droit de l’LIniversité de Montréal.«Je constate que mes enfants à l’école secondaire apprennent des choses au sujet du Guide alimentaire canadien pour manger sainement.Ils apprennent à lire les étiquettes des vêtements afin de ne pas les laver dans l’eau chaude ou l’eau froide.» «Ce serait peut-être une bonne chose pour eux qu’on leur montre leurs droits.» EN BREF La visite royale a coûté cher (PC) — La récente visite de J1 jours au Canada de la reine Elisabeth II aura finalement coûté 6,7 millions aux contribuables canadiens.C’est 40 % de plus que ce qui avait été initialement prevu par le gouvernement fédéral.A lui seul, le gala en l'honneur de la souveraine qui a été donné au Roy Thomson Hall de Toronto a coûté 1,6 million.Prix Charles-Cros pour Paule-Andrée Cassidy (PC — L’Académie Charles-Cros a décerne à Paris l’un de ses Grands Lrix à l’interprète québécoise Pau-le-Andrée Cassidy pour son plus récent album Lever du jour, dans la catégorie «Nouveau Talent».Créée en 1947 par un groupe de critiques et de spécialistes en vue de promouvoir l’enregistrement et la diffusion musicale, l'Académie Charles-Cros est composée d’ex-perts de la vie de la musique et de l'enregistrement sonore.Semaine de la citoyenneté (PC) — Ira ministre des Relations avec It's citoyens et de l’Immigration, Rémy Trudel, et le ministre délégué, Andre Boulerice, ont donne le coup d’envoi à la 5' édition de la Semaine québécoise de la citoyenneté qui se tiendra jusqu'au 25 novembre. IK l> K V O II! .IK I I V I) I > \ U \ I M I! li I K V O I II .\ Y I I \ h I I \ (l V ^ NI H II K 2 U 0 IDÉES T K C H N O LOGIES ARCHIVES LE DEVOIR Certes nous disposons de matériel plus puissant et de logiciels plus sophistiqués, mais nous attendons encore le Léonard de Vinci, le Chaplin et le Dante de l’âge du numérique.En attendant le huitième art, le rêve de l’œuvre totale Une seule certitude subsiste: les arts numériques ne seront certainement pas une synthèse multimédia des arts antérieurs HERVÉ FISCHER Titulaire de la chaire Daniel Langlois à l’université Concordia, auteur du Choc du numérique (VLB, 2001) et du Romantisme numérique (Fides-Musée de la civilisation.2002) e grand défi de la culture numérique d'aujourd'hui semble se situer dans l’invention de nouveaux langages, de nouvelles esthétiques multimédias sous le signe du temporel, de 1 éphémérité, de l’événementiel, de l’interactivité.Certes, le plus souvent, nous ne voyons encore aujourd’hui que des écrivains qui écrivent sur des écrans cathodiques, des peintres et des photographes qui reproduisent leurs œuvres sur ces écrans, des cinéastes qui se confinent à la petitesse de ces écrans, comme on vit autrefois des photographes faire des peintures, des cinéastes du théâtre, des producteurs de télévision filmer des studios de radio, etc.Marshall McLuhan l'avait déjà souligné: on commence toujours par mettre les contenus des vieux médias dans les nouveaux.La transversalité en art Sous le signe de la convergence numérique, on s’est pris à rêver d'œuvres multimédia totales, usant de tous les sens.Mais qui sera ce grand artiste multimédia, cet écrivain qui fera excellemment de la musique, de la photo, de la peinture, de la danse, du cinéma et qui maîtrisera toutes ces technologies numériques et leur évolution constante?Il n’est pas encore né.A l’occasion de sa présentation à la Fondation Daniel Langlois, Bernard I amarche rappelait récemment dans Le Devoir ce constat que l’artiste canadien Michael Snow, explorateur de tous les médias, faisait déjà dans les années 60: mes peintures sont faites par un cinéaste, mes sculptures par un musicien, mes films par un peintre, ma musique par un cinéastes, mes peintures par un sculpteur, mes sculptures par un cinéaste, mes films par un musicien, ma musique par un sculpteur.qui parfois travaillent ensemble.En outre, mes peintures ont été en grand nombre faites par un peintre, mes sculptures par un sculpteur, mes films par un cinéaste, et ma musique, elle, par un musicien.Cette transversalité en art est encore loin de l'ambition d’œuvres véritablement multimédia, mais que vaut-elle de plus ou de moins que la spécialisation dans un seul média, poussée à ses limites d’expression?Ce n'est pas la technologie qui fait l'artiste — ni le crayon, ni I ordinateur: ce n'est pas davantage la matière — terre, marbre, pigments ou pixels — mais sa vision, son image du monde, sa Weltanschauung, qui implique des choix technologiques éventuels, mais non nécessaires, y compris par excès ou par défaut.La nécessité d’une vision artistique du monde Une photo en couleurs n'est pas plus artistique qu'une photo en noir et blanc, bien au contraire, souvent.In question centrale de l’art ne se situe ni dans la pauvreté, ni dans l’agrégation cumulative de tous les médias disponibles, mais dans la puissance et la nécessité d'une vision artistique du monde que saura explorer et construire le cinéaste, le musicien, le peintre, ou le créateur numérique.Nous nous en tenons trop souvent à cette idée fausse, selon laquelle le multimédia impliquerait implicitement la somme des beaux-arts, de l’écriture, de l’architecture, de la musique, du théâtre, de la danse et du cinéma.Mais qui serait doté de tous ces talents?Si ce nouvel artiste, ce prodige apparaît un jour, nous proposerons de le reconnaître sans hésiter comme un génie universel.Pour le moment, après la période épique et héroïque des premières œuvres numériques multimédia, encore très modestes mais fascinantes par leur