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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2007-01-06, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, SAMEDI DIMANCHE 7 JANVIER 2 0 0 7 HISTOIRE Ghandi a été assassiné ce matin Page B 6 m Hà- G i ¦ m M>Tiam Bédard nctime de la guerre des sexes ?Page B 5 Le nouveau Congrès américain Des démocrates aux pouvoirs limités À Washington, le nouveau Congrès issu du scrutin de novembre est entré en fonction jeudi.Le Parti républicain de George Bush est désormais minoritaire, tandis que le Parti démocrate détient le contrôle de la Chambre et du Sénat.Le président et les démocrates promettent de collaborer dans les grands dossiers qui préoccupent les Américains.Mais le pouvoir de décision concernant la guerre en Irak va demeurer entre les mains de George Bush.MARIE-CHRISTINE BONZOM Washington — Les législatives du 7 novembre ont fait du Parti démocrate la formation politique majoritaire aux Etats-Unis, et pour la première fois depuis 1994, ce parti remplace le Parti républicain de George Bush à la direction des deux assemblées du Congrès.Lors de leur entrée officielle en fonction jeudi, Nancy Pelosi, la première femme à présider la Chambre, et Harry Reid, le chef de la majorité démocrate au Sénat, ont appelé George Bush à collaborer avec le Parlement.«Les démocrates s'engagent à travailler avec les républicains pour obtenir des résultats», a déclaré le sénateur Reid.«J’assume la présidence de la Chambre dans un esprit de partenariat, pas dans un esprit partisan», a souligné de son côté Nancy Pelosi, qui a souhaité «rechercher des points communs pour le bien commun».Dès la nuit de jeudi à vendredi, !’««-prit de partenariat» a joué, la Chambre approuvant à la quasi-unanimité le projet de réforme éthique des démocrates, qui interdit aux députés d’accepter les cadeaux en tout genre que leur font les représentants des groupes de pression.La corruption de leurs élus est une préoccupation majeure des Américains, à tel point qu’elle fut citée avant la guerre en Irak comme principale motivation de vote dans les sondages de sortie des urnes en novembre.George Bush a reçu hier à la Maison-Blanche les nouveaux dirigeants du Congrès.Il a, lui aussi, appelé à une collaboration entre le législatif et l’exécutif.«Le Congrès a changé, mais nos obligations envers la nation n ’ont pas changé», a-t-il estimé, avant de se dire confiant de voir les démocrates et les républicains trouver des «terrains d’entente».Des compromis «En ce qui concerne ces terrains d’entente, je crois qu’il y aura des compromis possibles entre démocrates et républicains à propos des dossiers intérieurs tels que la réforme du système national de retraite, celle du système d'assurance maladie pour les plus de 65 ans, la réforme de l’immigration, l'augmentation du salaire minimum et même les impôts», indique au Devoir Herman Cohen, un ancien ministre adjoint des Affairs étrangères du premier président Bush qui enseigne aujourd’hui à l’université Johns Hopkins à Washington.Simon Serfaty, politologue au Centre d’études stratégiques internationales à Washington, ajoute que les «terrains d’entente», et donc les terrains d’action possibles pour les démocrates, pourraient inclure d’autres dossiers.«En plus du combat contre la corruption parlementaire, on pourrait voir des résultats concrets en ce qui concerne le traitement des prisonniers de Guantanamo et la réaffirmation des libertés individuelles dans la lutte contre le terrorisme, par exemple pour limiter les écoutes», déclare Simon Serfaty au Devoir.«Mais tout cela pâlit quand c’est mis en relation avec cet énorme et terrible problème qu’est l’Irak, où il s’agit d’effectuer un retrait qui ne soit pas une retraite», souligne Simon Serfaty.La veille de la passation des pouvoirs au Congrès, George Bush a exhorté les démocrates à «regarder vers l’avenir».Mais ces derniers ont l’intention de regarder également vers le passé, avec des enquêtes parlementaires sur la conduite de la guerre en Irak depuis 2003 qui commenceront la semaine prochaine par un mois d’audiences convoquées par le nouveau président de la Commission sénatoriale des affaires étrangères, Joe Biden.Néanmoins, les pouvoirs des démocrates sur le conflit en Irak seront limités.S’ils comptent exercer leurs pouvoirs de supervision et d’investigation de l’exécutif, il leur sera plus difficile de légiférer.«À propos de l’Irak, il y aura surtout beaucoup d’enquêtes et de rhétorique de la part des démocrates», prédit Herman Cohen.«Les changements en Irak seront initiés par le président Bush lui-même», précise Simon Serfaty, Mince majorité La majorité démocrate n’est en effet que de deux sièges au Sénat, ce qui oblige les démocrates à composer avec les républicains modérés pour espérer infléchir, voire bloquer les initiatives présidentielles.Par ailleurs, les démocrates n’ont pas de position commune à propos de l’Irak.L’aile gauche du parti, représentée notamment par Dennis Kucinich, un député qui fut candidat à la présidentielle de 2004 et qui s’est déclaré candidat à celle de 2008, prône ainsi un retrait immédiat, alors que les centristes évoquent un vague «redéploiement responsable», pour reprendre l’expression utilisée jeudi par Nancy Pelosi.Fondamentalement, la politique étrangère demeure le domaine du président américain, surtout en temps de guerre où le chef de l’exécutif exerce aussi les fonctions de commandant en chef des forces armées.A cet égard, George Bush présentera cette semaine sa nouvelle stratégie en Irak qui, selon les médias américains, comprendrait non pas un retrait de troupes, mais une augmentation du contingent américain.Et d’ici février, il soumettra au Congrès son budget, qui inclura des milliards pour la guerre en Irak.Outre les pouvoirs de supervision, d’investigation et de législation, la domination du Congrès fournit aux démocrates un quatrième pouvoir, celui qu’offre le contrôle des cordons de la bourse.Mais là encore, il est peu probable que George Bush soit véritablement entravé par la Chambre et le Sénat «Les démocrates examineront de très près les demandes de financement et poseront sans doute des conditions, mais au bout du compte, ils dégageront les fonds parce qu’ils ne veulent pas être accusés de ne pas soutenir les troupes américaines en Irak», explique Herman Cohen.«Le Congrès démocrate donnera un “oui, mais’’ au président», ajoute Simon Serfaty.Le rôle du nouveau Congrès dans la conduite de la guerre et un éventuel retrait d’Irak s’annonce donc peu étoffé.Les démocrates, en particulier ceux qui ont des ambitions présidentielles — Simon Serfaty calcule que 10 % des sénateurs sont des candidats déclarés ou potentiels —, sont dans une position extrêmement délicate.Partagés entre les intérêts nationaux et leurs intérêts politiques, ils doivent osciller entre opposition et compromis pour éviter de se voir associés au désastre irakien.Lors de son discours d’intronisation jeudi, Nancy Pelosi a bien exprimé à la fois le dilemme des démocrates et le début de solution qu'ils lui ont trouvé.«Lors du scrutin de novembre, le peuple américain a rejeté une guerre sans fin», a affirmé Nancy Pelosi.Mais la présidente de la Chambre a laissé à George Bush le soin de définir «le changement de direction».