Le devoir, 23 décembre 2006, Cahier E
L K P E V 0 1 H .LES SAMEDI 1 A ET PI M A \ t H E 2 l P E i E M K R I 2 0 0 t> , «•: CINEMA 4*1 *> ~ •»%.m T* a • ^ De Niro livre une œuvre inquiétante et vaporeuse Page E 6 PAULCAUCHON En septembre, dans les heures qui ont suivi la fusillade au collège Dawson à Montreal, on a pu voir des images de la panique qui s’est ensuivie tournées à l'aide de cellulaires et envoyées sur Internet par des citoyens anonymes.TVA a même fait son bulletin de nouvelles avec des scènes tournées dans le collège par un étudiant Qui a le plus souffert de se retrouver sur YouTube cette année?Lucie Laurier avec son sein en balade?La famille Dion rafant son en trée à l'émission d’Eric Salvail?Ou André Boisclair, dont la prestation dans une parodie de Brokeback Mountain a été scrutée à la loupe?Par ailleurs, dans la liste des sites Internet les plus consultés de l’année, on en trouve un qui n’existait même pas en début d’année, Têtes à claques, créé par des inconnus.Voilà quelques exemples très différents, du plus grave au plus trivial, qui illustrent une grande tendance, celle des internautes créant eux-mèmes l’actualité en se servant des nouveaux outils d’Internet De personne à personne Qu’Internet soit entré dans nos vies, ^ cela est une évidence depuis plusieurs années.Mais que les internautes créent eux-mèmes l’événement, voilà un tournant que le magazine Time vient de saluer de façon spectaculaire.Chaque fin d’année Time choisit l’homme ou la femme dont l'action individuelle au cours de l’année a joué un rôle essentiel dans la marche de l’histoire, que cette action soit positive ou négative.Surprise: en 2006, la personnalité de l’année est «you».C'est-à-dire «vous», les milliers d’internautes anonymes qui sont en train de dessiner les frontières du nouvel Internet, celui qu’on appelle le Web.02, une «expérience sociale à grande échelle», écrit le Time, où il n'existe encore •aucune carte routière» mais qui est «une occasion de construire un nouveau genre de compréhension internationale, non pas d'un politicien à un autre, de grand homme à grand homme, mais de citoyen à citoyen, de personne à personne».Ces milliers d’internautes écrivent eux-mêmes les recensions de livres sur Amazon.com, qui influencent des milliers d'autres lecteurs, rédigent les articles de Wikipedia, méga-encyclopédie sur tous les sujets du monde qui a supplanté les encyclopédies traditionnelles, créent des réseaux virtuels inédits sur MySpace.com, animent des milliers de blogues où l'excellent côtoie le pire et alimentent YouTube en vidéos à ne plus savoir qu’en faire.Time n'aborde pas la question des sites touristiques, mais il aurait pu le faire.Sur Venere.com, par exemple, vous pouvez réserver un hôtel a Rome ou une ferme en Provence en vous fiant aux commentaires que les internautes eux-mêmes font sur les entreprises qui s’offrent en location.Et à votre tour, une fois votre voyage terminé, vous écrivez vos propres coipmentaires, qui s’ajoutent aux autres.A lui seul, YouTube est le phénomène de 2006.Ce petit site créé par trois jeunes dans la vingtaine au début de 2005, racheté 1,6 milliard SUS cette année par Google, est devenu un monstre.On y trouve des centaines de milliers de vidéos dont l’accessibilité est d’une simplicité enfantine (aucun programme a télécharger, aucun abonnement requis).Les usagers VOIR PAGE E 2: INTERNET Aujourd’hui les internautes créent eux-memes ’événement CONTE Noël réinventé par Alexis Martin et Robert Gravel Page E 7 jh m du monde ! J E U NES I* IJ B I.I < S Cadeaux théâtre Neigera, neigera pas?Noël sera-t-il blanc ou brun-jaune et gris?Ce sont là des questions anodines.qui le deviendront beaucoup moins dans quelques jours, puisque les enfants s’apprêtent à tourner dans la maison pendant deux semaines en cherchant quoi faire.MICHEL B Ê LA I R f Evidemment il y a la télé, mais comme vous ne tenez pas a «zombifier» complètement vos marmots, il faudra rapidement trouver autre chose.Bientôt le cinema et le club vidéo vous amèneront à tirer les mêmes conclusions.Et apres avoir e puise le potentiel des cadeaux de Noël et les autres solutions comme le bowling, la lutte paroissiale ou la visite chez mere-grand, vous en serez en- core a vous demander quoi faire.La solution réside, bien sûr, dans la diversité et l'af temance Pour vous aider a varier votre menu, voici donc quelques suggestions de sortie au théâtre avec les enfants.Des tout-petits gâtés Aussitôt les derniers vestiges de microfibres de cheveux d'ange retombés, des le 27 décembre et jusqu'au 31, le Théâtre d’Aujourd'hui propose Les Petits Ortetls de Dominique lavigne dans la mise en scène de Ixmise Gionet.Ijc spectac le s’adresse aux enfants de quatre a huit ans