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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2006-12-16, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 1 ?DECEMBRE 2 0 0 6 LITTÉRATURE lies fragments de Sophie Letourneau Page F 3 Cases et huiles pour une mélodie LIVRES CADEA U de lire des collaborateurs du cahier Livres £ARa/oÎï£ LE RESTI AIE SAUVAGE 'MM*' ( HMST1AN 71P FRT FT FFDRO NUI/ cancer JL CAROLINE MONTPETIT n y arrive tous, plus ou moins tard, selon que l’on est prévoyant ou pas.On retrouve sans doute invariablement les mêmes retardataires à la librairie, le 23 décembre au soir, en quête de cadeaux de Noël à offrir à leurs proches.Objet d’art passeport source d’enseignement divertissement voire mode d’emploi, le livre, il faut le dire, est l’un des plus beaux cadeaux qui soient.Pour donner un coup de pouce à ceux qui n’auraient pas encore décidé quoi offrir au mari, à la tante ou à l’ado rebelle, nous avons fait le tour des collaborateurs du cahier Livres du Devoir, dotés du don de lire, et récolté leurs suggestions.Du côté de la production québécoise, les collaborateurs Christian Desmeules et Michel Lapierre ont tous deux eu un coup de cœur pour le Joyce, l’Irian-de, le Québec, les mots de Victor-Lévy Beaulieu, publié aux Éditions Trois-Rstoles.•L'ouvrage le plus fascinant paru au Québec cet automne, dit Christian Desmeules.À la fins roman, biographie et essai, résultat solide d’une trentaine d’années de fermentation, le dernier-né de VLB est incontournable.» Pour lecteurs aguerris, car l'ouvrage fait 2000 pages.Côté fiction québécoise, poids plus léger, le très apprécie La Rivière du Loup, d'Andree Laberge, laureate du Prix du gouverneur général, chez XYZ, ou Sauvages, le recueil de nouvelles de Louis Hamelin, chez Boréal, font aussi bonne figure sous l’arbre.Pour son beau-frère italien, la chroniqueuse Danielle Laurin a choisi pied de cochon.L'album, beau livre de recettes et d’art culinaire, publié par le chefpropne-taire du restaurant du même nom, Martin Picard.•Festif, inventif, audacieux», dit-eDe.L’ouvrage offre en pri me un DVD et une bédé •complètement délirants-.A son fils mordu de théâtre, la collaboratrice offrira aussi La Dernière Crèche, un conte des comédiens Alexis Martin et feu Robert Gravel, publié aux 400 Coups, •fou, fou, fou et touchant», dit-elle encore.Pour sa sœur, Danielle Laurin a choisi le dernier Nancy Huston, Lignes de faille, prix Femina publié chez Actes Sud, qui devrait la réconcilier avec l’auteure, croit-elle.Et sa nièce de 15 ans, au cœur sensible, trouvera sous l’arbre Rallumer les étoiles, de Dominique Demers, la suite de la trilogie Marie-Tempête, chez Québec Amérique.Autre beau livre apprécié de Christian Desmeules et du chroniqueur Hugues Corriveau, L'Album Miron, de Marie-Andrée Beaudet un parcours en textes et en photos de la vie du poète publié a L’Hexagone.En poésie, Corriveau suggéré aussi Le Dessin des mots, de Michel Garneau.illustré et calligraphié par l'auteur.Aux Editions Trois-Pistoles En bédé?Fabien Deglise suggéré Rapide blanc, signée Pascal Blanchet et publiée aux Editions de la Pastèque.La bédé s’inspire de la construction du barrage Rapide blanc, au nord de La Tuque.J’ajouterai pour ma part le déïdeia Bestiaire de Serge Bou- chard, aux Fiditions du Passage, pour mieux connaître et mieux aimer les animaux du bois derrière chez nous.Et pourquoi pas le recueil de carica tures de l'ami Garnotle survolant l'actualité de l'année 2006?En littérature pour enfants, Anne Midland signale [jps Merveilles du monde racontée# aux enfants, pu blié chez Hur tu Irise HMH.Cet album, desti né aux enfants de plus de huit ans, fait par tie de la fabuleuse collection « .raconté aux enfants-, avec textes et photos.A ses côtés, toujours pour les enfants, on trouve un livre sur la conquête spatiale, un tour des fêtes de partout dans le monde, ou un voyage dans k* Grand Nord.Anne Michaud a aussi retenu I-a princesse qui avait presque tout de Mireille Levert, publié chez Dominique et compagnie, ou l'on enseigne l’art de désennuyer les petites filles, parait-il.En fin, côté cuisine, te chef Philippe Mollé sug gère fortement L’Histoire de la cuisine fanu-liale au Québec, en deux tomes, de Michel Lambert Le premier tome porte sur les origines autochtones et européennes de fa cuisine québécoise et le deuxieme, sur fa mer, ses régions et ses produits.Un chef-d'œuvre, dh-il.Aux Editions GID.Côté roman étranger, (aiyfame Massoutre a remar que L'Amour humain, d'Andrei Makine, •qui se dis tingue par sa grande fime décriture», ma côtes de Victm re, les saveurs et les mots, de Mary*- Condé.pour plonger au cœur des Antilles, aux Editions du Mercure de France Elle a aussi choisi ( orna, de Pie rre Guyotal, chez k- même* éditeur, et le désormata célèbre et volumineux les Bienveillantes, de Jouatluui I jttell, prix fax»-court histoire d’un SS -a n'tjfnr qu'aux ctrurs blindés», précwe-t-eDe.Liiez < >albmanl.A ceux qui ri'auraient [ns eu assez de ces HH ri piges -tres mteüqirmment» donc mentees sur les SS, Christian Desmeules suggère un complément de 2 livre du type bon vendeur du temps des Fêtes, car on sait que les enfants, petits et grands, adorent les animaux.Mais un deuxième regard.queîorce Imtnxlucnonavec son histoire de l'imaginaire humain à l'endroit des animaux, révélé bien davantage qu'un bestiaire classique.En somme, il y a lieux livres dans ce livre.Le plus apparent celui qui saute aux yeux, c’est le bestiaire qui raconte comment les humains perçoivent chaque animal et quelles legendes, contes ou fables ils en ont tires.On nous propose en prime un petit côté utilitaire avec la liste des noms populaires de chaque espèce, et des clins d'œil de toute sorte tires principalement de la littérature.On ne doit ! pas sous-estimer le genre car il | exige une très vaste connaissance i de tout ce qui s'est écrit sur les animaux en sciences et en littera ; ture.11 faut lire absolument les pages consacrées aux grands ani-I maux mythiques comme le loup.Tours et le lion pour réaliser à quel point nous continuons de vivre proches des animaux par notre culture, même dans nos