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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Références

Le devoir, 2002-11-25, Collections de BAnQ.

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IRAK Les inspecteurs commenceront leur travail mercredi Page A 5 LE DEVOIR NIGERIA Les Miss s’en vont, mais les émeutes se poursuivent Pages A 3 et B 6 w w w .led e y o i r.e o Nouvelle défaite de Dollard des Ormeaux Un décret fera de la fête de la Reine la «Journée nationale des Patriotes» FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Le jeune Adam Dollard, Sieur des Ormeaux, héros mythique de la Nouvelle-France, essuie, plusieurs siècles 3pres sa triste mort mie nouvelle défaite.Pour cause.A compter de l’année prochaine, son seul et tragique fait d’armes ne sera plus, à l’approche du 25 mai, rappelé à la mémoire des travailleurs du Québec en mal de jours fériés, cette date étant désormais remplacée par la «Journée nationale des Patriotes».Ainsi en a décidé le gouvernement du Québec qui, par la voix de son premier ministre, Bernard Landry, en a fait l’annonce hier lors de la commémoration annuelle de la Bataille de Saint-Denis.Le 23 novembre 1837, dans ce petit village bordant le Richelieu, les patriotes remportaient en effet une grande victoire contre le troisième régiment de l’armée britannique conduit par le lieutenant-colonel Charles Stephen Gore.«Ce jour férié soulignera la lutte des Patriotes de 1837-1838 pour la reconnaissance nationale de notre peuple, pour sa liberté politique et pour l’obtention d’un système de gouvernement démocratique, a précisé M.Landry.Il rappellera notamment les efforts de démocrates éclairés, de Daniel Tracy à John Neilson, d’Ar-mury Girod à Louis-Joseph Papineau.» VOIR PAGE A 8: DOLLARD PATRICK SANFAÇON LE DEVOIR Le sculpteur Armand Vaillancourt devant une photographie montrant la sculpture La Joute, de Jean-Paul Riopelle, au pied de la tour olympique.La Joute déplacée, la lutte continue Coupe Grey: le froid s’en mêle ANDY CLARK KUTKKS Le quart arrière des Eskimos d’Edmonton, Ricky Ray, est plaqué par Ed Philion, des Alouettes de Montréal, au cours du premier quart du match de la coupe Grey, hier, à Edmonton.Alouettes et Eskimos dans un duel défensif JEAN DION LE DEVOIR Malgré un dossier de saison régulière identique à celui des Alouettes de Montréal (13-5), les Eskimos d'Edmonton disposaient de l’avantage de la toundra mais, à regarder les choses aller hier soir, il était possible de déduire provisoirement la justesse du célèbre dicton qui veut que rendu là, ça ne veut pas dire grand-chose.Ainsi, au moment de mettre sous presse, à la mi-temps de la QCf reprise du match de la coupe Grey jouée au stade du Commonwealth de la capitale aî-bertaine, ce sont les «visiteurs» qui détenaient une avance, quoique encore loin du confort, de 11-0, gracieuseté du plus long jeu de l’histoire de la finale du football canadien, passe et course de 99 verges d’An-thony Calvillo à Pat Woodcock.Le match a été disputé sur un terrain gelé bien raide, de sorte que selon les experts dans le do- maine du pied, la chaussure idéale pour le match était la Nike Destroyer.Mais il était évident que toutes les astuces ou crampons n’autorisaient pas le pas aisé, et les défensives, en particulier celle des Alouettes, ont largement dominé les 30 premières minutes de jeu.Dès l’entame du match, les deux attaques ont éprouvé des difficultés à s’établir.Les Alouettes ont pris les devants 1-0 sur un simple lors d’un botté de dégagement de Terry Baker, qui en était à son dernier match d’une carrière de 16 saisons.Par la suite, les Eskimos ont évité la catastrophe lorsque le bot-teur Sean Fleming, après avoir vu son botté bloqué, a tenté une passe désespérée qui a donné lieu à une punition aux Alouettes pour obstruction.Et ils ont raté une excellente occasion quelques secondes plus tard quand un touché de Jason Tucker a été annulé parce qu’on avait retenu sur un bloc.VOIR PAGE A 8: ALOUETTES A II T R I C H K L’extrême droite de Haider s’écroule Après deux années et demie de pouvoir, le FPO n 'obtient que 10% des voix aux législatives D’APRES L’AGENC E ERA N C E- P R ESSE , 1.1 B É R ATI ON, ASSOCIATED PRESS.REUTERS Le désastre était annoncé: hier, aux élections legislatives autrichiennes, l’extrême droite de Jorg Haider s’est littéralement effondrée, n'obtenant que 10 % des suffrages.A l’inverse, la victoire est écrasante pour les conservateurs du chancelier Wolfgang Schüssel (dont le parti OVP a remporté une victoire historique avec 42 % des voix, soit IG % de gain par rapport à 1999) qui ne laissent à leurs adversaires sociaux-démocrates que 37 % (+ 4 %) dos électeurs.la dernière place revient aux Verts, avec 9 %.Malgré ce score, les conservateurs ne peuvent gouverner seuls.Pour l’heure, deux années et demie de pouvoir — partagé avec la droite classique — auront suffi ixitir venir à bout d'un parti qui avait effrayé une bonne partie des Européens.A observer de près les structures du FPO de Haider, on s’aperçoit que son effondrement était quasiment programmé.Ix-parti souffrait d’une croissance trop rapide.Une comparaison: alors qu’en 1999 le FI’O a remporté autant de voix que l’OVP (et même 400 de plus), on estime son nombre d’adhérents à seulement 50 000, contre dix fois plus pour les conservateurs.D’où, aussi, le manque crucial de cadres qualifiés.Ix* parti s’est couvert de ridicule, obligé de faire démissionner quatre de ses ministres pour incompétence avérée.D’autre part, son succès