Le devoir, 14 décembre 2002, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DI M A \ l II E I D E ( E M B B E 2 O O 2 THÉÂTRE Rapports de force Page E 3 B****' i DANSE Hommage à Jean-Pierre Perreault Page E 10 à E 15 LE DEVOIR i w :*¦ ’ •;* ?ÈÊmmstjM • • • 'JL %»'JL 41 41 à répétition.à répétition.Y" f / * >! A»™ ».The Simpsons (2 saison) 49.95$ rïsns® si m3 pn Sex d the City (i saison) VHS-Vf 39.95 $ DVD 49.95 5 INinHMITtlMUCX Bob Dylan: Don’t Look Back VHS-VOA 16.95$ DVD 19.95$ Y tu mama tambien DVD 29.95 S Atanarjuat: The Fast Runner vd 31.95$ In the Mood for Love WHS-STA-VF 9.95$ vDVD 66.95 $ La Planiste La pianiste.14.95$ I Le roi danse VHS-VOF 9.95$ DVD 14.95$ m * * v* & S^iry Le père Noël est une ordure | ¦¦Mtf ; P?1 .*¦"# | in fi il Bumcjuv.In the Bedroom dvd 31.95 S TOM CRU IS SJ lÊt v \\ MÎNORTIY iTjLixmr Minority Report ¦nsaiteiiiy DVD 32.95$ i - The Fog VHS-VOA 9.95 $ DVD 19.95 5 Memento VHS-VOA-VF 13.95 5 dvd 36.95 $ Sexy Beast VHS-VOA-VF 9.95$ dvd 19.95$ j siacx moiouo»i One Flew Over the Cuckoo's Nest VHS-VOA-VF 11.95$ dvd 26.95 5 Blue Velvet DVD 26.95$ Salut, f opelle ! 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clairement l’héritage complexe et composite de trente années de création chez Jean-Pierre Perrault, on peut cependant affirmer la fidélité du chorégraphe envers «l’humain» — et envers lui-même.Il n'a cessé, cet humain, de le mettre en marche, en corps, en couple, en groupe ou esseulé, l’englobant dans ses scé- nographies aux formes nettes mais aux fonds paradoxalement indéterminés.Humanité simple incarnée par «ses» danseurs de la maturité, capables, avec humilité, de faire oublier leur virtuosité pour que nous nous reconnaissions, à la fois individuellement et socialement Perreault est l’un de ceux qui ont poussé le plus loin, avec le plus d’obstination et de rigueur ce qui se revendiquait depuis la fin des années 70, ici comme ailleurs: sortir la danse de toute joliesse formelle, échapper à l’abstraction postmoderne pour «remettre en action la surcharge expressive enclose dans le corps humain», comme le souhaitait déjà Françoise Sullivan en 1948.Pour Jean-Pierre Perreault, cela fut fait sans imposer de récit mais en permettant à chacun de construire éventuellement le sien ou, simplement de ressentir les forces en jeu dans les œuvres.Faire en sorte que la danse ne se désigne pas elle-même mais qu’elle s’adresse au fond commun de nos JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jean-Pierre Perreault donnant des indications à une danseuse.ïiiiStli» wmmï*.j'ai appris la danse, l'ai appris la lumière, l'ai appris la musique des corps en mouvement, l'ai appris ces grands espaces à traverser, l'ai appris le geste de créer à te regarder peindre tard le soir les décors du lendemain.Tu as été l'initiateur de nombreux rêves, l'en porte indéniablement les traces.Danièle Desnoyers Merci Jean Pierre, mes experiences en design pour tes tableaux de danse sont pour moi parmi les plus mémorables.Luigi ÀMebluzîo ^ Prêt-à-danser ARCHIVES LE DEVOIR — états de corps, d’homme ou de femme.«Mon travail, c’est la vie, avait-ü coutume de dire, mais avec tous les artifices de l'art.C’est un système de tension entre un geste et un autre, entre deux individus, entre des couleurs, entre le son et le silence.» Perreault a constamment cherché à concilier et à préserver, dans une construction rigoureuse, la qualité du vivant D’où son attachement à des formes d’improvisation qu’il réservait aux danseurs à l’intérieur de ses installations pour «casser les habitudes», résister à la répétition au profit du présent en train de se vivre.Pour voir aussi, ou peut-être, comment ses œuvres vivaient sans lui.L’appui d’un milieu Dès ses débuts, Perreault a trouvé l’appui d’un milieu, le Groupe de la Place Royale et ses partenaires, lequel, d’emblée, a reconnu son talent de danseur puis, très vite, de chorégraphe.Il fut le premier de cette génération à s’engager dans une exploration multiforme, changeant la danse de ses lieux habituels, repensant son rapport à la musique et au temps, s’essayant à une multidisciplinarité (films, projections, voix) qu’il intégrera dans sa conception et sa pratique d’un art global, cherchant la totalité plutôt que la fragmentation ou la saturation des propositions scéniques qui constituent, aujourd’hui, l’air du temps.Jean-Pierre Perreault a beaucoup reçu, mais il a également beaucoup donné.D s’est battu pour le statut de l’artiste, usant de sa notoriété pour améliorer les conditions économiques et sociales des interprètes et des chorégraphes.Fondateur, avec Gaétan Patenaude, et président du Regroupement des professionnels de la danse en 1984, il mettait sur pied ce premier organisme de représentation et de pression qui a largement contribué à la reconnaissance et au développement du milieu.De plus, son enseignement a touché plusieurs générations de danseurs: au Groupe de la Place Royale, à 1TJQAM (entre 1984 et 1992), à Londres, à Vancouver, dans les divers studios de Montréal où se précipitait une foule d’interprètes, à son retour, en 1980, puis à la Fondation.Joe (1983), ses différentes reprises et les œuvres qui suivront, par-delà l’événement artistique, ont constitué un foyer extraordinaire de rencontres pour de nombreux jeunes artistes en devenir: Jean-Pierre Perreault en 1989.Louise Bédard, Hélène Blackburn, Danièle Desnoyers, Sylvain Emard, Ginette Laurin, Daniel Soulières, Catherine Tardif étaient de ceux-là — que les autres me pardonnent Certains ont fait longtemps partie de l’ethnie perreaul-tienne, d’autres s’y replongeaient de temps à autre, par désir mutuel