villes si coupées matériellement et culturellement des écosystèmes natu rels et de leurs habitants.Mais ce sont les 20 premières pages de ce livre qui frappent, déroutent et qui.au tond, nous en apprennent le plus, car l'auteur y consigne la réflexion globale qu'il a retiiée de cette énorme collecte de données.l es humains, dit-il en substance, sont encore plus près des animaux qu'ils le reconnaissent généralement.en raison de leur génétique et surtout de leur histoire, qui a débute par des rapports prioritairement teintés de respect envers les grands animaux et non pas strictement utilitaires, comme on a souvent tenté de le faire dire notamment aux peintures rupestres.Et c’est la peur, sans oublier aussi la conscience de plus en phis grande de la mort qui s'est développée dans toutes les cultures depuis 7000 ans, qui a de plus en plus creusé le fossé entre humains et animaux, un phénomène qui s'est pratiquement institutionnalisé avec la sédentarisation et l'élevage, la ville contemporaine, poursuit il.constitue à n'en point douter le point de décrochage ultime de cet te tendance lourde de notre hisloi re, une tendance accentuée jwi le cartésianisme qui a parqué dans un petit coin de notre civilisation les animaux |xmit les confiner prin cipalement à TamusemAt et à la viande qu’on peut en tirer La démonstration do l'auteur est proprement décaiwnte et tranche avec les perspectives des animalistes classiques, même s'il préconise à sa manière la refonte ou contrat entre humains et animaux Aujourd'hui, conclut il.une conscience nouvelle émerge, corn me si la rujAure avec le règne animal, historique et somme toute entai) auizui okvois marginale car le phénomène n’existe que depuis un siècle dans une portion de l’humanité actuelle, ce qui est tort |xn stu trots millions d'années! , arrivait au point din version avec la montée des prètx' cupations écologistes et les politiques de protection de la biodiver site Deux questions se |x>sent désormais est-ce que l’humanité se réveillera à temps et est-ce quelle acceptera de renoncer à son •pou-voir de destruction*, partant de l’idée que la Terre est un espace qui si- iwrtitge au lint d’être im jar (lin oit nous pouvons tout (aire, même le dénaturer.Ia’ Detoir LE BESTIAIRE SAUVAGE Bernard Bertrand Editions Hume de carotte Toulouse, 2006,194 (tages GROUPE LIBREX S QlttfCOS WUl» et ses beaux livres )É| ?40* Passages obligés Passages obligés Josélito Michaud 34.95$ Dylan — Portraits et témoignages Collectif 39.95 $ Nutrition gourmande Thierry Daraize et Isabelle Huot 32.95$ Les IOOI albums qu’il faut avoir écoutés dans sa vie Collectif 34-95 $ w LÜIU C l :_________ Cuisiner avec les aliments contre le cancer Richard Béliveau et Denis Gingras 34.95 $ PEUPLES DU FROID MODE D'EMPLOI Vous — le mode d’emploi Michael Roizen et Mehmet O* 29.95$ Nos étés — Villégiature dans le Bas St-Laurent Sébastien Brodeur^Girattl 34-95 * « J Inuit, les Peuples du froid George»* Hébert tTernurfr 39*95 $ Le* fables de Félix Leclerc Marîé-Jdeée Plouffe i^asé > TRÉCARRÉ 9 QUBKOG MURA Stanké ^pübustar * Ou*CX* «tu ^quMDOMSBM Le Guide de l’auto 2007 Collectif 34.95$ GUIDE r, L'AUTO I F 6 L K DEVOIR, LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 DÉCEMBRE 2 0 0 6 LIVRES CADEAUX BEAUX LIVRES La destruction des tours jumelles :É?KD RO RUIZ LE DEVOIR lt < A • '• ' l\f I 111 Pour un Noël Raffiné Ocs libmirie* des hiu'auvs talentueux ci Dusvemies, des trétM^n de lecture -\ dvvouvi n ! k.* 1 11 'HO ' fAtlKk UMUNO h lu tu ils StMlVVitHW» Mi'H Wttt MM fWt * '••mmwiL t,.)£**© h^HtaihMW w IiNxiik1 1» »i }0 Xt Hm Si OhIvh ¦I’’ \^à>" "2 •» ’tue Ml ta V%|WrtR r MWVtW IvVT ^ K-%^nO >Am «Kxi» „aM l'IutR'un» ttolivi en ItbmMe A H 4 NWWKLM.rtajM soiuben, vWi>, w» S-lhthw m «!*) IM WTO IW WtmmIIms WK ww Svitnvtv M T«.:(MOSM IiVl Vltt .X MO.VIvt,\l Irw X U uvtntHiiu Oi m is to wfl m Wixw m oitwx .W.I\'U) MSBM lHitei m ; Mlfl) flM'flIM JULES RICHER Les détails sont de grands révélateurs de l’histoire.Le livre Lendemains en présente à foison au moyen d’images inédites.Métal tordu et noirci, poutres déformées, gravats de ciment, débris à l’infini.la destruction des tours jumelles le 11 septembre 2001 a laissé un immense quadrilatère de New York dans un état de fouillis indescriptible.Le photographe Joel Meyerowitz s’est donné la mission de documenter le déblayage et le nettoyage des lieux.Armé d’un appareil photo de grand format, il a arpenté les lieux pendant neuf mois non sans difficulté.Il s’est buté à de multiples points de contrôle où, tour à tour, on lui interdisait l’accès au chantier.«Introduit en intrus, en observateur soucieux de tenir une chronique, je me suis progressivement découvert un rôle dans cet événement et j’ai été accepté sur le site comme un membre de la tribu», écrit Joel Meyerowitz dans la préface de soi) livre.A cause dé jà qualité des clichés — et de leur quantité aussi —, le résultat est en quelque sorte hallucinant.On arrive à prendre ainsi la mesure de l’immensité de la destruction.Mais Joel Meyerowitz ne s’est pas seulement intéressé aux poutres tordues.Il a photographié aussi les humains qui ont arpenté et trituré le site.Pompiers, policiers, travailleurs, bénévoles sont présentés en pleine action, dans le cadre de leurs tâches.Au total, if a pris plus de 3000 photographies.Il en a sélectionné 400 pour le livre et a donné le reste au Museum of the City of New York.Le Devoir LENDEMAINS Joel Meyerowitz Phaidon New York, 2006,350 pages Une époque revue en noir et blanc GUYLAIN E MASSOUTRE Frédéric Pajak, né en 1955, est dessinateur et écrivain.Le dessin, le récit, le sens, chez Pajak, naît de leur confrontation.Son montage, quasi cinématographique, rappelle les encyclopédies illustrées du XEC siècle.Expressionniste, vouée à la noirceur grotesque et aux délires cauchemardesques qui font écho aux Chants de Maldoror, la manière Pajak allie la caricature et une sensibilité fascinantes.J’entends des voix, tout en évoquant les origines polonaises de Pajak, raconte des voyages en Suisse et en Italie, effectués sur les pas de Nietzsche, philosophe aimé, admiré, relu depuis trente ans avec une fidèle