nouveauté exploratrice et que nous avons présentées avec ferveur notamment dans les expositions Images du futur à Montréal de 1986 à 1997, nous assistons plus souvent aujourd’hui à un essoufflement et à des redites.Certes nous disposons de matériel plus puissant et de logiciels plus sophistiqués, mais nous attendons encore le Léonard de Vinci, le Chaplin et le Dante de l’âge du numérique, ou plutôt ce génie multimédia qui concevrait enfin cette œuvre totale dont rêvait Wagner et qui s’appellerait sans doute Charlie léonard Dante de Vinci-Wagner.Un désir d’œuvre totale Mais ce démiurge chimérique n’existera sans doute jamais.Ce rêve même de l’œuvre totale, que sous-tendent les idées des technologies multimédias, de la convergence et finalement de l’artiste total, cet opera mundi de YHomo numericus n’est-il pas plutôt une expression nouvelle de notre vieux mythe de l'unité du monde?Car le modèle même de l’œuvre totale, multimédia, interactive, créatrice, évolutive et toujours capable de nous surprendre chaque matin, chaque nuit, à chaque génération, et dans tous les lieux d’où nous puissions la contempler ou la scruter, n’est-ce pas l’univers lui-même?Que l’homme se prenne volontiers et de plus en plus pour un dieu, que CyberProméthée s'éveille impatiemment en nous à l’âge du numérique, voilà sans doute le ressort même de ce désir d’œuvre totale qui nous hante.Nous aspirons à l’unité de la connaissance, à l’unité de la création, à l’unité de l’humanité.Et à l’exemple de la création naturelle ou divine comme chacun voudra l’interpréter, nous tentons aujourd’hui a notre tour de nous rendre maître et possesseur de l’univers, du génome et du futur.Nous rêvons d’intelligence collective et partagée, de cerveau planétaire, de noosphère et d’une posthistoire où l’humanité, dotée des pouvoirs magiques extraordinairement puissants des technologies numériques, accomplirait enfin son destin démiur-gique en achevant l’œuvre de la nature ou de Dieu: l'œuvre humaine totale, sa propre perfection, au sens métaphysique du mot Une nostalgie de l’unité originelle L’œuvre totale que nous attendons d'une mai- JACOUKS Ci RENIER LE DEVOIR L’artiste canadien Michael Snow, explorateur de tous les médias.trise protéenne du multimédia, et le génie total qu’elle impliquerait, exprime notre nostalgie de l'unité originelle et notre aspiration à la retrouver dans la création artistique.Fit elle satisfait à notre instinct de puissance.Mais les arts ont divergé.Ils se sont constitués en se séparant, comme les langues, comme les cultures et comme les êtres humains eux-mêmes.Ils n'ont pas échappé à la grande vague de cette diversité multipolaire que symbolise le mythe de la tour de Babel.Et je me plais à cette diversité des arts.J’aime que la peinture ne soit pas de la photographie, que le cinéma ne soit pas du théâtre, que la radio trouve son chemin loin de la télévision, que les arts numériques ne soient pas de l’opéra.Cette multiplicité qui naît de la séparation des arts est une richesse à laquelle nous ne devrions pas rêver de renoncer.Et l’accomplissement de chacun de ces arts implique son éloignement de tous les autres.N’oublions pas que le progrès n’existe pas en art, et que l’accumulation des médias ou l’augmentation de la puissance technologique ne constitue en aucune façon une garantie d’un art plus accompli.L’art pauvre vaut l’art numérique, et réciproquement.Plutôt que d’arts multimédias, parlons donc désormais d’arts numériques, qui vont découvrir aussi leur esthétique et leurs vertus spécifiques, sans s’asservir au rêve impossible de l’œuvre totale.Nous n'avons qu’une seule certitude: les arts numériques ne seront certainement pas une synthèse multimédia des arts antérieurs.Ils s’en détacheront plutôt.Iaîs arts numériques constitueront un huitième art, non pas la somme des sept premiers, qui ont quant a eux aussi encore beaucoup à dire, y compris sur le monde numérique qui constitue pour les artistes d’aujourd’hui, qu’ils soient écrivains, cinéastes, peintres ou musiciens, et travaillent avec ou sans ordinateur, le défi contemporain.L’accumulation des médias ou l’augmentation de la puissance technologique ne constitue en aucune façon une garantie d’un art plus accompli ?Michel \cnnc ?Lire abondance saute aux yeux lorsque l’on déambulé dans les allées du Salon du livre de Montreal.Abondiuice de titres, d’eerivains, de lecteurs.Abondiuice dïckvs et de personnages.Ko flexion et imagination d'un aile.Curiosité de l'autre.1 e salon a son microclimat.11 est un concentre.Une immense librairie pour un week-end autour duquel s’articule la vie du monde des livres.11 est aussi l’aboutissement d’un sprint de production dans les maisons d’édition, l‘infographiste, la correctrice d’épreuves, l'éditeur, le représentant commercial, le livreur et l’attachée de presse ont trimé dur pour -sortir" à temps pour la luire annuelle, et pour les emplettes de Noël, tout un catalogue d’ouvrages, du recueil de poésie aux recettes de cuisine, 1 e monde du livre est aussi un commerce.Les auteurs (on ne les appelle plus beaucoup îles écrivains) ont le bonheur de croiser loin's regards et de parler avec ceux à qui leurs livres sont destines.Ici, une étudiante confie à un essayiste que son livre a change sa vie, l’a inspirée, est devenu sa bible, là, le capitaine Robert Biche signe une dédicace, dans la biographie que lui consacre Pierre t'ayouette (libre-Expression), à une amie souffrante en attente d'une greffe essentielle [x>ur le