reposait essentiellement sur des promesses d'une extrême démagogie (baisse importante des impôts, distribution des ••milliards entreposés à ne rien faire dans les caves de la banque nationale», fermeture hermétique des frontières contre tous les immigrés illégaux.) bien trop éloignées de toute réalité pour ne pas se retrouver immédiatement reléguées au placard dès la première semaine d’exercice du pouvoir.M.Schüssel a réussi un pari risqué en convoquant des élections anticipées.11 a fait de son parti OVP le premier d'Autriche piur la premiere fois depuis 1966, Ij1 succès du FPO reposait sur des promesses d’une extrême démagogie VOIR PAGE A 8: HAIDER ODILE TREMBLAY LE DEVOIR La Joute de Jean-Paul Riopelle, sculpture-fontaine tirée à hue et à dia, a beau avoir quitté il y a quelques jours son lieu d’origine pour un stage de rénovation avant son transfert dans le Quartier international des affaires, SOS La Joute se bat toujours pour son retour au bercail.Ce groupe de sauvegarde de l’œuvre dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve a perdu une manche mais pas la guerre.Il cherche donc à ramener La Joute au pied de la tour olympique avec laquelle elle voisinait depuis 25 ans.Le groupe a six mois devant lui pour tenter de renverser la vapeur, le temps que durera la rénovation de la sculpture, en somme.Ensuite, le bestiaire de bronze (avec hibou, ours, poisson, etc.) risque de s’exiler à jamais.Hier, dans l'est de la ville, au Zest, des artistes comme la comédienne Angèle Coutu, l’écrivain Jean-Claude Germain et le sculpteur Armand Vaillancourt.de même que plusieurs représentants syndicaux et communautaires, ainsi que les délégués de SOS La Joute, rencontraient citoyens et médias pour établir un plan de sauvetage.Baroud d’honneur ou détermination inébranlable?Pour l’heure, les troupes de résistance se battent encore.VOIR PAGE A 8: JOUTE INDEX Annonces.B 5 Avis publics.B 7 Convergence.B 7 Culture.B 8 Economie.B 1 Éditorial .A 6 Fonds.B 2 Idées.A 7 Météo.B 7 Monde.A 5 Mots croisés .B 7 Religions .B 6 Sports.B 4 Télévision.B 4 L’ENTREVUE Retour sur le modèle québécois Gérald Larose, le syndicaliste devenu professeur, revoit quelques idées reçues Devenu prof, Gérald Larose serait-il devenu sage?Ixt Commission des États généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec, qu’il a présidée, a laissé l’impression d’un homme mesuré — un peu trop, ont dit ses critiques, qui lui ont reproché un rapport mou, fadasse, angélique.Son intervention comme médiateur, au printemps dernier, dans le conflit qui déchirait Radio-Canada et ses employés, a accentué une image d homme tempere, a mule h fois tonitruantes, du temps où i JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR De fait, l’entrevue débutera en douceur, l’homme traçant à grands traits les théories qui ont cours en sciences humaines sur l’évolution de l'Etat et la montée du néolibéralisme.L’exposé pst clair, sobre: les étudiants de l'École de travail social de l’Université du Québec à Montréal qui, depuis l'automne 1999, ont Gérald larose pour professeur, ne doivent pas s de ses declarations fortes, par-était président de la CSN.s'en plaindre.Le ton enflammé appartiendrait-il bel et bien au passé?Mais la discussion avance et, peu à peu, le Gérald Larose -trop carré» pour faire de la politique — c’est lui-même qui l’a déjà dit — renaît Le prétexte: le fameux modèle québécois, dont il réclamait une redéfinition il y a déjà deux ans.La bougie d’allumage: l’état du système de santé.Les étincelles, elles, s’alimenteront à deux sources: les demandes des médecins et la privatisation souhaitée par Mario Dumont VOIR PAGE A 8: LAROSE JACQUES (.RENIER LE DEVOIR Le problème du système de santé, c’est déjà la privatisation, s’exclame Gérald Larose.« t 778313000641 I.K I) K V 0 I R .I.K I.r X I) I > :> S 0 V K M 15 I! K 2 » U 2 -?LE DEVOIR ?-—- ACTUALITÉS A :> montre^ NIGERIA Les Miss s’en vont, mais les émeutes se poursuivent Chantai Hébert ?La vengeance des lâches Contrairement à plusieurs de mes collègues de la colline parlementaire, je ne fais pas partie du cercle des intimes de Françoise Ducros, la directrice des communications du premier ministre Jean Chrétien, dont tant de gens réclament la tête depuis quelle a été prise en flagrant délit de dire tout haut ce que bon nombre de journalistes canadiens pensent tout bas du président américain George W.Bush.A une époque où journalistes et attachés politiques fraient sur les terrains de golf comme autrefois dans les tavernes, nous n’avons jamais passé d’après-midi ensemble à frapper des balles.De toute façon, je ne connais rien au golf.Surtout, je doute que Mme Ducros et moi regardions jamais ensemble dans la même direction, même sur ce genre de terrain.Notre dernière vraie conversation remonte au temps où elle était chef de cabinet chez le ministre Stéphane Dion.C’était au moment du débat sur le projet de loi sur la clarté référendaire, une initiative au sujet de laquelle Mme Ducros, à l’instar de son patron de l’époque, parlait beaucoup, mais n'écoulait pas du tout.On me dit quelle n’a guère changé depuis son arrivée chez Jean Chrétien.Je ne saurais le confirmer.Je n’entretiens pas de relations avec le bureau de presse du premier ministre actuel.Ce n’est pas un caprice passager.Je ne fréquentais guère l'entourage de presse de son prédécesseur.Et je ne suis pas une habituée des bureaux de presse des quatre partis d’opposition non plus.Pour avoir fait mes premiers pas de correspondante parlementaire à