passion.Pajak revisite les moments lumineux de sa vie près de Naples, à Sorrente, sous l’ombre qui plane.Hegel, bête noire de Nietzsche, y glisse sa voix.Comme toujours, Pajak digresse et entrecroise plusieurs histoires imagées.Ici, c’est Hitler le protagoniste honni, dessinateur médiocre et nécrophile exalté.Et puis, à côté de l’Allemagne et de l’Italie, la France ramène Pajak à d’autres états d’âme.Hommage à Gébé, rédacteur en chef A’Hara-Kiri, dont il fut l’un des précieux compagnons.C’est simple, attachant, imprévisible à lire, saisissant à regarder.A propos de Turin: «Quelle est gaie ta tristesse, quelle est belle ta laideur, et quelle est bonne chez toi la désolation du temps qui passe, dans cette fin du monde où ton pays tout entier semble s’engloutir.Ne reste que la besogne méchante du passé, dépassé, lointain, oublié.Et le présent, où est-il?» Le ton est mélancolique.Renouvelant la curiosité littéraire, Pajak a forgé un style: il mêle des fragments autobiographiques et des anecdotes plus ou moins connues à propos des personnalités évoquées.C’est personnel et humoristique, très populaire — au sens honorable du terme —, sérieux au second degré.Des sources figurent en fin de volume, car ces portraits sont vrais, même surlignés par le dessin imaginatif et la grimace.Pajak a publié de nombreux ouvrages illustrés aux PUF, tels L’Immense Solitude (sur Nietzsche et Pavese), Chagrin d'amour (sur Apollinaire), Nervosité générale (chansons et poèmes).Humour (sur Joyce), Première partie, Nietzsche et son père et Mélancolie (sur Stendhal, Renan, Léautaud, Delteil.).Entre passé et présent, entre les souvenirs et l’anticipation, entre l’hommage aux morts et la gaudriole, une tristesse teinte sa volupté, sa gravure et sa plume d’écrivain.Etranges et hypnotiques, ces dessins sont à offrir, à prêter, à conserver.Impossible de ne pas se précipiter sur le texte.Le récit y évente l’opprimante nuit sans hine.Duras immortelle •Quand je l'ai connue, elle conservait», écrit Dominique No-guez de Marguerite Duras.En Normandie, celui-ci a sorti les archives de l’écrivaine-cinéaste, dont il fut l’ami.Conservés à l’institut Mémoires de l’édition contemporaine, photographies, manuscrits, carnets, affiches, cahiers de plateau et correspondance se trouvent ainsi présentés, jusqu’au 21 janvier, à l’Abbaye d’Ardenne.Chance pour nous qui sommes loin, un catalogue d’images inédites, stimulantes et colorées, permet de s’y transporter.Préfacé par Noguez et introduit par Sophie Bo-gaert.Duras.L’Œuvre matérielle, ce bel ouvrage savant et d’un prix accessible, donne à voir les documents triés dans le bric-à-brac.Il recueille aussi les mots d’Aliette Armel, de Christiane Blot-Labarrè re, d’Edgar Morin, de Jérôme Beaujour et de Michelle Porte, qui investiguent le rapport sensoriel de Duras à son environnement A feuilleter cet album, on se convainc sans peine que Duras était un phénomène.Que ses contradictions sont autant de mystères.Et quelle faisait marcher le inonde, avec son art de la mise en scène: «chez Duras le réel et l'imaginaire ne sont pas séparables, ils sont coalescents», écrit Beaujour.C’est pourquoi ces traces matérielles font revivre de grands pans de sa personnalité.La matrice d’une grande œuvre Pour les dix ans de sa mort parait egalement un recueil inédit Cahiers de la guerre et autres textes, sous la supervision de Sophie Bogaert et Olivier Corpet D s’agit de quatre cahiers, écrits par Duras entre 1£43 et 1949.L’ouvrage blanc sous sa jaquette noire, d’un beau papier satiné, contient des trésors, comme cette phrase, déposée dans l’attente des déportés: «Le jour, lumière du jour à profusion sur le mystère nazi» On y trouve un récit autobiographique relatif à l’Indochine, une version originale de La Douleur — l’atroce retour de Robert Antelme, déporté à Buchenwald, à la Libération — et plusieurs ébauches de romans.La force brute et la modernité qu’ils renferment s’offrent désormais en une nouvelle démonstration de sa sensibilité.«Cahier rose marbré», «Cahier presses du XX' siècle», «Cahier de cent pages», «Cahier beige», ces titres sont les siens.«L’enfance illimitée», quatre récits d’enfance, et six nouvelles contemporaines de ces cahiers y sont ajoutés.Laure Adler, dans sa biographie de 1998, et Jean Vallier, dans une autre biographie, C’était Marguerite Duras, parue chez Fayard en 2006, les ont déjà scrutés.Yann Andréa et Jean Mascolo ont apporté leur concours.C’est tout Duras — «Ce fut sur le bac qui se trouve entre Sadec et Sai que je rencontrai Léo pour la première fois», la première phrase est reconnaissable entre mille — et une autre Duras, plus Donnadieu sans doute, intime et spontanée, qui complètent la signature de L’Amant.La liquidité de la pensée y est sans cesse traquée, déferlantes du Pacifique contre lesquelles elle a toujours lutté.Collaboratrice du Devoir J’ENTENDS DES VODt Frédéric Pajak Gallimard Paris, 2006,221 pages T- DURA$ „ Lœuvre materielle IMEC Paris, 2006,127 pages CAHIERS DE LA GUERRE ET AUTRES TEXTES PO.LIMEC Paris, 2006,448 pages ItetiASlK.lilMlML LA SÉRIE ÉVÉNEMENT 0E LOISEL& TRIPP Dans le 2e tome de cette truculente comédie, Loisel et Tripp nous ont concocté, avec une gourmandise très communicative, tout un festin de Noël! LOISEL TR casterman v I 1 K n t V () I K ¦ L K S S A M EDI I ET DIMANCHE 17 D E C E M H R E 2 0 0 t< F 7 .IVRES CADEAI'X B E A i; \ LIVRES Beau comme un obus Un livre hypnotique sur l’art des tranchées de la guerre defer STÉPHANE BAILLARGEON Un poinçon fait dune cartouche et d'une fiechette larguée par milliers d’un avion pour •’tuer horriblement*, le tout termine par un bouton d’uniforme britannique.Un anneau coule dans le précieux aluminium d'une fusee, où le soldat-artisan a inscrit -Krieg* et gravé la croix autrichienne.Un crucifix constitue de quatre balles de calibre 8 mm de fusil Lebel fiançais avec un médaillon de ceinturon allemand portant toujours sa prétentieuse inscription: •Gott mit uns* (Dieu avec nous).Et puis beaucoup, beaucoup, de vases d inspiration Art nouveau faisant presque oublier leur matériau de base, des douilles de 75.Tout ces objets façonnés et