Le devoir, 28 novembre 2002, Cahier A
NOUVEAU CHUM Québec est prié d’agir avant les élections Page A 2 11 SEPTEMBRE 2001 Kissinger présidera une enquête «indépendante» Page A 5 ?ww w .lede v o i r .e o ni ?LE DEVOIR Les champions de la coupe Grey acclamés JACQUES NADEAU LE DEVOIR '*-.-**' iÊ * W Des joueurs des Alouettes de Montréal brandissaient fièrement la coupe Grey devant une foule nombreuse réunie rue Sainte-Catherine hier à l’occasion du défilé triomphal, un événement qui ne s’était pas produit à Montréal depuis 25 ans.Euphorie rue Sainte-Catherine Des dizaines de milliers de personnes saluent les Alouettes de Montréal JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Une foule en liesse, des joueurs euphoriques, la rue Sainte-Catherine avait des airs de fête hier après-midi à l’occasion du défilé de la coupe Grey, une première à Montréal en 25 ans.Savourant leur triomphe de dimanche, qui a valu à l’équipe les grands honneurs de la ligue canadienne de football, les joueurs des Alouettes ont abondamment remercié leurs partisans, les meilleurs au Canada, n’ont-ils cessé de répéter.Des dizaines de milliers de personnes, en rangs serrés le long de la rue Sainte-Catherine, ont célébré les héros du jour.Certaines avaient le visage peint aux couleurs de l’équipe, d’autres une casquette des Alouettes enfoncée sur la tête.«On est les meilleurs!», clamait Mario Fortin, venu de Trois-Rivières pour assister à ce «moment magique».Le défilé, qui s’était ébranlé à l’angle des rues Sainte-Catherine et Guy, était plus que sobre: quelques voitures officielles pour les membres de l’organisation, VOIR PAGE A 8: EUPHORIE Coûts de construction du nouveau bureau montréalais La Vérificatrice enquêtera à la Caisse de dépôt Landry a donné suite à la demande de Ckarest VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Cédant aux pressions qui fusent de toute part, le premier ministre Bernard Landry mandate la Vérificatrice générale du Québec pour qu'elle enquête sur les coûts de construction du nouveau bureau d’affaires montréalais de la Caisse de dépôt et placement M.Landry a accepté hier matin de mettre en avant une proposition du chef de l'opposition, Jean Cha-rest.Le premier ministre a apposé sa signature au bas d’une lettre conjointe demandant une vérification externe sur les supposés dépassements de coûts.Le leader libéral a profité de la période de questions pour reprendre là où il avait laissé la veille.Cette fois, M.Charest s’appuyait sur notre manchette d’hier pour demander de nouveau une enquête externe.Le Devoir révélait en effet que les membres du conseil d'administration de la Caisse n’avaient pas été mis au courant des supposés dépassements de coûts.Es en ont pris connaissance par les journaux.VOIR PAGE A 8: VÉRIFICATRICE ^4 r\j INDEX Annonces.B 5 Avis publics.B 4 Bourse.B 2 Culture.B 8 Économie.B 1 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Les sports.B 6 Météo.B 5 Monde.A 5 Mots croisés.B 5 Télévision.B 7 / Election partielle dans Lac-Saint-Jean-Saguenay Des bloquistes se rangent derrière le candidat libéral À l’approche des deux élections partielles fédérales du 9 décembre prochain, Le Devoir est allé prendre le pouls des électeurs et des candidats dans Lac-Saint-Jean-Saguenay et Berthier-Mont-calm.Au Saguenay, notre journaliste Hélène Buzzetti a constaté que derrière les déchirements internes qui ébranlent les bloquistes se pose la question même de Futilité d’un parti souverainiste sur la scène fédérale.Elle livre aujourd’hui le résultat de son enquête.l>es articles consacrés à la campagne dans Berthier-Montcalm seront publiés la semaine prochaine.« oi HÉLÈNE BUZZETTI LE DEVOIR Alma — Des dizaines de militants bloquistes mécontents de la gestion interne des affaires de leur parti travaillent à faire élire le candidat libéral lors de la prochaine élection partielle dans Lac-Saint-Jean-Saguenay.La démarche de chacun varie: certains ne voteront plus jamais pour le Bloc québécois alors que d’autres disent seulement vouloir «donner une leçon» à leur parti.Mais tous réagissent au même événement, soit le déroulement de l’assemblée d’investiture dans la circonscription.En filigrane, c’est tout le débat sur la pertinence de laisser les partis politiques être les principaux véhicules de la souveraineté qui se joue ici.«On prend une pause par rapport à la partielle», résume Bernard Pilote, le leader du mouvement et l’un de ceux qui ont aidé Lucien Bouchard à créer le Bloc québécois.«On a moins confiance au candidat de notre parti qu’à celui de l'autre parti.» Le candidat du parti de M.Pilote, c'est Sébastien Gagnon, 29 ans.Il avait remporté la première investiture par une majorité d’une seule voix contre Patrice l .oc: 1 HIU'OIS «Ce n’est pas un reniement du Bloc, c’est un bon coup de pied au derrière» Dallaire.Le camp adverse a demandé un second vote après avoir allégué que plusieurs militants favorables à M.Gagnon, dont lui-même et son épouse, avaient voté illégalement puisqu’ils ne résidaient pas de façon permanente dans la circonscription.Ix: vote a été repris, M.Gagnon a encore gagné, mais le camp Dallaire a refusé de se rallier.«On veut des candidats “dean”», résume Candide Lemieux Elle raconte que la tante et la cousine de M.Gagnon auraient déclaré avoir déménagé dans la circonscription pour pouvoir voter.Apres vérification, l'adresse fournie aurait été «une cabane dix par dix avec pas d’installatùms sanitaires».Rosanne Tétreauh, qui travaille ouvertement a la campagne du candidat libéral, renchérit «Je ne suis pas capable de défendre cegarsta.(.) Ce n’est pas un reniement du Bloc, c’est un bon coup de pied au derrière du Bloc.S’ils veulent réveiller l’époque Duplessis et sortir les morts du cimetière, qu’ils le disent!» En plus de la magouille alléguée, on reproche à Sébastien Gagnon de ne pas parler assez de souveraineté et de ne pas être à la hauteur.«On ne peut pas laisser passer un candidat si on ne sait pas s’il croit à la souveraineté», explique M.Pilote.VOIR RAGE A 8.BLOQUISTES Lire aussi en page A 4 ¦ «Je ne vote pas libéral, je vote pour Gilbert Tremblay» ¦ Gilles Lavoie, chef de l’Alternative nationale, un parti né à Alma L’éducation politique déductible d’impôt Québec créerait sa propre liste d’organismes de bienfaisance pour inclure les fondations souverainistes ROBERT DUTRIS AC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Toujours opposé au financement direct par l’Étal des organismes de promotion de la souveraineté comme le Conseil de la souveraineté, le premier ministre Bernard Landry projette plutôt de le faire indirectement en accordant des déductions fiscales aux individus qui versent des contributions à des fondations d’études et d'éducation politiques.Selon une hypothèse à l’étude, le gouvernement dressera une liste québécoise d’organismes de bienfaisance dont la définition sera étendue pour inclure des organismes d’éducation populaire de nature politique.A l’heure actuelle, Revenu Québec, pour des raisons d’harmonisation fiscale, adopte la liste dressée par Revenu Canada.C’est donc dire que chaque fois qu’Otta-wa accorde une' déduction fiscale |x>ur une contribution à des organismes de bienfaisance qu’il reconnaît, Québec fait automatiquement de même.Or le gouvernement fédéral, qui traite comme un organisme de bienfaisance le Conseil pour l'unité canadienne, chargé de faire mousser l’appartenance à la nation canadienne, n’est évidemment pas disposé- à accorder un tel statut VOIR PAGE A 8: IMPÔT Retombées du Sommet de Montréal Près de quatre millions sur cinq dépensés pour des études FRANÇOIS CARDINAL STÉPHANE BAILLA RG EO N LE DEVOIR La quasi-totalité de l’enveloppe créée dans la foulée du Sommet de Montréal ira aux consultants et aux fonctionnaires dont le mandat est de mener des études de faisabilité.Les très nombreux projets promis devront donc attendre un prochain exercice financier avant de voir le jour.C’est ce qu’annoncera ce matin l’administration Tremblay-Zampino en déposant le budget 2003 de la Ville de Montréal.Elle confirmera du coup qu’elle ne remplira que partiellement sa promesse d’augmenter le budget du Conseil des arts de Montréal.Le mois dernier, la Ville indiquait qu’elle consacrerait une enveloppe de cinq millions de dollars pour «le lancement rapide d’une série de projets dans la foulée du Sommet de Montréal» de juin dernier.Or la Ville pourrait ne dépenser en 2(X)3 qu'environ le quart de cette somme afin de «lancer» concrètement ces projets, soit un peu plus de un million.Les trois quarts de l’enveloppe seront en effet consacrés exclusivement au lancement d’études, aussi nombreuses que diverses.En entrevue mardi, M.Zampino a refusé de confirmer ces chiffres.Far contre, il a reconnu que la majeure partie des cinq millions sera versée en études de préfaisabilité et de faisabilité.«C’est une amorce, a-t-il dit.Il y a beaucoup d’argent qui sera dépensé en études, mais ce sont ces dernières qui vont nous aider à déterminer si on va de l’avant ou non.» VOIR PAGE A 8: ÉTUDES IRAK Les premières inspections se déroulent sans anicroche ¦ À lire en page A 5 i I K DEVOIR.L E .1 E I D I 28 V O V E M B R E 2 0 0 2 A 2 .ES ACTUALITES La politique de l’eau reçoit un bon accueil CHUM : Québec est prié d’agir avant les élections Le recteur de VUdeM craint de perdre son équipe de formation et de recherche si le gouvernement continue de tergiverser L O U IS - G ! L L E S ER A N C (E U K LE DEVOIR La nouvelle politique nationale de l’eau a été accueillie de façon enthousiaste par les milieux environnementaux et même par les embouteilleurs, que Québec a désignés comme le premier groupe ciblé par le nouveau système de redevances.Cependant, plusieurs groupes et organismes ont fait état de questions, voire d’inquiétudes sur certains aspects, sans que cela n’affecte toutefois le jugement globalement positif porté sur l’ensemble.Pour Hubert Chamberland, président du Regroupement des organisations de bassin versant du Québec (KOBVQ), le gouvernement, avec sa nouvelle politique, «annonce une nouvelle façon de voir: il nous reste à inventer une façon de faire» grâce aux 33 nouveaux organismes de bassin annoncés, que Québec financera du moins durant les premières années et qui seront définitivement ouverts aux citoyens, ONG et groupes écologistes.De son côté, le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement (RNCRE) retient avant tout la réduction ciblée de 20 % de la consommation d’eau ainsi que le maintien du caractère public de la propriété et de la gestion des équipements municipaux.Plus prudent en matière d’assainissement, le RNCRE dit attendre surtout des «résultats concrets» de la nouvelle volonté gouvernementale de fajre progresser l’assainissement industriel et agricole.A plus court terme, le RNCRE estime que Québec devrait s’atta-quer prioritairement et rapidement à la pollution de l’eau causée par les moteurs à deux temps sur les ptv tits lacs et les réservoirs municipaux d’eau potable.Harvey Mead, président de l’Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN), souligne de son côté la nouvelle place faite aux instruments économiques à la fois pour décourager les pollueurs et la consommation abusive d’eau mais aussi pour étoffer, par une «logique d'écoconditionnalité», l'aide financière accordée aux exploitants agricoles.Le Saint-Laurent la plupart des groupes écologistes soulignent la place centrale que la politique accorde au Saint-Laurent, à la gestion intégrée par bassin versant et au rôle nouveau, quoique jugé timide dans certains cas, accordé aux citoyens et aux groupes sociaux.Ix;s industriels de l’environnement, regroupés pour la plupart dans le Réseau Environnement, applaudissent eux aussi l’entrée du Québec dans la gestion intégrée par bassin versant, une revendication de cet organisme depuis le milieu des années 80.Mais ils notent avec réserve que l’horizon de la politique se limite à 2007 alors que plusieurs mesures devraient s’étaler sur une quinzaine d’années; que le financement des mesures annoncées ne soit pas entièrement acquis; que la réglementation sur la qualité de l’eau potable ne s'applique qu’aux réseaux municipaux, non aux réseaux privés; que rien ne soit prévu pour les 300 000 puits individuels du Québec; que les solutions proposées pour assurer la pérennité des réseaux publics soient à débattre; qu’on ne discute pas du coût de l’eau et du financement des services; que plusieurs aspects de la gestion de l’eau soient ramenés à la politique énergétique et que les impacts des changements climatiques «ne soient pas considérés comme m thème majeur».Pour le critique de l’opposition en matière d’environnement, le député libéral Robert Benoît, la politique contient peu d’outils d’information destinés aux citoyens et n’est pas suffisamment centrée sur la s;m-té, ce qui devrait primer, à son avis.De plus, dit-il, la politique n’engage pas le gouvernement à fusionner dans une loi unique les nombreuses lois éparpillées qui touchent actuellement aux eaux, comme le recommandait le rapport Beauchamp.Enfin, dit-il, cette politique fait défaut, sur plusieurs sujets clés, de définir des objectifs et des échéanciers précis.Se disant d’accord avec la nouvelle logique des bassins versants, le Parti libéral estime cependant que cette percée fait défaut d’être placée sous une autorité définie, responsable de l’atteinte de résultats tangibles.I>e PLQ aurait réclamé en priorité d’Ottawa, selon Robert Benoît, qu’il cède ses pouvoirs sur les eaux intérieures au Québec afin d’assurer une plus grande homogénéité de la gestion des eaux.Aussi, il aurait imité les Américains en instituant un système de permis à échéances précises pour les barrages.la coalition Eau-Secours, pour sa part, attendra de voir les lois et règlements qui concrétiseront cette politique, explique Martine Ouellette.Mais la coalition se dit satisfaite de voir réaffirmée la gestion publique des eaux et des équipements municipaux et, surtout, l’amorce d’un diagnostic scientifique des nappes phréatiques du Québec, une tâche, dit-elle, qu'il faut doubler d’un moratoire afin que Québec n’accorde plus de permis avant d’en connaître véritablement les impacts.