Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (3)

Références

Le devoir, 2002-12-16, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
ET£ ENTREPRISES UNIS [ Al Gore renonce à être candidat à la présidentielle de 2004 Page A 4 Marois réduirait le taux d’imposition pour éliminer les crédits d’impôt Page A 3 ?w w w .1 e d e y o i r .e o ni ?LE DEVOIR L’activiste canadien Jaggi Singh est stoppé à Tel-Aviv Il a été placé en détention après avoir refusé de quitter Israël BRIAN MYLES LE DEVOIR activiste propalestinien Jaggi Singh est détenu de-1 puis hier soir à Tel-Aviv et il tente d'arracher un difficile droit d’entrée en Israël par la voie des tribunaux.M.Singh a été questionné par les douanes israéliennes dès son atterrissage à l'aéroport Ben-Gourion, hier matin à Tel-Aviv.Les autorités lui refusent l’accès en Israël pour des rasons de sécurité.L’activiste antimondialisation, qui s’est découvert récemment des sympathies pour la cause palestinienne, s’est envolé de Montréal samedi soir avec l’intention de se rendre dans la bande de Gaza et en Cisjordanie pour observer les violations de droits de l’homme attribuées à l’armée israélienne.Jaggi Singh, un des leaders de la contestation lors du Sommet des Amériques, à Québec, et de celui de l’APEC, à Vancouver, refuse de quitter le pays de façon volontaire.Il a retenu les services d’un avocat, Shamai Leibowitz, afin de lutter contre son expulsion.M'Leibowitz a obtenu une injonction de la Cour suprême d’Israël, hier soir à Jérusalem, afin de suspendre temporairement la procédure d’expulsion.Il plaidera la cause sur le fond ce matin.La position des autorités est claire: elles veulent forcer Jaggi Singh, 29 ans, à reprendre l’avion pour le Canada dans les plus brefs délais, «fis n’ont donné aucune raison [pour refuser l’entrée].Us n’ont montré aucune preuve que M.Singh est venu en Israël pour troubler l’ordre et la paix», a commenté Me Leibowitz.VOIR PAGE A 8: SINGH Cour suprême La marijuana au cœur d’un dialogue avec le politique La Cour suprême a encore causé des surprises vendredi, en repoussant au printemps le procès attendu de la Loi sur la possession et le trafic de marijuana.Les positions contradictoires défendues par le ministre de la Justice, Martin Cauchon, et les avocats de son ministère ont invité les neuf juges à la patience.Une décision unique et controversée témoignant du «nouvel ordre» régnant au plus haut tribunal du pays.BRIAN MYLES LE DEVOIR Avec son complet tout de chanvre tissé, David Malmo-Levine voulait en découdre avec la loi interdisant la possession et le trafic de marijuana vendredi.L’avocat anti-prohibitionniste John Conroy aussi.Même les procureurs fédéraux étaient prêts à justifier leur position, à savoir que les interdits doivent rester en place parce qu'on ne connaît pas tous les dangers de l'herbe folle.Seule la Cour suprême n’était pas prête.Les neuf juges de la Cour suprême sont réputés pour répondre à toutes les questions de droit, mais vendredi, ils étaient plutôt déroutés par la tournure des événements.Les avocats du ministère de la Justice affirment que la marijuana «n’estpas une substance bénigne» tandis que leur patron, le ministre Martin Cauchon, se dit prêt à décriminaliser la possession de marijuana en quantités inférieures à 30 grammes dès le début 2003.VOIR PAGE A 8: MARIJUANA INDEX -'J ¦Nj Avis publics.B 4 Météo B 4 00 U4 M d a c Convergence B7 Monde A5 Culture B 8 Mots croisés.B 4 Économie B 1 Religions B 6 Éditorial A 6 Sports B 4 Fonds B 2 Télévision B 7 Sean Penn le pacifiste REUTERS V-fty1 EN VISITE à Bagdad, Sean Penn a critiqué hier l’attitude «déroutante» de son pays sur l’Irak, notamment en raison du refus de Washington de divulguer les preuves qu’il affirme détenir sur la présence d’armes de destruction massive en Irak.Opposé à la guerre, l’acteur et réalisateur américain est à Bagdad depuis vendredi à l’initiative de l’Institut pour l’exactitude publique (IPA, Institute for Public Accuracy), un institut d’analyse basé à Washington.Pendant ce temps, sur le terrain, les experts de l’ONU, qui ont reçu hier des inspecteurs en renfort, multipliaient les inspections-surprises, tandis qu’à Londres les opposants au régime de Bagdad tentaient de gommer leurs divergences pour s’entendre sur l'après-Saddam Hussein.Nos informations en page A 5.L’ENTREVUE La médiation suprême La juge Louise Otis croit que la moitié des litiges privés pourraient être réglés par la justice négociée Contre toute attente, Louise Otis ne s’est pas retrouvée à la Cour suprême cet été.