prolongement de ses jours: ••// ne faut jamais lâcher", écrit le héros malgré lui.le livre contient de l’espoir.Descartes a écrit que «/a lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passes qui en ont été les auteurs-.John Ruskin a comparé les livres à -une société qui nous est continuellement ouverte, de gens qui nous parleraient aussi longtemps que nous le souhaiterions, quel que soit notre rang- bien qu’eux mêmes soient de grands poètes, des hommes de science prodigieux ou des ministres fascinants qui, dans la vie normale, ne pourraient nous consacrer même deux minutes de leur temps.Marcel lYoust a formulé une réponse à Ruskin (Sur la lecture.Actes Sud, 1998).1 a hvture, écrit-il, «ne sau rail être assimilée à une conversation, fût-ce avec le plus sage des hommes: ce qui diffère essentiellement entre un livre et un ami, ce n 'est pas leur plus ou moins grande sagesse, niais la manière dont on communique avec eux.Ixi lecture, au rebours de la conversation, consiste pour chacun de nous à recevoir communication d'une autre pensée, mais tout en restant seul, c'est-à-dire en continuant à jouir de la puissance intellectuelle qu’on a dans la solitude et que la conversation dissipe immédiatement, en continuant à pouvoir être inspiré, à rester en plein travail fécond de l'esprit lui-même».Di lecture est donc une impulsion venant d’un autre (l’écrivain), mais qui se produit au fond de nous mêmes.Robertson Davies estime que les livres nous disent surtout ce que nous portons en nous.C’est pourquoi un livre se prend on entier et non en morceaux.Le livre «existe, que vous y voyiez un conte, une parabole ou une révélation directe de la réalité; le démonter en mille morceaux ne vous avancera à rien.Cest comme une horloge.Si vous le regardez intelligemment, il vous dira lheure qu 'il est dans ma vie et dans la vôtre; si vous le démontez, vous n'obtiendrez qu’une poignée de camelote à jeter» (lire et écrire, Ijeméac, 1999).Proust nous met d'ailleurs en garde.«Tant que la lecture est pour nous l’initiatrice dont les clefs magiques nous ouvrent au fond de nous-mêmes la porte des demeures où nous n ’aurions pas su pénétrer, son rôle dans notre vie est salutaire.Il devient dangereux au contraire quand, au lieu de nous éveiller à la vie personnelle de l'esprit, la lecture tend à se substituera elle, quand la vérité ne nous apparaît plus comme un idéal que nous ne pouvons réaliser que par le progrès intime de notre pensée et par l'effort de notre cœur, mais comme une chose matérielle, déposée entre les feuillets des livres comme un miel tout préparé par les autres et que nous n’avons qu'à prendre la peine d'atteindre sur les rayons des bibliothèques et de déguster ensuite passivement dans un parfait repos du corps et de l'esprit.» Lire un livre n’est pas un acte de consommation.Si la lecture peut nous divertir, elle peut aussi nous changer, changer nos comportements, donner un sens à l’action.Mais c’est à condition que les idées exprimées dans un essai ou illustrées par une fiction ne restent pas enfermées dans le livre que l’on range sur l’étagère, écorné.Une idée n’est vivante que par la délibération.le critique des essais, au Devoir, Louis Cornellier, déplore dans L’annuaire du Québec 2003 le fait que, malgré la richesse de la production des intellectuels québécois, les livres qu’ils publient ne provoquent pas les débats passionnés qu’ils devraient engendrer.«Ce n ’est pas, en elle-même, la production intellectuelle qui n’est pas à la hauteur, mais sa réception.Nos essayistes écrivent, c’est une évidence, des choses pertinentes et essentielles, mais qui demeurent trop souvent non relayées par leurs congénères.Ils se lisent peut-être les uns les autres, s’observent et s’étudient, mais ils ne poussent que trop rarement leur engagement jusqu'au choc des idées, seul véritable moteur d'une vie intellectuelle vivante et d’une tradition en marche.» Autre sujet d'inquiétude: le taux de lecture de livres chez les adultes de 15 ans ou plus au Québec est a la baisse.A peine 52 % des Québécois affirmaient lire des livres en 1999, contre 57 % en 1994.L'taux de lecteurs chez les 15-44 ans est plus alarmant.Il dépassait les 60 % en 1979, il affleure les 50 % vingt ans plus tard.Or si la lecture révèle ce que nous avons en nous, elle forme aussi l’esprit.Ijc philosophe allemand Peter Sloterdijk, dans sa conférence Réglés pour le parc humain.publiée en 1999, voyait dans la baisse de la lecture et le règne de l’audiovisuel de divertissement le signe de rien de moins que la tin de l’humanisme.L’abondance des lecteurs croisés ce week-end place Bonaventure me conduit a plus d’optimisme.A vos livres! Michel Venue est directeur de F.’annuaire du Québec, chez Fides.vennem'a fides.qc.ca L’ÉQUIPE nu DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine Gerald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), François Cardinal (actualité municipale), Jeanne Cortv/tau(vigile), Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Paule des Rivieres (éditorialiste), Jean Dion, louifrGiles Francœur (ennrtmnement).Benoit Munger {responsable du site Internet).Josee Boileau.Jufie Carpentier (sports).Brian Myles (justice et faits divers).Isabelle Paré (santé), Michel Garneau (caricaturiste) : I Mane Precourt (pages èdiUmales, respf/nsahle des pages thématiques), Martin Duck* et Christine Dumazet (relecteurs), Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : à l'information culturelle Michel Belair (responsable).Jean-Pierre l>egault, Stéphane Baillargeon (théâtre).Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Bernard I.amarche (arts visuels): à l'information économique Gérard Berube (adjoint au directeur de l’information), Dominique Reny.Éric Desrosiers, Valérie Dufour.Pauline Gravel, Claude Turcotte; à l’information internationale Claude Lévesque, Guy Taillefer.Serge Truffaut (éditorialiste); à l'information politique Hélène Buzzetti Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec).Kathleen Lévesque ; Marie-Hélène Marie (secrétaire a la rédaction) : louise-Maude Rioux Sou(7, Geneviève Otis-Dionne (commis).La documentation (lilies Pare (directeur): Manon Derome.Serge laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITE RT LE MARKETING.Jacqueline Avril, Jean de Billy, Gyslaine Côté.Marlene Côté.Annie Duguay, Martin Fournier, Christiane G gault, Amélie Maltais, Jacques A.Nadeau, Claire Paquet Micheline Ruetland (publicitaires) laurenceThériault (directrice adjointe), Manon Blanchette.Sylvie Laporte, Martine Berube (secrétaire).IA PRODUCTION Daniel Bazinet (responsable de la production), Claudine Bedard, Michel Bernatchez, Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Donald Fillon.Olivier Zui’da.INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Linda Theriault (responsable service à la clientele, distribution et tirage), Marie-Eve Santerre.(coordonnatrice à la promotion et a la sollicitation), Monique L'Heureux Lise Lachapelle Rachelle Leclerc.Marie-France Dalcourt.L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), CéWne Furoy.Germain Haeck (contrôleur), Ghislaine lafleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier, Chantal Rochon, Danielle Ross.LA FONDATION [M DEVOIR Kurït Haisvprt i,v«prrsdrntmriibfrtérrrtr»Tgp»»m!t I L F.I> F V (MH.I.F I.f X Di IX X 0 V F XI B H F t 0 0 2 A 8 LE DEVOIR ACTUALITES ALOUETTES SUITE DE LA PAGE 1 du polyvalent quart-arriere, un peu pour le geste, mais surtout en raison de ses conséquences.Appelé en renfort, le substitut Jim Ballard a accordé deux touchés coup sur coup pour permettre aux Alouettes de s'imposer 14 à R après 12 minutes de jeu.L’expérience de Ballard n’a pu compenser son manque d’agilité.et de chance.Son receveur Demetris Bendross a d’abord laissé échapper un ballon vite récupéré par Reggie Durden et renvoyé jusque dans la zone des buts dans une envolée de 27 verges.La séquence suivante, le pauvre Ballard a tiré dans les mains du demi-défensif Danny Derricott, qui a foncé dans un sprint de 35 verges jusqu’à la limite du terrain.«Le plan de match aujourd'hui, c'était de garder la pression sur le quart-arrière et d’essayer de le contenir.On savait que Reggie Slack était capable de s’échapper de gauche à droite.Il est bien habile», a dit Stéphane Fortin.Pour le contenir, ils l’ont contenu.Revenu au jeu pour une brève série, Slack s'est fait plaquer derrière la ligne de mêlée pour une deuxième fois par l’ailier défensif Marc Megna avant la fin du premier engagement.Fin de la journée de travail et des beaux espoirs.Le plaqué de Fortin s’est avéré déterminant, reconnaît l’entraîneur des Argonauts, Mike Clemons.Les Argos détenaient en Ballard un joueur expérimenté, et en leur troisième homme, Marcus Brady, un coureur redoutable.Mais un seul quart affichait ces deux qualités combinées: Reggie Slack.«Nous n’avions pas de réponse.Nous avons fait de notre mieux en utilisant ces deux gars-là à tour de rôle pour faire le boulot», a avoué Clemons.L’entraîneur des Argos s’est montré on ne peut plus satisfait de la performance de son unité défensive.Elle n’a accordé que 142 verges par la passe et 104 verges par la course, en plus de plaquer Calvillo derrière la ligne de mêlée à cinq reprises.«Elle a joué assez bien pour nous permettre d'espérer la victoire», a dit l’entraîneur des Argonauts.«U'ur défense est bonne.Très bonne», a renchéri Anthony Calvillo.Très tôt dans le match, le quart des Alouettes a constaté que les Argonauts exerçaient une pression constante sur les premiers essais.Au total, Calvillo a arraché 18 premiers essais, contre IG pour ses trois adversaires réunis.Sa plus longue passe n’a franchi que 22 modestes verges.A l’offensive, les résultats des Argonauts et des Alouettes sont d’ailleurs très similaires.Calvillo a réussi 65 % de ses passes (17 sur 26) contre 63 % pour ses adversaires (20 sur 32).les Argonauts ont même récolté 261 verges au total, soit 20 de plus que les vainqueurs.Don Matthews, l’entraîneur en chef des Alouettes, a résumé le tout par une formule toute simple: «L’offensive fait vendre des billets, la défensive vous fait gagner des championnats.» La victoire s’explique autant par le brio de la défensive que le tintamarre de la foule.Sur le terrain, les Argonauts ont gâché des troisièmes essais déterminants à deux reprises au moins parce que les joueurs n’arrivaient pas à entendre les directives du quart.Mike Clemons reproche même aux joueurs des Alouettes d'avoir «aboyé» pendant le décompte du quart Marcus Brady, une accusation que les arbitres n’ont pu vérifier.parce que le public criait trop fort.Ives Alouettes recevront la monnaie de leur pièce, dimanche prochain à Edmonton.Ils affronteront l'équipe locale, les Eskimos, qui ont triomphé des Blue Bombers de Winnipeg 33 à 30 dans la finale de l’ouest.Le choc attendu aura lieu.Les deux meilleures équipes de la ligue, présentant toutes deux un dossier de 13 victoires et de cinq défaites en saison régulière, se disputeront la Coupe