Le devoir, 7 décembre 2002, Cahier E
LE DEVOIR.LES S A M EDI 7 ï I D I M A \ l II E S D E t E M B I! E 1* O O THÉÂTRE Un acteur qui joue Page E 3 ]/‘^V r CINÉMA Un jumelage payant Page E ô 1 Le devoir lü m Êm m m ULTURE K V 0 I H , L F.S A NI K I) I K T I) I M A N ( H F H [> F ( F M B H F 2 (Mi 2 K I ^Culture* DANSE SOURCE GRANDS BALLETS À la magnificence des décors et des costumes, Fernand Nault a apposé au Casse-Noisette des Grands Ballets une chorégraphie sobre, facilement accessible pour un regard d’enfant, et qu'il polit d’année en année.mm 1%, Casse-Noisette, deux fois plutôt qu’une Les Grands Ballets canadiens ne sont plus les seuls à présenter le classique du temps des Fêtes Entre la grandeur du Casse-Noisette de Fernand Nault, dansé par les Grands Ballets canadiens, et l’intimité familiale de celui de Ballet Ouest, il y a peut-être tout un monde de différence, mais certainement une même volonté, celle de raconter une histoire divertissante qui rapproche la danse du pu- M1CHAËL SLOBODIAN sil -f .«Je voulais un Casse-Noisette qui soit très familial», explique la chorégraphe et directrice arristique de Ballet Ouest, Margareth Mehuys.blic, enfant comme adulte.FRÉDÉRIQUE DOYON Hormis la neige et les décorations qui habillent la ville, un autre événement prépare chaque année la venue de Noël.1a> ballet Casse-Noisette fait le pont entre le Noël fictif et le Noël réel, par le truchement de la danse, de la musique de Tchaikovski et de la joie des Fêtes.Or, non plus un, mais deux Casse-Noisette prennent l’affiche à Montréal durant cette période.Celui qui a démarré et consolidé la tradition de ce ballet de Noël est le chorégraphe Fernand Nault, avec son magnifique Casse-Noisette interprété par les Grands Ballets canadiens de Montréal (GBCM).C’est le ballet de référence de la plupart des jeunes adultes et des parents québécois d’aujourd’hui puisqu’il est présenté chaque année à la Place des Arts depuis près de quarante ans.Plus modeste, le Casse-Noisette de Ballet Ouest repose sur des assises communautaires et un dilettantisme, gagnant lentement mais sûrement en professionnalisme au til des ans.11 n’y a pas lieu ici de comparer les deux versions, tellement leurs histoires diffèrent, mais de traquer leur vision respective d’une œuvre qui a traversé le temps.Issu d'un conte d’Hoffmann, le ballet Casse-Noisette a été conçu originalement par Marius Petipa en 1892 à partir de l'œuvre musicale du même nom que Tchaikovski avait créée en 1891.L'histoire raconte une veillée de Noël dans une grande famille où la jeune Clara reçoit un cadeau spécial, un casse-noisette qui prendra littéralement vie devant ses yeux au cours de la nuit — un rêve?—, entraînant avec lui tout un monde imaginaire.Un rêve à dimension humaine Déjà, entre le conte original truffé de créatures inquiétantes et ses versions chorégraphiques essentiellement joyeuses, un écart s'est creusé.Et s’il ne reste pas grand-chose de la chorégraphie de Petipa dans l’œuvre des GBCM, Fernand Nault est toutefois demeuré fidèle à l'histoire consacrée par la musique et la danse qui a évacué toute la dimension effrayante du conte initial.«Le but n 'est pas de faire peur aux enfants», souligne Pierre Lapointe, maître de ballet aux GBCM.Au contraire, l'idée est de les convier à la fête, puisque chaque année, depuis 19fi4, les GBCM font place à une centaine de rôles d’enfants sur scène.«Quand un enfant voit un autre enfant sur scène, ça l'allume.» Depuis dix ans, des auditions sont ouvertes aux jeunes pour faire partie du rêve de Clara.Même en évaeuiuit l’horreur du conte initial, donc, Casse-Noisette exerce toujours sa fascination.On aura beau fouiller l’inconscient collectif, en éplucher les infinies sublimations, le magnétisme de l’œuvre s'explique peut-être le plus simplement du monde.«Iss gens ont tous besoin de rêver», suggère le maître de ballet.Après avoir orchestré sept cents Casse-Noisette de M.Nault, Pierre Lapointe s’étonne encore: «C’est incroyable quand tu retrouves tout ce déploiement d’énergie qui traverse la scène jusqu'au public; c'est tout l'amour qu'il [Naultj a pour les enfants et pour la danse qu 'il y a là-dedans.» C’est ainsi qu'il s'explique mieux l’at- trait de l’œuvre des GBCM: «M.Nault a toujours réussi à garder la dimension humaine de cette histoire.Il y a un bel équilibre entre le réalisme et les moments de rêve.On se surprend tous à croire à cette histoire-là.» A la magnificence des décors et des costumes, Fernand Nault a apposé une chorégraphie sobre, facilement accessible pour un regard d'enfant, et qu’il polit d'année en année.Dans son remaniement majeur de la chorégraphie en 1987.il s'est même permis de déplacer la variation de la fée Dragée au début de l’acte II plutôt que de la laisser à la fin, comme le veut la tradition classique, «parce que c’était trop technique et on perdait l'attention des enfants», précise André Laprise, adjoint du chorégraphe et répétiteur des enfants.«Je trouve que le traitement du Casse-Noisette de M.Nault, avec sa fête de Noël, nous ressemble beaucoup en tant que Québécois», propose-t-il.Il est vrai que jumeler le Casse-Noisette au contexte de Noël «est surtout une tradition nord-américaine, puisque ailleurs il est souvent traité comme n'importe quel autre ballet», fait-il valoir.De Tchaikovski à l’esprit communautaire Si bien que, pour Margareth Mehuys, chorégraphe et directrice artistique de Ballet Ouest.Noël n’est plus la raison première de la pérennité de Casse-Noisette, depuis que sa compagnie a présenté l’œuvre au Costa Rica en juin et en septembre dernier — hors du contexte de Noël.«Je crois que c'est d'abord à cause de la formidable musique de Tchaikovski».propose-t-elle.Pour elle aussi, le lien entre le conte d’Hoffmann et le conte dansé est rompu par l'œuvre musicale.«Ix conte origi- nal est noir; la musique de Tchaikovski est pleine de joie, soulignet-elle.Il n’y aurait pas lieu de créer Casse-Noisette sans elle.» Lin lien tout aussi indéfectible scelle le destin de Ballet Ouest à celui de Casse-Noisette.En effet, l'existence même de la compagnie repose sur la création du ballet en 1984.«L'idée derrière Ballet Ouest, c’était d'abord de faire un spectacle.» Mehuys enseignait alors et souhaitait, pour ses élèves, une expérience de scène qu'elle considérait essentielle à leur formation.C’est alors toute la communauté de parents qui a joint ses efforts pour créer un Casse-Noisette.Le succès de cette première a ainsi servi de gage de développement de Ballet Ouest.Et le dévouement de l’entourage, du public ordinaire finalement, s’est transposé en véritable mandat.