fascinants se retrouvent dans le livre tout aussi étonnant De l'horreur à l'art.Dans les tranchées de la Première Guerre mondiale.L’art de cet infra-monde immonde a germé alors que l’horrible conflit s’enlisait Les soldats pouvaient profiter des périodes de relative accalmie pour transformer les projectiles jonchant les campagnes.L'auteure, la Québécoise Nicole Durand, en a reperé des centaines et met en valeur ce patrimoine exceptionnel.La production artistique des tranchées se rattache à une longe tradition de l’artisanat militaire.On peut voir à Istanbul, parait-il, les vestiges d'une colonne de bronze réalisée avec les armures des Perses vaincus par les Grecs.La guerre industrielle se fait avec des matériaux métalliques particuliérement propices aux récupérations.L'ouvrage de Mme Durand ne s'intéresse même qu’aux objets issus de l’artillerie, des balles et des obus.Le beau livre, sur un aspect négligé de l’horrible conflit, fait même davantage référence aux productions anglo-saxonnes et françaises, parce que dans le camp des «fritz» et des «boches», les douilles étaient généralement recyclées dans l’armement.Rien ne se perdait, tout se transformait, pour permettre au métal de donner la mort plusieurs fois.De l'horreur à l’art donc.Le livre s’ouvre sur des textes où les poilus Cendrars et Cocteau racontent leur horrible cauchemar.«Il n’a plus de nez.A la place, un trou qui saigne, qui saigne., écrit Maurice Genevoix dans Jours de la Marne (1933).Avec lui, un autre, dont la mâchoire inférieure vient de sauter.Est-ce possible qu'une seule balle ait tait cela?La moitié du visage, presque.» est plus qu un morceau de chair rouge, molle, pendante, et d'où le sang mêle d la salive coule en.tilet visqueux: et ce visage a deux clairs yeux bleus d'enfant, qui arrêtent sur moi un lourd, un intolérable regard de détresse et de stupeur muette.* On mesure ainsi un peu mieux ce dont témoignent les objets sortis de ce contexte dantesque.«Prenant appui sur le néant des tueries et la boue nau séeuse des charniers, [ces œuvres! disent et redisent toute la force créatrice de l’esperunce humaine, écrit le journaliste-essayiste Jean-Claude GuiBebaud en preface.Non seulement c'est très beau, mais c'est intemporel et bouleversant.* Très beau?Oui, certainement, en un sens, parfois.Beau, mais surtout troublant et même encore d'une force inquiétante.Les bagues, bracelets et autres por te-bonheur forges pour leurs proches par les Tommies suscitent encore une admiration touchante, fa's productions d’inspiration patriotique et les creations carrément religieuses stimulent des réactions plus complexes, parce qu’elles témoignent des forces agissantes de ce temps de mort Les forgerons de misère utilisaient par exemple le coq pour symboliser la Fraie ce héroïque.Ils vénéraient la mémoire des lieux de gloire, Verdun ou la Marne.Ds multipliaient les objets de culte pour célébrer les messes autour des casemates, d'où le grand nombre de crucifix, de protège-missels, de calices et d’ostensoirs, «Si l'art est un témoignage de son époque, celui des tranchées ne l'est-il pas au premier chef?demande l'historienne de l’art atypique dans sa conclusion.Et si l'art est quête de sens, celui des tranchées est une interrogation pathétique sur la vie et la mort.Enfin, lorsque sur leurs objets les poilus exaltent l 'amener, le centrage, la patrie.est-ce le côté moral de leur art qui fait problème?Les images de guerre devraient pourtant nous aidera replacer les sentiments et les choses dans leur contexte.* En tout cas.les textes de Mme Durand éclairent très bien la symbolique à l’œuvre de cet artisanat.Ils mettent en lumière les grands thèmes autour desquels s’organisent la sélection, la patriotisme et la foi.bien sûr.mais aussi le besoin de protection, la mort ou encore le désir féminin des hommes en guerre.Ds instruisent aussi sur chacun des objets, avec une profusion de détails.Ainsi, pour cette boîte à bijoux réalisée par un soldat canadien du 48 Régiment des Highlanders a partir d'une douille.L'objet d’orfèvrerie s’ouvre avec un axle secret et s’orne d»- reterences aux batailles de fa Somme, de Vuny et dTpres.IVs hé rondelles portent fa bonne nouvelle des victoires rem portées.IV-s pajxlkvns rappeBent k*s quelque til (XX) vio tins-s canadiennes du conflit Ia- Devoir w, -s-' ours Mumnelioi, I’ \ I IMS ' |M( tll me htouillet C H A M V A G M I Tloùun.n loft STEPHKN LAMB / SEUIL Boîte à bijoux réalisée par un soldat canadien du 48' régiment des Highlanders à partir de douilles d’obus.GROUPE LIBRIX m ^ mm I Les héritiers d'Ambrosius — Le peuple des profondeurs Claude Champagne 12,95 S E A>T La saga de l’Ile verte, La prophétie d'Amorgen.tome I Annie La vigne ‘16,95 i Les héritiers d’Ambrosius Les démons de la grande bibliothèque Claude Champagne 12.95 S La saga de l’île verte, L’épreuve des chevaliers, tome 2 niétavigne 16.93»$'' P , - Phoenix — Le sourire de la Joconde Corinne De Vailly Jean du pays, tome I Jean-Marc Phaneuf 19.95 ^ 12.95 $ wm irécarré eOütBfOK MEDIA Phoenix — L’énigme du tombeau vide Sylvie-Catherine De Vailly 12.95$ [«fentiU» ., Au-delà de l’univers, tome 5 : Epreuve infernale Alexandra La roc h elle 95* O» « , Sa Ara L é DEVOIR SAMEDI DIMANCHE DECEMBRE LIVRES CADEAUX BEAUX LIVRES L’histoire à votre table CAROLINE M ONTPETIT C* est un pharmacien de formation.Mais la botanique et l’écologie sont ses spécialités.A cela, on ajoute une grande érudition et des illustrations de qualité.Ces ingrédients forment le très beau livre intitulé Ces plantes que l’on mange, que Jean-Marie felt fait paraître ces jours-ci aux Editions du Chêne.Plongeant dans l’histoire de l’alimentation, on y retrace les débuts de l’agriculture; on y apprend que, par le biais de la compétition entre les plantes, ce sont celles qui comptaient le plus de teneur en sucre qui se sont déve- loppées au détriment des autres.Mais on trouve encore aujourd'hui, en Haute-Galilée, des blés sauvages «vivant en des lieux aridfs à l'écart de toute culture».En Egypte ancienne, écrit Pelt, manger bien et beaucoup était un gage de bonne santé.Un papyrus évoque d’ailleurs la légende de ce magicien