et, encore une fois, on vous demande de respecter la consigne vins peine de risquer d’embêter tout le monde.Devenu avec les an nées un des grands plaisirs du temps des Fêtes, /y-Petits Orteils, c’est d’abord une histoire irrésistible ou le bonheur des mots vous replongera dans les fan tasmes de votre propre enfance.On vous souhaite d'avoir un tout-petit sous la main pour vous payer ce petit délice tout en finesv et en intelligence On se renseigne au 514 282-3960 ou sur 1*- site umu theatre dautourdhui qc.ca Les enfants sont gâtes cette année jxùsque la Mai son Théâtre offre aussi un classique durant la pério- de des vacant es de Noel l'etit monstre, de Jasmin» Ihibé.Ici, lc*s enfants de trois a huit ans rHrouvmmt une situation toute simple qui les séduira tout de suite celle d'un jeune garçon qui prend tous les moyens pour jouer av< < son prre qui, lui, n'asi/ir»- qu’a dur mir un peu.C'est déjà la troisième lois (en 15 ans) que Petit monstre est présenté a la Maison Théâtre et, pour l’occasion, Claude Poissant a rafraic hi sa mise en scène et replanté un décor tout neuf Mai» c’est un autre c adeau inri couru et il vous faudra réserver tôt a la Maison Théâtre (mur obtenir de* plat es Au moment d’écrire ces ligin-s, il reste encore des billet» disponibles pour le» représentations VOIR PAGE E 4 CADEAUX | lispoitilvlr un kioMjtit* cl en !iI>i.iiiic Inconvenient no 27 vv.iiKonvcnirm A.i 11 LE DEVOIR A M E D I 2 3 ET DIMANCHE 24 DÉCEMBRE 2 0 0 6 Anms horribilis Odile Tremblay La publicité dans les journaux vous fait dresser un sourcil de travers.Des ados (vrais?faux?allez vérifier) interviewés à la sortie des cinémas sont cités pour célébrer les charmes de Rtméo et Juliette, la mégaproduction québécoise du temps des Fêtes.Ainsi compte-t-on attirer les familles devant cet indigeste pudding pseudo-shakespearien.En temps normal, les distributeurs tirent — hors contexte, il va sans dire — des extraits de critiques de films afin de vendre leur salade.Cette fois, faute d'une presse enthousiaste, ils se sont rabattus sur les impressions du public-cible en son âge tendre pour claironner la Bonne Nouvelle.Méfiance! aimable spectateur.En général, quand les professionnels refusent de cautionner un film, c’est qu’il se plante pour vrai.Rien ne prouve que le public, pas si fou — ado, soit, mais avisé —, recommandera chaudement ce pétard mouillé de Noël aux amis.Faut-il vraiment que les Québécois soient dupes?Tellement raté, ce Rrmén et Juliette, qu’il constitue la risée du petit monde de la critique québécoise, lequel s’en gargarise en coulisse.Vœu pieux des Fêtes aux familles: courrez plutôt dehors capturer au lasso quelques flocons nostalgiques des Noëls d’antan et laissez les jeunes amants mourir sans vous.Du moins ce film joue-t-il le rôle du parfait porte-étendard d’un cru cinématographique québécois 2006 aveuglé par la course au succès.Parlons chiffres un moment, puisque ceux-ci mènent si fort le bal, en étouffant les considérations artistiques.Assez pour qu’on se souhaite en 2007 moins d’arithmétique et plus d’esprit Notre cinéma a quand même connu cette année (en date de la mi-décembre) une baisse de fréquentation de 30 % environ par rapport à 2005.Cette quête effrénée de rentabilité au guichet, mise en place il y a six ans par Téléfilm, vient d’atteindre sa pleine vitesse de croisière et se heurte à un iceberg.Faudrait revenir sur nos pas, regarder plus haut, plus loin, plus profond.En des ailleurs plus féconds.Parce que aujourd’hui, c’est le drapeau de la qualité qui pendouille au mat F aut-il rappeler que Roméo et Juliette a été financé à même une enveloppe à la performance de Téléfilm Canada offerte aux producteurs à succès sans regard institutionnel posé sur le projet?Ihio, de Richard Ciupka, et Sam elle, de Jean Beaudin, enfantés de même par ces fonds versés à l’aveuglette, ont alimenté de concert les ratés du système en 2006.Depuis quatre ans, on se targuait d'avoir haussé la qualité générale de notre cinématographie: public doté d'une maturité nouvelle, plus exigeant, plus connais-seur qu'autrefois, œuvres ayant un coefficient de sophistication ajoutée.Alouette! C'est ce que les succès de C.RA.Z.Y, de La Grande Séduction et des Invasions barbares laissaient planer.Ouille! Avec le balayage de Bon cop, bad cop, seul véritable succès maison en 2006, nous voici revenus au temps des Boys, quand seules les productions commerciales faisaient recette.Roméo et Juliette clôture cette année le défilé national avec la grosse caisse.Ces enveloppes à la performance, données clés en main a des producteurs aux visées mercantiles, se collent certes aux politiques des grands studios américains.Rappelons que ces derniers ne gerent pourtant pas comme ici des fonds