souvent L’héritage de ces fréquentations est bien difficile à cerner.Bien difficile, en effet de démêler le tien du mien parfois quand les transmissions se font secrètement de corps à corps.Artiste de l’espace, de la lu- mière, des couleurs, des formes et des corps, autodidacte passionné d’architecture, de peinture, de nature, de jardin (et de cuisine), Perreault a conservé tout au long de sa vie le goût des rencontres créatrices inusitées, provocatrices de changements, d’inattendu, rencontres qui l’ont tant nourri et inspiré dès son entrée dans la danse.Son dernier projet, L’Espace chorégraphique, parfois mal compris d’un milieu habitué à gérer la pénurie et la pauvreté, a été conçu dans cet esprit: se donner et donner aux artistes, jeunes ou de la maturité, un lieu voué aux expériences et aux rencontres de création, comme celle qu’il avait organisée entre chorégraphes et architectes il y a peu de temps.Ces expériences sont à poursuivre.Michèle Febvre est professeur au département de danse de l’Université du Québec à Montréal Elle a dirigé la publication de l’album Jean-Pierre Perrault - Regard pluriel (Les Heures bleues, 2001).Notre Jean-Pierre Perreault un homme complexe, tendre, brillant et visionnaire Un pas, un geste, un espace onirique, une mémoire collective à vivifier pour l avenir de nos moments en mouvance.i ' équipe ^[Tang^ntJl Hommase à un grand disparu «_f\oec quoi laisser le spectateur?C'est la pièce dans son ensemble qui guide la fin.Elle ramène le spectateur au début.C'est un peu comme décider d’un tableau qu 'il est terminé, qu 'on ne peut pas aller plus loin.Avec une oeuvre chorégraphique, c ’est un peu différent parce que c ’est un espace- temps, c est comme unejournée, c 'est une vie et il faut la clore.» Jean-Pierre Perreault Extrait de : Jean-Pierre Perreault.Regard pluriel, ouvrage réalisé sous la direction de Michèle Febvre.avec la collaboration de Laurier Lacroix.Pierre Ouellet.Thérèse Saint-Gelais ; Les heures bleues.2001 C.P.219, Suce.De Lorimier O Montreal H2H 2N6 :: Distribution : Dimediâ ¦ | Les heures bleues L'éternité ne consiste pas dans le «rester tel quel», ou la durée.L'éternité est précisément ce qui garde la disparition.Il n'y afas d'autre moyen de garder ce qui disparait que de le garder éternellement.Ce qui rte disparaît pas, vous pouvez le garder en l'exposant à l'usure de cette garde.Ma is la danse ne peut s'user, précisément parce qu elle n’est rien d'autre que l'éphémère absolu de sa rencontre.ALAIN nAOKHi I ' 0», k.Nos hommages à Jean-Pierre Perreault et sincere^onfloléances è tous ceux qui l'aimaient.éestiaal ¦ AArwHi.- 7$ »?F HNÜÎÜ MKJHAFl.SlOROOlAN darxje Toute l'équipe de Danse-Cité rend hommage à l'être et à l’artiste exceptionnel qu'était Jean-Pierre Perreault.Nous reconnaissons en lui l'un des chorégraphes les plus importants au Canada.Ses œuvres fortes et sensibles, sa vision unique, « globale » de la danse nous auront profondément marqués.De plus, il aura grandement contribué à l'essor de notre discipline par ses nombreuses interventions et son implication indéfectible.Il restera pour nous un phare, un modèle de rigueur et d'intégrité.Merci Jean-Pierre ! i i LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 D E C E M H R E 2 O O 2 -* Hommage à Jean-Pierre Perreaull *- Les dons du chorégraphe et de ses interprètes Perreault voulait ses interprètes personnels, fortement doués de cette étrange qualité que Von appelle «la présence» GUY LAI NE MASSOUTRE Il habitait un monde d'angoisse et de noir.Plus il avançait dans son œuvre, plus il l’ordonnait en surfaces rigides, entrecoupées de pans sombres, délimitant des vides.Hanté d’espaces, il faisait surgir une scénographie plastique, architecturée, nette et close.Et de cet ordre sans faille naissait l’événement intérieur: des personnages vivaient dans sa boîte à surprise, fermée par le quatrième mur du spectateur.Il se réjouissait d'y voir advenir l’humain.Car Jean-Pierre Perreault aimait, plus que tout, la matérialité des choses.Le matériau d’un chorégraphe, ce sont les corps dansants; or, ils bondissaient dans l’impulsion de danser.Ses pensées prennent forme; or, ses interprètes acquiesçaient au don de cohérence indispensable aux personnages.Ses humeurs trouvaient leur quintessence dans la patine des vêtements; dans l’opacité de la peinture; dans l’entité palpable des éclairages, mi-absorbés, mi-repoussés par les gris, les bleus, les verts, la rouille en suspension dans les rayons, en fine fumée.Mais tout ce fond tangible n’était que le rappel de sa texture charnelle de créateur.S'il décollait cette matière de son esprit torturé, s’il l’opposait au regard comme l’infrangible moyen d’accès à l’état brut de sa condition mentale, il répondait à l’appel d’un ordre plus pressant, celui de la présence.Cet être-là, cette fabrique de contraction et de détente qu’il mettait en beauté, c’est un danseur, une danseuse, une silhouette désirée et apparue, qu’il extirpait de la glèbe triste et dense, pour lui faire proclamer son droit lumineux de vivre et d’aller.Le choix des interprètes Il se préoccupait moins, au moment de les choisir, de s’entourer d’interprètes hautement performants que passionnés.Il les voulait personnels, fortement doués de cette étrange qualité que l’on appelle «la présence».Dans ces nombreux artistes qu’il a fait danser, il voyait d'abord l’humain particulier, capable de s’afficher dans — et malgré — son langage dépouillé et formalisé, très dirigé et strict.Leur grâce serait d’y transparaître.Un interprète de Perreault devait posséder une énergie vitale Jean-Pierre Perreault et ses danseurs