Grey.Dans la Ligue canadienne de football, où une équipe perdante peut aspirer aux honneurs suprêmes, c'est toute une surprise.IRAK LE DEVOIR Ia?s bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Placides-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au telephone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3346 (514) 985-3390 Par télécopieur Par courrier Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone Par télécopieur Les abonnements Au téléphone du lundi au vendredi de Par télécopieur (514) 985-3322 (514) 985-3340 (514) 985-3355 7h30 à 16h30 (514) 985-5967 SUITE DE LA PAGE 1 La résolution 1441 du Conseil de sécurité de l’ONU donne jusqu’au 8 décembre à l’Irak pour remettre une liste complète des sites susceptibles de servir au stockage ou a la production des armes de destruction massive.M.Blix a ajouté qu’il espérait «rencontrer les responsables du gouvernement irakien dès lundi [aujourd’hui]^.«C’est une mission importante et un emploi du temps chargé nous attend»-, a-t-il dit.I.a délégation aura pour mission d’installer des liaisons radio sécurisées avec le siège de l’ONU à New York et de moderniser un laboratoire resté dans les anciens bureaux de l’UNS COM, la première mission d’inspection des Nations unies.Ce laboratoire servira notamment à tester des échantillons d’air et de terre pour y déceler d’éventuelles traces de composants chimiques à utilisation militaire.M.Blix a assuré que la Commission de contrôle, de vérification et d’inspection de l'ONU (COCOVINU) rendrait compte «de la coopération ou du manque de coopération» des autorités irakiennes, mais qu'il serait «du ressort du Conseil de sécurité» de décider des conséquences à donner à une éventuelle mauvaise coopération de l'Irak, «pas à nous».«Im pression n’est pas sur nous, elle est sur le régime irakien», a-t-il assuré.«Ily a beaucoup d’affirmations selon les- (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 (514) 985-3340 avisdev@ledevoir.com quelles les armes sont cachées, et ce sera un défi pour nous de découvrir des installations souterraines, mais nous espérons que des États membres [de l’ONU] nous aideront», a-t-il dit Selon des sources des services de renseignement occidentaux citées hier par le quotidien américain Los Angeles Times, une flotte de camions transportant des armes bactériologiques, qui se déplacent à travers l'Irak, vont rendre difficile la mission des inspecteurs de l’ONU.Le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz a une nouvelle fois affirmé dans une interview à la chaîne britannique ITV que son pays n’avait pas, de-puis le départ des inspecteurs en désarmement de l’ONU en 1998, «développé [.] d’armes nucléaires, biologiques et chimiques».Le gouvernement irakien «assurera un accès immédiat» aux inspecteurs de l’ONU aux sites qu’ils souhaitent examiner, a-t-il assuré, ajoutant que Bagdad était en train de -«préparer» le document sur ce que l’Irak prévoyait de déclarer au Conseil de sécurité des Nations unies en ce qui a trait aux armes de destruction massive ou aux programmes et aux capacités dans ce domaine.Le quotidien irakien Babel, dirigé par le fils aîné du président Saddam Hussein, Oudaï, a souligné de son côté «l’énorme responsabilité» des inspecteurs en désarmement de l’ONU.«Nous espérons que les équipes d’inspecteurs et leurs chefs vont agir en toute objectivité [.], car ils ont une énorme responsabilité.» Signe du scepticisme de Washington sur le processus des inspections, l’armée américaine a entamé samedi ce qu’elle qualifie de tout premier entrainement conjoint, en présence de journalistes, en vue d’une éventuelle intervention en Irak.Saddam Hussein commettrait •l’erreur de sa vie» en refusant de se plier aux conditions fixées par la résolution 1441, a prévenu hier le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw.Dans le même temps, le secrétaire général de l’OTAN, le Britannique George Robertson, a affirmé qu’il «ne faut pas tenir pour acquis qu'il y aura une guerre contre l’Irak», dans un entretien au journal espagnol El Mundo.Le roi de Bahrein Hamad ben Issa Al-Khalifa et le président syrien Ba-char Al-Assad, en visite à Manama, ont «exprimé l’espoir que l’acceptation par Bagdad de la résolution 1441 permette de mettre fin à la tension dans la région et lui évife une confrontation armée» avec les Etats-Unis, selon l’agence bahreinie officielle BNA Des avions américains et britanniques ont bombardé hier des «objectifs civils dans le nord de l’Irak», a déclaré un porte-parole militaire à Bagdad, sans faire état de victimes.Dans un message au secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, le chef de la diplomatie irakienne Naji Sabri a demandé aux Nations unies de faire cesser les «violations» de son espace aérien par des avions américains et britanniques dans le sud du pays.PAIX SUITE DE LA PAGE 1 Après des discours enflammés, le cortège de protestataires réunis au parc Lafontaine s’est mis en branle vers le centre-ville de Montréal, pour terminer sa marche pour la paix devant le complexe Guy-Favreau, une des principaux édifices fédéraux au cœur de Montréal.Comme dans le reste du Canada, les manifestants, farouchement opposés à une nouvelle incursion de l’armée américaine en sol irakien, ont réclamé une prise de position ferme de la part d’Ottawa.