Queen’s Park, j’ai eu l'occasion d’être sevrée plus tôt que la moyenne du petit lait qu’on distille pour les médias dans ce genre d’endroits.Au Parlement de l’Ontario, comme un peu d’ailleurs à Ottawa, le système de communications politiques est à deux vitesses.En règle générale, on s'y soucie de ce que raconte la presse francophone comme de la dernière pluie, c’est-à-dire pas suffisamment pour perdre beaucoup de temps à faire du «spin» dans la langue de Molière.Les conseillers politiques y ont tendance à rappeler les journalistes de langue française quand ils ont épuisé les charmes des jeux de patience de leur ordinateur.Cette pratique a le mérite de permettre à ceux qui la subissent de découvrir que les échanges dont ils sont privés sont généralement aussi éclairants pour un journaliste que des lunettes noires pour un aveugle.Trop souvent, une bonne ligne de presse ressemble à une canne à pêche.Est-il besoin de faire ici un dessin du poisson?Dans ce cas précis, mon habitude de me dispenser des bons soins des services de presse politiques m’a permis de joindre l’agréable à l’utile.Les chefs politiques ont tendance à s'entourer de gens à leur image et à leur ressemblance.Dans le cas de M.Chrétien, dont le côté autoritaire s’est affirmé au fil du temps, c’est particulièrement vrai.Depuis quelques années, Mme Ducros gère la tribune de la presse parlementaire (et les bureaux de presse de divers ministres) comme le premier ministre son caucus.Ce style brutal est d’ailleurs pour beaucoup dans le déboulonnement inexorable du piédestal du premier ministre.11 n’est pas non plus étranger au malheur qui s’est abattu sur Mme Ducros en marge du sommet de l’OTAN à Prague la semaine dernière.Car, il y a autour de cette affaire qui aurait pu et, sans doute, dû coûter son poste à Françoise Ducros, une sale odeur de règlements de comptes à rabais.Si Jean Chrétien n’était pas sur son départ, je ne sais si les propos peu flatteurs de sa directrice des communications au sujet du président Bush auraient été aussi prestement rapportés.La divulgation de bribes de conversation entre un autre collègue et une attachée politique est loin d’être chose courante en journalisme politique.De plus, les correspondants parlementaires ont davantage tendance à brûler une source quand le bout de la chandelle est en vue qu’autrement.Cela dit, mon collègue du National Post a la réputation méritée de ne pas avoir froid aux yeux.Pour avoir eu la primeur du départ de Incien Bouchard du cabinet Midroney en passant dans un couloir du Parlement alors que sa secrétaire de presse dictait à voix haute sa lettre de démission, ce n’est pas moi qui lui ferais la leçon.Ce dont je suis certaine, par contre, c’est que bien des gens auraient été moins empressés de taper à bras raccourcis sur Mme Ducros si le premier ministre n’était pas un canard boiteux.Cela inclut, au premier titre, les Allan Rock et Paul Martin, qui stint bien rapidement montés au front de l’indignation.Au fil des années, on ne les a guère entendus exprimer la moindre dissidence sur des situations bien plus gênantes que cet écart de langage.En d’autres circonstances que celles mettant en cause une personne aussi associée à Jean Chrétien, ils seraient d’ailleurs sans doute les premiers à défendre le caractère sacré d’une conversation privée.Il y a quelques années, M.Rock avait été singulièrement embarrassé quand le Globe and Mail avait fait état du zèle presque missionnaire qu’il manifestait en privé à vouloir pourchasser Brian Mulroney juste avant que son ministère n’accuse l’ancien premier ministre de malversations sans l’ombre d’une preuve.Quant à Paul Martin, l'éternel rival de Jean Chrétien, le moins que l’on puisse dire, c’est que lui et son clan vivent dans une maison de verre qu’une pierre du même ordre aurait souvent pu fracasser au cours des dernières années.Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.JOHN CH1AHEMEN REUTERS Abuja — Les candidates au concours Miss Monde ont quitté hier le Nigeria après le transfert précipité de la manifestation en Grande-Bretagne à la suite d’émeutes religieuses qui ont fait au moins 175 morts.Le président de la Croix-Rouge nigériane, Emmanuel Ijewere, a déclaré que les violences se poursuivaient hier à Kaduna, ville du nord peuplée en majorité de musulmans, avec une forte minorité chrétienne.Des militants des droits de l’Homme ont fait état de récits dignes de foi relatant des exécutions extrajudiciaires perpétrées par les forces de sécurité.Des militaires et des policiers auraient été arrêtés pour avoir pris parti.L’armée et le police n’ont pas réagi dans l’immédiat à ces allégations.Selon un récit recueilli par le Congrès des droits civils, une ONG basée à Kaduna, dans un quartier, 15 personnes ont été arrachées à leur domicile par les forces de sécurité et abattues près de la rivière Kaduna où leurs corps ont été précipités.Shehu Sani, président de cette ONG contacté par téléphone par Reuters, a précisé que, d’après ses informations, 70 % des victimes avaient été tuées par balles, ce qui est inhabituel parce que les émeutiers sont armés principalement de machettes, de couteaux et de bâtons, mais pas d'armes à feu.Certains policiers ont été arrêtés, a poursuivi Sani.