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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2002-12-21, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE •> •» D E (' E M R K E 2 O O 2 CINÉMA Un équilibre vertigineux Page E 3 CINEMA Passionnant suspense imaginaire Page E 5 ?LE DEVOIR * ULT RE i ; r l ' i & Catch Me If You Can de Steven Spielberg ANDREW COOPER Les gros canons de Noël SOURCE ALLIANCE ATLANTIS Pinocchio de Roberto Benigni ifSSI miSIl SOURCE ALLIANCE ATLANTIS About Schmidt d’Alexander Payne mwFM Stifll Durant la période des Fêtes, les recettes aux guichets doublent dans les cinémas.Et les gros canons se bousculent au portillon.Le public a l’embarras du choix, mais peut-il vraiment s’enfiler tous ces films?ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Entre les pentes de ski et les agapes de tourtière et de plum-pouding, que font les gens durant leurs vacances de Noël?Us vont au cinéma.D’ailleurs, nul besoin d’être un cinéphile pur et dur pour céder à la force d’attraction des gros films qui se bousculent sur les écrans.Ceux-ci usent d’artifices irrésistibles pour appâter le client à coups de publicités ravageuses, de cinéastes consacrés, de vedettes confirmées, de prix déjà obtenus dans les festivals ou ailleurs.Et.ils sont légion.Ainsi le veut la coutume: les canons de l’année sortent massivement à Noël.Les gens ont l’habitude d’aller au cinéma pendant les vacances d’hiver alors que, l’été, ils sont plus nombreux à s’exporter à l’étranger ou à se faire dorer au soleil.L’hiver, à -10 °C, tout le monde se met d’accord pour s’acheter un popcorn géant et s’asseoir en famille au cinéma.Ajoutez au tableau que les majors américaines attendent la fin de l’année pour sortir les films oscarisables afin que ceuxci demeurent bien chauds dans la mémoire de tous.D’où l’orgie cinématographique du temps des Fêtes.Avalanche Sauf que, cette année, à vue de nez, l’avalanche dépasse les bornes.Des œuvres à voir à tout prix pour ceux qui se piquent de suivre la production ciné ma, il y en a un paquet.Beaucoup trop, semble-t-il.Avec la meilleure volonté du monde, le cinéphile le plus mordu ne pourrait se taper tous les musts du temps des Fêtes sans avoir l’impression de participer à un marathon festivalier.Il n’irait plus visiter ni sa mère ni’sa tante, à Noël ou au jour de l’An, pour manger de la tourtière: il s’écraserait dans le noir des salles obscures et passerait ses vacances au cinéma.Qu’on en juge plutôt non seulement le dernier Steven Spielberg, Catch Me If You Can, prend l’affiche avec Tom Hanks et Leonardo DiCaprio, mais le même I Leonardo DiCaprio, coqueluche de ces dames, tient également la vedette aux côtés de Daniel Day-Lewis et Cameron Diaz dans le non moins attendu Gangs Of New York de Martin Scorsese.\je deuxième volet de lj>rd Of The Rings: The Two Towers, par Peter Jackson, adapté de l’œuvre de Tolkien, vient de gagner les salles après que le volet n" 1 eut fait un malheur en salles.Une nouvelle ruée sur les hobbits et les peuples de la Terre du Milieu est à pré voir.Le Pinocchio de Roberto Benigni arrive le 25 décembre.About Schmidt d’Alexander Payne, avec Jack Nicholson à sa proue (qui vient d’être classé meilleur film de l’année par l’Association des critiques de Los Angeles), est dans les rangs de saison.Sans oublier l’excellent Adaptation de Spike Jonze, construit en poupée russe, ni l’intéressant Rabbit-Proof Fence de Phillip Noyce.Certains voudront visiter le rayon de la comédie romantique avec Maid In Manhattan de Wayne Wang ou voir Pierce Brosnan (James Bond lui-même) incarner les pères célibataires dans Evelyn de Bruce Beresford.A moins qu’ils ne désirent regarder Hugh Grant se mesurer à Sandra Bullock dans Two Weeks Notice de Marc Lawrence, sur fond de romance et de comédie.Ajoutez dans le bas de Noël des œuvres européennes de haut prestige comme Le Pianiste de Roman Polanski, lauréat de la palme d’or au dernier Festival de Cannes, et Parle avec elle, la remarquable dernière œuvre de l’Espagnol Pedro Almodôvar, classée meilleur film européen par l’European Film Award.Sans compter quelques autres.'fous en même temps: eh oui.Ecrasés dans la cohue Aux Etats-Unis, Adaptation et About Schmidt étaient déjà sortis depuis quelques semaines dans certaines villes clés, comme New York et I/)s Angeles.Mais il s’agissait surtout d’une stratégie de lancement préOscars.la large distribution de ces films en Amérique du Nord demeure à Noël.«C'est depuis toujours la plus forte période pour les sorties de films», explique Simon Beaudry, qui tient les statistiques cinéma chez Alex Films.«Au cours des deux semaines en question, les recettes aux guichets doublent ni plus ni moins.Celles de la semaine y sont alors aussi fortes que celles du week-end alors que, normalement, elles atteignent la moitié.» Même son de cloche de la part de Guy Gagnon, d’Alliance Atlantis Viva-film, qui distribue plusieurs gros morceaux: The h>rd Of'Ihe Rings, Gangs Of New York, About Schmidt, Pinocchio, etc.Même s’il affirme n’avoir pas son mot à dire sur les produits américains qui envahissent le Québec en même temps que le reste de l’Amérique du Nord, pour lui, la rentabilité de la période de Noël ne saurait être mise en question.«Les chiffres de fréquentation sont énormes durant cette période, dit-il, mais avec la concurrence des gros canons, l’enfant malade ne s’en tirera pas.» Trop, c’est trop.Et certains bons joueurs seront écrasés dans la cohue, se dit-on.Et si les films européens étaient les grands perdants de la fête des glaces?Si Le Pianiste de Polanski, Pinocchio de Benigni et Parle avec elle d’Al-modôvar allaient perdre leur mise aux dépens des Américains lancés sur leur foule d’écrans?Ce serait bien dommage.VOIR PAGE E 2: CANONS «Au cours des deux semaines en question, les recettes aux guichets doublent ni plus ni moins » MUSIQUE SACRÉE Noël, c’est la fête en famille, celle des retrouvailles et des moments privilégiés où, après une année passée à se perdre de vue, on se retrouve entre intimes.C’est aussi l’occasion de se rappeler son passé, et nombreux sont ceux qui n’échappent pas à l’appel et aux charmes de la messe de minuit.FRANÇOIS TOUSIGNANT Pour que la vie ait un sens, il faut y trouver certains ancrages.Devant le Noël mercantile des centres commerciaux et des rues marchandes, on cherche tous, dans cette grande noirceur de l’hiver, un endroit où se recentrer, pour emprunter l’expression aux psychologues, un moment qui ramène à l’émerveillement de l’enfance.Ne l’oublions jamais et avouons-le nous: Noël, c’est la fête de la naissan- Retrouvailles inspirantes ce, et il y a toujours une part de sacré qu’on ne veut pas tuer en nous.Alors, dans la nuit des nuits, la plus noire et la plus longue, il y a, en prélude à bien des célébrations festives, un moment de recueillement qui s’appelle la messe de minuit Autrefois, on achetait son banc pour cette célébration.Cela se passait en paroisse.Et pourtant certaines institutions religieuses se faisaient belles pour attirer la foule.Passons outre les sermons, parfois inspirés, parfois vengeurs — qui n’a pas souvenir d’un curé qui dé plore la baisse de la pratique?—, et restons-en à l’émotion qui nous importe: la magie.Certains lieux s’y prêtent à merveille.Noël, une fête entre toutes, est le moment pour sortir de son ordinaire.Le premier endroit à Montréal où on aime à se retrouver, c’est la basilique Notre-Dame, bien sûr.L’histoire et le passé de notre terre s’y rassemblent à ravir.Dans les ors et les bleus de la nef, voir l’enfant Jésus dans sa crèche et communier au rite du retour de l’espoir devant la magnifique construction qui entoure le maître-autel fait toujours du bien.ARCHIVES I.E DEVOIR LX/B’?* tm Un autre haut lieu (on pardonne le jeu de mots ici) est l’oratoire Saint-Joseph du mont Royal.S’il est une tradition bien ancrée, c’est non seulement d’y aller à la messe mais surtout d’aller y visiter, au Musée de l’Oratoire, un espace aussi béni que toujours surprenant.Pas le mur des béquilles, pas le cœur du frère André: l’exposition de crèches.Plus de 200 crèches de plus de 100 pays, avec des bambins divins de toutes les couleurs, des mères vierges de tout acabit, des matériaux qui vont du plus riche et du plus sophistiqué au plus simple et au plus ordinaire.Oui, il y a des crèches dorées, mais il y en a aussi faites de chiffons et de haricots.On voit des Jésus philippins, haïtiens, de diverses contrées d’Afrique et d’Asie, d’Amérique du Sud comme d’Europe du Nord.Il se passe un curieux amalgame des cultures qui, ici, se rencontrent sous un même thème.Chaque peuple à sa manière nous parle de lui en transposant sa vision de la Nativité.Avec une telle visite, oui, l’expression des mages aux bergers, «paix sur Terre aux hommes de bonne volonté», trouve — voire retrouve! — un sens nouveau.On passe ensuite de la crypte a l’imposant dôme de la basilique.Les Petits Chanteurs du Mont-Royal sont là pour les messes de Noël.Les croyants croient plus fort, les autres s’imprégnent d’une aura mystique qui ajoute sens à l’occasion.VOIR PAGE E 2: RETROUVAILLES i 4 L K DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 DÉCEMBRE 2 0 0 2 K 2 ?Culture * Messes de minuit La tradition de Noël à Québec DAVID CANTIN La traditionnelle messe de minuit possède-t-elle toujours son cachet d'antan?11 suffit peut-être de trouver l'endroit propice afin de vivre une expérience de recueillement et de joie spirituelle.A Québec, les nombreux concerts du temps des Fêtes préparent à cette grande célébration qui marque la naissance du Christ sur le coup de minuit.Mais où doit-on se réunir pour revivre le charme et la magie des plus beaux Noël?Comment résister aux magnifiques décors hivernaux de la place Royale et du quartier Petit-Champlain?C’est dans la plus ancienne église de la basse-ville de Québec qu’on gagne à vivre un moment inoubliable.Dans le cadre des multiples activités à l’horaire de "Québec fête Noël», des chants traditionnels interprétés par un ensemble vocal sous la direction de Marie-José de Va-rennes se feront entendre le 24 décembre, à minuit, à l’églisp Notre-Dame-des-Victoires.A l’image d’une autre époque, l’atmosphère de ces lieux en promet pour quiconque souhaite retrouver un climat tout droit sorti du passé québécois.Toujours en basse-ville, l’église Saint-Roch, fondée en 1809, possède aussi un patrimoine des plus intéressants, la construction de cet endroit sacré marque un temps fort dans l’histoire de l’architecture au Québec.la structure de cet édifice est tout à fait remarquable, avec ses références aux styles roman et gothique.Cette œuvre originale, assez unique, des architectes Eugène-Michel Talbot et J.A T.Dionne, impressionne toujours grâce à un immense portail maçonné en façade, ponctué de contreforts et de colonnettes.L’intérieur ne manque pas aussi de ravir avec ses décors plutôt imposants.Le grand orgue, un Casavant de 1947, est considéré comme l’un des plus gros dans l'est du Québec.Par ailleurs, certaines toiles de l’église Saint-Roch ornaient des églises de Paris au XVIIP siècle.Un endroit majestueux pour se recueillir lors de la messe de minuit.Au cœur du Vieux-Québec, la basilique Notre-Dame de Québec demeure une cathédrale qui compte, chaque année, près de un demi-million de visiteurs des quatre coins du monde.Construit sur ce site en 1647, l’édifice de la rue de Buade a été classé monument historique en 1966.On re- marque bien sûr la chaire de style Louis XV, qui se singularise par les formes élégantes et ondulantes de la cuve.De plus, le baldaquin qui se trouve au-dessus du maître-autel est considéré comme le chef-d’œuvre de François Baillairgé.Un peu plus bas, rue Donna-cona, la chapelle des Ursulines possédé l’un des plus beaux ensembles de bois sculpté qui existent au Québec.L’œuvre de Pierre-Noël Levasseur, réalisée pour la chapelle en 1723, invite au recueillement.L’oratoire, élevé à la mémoire de Marie de l’Incarnation, date de 1972.Les vitraux sont sortis des Ateliers Bettin-ger.Pour la messe de minuit, sœur Geneviève Plamondon dirigera le chœur de la communauté.Un rendez-vous tout simplement divin.HIEKO WITTENBORG / TOURISME QUÉBEC L’abbaye Saint-Benoît-du-Lac, près de Magog.