en répétition pour Joe.AKCHIVI S I I ni VOIR manifeste, vissée au désir de danser.11 lui fallait aussi incarner, entre les coulées noires, l’éclat du volcan, la beauté de la chair et la chaleur du cœur.Passé l’anonymat des silhouettes, Perreault donnait à voir des jambes à la course, des bras virevoltants, des cous fragiles et des visages ouverts, transfigurés.De singulières présences à des formes données.Après le choc de/oc, admise — sous l’évidence — l’habileté du directeur à coordonner une gestuelle et un grand groupe, il devint fascinant d’admirer les mille façons dont il faisait valoir, inlassablement les individualités dansantes.Dans chaque pièce, la construction des séquences couplées, des scènes de groupe ou des solos permettait de voir et revoir, au-delà de la familiarité mentale avec son style — ses figures coupées, ses marionnettes cassées, ses angles fracturés, ses attitudes fragmentées —, la personnalité de l’interprète en état de danse.Il faut évoquer ici la merveilleuse Louise Bédard, dont la disponibilité rêveuse, douée à prêter son énergie à Perreault, a maintes fois inspiré le chorégraphe.Sans ôter son mérite à chaque partenaire, la rencontre artistique entre Perreault et Bédard faisait partie de l’aventure créatrice qui laisse une œuvre magistrale.D’autres, comme Natalie Morin, Sandra Lapierre ou Lucie Boissi-not, ont aussi enté une pure vitalité sur ses chorégraphies.Elles transcendaient la performance d’un surcroît d’universalité.Du côté masculin, Perreault a livré également ses danseurs au génie de la danse.Marc Boivin et Luc Ouellette ont su exceller dans ses dépenses brusques d’énergie.Sylvain Poirier et Ken Roy y ont trouvé un bonheur de danser d’une, rare qualité, tandis que Sylvain Emard, interprète réalisé, y forgeait sa voie propre.Qu’on se souvienne des martèlements obsédants de Daniel Soulières, y plombant de sa présence théâtrale une quasi-narration dansée.Les Années de pèlerinage demeure sa pièce la plus lumineuse.Sandra Lapierre, 1 xicie Boissinot, An- neBruce Falconer y ont incarné des femmes tant aimées que leurs partenaires hommes, rivalisant de vitesse, n’évoquaient que tendresse, fidélité au couple enlacé.Uszt n’était plus que danse, et la musique, fait exceptionnel chez cet esprit solitaire inspiré par lui-même, dépense laissée* libre- à l’interprète d’habiter.Jean-Pierre, Merci pour ces espaces habités d’humanité et de lumière, pour ces gestes inoubliables, pour nos perceptions avivées, pour avoir osé l’impossible, pour l’œuvre de ta vie.Tes pas résonnent en nous.L'équipe et les membres de Circuit-Est centre chorégraphique : Louise Bédard Danse, Sylvain Émard Danse, Fortier Danse-Création, Le Carré des Lombes, Tedi Tafel, Catherine Tardif, Francine Gagné et Luc Ouellette.?CENTRE CHOREGRAPHIQUE Se souvenir de I homme, son sourin Se souvenir de sa danse, son âme .iffÇPP : : u |Hn|pf'' À jamais dans nos mémoires ADIEU (1993) .L’AGORA DE LA DANSE B40, RUE CHERRIER METRO SHERBROOKE SU.525-1500 Reseau Admission 514 790.1245 Merci Jean-Pierre R ftD «mreiu u Photo: oeuvre chorégraphique de Jean-Pierre Perreault, Piazza (1988), coœmandée par le Pirzt New York International Festival of the Art» Danseur : Sylvain Éatard Photographe : Philip Trager LALALA HUMAN STEPS dansera ce soir a lu mémoire de Jean-Pierre Perreault, A M K I) I E M B R E -* Hommage à Jean-Pierre Perreault *- Une urgence brutale Sensations, émotions, intelligence du monde, Perreault a su en témoigner dans une œuvre riche et profonde CHANTAL PONTBRIAND COLLABORATION SPECIALE Jean-Pierre Perreault est contemporain de notre postmodernité québécoise.Il le demeurera à travers une œuvre qui restera marquante par rapport à cette période qu'il a vécue et contribué à transformer.11 a œuvré à travers la danse.Ce n’est pas peu dire: la danse est un thermomètre du vivant, de la vie vécue, au singulier et au pluriel.Quelque chose de fort, d’urgent, de brutal aussi: on n’y échappe pas.La danse nous traverse, et la seule manière de s'en sortir, c’est de la traverser «elle», de se laisser prendre, puis de l’exorciser; de laisser surgir hors de soi ce qu’on y trouve de plus enfoui, de plus secret.La danse fait parler le corps dans ce qu’il a de plus intime, de plus riche et de plus sacré.La danse fait émerger la singularité, ce don intimement enfoui à l’intérieur de nous.Elle porte au grand jour ce que chacun conserve au plus profond de lui-même, là où loge le cœur de l’imaginaire, le cœur de la vie: vie de sensations, vie d’émotions.Sensations, émotions, intelligence du monde, Perreault a su en témoigner dans une œuvre riche et profonde.Chaque œuvre baignait dans le sombre, l’ombre de la nuit Chorégraphe, il créait lui-même ses éclairages.Le sombre traverse cette œuvre qui a surgi des tréfonds d’un individu parmi nous, d’un parmi nous, d’un des Une scène de Stella, créée pour la première édition du FIND en 1985 Les Ombres, une installation chorégraphique créée par Jean-Pierre Perreault en 2001.nôtres.Dans le sombre, il est allé chercher quoi.sinon la vérité de l’un, de celui qu’il était parmi nous, parmi d’autres.L’œuvre de Perreault articule sans fin un rapport à l’autre.Les premières œuvres, que l’on pense au magnifique Joe (1983), créée au départ avec des étudiants, ou à Stella (1985), créée pour le premier Festival international de nouvelle danse, présentent de grands groupes d’hommes ou de femmes sur scène.Il est très rare de voir autant de gens sur une scène.Perreault avait une habilité notoire à manier la masse.11 faisait se déplacer ces grands groupes de manière sculpturale, déployant la mouvance humaine, faisant