«On sent que la population du Québec est très sensible à ce qui se passe actuellement.Avec 5000 personnes dans les rues avec une température pareille, ça confirme aujourd'hui que les gens veulent vraiment que le gouvernement fédéral intervienne auprès de l’ONU.On n 'a pas mis des organismes internationaux sur pied pour les laisser ne rien dire», a déclaré hier Monique Richard, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).Tout autour d’elle on pouvait entendre les militants scander «Non à la guerre, oui à la paix!» et «Paix, peace, shalom, salam!» Pancartes à la main, ils s’en sont pris à Bush et à Blair, prin- cipaux instigateurs d’une nouvelle offensive contre le régime de Saddam Hussein.Des représentants d’organisations arabes, dont l’Association des organisations charismatiques musuL manes, ont aussi pris part à cette démonstration pacifique.la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a elle aussi insisté sur l'importance que la population s’élève contre le «projet guerrier» des Etats-Unis.«L’attitude américaine est en train de bouleverser Tordre international et de faire consacrer un droit à des guerres préventives.C’est tout à fait inadmissible», a-t-elle souligné.Selon cette dernière, une attaque américaine ne réglera rien et plongera de nouveau le peuple irakien dans la misère et la désolation.«Derrière la guerre, il y a des milliers de personnes qui souffrent On peut bien rêver de tout détruire en Irak, mais, ce faisant, on risque de mettre à mal les forces du progrès qui pmrmient permettre me avancée et un redressement de la situation dans ce pays-là», estime la chef syndicale., L'offensive militaire des Etats-Unis est d’autant plus scandaleuse, croit-elle, quand on pense aux milliards de dollars qui y seront engloutis, comparativement aux sommes dérisoires consacrées à l’aide internationale.A ses côtés, on pouvait voir également des représentants du plus grand syndicat infirmier, la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ), de même que la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Viviane BarboL «Même si les États-Unis ont réussi à arracher un consentement aux Nations unies, on voit qu’ils sont vraiment prêts à faire la guerre, et on veut attirer l'attention du monde entier sur le fait que c’est totalement injustifié de plonger le peuple irakien à nouveau dans la guerre à la désolation.C’est une défaite pour les droits de l’homme», a lancé la porte-parole de l’organisme de défense des droits des femmes.Selon Mme Barbot, une nouvelle guerre en Irak serait non seulement un recul pour la démocratie, mais aussi un net recul pour les droits de l’homme.«Ce sera aussi un recul pour les femmes, car dans toutes les guerres, ce sont toujours les femmes qui paient le prix le plus fini», dit-elle.Hier, des manifestations semblables ont aussi eu lieu à Bruxelles, en Belgique, où près de 7000 personnes ont protesté contre une possible guerre en Irak.La veille, au Canada environ 2500 militants anti-guerre étaient aussi allés protester devant la législature ontarienne, à Toronto, et des rassemblements similaires ont aussi eu lieu à Hamilton et Kingston en Ontario, à Calgary en Alberta, à Brandon ap Manitoba, à Sydney en Nouvelle-Ecosse et dans plusieurs villes de Colombie-Britannique.Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Dtvoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siétfe social est situé au 2050, rue De Bleury, 9* étage, Montréal, (Québec).HUA 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800.boulevard Industriel,Saint jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor lnc„ 612.rue Saint-Jacques Ouest.Montreal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées nans U Itovtr.U Dtwrir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc .900.boulevard Saint Martin Ouest, Uval.Envoi de publication — Enregistrement n" 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.CUSSON SUITE DE LA PAGE 1 lien avec une vraie prévention de la délinquance n 'est pas là», affirme le directeur de l’Ecole de criminologie de lUniversité de Montréal.Di stratégie québécoise de la prévention de la criminalité, qui vient de fêter son premier anniversaire, recon-naît d’ailleurs l'incohérence caractérisant la prévention: actions multiples et éparpillées, absence significative dévaluation, critères de financement discutables.Auteur d'une dizaine de livres sur la délinquance, le crime et le châtiment, Maurice Cusson espère éclairer la lanterne des pouvoirs publics avec son dernier ouvrage, intitulé Prévenir la délinquance.Ixs méthodes efficaces.Publié au Canada et en Europe par les Presses universitaires de France (PUF), le livre s'adresse à tous les acteurs engagés dans la pré vention (éducateurs, psychologues, travailleurs sociaux, policiers et autres experts).M.Cusson recense les initiatives réussies et ratées qui s’attaquent à la racine de la criminalité.L’auteur y parle aussi bien du succès des politiques de contrôle des armes à feu que de l’échec de la surveillance civile dans les quartiers.En matière de violence à l’école, l’auteur condamne les thérapies individuelles ou en groupe, qui ne réduisent en rien le potentiel de délinquance d’un jeune.Il se montre tout aussi réfractaire aux conférences et exposés sur le respect de la loi — si chers aux policiers — qui ne donnent aucun résultat.M.Cusson cite en exemple le programme américain DARE, dans lequel les policiers encourageaient les ados à "dire non à la drogue» en 17 séances.Dans certains cas.les jeunes rencontrés par les policiers consommaient plus de drogues que leurs camarades qui n’avaient pas été sensibilisés au fléau.