«Il est de la responsabilité du président d’élaborer un nouveau plan qui nous permette de redéployer nos troupes d’une façon responsable», a ainsi soc ligné la dirigeante démocrate.Collaboration spéciale La politique étrangère demeure le domaine du président américain, surtout en temps de guerre JIM YOUNG REUTERS Nancy Pelosi jeudi peu après sa nomination à la présidence de la Chambre.LARRY DOWNING REUTERS Les parlementaires ont prêté serment jeudi.¦% J C i • Votre travail exige que vous connaissiez Tindustrie pharmaceutique?Notre séminaire de deux jours intitulé "Introduction to the Pharmaceutical Industry” s'adresse aux personnes dont le travail exige une connaissance des enjeux entourant le développement, la règlementation et la commercialisation des produits ainsi que les défis éthiques et commerciaux de l'industrie pharmaceutique.Dates : 13 et 14 février 2007.www.mcgill.ca/conted-general/professional/pharma | (514) 398-5454 Améliorez vos perspectives de carrière.Réalisez votre potentiel et allez de l'avant grâce aux programmes d'études à temps partiel et cours du soir crédités offerts dans les disciplines suivantes : > Comptabilité * Fiscalité et Trésorerie-finances > Commerce électronique et Systèmes d'information > Gestion de la santé et Services sociaux > Commerce international > Ressources humaines * Gestion de la production > Relations publiques www.mcgill.ca/conted j (514) 398-6200 ?Transport et logistique ?Leadership ?Marketing ?Traduction McGill ( LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 JANVIER 2 0 0 7 B 2 PERSPECTIVES Le nouveau premier ministre albertain doit faire face à une croissance débridée Le dilemme de Steady Eddy DAN RIEDLHUBER REUTERS Ed Stelmach reçoit l’appui de 76 % des Albertains.Il n’y a pas que Stéphane Dion qui a surpris tous les oracles politiques en remportant la direction du Parti libéral du Canada le 2 décembre dernier.Le même jour, Ed Stelmach devenait le chef du Parti progressiste-conservateur albertain et le nouveau premier ministre de la plus riche province du pays.Son premier défi sera de gérer la croissance débridée de l’Alberta et le second, d’assurer la poursuite d’un règne qui dure depuis déjà 35 ans.MANON CORNELLIER Steadie Eddy (solide Eddie), comme les Albertains l’appellent affectueusement, est discret, posé, étranger aux coups d’éclat, l’antithèse en somme de Ralph Klein.De quoi rassurer les Albertains qui s’inquiétaient depuis des mois de la direction nonchalante de la province et de l’absence de plan pour faire face au boom économique.Gérer ce dernier est en effet devenu le défi numéro un de l’Alberta.La province connaît un taux de croissance similaire à celui de la Chine.La richesse qui en découle a son revers.Le coût de la vie monte en flèche.Les logements sont inabordables même pour les travailleurs.Les infrastructures publiques ne suivent pas le rythme.Les employeurs font face à une pénurie de main-d’œuvre.Le développement rapide des sables bitumineux provoque la grogne en plus de mettre l’environnement à mal.Les pétrolières affichent des profits imposants tout en bénéficiant d’un régime avantageux de redevances établi au moment où le prix du brut était beaucoup plus bas.Signe qu’il ne s’attendait pas à l’emporter, Ed Stelmach a mis en avant un programme vague et rassurant mais maigre en engagements précis.L’un d’eux s’est toutefois imposé à tous les candidats durant la carripagne, à savoir la révision du régime de redevances auquel sont soumis les exploitants des sables bitumineux.Il en va en fait de la santé financière de la province à long terme.Le régime actuel est apparu sous Ralph Klein.Son but était de rendre attrayant, malgré le faible prix du pétrole, les coûteux investissements dans les sables bitumineux.Depuis, un exploitant paie seulement 1 % en redevances sur ses revenus bruts, jusqu’à ce que tous ses coûts d’immobilisation aient été épongés.Il verse 25 % par la suite.Le boom voulu a eu lieu, mais la multiplication des projets occasionne maintenant une hausse des coûts d’immobilisation.Quand ces coûts augmentent, le paiement de redevances plus élevées est retardé d’autant Pour la province, qui a collecté plus de 14 milliards auprès du secteur énergétique l’an dernier, c’est problématique, car elle dépend toujours plus de ces revenus pour boucler son budget.Il s’avère cependant que la principale source de redevances, le gaz (8,4 milliards), est en déclin.Les revenus en croissance et sur lesquels on compte pour l’avenir sont ceux des sables bitumineux.Ed Stelmach n’a pas attendu pour lancer l’exa- men de ce système.Dès l’assermentation de son cabinet, il a confié le travail à un groupe d’experts qui devront tenir des audiences publiques et lui faire rapport Entre-temps, personne ne sait vraiment où le nouveau premier ministre espère aboutir.En matière de relations fédérales-provin-ciales, on n’en sait pas beaucoup plus sur ses intentions.Le Québec pourrait toutefois y trouver un allié, car Stelmach a manifesté de l’intérêt durant la campagne pour le Régime des rentes du Québec et l’accord Ottawa-Québec sur l’immigration.Le nouveau premier ministre voit dans le premier un outil économique à imiter et dans le second, un moyen pour s’attaquer à la pénurie de main-d’œuvre.Selon le politologue David Taras, «il pourrait, sans affrontement, faire bouger l’échiquier vers une plus grande décentralisation».Confort et sécurité Ed Stelmach bénéficie toutefois d'une bonne marge de manœuvre.Les analystes ont beau dire que sa lune de miel n’a duré qu’une semaine, les sondages offrent un autre son de cloche.Une enquête réalisée par Ipsos-Reid auprès de 800 personnes entre le 13 et le 19 décembre montre que 76 % des Albertains trouvent que les conservateurs ont fait le bon choix et 78 %, qu’Ed Stelmach a ce qu’il faut pour être un bon premier ministre.Quant à son parti, il aurait obtenu 68 % d’appuis si des élections avaient eu lieu à ce moment, une hausse de 10 % par rapport au mois précédent Le nouveau chef l’a remporté au second tour, devant les favoris Jim Dinning et Ted Morton, deux personnes pourtant plus connues que lui.Le premier a toutefois souffert, entre autres, d’un sentiment anti-Calgary et le second, de son radicalisme social et de son attitude agressive à l’endroit du reste du pays.«Les Albertains ont constaté qu’il y avait un fort potentiel de controverses avec MM.Dinning et Morton.Le choix de Stelmach les satisfait parce qu’il est plus rassurant», note Kyle Braid, dlp-sos-Reid.Stelmach a aussi profité du mode de sélection du chef.Chaque membre avait le droit de vote et ceux du nord de la province et des régions rurales l’ont appuyé sans réserve.La composition de son cabinet s’en est ressentie et lui a valu une pluie de critiques de la part des chroniqueurs et des universitaires.Il a réduit, comme promis, la taille du conseil des ministres, mais en lui donnant aussi un visage blanc, masculin et rural.On n’y trouve plus aucun autochtone ou représentant des minorités visibles alors que l’Alberta compte une des populations autochtones les plus importantes au Canada et que la diversité culturelle de ses grandes villes monte en flèche.Les femmes n’occupent que deux postes comparativement à quatre par le passé.Les deux plus grandes villes n'ont eu droit qu’à quatre ministres: trois de Cal-gary et un d’Edmonton.On a aussitôt reproché à Stelmach de ramener la province à f’ère du gouvernement des United Farmers de 1921.Un commentateur a même suggéré de ressortir les robes de Charleston.