nommé Gedhi, qui a vécu jusqu’à 110 ans en mangeant chaque jour «cinq cents miches de pain, et un demi-bœuf accompagné de cent cruches de bière».La nourriture n’a cependant pas toujours été gage de santé.Au Moyen Âge, avec la culture du seigle, apparaît la malédiction de l’ergot.Ce champignon qui s’ins- talle dans l’épi à la place du grain est alors responsable de graves épidémies de «feu sacré», comme on nommait la maladie dont étaient frappés ceux qui le consommaient.Les victimes voyaient leurs membres se gangrener et souffraient d’horribles brûlures.Aujourd’hui, l’ergot est utilisé dans le traitement de certaines maladies, et il serait aussi à la source de la fabrication du LSD.Les anecdotes abondent sur différents mets qui défilent à notre table.La pomme de terre, par exemple, cultivée d’abord au Pérou, doit sa popularité et ses lettres de noblesse en France au pharmacien Parmentier.Il invita Louis XVI à porter une fleur de pomme de terre à sa boutonnière et lui suggéra de donner un banquet dont tous les plats seraient confectionnés à base de pomme de terre, et dont l’alcool proviendrait aussi de la fermentation de ce légume.La pomme de terre n’a cependant pas toujours fait des heureux.On sait que les Irlandais, qui en pratiquaient une monoculture intensive, ont souffert énormément des dommages du mildiou sur leurs récoltes, et que ces pertes sont à la source de grandes vagues d’immigration d’Irlandais, souffrant de la famine, vers l’Amérique.La carotte, quant à elle, a eu droit à un statut particulier grâce éditions Liber Philosophie» Sciences humaines • Littérature PRODIGE DELA «Je me suis parfois étonné qu’il n’existât pas un Traité delamain.» Paul Valéry Discours aux chirurgiens Une vingtaine d’écrivains, de philosophes, de scientifiques et de praticiens de divers arts se rencontrent ici pour dire la profonde signification de la main humaine.Des textes de: SYLVAIN BÉDARD • PIERRE BERTRAND • ROGER CEVEY • JESSICA GUENOT DAVID LE BRETON • GEORGES LEROUX • JOSEPH J.LÉVY JEAN-FRANÇOIS MALHERBE • ALAIN MÉDAM • JEAN MÊTELLUS JEAN-A.NISOLE • YVON PAGEAU • SIMON RICHER • CLAIRE SILVERA-ROCHON ROGER SOMÉ • MARIA-GRAZIA VILONA • FLORENCE VIN IT • ERIC VOLANT oueu&es/ Nou» réinventer!» la librairie GALERIES NORMANDIE J7S2 DE SALABERRY 514 337-4083 ¦ SORTIE 4 DE LAUTOROUTE 15 ¦ HENRI-BOCIRASSA S> AUTOBUS 69 OUEST WWWWBRAIWÉMONIT.eaM noth, ;4S: i' LES 1000 LIEUX QU’IL VAUT AVOIR VUS DANS SA VIE mun i* *uiht* Memmarlon « C 'est une histoire ci 'amour dont les épisodes ont été mélangés par un fou.» ISBN: 2-08201-349-9 - 972 pages - 34,95 $ Voyageur infatigable, amoureux de vieilles pierres et de civilisations anciennes, ou rêveur impénitent, chacun trouvera dans ce livre de quoi passer des moments inoubliables.Albin Michel Flammarion ;7a\ h IMAGES/LEEMAGE.SOURCE ÉDITIONS DU CHÊNE Une orange, planche botanique extraite de L’Histoire naturelle des orangers par J.-A.Risso et P.-A.Poiteau, 1818.à sa jolie couleur.On la servait en effet le Vendredi saint, arguant que sa couleur était celle du sang du Christ.Le petit pois, pour sa part, habite Paris depuis la nuit des temps.Les habitants de Lutè-ce l’avaient intégré à leur diète, et on en a trouvé des vestiges datant d’il y a 10 000 ans, à l’est du bassin méditerranéen.On s’étonnera d’apprendre que les médecins ont longuement discuté de l’importance alimentaire des fruits, avant la découverte des vitamines.Ou encore que des médecins de l'Antiquité argumentaient sur la question de savoir si la prune agissait comme constipant ou comme laxatif.De la pomme, on se demande si c’est bien le fruit qui fut croqué par Eve.Les deux amants ne se sont-ils pas couverts ensuite d’une feuille de figuier?Viennent ensuite des chapitres sur les huiles, les épices et les plantes sauvages.Les graines de cacao, par exemple, servaient de monnaie d’échange aux Aztèques.Les Amérindiens les consommaient d’ailleurs avec du piment Ce sont les Espagnols, au palais délicat, qui y ajoutèrent plus tard du sucre, avec le succès que l’on sait.Le poivre, quant à lui, était prisé au point de servir comme cadeau, dans le cadre de relations diplomatiques tendues.Les gousses d’ail, quant à elles, ont servi à payer les ouvriers qui ont construit la pyramide du pharaon de Khéops.Pelt raconte aussi la jolie histoire de la vanille, qui ne peut être pollenisée que par un insecte mexicain.Pour la cultiver partout dans le monde, on a donc recours à des marieuses, des femmes qui procèdent manuellement à la fécondation des plants.C’est un livre qui fascinera ceux qui s intéressent à ce qui se trouve dans leur assiette.Et que l’on referme avec un fort sentiment de gratitude envers la nature, cette virtuose qui nous nourrit, jour après jour, depuis les débuts de l’humanité.Le Devoir CES PLANTES QUE L’ON MANGE Jean-Marie Pelt Editions du Chêne Paris, 2006,187 pages Laure Adler & Stefan Bollmann Les femmes qui lisent sont dangereuses ISBN : 2-08011 -572-3 - 152 pages - 49,95 5 «Un livre splendide! Un coup de cœur absolu.C'est tellement beau ! » Christiane Charrette - SPC «Un ouvrage superbe,éclairant, sur l'histoire de la lecture au féminin, du Moyen-Âge à aujourd'hui.» Danielle Laurin - Elle Québec Flammarion LIVRES LA DE AH ¦ •SAIS QUÉBÉCOIS Les hauts et les bas de Marcel Tessier Louis Cornellier Pour les gens de mon âge mn peu moins de 40 ans), Marcel Tessier est essentiellement cet historien-conteur très énergique qui a dynamisé les matins de TVA jusqu’à la fin des années 1990.Auteur, récemment, de deux livres de chroniques d’histoire, Tessier incarne, dans ¦ opinion populaire, la figure de l'historien sympathique et engage.Les spécialistes de cette discipline, parfois, s'en désolent, et on les comprend un peu.Le communicateur, en effet, avoue puiser son inspiration surtout chez Groulx et Rumilly, deux historiens talentueux mais dépassés.Il n empêche que, grâce à ses louables efforts de vulgarisation, le vigoureux personnage a contribué a maintenir notre histoire dans l’espace public.Cela n’est pas rien.L’homme, cela dit ne se resume pas à cette fonction et, dans/e me souviens., un recueil de chroniques biographiques, il