(' ri"; , c kfPif M • RETROUVAILLES CANONS L’offre est là, mais le bouche à oreille devrait jouer très rapidement pour déterminer un peloton de tête SUITE DE LA PAGE E 1 Qu’on le veuille ou non, ces manifestations somptueuses ne gênent personne et réchauffent bien des cœurs de tous les âges.Plus discret Bien nombreux sont ceux qui vont passer la Noël à la campagne.Certes, il y a les petites églises de village ou de rang, mais il y a aussi des «institutions» où on aime se replonger dans une autre atmosphère qui nous change de la fébrilité souvent vaine du quotidien urbain.L’abbaye de Saint-Benoît-du-Lac, près de Magog, est un de ces endroits chéris où nul n’a l’impression d’être touriste tant la communauté monacale est accueillante.Les moines ont ceci de particulier qu’ils aiment chanter.Comme c’est souvent des louanges de Dieu, de saints ou de leur patron fondateur, saint Benoît, ils suivent sa règle: cela se fait dans la joie! Avec leur nouvelle chapelle — dans le fond, une vraie église par ses dimensions —, une congrégation plus nombreuse peut donc se rendre aux célébrations de la veille et de la journée de Noël.Qu’il s’agisse du chant des moines, eux qui revivifient ici l’art du grégorien, ou des orgues, souvent tenues par dom André l^iber-ge, ce patrimoine vivant a créé une sorte de pôle d’attraction dans les Cantons-dcTF.st (ou l’Estrie, pour plaire aux fonctionnaires).Il y a peut-être un petit côté carte postale dans ce genre de déplace ment.Pourquoi ne pas l’apprécier?En effet, la sincérité avec laquelle on agit fait prendre conscience que, malgré tout, il perdure des valeurs d’honnêteté et de simplicité dont on aime se faire rappeler la pertinence, surtout en ces temps privilégiés entre tous pour accentuer l’hiatus qui, trop souvent, se crée entre mercantilisme et spiritualité.Si bien des abbayes sont établies en milieu rural — la Trappe d’Oka en est un autre bel exemple que bien des fervents de Noël aiment visiter —, on oublie souvent qu’il existe des oasis de paix à l’intérieur des murs de la métropole.Par exemple, ce cloître, situé entre les rues Saint-Denis et Saint-Dominique, juste au sud de l'échangeur Van Horne.Sur la rue du Carmel se trouve justement un carmel.les carmélites y prient dans leur retrait du monde.Comme c’est Noël, elles aiment offrir des cadeaux.Alors, après leurs vigiles, vers 23hl5, elles ouvrent leurs portes — du moins celles qui mènent à la belle chapelle — et invitent tous ceux qui le veulent bien à célébrer la messe de minuit chez elles.Les carmélites n'utilisent pas d’instruments.La célébration se fait uniquement a capella.Ce sont des moments privilégiés.Elles qui sont si muettes par choix se mettent à entonner avec tout leur cœur ces chants joyeux qui ponctuent l’office.Dans un secteur si industriel, au sein d’une ville si grouillante et tout à côté d’une rue plus que passante se trouve ce petit bijou silencieux et paisible, endroit où l’on aime se retrouver soi-même, comme cette étoile de Noël qui, discrètement, attire ou attend patiemment d’être suivie.Pour une soirée hors de l’ordinaire, on aime faire ce genre de retrouvailles inspirantes.SUITE DE LA PAGE E 1 Pierre Brousseau, des Films Séville, qui distribue l’Almodô-var, affirme ne rien craindre de la forte concurrence des blockbusters américains car Parle avec elle sort dans le circuit d’Ex-Centris, du Quartier Latin et du cinéma Beaubien, qui attirent une clientèle pointue et cinéphile, dotée de ses goûts bien à elle.«Les vacances de Noël sont un immense champ d’écho», estime aussi Pierre Brousseau avant d’y aller de comparaisons religieuses.«Tout le monde se bouscule à la porte du Paradis pour la date du Jugement dernier.C’est le propre du distributeur de croire que son film sera le bien-aimé de saint Pierre.Le hic, c'est que saint Pierre n’a pas le temps d’aller tout voir au cinéma.» L’offre est là, mais le bouche à oreille devrait jouer très rapidement pour déterminer un peloton de tête et des laissés-pour- compte.On ne peut s’empêcher de penser que si, dans le champ québécois, Un homme et son péché de Charles Binamé n’était pas sorti plus tôt en saison, il n’aurait pas pu connaître la performance aux guichets qui a été la sienne, taraudé par une concurrence aussi écrasante.Guy Gagnon, en tout cas, se dit persuadé que la période des Fêtes sera féconde pour Séraphin, Donalda et Alexis.«En deux semaines et trois jours, le film a récolté 3,3 millions aux guichets, explique le distributeur.C’est deux fois plus que ce dont j’avais pu rêver.J’espérais conserver entre 60 et 70 écrans pour Un homme et son péché durant le temps des Fêtes.On va garder le film sur une centaine d’écrans et je pense que les recettes aux guichets vont atteindre cinq millions le 31 décembre pour lui.Oui, le temps des Fêtes va servir notre cinéma national aussi.» Et bon cinéma, avec ça.FILMS SÉVILLE Leonor Watling et Rosario Flores dans Parle avec elle, de Pedro Almodôvar.Faites de UN Avec UNE à plusieurs cadeaux Série libre du Trident Un livret de 6 laissez-passer pour assister aux spectacles de votre choix S Une économie de plus de 40 $ sur le prix courant 0 2 des 6 laissez passer échangeables contre des billets de l'OSQ www.letrident.com Biiletterie : (418) 643-8131 ^Colonel et «oiseaux or IMAGINAIRE DC HRISTO BOYTCHIV DE VICTOR HUGO DE MOLIÈRE »le Théâtre du Trident U mCAnV K Ul CMTOif MTOIMLE SPECTACLE ROLLINE LAPORTE Élément Cirque, le petit dernier des cirques québécois.Trois petits cirques et puis s’en vont.Montréal accueille un trio de pistes dans les jours qui viennent: le Super Cirque et ses animaux savants, le Nouveau Cirque de Shanghaï, tout en tradition orientale, et Elément Cirque, le petit dernier de la famille circassienne québécoise.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR La piste est un monde en soi, et dans ce monde, tout est possible.La preuve est encore donnée par un rapport officiel que vient de recevoir le ministre de la Culture et de la Communication de France, un bilan de l’Année des arts du cirque, organisée de l’été 2001 à l’été dernier.D’abord, quelques chiffres pour marquer le coup: 5000 représentations, 150 compagnies en diffusion, 50 cirques de tradition en tournée, autant de créations de spectacles contemporains et encore autant d’«événements significatifs», 80 villes mobilisées pour le programme «1,2,3.cirque!» pendant frois jours de mars, une vingtaine de festivals spécialisés, une grosse douzaine d’expositions, trois colloques nationaux, 27 publications et six productions audiovisuelles.Ouf.Il y en avait de tous les genres, pour tous les goûts.Deux exemples: le Cirque Tambour Opus 2 proposait «un spectacle musical interactif alliant la danse et les nouvelles technologies» tandis que l’artiste Daniel Buren (oui oui, le monomaniaque des bandes verticales) s’associait au cirqueux Dan Demuynck pour offrir le.Buren Cirque.On l'a déjà dit mais on va quand même le répéter: il est dommage que notre solaire entreprise circassienne jette de l’ombre sur cette richesse, dont on entend malheureusement trop peu parler.Heureusement, les visite de l’étranger bonifient notre maigrichonne diversité circassienne.Souvent, il s'agit de troupes traditionnelles, du genre où l’on dresse des éléphants, des chiens et des tigres, comme ce Super Cirque, au Centre Bell du 25 au 28 décembre.En même temps, Montréal reçoit autre chose, pour ainsi dire le produit de la mère de toutes les pistes, le Nouveau Cirque de Shanghaï, au Centre Pierre-Péladeau du 27 au 30 décembre.Shanghai' est une des capitales mondiales de la piste animée, héritière d’une tradition chinoise remontant à environ 5000 ans.Les troupes les plus réputées de la ville ont été réunies en une seule à partir de 1959.in structure centralisée a à son tour engendré le Nouveau Cirque de Shanghaï, en 1991, afin de répondre aux demandes de producteurs étrangers.Une famille agrandie Mais ce sont surtout les autres compagnies nationales qui offrent autre chose, ici même, à commencer par le fabuleux Cirqpe Éloize.évidemment, le Cirque Eos et, depuis peu, la joyeuse bande des 7 doigts de la main.Cette famille du chapiteau québécois s’agrandit au début de l'année prochaipe, dans quelques jours, avec Elément Cirque, qui présente sa première création à Montréal les 3,4 et 5 janvier prochains à l’Usine C.La compagnie a été fondée au début de l’année par un collectif de jeunes diplômés de l’Ecole nationale de cirque de Montréal (ENCM).Ils ont fait appel au chorégraphe Pierre-Paul Savoie pour élaborer les numéros et diriger la mise en scène.«Les gens qui passent par l'École nationale de cirque sont bien au courant des mille et une façons de faire le cirque aujourd’hui, commente le metteur en scène.Le cirque contemporain éclate dans toutes les directions, et le Québec participe à cette ouverture vers de nouvelles jdçons de faire et, surtout, vers un dialogue entre le cirque et les autres arts de la scène.» Lui-même prouve que le mariage ne date pas d’hier puisque, avant de devenir un pivot de la danse contemporaine québécoise, Pierre-Paul Savoie est passé par l’ENCM.«C'est un retour aux sources pour moi», explique-t-il, précisant être de la toute première fournée de diplômés de l’école, en 1981, du temps où l’institution s'activait dans les gymnases du Centre Immaculée-Conception, rue Papineau.«J’ai étudié en acrobatie et j’ai déjà travaillé avec le Cirque Éloize.Il y avait une dimension acrobatique affirmée dans mes premières pièces, un trait de caractère qui s’est atténué par la suite.Je me sens donc très à l’aise chez Élément Cirque.» , Et comment se particularisera Elément Cirque?