«La plupart des Albertains ne sont pas représentés dans ce cabinet.On a l’impression d’assister à une victoire des ruraux sur les urbains, à de l’antipathie contre Calgary et à de l’exclusion de presque tous ceux qui n'ont pas soutenu Stelmach», s’insurge David Taras, de l'Université de Calgary.Selon lui, cela laisse présager des moments difficiles pour le PC, car l’Alberta est maintenant la province la plus urbanisée.Sa population se diversifie et les villes sont soumises à un vent de changement.«Le cabinet de Stelmach est très conservateur et montre qu’il n’a pas réalisé l’élan en faveur du changement, qu’il a perdu contact avec une partie de la population.On peut se demander s’il ne sera pas l’Antonio Burette de l’Alberta, le nouveau chef qui annonce la fin d’un régime», poursuit M.Taras avec sévérité.Selon M.Braid, les critiques à l’endroit de la composition du cabinet pourraient finir par résonner.Ce qui a un peu sauvé la mise de Stelmach jusqu’ici est l’arrivée du temps des Fêtes.Les gens avaient la tête ailleurs.Les chiffres des premiers sondages sont «irréalistes» et évidemment attribuables à la course au leadership.Ils sont si élevés par contre, dit Braid, que le PC n’a pas vraiment à s’inquiéter.À ne pas sous-estimer Ed Stelmach a d’autres atouts dans sa manche: son expérience et une certaine mythologie personnelle.Député du nord de la province depuis 1993, il a occupé plusieurs postes ministériels importants: ministre des Relations internationales et intergouvemementales de 2004 à 2006, ministre des Transports de 2001 à 2004, ministre des Infrastructures de 1999 à 2001, ministre de l’Agriculture et du Développement rural de 1997 à 1999.L’homme a aussi réussi à frapper l’imagination et à susciter la sympathie avec son histoire personnelle, notait récemment Paula Simmons, chroniqueuse au Edmonton Journal.«Ses triomphes personnels trouvent écho auprès des électeurs», dit-elle.Il ne rate d’ailleurs jamais une occasion de rappeler qu’il est le petit-fils d’un défricheur originaire d’Ukraine.Toutes ses notes biographiques, que ce soit sur son site personnel, de campagne ou du premier ministre, insistent sur le fait que sa famille gère la ferme où s’est établi son grand-père en 1898, qu'il souhaitait devenir avocat mais qu’il a abandonné son rêve pour prendre les rênes de la fenne familiale «après un grave drame familial».Le décès subit de son frère, pour être précis.Agé de 55 ans, Ed Stelmach s’est bâti et a entretenu une image de personne dévouée à sa famille, responsable et généreuse, courageuse, intègre, besogneuse et animée par le sens du devoir.Il veut aussi être perçu comme un homme près du peuple.«Ce ne sera pas inhabituel pour Ed Stelmach de s’arrêter dans un café, le Reader’s Digest de toute l’information en Alberta, qu’elle soit vraie ou fausse», a-t-il dit récemment On est loin des colorées sorties de Ralph Klein dans les brasseries.Peut-être que cela aussi rassure les Albertains.Collaboratrice du Devoir «Ses triomphes personnels trouvent écho auprès des électeurs » Le second pouvoir en Russie Les «hommes en uniforme», issus des services secrets, de la police politique ou de l’armée, ont opéré un retour en force sous Vladimir Poutine MARIE J É G O Déconsidérés au moment de l’implosion de l’Union soviétique, il y a 15 ans, les silovikis — les «hommes en uniforme» issus des services secrets, de la police politique ou de l’armée — ont opéré un retour en force dans la Russie de Vladimir Poutine.Partiellement démantelé au moment de la «transition», en 1992, le KGB (comité de sécurité de l’Etat, services spéciaux de l’époque soviétique) est resté, de toutes les institutions de feu l’URSS, la mieux préservée.Aujourd’hui, les collaborateurs du FSB (Services fédéraux de sécurité), marchant dans le sillage du maître du Kremlin, qui l’a dirigé en 1997-98, ont investi, en 15 ans, le monde de la politique, celui de la haute administration et, plus récemment, celui des affaires.Depuis sa création en 1917, cette police politique — baptisée tour à tour Vetcheka, GPOu, NKVD, MGB, KGB — a instruit, condamné, déporté, manipulé et désinformé.Elle a assassiné aussi.Neuf décennies plus tard, son successeur, le FSB, est omniprésent dans la Russie actuelle.Mieux, il est «partie intégrante des organes démocratiques de pouvoir», a expliqué Vladimir Poutine en 2003.Le président russe, fier de son passé de lieutenant-colonel du KGB à l’époque de la guerre froide, s’est attaché, depuis son élection en 2000, à rehausser le prestige des services de sécurité, faisant apposer une plaque à la mémoire de lou-ri Andropov, ex-directeur du KGB devenu, sur le tard, numéro un soviétique, et ravivant la commémoration de la Vetcheka, l’ancêtre historique de la police politique.Désormais, chaque 20 décembre, jour de la création de l’institution, la Russie célèbre le jour du tchékiste.A cette occasion, le président n’a pas manqué de rappeler le rôle important joué par les «travailleurs des organes [de sécurité]» dont la vocation est de «protéger les citoyens, les jeunes surtout, de ceux qui tentent de [.] les infecter avec le virus de la violence, de l'intolérance et de la xénophobie».Sans compter la vigilance qu’ils doivent développer face à tous les espions étrangers occupés à voler les secrets «dans les secteurs où notre pays a des avantages concurrentiels considérables».Des poursuites De fait le FSB veille.En cinq ans, ce service a été l’initiateur des poursuites engagées contre une vingtaine de scientifiques russes condamnés à de lourdes peines (15 ans de prison en 2004 pour le chercheur Igor Soutiaguine, 14 pour son collègue Valentin Danilov) accusés d’avoir transmis des informations décrites comme stratégiques à des puissances étrangères.Quelques semaines avant cette déclaration, au nouveau siège du GRU (renseignement militaire), d’un coût de 350 millions de dollars, à la périphérie de Moscou, Vladimir Poutine était venu galvaniser les esprits, invitant les militaires à entreprendre «des actions décisives» pour «couper les canaux de soutien» étrangers des terroristes et les «liquider».Joignant le geste à la parole, le chef de l’Etat russe, pistolet au poing, s’était ensuite entraîné au tir sur cible avec quelques hommes.En 2006, le FSB a renoué avec une tradition soviétique tombée en désuétude en 1989, qui consiste à attribuer des «oscars» aux artistes auteurs des œuvres «les plus objectives» sur.l’activité des «organes».Parmi les heureux élus figure, entre autres, l’acteur Evgueni Mironov, primé le 20 décembre pour son rôle dans le fümAoût 1944.Il y interprète le rôle d’un officier du Smerch (anagramme de smiert chpio-nam, littéralement «mort aux espions»), l’unité du contre-espionnage militaire créée par Staline entre 1943 et 1946 et responsable, entre autres, de la disparition du diplomate suédois Raoul Wallenberg (qui s’activa au sauvetage des juifs hongrois durant la Seconde Guerre mondiale et disparut après l’entrée des troupes soviétiques à Budapest, en 1945).Présents partout Désormais, à la télévision, dans les romans, le héros populaire a les traits d'un «agent».Loin de se cantonner à la culture, le FSB étend ses tentacules à de multiples domaines de la société, jusqu’aux taxes sur l’alcool, par exemple, dont il s’est directement occupé.Plus largement, ses hommes sont présents à tous les échelons politiques: au sein de l’administration présidentielle, au gouvernement, à la tête des régions.Dans nombre d'entre elles, les gouverneurs ont des épaulettes: le général d’armée Boris Gromov à Moscou, le général de la police Vladimir Koulakov à Voronej, à Smolensk r le général du FSB Viktor Maslov, à Riazan le général d’armée Gueorgui Chpak.La liste n’est pas exhaustive.La plupart du temps, ces officiers-fonction-ijaires demeurent «membres de la réserve active».A ce titre, ils continuent de percevoir leur solde.