«J’ai eu un petit pincement au cœur», dit-elle pour la première fois publiquement Mais la juge de la Cour d’appel du Québec a d’ores et déjà laissé sa marque dans le si strict monde judiciaire.Sa révolution: des juges qui mettent la main à la pâte pour éviter des procès longs, coûteux, déchirants.JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR Depuis cinq ans, Louise Otis fait s’asseoir dans une simple salle, en face déjugés sans toge de la Cour d’appel, des gens qui parfois ne se parlaient plus que par l’entremise de leurs avocats.On prend un café, on discute, on essaie de part et d’autre de lâcher du lest.Le processus s’appelle la médiation judiciaire et il est d’une redoutable efficacité: une séance, rarement plus.Pourtant les deux parties sont souvent au bout du rouleau.C'est dire leur surprise, et leur contentement quand, au bout de trois ou quatre heures, elles ressortent avec une entente, comme ça arrive dans plus de 80 % des cas.L’affaire est un succès tel que le système s’est répandu à la Cour supérieure du Québec, intéresse des magistrats d’une foule de pays (le dernier en date: le Mali) et a valu à Louise Otis un prestigieux prix américain en matière de conciliation.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Louise Otis Il faut pourtant la travailler un peu pour qu’elle s’attribue des mérites.Elle dira plutôt que, sans son juge en chef de l’époque, Pierre Michaud, rien de cela ne serait arrivé.Et rien n’aurait pu survivre sans la fabuleuse équipe («mes filles bienveillantes») qui l’entoure.Et rien ne pourrait continuer sans les juges qui se sont joints à elle.Reste que l’instauration de la médiation judiciaire au Québec, c’est son idée, et que la première année de sa mise en place, en 1997, elle fut la seule à supporter la double tâche: siéger dans les causes habituelles et mener des séances de conciliation.Elle était toutefois prête à bien des choses pour que justice soit mieux rendue.Elle l’avait déjà prouvé comme juge de la Cour supérieure, où elle a siégé de 1990 à 1993.Elle et son collègue Robert Pidgeon avaient instauré, à Ri-mouski, un système de justice sur rendez-vous — qui n’a pas eu de suite lorsque tous deux sont partis.L’expérience japonaise Mais c’est à la Cour d'appel, où elle a d’abord siégé à Québec, qu'elle mesure à quel point les tribunaux ne peuvent pas tout régler, surtout quand le temps a passé.Pourquoi, alors, ne pas s’inspirer de l’expérience japonaise?VOIR PAGE A 8: OTIS Arafat accuse ben Laden de nuisance Sharon interdit de nouveau au chef palestinien d'assister à la messe de minuit D’APRES L’AGENCE FRANCE-PRESSE ET ASSOCIATED PRESS Yasser Arafat accuse le chef du réseau al-Qaïda, Oussama ben laden, d’exploiter la cause palestinienne, alors qu’il n’a «jamais aidé» les Palestiniens et agit «contre leurs intérêts».«Je lui dis de cesser de se cacher derrière la cause palestinienne», a déclaré le président de l’Autorité palestinienne, d;uis une interview publiée hier par le journal londonien Sunday Times.«Pourquoi Ben Imlen se met-il maintenant à parler de la Palestine) Il ne nous a jamais aidés», a-t-il ajouté.M.Arafat a ajouté que Ben laden «agissait dans un terrain totalement différent et contre nos intérêts».11 s’est affiché en entrevue comme «le premier .dirigeant [du monde arabe] à tenir tète à Ben Ixiden».Interrogé sur la sympathie dont Oussama ben laden bénéficierait parmi des jeunes de Gaza et de Cisjordanie, il a répondu: «Ces jeunes ne savent pas vraiment qui est Ben Laden.» «Nous sommes contre toute tentative d’attentat visant des civils israéliens — des civils quels qu'ils soient», a précisé M.Arafat.VOIR PAGE A 8: ARAFAT Yasser Arafat PARIS Vaincre l’insomnie sans pilules Des chercheurs proposent aux insomniaques de revoir leurs stratégies PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Paris — Selon des estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 20 à 30 % de la population adulte souffre d’insomnie ou du moins se plaint de mal dormir.Et pour près de quatre insomniaques sur cinq, les difficultés qu’ils éprouvent à tomber dans les bras de Morphée sont chroniques.L’une des principales formes d’insomnie chronique, dite psychophysiologique, serait vraisemblablement entretenue par de mauvaises habitudes de sommeil développées par la personne insomniaque.Or, des thérapies comportementales et cognitives (TCC) peuvent corriger ces comportements indésirables et permettre aux insomniaques de recouvrer un sommeil de loir.Comme son nom l’indique, l’insomnie psychophysiologique sous-entend que les personnes qui en sont atteintes possèdent une vulnérabilité physiologique qui les prédispose aux troubles du sommeil, mais qu’une composante comportementale participe également au problème.«Chez ces personnes, les mé-canisnjes du sommeil sont moins stables», a expliqué le Dr Eric Iraney de la Consultation du sommeil de l’Hôpital européen Georges Pompidou à Paris à l’occasion des Journées scientifiques de l’Association française de thérapie comportementale et cognitive qui se tenait à Paris ce week-end.