surgir des ténèbres la force collective, son impressionnante force.Mais au milieu de ce déploiement, majestueux par moments, terrible par d’autres, il laissait l’individu se manifester: une pointe d’humour par-ci, un geste singulier par-là, hors des mouvements réglés de la masse.Dans les œuvres plus récentes, cette tension entre l’individu et le collectif a évolué.Alors qu’au début, il se laissait mobiliser par la masse, le propos, avec la trilogie amorcée avec Adieux (1993), se déplace.I.a scénographie qu’il aimait également concevoir se complexifie.Il triture la scène, l’avance vers les spectateurs, la subdivise en compartiments.Il en fait de même avec la chorégraphie.La masse se fragmente; les nouvelles pièces existent pour de plus petits groupes de danseurs; les duos se multiplient.Chaque œuvre est un chapitre de plus dans une longue investigation du rapport à l’autre.Comme dans la vie, ce rapport n’est jamais résolu, et, avec chaque nouvelle œuvre, il repose la problématique et explore les moindres recoins des relations humaines.Le jeu ne se passe pas que sur la scène: il envahit la salle et engage le spectateur.Mais l’investigation de Perreault n’en demeure pas moins formelle.Nul n’est tenu de «participer», de plonger lui-même dans l’arène ou de se lancer sur la piste de danse.Devient «danseur» ici celui qui pense.Le spectateur est actif, grâce au dispositif mis en place pour lui.Perreault crée des installations de danse (L'Instinct, 1994), au Musée d’art contemporain, puis, l’an dernier, Les Ombre", dans son propre espace, rue Sherbrooke.Il imagine des dispositifs où le spectateur est inclus dans l’espace scénique.Sa scénographie incorpore le spectateur.Il lui assigne une place spéciale, un espace conçu pour lui, lequel diffère de l’espace conventionnel de la salle de spectacle.L’installation inclut les spectateurs dans le spectacle.L’installation travaille la question du point de vue du spectateur, c’est-à-dire de son regard sur la danse, de sa manière de côtoyer la danse; elle explore des questions de proximité avec les danseurs.Elle interroge aussi par ce biais le rapport à l’autre.Cette fois, cela ne se passe pas seulement sur scène, comme dans les pièces des années 80 et avant Tout le dispositif scène-salle est pris à partie.La communauté n’est plus virtuelle, figurée sur scène seulement; elle se rapproche de la communauté réelle mais aussi d’une interrogation sur ce qu’est la danse et du regard qu’on porte sur elle.ARCHIVES LE DEVOIR La danse de Perreault fait figure de témoignage et de pensée sur ce qu’est une collectivité dans le temps.Elle en pointe la complexité, et assurément la violence faite à l’individu par le collectif, par la nécessaire et incontournable vie en commun.Perreault fait courageusement face à cette violence dans son œuvre.Il a ainsi travaillé la brutalité de la vie quotidienne à travers la brutalité de la danse.L’urgence incontournable de l’une à travers celle de l’autre.Perreault, d’œuvre en œuvre, a réintroduit de la vie dans la vie, du mouvement dans la mouvance sourde et informe qui nous habite.Il a inlassablement montré, de pas en pas, comment l’individuel surgissait de l'anonymat collectif.Comment l’urgence de la singularité de chacun surgit dans le geste et révèle, à la lumière sourde du jour, le potentiel du monde.Chantal Pontbriand est directrice du Festival international de nouvelle danse et de la revue d’art contemporain Parachute.Les milliers de pas qu'il aura guidés marqueront à jamais la culture québécoise.Merci Jean-Pierre Perreault Culture et télé pour ne rien manquer V: ;*IISfcaÉill Photo : Ddahaye Culture et Communications LAGENDA chaque samedi LE DEVOIR.LES SAMEDI II ET DIMANCHE 15 DECEMBRE 2 O O 2 E i;* - Hommage à Jean ARCHIVES LE DEVOIR Nuit, une chorégraphie de Jean-Pierre Perreault.Un artiste phare Jean-Pierre Perreault a exercé une influence déterminante auprès de la génération de chorégraphes venant après lui.Le danseur Sylvain Émard, qui est du nombre, lui adresse ce salut d’artiste à artiste.SYLVAIN ÉMARD COLLAPORATION SPECIALE Comme pour plusieurs personnes, mon premier contact avec l’œuvre de Jean-Pierre Perreault a eu lieu lors d’une représentation de Joe à sa création par les étudiants du département de danse de J’UQAM.Comme des milliers de spectateurs par la suite, j’ai été complètement séduit.C’était comme une révélation.La confirmation que l’art — dans ce cas-ci la danse — pouvait atteindre un pouvoir d’évocation immense.Plus que l'impact suscité par une distribution de vingt-quatre danseurs, c’était le tout magnifique que formaient la danse, la scénographie, la musique et la lumière qui emportait mon adhésion.Quelques années plus tard, je me joignais à la compagnie pour remplacer un danseur dans la tournée européenne de Nuits.J’y suis resté douze ans.La Fondation Jean-Pierre Perreault n’était pas une compagnie au sens traditionnel du terme.Jean-Pierre ne voulait pas de danseurs permanents.D’une création à l’autre, il voulait se sentir libre de travailler avec différents interprètes.Il voulait aussi que les danseurs le choisissent.Chaque création était pour lui une occasion de rencontre entre artistes.Nous étions conviés à donner forme à son univers en nous imprégnant de ses gestes et de sa vision.Le plus souvent il créait les mouvements sur-le-champ et retravaillait les séquences jusqu’à ce que la danse apparaisse.Pour les danseurs et les jeunes chorégraphes que nous étions, cela représentait des défis extrêmement stimulants.Refus du compromis La plupart du temps, l’environnement scénographique était déjà en partie présent lors des premières répétitions.Il avait au préalable conçu les maquettes des décors.Cela nous permettait d’investir la danse d’une manière beaucoup plus approfondie et lui permettait, par conséquent, d’aller plus directement à l’essentiel de son propos.Ces grands espaces scéniques dans lesquels, le plus souvent, sa danse évoluait, faisaient ressortir encore plus l’irrémédiable solitude des êtres.A cet égard, il refusait le compromis et préférait décliner une invitation si l’espace scénique était inadéquat.D’ailleurs, les contraintes du marché de l’art lui répugnaient.Pour Jean-Pierre, il était essentiel que le public ait accès aux œuvres originales.