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Robert I-acroix, directeur général du CHUM actuel, pense lui aussi qu’il faut activer maintenant le projet de construction du nouveau CHUM.L’inaction du gouvernement en ce qui concerne le projet du CHUM dérange le recteur de l’UdeM, qui rêve à la première pelletée de terre coin Saint-Denis et Rosemont et presse Québec de s’y mettre avant que la ronde électorale n’emporte la construction du nouvel hôpital universitaire.MARIE-AN I) R É;E CHOUINARD ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Craignant que le vent électoral ne fasse tourner le projet du CHUM et signe le départ de ses troupes, le recteur de l'Université de Montréal, Robert I^croix, presse le gouvernement de permettre rapidement la première pelletée de terre du centre hospitalier universitaire, promis depuis quatre ans.«Je dis au gouvernement: “C’est assez!” Dans la mesure où le CHUM répondra aux paramètres financiers qui lui ont été imposés, s’il vous plaît, commencez!» Un brin excédé, le recteur de l'UdeM interpelle aussi les deux partis d’opposition, leur enjoignant de ne pas faire du dossier du CHUM un enjeu électoral.«Ce que je dis autant à M.Charest qu d M.Dumont, c’est: soyez responsables dans ce genre de situation et ne menez pas sur le terrain politique des décisions qui doivent être prises si possible avant les élections», a-t-il expliqué hier, de passage au Devoir.Le recul apparent du gouvernement en ce qui concerne le projet du CHUM indispose le recteur de l’UdeM, qui a d'abord vu ses troupes se mobiliser autour de la promesse du 6000 rue Saint-Denis, puis déchanter devant l’inaction de Québec.«S’il fallait reculer, je vous garantis que, dans nos milieux hospitaliers, ce serait la débandade!» Après avoir vivement souhaité un CHUM concurrentiel avec des hôpitaux du genre en Amérique du Nord et ailleurs en Europe, l’équipe de formation et de recherche de l'Université de Montréal pourrait s'étioler davantage si le projet devait être mis sur la glace, craint le recteur.«C’est systématique: depuis que ça traîne, on a perdu des gens qui sont partis travailler pour d’autres hôpitaux, à Laval, ailleurs, aux Etats-Unis, et ils ne reviendront pas!» Membre du conseil d’administration de la Société d’implantation du CHUM (SICHUM), le recteur Lacroix presse le gouvernement de nommer un nouveau président à la tête de l’organisme, un siè- ge laissé vacant depuis le départ inattendu de Claude Béland, en juin dernier.«En nommant un nouveau président, il faudrait aussi signaler qu’on est prêt à partir», dit-il, insistant sur le fait que, depuis l’annonce faite par l'ex-pre mier ministre Lucien Bouchard de ce mégaprojet, les previsions budgétaires sont demeurées les mêmes.Le directeur général du CHUM actuel, le Dr Denis R.Roy, demeure lui aussi convaincu du besoin urgent de passer à l'action.Au cours de la demie re année, 1200 personnes au CHUM ont trimé dur pour parvenir à dresser le plan fonctionnel et technique (PFT) du futur CHUM, qui sera soumis au gouvernement en janvier prochain.Ce PFT permettra d'établir avec exactitude les coûts de construction.Même si le contexte préélectoral favorise la résurgence d’opinions défavorables aux coûts imposants du projet, le Dr Roy affirme que ces critiques sont non fondées.«Les dissensions découlent beaucoup de l’ignorance des coûts que supposerait la rénovation des hôpitaux actuels.Non seulement le nouveau CHUM est essentiel, mais les gens oublient que la rénovation coûterait presque trois milliards et que de demeurer sur trois sites continuerait à nuire à notre efficacité», affirme-t-il.Plus encore, la rénovation majeure des trois hôpitaux entraînerait le chaos total dans la prestation des soins aux patients pendant plusieurs années, croit le directeur du CHUM, donnant en exemple l’impact des travaux entrepris récemment à l’urgence de l’hôpital Saint-Ixic.Il faut distinguer les coûts d’immobilisation du projet, ponctuels et répartis sur plusieurs années, des coûts de fonc-tionnement, croit-il.Cela n’a rien à voir avec la somme de 1,8 milliard récurrente dont M.Legault a besoin pour financer des services de santé, dit-il.Malgré un déficit qui a atteint l’an dernier 43 millions de dollars, le directeur du CHUM est confiant de redonner à cet hôpital sa santé financière avant de déménager sur le nouveau site.Un plan d’optimisation de 13,5 millions a été adopté à l'automne, et la table des chefs de département vient de donner son aval à un nouveau plan de «gouverne» qui prévoit accroître la participation des médecins à la gestion.Petites centrales hydroélectriques Les régions accusent le coup Les écologistes demandent un effort de plus LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Si la décision du premier ministre Bernard Inndry a été chaudement applaudie par les défenseurs des rivières, qui l’exhortaient hier à garantir sur le plan législatif la protection des «cathédrales d’eau», en régions et chez les promoteurs, on accusait le coup avec difficulté.Pour le préfet de la MRC de la Minganie et maire de Havre-Saint-Pierre, Julien Boudreau, «Québec a privilégié la voix des artistes plutôt que celle des élus».«Four nous, expliquât M.Boudreau, les petites centrales privées, c’était une pierre angulaire de notre développement économique.Et ce n’est pas vrai qu’on perdait nos atouts touristiques en construisant des centrales.Ici, le tourisme, c’est trois mois par année.On aurait pu s'assurer qu’il passait alors un débit suffisant pour mettre les barrages en valeur.» Du côté de l'Association québécoise de la production d'énergies renouvelables (AQPER).aucune réaction officielle hier.Mais d’intenses pourparlers avaient cours au niveau des membres et de la direction, qui n’a pas rappelé Le Devoir.Mais pour Philippe Dufresne, président d'Hydro-Innovation, «l’industrie de l’hydroélectricité est en deuil» après ce qu’il qualifie de «coup de grâce» au programme des petites centrales.A son avis, les firmes qui ont investi dans ce domaine ne pourront plus garder leurs ingénieurs ni récupérer leurs récents investissements.Ecologistes Son de cloche évidemment très différent au mouvement «Adoptez une rivière», qui a mobilisé une soixantaine d’artistes pour protéger les chutes ciblées par le programme, ainsi qu'à la Fédération québécoise du canot et du kayak.On félicitait chaleureusement le premier ministre Bernard Landry de limiter désormais la construction de petites centrales aux seuls sites déjà dotés de barrages.Le mouvement réclamait en outre une loi pour protéger les sites non développés, y compris les parcours cano-tables, afin de les mettre à l’abri d’une troisième vague de projets.Le deuxième programme de production privée ciblait 36 chutes en 2001.Québec avait ramené leur nombre à 14 l’an dernier mais seulement neuf sites ont finalement été inscrits à l’appel d’offres d’Hydro-Québec.Mais Québec a élintiné hier le projet sur la rivière Sheldrake, sur la Côte-Nord, parce que le site est vierge.H a conservé les deux autres choix d’Hy-dro-Québec, soit la Magpie, sur la Côte-Nord, et le barrage Taureau, sur la Matawin, en y ajoutant le projet de centrale au barrage fédéral du Rapide-des-Quinze, au Témiscamingue.EN BREF TPS etTVQ: 56 perquisitions menées au Québec (PC) — Des agents des ministères du Revenu du Québec et du Canada ont exécuté, hier, pas moins de 56 mandats de perquisition visant à saisir tout document susceptible d’établir la culpabilité de 76 personnes soupçonnées d’avoir obtenu frauduleusement des remboursements de TVQ et de TPS à la suite de ventes prétendues de vêtements à l’extérieur du pays.Quelque 250 agents, accompagnés d’une cinquantaine de policiers, ont mené des perquisitions dans les régions de Montréal, Laval, des Laurentides, de Lanaudière, de la Montérégie, de Sherbrooke et de Québec.Au ministère québécois du Revenu, la porte-parole Marie Godbout a expliqué en quoi consistait la fraude présumée.Un individu s’inscrit aux registres des ministères du Revenu en prétendant exploiter une compagnie du secteur du vêtement.La compagnie fictive fait valoir qu'elle a payé TPS et TVQ au moment de l’achat de marchandises.Comme elle ne peut récupérer l’argent de ces taxes pour les ventes faites à l'extérieur du pays, elle réclame des gouvernements des remboursements en vertu de programmes qui visent à permettre aux entreprises exportatrices de demeurer concurrentielles.Le hic est qu’à la suite de vérifications, les ministères du Revenu ont eu un doute quant à l'existence de certaines de ces compagnies.On soupçonne quelles sont fictives et que les transactions pour lesquelles il y a eu remboursement des taxes n’ont pas eu lieu, a expliqué Mme GodbouL 27e année Exposition d’hiver ^ANTIQUITÉS de Montréal 29 nov.-1 déc.2002 PLACE BONAVENTURE, MONTRÉAL Vendredi Samedi Dimanche 29 novembre 30 novembre 1 décembre 11 h-21 h 11 h- 18h 11 h- 18h Adultes 8,00$ • Âge d’or 6,00$ • Enfants 1,00$ L Une réalisation Obsession Antiques Ltée (514) 933-6375 J DIRECTEMENT DE L'IMPORTATEUR Osm/w rta/io m ra (' A 4 ?LES ACTUALITES* Les attentes québécoises face au dépôt du rapport de la commission Romanow Le milieu de la santé réclame un financement inconditionnel «On ne veut pas que le fédéral vienne nous dire comment organiser nos services», dit une porte-parole des CLSC REUTERS Roy Romanow, que l’on voit ici derrière Jean Chrétien, déposera aujourd’hui son rapport qui suscite bien des attentes.sa*" ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Alors que des fuites laissent prévoir que le rapport Romanow prônera un rehaussement majeur des transferts fédéraux en santé, tous les acteurs québécois de la santé souhaitent que ce financement accru soit exempt de toute contrainte en ce qui a trait à l’organisation des services.Reprenant la position officielle du gouvernement landry et celle émise mardi par le chef libéral Jean Charest, la plupart des organisations québécoises en santé s’inquiètent des exigences que le rapport Romanow pourrait suggérer de joindre à l’injection de nouvelles sommes d’argent du fédéral.«On veut que le financement ne soit pas attaché et que le choix de l’utilisation de ces fonds soit laissé aux provinces», a insisté hier une porte-parole de l’Association des hôpitaux du Québec (AHQ), Usa Massicotte.Les hôpitaux du Québec conviennent de la nécessité d'une reconnaissance explicite du sous-financement fédéral mais aussi d’un débat sur de nouvelles sources de financement.«A ce chapitre, on n 'est pas certains que le rapport va aller très loin», a dit Mme Massicotte.Dans la même veine, les gestionnaires d’hôpitaux souhaitent que le rapport ouvre la voie à la modernisation de la loi canadienne sur la santé, notamment en proposant d’élargir aux soins à domicile les services de santé gratuits.Plus encore, on souhaite que les principes d’intégralité et d’universalité soient repensés à la lumière des contraintes financières actuelles.«Si le fédéral continue de se désengager, il ne peut pas continuer à exiger des autres le respect intégral de ses principes», a dit la porte-parole de l’AHQ.Même cri du cœur du côté de l’Association des CLSC et des CHS1I), où on affirme que les recommandations doivent laisser toute latitude aux provinces pour quelles appliquent leur propre modèle.«On a un modèle québécois qui s’appelle le CISC est qui est admiré partout ailleurs au pays.Alors, on ne veut pas que le fédéral vienne nous dire comment organiser nos services», a plaidé Andrée Gendron, directrice de cette association.Celle-ci a d'ailleurs donné l’exemple des fonds ponctuels de 800 millions, octroyés il y a trois ans par le fédéral pour renflouer les soins primaires.Compte tenu des interminables négociations fé-dérales-provinciales amorcées afin de déterminer la façon de dépenser cette somme, les CLSC n’ont toujours pas vu la couleur de cet argent! «Il faut éviter les solutions ponctuelles qui ne règlent rien à nos problèmes de financement et assurer un financement stable des services», a dit Mme Gagnon.L’idée d’une superagence fédérale de surveillance, évoquée cette semaine par le quotidien The Globe and Mail, fait aussi dresser les cheveux sur la tête des prestataires de services québécois.«Si on veut dépenser notre argent pour surveiller ce qu ’on fait, ça n’a pas de sens.Ici, tout le monde s’entend sur ce qu’on doit faire, alors passons aux actes», a relancé Mme Gendron.On n’en pense pas moins à la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), où l'on craint que le rapport Romanow prêche Y «orthodoxie pure et dure» face à la Loi canadienne sur la santé.«Nous, on croit à de nouvelles formes de financement et à une cer- taine participation du privé, notamment dans des cliniques affiliées.Mais on craint que ce soit un rapport de plus qui dise la même chose que les autres», a soutenu hier le Dr Yves Dugré, président de la FMSQ.Par ailleurs, celui-ci espère que le rapport réitère, comme plusieurs autres avant lui, l’importance d’investir dans les centres hospitaliers universitaires.