Le devoir, 23 décembre 2006, Cahier C
I K DEVOIR.LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 2 » D K (' E M R R E 2 O O R Peut-on encore célébrer Noël?Page C 5 PATRIMOINE Quand on est né pour faire un \wül pain Page C « PERSPECTIVES Par la bouche de Cannon La ville de Québec est-elle militariste ?Ville militaire, Québec serait-il militariste?Les conservateurs semblent répondre par l'affirmative puisqu'ils invoquent volontiers.lorsqu'ils sont dans la Vieille Capitale, des arguments de cet ordre.Et ça fait mouche dans la population alors que le Royal 22' Régiment effectue une mission risquée en .Afghanistan.C’est là un des éléments peu explorés du fameux «mystère de Québec», qui pourrait prendre de l’importance alors que «nos» soldats ferraillent à Kandahar.Le 23 juin dernier, Stephen Harper est venu souhaiter une • joyeuse Saint Jean « au* Québécois devant la ritadcllc A sjjLvjfj&k «8* ANTOINE R O BIT A ILLE Québec — La ville de Québec est remplie de canons, on le sait, puisqu'elle a une histoire militaire depuis sa fondation.Et la semaine dernière, c'est nul autre que Lawrence Cannon» — dont le nom, du coup, semblait prédestiné —, «lieutenant» québécois de Stephen Harper, qui est venu revendiquer cette histoire militaire devant quelque 200 invités de la Chambre de commerce au Château Frontenac.Cannon a alors tiré à boulets rouges sur le chef bloquiste Gilles Duceppe qui, à la même tribune une semaine plus tôt avait évoqué la possibilité de faire tomber le gouvernement Harper sur la question de l'Afghanistan.Acerbe.Cannon a reproché à Gilles Duceppe de minimiser 4a longue et glorieuse tradition de nos forces armées» et d'enfreindre le principe du «respect dû à nos troupes».Plusieurs fois dans son discours.il a fait référence aux exploits militaires québécois, notamment ceux du Royal 22'.Ce régiment, a-t-il rappelé avec emphase, a remporté «18 honneurs de batailles durant la Première Guerre mondiale et pas moins de 25 honneurs de batailles pendant la Deuxième, en plus de participer à plusieurs missions de l’ONU».Cannon a aussi vanté le courage de «nos» soldats qui ont oeuvré «dans les Balkans.à Chypre, pendant la crise de Suez et, bien sûr, en Corée et pendant les deux guerres mondiales».Extraction militaire Ce qu’on sait moins, c’est que le ministre, natif de Québec, parlait alors avec la passion du fils de grande famille militaire irlandaise qu’il est.Son père fut lieutenant dans la marine et patrouilla le Saint-Laurent à bord d’une fregate pendant la Deuxième Guerre mondiale, conflit durant lequel, en Italie, son oncle perdit la vie.C’est toutefois son grand-père maternel, Charles Gavan Power, alias «Chubby», de Sillery, qui est le plus connu.Elu à la Chambre des communes en 1917 pendant la crise de la conscription, il fut plus tard ministre de l'Air dans le cabinet Mackenzie King.Nulle surprise qu’aux yeux de Cannon, le pacifisme des blq-quistes est profondément risible.A son congrès d’octobre 2005, le Bloc, parti «voué à l'impuissance», a-t-il insiste, avait décidé qu'un Québec souverain devrait être doté d’une «armée pacifiste», ne pouvant intervenir que dans les missions de paix «Une armée ‘pacifiste’! Il suffisait d'y penser!, s’est écrié Cannon.Pourquoi pas une aviation terrestre?Une marine sèche?Ce serait beaucoup moins dangereux!» D a enchaîné en soulignant que ce ne sont pas «des armées pacifistes qui gagnent des batailles et remportent des guerres pour la liberté mais des hommes et des femmes d'honneur et de courage».Comme sa collègue ministre de la Cooperation internationale, Josée Vemer, Cannon ne rate pas une occasion d'enjoindre à Gilles Duceppe, lors de ses «nombreuses visites à Québec», de se rendre «à la base de Valcartier ou tout simplement à la citadelle pour discuter avec nos militaires».Une fois à la citadelle, a ajouté M.Cannon dans son discours, le chef bloquiste pourrait «visiter le musée du 22.où pendent les drapeaux du regiment portant les honneurs de batailles qu'il a gagnés».