«Tant que les facteurs de stress ne dépassent pas leur seuil de vulnérabilité, aucune manifestation de l’insomnie n’apparaît.Mais lorsque ces personnes vivent un événement particulièrement éprouvant, tel qu'un deuil ou un traumatisme, qui provoque une insomnie, elles modifient leurs comportements par rapport au sommeil [dans le but de surmonter leur manque de repos].Or ces changements sont des facteurs qui entretiennent l'insomnie.Une fois que les éléments déclencheurs ont diminué, voire disparu, ces facteurs d’entretien se sont souvent accentués et contribuent à dépasser le seuil de i nérabilité des sujets.» VOIR PAGE A8: INSOMNIE urs ‘ués le vul- 778313000641 LE DEVOIR, LE LUNDI I fi DÉCEMBRE 2 0 0 2 A 2 •LES ACTUALITES- Décision finale d’Ottawa prévue pour ce printemps Grand Prix 24 heures de Tremblant Les pêcheurs gaspésiens craignent un moratoire complet sur la morue THIERRY HAROUN COLLAPORATION SPECIALE Percé — Les pêcheurs gaspésiens vivent dans l’expectative depuis que le fédéral menace d’imposer, dès le printemps prochain, un moratoire complet sur le poisson de fond dans le golfe du Saint-I aurent.Tous s’entendent pour dire qu’un tel moratoire sera lourd de conséquences non seulement pour l’industrie de la pêche, mais aussi pour l’ensemble de l’économie gaspésienne.L’appréhension des Gaspésiens est donc palpable, d’autant plus que les stigmates du dernier moratoire (1993-1997) sont encore présents dans le tissu social de la Gaspésie.En Gaspésie seulement, on estime que 800 emplois directs (pêcheurs et travailleurs d’usines) et près de 300 emplois indirects seront perdus dans l'éventualité d’un nouveau moratoire.Ce qui, par conséquent, fera perdre près de huit millions de dollars à l’économie gaspésienne.Malgré ces chiffres, le député de Matapédia-Matane et porte-parole en matière de Pêches, Jean-Yves Roy, s’est dit «en faveur d’un moratoire complet» lors d'une entrevue accordée au Devoir.Le député bloquiste s'en remet aux évaluations des scientifiques qui prétendent que le stock de morue est en constante baisse.«Si la ressource ne se régénère pas, dit-il, vous n’avez plus qu’une seule façon de faire, c’est d'imposer un moratoire complet», tout en soulignant par contre que le fédéral accouche par la même occasion d’un véritable programme de restructuration économique.Pour le statu quo Des propos qui ont fait bondir Gilles Champoux, de l’Association des capitaines-propriétaires de la Gaspésie, qui, au contraire, exhortent le fédéral à maintenir le statu quo afin de protéger les acquis.Ce dernier trouve «étonnant» qu’un député se prononce aussi SOURCE AGRICULTURE, PÊCHES ET ALIMENTATION En Gaspésie seulement, on estime que 800 emplois directs (pêcheurs et travailleurs d’usines) et près de 300 emplois indirects seront perdus dans l’éventualité d’un nouveau moratoire sur le poisson de fond.rapidement alors que les négociations entre les provinces et le fédéral sont en cours.De plus, selon les témoignages recueillis par son association auprès des pêcheurs, ceux-ci estiment que la ressource est suffisamment abondante pour maintenir le quota actuel.Depuis 1998, le quota de pêche à la morue accordé à la région Gaspésie-îles-de-la-Madeleine est de l’ordre de 15(X) tonnes.M.Champoux ajoute, par ailleurs, que si le fédéral impose un moratoire unilatéralement et arbitrairement, il faudrait avoir quelque chose devant nous pour ne pas tomber dans le marasme dans lequel on était en 1993, alors qu'ils [le fédéral] sont arrivés avec des mesures farfelues comme mettre des hommes de soixante ans devant des ordinateurs».De son côté, le directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels de la Gaspésie, Onil Cloutier, s’oppose à son tour à un moratoire absolu, mais il reconnaît toutefois qu’il faudra exploiter la ressource avec des équipements plus sélectifs, c’est-à-dire plus écologiques.M.Cloutier recommande d’autre part d’augmenter la chasse aux phoques qui sont, selon lui, «des prédateurs plus redoutables» qu’on ne le croit.«Ça fait dix ans qu’on le dit, ça ne sert strictement à rien d’amorcer une initiative de sauvetage de la morue sans toucher aux phoques.S’ils [le fédéral] ne veulent pas toucher aux phoques, c’est qu’ils ne veulent pas sauver la morue; c’est clair et net», souligne-t-il.Même son de cloche à la Fédé- ration des pêcheurs semi-hauturiers du Québec (FPSHQ).Selon la directrice-générale, Gabrielle Landry, l’augmentation de la chasse aux phoques est une condition sine qua non pour la survie de la morue.Celleci déplore d’ailleurs que le fédéral cède aux pressions internationales sur cette délicate question plutôt que d’être à l’écoute des pêcheurs.«Ce sont nos pêcheurs qui finissent par payer le prix», a-t-elle affirmé.Par ailleurs, Mme Landry prévient qu’un moratoire complet, à l’instar du dernier, qui n’a pas, selon elle, donné les effets escomptés, aura pour conséquences de favoriser le marché noir.Le ministre fédéral des Pêches et Océans, Robert G.Thibault, prendra une décision finale en mars prochain.Québec fermerait trois des quatre hippodromes PRESSE CANADIENNE Le gouvernement québécois a l’intention de fermer trois des quatre hippodromes du Québec, pour tout concentrer à Montréal, a indiqué le Journal de Montréal, hier.C’est ce que révèle un document que s’apprête à remettre le gouvernement à la Société nationale du cheval de course et dont le Journal de Montréal a obtenu copie.Québec procéderait de la sorte afin de sauver l’industrie des courses de chevaux, en grande difficulté.Les hippodromes de Québec, Trois-Rivières et Aylmer seraient fermés et transformés en '«hippoclubs» pour parieurs.L’Hippodrome de Montréal et les trois hippie clubs verraient le nombre d’appareils de loterie vidéo de lx)to Québec passer de 430 à 1500, dont 900 à Montréal et 300 à Québec.I.a nouvelle inquiète vivement la Société du trot et amble du Québec qui n’a pas l'intention de rester les bras croisés devant les mesures gouvernementales.