«Nous sommes évidemment marqués par la multidisciplinarité, dit le metteur en scène.Ces jeunes venus du cirque savent danser, bouger, parier.Le spectacle se rapproche aussi du ludique, du jeu, avec une certaine dimension théâtrale.» Le créateur travaille depuis frois mois à peaufiner sa proposition.«Le cirque est un univers de numéros personnels.On n’y échappe pas.En même temps, je crois que nous avons trouvé un ton, une manière.Je veux dire que ça n'a pas l’air d’un collage.» Mais Pierre-Paul Savoie n'est pas seul au formatage.Le chorégraphe de Bagne et Pôles sera notamment appuyé par le magicien des éclairages Axel Mor-genthaler (O Vertigo, La La La Human Steps) et Luc Huot à la création des costumes.«Nous avons opté pour un théâtre ou, plutôt, une scène de la pauvreté, une espace dénudé, habillé par la lumière.» La scène à géographie variable de l’Usine C sera installée à l’italienne puisque le spectacle est conçu pour voyager dans les salles les plus courantes.La piste est un monde en soi.Et dans ce monde, tout est possible, même en dehors de la piste.Il tire plus vite que son ombre.Ce soir 18h30 Ciné-Cadeau Lucky Luke: les Dalton en cavale Attention ! Les frères Dalton galopent vers le Canada.18 h Le club des 100 watts C'était la première ! Avec Marc Labrèche en prof Bof.Sketches drôles.Réalisation-coordination : Jean-Pierre Morin 20 h Le martien de Noël Conte avec Marcel Sabourin.Deux enfants se lient d’amitié avec un extraterrestre.Ça change de fa t 3^ Télé-Québec telequebec.tv >• I i LE DEVOIR, LES SAMEDI ET D I M A N < H E D E ( E M R li E 2 O O K :> Noël ieri ibrairie ?bistro Culture- Choix exceptionnel de livres cadeaux e x Ce n t r i s HORAIRES $14 847 2206 WWW.iX-CENTRIS.COM CINÉMA Une touchante réussite signée Almodovar Adrian Brody dans Le Pianiste, de Roman Polanski.SOURCE T\ A FILMS Un équilibre vertigineux et parfait LE PIANISTE De Roman Polanski.Avec Adrien Brody, Thomas Kretschmann, Emilia Fox, Ruth Platt, Torsten Flasch.Scénario: Ronald Harwood.Image: Pawel Edelman.Montage: Hervé De Luze.Musique: Woj-ciech Kilar.Grande-Bretagne-France-Allemagne, 2002,148 minutes.En salles le 25 décembre.MARTIN BILODEAU Roman Polanski est réputé pour ses audaces formelles.Du Couteau dans l'eau à Ijine de fiel, son cinéma a toujours été marqué par le sceau de la recherche, de la modernité.Avec peut-être une échappée classique, constituée de Tess, et puis maintenant une seconde, Le Pianiste, adaptation du récit autobiographique du pianiste polonais Wladyslav Szpilman, pour laquelle le cinéaste a reçu en mai dernier la palme d’or du Festival de Cannes.Or, sous les dehors classiques, parfois même didactiques, de son film, Polanski a forgé une œuvre vibrante et d’une santé dramaturgique exceptionnelle qui, à l’exception d’une finale un peu bâclée, repose sur des choix de scénarisation et de mise en scène beaucoup plus audacieux et sophistiqués qu’il n’y paraît.En effet, Le Pianiste est le produit d’un équilibre, vertigineux et parfait, entre la grande histoire et celle de son pianiste, campé avec aplomb et simplicité par l’excellent Adrien Brody.Fils d’une famille juive de la haute société varsovienne, celui-ci échappa à la déportation dans les camps et survécut caché en périphérie du ghetto de Varsovie, d’où il assista impuissant à tous les épisodes de la triste histoire de ce dernier Ces exécutions sommaires, le soulèvement, la destruction, etc.).La résistance de Szpilman, telle qu'interprétée par Polanski, répond d’un réflexe de survie.Au delà de quoi, plutôt que de théoriser ou de conjecturer sur les motivations du personnage, Polanski fait de lui la caméra de son film.la virginité de ce regard, qui en apparence n’interprète rien de ce qu’il filtre, reporte sur les spectateurs ce devoir de comprendre les événements, de ressentir des émotions brutes.Le parti pris du point de vue contraint cependant Polanski à faire des sacrifices, notamment sur la clarté, sur les détails, sur les personnages secondaires, qui entrent et sortent du cadre sans qu’on comprenne immédiatement qui ils sont.On n’apprend que ce que les yeux ou le comportement de Szpilman veulent bien nous révéler.En revanche, le cinéaste, pour lequel ce film marque un retour dans son pays natal après 30 ans d’absence, superpose à chaque geste, anodin ou rituel, une symbolique qui la transcende.Ainsi cette scène bouleversante du dernier repas où, attendant avec sa femme et ses enfants les fourgons qui doivent les conduire à la gare, puis à Treblinka, le père de Szpilman divise en six parts un bonbon au caramel.A l’inverse des films sur l’horreur et l’indignation, Le Pianiste est un film sur l’état de choc et la patience.En cela, il rejoint Anne Frank par la bande et se démarque de Schindler's List et A'Au nom de tous les miens.Polanski, dont les parents ont péri dans les camps, a compris que tout a été dit sur l'Holocauste mais que rien n’a encore été expliqué.Avec ce magnifique nouvel opus, il ne fait qu'arracher, avec une humilité rare chez lui, une pierre au mur de l’incompréhension qui entoure cet épisode de l’histoire.Plate romance PARLE AVEC ELLE Realisation et scenario: Pedro Almodovar.Avec Javier Camara, Dario Grandinetti, Ijeonor Wat-ling, Rosario Flores, Geraldine Chaplin.Image: Javier Aguirresa-robe.Montage: Jose Salcedo.Musique: Alberto Iglesias, Espagne, 2002,112 minutes.À l'affiche à partir du 25 décembre.ANDRÉ LAVOIE Ils n’étaient bien souvent qu'eunuques, travestis ou objets sexuels, gravitant à la périphérie des femmes et de leurs drames aussi flamboyants qu'invraisemblables.lœs hommes prennent maintenant leur douce revanche et s’affirment, se dévoilent, de la plus émouvante manière dans une autre réussite signée Pedro Almodovar, Parle avec elle.Tout sur ma mère, son film pré cèdent, semblait les avoir frappés de disparition tant la solidarité féminine y triomphait sans partage.Juste retour des choses, envie d’explorer de nouveaux territoires toujours à la frontière du burlesque et du mélodrame.Almodovar capte avec la même finesse une amitié masculine d’abord soudée par le malheur et peu à peu tissée par une complicité à toute épreuve.A l’épreuve surtout des tabous, des étiquettes, voire même de la mort.Autant le cinéaste espagnol a su nous faire rire (Femmes au bord de la crise de nerfs va demeurer un sommet de l'humour kitsch), autant réussit-il, avec un art frisant la perfection, à nous noyer dans un torrent de larmes, communiant de manière quasi fusionnelle à la dé tresse de ses personnages.H faut dire qu’on pleure beaucoup dans Parie avec elle.Marco (Dario Gran-dinetti), journaliste, ne camoufle guère son émotion devant la grâce et la beauté douloureuse de Pina Bausch, ce qui n’échappe pas à Be-nigno (Javier Camara), infirmier, lui aussi assistant au spectacle de la célèbre danseuse et chorégraphe.Quelques mois plus tard, les deux hommes vont se retrouver dans la même clinique, chacun à leur manière au chevet d’une femme qu’ils aiment éperdument, lesquelles femmes sont plongées dans un coma que l’on croit irréversible.Veillant jour et nuit sur Lydia (Rosario Flores), une torero téméraire blessée gravement dans une corrida, Marco accepte peu à peu de s’ouvrir à Benigno qui, depuis quatre ans, s’occupe avec une dévotion suspecte d’Alicia (Leonor Wat-ling).L’infirmier, encore puceau et amoureux fou de cette jeune balle- TWO WEEKS NOTICE Écrit et réalisé par Marc Lawrence.Avec Sandra Bullock, Hugh Grant, Alicia Witt, Dana Ivey.Image: Laszlo Kovacs.Montage: Susan E.Morse.Musique: John Powell.États-Unis, 2002, environ 100 minutes.MARTIN BILODEAU La plus grande surprise pouvant découler d’une proposition pareille serait, justement, d’être surpris par le film lui-même.11 y a dans cette idée de tandem antagoniste formé par Sandra Bullock et Hugh Grant quelque chose d’aussi prévisible et confortable qu’une paire de pantoufles en Phentex.Pour peu que vous ne soyez pas allergique aux matières synthétiques et que le souvenir des romances de Doris Day et Rock Hudson soit dans votre esprit synonyme de confort, cette seconde réalisation du scé nariste attitré de Sandra Bullock (Miss Congeniality, Forces Of Nature) s'adresse peut-être, malgré tout, à vous.Tout les oppose, comme de bien entendu.Elle (Bullock) est intègre et bien-pensante, lui (Grant), mou et opportuniste.Èlle est une pauvre avocate qui milite pour la préservation des immeubles patrimoniaux, lui, un milliardaire à la tête d'un empire immobilier.Elle est mignonne, lui aussi, et lorsqu’ils se font face pour la première fois, le second, impressionné par le répondant de son interlocutrice, la convainc de venir travailler pour lui sous réserve qu’il épargne un vieil immeuble de Coney Island.La suite n’est qu’irritation, et pas que pour l’héroïne.En vérité, la mise en scène télégraphique de Marc Lawrence ne parvient pas à élever à un niveau respectable cette série de sketchs d’intérêt inégal, pourtant assemblés par Susan E.Morse, l’ex-monteuse de Woody Allen, et mis en musique par John Powell, le compositeur de Shrek et Chicken Run.Personne, à commencer par le scénariste, n’a pendant une seconde songé à mettre Bullock et Grant en danger.Au contraire, cette force prévisible semble avoir été écrite, mise en scène et débobinée pour ne pas dérouter, déstabiliser ou dépayser les cinéphages du temps des Éêtes — lesquels en seront quittes pour se retaper le tandem à la Saint-Valentin.Un confrère me faisait remarquer, à juste titre, que cette plate romance a les allures d’un projet écrit pour Meg Ryan et Torn Hanks, puis refusé par eux.Il y a en effet dans Two Weeks Notice les ingrédients qui ont fait le succès de You’ve Got Mail et Sleepless In Seattle.L'imagination, la grâce et Meg Ryan en moins.D UNE BEAUTE SOMPTUEUSE .MARC.ANDRE LUSSIER.LA PRESSE PALME D’ OR CANNES 2 0 0 2 1H H1M1 II JUIN S A H fil I I0BIRI BINMIIIf» i UN FILM DE ROMAN POLANSKI PIANISTE (.1.Illl 1 UNI I LA MUSIQUE ETAIT SA PASSION.SA SURVIE ETAIT SON CHEF-D’OEUVRE.ADRIEN BRODY THOMAS KRETSCHMANN BASÉ SUR UNI HISTOIRE VRAIE ' STUDIO CANAL LEPIANISTE-LEFILM.COM 15 À L’AFFICHE DÈS LE 2i DÉCEMBRE dÆ version 1 famous players 1 française IpARISIEN sTJ version originale anglaise rciNÉMA avec sous-titres français 1 2»e, e 721 ^oao |j version originale r~Z ciNfcMAB amc —1 anglaise M FORUM 22 ?] En plein dans le mille ! rine, croit aux pouvoirs thérapeutiques de la parole et force Marco à faire de même auprès de Lydia.Brillant mélodrame d'une grande simplicité l-ii surface et d’une exceptionnelle rigueur dans sa construction narrative, accumulant les zones d’ombre, particulièrement sur ki sexualité de Benigno et dans ses rapports avec Maivo, Parle avec elle illustre avec intelligence le disùr et le désarroi di's hommes.Ses personnages, si étranges et pourtant si familiers, traversent le film guidés par leur propre morale que certains trouveront choquante, constamment relativisé!' par le regard compatissant et charnel d’Al-modôvar.Un viol se transforme en acte d’amour: le corps d’une comateuse est filmé comme un modèle de Botticelli; la mort dt's uns entrai ne, toujours un peu ]xir miracle, la résurrection des autres.On retrouvera avec bonheur l’assurance tranquille de Dario Grandinetti, l’amoureux transi du célèbre film d’Eliseo Subiela, le Côté obscur du cœur, bien secondé par Javier Camara, dont la bouille sympathique fait de Benigno un personnage attachant, même dims ses errances.Au milieu de toutes NOUkel Fil MSSFVII l.F Leonor Watling dans Parle avec elle d’Almodôvar.ces actrices éblouissantes dont sait s'entourer Almodovar, la présence de Geraldine Chaplin ne passe pas inaperçue, le réalisateur se servant avec tendresse de son passe* de ballerine et de sa contribution exceptionnelle au cinéma d’un compatriote, Carlos Saura.11 ne vous reste plus maintenant qu’à préparer vos mouchoirs.Grand Gagnant du Cinéma Européen 5 prix dont meilleur réalisateur, meilleur acteur et meilleur film.