(Citadelle, soit dit en passant, où Stephen Harper, le 23 juin dernier, est venu souhaiter une «joyeuse Saint-Jean» aux Québécois avec, en arrière-plan, une rangée d’énormes canons.) Souvenir et stratégie Il n'est pas facile de distinguer, chez le lieutenant québécois de Harper, l’attachement familial à la chose militaire de la stratégie politique.Où commence Lun.où finit l’autre?Chose certaine, jouer sur la fibre militaire, tenter de ranimer de vieilles traditions, a des résonances à Québec.Sur le plan historique, le lien «Québec-militaire» est évident c’est une ville fortifiée qui a une citadelle en son cœur.Depuis sa fondation, elle a presque toujours été une garnison.Jusqu’en 1752, les militaires français vivaient chez l’habitant raconte l’historien Jean Provencher (qui est en train de faire une histoire du Vieux-Québec).Ce «locataire » était bien vu: la «famille d’accueil» était compense financièrement Le soldat apportait de la nourriture et contribuait aix tâches quotidiennes.Au XIX' siècle, la garnison anglaise de quelque 3000 hommes, qui se trouve en permanence a la citadelle, en sera une des principales 4ndustries», rappelle l'historien et chroniqueur Réjean Lemoine.Elle poussera les gens de Québec à y penser à deux fois avant de se joindre aux rébellions de 1837, note-t-il.Le départ de la garnison en 1871 plonge Québec dans un marasme économique.La Vieille Capitale ne fera à peu près aucun gain démographique jusqu'au début du XX* siècle.La présence militaire sera relativement faible a Québec jusqu’à l’ouverture de la base de Valcartier, en 1914.Puis, pendant les deux conflits mondiaux.Québec deviendra un centre de l'industrie de l’armement, note M.Lemoine, entre autres en raison de son port Valcartier Cette présence a laisse d’innombrables traces.«C'est la capitale du patrimoine militaire au Canada».dit Yvan Lachance, directeur général du.Festival international de musiques militaires de Québec (événement annuel qui a beu en août depuis près d’une decennie et dont un des grands supporters est .André Arthur, députe indépendant de PortneuL circonscription qui englobe la base de Valcartier).Pour en voir les traces, il suffit d’arpenter la Graqde-Allée et la rue Saint-Louis.A un jet de pierre du parlement se trouve k* «Cercle de la gar nison», club privé jouxté par la maison Sewell, célébré demeure de chefs militaires (les familles de deux officiers de la marine y logent actuellement).Un peu plus haut, il y a le manege militaire.Aujourd’hui encore, par son empreinte historique (c’est une grande attraction touristique) mais aussi par la présence de près de 80 % des soldats et réservistes québécois, la chose militaire a son importance a Québec, Une école navale toute neuve a été inaugu rée au Vieux-Port en 1994 A moins de 30 kilometres de la citadelle, sur l’énorme base de Valcartier (210 km), plus de 5000 militaires s’entrainent ou font de la re- cherche militaire.!/> rôle économique de cette base est determi nant pour la région.En un an, la m» nistre et députée de la région de Québec, Josée Verner, s’y est d’ailleurs rendue a plusieurs reprises, notamment lors de départ de soldats.(Elle a aussi visité les soldats en Afghanistan fin octobre.) Jeudi soir, elle était au théâtre Impérial, a Saint-Roch, avec les conjointes et conjoints de mili taires, ou un grand spectacle était présenté en guise de «démonstra-tum de l'appui aux troupes» en Af ghanistan.I^e 4 décembre, 120 militaires sont partis pour le pays d’Hamid Karzai y rejoindre les 160 qui s’y trouvent déjà A leur retour de mission, au début du mois, des soldats se sont plaints du peu d’appuis venant du Québec.