publics! Tout le scandale est là.Et comment développer une cinématographie vigoureuse et exportable en laissant des gens d'affaires flamber l’argent sur des œuvres à courte vue?Flnve-loppes ou pas, tout le vent du jour souffle en direction des recettes au guichet, au secret de fabrication tissé pourtant de mystère.Prenez La Grande Séduction.Cette charmante comédie de village ne prétendait à rien en 2003, sinon à raconter une bonne histoire dans un cadre idéal.Le succès l’a coiffé par surprise.Son équipe, manifestement grisée par la suite, visa, sinon la lune, du moins la planète avec Le Guide de la petite vengeance, oubliant de s’ancrer dans un vrai milieu de vie organique et sensible.D'ou sa debacle.Ces derniers mois ont circule un tas de rumeurs de zizanie autour de films québécois.Cinéastes, scénaristes et producteurs s'entredechiraient au montage, tirant a hue et a dia sur une pellicule coüee, decoupee.recollée, essoufflée, en crise existentielle.Faute d'un organisme vraiment voué à la promotion de notre cinéma national et porteur d’une vision élargie, on se contente de nourrir un marché local, où l’offre se remet à courtiser le plus bas dénominateur commun.Dans l'espoir de ratisser plus large encore, sont conviés au banquet du cinéma les humoristes, les têtes d’affiche de la télé, engorgeant les files d’attente des créateurs.Crise de financement tant qu’on voudra, de grosses sommes d’argent sont investies en cinéma mais les distribue-t-on à bon escient?Pour l’heure, cette cuvée 2006 invite à un temps d’arrêt et livre une morale, comme à la fin des contes de fées.Elle nous répète que le cinéma est allergique aux recettes et qu’il s’enrichit en puisant dans l’âme des créateurs plutôt qu’en visant directement le tiroir-caisse.Vivement 2007! L'Age des ténèbres de Denys Arcand et Contre toute espérance de Bernard Emond devraient réintégrer deux visions d’artistes dans le paysage, en rappelant sa vocation première a un art pataugeant jusqu’à la noyade dans les eaux de l'industrie.otrem blaya ledevoi r.corn INTERNET YouTube peut aussi détruire des carrières SUITE DE LA PAGE E 1 mettent en ligne 65 000 nouvelles vidéos par jour, vues par 30 millions de visiteurs uniques par mois.Hallucinant! On y trouve des images de partys d’adolescents, des tours de magie, des confessions troublantes à la caméra, des prouesses animales, des extraits de concerts, des bandes-annonces de films.En plus des images du collège Dawson, les Québécois peuvent y voir des extraits du Cœur a ses raisons, de Im fin du monde est à sept heures, de certaines entrevues de Paul Arcand ou de Jean-Luc Mongrain, les fous rires en direct de deux présentatrices de LCN, une entrevue ratée avec André Boisclair à la télévision communautaire de I^achute (ratée parce que Boisclair a abandonné la journaliste au milieu d'une phrase), des discours de Stephen Harper, et que sais-je encore.Selon vos intérêts, vous pouvez y regarder des vidéos remarquablement rares des Beatles ou de Thelenious Monk, ou d’inconnus qui auraient dû le rester, tel Fidel hi-chance, chanteur western de la Beauce qui a accordé une entrevue assez effarante à une télévision communautaire il y a plusieurs années et qui est devenu le «chouchou du mois» grâce à des petits malins qui ont placé cette entrevue en ligne.Blogues et dérapages lœ pouvoir de YouTube est stupéfiant.Kamini, un jeune Français noir d'un village de 432 habitants en Picardie, a réalisé avec un ami, au coût de 100 euros, une chanson rap sur sa vie de jeune black à la campagne.Après avoir été envoyée aux compagnies de disques qui s’en foutaient, sa vidéo a été mise sur Internet, sur l’équivalent de YouTube en France.Moins de deux mois plus tard, sans avoir donné un seul spectacle, Kamini signait un contrat avec RCA pour deux albums.YouTube peut aussi détruire des carrières.Le comédien Michael Richards, ancienne vedette de Seinfeld, s’est tins en colère un soir contre un spectateur noir dans un club, lui lançant des injures à caractère raciste.Un spectateur a tout filmé avec son cellulaire et envoyé le clip sur YouTube.Aujourd’hui, Richards ne sait plus où se cacher.Un professeur d’arts plastiques de Washington vient d’être mis à la porte de son collège après qu’une entrevue accordée il y a dix ans à une obscure station de télévision, au cours de laquelle le distin- Idommagc à Benne.Le spectaculaire Concert du Nouvel An ! L’Orchestre Strauss de Montréal™ Peter Som merer, chef (Vienne) Zsuzsa kolacsai, soprano (Budapest) /.oltàn Nyéri, ténor (Budapest) Danseurs membres du Budapest International Ballet n Salle Wilfrid-Pelletler CTO Place des Arts t janvier 2007 14h.W n ëroductloa* Inc - i» «Mn h «ml « k d» Billets: Place des Arts 514-S42-2U2 - www.pda.com