«On sait ce qu’il faut, a-t-il conclu.Maintenant, arrêtons les rapports et passons à l’action! Comme médecin, ce qui me préoccupe, c’est l’accessibilité aux soins des patients.» Ottawa pourrait ajouter des milliards, dit Manley, mais il aura besoin de temps PRESSE CANADIENNE Québec — l.e gouvernement fédéral serait prêt à réinvestir «des milliards» dans la santé, mais il lui faudrait au moins deux ans pour être en mesure d'injecter autant que les sept milliards de dollars que préconiserait le rapport Romanow, a indiqué hier le ministre des Finances, John Manley.«Nous acceptons [le fait) qu'il sera nécessaire d’augmenter le niveau d'appui du gouvernement fé- déral de plusieurs milliards de dollars, mais je ne peux pas dire en combien de temps ni exactement le chiffre, a déclaré le ministre, qui était de passage à Québec.Ce sera discuté au cours des mois qui viennent, mais il faut attendre les résultats économiques avant de préparer le budget.» Selon le quotidien The Globe and Mail, le rapport Romanow — qui sera rendu public aujourd’hui à Ottawa — doit entre autres préconiser un réinvestissement fédéral de sept milliards de dollars dans le Transfert canadien pour la santé et les programmes sociaux destiné aux provinces.«Nos prévisions économiques ne nous laissent entrevoir qu'un surplus de 3,1 milliards pour l'an prochain, a commenté M.Man-ley.Il serait possible que tout cela aille à un seul poste budgétaire, et il ne fait pas de doute que la santé est la priorité numéro un, mais nous devons aussi satisfaire des demandes aussi variées que les Forces armées et la pauvreté des enfants.Alors, nous aurons à faire des choix difficiles.» Quoi qu’il en soit, «nous ne pourrions certainement pas satisfaire cette demande sur les deux prochaines années, alors tout dépendra du calendrier et de la structure exacte de financement que suggérera M.[Roy] Romanow», a affirmé le ministre fédéral.Une conférence fédérale-pro-vinciale des premiers ministres doit se tenir en janvier et d'importantes décisions sur le réinvestissement fédéral en santé doivent y être prises, a-t-il conclu.Lac-Saint-Jean-Saguenay Gilbert Tremblay, candidat libéral Un fédéraliste dont les souverainistes s’accommodent HÉLÈNE BUZZETTI LE DEVOIR Alma — «Un comté gagnant!» C’est le slogan qu’utilise le candidat libéral Gilbert Tremblay pour convaincre les électeurs de Lac-Saint-Jean-Saguenay de mettre fin à leur lune de miel avec le Bloc et d’élire un député du parti au pouvoir.M.Tremblay affirme avoir une preuve tangible que cela peut être payant en la personne du député André Harvey, ancien conservateur devenu libéral dans la circonscription voisine de Chicoutimi-Le Fjord.C’est peu de temps après le changement d’allégeance de M.Harvey qu’Ottawa a enfin accepté de payer pour élargir à quatre voies la funeste route 175, sans compter l’obtention du Centre des technologies de l’aluminium.Pas étonnant qu’il y ait, sur le dépliant électoral de M.Tremblay, non pas deux mais trois photos: la sienne, celle du premier ministre Jean Chrétien et celle.d'André Harvey! «M.Harvey est débordé, lance le candidat.C’est simple, il travaille pour toute la région du Lac-Saint-Jean.» M.Tremblay en est à sa première élection fédérale, mais en bon conseiller municipal impliqué, c’est un homme de terrain.Il suffit de l’accompagner dans sa tournée du parc industriel pour voir qu'il connaît tous les employés par leur nom et leur nombre d’années d’an-denneté.Et même si on sent parfois que l’hôte de la visite est plutôt tenté par les «bleus», il accueille «Tremblay le rouge» chaleureusement Les militants bloquistes qui s’apprêtent à voter pour lui disent ne pas avoir à se pincer le nez.«Je ne vote pas pour le Parti libéral.précise Gilles Goulet, je vote pour Gilbert Tremblay.» On salue son fédéralisme mou et sa fibre régio-naliste (il a un drapeau du Royaume — la région s’autodésigne ainsi — dans son local électoral).«Gilbert Tremblay, c’est pas un fédéraliste de haut niveau: il a déjà été souverainiste!», lance Bernard Pilote, qui votera pour lui.M.Tremblay a en effet voté pour le OUI en 1980.En fait, à peu près tous les candidats à l’élection partielle ont déjà voté OUI une fois ou une autre: le bloquiste, le libéral, l’allianciste Alcide Bou-dreault (en 1995) et même Gilles Lavoie, le fondateur du nouveau Parti alternative nationale du Canada (voir autre texte).M.Tremblay le dit sans gêne à ceux qu’il rencontre: il ne fera pas beaucoup d’interventions en Chambre mais axera sa démarche sur l'obtention de fonds fédéraux pour sa région.Le maire Jean-Maurice Harvey, qui connaît bien son conseiller Tremblay, croit que les gens sont devenus «terre à terre».«Ils se demandent qui a le plus de chance de rapporter des dividendes à court terme.Ils ne veulent plus passer à côté d’occasions de se développer.» Ottawa a-t-il trop de surplus dans ses coffres?Gilbert Tremblay se fiche du débat sur le déséquilibre fiscal: il va là où l’argent se trouve.«Il fout aller chercher notre dû», ré pète-t-il sur tous les tons.Ça ressemble peut-être aux envolées nationalistes de Duplessis, mais c’est ainsi que parlent les apôtres de Chrétien au Royaume.Gilles Lavoie, candidat de l’Alternative nationale Chef d’un parti né à Alma HÉLÈNE BUZZETTI LE DEVOIR Alma — «Il fout me nouvelle approche, sans ligne de parti, où le député est libre de ses idées et de ses opinions en autant qu’il est d’accord avec l'approche générale du parti.Il faut redonner aux députés plus de pouvoirs au niveau législatif.» Celui qui tient ce discours n’est ni un partisan de Paul Martin ni un allianciste, mais plutôt le fondateur du Parti alternative nationale du Canada, une nouvelle formation politique, reconnue par Elections Canada, qui a vu le jour à Alma.Son fondateur, Gilles Lavoie, en est à sa deuxième tentative électorale: il s’était présenté comme candidat indépendant aux dernières élections générales fédérales et il était arrivé quatrième, avec 900 votes, en avance sur le candidat conservateur.Il a depuis formé son parti aux couleurs duquel il se présente cette fois.M.Lavoie, comme une grande inajorité d’électeurs dans Lac-Saint-Jean-Saguenay, a voté OUI aux deux derniers référendums, mais il dit avoir «tourné la page».«Ça ne m’intéresse plus de travailler à la cause indépendantiste.On paye la moitié ne nos impôts à Ottaiva et on est exclus du pouvoir», déplore-t-il.Selon lui, l’Alliance canadienne ne pourra jamais prendre le pouvoir et, de toute façon, il ne le souhaite pas.«Je déteste l’Alliance canadienne en général et sa philosophie d’extrême droite, très proaméricaine.» Il dit avoir contacté deux députés bloquistes qui lui auraient signifié leur ouverture à se joindre à lui ad-venant une victoire électorale.D ne donne pas de noms.Il dit avoir contacté aussi deux députés dissidents de l’Alliance, Jim Pankiw (devenu indépendant) et Inky Mark (devenu conservateur).Si la démarche de M.Lavoie est singulière, il n’en reste pas moins que la réflexion qui l’a poussé à fonder son parti ressemble étrangement à celle d’autres électeurs ici qui cherchent une solution de remplacement aux libéraux de Jean Chrétien.«Il faut redémarrer une opposition qui sera nationale, explique-t-il.Il faut arriver à faire quelque chose qui sera différent.» Salariée?fHitonome?Associée?J’te sais pas.Jusqu'au 1* décembre 2002 Venez nous rencontrer à notre stand Carrefour i* Industrielle-Alliance 977 rue Sainte-Catherine Ouest (voisin de l'entrée du magasin Simons, niveau métro) „ ««a a ic h an Lundi au vendredi (te 10h30 à 16030 Samedi et dimanche, de 13h à 16 h ju \___________\ Y \ Croissance OBLIGATIONS À TAUX PROGRESSIF Achat à partir de ANNÉES pe TAUX 2,50% 3,00% 4,00% 4,85% 6,00% 6,05% 6,10% 6,20% 6,25% 7,00% Taux avantageux garantis pour 10 ans.Remboursables sans pénalité, chaque année, à leur date anniversaire.Plus on les garde longtemps, plus c’est payant.Placements Québec a a Du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, et les samedis de novembre, de 10 h à 16 h.| www.placementsqc.gouv.qc.ca COMPOSEZ LE mais je sais combien d’argent j’aurai.la premiere année pour les nouveaux fonds REER i L K DEVOIR.L E .1 E l Ü I 28 N O V E M B R E 2 O 0 a r> LE DEVOIR LE MONDE IRAK Les premières inspections se déroulent sans anicroche 11 septembre 2001 AGENCE FRANCE-PRESSE Bagdad —Les inspecteurs en désarmement de l’ONU ont repris leur travail hier en Irak apres quatre ans d’interruption, avec la visite de deux sites aux environs de Bagdad; d’autres inspections vont suivre dans les jours à venir.Les premiers sites visités, par respectivement six membres de l'Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et onze experts de la Commission de contrôle et de vérification de l’ONU (COCOVINU), étaient situés à 25 km à l’est de Bagdad et à 70 km à l’ouest de la capitale.Les inspecteurs de l’AIEA, dirigés par le Français Jacques Bau-te, ont passé trois heures à l’usine Al-Tahad di («le défi»), dans la banlieue Al-Rachad, spécialisée dans la production de générateurs et d’unités de refroidissement pour les cimenteries et qui dépend de l’Organisme irakien de l’industrialisation militaire.«L'équipe a été en mesure de mener les inspections qu’elle avait prévues avec la coopération des Irakiens et nous avons eu accès à ce que nous voulions voir Nous espérons que cette attitude irakienne aujourd'hui reflète l’avenir de notre coopération», a déclaré M.Baute à la presse.Les onze experts de la COCOVINU ont inspecté une usine de graphite pendant une heure et une usine de tuyères de missiles pendant quatre heures, à Al-Ami-riya.Ces usines font partie d’une liste de plus de 700 sites que les inspecteurs souhaitent visiter pour s’assurer que l’Irak ne détient plus et ne développe pas d’armes de destruction massive.Durant les inspections, la presse a été tenue à distance mais le chef du site d’Al-Rachad a déclaré à des journalistes que son personnel avait «pleinement coopéré» avec les experts de l’ONU.«Nous avons été surpris par l’arrivée des inspecteurs mais nous avons pleinement coopéré.Nous avons répondu à toutes les questions car nous n’avons rien d’interdit et notre travail est conforme aux résolutions internationales», a déclaré Haïtham Mahmoud, ajoutant que les inspecteurs avaient «dit en partant que tout était en ordre».L’ONU a confirmé qu’il n’y avait pas eu d’incidents.Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, s’exprimant sur la radio privée française Europe' 1, a rappelé à Bagdad la nécessité d’une «coopération soutenue».«Je ne crois pas que la guerre est inévitable si l’Irak coopère franchement», a-t-il ajouté.Au moment où les inspecteurs entamaient leurs missions, les sir mes, qui annoncent ( habitude un bombardement aérien, ont retenti dans Bagdad pendant dix minutes, à partir de 6h30 GMT, lors du passage à haute altitude d’un avion non identifié, qui a laissé une longue traînée blanche dans le ciel.Le porte-parole des inspecteurs, Hiro Ueki, a affirmé à l’AFP que l’ONU n’avait «rien à voir avec tout avion qui survole la région» inspectée.Washington et Londres ont également assuré qu’aucun de leurs avions n’avait survolé la capitale irakienne.los inspecteurs de l’ONU sont équipés de matériel sophistiqué de détection, de mesure et de contrôle dans les domaines nucléaire, chimique et biologique.Ils agissent sur mandat de la résolution 1441, votée le 8 novembre.les précédents experts de l’ONU avaient établi l’existence d'armes de destruction massive en Irak et en avaient détruit d’importantes quantités, de 1991 à 1998.Bagdad affirme qu’il n’en possède plus, mais Washington est convaincu du contraire et a prévenu que toute altération de la mission de l’ONU pourrait conduire à une offensive militaire contre le régime de Bagdad.L’Allemagne a indiqué qu’elle allait fournir deux batteries de missiles antimissile Patriot à Israël, qui redoute des attaques irakiennes en cas d’offensive militaire américaine contre Bagdad.Berlin a prévu d’accorder aux Etats-Unis une assistance minimum dans l’hypothèse d’une offensive militaire.Financement du terrorisme Les relations saoudo-américaines tournent au vinaigre HABIB TRABELSI AGENCE FRANCE-PRESSE Dubaï — Les relations saoudo-américaines, déjà malmenées par les attaques du 11 septembre 2001, sont mises à rude épreuve par une série d’accusations de médias américains contre Riyad aux-queUes s’ajoutent des déclarations officielles ambiguës à Washington.«Certaines parties à Washington essaient de saboter nos relations historiques, basées sur l’amitié et les intérêts mutuels», déplorait hier le quotidien saoudien Àl-Madina.«Ces parties ne cessent d'empoisonner ces relations en propageant des allégations sur un prétendu financement saoudien d’auteurs des attentats du 11 septembre.Elles veulent exercer du chantage politique et réaliser les plans américains de frapper l'Irak et de restructurer le Proche-Orient», ajoute le journal.Il réagissait à des informations du Washington Post faisant état mardi d’un plan soumis au président américain George W.Bush par le Conseil national de sécurité et donnant à Riyad 90 jours pour mettre ses ressortissants suspects hors d’état de nuire, faute de quoi Washington prendrait des mesures de rétorsion unilatérales.Selon le Washington Post, les agences de renseignement américaines ont établi une liste de neuf personnes très riches (sept Saoudiens, un Pakistanais et un Egyptien) qui formeraient le cœur d’un groupe de financiers pour des mouvements radicaux islamistes, dont le réseau al-Qaida d’Oussama ben Laden.La chaîne de télévision américaine ABC a pour sa part révélé lundi que l’Agence centrale de renseignement (CIA) soupçonnait douze banquiers saoudiens de continuer à fournir des fonds à Henry Kissinger va présider une enquête « indépendante » AGENCE FRANCE PRESSE Washington — Le president Bush a nommé hier l’ancien secrétaire d’Etat Henry Kissinger à la tête d’une commission d’enquête indépendante chargée de faire la lumière sur l’incapacité des services de renseignement à empêcher les attentats du 11 septembre 2001.