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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2002-11-30, Collections de BAnQ.

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I> I M A \ < H K 1 I) Y.I Y M B lï K 2 ll 0 2 LE DEVOIR.LES SA M E 1> I :i O X O V E M B I! K K T THÉÂTRE JeanFrançois Casabonne L'homme qui marche Page E 3 -,—r CINEMA Sérapliin Un homme et son péehé Page E 7 ?LE DEVOIR ?CHRISTOPHE CHAT-VERRE DISQUES Pour la beauté du geste Le nouveau disque de Jean Leloup a été enregistré presque entièrement en prise directe, tout le monde en même temps dans la pièce.Grosse bouffée de vie au présent pour repousser la mort aux calendes grecques.Plus de temps à perdre quand on a 41 ans, l’esprit clair et.la barbe blanche.Instantané en pleine maturité.SYLVAIN CORMIER SJ il la laissait pousser, avoue-t-il, elle serait blanche.barbe.Ça va encore pour les cheveux, uniformément noirs.Je soulève ma casquette et lui montre les sels plus nombreux que les poivres.«Quel âge t’as?», me demande Jean Leloup.Quarante et un ans.Comme lui.«C’est fou, hein?», s’exclame-t-il.Oui.Je le revois aux Foufounes électriques avec La Sale Affaire.Fin des années 80.Festival international de rock de Montréal.La toute menue Andrée Lévesque à ses côtés.L’album Menteur sortait.Printemps-été sur les ondes.Et je le revois ensuite lors de ma première entrevue avec lui, à la sortie de L’amour est sans pitié.Shed Café.Lui hors de portée, gelé comme les cinq balles d’un barillet en contenant six.Roulette russe version rock’n’roll.Il n'est pas encore mort, c’est fou, hein?«Oui, c'est fou.» Il va même très bien.Regard clair de mardi matin à 10h30 au Rumi, rue Hutchison.Regard plus clair que le mien.Regard neuf.Ce n’est pas pour rien qu’on parle du temps qui passe.A travers le nouvel album qui nous amène là, intitulé La Vallée des réputations, le temps est partout mesuré.Dès Ballade à Toronto, la première chanson, c’est marqué.«Le temps passe et un jour on est vieux et puis seul et rien ne reste plus que la fierté d’avoir aimé correctement / ou la honte et les tourments de ne pas avoir compris à temps.» Dans Vieille France, il constate derechef «Le saint, le fou, le criminel sont tous égaux / l’homme est mortel.» Dans Promeneur, il renchérit «[.] combien de vieillards / meurent en criant regrets.» Dans Raton laveur, évoquant ces petites bêtes qui meurent le plus souvent en couple sur les routes, il en rajoute encore: «Qui sera donc, à la fin de ma vie / mon amie d'écrasement.» On appelle ça un fil conducteur.Leloup sourit chaleureusement VOIR PAGE E 2: BEAUTÉ JACQUES N/U„.1 V'Il |„.Bill DU THÉÂTRE À L'OPÉRA Dans le cadre du festival Coups de théâtre et en collaboration avec le Musée d’art contemporain de Montréal, la compagnie de créations lyriques Chants libres présente sa nouvelle production, Pacamambo, un opéra destiné aux enfants de huit à douze ans.FRANÇOIS TOUSIGNANT Pacamambo.Le public qui suit les productions de théâtre pour enfants connaît assez bien.La pièce, écrite par Wajdi Mouawad et présentée au printemps 2001, avait séduit non seulement l’auditoire mais aussi mon collègue Michel Bélair.Pauline Vaillancourt, la directrice de Chants libres, cette compagnie d’opéra contemporain qui se voue à la nouvelle création et à l’exploration de nouvelles avenues, est un jour tombée sur le texte de la pièce.Coup de cœur, coup de foudre.Voulant s'assurer que son intuition était bonne, elle a discrètement glissé le livre dans les mains de sa petite-fille.Quoi de plus logique: l'argument tient son fil dans le fait qu’une petite-fille se cloître à la mort de sa mère-grand.Même élan d’enthousiasme, partagé, qui se verra confirmé quand elles iront voir une production de la pièce de Mouawad.Voilà pour le début de l’histoire.C’est que Pauline Vaillancourt, musicienne quelle est, sent que le texte et le scénario pourraient se transposer à l’opéra Elle en parle à son ami Zack Settel qui, lui aussi, tombe sous le charme.Le résultat ne se fait pas attendre, la composition commence.Naturellement, il y a les préambules techniques d’usage.Si un Debussy a pu mettre (presque) tout le texte de Pelléas et Mélisande de Maeterlinck en musique, donc ne pas faire de livret, il fallait ici resserrer les choses pour que le spectacle ne fasse pas plus de 50 minutes, le temps d'attention que le public visé — les jeunes de huit à douze ans — peut porter non seulement à une manifestation artistique mais davantage à un univers sonore et temporel quil doit apprivoiser dans sa nouveauté.Des moments «musicaux» du texte originel sont gardés, mais on récrit en une belle collaboration, certains passages de la pièce pour la rendre plus efficace sur la scène lyrique.Le moyen choisi est simple.«Il ne faut pas confondre cette limitation volontaire de.moyens avec minimalisme de moyens, dit Pauline Vaillancourt.Trop souvent, quand on fait de la musique pour enfants, on se fait simpliste.Ici, nous avons voulu utiliser au maximum une certaine technologie — celle des sons électroniques de Zack [Settel], du traitement électronique de la voix en temps direct — et la présence de.deux instrumentistes [un flûtiste et un percussionniste] pour susciter l’imaginaire de l’enfant de manière aussi intelligente qu’artistique.» Sans parler des chanteurs, bien sûr.Opéra et drame Le sujet est cependant délicat — l’apparition de la mort dans la vie qui commence — mais parle aux enfants d’une réalité à laquelle ils sont souvent et forcément confrontés.A la mort de sa propre grand-mère, Julie s’enferme dans un placard avec le cadavre de son aïeule et son chien (dans la pièce, il s'appelle I^e Gros; dans l’opéra, il reste lœ Chien).Tout commence dans le cabinet d'un psychologue VOIR PAGE E 2: JEUNE «Pi I.K I* K V 0 I H .L K S S A M K I) I 0 V 0 V E M B R E E T I) I M A X (HE I D E ( E M B R E Culture JEUNE Former les jeunes à la création, à la nouveauté, à vouloir aller voir ailleurs SUITE DE LA PAGE E 1 une fois qu’on a retrouvé la protagoniste après trois semaines d’un tel isolement volontaire.Ix- fantôme de la décédée tente de parler à l’enfant, le chien s’en fait l’intermédiaire et tout s’entremêle pour créer un climat qui, s’il a été efficace au théâtre, porte les ressorts de construction musicale idéaux pour un opéra, suscitant et les jeux de mémoire et les «effets spéciaux» sonores (voix transformées) que l’électroacoustique sait offrir pour créer et illustrer les différents univers.Faut-il s’attendre a de la grande T, 41 JACQUES (ÎRKNIKR I.K DEVOIR Pauline Vaillancourt machinerie?“Nom avons volontairement tenté de réduire la prégnance de la technologie; ce n’est pas comme L’Enfant des glaces [un opéra précédent de Settel, que Chants libres a créé! car nous devons respecter l’univers de l’enfance.1m technologie se fait donc plus discrete.Iss sons sont ceux de Zack [Settel], l'instrumentation est fine et on joue de cela à fond pour arriver à ce qu’on veut.» Prévoit-on récidiver à l’avenir avec ce genre de production chez Chants libres quand on sait que la littérature jeunesse et le théâtre jeunesse marchent beaucoup, de même que les spectacles jeunesse de la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ)?«Cette aventure, qui était nécessaire pour moi à cette époque de ma réflexion de femme et d'artiste, est vraiment ponctuelle», affirme Pauline Vaillancourt.Bien sûr, elle souhaite que l’opéra tourne dans les écoles; il y a déjà des projets en ce sens, «mais on attend tous avec impatience de voir le résultat des premières représentations».Cependant, il ne semble pas y avoir de projets de ce type en vue.création plus pointue, usant de cet étrange mariage entre les nouvelles technologies, l’écriture instrumentale et tout le bataclan de l’audiovisuel à l’heure du numérique, reste l’appel auquel Pauline Vaillancourt veut vouer la plupart de ses énergies.Malgré l’armada de préparation Affiche de l’opéra pour enfants Pacamambo.SOURCE MBA en cahiers pédagogiques, Pauline Vaillancourt reste fermement convaincue que, comme pour le public adulte, «ce n’est pas avant un spectacle qu’il faut discuter car le spectacle doit parler de lui-même; c’est ensuite que doit s'ouvrir la discussion, que chacun peut voir comment il l’a reçu».Elle parle là-dessus de son expérience à Düsseldorf avec une présentation de L'Enfant des glaces.