«On commence à nous donner les moyens pour nous redresser et évesque, Guy Taillefer, Serge Truffaut féditorialiste); à l’information Politique : Hélène Buzzetti.Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa).Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Québec), Kathleen I^evesque ; Marie-Hélene Alarie (secrétaire d la rédaction) ; Louise-Maude Rioux Soucy.Geneviève Otis-Dionne (commis) La documentation Gilles Pare (directeur): Manon Derome.Serge laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET IJi MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy.Gyslaine Côté.Marlène Côté, Annie Duguay, Martin Fournier, Christiane legault.Amélie Maltais, Jacques A.Nadeau.Claire Paquet, Micheline Ruelland.(publicitaires), Laurence Theriault (directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Bérube (secrétaire) IA PRODUCTION Daniel Bazinet (respfjnsable de la productùm).Claudine Bédard.Michel Bernatchez, Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Can tara.Richard Des Cormiers.Donald Filion, Olivier Zuida.INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION FT TIRAGE.linda Ihèriault (responsable service à la clientèle, distribution et tirage), Marie-Éve Santerre.(coordonnatrice à la promotion et à la sollicitation), Monique L'Heureux.lise Lachapelle.Rachelle Leclerc, Marie-France Dalcourt.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy.(iermain Haeck (contrôleur), Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Chantal Rochon, Danielle Ross.LA FONDATION LH DEVOIR Roger Boisvert {ivrprtstdeni executif et dimteur général) MARIJUANA SUITE DE LA PAGE 1 Les conséquences d’une condamnation pour possession simple «sont disproportionnées par rapport au tort associé à cet acte-, reconnaît le récent rapport du Comité des Communes sur les drogues, un document encensé par M.Cauchon.Bref, la marijuana fait l’objet d’un intense débat politique et social auquel la Cour de Beverley McLachlin n’a pu rester étrangère.« Vous nous placez dans une position difficile.Le gouvernement du Canada s’est engagé dans un processus de changement de la loi dont nous ne savons pas tout [traduction libre]*, a lancé le juge Louis I^Bel.Son collègue, lan Binnie, a souligné les contradictions entre les positions du ministre Cauchon et celle de ses avocats.Mme McLachlin a finalement reporté l’affaire au printemps, le temps que le fédéral clarifie sa position.Cette décision en apparence banale illustre le changement de garde à la Cour suprême.Dès sa nomination comme juge en chef, il y a trois ans, Mme McLachlin a exprimé sa volonté d’établir «un dialogue-antre le Parlement et l’ultime tribunal.Mme McLachlin est arrivée à la tête de la Cour suprême à une époque où les critiques contre «l’activisme» des juges fusaient de toutes parts dans les milieux conservateurs du pays.le débat sur le pouvoir des juges e$t encore bien vivant.I.a Cour d’appel de la Nouvelle-Ecosse vient tout juste de déponcer l’influence qu’ils exercent sur les affaires de l’État au détriment du politique.Mme McLachlin se montre très sensible à ces critiques et à la perception générale du public à l’égard de la Cour suprême, estime Alain-Robert Nadeau, avocat et docteur en droit constitutionnel.«Ça me semble exceptionnel qu’une Cour reporte une audience.Ça me semble être dans le ton de la juge en chef Beverley McLachlin.Elle est davantage soucieuse de l’autorité du Parlement», dit-il.Un vieux débat, une longue méfiance Christopher Clay paradait vendredi dans le hall de la Cour suprême avec un poster géant de la une du Globe and Mail du 20 juin 1970.«Ottawa to ease marijuana law-, titrait l’article (Ottawa va assouplir la loi sur la marijuana).Trente-deux ans plus tard, Clay attend toujours.Accusé de possession, possession en vue de trafic et trafic de marijuana, il veut bien croire le ministre Cauchon, mais.«Ça jnit trente ans, et il y a eu bien des promesses, j'aimerais croire qu’ils sont sincères, mais tant que je n’aurai pas vu le projet de loi, je vais demeurer sceptique-, a-t-il dit.L’un de ses avocats, Paul Burnstein, s’est montré beaucoup plus cinglant, qualifiant les récents com-mentaires du ministre Cauchon comme étant «irrespectueux- à l’égard du processus judiciaire.Les activistes de la marijuana ont la mémoire longue.Ils se souviennent que les gouvernements fédéraux ont promis des changements à chaque fois que la pression sociale devenait trop forte.sans jamais s’exécuter.C’est pourquoi les avocats de Christopher Clay et de Victor Caine, ainsi que David Malmo-Levine (il se représente seul), voulaient aller de l’avant dès vendredi.Dès trois, Caine est le plus