À ses yeux, la danse était victime de son propre succès.On la malmenait.La pression exercée sur les artistes était injustifiable.11 y avait de moins en moins de place pour la recherche et la notion de «produit artistique» s'imposait de manière endémique.Cela le désolait énormément mais le sentiment de découragement faisait vite place à la volonté de préserver cet espace de liberté que seule la création permet.Jean-Pierre répliquait avec de fabuleuses installations où étaient admis à peine une trentaine de spectateurs, isolés de- vant un immense espace qui se transformait au gré des mouvements d'une douzaine de danseurs.C’était magique mais, on l’aura compris, très peu rentable.Qu’à cela ne tienne.Il en était là.Sinon, aussi bien tout arrêter.Même au moment où la maladie s’était installée de façon irréversible, sa détermination était impressionnante.Son approche créatrice unique a influencé bon nombre d’artistes d’ici et d’ailleurs.Indéniablement, il a contribué à établir au pays des normes artistiques élevées.I^e vide qu'il laisse derrière lui est à l’image de son amour pour la danse.Son apport est incalculable et les traces de son héritage vivront longtemps à travers les œuvres à venir.Danseur, chorégraphe, Sylvain Émard est directeur artistique de Sylvain Émard Danse.Jean-Pierre Perreault 1947-2002 Par son talent et son travail acharné, Jean-Pierre Perreault a contribué à définir la danse contemporaine québécoise.En plus de l’impressionnant legs créatif d'un répertoire chargé d’œuvres fortes, sensibles et singulières, empreintes d’une profonde humanité, Jean-Pierre Perreault laisse à la postérité un espace chorégraphique conçu pour la création, la recherche et la formation, résolument ouvert à la relève, qui est devenu une véritable référence dans le monde de la danse.La vision de ce maître a contribué à l'enrichissement de notre vie culturelle et nous formons le vœu que ses efforts continuent à porter fruit.Conseil des arts et des lettres _ Québecoa -Pierre Perreault *- Souvenirs d’étudiant FRANÇOIS TOUSIGNANT La mort de Jean-Iherre Perreault ne met pas que le monde de la danse dans le deuil.Hors de l’univers des danseurs, des chorégraphes et de tout le bataclan qui entoure la danse moderne — ou nouvelle, ou contemporaine —, il y a.surtout, celui des arts au sens large, là où travaillait vraiment Jean-Pierre Perreault.Je vivais à Hull et étudiais au Conservatoire de cette ville puis au departement de musique de l’Université d’Ottawa.Je ne me souviens plus trop des dates precises.Ce n’est pas grave: je me souviens des événements.Nous sommes au tournant des années 70.Comme le disaient mes amis anglophones, Here comes the seventies.Le Groupe de la Place-Royale et Jean-Pierre Perreault sont venus trouver refuge à Ottawa.Adolescent, on ne sait pas trop ce qui se passe.On va à un spectacle.L’image reste ancree dans sa vie.C’est une chorégraphie toute simple.Côté cour et côte jardin, deux écrans à l’avant du proscenium.Sur le fond, un autre écran.le film commence.Des images du désert américain, qui fascinait tant Perreault.Puis on le voit, nu, dans le film, qui çntre par le côté jardin sur une musique minimale.A la manière de ce que Laterna Magika nous a fait découvrir lors de l’Expo 67, le personnage filmé sort de l’écran.Jean-Pierre Perreault est là.Sur l’écran principal, la virtualité avant l’heure de l’image devient la réalité quand son ombre s’imprime sur le désert capté sur la pellicule avant de rentrer dans l’écran côté cour.Le personnage Perreault, retourné dans le film, achève discrètement sa traversée du désert de la scène comme une traversée de la vie.Quelque chose a changé.Tout cela se travaillait depuis le modeste studio de la rue Sparks, cette rue piétonne que les gens d’Ottawa et les touristes appellent le Mail.Mine de rien, pour nous qui étions curieux, ce fut l’ouverture sur une drôle de vie.Ce créateur hors du commun était un stimula- teur incroyable et indescriptible, la notion même de genie ne se prêtant pas à la definition tant elle est galvaudée.Je ne suis pas danseur, ni n’aime trop la danse.Pourtant, si j’avais à faire ici une chronologie, je dirais Lifar, Balanchine.Bejart.Caroline Carlson et Perreault.C’est qu’en haut du Canadas Four Corners.en plus de la danse, il a ouvert les oreilles de mes collègues et les miennes à bien de nouvelles situations musicales.Sur la scène de son studio ou sur celle du Théâtre du CNA tou du Studio de cette même institution), il nous a ouvert les yeux sur une réalité insoupçonnée qu’il dévoilait sans orgueil, uniquement avec un désarmant naturel.Donc il dérangeait les conventions.Adolescents que nous étions, non seulement cela nous poussait plus loin, nous étions entraînés dans le sillon de l’Inconnu.Grâce à lui, Ottawa est vite devenu une capitale de la danse tout court, la vraie, celle qui ne joue pas des modes m;iis qui savait montrer, grâce à l’élan discret de Perreault, ce qu’il y avait de solide et de