«On m’a de- 17e SEMAINE DE LA DRAMATURGIE DU 3 AU -T DÉCEMBRE 2002 MARDI 3 12 h 15~L'alchimie de l'écriture discussion animée par lise Vaillancourt AU THÉÂTRE DE IA VILLE À LONGUEUII avec Marie Auclair, Serge Boucher, Alain Jean, Dominick Parenteau-Lebeuf 16h~L'eau à la bouche Extraits des textes de la Semaine mise en lecture de Marie-Eve Gagnon 20 h-2025, L’ANNÉE DU SERPENT de Philippe Ducros mise en lecture ue Philippe Ducros avec Chantal Dumoulin, j Danny Gilmore, Hugo Giroux, | Alex Ivanovici, Denis Lavalou, Marie-Christine Lè-Huu, jean-Marie Moncelet, Michel Mongeau PRIME À LA CREATION 2002 DU FONDS CRATIEN CELINAS MERCREDI 4 l î h AO Etre produit ou s'autoproduire?discussion ANIMEE pah jean Denis Leduc avec Sylvain Belanger, Frédéric Dubois, Philippe Ducros, Isabelle Hubert, Marie-Christine Lè-Huu, Dominick Parenteau-Lebeuf 16 h-LfS IMMORTELS de Stéphane Hogue mise en lecture ltl Stéphane Hogue ! avec Koumba Bail, Edgar Fruitier, Anne-Catherine Lebeau, I Karyne Lemieux, Éric Loiseau, Nathalie Madore, Alexis Martin, Christophe Rapin, Félixe Ross 20h~lf RÂLE DE CRÔME I ni Marie Louise Nadeau mise EN lecture de Bertrand Alain avec Paul Patrick Charbonneau, Simone Chartrand, Martine Francke 1^ JEUDI 11 h~TANT PIS ! o'Alain Beaulieu i mise en lecture ni Rychard Thériault avec Lise Castonguay, Steve Laplante, I Luc Proulx, Isabelle Roy 13 h 30~lnfluences rencontre ANIMEE par Stéphane Lépine avec Normand Canac-Marquis, Marie-Line Laplante, Veronika Mabardi (Belgique), Yves Sioui Durand 16 h~lf GRAND NORD I n'Abla Farhoud mise en lecture di Michèle Normandin | avec Louise Bombardier, I Louise Latraverse.Alecka Myriam 20 h~/OULIKS LTE Marie-Christine Lè-Huu mise en lecture de Patrick Quintal avec Catherine Begin, Normand Bissonnette, jean-François Gascon, Charlotte Laurier, Marie-Christine Lè-Huu, jean Maheux, Aubert Pallascio Centre des auteurs dramatiques VENDREDI m 11 h~ DÉRIVES - » de Micheline Parent *®’ a mise en lecture de Danièle Panneton ' avec Élisabeth Chouvalidzé, .Claude Préfontaine 13 h 30~Monologue ou dialogue ?table ronde animée par Hélène Beauchamp avec Marie-Renée Charest, Evelyne de la Chenelière, Stanislas Cotton (Belgique), jasmine Dubé Pm 16 h~PERCEVAL •** iPall de Marie-Renée Charest i Bj mise en lecture de Ghyslain Filion t BP avec Michelle Beaudoin, Marc Béland, Éric Bernier, „ Annie Berthiaume, Clément Cazelais, Annie Charland, Bruno Mardi, Marie-France Marcotte, Hélène Mercier, Cari Poliquin, jean Turcotte | ¦ 20 h-LOUISIANE NORD * J» Zï' Tf de François Godin ^ ^ mise en lecture de Claude Poissant K _L jfl avec Émilie Bibeau, Céline Bonnier, — H Marie-France Lambert, HL fl Vincent Leclerc, Éric Paulhus SAMEDI J 13 h 30~Portraits en forme de lapins de El avec Robert Claing, Marie-Line Laplante, Louis-Dominique Lavigne, Dominick Parenteau Lebeuf, Anne-Marie Provencher ! 16 h~IACINTHE RIOUX, f 609 SAINT GABRIEL i D'Isabelle Hubert ! mise en lecture de Cari Béchard i avec Gary Boudreault, I Richard Fréchette, Mireille Thibault, Isabelle Vincent ’9 20 h~AUT0UR DE KATI N.fl de Michèle Magny fl mise en lecture de Martine Beaulne M.avec Sophie Cadieux, çjl Sylvie Drapeau, Stéphane Gagnon, “ Marie-France Marcotte, Gilles Renaud, Paul Savoie musique de Vincent Beaulne ÉCHOgmphies PORTRAITS DE L'IMAGINAIRE AU THEATRE D'AUJOURD'HUI 3900, rue Saint-Denis, Montréal 5 $ par lecture publique 5 lectures publiques pour 20 ï Entrée libre pour les autres activités RÉSERVATIONS [SI4] 282 3900 INFORMATIONS www.cead.qc.ca mandé de parler du spectacle avant la représentation.J’ai refusé, arguant qu’après, je serais tout à fait disponible.En fait, c’est contre la tendance actuelle, mais je crois qu ’il faut laisser le public découvrir et comprendre une œuvre, puis discuter de son expérience.Le résultat fut que les gens se sont rendu compte qu ’ils avaient compris bien des choses selon leur propre sensibilité, ayant entendu “leur” spectacle plutôt que le mien.C’était formidable comme moment.» Voilà à pieu près l’esprit où cette découvreuse et exploratrice, cette pasionaria de la création, veut emmener les enfants.«Ce sera le vrai verdict pour savoir si nous avons réussi: les réactions aux quatre représentations pour les enfants de lundi et mardi.» Avant de filer à une répétition, devant un bon thé lapsang-sou-chong, Pauline Vaillancourt, toujours souriante, fait quelques confessions.Elle se désole presque que sa compagnie Chants libres, désormais reconnue comme un joueur important dans le monde de la création lyrique en Europe, soit ici si peu entendue, voire reconnue.Elle prend un peu comme une sorte de camouflet le fait que la compagnie n’ait même pas reçu de nomination pour Manuscrits trouvés à Saragosse, créé l’an dernier, alors que l’opéra plus institutionnel jouit d’une énorme visibilité.Jamais de hargne cependant, seulement une philosophie tranquille, celle qui renforce la détermination d’aller plus loin.La parenthèse nous ramène à Pacamambo.«Oui, je suis ravie de faire cela, même si Chants libres vit sur de petits budgets.C’est notre manière à nous de former les jeunes à la création, à la nouveauté, à vouloir aller voir ailleurs.» Qui va arrêter Pauline Vaillancourt?Rien: en effet, ce qui semble impossible la stimule.Heureux enfants, donc, qui pourront voir cette nouvelle production.Les adultes aussi, ce dimanche après-midi, s’ils osent, comme cette vivante incarnation de l’idéal, en prendre le risque.PACAMAMBO Opéra jxnir enfants (de huit à douze ans), salle Beverly Webster-Rolf du Musée d’art contemporain de Montréal, à 15h.Renseignements: ® (514) 499-2929 ou au site Internet cl.sat.qc.ca.* J ill BEAUTE Un disque que Von reçoit à la fois au plexus et en pleine face SOURCE LEMEAC Wajdi Mouawad Sl/ITE DE LA PAGE E 1 «Depuis ce show dont tu parles, aux Foufounes, j’ai été au bout de quelques rêves.J’ai rêvé d’être riche et l’ai été.Rêvé de gloriole et l'ai vécue.C’est facile de rêver quand t’as rien.Facile d’être révolutionnaire quand t’as pas une cenne.Mais c’est quand tu as tout ce dont tu rêvais que tu décides qui t’es vraiment.C’est d’être roi et d'abandonner son trône qui est difficile.Une fois que t’as réussi ça, tes préoccupations ne sont plus les mêmes.» Ayant survécu, contre toute attente, à lui-même, ses rêves, ses excès et la roulette russe, Leloup a tout simplement décidé de vivre.Intensément, comme avant.Mais consciemment «L’idée, c’est de ne plus trop se tromper.D’arrêter d’être tatillon.Tatillon, téteux, temps.Un jour, on meurt, alors c’est quand même cave d’être cave.J'avais toujours pensé que je serais là infiniment.Et j'ai failli péter au frette.IA, je sais seulement que je suis là en ce moment, et que j'ai très envie de faire de la musique.Alors, j'en fais.» Tout simplement.Au sens de simplicité volontaire.Dénuement assumé.Leloup, sa musique et ses musiciens, tels quels, sans filtre.«Ce disque a été enregistré presque live pour la beauté du geste, contre la froideur», écrit-il en exergue de l’album, dans une marge du livret.Comprenez par là qu’il est revenu à la «méthode Hank Williams», comme il dit.Tout le monde dans le même studio en même temps, aussi longtemps qu’il faut pour que la prise soit bonne.«Ça sonne live, mais c’est le contraire d’un disque garro-ché.C’est pas des démos.C’est du travail et du travail de simplification.C’est ce qui arrive d’extraordinaire quand on joue de manière concentrée à plusieurs.Etre ensemble rythmiquement, ça veut dire être en même temps dans l’univers qu’une autre personne.Ce qui est très, très rare.Un temps commun.» Cela donne un disque que l’on reçoit à la fois au plexus et en pleine face.La voix de Leloup, avec peu ou pas d’écho, est très en avant dans le mixage.Des guitares très propres ou très sales selon les besoins le flanquent de part et d’autre.Une basse, une batterie, de temps en temps un ’f." % •KPr T i clavier bâtissent le plancher.Pas d’effets.Pas de programmations.«C’est bien, les machines, les loops, j’en ai utilisé sur d'autres disques.Mais là, j'étais en quête de la magie que produisent des humains quand ils travaillent ensemble.Au fond, depuis l’âge de onze ans, je suis un chanteur avec une guitare.Et j’aime l’idée que je peux, à tout moment, prendre ma guitare et créer quelque chose.Sans rien.Sans électricité, sans LG-2, sans dépendance.Et avec ma voix et une guitare, je peux communiquer.Alors, autant communiquer avec des musiciens.» Pour la première fois, un album de Leloup paraît «sous licence», c’est-à-dire que l’artiste a livré un produit fini à une compagnie de disques (Audiogram, en l’occurrence, qui soutient Leloup depuis le début).Une sorte de souveraineté-association, quoi.Première parution sur l’étiquette Roi Pon-pon, donc.«C’était mieux comme ça.Tu ne peux pas toujours donner aux gens des chèques en blanc.Là.c’est moi qui étais responsable.Et j’ai découvert que j’aimais ça, la responsabilité.Pour certaines chansons, on a joué sans arrêt pendant des jours jusqu’à ce que je sois content.