«H commissaire de police adjoint de Kabala-Doki en fait partie, d'après nos renseignements», a-t-il précisé en faisant allusion à un faubourg musulman parmi les plus touchés de Kaduna.Des habitants ont fait état de personnes tuées par les forces de sécurité dans d’autres quartiers, tant musulmans que chrétiens.Les Miss soulagées «Les journaux font était état de 200 morts, mais notre estimation est légèrement inférieure.Nous parlons d'environ 175 morts», a dit le président de la Croix-Rouge, Emmanuel Ijewere.Il a ajouté que l’on dénombrait environ 12 000 sans abri et entre 1100 et 1200 blessés hospitalisés.les violences ont éclaté mercredi à la suite de la publication dans le quotidien This Day d’un article jugé blasphématoire par les musulmans, laissant entendre que le prophète Mahomet aurait probablement épousé l’une des candidates.Soulagées, les reines de beauté sont parties pour Londres où le concours aura lieu à la date initialement prévue du 7 décembre.Miss USA, Rebekah Revels, a confié à son arrivée à l’aéroport de Gatwick qu’elle n’avait pas eu trop peur et s’était sentie en sécurité.«L’atmosphère au Nigeria a été très amicale jusqu'à la décision de quitter le pays», a nuancé Willie Hendrey, un coiffeur anglais accompagnant les jeunes filles.«Dès que nous avons décidé de retourner à Londres, cela a changé.On ne pouvait plus obtenir de service dans les chambres.L’atmosphère s’est transformée, et c’est ce qui nous a rendus nerveux.» Les émeutes ont débuté mercredi par des manifestations contre l’article litigieux qui ont dégénéré en affrontements qui se sont étendus aux quartiers à majorité chrétienne.Des attaques, vendredi soir et samedi matin, de musulmans dans les quartiers chrétiens ont entraîné des représailles de la part des musulmans dans le quartier de Kawo, ont rapporté des témoins.Un revers pour le gouvernement Le nord du Nigeria, à dominante musulmane, a été le théâtre de sanglants affrontements depuis qu’une douzaine d’États sur 36 ont commencé à appliquer la charia, en 2000.L'organisation Miss Monde, basée en Grande-Bretagne, et son représentant local, Silver Bird Promotions, ont expliqué que le transfert du concours avait été décidé «dans l’intérêt du Nigeria et des participantes».Bien que 77ns Day ait présenté ses excuses pour l'article controversé du 16 novembre, le journal a annoncé que le responsable de l'édition du samedi, Simon Kolawole, avait été arrêté vendredi.Julia Morley, directrice de Miss World Organisation, a reproché à la presse étrangère d’avoir «délibérément tenté de mettre en pièces le Nigeria» au sujet de la charia dans les semaines qui ont précédé le concours.Ce dernier devait être organisé cette année à Abuja car la tenante du titre, Agbani Darego, est nigériane.Elle est devenue l’an dernier la première jeune femme d’Afrique sub-saharienne à être couronnée.Cependant, une controverse avait surgi sur l'opportunité de se rendre au Nigeria, un pays où une autre jeune femme, Amina Lawal, a été condamnée à mort par lapidation pour avoir conçu un enfant hors mariage.Le gouvernement fédéral s’est engagé à ce que cette peine ne soit pas appliquée et les Miss ont renoncé au boycottage.Le transfert du concours constitue un grave revers pour le gouvernement, qui avait misé sur l'organisation du concours pour rehausser l’image du Nigeria et promouvoir le tourisme.Ce fiasco risque aussi de compromettre la candidature du président Olusegun Obasanjo, un chrétien du Sud, à sa réélection, l’an prochain, et il pourrait même porter atteinte à l’ensemble du processus électoral, estiment certains commentateurs.VOIR AUTRE TEXTE PAGE B 6 Pour la paix 4, % PATRICK SANFAÇON LE DEVOIR APRES L’EFFORT, la récompense.Quatre ans après sa création, le Centre international de résolution de conflits et de médiation (CIRCM) a reçu hier la médaille de la Paix, cuvée 2002, remise annuellement depuis 1987 par les centres YMCA de Montréal, pour son programme «Vers le pacifique».Implanté dans près de 500 écoles de la province, ce programme, qui touche 200 000 élève, vise à prévenir les actes violents en milieu scolaire parla promotion de conduites pacifiques.«C’est un travail que l'on fait dans l’ombre et qui donne beaucoup de bons résultats dans plusieurs écoles de la métropole où les comportements agressifs sont en chute libre, a expliqué Claude Moreau.directeur du CIRCM.Être honoré aujourd'hui, ça ne peut que nous inciter à poursuivre notre action.» 1m cérémonie, qui n'a guère attirée les foules au YMCA du centre-ville en ce dimanche après-midi frisquet, a également mis à l’honneur la chanteuse d’opéra Judith Cohen-Lechter, décorée elle aussi pour son World Peace Through Music, un organisme voué à la production de spectacles musicaux consacrés à la paix.Instances décisionnelles de la région de Montréal Les jeunes réclament plus de place FABIEN DEGUISE LE DEVOIR Les jeunes sont-ils bien représentés dans les instances décisionnelles de la région de Montréal?Non, répondent en chœur les responsables du Forum jeunesse de l’île de Montréal qui, durant les deux derniers jours, à grands coups de conférences thématiques, de tables rondes et de «cockUul de réseautage», ont tenté, avec le colloque intitulé «prends ta place», de semer les graines du changement.L’exercice, qui a égaillé samedi et dimanche les couloirs de l'Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ), a été concluant, s’est réjoui, hier, Akos Verboczy, du comité organisateur, «avec 125 participants provenant du monde politique, syndical et communautaire, mais aussi une très belle représentation des communautés culturelles, nous avons largement atteint notre objectif: offrir aux jeunes les outils nécessaires afin de leur permettre de mieux s’impliquer dans la société.Car, pour beaucoup, la volonté est là, mais bien souvent, ils ne savent pas quoi faire.» Les chiffres le prouvent d'ailleurs.Dans les grands lieux de prise de décisions de l’île et de ses environs, la jeunesse urbaine brille par son absence.