«Je voulais un Casse-Noisette qui soit très familial», explique Mehuys.Ballet Ouest fut l'un des premiers clients de la salle Pierre-Mercure et y trouva l’intimité désirée.«Chez nous, Casse-Noisette se passe dans une petite maison, c'est chaleureux.» La compagnie mise d’ailleurs sur l'enracinement dans les villes où elle se produit — Québec, Trois-Rivières.Saint-Jean — en sélectionnant les enfants qui prendront part à la chorégraphie sur place.«On s’intégre dans la communauté où l'on va, insiste Margaret Mehuys.On a formé plus de deux cents enfants cette année, juste à Québec.On ne veut pas seulement aller danser, puis repartir.On essaie de développer le public.C'est ça.notre mandat.» CASSE-NOISETTE Les Grands Ballets canadiens de Montréal, du 14 au 30 décembre, à la Place des .Arts CASSE-NOISETTE Compagnie Ballet Ouest, les 7 et 8 décembre, au Centre Pierre-Péladeau.MICHAËL SLOBOUIAN «Chez nous, Casse-Noisette se passe dans une petite maison, c’est chaleureux», explique la chorégraphe Margareth Mehuys, directrice artistique de Ballet Ouest.Noël n’est plus la raison première de la pérennité de Casse-Noisette Entre tradition et modernité Fusion Flamenco propose un voyage audacieux et iconoclaste au pays du flamenco contemporain FRÉDÉRIQUE DOYON Marie Parisella a une feuille de route qui en dit long sur le voyage l’ayant conduite de l'âme profonde du flamenco à une lecture plus contemporaine et urbaine de cet art hispanique.Elle revient a Tangente pour la quatrième fois avec Fusion Flamenco, dans le contexte de la série Danza Dança, nouvelles danses latines.Pour les non-initiés, il faut savoir que Marie Parisella a déjà dansé aux côtés des Gypsy King, du guitariste Mickaël Laucke à plusieurs reprises.Pour les habitués du flamenco, il suffit de rappeler qu’on la voit régulièrement au Centre social espagnol et à la Casa Galicia de Montréal pour reconnaître une figure importante de l’avènement du flamenco d'ici.Fidèle aux racines traditionnelles du flamenco, qu’elle approfondit auprès de maîtres réputés de la danse espagnole, Marie Parisella n’hésite pas à puiser dans ses influences contemporaines pour insuffler un autre sens à son art.Sa formation à l’UQAM auprès de Paul-André Portier et Daniel Léveillé Fa convaincue qu’un croisement entre le caractère du flamenco et la liberté formelle de la danse contemporaine ne peut que contribuer à enrichir l’art espagnol.«J’essaie de décloisonner les éléments du flamenco», explique la danseuse et chorégraphe à propos de Fusion Flamenco.Déchirement Si le flamenco évoque d’emblée le travail impressionnant du haut du corps, des bras et du martèlement des pieds au sol, Marie Parisella s’amuse à déplacer ces éléments dans l’espace.«Le flamenco, c’est toujours à la verticale, sur les pieds, donne-t-elle en exemple.Et pour moi, le travail au sol, c’est important.Alors, j’accroupis les danseurs au sol et je veux tout le travail des troncs, mais à un autre niveau.» Pourtant, il y a toujours, dans les pièces de Parisella, des moments d’authentique flamenco avec robe et guitare traditionnels.«Parce qu’on ne peut pas changer le flamenco, reconnaît-elle, c’est un art qui est complet, mais on peut l’utiliser pour ouvrir d’autres possibilités.» Les quatre créations qu’elle a présentées sur scène depuis 1992 sont imprégnées de ce déchirement, du dilemme entre le désir de préserver la tradition du flamenco et l’urgence de la transcender, de l’imprégner de sa culture à elle, de l’amener ailleurs.«Je suis Québécoise et je n’essaie pas d’être Espagnole quand je danse le flamenco, confie-t-elle.C’est ma vision du flamenco.Des fois, je suis prise avec une tradition qui n’est pas la mienne, mais j’aime l’essence, le rythme et le pouvoir évocateur du flamenco.» Mais avec Fusion Flamenco, elle ose davantage faire éclater la forme et les codes rigides du flamenco dans certains tableaux, évacuant même la guitare pour la remplacer par des sons ambiants de l'Espagne.«Je veux transporter les gens là-bas, mais pas nécessairement avec le chant et la guitare.Parfois, ce qui est fort dans le flamenco, je veux le mettre à l’écart pour aller chercher autre chose, des éléments moins visibles.Je veux voir les dessous du flamenco.J’enlève la musique, la robe, la guitare.Qu’est-ce qu’il reste?La pureté du mouvement.C’est cette qualité que j’essaie d’extraire du flamenco.» Il reste que la liste des éléments typiques du flamenco qu’elle tient à préserver est longue: «la densité de l’espace (cette fermeté et détermination dans le geste, son focus), la force de caractère qui est imprégnée dans l’architecture de la danse, les couleurs qui ressortent des différents rythmes, les émotions qui s’en dégagent, la qualité rythmique et gestuelle très spécifique (les ondulations), l’esprit de confrontation», énumère-t-elle avec passion.Mais le tout est parfois présenté dans un cadre moins rigoureusement fidèle à la formule habituelle du flamenco, à sa mise en espace et sa mesure (le compas) intransigeantes.«Les shows traditionnels sont toujours présentés de la même façon.On commence avec les sevillanas, on danse et on finit avec les bule-rias.C’est un peu tannant.Je voulais changer cette image.» Pour parvenir à cette métamorphose, Marie Parisella n’a pas lésiné sur les moyens et les efforts.Elle réunit sur scène pas moins de douze danseuses de flamenco dont certaines aux fortes influences contemporaines.«Un gros défi», reconnaît-elle.Parmi ses danseuses, elle a choisi sept élèves des cours qu’elle donne, dont deux jumelles, Geneviève et Mélissa Chabot, qui manient les armes médiévales, les sabres.«C’est un peu moi face à la tradition, face à moi-même, qui vient d’un contexte montréalais contemporain», souligne la chorégraphe.Si toute narration est exclue de Fusion Flamenco — un autre trait contemporain —, il y a, surtout dans le premier tableau, l’appel au voyage, et plus particulièrement à un voyage en autobus qu’elle a fait en Espagne, de ville en ville.«Pour moi, le flamenco, c’est toutes ces images: les sols de l’Espagne, le soleil, le ciel, les groupes rassemblés, l’intensité entre les personnes qui dansent ensemble, l’âme libre et un peu bohème.Le flamenco est une façon de vivre», conclut Marie Parisella.FUSION FLAMENCO De Marie Parisella, du 12 au 15 décembre à Tangente.Mane Parisella fait éclater la forme et les codes rigides du flamenco, évacuant même la guitare dans certains tableaux • •?