«Votre coeur en sent eluwire ! » ?Trf Vous ne verrez p:is de plus liettu film ! Mure-Aiuli-o I.unnI.-i I .a l*i-.ssr «Le meilleur film de l’unnée! >> «Un film oii Almodovar avec nne douceur drôlement intense, frappe fort et touche profond! >> «D’une beauté renversante!» Momie ?«Stupéfiant ! » !»roml«œn WH ?«Immanquable et inoubliable ! » «Beau, audacieux, dément et terriblement drôle.Nous rappelle à quel point un film peut être original « et divertissant.» Alinodétar Du réalisateur Javier Câmara Leonor Watling Da.no Gràdinetf i Roaario Flores Geraldine Chaplin Scénario et réalisation: Pedro Almodovai ¦ www.talktoliei’inovie.coin H3 A L’AFFICHE DES LE 25 DECEMBRE , r Dimanche 22 h Téléservice La 1000e! Avec Claude Saucier et toute son équipe.Réalisation-coordination : Robert Séguin 18 h Le club des 100 watts Superdébilécoeurant party de Noël ! Réalisation-coordination Nicole Faucher 20 h Les chaussures de mon père 35* *r Comédie fantaisiste.À la fois magique et touchante.Ça change de fa Télé-Québec telequebec.tv J ( Soldes fous du ïendemainde Des prix fous sur de °ya6,e au CENTRE PIERr/dT"161*5 SoperÔK con E-PELADEAU s 0 Partir de s $ jeudi 26 déc.de 12 h à ai8h réduction Obtenez issibles concerts Obtenez 15 Concerts et spectacle Ranee Lee Musique classique Les chambristes de l'Orchestre symphonique de Québec - 13 janvier Graupner, suite d'une découverte - 8 février Studio de musique ancienne de Montréal - 10 février Le Quattrocento amoureux - 2 avril Geneviève Soly en récital - 24 avril Cinéma, cinéma - 28 avril Carte blanche à Karina Gauvin - 12 mai Jazz et musiques du monde Natalie MacMaster - 11 février Ranee Lee - 13 février Jordi Savall et Hesperion XXI - 31 mars Inti-lllimani - 3 et 4 mai Gala « Mon pays, mes cultures » - 15 mai The Klezmatics - 31 mai Spectacles famille Wofa ! - 2 mars Inti-lllimani - 4 mai Hesperion XXI .* Geneviève Soly Natalie MacMaster A L'ACHAT DE 100 < c-r 15 % àe rabais sur d °btenez Nouveau Cirque rf* ci!*5 pour ,e / ceniRe pierre-péladeau SALLE PIERRE-MERCURE WWW.CENTREPIERREPELADEAU.COM Cuttvr* et Commun « Québec SS Hydro VoV Qu« * Prix régulier étudiant réduit, taxes et redevances incluses.Quantité et catégories de sièges limitées.Des conditions s'appliquent.Promotion Soldes fous ! Disponible seulement à la billetterie du Centre Pierre-Péladeau: 514 987.6919 *U07 mn LE DEVOIR www.Top.', arts.com » I 1 LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE D E C E M R R E 2 O O 2 k r» Culture CINÉ M A wL b r li tel là: SOURCE COLUMBIA PICTURES Il s’agit dans Adaptation d’un double rôle pour Nicolas Cage, puisqu’il incarne à la fois le scénariste et le frère jumeau de celui-ci.Passionnant suspense imaginaire Adaptation ne se résume pas.Il se découvre sous chaque couche d’oignon qui en cache une autre.C’est un film qui évolue à des années lumière du cinéma à formule, concocté trop souvent par Hollywood.ADAPTATION Réalisation: Spike Jonze.Scénariste: Charlie et Donald Kaufman, d’après The Orchid Thief de Susan Orlean.Avec Nicolas Cage, Meryl Streep, Chris Cooper, Tilda Swinton, Cara Seymour, Brian Cox, Judy Greer.Image: Lance Acord.Musique: Carter Burwell.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR D* abord, il y eut en 1999 le délirant Being John Malko-vich, qui avait révélé le scénariste Charlie Kaufman et le cinéaste Spike Jonze.Pareille équipe gagnante et originale se devait de faire d'autres petits.S’attelant à la roue d'un nouveau film en tandem, Jonze et Kaufman nous offrent un film totalement différent du précédent, mais aussi réussi, brillant et palpitant, avec des histoires emboîtées les unes dans les autres, comme des poupées russes.le scénariste s’est basé à la fois sur un projet d’adaptation d’un livre abordant la passion des orchidées et sur ses propres efforts pour écrire un scénario, tout cela débouchant sur un passionnant suspense imaginaire.Depuis Leaving Las Vegas, Nicolas Cage n’avait pas eu un rôle à sa taille.Il s’agit dans Adaptation d'un double rôle, puisque Cage incarne à la fois le scénariste et le frère jumeau de celui-ci, scénariste également quoique de registre commercial et aussi à l’aise en société et winner que son frère est complexé, mal dans sa peau, timide avec les femmes et torturé par la peur de l’échec.Face soleil et face ombre du même personnage, Cage eut à se diviser pour une prestation de parfaite schizophrénie qui fait éclater l’étendue de son registre.Adaptation ne se résume pas.Il se découvre sous chaque couche d’oignon qui en cache une autre.Au delà du cauchemar du scénariste angoissé qui se transformera avec son frère en limier pour traquer l’auteur du livre qu’il adapte, c’est la passion des fleurs, la quête d’une sensation ultime qui constitue un des thèmes A'Adaptation.Meryl Streep, toujours énigmatique et souveraine, livre dans sa peau de journaliste écrivaine qui sait mentir un magnifique duo d’acteurs avec Chris Cooper en aventurier coureur d'orchidées.On découvrira leur lourd secret parmi les fleurs blanches aux profils de fantômes pourchassées dans les marais des Everglades.Les orchidées, plantes épiphytes qui squattent les arbres et s’adaptent à toutes sortes d'environnements, deviennent elles-mêmes des symboles du scénario en constante évolution, qui se déploie comme une vrille.Adaptation évolue à des années lumière du cinéma à formule, concocté trop souvent par Hollywood.Le film de Spike Jonze, dont la caméra nerveuse épouse l’action à tiroirs, prouve que des productions qui font appel à l’intelligence et à l’intuition des spectateurs peuvent triompher à l’écran et faire pâlir les œuvres prévisibles.Il prouve aussi à quel point le cinéma des indépendants a gagné du terrain aux Etats-Unis, pour atteindre les ligues majeures où des films aussi atypiques et fins que celui-ci trônent désormais parmi les incontournables de l’année.Fuir l’assimilation RABBIT-PROOF FENCE Réalisation: Phillip Noyce.Scénario: Christine Olsen, d’après le livre de Doris Pilkington Garimara.Avec Everlyn Sampi.Tianna Sansbury, Laura Monaghan, Kenneth Branagh, David Gulpilil.Image: Christopher Doyle.Musique: Peter Gabriel.Sortie en salle le 25 décembre.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Le réalisateur australien Phillip Noyce s’est attaqué ici à un sujet névralgique en son pays, soit le sort scandaleux réservé aux aborigènes métissés, qu’une politique d’assimilation a longtemps coupés de leurs foyers et de leurs racines culturelles.Basé sur le récit de la fille de l’héroïne, Rabbit-Proof Fen- T > 'l SOURCE ALLIANCE ATLANTIS Rabbit-Proof Fence raconte l’aventure de Mollv Craig, de sa petite sœur et de sa cousine qui, en 1931, avaient été arrachées des bras de leur mère aborigène pour être «dressées» dans une institution gouvernementale australienne afin de devenir domestiques.ce raconte l’aventure de Molly Craig, de sa petite sœur et de sa cousine qui, en 1931, avaient été arrachées des bras de leur mère aborigène pour être «dressées» dans une institution gouvernementale afin de devenir domestiques, de perdre leur langue et de mêler leur sang à celui des Blancs.Les maîtres blancs engrossaient les femmes aborigènes et avaient pleins droits sur la progéniture métissée.Le film montre comment les petites filles se sont enfuies pour parcourir 1500 milles afin de retrouver leur mère.Une clôture érigée afin d’empêcher les lapins de traverser du côté des pâturages fut leur repère à travers le désert de Gibson.Sans quête d’effets, épousant le rythme de l’action en ne cherchant pas à le découper en moments forts trop appuyés, Rabbit-Proof Fence est un beau film qui suit le périple des petites rebelles en éclairant cette politique australienne d'assimilation qui a eu cours jusqu’en 1971.Le film constitue une dénonciation, et son intérêt repose en grande partie sur le pan d’histoire australienne qu’il soulève.Cela dit, nos propres politiques autochtones furent longtemps injustes aussi.Rabbit-Proof Fence est bien joué par les petites filles, surtout l’aînée de 14 ans, Molly, incarnée par Everlyn Sampi.Elle dégage la force et la détermination qui conviennent au rôle.Le Britannique Kenneth Branagh incarne avec une maîtrise qui donne froid dans le dos le chef protecteur des aborigènes pour l’ouest de l’Australie, Mr.Neville, qui s’imagine œuvrer pour le bien d’un peuple inférieur en lui donnant accès aux lumières de la civilisation.Sans être un chef-d’œuvre du genre, Rabbit-Proof Fence est un film qui respecte son sujet et ne cherche pas à le jazzer pour les besoins de la cause.La caméra suit patiemment, à travers la musique si inspirée de Peter Gabriel, le périple des enfants qui fuient à travers jungle, rivières et désert, effaçant leurs traces, mangeant ce que quelques bonnes âmes leur offrent L’occasion prête à une traversée des paysages sauvages australiens, décors naturels arides mais superbes.Le but de ce film à la fois exigeant et à large portée n’est pourtant pas de reposer sur ses décors mais de les dépasser pour mettre en lumière des politiques et des destins.L’autre Amérique About Schmidt dresse le bilan de vie d'un homme qui a suivi à la lettre le mode d'emploi du rêve américain ABOIT SCHMIDT D’Alexander Payne.Avec Jack Nicholson, Hope Davis, Dermot Mulroney.Kathy Bates.Scenario: Alexander Payne, Jim Taylor.Image: James Glen-non.Montage: Kevin Tent.Musique: Rolfe Kent.Etats-Unis, 2002,125 minutes.MARTIN BILODEAU Comme dans les deux précédents films d’Alexander Payne (Citizen Ruth et Flection).About Schmidt est une satire sur le contrôle des individus, sur la vacuité des existences, sur la faillite du rêve américain.Le film en entier repose sur les épaules de Jack Nicholson, que l’on découvre, dans les premières images du film, assis derrière le bureau anonyme d’une société anonyme, ses yeux éteints rivés sur l’horloge qui, dans quelques longues secondes, marquera l’heure de partir.Warren Schmidt a toujours fait les choses comme il fallait.Il a choisi une profession libérale (actuaire pour une compagnie d’assurances), épousé une bonne ménagère, acheté en banlieue une maison surdimensionnée, fondé une