Admission 514-790-1245 Cïroupes de 10 et plus, composez le I-800-S45-7807 ni*, ÉjçPl In for niation: 1-300-545-7807 • www.salutetovicnna.com Le Théâtre de La Manufacture présente Utal Coma INn1 du9& au m NT Y * L! te A 4SS9.PAPINEAU-MONTRÉAL-QC RÉSEAU ADMISSION ' www.theatretalicorne.com 514 790.1245 ou LA LICORNE 514.523.2246 gué monsieur expliquait comment il peignait avec ses fesses, démonstration à l’appui, se fut retrouvée sur YouTube.Quant aux blogues, non seulement les médias en parlent de plus en plus (Le Journal de Montréal tient même une revue hebdomadaire des blogues et de ses découvertes sur Internet), mais trois blogueurs québécois, inconnus de la sphère médiatique traditionnelle mais fort connus sur Internet, viennent de signer chacun un contrat pour publier un vrai livre chez Septentrion.L’éditeur admet que les blogues sont devenus une façon de «vérifier le souffle littéraire» d’un auteur, ainsi que sa popularité.Et pour lancer sa nouvelle chaîne d’information continue, France 24 a d’abord invité douze blogueurs européens réputés, qui se sont empressés de relayer sur leurs blogues les images tournées par eux-mêmes dans les locaux de la chaîne.Cette prise de pouvoir des internautes constituât-elle une véritable révolution?Time grossit-il le phénomène en y consacrant son numéro de l’année?Difficile à dire.Mais on ne peut en tout cas faire fi du phénomène, alors que toutes ces formes d’expression sont en expansion continuelle et envahissent de plus en plus les médias classiques.En cette fin d’année, la frénésie autour de YouTube est telle que deux entreprises québécoises concurrentes viennent de lancer chacune leur propre site de partage de vidéos québécoises.Ton-clip et TonTuyau.Québécor, lui, promet de lancer en 2007 un site similaire sur Canoe.Dans ce nouvel univers, tous les dérapages sont possibles, des vidéos qui détruiront des carrières jusqu'aux histoires inventées sur Wikipedia.Mais tous les dérapages peuvent aussi être corrigés par d’autres internautes vigilants.Dans un article à la fois humoristique et sérieux publié la semaine dernière, le magazine New Scientist affirme que Tannée 2006 a vu naître une série de nouveaux désordres psychologiques liés à Internet.On connaît déjà la cyberdépendance.Il y a aussi la «crackberry», c’est-à-dire la consultation obsession nelle de son BlackBerry, et le «YouTube narcissim», qui consiste à mettre en ligne des vidéos personnelles qui n'intéressent personne.Mon préfère: T«egosurfing», qui se manifeste lorsque vous faites trop souvent des recherches sur Google sur vous même, afin de vérifier votre réputation sur Internet! Le Devoir L’ACADÉMIE QUÉBÉCOISE DU THÉÂTRE L’Académie québécoise du théâtre remercie les artistes et artisans du théâtre et de la télévision qui ont participé à cette 13e édition de La Soirée des Masques.Merci à Momentum pour son audace, sa créativité, son intensité et son intégrité.Nos félicitations aux 25 lauréats et au récipiendaire du Prix Hommage, Henri Barras.« Je vous remercie membres de l'Académie québécoise du théâtre pour ! hommage que vous me rendez.Merci aux comédiennes, comédiens, auteurs, metteurs en scènes, tous les concepteurs et artisans, qui.pour l'amour de !'3rt ont donné au Café de la Place (fermé abruptement en 1994 par I administration de la Place des Arts) tant de succès soulignés par une critique pas toujours avenante.Merci aussi à ce nombreux public qui nous a suivi.Tous ceux-ci ont fait de ces presque dix-sept années, des années de beauté et de bonheur.Et je vous promets, que tant que je serai en vie, je serai à vos côtés pour dire lorsqu’une institution culture!le sera mise en danger par l’incurie des gouvernements : Non ! Ça suffit ! (.) Sachez que lorsque notre culture aura été asphyxiée par manque d oxygène, lorsque nos artistes auront été affamés par manque de soutien, ce sont des hôpitaux psychiatriques qu il faudra construire pour accueillir nos artistes et nous tous avec eux car on ne peut vivre impunément sans espoir, sans beauté, sans esprit.» Henri Barras, extraits de son mot de remerciement 1,800.361.4595 Têlé-Quebec lllHUHI! [JP**?