•T • mt» X-vf'] wm .' K i»7* •J-s: JOE PARISELLA Pascale Roy, Rosanne Dion, Sylvie Marchand, Mélanie Fuller.Marie-Andree Cloutier et Elisabeth Djenandji dans le spectacle Fusion flamenco.! LE DE V 0 I H .LES S A M E D 1 K ï l> i M A \ ( Il V S l> E t E M K I! E C 1 N Ce n t ris horaires S14 847 2206 www.ex-centris.com Cathy Moriarty et Robert De Niro dans Analyze That, de Harold Ramis.SOURCi: WARN K R I1ROS l'ICTURE; Un jumelage payant ANALYZE THAT De Harold Ramis.Avec Robert De Niro, Billy Crystal, lisa Ku-drow, Joe Viterelli, Cathy Moriarty.Scénario: Harold Ramis, Peter Tolan.Image: Ellen Kuras.Montage: Andrew Monshein.Musique: David Holmes.Etats-Unis, 2002, environ 105 minutes.MARTIN BILODEAU Sans être le plus grand film de Harold Ramis, le désopilant Analyze This, sorti il y a cinq ans, aura l'insigne honneur d’avoir fait germer dans l’esprit de scrip-teurs et producteurs de télévision l’idée de la série The Sopranos.Il n’y a en effet rien de plus comique, de prime abord, qu’un chef de la mafia déballant ses états d’âme devant un psychologue muselé par la consigne du secret professionnel.L’idéateur de Ghostbusters et scénariste-réalisateur de Groundhog Day et Multiplicity (pour ne nommer que ses meilleurs opus) a donc décidé, devant le succès de la série, et le bon souvenir laissé par Analyze This, de remettre en présence ses deux antihéros et d'exploiter une fois encore les situations rocambolesques que pareil jumelage inspire.Le résultat a beau fleurer l’opportunisme, le scénario donner l’impression d’avoir été écrit sur un coin de table, il reste que ce boulevard du crime est plus drôle et tonifiant que les bêtises dont certains producteurs québécois nous affligent par les temps qui courent.Bien qu’il feigne de nous emmener une coche plus loin dans l’amitié forcée des deux personnages, Analyze That (on ne s’est pas forcé les méninges pour le titre) nous ramène exactement là où le premier film nous avait laissés, lorsque des circonstances exceptionnelles ont conduit Paul Vitti (Robert De Niro), petit parrain de la mafia de Brooklyn, sur le divan d’un analyste.Aujour- d'hui comme hier, ce dernier voit plus clair dans la vie des autres que dans la sienne, passée dans une banlieue ensommeillée de Ixmg Island auprès d'une épouse apathique (Eisa Kudrow).Dans les premières images à'Analyze That, le mafieux est en prison, son psy, endeuillé jusqu’à la confusion par le récent décès de son père.Lorsque la vie du premier est mise en péril par une affaire de clans, il perd la tête, ou du moins en donne l’impression, afin de forcer le second à venir l’arracher au milieu carcéral, et pourquoi pas le prendre en garde à vue à la maison en attendant son imminente audience pour être libéré sur parole?Les gags que Ramis lâche toutes les quinze secondes sont décidément plus forts que la raison, bafouée par un scénario qui, au-delà de l’énoncé de départ, s’engage dans toutes sortes de sentiers et sème des cailloux que rien ne sert de ramasser.De toute évidence, Ra- mis n’a rien de plus à nous dire que ce qui est affiché en grosses lettres sur l’écran.En cela, sa comédie noire se distingue de Analyze This, qui allait plus loin dans la psychologie des personnages et exploitait un humour plus raffiné.L’élément de surprise — puisqu’il y en a un — ne réside pas dans la réunion du tandem Crystal et De Niro, toujours efficace (quoique Crystal a l'air fatigué), ni dans l’exploitation du personnage de Usa Kudrow, qui n’essaie même pas ici de faire oublier son personnage de fofolle dans Friends.Non, la surprise vient de la réunion de De Niro avec celle qui fut à 18 ans sa partenaire amoureuse dans Raging Bull, Cathy Moriarty.Celle-ci, en marraine mafieuse qui veut mettre Vitti à sa main, livre un numéro digne de la Kathleen Turner des bons jours.Pour ce qui est du Harold Ramis des bons jours, certains (c’est mon cas) attendent encore son retour.Histoire d’horreurs Avec War Babies.nés de la haine, Raymonde Provencher lève le voile sur les viols de guerre, terribles et occultés.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Entre l’information journalistique et l’aventure du documentaire, il n’y a qu’une seule passion: celle de décrypter et d'analyser les grands enjeux planétaires.Raymonde Provencher, ex-journaliste animatrice à Femmes d’aujourd'hui, à Nord-Sud et ailleurs, fondait en 1995, avec Patricio Henriquez et Robert Cornellier, Macumba International, maison de production dédiée à des documentaires et à des séries télé consacrés à l’information internationale.Mais c’est la première fois qu’elle réalise un long métrage documentaire elle-même.Le sujet lui tenait tellement à cœur qu’on lui a suggéré de le prendre en charge.Avec War Babies.nés de la haine (présenté à Ex-Cen-tris), Raymonde Provencher a tiré de l’ombre une histoire d’horreur qui se répète depuis la nuit des temps: les viols des femmes en temps de guerre, avec en corollaire les enfants issus du cauchemar, souvent détestés par leur mère, traumatisés.Dans L'Eté meurtrier (1983), de Jean Becker, Isabelle Adjani incarnait un de ces êtres nés du viol, progéniture brisée, affolée.War Babies offre un portrait en survol de ces femmes et de ces enfants à travers les guerres du XX' siècle: en Corée du Nord (femmes esclaves envoyées dans les bordels des Japonais durant la Deuxième Guerre mondiale), mais aussi au Nicaragua, au Rwanda, au Bangladesh, en Bosnie.Un fil d’Ariane dans ce bouleversant documentaire: la quête de Ryan.un Ontarien né au Bangladesh, enfant de la guerre qui cherche là-bas ses racines et angoisse à la JACQUES GRENIER LE DEVOIR Raymonde Provencher vient de réaliser son premier long métrage documentaire.perspective de porter en lui les gênes du père violeur.En parler Certaines histoires sont particulièrement poignantes: celle d’une jeune Nicaraguayenne si pauvre qu’elle va vivre chez son père naturel, lequel a autrefois violé et torturé sa mère.Celle d’une femme rwandaise dont on a assassiné toute la famille et qui n’a plus qu’une fillette, née du viol.Raymonde Provencher vous dira avoir plongé dans ce sujet occulté à la suite des révélations faites sur les femmes bosniaques violées tout au long du conflit des Balkans.Des chiffres, il y en a.mais bien difficiles à vérifier.On parle de 250 000 femmes violées au Bangladesh, de 200 000 femmes asiatiques ayant jadis servi de «comfort women» pour les soldats japonais, etc.«Le viol n'a été reconnu crime contre l’humanité qu’au milieu des années 90, explique Raymonde Provencher.Il est tellement banalisé que les gens s’étonnaient qu’on veuille faire un film là-dessus.Le viol constitue le prolongement de l'acte guerrier.En même temps, il est un tabou très déstabilisant pour une société, particulièrement dans les pays musulmans.» Raymonde Provencher s’est demandé pourquoi les soldats font ça.pourquoi on ne remet pas en question de pareilles infamies.Elle a rencontré des femmes qui ont témoigné de ces tortures, des femmes parfois attachées au lit, sur le corps desquelles 25 hommes passaient par jour, qui avaient les organes déchirés et se retrouvaient psychologiquement détruites.Le viol permet aux soldats d’assouvir leurs besoins sexuels, bien sûr.Il est aussi une arme fort efficace pour ébranler le camp ennemi.