déçu.Si le ministre Cauchon décriminalise la marijuana, son cas pourrait devenir «académique-, a reconnu son avocat, John Conroy, puisqu’il n’est accusé que d’une infraction de possession simple.Condamné à une amende pour avoir fumé un joint dans sa camionnette, Clay se prépare depuis huit ans à ce rendez-vous final avec Injustice.Ses arguments ont même été repris par Malmo-Levine et Clay.Ds plaident tous trois que les dommages imputés à la marijuana sont si minimes que l’État n'a aucune raison d’en réprimer l’usage par les voies du Code criminel.Il s’agirait même d’une violation à l’article 7 de la Charte garantissant le droit à la liberté et à la sécurité de sa personne.Ils dénoncent l’absurdité de la prohibition, arguments constitutionnels à l’appui.Malmo-Levine aspire même à devenir «un pusher éthique- qui pourra renseigner les citoyens sur le bon usage du cannabis comme il le faisait dans son Harm reduction Club de Vancouver.Peu importe les intentions d’Ottawa, ce coloré activiste, qui emploie sa vie comme «un véhicule de changement social-, pourra connaître son heure de gloire au printemps.«Nous ne croyons pas que les politiciens nous donneront des balises satisfaisantes.Nous avons besoin de l’éclairage de la Cour suprême», a dit John Conroy.I.a Cour suprême finira bien par régler ces histoires de joints.LE DEVOIR Ijes bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Placedes-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514)985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Lt Devoir est publié du lundi au samedi par le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury.étage, Montréal.(Québec), H JA 3M9.Il est imprimé i*ar Imprimerie Québécor Si-Jean.800, boulevard Industriel,Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans U Devoir, l-e Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.-* LE DEVOIR ?- ACTUALITES ARAFAT SINGH SUITE DE LA PAGE 1 SUITE DE LA PAGE 1 Le premier ministre israélien Ariel Sharon «veut faire passer ses attaques contre le peuple palestinien en les présentant sous un nouveau jour, a-t-il estimé.Il sait qu’il n’y a pas de liens entre al-Qaïda et la Palestine.- Arafat a dénoncé les attentats du 11 septembre 2001 et le leadership palestinien s’est efforcé de distinguer sa bataille contre Israël de la campagne de terreur menée par al-Qaïda.Tout le contraire, la stratégie du premier ministre Sharon a consisté à tenter de mettre dans le même sac les actions terroristes palestiniennes et celles d’al-Qaïda.Le mois dernier, al-Qaïda a revendiqué le double attentat anti-israélien commis au Kenya, le qualifiant de «cadeau du Ramadan» au peuple palestinien.La déclaration a été interprétée comme une tentative du réseau de gagner des appuis dans le monde arabe où le conflit israélo-palestinien a d’énormes répercussions.C’est à l’évidence contre cette récupération que s’est insurgé M.Arafat dans les pages du Sunday Times.Pas de Bethléem pour Arafat Bloqué par l’armée israélienne depuis plus d’un an à Ramallah, en Cisjordanie, M.Arafat a du reste fait valoir que cela «ne changeait rien» pour lui.«j’ai besoin d'une demi-heure de soleil par jour, a poursuivi le dirigeant palestinien.Mais je ne peux pas sortir: des francs-tireurs israéliens sont postés à l’extérieur.» Israël a d’ailleurs fait savoir hier, sur décision du cabinet Sharon, que son armée allait continuer à occuper Bethléem et interdirait à Yasser Arafat de s’y rendre pour la messe de minuit.Les forces de sécurité israéliennes ont annoncé pour leur part avoir déjoué une série d’attentats, dont une attaque en préparation contre l’hélicoptère d’Ariel Sharon et une attaque suicide hier à Jérusalem.Le ministre de la défense Shaoul Mofaz a indiqué quant à lui qu’«tt« retrait des forces israéliennes de la ville n’était pas à l’ordre du jour», mais que le nécessaire serait fait pour permettre à des fidèles de par- ticiper à la messe de minuit et à des touristes de se rendre à cette occasion à Bethléem.«Il n’y a aucune raison de permettre à Yasser Arafat de participer à une cérémonie symbolisant la paix et la réconciliation, alors qu'il n’a rien fait contre le terrorisme et n'a apporté que des catastrophes aux chrétiens palestiniens», a affirmé un haut responsable israélien.Les Palestiniens ont aussitôt dénoncé les «provocations» d’Israël.