«Les policiers perdent leur temps s’ils s'imaginent faire de la prévention quand ils vont dans les écoles.Peut-être que ça se défend comme mesure de relations publiques», dit-il.À l’opposé, la délinquance fléchit dans les écoles adoptant un code de conduite «assorti de sanctions.Si elle n'est pas trop sévère, la punition per- met à l’enfant de comprendre la gravité de ses gestes en plus de le persuader de traiter les autres de manière équitable.Les recherches montrent que les écoles où l’application des règles est laissée à la discrétion des enseignants vivent les pires problèmes de violence.Avec le temps, ils finissent par hésiter avant d’appliquer les sanctions.Résultat?Les étudiants en viennent à penser que les règles sont tombées en désuétude et ils les transgressent sans gêne.En revanche, les écoles non violentes présentent une caractéristique commune: elles sont dotées d’un code valable pour tous.Les écarts de conduite y sont punis à tout coup.Cette analyse ne relève pas de l’opinion mais du constat.Contrairement aux idées reçues, il est possible de mesurer l’impact d’un projet de prévention par l'évaluation scientifique.Aux Etats-Unis, et ailleurs dans le monde, les chercheurs comparent le taux de criminalité avant et après la réalisation d’un projet concret.Malheureusement, le Québec se dérobe trop souvent à cette obligation de rigueur.«C'est un problème qui existe dans toute la francophonie.On a peu d'évaluations, précise M.Cusson.Il n'y a pas de tradition ou de culture dévaluation, avec le résultat que les idées sur la prétention restent des idées floues.Il y a beaucoup de bons sentiments et très peu d'actions très précises ou évaluées de façon systématique.» A ce chapitre, les Anglo-Saxons se distinguent par leur souri d'objectivité.Ce n’est donc pas un hasard si les experiences les plus prometteuses portent la griffe des Américains ou des Britanniques dans l'ouvrage de M.Cusson.Des exceptions locales viennent confirmer la règle.A Boucherville, la police et les principaux responsables de la prévention ont combiné leurs efforts pour arriver à endiguer les cambriolage à domicile.La police a intensifié les enquêtes et arrestations contre les voleurs, tandis que les spécialistes de la prévention ont visité les citoyens pour leur proposer des améliorations à la sécurité de leur maison.L'effort a porté ses fruits: les entrées par effraction ont subi une baisse.D'professeur et auteur ne tarit pas d'éloges pour les travaux de son collègue Rk'hard E.Tremblay, qui étudie depuis des années la violence chez les jeunes enfants.L’homme n’est jamais plus mauvais qu’à l’âge de deux ans, a découvert M.Tremblay.Et c’est seulement sous la pression parentale qu’il apprend à se contrôler, d’où l’importance de doter les parents des meilleurs réflexes possibles.C’est un exemple de «prévention sociale», une catégorie englobant tous les projets ciblant l’individu et son milieu.L’approche est complémentaire à la «prévention situationnelle», qui vise à décourager les délinquants de sévir.L’occasion fait le larron, dit l’adage; il faut donc l’en priver.Verrouiller ses portes de voiture, se doter d’un système d’alarme ou de caméras de surveillance constituent autant d’illustrations réussies de la prévention situationnelle.Maurice Cusson déplore la faible place accordée à cette philosophie pragmatique dans la stratégie nationale de la prévention de la criminalité adoptée par Québec.«Ils se sont fermés à la prévention situationnelle, dit-il.Ils ont adopté l'étiquette prévention parle développement social, qui est une notion assez floue que Ton n'a jamais voulu définir précisément.Elle inclut des choses comme la lutte contre la pauvreté, ou la rénovation urbaine.C’est vague, c’est ambitieux à l'excès.Au nom de [cette approche], on a décidé de ne pas financer les projets de prévention situationnelle.Il y a une espèce de parti pris dogmatique qui est regrettable, parce que les deux formes de prévention vont de pair» A l’heure actueUe, les groupes communautaires sont les principaux bénéficiaires des budgets dévolus à la pré vention de la criminalité.Ils se préoccupent davantage de venir en aide à leur clientèle-cible que de la lutte contre la délinquance.L’argent de la prévention n’est pas toujours utilisé à cette fin.«C’est intéressant que les groupes communautaires se consacrent à la prévention.Ils gagneraient cependant à ce que leurs projets soient jugés avec plus de rigueur», dit-il.Selon Maurice Cusson, il faudra en arriver à quantifier et mesurer le succès des programmes en place, afin que le concept de la prevention prenne tout son sens.«On n’est pas encore assez avancé pour arriver à éliminer les projet qui ne marchent pas.» Dans un monde où la répression n’a plus la cote, la prévention gagne du terrain, même au sein des services de police.L’évaluation devient un impératif pour arriver à l'excellence.VOLEUSE SUITE DE LA PAGE 1 Ses délits: des vols de livres, mais aussi des bris de conditions de probation, des prises de liberté illégale.Les cheveux rouges en bataille, le regard vif, Marie Gagnon semble étourdie.Elle parle, parle, les mots se bousculent dans sa tête, elle veut tout dire.Elle veut dire la nouvelle prison de Joliette trop propre, individualiste, inhumaine, elle veut dire ce que lui inspire la littérature d’absolu, elle veut dire le désir et la peur de la liberté.Puis, par moments, elle s'arrête, cherche son souffle, tente de reprendre le fil de ses pensées, le temps file.Dans ses livres, Marie Gagnon dit aussi la souffrance des femmes marginales, qu’elle a connues en prison et ailleurs.Après toutes ces années d'incarcération, elle devient vite «ivre d’air», «ivre de liberté», dit-elle, lorsqu'elle sort d’entre les murs.Pourtant la liberté est ce qu’elle chérit par-dessus tout, au point que les années d’itinérance qu’elle a vécues à Montréal lui semblent les plus belles de toute son existence.Marie Gagnon est un drôle d’oiseau.