raconte avec sa verve habituelle les hauts et les bas de sa propre existence, levant ainsi le voile sur un parcours bien rempli et méconnu.Né en 1934 dans le quartier Saipt-Henri à Montréal, Marcel Tessier a donc 72 ans.A cet âge, ü arrive souvent que la nostalgie nous guette, et le chroniqueur n’y échappe pas.Penche sur sa jeunesse avec attendrissement, il nous sert donc le refrain sur les enfants de son temps qui jouaient dehors, sur ce temps béni d'avant la télévision (l’homme, plus tard, en fera pourtant son profit), sur le scoutisme qui n est plus ce qu'il était depuis que les gars et les filles peuvent le pratiquer ensemble, sur la qualité de la formation dans les écoles normales qui était supérieure à celle du bac actuel en education, sur les tristes enfants-rois d’aujourd’hui et sur leurs parents «immatures» qui négligent la pédagogie de l’effort Tout ça, convenons-en.est plutôt gratuit et nous renseigne plus sur les états d'àme de l’homme que sur la valeur de cette évolution.L’essentiel, d'ailleurs, dans cet ouvrage, n'est pas là, mais plutôt dans le récit intime parsemé de confidences que nous livre Tessier.Ce boute-en-train, en effet, fut un homme brisé par l'échec de son rêve.Entouré de chanteurs, amateurs mais de qualité, pendant son enfance, il sera déchiré, des années durant, entre son désir de mener une vie de pédagogue rangé et son rêve de devenir chanteur professionnel.En 1957.alors qu’il enseigne au primaire et suit en parallèle des cours de chant avec Albert Cornellier, ex-chanteur à l'Opera-Comique à Paris, Tessier remporte le concours La Couronne d'or, organise par la television de Radio-Canada, en interprétant un air de Bizet.La machine, ensuite, s’emballe.Il continue d'enseigner, mais enregistre aussi des disques, chante au «canal 7» et au «canal 10».anime une emission sur la musique à Radio-Canada et, en 1964, joue même le rôle de Morales, de l’opéra Carmen de Bizet, à la Place des Arts, sous la direction de Zubin Mehta.Marie et père de famille.Tessier est tente par la vie d'artiste, mais il constate que l’incertitude qui l’accompagne n’est pas vraiment compatible avec son état.Son couple, d'ailleurs, ne va pas très bien.En 1967-68, il décide neanmoins de risquer le tout pour le tout.Avec un soi-disant agent qui lui fait miroiter une possible carrière américaine, Ù se rend par deux fois à San Francisco dans l’espoir de décrocher de gros contrats.Ce sera un échec total.Tessier, par la suite, chantera encore, mais en dilettante.La non-aventure américaine l’a brise.11 noie sa peine dans le cognac, retourne tristement à l’enseignement et finit pas se taper une depression d’alcoolique.En 1975.aide par de nombreux amis, dont Pierre Peladeau.il decide d'arrêter de boire.la suite ne sera pas qu’heureuse, mais le fond du baril est derrière lui.En 1968, à la faveur d'un modeste job d’enseignant à Sainte-Agathe, Tessier avait renoue avec sa passion de l'histoire du Quebec.Cette redécouverte marquera son parcours subséquent, à la fois comme pedagogue, militant et communicateur.Il sera, notant ment, orateur invité par le Parti québécois à plusieurs reprises et sera même candidat pressenti pour ce parti en vue des elections de 1989.Cet epistxle le laissera meurtri puisqu'une série de tractations politi ciennes l’empêcheront de réaliser cet objectif.Son militantisme, croit-il aussi, sera à l’origine du non-renouvellement de son contrat à TVA en 1999.Dans un registre encore plus intime.Tessier parle beaucoup de sa mère et se sert de cette figure maternelle pour traiter d'un certain passé québécois.Sa mère, donc, écrit-il dans un portrait peu flatteur, «était une personne ambitieuse, orgueilleuse, ultra-catholique».une colonisée qui rêvait de vivre à West-mount et d'imiter les Anglais, une femme qui «faisait preuve d'une soumission totale» devant les prêtres, une manipulatrice qui s’adonnait au chantage émotif pour mieux dominer son entourage (comme plusieurs femmes d'aujourd’hui, ajoute le chroniqueur).- .usant un doc MaUloux de lui-même, Tessier parle du «régime matriarcal qui dominait dans la société ca-nadienne-française des années cinquante».En toute incohérence, il qualifiera sa mère de «femme avant-gar-diste» au moment de sa mort nuit ^.»™« *m*.» .•irrmi •>-v ¦ 1 ilMMECKIRI MiMh CÔTÉ US MVIHtl nvisiTts rnum u r»v« UAUCHiWlN afitmun nu I H t U U f /I Sf UAC«tlNE OU l I V * E Au sommaire du numéro 105 en librairie le 15 décembre 2006 André Ricard par Roland Bourneuf; Charles le téméraire d'Yves Beauchemin par Laurent Laplante; Les bienveillantes de Jonathan Littell par Yvon Poulin;«Les mythes revisités» par Pierrette Boivin;Le livre jamais lu par Georges Anglade; Écrivains méconnus du XXe siècle : Jean Meckert par Patrick Bergeron ; Les chroniques de l'Hudres d'Héloïse Côté par Laurent Laplante.Unt offrt qui donne accèt gratuitem«nt au contenu intégral du tito Internat www.nultblanche.com 6 ceux et celle» qui l'obonnenf directement ou magogine • toit pgr tiléphon* (4!|j 692.1 J54 • K't par eourri#! nuttblonehgOnoitblartet'e.eom • Kit par lo po««« 1026 ru* Samt-jean.bureau 403 Qu6b*c (Québec) Glt HZ AbonntHfOUS : 4 numéros pour 34,19 $ taxa inclûtes Prénom : Codepoful: Ourriri : Nom: .AdrcMc:.Ville: .TÜ.:.J Par carte de crédit Vie* n- Date d’expiration : J Ci-joint mon paiement par chèque ! «»©»*» vstr* threat t l'ardr» 4* Snil tUmtht.1*24, rat ftia|.