* Québécoise du takStre sort truJiB possibles yâce au soutien de Loto-Oiiétw: San™»**.Chi«eia.o*.Le Oww.Eionssc commun cami design.Part sen A«om TèKcitt.Feuteu» Snim .! design.Psrtison.AWom T«écitÉ Fauteux Bruno ter» CnampMr Educafton (tes Loses « des Sccrts Conse-i des Vts : Beauine sene.A« France.Merecee Accor HStos.HMeliene Chanpétre.Belle Gueule Soetet* des a* et des lettres du Ûuttwc.M -stère de itefc—- - - - - 085 *K Première Chaîne, ARTV ale.L’Ac eeearden s.e.nc.r.1.du Quittée.Conseil i Rad»oCs^ada rétév toaifté. LE DEVOIR.LES SAMEDI I I* E t EM R R E O O ti 2 A ET DI M A X ( H E CULTURE D 1 S Q l E S Bois de poteaux, bois de foyer Du jazz 98 % cacao SYLVAIN CORMIER S* agit de se rendre.La destination importe, assurément, pour les uns le chalet de bois rond dans les Adirondacks, pour les autres la maison canadienne a Lac-Mégantic, voire le p'tit shack su’l bord d'la track, mais il y a pour tout le monde le trajet Chemin à parcourir, moitié du plaisir.D'où question cruciale: quels disques de 2006 roulent le mieux?Calculons: l’affaire est scientifique.Considérant la vitesse de croisière du véhicule (dans mon cas, une Sunlire poussive), la distance entre les poteaux de téléphone (qui doit être divisible en coups de caisse claire) et l'âge du conducteur (venerable, dans mon cas), il n’y a que deux albums possibles.Première évidence: le Highway Companion de Tom Petty.Le titre l’indique: on ne peut accéder a l'autoroute qu'en sa compagnie.De fait, dès le premier titre, Saving Grace, avec son riff de rock'n "blues à la George Tho-rogood, on est en voiture.Suit une petite respiration acoustique.Square One: on se cale dans nos IEE CELANO REI TERS Bob Dylan en spectacle sièges.Et ça repart de plus belle avec Flirting With Time.Très Byrds.D y a plus loin sur l'album des moments où ça plane (Sight Driver, The Golden Rose).C’est bien quand on arrive dans les montagnes.Ce disque est parfait.Joue en bouche, il mène où vous voulez.L'autre evidence?Le Dylan, pardi.44' du nom.Modem Time?est aussi un sacre parcours.A travers les musiques du XX' siècle, à travers quatre décennies et demie de Dylan, à travers les illusions de la modernité, à travers la vie aussi.L’equipee est épique.Ça démarré sans crier gare comme le Petty: Thunder On The Mountain revisite Highway 61 Revisited, c'est exprès.Et puis ça continue: on roule swing, on roule rockabilly, on roule boogie, on roule rock’n’blues, comme qui dirait par salves de poteaux.et entre les salves on s‘ar rète sur l’accotement et on savoure des ballades un chouïa surannées mais ô combien délicieuses, W’Iiex The Deal Goes Down, Beyond The Horizon.Ça fonctionne en boucle aussi.De quoi donner envie de ne jamais arriver nulle part.M'empêche qu'il arrive qu’on arrive.S'agit de se réchauffer.Se lover, c’est le mot d’ordre.Alors quoi?Alors Gilmour en solo jouant des solos de guitare.L'album: On An Island.Un chalet en forme d’ile deserte, où il n'v a que vous, votre amour et tous les albums de link Floyd fondus en un.On .4» Island, c'est David Gilmour quand il s'abandonne à ce qui lui est le plus naturel: k-s solos mélodiques sans fin.Quand il etire les notes sur le manche jusqu'à ce qu'elles tissent une grande toile autour de la lune, il est plus link Floyd que link Floyd.Et quand il chante en harmonie avec Rick Wright (ex link itou), c'est plus Iluidement Floyd encore.Avec les petites percussions d’un feu de foyer qui crépite, c'est l’évasion garantie.Une drogue sans drogue Cela dit.Gilmour sur la route, c'est bath aussi.11 n'y a plus de poteaux, plus de ligne blanche, plus de bosses sur le bitume, plus rien.L'auto devient hydroglisseur.Et Dylan et Petty dans le chalet, c’est pas mal non plus.Rien qu'avec les neuf minutes de l'extraordinaire chanson-contes sion Ain't Talkin', point d'orgue de Modem Times, répétées à l'infini, on a tout ce qu'il faut.Bon congé.Collaborateur du Detoir Ibis disques pour les Fêtes CHRISTOPHE H U SS u'emporteriez-vous si vous ak Vv liez passer les Fêtes dans un chalet éloigné?Trois disques seule ment?Choisissons-les donc variés.Le premier sera forcément un disque de NoeL De ce point de vue.rien ne vaut une petite expérience.Elle mobilise un lecteur de CD avec changeur, charge de plusieurs disques et programmé en lecture aléatoire.Le problème des disques de Noël dits «traditionnels» est en effet bien simple: en général, pour paraître à temps, ils sont enregistrés en plein été.Personne n’y croit et ça s'entend! Lorsque, durant votre audition aléatoire, vous vous dites: tiens, ça c’est vraiment bien, et que chaque fois que vous levez le nez en vous faisant cette réflexion vous voyez que l’afficheur précise que vous êtes en train d’écouter le «CD n° 4», la conclusion est en gè néral aussi immédiate qu'irréfù-table.Mon «CD n° 4» n'est pas une nouveauté: il faisait même partie de mes recommandations en 2005, mais il a ete plébiscité par l’expérience la plus empirique et la plus infaillible il y a tout juste une semaine encore.Enregistre à Vil-le-Emard en 1998, En la fête de Noël, par La Petite Bande de Montréal et Martin Dagenais (Naxos), est un petit bijou, simple et sincère.Une plage de ce CD vaut plus que cent concerts de Noël de Renee Fleming.