«En Afghanistan, rm recevait des millier, de lettres d'encouragement.de grandes banderoles a ! effigie de différentes organisations mais nen en français, rien du (fur bec», a déploré l’un d’eux au Soleil 1 >epuis, une partie fie la jx>pulation de la région, qui connaît des mili taires ou qui a des contacts avec eux, s’est mobilisée pour «appuyer les troupes- Une station de radio de Québec-, k- 933, organise même k-parrainage d'un soldat jusqu’au 31 décembre 2008: «Vous serez en nmtart avec l 'un des soldats d'une di vision II vous sera alors possible d'échanger des w/uveUes avec lui, de lui envoyer des mots d'encourage ment», explique-t-on sur k- site In ternet du 93,3.Déjà, depuis quelques mois, les rubans jaunes •Appuyons nos troupes» se multi-fAent a Québec Militariste ?Militaire, la vilk- de Québec est-elle militariste?Non, répond Jean Provencher Denis Angers, directeur de* communication* de la Commèanon de la capttak- nation» k'.ajoute cf* i «I.'armée est la.mats plusieurs (fuébérois rrfusent de la voir.» Toutefois, l’un et l'autre souli gnent qu’invoquer les gloires du «22e» est habile de la part de la wrence Cannon puisque ce pre mk-r régiment fraie ophow formé en 1914 a toujours été «très aimé a iguéber» I >ans son disr ours fie ver» dredi dernier, Cannon énonçait un devoir de mémoire «l/i dé du m yv tere (de Québec], r est ceci quand VOUS pariez aux gens de (guéber, dites la vérité, n’inventa pas dhvtUnres et ne reniez pas notre passé -Apres aosc un dilem me similaire.Gilles Ducepix* s’est engagé à voter contre le prochain budget Flaherty si le Québec ne reçoit |>as les 3,9 milliards qu’il estime lui être dus.On ne s;üt |ias encore combien, mais il y mira eertai nement une somme substantielle pour le Québec.Serait-il responsable de pratiquer la (xilitique du (lire et de prendre le risque qu’un retour au pouvoir des li I béraux reporte la correction au moins partielle du ! déséquilibre aux calendes grecques?I/> camp souverainiste avait eu la (Nirtie belle de [mis 15 ans.Apres l'échec de l’accord du Ijk Mee ch.puis l'arrivée au pouvoir des libéraux, il |x>uv;ul carburer à l'indignation, le résultat a été le suivant: une bonne partie de la population en est venue a confondre le fédéralisme pratiqué jwir le gouverne ment de Jean Chrétien, de la I»i sur la clarté au scandale des commandites, avec le fédéralisme tout court.Tant que les mécréants étaient au pouvoir à < )lta wa, il n'y avait aucun problème.les choses se sont gâtées quand est arrivé un homme qui ne donnait plus l'impression de se lever chaque malin en se de mandant que! nouveaux sévices il pourrait iulligi t au Québec.Sa réaction au brûlot que la journaliste Jan Wong avait ixibliè dans le Globe and Mail après la fusillade au College Dawson tram hait par rajijsirt à ce qu'on : avait l’habitude d’entendre a |>ro|x»s du Québec dans fa capitale fédérale.Quand avait on vu |xmr fa demie re fois un premier ministre du Canada écrire a un journal de Toronto |xmr dénoncer un ‘préjuge inm | ceptable» contre fa société québécoise?Cela n'empêche évidemment pas qu’on [siisse te nir grief au gouvernement conservateur de ses jxisi fions sur le protocole de Kyoto, de l'intervention de l’armée canadienne en Afghanistan ou encore des mesures répressives contre les jeunes contreve riants, mais c’est une autre affaire Pendant trop longtemps, l'argumentaire souvenu [liste a reposé presque (' .1 DEES Peut-on encore célébrer Noël?RAYMOND GRAVEL Prêtre et député fédérât de Repentigvy epuis plusieurs années, dans nos sociétés dites laïques, des dirigeants, des gouvernants, des juges, des personnes qui occupent des postes de responsabilités voudraient bien bannir