«La seule différence avec leurs collègues, c’est qu’ils ont une obligation supplémentaire: rédiger chaque mois des rapports pour la maison mère.[.] Rs sont l’œil du maître», explique la sociologue Olga Krychta-novskaïa dans un livre, Anatomie de l’élite russe, publié en 2004.D’après elle, plus des trois quarts des membres de l’élite au pouvoir portent sur leur curriculum vitae les traces d'un passage dans les «organes» (KGB, FSB ou GRU).Fidèle à sa vocation d’«État-garnison», la Russie a pris les traits d’une «militarocra-tie», affirme cette chercheuse.Surtout, ces hommes tracent de plus en plus leur voie dans les affaires: ils sont présents dans les conseils d’administration des grandes entreprises, introduits sur «recommandation du Kremlin», selon la sociologue.A Gazprom, monopole russe du gaz et instrument de la politique internationale du Kremlin, 17 exmembres du FSB-KGB figurent dans les organes de décision.Le 15 novembre, le géant gazier s’est doté d’un nouveau vice-président, Valeri Goloubev, un proche du président et, comme lui, issu des «organes».Son prédécesseur dans la fonction, Alexandre Riazanov, présentait le même «pedigree».«Venir du KGB ou avoir connu le président à l’époque où il travaillait à [la mairie de] Saint-Pétersbourg sont les deux critères qui comptent dans les nominations», confirme Alexeï Moukhine, auteur de plusieurs ouvrages sur l’élite dirigeante russe.Les lois A la Douma (chambre basse du Parlement), le FSB a son mot à dire sur l’élaboration de certaines lois, comme celle en préparation qui vise à empêcher l’accès des firmes étrangères aux «secteurs stratégiques» de l’économie, ou celle restreignant l’activité des ONG.C’est lui qui, de source confidentielle, a mis son veto à l’entrée sur le territoire russe du banquier britannique Bill Browder, à la mi-novembre 2005.Depuis, ce créateur du fonds d’investissement Hermitage (plus de quatre milliards investis en Russie) n’a pas pu remettre les pieds à Moscou.Enfin, le FSB délivre les autorisations de circuler dans les lieux très surveillés: zones frontalières, régions au riche sous-sol ou jugées stratégiques.En 2003, il a récupéré le service des gardes-frontières.Depuis le 10 juillet, il peut agir hors du territoire de la Fédération de Russie sur simple décision du président.La loi ne dit pas dans quelle mesure il devra coopérer avec les renseignements extérieurs (SRV) ou militaires (GRU), seuls autorisés jusqu’ici à intervenir à l’étranger.Dans la foulée, le FSB a été chargé d assurer «la sécurité des systèmes d’information et de télécommunication des secteurs vitaux».Entre autres: la télévision.En revanche — recommandation du Conseil de l’Europe oblige — , il a dû céder ses lieux de détention provisoire au ministère de la Justice.En réalité, jamais le pouvoir des «organes» n’a été aussi grand.A l’ère soviétique, le KGB n’a jamais été représenté aussi directement dans les centres décisionnels.Présents a tous les échelons de la société, les cadres du FSB sont apparus sur la scène publique avec l’avènement de Vladimir Poutine.Mais leur retour en grâce s’est produit avant son accession à la présidence,,en 2000.A partir de 1997, quand les proches du président Boris Eltsine commencent à lui chercher un successeur, c’est vers les «services» qu’ils se tournent, sélectionnant successivement quatre premiers ministres qui en sont issus (Sergueï Kirienko, Evgueni Primakov, Sergueï Stepachi-ne.Vladmur Poutine).L’opinion publique adhère à cette idée.Fatiguée des méfaits du «capitalisme de rapine» mis en place par les démocrates honnis, elle s’en remet aux «hommes en uniforme».1 rois réformes monétaires et une crise bancaire désastreuse, à l’été 1998, achèvent de la convaincre: le salut ne peut venir que des tchékistes, considérés, comme plus honnêtes et voués au service de l’État C’est dans ce contexte que le premier d’entre eux, Vladimir Poutine, s est imposé.Beaucoup le voient comme l’héritier putatif de loun Andropov (1914-1984), ce patron du KGB devenu premier secrétaire du Parti communiste en 1982, mort avant d’avoir pu mener à bien son projet de restauration de l’ordre et de la discipline dans une Union soviétique alors à la dérive.Le Monde \ Les trois quarts des membres de l’élite au pouvoir portent sur leur curriculum vitae les traces d’un passage dans les «organes» f 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 JANVIER 2007 B 3 PERSPECTIVES JACQUES NADEAU LE DEVOIR mÊm ¦ : U*:* ’ fS9M m ¦ ¦ mSmb£.En 2005, le gouvernement Charest a décidé de privatiser les hippodromes.La mise de Loto-Québec Le concept de salon de jeu suscitera de nombreux débats JACQUES NADEAU LE DEVOIR L’arrivée de la carte à puce risque d’augmenter le rythme de jeu Le dossier du jeu, en général, et ceux du déménagement du casino et de la privatisation des hippodromes, en particulier, ont fait couler beaucoup d’encre en 2006.Il y a fort à parier que les débats se poursuivront au cours des prochains mois avec la mise en place d’un nouveau concept de jeu qui combine hippodromes et salons d’appareils de loterie vidéo.KATHLEEN LÉVESQUE Le jeudi 21 décembre, l’épicerie Loblaw à l’angle de l’avenue du Parc et de la rue Jean-Talon est bondée.On se prépare à faire ripaille pour Noël.Dans les allées, entre les boîtes de conserve, les friandises, les comptoirs de viande et les brocolis, des employés sollicitent les clients.On leur propose des billets de loterie à offrir en cadeau.Les deux mains à son panier d’épicerie, Nicolas Thibodeau en reste interdit.Ce client ne cache pas son indignation et l’exprime au responsable du magasin, qui hausse les épaules, n’y voyant rien d’illégal.«Il y a pourtant un problème de moralité», fait valoir par la suite M.Thibodeau.Quelques jours plus tôt.Le Devoir révélait le projet de Loto-Québec d’instaurer une carte à puce pour les utilisateurs d’appareils de loterie vidéo (ALV).L’implantation est prévue dans les salons de jeu, dont les premiers doivent ouvrir leurs portes en août prochain.Présentée copime un outil de prévention par la société d’Etat, la carte à puce risque d’accélérer le rythme de jeu, disent des spécialistes de la santé publique.Quelques mois auparavant, on apprenait que le nouveau propriétaire des hippodromes.Attractions hippiques, a mis en place un programme pour allécher la clientèle afin de développer sa fidélité.Le principe est simple: plus on parie, plus on accumule des points pour jouer encore.«Il est grand temps que l'on s’interroge sur le rôle de l’Etat dans la gestion responsable du jeu», lance la députée de Rimouski, Solange Charest.Inquiète, la critique officielle de l’opposition sur cette question a obtenu qu’une commission parlementaire spéciale soit créée afin de réfléchir collectivement sur le jeu.L’exercice pourrait toutefois ne jamais voir le jour si le premier ministre Jean Charest décide de déclencher des élections au printemps.Quoi qu’il en soit, Mme Charest croit que «l’Etat doit baliser le jeu».