«Cette commission va m ’aider, ainsi que les futurs présidents, à comprendre les méthodes utilisées parles ennemis de l’Amérique ainsi que la nature des menaces auxquelles nous sommes confrontés», a déclare M.Bush en signant le texte créant cette commission lors d’une cérémonie à la Maison-Blanche.«M.Kissinger est l’un des hauts fonctionnaires les plus respectés et chevronnés de notre pays», a dit M.Bush en annonçant la nomination de l’ancien proche conseiller des présidents Nixon et Ford.«Cette enquête examinera très soigneusement tous les Jaits et toutes les pistes», a promis M.Bush, ajoutant que «nous devons mettre au jour tous les détails et apprendre toutes les leçons du 11 septembre».M.Kissinger s’est engagé devant la presse à la sortie de la Mai- Ben Laden et à son réseau.Ces «révélations» ont suscité des déclarations ambiguës de respon-sableç américains.Ainsi, le secrétaire d’Etat américain Colin Powell a qualifié de «sans fondement» les informations selon lesquelles Washington envisagerait de lancer un ultimatum à Riyad pour sévir contre ses ressortissants soupçonnés de financement du terrorisme.«Je n 'ai aucune raison de penser que l’Arabie Saoudite n’est pas impliquée dans la campagne contre le terrorisme», a déclaré mardi M.Powell.Moins catégorique, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a fait état de bons rapports entre Riyad et Washington militairement et dans la guerre globale contre le terrorisme.Il a toutefois reconnu des «différences de sensibilités» entre les deux pays.Plus direct, le porte-parole de la Maison-Blanche Ari Fleischer a souligné que Riyad «peut faire plus» pour combattre les réseaux terroristes et leurs ramifications financières.M.Fleischer est toutefois resté évasif sur l’ultimatum de 90 jours, en confirmant qu’un «groupe de travail» se penchait sur les moyens d’améliorer la capacité de Riyad à lutter contre le terrorisme mais que les informations du Washington Post reflétaient «les vues d’un de ses membres et non celles de l'ensemble du groupe».Les «révélations» des médias américains faisaient suite à des accusations portées par l’hebdomadaire Newsweek contre la femme de l’ambassadeur d’Arabie aux Etats-Unis, la princesse Haïfa Al-Faïçal, sur un versement indirect d’argent à des terroristes.L’Arabie Saoudite est le pays d’origine de 15 des 19 pirates de l’air qui ont commis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.son-Blanche à «tirer toutes les conclusions qui résultenmt des faits».«Nous n'avons aucune restriction et n ’en accepterons aucune», a-t-il dit, ajoutant que «tout doit être fait ptmr éviter la répétition d’une telle tragédie».L’ancien secrétaire d’Etat a précise que la commission pourrait faire des recommandations et que le president Bush s’était engagé à les «prendre très au sériettx».la Maison-Blanche avait longtemps résisté à l’établissement d’une telle commission independam te.réclamée par le Congrès et It's fa-milk's des victimes des attentats, t-s-timant qu’elle pourrait détourner l’attention de la guerre contre le terrorisme et être instrumentalisée par l’opposition démocrate pour attaquer et embarrasser l’administration républicaine.Son rapport devrait sortir en pleine campagne pour la présidentielle de 2004.Aux termes d’un compromis conclu la semaine dernière entre l’administration et des parlementaires démocrates et républicains, cette commission dis|x>sera d’une large autorité.Elle s’appuiera sur les conclusions de l’enquête conjointe menée pendant plusieurs semaines par les commissions du renseignement du Sénat et de la (Us REUTERS Un diplomate eélébrissime.Chambre des représentants.Sa création est inscrite dans la loi de finance autorisant les activités du renseignement dans le budget 2003 adopté par le Congrès.Outre son président, la commission comptera dix membres, nommés à parité par It's démocrates et les républicains.Elle disposera de dix-huit mois pour enquêter de façon approfondie et étendue sur les vulnérabilités et les échecs de diverses agences fédérales dans It's événements du 11 septembre, notamment la CIA, la centrale de renseignement, la NSA, l’agence chargee des écoutés, la police fédérale (FBI), It's services d’immigration (INS) et la sécurité du transport aérien.Cl's lacunes avaient été mises en lumière par des témoignages d’agents de la CIA et du FBI lois d’auditions publiques au Congrès, qui avaient évoqué notamment l'insuffisance de la coopération et de la coordination entre services, un manque d’experts en langues étrangères, notamment |xnir l'ara be, et un recours insuffisant aux activités d’espionnage humain.Henry Kissinger, un des diplomates les plus connus du XX' siècle, avait obtenu le prix Nobel de la paix en 1973 avec le Nord Vietnamien le Duc Tho pour avoir négocié un cessez-le-feu.Son rôle dans les bombardements illégaux du Cambodge du rant le conflit Indochinois, le renversement du président chilien Sal vador Allende en 1973 et l'élimination d'opposants politiques en Amérique latine à la même époque ont conduit certains de ses plus vifs critiques à demander qu'il soit jugé pour crimes de guerre.Du Watergate à la « bonne affaire » Le journaliste Bob Woodward vient de publier le livre Bush en guerre CORINE LESNES LIBÉRATION Cette guerre d'Afghanistan aura finalement été «wnc bonne affaire».C’est ce qu’a dit, le 20 août, George W.Bush à Bob Woodward, le journaliste-vedette du Washington Post, «héros» du Watergate, venu l’interroger dans son ranch de Crawford, au Texas.Une aubaine, dit le président, si on la compare avec le coût de la guerre de dix ans menée par 11JRSS contre Kaboul.En tout, les Etats-Unis n'auront eu besoin au sol que de 110 agents de la CIA et de 316 membres des forces spéciales.D aura suffi de financer l’Alliance du Nord et d’«acheter» le plus grand nombre de talibans possible.Bob Woodward a recueilli des détails provenant de la comptabilité de l’agence de renseignement, qui n'a pas dépensé plus de 70 millions de dollars.Une affaire, donc.Dans son onzième livre, Bush At War (Bush en guerre), dont le Post a publié les bonnes feuilles, Bob Woodward raconte comment il a rencontré un officier de la CIA ap- pelé «Gary».C’est lui qui a été désigné dès le 15 septembre 2001, quatre jours après l’attentat du World Trade Center, pour partir en repérages dans le nord de l'Afghanistan.Dix jours plus tard, il franchissait la frontière du Tadjikistan avec trois millions de dollars en coupures de 100 $.Dés sa première rencontre avec le général Fahim et le fritur ministre de la Défense, Abdullah Abdullah, «Gary» a mis un million sur la table.Dès le début de la guerre, l’Alliance et ses commanditaires américains se sont employés à soudoyer l’ennemi, achetant en gros, «10 OOO $ pour ce sous-commandant et sa douzaine de combattants», «50 OOO pour cet officier plus impartant et ses centaines d’hommes», raconte Woodward.Un commandant n’a pas sauté immédiatement sur l’occasion.Les forces spéciales ont dirigé un bombardement de précision devant son quartier général, le lendemain, on lui a proposé 10 (XX) $ de moins.Woodward avait commencé à l’été 2001 un livre sur la présidence Bush, qui devait être axé sur les réductions dimpôts.le 11 septembre 2(X11, il interviewait la sénatrice repu blicaim* du Maine au Capitole, et il était à ce point pénétré de l’importance de son sujet que les images des tours en flammes à New York ne l’avaient pas interrompu (il a fallu pour cela que les locaux soient évacués).Ensuite, il a bien évidemment modifié l’angle de son livre.W(X)dward est un journaliste ol> sédé par sa crédibilité: pour son livre, précise-t-il, il a eu accès aux comptes rendus de 50 réunions du Conseil national de sécurité.Il en cite «15 OOO mots».Il a eu deux heures vingt-cinq minutes d’entretien avec M.Bush, lui posant «près de 300 questions».Conscient de faire la promotion d’un livre qui n'égratigne guère le président, le Washington Post tente de se dédouaner, côté déontologie, en publiant un article exposant les critiques dont Woodward est l'objet.( )n y apprend que le «tombeur» de Nixon (avec Cari Bernstein) est accusé d’être devenu «mou à l’égard des puissants», d'autant qu’il en dépend pour faire la trame de ses ouvrages.«Une des principales critiques est que ceux qui coopèrent avec lui tendent à obtenir un rôle de premier plan, et souvent favorable, dans ses récits», rapporte Howard Kurtz, chroniqueur médias du même journal.I )ans Bush At War, c’est Colin Rowell qui a le beau rôle.Selon SC'S détracteurs, c’est donc probablement lui qui a fourni nombre d’informations à l’auteur.De fait, le livre confirme qu’un combat dos chefs a bien eu lieu en août à propos ch' la nécessité de passer ou non par l’ONU pour attaqger l’Irak.Jusque-là, le secrétaire d’Etat plaisantait lui-même sur le «frigo» dans lequel le maintenait la Maison-Blanche et dont il était prié de sortir ou pas, au gré de la situation au RrocheOrienL le 5 août, un dîner mémorable a eu lieu avec le président Rowell a plaidé durant deux heures, raconte Woodward: «C’est bien beau de dire que nous pouvons y aller de manière unilatérale.Sauf que vous ne le pmi-vez pas.» 11 croyait avoir gagné, mais Dick Cheney, le vice-président est remonté a l’assaut.le débat a fait rage jusqu’au dernier moment.Il n’y a ixis eu moins de 24 moutures du discours que devait prononcer George Bush devant l’ONU.E N BREF Les raéliens nous offrent un clone pour Noël Washington (AFP) — La scientifique française Brigitte Boisselier, «évêque» du mouvement raélien, a indiqué hier que cinq grossesses obtenues par implantation d’un embryon humain cloné étaient en cours et que le premier bébé était attendu did la fin de l’année.«Nous avons cinq grossesses en cours, dont une qui ne va pas tarder On va bientôt avoir le premier [bébé]», a déclaré Mme Boisselier, également p.-d.g.de la sodété de clonage human Clonaid, basée à Las Vegas.Cette première naissance proviendra d’un couple américain et le bébé attendu est une petite fille, a prédsé Mme Boisselier, lors d’un entretien téléphonique.Chypre : Rauf Denktash souffle le chaud et le froid New York (AFP) — Le dirigeant chypriote-turc Rauf Denktash a annoncé dans une lettre au secrétaire général Kofi Annan qu’il était prêt à négoder sur la base du plan présenté par l’ONU pour la réunification de Hie, a annoncé hier un porte-parole des Nations unies.Toutefois, M.Denktash a déclaré ce même jour à la chaîne de télévision turque NTV que le projet de partage territorial proposé par l’ONU était «scandaleux».M.Denktash a estimé que «beaucoup de choses» devaient être modifiées dans le document onusien pour qui! soit acceptable.Le plan réduit à quelque 28 % le territoire contrôlé par les Chypriotes-Turcs, contre 37 % actuellement l’état nde Annuaire économique et géopolitique mondial 22e édition Une analyse approfondie des grandes tendances planétaires Un bilan de l’année pour les 226 États et territoires de la planète Les enjeux politiques et économiques à l’aube du III* millénaire en collaboration avec Boréal iT ¦»radi< www.edltlonsboreal.qc.cj IAj BBmpBHI i fWRtS+lï'.é'ïu mm PJit 672 pages • 27,95 $ g£cs plus 6eaup tapis I Nous vous offrons l'une des plus importantes sélections des plus beau* tapis en provenance dïran, du Pakistan, de [ I Turquie, de Russie et d'ailleurs, aux meilleurs prix possibles, le tout dans un cadre sympathique et décontracté.Des j tapis neufs antiques et semi-antiques Aubusons, William Morris, Tabriz, Isfahan, Kashan, Bokhara et bien d'autres | encore, tous d'authentiques tapis faits à la main.Nous acceptons également les commandes spéciales de tapis (toujours faits à la main) de toute les tailles, couleurs ou motifs, y compris pour les escaliers.Passez voir nos plus récents arrivages.TAPIS D'ORIENT BASHIR LTÉE 8461, boul.Décarie, Montréal • (514) 735-1958 Ouvert de lOh à 18h du lundi au mercredi, de lOh à 19h les jeudis et vendredis et de lOh a 17h le samedi Achat, vente évaluation, lavage à la main et réparations.86 LE DEVOIR.LE J E l' D I 28 X O V E M B R E 2 O O 2 ÉDITORIAL Une œuvre de longue haleine Présentée devant un parterre d’environnementalistes réunis à l’Assemblée nationale, la politique de l’eau du gouvernement québécois a reçu un accueil généralement enthousiaste.Le principal mérite de ce document est d’exister.Après des années d’attentisme, le gouvernement québécois reconnaît enfin l’eau comme un bien collectif qu’il faut protéger.L’ Bernard Descôleaux ?adoption de cette politique est une victoire importante pour les environnementalistes.Sans rien enlever au travail réalisé par le ministre de l’Environnement et ses fonctionnaires, qui nous livrent un document fort pertinent, il faut aussi rendre à César ce qui lui revient Cette politique est pour une large part le fruit du travail de sensibilisation fait par des groupes environnementaux comme Eau-Secours, pour n’en nommer qu’un seul.Sans eux, cette politique serait probablement restée sur les planches à dessin encore quelques années.L’adoption de politiques environnementales ne se fait jamais sans réticences.Ije débat qui a cours depuis un an sur la ratification du protocole de Kyoto illustre à quel point il est difficile de faire entrer dans nos mœurs le concept de développement durable.Le protocole de Kyoto, tout comme la politique de l’eau, imposera des contraintes.Il y aura des coûts et, dans le cas de Kyoto, des pertes d'emplois.Que l'on soit chef d’entreprise, syndicaliste, politicien ou simple citoyen, il y a des choix difficiles