le mot «Noël» du temps des Fêtes, sous pretexte qu’il comporte une connotation religieuse chrétienne.B est vrai qu a l'origine de la fête, on célébrait le solstice d’hiver, Solis inverti, moment de l'année où les jours commencent à allonger et que les chrétiens ont récupéré pour en faire la fête de la naissance du Christ Natalis dies, que Pâques a revô lé comme l’étoile du matin, le soleil de la justice, dans tout l’Empire romain du IV' siècle.Si, en français, le mot «Noël* a conserve à la fois son origine païenne (du grec néos hélios, nouveau soleil) et sa transformation chrétienne (du latin Natalis dies, nativité), contrairement aux autres langues latines qui ont adopte son étymologie latine seule ment (Natal en portugais, Natividad ou Navidad en espagnol et Natale en italien), il m'apparait évident que, dans les pays de langue française, on peut continuer à utiliser le terme de Noël, parce que ce lui-ci correspond à tout ce qu’on veut bien lui apposer comme signification.La fête qui s’adapte Alors, pourquoi la fête de Noël ne serait-elle pas l’occasion d’une réconciliation, puisque chacun y trouve son compte?Qu’on soit chrétien, athée, agnostique ou croyant d’autres confessions, la fête de Noël peut s’adapter à toutes les cultures et à toutes les religions.Ce peut être la fête de la lumière pour toutes les populations de l’hémisphère Nord, qui illuminent leurs maisons, leurs arbres et leurs rues par des décorations de toutes sortes; ce peut être la fête des enfants, qui attendent fébrilement la visite du bon vieux père Noël, qui descend une fois l’an pour distribuer allègrement ses cadeaux; ce peut être la fête des familles, qui se retrouvent, qui se rassemblent et qui échangent des voeux autour d’une table bien garnie; ce peut être la fête des pauvres, qui bénéficient, en cette période de l'année, de la générosité dès riches et des bien nantis; ce peut être enfin la fête de la naissance du Christ, moment où les chrétiens de toutes les dénominations célèbrent leur Dieu, qui renaît sans cesse dans l'aujourd’hui de leur histoire.* l'HOr» IVAKCHIVl s Pourquoi voudrait-on aujourd’hui, au nom d'un accommodement raisonnable, amputer Noël de ses lumières, de ses boules, de sa crèche, de ses cantiques, de son réveillon et de toutes ses manifestations?Par ailleurs, quel que soit le sens qu’on donne à Noël, c’est toujours une fête de l'Amour, où on oublie nos rivalités, nos disputes et nos divergences pour célébrer ensemble ce qui nous unit: la Vie.Si Noël a su s’adapter, à travers les siècles, aux dit férentes cultures et traditions, pourquoi voudrait-on aujourd’hui l'amputer, au nom d’un accommodement raisonnable, de ses lumières, de ses boules, de sa crèche, de ses cantiques, de son réveillon et de toutes ses manifestations?Qu'il s’agisse de la nais sance du soleil pour les uns ou de la naissance du Christ pour les autres, il n'en demeure pas moins djue c’est la lumière qu'on célèbre, la lumière qui éclaire, qui réchauffe, qui nous fait nous regarder les uns les autres et qui nous invite à plus d'humanité.Se souhaiter joyeux Noël, c’est se souhaiter de re- naître à la lumière de l’accueil, de l'ouverture, de la tolérance, de la paix, de la réconciliation, de 1Vs|h-rance et de l'Amour.Mais peut-on encore célébrer Noël?Pour les uns.les non-croyants, comme pour les autres, les croyants, il faut que nos souhaits deviennent realites; sinon, ils ne sont que vanités et Noël ne jx-ut être ce lebre, car même après deux mille ans de christianis me.tout reste encore à réaliser: -En effet, bien qui nous chantions: “Gloire à Dieu dans les rieur et pair sur la terre", il n'y a aujourd'hui ni plaire de Dieu ni paix sur la terre.Aussi longtemps que cela reste une faim encore inassouvie, et tant que nous n durons