«Le plus beau, c'est toujours le dernier», disent en général les artistes en commentant leurs disques.Alors voici le dernier grand coup de foudre de mes multiples écoutes: le Concerto pour violon de Tchaikovski par la star montante du violon international, l’Allemande Julia Fischer.Adulée par la critique européenne, cette artiste m’avait jusqu’ici séduit mais pas totalement convaincu.C’est fait, avec cet enregistrement électrisant réalisé à Moscou en avril 2006.Accompagnée par Yakov Kreisberg à la tète de l’Orchestre national de Russie, Julia Fischer prend tous les risques et «mord» véritablement dans la musique.Peu de violonistes depuis Heifetz et Milstein se sont ainsi exposes, à vif, dans cette partition.J’ai hâte de revivre l’expérience.pendant les F'ètes! Culturellement et traditionnellement.la transition entre deux années m’est impensable sans les échos du Nouvel An viennois et son sacro-saint concert télédiffusé (partout, semble-t-il, sauf au Canada), dont les places sont encore plus courues que celles du Festival de Bayreuth.Le concert du 1" janvier au Musikverein de Vienne a lieu depuis 1941.Clemens Krauss en fut l’instigateur, puis Willy Boskovsky le dirigea pendant vingt-cinq mis.Depuis Inrin Maazel en 1980, les diets «e suc cèdent au pupitre et les disques sont toujours édités dans la foulée.Plusieurs millésimés sont inoubliables, notamment 1987 avec Karajan, 1989 et 1992 avis- Carlos Kleiber et 2(X)2 avec Seiji Ozawa N’importe lequel de ces concerts que vous pourrez trouver en CD ou en DVD vaut le détour, mais essayez de dénicher les concerts de Carlos Kleiber (en ligne, certaines enseignes référencent le concert de 1992, certaines les deux).Ce n’est (ias de la valse de Vienne au kilomètre: c'est de la dentelle, magnifiée par un art su prême de la direction.Collaborateur du Devoir LE THÉÂTRE DE QUARTIER ET LE THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI PRÉSENTENT Les petits orH- De Louis-Dominique Lavigne POUR LES PETITS DÈS 4 ANS à la demande générale 2 FÉVRIER-PLACE DES ARTS 5e SALLE TARIFS FAMILLE! DU MERCREDI 27 AU DIMANCHE 31 DÉCEMBRE À 13H ET 15H Théâtre d’Aujourd’hui SaHa Jean-Claude Germain 3900, rue Saint-Denis, Montréal peu* D€ «oo «tentstNTMTO»»' UH CULMWUE DU TÏMP» oe* TÊTES! m» Une en seine etc Pin! taissonnetu spectacle de Tannée - interprète Renseignements et billetterie : (514) 282-3900 LE DEVOIR Ç9 La viNgtième! Billets en vente: 514-842-2112, ïstufrau 866-842-2112 Admason : 514-790-1245 wwwAdmission.com Album en magssin www.chloesajntemarie.ca Si Deux poemes.çuatRe caNtates 9 Le mercredi 10 janvier 2007 Concert a 20 h Salle Pierre Mercure, Cent Conference Bach et Oraupner Dwtoqo par Gen Salle D-R 200 du Departement de musique de I UQJ Cantates de J.S.BACH et C.GRAUPNER Pierre-Pélac www.ideesheureusf l'UfVlIÎ SI KG b TRI K KM T Bon.ce n'est pas que l'on veuille eamper k‘ réle de l'em merdeur.film tourne à Montpel lier, où sont nos Auguste Comte et surtout Juliette, la Greco, mais pointer k-s trois galettes qui meri tenaient d'être déposées entre la crèche du petit Jésus et le tvaobab du pore Noel oblige la prise en consideration de laits mâtines d'économie: la distribution et la gestion de l'inventaire.Cher lectevjr ou lectrice, c'est tirs sérieux.A moins de se corn plaire d.ms la critique d'happy 'rit pour inities seulement, suggérer deux jil/.’ et un blues suppose tout d'abord qu'ils sont distxmibles en magasins.Ensuite?Si jamais il est dans votre intention d'ôl trir du ja.v ou du blues et non du technoja/z tendance, eh bien, on va causeï bines et yi/z AUons-y.Von Freeman, ça vous dit Non Bon, k‘ monsieur est s.ixo(>honiste ; ténor depuis quelque chose corn me six décennies 11 est ne à Chica go.Et de cette ville, il n'a jamais voulu déménager.Celte année, il a publie Gotki Forever sur Teliquette lYemonition.Pour accomplir celle nouvelle j aventure musicale, il a lait api>el a des sacrés bonshommes: k lialteui | Jimmy Cobb, connu pour avoir joue avec Miles 1 >avis a lë|xx|ue de Kind Of Blue.Ciumonlull Adderlcy, J.u kie Mel can el bien d'autn's, le pi.t nisle Rk'ltani Wyands, qui a aivom imgnc pratiquetnent tout k' monde, de Coleman Hawkins a /ool Sims, et le contrebassiste John Webbei Et alors?la magie de cet album Ik-nt au son do Freeman et à sa mai Irise du temps Quand on l’écoute, ce diable d’homme, on ne peut i qu’être séduit |ui son goût jxhu la ixiresse, sa manière d'cnvelop|x-i chaque noie, son (XMichant |xnu le souffk* long et pesant, s-s th el ses re, ou scs mi, sont autant d'échos, mais a sa manière évidemment, a ceux de Ben Webster, d’Eddie Ux kjaw Davis ou de Dexter Gor don.Au suivant.Hubert Sunilin est guitariste II est l’un des derniers survivants de la grande generation Colle des Muddy Waters.Willie Dixon.John lee Hooker el Howlin Woll L'Vsl d’ailleurs grâce a ee dernier qu'il s esi taille une grande réputation L ai