Ça me coûtait cher et je le savais.C’est ça, vivre.Tu prends tes risques et tu manges ta marde si ça rate.Ou bien tu réussis et tu fais exactement l'album que tu voulais faire, je pense que j’y suis presque parvenu.Il y a encore deux ou trois chansons que je referais.Et je les referai.» Sans tarder, LA VALLÉE DES RÉPUTATIONS Jean Leloup Roi Ponjxm/Audiogram (Sélect) 7*1 CHRISTOPHE CHAT-VERRE Jean Leloup: «Au fond, depuis l’âge de onze ans, je suis un chanteur avec une guitare.Et j’aime l’idée que je peux, à tout moment, prendre ma guitare et créer quelque chose.Sans rien.» COUPS DE THÉÂTRE QUI FRAPPENT FORT ET LOIN ! ï « \ y s k «H Montréal sera l’hôte du 15* Congrès et festival mondial des Théâtres pour l’enfance et la jeunesse.ASSITEJ International a confié au Festival Les Coups de Théâtre l'organisation de cette fêté du théâtre jeune public qui a lieu tous les trois ans et qui rassemble des participants de 75 pays répartis sur les cinq continents.Une première en Amérique ! ^ ; ¦ - i Montréal accueille le monde entier au printemps 2005 ! www.coupsdetheatre.comwww.assitejcanada.orgwww.assitej.org (>;T* m mm •**' LS Sa i K I) L V (Ml!.L K n S A M K 1* I (» N V 1- M 14 H l> I M A \ t 11 1 l> Y ( 1 M 14 t; 1 J U urt ‘0 ?T H K A T K K L’homme qui marche Changer de rythme pour mieux voir et mieux vivre Depuis une dizaine d’années, JeanFrançois Casabonne parcourt à pied pays et paysages.La Traversée - Oratorio pour voix humaines, qui lui a été inspiré par l’une de ses pérégrinations, est son premier texte dramatique.Il avait déjà publié un récit (Du cœur aux pieds, 1999), un roman (Jésus de Chicoutimi, 2001) ainsi que plusieurs textes dans des revues littéraires et des ouvrages collectifs.Il évoque ici le sens de son Oratorio.h / Cx SOLANGE LEVESQUE Pour JeanFrançois Casabonne, la vie que nous menons est comparable avec un voyage en auto: le rythme en est si rapide que nous n’avons pas le temps de voir venir et d’apprécier ce qui se passe autour de nous.En revanche, celui qui fait, littéralement, un trajet à pied découvre plein de choses qu'il n’aurait pas vues autrement; il a le temps de se laisser dériver dans toutes sortes de réflexions, de s’abandonner à des expériences sensorielles d’une grande richesse.En 1992, JeanFrançois Casabonne a franchi seul à pied la distance entre Montréal et Saint-Jean-Port-Joli.En 1997, il a fait le trajet en sens inverse, partant cette fois de Carleton, en Gaspésie, sur la route 132 qui longe le fleuve Saint-Laurent Il a également beaucoup mar-çhé en France, en Israël et en Egypte.JeanFrançois Casabonne a la conviction que marche et démarche intérieure convergent.Avancer, découvrir, aller vers quelqu'un ou quelque chose semblent être pour cet artiste en recherche un mouvement salvateur dans lequel il puise non seulement son inspiration mais une raison supplémentaire de vivre.Un pont «La marche est une sorte de découverte perpétuelle.Il y a en elle un caractère ludique, explique-t-il.La Traversée est plus un “texte théâtral fait pour être dit" qu’une pjèce traditionnelle.C’est l’histoire d’Elie et d’E-lise.un Iromme et une femme qui ont chacun un caractère bien marqué et qui avancent ensemble vers un “là-bas" qui correspond à Noël.L’ombre du chemin les accompagne dans leur périple et ils seront visités par un personnage nommé Kwé, qui incarne autant le visible que l’invisible.» JeanFrançois Casabonne décrit la Traversée comme un éloge à ce qui nous échappe, une avancée vers le mystère qui demeure au-delà des croyances, un acte d’humilité.Elie et Elise sont aux prises avec toutes sortes de contradictions, ils rencontrent des oppositions: «Il faut qu 'ils apprennent à cesser de lutter contre les différences pour acquérir un respect face à ce qui leur semble étranger.» Dans toute expérience, selon l’auteur-metteur en scène, il faut laisser place à l'étranger en soi et en l’autre, que ce soit dans une relation amoureuse, dans l'escalade d'une falaise ou dans la conquête de la lame.«C’est ce que [essaie de dire à travers des structures marquées par des ruptures de ton.La Traversée, c'est une espèce d’album de voyage non chronologique.un regard stroboscopique posé sur les paysages intérieurs." le spectacle aurait pu s'appeler «L'Humanité en marche» ou «L’Ode à la mouvance intérieure».«En effet, l’homme et la femme portent l’humanité dans leurs différences.Aujourd'hui, le mouvement collectif des humains parait fragmenté, et l’objectif collectif, qui est la paix, demeure secret: voilà ce qui est sous-jacent au spectacle», explique l’auteur, qui assure egalement la mise en scène de la pièce en collaboration avec les deux autres interprètes et la régisseuse, en plus d’y jouer un personnage.«La Traversée suit une trame: d’abord, les personnages sont séduits et exaltés par l’aventure qui les porte: ensuite, ils rencontrent des désillusions: enfin, ils trouvent leur voie.» JeanFrançois Casabonne tutoie la métaphore.Réinterprétant la parabole de Platon à sa manière, il croit que l’homme est lui-même une caverne à explorer.D a la foi, il croit aux ponts; il a la conviction qu’on a intérêt à nourrir notre désir d’être des ponts, à unir nos actions, à de venir des semeurs, à adopter «l'action du pollen», à laisser parler le silence.et il n'ignore pas toute l’audace qu’il faut pour y arriver.H s’interroge beaucoup sur la liberté et sur les moyens de rendre la poésie accessible.«Je suis conscient de la difficulté de cette démarche qui exige que l’acteur, autant que le spectateur, s’affranchisse de ses préjugés.» La tragédie du 11 septembre 2001 l’a marqué; «Les gens se révèlent davantage dans les situations extrêmes; j’ai été estomaqué par la diversité des réactions qui ont suivi, remarque-t-il.En dehors des événements extrêmes, il y a comme une anesthésie: on dirait que les gens ont peur de s'engager, de risquer de s'exprimer et d’aimer.» Changer le monde, c'est peut-être un peu beaucoup; mais quand même, en toute modestie, JeanFrançois Casabonne souhaiterait bien changer certaines choses dans le monde.«Entendez-vous le tic-tac de la démission / Sentez-vous s’infiltrer en nous l’autocensure / Pourtant le verbe toujours se fait chair/ Mais mon Dieu que Dieu n’y est pour rien», écrit-il dans un Une création du TUéatre irancais du Centre national des Arts en coorodaction avec BBU.compagnie de création.DêCOR tf Ml» étSCENE PE Denis Marteau .JQC (¦ ùAltr " % hi Pierre lebeau « Alexis Martin QuébecS 'Hè mutât) MUNCH rfTF P’HOMMÉ MM tfS C*f *TU* D’UNf ffMMf 11% «AVU*f ClAAtt MUNCH MUNCH ClUNÛttN *0*0 •'HOTO OMUSÜ Mt 'V', inj .-/ - «A Af*' ç /À -m G / ?;*/,! ,7/.r//u>7'Vi 7AÎ7\C>', , *, m JA( QUI S (ÎRLNÎKR I I DLVOIK JeanFrançois Casabonne explique que «La Traversée suit une trame: d’abord, les personnages sont séduits et exaltés par l’aventure qui les porte; ensuite, ils rencontrent des désillusions; enfin, ils trouvent leur voie».poème inclus dans Ix II septembre des poètes du Québec, publié récemment chez Trait d’Union.LA TRAVERSÉE Texte de JeanFrançois Casabonne mis en scène par l’auteur et par les deux autres interprètes, Annick Bergeron et Roch Aubert, ainsi que par la régisseuse Annick Asselin.Mérédith Caron assure décors et costumes, André Rioux.les éclairages, et larsen Lupin, le son.Une production de la compagnie Parole plus inc., présentée dès mardi prochain le 3 décembre jusqu’au 21 décembre 2002 à la Salle intime du Théâtre Prospero.Renseignements: tr (514) 526d582.Théâtre Denise-Pelletier 4353 rue Sainte- Catherine Le Groupe de La VeilTee présente en reprise La Nuit des tribades de Per Olov Enquist Mise en scène Téo Spychalski Avec Gabriel Arcand, Anouk Simard, Marie-Claude Gamache, Marcel Pomerlo L'univers trouble de Strindberg et de Siri Von Essen.Un duel cruel et sarcastique.de Robert Pinget du 3 au 21 décembre 2002 à la Salle Fred-Barry à 19H30 avec : Denis Gravereaux Gaétan Nadeau «t David Perreault Nlnacs t lumières bel* Sophie Pardo Claude Chabot Pierre Plante : costumes : dispositif scénique : bande-son Jean-Marie Papapletro : mise en scène ¦ \ une production du Théâtre de Fortune P**' eCeat* *• wl iSiip Pf J fe 12,13 > trnune est C-* du 19 novembre au 14 décembre à 1‘ Samedi ei w u “— ¦-"‘“SÆÜ.âSS-S** 'SüTsTtodio-Omadt Espace Libre.514.521.4191 4 R «qtftMÈUM o-aa J» ! TTair Québec r m E I» E V 0 1 H .I K S S A M K I» I A 0 X 0 \ K M B R K K I I) I M A \ » H K l> K ( h M B B K J (I 0 full lire n A \ S K Quartet H ith One, chorégraphie d’Ann Van den BroecL, avec Sophie Janssens et quelques musiciens sur scène.SOU Hi I lANUKNTK Qui s’assemble ne se ressemble pas Quartet With One: chassé-croisé de complicités et de différences FREDERIQUE DOYON Elles ont fait connaissance à Anvers, se sont suivies à Rotterdam puis se sont quittées à Amsterdam.Elles se retrouvent à Montréal dans une chorégraphie qui s’inspire autant de l'amitié qui les unit que de la distance qui les sépare.Sophie Janssens et Ann Van den Broeck sont toutes deux danseuses d’origine flamande.Mais le destin a voulu que l’une demeure danseuse et devienne québécoise et que l’autre demeure flamande et devienne chorégraphe.Ce chassé-croisé de leurs complicités et différences prend vie dans Quartet With One, présenté à Tangente dans le cadre de la série Danséchange.Entorse Habituellement, Danséchange fait cohabiter, dans des œuvres distinctes, des artistes de même origine — étrangère — mais dont l'un(e) est installé(e) à Montréal.L’amitié de Sophie et Ann fait exception à la règle puisque les deux jeunes femmes partagent non seulement la même scène mais aussi la même chorégraphie.Paradoxalement, cette petite entorse à l'usage donne la pleine mesure du concept derrière Danséchange: jumeler des visions artistiques à travers leurs similarités et leurs différences.Or c’est exactement ce qu’ont expérimenté Sophie Janssens et Ann Van den Broeck.Curieusement, la distance géographique qui les séparait a été facilement abolie en cette ère du virtuel et des télécommunications.«Comme on ne se voyait pas souvent, on s’est envoyé des cassettes vidéo, des e-mails, pour échanger des idées», déclare Janssens le plus simplement du monde.C’est plutôt la distance émotionnelle qui a généré des conflits tout en donnant matière à la création.