«A l’Hôtel de Ville par exemple, sur 105 élus, à peine deux ont moins de 35 ans, souligne Carie Bernier-Genest, président du Forum.Et le portrait n’est guère plus impressionnant dans les conseils d’administration des organismes publics, parapublics ou encore les partis politiques, où la présence des jeunes oscille entre 2 % dans le secteur de la santé et des services sociaux et 15 % dans l'univers du développement économique.» Avec 20 % de la population montréalaise âgée de 15 à 30 ans, la sous-représentation est palpable.Mais elle est temporaire, insiste Patrick Lebel, président du Conseil permanent de la jeunesse.«Nous sommes à la fin d’un cycle au Québec, dit-il.Les personnes qui avaient 25 ans dans les années 60 ont aujourd’hui 65 ans et vont céder leur place à d'autres.» Avec, à la clef, plusieurs possibilités pour les nouveaux «vingtenaires» et «trente-naires» de flirter avec le pouvoir.Concept de réseautage L’idée séduit les participants, même si, officiellement, leur présence à ce colloque a été motivée uniquement par le «besoin de s’impliquer pour faire changer la société», explique Ophélie Sylvestre, vice-présidente du Forum jeunesse du Bloc québécois.«Les gens ne sont pas là dans l'espoir d'avoir des postes importants, mais plutôt d'atteindre une meilleure solidarité sociale.» Une solidarité qui doit nécessairement passer par le «réseautage», concept phare de cette fin de semaine, mais aussi la maîtrise du fonctionnement des groupes de pression, des conseils d'administration, de la fonction publique, des réseaux efficaces de contacts ou encore du fonctionnement des médias.Car, comme Ta mentionné François Re-bello, directeur du Groupe investissement responsable à la firme de courtage Deniers Conseil et ancien président de Force Jeunesse, lors de l’atelier sur «Le travail des médias», pour feire avancer sa cause, il faut savoir manipuler les journalistes, «l’opinion publique représentant 90 % des éléments pris en compte dans une prise de décision politique», a-t-il expliqué.Jean-François Aubry, 19 ans, des Laurentides, venu en fin de semaine chercher les clefs du succès pour mieux s'impliquer dans son milieu, et surtout contribuer à construire un inonde meilleur dans sa région, était attentif.Puis il a souri.EN BREF Le Royal Vie dans le noir PRESSE CANADIENNE Le personnel médical de l’Hôpital Victoria a dû se débrouiller dans le noir samedi matin en raison d'une panne de courant de 80 minutes.Plusieurs patients ont été déplacés et un bébé dans un incubateur a dû être oxygéné manuellement.La panne n’avait rien à voir cependant avec les services d'Hydro-Québec.C’est un fusible dans le réseau électrique même de l'hôpital qui a sauté, privant de courant un des pavillons et tout un étage d’un autre pavillon.Comble de malheur, la gé- nératrice d’urgence aussi était en panne et un certain nombre de lampes d'urgence n’ont pas résisté, les piles qui les alimentaient étant trop vieilles et épuisées.Vingt-trois patients d'un étage de l’hôpital en phase critique ont été transférés dans une salle de chirurgie pendant que le personnel infirmier à un autre étage s'affairait à sauver les bébés nés prématurément à l’unité des soins intensils.Une infirmière est parvenue à sauver un autre bébé en pompant de l’air manuellement dans ses poumons.«C'était effrayant», a déclaré Stephen Black, responsable de la sécurité et des mesures d'urgence.Conflit réglé à Sherbrooke (PC) — Le conflit de travail à la Société de transport de Sherbrooke est terminé.Les 115 chauffeurs ont accepté à 72 % l'entente de principe intervenue mercredi dernier entre leur syndicat et la STS.Le nouveau contrat de travail est d'une durée de quatre ans et prévoit une hausse salariale de 2,5 % par année en moyenne sur l’ensemble de la convention, avec possibilité d'indexation reliée au coût de la vie.En outre, il n’y aura pas de création de postes à statut précaire.L'entente avait été conclue à la suite de quatre jours de pourparlers intensifs en presence d’un conciliateur.Asbestos ferme (PC) —Asbestos se mobilise.A la suite de la fermeture en octobre de la mine Jeffrey, une grande marche de solidarité pour l’avenir de la ville se tiendra mercredi après-midi; pour l’occasion, la municipalité sera littéralement fermée.la grande majorité des intervenants socio-économiques ont indiqué qu’ils cesseront leurs activités pour participer a la manifestation.La mairesse Louise Moi-san-Coulombe, les députés locaux Yvon Vallières et André Bachand, et les dirigeants syndicaux y seront également.Us réclameront des gouvernements des mesures visant à appuyer la région dans sa détermination à faire la transition rendue nécessaire par la fermeture de la mine.Mme Ducros gère la tribune de la presse parlementaire comme le premier ministre son caucus Les forces de sécurité auraient participé aux tueries à Kaduna l I.K I) K V 0 1»!.L K L I X I) I N 0 V K M I! iï K *2 0 0 2 A S LE DEVOIR ACTUALITES ALOUETTES SI 1TE DE LA PAGE 1 Tucker s'est vengé à la 10 minute avec un retour de dégagement d’une quarantaine de verges, mais Edmonton n'a pu capitaliser, et le concours de bottés s’est poursuivi.Le premier quart a donc pris fin sur le pittoresque et très canadien score de 1-0.Des le debut du deuxième quart, ce fut au tour des Eskimos de bloquer un dégagement de Baker, mais