c'est lui qui.avec Jimmy Ko geis.M.igx Sun et Fhnoiv J.unos a fixe, pour ainsi dire, le style de guitare ipu séduit tant ik- millicix de p’tits Ulaixs L ette .uintv, quekiuosrins de cos derniers ont |xmsse Simlin en di nvrton du studio Eric Clajiton, hci tli Kk'Ii.uiIs et surtout k- hatteui 1 o von Holm, de Hie Bond, ont ontou ic Suiilin il \ a ix-u |x>ut tabriquei l'un des mcillcui s blues des i e centos années 1 a ivpnso des i las siques du genre pu cette confierio de pirates est un déliée de Ivuit en bout, i est aussi savoureux, mais dangereux, que du elux-oLit liS %ea eao I .i beauté de la ehose?1 indi gestion est impossible.Baptise AKiut I hern Shoes, eel allxun a |VU u sur l'étiquette loneCool Ft maintenant, le tromboniste WyclitlGordon, lui s'est lait muai quoi par W ynton Maisalis.avtv qui il a enivgistiv une bonne di/nine de lois Ik'jHiis qu'il est lie a l'exceRent lalx'l Nagel 1 level.I midon a ivalise au moins einq disques, dont eel tains remarquables.Ni Gordon n'a pas l'originalité d'un George l ewis, la dextérité d’un Ray Andeisou, la vivacité d'un Steve I m re.il a pai eontre un sens de la sensualité qui lait tant dèlaut aujourd’hui.Il y a |X‘U, Nagel Heyer a eu l'excellente idee de soi tu une esixx e de -Ix sl ut- le titie veut tout (lire: Stamhmis ( >nly Résultat?l'n vrai régal, Ia> Dei'oir CUL ET VI0LENC d Guillermina Kerwin i Didier Lucien Valérie Le Maire Brigitte Poupart Guillermina Kerwin Frédéric Pierre Widemir Normil Didier Lucien Ce JnlCE PT If JN Guillaume Cyr Christian Gagnon Thomaa Goda froid Jacinth# Perrault Nouveau Théâtre Expérimental www rrte qc ca Ujh OU 9 JANVIER AU 3 FÉVRIER 2007 du mardi au samed* a 2Qh30 A ESPACE LIBRE 1945 rue Fullum |n-v -) (¦ ¦ E V o I R .L K > SAMEDI ET I> I M A N ( Il E 2 I D E t M R K K 0 0 li LE GRAND SILENCE (into great silence) /PHILIP GROWING EX-CENTniS.COM / 514.847.2206 13hOO 18N00 1T1Û1HO IlllJllIUi v, .L'ENFANT AU GRELOT 1ACQ0ES REMVCmtRO IX-CCNTRIS COM / 114.847230< 21 DEC 7 |AN A TIN mm mmm >oi Kv.i .'c m 11 n n ry fox ;w^/ir at the Museum n est pas sans qualités (techniques), mais une fois le fameux concept éventé, il ne reste pour ainsi dire rien sinon une course éperdue dans les corridors d’un musée plus Suivez le guide ! NIGHT AT THE MUSEUM (V.F.: UNE NUIT AU MUSÉE) Réalisation: Shawn Levy.Scénario: Robert Ben Garant.Thomas Lennon, d’après le roman de Milan Trenc.Avec Ben Stiller.Owen Wilson, Steve Coogan, Dick Van Dyke, Robin Williams, Image: Guillermo Navarro.Montage: Don Zimmerman.Musique: Alan Silvestri.États-Unis, 2006, 108 min.ANDRÉ LAVOIE Devant Night at the Museum, de Shawn Levy (Cheaper by the Dozen, The Pink Panther), on imagine sans aucune difficulté la rencontre au sommet qui a précédé la mise en marche du projet On a jonglé avec trois concepts («musée», «effets spéciaux», «Ben Stiller»), trouvé la formule géniale à résumer, choisi une pG riode favorable à sa sortie avant même d'avoir tourne une seule image et le tour était (presque) joué.Ne manque plus qu'un film à l’arrivée.Or qu’en est-il vraiment de Night at the Museum?S'agit-il d'une leçon d'histoire tapageuse et interactive ou encore d’une formidable vitrine promotionnelle pour les musées new-yorkais (les scénaristes Robert Ben Garant et Thomas Lennon ont ajouté au Musée d'histoire naturelle une aile «égyptienne», clin d'œil au Metropolitan Museum)?C’est cela, et ce n’est que cela, avec accessoirement le récit d'un pauvre bougre.Larry, incarné par Ben Stiller.Incapable de conserver un emploi et un logement, il couvre de honte son fils, plus admiratif devant le nouvel amant (Paul Rudd.gaspillé) de sa mere, riche et vachement «successful-, avant l'Histoire, place au moralisme petit-bourgeois.Le destin de ce perpétuel perdant bascule le jour où il décroche un emploi de gardien de nuit dans un musée, remplaçant trois vieux employés (dont Dick Van Dyke et Mickey Rooney, qui ne font partie d’aucune exposition thématique.).Or voilà qu'une fois les portes fermées, les Indiens miniatures s’animent, les singes quittent leur posture figée et le squelette de dinosaure trônant dans le hall d'entrée se prend pour la vedette de Jurassic Park La clé du mystère reside dans La momie d'un pharaon de pacotille, et tout ce beau monde s'agite autour de ce gardien désemparé par tant de permutations historiques.l’an exemple, un cow-boy insolent (Owen Wilson) et im centurion romain snobinard (Steve Co-ogan) rivalisent d’ingéniosité guerrière tandis que Theodore Roosevelt (Robin Williams) abreuve Larry de sa philosophie républicaine.Night at the Museum n’est pas sans qualités (techniques), mais j une fois le fameux concept éven- ; te, il ne reste pour ainsi dire rien sinon une course éperdue dans les corridors d’un musee plus