«Ann et moi, on est très différentes, confie-t-elle.Elle est très explosive, terre à terre, groundée.Moi.je suis plus aérienne.Parfois, il y a des confrontations, mais il y a un respect mutuel.Sophie Janssens vit à Montréal depuis 1996.Elle danse tantôt pour Lynda Gaudreau.Ireni Stamou, Howard Richard, José Navas, tantôt pour le cinema ou la télévision.Elle a d'ailleurs participé à une scene du dernier film de Léa Pool, Maripoza Azul.Elle chérie sa liberté d'interprète pigiste et la variété des expériences qui en découlent.Ann Van den Broeck a longtemps dansé pour la compagnie néerlandaise Krisztina de Châtel.Son objectif: devenir chorégraphe.Elle a donc travaillé trois ans pour la compagnie Charleroi-Danse de Bruxelles, où elle a exploré le travail d’improvisation, crucial dans une démarche de création.Puis, elle est revenue au bercail, à Anvers.en 2001, pour fonder sa propre compagnie et amorcer sa carrière de chorégraphe.Chorégraphe de Quartet With One, «Ann voulait justement travailler avec ces différences, à plusieurs niveaux, explique Janssens.Puis, il y a des moments où on essaie de se rejoindre, d’entrer dans l'univers de l'autre, un peu comme un dialogue».Mais au-delà des différences de personnalité et de parcours artistique, c’est la divergence profonde de leurs méthodes et allégeances artistiques propres qui nourrit Quartet With One.Cette divergence reflète une dualité prégnante dans le monde de la danse: le formalisme et la structure par rapport à l’improvisation.«Nos manières de travailler sont aussi très opposées, rapporte Janssens Ann est une chorégraphe de structure.À l’intérieur [de cette structure], tu peux trouver une liberté.Mais sa danse n’est pas basée sur l’impro, comme pour moi.La pièce est basée sur une phrase de mouvements qu’elle a faite au début, et après, j’ai eu la liberté de la faire à ma manière, autrement.» Complicités diverses Si Ann Van den Broeck a impost' la structure chorégraphique, Sophie Janssens a pour sa part choisi l’élément qui allait donner le ton à Quartet With One.Chacune a ainsi pu répondre à ses désirs les plus chers.«Ann voulait chorégraphier, moi, je voulais travailler avec un musicien d’ici — c’est mon chum, en fait, mais il connaît bien la danse», justifie Janssens.Son copain, c’est Yvon Plouffe, batteur et percussionniste pour plusieurs artistes rœ connus du jazz, de musiques du monde ou de chanson populaire: Karen Young, Kashtin, Guy Na-don, Sylvain Cossette, pour n’en nommer que quelques-uns.Le tandem musical se complète avec Rex Ix>bo, pianiste néerlandais avec qui Ann Van den Broeck a souvent collaboré auparavant Au chassé-croisé des amitiés et des variantes artistiques s'ajoute celui de deux musiciens-compositeurs sur scène, à l’écoute des corps et des sons.«J’aime beaucoup ça, des musiciens live sur scène, commente Janssens.C’est super inspirant et énergisant, aussi, le contact qu’on a avec les musiciens: on les suit autant qu ’ils nous suivent.» Ce nouveau dialogue, qui se superpose' au premier, a aussi son lot de contradictions.«La batterie et le piano sont deux opposés, en fait», souligneM-elle.Di pièce a d’abord été présentée en novembre dernier à La Haye, ckuis le cadre du festival Ca Dance.«Ç'a été très bien reçu, juge Sophie Janssens.Les gens ont beaucoup aimé la pureté de la musique et la danse.Souvent, on veut ajouter beaucoup de choses, d'autres médias, et les gens ont apprécié de retrouver une simplicité.» I lue première de bon augure pour la suite de ce dialogue à quatre qui a déjà une petite tournée européenne en perspective.QUARTET WITH ONE D’Ann Van den Broeck I )u T> au 8 décembre à Tangente Self-Portrait de Lionel Doe Une Installation de vidéo et Pixel vision -V, .-1 # 1 UNE CREATION DE LA COMPAGNIE LOUISE BÉDARD DANSE PRÉSENTÉE PAR LA CHAPELLE en SUPPLÉMENTAIRES LES 4, s ft.7 DECEMBRE Vernissage: le 3 décembre à 17 h 30 Exposition du 3 au 21 décembre, du mercredi au samedi, de 16à 22h, au MAI (Montréal, arts interculturels) 3 680, rueJeanne-ManceTél,:982.1812 Le MAI remercie b Ville de Montréal Le Devoir.The Mirror et Emploi-Québec, danse## JL/danse «Une pièce brûlante de passion (.)» Ballettanz International «Dès les premiers instants, il était clair qu'on avait affaire à du grand art.» Dance Magazine, New York Compagnie Flak, José Navas HAMAN/NAVAS PROJECT 28, 29, 30 NOV-20H À I'.* v.cenTRe pierre-péladeau SALLE PIERRE MERCURE BILLETS (514) 987-6Î ADMISSION (514) 790 extraordinaire al ] ~r I 1 £h«'5 compositional beatj’ Szporeç_HO^J La compagnie Louise Bedard Danse présente une exposition des œuvres de TINA MODOTTI photographies 1924-1929 DU 8 NOVEMBRE AU 8 DÉCEMBRE 2002 Maison de la culture du Plateau Mont Royal 465.avenue du Mont-Royal Est Tel.: 514-872-2266 elles UNE CHORÉGRAPHIE DE LOUISE BÉDARD INSPIRÉE DES PHOTOGRAPHIES DE TINA MODOTTI INTERPRETES LOUISE BÉDARD.SOPHIE CORRIVEAU CONSEILLÈRE ARTISTIQUE CIJJELLE CHAGNON FILM PIERRE HÉBERT MUSIQUE ANA LARA ENVIRONNEMENT SONORE MICHEL F.CÔTÉ COSTUMES ANGELO BARSETTI LUMIERES SONOYO NISHIKAWA DU 20 AU 30 NOVEMBRE 2002 À 20H :¦ 1 PU ADCI I C AU SAMEDI UtlArLLLt 3700.rue Saint Dominique ÎS CENES Cil TEMP OR AIN ES Réservations : S14-843 7738 Billets 22 S.etudiant/age d or 17 S.groupe 10 S Québec » nn |*| mm mm m ¦ .x£> 1>K1.1 Ville de Montréal ! E I» E VOIR.L K S S M fc I) I K V O V E M B R E ET 1) I M X CHE I ' I) E C E M b R E 2 it Culture CINÉMA FRANÇAIS C’est bien de faire court La Cinémathèque présente les courts métrages de Laurent Cantet, François Ozon et Laetitia Masson MARTIN HILODEAU Les festivals d’ici l’ont largement démontré par le passé: les Français sont des as du court métrage.Il faut cependant préciser que les cinéastes de l’Hexagone disposent a ce chapitre d’une infrastructure de production et de diffusion a faire pâlir d’envie bien des pays, le nôtre en premier.Au delà de l’envie, il y a l’admiration, sentiment qui anime la Cinémathèque québécoise à l’heure où celle-ci propose, du 5 au 10 décembre, un cycle composé d'une vingtaine de courts métrages réalisés entre 1989 et 2001, dans lesquels se profilent, à des degrés divers, les thèmes de l’identité (te Mains, un must signé Christophe Loizillon), de l’appartenance (Sa-lam, de Souad El-Bouhati), de la transgression (te Filles de mon pays, d'Yves Caumon).Rassemblés par le rédacteur en chef de Bref— magazine publié par l’Agence du court métrage — et Marie-Claude haselle, rédactri- ce en chef de la revue 24 images, une partie de ces courts sont l’œuvre de cinéastes qui ont par la suite fait leurs preuves du côté du long: durent Cantet (Jeux de plage), François Ozon (Une robe d’été, Scènes de lit).Pascale F'erran (Le Baiser, Un diner avec monsieur Boy et la femme qui aime Jésus), Laetitia Masson, Emmanuel Finkiel (Madame Jacques sur la Croisette), Arnaud Desplechin (Im Vie des morts).Kermabon et Loiselle se gardent bien, toutefois, de réduire le court à un rite de passage: «Il nous semble au contraire que la valeur de ces courts métrages réside d’abord dans leurs qualités intrinsèques, qu’ils sont des films tout court, des œuvres à part entière, épousant une durée en parfaite adéquation avec leur propos», affirme dans la Revue de la Cinémathèque le programmateur Jacques Kermabon, qui sera à Montréal la semaine prochaine afin de présenter chacun des programmes.Pour le cinéphile, «La France fWÆx Ce vieux rêve qui bouge, d’Alain Guiraudie, sera présenté le jeudi 5 décembre, à 20H30.Scènes de lit, de François Ozon.SOURCE CINEMATHEQUE tout court» constitue cependant une sorte de jeu de pistes par lequel on reconnaît les tempéraments des cinéastes qu’on a connus par leurs premiers longs métrages.Par exemple, dans Jeux de plage, Laurent Cantet, cinq ans avant de signer ses premiers longs métrages, installe la géométrie dramatique père-fils au cœur de Ressources humaines, faufilée aussi dans L’Emploi du temps.Le cinéaste met en scène un père et son fils Galil Lespert, qu’on retrouvera dans Ressources humaines) à l’heure de la séparation: en vacances avec ses parents, Eric, 18 ans, leur fausse compagnie pour se joindre uqam.ca à une équipe de campeurs.Animé de sentiments dont on ignore la nature, son père le suit, l’épie, à la manière d’une proie fascinée par son prédateur.On retrouve ici, dans la manière précise de filmer, les couches de sens superposées qui font la qualité du cinéma de Cantet.Laetitia Masson et François Qzon aussi sont reconnaissables.A travers un vibrant journal intime composé de dix lettres envoyées à celle qui l’a quittée (Je suis venue te dire), la première affiche déjà son goût pour les récits hallucinés et les montages à la hache, révélée plus tard dans En avoir (ou pas) et À vendre.Dans le style ludique qui lui est propre, le second a fdmé dans Une robe d’été une chaîne de désir formée de deux garçons en vacances, amants circonstanciels, et d’une belle Espagnole qui, en séduisant l’un des deux, ravive sa flamme pour l’autre.Tout ça raconté d’une manière outrageuse qui, comme toujours chez le cinéaste de Gouttes d’eau sur pierres brûlantes et 8 femmes, frise le maniérisme sans nous convaincre complètement de la vacuité de l’affaire.Pour sa part, Pascale Ferran (Petits arrangements avec les morts, L’Age des possibles) aime SOURCE CINEMATHEQUE les tableaux larges et les histoires immobiles.En témoigne déjà Le Baiser, un film-collage ludique, entre Doisneau et Warhol, dans lequel la cinéaste a filmé le baiser d’une vingtaine de couples, origines, orientations sexuelles et âges confondus.Cette dernière formule résume bien la richesse et la variété de ce bouquet de courts métrages que nous propose la Cinémathèque.LA FRANCE TOUT COURT Du 5 au 10 décembre Cinémathèque québécoise Renseignements: (514) 842-9768 ou www.cinematheque.qc.ca CINÉMA Colloque Penser les transferts culturels: pratiques et discours du pluralisme Poétique des"langues dans les