«L’attitude israélienne est stupide et constitue une provocation à l’encontre du peuple palestinien, c’est également un défi patent au droit international-, a affirmé Nabil Abou Roudeina, conseiller de M.Arafat.L’armée israélienne, qui bloque M.Arafat dans son quartier général de Ramallah en Cisjordanie depuis plus d'un an, a réoccupé le 22 novembre Bethléem en riposte à un attentat suicide à Jérusalem.L’an dernier déjà M.Arafat, qui est musulman, n’avait pu se rendre à Bethléem pour assister à la messe en l’église Sainte Catherine attenante à la grotte où Jésus est né selon la tradition chrétienne, comme il le faisait chaque année depuis le passage de la ville sous contrôle de l’Autorité palestinienne en 1995.Jeudi, le président israélien Moshé Katsav avait promis au pape Jean-Paul II à Rome un retrait de Bethléem pour Noël s’il n’y avait pas «d’alertes terroristes».Mais cette possibilité avait été ensuite été écartée par l’armée.Par ailleurs, la direction palestinienne a invité le Congrès et l’administration américains à superviser les prochaines législatives et présidentielle qui se tiendront, «dès que les conditions le permettront».Ces élections, prévues le 20 janvier, pourraient être reportées du fait de la réoccupation de la Cisjordanie par Israël.Le scandale au Likoud: une enquête est ouverte Entre-temps, la campagne pour les législatives israéliennes du 28 janvier s’est réchauffée, avec l’ouverture par la police d’une enquête sur ordre du conseiller juridique du gouvernement, Eliyakim Rubinstein, concernant les affaires de corruption au Li- koud, nées du scandale des pots-devin lors de ses élections internes.Des sondeurs croient que le scandale pourrait coûter au Likoud des voix sans toutefois remettre en cause sa victoire prévue aux législatives du 28 janvier.«La probité compte pour les citoyens du pays et le dernier sondage, à la suite des élections internes du Likoud, a déjà montré une perte de trois à quatre mandats pour le parti» dans les intentions de vote des électeurs, a déclaré hier Mina Tzemah, directrice de Dahaf, l'un des instituts de sondage israéliens les plus crédibles.«Toutefois, le scandale n ’a pas affecté directement limage de M.Sharon qui reste aux yeux des électeurs digne de confiance.» La popularité de M.Sharon n'a guère été entamée depuis son entrée en fonction en mars 2001, en dépit de la dégradation de la situation sécuritaire et économique du pays.Le Likoud obtiendrait 35 sièges (contre 19 actuellement) aux législatives anticipées, alors que des sondages antérieurs le créditaient de 38 sièges, puis 33 sur un total de 120 au Parlement, selon le sondage de l’institut Dahaf publié vendredi par le journal Yédiot Aharonot.Son challenger, le Parti travailliste, dirigé par Amram Mitzna, obtiendrait 22 députés (contre 25 actuellement) , alors que les précédents sondages le créditaient de 21 sièges.Les accusations de corruption portées par des candidats malheureux du Likoud à la députation, concernant la désignation le 8 décembre des candidats aux législatives par son comité central, ont fait boule de neige.La presse a fait ses choux gras de récits de valises bourrées de billets de banque qui sont passées de main en main lors de ces élections internes.Des témoignages pour le moins troublant de candidats à la députation ont été publiés, comme celui de la député sortante Nehama Ronen, qui a déclaré que 300 dollars lui ont été réclamés pour chaque vote d’un membre du comité central du Likoud en sa faveur.«La mafia est entrée à la Knesset», a titré le Yédiot Aharonot, citant des sources au ministère de la Justice.Jaggi Singh est un collaborateur du Mouvement de solidarité internationale, qui a placé l’armée israélienne dans l’embarras cet automne.Une bénévole du groupe a déclaré le 22 septembre dernier quelle avait vu un soldat israélien abattre délibérément un adolescent palestinien inoffensif, à Naplouse en Cisjordanie.Tsahal enquête toujours sur cette affaire.A l’origine, des responsables militaires avaient indiqué que le garçon de 13 ans, Baha Albahsh, s’était brûlé à mort en manipulant une bombe incendiaire.Le ministère des Affaires étrangères du Canada a appris l'interception de Jaggi Singh hier matin, mais personne n’a pu entrer en contact avec lui.«Il n 'est pas sous mandat d’arrêt.Il est simplement détenu comme une personne à qui l’on refuse l’entrée», a confirmé André Lemay, porte-parole du ministère fédéral.Depuis le 15 novembre, le ministère des Affaires étrangères suggère aux Canadiens de reporter «tout voyage touristique en Israël» et de ne pas mettre les pieds en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza.Dans la foulée des attentats du 11 septembre aux États-Unis et de la reprise de l’Intifada au Proche-Orient, Israël refoule aux frontières les ressortissants palestiniens et «tous les autres voyageurs canadiens que les autorités frontalières croient sympathiques à la cause palestinienne», précise le site Internet du ministère dans la section «Conseils aux voyageurs».«Ça ne prend pas grand-chose pour avoir une réaction rapide des autorités.Le pays est sur le qui-vive présentement-, a confirmé hier M.Lemay.Selon l'organisme québécois Solidarité pour les droits humains palestiniens, l’incident témoigne de la volonté des autorités israéliennes de «criminaliser toute dissidence politique».