pas déracine la violence de notre civilisation, le Chnst n 'est pas encore ne » (Gandhi) Joveux Noël! Quelle fête de Noël est de mise au Québec?Il GÉRARD LÉVESQUE Lévis ans la Libre opinion du Devoir du 15 décembre dernier, Daniel Baril, anthropologue, s’adonne à de savantes acrobaties d’érudition linguistique et étymologique pour soutenir que Le Larousse et Le Robert ont tort de rattacher l’origine du mot «Noël» au mot «naissance» ou «nativité*.Le mot «Noël» proviendrait de deux mots de langues antérieures à l’ère chrétienne signifiant «nouveau soleil» ou «nouvelle clarté».Et il conclut que, puisque ces mots servaient à désigner des fêtes profanes ou païennes célébrant la venue du solstice d’hiver, on ne devrait pas utiliser le mot «Noël» pour désigner la naissance de l’Enfant Jésus.De là, il pourrait apparaître que ce serait un juste retour aux origines 1 que de retirer le caractère religieux du temps des Fêtes, comme on nous dit que le ministère du Patrimoine canadien l’a fait en changeant la fête de Noël pour la fête du ! Solstice.C’est là vouloir qu’on ignore un riche univers redevable au génie humain et le 1 profit que l’héritage chrétien a su en tirer Eunivers du symbolisme et ses multiples facettes.[.] Inspiration Les anthropologues ne peuvent ignorer qu’un grand nombre de fêtes religieuses s'inspirent de coutumes ou de fêtes fort anciennes.Et ces réalités profanes ou païennes ont été ennoblies par leur association à des manifestations religieuses de Père chrétienne.Ainsi, le Jésus de Pâques, réponse chrétienne au désir de nourritures spirituelles, n’est pas sans faire référencé a l'agneau que les païens offraient en sacrifice aux dieux pour le bien-être des recolles.Pour leur part, les linguistes et logiciens n'ignorent pas toute la richesse du langage analogique et allégorique lié au symbolisme.Ainsi, le genie chrétien.pour souligner la bonté du Créateur de l’univers, l'a désigné par le mot «Pere».Et le pere humain de chair et d'os peut y puiser un modèle de paternité responsable, la mere ayant spontanément servi a designer fa soDiriîude que ses fideles attendent de leur mère l'Eglise.C’est le même symbolisme de l’analogie qui a fait dire que le prêtre montréalais Emmett Johns, dont Téle-Quebec a célèbre le dévouement le samedi soir 16 décembre, est le bon Dieu de la rue.Un symbole sur terre du Pere.S’ajoute à cela tout le symbolisme des objets.(.] le sapin de Noël, avec sa mosaïque de lumières et Ses boules, rappelle le jardin d'Eden et le fruit symbolique de fa légendaire pomme et fait référence au fat que le Christ est pour les chrétiens fa -lumière du monde».Les cadeaux a ses pieds sont le symbole que Noël est un temps de partage conforme au message de Celui qui a dit -Ce que vous ferez au plus petit des miens [_.}».I n surplus de sens Noël, en tant que fête célébrant fa naissance de fÉnfant Jesus, s'inscrit dans le même symbolisme.Un grand nombre de fêtes religieuses s’inspirent de coutumes fort Pour l’ensemble de la chrétienté, cette naissance si gnifie un «nouveau soleil», 1a «nouvelle clarté» par excellence dans l’histoire et pour le salut du monde.En désignant la fête de cette naissance par le mot Noël, on donne à cette ancienne expression festive et profane d’autrefois un indéniable surplus de sens.C’est cette nouvelle fête de 1a lumière et de la clarté que le père Benoît Lacroix a à merveille célébrée poétiquement par le passé dans 1a page éditoriale du Devoir.Daniel Baril soutient dans son article qu'ils ont tort ceux qui se plaignent que, dans la sphère publique, la fête de Noël soit de moins en moins reli gieuse et toujours plus commerciale.