Amériques Àméricanité et ;hi ves ! ex es de 1 autre fligratio Fluidité des appartenances §§ Ce Ce colloque aura lieu du 3 au 6 décembre 2002.Il fait partie du Symposium Brésil @ Montréal organisé conjointement par l'Université du Québec à Montréal, le Centre interuniversitaire d'études sur les lettres, les arts et les traditions (CELAT) et le Conseil international d'études canadiennes (CIEC).Lieu UQAM, Pavillon Athanase-David, 1440, rue Saint-Denis (local D-R200), Montréal Coût 30$ (entrée libre pour les étudiants) Conférenciers Bernard Andrés, Zilé Bernd, Gérard Bouchard, Michelle Cadoret, Jean-François Côté, Suzanne Crosta, Euridice Figueiredo, Danielle Forget, Richard Gagnon, Simon Harel, Gilberto Lacerda Santos, Jocelyn Létourneau, Janet Paterson, Marie Paumier, Maria Bernadette Porto, Francine Saillant, Silviano Santiago, Sherry Simon, Anthony Wall.Soirées à la Cinémathèque En parallèle, un hommage au réalisateur brésilien Walter Salles se tient à la Cinémathèque québécoise les 4, 5 et 7 décembre.Cet événement est sous l'égide du Centre interuniversitaire d'études sur les lettres, les arts et les traditions (CELAT) et du Conseil international d’études canadiennes (CIEC), en association avec le Centre d'études et de recherches sur le Brésil (CERB).Il est organisé en collaboration avec l'équipe Le Soi et l'Autre, la Chaire de recherche du Canada en esthétique et poétique, la Faculté des lettres, langues et communications, la Faculté des sciences humaines, l'Association internationale des études québécoises (AIEQ), l'Association brésilienne d'études canadiennes (ABECAN) et la Cinémathèque québécoise.Renseignements (514) 987-3000 poste 1664 Courriel : bresilAmontreal@uqam.ca Web: http://bresilAmontreal.uqam.ca > Faites plus amples connaissances SOURCE PARAMOUNT L'histoire A'Extreme Ops est celle d’un directeur commercial qui entraîne une équipe de jeunes intrépides dans les Alpes pour obtenir des images d'athlètes skiant au devant d’une avalanche.Extrêmement ado UQÀM EXTREME OPS Réalisation: Christian Duguay.Scénario: Michael Zaidan.Avec Devon Sawa.Bridgette Wilson-Sampras, Rupert Graves, Rufus Sewell, Heino F'erch, Joe Abso-lom, Jana Pallaske.Liliana Komo-rowska.Image: Hannes Hubach.Musique: Normand Corbeil et Stanislas Syrewicz.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR On n’a rien contre Christian Duguay, un de nos rares cinéastes québécois à avoir fait carrière à Hollywood.Même qu’on suit sa carrière, se forçant à aller voir des films d’action, de science-fiction.de tout ce qu’on voudra parce qu'U est derrière.On a applaudi à sa minisérie Joan of Arc, vu les Scanners.The Art of War.The Assignment (tourné à Montréal).La bonne volonté est là, l’esprit de clan aussi, mais arrivé à Extreme Ops, la pauvre critique crie: pitié! S’agit-il d’un film pour les critiques, au fait?Point du tout.La clientèle visée est adolescente et peut-être trouvera-t-elle son compte dans ce film trépidant qui marie les sports extrêmes à un triller politique en tournant les coins à une vitesse folle.L’histoire est celle d’un directeur commercial (Rufùs Sewell) qui entraîne une équipe de jeunes intrépides dans les Alpes pour obtenir des images d'athlètes skiant au devant d'une avalanche.Comment ces risque-tout se retrouveront dans la mire d'un criminel de guerre serbe en cavale pour se voir poursuivis par des vilains à travers les neiges des Alpes, tel est le sujet d'Extreme Ops.On reconnaît Duguay dans son goût pour les décors inquiétants et décrépits à la Scanners.L’hôtel de glace alpin avec ses tuyaux apparents possède d'ailleurs du chien.L'action est au poste de la première à la dernière image avec des cascades neigeuses sans fin, mais quel scénario simpliste! Ses acteurs ne défoncent rien non plus: même l’Allemand Heino F’erch, habituellement si puissant.Aucun des héros n’apparaît sympathique, surtout pas Rufus Sewell au sourire en rictus qui décourage tout le monde de s’identifier à lui.Seuls les petits jeunots foufous (incarnés par Devon Sawa et Jana Pallaske) sont un peu rigolos.Le reste de la distribution semble bien terne.Reste le plaisir éprouvé par les amateurs de sports extrêmes à voir filer des skieurs plus vite que 1 avalanche et à suivre une action qui déboule sans arrêt.On n'est pas loin de la série B pour autant Ce film parait destiné aux ados, certes, mais à eux seuls vraiment E I) E V O 1 R .I.E S S A M E I) I AO N O V E M H K E El 0 I MA \ ( Ht I I» E t E M R li I o O K 7 / Culture - Pour rhormrc compte*, consuttei u m* cinema Legends e x Centris horaires S14 847 2206 www.ex-centris.com CINÉ M A Uamour dans les Pays-d’en-Haut Binamé a fait basculer le récit vers l’histoire d'amour impossible de Donalda et Alexis Labranche, à qui la jeune femme avait promis son cœur "1 y. Place des Arts Québec u LE Devoir Ministère de I» Culture et des Communications Québec nn ci n musicaction r«ndl A M nuKjja du C AIlAèlrl n SAO Groupe PLB LAMPION L E 1* t: V O I K .L t S S A M K I) I :> 0 V t> \ Y M K li Y.K T I) I M A N ( Il Y I Il K l K M li H I (I II 1 K 0 JAZZ HT BLI ES Les racines de Rob Lutes VITRINE D I 1) 1 S 1} l K Sincère et poignant SERGE TRUFFAIT LE DEVOIR Le Montreal musical a quelque chose de curieux.D étrange.On le sait, grosso modo causant, partagé entre deux univers.D'un côte les anglophones, de l'autre les francophones.Dans le jaaz.les deux souvent se côtoient et parfois se mélangent.Dans l’acoustique, il en va autrement.Lorsque les locuteurs qui déclinent en français s'emparent des six cordes non électrifiées, ils penchent fréquemment vers le cubain-brésilien-gitan et consorts.Lorsque les sujets qui détaillent en anglais grattent les six cordes, ils ponctuent leurs propos en blues, en country, en folk, en jazz, le vieux jazz des années 30.Pour faire court, nos amis anglophones s'appuient sur ce qu'ils nomment les roots.On sait trop peu que, sur ce front, ici à Montréal, nous sommes choyés.Il y a Stephen Barry, Michael Jerome Brown, Susie Arioli, Jordan Officer, Ray Bonneville, Robert David.Ul’ Buck, Colin Perry et.qui?Rob Lutes, qui nous propose ces jours-ci un nouvel album intitulé Middle Ground sur étiquette Zeb Productions.Avant tout, on tient à mettre en lumière un de ces vices dont Lutes et les autres membres de sa famille musicale font les frais.Cette nouvelle production est disponible chez Archambault, peut-être chez Renaud-Bray mais point chez HMV.Cette chaîne, énorme comme on le sait, a décidé de ne pas proposer cet album.Cet arrêt n’a rien à voir avec la qualité de Middle Ground mais bien avec le “dollar de qualité totale».Zeb Productions n’ayant pas les moyens d’acheter de l’espace dans tous les magasins — oui! cela s’achete —, les zigotos-zigomars du merchandising de HMV, la compagnie qui a drôlement augmenté ses prix depuis la faillite de Sam, ont dit: pas question! Ça fait que.pour mettre la main sur les albums des artistes nommés, on vous suggère Archambault La contrariété économique mise de côté, Rob Lutes, dans le genre roots, signe un excellent album.C’est clair, aéré, limpide, frais comme les fleurs des champs.C’est littéraire.Cest aussi typiquement Canadian.On s’explique.Ce bonhomme physiquement grand est né à Toronto en 1968.Lorsqu'il avait un an, ses parents se sont installés au Nouveau-Brunswick, dans un petit village, Eats Riverside, situé dans le sud de cette pro vince.Quand il était gamin, ses frères et sœurs écoutaient beaucoup de ces musiques qui ont fait le succès de Bob Dylan et du grand groupe Canadian.On a nommé The Band.Depuis qu’il a cinq ans, Lutes chante et joue de la guitare.Autrement dit, cela fait une paye qu’il se consacre à son art Evidemment, pour émailler le tout, pour raconter des histoires, pour bien les raconter, l’expérience du monde, le frottement aux humains et à ses machines, ses administrations, sont incontournables à moins de vouloir faire de la science-fiction.On dit ça pour mieux souligner qu’après avoir obtenu un bac en littérature et un autre en journalisme, Lutes, comme Ray Bonneville d’ailleurs, a posé ses valises ici et là.Long périple en Europe avant d’être surveillant de nuit dans une maison de correction à Toronto, ouvrier dans une fabrique de pain, etc.Après quoi, il y a dix ans de cela, il s’est SOURCE PRODUCTIONS ZEB Depuis qu’il a cinq ans.Lutes chante et joue de la guitare.Autrement dit, cela fait une paye qu’il se consacre à son art.installé à Montréal.Jusqu’à tout récemment, il travaillait comme rédacteur dans une maison d'édition.Là, il a décidé de faire de la musique, de vivre de la musique.Le succès de son premier album Gravity aidant, il a pénétré dans ce réseau trop méconnu de la musique nord-américaine.CQFD: il commence à jouer un peu partout.Avec Middle Ground, il vient de franchir une étape.lz* premier opus était davantage le disque d’un homme que celui d’un groupe.Avec son dernier.Lutes nous présente son b;uid.Ses compagnons sont en effet plus présents.Ils s’appellent Rob MacDonald a la mandoline, au dobro et aux guitares, Tony Cuco à la basse et à la contrebasse, R D.Harris à la batterie et Bob Stagg à la B3, au wurlitzer et à l’accordéon.Préciser les instruments employés, c’est illustrer ou révéler le style, l’esthétique choisie par Lutes.Son album sera familier à ceux qui aiment Dylan, le blues acoustique, les histoires à la Johnny Cash ou les lenteurs de Joni Mitchell.Lutes excelle, côté composition, dans la simplicité et s’affirme, pour ce qui est des mots, comme un grand raconteur.Middle Ground a ceci de réussi qu’il s’écoute à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit Middle Ground est un bon compagnon.Faut savourer le morceau-titre qui.