«Le seul exutoire possible pour ces femmes, c’est d’en parler, explique Raymonde Provencher.Mais elles se taisent, car s'exprimer, c’est forcer le mari à chercher vengeance.Tout le monde les préfère muettes.» la journaliste-cinéaste estime que le temps est propice pour aborder la question du viol de guerre.Il est désormais classé comme crime contre l’humanité par les grands tribunaux internationaux.En Bosnie, trois dirigeants serbes ont été condamnés pour viols.Au Rwanda, l’ancien maire de Taba, un Hutu, a également été condamné pour crime de viol.Ces cas feront jurisprudence.Elle appelle alors de tous ses vœux les organisations internationales à s’adjoindre une équipe de psychothérapeutes pour aider les femmes violées, à l’heure d’apporter du secours aux victimes de la guerre.Les besoins sont criants, le crime longtemps nié.Et les victimes, dans un état désastreux.Dangereusement mauvais LES DANGEREUX Realisation: louis Saiu.Scenario: louis Saia, Stéphane St-Denis.Sylvain Ratte, Avec Stéphane Rousseau, Véronique Cloutier, Marc Messier.IVrre Iebeau, Guy Nadon.Michel Charette, Louise Portai.O D 1 I E TR I M B LAY I ! DEVOIR Atteler Véronique Cloutier et Stéphane Rousseau à la roue du cinéma semblait ouvrir la voie au succès assuré.Luit l’animatrice de Im Fureur cl l’humoriste sont populaires au Quebec.Mettez aux commandes du film l’équipe des Boys, cinéaste et producteur, champions des recettes au guichet.Of frez-leur le budget le plus important du cinéma québécois, 7,2 millions de dollars, pour une incursion du côté de la comédie d’actions, avec cascades à l’américaine, torches humaines, accidents de bagnoles.etc.Les conditions gagnantes, quoi.Ecrit trop vite, tourné trop vite, financé par des institutions qui ont fait confiance les yeux fermés aux capitaines des Boys, les Dangereux de Ijouis Saia s’écrase pourtajit la mentablement au til d’arrivée, le film est consternant, rien de moins, et fait injure au publie québécois.Qu’il soit destiné à une clientèle pré-adolescente montre le peu de cas qu’on fait de ces jeunes-là.Pour tout finir, la violence est au rendez-vous.avec assassinats par le feu, par balles, par ce qu’on voudra; meurtres, il est vrai, si grotesques qu’ils ne sauraient faire peur à grand monde, les pré-ados en riront sans doute.Cette histoire d’une chanteuse populaire, Roxane (Véronique Cloutier), enlevee contre rançon par de sinistres malfaiteurs, part r qu’y a-t-il de plus triste qu’une comédie qui ne fait i>as rire?Saia, qui connaît ixmrtant la musique.a omis de diriger ses comédiens.Inutile de s'en prendre à Véronique Cloutier et à Stéphane Rousseau, qui font leurs premiers pas d’acteurs de cinéma.Ils sont mauvais (surtout elle, qui rate tous ses punchs), mais n'ayant pas de répliques dignes de ce nom à se mettre sous la dent, on accuse plus haut qu'eux.Quand des interprètes chevronnés comme Mare Messier et Ionise Portai (qui incarnent le papa et la maman divorcés de la chanteuse kidnapixx') sont (tourris, c’est que le réalisateur a erre quelque part.Seul Pierre Lebeau, qui a Luit joué les méchants un |teu partout, a su se diriger Seul en don liant à son personnage de tueur à gages un certain coffre.Li blondi' Véro ne déploie pas le charisme qu’on lui connaît dans Im Fureur A ses admirateurs seront bien déçus.I es cascades sont inintéressantes et le film paraît si bâclé qu’on se révolte.Même les chansons composées pour le film sont ennuyeuses.Pour voir ses idoles Véronique et Stéphane, le grand public se ruera sans doute sur les écrans des Dangereux en ce premier weekend, mais le bouche à oreille devrait faire son œuvre assez vite et conduire cette minable production au naufrage qu’elle mérite.i ‘h ffc» m w v.'3M SOURCE CHRISTAL FILMS Véronique Cloutier, Stéphane Rousseau et Michel Charrette dans Les Dangereux, de Louis Saïa.Au cœur de l’activité culturelle de Montréal un repas, un petit gueuleton ou un verre U >»i 11J !" NOUVEAU MONDE Restaurant-bar-café-terrasse SAINTE-CATHERINE ET SAINT-URBAIN |514] 866.8669 \ i L K I) E V 0 I R , L E S S A M E D I ET I) I M A X ( H E 8 I) E C E M B R E 2 0 II 2 Droit au cœur On est loin, ici, des contes disneyens, avec rétablissement de l’ordre et de la morale, punition des vilains et réponses fournies LA FLECHE BLEUE Film d’animation d’Enzo d’Alo.Scénario: Knzo d’Alo, Umberto Marino, d’après un conte de Gianni Rodari.Animation: Silvio Pautasso.Montage: Rita Rossi.Musique: Paolo Conte.Italie, 1996,90 minutes.A Ex-Centris, les dimanches 8,15 et 22 décembre.MARTIN BILODEAU Temps des Fêtes oblige, les projections Ciné-Kid reprennent à Ex-Centris, avec celle, demain à 11b (ainsi que les deux dimanches suivants), de hi Flèche bleue, un petit bijou d’animation réalisé par l’Italien Enzo d’Alo, mis en musique par l’unique Paolo Conte.Cette artisanale histoire de jouets, avec dessins à la ligne claire assemblés par procédé numérique à des décors peints à l'aquarelle, est tirée d'un roman-jeunesse de Gianni Rodari racontant la légendaire histoire des jouets de Bephana, comtesse; et sorcière qui, dans la nuit de l’Epiphanie, enfourche traditionnellement son balai pour distribuer des jouets aux enfants de la ville.Alitée en raison d’une mauvaise grippe, celle-ci confie cette année au docteur Scarfoni le soin de faire la distribution.Or, sous ses dehors de bon monsieur, Scarfoni est un vilain opportuniste, qui exploite la situation afin de s’enrichir en vendant aux parents les jouets de Bephana.lorsqu’ils comprennent la manœuvre de Scarfoni, les jouets, sagement installés dans la vitrine de la boutique de Bephana, s’animent et mettent au point un projet d’évasion devant les conduire jus- qu’au petit Francesco, un orphelin dont la missive, déposée ce jour-là à la boutique, les avait émus.Bravant la nuit, les intempéries et les assauts de Scarfoni parti à leur recherche, le train La Flèche bleue et les autres jouets, guidés par la truffe du chien de peluche Victor, s’offrent d’eux-mêmes aux enfants sages qui jalonnent leur route vers Frederico.On est loin, ici, du combat de popularité entre Woody le cowboy et Buzz Light-Year, qui fait le succès (mérité) de Histoire de jouets.On est loin, aussi, des contes disneyens, avec rétablissement de l’ordre et de la morale, punition des vilains, réponses fournies et avenir accroché au mirage du «Ils vécurent heureux.».Sans complètement