«On ne peut pas se laver les mains des conséquences», soutient-elle.La députée fait d’ailleurs remarquer que même le président de Loto-Québec a semblé remettre en question les orientations de la société, qui est coincée entre sa mission de hausser ses revenus et celle de ne pas contribuer à l’augmentation du jeu pathologique.«Est-ce que la gestion responsable du jeu va de pair avec un mandat où il y a toujours davantage de joueurs?», demandait M.Cousineau dans une entrevue à La Presse au début de décembre.D’aucuns y ont vu une stratégie politique afin de forcer une prise de position du gouvernement.Loto-Québec est à préparer son plan de développement 2007-10 et voudrait recevoir un message clair et cohérent D’un sauvetage à l’autre Entre-temps, Loto-Québec fonce.Les travaux pour la mise sur pied des salons de jeu ont débuté.A la fin d’août, ce nouvel antre des ALV ouvrira ses portes à Québec et à Trois-Rivières.Suivront l’année prochaine les salons de jeu de la couronne nord et de Mont-Tremblant.Ce dernier est le seul qui ne sera pas juxtaposé à un hippodrome.Pour les trois autres, il est prévu que 22 % des revenus générés par les ALV seront empochés par Attractions hippiques, le gestionnaire privé des hippodromes.Comme l’a soulevé le vérificateur général du Québec, cette aide gouvernementale représenterait 36 millions par année.S’ajoute à cela le produit de la taxe sur le pari mutuel pour une période de cinq ans.Cette entente permettrait de relancer l’industrie moribonde des courses de chevaux, croit-on à Québec.Il faut toutefois noter que ce n’est pas la première fois que le gouvernement fait une tentative de sauvetage.An début des années 1990, l’hippodrome Blue Bonnets est en déclin.Le gestionnaire André Marier achète le fonds de commerce et la Ville de Montréal (Société d’habitation et de développement de Montréal) est invitée par Québec à devenir propriétaire du terrain et des bâtiments.Mais l’hippodrome demeure un problème financier.En 1994, le gouvernement libéral déloge alors M.Marier et met en place un organisme à but non lucratif, la Société de promotion de l’industrie des courses de chevaux du Québec (SPICCQ), qui prend la relève en se portant acquéreur des actions de Blue Bonnets.L’année suivante, Blue Bonnets devient l’Hippodrome de Montréal.Quant aux ALV, Us font leur entrée en 1996.Sous le gouvernement du Parti québécois, on ressasse le dossier pour donner un éniè-me élan à l’industrie hippique.Le ministre des Finances d’alors, Bernard Landry, force Montréal à vendre l’hippodrome pour 35 millions.Cet épisode a marqué la vie politique montréalaise.Une crise éclate à l’hôtel de ville.Le maire Pierre Bourque voit six de ses conseillers municipaux quitter le parti Vision Montréal, mécontents des conditions de la transaction.Bourque est minoritaire.Parallèlement, le gouvernement transforme la SPICCQ en un organisme gouvernemental, la Société nationale du cheval de course (SO-NACC).La gestion de la SONACC fut truffée d’irrégularités, selon le vérificateur général, qui en a fait rapport en décembre dernier.La privatisation En 2005, le gouvernement de Jean Charest décide de faire un autre grand ménage en privatisant les quatre hippodromes.Cinq entreprises sont sur la ligne de départ.Attractions hippiques remporte la mise.Cette entreprise appartient au sénateur libéral Paul J.Massicotte.Ami de l’ancien premier ministre Jean Chrétien et collecteur de fonds pour le Parti libéral du Canada, M.Massicotte est également une connaissance de Simon Brodeur, premier vice-président de Loto-Québec.A ce titre, il est responsable de la nouvelle filiale de Loto-Québec qui chapeaute les futurs salons de jeu, la Société des salons de jeu du Québec.Le 14 décembre 2005, Québec annonce la cession des hippodromes à l’entreprise du sénateur Massicotte.Un mois plus tard, MM.Brodeur et Massicotte se retrouvent à Paris pour assister à l’importante course hippique annuelle, le Grand Prix d’Amérique.Chez Loto-Québec, on explique que M.Brodeur s’est rendu en France à l’invitation du Cheval français, un organisme qqi régit les courses de chevaux.La société d’Etat assure avoir assumé uniquement les frais de voyage de M.Brodeur.Coût du voyage: 4917,70 $ pour le billet d’avion et 1370,79 $ pour les frais d’hébergement et de repas durant trois jours.Simon Brodeur est allé «constater les meilleures pratiques dans l’industrie» et «évaluer le potentiel» de ce qui pourrait servir d’inspiration pour le futur hippodrome de la couronne nord.Ce projet est sans nul doute le plus important dans le nouveau concept qui sera créé.Le sénateur Massicotte veut en profiter pour rajeunir la clientèle en tentant d’attirer les jeunes familles et les enfants avec de l’animation.Attractions hippiques a obtenu la gestion des quatre hippodromes pour un million de dollars alors que le prix de vente d’origine était plutôt de 6,7 millions.La somme d’un million ije comprend pas les terrains ni les bâtiments.A Québec, Attractions hippiques est locataire de l’hippodrome alors qu’à Trois-Rivières, elle a déboursé 2,6 millions poqr prendre possession de la piste de course.A Montréal, la SONACC n’a pas encore fait connaître les conditions de vente.La Ville de Montréal a un droit de premier refus sur cette immense propriété évaluée à 32 millions.Les prochaines semaines permettront d’apporter un éclairage dans ce dossier.Aussi, cinq directions de la Santé publique devraient diffuser sous peu un avis commun sur les impacts de la combinaison des hippodromes et des salons de jeu.Il faut souligner que les ALV et les paris sur course sont les principaux jeux pouvant représenter pour les utilisateurs un risque de devenir des joueurs compulsifs.Le Devoir Attractions hippiques a obtenu la gestion des quatre hippodromes pour un million de dollars L’Éthiopie fait un cadeau à Washington Le blitz en Somalie a été encouragé par les États-Unis ANDREW C AWTH ORNE Nairobi — La décisive intervention militaire éthiopienne qui a chassé les islamistes du pouvoir la semaine dernière en Somabe est un cadeau d’étrennes bienvenu pour George Bush.La puissante armée d’Addis-Abeba a porté fa fin de semaine dernière jusqu’à Mogadiscio un gouvernement transitoire reconnu par la communauté internationale, mais trop faible pour y asseoir son pouvoir et cantonné depuis plusieurs années à la seule localité de Baïdoa.En provoquant fa fuite des islamistes qui avaient ravi la capitale aux chefi de guerre en juin, le principal allié régional des Etats-Unis dans leur guerre contre le terrorisme a offert à ceux-ci un succès stratégique dans la Corne de l’Afrique sans qu’ils aient à tirer un seul coup de feu.Car ce sont les Etats-Unis qui, enlisés en Afghanistan et en Irak, ont «encouragé à passer à l’action» l’Ethiopie, elle-même inquiète de voir un régime islamiste radical s’installer à sa frontière sud, estime l’analyste Michael Weinstein.