«1 saw those engines roaring across a high place / The clouds of smoke enthralled the crowd / But my eyes were searching the earth for your face.» Monument d’éclectisme BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR été dernier, au cours des FrancoFolies de Montréal, Groovy Aardvark a fait s’écar-quiller plusieurs paires d’yeux lors de son concert extérieur sur la grande scène.Il y avait sur place les fidèles fans du groupe, mais la foule, immense, était formée de M.et Mme Tout-le-mon-de, qui ont bien dû se rendre à l’évidence que Groovy Aardvark sait faire les choses en grand comme n’importe lequel des groupes mieux connus d’ici.Avec la sortie d’un premier album de matériel inédit en quatre ans, sur Masothérapie, les vétérans du rock alternatif québécois auront l’occasion de vérifier s’ils ont de nouveaux acquis.Tout juste avant de s’enfuir du côté de Saint-Zénon enregistrer la suite de Oryctérope — ils ont pondu depuis Exit Stage Dive (1999), un album en concert, et Fast Times at Longueuil High (2000), d’anciennes maquettes retapées par les membres originaux du groupe —, Groovy s’est payé une grosse fête populaire, portée par l’immense dose d’énergie et une section de cuivres qu’autrement, sans l’invitation des Francos, la formation n’aurait jamais pu se permettre.Le concert estival aura laissé des traces.Masothérapie se ressent de cette aventure où plusieurs ont découvert un groupe fort d’un éclectisme épatant, imposant son rock lourd tout en laissant librement vibrer sa corde folklorique et ses influences multiples.Plus rock, élagué des fioritures qui irritaient ceux qui, comme nous, tiquaient devant la tendance progressive du groupe pour les digressions plus tech- niques.Plus brut, le Groovy nouveau est un des plus solides de leur discographie.Parlant du concert de l’été, Vince Peake, chanteur et bassiste du groupe, explique que «c'est un peu irréel tout ça.Ça tombait bien, de faire un aussi gros show, juste avant d’aller en studio; ça nous a “rétorqués" d’aplomb».Premier lundi occupé de la case des Francos, la soirée Groovy, Mononc’ Serge et Galaxie 500, la plus alternative du festival, a fait un tabac.«Ça nous a permis de collaborer avec les cuivres, qui se retrouvent sur l’album.» Une sauce pimentée Le nouvel album contient des pièces jouées en concert depuis un moment: J’m’en aile et Ma-shoogarnotte, une pièce puissante, pimentée de banjo, qui aborde les moisissures du frigo pour parler de pauvreté.Aussi, on y retrouve la fort à propos Imposer, commandée l’an dernier par Musique Plus et son programme 5 X NON contre la violence conjugale.Au total, plus du tiers des 15 pièces de l’album reçoivent la visite de la trompette ou du trombone, sans édulcorer le pur jus rock de l’ensemble, pour «pimenter» la sauce, le terme revient souvent dans la bouche de Martin Dupuis, guitariste, seul autre membre actif, avec Peake, de la formation d’origine.Groovy se fait très introspectif sur la grave Espace tant.— «Viennent de toutes parts / Des baumes de bons conseils inutiles / C'qui reste c’est le cours 101: / “Savoir comment perdre sa famille”», où le chanteur s’égosille à dire «Si j'pouvais enlever cette se-conde-là / J'pourrais renmieutter ou plus que ça».Il se fait radicalement politique sur 64 et la «politi- caillerie nationale» et Sommet — «Esti qu’tu fais dur capitale / Les yeux du monde te /gardent / Tes barricades te donnent de curieux airs d’Octobre».Il en aura fallu de peu pour que Groovy Aardvark donne l’impression d’un groupe à l’heure du bilan, avec High Times., le live et un récent DVD, Asphalte, Meu-sique et Crucifixion, cent-vingts minutes, 11 vidéoclips, six chansons captées en spectacle et un collage d’entrevues, d’extraits de tournées et de making of en studio, qui retrace 16 années d’existence de la formation.«Ça ressemblait à une sortie côté jardin, concède Martin Dupuis, mais ce sont des concours de circonstance.Pour le DVD, c’était correct, puisqu’on n'avait pas d’album de prêt.» Le groupe a toujours su qu’il n’élait pas question d’abdiquer et il s’enlignait sur autre chose.Les pièces plus concises, mis à part Matchek tayé, se rapprochent le plus possible de ce que le groupe fait sur scène.«Plus cru», souligne Dupuis, presque sans effets dans le son, plus lo-fî, une production un peu à la Gros-Méné, le groupe de Fred Fortin, «de quoi de pur», pour Feake.I-a devise de Groovy pour cet album, selon Martin Dupuis, c’est: «On a le droit de faire ça, comme sur une pièce comme Espace tant., avec ces ralentissements, ses reprises.» Ailleurs, le Train, avec ces percussions de clappements de mains et de bottes, ressemble, selon Dupuis, «à du Brassens sur l'acide», des oasis d’étonnement comme Boisson d’avril sur Vacuum ou Amphibiens sur Oryctérope.Lancement le 7 décembre 2002 au Metropolis.Avec Capitaine Révolte et le gamelan bali-nais québécois Giri Kadaton, dont fait partie Peake.AT CAFE DES ECORCHES Mario Peluso Atlantis (Select) Mario Peluso tient bon.C’est dire à quel point il a le cœur bien accroché.Faut l’avoir à la bonne place pour repartir encore une fois à la case depart, après deux fausses routes qui l'ont mené à Ik's impasses crève-cœur.Rappelons ce parcours tout en espoirs déçus.A commencer par ce passage remar-I que au concours Ma Première Place des Arts.C’était au milieu des années 90.On voyait tous en lui une sorte de Neil Young en fran-j çais.un Kevin Parent de la rue On-! tario, un \T'di de vrai, pur chanson-: nier folk-rock.Encourage, il nous a crus.Tous.Même les éclaireurs ; des compagnies de disques.Repè-! che par BMG-Quebec, il lui arriva ce qui arrive souvent quand on inI goutte d’eau dans l’océan d’une multi: pas grand-chose.L’album Maigre tout (1998) vécut une trop courte vie, abandonné à son sort au premier vent mauvais.Peluso tenta de se refaire chez Les Imprésarii, petite boîte indépendante.Non-lieu là aussi: la boîte ferma, le laissant en plan.Assez meurtri, merci.D'autres que lui auraient renoncé: pas Peluso.Peut-être n'a i-il pas le choix: Peluso n'a que si guitare, ses chansons et ses balafres, la-s revoilà donc, cette fois à l’enseigne toute neuve des disques Atlantis (étiquette née de la fusion de Musi-Art et de quelques autres boîtes): le gaillard, sa guitare et ses chansons n’ont pas vraiment changé.Pourquoi changer?Ce folk-rock d’écorché vif lui tient lieu d’épiderme, et tous les airs sortent par ces pores-là.«Le seul destin qui tienne est ce à quoi l’on tient pour peu qu’on s’en souvienne/la vie n'est qu 'un chemin qui nous ramène toujours au meme point», chante-t-il dans Toujours au même point sur une mélodie d’accords mineurs sur lit de guitares pas trop propres.On est entre Neil Young, The Band et Blue Rodeo.Rien de très neuf là-dedans, c’est ainsi, Peluso compose à l’intérieur de ces paramètres et puis voilà.Mais ce n’est pas moins beau.Très, très beau.Beau comme la chanson qui s’intitule justement C’est beau, qui parle de l’hiver à Péribonka au point de faire aimer l’hiver à un gars d’été comme moi.Tout l’album est pareillement bon à prendre dans ses bras.Sincère.Poignant.C’est le même Peluso faisimt des chansons tolk-nx'k et ce n’est pourtant pas comme les disques précédente.Au café des écorchés est un album abouti, à la fois simple comme tout et absolument fignolé.Merci à Marc Pérusse (collaborateur des Luc de Larochellière, Daniel Bou cher, etc.) pour ça Tact, bon goût et guitares partout.L’oreille est aussi caressée que le cœur empoigné.Pour peu qu’Atlantis soutienne l'album le temps qu’il faut et avec le dévouement qu’il mérite, tout est possible.Y compris un auditoire large.Sylvain Cormier BACK IN THE U.S.LIVE 2002 Paul McCartney Capitol (FMI) Finirai par Ihaïr, le sir Popaul.Finira par avoir raison de ma fidélité de fan fini, de ma dévotion à vie aux Beatles.Déjà, au premier coup d’œil sur ce double live de la récente tournée américaine de l’anobli, rien qu’à voir le ixaice en l’air et la manche de chemise en drapeau américain au recto du boîtier, je tique jusqu’à en faire de l’urticaire.Irritation s’ajoutant a Freedom, l’hymne pompier de McCartney aux pompiers du WTC, déjà gros comme les bretelles de l^irry King.Racolage à la Beach Boys.lire.Racolage à la Mike Dive.Pire que pire, le livret de 32 pages ferait rougir Michael Jackson dans le genre triomphalo-glorieux a trompette.k in the uls «I/’t the party begin!», scande une bannière.