«Mon père me dit toujours: t'es un poème vivant», se souvient-elle.Son père, c’est tout ce qui lui restera quand Marie Gagnon quittera le pénitencier de Joliette au cours des prochaines semaines, son père et l’équipe des éditions VI .B, à qui ses lettres de prison sont destinées.Bachelière en enseignement avec une maîtrise en littérature, Marie Gagnon a fait ses premières expériences de l'héroïne avec son professeur de philosophie, dont elle était tombée amoureuse.Avec lui, se souvient-elle, elle dévore Artaud, Rimbaud.Baudelaire: «on refaisait le monde toutes les nuits».C’est sans doute la dépendance à l’héroïne qui l'a menée à pratiquer le vol des livres en série, pour lequel elle a purgé de nombreuses peines de prison.Car Marie Gagnon est fille de la démesure.«Je vise l’absolu» en écrivant, dit-elle.Elle voudrait avoir le pied dans la tombe, par exemple, pour expliquer ce que c’est que mourir, puisque les morts ne peuvent le faire.Les contraintes sociales l’asphyxient, et elle se souvient de la nausée que lui ont déjà inspirée les pelouses bien taillées du Laval de sa jeunesse.Au cours de ses nombreuses incarcérations, elle a écrit Bienvenue dans mon cauchemar et Les Héroïnes de Montréal, tous deux chez VLB.Mais la liberté quelle souhaite l'effraie en même temps, plus particulièrement les conditions dans lesquelles elle lui sera redonnée.En entrevue, elle raconte que les femmes détenues ont souvent des peines plus sévères que les hommes pour les mêmes crimes.On est plus exigeant aussi, dit-elle, envers leur consommation d’alcool.Pour sa part, Marie Gagnon semble avoir accompli un exploit en prison, celui de se sevrer non seulement de l'héroïne, mais aussi de la méthadone.«Je suis à Teau chaude», dit-elle.Comme passion, il lui reste les mots.Elle lit beaucoup en prison, affirme y avoir accès à une intéressante sélection d’œuvres; «on trouve même Lautréamont» dit-elle.Les mots qui sous sa plume, comme sous celle des autres, l’aident à faire partie du monde.?Dans un tout autre registre, la journaliste française Anne Nivat, correspondante à Moscou et en Tchétchénie, présentait au Salon du livre de Montréal son livre Im Maison haute, paru chez Fayard, une série d’interviews avec les habitants d’un vaste immeuble construit à l’époque de Staline.Dans cet immeuble, autrefois symbole de l’élite, grouille toute une vie de la Russie postsoviétique, avec ses ambitions, ses chaos, ses regrets.Anne Nivat est grand reporter.Elle a aussi signé un livre intitulé Chienne de guerre, toujours chez Fayard, témoignage du conflit tchétchène.A Moscou, elle vit elle-rnérne dans la maison haute, cet immeuble au charme né d’une autre époque.On y trouve, dit-elle, des gens de différentes générations, ici une ballerine, là un écrivain, là encore, une richissime femme d’affaires.Au moment de l’érection de cette maison haute, il y a 50 ans, Staline avait expressément choisi les gens qui devaient y habiter un appartement.Et à son entourage, qui souhaitait que l’immeuble soit entièrement habité par des agents du KGB.Staline aurait répondu: «Il n’y a pas que ça [le KGB], trouvez des professeurs, des scientifiques, des artistes.» Certaines personnes rencontrées par Anne Nivat ont donc emménagé dans la maison haute en cette période révolue du sovié-tisme.D’autres, plus jeunes, ne sauraient même pas qui est Staline, ajoutât-elle.Chez les anciens, on relève un brin de nostalgie de l’ère socialiste.A l'époque, il y avait alors en Russie une certaine stabilité dans le cours des événements et la vie était plus prévisible.Les Russes bénéficiaient alors, par exemple, d'une sécurité d'emploi qu'ils ont perdue aujourd’hui.Ce qu’ils ne regrettent pas, par contre, ce sont les files d’attente dans l’espoir qu'un produit attendu soit enfin arrivé.Du Moscou d'aujourd’hui, Anne Nivat dit que c'est une ville très riche, où l'on vit à la fine pointe du développement, mais où la vie est démesurément chère.«90 % des investissement faits en Russie sont à Moscou», dit-elle.La transition entre le socialisme et le capitalisme se passe bien, croit-elle, même si l’héritage soviétique est omniprésent.«Si seulement on n'avait pris de l'Occident que les bons côtés, au lieu de choisir les pires!», soupire Lida Nikolaievna, gardienne de l’édifice, rencontrée dans La Maison haute.Pour les Russes, les pires côtés de l'Occident, c'est la pauvreté culturelle, traduit Nivat.Dans ce contexte d'uniformisation culturelle, la culture russe, pourtant très riche, a du mal à survivre à l’aise.De la Russie actuelle, Anne Nivat relève aussi le nationalisme absolu, morceau d’identité accroché dans la débâcle du socialisme.La journaliste, qui a largement couvert le conflit tchétchène sans accréditation des Russes, ne voit pas d'issue dans la situation actuelle.Le gouvernement de Poutine refuse de négocier avec les Tchétchènes, et ce.encore plus catégo-riquement depuis la prise d'otages dans le théâtre de Moscou.Et certains Tchétchènes, qui n’ont plus rien à perdre, se radicalisent.
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