|*ta, barota 4*1, CJathtA ; Qatbtc .OI i I eT fel.i tilt) M2-IIH T*Mst^.i f«ll! itl-USS le Marcel Tessier AilLuJ sin K.i i nmoss m t.homme Sur la religion de son enfance.Tessier a aussi des mots très durs.Il parle d'une religion étouffai) te qui instillait la peur dans la tète de ses ouailles A 12 ans.le jeune homme est victime d'un religieux pédophile Sa mère l'accuse de tabuler et son père st' tait Mülgnr le rigorisme qui a marque notre histoire et notre peuple, precise toutefois Fessier pour nuancer, il existait piirmi les prêtres des hommes in dinduellemcnt extraordinaires.» Il rend hommage à plusieurs d'entre eux Excellent raconteur et.dit-on, pedagogue chéri par ses olèves, Tessier ne brille toutefois pas par sa lucidité sociologique Au debut et à la fin de son ouvrage, il souligne que l’existence des ocoles privées constitue une injustice parce que ces dernières sont tellement supérieures au «système pourn des polyvalentes» et que tous nV ont pas accès Contre l'evidence, donc.Fessier affirme que ce sont les bonnes écoles privées qui tout les bons élèves et non les bons élèves qui font les bonnes écoles privées En guise de solution, il suggère d étendre l'esprit du prive aux écoles publiques, un désolant raisonnement qui conforte une perverse idée reçue Bon bougre, le «p'tit gars île Saint-Henri» stxluit quand il conte, mais tait grincer des dents quand il raisonne.lomscornrlliera i fH'omrnuHt cations, ca JF ME SOI VIENS.OlKOMQt HKKiKAl’HIQl KS Marcel Fessier Kditions de l'Homme Montreal, 2UXi, 304 pages 1011 N I AMM K I Voyage au Canada ¦i i darw les annéct i8q6.i#o7 et iKoK Voit i donc un lore (gui nous a rté C4ché pendant 200 ans.soin prétexte quo son autrui av«it |ujt< tixjp sévèrement 1rs Indien* et 1rs t .madims français lots d’un voyage au ( umula dans les années IfttK* |#0?et JHOtH i Vsi pourtant un document essentiel, qui contient tant de details de la vie quotidienne dam U l'rovime ol Quebec, qu aiktifU peisoiillf un l ull soil peu intéressée par riustowe ne peut manquer de !» ration On ttouwi .i de tout dam ¦»* niées courant ET D I M A V i H I IT D K t I M R R E 2 0 0 t, .IVRES CADEAUX C HANS O N Arthur H en toutes lettres SYLVAIN CORMIER Décrire ce livre est fichtrement difficile.Aussi difficile que de décrire Arthur H.a part les oreifcs de-coüees et la voix de mille bluesmans éraillés.Voici au moins ce que ce livre n'est pas.Ce n'est pas une autobiographie.même si Arthur H y parie au je et sV révélé plus que dans tous ses textes de chansons et toutes ses interviews conjuguées.Ce n'est pas un digest d'entretiens non plus, même si la matière de base provient d’une «conversation amicale» avec le compositeur Bertrand Richard: détournées, triturées, passées à la mou-linette.les transcriptions ont littéralement servi de pâte a modeler à ce gamin d’Arthur.Ce n'est absolument pas l’habituel livre richement illustre de vedette de la chanson, même s'il est fard de dessins, de collages, de manuscrits reproduits et de photos.Ce que c’est?Je ne trouve rien de mieux que de dire que c’est un voyage sur la planète Arthur H.avec Arthur H pour guide à la fois facétieux et bien intentionné.«J'essaye maladroitement de vous convaincre que ce livre n 'a aucune prétention à être une photo précise, réaliste, mais plutôt de constituer une sorte de film musical, dont on aurait changé l'ordre des bobines et où il manquerait la fin!» Joli programme.Au plaisir de s'y perdre, quoi.Au plaisir d’apprendre sur Arthur H toutes sortes de choses pas banales, mais dans le plus ludique désordre.Désordre organisé en quatre grands fourre-tout: l’imaginaire, la musique, l’énergie, le rêve.Allez, j’ouvre au hasard.«Enfant, j'étais fou des l i-kings et des anciens Grecs.» La page de garde d’un livre qui a compté pour .Arthur enfant.Le Viking au bracelet d’argent, de Paul Bozon, est reproduite.Emouvant artefact.Il y en a d'autres.«Ce récit m a transpercé et fai lu ensuite tout ce qu il était possible de lire sur les envahisseurs du Nord.Ce que f adorais chez les Vikings, moi petit garçon imaginatif, doux et réservé, qui ne trouvait pas les moyens d'exprimer son agressivité, c’était leur ardeur et leur insouciance face à la mort, ce besoin pressant de fracasser joyeusement le crâne des Gentils, d’occire sans remords quantité de moines et de nonnes, leurs hurlements sauvages à la fin de la bataille.» Bigre.Belle mentalité.On n'écoutera plus jamais Les Pieds-Nickelés de la même façon.Eloquenunent, affectueusement, Arthur évoque son Higelin de père, qu’il appelle toujours Jacques.«Au début des années 70, je montais parfois sur scène avec Jacques, je faisais le clown, il improvisait avec tout ce qui lui tombait sous la main.Ces années étaient pour lui un temps de liberté et de créativité incnyyables.Cette période est chère à mon cœur faime sa Mie, ses intenses experimentations.• Beau fou parmi d’autres.Arthur H, fils de beau fou, aime les beaux fous.«Un jour, j’ai eu une vision des grands rêveurs européens, les grands raconteurs d'histoires: Charles Baudelaire.Robert Stevenson, Biaise Cendrars, Joseph Conrad.Federico Fellini, ceux qui m ont touche le plus intimement.Ces artistes ont preserve précieusement la créativité de leur enfance.Ils fnilent le mythologique, l'originel.cultivent une pensee magique très belle, spacieuse, colorée, extrêmement sensuelle.» On pourrait parler d’Arthur H dans les mêmes termes.Peut-être est-ce précisément ce qu’il fait, à sa pudique manière.Arthur H fournit ainsi les mille et une des de ses mille et une portes d'accès.Accès, notamment, au grand secret de l'écriture chansonnière selon Arthur H.«Ecrire des chansons demande d'etre réceptif, ouvert.offert.Pour accédera une certaine partie de si>i-même.il est plus ejficace d'etre féminin.Je pretrre être The Lady Of Shanghai écrivant à la terrasse d'un café plutôt que James Bond executant des terroristes russes dans un pays bâtard.» Suit tout un essai sur la musique afro-américaine, de de toutes les liberations: «La musique noire esta la fois chamelle et cosmique.Les Occidentaux avaient développé quelque chose de beaucoup plus aérien: l'ampleur de la mélodie, un souffle très long, la beaute des harmonies, une tendresse.une douceur incroyable mais aussi une sorte de folie mathématique.La musique noire a reintroduit une pulsion harmonieuse dans notre rythme, un son guérisseur qui recolle les morceaux du corps, qui rend sa noblesse au sexe.» Et ainsi de suite.Un conseil: lire tout ça en se repassant les disques d'Arthur H en boucle.On entend autrement.C’est comme si on était connecté à même ses grandes oreilles en forme de radar.