«Les Américains ordinaires en ont assez des interventions à l’étranger.Donc, ce qui-s’est passé en Somalie va maintenant devenir leur stratégie favorite: utiliser des alliés régionaux comme catapulte», fait valoir ce professeur de science politique à l’université Purdue de l’Indiana.D,e source militaire occidentale, on confirme que les Etats-Unis ont fourni tous les moyens de renseignement et de surveillance nécessaires pour assurer le succès de la marche des troupes éthiopiennes sur Mogadiscio.Un parallèle troublant Addis-Abeba comme Washington présentent les dirigeants de l’Union des tribunaux islamiques (UTI), qui ont mis fin l’an dernier aux 15 ans de règne sanglant des chefs de guerre en Somalie, comme des marionnettes d’al-Qaida dans la région.A les en croire, les islamistes somahens étaient en passe de devenir les talibans de la Corne de l’Afrique et la Somalie se serait transformée en un nouveau refage pour les terroristes et djihadistes du monde entier.Toutefois, échaudés par leur proclamation de victoire pour le moins prématurée en Irak en 2003, le président George Bush et ses collaborateurs se gardent bien de se réjouir trop tôt de ce succès dans une région chroniquement instable traversée par des clivages complexes.Certains analystes prédisent déjà que les forces islamistes, qui ont préféré se replier devant le «blitzkrieg» (guerre éclair) éthiopien plutôt que de s'exposer à de lourdes pertes, vont se réorganiser et se lancer dans une guérilla à l’afghane ou à l’irakienne.«Le parallèle avec l’Irak est troublant», note Matt Bryden, un spéciahste des affaires somaliennes basé à Nairobi.Rien, selon lui, n’annonce un retour à 1a normale et à la paix dans l’ex-colonie italienne au lendemain de la chute des islamistes.Le retour rapide des chefs de guerre à Mogadiscio montre d’ailleurs que le pays pourrait replonger rapidement dans le chaos et l’anarchie qu’ils y avaient fait régner entre la chute du dictateur Siad Barre, en 1991, et leur fuite de la capitale l’an dernier.La chute des faucons Durant ces années-là, les forces américaines ont connu une aventure désastreuse en Somalie qui leur en a assez appris sur le pays pour ne pas brandir aujourd’hui la bannière «mission accomplie», souligne Bryden.L’intervention militaire américaine pour tenter de pacifier un pays où l’État s’était effondré et les clans s’affrontaient avait commencé en fanfare par un débarquement des marines sur les plages de Mogadiscio filmé par les médias du monde entier.Mais elle s’était achevée par un piteux retrait lorsque les miliciens somahens avaient abattu deux hé licoptères américains Blackhawks (faucons noirs), tué 18 marines et exhibé leurs corps à travers les rues de la capitale, toujours sous les objectifs des caméras._ L’opinion d’outre-Atlantique, qui n’est pas près d’oublier ces scènes, «n’aurait pas toléré une nouvelle intervention directe», juge un diplomate européen qui note que, cette fois, «cela tourne plutôt bien pour les Américains après la pagaille initiale qu’ils avaient commencé à semer».Au début de l’an dernier, en effet, l’administration Bush avait entrepris, contre les conseils de ses alliés européens ou régionaux, de financer secrètement les chefs de guerre encore au pouvoir à Mogadiscio qui lui faisaient miroiter la capture des «terroristes».Cet appui à des chefs de clans qui rivalisaient de rançonnements et d’exactions a alimenté le ressentiment de la population, la poussant dans les bras des islamistes qui ont cueilh Mogadiscio comme un fruit mûr avant d’étendre leur contrôle au sud du pays.Triomphalisme Aussi peut-on considérer qu’un nouveau fiasco vient d’être évité par Washington en Somalie, grâce à son allié éthiopien.«L’offensive éthiopienne a été réussie.Les pertes civiles ont été limitées», remarque Matt Bryden.«Mais le triomphalisme n’est pas de mise», ajoute-t-il.Il reste à asseoir l'autorité au plan national d’un gouvernement officiel à base clanique qui en manque cruellement une fois les troupes éthiopiennes rapatriées — simple question de semaines, selon Addis-Abeba.«Tous les Somaliens ont un rôle à jouer dans l’avenir de la Somalie, sauf ceux qui sont engagés dans le terrorisme et la violence», a affirmé l’ambassadeur des Etats-Unis au Kenya et en Somalie, Michael Ran-neberger, faisant allusion aux djihadistes, mais aussi aux chefs de clans armés.Pour Michael Weinstein, «le gouvernement somalien va avoir besoin de toute l’aide possible».«Donc, bien sûr, il lui sera utile de se présenter comme un partenaire dans la guerre contre le terrorisme» décrétée par Washington après les attentats du 11 septembre 2001.Un façon de le montrer serait de livrer trois islamistes que Washington croit réfugiés en Somalie et qui sont soupçonnés d'avoir pris part aux sanglants attentats à Ja bombe de l’été 1998 contre les ambassades des États-Unis à Nairobi et Dar es-Salaam.L’Union des, tribunaux islamiques avait refùsé de les livrer aux États-Unis, à l’instar en Afghanistan du régime des talibans, qui avait exclu de livrer Oussama ben Laden à Washington après le 11-Septembre.Reuters t * t LE DEVOIR.LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 JANVIER 2007 B 4 EDITORIAL Même combat ?Il fallait s’y attendre: après la victoire arrachée par les médecins spécialistes à la veille du congé des Fêtes, c’est maintenant au tour des grandes centrales syndicales de rappliquer avec la même exigence de retrait de la loi d’exception qui fixe leur rémunération jusqu’en 2010.Le dossier est différent, certes, mais le gouvernement Charest devra vivre avec la pression syndicale d’ici la fin de son mandat.G f % ' '/¦> : r iâ ' J Jean-Robert Sansfaçon râce à l’entente intervenue quelques jours avant Noël, les médecins spécialistes verront leur rémunération brute (avant déduction de leurs dépenses de cabinet) grimper progressivement pour atteindre une moyenne de 345 000 $ en 2014.Il s’agit d’une hausse de 92 000 $ par rapport à la moyenne actuelle.La plus grande partie de cette augmentation entrera en vigueur après 2010, mais dès 2008 et 2009, les spécialistes auront droit à 5 % de rattrapage.De plus, malgré l’importance des sommes en jeu, les hausses consenties par Québec ne constituent qu’un point de départ, un minimum, puisqu’il y aura médiation et arbitrage en vue de rattraper une cible qui ne cessera de s’éloigner entre-temps.Dans le cas des médecins, il est vrai que les associations médicales du Canada anglais jouent à fond la carte de la proximité avec les Etats-Unis pour arracher des augmentations toujours plus importantes à leurs gouvernements respectifs.A cause de la langue de travail, la situation est différente au Québec, mais pas tant que cela puisque chercheurs et spécialistes sont pour la plupart diplômés d’universités hors Québec et qu’ils sont bien plus mobiles que la vaste majorité des employés de l’État.Entre médecins et employés de l’État, la situation est donc fort différente.D’abord, les médecins sont des entrepreneurs indépendants et non des salariés; ensuite, une entente signée en 2003 par le gouvernement du Parti québécois engageait les parties dans un processus de médiation devant conduire à la correction des écarts de rémunération entre le Québec et le reste du pays; en outre, les syndiqués de la fonction publique québécoise oublient toujours d’inclure dans leur discours les coûts importants du règlement de l’équité salariale grâce auquel ils viennent d’obtenir beaucoup plus que les augmentations prévues dans la loi d’exception de décembre 2005.On se rappellera que cette loi 142 adoptée il y a un an par le gouvernement Charest gelait les salaires pendant les deux premières années de la nouvelle convention et accordait des hausses annuelles de 2 % entre 2006 et 2010.