leur attaque, en panne sèche, est encore rentrée bredouille.C’est alors que les Alouettes ont explosé avec la bombe à Woodcock, qui a seme tous ses couvreurs sur le flanc droit pour galoper gaiement jusqu’à la zone payante.Un autre gros jeu.une interception de Reggie Durden dans la zone des buts, est venu frustrer de nouveau les Eskimos trois minutes avant la fin de la première demie.Baker a ensuite réussi un placement de 42 verges pour donner un léger coussin aux Montréalais.?Un camouflet d’envergure a donc été évité lorsque les autorités de la Canadian Football League ont déniché, in extremis, une cantatrice à la valeur de foi trempée et le front ceint de fleurons glorieux pour interpréter, avant le match, 0 Canada dans le jargon vernaculaire de la communauté de langue officielle en situation minoritaire, comme qu’on dit dans les officines.Vous dire, c’est un peu dommage, car si l’impair n’avait été corrigé, on aurait peut-être assisté, là comme ça, à la création spontanée d’une condition gagnante.Mais la performance de Meredith McLeod fut des plus ragaillardissante, et a prouvé qu’on peut chanter même sur une plate-forme qui monte par à-coups.?Mais il serait malhonnête de prétendre que la CFL est unilingue, ainsi que l’indique son site ouèbe constitué de contenu français à plus de 1 %.Et puis, le nouveau commissaire de la ligue.Torn Wright, a bel et bien déclaré que son «objectif avant de mourir» était de se familiariser avec la langue de Molière et de Jean Chrétien.Aussi, en hommage à la beauté du projet, je m’en voudrais de ne pas citer quelques extraits choisis du communiqué diffusé sur cfl.ca et annonçant la nomination.«II joint la ligue avec de remarquables qualités et a impressionné plus d’un des gouverneurs.» «L'expérience de Tom est certainement impressionnante et devrait aider la LCF à se diriger dans une nouvelle direction.» «Mr.Wright était tout récemment le président de Envoy Communications Group, une compagnie spécialisant dans le design internationale, le marketing et la technologie.» Wright a aussi travaillé pour Adidas-Salomon AG, «une compagnie de d'équipement sportive de classe mondiale».Et vous voudrez certainement savoir ce que Tom Wright a fait en plus de la job à strictement parler.Régalez-vous plutôt: «Il s’est également assis sur les conseils de la base olympique canadienne, des industries Amérique de SnowSports, de l’association sportive canadienne de marchandises et de l’association de crédit d'industrie de sports de Canadien.Tom a un MBA d’université d’York et d’un licencié en l’examen médical et éducation sanitaire de l’université de Toronto.» Méchant résumé, s’pas?Ça doit être ça, être fluent bilingual dans les deux officielles langues.?La principale différence entre une coupe Grey et un Super Bowl?La pub.Comme Dan Bigras qui chante «Noël est revenu / Comme un ami attendu» dans une annonce de Canadian Tire.Ça défrise.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 I-e site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction ©ledevoir .corn Lagenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics Au téléphone Par télécopieur Par courrier (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) et appels d’offres (514) 985-3344 (514) 985-3340 avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les 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qu’il conduirait des négociations avec-tous les partis.Jôrg Haider reste l’homme fort du parti et ne s’était pas prononce hier soir sur une reconduction de la coalition.Or, le chef historique de l’extrême droite a multiplié les attaques contre M.Schüssel qu'il accuse de l’avoir berné.Le chef du parti social-démocrate (SPO), Alfred Gusenbauer, a refuse hier soir une «grande coalition» avec les conservateurs, maintenant sa promesse faite avant sa défaite électorale.Ainsi, malgré des mois de querelles internes et un bilan mitigé au sein de la coalition gouvernementale, l'extrême droite pourrait bien retrouver le chemin du pouvoir après avoir provoqué ces élections anticipées un an avant leur terme.Lors de la première coalition OVP-FPO en février 2000, l’Union européenne était montée au créneau pour dénoncer l’arrivée aux affaires d'un parti dont le chef d'alors, Jôrg Haider, avait pris des positions aux relents xénophobes et antisémites et ne cachait pas son admiration pour certains aspects de la politique nazie d’Adolf Hitler.L’UE avait imposé un isolement diplomatique de sept mois à l’Autriche, tandis qu’Israël rappelait son ambassadeur à Vienne, un poste encore vacant aujourd’hui.Même si elle est probable, une nouvelle alliance OVP-FPO n'aura certainement pas le même goût que la pre- HAIDER KUND * ii WALTER FRITZ REUTERS Le chef de l’extrême droite autrichienne Jôrg Haider, affichait un large sourire au moment de voter, hier, lors des élections législatives.mière, tant le désenchantement est.gé-néral envers le bouillant Haider.Agé de 52 ans, l’ex-président du FPO trop à l’étroit dans sa province méridionale de Carinthie, est en effet sorti du bois cette année pour s’en prendre aux modérés du parti, accusés de se compro- mettre dans une politique trop molle au côte des chretiens-democrales.Une attaque qui a contraint la vice chancelière Susanne Riess-Passer et plusieurs autres ministres FIX) à quitter le gouvernement et le chancelier Schüssel à convoquer ce scrutin anticipe.Grand amateur de Porsche les provocations de Haider ont déclenche des controverses publiques avec le gouvernement belge, accusé d’être corrompu, ou avec Jacques Chirac, qualifie de rate ne sachant même pas de quoi il parle.Grand amateur de Porsche, le teint toujours hâté, ce qui lui donne un air plus jeune que ses 52 ans, Haider a connu une carrière politique en dents de scie, a multiplie les annonces de traite de la vie politique, mais a toujours su revenir sur le devant de la scène.Si nombre d’observateurs de la politique autrichienne estiment qu’il a désormais perdu toute crédibilité, Emmerich Talos, de l'Université de Vienne, refuse de l'enterrer ixüitique-ment.