à faire, car on se préoccupe plus facilement du lendemain que du surlendemain.Cette politique de l’eau comporte un certain nombre de choix heureux.Tout d’abord, il faut souligner qu’il était essentiel de faire porter la responsabilité de la protection de la ressource eau par l'ensemble de la collectivité.Plutôt que de nationaliser l’eau, on en fait un bien public collectif.la nationalisation aurait fait porter toute la responsabilité au gouvernement alors qu’il revient d’abord aux usagers de prendre les moyens de préserver l’avenir, la voie choisie, celle de la gestion intégrée par bassins versants, est prometteuse.Autour d’une même table seront réunis tous les usagers de la ressource hydrique d’un territoire donné afin qu’ils définissent ensemble un plan directeur de gestion.Dans les organismes de bassin versant tous les usagers pourront confronter leurs besoins.la ministre crée une obligation de concertation.las consensus ne seront pas toujours faciles à réaliser, comme le laisse entrevoir la réaction fort négative de l’Union des producteurs agricoles à cette politique de l’eau.L’agriculture est responsable d’au moins 40 % de la charge polluante des cours d’eau au Québec, ce qui requerra des agriculteurs des changements importants dans leurs pratiques pour assurer la qualité de l’eau.la présence des groupes environnementaux au sein de ces organismes sera un atout.Au point de départ, le ministre de l’Environnement avait pensé les en exclure, mais il a heureusement compris que tous les points de vue devaient être représentés.On peut imaginer qu’à certains endroits, le dialogue sera difficile.Par exemple, environnementalistes et agriculteurs ont souvent des positions opposées.Présents à la même table, ils seront forcés d’échanger, de se comprendre et de chercher des compromis.Il faut bien réaliser toutefois que la mise en place des organismes de bassin se fera dans un cadre non juridique pour le moment II faut se demander ce que vaudront les plans directeurs de gestion de l’eau que pourront adopter les organismes de bassin versant si ceux-ci n’ont pas de réels pouvoirs.Qui donc verra à s’assurer que les mesures contenues dims ces plans soient mises en œuvre?Bien des municipalités en zone rurale ignorent déjà certaines politiques environnementales sans que, à Québec, on réagisse.Le risque est que le rôle de ces organismes de bassin soit rapidement dénaturé.Le gouvernement Landry semble disposé à donner le bon exemple et à se conformer à l’esprit qui inspire cette politique de l’eau.La décision de mettre fin au programme de production d’électricité par de petites centrales privées, peu importe qu’elle puisse être inspirée par des motifs électoraux, est louable.Il ne faudrait toutefois pas que le prix à payer en soit la poursuite du projet de la centrale au gaz du Suroît, dont la construction va à l’encontre des objectifs que le Québec s’est par ailleurs donnés en matière de réduction des gaz à effet de serre.Si on peut se réjouir de la politique de l'eau, il faudra maintenant s’assurer quelle soit mise en application.Cela sera une œuvre de longue haleine.bdescoteaux%ledevoir.ca Le dilemme saoudien es relations entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite sont sous tension depuis quelques jours.Dans un premier temps, les Américains ont appris que la femme de l'ambassadeur saoudien à Washington — qui, soit dit en passant, est un ami personnel de la famille Bush — avait alloué des fonds, indirectement il est vrai, à deux des 19 auteurs des attentats du 11 septembre 2001.Après coup, on a appris qu’un groupe' de travail du Conseil de la sécurité nationale (NSC) avait conclu que la Maison-Blanche devrait modifier profondément sa politique à l’endroit de l'Arabie Saoudite, une politique jugée trop conciliante, car ce pays était et demeure le centre financier du terrorisme.Selon les informations divulguées par le Washington Post, les bonzes chargés par le NSC de faire la lumière sur les réseaux par lesquels transitent les millions qui finissent dans les coffres des intégristes estiment que le président des États-Unis devrait servir un ferme avertissement à son homologue saoudien.Lequel?On vous communique les noms de sept des neuf principaux bailleurs de fonds d’al-Qaïda ainsi que ceux qui financent tous les mollahs qui vitupèrent semaine après semaine contre les chrétiens et les juifs, et vous avez 90 jours pour prendre les mesures qui s'imposent.Si tel n’est pas le cas, alors le gou vernement des États-Unis agira.Four le président Bush, cette proposition constitue tout up embarras.Et ce, en raison tout d'abord du dossier irakien.A l’agenda de Bush, la guerre à Saddam Hussein a pris le pas sur la lutte contre les terroristes.Pour ce faire, il a besoin du soutien des Saoudiens.Advenant un conflit militaire avec les Irakiens, les Américains souhaiteraient utiliser certaines des infrastructures mises en place au royaume des féodaux saoudiens depuis la guerre du Golfe.Que Bush donne satisfaction au groupe de travail du NSC et le grand froid planera illico sur les rela tions entre les deux pays.A contrario, il est assuré que s’il ne donne pas suite à ce rapport, il va perdre en popularité et requinquer l'opposition démocrate.Pour l’heure, les autocrates de la maison Saoud jouent la partie en tablant sur les intérêts que les uns et les autres ont avantage à conserver.En substance, les féodaux avancent que tout refroidissement des relations entre Washington et Riyad sera tout-bénéfice pour la nébuleuse terroriste.En cette affaire, Bush est quelque peu coincé.Serge Truffaut O O O LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU.MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE.LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE fuRfAu ht /m;rê Faire l’effort On faisait paraître, dans Le Courrier international de la deuxième semaine de novembre, un extrait d’article provenant du Devoir qui traitait de la montée de l’ADQ au Québec et de la puissance de l’image de son leader.On mentionnait plus loin que, selon des sondages, parmi ceux qui disaient être prêts à voter pour Dumont, 80 % n’avaient aucune idée du contenu de son programme.Belle image! Cela donne évidemment du poids à l’allégation de certains voulant que les Québécois soient «apolitisés».En fait, comme plusieurs l’ont remarqué, il s’agit d’un écœurement accumulé de la population face à un jeu politique dont elle est devenue complètement détaçhée et de facto ignorante, en quelque sorte.A cet effet, il convient de mentionner un autre sondage, effectué il n’y a pas si longtemps, qui démontrait que le niveau de confiance du peuple en ses dirigeants ne s’élevait à guère plus de 4 %.Et la marge d’erreur dans les calculs?4 %.Il est clair que cette attitude populaire est le fruit de plusieurs éléments (société de consommation anesthésiant l’esprit critique, éducation pauvre en contenu historique et politique, etc.).A défaut, ici, de pouvoir devenir exhaustif à ce propos, il s’agirait plutôt, pour régler ce problème de désabusement global, de s’interroger à savoir quels serment les facteurs (sociaux, politiques, éducatifs, médiatiques, etc.) qu’il serait nécessaire d’introduire au Québec pour favoriser le regain de l’intérêt d’un peuple dont la majorité ne sait même pas sous quel régime elle vit «A quoi bon s’y intéresser?», renchérissent certains.«De toute façon, ils se foutent de nous et je n’y connais rien.Je n’ai même pas envie de m’y connaître.» Or ce n’est qu’en faisant l’effort de poser des questions, de s’informer, d’interroger, d’exprimer sa volonté et ses intérêts qu’on peut réussir à empêcher ceux qui gouvernent d’agir en LETTRES -?- vase dos, détachés de ceux qui les ont choisis.N’est-ce pas précisément ce que les grandes entreprises font?Et elles parviennent souvent à leurs fins.La force du nombre compte, la pression populaire est puissante.Et à ceux qui justifient leur résignation à l’inaction par la déjà trop forte toute-puissance du capital, il faut rétorquer que son contrepoids est le social.Malheureusement, la meilleure façon de se rallier pour agir efficacement est de s’informer et de s’intéresser aux questions.Combien de personnes feuillettent ne serait-ce qu’un journal par jour?Il faut lire, savoir comment fonctionne le régime, connaître ce qui se passe; il faut aussi profiter des occasions offertes pour se faire entendre publiquement (le désintérêt général fait en sorte que la plupart ignorent les nombreuses possibilités qu’ils ont de s’affirmer en ce sens), comme celle de la Commission sur la réforme des institutions démocratiques, menée par le ministre Charbonneau.«L’aventure humaine n’est pas une aventure solitaire.C’est une aventure collective», affirme-t-il à juste titre.Lorsque les réformateurs de l’éducation, le gouvernement, les médias et les gens eux-mêmes auront assimilé la leçon et fait leur effort — et un tout petit effort suffit —, nous deviendrons une société qui aura une culture politique beaucoup plus appréciable.Et le pays ne pourra que s’en porter mieux.Hugo Genest Etudiant en études internationales et langues modernes à l’Université Laval Québec, le 22 novembre 2002 Fils électriques et autres horreurs Dans l’article intitulé «Bouillon de culture, façon Landry», de la journaliste Odile Tremblay (Le Devoir, 19 novembre 2002), où M.Landry était interviewé au café Méfiés du cinéma Ex-Centris, j’ai été attiré par le fait que le premier ministre se disait fier du programme d’enfouissement des fils électriques et autres horreurs que l’on retrouve dans le patrimoine du Québec.Merci pour ce projet Bien que l’ensemble de ses propos m’ait touché, j’ai apprécié que M.Landry souligne le fait que cette politique d’enfouissement des fils et autres horreurs l’intéressait Cela démontre son goût pour le beau, ce qui donne du crédit à son intervention.J’ai d’ailleurs pu constater que dans plusieurs régions, les autorités se sont prévalues de ce programme de 200 millions sur quatre ans.Dans le Guide de Sutton du 31 août 2002, on voit la ministre Rita Dionne-Marsolais signer une entente de 1,8 million avec le maire de l’endroit, Kenneth Hill.J’ai personnellement pris contact avec Yves Filion, grand patron de la Distribution à Hy-dro-Québec.A la suite de cette intervention, son personnel est entré en contact avec moi.Je soulignais le fait que dans le Vieux-Longueuil, il y aurait de grands avantages à tirer de l’enfouissement des fils et autres horreurs.En plus de faciliter le travail des déneigeurs et de permettre aux amoureux de marcher tout en se tenant la main, on pourrait y tourner plus de films, Montréal et sa région étant envahies par les grands producteurs américains.Pourquoi ne pas en profiter dans nos murs?J’en ai donc parlé à la députée de Marie-Vic-torin, le quartier le plus touché par les poteaux sur les trottoirs et sur la chaussée, Cécile Ver-mette, et j’ai présenté mon projet au président de l’arrondissement du Vieux-Longueuil, Claude Gladu, lors d’une assemblée régulière.Bien que Mme Vermette soit tout à fait d’accord avec le projet, elle devrait appuyer cette politique publiquement, histoire de mobiliser la population et d’appuyer les élus locaux.André Mainguy Longueuil, le 19 novembre 2002 LIBRE OPINION -?- LE PRÉCIEUX HÉRITAGE DE JOHN RAWLS Une réponse aux cyniques et aux désabusés OLIVIER KEM El D Auteur de théâtre Alors qu’un peu partout en Occident on entonne le chant cynique du désengagement, revendiquant l’irrémédiable fatalité de toute implication idéologique, souffrant de notre impuissance à agir sur le cours des choses, s’éteignait discrètement, sans tambour ni trompette et peu d’articles, l’un des plus grands penseurs de notre temps.John Rawls, mort dimanche dernier à l’âge de 81 ans.Le philosophe américain du Massachusetts avait, entre autres, redonné un souffle puissant aux préoccupations morales et politiques de notre siècle.Son œuvre-maitresse, A Theory Of Justice, effectue ni plus ni moins une césure fondamentale dans l’évolution de la pensée contemporaine.En effet, ce texte-pivot de la philosophie politique des dernières années, qui instaure un dialogue éclairé entre le contractualisme de Rousseau et de Kant et lutilitarisme issu de Stuart Mill et Bentham, livre aux postmodernes une véritable charte de la social-démocratie, dont le cadre théorique profitera à tous ceux qui se soucient de justice sociale.Que l’on soit en accord ou non avec les thèses défendues par celui qui se réclamait de l’héritage kantien, on se doit de reconnaître l’impact d’une œuvre originale et fouillée.De l’avis même de ses adversaires, John Rawls aura posé une brique incontournable dans l’édifice de la philosophie morale.Attaquée ou défendue, sa théorie ne pour- ra jamais plus être écartée.Ainsi les Robert Nozick, Michael Walzer, Alastair McIntyre, Michael Sandel, Jurgen Habermas et, plus près de nous, Charles Taylor s’efforceront-ils de discuter les principes brillamment avancés par la Théorie de la justice, soit le principe d’égale liberté et un droit égal au système le plus étendu de libertés de base pour tous.Les inégalités socioéconomiques ne sont justifiées que dans la mesure où elles sont profitables aux plus désavantagés.En réhabilitant la notion de «contrat social» présente chez Locke et Rousseau, Rawls envisageait une situation hypothétique où les hommes s’accorderaient sur ces principes de justice.Ardue, exigeante, la Théorie de la justice a été l’œuvre d’une vie.Composée à partir de plusieurs articles rédigés dès les années 50, la théorie de Rawls connut une première version manuscrite entre 1964 et 1965, puis une seconde entre 1967 et 1968.Sa première publication date de 1971; sa traduction française ne survient qu’en 1987.C’est actuellement l’ouvrage de philosophie politique le plus cité en Occident Rawls passa le reste de sa vie à y apposer des précisions, des éclaircissements et des addenda, dont le Libéralisme politique et Le Droit des gens.On ne lui connut que très peu d’interventions publiques, le penseur préférant le travail de fond et de longue haleine aux débats virulents et à la polémique médiatisée.Le professeur de Harvard n’avait donc rien du philosophe de toutes les causes souriant à la caméra, fuyant volontiers la place publique pour les couloirs sombres de la bibliothèque.Il aura réalisé son souhait le plus cher: créer une théorie se substituant à rutilitaris-me en vigueur tout en relançant une discussion sur l’organisation de la cité, une discussion que l’on croyait close depuis des siècles.Rawls ne pouvait cependant prévoir que son œuvre constituerait le jalon de la philosophie politique moderne.Son impact, tant chez les philosophes et les politologues que chez les économistes, est considérable.Grâce à sa Théorie de la justice, toute une génération possède désormais un terreau fertile où peuvent prendre racine de nouvelles visions d’avenir.Car, non, tout n’a pas été dit Non, tout n’a pas été fait II existe encore des défenseurs d’une pensée politique exaltante, porteuse d’espoir, susceptible d’ébranler le cours des événements.A la révolution, certains préfèrent cependant la réforme.Rawls fut l’un d’eux.A nous de préserver ce précieux héritage.