vrai, le danseur vivant toujours dans la légère grâce du moment, ce qu’un Rilke trouvait de plus profondément vivant.11 est des créateurs qu’on croit connaître intimement sans les avoir profondément côtoyés dans le privé.Jean-Pierre Perreault était de ceux-là.Non seulement trouvait-il de nouvelles solutions aux questions qu’il se posait sur la communication artistique, mais il suscitait aussi que ceux qui allaient voir ses spectacles, qui assistaient aux ateliers et aux répétitions, se questionnent sur leur devenir propre.Cette manière de faire l’art nous a tous marqués.11 était danseur, oui, chorégraphe, certes, mais d’abord et av;uit tout artiste généreux que toute une génération adore toujours.De son havre outaouais, il a tant donné qu’il serait dommage qu’on omette cette portion de vie si riche.Si les danseurs doivent, tôt ou tard, abandonner leur corps, leur esprit, lui, souffle toujours sur nous.Ce créateur hors du commun était un stimulateur incroyable et indescriptible Nous rendons hommage à l'artiste incomparable, l'homme exceptionnel que fut Jean-Pierre Perrault.Son oeuvre marquante nous inspire et nous invite au dépassement.Jacques M.Saint-Denis Président et chef de la direction O CELMED www.celmedbio.com « Montréal perd un de ses l’écho de ses pas retent plus ra to gra ujo Jean-Pierre Perreault, nds créateurs.visionnaire, précurseur, rassembleur.un monument urs à Montréal » de la culture montréalaise Helen Fotopulos, membre du comité exécutif, responsable de la Culture et du Patrimoine Ville de Montréal t K I 1 LE U K V 0 I K .LES SAMEDI 14 ET DI M A X C H E 15 DÉCEMBRE 2 0 0 2 * Hommage à Jean-Pierre Perreault ?Un homme d’action En 1984, Jean-Pierre Perreault fut l’un des cofondateurs du Regroupement québécois de la danse.Née de la nécessité, une telle action politique a toujours accompagné sa pratique de créateur, comme le rappelle ici l’actuelle directrice de l’organisme, soulignant par là un autre aspect de l’héritage laissé par le chorégraphe.CHANTALE CARON CO ELABORATION SPECIALE Un géant vient de disparaître, mais son âme reste présente dans le cœur des professionnels de la danse.C’est ce que je constate en observant ces gens de la danse qui m’ont accueillie récemment pour diriger le Regroupement québécois de ta danse.Sans avoir eu la chance de connaître personnellement Jean-Pierre Perreault, je découvre que ce génie créateur, issu d’une famille modeste que rien ne prédisposait à une carrière artistique, fut le précurseur d’un modèle de réussite dans le milieu embryonnaire de la danse du Québec tel qu’il apparaissait dans les années 80.Artiste phare dans la grisaille d’une discipline désarticulée et sans voix, Jean-Pierre Perreault avait la générosité de porter, en plus du poids de la réalisation de ses œuvres, la mission d’un développement vigoureux de la danse professionnelle québécoise.«Il était extrêmement soucieux du statut des danseurs et c’est par profonde conviction qu’il s’est totalement investi, pour faire en sorte que la danse contemporaine soit enfin reconnue comme discipline à part entière», répète à l’envi Vincent Warren, cqnservaleur à la bibliothèque de l’Ecole nationale de ballet contemporain, à ses élèves.Il faut se rappeler que, durant les années 80, il y avait très peu de compagnies de danse au Québec.Il • Hommage de VAssemblée nationale Je ne m'intéressepas à l’art, a dit Jean-Pierre Perreault en entrevue en mars 2000, mais à la vie! On se souviendra de sa simplicité, lui qui était pourtant un grand parmi ses pairs, de son amour des gens délaissés, mal aimés.Son œuvre était empreinte d'humanité.Son départ nous peine.Merci à Jean-Pierre Perreault.Ionise Harel Présidente de l’Assemblée nationale MICHAEL SLOBODIAN Une scène d’instinct, de Jean-Pierre Perreault, chorégraphe des grands espaces devenait donc impératif pour cette discipline de se faire entendre au niveau politique afin de pouvoir se doter d’une structure permanente permettant d’améliorer les conditions d’exercice de la profession et mettant en valeur les ressources existantes, tant humaines que matérielles.En octobre 1984, le Regroupement québécois de la danse fut créé dans ce but Toute une génération de professionnels de la danse, dont Gaétan Patenaude, premier directeur général du Regroupement québécois de la danse, ainsi que Daniel Soulière, de Danse Cité, se souviennent de sa fougue lorsqu’ils ont collaboré avec Jean-Pierre Perreault à la fondation de l’organisme.Rassembleur et visionnaire, le premier président livrait alors un message percutant qui fut l’un des éléments déclencheurs du développement de la profession: «Im création du Regroupement est une étape cruciale pour la mise en commun de nos énergies qui nous permettra de nous assumer en tant que milieu et de contrôler de façon éclairée notre destinée plutôt que de la subir.» C’est avec émotion aussi que Sylviane Martineau, qui a dansé 15 ans pour le chorégraphe, se souvient de lui: «Il était un homme rigoureux et exigeant, qui avait la volonté et l’engagement d’ouvrir cet art sur une nouvelle réalité dépassant largement les pas dans l’espace, favorisant aussi la beauté des corps de toutes les formes et de tous les âges.» Avant-gardiste, Jean-Pierre Perreault laisse un répertoire qui a inspiré et continuera d’inspirer d’autres créateurs pour les généra- tions à venir.