«Ça s’inscrit dans une tendance de fond en Israël.De plus en plus, on essaie de cibler le Mouvement international de solidarité, qui s’est développé en Israël et dans les territoires occupés.On essaie d’arrêter toute personne qui est moindrement soupçonnée d’avoir des sympathies pro-palestiniennes», a commenté Ahmed Abdirahman, porte-parole de Solidarité pour les droits humains palestiniens.OTIS SUITE DE LA PAGE 1 «A cause de leur tradition bouddhiste, les Japonais ont intégré depuis des années des modes de médiation jusqu’à la Cour suprême.Au Japon, le conflit judiciaire est perçu comme un échec», explique-t-elle.A force de réfléchir, elle a une inspiration.Fin 1996, durant les vacances de Noël, elle jette sur papier les grandes lignes du système qu’elle aimerait voir instaurer.Il lui faudra une demi-heure.Plus tard, elle le peaufinera, en parlera à ses collègues.Mais l’essentiel était là, et c’est ce qu’elle présentera à son juge en chef.«Il m’a écoutée longuement, très silencieux.Puis il m’a dit: “C'est intéressant.Dis-moi comment tu mettrais ça au monde.” J’ai répondu: “On va y aller avec un projet-pilote.On ne fatiguera personne, on ne commencera pas à faire des conférences ou de la consultation.On l'offre, on met des feuilles à l’entrée du greffe, on explique le système et on y pense pendant qu’on le fait.” «Le but, c’était de voir si on pouvait aider les justiciables.Si je change d’idée pendant la médiation ou avant même que débute la séance, très bien, on retourne au tribunal.Il n’y avait rien à perdre à l’essayer.» Séduit par cette approche, le juge Mi-chaud la fait nommer à Montréal, en août 1997, et la remplace par son ancien acolyte, le juge Robert Pidgeon, qui aura la charge de la médiation à Québec.Toutefois, les résistances seront fortes, intenses.Bien des avocats et des juges sont encore réfractaires à cette approche.«Quand on propose quelque chose de neuf, on a besoin d’une énergie colossale derrière soi.Là, au contraire, je devais vivre cette difficile période de questionnement-, se rappelle-t-elle.Mais Inuise Otis est une incorrigible optimiste: ça résiste?Tant mieux, c'est la meilleure façon d’améliorer le produit! «La résistance fiait partie du processus, lorsqu'on fiait un changement radical, important, ça lève.C'est sain, c’est normal, c'est légitime.Si on n'est pas capable de supporter ça, qu'on n'y aille pas.» La médiation a survécu, Louise Otis aussi, invitée partout pour expliquer sa méthode.Une cause sur dix est maintenant traitée de cette façon à la Cour d’appel du Québec, pour un total de plus de 450.Et Louise Otis croit profondément «qu ’au moins 50 % des litiges privés pourraient être réglés parla voie de la justice négociée-.L'idée a néanmoins été implantée sur la pointe des pieds: les conflits en matière familiale d’abord, puis le droit civil un an plus tard.Et les PME pour gérer des litiges entre actionnaires.Puis, de façon inattendue, les municipalités — à leur demande même.La prochaine étape, c’est la justice pénale.Louise Otis vient de poser les jalons d’un premier programme de médiation pénale.Mais l'affaire est délicate: cette fois, les sous-ministres et l’ensemble des tribunaux concernés sont impliqués.«La justice pénale est par essence publique.Elle ne se négocie pas et ne se fiait Pas en secret.Mais, en même temps, c’est une justice dans laquelle l'accommodement peut exister-, affirme la juge avec ferveur.Et qui croira que quelque chose puisse résister à Louise Otis, dont l’intelligence vive et le dynamisme se perçoivent au premier coup d'œil.Une authenticité Pourtant, la Cour suprême lui a échappé.Depuis quelques années, son nom fait partie de la courte liste de ceux susceptibles d’y accéder.Au printemps passé, avec le départ à la retraite de Claire LHeu-reux-Dubé, elle était même la favorite.Mais le 8 août dernier, c’est plutôt la juge Marie Deschamps, dont le nom n’avait jamais circulé publiquement, qui a été nommée.Jusqu'à son entrevue avec Le Devoir, Louise Otis avait refusé de commenter la situation — et se refuse toujours à discuter des rumeurs voulant qu’elle ait été écartée en raison de sympathies péquistes passées.Mais elle veut bien raconter aujourd’hui comment elle a accueilli la nouvelle.«Quand la nomination est sortie, je faisais de l’escalade dans les Rocheuses avec mon fils.Il m’a regardée et m’a dit: Au fond, tu ne la voulais pas.” J'ai souri, mais j'ai choisi d’escalader la plus grosse montagne ce jour-là.Je lui ai dit: “On va se rendre au sommet de quelque chose aujourd'hui!”», conclut-elle en riant.«Mais si je veux être très honnête, préci-se-t-elle en jurant de sa sincérité, ;e n’avais probablement pas l’enthousiasme qu’il fallait.Je pense que lorsqu'on désire profondément quelque chose, mais vraiment profondément, les choses se font naturellement.fêtais très ambivalente, et je l’ai été jusqu'à la fin.» Reste qu’à son retour de vacances, avec à son horaire une médiation fixée deux mois plus tôt, elle a songé: «Qu’est-ce que je fais ici?Parce qu’à un moment donné, au début de l’été, j'avais pensé que je ne reviendrais plus.» Élle a pourtant entamé le travail, avec des parties récalcitrantes, persuadées qu'il fallait tout arrêter.«Et on a finalement tout réglé.C’était presque impensable!» «Quand on est sortis, poursuit-elle, l’une des parties, qui n 'est pourtant pas dans le champ des émotions, m à sauté au cou, littéralement.Elle m’a dit: “Mme Otis, c’est suprême ce que vous faites!” Je suis restée seule devant l’ascenseur, je me suis mise à rire et je me suis dit: “C’est exactement ça.’» La Cour suprême, depuis, c'est fini pour elle.Même si on le lui redemandait Même si elle aurait pu, pourquoi pas, y instiller un peu de son système, vu l’impact majeur de plusieurs décisions du plus haut tribunal du pays.