À nous de léguer aux générations futures un constant effort de pensée, sur ce qui a été sûrement, sur ce qui sera peut-être.Les John Rawls de ce monde n’ont rien des révolutionnaires de pacotille exhortant le peuple à brûler des symboles désuets; ils n’ont pas plus à voir avec les désabusés à la mode qui font les gorges chaudes d’un engagement dit vain.Loin de la cohue ambiante, ils font avancer fa roue de l’histoire un peu plus loin, un peu plus en avant.Modestement L t.l> K V 0 I K .I K .1 K l |> I 2 S \ 0 V K M R K K 2 0 0 2 A 7 IDEES Parti québécois 1 .: K j D .JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jacques Parizeau et Lucien Bouchard.La multiplicité des stratégies au Parti québécois, le défilement des chefs, les paniques successives, 1 absence de politique nationale dans les éléments clés de l’avenir de la nation, l’enseignement, la santé, les régions, j*S * *-11! UF.*ures’ surtout l'impossibilité chronique et arrogante de réunir tous les acteurs déclarés d’un projet de société ont divise le Quebec.Des silences qui ressemblent à un abandon Le texte qui suit est tiré d’un ouvrage à paraître au début 2003 chez VLB Éditeur, qui porte actuellement deux titres de travail, Alouette! et Québec interruptus.Nous publions ici l’avant-propos de l’ouvrage, ainsi qu’un extrait d’un chapitre intitulé «Où se situe le Québec?».ALAIN COGNARD Ecrivain 1 y a 30 ans, les Québécois ont fait un pari et un compromis.Les différents acteurs sociaux, les syndicats, les groupements et partis politiques, les étudiants et, dans une certaine mesure, le FLQ ont remis entre les mains du Parti québécois le dénominateur commun de leurs revendications.Après deux référendums et un certain nombre de virages, de beaux risques et de sorties de secours ainsi qu'un messie, le Québec est certes devenu une province distincte, mais il n'a pas réalisé les grands objectifs qu’il s’était fixés: devenir indépendant et assumer pleinement sa dissidence sociale et intellectuelle, économique et culturelle.Un regard de pamphlétaire, une analyse sévère justifiée par un droit d’inventaire critique de ces années de pouvoir social, révèle un Québec désorienté, éloigné de ses origines et recentré sur le développement d’une économie qu’il n’a jamais réussi à maîtriser ou, plus exactement, selon les termes de Jacques Parizeau, dont il ne contrôle pas tous les centres de décision.Les constats sont sévères parce que les attentes étaient élevées.Elles allaient bien au delà du projet social canadien et des mises à niveau de l’après-Révolu-tion tranquille.Les réformes et les grands projets, y compris ceux des années Bourassa, qui sont pourtant dans le droit fil du projet collectif de société, n’ont pas encore gagné la cohérence suffisante pour constituer les bases d'une nouvelle nation.C’est dans l’omission quotidienne de la volonté de devenir que la ferveur indépendantiste s’est perdue.Le gouvernement péquiste restera — sur 30 ans — l’un des meilleurs de l’histoire, mais ses silences ressemblent trop à un abandon.Nous voyons là les raisons de la désaffection des partisans du OUI, probablement plus nombreux que les pé-quistes, mais pas inconditionnels.La multiplicité des stratégies, le défilement des chefc, les paniques successives, l’absence de politique nationale dans les éléments clés de l’avenir de la nation, l’enseignement, la santé, les régions, les infrastructures, et surtout l'impossibilité chronique et arrogante de réunir tous les acteurs déclarés d’un projet de société ont divisé le Québec.Un nouveau parti, l’ADQ, vient gangrener les membres d’un Parti québécois parfois dépassé sur sa gauche par son rival libéral.Curieusement, peu de programmes politiques, peu d’ouvrages ont exprimé ce que pouvait être le cadre d’un projet national.Il s’agit souvent de textes épars, de collection de discours et de conférences.Mais le projet initial n’a pas disparu.Au contraire, s’y sont greffées les oppositions à l'hégémonie américaine: commerce mondial, OGM, aide aux pays démunis, ponts avec les civilisations millénaires qui revendiquent un (Iroit au développement personnel et indépendant A la veille d’une possible victoire du Parti libéral ou de l’ADQ, ce pamphlet veut remettre en question ce «détournement» des idéaux québécois, réunir les forces politiques et sociales de nouveau éparpillées pour leur indiquer, en toute humilité, non pas une sortie de secours mais l’unique porte d’entrée vers ce destin commun si clairement et si souvent exprimé par la population, mais si peu entendu.Il faut maintenant parler de fracture culturelle Si la fracture sociale déchire toute la planète, il faut maintenant parler de fracture culturelle, de fossé de la Loto-Québec Une stratégie publicitaire démagogique Combien de perdants pour fabriquer un gagnant?LUC PANNETON Coauteur et scénariste du documentaire Le jeu, ça change pas le monde, sauf que., réalisé par Pierre Plante ans une nouvelle publicité télévisée, Gaétan Frigon, le président de Loto-Québec, joue la carte des gagnants pour nous sensibiliser aux bienfaits du jeu pour le Québec.Un message d'une belle démagogie, dans lequel Loto-Québec tente d'imposer sa vision afin qu’elle devienne la nôtre, quitte à créer une jolie entorse à la réalité.La nouvelle stratégie publicitaire tombe de plain-pied dans le discours qualitatif des retombées sociales du «bon citoyen corporatif»: «La présence de Loto-Québec se fait sentir bien au-delà du jeu», dit M.,Frigon.A entendre les témoignages, «on a gagné un concert, on a gagné un manoir, on a gagné la reconnaissance, on a gagné des contrats à l'étranger, des touristes, une fête populaire, un parc, des jobs, des encouragements et de la dignité».Mais il y a un grain de sable.Ce que ce discours de gagnants cache, c’est qu’avec Loto-Québec, on gagne des perdants en quantité industrielle.Ce que ce discours de gagnants cache, c'est que «le milliard et demi de dollars remis au gouvernement, montant qui sert notamment à l'éducation et à la santé», provient à plus de 90 % des poches des Québécois, car les casinos n’ont toujours pas trouvé la solution magique pour importer l’argent neuf des touristes chez nous.Ce que ce discours de gagnants cache, c’est que ce n’est pas le fun de jouer à l’argent.Combien de gens deviennent idiots devant une cagnotte?Le jeu à l’argent n'apporte pas le bonheur.Allez faire un tour dans les bars pour voir les yeux vides des perdants devant les vidéopokers.Allez au casino voir les sourires crispés de centaines de perdants qui tirent sans fin le bras de leur machine à sous et demandez-vous où est passée la noce.Avez-vous déjà vu quelqu’un rire à se taper sur les cuisses à force de perdre son argent?On ne parle pas ici de gens qui, après s’être entraînés pendant des années à la course à pied, arrivent deuxièmes au,x Jeux olympiques lors de la course de leur vie.A ceux-là, il reste quantité d'acquis malgré la défaite: de la fierté, de la discipline, des voyages, etc.Il est question ici de perdants du hasard.Des gens qui, après avoir acheté des billets pendant des années, n'en ont retiré que le sentiment de perdre, comme une petite brûlure intérieure à chaque tirage.Au Québec, l'argent du jeu est d’abord l’argent connaissance entre les classes sociales.Une partie de la population n’a pas accès à l’ensemble de notre vie sociale parce quelle n’en possède pas les clés.Ces clochards de la culture commandent comme leurs homologues itinérants, une infrastructure culturelle de qualité inférieure qui remet en question la connaissance, les arts, les médias: festivals du rire, films, chansonnette, tout cela est à la fois le refuge et la perdition de notre culture, une sorte de culture sociale à l’image de l’économie sociale que nous avons détournée.Non pas que le phénomène soit nouveau, mais il est maintenant celui que la machine industrielle a récupéré et veut imposer au détriment de la fonction noble de la culture qui, selon Fernand Dumont, est à la fois l’origine et l’objet de la parole.Comme l’enseigne le professeur Rodolphe de Ko-ninck, la géographie est libératrice.Toutes les grandes disciplines sont libératrices.Mais pas à raison d’une heure par semaine.Même physiquement, nous ne sommes pas tous du même côté du canyon.lx‘ petit peuple de Montréal est différent du peuple des nantis.Il a développé* 1 * * *, comme dans les ghettos, un langage corporel propre, il fréquente ses propres lieux de loisirs.Il y a quelques années, les paysans français s'étaient rassemblés place de la Concorde pour protester contre leur misère.Il fallait les voir, vêtus comme au XIX' siècle, petits, le visage rouge, couperosé, la démarche lourde, à côté de ces Parisiens, plus grands, moins trapus, déjà génétiquement modifiés, habillés comme des avocats de la City londonienne, l'air de personnages d’un film futuriste.Peu à peu, nous reconstruisons, dans nos pays, dans nos villes, les tribus que nos démocraties prétendent vouloir faire disparaître au nom de la mondialisation.Il faut fréquenter des lieux de différentes cultures, assister à un spectacle de danse, sortir la nuit: nous nous retrouvons au milieu de foules différentes de celle de la rue, peut-être plus belles, soucieuses, en tout cas, et conscientes d'une nécessité de ne pas renoncer à une certaine idée de la culture au sens étymologique.C’est sans doute aussi cela, l’éducation.des Québécois, de l'argent recyclé qui tourne en circuit fermé.M.Frigon a raison de dire qu’il s’agit d’une «richesse qui nous revient»: puisqu’elle sort de nos poches, elle nous appartient déjà.C’est comme si j'allais vendre à mon voisin un oignon que j’ai piqué dans son jardin.Est-ce cela qu’on appelle de la dignité?On n’a pas de fun au casino parce qu’il est désagréable de perdre.Et le Québec est un grand perdant pris à son propre jeu.Le gouvernement du Québec est devenu compulsif du jeu.Croyez-vous vraiment qu'il cherche à enrayer les problèmes dus au jeu alors que l’argent coule à flots dans ses coffres?Le sourire des «gagnants» à l’écran est rendu possible grâce à l'effort des perdants.Sait-on ce que coûte un gagnant?Si chacun de nous a une chance sur 14 millions de gagner à la loterie, c’est donc dire qu’un gagnant a coûté 13 999 999 perdants.Gaétan Frigon devrait avoir honte de verser dans un discours aussi démagogique.Quand je l’entends livrer péniblement ses phrases à l’écran, j’ai vraiment l’impression qu’il me prend pour un imbécile.Il aura beau avoir recours à la meilleure agence de publicité et être mis en scène avec des images à faire rêver, il est une vérité qu'il n’arrivera jamais à me faire avaler: il faut des milliers de perdants pour fabriquer un gagnant.Norman Spec tor ?Faut-il tout répéter ?Cela ne se produit pas très souvent.Pourtant.de temps à autre, les rideaux des coulisses du pouvoir sont — très légèrement — tirés, t "est alors que les citoyens peuvent observer comment se jouent les jeux de la politique à Ottawa.La polémique declenehee par les propos d’une porte-parole qui était dis|xisec à dite ce quelle pense — mais seulement si vous ne la citiez pas — est insignifiante.Certes, il est excitant de savoir que Fran çoise Ducros a traite George \V.Bush de cretin et que son patron, Jean Chrétien, un ami du président des États-Unis, prétend le contraire.Pourtant, un événement historique s’est joue la si1 maine dernière.En effet, une reunion de l'OTAN marquait l’accueil de sept pays de l'Europe de l’Est, célébrant ainsi notre victoire decisive sur la guerre froide.Et.en dépit des pieux discours prononcés sur 1 unité, on aurait pu croire que nos médias auraient prêté une plus grande attention aux tissures crois sautes qui se dessinent entre les Américains et l’Union européenne.Toutefois, nous devons une fière chandelle à Bob Fife, du National Post, pour avoir rapporté le mal heureux commentaire de Mme Ducros.Entretenir des relations harmonieuses avec les ÉtatsUnis — notre allié et partenaire commercial le plus impur tant — est Tune des premières responsabilités d’un premier ministre.Ia-s Canadiens devraient donc s'interroger à savoir pourquoi les deux autres journalistes, qui ont eux aussi entendu ces declarations, ont décidé de ne pas diffuser cette