«McCartney 's concert drives home his legendary status», (lit la citation du Detroit Sews comme dans les pubs de cinéma.Allègres si', larmes de joie et magie pure au jiays de Bush le second.Ft tout ça sur fond de chansons des Beatles.Vingt sur trente-cinq, la liste de base des tournees precedentes (Heyjude, l et H Be, Yesterday, Lady Madonna.) plus quelques nouvelles ponctions au répertoire (Hello Goodbye, Getting Better), avec un [xai de Wings pour la bonne bouche (/et, My Love, Band On The Run) et des échantillons du récent album pour faire semblant que c'est intéressant (Driving Pain, I/melyRoad, Your Diving Flame).Révisionnisme oblige, le matériel connu depuis 1962 dans l’ordre alphabétique lennon-Mc-Cartney est dorénavant signé Paul McCartney & John lennon.Ordre inverse''.Paul a décide qu'a partir de maintenant c’était Paul devant.Pour ne pas dire Paul tout seul.Pour ne pas dire à la Napoléon que l’état, c’est Paul.L’état présent des Beatles, s'entend.George I larrison mort, c’est encore plus flagrant.Paul s’approprie jusqu'au deuil.le voilà jouant Something, la belle des belles de George, au ukulele.C’est beau, on pleure.Juste avant, Paul chante Here Today, l’ode à John de l’excellent album TugOfWar.C’est beau, on pleure itou.Et on s'en veut l'instant d'après.Comme si on avait été attrapés au lasso avec nos propres cordes sen sibles.J’ai encore marché, mais je crois bien que c’est la dernière fois.Même si McCartney est probablement sincère dans son hommage aux copains perdus au front, même si ses musiciens et lui offrent des versions plus qu’honnêtes des im- mortelles (curieusement, c’est le rock’n’roll des debuts, / Saw Her Standing Hure.Can't Buy Mc I/ne.All My hiring, qui vieillit le mieux), meme si tous ces milliers de s|xv tuteurs sont ivres de bonheur et tris de gratitude, j'en ai jusque-là.Jusque-là de Heyjude redonnée soir après soir en karaoke a grandeur de stade, exsangue, sucee jusqu'à la moelle.J'en peux plus de ces Beatles à la place des Beatles.De ce McCartney meneur de claques à la fureur nord-iunericai-ne.Marre de me faire avoir et d’en redemander.Marre qu’on me dévalue ce qui m'importe.Marre.S’.C.R O C K HAVE YOU FED THE FISH?Badly Drawn Boy (XL Select) Qui a peur de Damon Gough ou.plutôt, de Badly Drawn Boy?Un brin arrogant et énigmatique à souhait, le personnage rappelle Morrissey à la belle époque des Smiths.Néanmoins, ce jeune pnxli-ge de la scène musicale anglaise a fait tourner bien des tètes en 2(XKt avec 'lhe Hour ()f Bewilderbeast.Au printemps, la bande originale d'About A Boy n'était qu’une œuvre de commande en attendant un deuxième album plus personnel.Moins baroque et moins grandiose que son prédécesseur, Have You Fed The Fish?laisse sceptique par moments.Est-ce la faute du réalisateur Tom Rothroek (qui mise sur un son trop impeccable) ou des compromis artistiques de ce frère VOIR SUITE PAGE K 10 Qr fi j xôtx nurmnfij cac'#' radioj^w?Tlfte ‘RoyaCC Consort 400e anniversaire de William Lawes (1602 1645) David Greenberg (Halifax) et Ingrid Matthews (Seattle), violons baroques Susie Napper et Margaret Little, violes de gambe Stephen Stubbs (Allemagne) et Sylvain Bergeron, théorbes Maxine Eilander (Allemagne), harpe Katie Malloch narratrice iiïm.le jeudi 5 décembre 2002 à 20H00 Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours 400, rue Saint Paul est, Montréal Billets: adultes 25$, étudiants et aînés: 15$ Billetterie Place des Arts: 842-2112 Abonnements: 60$ /36$ (ont»il dut »rf» (514)270-9300 ""‘Québec S" www.lesvoixhumaines.org Ct) nouvelle parution: FOLIES ATMA (ACD 2 2203) Les Voix Humaines Susie Napper & Margaret Little.violes de tjArnbe Arrangements par Les Voix Humaines d Il V II V E M B II E E T I» I M A \ I II K I ’k I) E ( E M B I! E ¦> Il II 2 -'Culture*- Rébellion et confort Le bouillant cinéaste Pierre Falardeau a été sacré Patriote de l’année par la Société Saint-Jean-Baptiste dimanche dernier.Adoubement auquel le premier ministre Bernard Landry participait, comme de raison.Qu’un créateur plutôt qu’un historien coiffe en 2W2 le bonnet des Patriotes tombe a pic pour le gouvernement, le affaibli sent le besoin de battre le rappel des artistes.Ces derniers ont jadis porté sa cause à bouts de bras, chanté le pays sur toutes les scènes, a pleins écrans et a pleins disques.Puis, les continents politiques et culturels ont dérivé chacun de leur lx>rd sur le majestueux Saint-Laurent L’époque individualiste a ramolli l’ardeur des bardes, déjà assommés par les défaites référendaires.Certains d’entre eux ont changé leur fusil d’épaule.I>e PQ, de son côté, a commis l’immense erreur de moins courtiser les artistes, de mettre l’accent sur l’économie, la santé, au détriment de la culture.Désormais, seuls les indéfectibles souverainistes, les Paul Piché, les D>co Ijocass, drapés dans la fleur de lys, persistent à faire rimer indépendance avec créativité.Les autres chantent pour chanter ou pour s’enrichir.Oui, les temps ont bien changé.Falardeau, qui ne s’enfarge pas souvent dans les fleurs du tapis à l’heure de torcher un discours ou un pamphlet, a profité de son nouveau socle de Patriote officiel pour vilipender son peuple et ses artistes qui, à ses yeux, dorment au gaz.Ce n’est pas qu’il ait tort de vouloir secouer son monde.On traverse une époque fort ennuyeuse où Odile Trembltiy ?le cocooning a remplacé les grands combats, quels qu’ils soient Mais son discours manquait d’élégance, et il s’est fait tomber sur la tomate en éditorial.Sa lettre de réplique publiée jeudi dans la page Forum de La Presse était d’une tout autre envolée que son discours.Plus digne, plus forte, plus émouvante aussi, et certainement plus efficace.Elégant ou pas, le cinéaste demeure un des seuls artistes a gueuler fort chez nous.Ajoutez à son tableau un talent du pamphlétaire (souvent de mauvaise foi, mais mordant et efficace), un petit côté Michael Moore, version Québec, avec le poing levé.Ce qui n’empêche pas Falardeau de manier aussi le sophisme et la fulmination avec un batte.Et même s’il se défend de s’être bâti un personnage de hérisson vulgaire, personnage il y a bel et bien, intolérant envers ceux qui ne pensent pas comme lui.Chez nous, plusieurs admirent ceux qui gueulent sans se demander s'ils ont toujours raison de le faire, éblouis par l’énergie de la gueulante.Il est si facile de se mettre à la remorque des voix qui parlent fort Ça défoule.Ça permet de laisser un autre crier a sa place.Ça offre une rébellion par procuration.Autant dire le confort Et s’il fallait plutôt ne jamais admirer ni suivre aveugle ment quiconque, mais tout mettre en question, en appuyant ceci, en rejetant cela.Après tout qu’y at-il de si édifiant à voir Falardeau cracher «sur son peuple de vieux pis de mous qui s’intéresse juste à ses crisse de REER pis à son taux de pH dans la piscine*?Sa force de frappe est apparue ailleurs: dans la lettre de jeudi, où il appuyait les démissions collectives en prenant à sa charge l’insignifiance, la bêtise, la petitesse commune.Avec un nous qui inclut le je.Ramant avec les autres.«Un artiste n 'a pas le droit de tout faire sous prétexte de faire une piastre*, a déclaré Falardeau en entrevue au Journal de Montréal.Sauf que les suites qu’il concocte pour Elvis Gratton semblent lui servir justement à ça: faire une piastre en attendant de réaliser un film qui lui tienne vraiment à cœur.Chacun fait sa piastre là où il peut, remplit sa piscine et peint son petit chalet.Voilà le triste lot commun en nos temps mercantiles.Eh oui, il rame avec les autres.Si j’ai bien compris, dans le prochain film A'Elvis GratUm, le héros va brasser des grosses affaires et faire la piastre comme tout le monde./oiw the gang! L’ironie du sort, avec le personnage incarné par Julien Poulin, c’est que chaque fois que Falardeau le noircit par derision, une grosse partie du public finit par l'avaler au premier degré en applaudissant à ses pires travers.Si Elvis Gratton se graisse la patte, tout un public conquis se sentira justifié de viser les gros sous.Misère! Ce qui m'énerve chez Falardeau, c'est lorsqu’il fait de l’intimidation, comme le taxeur dans la cour de l’école.Il a le droit d’insulter tout le monde mais refuse cette prérogative à autrui.Celui qui écrit trois mots contre lui le fait à ses risques et périls.Quand le Patriote se sent outré par un commentaire, il envoie en général aux journaux des lettres fleuves rageuses, remplies d'injures perfides, rarement des missives aussi inspirées que celle de jeudi.Et puis, Falardeau traîne à sa suite un fan-club qui le défend bec et ongles.Bonjour les épîtres haineuses ou menaçantes venues lapider le détracteur comme des pierres.Tout insupportable qu’il soit.Falardeau est un des seuls qui vident leur sac devant les Québécois, sans leur gratter la bedaine pour les traiter de champions.Ben oui, le Québec dort ben oui, chacun se replie sur soi.Le courant soporifique est occidental, d’ailleurs.Où sont les grands élans de masse par les temps qui courent?