«C'est le pouvoir magique de la résonance.» Le Devoir ONIRIQUE ATTAQUE Arthur H Editions Textuel, eoll."Musik», Paris, 2006,120 pages Arthur H par Céline Nieszawer CHANSON De Fréhel à.Stefie Shock t S S A l S Quelques suggestions SYLVAIN CORMIER Rares sont les bons ouvrages de référence concernant la chanson française (en général, plus on illustre, moins on informe).Plus rares encore ceux qui bénéficient de véritables mises à jour: il faut que l'éditeur suive, que le collectif d'auteurs soit encore d’attaque, etc.Applaudissons donc Hors Collection et l’équipe à nouveau réunie par Gilles Verlant: ^Encyclopédie de la chanson française a droit à une refonte, et cette refonte est considérable.Et pour cause.C’est qu’il s’en est passé, des choses, depuis l’édition de 1997: le meilleur et le pire, de l'effervescence de la «nouvelle chanson française» aux affres de la télé-réalité.Fallait témoigner de tout, sans parti pris.C'est le mandat encyclopédique, souligné dans le mode d’emploi: «[.] nous avons essayé de chasser de nos esprits tout a priori négatif, tout snobisme, tout ostracisme, toute distinction entre ce qui serait de la “bonne chanson française’’, de la “variété commerciale”, etc.» Moyen contrat.Ça voulait dire grossir en volume, ou bien dégraisser, c’est-à-dire laisser tomber des artistes mineurs, à chaque epoque.Applaudissons encore: on a bien peu trié et beaucoup, beaucoup ajouté.Pour quelques Ute Lemper, Pauline Ester et autres Stéphanie (de Monaco) relégués aux oubliettes, la liste des nouveaux arrivants est longue, de Jeanne Cherhal a Bénabar et de Françoiz Breut à Nicolas Jules.L’OdysseV de la chanson française compte 464 pages: L'Encyclopédie, dans un format un peu plus grand, s’arrêtait à 266.Et l'on ne s’est pas contenté d’adjoindre une section «années 2000».Tout ce qui devait être revu a été revu: même les grands d’hier et d’avant-hier, lorsque l'actualité de leur carrière sans fin le justifie, voient leurs parcours retracés, et les textes au moins partiellement récrits.Révision en profondeur, dis-je.Avec le recul du temps, certains artistes se révèlent de moindre importance, d’autres stagnent, d’autres encore gagnent en stature: un Roch Voisine n'est pas aussi incontournable qu'en 1997, alors qu'un Pascal Obispo ou un Florent Pagny — pour donner des exemples comparables — se sont imposés.Les modifications aux «entrées» respectives reflètent ces destins.C'est vrai aussi pour un Richard Desjardins, plus que jamais reconnu comme un «grand» de la chanson française.Inconnu en 1997, -M- obtient deux pages à lui tout seul dans L’Odyssée.Logique, la place faite à la chanson québécoise a augmenté de façon exponentielle: jamais le Québec n’a été aussi présent sur la scène française que ces dernières années.Impossible de passer à côté des Lynda Lemay, Natasha St-Pier, Isabelle Boulay, Garou et compagnie.Choix plus pointus, Marie-jo Thério, le Québécois d’adoption Jérôme Minière et Stefie Shock accèdent aussi à r*entrée» personnelle.Mieux, le petit encadré «chanson québécoise» de l’édition précédente est devenu un article fouillé de quatre pleines pages, intitulé «Québec: la relève permanente», où les Cowboys fringants, Ariane : Moffatt, Pierre Lapointe et même Alexandre Belliard sont ; dûment mentionnés.Parmi ; quelques incongruités, certes, dont Ivouphi.Ex-Libris et un certain Bolo (?): c’est le décalage horaire qui fait ça.Mais ne cherchons pas la petite bête.Cette Odyssée est un sa cré voyage et, ce qui ne gâche rien, un livre fort beau.I.a maquette aussi a été refaite, et l’im- j pératif de lisibilité n’a pas empêché une mise en page plus soi- : gnée ainsi qu'une iconographie ; plus riche: cela se consulte, se feuillette et se laisse regarder.! Réussite qui en appelle une autre: rendez-vous dans dix ans.Le Devoir L’ODYSSÉE DE LA CHANSON FRANÇAISE GiDes Verlant, avec la collaboration de Jean-Dominique Brierre.Dominique Duforest Christian Eudefine et Jacques Vassal Hors Collection Paris.2006,464 pages LOI I S CORN I LU H K N A quoi sert l’histoire?Frans met-elle la vérité ou des inter prétations?L'historien est il un écrivain ou un scientifique?Dans cette indispensable anthologie, deux jeunes historiens québécois ont regroupe des textes de leurs plus illustres prédécesseurs qui réfléchissent à ces importantes questions.C’est beau, profond, sa vaut et émouvant.Parole d'historiens.Anthologie des réflexions sur l’histoire au Québec, chojx de textes et presentation par Eric Bedard et Julien Goyet te.lYesses de l'( Iniversité de Montréal.ciéMEtrr auami 11 nrvom Jocelyn Létourneau BETHUNE Ï *** * 7 f 5 MmtDm www Ïtixeriiteur com LILI MAXIME Mit chcrc Louisiane Tom e 3 Un dernier Mardi jjras 1992-2005 Ce tomme roman poarwit ta ouMe aJenMaare dea Ca(|m&.des Houmat des tmyrsM et des Mayas da Ctaapas Cette saga .nous entame m coêm des tamdte* usant Codai et Mamcouctie far la C/ys» la Me de Oand UManc.noua termer Man* gras dans ta Mr du Jazz Ladouwtte Olem C etHt maM rowagan Katma > Ouragan sur te bayou > tome i *••17 U Prom Germ IteUK V12?• I • La Sang-méte du bayou > tome 2 gEHj Rpifül mJüJj rLlM J|§ ; || Sri roman 62H pages 28,95$* lestant OVOVTODS Edit ions Grantle Marée U Orner, rntm Lapant.TKOKW n «,.U» odent d» waa measwa n aMsaaaoMManaMtae gaarsaent.• s tsomaos d« M et ta Montagne* da Mont - LAURÉATE DU PRIX FRANCE-ACADIE 2005 l’.tn ilu al mares qui pourrissml ce débat.Une école (mut le monde, une école pour tout le monde I.éducation québécoise data le contexte de la mondialisation, Jocelyn Berthelot.VI JL Quels sont les dix livres les plus im|xirtants de la tradition littéraire québécoise?Marcotte propose ses choix et les défend Une l>elle invitation a déterminer les nôtres.Un cadeau intelligent pour les échanges de 10$ ou moins.Petite anthologie péremptoire de ki littérature québécoise, (ailes Marcotte.Fuies «Le beau, nous rappelle l’edi li-ur de i et ouvrage, a tou/oun été le M*CMU VtMMI M MtaiAM «AMMT L'annuaire du Québec 2007 456 PAGES • 29,95$ «un livre lumineux» Voir « une artiste accomplie » cuUurrhebdo.com « tantôt drôle, tantôt dramatique, toujours lucide.» Jean Dion, Le Devoir « Un livre renversant, fascinant, extraordinaire.» « Des munitions contre le discours déprimant des spécialistes du désespoir» Pierre Cayouette, L’Actualité « Un ouvrage de référence essentiel » Marie-France Bazzo, Bazzo.tv Rober Frosi.Désautels
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