«Il pourrait être envisageable, dit-elle, qu’avant que la Cour suprême rende une règle de droit, on puisse au moins mettre en conciliation les intérêts en jeu.Ce pourrait être des comités de sages, composés d’experts, de parties appropriées, pour discuter de la faisabilité d’une solution.- Pourtant, Louise Otis croit également à la pertinence du système traditionnel.Parce qu’il y a des choses qui ne se négocient pas.«Par exemple, tout ce qui est droit constitutionnel, droit d’ordre public, là où il y a déséquilibre total de l’échelle du pouvoir Entrer dans un rapport de négociation avec quelqu'un qui n’a absolument aucun pouvoir, c’est un exercice périlleux.Ce type de conflit doit demeurer du ressort de l’arbitre neutre qui, par l’acte de juger, va rééquilibrer les rapports.- Mais elle croit aussi profondément à la médiation, même si ça ne fait pas les manchettes.«Foks savez, c’est très humble, la conciliation, personne n’en parle.Mais le vendredi soir, à huit heures et demie, quand je quitte la salle et que des parties tout doucement me touchent l'épaule, il y a une authenticité.Juste ce contact des gens, c’est un cadeau.» INSOMNIE SUITE DE LA PAGE 1 Les individus aux prises avec une insomnie psychophysiologique ont tendance à se coucher plus tôt avec l’idée que parce qu’ils n’ont pas bien dormi les nuits précédentes, ils doivent se mettre au lit de bonne heure.Le matin, ils essaient de prolonger leur sommeil en restant dans leur lit pour récupérer de l’insomnie de la nuit.Dans la journée, ils font des siestes.«En modifiant ainsi leurs heures de coucher et de lever, ils augmentent le temps passé au lit et renforcent leur problème d’endormissement», a souligné Éric Lainey.En plus d’étendre leurs horaires de sommeil, certains insomniaques écoutent la télévision ou se plongent dans la lecture d’un livre palpitant dans l’espoir que cela les aidera à s’endormir.Certains introduiront même le téléviseur dans leur chambre à coucher.«Le stimulus déclencheur du sommeil qu’est l'action de “se coucher” n 'est plus associé à la réponse qu’est l’endormissement chez les insomniaques, car, à ce moment, ils mettent en marche une activité d’éveil comme la lecture et l’écoute de la télévision», a expliqué le spécialiste du sommeil.Les stratégies thérapeutiques utilisées avec succès auprès de cette catégorie d'insomniaques tentent d'éliminer ces nouvelles habitudes entourant le sommeil.Une première technique vise à retrouver l’association entre le stimulus («je me couche») et la réponse («je m’endors»).Pour ce faire, on invite la personne à attendre de ressentir le besoin de dormir avant d’aller au lit Et si au bout d’un certain laps de temps déterminé — au terme duquel elle ne pense pas pouvoir se rendormir —, elle ne s’endort pas, elle doit se relever, sortir de sa chambre et reprendre une activité calme, telle qu’une lecture sereine dans un environnement peu lumineux.Il vaut mieux éviter d’allumer la télévision qui constitue un niveau de stimulation trop intense, précise Eric Lainey.La personne doit rester éveillée aussi longtemps que le besoin de sommeil ne se manifeste pas.Elle doit aussi respecter un délai minimum avant de rejoindre son lit, un délai similaire à celui quelle s’impose avant de se lever lorsque débute un épisode d’insomnie.Elle reproduit ce comportement autant de fois qu'il y aura de réveils nocturnes.Une seconde technique, dite de restriction de sommeil, consiste à retarder l’heure du coucher tout en maintenant fixe l’heure du lever afin de réduire le temps passé dans le lit.Cette technique vise à améliorer l’efficacité du sommeil, c'est-à-dire la proportion du temps passé au lit qui est consacrée au sommeil.Chez les bons dormeurs, cette proportion est d’environ 95 %.Par restriction de sommeil, on s’efforce d'atteindre le seuil de 85 %, qui constitue une amélioration significative de la qualité du sommeil, a fait remarquer le chercheur.En plus de combiner ces deux techniques, la thérapie prévoit aussi de travailler sur la composante cognitive du sujet insomniaque.En le renseignant sur la physiologie du sommeil, on espère modifier ses idées préconçues sur la question.Certains in-soniniaques découvriront ainsi qu’ils n’ont pas besoin de dormir 10 heures par nuit, puisqu'ils font partie de cette catégorie de petits dormeurs pour lesquels six heures de sommeil suffisent amplement.«Certains insomniaques sont de petits dormeurs qui s'ignorent-, a souligné le Dr Lainey.«À cause des habitudes de leur entourage, ces faux insomniaques passent plus de temps dans leur lit qu ’ils n ’en ont véritablement besoin.» «Lorsqu’on désire profondément quelque chose, mais vraiment profondément, les choses se font naturellement»
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.