tourner le dos à ces codes (le film les effleure, les soupèse et les déjoue selon la scène), d’Alo, qui a mis cinq ans à achever ce film, emprunte un sentier moins fréquenté, où l’univers créé et les personnages dominent l'action plutôt que d’être dominés par elle.Malgré quelques maladresses de scénario, Im Flèche bleue nous atteint droit au cœur, d’abord par la mélancolie dicken-sienne qui se dégage de son univers à la fois beau et socialement divisé, ensuite par la beauté simple de ses personnages à la ligne claire et la profondeur de leur imaginaire.Avec une animation d’un autre temps (le recours au numérique est indécelable), des jouets sans âge, des sentiments universels, La Flèche bleue dégage résolument quelque chose de suranné et d'éternel.Ex-Centris nous le propose dans une version française plus qu'honorable, ce qui ne gâte rien.SOURCE EX-CENTRIS Avec une animation d’un autre temps (le recours au numérique est indéeelable), des jouets sans âge, des sentiments universels, La Flèche bleue dégage résolument quelque chose de suranné et d’éternel.ES ttAPP®1, P-î cufU â.ï: J_t /.» i du Rideau Vert sous l,i dirctlion artistique île Iramine Chabot 16 décembre 2002 à 19 h 30 ATELIER LYRIQUE DE L'OPÉRA DE MONTRÉAL Concert de Noël Karin Côté, soprano , Geneviève Ceuillard, mezzo-soprano Pascal Charbonneau.ténor Sébastien Ouellet, baryton Claude Webster, piano DELIBES MOZART BERNSTEIN SAINT-SAËNS BIZET VERDI Billet individuel 20 S Étudiants 12 S Aînés 15 S Réservations (514) 844-1793 nu www.rideauvert.ca 4664 rue Saint-Denis.Métro Laurier THÉÂTRE DU RIDEAU i collaboration avac ( Madame Véronique Lacroix, Directrice artistique de l'Ensemble Contemporain de Montréal et chef d'orchestre de l'événement John Cage en liberté (Prix Opus 2002), vous nous aviez rencontré(e)s, choisi(e)s, nous artistes d'autres disciplines, pour participer à votre relecture de l'œuvre de John Cage.Vous êtes allée chercher pour le public et pour nous-même, au cœur même du paradoxe de ce compositeur, les clés de son immense héritage.Au-delà du bonheur et du choc que cela a été pour nous de vivre cette expérience, vous avez su nous faire toucher ce que vous avez en commun avec ce grand compositeur : Un amour immense de l'humanité.Au nom de tous les sons du monde, Merci.r E IM Y (U R .L K S S A M K D I 7 ET DI M A N ( H E 8 D E ( K M K R K 2 t> (I 2 ü: Devoir ISU P H O T O G K A P H l E ^ m '+wmm -i^ ^ .s * ':JLjWte^.Ml I ISSSW %v- > rv^ -, ^ 1 * : - ¦ i ‘% m ummmm u mm mm m hum hummm humhiîrf m hummmm m hummmm hum hummm Hum hum hummm, 1994, de Ken Lum.ISAAC APPLEBAUM.AVEC IA PERMISSION IIP IA ANDREA ROSEN CiAELERV.D’images toniques et d’identités flottantes KEN LUM.LE TRAVAIL DE L’IMAGE Musée canadien de la photographie contemporaine 1, canal Rideau, Ottawa (613) 9908257 Jusqu’au 12 janvier 2003 M A RI E È V E CHARRON Effets toniques de la couleur, frontalité du discours; les images de Ken Lum, artiste d’origine vancouvéroise, empruntent sans détour les stratégies de la publicité.Elles le font cependant avec le dessein d’en dévoiler les mécanismes car ceux-ci sont habituellement efficaces pour autant qu’ils soient dissimulés.Ken Lum, et c’est reconnu également chez les autre?photographes de la très sélecte Ecole de Vancouver (notamment Stan Douglas, lan Wallace et Jeff Wall, qui aura été pour Inm un mentor) à laquelle il est associé, porte un regard critique sur l’image; il les assortit d’un commentaire social.En terrain connu Dans la rétrospective du travail photographique de Lum que présente le Musée canadien de la pho- tographie contemporaine (MCPC), cette attitude critique est confirmée: à travers un parcours qui retrace vingt années de production, l'exposition retient surtout les explorations de l'artiste du côté du genre du portrait et de l’identité comme ils sont relayés et construits dans la société par les véhicules médiatiques de la publicité et de l’enseigne commerciale.Quiconque est au fait de l’art actuel se sentira en terrain connu.Or, l’exposition offre une occasion rare de jeter un regard d’ensemble sur un travail surtout montré à l’étranger et relativement peu à Montréal ou aux environs.Au MCPC, le trajet s’ouvre avec des œuvres de jeunesse où la photographie est encore au second plan.Deux performances captées sur vidéo et des livres d’art témoignent de l’esprit frondeur qui animait l’artiste à ses débuts.Mine de rien, et avec la fraîcheur de ce qui ne demeurera qu'un furtif épisode dans le parcours de lum, émergent certains sujets qui le passionneront dans les années futures: les questions identitaires et le tissu urbain.Une vive rupture s’affirme avec les œuvres de la salle suivante tant elles adhèrent déjà franchement aux données plastiques que l’artiste fait encore siennes aujourd'hui et qui lui ont valu une reconnaissance internationale: la photographie couleur grand tonnât présentée en di{>-tyque avec une légende textuelle.1a série des «Portraits-logos» du début des années 80 montre un répertoire souvent amusant d'appariements entre un portrait réalisé en studio et un logo.la; dispositif force une assimilation entre identité et consommation tout en donnant à la légende le caractère d’une «marque», d’une signature fabriquée par le façonnement judicieux de la typographie.L’emprise de la mode sur l’ancrage identitaire se révèle de manière étonnante, d’autant plus que ces images font retour sur un passé peut-être récent, mais néanmoins daté.Du reste, on verra dans ces œuvres des exemples tout indiqués pour illustrer un cours sur la rhétorique de l’image de Roland Barthes.Didactique et prévisible, cette série?Force est d'admettre qu’elle y échappe difficilement, le recul offert par le temps rend plus probants ces écueils.Tout apparaît trop insistant, comme si l’artiste n’avait pas su démonter une stratégie de la publicité, du moins comme elle se pratique souvent, qui consiste à saturer les vides et à contrôler étroitement la réception du message.Malgré le mode sériel qui décline les variations, malgré cette ostentation volontaire de la pose et de la fabrication, l’éloquence des œuvres à rendre compte de la tension entre les singularités individuelles et les stéréotypes n’est pas prégnante.L’identité s’y avère monolithique et figée alors que le reproche adressé à la société de consommation est celui d’essouffler l'individu par le constant renouvellement de la mode.Conciliations laborieuses La série «Portraits-attributs» (1987-1991) mise sur les mêmes stratégies mais exploite avec plus de mordant la monumentalisation de personnages typés: le bûcheron, les chanteurs rock, les gens d’affaires, les policiers de la GRC, etc.Sur fond