«Si le chorégraphe des grands espaces a parfois manqué de moyens financiers pour créer, il n’a certes pas manqué de courage», affirme Paul-André Portier, également membre fondateur du Regroupement québécois de la danse.L’héritage de Jean-Pierre Perreault est composé d’œuvres magistrales, à l’image du personnage.En plus de la Fondation Jean-Pierre Perreault, ce magnifique temple dédié aux professionnels de la danse, situé dans l’ancienne église anglicane au coin des rues Sherbrooke et de Lorimier, l’action de l’artiste donne à penser que la prise de parole publique de la danse saura trouver écho auprès des élus politiques.Tout récemment, et ce malgré la fragilité de son état de santé, Jean-Pierre Perreault s’est rendu à Ottawa pour recevoir une ultime récompense lors de la remise des prestigieux prix des arts de la scène du Gouverneur général du Canada.Ce geste est un honneur qui rejaillit sur l’ensemble du milieu de la danse, mais pour que la récompense ne soit pas purement symbolique, encore faut-il que la danse soit! Elle est, incontestablement, mais si elle est appelée à se développer, c’est bien parce que des artistes comme Jean-Pierre Perreault ont compris l’importance d’une action politique dans le milieu et n’ont pas ménagé leur peine à cet égard.Chantale Caron est directrice générale du Regroupement québécois de la danse.Jean-Pierre, Nous conservons vive la mémoire des projets partagés.pierre thibault architecte www.pthibault.com qc 418-694-1377 - mtl 514-849-4455 uqam.ca In memoriam L7U(2AH rend hommage à Jean-Pierre Perreault JEAN-PIERRE PERREAULT •JP’, .f| / « « !< %* Les professeurs et le personnel du Département de danse, de la Faculté des arts et de l'UQAM qui ont connu et apprécié Jean-Pierre Perreault, désirent lui rendre un dernier hommage.Ce grand créateur, à la fois chorégraphe, scénographe et professeur, continuera d'inspirer longtemps les artistes d'ici et d'ailleurs.Jeudi dernier, une foule a fleuri la scène de l’espace chorégraphique Jean-Pierre Perreault : autant de Joe et de Stella ont répété le même geste pour marteler la tristesse collective de milliers de personnes, pour adresser un dernier hommage à cet artisan et grand poète de la danse contemporaine.Au til des décennies, la voix puissante de Jean-Pierre Perreault a construit un espace où se répercuteront à jamais, et pour des générations et des générations de créateurs, lumière, sons et gestes.Porté par une vision unique, Perreault, chorégraphe d’exception, a insufflé à une forme d’art un mouvement original et originel.11 a transmis au public, à ses étudiants et à la communauté artistique, un vocabulaire riche et imagé, plus encore, des œuvres porteuses des mots d’humanité.Son passage, tout comme sa mort, seront perçus sous le mode du bouleversement.Il y a plus d’une trentaine d’années, Jean-Pierre Perreault, jeune danseur, témoignait d’un goût passionné et communicatif du risque de créer.Et, pour nous, la danse fur.Merci Jean-Pierre Perreault, Le président, La directrice, c-l Tean-Louis Roux, C.C.a *À a OU dans le Illomli’ mmm Caisse d'economie Desjardins de la Culture () Desjardins Caisse d'économie Desjardins des Travailleuses et Travailleurs (Québec) L ÆÊl r \ r ¦r Le Musée dTart contemporain de Montréal rend hommage à Jean-Pierre Perreault.Toutes ses créations seront désormais pour nous des «années de pèlerinage».MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Québec :::: ¦ 1947 - 2002 CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL Le Conseil des arts de Montréal rend hommage à ce créateur exceptionnel et à l’héritage chorégraphique qu’il nous laisse.T I \ \ E Hi LE DEVOIR.L E S A M EDI II ET D I M A X ( Il E 15 DÉCEMBRE 2 0 0 2 -?LE DEVOIR ?- e\isu I * mm Disponible tout de suite! de Nadine Norman.HARRY ZERN1KE / © NADINE NORMAN Miroir aux alouettes Nadine Norman s’amuse à brouiller les stéréotypes JE SUIS DISPONIBLE.ET VOUS?Nadine Norman Musée d’art contemporain de Montréal 185, rue Sainte-Catherine Ouest Jusqu’au 26 janvier BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Ce n’était qu’une question de temps, semble-t-il, pour que Nadine Nonnan se retrouve au Musée d'art contemporain de Montréal (MACM) dans une exposition solo.Déjà de la programmation de l’événement Artcité du MACM en 2001, avec un énoncé des plus ambigus, Pierre, lèche nia vitre!, Nonnan est celle qui avait fait craquer le Tout-Paris en présentant, en 1999, l’aguichant Call Girl, au Centre' culturel canadien.Au MACM, dans une salle maquillée pour l’occasion, Norman a recours au genre de la conversation piece pour revenir une fois de plus sur les stratégies bon marché de mise en marché des modèles féminins.Salon d’une luxure à peine suggérée, les murs de la salle du musée sont placardés d’affiches colorées où l’artiste se met en scène, vêtue (Ju «baby shirt» de circonstance.A l’entrée de la salle, petit truc efficace: Norman, en photographie, porte un t-shirt sur lequel sont clairement exposées ses intentions: «Je suis disponible».Au dos du court gaminet, une question: «Et vous?» L’exposition, comme pour Call Girl, table sur l’accroche.Prenant les devants.Norman lance une invite dont l’issue dépend de la réceptivité de celui ou celle à qui elle s'adresse.Sur les images disséminées dans la salle, où l'artiste joue ouvertement la carte de la séduction, une campagne publicitaire en entier se déploie, sans que son objet soit jamais nettement défini.Sur une affiche dont le texte annonce «Je peux le faire».Norman souffle des bulles de savon.Ailleurs, l'artiste se dit «disponible tout de suite» ou affirme que «la tienne est la mienne».Encore, elle promet un «capital gain, no pain!» et annonce que tout cela sera «prochainement chez vous».Ailleurs, au gré d’une formule proche de celle utilisée pour l’exposition Call Girl, une affiche énumère les rôles traditionnellement associés à la femme, en cercle telle une