•Je dirais qu’il est affaibli, et qu’il ne sera jamais plus aussi puissant que ce qu ’il a été.mais je ne le sous-estimerai jamais totalement», dit-il.Né le 26 janvier 1950 à Bad Goi-sern, Haider est le fils d’un cordonnier et ancien membre du Parti nazi qui servit sous le drapeau allemand durant la Seconde Guerre mondiale.Sa mère était membre des Jeunesses féminines hitlériennes.Titulaire d'un doctorat de droit en 1973, il adhéra au Parti de la liberté l’année suivante.11 est marié et père de deux enfants.SUITE DE LA PAGE 1 Elles demandent au maire de Montréal, à la ministre de la Culture, au premier ministre du Québec et à toutes les instances publiques impliquées de retirer leur soutien au déménagement de Im Joute dans le Quartier international des affaires, déménagement qualifié de rapt d’un quartier pauvre au profit d’un quartier riche.Faire du combat pour La Joute un enjeu électoral, réclamer la tenue d'audiences publiques sur la question auprès de la Commission des biens culturels, demander des comptes plus serrés au Musée d’art contemporain (fiduciaire de la sculpture) furent quelques voies explorées au cours du débat public d’hier.Les représentants de SOS La Joute refusent la solution de suppléance qui consisterait à se voir offrir une œuvre d’artiste québécois pour remplacer La Joute disparue.Honteusement négligée durant plusieurs années, située dans une cour intérieure fermée au public, privée de panneaux-annonce pour indiquer son emplacement aux visiteurs, La Joute était une grande oubliée de la RIO, JOUTE dont les jointures de métal rouillaient allègrement et qui égara même un temps un de ses éléments.Au printemps dernier, sous la menace d'une relocalisation dans le centre-ville, les citoyens d’Hochelaga-Maisonneuve se sont réveillés, réclamant plutôt la mise en valeur de l’œuvre dans son quartier populaire plutôt qu'un tel exode vers un secteur plus privilégié de Montréal.La relocalisation place du Balais, rue de Bleury, entre Viger et Saint-Antoine (emplacement appelé à être rebaptisé place Riopelle) aurait, aux yeux des pouvoirs publics, une fonction de rénovation et de mise en valeur.Coût estimé de l’opération remise en beauté: huit millions (pour une œuvre elle-même estimée à cinq ou sept millions).De plus, dans son nouveau nichoir, La Joute pourrait se voir agrémentée d’un cercle de feu, de jets d’eau en plus d’être installée à proximité d’une forêt urbaine pour pouvoir s’offrir rutilante à davantage d’admirateurs.Le gouvernement, le Musée d’art contemporain mais aussi la famille de Riopelle désirent cette relocalisation, mais la colère de plusieurs résidants d’Hochelaga-Maisonneuve est une donne désormais incontournable.D’autant plus que les regroupements d’artistes en arts visuels apportent leur soutien aux révoltés d'Hochelaga-Maisonneuve ainsi que des proches de Riopelle, comme Madeleine Arbour et Françoise Sullivan.Jacques Keable de SOS la Joute s’élève contre l’idée que la sculpture-fontaine ait abouti au Parc olympique par hasard.«Il a gravé le nom de l'œuvre sur la sculpture, Ta signée, a mis des anneaux olympiques dessus.Il manifestait une volonté de garder la Joute dans cet environnement-là.» Un des arguments évoqués pour ramener l’œuvre dans Hm'helaga-Maison-neuve est la présence du Parc olympique, du Biodôme, du Jardin botanique, hauts lieux touristiques auxquels pourrait s’adjoindre un Riopelle dans la visite guidée de l’est de Montréal.Le bouillant sculpteur Armand Vaillancourt s’est élevé hier haut et fort contre un gouvernement qui dilapide ses citoyens au profit d’intérêts économiques: «Ils n'ont pas le droit de nous voler.Il faut écraser tout le système», a-t-il tonné.A suivre.DOLLARD SUITE DE LA PAGE 1 Ce symbole, historiquement charge, prendra place dans nos calendriers le lundi précédant immédiatement le 25 mai.comme le stipule le décret que le Conseil des ministres s’apprête à adopter cette semaine pour officialiser la chose.Jusqu’à maintenant, ce jour chômé, fête légale canadienne depuis 1845 pour célébrer la naissance de la reine Victoria, était plutôt abordé au Québec, de manière officieuse, •aucun décret n'ayant etc adopte en ce sens», précise l’historien Gilles 1 aporie, sous le vocable île «Fête de Dollard», en l’honneur de ce jeune ci> Ion parti défendre la colonie française et retrouve mort le 27 mai 1660 iwr Radis-son, dans un fortin pit's de Carillon, où il a essuyé, selon l'histoire, une cuisante défaite contre une horde d’Iroquois.Dévaluer Dollard au profit des Patriotes n'a rien d'un geste politique, a tenu à préciser hier Hubert Bolduc, attaché de presse du premier ministre: • nous ne faisons, arec ce décret, que rendre hommage à des gens qui ont contribue à l’histoire du (Jucbec».Mais aussi re-pondre aux demandes répétées et insistantes de plusieurs historiens, orchestrées par le Club souverain de l'Estrie, qui, à l’occasion du 23 novembre, interpellent depuis prés de 20 ans le gouvernement pour que Patriotes riment désormais avec journée chômée.