monochromatique vert, rose, bleu ou rouge, les éléments textuels, dans certains cas, amplifient les clichés des portraits qu’ils accompagnent; ils en remettent finalement et soulignent à gros traits la réduction que ces motifs préfabriqués opèrent sur des réalités souvent complexes dont les enjeux sont d'ordres politique, environnemental et ethnique.La préoccupation pour les différences socioculturelles et les conflits qui peuvent en découler s’affirment plus clairement dans les années 90 avec des œuvres qui s’écartent du genre du portrait.D> propos s’affine également.La banalité quotidienne sert de cadre dans la série «Portrait-textes répétés» (1993-1994), mais chacune des images cible des moments où l’état des personnages se soustrait aux impératifs de la pose: ici la colère, là la tristesse, l’abandon ou l'extase.1 .es mots répétés dans les légendes trahissent le caractère indicible de ces instants, esquissent de modestes approximations pour les dé signer, mais s'affichent pourtant dans un format qui convient à la pu blicité.C’est notamment le «je» incertain d’une vieille femme dans Je, je suis (1994), dont l'appartenance identitaire se brouille.Au cœur de cette valse hésitante s’affirme le problème de la langue, élément décisif dans la définition de soi et l’identification à un groupe.On comprend l’importance de l’enjeu linguistique dans le travail de Lum avec There is no place like home / On est vraiment bien que chez soi (2000), une imposante bannière vue à Montréal en 2(X)1 dans le cadre du Mois de la photo et ac luellemenl affichée sur une façade du MC Pt au dessus du canal Ri deau.Il s’agil d’une mosaïque qui intercale des portraits d'immigrants et des cases de couleurs, supports à des légendes textuelles dont les propos, anglais et français, affir ment les malaises de chacun.Sa vamment orchestrée, cette «poly phonie», comme l’affirme la cousit vatrice Kiltie Scott dans le catalogue qui accompagne l'exposition, an nonce des conciliations laborieuses entre la définition d'un «chez soi» cl l’appartenance à une collectivité.le bilinguisme des textes conju gué à la flexibilité de leur association avec les images fail de la ban nière un lieu d’énonciation équi voque et pluriel; le récepteur lui même finit par douter de la position qu’il (X'CU|X‘, ce qui rend la lec turc de l’œuvre d’autant plus captivante.Dans le contexte de la capitale nationale, la bannière prend des résonances toutes particulières et sans conteste s’affirme comme une des œuvres les plus réussies de l’artiste.Éric Bertrand & Josiane Saucier Fragments d’êtres Du 28 novembre 2002 au 11 janvier 2003 Galerie Yergeau du Quartier Latin 2060 Joly (entre St-Denis et Sanguinet), Montréal Tel.: 514.843.0955 Du mardi au samedi de 1 3li à 17h Ou sur rendez-vous LOIS ANDISON, LUC BERGERON, DOMINIQUE B LAIN, SYLVIE BOUCHARD, SYLVAIN BOUTHILLETTE, MELVIN CHARNEY, JULIE DESMARAIS, DAVID ELLIOT, CLAUDE FERLAND, SYLVIE FRASER, MASSIMO GUERRERA, CHRISTINA HOREAU, GUILLAUME LACHAPELLE, ANDRÉ LAROCHE, LOUIS LUSSIER, MONIQUE MONGEAU, GUY PELLERIN, JOYCE RYCKMAN, ANDRÉA SZILASI, BARBARA TODD, CLAUDE TOUSIGNANT, RICHARD MAX TREMBLAY, CHARLES TYLER, MARK VATNSDAL, IRENE F.WHITTOME, JINNY M.J.YU.salle comble Jusqu'au 19 décembre TABLEAUX RÉCENTS HOMMAGE A Richard Marcelle MORIN FERRON JUSQU'AU 21 DÉCEMBRE GALERIE SIMON BLA1S 5420, boni Saint-Laurent H2Î 151 514 849.1165 Ouvert du mardi au vendredi lOh à I8h, samedi 10b h I7h ART MÛR 5826 St-Hubert Sylviane Poirier ¦ Pourquoi pas un petit format! Jusqu'au 3^2 décembre 2002 Corbeil Lavaillante Merrill art contemporain Tourangeau Trask 372, rue Sainte Gathcrinc f ).local 234 Montréal fQuébec) H3B 1A2 4) 875-9500 poirier.tylvianefO'qç aira o le mercredi de 12 b a 20’ du jeudi au samedi de 12 b a le dimanche de 13b à 16 wmsmwmmm IMWBMWMBWBlilWMlITIHilliniWHiIWil ii II /r>^ u u r -CL Prix du public - 2e Biennale internationale d’estampes miniatures de Montréal, 2002 Le Conseil québécois de l'estampe félicite Usa Driver pour son oeuire sur bois Rite de passage et remercie monsieur Charles S.N.Parent pour son soutien financier.O Conseil québécois de l'estampe * I.K I) K V 111 K .I K S A NI E 1) I F.T 1) 1 M A N (' H E 8 I) É C E M B R E 2 0 0 2 K 8 -* ('allure «- Purée de navet Le film est un navet NAV.E.T.Quoique comestible venant du potager, le navet, lorsque transplanté dans le champ cinématographique, tombe, c’est là son propre, sur le cœur.Lundi soir dernier, le Tuut-Montréal massé au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts l’ingérait en purée.Est-il encore quelqu'un pour ignorer qu’il y eut lancement avec tambours et trompettes, en premiere mondiale s’il vous plait (c’était précisé sur le billet.Mondiale, eh oui!), du film de Ixiuis Saia te Dangereux.Ix* même üiuis Saia avait réalisé précédemment la populaire trilogie des Hoys.C’est dire.l^a salle débordait donc de légumes gros ou petits pour cette première mondiale.Tous curieux de voir les vedettes Stéphane Rousseau et Véronique Cloutier risquer leurs premiers pas au cinéma.Sauf qu’ils tombaient en bas de leurs souliers.Autant préciser que Les Dangereux, comédie d’action truffée de cascades, est un film très mauvais, pire que tous les Hoys réunis pour un chant choral.Et je ne vous cause pas ici des dialogues, du jeu désolant des acteurs.Ma critique s’en chargera ailleurs.Pas drôle, en plus, ce film, et violent, quoique destiné à un public pré-adolescent.Tout pour plaire! Lundi soir, les journalistes se massaient là, au coude a coude avec les amis de la maison, pour avaler le navet au milieu du gratin.Sitôt gavés, sitôt envolés.Ixs critiques, espèce malpolie s’il en est, fuyaient pour la plupart dès le mot fin, et ce, avant même les laïus d’usage.Ils détalaient comme des lapins, déboulant les escaliers du Théâtre Maisonneuve.D’autres demeuraient droits comme des I, Odile Tremblay ?presque catatoniques, en état de choc, gémissant d’une voix blanche à l’heure de commenter la catastrophe.Parfois un simple regard, une mimique, en disait plus long qu’un discours.Un ange passait alors, les ailes lourdes et le caquet bas.Il me semble avoir été trop sévère avec te Boys.depuis que j’ai vu te Dangereux.Ix film, sorti hier sur 85 écrans du Québec, a coûté 7,2 millions de dollars, soit le plus gros budget de l’histoire du cinéma québécois.Il fut de toute évidence écrit à la va-vite, tourné à la fine épouvante pour arriver à Noël en même temps que tout le monde.