famille, puis, à la veille de sa retraite, il a acheté sans désir le plus gros véhicule récréatif qui soit.11 n’avait cependant pas prévu le décès subit de son épouse, quelques semaines après le début de cette retraite dont il ne sait que faire, ni la longueur des heures qu’il passerait désormais seul à ruminer contre les perspectives de mariage de sa fille unique (Hope Davis) avec un abruti (excellent Dermot Mulroney).Quelques jours avant que celui-ci ne soit célébré, Schmidt prendra le volant de son camper pour entreprendre une odyssée qui, de haltes routières en es cales sur les lieux de son enfan ce.le conduira jusqu’à sa tille, et à la belle-famille de celle-ci, dominée par une beatnick alcoolique merveilleusement campée par Kathy Bates.Payne ne cadre pas joli, ni ne conte fleurette.11 cadre vrai et énonce crûment les choses.L’Amérique qu’il dépeint ici n'est pas celle des cartes postales, encore moins celle du cinéma hollywoodien habituel.C’est une Am erique de confessionnal, une Amérique intellectuellement pauvre et hyper-sentimentale, où ceux et celles qui n’ont pas réussi à anesthésier leur malaise existentiel le maquillent outrageusement.Ainsi, About Schmidt dresse le bilan de vie d’un homme qui a suivi à la lettre le mode d'emploi du rêve américain et qui tout d’un coup découvre que celui-ci qe lui a rien donné en retour.Eteint et d'un ennui pétrifiant, Schmidt s’ouvrira pour, au lil des secousses de la vie, devenir de plus en plus lui même.mais aussi, de plus en plus Nicholson.Car si dans son essence profonde About Schmidt est une comédie — admirablement dialo-guée au demeurant — sur la réanimation d’un mort-vivant, c’est aussi, en surface, un film sur la renaissance de Jack Nicholson.De méconnaissable qu’il est au début, l'acteur revient peu à peu à lui-même, retenant à vue ses tics, dominant avec une adresse inédite cette lumière malicieuse qu’il a dans l’œil et qui l’a trop souvent trahi par le passé.Il y a si longtemps que le cinéma s'est mis au service de Jack Nicholson qu’on reste bouche bée devant cet About Schmidt auquel l’acteur gagnant de trois Oscars s’est humblement offert.1 SOURCE ALLIANCE ATLANTIS Le film en entier repose sur les épaules de Jack Nicholson.Plaire à tout prix EVELYN De Bruce Beresford.Avec Pierce Brosnan, Aidan Quinn, Julianna Margulies, Stephen Rea, Sophie Vavasseur, Alan Bates.Scénario: Paul Pender.Image: André Fleuren.Montage: Humphrey Dixon.Musique: Stephen Endelman.Etats-Unis-Irlande, 2002,94 minutes.En salle le 25 décembre.MARTIN BILODEAU Que dire au sujet de cette gentille comédie socio-sentimentale pour laquelle l’Australien errant Bruce Beresford (Driving Miss Daisy, Black Robe) a repris à son compte tous les ingrédients qui ont fait le succès des films du genre au Royaume-Uni: un héros sans ressources éprouvé par la vie, des enfants qui sauvent l’humeur du jour, des sentiments exacerbés par une palliative fierté nationaliste?De Brassed Off P Billy Elliot, en passant par The Full Monty, tout ça a été vu, rabattu.L’histoire que Beresford nous raconte dans Evelyn est inspiré d’un épisode survenu en 1953, en Irlande, alors qu’un ouvrier abandonné avec ses trois enfants par son épouse (Pierce Brosnan, producteur du film) est sorti victorieux d’un procès contre l’Etat, lequel lui avait arraché la garde de ses enfants pour les placer en orphelinat.Entre la plaidoirie disneyenne, qui donne lieu à des épisodes tristounets ou cocasses pour petits et grands, et le véhicule narcissique pour un James Bond qui se réclame de l’Actor’s Studio, Evelyn veut plaire à tout le monde et à son père.Hélas, la mise en scène sans invention, les décors astiqués comme au sortir d'un musée, les invraisemblances du scénario, le jeu trop mignon de la petite Sophie Vavasseur, dans le rôle-titre, donnent à l’ensemble des allures de campagne de séduction.Et rien n'est plus irritant, au cinéma, qu’un désir affiché de plaire à tout le monde.'tortrofttb f .JÉfe A ' Partagez des moments de bonheurs.instantanés avec des stars et leur famille.Portrait de famille, Première ce dimanche 18h, en exclusivité sur TV5.vf *"*u“*«'*m.V www.tv5.org ( i BANQUE NATIONALE en collaboration avec présente LE DEVOIR 6e édition «Jeunes critiques en arts visuels» UNE PRODUCTION DU CENTRE INTERNATIONAL D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Le Centre international d'art contemporain de Montréal (CIAC) est heureux de présenter les textes des lauréats et lauréates de la 6‘ édition du Concours «Jeunes critiques en arts visuels».S'adressant aux étudiants et aux étudiantes des écoles secondaires et des cégeps de Montréal, le concours vise à sensibiliser le jeune public à l'art contemporain en l'invitant à écrire un texte personnel sur des œuvres d'art.Cette année, les œuvres choisies faisaient partie des expositions de la 3" Biennale de Montréal Nous remercions tous les enseignants et enseignantes qui ont appuyé la participation de leurs élèves au Concours «Jeunes critiques en arts visuels».Sans leur dévouement à cette activité culturelle, ce concours serait difficilement réalisable.Nous remercions également les membres du jury, mesdames Laurence Dauphinals-Darrick, comédienne et lauréate de la 4' édition du Concours « Jeunes critiques », Jo-Ann Kane, conservatrice de la collection de la Banque Nationale du Canada, Colette Tougas, traductrice et historienne de l’art, messieurs Normand Biron, président émérite de l'Association internationale des Critiques d’Art (Canada) et Claude Gosselin, directeur général et artistique du Centre international d'art contemporain de Montréal.Un concours, c'est l'occasion de gagner des prix.Nous avons la chance d'être encouragés par de généreux commanditaires.Qu'ils trouvent ici notre reconnaissance, tout particulièrement la Banque Nationale et Le Devoir.Enfin, ce sont les partenaires publics qui financent en grande partie cette activité de développement des jeunes publics à la culture.Nous sommes reconnaissants envers le Conseil des arts de Montréal et son partenaire le ministère de la Culture et des Communications du Québec et envers le ministère de l’Education du Québec pour leurs appuis répétés.Merci aux étudiants et aux étudiantes participants.Bravo aux lauréats et aux lauréates.CLAUDE GOSSELIN Directeur général et artistique Centre international d'art contemporain de Montréal V.df ~ïW\ Fabien Verschaere, Genetic Diaspora, 2002 (bois, cactus, gouache et crayon teutrel photo : Guy L'Heureux/CIAC La Biennale de Montréal 2002 Demon Bowl, de John Scott, remet en question le titre de la troisième Biennale de Montréal, "La vie, c'est la vie ! Plaisirs, passions, émotions".Le thème de cette œuvre est plutôt le contraire : la violence et le dégoût.L’œuvre est une peinture qui couvre tout un mur divisé en cinq parties, commençant à gauche avec l'image de la Terre d’aujourd'hui.Situés autour d'un immense ouragan sont des continents refaits du point de vue de l'artiste avec des noms comme «Steinbeck».Suit un gantelet, puis un tireur isolé camouflé par différentes nuances de vert, puis «2km+», et «Between the Eyes», écrit en rouge.Après, il y a un immense gardien de but à sept têtes peint en noir, blanc et rouge.«Jason in the Crease» tient un bâton aiguisé avec un crâne au bout et porte une chemise blanche avec Kanada écrit en rouge «sang».Finalement, il y a une deuxième image de la Terre appelée «Bad Seed Planet» encore plus désolée.Demon Bowl semble être le résultat d’un artiste perturbé qui a attaqué un mur sans pitié avec sa peinture et son graphite.Cette œuvre est pleine d'émotion, mais au lieu de plaisirs et passions, elle exprime l'hostilité et la violence.La première image me montre que l'artiste est révolté de l'état du monde d'aujourd'hui.C'est son idée d’un monde idéal et pur, avec un ouragan qui détruit tout ce qu’il n'aime pas.Le gardien de but et le tireur isolé me semblaient être une barrière impassible créée par l'artiste pour empêcher le mal d’entrer dans son monde parfait.L'œuvre illustre la pensée d'un jeune qui n'aime pas ce qu'il voit dans le monde autour de lui.Cette œuvre n'est pas comme les autres.Elle n'est pas belle, mais ce n'était pas l'intention de l'artiste.Son but est très différent des œuvres traditionnelles, et elle l'atteint efficacement : mettre en question les morales de notre société et nous faire penser aux mauvais éléments de notre monde.Elle a été faite pour nous effrayer en nous forçant à voir la vérité.Dans ce sens, c'est une œuvre d'art.À mon avis, ce n'est pas si une œuvre est belle, mais si elle touche à son but.Demon Bowl est une de celle-là.Elle n’est pas belle, mais quand même son but unique est atteint, ce que je peux respecter ! UN BUT UNIQUE Secondaire 5 - programme d’immersion, français langue seconde Étudiant : Nigel Thorpe École : John Rennie High School Professeure : Marika Farkas François Morelli.Carrousel, 2002 (encre sur papier) photo : Guy L'Heureux/CIAC La Biennale de Montréal 2002 UNE ŒUVRE TOUCHANTE, ÉMOUVANTE ET CYNIQUE PRÉSENTÉE À LA BIENNALE DE MONTRÉAL 2002 Secondaire 1-2-3 - programme régulier Lauréat : Samuel Pirau École : Collège Français Professeure : Nadia Slimani Toute œuvre d'art mérite d'être critiquée.Il en sera de même pour celle de l'artiste français Fabien Verschaere, né à Paris en 1975.Son œuvre, intitulée : « Genetic Diaspora, 2002 », fut exposée à la Biennale de Montréal 2002 et créée cette même année.La rédaction qui suit concrétisera ce en quoi consistait l'œuvre de M.Verschaere.Ensuite, une interprétation complète et, finalement, notre point de vue par rapport à l'œuvre viendront finir cette critique avec magnificence.Pour débuter, Fabien Verschaere a utilisé des médiums assez originaux : du crayon feutre contenant de l'acrylique, du bois, des plantes végétales (des cactus) et de la gouache.Ce que Fabien a fait avec le bois et les cactus est vraiment inusité : il en a taillé six étoiles et les a peinturées en rouge.Ensuite, il a déposé un plant de cactus sur chaque étoile.Intriguant ! Les techniques utilisées par l'artiste sont relativement simples : du dessin fait avec un crayon feutre, une installation de bois (sciage, sablage, finition) et de plantes végétales et, en dernier lieu, de la peinture à l'aide de gouache.Les éléments visuels (les formes) employés par Fabien Verschaere sont toutefois limités, ce qui en fait le seul point faible de son œuvre.Les dessins ont été réalisés à l'aide d'une seule épaisseur de feutre.De plus, ils sont alignés en formant une unique bande horizontale qui parcourt trois longueurs de mur.Ce qui nous a le plus déçus, cependant, c'est le fait que la suite de dessins ne soit nullement coloriée; quelques-uns sont complétés de noir, mais rien de plus.La façade restante, sur laquelle une représentation de la Terre (presque dénudée de continents) et d'une étoile (bien curieuse) a été peinturée, comporte quelques textures tout au plus.L'organisation visuelle de l'œuvre est, ma foi, très bien