inl'ormalinii qui, pourtant, explique yn partie la détérioration de nos relations avec les Etats-Unis sous le gouvernement Chrétien.On |>eut également se demander quelles autres bribes d’information, suivant ce même princi|>e, n'ont pas été ren dues publiques au cours des ans.Il est vrai que Fife a brise le sceau de la confidentialité, mais il faut savoir que certains experts juri diques ne croient pas que le «droit à l'intimité» mérite une protection constitutionnelle.1 Vantant plus que le débat ne porte pas sur les prérogatives d’une près se libre.Les médias bénéficient de la protection constitutionnelle parce qu'ils sont une composante essentielle à la démocratie.Toutefois, leur rôle est de fournir aux citoyens une information utile et appropriée, non pas de la supprimer pour préserver les bonnes relations des gens d'influence.Déjà, quelques correspondants parlementaires expriment des inquiétudes, arguant que le geste de M.Fife rendra leur travail a Ottawa encore plus difficile.Comme avec ses prédécesseurs, beaucoup de journalistes ont en effet investi un effort considérable pour s’attirer les bonnes grâces du premier ministre Chrétien.Dès le début de son mandat, ces journalistes ont corrigé ses déclarations, dans les deux langues officielles, afin de les rendre intelligibles, a défaut d’être intelligentes.Et lorsqu’il a nommé son neveu ambassadeur à Washington — ce qui aurait dû être vu comme du népotisme —, beaucoup ont fait le panégyrique d’un diplomate qui, lorsque j’étais à Ottawa, n’était pas perçu — aux niveaux les plus élevés de la fonction publique — comme une étoile montante.Ce sont les divergences des points de vue portant sur les dépenses militaires et une éventuelle attaque américaine en Irak qui ont mené à l’indiscrétion de Mme Ducros la semaine dernière.Mais il faut savoir que la première bourde a été commise par l’ambassadeur Raymond Chrétien.Il n’est en effet pas très sage, de la part d'un diplomate, d’exprimer la moindre préférence pour l’un ou l’autre des candidats politiques, comme Raymond Chrétien l’avait fait avant l’élection du président américain actuel, et l’ambassadeur, tout comme la directrice des communications, a été réaffecté en conséquence.Ix* premier ministre britannique tony Blair avait lui aussi un problème avec l’administration Bush.En effet, il avait largement été perçu comme étant très proche du président Clinton.Dès le départ cependant, il a su briller en donnant son appui public aux Américains, et ce, en exprimant ses divergences d’opinion, notamment au sujet de l’Irak.Fin plus de bien s’entendre avec le président Bush, Tony Blair a également su être 1res efficace, réussissant même à influencer ses politiques.Pour sa part, M.Chrétien a préféré miser sur Tantiaméricanisme, toujours vivant au Canada, pour engranger quelques gains politiques, ce qui nous a jetés en disgrâce.M.Fife paiera le prix fort pour avoir révélé aux Canadiens l’existence de ce virus qui affecte le bureau du premier ministre.Ix refus de M.Chrétien de répondre à ses questions lors d’un point de presse ne marque que le début de ses misères.Il peut désormais faire une croix sur une entrevue exclusive avec le premier ministre.Quant aux fuites organisées par la directrice des communications, elles iront directement aux deux journalistes qui n’ont pas rapporté le commentaire malheureux de Mme Ducros.Avec la retraite annoncée de M.Chrétien, la puissance de son bureau ne pourra que diminuer.D’autre part, cela prendrait un journaliste très courageux pour éveiller la colère de Paul Martin ou de ses partisans.C’est peut-être ce qui explique pourquoi on exerce si peu de pression sur notre prochain premier ministre afin qu'il révèle ses sources de financement, voire ses politiques.nspectoPd hotmail.com Norman Spector a été directeur du cabinet du premier ministre Brian Mulroney et président de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique (APECA) sous Jean Chrétien.PE i> u DEVOIR L ’ É Q U I LA RÉDACTION Journalistes A l'information générale et métropolitaine Oérald IJallaire {adjoint an directrur de I tnformatwn).François Cardinal (actnalitt municipale).Jeanne Corriveaufeigi/e;, Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; i'aule di s Rivieres 1 .m i La _T?_______/____:________—a t D X I./ rvsoés/ >•« e/jhl.y en tr 1 un tr-nnei t h h»*»*, 1 -û 1 i L < 'j 11 11 du.( t Ctrî'ses VI, 'L M Cnèêm J-'- - - 1 I 11.Tl e- —« r ,.» #- 1- \ f' ./ ¦ a .< .f ri_.a*.¦¦ ,, ¦ politique : Hélène Buzzetti.Manon Cornellier {correspondantes parlementaires à Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Dutrisac {correspondants parlementaires à Québec), Kathleen laévesque ; Marie-Hélene Alarie (secrétaire a la rédaction) Louise-Maude Rioux Soucy.Genevieve Otis-Dionne (commis).La documentation Gilles Paré (directeur): Manon Derome.Ser^e Laplante {Québec).Rachel Rochefort {Ottawa).LA PUBLIC Ht HT LE MARKETING, Jacqueline Avril, Jean de Billy, Gyslaine Côté.Marlène Côté, Annie Duguay, Martin Fournier, Christiane Legault, Amélie Maltais, Jacques A Nadeau Claire Paquet Micheline Ruelland.{publicitaires), laurence Theriault (directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie Laporte, Martine Berubé (secrétaire) LA PRODUCTION Daniel Bazinet (responsable de la production), Claudine Bédard.Michel Bernatchez.Philippe Borne, Johanne Brunet.Danielle Cantara Richard Des Cormiers.Donald Filion, Olivier Zuida.INFORMATIQl E, Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DlSTRIBlJTÏON ET TIRAGE, Linda Thériault (responsable service à la clientele, distribution et tirage), Marie-Eve Santerre, (cocndonnatrice à la promotion et a la sollicitation), Monique L'Heureux, Lise Lachapelle.Rachelle I^clerc.Marie-France Dalcourt.L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des sendees comptables).Céline Furoy.Germain Haeck (contrôleur), Ghislaine I^afleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Chantal Rochon Danielle Ross LA FONDATION IM DEVOIR Roger Boisvert (iscepresdent etenrtfet (brreteurgénérât) L K I) E V OIK.I.E .1 E U l> I 28 N O V E M B R E 2 0 0 2 A 8 -* LE DEVOIR *-—- ACTUALITÉS ÉTUDES IMPÔT SUITE DE LA PAGE 1 Ix's projets visés par ce fonds sont multiples.Il est autant question de programmes (Solidarité 5000 logements, revitalisation des quartiers, programme communautaire en prévention, etc.) que de politiques (patrimoine, culture, sécurité civile, etc.) et de projets concrets (transformation en jardin du stationnement du Gesù, parachèvement de la ceinture cyclable de l’ile, quartier des spectacles, etc.).Leur liste détaillée pourrait être dévoilée aujourd’hui.«Au fur et à mesure que l’on a des projets priorisés par les chefs de délégation du sommet, a tenu à ajouter M.Zampino, on va pouvoir, dans la mesure où il s’agit d’un projet à valeur ajoutée, puiser des montants de l’enveloppe de 23,3 millions comprise dans le PTI [programme triennal d’immobilisations 2003-05].» L’ennui avec ce fonds, c’est qu’il peut — et non doit — être utilisé pour faire suite au Sommet de Montréal.Le président du comité exécutif a en effet reconnu qu’il s’agit davantage d’un coussin pouvant être utilisé à diverses fins que d’un fonds dédié aux engagements du sommet.Rien dans le PTI n’est directement et exclusivement dédié à cette fin.Conseil des arts Par ailleurs, le budget du Conseil des arts de Montréal ne devrait pas être haussé à dix millions par ce premier budget, comme l’espérait le milieu culturel.L’administration Tremblay aurait plutôt l’intention de prendre les quatre années de son mandat pour respecter cette promesse électorale.La première hausse ferait passer de 8,7 millions à neuf millions l’enveloppe de l’organisme chargé de soutenir la création et la diffusion des arts sur l’île de Montréal.L’Hôtel de Ville refusait cette semaine de confirmer ou d'infirmer ces informations.«L'engagement du maire Tremblay est d’investir dix millions annuellement, a dit Philippe Roy, porte-parole de la mairie.Il n ’a jamais pris d’engagement pour la première année mais pour la durée de son premier mandat.On verra au budget combien l'organisme recevra.» Les budgets de l'ancien Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal (CACUM) ont stagné, à 8,7 millions au cours des dix dernières années.A l'automne 2001, alors qu’il était candidat au poste de maire, Gérald Tremblay avait promis de faire gonfler l’enveloppe à dix millions, sans toutefois annoncer d’échéancier.La promesse a été réitérée au printemps dernier, pendant le Sommet de Montréal.Ia milieu culturel pensait que la hausse se matérialiserait dès le premier budget.Alertée par des rumeurs persistantes ces dernières semaines, la communauté artistique a tenté par divers moyens de faire pression sur les élus municipaux.Des membres en vue de Culture Montréal, un organisme indépendant, ont rencontré le maire Tremblay ou ses adjoints au cours des dernières semaines.line manifestation réunissant une trentaine d’artistes a été organisée devant l’hôtel de ville lundi.Taxe d’affaires Enfin, selon certaines rumeurs, l'administration Tremblay pourrait également annoncer aujourd’hui le remplacement de la taxe d’affaires, d'eau et de services que doivent payer les locataires à Montréal par une taxe imposée directement aux propriétaires.Mais rien n’est moins certain puisque plusieurs scénarios étaient à l'étude ces dernières semaines.Lorsque cette hypothèse a été évoquée, il y a quelques jours, M.Zampino a refusé de la confirmer, reconnaissant tout de même qu’elle était à l'étude parmi les outils fiscaux qui seront utilisés en 2003.«U est normal, dans le cadre de la démarche de préparation du budget, que l'administration examine diverses hypothèses portant tout autant sur la façon de réduire les dépenses, de prélever les revenus, que d’harmoniser le système de taxation.*> LE DEVOIR les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, (T étage, Montreal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction ©ledevoir .com L’agenda culturel Au téléphone (514) 985-3346 Par télécopieur (514) 985-3390 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics Au téléphone Par télécopieur Par courrier et appels d’offres (514) 985-3344 (514) 985-3340 avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) I* Devoir est publie du lundi au samedi jw Ij* Devoir Inc.dont le sWv** social est situé au 2050, rue De Bleury, 9* étage, Montréal.(Québec), HUA 3M9.U est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800, boulevard Industriel.Samt Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor lnc„ 612.rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence IVesse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le /Vivur.U Devoir est distribue par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint Martin Ouest, Uval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0658.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 fiscal a des organismes qui feraient de même pour la nation québécoise.Rappelons que le Conseil pour l’unité canadienne reçoit 13 millions par année du gouvernement fédéral, en plus de récolter des fonds privés.Cette formule de déductions fiscales, c’est la réponse de Bernard Landry à la proposition, de Jacques Parizeau visant le financement par l'État d’une association ou d’un institut de recherche pour promouvoir la souveraineté.Pour faire bonne mesure, le gouvernement s'engagerait à financer le même genre d’organisme voué, cette fois-ci, à la promotion du fédéralisme renouvelé.En vertu de la proposition de M.Parizeau, pour chaque dollar que ces organismes récolteraient en dons privés, l’État québécois leur verserait un dollar.M.1-andry rejette cette proposition, répugnant toujours à engager directement des fonds publics à la promotion de la souveraineté comme le fait Ottawa pour l’unité canadienne.La semaine dernière, le premier ministre a déjeuné avec M.Parizeau et lui a exposé son projet de déductions fiscales, a appris Le Devoir.Au cours d'un point de presse tenu mardi à l’entrée du caucus des députés du Parti québécois, le premier ministre a dit que la solution qu’il envisage «recherche l’équité, légalité et la démocratie».Cette solution sera à ce point juste et équitable que «peu de gens seront en mesure de protester», a-t-il dit.En dressant sa propre liste d’organismes de bienfaisance, Québec pourrait permettre à la revue L’Action nationale, qui fête ses 85 ans cette année, de recueillir, comme par le passé, des contributions qui donnent droit à des déductions fiscales.Rappelons que l’an dernier, l'Agence des douanes et du revenu du Canada avait retiré à L’Action nationale, pour des raisons poli- tiques, son statut d’organisme de bienfaisance, limitant la possibilité pour la revue d’amasser des fonds.L’Action nationale, qui dispose d’un maigre budget annuel de 250 000 $, a décidé de ne pas porter la décision en appel compte tenu des frais élevés qu’entrainerait une telle démarche juridique, a indiqué hier le directeur de la revue, Robert Laplante.En raison de cette décision fédérale.Revenu Québec se retrouve dans la situation absurde de consentir des déductions fiscales pour des contributions au Conseil pour l’unité canadienne mais pas pour une institution québécoise d’éducation politique et sociale comme L’Action nationale.Cette question d’allouer ou non des fonds publics à la réalisation de la souveraineté reviendra hanter Bernard Landry lors du conseil national du PQ de la fin de semaine.Des militants promettent que le bureau national de demain sera aussi houleux que l'a été le dernier, en septembre.Le bureau national, qui réunit les représentants des associations régionales péquistes avec la direction du