Ça fait cher, le gros navet.Une partie de ce budget (le dixième environ) provient des commanditaires, qui font allègrement du placement de produits dans te Dangereux.Cette pratique désormais généralisée aux States (mais faut-il vraiment copier les pires travers des Américains?) a quelque chose d’odieux.Bonjour la pub qui n’ose dire son nom! Ici, les sous-marins Subway, la carte Visa, la bière lobait Bleu et leurs amis sont annoncés — comme par hasard — ou mis entre les mains de héros, faisant décor a la fiction.Pernicieux mariage.Au même moment, dans la vraie vie, les employés de la chaîne Subway arborent les t-shirts du film, Véronique Cloutier plogue dans son émission La Fureur l’arrivée en salle des Dangereux.Il n’y a plus ni film, ni émission de télé, ni réclame publicitaire, mais un pot pourri de tout ça.Un pot de plus en plus pourri.Qui s’y retrouve?Bien entendu, des fonds publics entrent dans la cagnotte du financement.Joëlle Levie, qui dirige le secteur cinéma à la SODEC, m’explique avoir appuyé Les Dangereux (750 000 $ ) parce que l’équipe du film était gagnante et le parcours, sans faute.Mais qui s’est préoccupé de la valeur réelle du scénario là-dedans?Va savoir! Téléfilm Canada, ne mesurant pas ses largesses, a octroyé aux Dangereux 2,9 millions à même ses enveloppes à la performance.Celles-ci sont constituées de fonds versés automatiquement aux producteurs ayant récolté dans le passé de grosses recettes au guichet En un mot comme en cent, Richard Goudreau, le producteur des Boys, n'avait pas besoin de proposer un scénario des Dangereux, ou même un simple synopsis.Il recevait ses sous sur sa bonne renommée.Téléfilm lui remettait la forte somme tirée des fonds publics à l'aveugle.En un chèque en blanc.Depuis le premier jour où la politique fédérale du long métrage a été lancée en octobre 2000, les enveloppes à la performance (entrées en vigueur en avril 2001) me font grincer des dents.Que de risques à distribuer de tels montants pour des projets dont un bailleur de fonds ignore tout! Sous le régné de Richard Stursberg comme directeur de Téléfilm Canada, s'accentue la course folle aux recettes au guichet.Il fait prendre un virage commercial à l’institution, courtise la large audience.De plus en plus, la notion de qualité glisse, ni vue ni connue, sous le tapis.Bien sûr, le processus d’aide sélective, encore en vigueur à Téléfilm pour la moitié du portefeuille imparti a la production de longs métrages, possède ses effets pervers.A travers lui, des analystes de scénarios pas toujours allumés prennent des décisions pas toujours lumineuses a partir de scénarios pas toujours innocents.Du moins ce processus comporte-t-il un filet.Les fonctionnaires savent dans quoi ils investissent.Ils ont lu le projet, lui donnent ou non leur aval, en se trompant ou pas.Rien n’est parfait.Sans filet, c’est pire.Farce qu’un scénario inachevé, comme celui des Dangereux.peut alors passer toutes les étapes de la banque à pitons des fonds publics sans qu'aucune voix crie «Hep!» pour exiger une réécriture.Mais oui, l'art commercial a le droit de vivre.Qui a dit que la création devait (ou même pouvait) se résumer chez nous à l’éclat des étoiles pures, comme celle désormais éteinte du défunt chorégraphe Jean-Pierre Perreault, si doué, si révolté, si épris de perfection?Mais pourquoi un art commercial signifierait-il à tout prix un art bâclé?En invitant à sa table le grand public, ne pourrait-on le nourrir avec autre chose que de la purée de navets?otrem blay@ledevoir.ca SUITE UK LA [’AGE E 6 THE VINTAGE YEARS LIVE Fleetwood Mac Eagle (EMI) Signalons cette merveille si banalement emballée qu'il y a de quoi passer outre.Fleetwood Mac, faut-il le rappeler, bien avant que Stevie Nicks et Lindsay Buckingham n'y débarquent avec leur pop californienne, a un jour été le fleuron du British Blues Boom, groupe au cœur duquel un fabuleux guitariste donna le meilleur de lui-même.J’ai nommé Peter Green, celui-là même qui remplaça Eric Clapton au sein des Bluesbreakers de John Mayall avant d'échouer sur le bateau du batteur Mick Fleet-wood et du bassiste John McVie.Moins flamboyante embarcation que le Cream de Clapton, Bruce et Baker, ce Fleetwood Mac n’en fendait pas moins les Ilots avec une incroyable souplesse.Green, plus que quiconque, plus que Clapton, plus que Carlos Santana, maîtrisait l’art de la note soutenue.Ce qu’on appelle en jargon de guitariste du sustain.Sous ses doigts, cela dit sans trop exagérer, l’infini était presque à portée.Cet enregistrement retrouvé d’un spectacle du Mac au Boston Tea Party en 1970 en té-rpoigne plus qu’éloquemment.Ecoutez là-dessus la version de Black Magic Woman, composition de Green rendue célèbre par le bon Carlos: c’était bel et bien un blues, et un blues qui saigne, en plus.Oh Well est encore plus impressionnant: tout Led Zep est dans cette extrapolation inspirée d’un motif blues.Ecoutez aussi la guitare slide de Green dans Got To Move: aucun blanc-bec d’Angleterre ne s’est plus approché du Mississippi.Liquéfiant.S.C.C O M P I L A T I O N DIGITAL DISCO Artistes variés (Force Inc.- Fusion I1U C’est une blague ou non?Quelle idée de la part d'un label aussi exigeant que Force Inc.de sortir une compilation pareille! Comme l’indique son titre.Digital Disco a la ferme intention de remodeler au goût du jour ce fléau de la fin des années 70.Ainsi, le label allemand a décidé de faire appel à des créateurs comme Swayzak, Luomo et Data 80 pour un album de micro-house imbuvable.En fait, certains peuvent croire que l’exercice est purement ironique et commercial.Toutefois, le côté kitsch devient drôlement prétentieux à la longue.On mêle le pire de la pop synthétique avec des voix moches par-dessus tout, sans oublier une légère dose de futurisme électronique.Cela donne des résultats affreux sur l’ensemble des 14 titres, à quelques VITRINE DU DISQUE exceptions près.On salue tout de même le funk minimal de Metro Area ou encore le remix du Deck Die House d’Akufen par Matthew Herbert.Pour en arriver là, il faut par contre être prêt à encaisser une multitude de rythmes insignifiants et racoleurs.Il vaut mieux se fier au prochain Mike Shannon, également sur Force Inc.On espère que la techno du Montréalais ne prendra pas un tel virage.D.C.CLICKS & CUTS 3 Artistes variés (Mille Plateaux-Fusion III) Au fil des ans, le phénomène Clicks & Cuts est devenu une esthétique de travail davantage qu’une école de pensée (parfois trop stricte) dans l’univers de la musique électronique.On parle encore de glitch, de minimalisme, tout comme d’épuration complexe pour ainsi traduire le vocabulaire musical d’une panoplie de créateurs à l’ère du numérique.Beaucoup moins linéaire que la précédente, cette troisième compilation sur Mille Plateaux donne un excellent aperçu des artistes qui ne cessent de repousser les lois du laptop.Encore une fois, c’est au