réussie.A première vue, cela ressemble à une bande dessinée et à des figures plutôt agréables.Puis, plus on s'approche, plus on découvre un monde loufoque dans lequel toutes sortes de personnages et d'objets possèdent un caractère équivoque.Pour conclure ce point, il est à noter que la proportionnalité n'est aucunement respectée dans l'œuvre.Dans un deuxième temps, cette réalisation de Fabien Verschaere, dénonce, en fait, une réalité : la mort, accompagnée de son bras droit, la souffrance ainsi que la maladie.Fabien a inclus dans son œuvre des symboles couvrant certains moments douloureux de sa vie, car, si vous ne le saviez pas, Fabien, haut comme trois pommes, a vécu, jusqu'à l'âge de quinze ans, dans un milieu hospitalier où il développa sa propre vision des choses sur la mythologie, sur la sexualité et sur la mort.Dans un troisième temps, l'idée de mort, de souffrance et de maladie nous est évoquée par divers éléments composant l'œuvre.Premièrement, l'enchaînement de dessins ne comporte aucune couleur (sans vie).Ensuite, les cactus (aiguilles = douleur) ne poussent qu'en plein désert (pas de vie).Troisièmement, les étoiles de bois sont teintées de rouge (sang).Pour continuer, une bombe, un imposant char de guerre, une grande tête de mort remplie de noir, un cornet de crème glacée contenant trois tètes de mort (la maladie et la mort peuvent, également, nous ronger par l'intérieur), le signe de la radioactivité, positionné à l'emplacement du cœur sur le chandail d'un bonhomme possédant des traits de déformation, une spirale semblable à un cercle vicieux (la maladie qui aboutit à la mort - le sida) et encore un autre bon nombre de dessins dévoilent l'aspect mortuaire de l'œuvre.De plus, Fabien nous relate ici sa jeunesse douloureuse en se représentant lui-même plusieurs fois dans son œuvre.Tantôt en nain portant un chandail sur lequel est inscrit le nombre 93 (âge très proche de la mort), tantôt portant un masque de chien (une vie de chien, la misère).Pour conclure cette interprétation, il faut ajouter que M.Verschaere s'est aussi portraituré en clown pour dénoncer le fait qu'il fut, plus d'une fois dans sa vie, ridiculisé par sa petite taille.Pour finir, le jugement porté à cette œuvre est simple ; elle est admirable.Un très bon symbolisme se cache derrière les cloisons blanches de l'œuvre.L'installation, au milieu de la pièce, est, en somme, très bien accomplie.Il est étonnant et nouveau de voir du dessin, de la peinture et de l'artisanat combinés dans un ensemble merveilleux.Le fait que l'œuvre ne soit pas linéaire, mais bien circulaire, est original et lui donne un effet envoûtant.En conclusion, le point de vue exprimé est quasiment positif.L'artiste a bien su nous faire revivre ce qu'il a vécu durant toute sa jeunesse et il nous est fascinant de pouvoir décortiquer cet amalgame pour en analyser les subtils fragments disséminés çà et là à travers l'univers de l’imagination.Je baigne dans la quintessence du désordre.Tout autour de moi règne le chaos, mais je m’y sens inexplicablement confortable.Pourtant, Fabien Verschaere, le créateur de cette œuvre déconcertante intitulée : Genetic Diaspora et exposée dans le bâtiment principal de la Cité Multimédia, dans le cadre de la troisième édition de la Biennale de Montréal, a canalisé toute la haine et la colère de l’univers sur quatre murs.Sa folie rejoindrait-elle la mienne ou suis-je moi-même en mesure de pénétrer ses pensées ?Au premier regard, l'œuvre trouble, choque.Sur trois des quatre murs de la salle, à la hauteur du torse d'un homme bien proportionné, se dessine une horde d'abominations.Toutes les erreurs de parcours de la Genèse sont réunies dans la même pièce.De plus, la technique que l'artiste a utilisée, un seul trait de feutre noir, crée un contraste qui vous empoigne l'esprit et vous pétrifie littéralement.Lorsqu'on tente de se dresser seul au milieu de cet enfer, 10 000 yeux pervers vous regardent et tentent de percer le mystère de votre raison.Sur le mur opposé à ce carnage est représentée une planète (que je m'efforce de ne pas considérer comme mienne) auréolée de feu comme si la destruction (ou son autodestruction) était imminente.Sur le sol sont éparpillées des étoiles sur lesquelles reposent des cactus, symboles de l'avarice et de l'égoïsme, comme si les joies du jour présent nous étaient confisquées par le destin.Tout ceci ajoute à l'absurde décadence du macabre tableau.Fabien Verschaere démontre admirablement dans sa création à quel point la vie peut être injuste.Les monstres entassés sur les murs vous dévisagent avec un regard provocateur suscitant toutefois en nous une certaine pitié envers ces horreurs dépravées et désorientées.Leurs seuls moyens d'exorciser leurs frustrations sont la folie et la discorde.Pourtant, je me sens confortable au milieu de cet ouragan, à l'épicentre de ce séisme psychologique.Je m’imprègne de leur tristesse.Je comprends la fatalité.Je comprends l'injustice.Je les comprends.La vie, parfois, vous trompe, vous ment.On vous promet des fleurs et on vous les remet fanées.La maladie qui cloua M.Verschaere au lit durant une quinzaine d'années, alors qu'il goûtait encore à la vivacité de son jeune âge, Ta fait beaucoup réfléchir.Cette œuvre dépeint très bien ce sentiment de déception profonde que Ton ressent lorsque le destin frappe et que, impuissant, on contemple le présent dévastateur et que le futur nous effraie.Les quatre murs qui constituent Genetic Diaspora de Fabien Verschaere sont un peu comme la cloison qui emprisonne nos pensées dans les horreurs du présent et qui nous cache les joies de l’avenir.Certaines personnes demeureront choquées par la violence et le désespoir de cette œuvre.Je crois que, si nous tentons de regarder au-delà de ces murs, nous comprendrons à quel point l'homme a la mauvaise habitude de prendre la fatalité comme une évidence et de considérer le bonheur comme inatteignable.LE CONFORT DANS LA FOLIE Secondaire 4-5 - programme régulier Étudiant : Mathieu Cousineau-de Garie École : Sophie-Barat Professeur : Patrice Gagnon Fabien Verschaere, artiste français, est âgé d’à peine 27 ans.Toutefois, ses expériences peu nombreuses mais très marquantes lui ont donné cette touche d'originalité bizarroïde.En effet, Fabien a passé quinze ans de sa vie dans un hôpital.Pendant ces années, très importantes puisque les premières____________________ de son existence, il développe son propre univers imaginaire.Couché dans un lit pour cause de maladie de croissance, il fut visité par les clowns et personnages de contes de fées, supposés égayer les enfants .Il en fut très marqué et développa sûrement une hantise de ces personnages enchantés, ce qui se reflète énormément dans ses œuvres.Lorsqu'on entre dans la pièce occupée par Genetic Diaspora, on est surpris par un sentiment de vide.La frise de dessin, au centre du mur, prend peu de place.Les cinq cactus, sur des étoiles rouges en bois, disposées peut-être par l'artiste pour combler justement ce vide, ce trou, semblent peiner à tenir debout, et, au contraire, ajoutent un effet (désert) les cactus étant souvent reliés à ce thème.Les murs blancs, le feutre et la gouache noire, la lumière aveuglante .Tous ces éléments au premier abord donnent une sensation de vide infini.Mais en s'approchant, on remarque ces multiples petits dessins, des centaines de petits détails qu’on n'avait pas vus, et la fresque nous paraît soudainement infiniment grande.On pourrait essayer des heures entières de déchiffrer ces images sans queue ni tête.L'artiste lui-même s'y perd.Il possède son propre vocabulaire, sa propre sensibilité.Pour lui, le cochon en habit noir représente l'Amérique.Il crée des liens que lui seul comprend.Et c'est ce qui fait le génie de cette œuvre.Chaque objet ou personnage sont assemblés par un lien imaginé par l'esprit tortueux de Fabien Verschaere.Il est arrivé un jour, a commencé sur le mur de _________________________ gauche et a fini sur le mur de droite.Aucune préparation, aucun essai; Tœuvre dégage une force surprenante.On perçoit un peu de l’univers de ce jeune artiste mystérieux : des noms de femmes écrits sur un panneau de circulation, cette jeune fille qu'il a rencontrée lors d'un voyage et qui apparaît de nombreuses fois sous un autre costume; son goût pour la musique, et surtout, toujours Pinocchio, Mickey et ces clowns défigurés.Pourquoi Genetic Diaspora ?L’artiste étant très secret à ce sujet, à nous de l'interpréter nous même.Des images d'accouplement, de procréation, se répètent plusieurs fois.Peut-être n'avons nous pas besoin de chercher plus loin l'origine du titre.Fabien désire peut-être simplement montrer sa vision de l'origine de la vie.Certes, les dessins sont affreux, défigurés, torturés, mais lorsqu'on entre dans la pièce, pn ne peut s'empêcher d’ouvrir grands les yeux, on est ébahi.À vrai dire, cette œuvre ne m 'a pas séduite au premier abord.Mais plus je Tai étudiée et plus j’ai entendu des explications au sujet de l'artiste, je Tai vue sous un autre regard.Le malheur et la tristesse de cet homme dont Ten-fance a été complètement gâchée nous apparaissent dans nombre de ces petits dessins affreux.UN UNIVERS PEUPLÉ DE MONSTRES ENFANTINS Collégial - programme régulier Étudiante : Alexandra Truchot Collège Marie-de-France Professeur : Bruno Pain John Scott, Demon Bowl, 2002 (peinture murale, technique mixte) photo : Guy L'Heureux/CIAC La Biennale de Montréal 2002 Lors de l'exposition de la Biennale de Montréal, j’ai eu la chance de voir des œuvres artistiques qui transcendaient la réalité et qui frappaient l'imagination.Une des œuvres qui m'a beaucoup marquée fut celle de François Morelli qui s'intitule Carrousel, 2002 et qui intègre Tétampe comme moyen de création.Dans l'exposition, Tœuvre d'art de François Morelli se différenciait, car elle est entièrement effectuée à l'aide d'étampes, de pochoir et de quelques coups d'éponges.La composition est faite de façon à mettre en évidence certaines formes centrales créées à partir d'étampes répétitives, qui sont liées Tune à l'autre par des lignes formées d'autres étampes qui se répètent.La composition donne un effet de continuité dû aux diverses répétitions des formes et des étampes.De plus, l'utilisation de formes circulaires et de lignes courbes ajoute à cet effet.La dominance des couleurs foncées telles le noir ou le bleu marine sur un fond blanc donne un effet contrastant très étourdissant qui ajoute à l’effet circulaire.D'autre part, la technique de l'auteur, aussi non-orthodoxe qu'elle soit, est relativement simple; il s'agit de faire ses propres étampes (au moins cinquante sont de l'auteur) ou de les acheter et de les faire (parler).Le sujet de Tœuvre est en quelque sorte le (carrousel) de la vie, soit les bons et les mauvais aspects de celle-ci.Personnellement, je crois que le créateur a voulu faire un parallèle avec les carrousels des parcs d'amusement qui tournent sur eux-mème et qui se répètent.Il a _________________________donc intégré des motifs et des formes circulaires qui symbolisent ce manège et qui intègrent des étampes illustrant certains aspects de la vie, comme par exemple la violence, la mort, l'argent, l'innocence et la naïveté.Je crois que Tœuvre exprime les liens qui unissent tous ces aspects dans notre vie, de plus, elle donne un certain vertige qui nous rappelle bien l'effet de confusion qui nous accompagne à la sortie d’un tour de manège.De façon plus personnelle, j'ai beaucoup apprécié l'originalité de la technique et de la composition de l'artiste.Je ne suis toutefois pas entièrement certaine d'avoir bien compris le message du créateur, car Tœuvre était lourde de sens ainsi que de sous-entendus.Cependant, je crois que Tœuvre a très bien rempli son rôle, car elle a su me couper de la réalité et me faire réfléchir sur l'intention de l'artiste.Finalement, Tœuvre de François Morelli grâce à ses motifs répétitifs et symboliques a bien exprimé les hauts et les bas de la vie à l’aide de son analogie.LA RÉVOLUTION DE L’ÉTAMPE Collégial - programme français, langue seconde Étudiante : Claudia Labrosse Collège John Abbot Professeure ; Francine Lanoix » ? LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET D I M A X l H E •î •> D K t E M H K K 2 O O J LE DEVOIR ISU EXPOSITIONS Bravo à Occurrence Avant de nous arrêter quelque temps chacun de notre côté pour faire le bilan de ce que les arts visuels nous ont apporté cette annee, voici trois expositions — deux se poursuivant au delà de la fin de semaine et l'une s’arrêtant aujourd'hui — à se mettre sous l’œil, sans faute.BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR QUE LE MONDE EST PETIT Manuel Alvarez Bravo Espacio Mexico 2055, rue Peel Galerie Occurrence 460, rue Sainte-Catherine Ouest, espace 307 Jusqu’au 28 décembre Le 19 octobre dernier,,le pho-tographe Manuel Alvarez Bravo quittait ce monde.Celui que plusieurs considèrent comme le «père» de la photographie mexicaine avait, avant de mourir, sélectionné cent photos, une pour chacune des années qu’il a passées sur terre, accompagné jusqu’à la toute fin par son appareil photographique.Ces photographies, réduites au nombre de 86, sont arrivées à Montréal grâce à l'attention de Lili Michaud, directrice de la galerie Occurrence, qui depuis quelques années déploie beaucoup d’énergie à établir des contacts avec le Mexique.C’est elle qui a fait en sorte que les clichés passent par Montréal.De ces images, quelques-unes font partie du patrimoine mondial photographique ou encore alimentent les discours sur la photographie.Parmi celles-là, célèbres, cet Ouvrier en grève (1934), représentant un gréviste assassiné.Etendu au sol, ce malheureux baigne dans son sang.Aussi, Parabole optique, un programme en soi, qui étale les pouvoirs de la photographie: l’image est inversée comme sur un miroir; des vitrines reflètent les regards, des yeux, ceux derrière la vitrine de l’optométriste dont la photo capte l’enseigne, nous regardent aussi.Et cette enseigne qui parle des choses de l’esprit, du nom du propriétaire de l’établissement: E.Spirite, continue de dire tout ce qui se rapporte à la photographie.De cela, dans un fascicule (gratuit) qui accompagne l’exposition, le photographe Marcel Blouin parle éloquemment.De Bravo, on sait qu’il a été remarqué, jeune, par Edward Weston, le photographe américain également retenu par l’histoire.En 1939, l’enthousiasme qu’il suscite est celui des surréalistes André Breton et Benjamin Péret.Le Mexique est criblé par le regard de celui dont la poésie en image ne cesse d’être touchante.Qu’il se fasse documentaliste de la vie quotidienne, le capteur de paysages admirablement composés ou le spectateur de la beauté du corps féminin, Bravo est un de ces photographes dont le regard a finalement créé un monument.EROS (PLUIE) Jessica Diamond Musée des beaux-arts de Montréal Pavillon Jean-Noël Desmarais Jusqu’au 26 janvier 2003 Pour son quatrième projet, la série Zone libre du Musée des beaux-arts de Montréal accueille jusqu’au 26 janvier l’artiste new-yorkaise Jessica Diamond.L’art de Diamond est celui de la peinture murale; sa prise en charge de l’architecture est pleine d’une tension érotique.Le nuage est au centre de la série, la temporalité également.La moitié des murales de Diamond ratent la cible et ressemblent à de la décoration intérieure avec textures bon marché.En cela, c’est une insulte à l’art de peindre des masses nuageuses qu’a démontré dans l’histoire Le Corrège, figure évoquée par le commissaire Stéphane Aquin, responsable de l’exposition, dans son texte de présentation.Ailleurs, les mots qu’affectionne l’artiste américaine retirent tout sens de l’évocation à ses œuvres, en mettant en relief leur côté graphique plutôt simple.Dans la première pièce, toutefois, un nuage laiteux, en forme de point d’interrogation, effleure la mystique érotique que cherche à affirmer l’artiste.Grâce à une facture savamment recherchée, l'artiste rejoint presque l’apparence de la photographie, et la dimension cosmique quelle recherche s’incarne dans une échelle difficile à cerner.Idem pour Storm with Erotic Light (i) (les titres ici sont des programmes en soi!).Dans ce cas, malgré l’évidente et plate allusion à l'idée du surgissement et de l’éjaculation (un thème constant que ce maculage éro- La Bonne Renommée endormie, 1939, de Manuel Alvarez Bravo.tique), l’image de ce «i» jaune sur fond noir demeure saisissante.Essentiellement parce quelle se découvre au fur et à mesure que l’on avance dans le corridor qui y mène (encore faut-il arriver par ce côté), l'œuvre fascine.Voilà une belle utilisation de l’espace.Ailleurs, Cloud of the First Woman, par un juste emploi du poids chromatique de ce bleu intense, parvient à zébrer l'espace.Le reste demeure un exercice de piètre qualité.PIERRE DORION Galerie René Blouin 372, rue .Sainte-Catherine Ouest Espace 501 Se termine aujourd’hui On s’en serait voulu de ne pas attirer votre attention sur l’exposition de Pierre Dorion à la galerie René Blouin, qui malheureusement se termine aujourd’hui.De Dorion, on connaît la facture léchée, les atmosphères suspendues, les images mystérieuses.Le peintre poursuit dans la même veine pour cette nouvelle exposition qui mêle les formats moyens à de petites œuvrçs particulièrement réussies.À sa manière, Dorion donne un accent pop à la peinture, mais lorsqu’il peint des intérieurs luxueux, le peintre leur donne un aspect à la fois fantomatique et repoussant (des taches jouent comme des moisissures, impossible de décider si elles appartiennent aux murs représentés dans la peinture où à la surface de l’œuvre elle-même).L'eau bleue de son nageur, une image banale à sou- SOUKCi: CAI KRIl-: (K l'I'KKliNCl- hait, est peinte de manière à ce qu’on ne puisse plus déterminer sa profondeur.Certains motifs floraux sont moins étonnants, mais cette peinture continue à jouer de ses charmes les plus troubles.TABLEAUX RÉCENTS Richard MORIN HOMMAGE À Marcelle PERRON Fermeture le 24 à midi - retour le 7 janvier à 10 h 00 G A LE R I E SI MON BLAIS 5420, (xml.Saint-Laurent H2T IS1 514.849.1165 ¦ Ouvert du mardi au vendredi 10 h à 18 h, samedi 10b a 17h ATELIER CLAUDE THÉBERGE ŒUVRES RECENTES DE L'ARTISTE du mardi au vendredi de 14h à 18H samedi et dimanche de 13h a 1/ti 2018.rue )amt-ttubert » Montreal (Q.C.) (514) 288-1811 Quatre saisons d’une vie Lu poésie, miroir do coror Ixi (xilliqraphic, véhicule do sentiment Installation de TIN-YUM LA U just_|M .ui 21 j.invier 200 î IA GALERIE ESPACE 1841 1»nil S.iinl Lunrnl, Mniilrctii wwiv-.Ui ultnyum.com (514) 284-6720 (514) 262 2808 Ainsi ne soit il pas.Il laut s naortuer à ridée de la mort, chaque ma comme oc apprend une langue etranger fini! soi menie pur céder à 1 hablUKJe qu'on! les eut ras de mourir fcrihe oese-i et miMui; UUinm » rr Alechinsky MUSÉE DU QUÉBEC Québec a n BIENVENUE CHEZ VOUS Parc des Champs-de-Bataille, Québec 50 d’ ans imprimerie DU 12 DÉCEMBRE 2002 AU 23 MARS 2003 l'exposition est organisée et mise en crculation par le Centre de la Gravure et de l'Image imprimée.La Louvière AUSSI A l AFFICHE AU MUSÉE ¦ SUZOR-COTÉ (jusqu'au 5 janvier) ¦MASSIMO GUERPERA.DARBORAl (jusqu’au 12 janvier) • LA COUECTION DU MUSÉE («lOPEUE, IEMIEUX, ETC.) INFO (418) 643*2150 1 8&& 220-2150 www.mdq.org L* Musée «lu Québec est subventionné po* te minis!ère de to Cufture et des Communie«jfions du Québec MUSuS tesLciété des musées québécois ( $ Q 1 | cliquez! WWWÎmusees.quebec.museum |*| **+”'r~rtrini tSSHSr*" Québec S3 Canada Télé-Québec LE DEVOIR f » L K DEVOIR.L E S SAMEDI 21 ET DI M A V < H E 22 DÉCEMBRE 2 0 0 2 -* Culture *- Cantiques de résistance On fait parfois du tourisme dans sa propre ville.Il y a quelques jours à peine, l’église anglicane Saint George, en face de la gare Windsor, était terra incognita pour moi.Elle semblait destinée à le demeurer a jamais, comme un tas d’autres églises de Montréal au demeurant, si, l’autre soir, la chorale du lieu n’y avait donné un concert de Noël.Or c’est si joli, un concert de Noël-Belle église, d’ailleurs, avec ses dentelles de bois courant dans ses arches et de beaux vitraux en ogives.Ix- pasteur, qui accueillait tout le monde à la porte, s’appelait Blizzard.Un nom qui va bien avec le mois de décembre, me suis-je dit.Noël blanc, frimas, vent du nord, poudrerie.Pit un pasteur Blizzard avec ça.Ça devient exotique de s’asseoir à l’église quand on a abandonné ses dogmes et ses rites depuis longtemps.Mais je craque pour les cantiques; des souvenirs d'enfance, sans doute, la beauté des mélodies, tout ça en même temps.Alors, avant Noël, à la messe de minuit aussi, je me laisse bercer par cette musique qui m’attendrit et m’enchante.«Jouez hautbois, résonnez musette.» C’est pas délicieux, ça?J’aime les cantiques de Noël, soit.Mais l’autre soir, cette chorale m’a attirée pour toutes sortes de raisons, dont un certain sentiment d’urgence, pour tout dire.En fait, compte tenu du fait que ces chants religieux et les chorales qui les entonnent avec entrain deviennent bel et bien une espèce en voie de dispari- Odile Tremblay tion en nos temps de rectitude politique laïque, j’ai pensé qu’il fallait me presser pour les apprécier avant qu’il ne soit trop tard.Avant que le ministère de l’Education n’ait achevé de les interdire dans les écoles.Avant, aussi, que toutes les églises qe soient transformées en condos.L’esprit de contradiction est un merveilleux carburant, quand on y pense.Il fallait que cet univers de chœurs, de chants de Noël et de traditions nous paraisse menacé au Québec pour qu’on lui accorde soudain un prix.Tout à coup, on se met à réclamer des cantiques, des sapins de Noël qui ne sont pas rebaptisés «arbres de vie», des rues de Montréal avec de belles lumières et des guirlandes.Comme autrefois! Tenez, l’autre soir, en prenant un peu d'avance sur le fait, écoutant ma petite chorale, j’ai eu l’impression (délicieuse) d’accomplir un acte de quasi-sédition.Pour un peu, je me serais identifiée a ceux qui assistaient a des offices interdits sous les régime communistes, en se glissant, ni vus ni connus, dans des hangars obscurs pour assister à des messes transformées en cérémonies d’initiés.Eps rituels, ça aide quand même à créer l’ambiance.A l’église Saint George, les choristes sont d’abord arrivés en surplis, avec des cierges à la main, traversant l’allée jusqu’au chœur.C’était joli comme tout Les chants nous ont ensuite été servis tantôt en français, tantôt en anglais, toutes solitudes unies, main dans la main: un peu à'Anges dans nos campagnes, mais aussi Sussex Carol, quelques incursions en latin à travers l’incontournable Adeste fideles.Oh! Ce n’était pas le chœur des anges ni le concert des crapauds, juste une moyenne, une honnête chorale de paroisse, touchante d’être demeurée elle-même contre vents et marées.Il faut dire que lorsqu’on va faire un tour du côté de leurs rites, les anglicans nous donnent moins l’impression de vivre dans un autre siècle que les catholiques.