parti, y compris Bernard Landry, précède le conseil national.Au bureau national de septembre, Bernard Landry avait sauvé la mise en préconisant la mobilisation du parti en vue de la réalisation de la souveraineté dans 1000 jours.Mais plusieurs militants avaient compris qu’à cette mobilisation des militants correspondraient des actions gouvernementales concrètes pour la réalisation de la souveraineté.Or ces militants font face à une aile parlementaire qui a choisi, selon eux, de mettre la souveraineté sous le boisseau.On soutient que le projet du PQ de réaliser la souveraineté doit s’incarner dans un projet de gouvernement Dans cette optique, on s’explique mal les scrupules du premier ministre, qui refuse d’engager des fonds publics pour mettre en œuvre l’élément fondamental du programme du PQ.EUPHORIE SUITE DE LA PAGE 1 dont l’entraîneur Don Matthews, et pour le maire de Montréal, Gérald Tremblay, suivies de près par trois remorques avec, à leur bord, les joueurs, les deux mascottes de l'équipe et les incontournables cheerleaders.Pendant qu’à l’arrière du dernier véhicule le demi offensif'Diomas Haskins tenait au bout de ses bras la fameuse coupe remportée dimanche contre les Eskimos d’Edmonton, ses coéquipiers signaient des autographes penchés au-dessus de la foule.Le cortège défilait rapidement devant eux, mais les partisans avaient rendez-vous sur l’avenue McGill College, où une scène en plein air avait été aménagée pour prolonger les célébrations.La foule s’est donc jointe à la procession qui se dirigeait vers l’est.Postés derrière les vitrines des commerces désertés, les employés des magasins longeant la rue Sainte-Catherine suivaient l’événement avec intérêt, désireux de ne rien manquer même s’ils travaillaient.Alors que l’atmosphère était à la fête et que les amateurs patientaient en attendant l’arrivée des joueurs sur scène, avenue McGill College, un avis de recherche a été lancé au micro pour retrouver le petit Peter, neuf ans, que ses parents avaient perdu dans la foule.La bonne humeur est tout de même vite revenue avec l’arrivée des cheerleaders et la présentation de leur numéro au son du succès disco des années 70, YMCA.Un à un, les joueurs se sont adressés à la foule pour la remercier et lui faire mille compliments pour l’appui quelle a donné à l’équipe tout au long de la saison.Prenant la parole, le président de l’équipe, Ellis Prince, a remis la coupe au maire de Montréal, Gérald Tremblay: «Merci, Montréal! Cette coupe est à vous», a-t-il dit en français.«Nous avons gagné parce que nous avons la meilleure équipe au Canada mais aussi parce que nous avons les meilleurs partisafis au Canada», a-t-il ajouté en anglais.De son côté, le centre arrière Bruno Heppell a voulu partager la coupe Grey avec tout le monde.«On vous aime, a-t-il hurlé aux partisans.C’est pour vous qu’on a travaillé fort pendant toute l’année.C’est pour vous qu'on est allés chercher la coupe.» L’entraîneur Don Matthews, qui a été chaleureusement applaudi, tout comme le directeur général Jim Popp, a conclu son discours enflammé par le cri de ralliement de l’équipe.En quittant la tribune, Matthews a affirmé n’avoir jamais rien vu de tel comme célébrations.«Les Yankees de New York ne sont pas fêtés comme ça quand ils gagnent la Série mondiale», a- JACQUES NADEAU LE DEVOIR Toucher à la coupe Grey, quel bonheur! t-il lancé, lui qui en était à son cinquième défilé de champions dans la Ligue canadienne de football comme entraîneur.Les joueurs ne s’attendaient pas à pareil délire.«C’est absolument incroyable», s’est exclamé Bruno Heppell.«J’avais déjà assisté à deux défilés de la coupe Stanley du Canadien, mais c’est fantastique d'en faire partie.La ville a arrêté de vivre pour nous aujourd’hui.» «Ça surpasse toutes nos attentes, a indiqué le secon-deur Stefen Reid.Montréal démontre encore qu’elle sait faire la fête.C’est sans doute le plus grand défilé de la coupe Grey de l’histoire de la Ugue canadienne.» Ni incident fâcheux ni arrestation n’ont été rapportés par le Service de police pour le premier défilé d’importance d’une équipe sportive professionnelle montréalaise depuis celui du Canadien, en 1993.L’année suivante, l’Impact avait aussi défilé au centre-ville.Avec la Presse canadienne BLOQUISTES SUITE DE LA PAGE l Ia candidat libéral Gilbert Tremblay connaît ces récriminations et les utilise.Lundi, lors d’un débat radiophonique avec M.Gagnon, il lui a demandé à maintes reprises pourquoi il n’écrivait pas clairement dans son dépliant électoral qu’il voulait faire la souveraineté.M.Gagnon se défend en entrevue.«Je suis souverainiste et je ne m’en cache pas.Mais si je parlais de ça, je me ferais dire que je ne parle pas des enjeux régionaux.» M.Gagnon .axe beaucoup sa campagne sur le bois d’œuvre.La région est durement touchée par le conflit commercial avec les États-Unis: 2300 emplois seraient affectés dims sa circonscription, soit le tiers de tous ceux qui le sont au Québec.Mauvais forum Ils seraient ainsi une cinquantaine de personnes à tenter, à des degrés divers, d’en convaincre d’autres.M.Pilote pense pouvoir attirer environ 500 personnes.S'ajoute à cela la tiédeur des troupes péquistes.En entrevue, le député Stépban Tremblay (celui qu’on tente justement de remplacer avec cette élection partielle puisqu’il a fait le saut sur la scène provinciale) est plutôt discret.11 parait débordé avec ses nouvelles responsabilités.Lorsqu’on lui demande s’il pense avoir un rôle pour rallier les troupes, il se montre peu enflammé.«Moi.publiquement, ce que je peux faire, c'est l'appuyer.Mon monde travaille pour lui, mais pas tout le monde.» Dans tout ce débat, c'est l’utilité d’avoir un parti nationaliste à Ottawa qui est surtout remise en question.Lac-Saint-Jean- Saguenay est un château fort du Bloc québécois depuis sa création: le parti a remporté la circonscription avec 65 % des voix aux dernières élections générales fédérales, contre 23 % pour le Parti liberal.11 faut remonter à 1984 pour trouver un député libéral.Avant le Bloc, on votait conservateur.On se demande maintenant s’il ne faudrait pas revenir à cette formule.«Globalement, oui, je me pose la question à savoir s'il demeure pertinent que le Bloc soit à Ottawa», lance Marc Beausoleil, un péquiste de longue date et ancien adjoint de l'ex-minisfre Jacques Brassard.«Mais c’est une interrogation qui dépasse le 9 décembre, une interrogation que tout le mouvement souverainiste doit se poser» Il croit encore qu'il est préférable, cette foisci, de voter pour le Bloc plutôt que pour le parti de Jean Chrétien, mais il faudra trouver autre chose.«Il y a un problème d’alternatives.Il faudrait un front national à Jean Chrétien et il n'y en a pas.On a parlé de la venue de Bernard Lord.Ça serait une perspective intéressante.mais elle n’est pas existante», déplore-t-il.Un autre des militants qui voteront libéral, Gilles Goulet, dit être «arrivé quasiment à la rivière»: «Plus jamais je ne serai bloquiste.» «Pour moi, le Bloc à Ottawa, ce serait terminé.Il est temps de ravoir nos conservateurs, nos bleus.» M.Pilote pousse même l’analyse plus loin.11 faut «dépolitiser» la souveraineté, croit-il.«Enlevons des mains des partis politiques l'objet de la souveraineté et remettons-la entre les mains des citoyens, comme Jacques Parizeau l'a proposé.» Cela s’applique tant au Bloc québécois, dont «l'inutilité devient presque une vérité de La Police», qu’au Parti québécois.«Lorsque le PQ a entre les mains à la fois la souveraineté et les affaires de l’Etat, il y perd son latin», illustre M.Pilote.Le maire d'Alma, Jean-Maurice Harvey, résume ainsi la situation: «Une victoire écrasante du Bloc [comme les dernières fois] serait surprenante pour tout le monde.On dirait que malgré tout, le nationalisme l'a remporté.Mais moi, je dis que ce sera beaucoup plus serré.» «C'est un comté largement nationaliste mais qui s'autocritique lui-même.» Pénurie de logements Boisclair réclame « d’urgence » une conférence fédérale-provinciale TOMMY CHOUINARD DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC uébec, Gatineau et Montréal figurent en tète de kJ liste des grandes régions du pays où il est le plus difficile de trouver à se loger.S’il en est ainsi, c’est parce que Québec ne dispose pas des pleins pouvoirs en matière d’habitatior, p.aide le ministre des Affaires municipales, André Boisclair.C'est pourquoi il réclame «d’urgence» une conférence fédérale-provinciale sur le transfert de cette compétence aux provinces.L'enquête de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, dont les résultats ont été dévoilés mardi, démontre que la pénurie de logements persiste et que les taux d’inoccupation sont au plus bas dans plusieurs villes de la province (0,3 % à Québec, 0,5 % à Gatineau et 0,7 % à Montréal).Ces chiffres sont reconnus par Québec et rejoignent ceux de la Société d’habitation du Québec, souligne M.Boisclair.Selon lui, la crise du logement exprimée par ces statistiques est telle dans plusieurs villes du pays que «le gouvernement fédéral doit convenir de rencontrer les provinces sur cette question avant le prochain budget fédéral», a-t-il indiqué hier lors d’un point de presse.Or le ministre fédéral responsable de la SCHL, David Collenette, a fait savoir récemment à Québec qu’une rencontre prévue avant Noël avec les provinces était annulée.Selon les informations obtenues par Le Devoir, le fédéral veut attendre après le printemps prochain, après le dévoilement du budget, pour tenir une telle rencontre.Le débat sur le t ansfert des responsabilités en matière d’habitation dure depuis trois ans.Si Ottawa est d’accord sur le principe, il ne s’entend pas avec Québec sur le pourcentage des fonds fédéraux qui doivent être investis à l’occasion de ce transfert de compétence.Ottawa le cl .iffre à 18 %, soit 189 millions de dollars; Québec veut 289 millions, c’est-à-dire 24 %, l’équivalent de son poids démographique au Canada.Un écart de 100 millions de dollars sépare les deux parties.«E m'importe d’aller chercher cet argent, de le mettre à contributim le plus rapidement possible pour aider ceux qui pourraient connaître des problèmes de logement en juillet prochain» et «d’investir la très grande majorité de cette somme dans la construction de logements sociaux», a-t-il affirmé.Si M.Boisclair note que la construction de logements sociaux ne se fait pas aussi rapidement que prévu, il précise que l’engagement de construire 11 500 logements sociaux d’ici cinq ans tient toujours et que les mises en chantier au Québec en 2002 sont deux fois plus élevées que la moyenne canadienne.VÉRIFICATRICE SUITE DE LA PAGE 1 Or, mardi, Bernard Landry et Pauline Marois s'étalent tous deux appuyés sur le fait que le conseil d’administration de la Caisse était constitué de «gens res-p< insables venant de divers horizons de la société québécoise» pour recommander la patience aux députés libéraux.Le premier ministre a donc changé d’idée.Annoncée au printemps 2000, la construction de l'immeuble de 600 000 pieds carrés dans le Quartier international devait coûter 102,5 millions de dollars (150 millions si on inclut le stationnement souterrain de 1200 places).Deux ans plus tard, ce montant serait passé à plus de 300 millions.La Caisse mène présentement une vérification interne.«Il y a une rumeur grave, extrêmement grave parce qu 'un triplement des coûts, ça nous ramène aux années olympiques, a admis M.Landry hier matin.Alors, ce qu’il faut savoir le plus rapidement possible, c'est quels sont les montants en cause?Le budget de départ, le budget d'aujourd’hui et le budget projeté jusqu’à completion des travaux.» Et le premier ministre a promis de ne pas se cacher la tête dans le sable si les révélations des derniers jours s’avéraient.«Si ces rumeurs étaient fondées, c’est une chose extrêmement grave, c’est une chose grave pour la crédibilité d’une institution centrale au Québec.Sur ça, que tout le monde le sache, nous n’aurons aucune complaisance, nous irons jusqu'au bout des faits, jusqu'au dernier des éventuels 300 millions.[.] Tout sera su, tout sera connu, et les responsables assumeront leurs responsabilités.» Jean Charest croit que le gouvernement ne pouvait ignorer la situation puisque le sous-ministre des Finances, Gilles Godbout, siège au conseil d’administration de la Caisse.«Les dépassements de coûts se sont foils sansqu ïl y ait personne au gouvernement qui sonne la cloche d’alarme.» Bernard Landry a répondu qu’il était possible que les membres du conseil n'aient rien su «parce que tout ne remonte pas au fur et à mesure d'un chantier de construction sur la table du conseil à chaque jour».Au bureau de la Vérificatrice générale, on a confirmé que Doris Paradis avait bel et bien reçu une lettre hier après-midi lui demandant de procéder à une «vérification complète des faits entourant l'adjudication des contrats, la gestion du projet de développement et les coûts de construction».Mme Paradis va entreprendre immédiatement des «travaux sur le sujet» et des rencontres sont déjà prévues avec «les personnes concernées à la Caisse».Bien qu’aucun échéancier ne soit fixé pour le moment, la Vérificatrice a fait savoir que ce dossier était prioritaire.Le président-directeur général de la CDP a bien accueilli la nouvelle.Par voie de communiqué, Henri-Paul Rousseau a précisé que la Vérificatrice générale «pourra bénéficier de toute la collaboration des équipes de la Caisse et de ses filiales pour la réalisation de son mandat».Il ajoute que Mme Paradis pourra consulter les résultats de l’enquête interne présentement en cours «dans le cadre du diagnostic global lancé en septembre dernier».
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.