Ça va trop mal partout.Dans un monde d’insecurité, il est trop tentant de protéger ses arrières.Je.tu, il.nous, vous, ils ont besoin de se régénérer.Je.tu, il, nous, vous, ils ne détestent quand même pas entendre les cris du cœur d’un Patriote blessé.Histoire de s’offrir une rébellion par procuration.Autant dire le confort.otrem bla/à ledevoir.ca VITRINE DU DISQUE SUITE DE LA PAGE E 9 jumeau d’Elliott Smith?Cela ne signifie pas pour autant que Have You Fed The Fish?déçoive.On retrouve un Badly Drawn Boy toujours capable d’agencer un folk orchestral supérieur à la moyenne, mais la mélancolie et l’humour semblent moins naturels.Sur You Were Right ou Ticket To What You Need, il va même jusqu’à rejeter les avances de Madonna au profit de son épouse et de ses enfants à la maison.Il invite tout de même Charlotte Gainsbourg à chanter ayec lui lors de Using Our Feet.A la fin, on sait pourtant que ce garçon au bonnet est encore capable de beaucoup mieux.David Cantin P O V SURFACE NOISE Noonday Underground (Setanta Records) Lors d’un entretien avec le N ME, l’ex-Jam et ex-Style Council Paul Weller avait affirmé que Noonday Underground était ni plus ni moins «the most influential hand of all times».Bien que Weller exagère comme toujours, ce duo composé d’anciens membres d’Aventures In Stereo vient de mettre au monde un album quasi intemporel.Fait d'échantillonnages, Surface Noise puise sa matière première dans une riche et obscure collection de vinyles de pop sixties.Simon Dine est le principal responsable de ces pièces, où il invite les Weller, Frank Reader, des Trash Can Sinatras, ainsi que la très talentueuse Daisy Martey à venir chanter.Le résultat s’avère magique, sans donner dans la pure nostalgie rétro.Au contraire, la sophistication des arrangements se prête à une sorte de lounge aux nuances psychédéliques.Go It Alone, ou Boy Like A Timebomb donnent l’impression de standards d’une autre époque.Par ailleurs, ce travail minutieux de cut-up rappelle les Avalanches de Since I Left You sans le côté bordélique d'un tel fourre-tout.Sur TU Walk Right On et Blunder Park, on retrouve un Paul Weller au meilleur de sa forme.On n'a pas fini d’entendre parler de ces Anglais qui recyclent l'âge d'or de la pop naïve.D.C.D I S Q U E S CLASSIQUES BERG - COMPLETE CHAMBER MUSIC Alb;in Berg: Quatuor à cordes, op.3; Hier ist Friede, op.4, n" 5; Quatre pièces pour clarinette et piano, op.5: Adagio (second mouvement du Kammerkonzert ixmr violon, piano et treize instruments à vent); Suite lyrique (1926).Quatuor Schoenberg (Janneke van der Merr et Wim de Jong, violon; Henk Guittart, alto; Viola de Hoog, violoncelle); Pierre Woudenberg, clarinette; Bob Zimmerman, harmonium; Sepp Grotenhuis, piano.Chandos CHAN 9999.Pour ses 25 ans, l’an dernier, le quatuor Schoenberg s’est offert un projet pour cette année: enregistrer i’«intégrale» de la musique de chambre de Berg.lœ projet est à la fois ambitieux, compte tenu de la teneur de la musique, et minimaliste, car Berg n’a, au fond, que fort peu composé, abandonnant les numéros d’opus après son opéra Woz-zeck (op.7) pour ne pas donner l’impression que son catalogue serait court par comparaison avec ses illustres prédécesseurs.la première chose qui frappe ici, c’est qu’on n’a pas affaire à une «vraie» intégrale mais à une édition d’à |xti près tout ce que Betg a imaginé et de ce qu’il en a üré.Je m’ex-plique: par exemple, les miniatures que sont les Vier Stücke fur Klarinett und Klavier (quatre pièces pour clarinette et piano), op.5, sont offertes non pas dans la version originale — et pourtant, il se trouve bien un clarinettiste sur cet enregistrement — mais dans un arrangement original pour alto et piano.Cette pratique s’explique cependant par l’ancrage de cette si avant-gardiste seconde école de Vienne dans la tradition.Ixt source: Brahms.Ses deux sonates pour clarinette et piano existent également en version pour alto.Si, dans ce cas, c'est le compositeur qui a commis la chose, sur cet enregistrement, c’est l’altiste même du Quatuor Schoenberg qui s’est arrogé ce privilège.Et, ma foi, avec bonheur! On redécouvre une autre facette de ces magiques et minuscules instants de musique où tout est aussi intense que lyrique, un concentré d’émotion et de poésie dans des climats sonores encore épatants.Il y a aussi d’autres morceaux que les puristes d’aujourd’hui appelleraient des hérésies.Reportons-nous dans le contexte économiquement difficile de la Première Guerre mondiale et de l'époque de la montée du nazisme.On compose, certes, mais sou-ventes fois, on n’arrive pas à réunir les effectifs adéquats.Pourtant, on veut être joué.Alors, on arrange ses pièces selon les besoins du moment.Ainsi, Berg a récrit le deuxième mouvement de son Concerto de chambre (conçu pour treize vents, violon et piano) pour piano, clarinette et violon.L’écoute donne une bonne leçon.Le violon joue le violon, la clarinette fait les contre-chants de l’ensemble et le piano — qui ne joue pas dans ce mouvement, sauf pour ces glas graves du milieu, qui soulignent le palindrome — remplace l’ensemble.Le résultat est intéressant pour le collectionneur mais pas passionnant pour l’amateur.La même constatation se fait sur un autre arrangement de Berg, celui du dernier lied des Altenberg Lieder.Là, par contre, la psychologie est intéressante.A l’époque, lors d’un concert où on avait créé deux de ces cinq mélodies, il y avait eu scandale à leur écoute.Non pas un scandale de mode du genre Sacre du printemps, une vraie émeute, où les gens en étaient venus aux coups et où la police était intervenue et avait vidé la salle.Berg en avait été profondément troublé.Il n’a jamais entendu ces lie der en entier et, de son vivant, en a refusé la publication.Sauf qu’il aimait particulièrement celui écrit en passacaille, le dernier, qu’il a réarrange.Au lieu du grand orchestre et de la voix de soprano, il en a tiré une version pour harmonium, violon et violoncelle, destinée à la société musicale fondée par son maître Schoenberg, qui ne disposait que de peu de ressources économiques.L’intérêt musicologique est réel, la musique reste belle, mais maintenant qu'on connaît bien l'original, le résultat déçoit un peu.Vous pensez alors que je vous parle d’un mauvais disque?Pas du tout, car cela, sans manquer de chatouiller la curiosité, est encadré par les deux quatuors à cordes de Berg.Le premier, l’opus 3, est un cadeau qui va l’attacher à sa femme, le quatuor Schoenberg le joue avec un engagement et une clarté absolument exemplaires.Il y a bien des versions de cette œuvre.Celle-ci s’impose par son intensité (pardon si je me répète) mais aussi, ce qui est encore plus formidable, par la liberté d'invention et d’interprétation qu’on ressent grâce à la maîtrise parfaite des moyens techniques.Ce qu’on sent bouillir ici explose littéralement dans le second quatuor, la Suite lyrique, une autre histoire d’amour, adultérin celui-là.Ouf! Je pourrais m'épancher sur la passion du jeu, la perfection de la mise en place, mais tout cela serait vain face à la brûlure que procure cette version.Devant un désespoir invivable, Berg a écrit ces pages avec une rigueur extrême.Attention, cette ma- thématique de la musique, dans ce cas, sert d’exutoire aux plus profonds tressaillements de nos entrailles et, dans cette version, renverse tout sur son passage.Le livret vous parlera de la construction, le quatuor Schoenberg vous fera entendre — et vivre! — ce à quoi elle sert: l’expression moderne d’une souffrance émotive à laquelle nous communions tous quelque part en nous.lit musique devient vraie, incandescente, sous ces quatre archets.lœs interprètes parviennent à cette manière de faire qui donne l’impression que même en connaissant la partition, on la vit pour la première fois.Deux grandes œuvres qui sont le fourreau de curiosités, le tout rendu avec art, voilà de quoi faire baver de bonheur (et de tristesse aussi, cette musique n'étant pas forcément gaie).Surtout, des interprétations hors du commun, gravées par des musiciens qui abolissent toutes les frontières entre la musique et nous.Cela se remarque tant tout vient hanter notre intimité, cette grande vertu de la musique.François Tousignant Sous la présidence d'honneur de Madame Monique F.Leroux, présidente de la Société financière Desjardins-laurentienne et chef de la direction des filiales.• L’OPERA DE MONTREAL SAISON 2002-2003 Le Gala 7e édition Dimanche 8 décembre 2002 Célébrant l'inlronisafion au Panthéon canadien de l’art lyrique de Madame Edith Della Pergola, C.M.et de feu Madame Ruby Mercer, C.M.Avec Les Chœurs de l'Opéra de Montréal et l'Orchestre Métropolitain du Grand Montréal, direction Yannick Nézet-Séguin Le Gala réunira sur scène de nombreux artistes réputés qui interpréteront des airs et ensembles connus et aimés du public Kate Aldrich, Patrice Berger, Daniel Borowski, Fabiana Bravo, Lawrence Brownlee, Luretta Bybee, Elizabeth Caballero, Michele Capalbo, Rebecca Copley, Gianna Corbisiero, Maria D'Aragnès, Alexandra Deshorties, Greer Grimsley, Marc Hervieux, Joseph Kaiser, Kyle Ketelsen, Oksana Krovytska, Taras Kulish, Aline Kutan, Patrick Marques, Latonia Moore, Phyllis Pancella, Irina Rindzuner, Anna Shafajinskaia, Roy Cornélius Smith, Mirela Tafaj, Philip Webb (présences confirmées en date du 11 novembre 2002) EVENEMENT BENEFICE - LE GALA 7e EDITION - DIMANCHE 8 DECEMBRE 2002 À 14 H BILLETS: 40$, 60$ ET 125$ - RENSEIGNEMENTS : ^ (514)985-2258 cfb* © 'oC « Société financière De-cjardinvl .lurentiwme PmRMAClAProdwk aux consommateurs cfb B Great-West Life ATMA classùj nés Félicite chaleureusement ses artistes lauréats au VIe Gala des Prix Opus Personnalité de Cannée Concert de l’année — Musique contemporaine » * M • Susie Napper L’ensemble Pentaèdre (et le Quatuor Penderecki) www.atmaclassique.co Evénement discographique de l’année Disque de l'année — Musiques médiévale, de la Renaissance, baroque Disque de l'année -Musiques actuelle, contemporaine, électroacoustique Elliott Carter Nouvel Ensemble Moderne Lamento Daniel Taylor et TEM Événement musical de l'année — Cage en Liberté CW Ensemble contemporain de Montréal Direction : Véronique Lacroix Claude Vivier Ensemble de la SMCQ Rayonnement a l’etranger Trio Fibonacci (accompagné ici de Jonathan Harvey) musicaction ('miac£T
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