r»se des vents, comme s’il ne restait qu’à choisir: nana, lolita, poulette, muse, tigresse, salope, grue, dominatrice, allumeuse, chienne, garce, etc.Plus loin, le visiteur est invité à entrer dans une petite salle de cj-néma aménagée sur les lieux.A l’intérieur, il peut assister à une cascade de bandes-annonces qui poursuivent le travail amorcé par les images fixes précédemment croisées.Les slogans aguicheurs des affiches sont repris, accompagnant des images où Norman se livre à des jeux de rôles qui dépeignent différentes personnalités et attitudes féminines.A ce petit jeu, Norman ne rate pas sa cible en ceci quelle brouille les stéréotypes rattachés aux images des femmes, en leur assignant des traits en règle générale plus où moins compatibles.Par exemple, la ligne «Je peux le faire» accompagne une scène de jardinage.Vider l’objet L'efficacité de la proposition de Norman ne tient qu’à quelques détails.L’ensemble tient à une promesse.De toute évidence, l’artiste parasite les formulations du marketing, simule une offre à laquelle le «consommateur» n'a qu’à répondre.La stratégie n’est pas nouvelle.Elle parasite et vampirise des manœuvres depuis belle lurette exploitées par la publicité.Si elle utilise le corps, le sien, comme leurre, ce sont les visées derrière cette amorce qui demeurent volontairement imprécises.En effet.Norman a le bonheur de vider l’offre de son objet.Dims un tel contexte, celui du musée, toute œuvre est une invite.Tout objet est une proposition à participer à un échange.Chaque station, chaque arrêt correspond à la fois à une offrande et à une demande, celle de dépenser du temps, d’investir de son existence afin de s’engager dans une sorte de troc entre l’objet convoité par le regard et le dépositaire de ce regard.Ici, Norman promet des choses sans qu’on sache au juste de quelle nature est l’échange.La stratégie joue sur ces messages sans équivoque que l’on retrouve sur Internet dans des sites pornographiques qui font jurer à toutes ces filles quelles ne sont là que pour vous.Les échanges au musée resteront bien évidemment à l'intérieur des limites des bonnes mœurs.Mais échange il y a, si vous êtes bien sûr perméable à l’offre.La particularité étant que les «services» de la jeune femme n’ont rien de sollicités et que l’adresse, dans le domaine de la drague, peut paralyser celui ou celle qui se sent dépossédé de l’initiative.Pourtant, cette initiative, c’est bien la vôtre, celle d'aller au musée.Le travail de Norman exploite les fantasmes.Sans rien dire, elle laisse ouverte la proposition tout en mettant en jeu son corps et, éventuellement, le nôtre.Comment?Chaque mercredi soir, après 18h, Norman propose une «rencontre vivante» aux visiteurs du musée.De plus, un TABLEAUX RÉCENTS HOMMAGE A Richard Marcelle MORIN PERRON JUSQU'AU 21 DÉCEMBRE _m__________GALERIE SIMON BLAIS_____________________________ I 5420, boul.Saint-Laurent H2T IS1514.849.1165 Ouvert du mardi au vendredi 10h à 18h, samedi lOh à I7h s Eric Bertrand & Josiane Saucier Fragments d’être.s Du 28 novembre 2002 au 1 1 janvier 2003 Galerie Yergeau du Quartier Latin 20D0 Joly (outre St-Denis et Sangninet), Montréal I I Tel.: 514.841.0955 Du mardi au samedi de 1 Ut à 1 7h Ou sur rendez-vous Le musée de la nostalgie Oeuvres récentes de Claudia Baltazar Jusqu'au 12 janvier 2003 mardi et mercredi : IA h à 20 h A0 jeudi et vendredi : IA h à 18 h samedi et dimanche : 12 h à 17 h * Fermée les 24.25.2fi.M décembre 2002.cl les I" et 2 jatn ter 2003 Entrée libre Maison de la culture Rivière-des-Prairies Salle d'exposition de la bibliothèque Rivière-des-Prairies 9001.boulevard Ferras Renseignements : 514-872-9814 www.ville.montreal.qc.ca/maisons Ville de Montréal autre espace de rencontre est à la disposition des internautes, qui s’enregistrent dans l’espoir, sans doute, de profiter de la vente de cette disponibilité.Car au bout du compte, c’est ce que vend Norman, de la disponibilité, sans que l’activité soit davantage précisée.Une fois filtrés, les inscrits pourront être reçus par Norman, dans le salon aménagé dans la salle du musée.C’est alors que s’incarne la répartie attendue par l’artiste alors qu’elle nous relance avec son «Et vous?».Comme le remarque la responsable de l’exposition pour le compte du Musée d’art contemporain de Montréal, la conserva- trice Sandra Grant Marchand,/e suis disponible.Et vous?participe d’une «esthétique participation-nelle», entrée dans les mœurs artistiques dès les années 60.En quelque sorte, avec cet appel lancé à quiconque se sent à la hauteur et se croit disponible, l’artiste fait en sorte que l’œuvre soit complétée par la rencontre sollicitée.En utilisant le langage connu de la réclame, Norman s’immisce dans le circuit des attentes colonisées par les charges constantes du marketing.Et c’est probablement là, dans cette manière relativement simple de faire signe, quelle touche à un certain degré de pertinence.I H», m LE CENTRE D'EXPOSITION DE BAIE-SAINT-PAUL 21 SEPTEMBRE 2002 - 5 JANVIER 2003 HÉLÈNE ROY Des chants comme des pensée lâchées par le souffle Bir Hélène Roy, Chant sixième - Une singulière rencontre, Album n .6 (détail), 2001 2002.Peinture et craie sur papier.66 x 150 cm Photo : Paul Cimon (/tt Ge/tf/v f/é.ipo.xifio/f noft.K (>//>'(’ èf /tu 'ctrsttttt ( / '.V ./(Vc'.v tt/te tytt/iitiic t/e nottoeatt/é.s.23.RUE AMBROISE FAFARD BAIE SAINT PAUL (QUEBEC) G3Z 2J2 V T (.118) 435-3681 M418) 435 6269 I WWW.CENTREDART-BSP.OC.CA CARTBSTPBCHARLEVOIX NET U Cl NTRI D'EXPOSITION ESI SUBVENTlONNf tari! MINISTER! D£M ET DES COMMUNICATIONS DU QUEBEC t t
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