Ça doit être à cause du mariage des pasteurs et tout ça.Ils ont l’air de trimbaler leurs traditions avec plus de naturel que nous, sans éprouver l’envie furieuse de les jeter par-dessus bord.Veut, veut pas, les temps changent quand même pour tout le monde.Un nouveau poids de signification pèse sur les mots.Derrière les voix qui entonnaient O Little Town Of Bethlehem, je voyais, dans cette église, défiler d'autres images que les moutons, les bergers, les anges blancs et le petit Jésus célébrés dans le cantique.Je voyais une ville qui, cette année, a été un champ de tir du conflit israélo-palestinien, des sanctuaires peuplés de réfugiés.Je voyais du sang et des chars d’assaut.Mais où en étions-nous donc?*0 holy child of Bethlehem / Descend to us, we pray.» Hmm! Sur mon petit banc de bois, parmi les vieux, les jeunes, les gens de toutes origines qui accompagnaient parfois le chœur (sur les paroles écrites dans le petit dépliant qu'on nous distribuait), je me sentais filer à contre-courant de tous les vents du jour.Quand une dame a passé le chapeau pour récolter les offrandes, une drôle de pçnsée m’a d'ailleurs traversé l’espriC une chance qu’Emile Subirana, à la tête de la Guilde des musiciens du Québec, ne voit pas ça, me suis-je dit Peut-être qu'il ferait fermer l’église, arrêter les choristes et saisir le chapeau.J’entendais d’ici sa grosse voix protester.«H est interdit de présenter un concert en public sans payer les musiciens en fonction des tarifs syndicaux! Dispersez-vous, peuple en surplis! Allons, dégagez, dégagez!» Pour moi, les cantiques résonnaient tout à coup comme des chants de désobéissance civile.Si on m’avait dit qu’un jour, en allant écouter une chorale à l’église, j’aurais l’impression de faire de la résistance.Le Québec est tombé sur la tête.Et joyeux Noël avec ça! otrem blayAledevoir.ca DISQUES Palmarès 2002 (1) Des quelque 1000 albums reçus par nos critiques maison en cette année de décroissance accélérée — pour ne pas dire «de chute libre» — dans l’industrie du disque, voici tout de même la crème de la crème.Crème québécoise pour Sylvain Cormier, crème mondiale pour David Cantin.Tout ne va pas si mal quand on en a plein les oreilles.Les dix meilleurs d’ici 1.BREAK SYNDICAL, Les Cowboys Fringants.Discours pleinement maîtrisé, dénonciations frappant juste et pénétrant profond, portraits de société d’une rare justesse dans le détail, adéquation presque toujours justifiée entre fond et forme, on a là ce qu'on espérait d’un groupe de party depuis Soirée de financement pour l’OFF FESTIVAL DE JAZZ DE MONTRÉAL au Medley, 1170 St-Denis 842-6557 20h Gilles Vigneault, Richard Desjardins, Mononc’ Serge, Félix Gourd, Fred Fortin, Olivier Langevin, Sylvie Legault, Jean Derôme, Jorane, Yves Desrosiers, Marie-Claude Lamoureux, Normand Guilbeault, Pierre Tanguay, Charlotte Laurier & Annick Kanzala, Jean Vanasse, François Marcaurelle, Yvano Jolicœur, Yannick Rieux, Ève Cournoyer, René Lussier.22h30 BAL : LA FANFARE POURPOUR, l'ODD (l'ORCHESTRE DE DANSE) ET KUMPANIA.TOILE DÉCOR : ARMAND VAILLANCOURT MAÎTRE SANS CÉRÉMONIE : FRANÇOIS GLENN GOURD BILLETS : 20S À L'AVANCE, 25$ À LA PORTE.EN VENTE AU MEDLEY, À L'OBLIQUE, ?***¦ :1 m :! .1*1 IJIW:! mt\* i l :1 W mi:! HH MJ .Q Boréal Québec 55 P»fÉ CAMPUS B0ITEN0IM c-Mxanpl LE DEVOIR la mort de Dédé Fortin et la fin des Colocs: des p’tits malins qui aiment défriser leur prochain mais qui sont aussi capables d'être atteints par le sort d’autrui et d’atteindre en retour lè plus grand nombre.Salutaire.2.TAKEN WITH YOU, Renann.Dès Number One, la première chanson de ce disque reçu de nulle part, j’ai molli du genou.Mélodie caressante, ton doux-amer, clavier un brin Je t’aime moi non plus, guitare un chouia Velvet Underground, fleurs d’harmonies vocales au refrain, c’était cette sorte de chanson pop délicate et un brin planante dont je raffole depuis les Beatles et jusqu'à Daniel Bélanger.Au refrain du troisième titre, This lÆer, somptueux drapé de cordes et de voix, j’étais liquéfié.De fait, constatai-je, tout l'album de cette ancienne Torontoise éprise de Montréal est pareillement bon à se répandre sur le plancher.Ma révélation de 2002.-— le n i# ravmonl! 3.PARADIS PERDU, Francine Raymond.De la même façon que me soutiennent et m’accompagnent et me sauvent toutes les chansons et tous les albums qui ont vraunent compté en 30 ans (sinon plus, déjà scotché à la radio tout marmot), je reconnais en Paradis perdu le buisson ardent qui me réchauffe.C'est le même feu qui brûlait dans l£s Années lumière, de la même Francine Raymond, mon album de l'année en 1994.Un soleil de chansons pop qui fait trop de bien pour qu’on l’éteigne à l'ombre.4.AQUANAUTE, Ariane Moffett.On attendait mer et monde de la claviériste de tournée de Daniel Bélanger, et on a obtenu un univers.Pour ainsi dire une galaxie voisine.La douceur de l’approche, le sens du groove, le génie de l'arrangement envoûtant, tout semble conçu pour.rêver mieux.Et pour fournir au lecteur de l’auto de quoi faire deux fois plus longtemps du ski nautique sur les routes.5.LA VALLÉE DES RÉPUTATIONS, Jean leloup.Leloup, tout simplement.Au sens de simplici- té volontaire.Leloup, sa musique et ses musiciens, tels quels, sans filtre.Enregistré presque entièrement en prise directe, tout le monde en même temps dans la pièce, ce disque est une grosse bouffée de vie au présent, histoire de repousser la mort aux calendes grecques.6.CHANSONS CONSIGNÉES, Les Ours.La plus remarquable et revigorante collection de coun-try’n’western proposée dans nos parages depuis.Depuis?Au moins depuis L’homme qui a vu l’homme, le précédent album des Ours, paru en 1999.Hank Williams et Paul Brunelle célébrés à la même enseigne.Et à raison.7.VOLODIA, Yves Desrosiers.Après 15 ans au service d’autrui (Leloup, Lhasa, Jeszcze Raz, Fre-dric Gary Comeau), le musicien-réalisateur a choisi pour son premier album en solo des chansons trouvées à l’autre bout du monde, celles du comédien-poète-chanteur russe Vladimir Vissotsky (1938-1980).Elles ne parlent pas moins intimement de sa vie à lui.Voir ailleurs pour mieux se voir: belle leçon.8.WESTERN ROMANCE, Yann Perreau.Je ne sais toujours pas trop de quoi cause l’ex-Doc et les Chirurgiens dans ses couplets trop habiles, mais je sais que j’aime ces 12 brillants échafaudages de sons en forme de chansons, qui envoûtent ici, dansent là, caressent la plupart du temps mais explosent parfois quand on ne s!y attend pas, autant d'entreprises de séduction auxquelles on finit par succomber.Même à corps défendant.9.AU CAFÉ DES ÉCORCHÉS, Mario Peluso.Après deux fausses routes qui l’ont mené à des impasses crève-cœur (une multinationale qui l’abandonne, une indépendante en faillite), retrouver ainsi Peluso et son folk-rock d’écorché vif est un soulagement Il a donc tenu bon, et chaque nouvelle chanson est en cela une sacrée victoire contre le destin.Réalisé par Marc Pérusse avec tact.imMdvxttMiPiiLîfré «SI j'étais vous, jo noterais ces dates dans mon atenda et réserverais tout de suite la gardienne* - Le Journal de Montréal «Tentai donc de vous dénicher des billets, vous ne le regretterez pas» - Le Soleil Nouvelles suppléneotaires! 27 ET 21 FÉim 2003 au Diéâtre Oiitrenont mmn ^KecSI 4 bon goût et guitares partout, l’album est une réussite inespérée qu'un public devrait embrasser.Pour peu qu’il y ait une justice.10.CHAPEAUMELON, Chapeau-melon.Tout est suspect Le nom, pour commencer, trop manifestement décanté d’un titre d’émission des années 60.L’allure, ensuite, d’allégeance moitié yéyé, moitié new wave, trop calculée pour ne pas tiquer.La musique, enfin, méli-mélo de références trop savamment dosé pour être sincère.Tout ça sent la fabrication.Tout cela étant on craque quand même.Les quatre gars de Chapeaumelon me donnent trop ce que j’aime du rock pour me formaliser de la manœuvre.Y a qu’à jouir.Sylvain Cormier Les dix meilleurs disques «électriques» 1.NEON GOLDEN, The Not-wist.Après Shrink, The Notwist se surpasse de nouveau avec le magistral Neon Golden où le rock, l’électronique et le jazz se côtoient à merveille.2.MY WAY, Akufen.Sous le nom d’Akufen, le Montréalais Marc Le-clair réinvente la house avec ce premier album ludique et audacieux.Un collage frnky, dansant mais surtout des plus innovateurs.3.FANTASTIC DAMAGE, El-P.Le patron de Def Jux propose enfin une suite très dense au classique Funcrusher Plus de Company Flow.La hip-hop new-yorkaise à son meilleur: sombre, psychotique et engagée.4.CEUX QUI INVENTENT N’ONT JAMAIS VECU (?), le Fly Pan Am.Le Fly Pan Am explore un rock instrumental, moderne et libre de contraintes, plus efficace que jamais.L’un des groupes clés de la scène musicale montréalaise.Constellation mérite également le titre de label de l’année.5.HAUNT ME, HAUNT ME TO DO IT AGAIN, Tim Hecker.Une fresque urbaine d’une beauté incroyable.Cette musique ambiante ne cesse de surprendre au fil des écoutes.Un voyage profond dans l’imaginaire de Tim Hecker.6.S.T.R.E.E.T DAD., Out Hud.De la dub, du disco et du punk qui s’or-ganisent autour de rythmiques aussi austères qu’efficaces.Out Hud demeure sans contredit la grande surprise de 2002.7.LIFTED OR [.], Bright Eyes.Connor Oberst possède tout le talent pour devenir le prochain Neil Young.Un jeune prodige de 22 ans qui a tout l’avenir devant lui.De la folk-pop ambitieuse et enivrante.8.TOE BEGINNING STAGES OF, The Polyphonie Spree.Un chœur, des musiciens et un disque de pop dérangée encore plus sublime que l'excellent Yoshimi Battles The Pink Robots des Flaming Lips.9.ARRHYTMI, Anti Pop Consortium.Malheureusement, Anti Pop Consortium n'existe plus.Toutefois, cet album demeure un souvenir impérissable.Il ne reste qu’à se croiser les doigts en attendant d’éventuels albums solo sur Warp.10.SURFACE NOISE, Noonday Underground.De la dentelle, du goût, mais aussi un retour dans le temps qui ne donne pas dans la nostalgie.Magnifique.David Cantin I 1
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