À cela, il faut ajouter l’évolution dans les échelles salariales dont le coût est considérable, étant donné le rajeunissement de la fonction publique, et le règlement rétroactif à 2001 du dossier de l’équité salariale.A lui seul, ce dernier entraîne une hausse annueUe récurrente de 825 millions de dollars dont profitera la majorité des employés de l’État, hommes et femmes, dès lors qu’ils appartiennent à une catégorie d’emplois occupée surtout par des femmes.Ainsi, les enseignantes et leurs collègues masculins ont droit dès cette année à une augmentation de 1588 $ ainsi qu’à un versement rétroactif de 2578 $.Quant aux infirmières techniciennes, elles recevront un montant rétroactif de 11 000 $ en avril prochain et profitent dès maintenant d’une augmentation de salaire récurrente de 5185 $ en sus des augmentations accordées par la loi 142.Cela dit, à partir du moment où l’on exige de l’État qu’il respecte un principe d’équité salariale, on peut quand même être tenté de se comparer avec ses homologues des autres provinces.Mais cela pose un nouveau problème.En effet, la Loi sur l’équité salariale est venue changer la donne en matière de comparatifs.Désormais, chaque fois que l'employeur qu’est le gouvernement du Québec accorde des augmentations de salaire à un groupe d’employés particulier dont le rapport de force est supérieur aux autres, il doit refaire l’exercice de comparaison pour s’assurer que tous les employés sont traités également.Voilà qui joue en défaveur des groupes dont la position stratégique aurait pu leur mériter davantage.Après tout, soyons logiques: on ne peut pas défendre à la fois l’exercice d’un rapport de force de type «chacun pour soi» et exiger du même souffle que salaires et conditions de travail soient identiques pour des emplois équivalents.Passons! Alors que le gouvernement Charest se devait de trouver un terrain d’entente avec les médecins spécialistes en vue de corriger, à terme, au moins une partie de l’écart de rémunération qui les sépare de leurs collègues du reste du pays, rien ne peut l’amener aujour-dTiui à retirer la loi 142 qui fixe les salaires des employés de l’État jusqu’en 2010.Mais parce qu’il a choisi d’emprunter ce raccourci facile en décembre 2005 au lieu de poursuivre les négociations, ce gouvernement doit désormais vivre avec la pression que les centrales syndicales ne manqueront pas d’exercer sur lui d’ici la fin de la prochaine campagne électorale.Le temps pourrait être long! j-rsansfacon@ledevoir.com LE DEVOIR FONDE FAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE * nto ¦{jnautre^arid moment vJACautS V/iUtM£u\l£ 'a ?iCI> PAR &MW, 20q6.* Relations entre la Shoah et Israël: quelques aspects méconnus Le Devoir a publié il y a quelques jours un texte de Mme H.Bérubé portant, entre autres, sur les relations entre la Shoah et Israël.Il me semble important d’attirer l’attention des lecteurs sur quelques aspects méconnus mais importants des événements qui ont conduit à la création de l’État hébreu.Tout d’abord, il faut rappeler que l’ONU avait confié à une commission, l’UNSCOP, la mission de proposer une solution à Y«irrésoluble» conflit en Palestine.C’est le rapport de l’UNSCOP qui a été à l’origine de la résolution 181 sur la partition de la Palestine.Pourrait-on concevoir, aujourd’hui, l’ONU demandant à une commission de proposer une recommandation sur le Monténégro (par exemple) et votant ensuite l’ipdépendance (ou non) du Monténégro?Évidemment non.Le monde entier considérerait une telle procédure comme scandaleuse et antidémocratique.Mais il faut dire que la démocratie n’était pas applicable en Palestine, que les référendums étaient inutiles et que la partialité des membres de la commission était tout à fait dans les normes.D’autre part, il faut rappeler un fait que Mme Bérubé préfère passer sous silence: dans le cadre de ses travaux, l’UNSCOP a visité des camps de réfugiés en Europe au cours de l’été 1947 et s’est enquis des désirs des réfugiés juifs européens.Les paragraphes 65 à 68 du rapport de l’UNSCOP (aisément disponible dans Internet) en font foi.Naturellement, les membres de l’UNSCOP avaient été fortement émus par ces visites et avaient tenu compte de ce qu’ils avaient vu et entendu.En prenant en compte les souhaits exprimés par des Européens, l’UNSCOP (et, partant, la communauté internationale) a démontré une partialité flagrante contre les Palestiniens, mais a aussi établi un lien direct entre la réparation des torts causés aux juifs LETTRES ——?- et la création de l’État d’Israël.En contradiction complète avec ce qu’écrit Mme Bérubé, on peut donc affirmer que le lien unissant Shoah et Israël est antérieur à 1948 et que l’Occident s’est, en quelque sorte, «débarrassé» d’un problème encombrant de manière très disgracieuse.Pierre Naccache Québec, le 4 janvier Le début de la fin de l’avenue du Mont-Royal Je viens d’apprendre que mon magasin préféré de disques usagés va fermer et ça me met la mort dans lame.Je fréquentais le Tuyau musical depuis 1980, époque où il s'appelait le Va-et-vient, autour duquel sont venus s’agglutiner les autres friperies de la culture sur ce coin de l’avenue du Mont-Royal.On y trouvait de tout —- même des amis.car depuis le début, tous ceux et celles qui nous ont servis étaient férus de musique et de bon conseil.Parce qu’une nouvelle propriétaire augmente le loyer de 3000 $, nous aurons sans doute droit à un autre American Apparel, un autre Gap ou un troisième «Sèkeunne Kop-pe», tous ces commerces qui ne mettent pas grand-chose dans une tête et qui petit à petit vous rendent le monde frette et blanc comme un grand lavabo vide.Les baux commerciaux ne pourraient-il pas comporter une clause d’exception culturelle?Adieu les Anges vagabonds, bonjour le vent dans nos crânes.Nicole Morisset Montréal, le 3 janvier 2007 Mais où vont ces surplus ?Que feront les conservateurs avec les surplus de l’ordre de 13 milliards enregistrés l’année dernière?Certes, il y a beaucoup de besoins à combler, mais rappelons-nous la promesse de ceux-ci, lors des élections fédérales de 2006, d’augmenter notre contribution à l'aide étrangère.Cette aide aux gens les plus pauvres de la planète, qui subsistent avec moins de 1 $ par jour, qui n’ont pas accès à l’eau potable, aux médicaments et qui meurent de faim à chaque jour.J’espère donc voir au budget de février 2007 cette augmentation tant attendue de tous.Atteignons l’objectif commun de 0,7 % du PNB en aide internationale, nous ne sommes malheureusement qu’à mi-chemin.Jean-François Grandmaitre Gatineau, le 3 janvier 2007 Le français seulement pour les francophones?