À ses yeux, l'origine du mot «Noël» prouve que Noël devrait être une fête profane "populaire- et même "carnavalesque-, Cela aurait pour avantage que le temps des Fêtes serait tout aussi signifiant pour -les laies, libres penseurs et athées-, lesquels seraient alors justifiés de se souhaiter joyeux Noël! Ce réductionnisme ne manque pas de revêtir un caractère particulier dans le contexte québécois actuel.les tenants de la laïcité a outrance militent en faveur de la disparition totale et absolue du phénomène religieux dans l’espace public Ils pre sentent souvent leur combat contre le reli gieux sous le prétexte que 1a société québécoise doit éviter d'indisposer les .membres de confessions religieuses anciennes autres que traditionnelles.Ou encore, connaissant notre vulnérabilité au sujet de 1a nation, leur combat dit se faire au nom d’une image élogieuse de ce concept.On est amené a croire que, pour eux, -le nationalisme civique aurait comme principale vertu le déracinement d'avec le passé-, selon l'expression lucide de Denise Bombardier (Le Devoir.18 novembre 2006).le rejet de Noël en tant que fête de la chrétienté relevant de notre héritage collectif n'est qu'un exemple parmi d’autres de l’activisme que mènent les tenants de cette ideologic.Des valeurs d'intégration Or bon nombre de nos nouveaux arrivants sont beaucoup plus ouverts que nous le donnent a entendre les tenants de la laïcité a tout crin, vidée de sens.{.) Il y a dans les valeurs d’amour, de justice, de paix, de partage de fa joie et de l'espérance véhiculées par le christianisme et ses fêtes une perspective susceptible de contribuer à l'intégration d’un bon nombre de nouveaux Québécois de diverses confessions religieuses.Il faut donc se réjouir que ces nombreux nouveaux Québécois acceptent comme cela est normal, de devenir partie prenante des valeurs et des trade fions de leur terre d’accueil.Et nous, membres de cette société d’accueil, devons egalement faire preuve d’ouverture a l’égard de leurs coutumes et croyances dans fa mesure ou elles sont compatibles avec le bien commun.On doit apprendre a mieux les connaître et a en faire état publiquement, par exemple cette fête juive, lUanoukka.aussi nommée «Fête des lumières», qui a lieu cette annee du 15 au 23 décembre et dont le symbole est un chandelier a neuf branches appelé hanoukkiah F?i< La fête juive de l’Hanouka a lieu cette année du 15 au 23 décembre; son symbole est un chadelier à neuf branche».L’organisation de fa vie coDectivo et de nos institu fions piubliques doivent tenir compte de cette diversi té culturelle et religieuse et chercher a la < onciln-r, avec des mesures aussi concrètes que l’établissement du calendrier public fixant les heures et les jours de travail, les congés fériés, etc.C’est la le sens d’accommodements raisonnables socialement et li brement consentis.Conciliation pilutôt que* laïcisation Il est faux de soutenir qu'en matière de religion -il n'y a pas d'accommodement raisonnable-, comme l’affirmait Ghisfain I Jevroede dans /y Devoir du 18 dé cembre, en raison d’une fausse cota c-pbon de -Ui separatum de l'Etat et des Eglises".n comprend fort bien cejH-ndani que de telles réactions, de plus en plus nombreuses et que d'aucuns osent a tort qualifier de racisme ci de xénophobie, proviennent d'aexommode-ments déraisonnables qui ont pour effet que -la ma/o-nte se (sent] lesée dans sim rhmx stmul par t/ms res œ-commodements qui heurtent fondamentalement ses va leurs-, comme l’écrivait le même- jour Sylvie Bergeron Il faut donc éviter que la conciliation entre les diverses pratiques et confessions religieuses se fa,sse au prix d'un apipiauvrissemen! par le bas |.j Un Etat démocratique moderne doit favoriser le sentiment religieux de ses concitoyens, et p«s seulement piar k-biais de deductions fiscales.11 doit j>ar-dessus tout éviter de discréditer le domaine du religieux même si, pxmr ce