anime la nuit que le jour.Et l’idée semble si ingénieuse que les set» naristes s’amusent à en explorer tous les possibles, percutant les personnages et les périodes de l’Histoire en un long exposé (et trois nuits) qui n'a rien à envier au plus interminable diaporama de vacances.Chaque figurine a droit a sa minute de gloire, à son coup pendable, le gardien deve- j nant le lien, et la victime, de cette parade pseudo-éducative Pour le reste, une fois passe1 les tourniquets de ee musée en atten te de visiteurs, on ne retrouve qu'un Ben Stiller figé dans ses mimiques de petit froussard sympathique, des vedettes qui ne souffrent pas de la redite (dont Owen Wilson encore dans sa phase délinquante) et une batterie d'effets pour faire revivre animaux cm pailles et statues de cire.C'est ce que l’on appelle aussi une salade de saison, celle des Fêtes, ou l'on abuse des bonnes choses, et des moins bonnes.Collaborateur du Devoir N’importe quoi.JESUS CAMP Realisation et scenario Heidi F wing et Rachel Graby Image: Mira Chang Jenna Kosher Montage: Knat Sidi, Musique: Mi chael Furjanic Ktats-l nis._\VG.82 min.ANDRE 1 \ \ O1 K T K Rowling et Charles Dar J .win possèdent, croyez le ou non, un point commun: ils figurent parmi les bêtes noiçes des chrétiens evangelistes A leurs veux, la créatrice d'Han v Potter et le pere de la théorie de la soltv tion naturelle sont des instruments de Satan A coups de chants et de sermons enflammes, les prédicateurs, trônant au milieu de sanctuaires high-tech, déversent leur bel.jettent l'anathème.Ft ]\li quelle autorité?«Excuse me, but uc hair the Truth», declare Becky Fischer, celle dont la mis sion est d'endoctriner, pardon, d'evangeliscr les enfants, entre autres lors de camps d'éte surnommés «Kuls on Pire- Cette femme habitée par 1 fieu et jamais par le doute est au centre de Jesus Camp, un documentaire de Heidi E wing et Ra die! Graby duquel émane une in quietude discrètement enoncee: celle de linlhience de la droite ligieuse sur la société américaine.Dans son église de l'Etat du Mis souri, Eischer utilise tous les moyens de persuasion (dessins, poupées, ballons, chansons) |x>ur constituer une nouvelle armée, les enfants qui l'entourent, le plus souvent éduques a la maison par des parents se metiant de l'école publique— on refuse d’y ensei gner le créationnisme, alors.—, parfois déguisés en soldats, entrent en transe à la moindre incantation et ne demandent pas mieux que de jiartir en guerre.Car dans le discours de ces pasteurs émaillé de références militaires, vantant même la dévotion des isla mistes palestiniens (!), les jeunes d'aujourd'hui doivent devenir les croises de demain: l'Amérique sera chrétienne ou ne sera pas.Jesus Camp nous présente aussi trois luturs «soldats», Eevi (12 ans), Rachel (9 ans) et Tory (10 ans), suivant «religieusement» les enseignements de Becky Fischer.Du sous-sol de leur maison où ils se trémoussent sur du «Christian heavy metal rock’n’roll- — cherchez l'erreur! - a leur seconde cérémonie de baptême (le fameux •¦horn again-) en passant par leur évangélisation dans les clubs de bowling, ces gamins grandissent dans le mépris de la science et la foi aveugle en un Dieu vengeur.Et il faut les voir pleurer a chaudes larmes ou danser en vé tements de couleur kaki |xmr sai sir toute l’intensité du conditionnement Certains auront du mal a suivre le raisonnement de ces zélés de l'Evangile, mais les deux docu-mentaristes résistent farouchement à la tentation de les ridiculiser, voire déjuger sans appel leurs débordements idéologiques Ceux-ci le tout d'ailleurs très bien sans l'aide de personne C'est ainsi que les documenta ristes suivent 1 v\ > en pélorin.ige a Colorado Springs, la ou trônait fed Haggard, un preacher puis sunt qui, jusqu'à tout récemment, agissait une lois par semaine a titre de conseiller du president Bush N'est il pas suave de t en tendre dénoncer fhomosexualite alors que l'homme pataugera bientôt dans un important seau dale sexuel, client régulier d’un prostitue avtv qui il n’avait guère le temps tie prier;1 I a denoneia tion de cette hypocrisie redonne loi en la justice divine D'autres sont moins optimistes.Jésus Camp donnant aussi Li pin'le à un animateur tie radio confron t.mt k’ p'tul de vue des tond amen talistes religieux mais dont la Ltssi hide, apres un échangé muscle avec isvkv Fisc her.témoigne de Li lenvite de oette bataille Et devant ce retus de la |>ensoe critique, de cette demission au profit d'un Dhxi qui n’en demande sûr ement pis tant, on ne |H-ut qu'être d'accord avec Umberto Eco: -Ies gens.Je nos umrs.ne croient plus en nrx nuns piir nmtrr, ils muent m nïm pinte guoi » Imaginer ce que hii an mit inspire /
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