Étant en congé pendant la période des Fêtes, je profitai de ce moment pour faire un tour à la Régie de l’assurance maladie du Québec.Je constatai pendant mon heure d’attente que les services se donnent bien plus souvent en anglais qu’en français.Je patientai avec une cinquantaine de personnes qui semblaient pour la plupart être originaires d’autres pays.C’est seulement à l’accueil qu’on nous répondait avec un «bonjour», mais une fois passés à la prise de photo, la langue de service était fonction des couleurs des visages.Même pas un «merci» après le «thank you»: le tout était unilingue anglais.Une préposée s’est fait remettre à sa place lorsque, posant sa question en anglais, elle s’est fait répondre dans la langue de Molière par un homme originaire d’Amérique du Sud.Sommes-nous rendus à ce point mous pour que ce soit des gens provenant de l’extérieur qui nous montrent l’importance d'utiliser notre langue commune?Le français semble utilisé uniquement dans les cas où l’on est certain de transiger avec une personne de langue française.Comment alors démontrer aux personnes de langues maternelles diverses l’importance d’utiliser le français dans les services publics?Il s’agit là, il me semble, d’une question de volonté autant individuelle que politique.Sophie Beaupré Montréal, le 2 janvier 2007 Mamma mia! Manon Cornellier La décision d’une cour ontarienne de reconnaître à un enfant le droit d’avoir trois parents légitimes a fait couler beaucoup d’encre cette semaine.Le cas se résume ainsi.Deux mères lesbiennes élèvent un enfant ensemble depuis 2001.Le garçon a été conçu grâce au sperme d’un ami qui a demandé, en échange, de participer à son éducation, ce que les deux femmes ont accepté.Le hic est que la loi ontarienne ne reconnaît que deux parents.La mère non biologique n’a donc aucun droit, à moins d’adopter l’enfant, ce qui priverait alors le père de ces mêmes droits.La femme a donc demandé à la cour d’être reconnue comme un parent légitime, au côté des parents biologiques qui ont donné leur accord.C’est ce que le juge a accepté.Seul le Vancouver Sun a appuyé sans détour les parents.Il ne fait pas de doute lui, que ce jugement répond aux meilleurs inté rêts de l’enfant.Aux conservateurs sociaux qui y voient une attaque contre la famille, le journal répond en rappelant la raison de cette cause, à savoir que tous les parents concernés veulent assumer leur rôle et leurs responsabilités envers cet enfant.Le Sun reconnaît cependant que ce jugement soulève de nombreuses questions, notamment en matière de garde advenant une rupture de la relation entre les deux mères.Mais le quotidien est confiant qu’un juge guidé par les intérêts de l’enfant trouverait encore une solution satisfaisante.selon Naomi Lakritz, du Calgary Herald, est en total désaccord avec le Sun.Selon elle, ce jugement relève de Kafka.«De la pure fiction et tout le monde le sait.[.] On ne peut réécrire la biologie, mais seulement le prétendre.» Un enfant a un père et une mère biologiques, dit-elle, pour aussitôt reconnaître qu’il peut avoir des parents adoptifs ou des beaux-parents.Mais il n’en a toujours qu’un ou deux dotés d’un statut juridique reconnu, insiste-t-elle.Le Calgary Sun ne peut blâmer ces parents qui veulent assumer leur rôle de façon responsable, mais il trouve qu’avec ce genre de décision, le Canada s’engage en terrain inconnu, en particulier en ce qui a trait aux effets sur l’enfant.La multiplication de ce genre de cas inusités touchant la définition de la famille et les droits parentaux l’amène à appuyer la création de la commission royale sur la famille que les conservateurs sociaux veulent voir le gouvernement Harper mettre sur pied, comme nous l’apprenait le Vancouver Sun cette semaine.La presse siiÊ ï du Canada Responsabilité politique La chroniqueuse du Edmonton Sun, Mindelle Jacobs, craint elle aussi l’impact de cette décision.Elle rappelle que le juge de première instance avait refusé la demande de la mère non biologique à cause, entre autres, des implications possibles d’une nouvelle définition du parent.A la vitesse à laquelle évoluent les mœurs et les nouvelles techniques de reproduction, l’esprit d’initiative des cours peut devenir préoccupante, croit Jacobs, mais elle blâme en partie les politiciens, qui refusent de se mouiller alors que les tribunaux sont forcés de trancher les causes devant eux.«C’est peut-être un avantage tactique pour les politiciens, qui peuvent ainsi blâmer la magistrature pour la transformation des normes sociales, mais c'est une bien mauvaise façon d’orienter la politique sociale.» Le Globe and Mail croit que les parlementaires ontariens ne doivent pas entendre une autre cause du genre avant de clarifier la loi et de faire en sorte qu elle serve les intérêts de tous les enfants et pas d’un seul.Voilà ce qui inquiète le Globe: les retombées de cette décision dans des causes nettement différentes.Qu’adviendrait-il si un beau-père ou une belle-mère demandait le statut juridique de parent?Quel impact cela aurait-il sur les droits du parent n’ayant pas la garde?11 cite aussi le jugement du juge de première instance, qui se demandait à combien de parents il faudrait s’arrêter.Comment traiter les demandes qui viendraient des membres d’une commune ou d’une secte?«Le droit familial exige des certitudes.Sinon, les parents divorcés ou séparés se livreront des batailles juridiques et, quand cela se produit, les enfants en sortent généralement meurtris.» Encore la religion Tout au long du temps des Fêtes, plusieurs journaux anglophones se sont penchés sur la question religieuse.Le Edmonton Journal s’est distingué en faisant connaître une discipline qui prend de l’expansion avec la montée des fondamentalismes: l’étude des comportements religieux.Le psychologue Ara Norenzayan, de l’Université de Colombie-Britannique, est un de ces chercheurs qui tentent de comprendre ce qui amène les gens à croire et si cela peut expliquer certains comportements violents ou haineux.Ses premières recherches lui ont permis de constater que la foi ne rend pas nécessairement les gens plus intolérants à l’égard de ceux qui ne partagent pas leur croyance.Une étude effectuée auprès de croyants palestiniens et de colons juifs lui a montré que le fait de croire et de prier n’alimentait pas l’appui à la violence ou aux attentats suicides.Le dogmatisme serait davantage responsable de cette tendance, en particulier chez ceux qui fréquentent assidûment la mosquée et la synagogue, qui estiment que leur dieu est le seul valable et qu’il existe des frontières entre eux et les autres.La sécularisation ne rendrait pas les gens plus tolérants, cependant, surtout chez ceux qui se révèlent tout aussi dogmatiques dans leur athéisme.Norenzayan note en fait que ceux qui ont la foi ont moins tendance à blâmer les autres pour les problèmes du monde.Lors d’expériences sur les comportements altruistes, ajoute-t-il, il suffisait parfois de rappeler l’existence de Dieu pour voir la générosité des gens augmenter.?Soit dit en passant, les drapeaux étaient en berne sur les édifices fédéraux mardi.Pour souligner non pas le sacrifice des soldats en Afghanistan, mais la mort de l'ancien président américain Gerald Ford, indiquait une dépêche reprise par Y Acadie nouvelle.Allez y comprendre quelque chose.mcornellier@ledevoir.com I LE DEVOIR.LES S A M Ë I> 1 (i ET DIMANCHE 7 JANVIER 2 0 0 7 B 5 I MES Bilan Rendre à César.Le Mouvement pour les arts et les lettres reconnaît que la ministre de la Culture, Line Beauchamp, a fait mieux jusqu’ici que ses prédécesseurs, mais il reste encore beaucoup à faire JACQUES GRENIER LE DEVOIR La ministre québécoise de la Culture, Line Beauchamp, a consenti d’importants investissements en immobilisation pour des infrastructures, telles que le Théâtre de Quat’Sous, à Montréal.il ï :0mm iilll
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