faire, il utilisait des procédés phis subtils que ceux des regimes athees fl totalitaires.L’harmonisation sociale des croyances et pra tiques des diverse», confessions religieuses du Quebec d'auj'Hird’hui n’exige aucunement fa laïcisation, synonyme d 'abolition de la transcendant e et de castration sprrituf-De fin harmonise ce tjuïri valorise' Que Noël demeure, au vu et au su de tous, fa gran de fête universelle de fa naissance de l’Enfant Jésus A tous, joyeux Noël! />*•« ïsi* liant ba niier Nostalgie Pourquoi s’en détendre?Noel, tète des chrétiens et pxtssnge oblige vers fa nouvelle annee, demeure pour tous, croyants ou incroyants, une tète .tssocxvà lentancr En ce sens, peu de gens dons notre svKiete de tradition chrétienne evhapipxiit à la nostalgie durant cette pieriode Or la nostalgie, ce moment île ivtout pu lois complaisant sur soi-même, est considérée pxu plusieurs comme une faiblesse, votre une tare dont il faudrait se debarrasser, l’eux qu'ex.ispx-re ex* tvpili vers le pas*- le tout stnivent au nom de Li raison, de b lucidité et tie la crainte de glorifier dt*s souvenus qru ne méritent pxis de l'étiv.En nous rappielant que nous avons ete enfants ~ des enfants ni toujours hetiicm.ni (ohmiis bien traites Noël comporte un piege, celui du tegrvt.A omfnmn, k* 25 dtxxxnhiv telle un tvlannge xui notiv vie actuofle.pis toiyouis luxueuse m cpianouisaante, et fa nostalgie alors est de se souvenir lie ce tempis béni d’une enfance heureuse ou nous étions entourés de la famille, cette px'riixle du tempis des parents, hclas putois disp unis, qui transtonnaient durant quelques lieun's la vie en magie.Lavais une vieille Cuite, .tdepe de l’autodcrisinn.afin de mieux suppiorter.je suppiose, sa dure el implacable vie.qui a Noel s’attendrissait nui l'entant quelle avait ete, pxxi longtcmpis a vrai due.elle qui avait travaillé en usine à compitei île l’Age île 13 ans Flic racontait lebonlww intense, puer que si unique, d’avun ix\it.quelques années durant, une orange cachée dans son bas de laine des mains de son pierc aussi adulé que pviuvre Cette orange tk* Noël illumina si longue vie et à chaque tête ik* Li Nativité elle rHourniut dans a- pusse 1 a nostalgie Li taisùt vibtvr eut la ressentit Et l'idée même d'un Sauveur est inscrite au co ur «le ce «pin est humain.Par ailleurs, l’attente «‘st un sentiment qui nourrit aussi bien l’angoisse que li spniir I es jeunes enfants de jadis attendaient el le pielit Jésus et k* px-re Noël.Ceux d'aujourd'hui ne connaissent pias fa pire mier et se font dire pmi kxus aines «fa fa garderie ipui- le sixond n’existe puis 1 top d'enfants croulent, de pilus, sous une orgie de cadeaux a eattse de Lt multipilK ation ik‘s grandsqiarents, beaux parents, tantes et ont fat», cousins et cousines des familles nx'onstitiiées Pour quoi un piere Noël lorsqu’on a quatre grands piercs, quatre grands tneres et leurs lignées respiectives, ce qu’on pourrait tpiialitier de purlofa familial.Car Noel, aile fête de l’infimité et de Li réunion, est aussi devenu celle du déchirement, le 24 ava maman, k* 25 avix pKipxt.«si vice versa I ïuis k-s nmmstaixes, Comment ne psis devenir nostalgique d’une i-jioque ou les piarent.s se dévhirnîmt pxxjlêtre cotuine « «xtx d’an jourd’hui nuus d(‘meuniii-iit erisemble?N«s l nous re met ainsi m memoir' k ri-ve km de « Lu pue enfant «lu divorce, mais aussi des unions dotiknireuw-s: celui de n1r««iv»T ses psirnits mints dans Ltmout ou (Luis l’ab setxe rie «Tts.(le |)k*urs, «k* pxiirs A NlX'l, on IM* pM-ns» pias a l'avenir, on se vmwxrt «1 ou réinvente notre lus toirr- pxTsonneBe «4 familiale I/-s pAus éconiiés, eux, la revivenf durant aile nuit «piiïai «lit «k* pxiix, No< 1 «-st aussi tira* Uie arux hronkpue a iMlr
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