«Plusieurs dates avaient été envisagées, précise M.Laporte, auteur de Fondements historiques du Québec (Chenelière-McGraw-Hill), le 2.1 novembre, bien sûr, mais aussi le 2H février.pour souligner la déclaration d’indépendance du Bas-Canada fiiite par les Patriotes en 1K1H ou encore le 25 février, date de la pendaison de Thomas-Marie-Chevalier de hmmier en 1839.» Entre février ou novembre, c’est le mois de mai qui, étrangement, a fait l’unanimité auprès des comités d’historiens chargés de se pencher sur la question.«Car c’est toujours délicat de célébrer des batailles», dit M.laporte.Mai marque en effet le début des assemblées des Patriotes, une vaste consultation publique menée entre le 7 mai et le 23 octobre 1837 — soit dit en passant, l'année de naissance de la reine Victoria — dans la province.Plus de 150 rencontres populaires ont été organisées aux quatre coins du Québec.«C’était un extraordinaire mouvement démocratique, dit-il.Il était question de responsabilités civiques et d'autres idées qui semblaient tout droit sortir des livres de Voltaire.C’est donc un événement porteur de sens, qui va aussi devenir désormais un anniversaire pédagogique capable d'aider les gens à mieux comprendre la trame historique du Québec.» Le tout sans pertes économiques d’ailleurs.Car, en délogeant Dollard, dont la valeur historique est pour plusieurs douteuse, les Patriotes ne forcent pas la création, comme beaucoup l’auraient espéré, d’un autre jour férié.I In prolongement de la fin de semaine coûteux «qui représente 1/200' du PIB», précise Hubert Bolduc, soit 1,2 milliard de dollars.Avec la Presse Canadienne LAROSE SUITE DE LA PAGE 1 Du coup, c'est la pétarade.«Au niveau de la santé, la reconfiguration ne passe pas par la privatisation.Iœ problème, c’est déjà la privatisation! C’est le fait qu ’il y ait une logique de l’entre-preneurship privé dans le système public.C'est ça le ver qui mine le régime!», insiste-t-il en montrant du doigt les médecins spécialistes.«Mais se peut-il que la santé, ce soit aussi important que la police ou les pompiers, et qu 'il en faille dans toutes les régions pour parer aux difficultés?Même de dire ça, on voit toute la résistance que ça pose.Moi, je pense que l’évolution du paradigme, c’est de mettre sur la table la responsabilité sociale que nous avons tous de réaménager les ressources dans la santé pour satisfaire les besoins de la population.Et si ça veut dire casser un corporatisme, ce sera ça!» Au prix de faire fuir des médecins toujours plus bilingues, toujours plus mobiles?Aucun problème, rétorque avec force Gérald Larose.«Qu’on ouvre le marché, il y en a qui vont venir! Le problème, c’est que la corporation contrôle les deux “bouttes”!!! Mais ça s'adonne qu’il y en a qui sont intéressés à venir travailler au Québec.Le problème, c’est le cor-po-ra-tis-me!», martèle-t-il.C’est drôle, Mario Dumont dit la même chose du monde syndical.«Non!, répond-il tout de go.Lui, ce qu’il dénonce, c’est que le mouvement social ouvrier organisé soit capable de négocier des conditions que l’État doit remplir.Mais je le mets au défi de venir faire un débat sur la contribution du mouvement syndical au développement collectif.«Est-ce que le mouvement syndical québécois a empêché la société d'avoir accès à un système gratuit d’éducation, à un système gratuit de santé, à dk outils d’intervention économique?Non: c’est même ce mouvement qui a été la principale machine pour développer ça.•Mais c'est sûr que ça ne fait pas l’affaire de tous ces vautours qui prennent des petits déjeuners avec lui! Eux aimeraient bien que tout ça fasse partie de la marchandise à vendre et à acheter.» Mais ces petits vautours, ces gens d'affaires qui entourent Mario Dumont, n’étaient-ce pas les mêmes que l'on trouvait aux sommets économiques du gouvernement de Lucien Bouchard et que Gérald Larose présente aujourd’hui comme un moment charnière pour l'évolution du modèle québécois?Le patronat québécois n’est pas complètement buté, n’est-ce pas?«Ils sont ouverts, reconnaît M.larose.Mais seulement quand on crée l’occasion et qu’on leur dit: “Vous êtes là ou vous n ’êtes pas là, mais ça va avoir lieu.” Ce ne sont pas eux qui ont demandé les sommets économiques: c’est le mouvement syndical, je le rappelle, vu toutes les difficultés que nous avions dans les finances publiques et l’état du chômage.«Quand le premier ministre a dit au patronat: “Oui, vous devriez être là, et je vais même vous faire un cadeau: il y en aura 25 de plus qui seront observateurs” — on leur a beurré ça épais —, ils ont réussi à venir.Moi, j’étais content.Mais le moins ils peuvent en faire, le moins ils en font.» L’importance de l’Etat D’où l’importance, il le répète sans cesse, de l’Etat.Pas celui, très jacobin, du gouvernement actuel.Mais celui qui fait une place toujours plus grande à la société civile.Une évolution non pas utopiste, mais déjà en marche, et dont le précurseur fut.Robert Bourassa, raconte-t-il.Que voila une réhabilitation inattendue! C’est plutôt qu’on oublie, corrige M.larose.A son retour au pouvoir, au milieu des années 80, Robert Bourassa avait confié à des «sages» le soin de repenser l’État Ceux-ci joueront les Mario Dumont avant l’heure: déréglementation, bons dans l’éducation, privatisation.Tout y était déjà.la société n’a pas suivi, Robert Bourassa a laissé tomber.Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là, précise Gérald larose.«Qu’est
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