tour des excellents SND d’ouvrir avec un morceau où le r'n’b moderne, le hip-hop instrumental et la techno minimale s’unifient pour le mieux.Ailleurs sur les deux albums, on peut entendre des pièces inédites de Luomo (le surnom house de Vladislav Delay), Rechenzentrum, Tim Hecker ou Andreas TilHander.On ne peut pas parler d’un son uniforme ou complaisant.Il y a sans aucun doute une marge énorme qui sépare les déconstructions kitsch de DAT Politics et les trouvailles microscopiques de alva.novo.De plus, ce choix diversifié permet un survol non exhaustif des pratiques les plus intéressantes dans un domaine où régnent la machine et l'invention créatrice.Une introduction judicieuse ainsi qu’un modèle à suivre.D.C.ARCHIVES GENE CLARK Gene Clark (Universal-Import) Il faut parfois chercher longtemps avant de trouver la perle rare.Sorti en 1971, cet album en solo de Gene Clark est devenu un titre-culte à ranger quelque part entre Ifl Could Only Remember My Name de David Crosby et Grievous Angel de Gram Parsons.Finalement, la maison Universal réédite (en importation seulement, il faut le préciser) cet opus de country-folk qui n’a jamais reçu toute l’attention qu’il méritait.Plusieurs se souviendront qu’entre 1964 et 1966, Clark œuvrait au sein des légendaires Byrds en compagnie de Roger McGuinn.Toutefois, à l’image de Parsons, Clark, qui avait même été recruté quelque temps dans la barque houleuse des Flying Burrito Brothers, s’est surtout épanoui seul derrière sa guitare avec cette voix aussi fragile que louchante.Excessif dans la vie quotidienne, ce précurseur aurait très bien pu se mesurer à un Dylan sur des pièces aussi mémorables que With Tomorrow ou For A Spanish Guitar, de telles chansons demeurent d'une beauté à couper le souffle.Aussi connu sous le nom de White Light, ce disque éponyme donnera le coup d’envoi à une carrière malheureusement trop discrète.Enfin, cinq inédits viennent agrémenter cette réédition essentielle.Un autre fleuron dans la plus pure lignée du Cosmic American Music.Un cadeau idéal pour le sympathique collègue-Sylvain Cormier.D.C.FEMME X Karin Clercq (Pias-Sélect) Jeune comédienne et maintenant chanteuse, on a déjà comparé, dans sa Belgique natale, Karin Clercq à des femmes aussi fortes que Françoise Hardy ou P J Harvey.Est-ce un service à rendre à cette fille qui se lance dans l’aventure périlleuse de la pop-rock en français?Contre toute attente, Femme X dépasse l’image un peu prévisible de la pochette: l’eau et les références symboliques (la position fœtale) annoncent sans contredit les mêmes thèmes que To Bring You My Love (probablement le meilleur album de P J Harvey).Cette féline parle d’anonymat, d'infidélité et des contradictions que suscite la vie amoureuse.Pour les musiques, elle s’adresse à Guillaume Jouan (un fidèle collaborateur de Miossec), qui s’inspire des lignes bruitistes et abstraites de la musique électronique contemporaine afin de mettre au goût du jour ce rock moderne.Même si cette tension devient quelque peu agaçante à la longue, on retrouve pourtant une sensibilité orageuse chez Karin Clercq.Des extraits tels Les Petites Errances, Douce ou Grise annoncent une écriture qui promet.Loin d’être une révélation, mais tout de même.D.C.É 1.E C T R O TATI - LES REMDŒS DE MR IJNTEL Mr Untel G's Films de mon oncle - NaiVe Pas une mauvaise idée.Les bruits singuliers et musiques d’ambiance volontairement anodines des bandes sonores de films de Jacques Tati couchées sur lit d’electronica et de rythmes machiniques par un certain Mr Untel: étrangeté pour étrangeté, le mariage est heureux.Ça colle et on décolle.Et toutes sortes d’images surgissent et on se surprend à voir le monde en cinérama.Qui plus est.le contenant en format digi-pack est bath, et le livret est composé de splendides photos des films.Rien d’autre à dire, sinon que le site auquel l’album renvoie (www.tativille.com) est Quatuor Molinari Vendredi 13 décembre 2002, 20h salle Redpath Billets en vente à la porte $25 ($20 étu.et aînés) Concert Coups de coeur Venez réentendre des oeuvres qui ont galvanisé les musiciens du Quatuor LUTOSLAWSKI : Quatuor (1964), SCHAFER : Quatuor no.6 CHOSTAKOVITCH : Quintette op.57 avec la pianiste Louise Bessette Samedi, 7 décembre 2002,14h Dialogue à la Chapelle.Musique et art visuel.Entrée libre.100 Est, rue Sherbrooke.Info.: 514-527-5515 www.quatuormolinari.qc.ca : ==¦* aussi déconcertant que fascinant.A la tonton Tati.S.C.SLIGHT OF HAND Mike Shannon (Force Inc.-Fusion IIU Alors qu’on pouvait s’attendre au pire après Digital Disco, l’étiquette allemande Force Inc.se reprend, en quelque sorte, avec cette sortie du Montréalais (d’origine ontarienne) Mike Shannon.Slight of Hand reprend là où les pièces de Montreal Smoked Meat et Mu-tek 2 laissaient entrevoir une ma- ¦ nière de remodeler les contours du techno.Sur ce premier album complet, le patron de Cynosure Recordings met à l’épreuve les li- mites contraignantes du genre grâce à un certain besoin de mêler les cartes.Comme l'évoque la pochette, le créateur préfère garder l’anonymat et s’offrir peut-être la main chanceuse.Du son de Detroit à la micro-house la plus pointue, Shannon tire toutes les ficelles pour faire de ce survol un périple qui fait autant réfléchir que danser.Sans vouloir réinventer les règles de la techno, il se permet tout de même des écarts de conduite assez judicieux, tes rythmes sont filtrés, répétitifs, donnant parfois l’impression d’un mix continu.On ne sent pas non plus la formule derrière ce collage fort pertinent.Slight Of Hand démontre tout le potentiel d'un artiste local qui mérite d’ètre entendu.D.C.sous la direction de Raff! Armenian ENTRÉE LIBRE llïïlllllll I Renseignements 514 > 873-4031 L'ORCHESTRE SYMPHONIQUE DU CONSERVATOIRE DE MUSIQUE DE MONTRÉAL présente Soliste : Emmanuelle Beaulieu Bergeron, violoncelle Robert Schumann Ouverture « Manfred » (direction : Chun Fung Lee, classe de Raffi Armenian) Nicolas Gilbert Tchal-Kouyrouk et la septième face du cube (création) Antonin Dvorak Concerto pour violoncelle en si mineur, op.104 Agadio ma non troppo Finale : Allegro moderato Franz Joseph Haydn Symphonie n° 100 en sol majeur « Militaire » Le vendredi 13 décembre 20 h Église Saint-Marc-de-Rosemont 2602, rue Beaubien Est, Montréal Le dimanche 15 décembre Théâtre Maisonneuve Place des Arts, Montréal ' Conservatoire de musique et d'art dramatique 14 h 30 Québec S S ALAIN BASHUNG L’IMPRUDENCE /// ALBUM EN MAGASIN MAINTENANT III « Tris peu d albums atteignent ees hauteurs.Si peu atteignent une telle splendeur.Tellement peu manifestent une telle profondeur.» Alain Brunet
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